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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Le rappeur américain, dont la visite à Donald Trump avait suscité de nombreuses moqueries, a offert une paire de tennis à Yoweri Museveni.
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Compte rendu

En Ouganda, Kanye West et Kim Kardashian font du pied au président

Le rappeur américain, dont la visite à Donald Trump avait suscité de nombreuses moqueries, a offert une paire de tennis à Yoweri Museveni.


LE MONDE
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        Le 15.10.2018 à 17h41

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        Mis à jour le 15.10.2018 à 18h36






    
Kim Kardashian, accompagnée de son époux, Kanye West, dédicace une chaussure pour le président ougandais, Yoweri Museveni, à Entebbe, le 15 octobre 2018.
Crédits : Handout . / REUTERS


Lundi 15 octobre, le rappeur américain Kanye West et son épouse, Kim Kardashian, ont rendu visite au président ougandais, Yoweri Museveni, 74 ans, et lui ont offert une paire de tennis blanches. La superstar du rap est en Ouganda pour mettre la touche finale à son neuvième album, Yandhi. Cet opus devait initialement sortir au début du mois, mais Kanye West a annoncé vouloir d’abord se rendre en Afrique pour y « ressentir l’énergie ».

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Le rappeur, qui a récemment annoncé prendre le nom de Ye, est arrivé samedi en Ouganda avec son épouse. Ce pays de l’Afrique des Grands Lacs a saisi cette opportunité pour se présenter en destination touristique de choix, avec des photos du couple visitant ses plus beaux sites naturels.
M. Museveni a reçu le couple et l’a salué sur son compte Twitter. « J’ai eu des discussions fructueuses avec le duo sur la manière de promouvoir le tourisme et les arts en Ouganda. Je remercie Kanye pour son cadeau avec ces tennis blanches. Profitez bien de votre séjour en Ouganda. C’est la vraie perle de l’Afrique », a-t-il écrit.

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La semaine dernière, Kanye West avait rencontré un autre chef d’Etat, le président Donald Trump, dont il est un fervent partisan. Casquette sur la tête et téléphone à portée de main, il s’était lancé dans un long monologue surréaliste, sautant du coq à l’âne jusqu’à en laisser le président Trump pantois, ce qui lui avait valu critiques et moqueries.


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ L’artiste, aussi écrivain, s’était installé à Paris en 1958 pour fuir le franquisme. Il s’est éteint le 14 octobre, à Madrid, à l’âge de 81 ans.
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Le peintre et sculpteur espagnol Eduardo Arroyo est mort

L’artiste, aussi écrivain, s’était installé à Paris en 1958 pour fuir le franquisme. Il s’est éteint le 14 octobre, à Madrid, à l’âge de 81 ans.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 14h20
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 18h05
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            Harry Bellet








                        



                                


                            

Il avait l’élégance d’un hidalgo, l’enthousiasme et la combativité d’un Don Quichotte. Le peintre et sculpteur espagnol Eduardo Arroyo est mort à Madrid dimanche 14 octobre, des suites d’un cancer, à l’âge de 81 ans. « Je suis né le 26 février 1937, sous les bombes, au numéro 19 de la rue Argensola à Madrid », écrivait-il dans Minutes d’un testament (Grasset, 2010). Car il voulait être écrivain – il l’était, et plutôt bon, comme le montre son dernier ouvrage, une forme cryptée d’autobiographie, intitulé Deux balles de tennis (Flammarion, 2017) – et fut, dans sa jeunesse, homme de presse.
Il ­avait suivi, en effet, les cours de l’école espagnole de journalisme, une institution « peu rationnelle, ­assez délirante et très drôle », et exerça ses talents dans les journaux madrilènes, illustrant assez bien l’opinion du directeur de son école : « Eduardo est intelligent, mais il est toujours distrait ; il travaille peu. De plus, il est capable ­de se moquer du président des Etats-Unis d’Amérique. » Dans l’Espagne de Franco, c’était imprudent : en 1958, il choisit de partir, et s’installa à Paris.
« J’ai eu la chance d’avoir 20 ans à Paris, et de vivre à Montparnasse, un quartier d’artistes à l’époque », confiait-il au Monde en 2010. « Paris était divisé en deux : les artistes à Montparnasse, les écrivains à Saint-Germain. Ce que je voyais, c’était le comportement des peintres, leur noblesse, malgré une misère très grande. Les vieux avaient un regard sur nous, les jeunes. Ils se donnaient la peine d’aller voir dans les galeries, et de repérer des jeunes. “Venez avec nous, on va continuer à vivre ensemble…” C’était ce qu’ils avaient vécu eux-mêmes. Une tradition qui rejaillissait jusque dans les galeries où les vieux faisaient vivre les moins vieux, qui eux faisaient vivre les jeunes. »
« Tueur » de Duchamp
De cette époque, il avait gardé le goût des bars...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Simon Chu raconte l’histoire de ces travailleurs venus épauler les Britanniques dans les Flandres, pendant la Grande Guerre.
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« L’Armée oubliée » : le souvenir occulté des Chinois des tranchées

Simon Chu raconte l’histoire de ces travailleurs venus épauler les Britanniques dans les Flandres, pendant la Grande Guerre.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 14h05
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                            Antoine Flandrin








                        



   


Histoire, lundi 15 octobre à 23 h 25, documentaire
En 1916, les Britanniques enregistrent de lourdes pertes sur le front. Il leur faut des hommes pour creuser des tranchées, nettoyer les chars d’assaut et porter des munitions aux troupes massées en première ligne. Un accord conclu avec les autorités chinoises leur permet d’employer près de 100 000 travailleurs pour une bouchée de pain. Le réalisateur Simon Chu raconte l’histoire du Chinese Labor Corps (CLC), cette « armée » de travailleurs recrutés à Weihai, concession britannique située dans la province du Shandong.
Lorsqu’ils signent leur contrat d’une durée de trois ans, aucun d’entre eux ne sait qu’au terme d’un voyage de quatre mois, il sera jeté dans les tranchées de Flandres. Logés dans des camps pouvant contenir jusqu’à 10 000 hommes, ceux que les Britanniques appellent les « coolies » n’ont pas le droit de nouer des contacts avec la population locale. Après l’armistice du 11 novembre 1918, ils sont chargés de nettoyer les champs de bataille. Le ramassage des cadavres et des obus coûtera la vie à plusieurs milliers de Chinois. Ce travail inhumain provoquera des mutineries durement réprimées.
Brutalité et préjugés racistes
Le dénommé Kong sera ainsi fusillé, avant d’être enterré dans un cimetière militaire près de Calais. Le réalisateur y conduit sa petite-fille. Face à la tombe de son ancêtre, elle peine à comprendre la brutalité et les préjugés racistes des soldats britanniques de l’époque. Des historiens – l’Américain Mark Levitch et le Belge Dominiek Dendooven – replacent ces comportements et ces représentations dans leur contexte, celui d’un monde dominé par les puissances impérialistes européennes. Convaincus que l’empire du Milieu doit rester un Etat faible, les Britanniques céderont le Shandong au Japon lors du traité de Versailles. L’engagement des travailleurs chinois sera ensuite complètement oublié.
Si le film réussit à combler ce trou de mémoire, on regrettera qu’il s’enferme dans une vision anglo-centrée. Ainsi, le grand affrontement sur le front occidental en 1917 a eu lieu à Passchendaele en Belgique – pas un mot sur le Chemin des Dames. Plus gênant : il ne consacre aucun développement aux 40 000 Chinois employés par la France, également à partir de 1916, pour travailler dans ses usines d’armement, ses ports, ses mines et ses forêts.
L’Armée oubliée, de Simon Chu (GB, 2017, 46 min). www.histoire.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Achille Mbembe rend hommage au philosophe camerounais disparu le 13 octobre à Yaoundé, qui incarnait « le meilleur de la critique nègre ».
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Nécrologie

Fabien Eboussi Boulaga, disparition d’un « inlassable veilleur »

Achille Mbembe rend hommage au philosophe camerounais disparu le 13 octobre à Yaoundé, qui incarnait « le meilleur de la critique nègre ».

