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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Les opiacés représentent les deux tiers des 72 000 morts par overdose outre-Atlantique. Devant ce chiffre record, villes, Etats et autorité fédérale se mobilisent.
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Les Etats-Unis tentent de réagir face à la crise des opioïdes

Les opiacés représentent les deux tiers des 72 000 morts par overdose outre-Atlantique. Devant ce chiffre record, villes, Etats et autorité fédérale se mobilisent.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 18h27
    |

            Stéphanie Le Bars (Washington, correspondance)








                        



                                


                            
Comme tous les ans, en août, le chiffre officiel est tombé. Glaçant. En 2017, 72 000 personnes sont mortes d’une overdose aux Etats-Unis. Parmi elles, deux tiers ont succombé à une surdose d’opiacés naturels ou de ­synthèse. Un chiffre en hausse de près de 15 % par rapport à 2016, année record, ­selon les données des CDC (Centers for ­Disease Control and Prevention), qui ­inlassablement exposent les défaillances du système de santé américain.
Seule évolution encourageante de ce rapport : le nombre d’overdoses se tasse dans quelques Etats. Le Wyoming ­connaît une diminution de plus de 30 %, l’Utah une décrue de 12 %. Le Vermont, le Massachusetts, le Dakota du Nord et le Rhode Island ont observé des baisses de 1 % à 6 % des décès.

Particulièrement touchés par la crise, tous ces Etats ont, ces dernières années, pris des mesures pour la contrer : développement des centres de traitement de l’addiction (inexistants ou difficiles ­d’accès dans certaines parties du pays) et meilleure prise en charge des coûts liés à ces cures, information auprès des médecins pour limiter le nombre de prescriptions d’antidouleurs puissants, distribution de drogues de substitution, telles que la méthadone ou la buprénorphine, mise à disposition de l’antidote naloxone aux forces de l’ordre, aux pompiers, dans certains lieux publics… Menés sur plusieurs années, ces efforts ont donc permis une légère inversion de la tendance.
Mais le rapport des CDC est aussi porteur d’une sombre nouvelle : l’usage du fentanyl, une drogue de synthèse aux effets ­dévastateurs, qui fait l’objet de trafics dans les villes et les campagnes américaines, explose. Le nombre de morts suit, notamment au Nebraska (+ 38,6 %) et dans la plupart des Etats de la Côte est et du Midwest. Disponible, peu cher, produit en masse par des trafiquants venus de Chine et du Mexique, le fentanyl échappe aux radars des pouvoirs publics, contrairement aux comprimés antidouleur prescrits, massivement certes,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Premier accusé dans la crise américaine, celui qui a longtemps fait figure de traitement miracle, a connu une croissance impressionnante en France.
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L’inquiétant succès de l’OxyContin, puissant antalgique opiacé

Premier accusé dans la crise américaine, celui qui a longtemps fait figure de traitement miracle, a connu une croissance impressionnante en France.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 18h27
    |

            Pascale Santi et 
Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Aux Etats-Unis, l’OxyContin a longtemps fait figure de traitement miracle. Lancé en 1995 à grand renfort de publicité, ce puissant antalgique opiacé présentait deux qualités, assurait son fabricant, le laboratoire Purdue : il soulageait la douleur en continu – d’où son nom – et ne présentait que peu d’effets ­secondaires. C’était avant l’épidémie d’overdoses d’opioïdes qui, ­depuis près de quinze ans, frappe les Etats-Unis avec une vigueur toujours croissante.

Aujourd’hui, le laboratoire ­concentre, plus qu’aucun autre, les foudres de l’administration américaine. Chaque mois ou presque une nouvelle plainte est déposée contre lui. En septembre, le ­Colorado a rejoint la vingtaine d’Etats et de grandes villes américaines qui poursuivent l’entreprise américaine pour avoir omis d’indiquer aux patients les risques ­d’addiction à ce médicament. En 2007, déjà, trois de ses responsables avaient plaidé coupable de désinformation devant une cour fédérale. L’entreprise dut régler 600 millions de dollars d’amendes et de dommages, un quasi-record dans ce type d’affaires. Des plaintes déposées par le Kentucky et la Virginie-Occidentale se sont soldées par des arrangements de 24 millions et 10 millions de dollars. Ce qui n’a pas empêché le laboratoire de poursuivre ses activités et d’attaquer les marchés mondiaux avec des méthodes marketing particulièrement agressives.
Une enquête est ainsi en cours en Italie. En mai 2017, dix-sept ­personnes, parmi lesquels des ­responsables de Mundipharma, la branche européenne de Purdue, mais aussi du laboratoire concurrent Grünenthal (qui commercialise le Tramadol) ont été interpellées. Depuis, 70 personnes ont été mises en examen dans cette ­affaire de corruption. La justice les soupçonne d’avoir monté un système d’influence afin de favoriser leur laboratoire dans les décisions de mise à disposition, par les autorités publiques, des antalgiques.
Technique du salami
Arrivé en France en 2000, Mundipharma...




