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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Déterminé à ce que la cession à un repreneur soit privilégiée par le constructeur, le ministre de l’économie a alerté le gouvernement américain.
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Ford privilégie la fermeture de l’usine de Blanquefort, un choix « indéfendable » pour Le Maire

Déterminé à ce que la cession à un repreneur soit privilégiée par le constructeur, le ministre de l’économie a alerté le gouvernement américain.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 15h50
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 16h11
   





                        



   


Le choix du constructeur automobile de fermer son usine de Blanquefort, en Gironde, plutôt que de la céder à un repreneur, a suscité la colère de Bruno Le Maire qui juge cette position « indéfendable » par le ministre de l’économie qui a alerté le gouvernement américain.
« J’ai eu le président de Ford, vendredi dernier, au téléphone et le président m’a annoncé qu’entre une reprise du site par Punch et la fermeture de l’usine, l’option privilégiée par Ford était la fermeture de l’usine. Je suis en désaccord total avec ce choix », a dit M. Le Maire à Bordeaux, à l’issue d’une réunion avec des élus locaux et des représentants des quelque 850 salariés. « S’ils pensent qu’ils peuvent mettre la clé sous la porte sans que ni l’Etat ni les collectivités locales ne réagissent, ils se trompent ! Nous allons nous battre et nous ne nous laisserons pas faire », a lancé le ministre.
Déterminé à ce que « l’option de la reprise soit retenue » par le constructeur, M. Le Maire a affirmé avoir multiplié au cours du week-end les appels auprès de l’administration américaine. Il a dit avoir téléphoné au secrétaire au Trésor, Steve Mnuchin, et au conseiller économique du président Donald Trump pour « obtenir leur soutien » et qu’ils alertent « la direction de Ford sur ce qui se passe actuellement sur le site de Blanquefort », près de Bordeaux.

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Un choix « incompréhensible »
« Je souhaite que nous nous mobilisions tous pour maintenir l’activité industrielle (…) et que plutôt qu’une fermeture nous allions vers une reprise par Punch » Powerglide, « un repreneur solide » qui fabrique lui aussi des boîtes de vitesses, à Strasbourg, a-t-il dit. Selon lui, « si Ford prenait la décision de fermer sèchement l’usine de Blanquefort, le coût serait supérieur à une reprise », un choix « incompréhensible ».
Pour Philippe Poutou, délégué CGT de l’usine, l’américain « préfère fermer l’usine que favoriser la reprise car cela lui coûte moins cher au global » puisqu’une reprise signifie « obligatoirement des engagements de Ford pour assurer la transition » car « le repreneur aurait un plan sérieux mais pas avant trois ans ».
En septembre, M. le Maire avait, en effet, invité Ford « à prendre ses responsabilités », l’appelant à « participer à cette période de transition » du site qui compte 847 salariés. Le ministre avait qualifié d’insuffisant le plan de charge et souhaité « avoir des assurances sur les volumes [de commandes de boîtes de vitesses et de carters, que fabrique l’usine] que Ford va laisser en 2019, 2020 et 2021 ».

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Aide financière
Etat et collectivités territoriales se sont, de leur côté, engagés lundi à apporter une aide financière, afin de permettre la réussite de cette reprise. M. Le Maire a assuré que l’Etat était prêt à investir cinq millions d’euros à Blanquefort.
Alain Juppé, président de Bordeaux Métropole et maire de la ville, a lui aussi dénoncé l’attitude du constructeur américain. « Ford continue à nous mener en bateau », a-t-il estimé, ajoutant que « les collectivités territoriales se sont engagées à apporter 12,5 millions d’euros ». Les deux tiers seraient financés par la région Nouvelle-Aquitaine et un tiers par la Métropole « ce qui est une aide considérable », a-t-il détaillé en quittant la réunion avant la fin.
Même colère d’Alain Rousset, le président de la région Nouvelle-Aquitaine, pour qui « Ford a envie de plier les gaules », ce qui est « totalement inadmissible ». Il souhaite que la Commission européenne soit interpellée afin d’examiner les aides qu’elle verse à Ford Europe. Fin février, Ford avait annoncé cesser tout investissement dans son usine girondine, et rechercher un repreneur pour le site implanté dans la banlieue bordelaise depuis 1972. Selon Philippe Poutou, sur les 847 salariés du site, 390 souhaitent partir en préretraite et un maximum de 400 pourraient être repris par Punch.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Les perquisitions porteraient sur des soupçons de « manipulation illégale » de logiciels installés sur quelque 95 000 véhicules des modèles Insignia, Zafira et Cascada des années 2012, 2014 et 2017.
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« Dieselgate » : perquisitions chez Opel