Par                Achille Mbembe



LE MONDE
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        Le 15.10.2018 à 13h22

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        Mis à jour le 15.10.2018 à 13h45






    
Le philosophe camerounais Fabien Eboussi Boulaga à Kampen, aux Pays-Bas, en 1974.
Crédits : 


Tout comme celle de Jean-Marc Ela avant lui, l’on n’entendra plus la voix de Fabien Eboussi Boulaga, d’une limpide et cristalline pureté, si fulgurante et si ironique dans son refus de toute compromission, si scintillante de clarté et si porteuse d’espérance au milieu de la nuit de notre âge, de l’aridité de nos jours et de la cruauté qui n’a cessé de nous envelopper si étroitement, à la manière d’un mauvais sort.
Celui qui, depuis plus d’un demi-siècle, s’était fait notre inlassable veilleur et qui, sans cesse, nous exhorta à nous lever et à marcher, désormais n’est plus. Et nous voici résolument orphelins, le cœur transpercé par une indicible douleur.
Je ne sais plus combien de fois dans ma vie je suis revenu à La Crise du Muntu ou à Christianisme sans fétiche, ouvrage que j’achetai en 1982 et que je relisais ces derniers jours encore, en tandem avec Etoile de la rédemption, du juif allemand Franz Rosenzweig. Je ne sais pas pourquoi, tant de fois, il m’est venu à l’idée qu’il existait une affinité entre une tradition allemande de la pensée juive et le meilleur de la critique nègre, dont Fabien Eboussi Boulaga aura, manifestement, été l’une des incarnations.
Une pensée du devenir et de la déclosion
De la difficulté à traiter d’Eboussi, jamais je ne saurai quoi dire. Serait-ce parce que, face à un homme dont la vie aura été, de bout en bout, un incomparable livre de sagesse et presque un traité de droiture et d’humilité, tout discours abstrait soudain semble superflu ? Ou serait-ce parce que, s’agissant de son œuvre, tout commentaire court a priori le risque d’être trivial ?
Au demeurant, n’a-t-il pas, mieux que quiconque, dit exactement ce qu’il voulait dire, au point où, justement, il y a désormais si peu, voire rien que l’on puisse ajouter à ses propres mots ? Mais que serait alors cette pensée qui, s’étant auto-engendrée et ayant tout pensé, n’aurait plus rien à recevoir d’aucune autre ni de personne ?
La pensée d’Eboussi aura en effet été tout sauf une pensée morte. Au contraire, elle aura été une pensée du devenir et de la déclosion. Et puisque Eboussi est bel et bien de chez nous, l’on peut supposer que le lieu qui l’a vu naître et qu’il a fidèlement habité, ainsi que ses traditions, auront laissé quelque trace dans son écriture et infléchi sa sensibilité. Et peut-être y a-t-il là plus qu’une simple observation.

Fabien Eboussi Boulaga en dates
17 janvier 1934 Naissance de Fabien Eboussi Boulaga à Bafia, au centre du Cameroun.
1955 Il devient jésuite après des études secondaires au petit séminaire d’Akono.
1969 Ordonné prêtre après des études de théologie, d’ethnologie et de philosophie à Lyon.
1977 Parution de La Crise du Muntu aux éditions Présence africaine.
1980 Il quitte l’ordre des jésuites et demande son retour à l’état laïc.
1981 Parution de Christianisme sans fétiche aux éditions Présence africaine.
1984 Il devient professeur de philosophie à l’université de Yaoundé.
1994 Il est nommé professeur à l’Institut catholique de Yaoundé.
1997 La Démocratie de transit au Cameroun, éditions L’Harmattan.
13 octobre 2018 Décès à Yaoundé, à l’âge de 84 ans.


Or justement, l’histoire de l’écriture et de la pensée critique au Cameroun est fort tardive. Au fond, si l’on excepte les régions musulmanes, le triple mouvement qui consiste à lire, à penser et à écrire date, chez nous, du XXe siècle.
Il fut propulsé par deux courants, le nationalisme anticolonial et le christianisme de la libération. Ruben Um Nyobè fut, de ce point de vue, notre premier penseur. C’est lui qui posa, dans les termes les plus emphatiques et pour la première fois par écrit et par la praxis, la question de notre devenir-sujet. Chez lui, cette question était la même que celle de notre émancipation politique et de notre devenir-nation.
Cette question du devenir-sujet, du devenir-nation et de la possibilité de se tenir debout par soi-même, Um la paiera, comme on le sait, de sa vie. La veine ouverte par Um ne tarira cependant point. Et c’est bien cette veine que l’on retrouve dans tous les textes ultérieurs, de Félix Moumié à Osendé Afana en passant par Abel Eyinga, Mongo Beti, Tchoundjang Pouemi, Ambroise Kom, Célestin Monga et plusieurs autres encore. On la retrouve également chez les penseurs issus du christianisme et de sa critique, à l’instar de Jean-Marc Ela.
Pouvoir et domination
Significatif est, à cet égard, l’attention sans cesse renouvelée qu’Eboussi porta aux phénomènes du pouvoir, du savoir et de la domination. D’ailleurs, de la domination, il ne cessa de répéter qu’elle consistait avant tout en la « capacité de disposer de la substance humaine des autres ». Le geste anthropophage par excellence. Il n’y avait, à ses yeux, de pouvoir légitime qu’au service de « la création et de la vie », « la puissance devenue service » et, à ce titre, multiplicatrice de vie.
Je comprends mieux, à présent, pourquoi j’aurai chaque fois éprouvé le besoin de revenir à Christianisme sans fétiche. C’est parce que, de tous nos livres, c’est celui qui aura posé dans la clarté la plus cristalline la question de la communauté humaine à venir et du pouvoir en tant que « puissance mise au service de la fraternité ». Avec ceux d’Um, Mongo Beti, Ela et les autres, c’est le livre qui nous aura donné les moyens d’imaginer, en profondeur, un espace et un temps « où il n’en ira plus comme ailleurs ou comme auparavant ».

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                « Africains, il n’y a rien à attendre de la France que nous ne puissions nous offrir à nous-mêmes ! »



Eboussi ne serait sans doute pas allé si directement à l’essentiel et n’aurait sans doute pas engendré sa pensée s’il n’avait été hanté, depuis très longtemps, par la question de Dieu. Cette réflexion sur Dieu, et surtout sur la figure de Jésus de Nazareth, constituait le modèle de sa réflexion sur le reste. Mais que faut-il, dans son cas, entendre par Dieu ? Un nom et ses attributs ? Un symbole de nature relationnelle ? Un problème, et si oui lequel ? Un ensemble de conditions hors desquelles le nom n’a aucune signification ?
Tout cela à la fois, sans doute. Et davantage encore, le nom qui libère l’homme et le place devant ses responsabilités. Mais aussi le nom qui l’appelle et lui propose un don, celui de la vie entendue comme « puissance créatrice » et force constitutive de communautés « où chacun se reçoit d’autrui, sans être le moyen de rien ni de personne ».
Ethique de la responsabilité
C’est ainsi qu’Eboussi réinterprète, au demeurant, le mystère chrétien au centre duquel se trouve la résurrection. Le contenu du message de la Révélation, affirme-t-il, « c’est la victoire éternelle de la vie regagnée en chacune de nos vies sur la mort ». Il s’agit de la vie « en sa gratuité et son jaillissement sans bornes » ; une vie nouvelle, qui ne naît pas du sang et qui est ordonnée vers une fraternité et une sororité elles-mêmes situées au-delà de l’ethnie. Car « vaincre la mort, c’est aussi vaincre la naissance ».
Tout l’effort d’Eboussi aura consisté à garder le cap qui mène à l’essentiel. Cette exigeante et incessante quête de l’essentiel aura caractérisé sa vie. La sienne aura donc été, en très grande partie, une philosophie des conséquences. Souci des conséquences sans lequel il n’y a guère d’éthique de la responsabilité.
Pour y parvenir, il n’aura jamais hésité à revenir sur ses pas et à changer de pistes s’il le fallait, afin d’éviter ce qu’il appelait « les voies barrées ». La sienne aura donc été une réflexion et une vie sur le fil, qui montre la fragilité de l’acte de penser, car tout acte de penser est constamment menacé par la chute dans le vide, emporté vers des chemins qui ne mènent nulle part, par la tentation de l’irresponsabilité.
Eboussi a donc entamé sa traversée propre de notre longue nuit commune, et nous voici orphelins. Il laisse derrière lui une foule innombrable de jeunes prêts à prendre la relève et aux yeux desquels sa vie et sa probité auront été un témoignage sans prix.
Et tant que nous n’en aurons pas fini avec l’idée de l’Afrique et celle de l’homme aux prises avec lui-même, avec son prochain, avec son destin et avec Dieu, son nom et son souffle partout nous accompagneront, le timbre de sa voix résonnera parmi nous et son écho se fera entendre jusqu’aux extrémités d’un monde qu’il nous aura appris, comme l’indique Felwine Sarr, à « habiter en commun » et à réclamer comme le nôtre.
Achille Mbembe est, avec Felwine Sarr, l’initiateur des Ateliers de la pensee de Dakar. Son dernier ouvrage, Politiques de l’inimitié, a été publié en 2016 aux éditions La Découverte.