                        

                        


<article-nb="2018/10/15/19-3">
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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Les morts par abus d’antidouleurs constituent aux Etats-Unis une des pires crises sanitaires de l’histoire récente.
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L’addiction aux opiacés, première cause de mort par overdose en France

Les morts par abus d’antidouleurs constituent aux Etats-Unis une des pires crises sanitaires de l’histoire récente.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 18h09
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 18h49
    |

            Nathaniel Herzberg et 
Pascale Santi








                        



                                


                            

Elle n’avait jamais fumé, jamais pris la moindre drogue, « j’avais l’alcool un peu facile, quand même ». Pourtant, après six ans de hauts et de bas, d’arrêts et de rechutes, Lucie est formelle (le prénom a été changé) : « Je suis addict et je ne peux plus m’en sortir seule. » Pour cette femme de 34 ans, la rencontre avec les médicaments opiacés a eu lieu il y a six ans, après une opération des yeux. « J’avais mal, l’ophtalmo m’a prescrit du Dafalgan codéiné, se souvient-elle. Tout de suite, j’ai accroché. La diminution de la douleur mais aussi un apaisement corporel, un bien-être. Mais j’ai arrêté à la fin du traitement. C’est quelques mois plus tard, lors d’une crise de névralgie que j’ai recommencé. » Cette fois, l’ingénieure médicale ne se ­contente pas des prescriptions. « C’est devenu une béquille. Si j’avais mal quelque part, ou un coup de mou, ça me faisait du bien. D’abord de façon épisodique, puis régulière, puis tous les jours. En quelques mois, je suis devenue accro. Sans produit, j’étais en manque : des bouffées de chaleur, des douleurs musculaires, des pics de tension… Je ne supportais pas d’être comme une droguée, j’ai décidé d’arrêter. »
Peu à peu, elle diminue les doses et finit par se ­sevrer du produit. Mais lors d’un nouvel épisode de névralgie, elle consulte un ami rhumatologue. « Il m’a proposé du Tramadol. Je lui ai dit que j’avais été accro à la codéïne mais il m’a rassurée : ça n’a rien à voir. Et j’ai replongé. En pire. Le produit est beaucoup plus puissant. J’ai essayé plusieurs fois d’arrêter mais les crises de manque sont beaucoup plus violentes. J’en prends tous les jours, je prévois mes boîtes quand je pars en voyage. Le produit me fait de moins en moins d’effet. J’en prends de plus en plus. Je suis à la dose maximum quotidienne autorisée. Sauf que ça fait deux ans alors qu’on ne devrait pas dépasser une semaine. » Comment trouve-t-elle les médicaments ?« Je vais...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Une étude parue dans « Science » montre que les services d’analyse d’ADN grand public, utilisés pour des recherches généalogiques, présentent un risque majeur pour la vie privée.
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Aux Etats-Unis, les bases de données génétiques permettent d’identifier de nombreux anonymes

Une étude parue dans « Science » montre que les services d’analyse d’ADN grand public, utilisés pour des recherches généalogiques, présentent un risque majeur pour la vie privée.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 15h08
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 15h18
   





                        


Ils s’appellent 23andMe ou Ancestry, pour ne citer que les deux plus grands. Depuis quelques années, ces sociétés privées proposent aux Américains d’analyser leur ADN. Les clients envoient, par courrier, un prélèvement buccal, et reçoivent ensuite une analyse complète de leur génome, pour un coût d’environ 150 euros. Ces informations sont notamment prisées des personnes essayant de reconstruire leur arbre généalogique. De nombreux clients publient ensuite, de manière anonyme, ces données sur des bases de données publiques, comme GEDmatch, qui leur propose de trouver des liens génétiques avec d’autres personnes – là encore, un outil utile pour les généalogistes.
Mais une fois accumulées, les données génétiques, comme toutes les autres, attaquent le respect de l’anonymat de nombreux individus. Une étude publiée dans Science le 11 octobre, et analysée par le magazine Wired, montre qu’il y a, désormais, suffisamment de données génétiques disponibles dans GEDmatch pour permettre de mettre des noms, avec un taux de réussite important, sur des échantillons ADN de personnes qui n’ont, pourtant, jamais utilisé les services de 23andMe ou d’Ancestry.
Recherches en ligne et comparaisons
Selon les chercheurs, 60 % des Américains ayant des ancêtres européens peuvent ainsi être identifiés précisément à partir d’une méthode de recherche, même s’ils n’ont pas envoyé leur ADN. Le recoupement de diverses informations et la comparaison d’un échantillon d’ADN avec des bases de données ADN déjà existantes conduisent à pouvoir trouver l’identité précise de la personne, dont est issu l’échantillon. Ce genre de technique par déduction avait été utilisé pour identifier le tueur en série présumé dit « Golden State Killer », en 2017, en Californie.
Pour cela, la méthode de recherche déroulée par l’étude parue dans Science a lieu en deux étapes. Dans un premier temps, la comparaison de l’ADN d’une personne avec ceux présents dans les bases de données permet d’obtenir une liste de personnes qui font potentiellement partie de sa famille élargie, ou de ses ancêtres. Ensuite, des recherches en ligne classiques permettent d’éliminer des profils, en se basant sur le lieu ou la date de naissance de la personne qu’on cherche à identifier, ou encore sur la proximité génétique des profils, pour identifier de proches parents de la cible, et ainsi en déduire son identité.
La technique utilisée, démontrée par l’étude, se fonde sur des Américains ayant des ancêtres européens, car la très grande majorité des personnes ayant utilisé ces services sont blancs. De tels profils liés à des « ancêtres européens » ont permis aux chercheurs d’obtenir une masse critique de données facilitant l’analyse de leurs profils génétiques.