Les perquisitions porteraient sur des soupçons de « manipulation illégale » de logiciels installés sur quelque 95 000 véhicules des modèles Insignia, Zafira et Cascada des années 2012, 2014 et 2017.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 14h06
   





                        



   


Des perquisitions ont eu lieu, lundi 15 octobre, chez Opel. Le constructeur allemand, filiale de PSA, est dans le viseur des autorités dans le cadre du scandale des moteurs diesel truqués. Opel a, de son côté, précisé que les perquisitions concernaient le siège à Rüsselsheim, près de Francfort, ainsi que son implantation à Kaiserslautern.
En juillet, le ministère allemand des transports avait annoncé une « audition officielle contre Opel en ce qui concerne trois modèles [de la norme diesel] Euro 6 ».
Le tabloïd Bild avait alors affirmé que l’Agence fédérale de l’automobile KBA, tutelle du secteur automobile allemand, détient « des éléments solides », selon lesquels le système de gestion des gaz d’échappement de certains modèles diesel d’Opel se met complètement à l’arrêt pendant la conduite « pour des raisons qui ne sont pas explicables techniquement ». Citant une plainte de la KBA, Bild rapportait, lundi, que les perquisitions portaient sur des soupçons de « manipulation illégale » de logiciels installés sur quelque 95 000 véhicules des modèles Insignia, Zafira et Cascada des années 2012, 2014 et 2017.

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Coopération
Opel affirme « coopérer pleinement avec les autorités » et insiste sur le fait que ses voitures « respectent les normes en vigueur ». Le groupe français PSA, qui a racheté la marque allemande à l’été 2017, a refusé de s’exprimer sur le sujet. Les services d’enquête pénale et ceux du parquet du Land de Hesse n’ont pas pu être joints dans l’immédiat.
Le scandale des moteurs diesel truqués a éclaté en septembre 2015, après que l’agence américaine de l’environnement (EPA) eut accusé Volkswagen d’avoir équipé onze millions de ses voitures diesel, dont environ 600 000 aux Etats-Unis, d’un logiciel capable de fausser le résultat des tests antipollution et dissimulant des émissions dépassant parfois jusqu’à 40 fois les normes autorisées.
Depuis, plusieurs parquets allemands ont ouvert des enquêtes pour fraude, manipulation de cours de Bourse ou publicité mensongère contre des cadres de Volkswagen.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Le nombre de télépilotes a doublé depuis début 2017, mais la demande ne suit pas.
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Pilote de drone, un miroir aux alouettes

Le nombre de télépilotes a doublé depuis début 2017, mais la demande ne suit pas.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 12h00
    |

            Jean-Michel Normand








                        



   


S’il est un secteur qui ne craint pas une pénurie de main-d’œuvre, c’est celui des drones civils. Selon les dernières données de la direction générale de l’aviation civile (DGAC), le nombre d’opérateurs professionnels – pilotes de drone ayant satisfait aux épreuves du brevet, obligatoire pour exercer une activité rémunérée – est passé de 3 500 début 2017 à 7 510 au 1er octobre 2018. Ces télépilotes, selon le terme consacré, disposent de 13 300 drones et font vivre une filière forte de 10 000 à 11 000 emplois, pour un chiffre d’affaires qui a doublé en 2017 (250 millions d’euros).
Paradoxalement, ce tableau, qui devrait inciter à l’optimisme, inquiète la profession, qui redoute de voir émerger une « bulle », à savoir un trop-plein de télépilotes attirés par les mirages d’un métier qui ne se résume plus à faire voler un appareil à distance, mais exige une plus forte valeur ajoutée. De fait, la plupart des quelque 7 500 télépilotes dûment enregistrés volent peu ou pas du tout. Selon la Fédération professionnelle du drone civil (FPDC), 60 % d’entre eux ne justifieraient que d’une « activité occasionnelle ».
« Les drones commencent à être utilisés dans de multiples domaines et beaucoup de gens sont persuadés que savoir piloter ouvre aisément accès à une vaste panoplie d’activités. C’est faux. Aujourd’hui, un télépilote doit aussi être capable d’interpréter les données qu’il a recueillies et, donc, disposer d’une compétence supplémentaire », insiste Francis Duruflé, chargé de mission à la FPDC. En clair, on recherche beaucoup d’ingénieurs, de professionnels du bâtiment ou de géomètres sachant manier un quadricoptère, mais peu de candidats n’ayant pas d’autre qualification particulière que celle de pouvoir manier un appareil à distance.
« Un métier qui n’existe pas »
Cette réalité semble d’autant plus prégnante que le télépilotage n’apparaît pas comme une activité très pérenne. Les drones, qui sont de plus en souvent utilisés en vol automatisé, réclament un savoir-faire de programmateur plutôt que les talents d’un aéromodéliste. En outre, le brevet exigé pour exercer une activité commerciale est difficile à obtenir, long et onéreux (compter un budget d’au moins 2 000 euros).
Echo au succès des drones de loisir, la multiplication des vocations de télépilote s’est d’abord portée vers les services (vidéos de fête familiale ou d’événement privé), une activité vite saturée, et l’audiovisuel, brèche dans laquelle se sont engagés certains vidéastes intermittents du spectacle. Cette voie, là encore, s’est singulièrement rétrécie.
Le recours croissant aux drones dans les domaines du BTP, de la surveillance de grands ouvrages ou de la sécurité attire des salariés ayant perdu ou abandonné leur emploi en quête de reconversion. « Nous sommes très sollicités et il est difficile d’expliquer que le métier de télépilote n’existe pas, qu’il ne peut pas s’agir d’une compétence isolée », assure Philippe Boyadjis, qui dirige Drones by Lukas, un centre de formation installé à Montereau-sur-le-Jard (Seine-et-Marne).
Pilote de drone, un miroir aux alouettes ? « Il faut être clair : il n’y a pas, aujourd’hui, assez de travail en France pour 7 500 télépilotes », renchérit Tom Berteau, commercial chez Abot, organisme créé par le distributeur rouennais Studiosport et qui forme surtout des géomètres, des pompiers ou des policiers. « Je suis un peu gêné de voir tous ces gens risquer de se bercer d’illusions. L’autre jour, une mère de famille m’a demandé quelle orientation il faudrait choisir pour son fils, passionné de drones, en fin de 3e », soupire Francis Duruflé, à la Fédération professionnelle du drone civil.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Créé en 1886 et pionnier des grands magasins, Sears Holdings qui possède les magasins Sears Store et Kmart, a annoncé la fermeture de 142 boutiques d’ici à la fin 2018.
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Le géant américain de la distribution Sears en faillite