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ La directrice de la Foire internationale d’art contemporain de Paris, a su en un peu moins de quinze ans redonner du lustre à une manifestation dont marchands et amateurs se détournaient.
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Par  Roxana Azimi  Publié aujourd’hui à 11h30, mis à jour à 11h30   Lecture 7 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés                  Au jardin des Tuileries à Paris, le 8 octobre, devant l’œuvre de Thomas Schütte, « Mann im Wind, Nr. 2 » (Galerie Pietro Spartà). MANUEL BRAUN POUR « LE MONDE »             Depuis près de quinze ans, Jennifer Flay est à la FIAC ce que Gilles Jacob fut pendant quarante ans au Festival de Cannes : le visage d’un événement très français et follement international à la fois, professionnel et glamour. En deux septennats, cette Néo-Zélandaise francophone de 59 ans, chevelure rousse et œil bleu pétillant, a hissé l’événement dont elle est la directrice sur le podium des grandes foires d’art contemporain.          Si la nouvelle édition, qui ouvre ses portes le 18 octobre, aligne un parterre de 193 exposants parmi les plus puissants, pointus ou branchés du moment, rien n’était gagné lorsque Jennifer Flay a pris, en 2003, les rênes du salon. La FIAC, qui avait connu de riches heures dans les années 1970 au Grand Palais, était alors au plus mal.          Pour rebooster la manifestation, Jennifer Flay a dû puiser dans un sens du rebond cultivé depuis son plus jeune âge. A 14 ans, elle perd sa mère. Elle se passionne dès lors pour les arts, enchaîne, après l’équivalent du baccalauréat, un double cursus en français et histoire de l’art. Quand elle débarque en 1980 à Nice pour parfaire son français, elle ne pense rester en France que quelques mois. Elle n’en repartira plus. L’amour la retient sur place, et plus encore un nouveau monde s’ouvre à elle.          Catherine Issert, qui avait lancé une galerie très pointue sur les hauteurs de Saint-Paul-de-Vence (Alpes-Maritimes), la recrute en 1981. A l’époque, encore plus qu’aujourd’hui, il était très mal vu de parler argent en France. « Ma culture, c’était l’art conceptuel, la critique institutionnelle, raconte-t-elle. Je pensais que les galeristes étaient des salauds qui profitaient des artistes. » Mais très vite, grâce notamment au grand promoteur du pop art et de l’art minimal Leo Castelli, qui vient souvent déjeuner chez Catherine Issert, elle comprend que galeriste, c’est tout autre chose. Le marché de l’art n’est pas encore passé à l’ère industrielle. Les galeries fonctionnent comme des petites entreprises artisanales où l’humain prime. « Il faut être courageux pour travailler avec les artistes de sa génération, rappelle Jennifer Flay, quand il n’y a pas la reconnaissance de l’histoire de l’art pour te rassurer. »          Traversée des années 1990 cahin-caha                                           — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   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« Les Montagnes hallucinées », adaptation risquée et réussie de Lovecraft en manga

C’est à un exercice ambitieux que se prêtent les éditions Ki-oon avec la sortie des « Montagnes hallucinées ». Une adaptation de la longue nouvelle d’H.P. Lovecraft, maître américain de l’horreur.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 11h20
    |

            Bernard Monasterolo








                        



   


Rares sont les auteurs qui, comme H. P. Lovecraft, ont réussi à imposer un univers, un style narratif et une mythologie aussi forte autour de leurs écrits. Même le nom de sa ville de naissance, Providence, ou de sa maison d’édition, Arkham House, dans le Rhode Island, distillent une poésie étrange pour qui a approché l’œuvre de l’auteur américain. Tout ce qui entoure Lovecraft, ses thèmes macabres autour du mythe de Cthulhu, ses inventions topographiques (Miskatonic, Innsmouth, Dunwich…) ou son Necronomicon irriguent encore le monde de l’horreur près d’un siècle après sa mort.
C’est donc à un exercice ambitieux que se prêtent les éditions Ki-oon avec la sortie des Montagnes hallucinées, adaptation de la longue nouvelle horrifique de Lovecraft. Dans un format médium couvert d’un faux cuir souple marron, l’ouvrage, qui s’éloigne des standards du manga tant par son style que par sa narration, s’attaque à un écrit iconique. Ce premier volume participe d’une série en deux tomes, elle-même intégrée à une collection plus vaste sur les « chefs-d’œuvre de Lovecraft ».

   


L’histoire de cette équipe scientifique qui découvre les traces d’une civilisation perdue au milieu des glaces polaires aura fait des émules, depuis The Thing jusqu’à Alien Vs Predator, en passant par les multiples occurrences mineures du cinéma fantastique. Assez récemment encore, ce même récit était la priorité du réalisateur Guillermo del Toro, avant un coup d’arrêt brutal de sa production.

   


Gou Tanabe est un auteur connu dans l’univers du seinen manga, avec une palette assez variée. Il a publié dès le milieu des années 2000 quelques séries courtes dont Kasane et Mr Nobody, qui ont confirmé sa réputation avec un dessin assez européen et très précis. Car il faut un certains sens du détail pour restituer parfaitement Les Montagnes hallucinées, nouvelle très descriptive et peu bavarde. Témoignage à la première personne de William Dyer, membre survivant de l’expédition polaire qui est au centre du récit, le dialogue est rarement utilisé dans la nouvelle. C’est d’ailleurs une caractéristique de l’écriture de Lovecraft. Cette difficulté stylistique est évacuée par Gou Tanabe, qui n’a pas hésité à interpréter les propos du narrateur de manière explicite en les faisant parler, une incarnation bienvenue pour la dynamique particulière du manga.

   


Fruit d’une époque complexe qui voit simultanément l’effet dévastateur de la crise de 1929 et des avancées technologiques sans précédent, le petit roman de Lovecraft est un peu anachronique dans une période qui est aussi le premier âge d’or de la science-fiction, entre 1930 et 1950. Il est d’ailleurs publié dans la jeune revue Astounding Stories en 1937 (l’année de la mort de Lovecraft), qui va devenir avec Amazing la plus populaire des revues de science-fiction à ce jour. C’est sans doute cette popularité éditoriale qui explique ce succès assez inattendu dans une époque ou la « hard tech SF » est en pleine ascension. Par nombre d’aspects, l’œuvre de Lovecraft est le dernier sursaut d’un genre « fantastique » détrôné par la SF, avec une dimension naturaliste et symboliste que restitue très bien le dessin noir et blanc, si proche de la gravure, de Gou Tanabe.

        Lire :
         

          Les premiers chapitres du manga « Les Montagnes hallucinées »




   


Les Montagnes hallucinées, de Gou Tanabe, tome I le 4 octobre 2018, éditions Ki-oon, 290 pages, 15 euros.



                            


                        

                        


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Découvertes aux côtés de son père anthropologue et archéologue, ces civilisations inspirent Heizer pour sa stupéfiante mise en scène d’allées, de stèles, de courbes, pentes et tumuli, taillés dans le béton et la terre dont il exploite les mille textures et nuances. Longtemps tenue dans le plus grand secret, City ouvrira au public en mai 2020. A bientôt 74 ans, à l’occasion de son exposition à la galerie Gagosian du Bourget (Seine-Saint-Denis), qui coïncide avec la semaine de la Foire internationale d’art contemporain (FIAC), ce Sisyphe moderne nous dévoile sa ville de fin du monde.           Lire le portrait : La renaissance de la FIAC, l’œuvre de Jennifer Flay             Il y a un demi-siècle, vous donniez les premiers coups de pioche d’un projet pharaonique, « City ». Aviez-vous idée qu’il prendrait toute votre vie ?          Cela fait cinquante ans ? Je ne compte pas en années. J’avais des idées, je les ai développées, je continue. Mais je n’ai jamais fait ni plan ni maquette, tout est venu comme un flux de conscience. C’est la seule façon de faire.           Je n’ai jamais fait ni plan ni maquette, tout est venu comme un flux de conscience          Il y a cinq ans, je n’avais encore aucune idée de ce à quoi ressemblait City. Et puis est arrivé Google Earth. Aujourd’hui, on est aidés par des machines guidées par ordinateur et satellites, précises comme des lasers. Tout est cartographié. Cela nous permet de détecter la moindre pierre déplacée, une trace de souris, une mauvaise herbe. Grâce au progrès informatique, on a pu réaliser une courbe extraordinaire, comme jamais aucun homme n’en a réalisé. Si jamais une tempête détruit une des structures, on peut désormais la recréer à l’identique. Et cela va arriver de plus en plus souvent, avec le réchauffement climatique : les orages de plus en plus violents font des dommages considérables.                     « North, East, South, West » (1967-2002). MICHAEL HEIZER. COURTESY OF THE ARTIST AND GAGOSIAN GALLERY. PHOTO : TOM VINETZ             Pourquoi un tel engagement dans une seule et même œuvre ?                                           — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de 400 journalistes    Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.    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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Les Beaux-Arts, à Paris, présentent une trentaine d’aquarelles d’élèves architectes, réalisées entre 1848 et 1867.
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Exposition : le Paris du Second Empire redessiné

Les Beaux-Arts, à Paris, présentent une trentaine d’aquarelles d’élèves architectes, réalisées entre 1848 et 1867.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 10h31
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 10h32
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



                                


                            