        Lire aussi :
         

                Aux Etats-Unis, des profils ADN très peu confidentiels






                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Des médecins canadiens présentent le cas d’un homme découvert gisant au sol, hébété. Il avait voulu se suicider avec un pistolet à clous.
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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ L’impressionnante tortue Caouanne ne se reproduit jamais en France. Pourtant, 63 petits ont récemment vu le jour près de Montpellier.
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Retour inattendu des bébés tortues sur une plage de l’hérault

L’impressionnante tortue Caouanne ne se reproduit jamais en France. Pourtant, 63 petits ont récemment vu le jour près de Montpellier.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 11h30
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Zoologie. L’heureux événement a eu lieu le 7 octobre, sur une plage de l’Hérault. Un couple de promeneurs a découvert sur le sable un bébé tortue. « Il y a vingt ans, ils n’auraient sans doute rien fait, mais aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, nous avons été instantanément prévenus, raconte Jean-Baptiste Sénégas, directeur du Centre d’études et de sauvegarde des tortues marines de Méditerranée (CESTMed), du Grau-du-Roi. Vingt minutes plus tard, nous étions sur place. »
Ce que l’équipe découvre ce matin-là est proprement exceptionnel. Il y a le petit, affaibli et incapable de gagner la mer. Mais, surtout, des dizaines d’œufs, qui, dans l’après-midi, vont éclore les uns après les autres. Entre 17 heures et 19 heures, pas moins de 58 petites tortues dévalent la plage et rejoignent la mer. « Nous avons pris en charge quatre autres “tortillons”, trop faibles. Trois d’entre eux ont passé une nuit au chaud au centre, puis nous les avons ­relâchés le lendemain, précise Jean-Baptiste Sénégas. Il en reste deux, encore en soin chez nous. Ils reprennent des forces. » Le naturaliste, lui, se remet lentement de ses émotions.
C’est que ces tortues ne sont pas n’importe qui. Des caouannes, de jolies bêtes qui affichent une centaine de kilos sur la balance une fois adultes et peuvent atteindre l’âge de 80 ans. Leurs naissances en France sont rarissimes. Deux pontes ont bien été repérées sur les plages de la Côte d’Azur depuis quinze ans par le Réseau des tortues marines de Méditerranée française, mais seuls quatre bébés, en tout, ont survécu. « Alors imaginez, 63 ! », commente le scientifique.
Une ponte tous les deux ans
Pourtant, la présence des caouannes en Méditerranée est une vieille histoire. Aussi vieille que la Méditerranée elle-même. L’espèce existe depuis 100 millions d’années, dit-on, soit plus que notre chère mer. Sauf que les caouannes ont leurs habitudes. Elles...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Pour Jacques Arnould, expert éthique du Centre national d’études spatiales, nous sommes dans une nouvelle ère, où les acteurs privés du NewSpace menacent l’exploration scientifique.
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« Dans l’espace, ceux qui arrivent après les explorateurs sont les commerçants »

Pour Jacques Arnould, expert éthique du Centre national d’études spatiales, nous sommes dans une nouvelle ère, où les acteurs privés du NewSpace menacent l’exploration scientifique.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 11h19
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            
Historien des sciences et théologien – il a longtemps été dominicain –, Jacques Arnould est l’expert éthique du Centre ­national d’études spatiales, un poste sans équivalent dans les autres agences spatiales mondiales. Selon ses propres mots, son travail consiste « à s’interroger sur le pourquoi et le comment des activités spatiales ». ­Jacques Arnould est aussi l’auteur de Oublier la Terre ? La conquête spatiale 2.0 (Le Pommier, 166 pages, 17 euros). Nous l’interrogeons sur le bouleversement en cours du secteur spatial alors que la NASA vient de souffler ses 60 bougies et que le monde célébrera en 2019 les 50 ans du premier pas de l’homme sur la Lune.
Pendant longtemps, l’espace a été la chasse gardée des Etats, mais vous expliquez dans votre livre que nous sommes en train de changer d’ère, de passer à « la conquête spatiale 2.0 » avec l’émergence rapide des acteurs privés du « NewSpace » – la société SpaceX d’Elon Musk, mais aussi Blue Origin de Jeff Bezos ou Virgin Galactic de Richard Branson…
Il faut commencer par dire que cela ne s’est pas fait du jour au lendemain. Dès les origines du spatial, on a compté de nombreuses sociétés du privé, notamment aux Etats-Unis, qui essayaient de faire la même chose que les Etats et de construire leurs propres fusées.
Pendant longtemps, ces tentatives n’ont pas abouti mais ce n’est plus le cas depuis la fin des années 2000. Pourquoi ? Une des réponses est contenue dans le rapport sur la politique spatiale américaine que Barack Obama demande après son élection et que Norman Augustine rend en 2009. Une de ses recommandations est d’ouvrir les portes de la NASA aux entreprises privées et donc d’orienter des financements publics vers ceux que l’on va ­appeler les acteurs du NewSpace.
Une ère se termine – les Etats-Unis renoncent au programme Constellation de retour sur la Lune, leurs navettes spatiales cessent de voler deux ans plus tard –, une autre commence. Mais ce...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Nick Hague et Alexeï Ovtchinine devaient s’envoler pour une mission de six mois dans l’ISS, mais l’incident sur leur fusée « Soyouz » les a contraints à un atterrissage d’urgence.
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Au menu : la non-vaccination croissante des petits Américains, comment apprendre des chants aux oiseaux, nous pouvons reconnaître 5 000 visages, etc.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤ 
<article-nb="2018/10/15/19-10">
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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Le pape François avait, mercredi, comparé l’interruption volontaire de grossesse au recours à « un tueur à gages ».
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤                     
                                                