Composés d’un plan, d’une coupe transversale et d’une élévation à l’aquarelle – l’ensemble devant être exécuté en une seule séance de douze heures –, les projets du « concours d’émulation » ont jalonné les premières années de formation des élèves architectes de l’Ecole des beaux-arts de Paris. Instaurés par Jacques-François Blondel, en 1763, ces exercices permettant d’évaluer les futurs lauréats du Prix de Rome, ont eu cours jusqu’à l’éclatement de l’école parisienne, en mai 1968. Trente-quatre d’entre eux, réalisés sous le Second ­Empire (1852-1870), y sont exposés jusqu’au 12 janvier 2019 dans le cabinet Jean-Bonna.
« Nous avons choisi de présenter des feuilles de cette époque en ­raison de leur richesse et de leur éclectisme, explique la commissaire de l’exposition, conservatrice générale du patrimoine, Emmanuelle Brugerolles. Mais cela reste des exercices scolaires ; parmi les élèves, certains n’avaient pas 20 ans », précise la gardienne de la plus grande collection au monde (40 000 pièces) de dessins d’architecture, détenue par les Beaux-Arts.
« Une porte de parc », « un campanile », « un trône pour un souverain », « un siège épiscopal », « un rendez-vous de chasse dans une île », « une volière », « une salle de concert d’été », mais aussi « un monument à l’industrie » ou « un pont sur un chemin de fer » : en dehors des deux derniers ­sujets, les figures imposées du concours d’émulation font le plus souvent l’impasse sur des thématiques trop contemporaines. Désuet en apparence aujourd’hui, leur ­caractère intemporel révèle et ­sublime surtout les penchants de l’époque.
Gothique, Renaissance, romano-byzantin ou sinisant, sous le Second Empire, l’éclectisme triomphe dont l’Opéra Garnier fait figure de symbole
Gothique, Renaissance, romano-byzantin ou sinisant, sous le Second Empire, l’éclectisme triomphe dont l’Opéra Garnier fait figure de symbole....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ L’Empreinte, nouvelle scène nationale corrézienne, la 76e en France, proposera quelque 65 spectacles annuels.
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Brive et Tulle font cause commune pour le théâtre

L’Empreinte, nouvelle scène nationale corrézienne, la 76e en France, proposera quelque 65 spectacles annuels.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 11h31
    |

            Sandrine Blanchard (Brive-la-Gaillarde et Tulle (Corrèze), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

« C’est le plus grand théâtre de France car il a 28 kilomètres d’ouverture », plaisante Bertrand Bossard devant les spectateurs qu’il embarque dans un bus, samedi 13 octobre, pour son spectacle La Visite déguidée, un « périple » de Brive-la-Gaillarde à Tulle. En quelques mots, ce comédien désopilant, qui manie à merveille le comique par l’absurde, résume tout l’enjeu de L’Empreinte, la nouvelle scène nationale corrézienne, née de la fusion du Théâtre des 7 Collines de Tulle et des Treize Arches de Brive. Une longue histoire de rivalité de pouvoir entre les deux villes – Tulle (14 000 habitants) la préfecture, l’administrative, contre Brive (47 000 habitants) la dynamique, la commerçante – et vingt-huit kilomètres de départementale séparent ces deux lieux culturels qui viennent d’inaugurer, du 4 au 13 octobre, l’ouverture de leur première saison commune.
« Si vous êtes là, c’est que vous avez compris que c’est par l’art que la relation Brive-Tulle peut se construire, vous êtes porteurs du virus de l’échange. On m’a demandé de pacifier la Corrèze. Sachez-le, vu de Paris, les bisbilles entre Tullistes et Brivistes, on s’en tamponne le ­coquillard », plaisante Bertrand Bossard en invitant les voyageurs à considérer le tunnel de Bonnel, à mi-parcours du trajet, comme « une porte chamanique qui ouvre les chakras ». C’est qu’en décrochant, il y a quelques mois, le label scène nationale attribué par le ministère de la culture, les deux théâtres n’ont pas seulement obtenu un financement pérenne pour un projet artistique important, ils ont aussi concrétisé, à force de persévérance, le premier projet d’envergure réunissant les deux cités corréziennes.
Nathalie Besançon, directrice adjointe de L’Empreinte : « Nous voulons augmenter la fréquentation en travaillant sur la mobilité du public »
Alors forcément, une telle union, ça se fête. En grand. Nuit blanche libertaire, spectaculaire embrasement urbain, vaste...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Pour Netflix, Paul Greengrass retrace le double attentat perpétré par le militant d’extrême droite Anders Behring Breivik.
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« 22 July » : ce 22 juillet 2011, en Norvège…

Pour Netflix, Paul Greengrass retrace le double attentat perpétré par le militant d’extrême droite Anders Behring Breivik.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 10h08
    |

            Véronique Cauhapé








                        



   


Paul Greengrass, qui se plaît à répéter que l’une des grandes missions du cinéma est de divertir – ce à quoi il s’est appliqué avec La Mort dans la peau (2004) et La Vengeance dans la peau (2007) –, s’attache, tous les trois ou quatre ans, à en servir une autre, qu’il juge tout aussi nécessaire. Celle-là consiste à tendre un miroir au monde pour ouvrir les consciences. Bloody Sunday (en 2002, sur la tuerie en Irlande du Nord de 1972), Vol 93 (en 2006, autour du 11-Septembre 2001), Green Zone (en 2010, à propos de l’engagement américain en Irak), Capitaine Phillips (en 2013, sur la piraterie au large de la Somalie) témoignent de cette volonté. Tout comme 22 July, le dernier long-métrage du cinéaste britannique, présenté en septembre à la Mostra de Venise, à découvrir sur Netflix. Un film rude, soucieux des faits et de leur exactitude, qui retrace le double attentat perpétré par Anders Behring Breivik, le 22 juillet 2011, en Norvège.
Ce jour-là, cet ultranationaliste d’extrême droite, âgé de 32 ans, fait exploser une bombe dans le quartier des ministères à Oslo, causant huit morts, puis se rend aussitôt après dans un camp d’été de jeunes militants travaillistes sur l’île d’Utoya où il tue soixante-neuf personnes. 22 July débute sur ces scènes de tueries auxquelles le cinéaste réserve un temps suffisant pour rendre insoutenable la fureur et le bain de sang qui en résulte ; mais un temps sans excès, dont une des vertus est de tenir l’insoutenable à bonne distance de la démonstration propagandiste.
Le procès comme fil rouge
Car la tragédie qu’il rapporte n’est ni le dessein ni la fin du film. Elle en est le début, l’ancrage pour mener une réflexion, interroger la montée des extrémismes nationalistes à laquelle ont à faire face, aujourd’hui, les démocraties. Et saisir la façon dont un pays, la Norvège, a su réagir à la menace. 22 July s’attelle à cette tâche à travers l’histoire d’une famille meurtrie par les attentats (et ayant existé), dont l’un des fils est revenu gravement blessé. Mais aussi à travers le long procès ­d’Anders Behring Breivik, d’abord diagnostiqué schizophrène par deux psychiatres mandatés avant d’être jugé pénalement responsable par une contre-expertise, obtenue sous la pression de l’opinion publique.
La tragédie est l’ancrage pour interroger la montée des extrémismes nationalistes à laquelle ont à faire face les démocraties
C’est avant tout ce procès qui détermine le ton du film, définit sa forme et conduit au discernement d’une problématique sur laquelle le cinéaste se garde bien de porter un jugement. Didactique dans le soin qu’il apporte à la justesse des faits, et dans l’équilibre qu’il entretient entre l’émotionnel et le rationnel, Paul Greengrass fournit les clés pour savoir précisément ce qui s’est passé. Il s’est appuyé sur le livre de la journaliste norvégienne Asne Seierstad, One of Us : The Story of an Attack in Norway – and Its Aftermath (Virago, 2016, non traduit), et sur la parole de victimes rencontrées par l’intermédiaire d’une association de soutien aux familles.
Il rend compte de tout cela avec une extrême rigueur, à travers une direction d’acteurs juste et une mise en scène qui tient la barre droite. Le cinéma y trouve la voie de son engagement. Autant que Paul Greengrass, le moyen d’interroger les démocraties sur les arguments qu’il est désormais urgent, pour elles, de trouver, pour combattre les courants nationalistes.

Film américain de Paul Greengrass. Avec Anders Danielsen Lie, Jonas Strand Gravli, Jon Oigarden (2 h 23). Sur Netflix.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le chef d’orchestre Raphaël Pichon dirige superbement l’ensemble Pygmalion, à l’Opéra-Comique.
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Opéra : « Orphée et Eurydice », un vertige musical

Le chef d’orchestre Raphaël Pichon dirige superbement l’ensemble Pygmalion, à l’Opéra-Comique.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 09h51
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 11h14
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



                                


                            

L’apothéose du tragique. Telle l’Orphée et Eurydice de Gluck, nouvelle production présentée jusqu’au 24 octobre à l’Opéra-Comique sous la direction de Raphaël Pichon. Point en effet de pimpante ou pompeuse ouverture avant le magnifique chœur de déploration « Ah ! Dans ce bois lugubre et sombre », mais un simple « Larghetto » (n° 30) extrait du ballet Don Juan ou le convive de pierre. Idem pour le happy end, ce « lieto fine » qui rend au XVIIIe siècle son Eurydice à Orphée. Le retour des pleurs initiaux clôt donc le chef-d’œuvre remanié par Berlioz en 1859, qui, quelque soixante-dix ans après la mort de Gluck, offrit à la célèbre Pauline Viardot l’un de ses grands succès.
Raphaël Pichon tient sa baguette de la main gauche – celle du cœur. Tel Orphée, il va chercher la musique jusqu’aux tréfonds du son, en extrait le minerai du deuil, allégeant le sombre de la douleur en l’arpégeant d’espoir. Le puissant modelé de la phrase, le permanent enjeu expressif, la recherche des équilibres sont d’une intelligence dramaturgique qui donne le vertige, jusque dans les saisissants effets de spatialisations entre trombones et trompettes, empreinte berliozienne. Délestée du clavecin, cette version sur instruments d’époque transcende le génie d’une œuvre prémonitoire qui mêle à l’architecture classique les premiers assauts du romantisme sans renoncer à l’esprit d’une passion profane. Les excellents musiciens de l’Ensemble Pygmalion – orchestre et chœur (somptueux pupitre de ténors) – sont au sommet d’un art où la perfection de l’intonation, la justesse de l’intention, la cohésion spirituelle sont juste admirables.