L’ordre des médecins dénonce la « violence » des propos du pape sur l’avortement

Le pape François avait, mercredi, comparé l’interruption volontaire de grossesse au recours à « un tueur à gages ».



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 05h25
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 07h37
   





                        



   


Le pape a « fortement ému la communauté médicale » en comparant avec « violence » l’avortement au recours « à un tueur à gages », s’est indigné l’ordre des médecins, dans un courrier au représentant du souverain pontife en France, Mgr Luigi Ventura, consulté vendredi 12 octobre par l’Agence France-Presse (AFP).
Le pape « a prononcé des mots très durs sur l’avortement, qui ont fortement ému la communauté médicale française que j’ai l’honneur et la responsabilité de représenter » écrit le président du Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM), le docteur Patrick Bouet, dans une lettre datée du 11 octobre.
« Comment ne pas réagir à des termes d’une telle violence, alors que les professionnels de santé ont fait vocation d’écoute, d’aide et de soutien à leurs concitoyennes pour les accompagner dans des moments parfois difficiles de leur vie, et pour leur assurer un accès à l’interruption volontaire de grossesse dans les meilleures conditions possibles si elles en expriment le souhait ? »
« Si je comprends que sa Sainteté, au nom de sa foi, souhaite défendre des principes importants pour l’Eglise qu’il dirige », le CNOM « ne peut accepter que l’anathème soit ainsi jeté sur l’ensemble du corps médical, qui s’en retrouve stigmatisé », écrit-il à l’adresse du nonce apostolique.
« Emotion et incompréhension »
L’ordre « ne peut non plus tolérer que la souffrance physique, psychique et morale vécue par des femmes en détresse, parfois en grande souffrance quand elles ont recours à l’interruption volontaire de grossesse, soit niée », poursuit le médecin.
« Je perçois aujourd’hui, Monseigneur, l’émotion et l’incompréhension ressenties par les médecins et les femmes ainsi désignées, et souhaite vous les faire connaître en leur nom », précise-t-il.
Le pape François a comparé l’interruption volontaire de grossesse (IVG) au recours à « un tueur à gages » mercredi lors de sa traditionnelle audience place Saint-Pierre, dans une homélie consacrée au commandement biblique « Tu ne tueras point ». « Est-il juste d’éliminer une vie humaine pour résoudre un problème ? », a-il demandé. « Est-il juste d’avoir recours à un tueur à gages pour résoudre un problème ? », a-t-il poursuivi, en sortant de son texte prévu.
« Ce n’est pas juste de se débarrasser d’un être humain, même petit, pour résoudre un problème. C’est comme avoir recours à un tueur à gages pour résoudre un problème », a insisté le pape argentin.

        Lire aussi :
         

                Le pape François compare l’avortement au recours à un « tueur à gages »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Des scientifiques chinois ont supprimé les barrières naturelles qui empêchent deux mammifères de même sexe de se reproduire entre eux.
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/10/2018
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Des chercheurs chinois obtiennent des souriceaux à partir de parents de même sexe

Des scientifiques chinois ont supprimé les barrières naturelles qui empêchent deux mammifères de même sexe de se reproduire entre eux.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 17h51
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 11h11
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            Paul Benkimoun








                        



                                


                            

Des chercheurs, membres de l’Académie chinoise des sciences, ont annoncé avoir obtenu des souris en bonne santé à partir de deux souris femelles. Les rongeurs ont non seulement pu se développer, mais également donner à leur tour naissance à des souris en bonne santé. Zhi-Kun Li et ses collègues ont répété la procédure avec deux souris mâles, mais les souriceaux n’ont pas vécu plus de quarante-huit heures. Ces travaux montrent qu’il serait possible de surmonter les obstacles à la production d’un embryon de souris à partir de deux parents de même sexe au moyen de cellules souches et d’une édition ciblée du génome. Ils sont publiés, jeudi 11 octobre, en ligne dans la revue Cell Press.
Ce n’est pas la première fois que des scientifiques réussissent à créer des souriceaux à partir du matériel génétique de deux souris femelles. En 2004, Tomohiro Kono (université d’agriculture de Tokyo) et ses collègues avaient été les premiers à le faire. Pour cela, ils avaient utilisé des ovocytes immatures ayant une mutation qui leur faisait perdre une région de leur génome, qui subit normalement ce que l’on appelle une empreinte parentale. Les souris nées par ce biais présentaient toutefois des anomalies, et la technique employée était loin d’être simple à utiliser.
Chez les animaux comme les mammifères héritant une moitié de leur génome de chacun des deux parents, la copie d’origine maternelle d’un gène, et celle d’origine paternelle, ne s’expriment pas de la même façon : l’une sera active alors que son homologue provenant de l’autre parent sera réduite au silence.
Condition nécessaire pour un développement viable de l’embryon sans anomalie, cette « empreinte parentale » résulte d’une modification chimique d’une partie de l’ADN, qui ne sert pas à coder la production d’une protéine, mais qui altère l’expression d’un gène : on parle de modification épigénétique. Chez la souris, cette modification consiste surtout en une méthylation de l’ADN. L’empreinte...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Le lanceur russe a subi une défaillance de son moteur après le décollage, hier, et est retombé au sol. Les deux spationautes sont indemnes.
<filname="PROF-env_sciences-12"> ¤                     
                                                

Suspension des vols habités vers la Station spatiale internationale après l’échec d’une fusée « Soyouz »

Le lanceur russe a subi une défaillance de son moteur après le décollage, hier, et est retombé au sol. Les deux spationautes sont indemnes.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 08h07
   





                        



   


Le vice-premier ministre russe, chargé de la défense et de l’espace, Youri Boroussov, a annoncé, jeudi 11 octobre, la suspension des vols habités vers la Station spatiale internationale (ISS). Cette communication est intervenue peu après l’échec de la fusée Soyouz qui devait transporter l’Américain Nick Hague et le Russe Alexeï Ovtchinine vers l’ISS. Le lanceur a connu une défaillance de moteur après son envol de la base de Baïkonour, au Kazakhstan. L’incident semble s’être produit au niveau d’un des quatre boosters qui propulsent l’engin au moment du décollage.
Quelques heures après cet échec, Moscou a annoncé ouvrir une enquête pour en comprendre les raisons, et notamment vérifier s’il y a eu des violations des règles de sécurité. « Un groupe d’enquête a été formé et les responsables examinent actuellement le site de lancement, des documents sont saisis », a détaillé, dans un communiqué, le comité d’enquête, chargé des grandes affaires criminelles en Russie.

   


La capsule dans laquelle se trouvaient les deux hommes s’est retrouvée dans l’impossibilité d’atteindre l’orbite de l’ISS. Elle est donc retombée en mode dit « balistique » quelques minutes après le décollage et a touché terre à vingt kilomètres de la ville kazakhe de Jezkazgan, à 450 kilomètres de la base de Baïkonour.
« C’était un vol rapide ! »
Nick Hague et Alexeï Ovtchinine ont été récupérés indemnes par les secours. Les deux spationautes ont subi une décélération plus forte que lors d’une rentrée classique dans l’atmosphère. Malgré cela, Alexeï Ovtchinine, dont ce devait être le second séjour dans l’espace, a commenté la situation avec calme : « Problème de lanceurs, 2 minutes 45 secondes. Problème de lanceurs. C’était un vol rapide ! »

   


La suspension des vols habités devrait durer le temps qu’une enquête établisse la cause de l’incident. Le prochain changement d’équipage de l’ISS est programmé le 20 décembre. Trois personnes se trouvent actuellement à bord de la station : l’Américaine Serena Auñón-Chancellor, le Russe Sergueï Prokopiev et l’Allemand Alexander Gerst.
Ce dernier a publié sur Twitter une image du vol raté de la fusée Soyouz, prise depuis l’ISS, estimant que « les vols dans l’espace sont difficiles » mais qu’il faut « continuer à essayer pour le bien de l’humanité ».

Glad our friends are fine. Thanks to the rescue force of >1000 SAR professionals! Today showed again what an amazin… https://t.co/Ec81bnKvWD— Astro_Alex (@Alexander Gerst)


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Grande fiabilité de « Soyouz »
La fusée Soyouz, dont de nombreuses versions se sont succédé depuis plus d’un demi-siècle, est réputée pour sa fiabilité, même si son tout premier vol, en 1967, s’était soldé par la mort du cosmonaute Vladimir Komarov, le premier homme à périr dans une mission spatiale.
C’est, depuis l’arrêt des navettes spatiales américaines, le seul lanceur capable de transporter des équipages vers l’ISS, la NASA ne disposant pas, à l’heure actuelle, d’une fusée habilitée à faire voyager des humains.
La seule autre défaillance en vol de Soyouz remonte à 1975, lorsque la séparation du premier et du deuxième étage ne s’était pas faite correctement, ce qui avait entraîné l’abandon automatique de la mission et le décrochage de la capsule habitée, laquelle était retombée dans les montagnes sibériennes. L’équipage avait là aussi pu être récupéré sain et sauf.
Le décollage avorté de ce jeudi survient alors qu’une enquête est en cours à la suite de la découverte d’un petit trou dans le module de descente russe actuellement amarré à l’ISS. La Russie a évoqué la possibilité d’un sabotage, une hypothèse qui a été pour le moment écartée par la NASA.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Les « transplantations domino », dans lesquelles un organe greffé est réimplanté sur un autre malade après la mort de son premier receveur, sont des opérations rares.
<filname="PROF-env_sciences-13"> ¤ 
<article-nb="2018/10/15/19-14">
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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Une sélection de croquis du génie a servi d’inspiration aux 110 maquettes réalisées.
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Les inventions  de Vinci en trois dimensions