Le procédé visuel, imaginé par le metteur en scène Aurélien Bory, est a priori séduisant. Un immense miroir noir, aux dimensions de la scène, réfléchit en la suspendant l’image des personnages incrustés dans une toile néo-classique de Jean-Baptiste Corot, Orphée ramenant Eurydice des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/10/2018
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Festivals, concerts et vidéo au menu de la semaine

Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 09h42
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Cette semaine, rendez-vous au Tourcoing Jazz Festival, assistez à Vendôme aux concerts d’Eddy de Pretto et de la captivante Jeanne Added, ou, si vous souhaitez découvrir un tout nouveau festival, déplacez-vous à Guéret, dans la Creuse, pour le Check (In) Side party, plein de belles promesses. Pour les amoureux de piano, Lucas Debargue sera à Lille et à Paris…
QUATRE FESTIVALS : 
Tourcoing Jazz Festival, jusqu’au 20 octobre

   


Commencée le 13 octobre avec un hommage à Jaco Pastorius par le guitariste Biréli Lagrène, la 32e édition du Tourcoing Jazz Festival, se poursuivra jusqu’au samedi 20 octobre avec un concert de la chanteuse Kimberose, annoncé complet, tout comme les soirées avec Fatoumata Diawara, le 16 octobre, Mulatu Astatke, le 17 et Charlie Winston, le 19.
Le programme du festival reste copieux avec notamment : le quartette Old and New Songs (Yoann Loustalot, trompette, François Chesnel, piano, Frédéric Chiffoleau, contrebasse et Christophe Marguet, batterie), le quartette du trompettiste Enrico Rava et le groupe James Farm (Joshua Redman, saxophones, Aaron Parks, piano, Matt Penman, contrebasse et Eric Harland, batterie), le 16 octobre ; le trio du violoniste Mathias Levy pour un hommage à Stéphane Grappelli, le quartette du pianiste André Manoukian, le 17 ; le trio du pianiste Pierre de Bethmann avec Sylvain Romano (contrebasse) et Tony Rabeson (batterie), la fanfare Nola French Connection en première partie du chanteur Hugh Coltman, le 18 ; le trio du trompettiste Flavio Boltro avec Mauro Battisti (contrebasse) et Mattia Barbieri (batterie), Portico Quartet, le 19 ; le trio nOx.3 avec la chanteuse suédoise Linda Olah, le pianiste Enrico Pieranunzi avec le contrebassiste Diego Imbert et le batteur André Ceccarelli, et enfin le pianiste cubain Chucho Valdés. Sylvain Siclier
Tourcoing Jazz Festival, à La Maison folie hospice d’Havré, 100 rue de Tournai, Théâtre Raymond-Devos, place du Théâtre et Magic Mirror, parvis Saint-Christophe/avenue de la République, à Tourcoing (Nord). Jusqu’au samedi 20 octobre. De 6 € à 30 €.
Check (In) Side Party, à Guéret, le 20 octobre

   


A l’été 2019, un nouveau festival connaîtra sa première édition, sur le site de l’aérodrome de la commune de Saint-Laurent, à quelques kilomètres de la ville de Guéret (Creuse). Son nom, le Check in Party – Festival des musiques indépendantes. En attendant et pour donner une idée de son propos artistique, une édition automnale, durant un jour, est organisée, ce samedi 20 octobre, à Guéret même. Au programme de ce qui, pour l’occasion, porte le nom de Check (In) Side Party, l’affiche annonce Malik Djoudi, Képa, Miossec, Jeanne Added, Arnaud Rebotini et Rebekka Warrior. Soit un mélange de chanson, de pop, de rock et d’électro. Des propositions de bon augure pour la suite estivale. S. Si.
Check (In) Side Party à l’Espace André-Lejeune, avenue René-Cassin, Guéret (Creuse). Samedi 20 octobre, à partir de 18 heures. De 20 € à 25 €.
Rockomotives, à Vendôme, du 20 au 27 octobre 

   


Le festival des Rockomotives, rendez-vous de musiques actuelles proposé par l’association vendômoise Figures libres depuis 1992, fait le pari chaque année d’une programmation défricheuse. Cette édition 2018, qui se déroulera du 20 au 27 octobre, n’y fait pas exception. Vendredi 26 octobre, la grande salle du Minotaure accueillera en tête d’affiche Eddy de Pretto, nouvelle coqueluche de la chanson française, quelques jours avant ses deux Olympia quasi complets. Le « Kid » de Créteil sera notamment précédé par les Suisses Puts Marie, dont le dernier album Catching Bad Temper (Two Gentlemen/Pias) fusionne hip-hop atmosphérique et rock fiévreux, ainsi que le rappeur de Seattle Aaron Cohen. Samedi 27 octobre, place à la captivante Jeanne Added dont le deuxième album Radiate (Naive), réussi à combiner rock rêche et textures technoïdes, ainsi que Arnaud Rebotini, récemment césarisé pour la musique du film de 120 battements par minutes. La country racée de Turner Cody et la pop vaporeuse de Tilö sont parmi les talents à découvrir de cette programmation, en concert gratuit le dimanche 21 dans un lieu surprise. Autre originalité, un ciné-concert avec le trio folktronica Gablé devrait redonner des couleurs à des courts-métrages animés des années 30, mercredi 24 à la Chapelle Saint-Jacques (6 €). Dans ce lieu saint, le lendemain, l’indie pop est à l’honneur avec celle affranchie des Belges BRNS et celle en mode dolce vita de Mister Milano. Franck Colombani
Rockomotives, à Vendôme (Loir-et-Cher). Du samedi 20 au samedi 27 octobre. De 6 € à 26 € ; forfait trois jours (25, 26 et 27 octobre), 51 € ; forfait semaine, 70 €. Nombreux concerts en accès libre.
Jazz sur Seine, jusqu’au 27 octobre

   


Alliance de vingt-cinq clubs et lieux qui programment régulièrement du jazz en Ile-de-France, le festival Jazz sur Seine, annonce, pour sa 7e édition, qui a débuté le 12 octobre et se terminera samedi 27 octobre, 450 musiciennes et musiciens pour 180 concerts. Il s’agit, grâce à un système de forfait à petit prix (40 € pour 3 concerts dans 3 lieux différents), d’inciter le public à venir découvrir l’activité des différentes structures avec une programmation qui fait la part belle à la scène française, des nouveaux venus aux artistes les plus réputés, avec ici et là quelques « vedettes » internationales (Carla Bley, Theo Croker, The Bad Plus, Roberto Fonseca…). Du jazz le plus classique au plus contemporain, dans ses alliances avec le blues, la soul ou les musiques du monde. S. Si.
Festival Jazz sur Seine, dans 25 clubs et salles en Ile-de-France. Jusqu’au 27 octobre. Forfait 3 concerts dans 3 lieux différents, 40 €.
TROIS CONCERTS :
Le pianiste Lucas Debargue joue Chopin, à Lille, le 18 octobre et à Paris, le 19 octobre

   


Trois ans après le Concours Tchaïkovski de Moscou qui le révéla à 25 ans en 2015, malgré ou à cause d’un quatrième prix plus remarqué que les autres, chaque apparition du pianiste Lucas Debargue continue de susciter le débat. Que ce soit à Lille le 18 octobre, ou à Paris le 19 octobre, son tête-à-tête avec Chopin, dont il joue le redoutable Concerto n°1, ne devrait pas laisser indifférent, ce d’autant que Sir Roger Norrington tient la baguette de l’Orchestre philharmonique de Radio France. Pour compléter le programme, le rare Concerto pour double orchestre à cordes de Michael Tippett et les Variations Enigma d’Edward Elgar, tous deux sous bannière britannique. Marie-Aude Roux
Lucas Debargue (piano), Orchestre philharmonique de Radio France, Roger Norrington (direction) : à l’Auditorium Nouveau-Siècle, à Lille (Nord), jeudi 18 octobre, à 20 heures, tél. : 03-20-12-82-40, de 5 € à 55 €. Maison de la Radio, auditorium de Radio France, Paris 16e, vendredi 19 octobre, à 20 heures., tél. : 01-56-40-15-16, de 10 € à 65 €.
Phosphorescent, à La Maroquinerie, à Paris, le 22 octobre 

   