Une sélection de croquis du génie a servi d’inspiration aux 110 maquettes réalisées.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 10h09
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                            Catherine Mary








                        



                                


                            
L’exposition. Léonard de Vinci, artiste emblématique de la Renaissance, est crédité de multiples inventions, dont l’hélicoptère, le parachute ou la mitraillette. Mais quelle est la part du mythe dans cette légende, et de quoi Léonard de Vinci est-il vraiment l’inventeur ? Telle est la question à laquelle l’exposition « Da Vinci, les inventions d’un génie », qui se déroule à La Sucrière à Lyon jusqu’au 13 janvier  2019, ambitionne de répondre.
Soutenu par de puissants mécènes, Léonard de Vinci assimilait comme tout savant humaniste les connaissances de son époque. Il excellait tant en astronomie qu’en botanique, en anatomie, en génie militaire, ou ­encore en mathématiques. Son travail s’appuyait sur la prise de notes et sur des croquis réalisés dans des carnets, les codex, dont 25, totalisant des dizaines de milliers de pages, sont conservés dans différentes institutions à travers le monde, tels le British Museum, la bibliothèque ambrosienne de Milan et la ­Bibliothèque nationale d’Espagne.
Animation 3D
C’est à partir d’une sélection de ces croquis, rendus accessibles par leur numérisation, qu’a été conçue l’exposition. Ils ont servi d’inspiration aux maquettes de 110 inventions présentées dans l’exposition, dont on peut aussi visualiser l’animation 3D sur des écrans interactifs. Différentes thématiques y sont représentées afin d’illustrer les centres d’intérêt de Léonard de Vinci et de ses mécènes, dont le génie militaire, l’architecture, l’hydraulique ou les machines de mesure.
Le visiteur découvrira ainsi un surprenant char à lames équipé d’une roue horizontale munie de lames destinées à couper les jambes des ­attaquants. Autre illustration de l’ingéniosité de Léonard de Vinci dans l’art de la guerre, le repousse-échelle permettant de repousser ­depuis l’intérieur des forteresses les échelles par lesquelles affluent des assiégeants. En matière d’architecture, l’exposition illustre son intérêt pour les ponts et les escaliers,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Cyclones, ouragans, typhons…, plus la température des océans augmente, plus les vents violents de ces phénomènes se renforcent. Explications en vidéo.
<filname="PROF-env_sciences-15"> ¤ 
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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Ce nouvel outil diagnostic permet une caractérisation plus fine des troubles de l’écriture qui touchent près de 10 % des écoliers.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤                     
                                                   
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Tegami, une tablette contre les dysgraphies

Ce nouvel outil diagnostic permet une caractérisation plus fine des troubles de l’écriture qui touchent près de 10 % des écoliers.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 17h21
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                            Benoît Crépin








                        



                                


                            
Lettres mal formées, tracé irrégulier, alignement incertain… Autant d’imperfections révélatrices d’un trouble ­appelé dysgraphie, ensemble protéiforme de difficultés d’apprentissage et de maîtrise de l’écriture manuscrite qui handicape environ 10 % des élèves à travers le monde. Pour poser leur diagnostic, ergothérapeutes et psychomotriciens ne disposent pour l’heure que d’un outil plutôt rudimentaire : le test BHK.
« Cette méthode de diagnostic consiste à analyser un texte seulement après qu’il a été écrit, ce qui ne permet pas d’évaluer la qualité du tracé au fil de sa réalisation. La dimension dynamique est donc complètement absente. Il existe aussi une certaine variabilité ­entre cotateurs, qui rend le test assez subjectif », déplore Thomas Gargot, pédopsychiatre à la Pitié-Salpêtrière de Paris.
Un constat qui a poussé ce médecin de formation, également doctorant en informatique –affilié au laboratoire de Cognitions humaine et artificielle (CHArt) de l’université Paris-VIII ainsi qu’à l’Institut des systèmes intelligents et de robotique (ISIR), laboratoire commun à l’université Pierre-et-Marie-Curie et au CNRS –, à prendre part à la conception d’un nouvel outil d’analyse de la dysgraphie, baptisé Tegami. Née dans le laboratoire d’ergonomie éducative (Chili Lab) de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), en Suisse, cette méthode de diagnostic novatrice vient d’être décrite dans la revue Nature Digital Medicine.
Inclinaison du stylo, pression de sa pointe, fréquence des tremblements… « Notre système permet de distinguer 53 critères de tracé, contre 13 pour le test BHK », révèle Thibault Asselborn, premier auteur des travaux et doctorant au Chili Lab. Des paramètres analysés en continu, jusqu’à 200 fois par seconde, grâce à une simple tablette graphique cachée sous la feuille de papier sur ­laquelle l’enfant est invité à écrire. « Ce dispositif va permettre d’affiner le diagnostic et de proposer à l’élève des...




                        

                        


<article-nb="2018/10/15/19-17">
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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Un exercice physique régulier améliore la qualité du sommeil, et ce dernier améliore les performances sportives.
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤                     
                                                   
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Du sport pour mieux dormir, et vice versa

Un exercice physique régulier améliore la qualité du sommeil, et ce dernier améliore les performances sportives.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 10h42
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Pour mieux dormir, bougez dans la journée ; et pour améliorer vos performances sportives… optimisez votre sommeil. Les études scientifiques le montrent sans ambiguïté, les liens entre exercice physique et sommeil existent dans les deux sens.
Commençons par explorer les effets du premier sur le second. Chez des individus sans problème particulier de sommeil, une activité physique régulière améliore sensiblement le temps d’endormissement (qui est réduit), et surtout la qualité globale du sommeil, soulignent Alexandra Kredlow (université de Boston) et ses collègues, dans une revue de la littérature (Journal of Behavioral Medicine, 2015). « Il a été en particulier établi que l’exercice physique régulier augmente le sommeil lent profond », précise le professeur Damien Léger, qui dirige le centre du sommeil et de la vigilance à l’Hôtel-Dieu (APHP).
Quant aux effets sur le sommeil d’une séance ­d’activité physique « aiguë », ils sont, toujours d’après la méta-analyse des auteurs américains, modestes et d’une robustesse variable sur le plan scientifique. Bonne nouvelle, contrairement à ce qui a longtemps été dit, il n’est plus déconseillé de faire du sport dans les heures précédant le coucher. Les séances tardives étaient suspectées d’altérer le sommeil et en particulier d’accroître le temps d’endormissement, mais des travaux récents ne confirment pas ces perturbations, du moins chez des bons dormeurs.
Peu d’études dans le domaine
Quid de l’activité physique en cas de troubles du sommeil ? S’agissant de l’insomnie, dont les formes sévères concernent plus de 10 % de la population, les études ne sont finalement pas si nombreuses. Dans une revue de la littérature parue en juillet dans la ­revue Peer J, une équipe japonaise en a retenu neuf randomisées, portant au total sur 557 participants. « Nos résultats suggèrent que les effets de l’exercice physique sur le sommeil sont meilleurs chez...




                        

                        


<article-nb="2018/10/15/19-18">
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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Deux équipes américaines ont réussi à faire exécuter quelques pas à des personnes paralysées. Une forme de marche très rudimentaire probablement due à une repousse neuronale au niveau de la moelle épinière après stimulation.
<filname="PROF-env_sciences-18"> ¤                     
                                                   
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Re-marcher grâce à la stimulation nerveuse

Deux équipes américaines ont réussi à faire exécuter quelques pas à des personnes paralysées. Une forme de marche très rudimentaire probablement due à une repousse neuronale au niveau de la moelle épinière après stimulation.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 10h46
    |

                            Marie-Laure Théodule








                        



                                


                            
Les défis de la science. Faire exécuter quelques pas à un paralysé ne relève plus du miracle. Cet objectif, poursuivi depuis une vingtaine d’années par de nombreuses équipes médico-scientifiques, donne lieu souvent à des annonces spectaculaires. Ainsi le 24 septembre, deux équipes américaines, l’une de la clinique Mayo (Minnesota) et l’autre de l’université de Louisville (Kentucky) décrivent respectivement dans Nature Medicine et dans le New England Journal of Medicine comment elles ont réussi à faire se tenir debout et marcher des patients jusque-là rivés dans leur fauteuil par une lésion accidentelle au niveau de leur moelle épinière.
Les images diffusées par la chaîne américaine CNN de Kelly Thomas, jeune Américaine de 24 ans (une des quatre patientes de l’équipe de Louisville), sont particulièrement étonnantes : on la voit marcher chez elle sur sa pelouse à l’aide d’un déambulateur, alors qu’elle s’était retrouvée complètement paralysée quatre ans plus tôt à la suite d’un accident de la route.

Présentées comme des premières, ces annonces ne le sont pas tout à fait. En 2000 déjà, Marc Merger, un patient paraplégique, avait réussi à faire quelques pas, assisté d’un déambulateur. Il avait été opéré par le docteur Pierre Rabishong, à Montpellier, qui lui avait posé des électrodes au niveau des muscles locomoteurs. Mais aujourd’hui la méthode s’est perfectionnée : les deux équipes américaines stimulent directement la moelle épinière au niveau de la zone sacro-lombaire, qui pilote la marche.
En fonctionnement normal, pour déclencher un pas, les neurones moteurs du cerveau envoient les commandes de mouvement via leurs prolongements, les axones, à leurs « collègues », les neurones de la zone sacro-lombaire, qui les renvoient ensuite aux muscles des jambes via leurs propres axones. En cas de lésion provoquant une paralysie des membres inférieurs, la communication entre la zone sacro-lombaire et les neurones...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ S’inspirant de concepts évolutionnistes, des chercheurs proposent d’adapter les traitements pour réduire les phénomènes de résistance. Les cliniciens restent sceptiques.
<filname="PROF-env_sciences-19"> ¤                     
                                                   