L’auteur-compositeur et interprète Matthew Houck dit Phosphorescent a certainement bénéficié du revival folk dans le sillage de Bon Iver, voilà dix ans, pour étendre son public. Le New-Yorkais d’adoption avait pourtant alors déjà enregistré trois albums, dont, en 2007, le beau et crépusculaire Priest (Dead Oceans). C’est la vie, expression prisée chez les anglophones et titre de son septième opus studio, se donne des allures d’aboutissement artistique. Enregistré à Nashville où Houck vit désormais avec sa famille, le successeur de Muchacho (2013) réunit tous les éléments qui ont forgé son style, pop onirique, country folk, ambiances western spaghetti et nappes exotiques, le tout habité d’une plénitude inédite, bienvenue et salvatrice. Phosphorescent sera aussi de retour sur le vieux continent, une première depuis quatre ans, avec un passage à Paris, le 22 octobre, à la Maroquinerie. En première partie, l’Irlandaise Hilary Woods (ex-JJ72), dont le premier album vient de paraître sur le label Sacred Bones. F. C.
La Maroquinerie, 23 rue Boyer, Paris 20e. Lundi 22 octobre, à 19 h 30. 22,50 €.
UNE VIDÉO : « Savior (piano version) », par St. Vincent

Si les albums en version dites « Deluxe » – une réédition agrémentée de bonus et autres – abondent sur le marché, les versions « Redux » sont moins fréquentes. C’est le cas du nouvel album de l’envoûtante Annie Clark alias St. Vincent. Un an après la parution de son album Masseduction (Loma Vista/Caroline Records) massivement plébiscité, la chanteuse américaine sort un nouvel album qui prend à rebours son dernier ouvrage. Intitulé MassEducation (avec un « e » majuscule et l’ajout d’un « a », donc), le disque revisite les compositions de son fameux disque dans des relectures épurées piano-voix. L’occasion d’entendre ces chansons dans leur appareil naturel, filtrées de leur production électro-pop clinquante. Le disque a été enregistré durant des séances d’enregistrements de son jumeau, lors du mixage, en deux jours par Annie Clark accompagnée de son fidèle collaborateur, le pianiste Thomas Bartlett. La première vidéo tirée de l’album est un extrait live du titre Savior enregistré récemment au prestigieux Belasco Theater, à Los Angeles. F. C.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ L’Institut du monde arabe, à Paris, montre ce qu’il reste des sites dévastés par l’organisation Etat islamique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/10/2018
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Exposition : voyage en 3D dans des cités millénaires en péril

L’Institut du monde arabe, à Paris, montre ce qu’il reste des sites dévastés par l’organisation Etat islamique.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 10h19
    |

            Florence Evin








                        



                                


                            

Spectaculaires, saisissantes, émouvantes, les vues en 3D des ruines de Mossoul, Alep, Palmyre, Leptis Magna, que le visiteur survole en rase-mottes, laissent sans voix. Ce voyage virtuel auquel convie l’Institut du monde arabe (IMA), à Paris, est consacré aux cités millénaires en péril, avec une plongée au cœur même de ces villes d’Irak et de Syrie, au plus près de leurs trésors mutilés par l’organisation Etat islamique (EI) ; mais aussi en Libye, où l’antique cité romaine de Septime Sévère, ancrée sur le rivage méditerranéen, est menacée par l’avancée des flots et les pillages.

Ailleurs sur la planète, d’autres vues aériennes zooment sur les pyramides de Méroé, tombeaux royaux des pharaons noirs de Nubie, en plein désert soudanais ; sur le minaret de Djam, en Afghanistan ; sur le temple du Baphuon à Angkor au Cambodge ; ou encore sur l’élégante courbe en colimaçon du minaret de Samarra, en Irak. Autant de sites fragilisés au fil des siècles, dont il faut surveiller l’état de conservation.

Ces images en 3D, prises par l’architecte Yves Ubelmann, cofondateur et patron de la start-up française Iconem, spécialisée dans les technologies numériques au service du patrimoine en péril, sont projetées sur des écrans géants. Un choix qui rend plus réel encore le voyage virtuel, comme cet éblouissant cadrage sur les compositions en damiers écarlates des coupoles de Notre-Dame de l’Heure, à Mossoul, où les djihadistes s’acharnèrent sur le mobilier rituel, après le départ des dominicains vers Erbil, le 6 août 2014. Dans l’urgence de la fuite, le père Michael Najeeb réussira à emporter une partie des manuscrits anciens. Son témoignage poignant est transmis dans une vidéo projetée dans l’exposition, comme ceux des Mossouliotes et des Alepins qui confient leur calvaire.

Algorithme hypersophistiqué
Evoquant la présentation, en janvier 2017, à Paris au Grand Palais, des destructions de l’EI en Syrie, à Palmyre, au Krak des Chevaliers,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Dans une U Arena presque comble, le rappeur français, condamné à 18 mois de prison avec sursis pour une bagarre avec Kaaris, est resté sage.
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A Paris, Booba triomphe sans jamais passer le mur du son

Dans une U Arena presque comble, le rappeur français, condamné à 18 mois de prison avec sursis pour une bagarre avec Kaaris, est resté sage.



LE MONDE
 |    14.10.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 15h34
    |

                            Stéphanie Binet








                        


Booba a célébré ses retrouvailles avec son public après son procès pour une bagarre avec son rival Kaaris dans l’aéroport d’Orly, le 1er août. Finalement condamné à 18 mois de prison avec sursis et 50 000 euros d’amende, le rappeur français jubile, samedi 13 octobre dans la soirée, dans la plus grande salle d’Europe, la U Arena de Paris, presque pleine. « Merci d’être venus si nombreux, vous ne m’avez pas lâché ! », dit-il, répétant pendant tout le concert : « Nous sommes 40 000 ! »
Selon l’Agence France-Presse (AFP) toutefois, seuls 32 000 billets ont été vendus. L’espace réservé aux places VIP, vendues 200 euros, est en effet à moitié vide. Quoi qu’il en soit, Booba réalise une belle performance, devenant le premier rappeur français à rassembler autant de spectateurs dans une salle parisienne.

        Lire aussi :
         

                Procès de Booba et Kaaris : les rappeurs condamnés à dix-huit mois de prison avec sursis



Une scénographie efficace mais sans éclat
Bouteille de whisky à la main qu’il boit à même le goulot, Booba attrape de l’autre les drapeaux qu’on lui tend, l’Algérie, le Mali, reconnaît celui de l’Irak ou du Liban et brandit celui du Sénégal, le pays de son père. « Allez les Bleus, allez les Lions/Je suis un peu des deux », chante-t-il dans Friday, un des morceaux qui clôturera deux heures et quart d’un show à la scénographie efficace mais sans éclat. Neuf écrans verticaux, quelques effets sur l’image et un réacteur d’avion qui envoie des codes couleurs stéréotypés selon les thèmes : le rose pour Baby, son dernier tube, le bleu pour les morceaux gorgés de testostérone. Le réalisateur de ses clips, Chris Macari, ne le lâche pas d’une semelle et filme chacun des moments de liesse.
En début de concert, la voix rauque est assurée, la carrure imposante, le pas tranquille. Mais une fois la surprise passée, le concert s’essouffle. Booba se laisse porter par un public totalement acquis qui reprend tous ses textes en chœur, comme Wesh Morray ou Centurion, extrait de son dernier album Trône. Pour que le concert frôle enfin le mur du son, il faut attendre des énièmes remerciements « à ceux qui ne m’ont pas lâché : la Guyane, les Antilles, les gars de Fleury » – de la prison de Fleury-Mérogis où il a été incarcéré au début de sa carrière et récemment en août pour sa rixe avec Kaaris – et, enfin, aux « filles » auxquelles une série de chansons est dédiée : Scarface, Validée…
Arrive le titre Kalash, qui avait révélé son rival de Sevran, mais Booba ne dit pas un mot. Il préfère simplement amputer le couplet de Kaaris plutôt que d’en parler. Ce sera sa ligne de conduite pendant tout le concert : l’indifférence plutôt que les attaques puériles auxquelles il avait habitué ses fans sur les réseaux sociaux. Pas de commentaire non plus sur le récent départ de Damso de son label, pas un sur la bagarre à l’aéroport d’Orly, si ce n’est pour mentionner la présence sur scène d’un de ses gardes du corps alors très actif.