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Une piste pour atténuer les résistances tumorales

S’inspirant de concepts évolutionnistes, des chercheurs proposent d’adapter les traitements pour réduire les phénomènes de résistance. Les cliniciens restent sceptiques.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 06h00
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            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
La médecine a quelque chose à voir avec l’art de la guerre. Face à un adversaire comme le cancer, où des cellules anormales prolifèrent en empêchant les défenses de l’organisme de les détruire, la doctrine est plutôt d’essayer de frapper suffisamment fort afin d’éliminer le plus de cellules tumorales le plus rapidement possible. Serait-il préférable d’opter pour une autre stratégie consistant à contenir l’ennemi sans le faire disparaître ? C’est l’hypothèse sur laquelle repose la thérapie adaptative. Biologiste de l’évolution, Frédéric Thomas (CNRS, université de Montpellier) et ses collègues décrivent, dans un article paru mardi 2 octobre dans PLOS Biology, comment ­notre système immunitaire pratique plutôt l’adaptation.
Résistance aux thérapies
« La thérapie adaptative a été ­inventée par Robert Gatenby [cosignataire de l’article (Moffitt Cancer Center, Floride)]. Il part de l’hypothèse que, lorsqu’il existe déjà des cellules avec des mutations les rendant résistantes à la chimiothérapie, ces variants résistants vont gagner deux fois : ils ne sont pas tués et le traitement élimine les concurrents restés sensibles. Les malades qui meurent d’un cancer décèdent du fait de la sélection progressive de variants résistants contre lesquels le traitement ne peut plus rien faire », décrit Frédéric Thomas.
Cette résistance a cependant un coût métabolique pour ces cellules, ce qui les désavantage dans la compétition avec les cellules sensibles. « Robert Gatenby a montré qu’avec des chimiothérapies espacées, qui maintiennent la compétition entre variants résistants et sensibles, la tumeur ne grossissait pas », indique Frédéric Thomas. L’un des autres coauteurs de ­l’article, Emmanuel Donnadieu (Inserm, CNRS, université Paris-Descartes), a observé que les macrophages empêchent les lymphocytes T d’aller tuer des cellules cancéreuses. Autrement dit, selon Frédéric Thomas, la réponse du système immunitaire de l’hôte...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Nous n’avons pas toujours une perception exacte des rapports de proportion dans les changements de taille – dont se jouait le récent film « Ant-Man et la Guêpe ». Une lacune qui a des conséquences dans la vie réelle.
<filname="PROF-env_sciences-20"> ¤                     
                                                   
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Erreurs de taille en perspective

Nous n’avons pas toujours une perception exacte des rapports de proportion dans les changements de taille – dont se jouait le récent film « Ant-Man et la Guêpe ». Une lacune qui a des conséquences dans la vie réelle.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 16h49
    |

                            Wiebke Drenckhan (CNRS) et 
                            Jean Farago (Physiciens à l’Institut Charles-Sadron à Strasbourg)








                        



                                


                            

Carte blanche. Quand, au cœur de l’été, le programme du cinéma local dans une main, une tapette à mouches dans l’autre, chassant négligemment la gent hyménoptère de vos tartines, vous avez choisi d’aller voir Ant-Man et la Guêpe, aviez-vous alors bien conscience que vous signiez pour un grand film de physique ?
Nous ne pensons pas seulement aux dialogues, truffés de « fonctions intriquées » et autres « décohérences », termes au parfum de la physique quantique la plus moderne, ou aux descentes psychédéliques dans le monde subatomique… Non, le ressort comique de ce film repose sur la capacité des héros à changer de taille à volonté, du format fourmi à la maison de trois étages… Or, ces transformations posent une sérieuse question de taille, pour reprendre le titre du livre d’Olivier Rey (Stock, 2014).
En effet, très peu nombreuses sont les grandeurs de la nature qui croissent en proportion de la taille des structures qu’elles caractérisent. Prenons par exemple un cube : si on double sa taille en doublant la longueur de ses côtés, sa surface et son volume seront quatre et huit fois plus grands.
Cet argument suffit par exemple à expliquer pourquoi les dauphins des latitudes élevées sont en moyenne plus grands que ceux qui évoluent en Méditerranée : pour des animaux de grande taille, le rapport surface/volume est plus petit, et correspond aussi au rapport entre la déperdition de chaleur (qui se fait via la surface) et sa fabrication par l’organisme (dans tout le volume). Certes, un grand dauphin perd plus de chaleur par jour qu’un petit, mais comme en même temps il en produit encore davantage, la vie lui est malgré tout confortable dans les eaux glacées des fjords norvégiens…
Habitué à la proportionnalité
Ainsi, les lois physiques ne respectent pas, en général, la proportionnalité, ce dont nous devrions être intuitivement bien conscients. Or, nous sommes au contraire habitués aux rapports...




                        

                        