        Lire aussi le portrait :
         

          Booba : « Faut pas oublier que je suis un gamin, je m’amuse »



Benzema, « indésirable comme moi »
Au bout d’une heure d’un show poussif, terni par un autotune réglé à la limite du chanteur de raï, le concert finit enfin par décoller avec l’arrivée de Dosseh, avec qui il chante le duo Infréquentables. Frais, énergique, le jeune rappeur brandit un tee-shirt évoquant la manifestation qui a eu lieu samedi après-midi gare du Nord à Paris pour demander la vérité sur la mort d’Adama Traoré, mort en juillet 2017 dans une gendarmerie du Val-d’Oise.
Booba en profite pour faire sa seule déclaration extramusicale du concert : « On a peu d’espoir, mais on y croit encore : “Justice pour Adama !” », dit-il, renouant ainsi avec les textes de ses premiers albums, comme celui au sein du groupe Lunatic Mauvais Œil, puis ses solos Temps morts, Panthéon ou Ouest Side. Et voilà Booba lancé dans un pot-pourri de ses meilleurs titres mixés par DJ Medi Med.
Avant l’arrivée d’une autre jeune gâchette du rap français, Niska, il fait monter sur scène son ami, le footballeur Karim Benzema, « un indésirable comme moi ». Une posture qu’affectionne apparemment Booba mais que son succès à la U Arena de Nanterre dément, tant il fait aujourd’hui partie du paysage médiatique et musical français.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Un documentaire revient sur la vie et l’œuvre du grand artiste catalan, ami de Picasso, de Calder et des surréalistes.
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« Joan Miro, le feu intérieur » : un peintre célébré mais secret

Un documentaire revient sur la vie et l’œuvre du grand artiste catalan, ami de Picasso, de Calder et des surréalistes.



LE MONDE
 |    14.10.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 11h37
    |

            Renaud Machart








                        



   


Arte, dimanche 14 octobre à 17 h 35, documentaire
Inévitablement, quand on pense aux grands peintres espagnols nés à la fin du XIXe siècle, les noms de Pablo Picasso et Joan Miro viennent immédiatement à l’esprit et l’on oublie « le pauvre Juan Gris », comme disait Francis Poulenc, qui a d’ailleurs mis en musique des portraits poétiques de ces trois artistes par Paul Eluard.
Picasso et Miro se rencontrent à Paris, la ville où tant d’artistes viendront s’installer et où, selon Miro, « un triomphe, comme à Rome avant, ouvrait toutes les portes ». Amis et complices, ils n’en resteront pas moins rivaux – Picasso, de dix ans son aîné, ­demeurant d’ailleurs pour Miro une sorte de figure paternelle.
C’est ce que rappelle l’excellent documentaire d’Albert Solé que diffuse Arte à l’occasion de la rétrospective que le Grand Palais consacre à Miro (jusqu’au 4 février 2019), en faisant témoigner de nombreux collaborateurs et amis du peintre catalan et en le montrant s’exprimer dans un français volubile au cours d’émissions télévisuelles.

        Lire la critique de l’exposition :
         

          Joan Miro, le rêve au bout du pinceau



Leur duo fait penser à celui, chez les compositeurs, constitué par Maurice Ravel et Claude Debussy, pour évoquer une fois encore la musique, qui était chère à Miro. De la poésie, Miro, qui sera proche d’Eluard, de Breton et des surréalistes en général, disait : « J’avais besoin de m’en rapprocher, elle était ce qui m’intéressait par- ­dessus tout. »
Picasso était solaire, débraillé, homme à femmes ; Miro secret, intérieur mais ardent, tiré à quatre épingles et mari aimant de Pilar Juncosa. Miro rentrera en Espagne à l’orée de la deuxième guerre mondiale sous le régime de Franco (sans jamais y adhérer) ; Picasso restera dans Paris occupé.
Le documentaire met aussi Miro en parité avec le sculpteur américain Alexander Calder, rencontré à Paris en 1926, avec lequel il entretiendra une relation amicale et un dialogue artistique, leurs productions respectives ayant tant de points de rencontre et d’écho.
De plus en plus à l’essentiel
Joan Punyet, le petit-fils de Miro, évoque deux œuvres signées Calder et Miro installées dans les tours jumelles du World Trade Center à New York, qui disparaîtront dans l’effondrement des ­bâtiments après l’attaque terroriste dont elles furent l’objet en septembre 2001 : « Ils sont métaphoriquement morts ensemble. »
Les connaisseurs savent la trajectoire du peintre et son cheminement balisé de nombreuses remises en questions esthétiques. Les autres découvriront un travail voué à aller de plus en plus à l’essentiel, d’une esthétique très éloignée de celle de ces toiles (et sculptures) colorées qu’aiment tant les cartes postales – dont Picasso se moquait gentiment en disant à son ami : « Miro, à ton âge ! »
Miro sera profondément influencé par l’économie de la calligraphie japonaise
Si cette manière, dont certains lui reprochaient la naïveté, s’est parfois apparentée à un « art commercial facile et banalisé par la critique mondiale » comme le dit son petit-fils, Miro, en son temps de fréquentation surréaliste, avait parfois réduit son empreinte sur la toile à quelques signes.
Il sera plus tard profondément influencé par l’économie de la calligraphie japonaise, dont il dira qu’elle lui a « appris à [s]e resservir d’un pinceau ». Mais de l’alphabet chinois, il appréciait davantage le sens que l’esthétique.
A la fin de sa carrière, Miro jouera avec le feu, brûlant et trouant des toiles et des tapisseries, et finissant par de simples aplats monochromes voire, comme dans de merveilleuses toiles vides et « zen », par une seule ligne, tracée et retracée jusqu’à s’approcher au mieux du filigrane du silence.
Joan Miro, le feu intérieur, documentaire d’Albert Solé (France, 2018, 52 min). www.arte.tv



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ L’écrivain américain, 85 ans, est l’auteur d’un livre culte de 1971, « L’Homme-dé ». Et d’autres excellents romans parus depuis, jusqu’au joyeux « Invasion », aujourd’hui traduit.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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Luke Rhinehart : « L’esprit de sérieux est une maladie »

L’écrivain américain, 85 ans, est l’auteur d’un livre culte de 1971, « L’Homme-dé ». Et d’autres excellents romans parus depuis, jusqu’au joyeux « Invasion », aujourd’hui traduit.



LE MONDE
 |    14.10.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 09h48
    |

                            Eric Loret (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

Ce portrait aurait dû commencer par un voyage. On aurait pris l’avion, puis la voiture ou le train pendant deux ou trois heures depuis New York ou Boston, et expliqué quelle difficulté il y a à dénicher Luke Rhinehart, le mystérieux auteur de L’Homme-dé. Un livre culte publié en 1971 (Seuil, 1973 ; L’Olivier, 2014) qui raconte la vie du psychiatre déviant Luke Rhinehart, un type qui joue toutes les décisions de sa vie aux dés, en particulier celles qui concernent ses envies récurrentes de viol et de meurtre. On serait arrivé à Canaan, au milieu de la campagne, dans le nord de l’Etat de New York, dans une belle maison de bois blanc comme on en voit dans les films américains indépendants.
Là, George Powers Cockcroft, 85 ans, nous aurait expliqué qu’il ne s’appelle pas Luke Rhinehart (c’est le nom d’un personnage dans un de ses romans inachevés), qu’il n’a jamais été psychiatre et qu’il n’a pas non plus violé ni assassiné qui que ce soit. En revanche, il aurait dit qu’il a effectivement dragué sa femme grâce aux dés car, un jour, sortant en voiture d’un hôpital où il travaillait, il aperçut deux infirmières. Comme à l’époque les dés l’aidaient à dépasser sa timidité et ses tendances à la procrastination, le hasard lui enjoignit de proposer aux jeunes femmes de les raccompagner chez elles. L’une d’elle était Ann, son épouse depuis 1956.
Quand ils vivaient à Majorque, dans les Baléares
Mais nous n’avons pas eu à aller chercher l’homme au fond des bois. Il nous est servi sur un plateau et sous un large chapeau de cowboy dans les bureaux parisiens de son éditeur, en juin. On nous avertit qu’Ann, désormais peintre et écrivaine, sera présente mais qu’elle n’interviendra pas : elle veille seulement à ce qu’il ne s’épuise pas sous les interrogatoires répétés de sa tournée européenne. Dommage, on aurait au contraire aimé avoir son avis.
De temps en temps, on sent un frémissement dans le fond de la salle : c’est Ann qui n’est pas toujours...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Dans sa chronique, l’historienne Valérie Theis s’attriste d’une critique méprisante, publiée dans « Le Figaro », de l’historien Sanjay Subrahmanyam, professeur au Collège de France, vis-à-vis de son confrère Patrick Boucheron.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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« Ce qui tue, ce sont les querelles de chapelle des universitaires, les jalousies et le manque de générosité intellectuelle »

Dans sa chronique, l’historienne Valérie Theis s’attriste d’une critique méprisante, publiée dans « Le Figaro », de l’historien Sanjay Subrahmanyam, professeur au Collège de France, vis-à-vis de son confrère Patrick Boucheron.



LE MONDE
 |    14.10.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 10h19
    |

                            Valérie Theis (Historienne, professeure d’histoire médiévale  à l’Ecole normale supérieure)








                        



                                


                            
Résonances. Les historiens aiment les rituels. L’un d’eux, ­particulièrement prisé par les médiévistes, ­consiste à se lamenter collectivement de la ­disparition de ce grand public cultivé, amateur d’histoire, qui guettait chez le libraire les dernières productions de grands historiens comme Georges Duby ou Jacques Le Goff. Du côté des lecteurs, on entend : « Mais où sont les Duby et Le Goff d’aujourd’hui ? Qui pouvons-nous lire avec autant de profit intellectuel et de plaisir ? »
Chaque génération est en effet confrontée à la difficulté d’identifier, au sein du magma des productions éditoriales, les livres les plus marquants. Cette difficulté n’est en rien propre au grand public. Elle touche autant les chercheurs, tout particulièrement quand il s’agit d’en repérer de plus jeunes ou qui écrivent dans une autre langue. La vie intellectuelle est donc faite de multiples retards de réception et parfois aussi, malheureusement, de rendez-vous manqués.
Ce problème n’est cependant pas le seul. Les historiens, comme tous les autres scientifiques, se sont beaucoup spécialisés, ce qui complique la tâche de ceux qui tentent de rendre accessibles les résultats de ces recherches, dont il est faux de croire que le lectorat puisse facilement se les approprier. Face à cette difficulté, beaucoup de chercheurs ont décidé de se replier sur leur étroit domaine de spécialité et de n’échanger qu’avec leurs pairs. Il y a d’ailleurs quelque paradoxe à constater que certaines des institutions qui abritent le plus de chercheurs ayant fait ce choix ne sont pas celles où l’on se lamente le moins de la perte d’influence de l’histoire.
Il faut aujourd’hui beaucoup de courage pour se lancer dans une œuvre de synthèse. Produire une histoire générale implique en effet d’écrire des livres qui font bien plus appel aux travaux d’autres chercheurs qu’aux siens propres. Mais peut-on croire que les grandes fresques sur les marchands, les villes, les chevaliers...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Je ne serais pas arrivé là si… Cette semaine, l’acteur et réalisateur revient sur  sa rencontre « essentielle » avec le comédien disparu en octobre 2017.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/10/2018
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Guillaume Canet : « Sans Jean Rochefort, je n’aurais pas eu autant de chance »

Je ne serais pas arrivé là si… Cette semaine, l’acteur et réalisateur revient sur  sa rencontre « essentielle » avec le comédien disparu en octobre 2017.



LE MONDE
 |    14.10.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 12h11
    |

            Pascale Krémer








                        



                                


                            
Acteur, scénariste et réalisateur, distingué par un César en 2007 pour son film Ne le dis à personne, Guillaume Canet fait partie de la troupe de comédiens rassemblée par Gilles Lellouche dans Le Grand Bain, sur les écrans le 24 octobre. En mars 2019, il sortira la suite de sa comédie Les Petits Mouchoirs, qui, il y a huit ans, avait réuni plus de 5 millions de spectateurs.
Je ne serais pas arrivé là si…
S’il n’y avait pas eu ce choc émotionnel : un accident avec ma première jument, à 14 ans. J’étais en concours dans un centre équestre de La Baule (Loire-Atlantique) pendant que mes parents se baladaient sur la Côte sauvage. Dans la journée, sur la plage, ma jument est partie au triple galop, je ne pouvais plus l’arrêter. Elle s’est pris les pieds dans un trou de sable. On est tombés tous les deux. Dans la nuit, elle a fait une hémorragie interne. Il a fallu que je prenne, seul, la décision de l’euthanasier – il n’y avait pas de portable à l’époque pour appeler mes parents. C’est sans doute à cause de ce choc qu’à 18 ans, quand j’ai eu un autre accident, dans un concours international, j’ai décidé d’arrêter.
Comment s’est produite la seconde chute ?
Le cheval est parti une foulée trop tôt, il a atterri à l’intérieur de l’obstacle, je suis tombé, il est tombé sur moi et m’a marché dessus en se relevant. J’ai eu tout le côté droit cassé, main, poignet, épaule, pied, genou… Ça a déclenché une vraie remise en question. Le rêve s’effondrait. Je prenais conscience que je n’avais pas le niveau. Qu’à mon âge, il fallait des chevaux capables de concourir dans des épreuves plus grosses, et que mes parents n’avaient pas forcément les moyens… Et puis, j’en avais marre de cette vie-là. De nettoyer les box tous les matins à 5 heures avant de prendre le car pour l’école. J’arrivais, je sentais le fumier… Je commençais à penser aux filles, à la comédie, à Paris. J’ai choisi de faire ce qui me...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. A Lyon, le fondateur d’Artprice et de la Demeure du chaos livre ses réflexions sur l’époque autour d’un café noir.
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Thierry Ehrmann : « L’information est pour moi comme un suppositoire cocaïné »


                      Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. A Lyon, le fondateur d’Artprice et de la Demeure du chaos livre ses réflexions sur l’époque autour d’un café noir.



LE MONDE
 |    14.10.2018 à 06h42
    |

            Jérôme Porier








                              

                        

Thierry Ehrmann n’est pas à une contradiction près. C’est à l’étage d’une brasserie chic de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, banlieue verdoyante sur les hauteurs de Lyon, que le PDG d’Artprice, leader mondial des bases de données sur le marché de l’art, ­reçoit son visiteur à peine descendu du TGV. Un lieu à la tranquillité bourgeoise, en décalage avec l’image du plus punk des patrons français, pionnier d’Internet, sculpteur au format XXL, adepte des scarifications, aviateur chevronné, passionné de sciences occultes, éleveur de chevaux de trait, polygame et organisateur de soirées décadentes. Un goût de la liberté qui lui vaut une réputation sulfureuse dans la bonne société lyonnaise, qu’il exècre, ce qui ne l’empêche pas d’appartenir depuis plus de trente ans à la Grande Loge nationale française.
Vautré sur une banquette, vêtu de son éternel tee-shirt noir, l’oiseau de nuit pose pour le photographe devant un double expresso. « J’en bois 16 à 18 tasses par jour, c’est excellent pour la santé. Quarante ans de chimiothérapie, ça use ! », sourit-il. Son débit mitraillette le rend parfois difficile à suivre, mais l’homme sait écouter. La méditation, qu’il pratique quotidiennement, est l’une des clés de son équilibre. ­Atteint d’une maladie orpheline neurodégénérative, Thierry Ehrmann, 56 ans, se « shoote » en permanence pour surmonter la douleur, mais cet hyperactif insomniaque ne perd pas le nord. « Je viens ici pour la vue, qui domine tout Lyon. Comme je vis la plupart du temps retiré dans mon antre de la Demeure du chaos, mon huis-clos onirique, c’est ma respiration », dit-il.
Une vision glaçante d’un futur apocalyptique
A deux pas de L’Auberge du Pont de Collonges, le restaurant triplement étoilé de Paul Bocuse, qui fut un ami proche, Thierry Ehrmann a créé il y a bientôt vingt ans un musée d’art contemporain à ciel ouvert, entièrement gratuit. Exposant une vision glaçante d’un futur apocalyptique, il rassemble 7 500 œuvres, dont 3 600...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Trois podcasts et deux CD mêlant contes, légendes et classiques pour nourrir l’imaginaire des petits sans fatiguer les grands.
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Cinq histoires à faire écouter aux enfants


                      Trois podcasts et deux CD mêlant contes, légendes et classiques pour nourrir l’imaginaire des petits sans fatiguer les grands.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 15h06
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 11h15
    |

            Cristina Marino et 
                                Clara Georges








                              

                        
OLI, des contes d’auteurs

Le soir venu, Alain Mabanckou et ­Geneviève Brisac s’invitent dans la chambre des petits. Disponible depuis la rentrée, le podcast de France Inter est le dernier-né dans la catégorie des ­histoires audio pour enfants. La radio publique a demandé à des auteurs francophones d’imaginer des contes qu’ils liraient eux-mêmes, accompagnés de fonds musicaux et sonores. Delphine de Vigan déploie ici son ­talent narratif en version courte autour d’une banale histoire de poisson rouge mort. La voix joyeuse de l’auteure nous happe dès la première phrase (« Le jour où j’ai entendu papa dire “oh merde !” ») et ne nous lâche plus. Guillaume Meurice, aussi, l’humoriste omniprésent d’Inter, qui a eu la bonne idée de délaisser un peu son entreprise de destruction méthodique de notre vie politique pour offrir aux enfants un condensé de démocratie appliquée aux poules. Ce conteur-né devient tour à tour gallinacée aigrelette et renard embobineur. On se passerait en revanche volontiers de la moralité sur la loi du plus fort. Pour l’heure, seuls cinq épisodes sont disponibles, mais la radio promet que d’autres vont suivre.
De 5 à 7 ans. Episodes de 8 à 12 min. Disponible sur iTunes.
Ma Fabrique à histoires, l’enfant aux manettes

Pas de smartphone ni d’ordinateur, mais une radio au design minimaliste, rectangle turquoise aux boutons jaunes. A l’intérieur, un drôle de concept : des histoires que l’enfant construit lui-même, en choisissant un personnage (Gaston ou ­Suzanne), un lieu (château, mer, forêt ou maison), une rencontre (baby-sitter, père Noël, ­baleine…) et un objet. Et zou, ça démarre. Au hasard, on tombe sur l’histoire de la famille ­Dufeuil, qui fabrique des ­chemises… sauf la benjamine, Suzanne, la seule à ne pas faire partie de cette petite entreprise, qui se sent un peu oubliée. C’est bien mené, court, raconté soit par un homme, soit par une femme, et agrémenté de bruitages....