Créé en 1886 et pionnier des grands magasins, Sears Holdings qui possède les magasins Sears Store et Kmart, a annoncé la fermeture de 142 boutiques d’ici à la fin 2018.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 11h52
   





                        



   


Le géant américain de la distribution Sears Holdings s’est placé sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, lundi 15 octobre. Cette disposition permet à une entreprise de continuer à opérer et de se redresser sans la pression de ses créanciers.
Créé en 1886 et pionnier des grands magasins, le groupe Sears Holdings qui possède les magasins Sears Store et Kmart, a annoncé la fermeture de 142 boutiques d’ici à la fin de l’année. Elles s’ajoutent aux 46 fermetures prévues d’ici le mois de novembre, alors que, au printemps 2018, 103 magasins du groupe avaient déjà tiré le rideau.
Edward S. Lampert, qui occupait le poste de PDG, devient uniquement président du conseil d’administration, tandis que la direction va être assurée par un « bureau du PDG » nouvellement créé.
Sears qui n’a plus fait de profit depuis 2011 est lourdement endettée. Dans le dossier qu’il a déposé au tribunal des faillites, il déclare 6,9 milliards de dollars (5,96 milliards d’euros) d’actifs et 11,3 milliards de passifs. Le groupe employait 89 000 personnes aux Etats-Unis en février, contre 246 000 cinq ans auparavant. Au moment de son achèvement en 1973, la Sears Tower à Chicago était le plus grand gratte-ciel du monde.

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La concurrence d’Amazon
Le groupe fait face à la concurrence du commerce en ligne, notamment du géant Amazon. La faillite de Sears est emblématique d’un changement de modèle de consommation et va de pair avec la désaffection des centres commerciaux.
En mars, un autre géant américain du commerce, Toys’R’Us, enseigne spécialisée dans la vente de jouets, avait annoncé qu’il cherchait un repreneur, à la suite de l’annonce de la mise en liquidation des 735 magasins de l’enseigne aux Etats-Unis. La société française Jellej a été choisie le 8 octobre pour en reprendre la filiale hexagonale.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ La directrice de la Foire internationale d’art contemporain de Paris, a su en un peu moins de quinze ans redonner du lustre à une manifestation dont marchands et amateurs se détournaient.
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La renaissance de la FIAC, l’œuvre de Jennifer Flay

La directrice de la Foire internationale d’art contemporain de Paris, a su en un peu moins de quinze ans redonner du lustre à une manifestation dont marchands et amateurs se détournaient.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 11h30
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Depuis près de quinze ans, Jennifer Flay est à la FIAC ce que Gilles Jacob fut pendant quarante ans au Festival de Cannes : le visage d’un événement très français et follement international à la fois, professionnel et glamour. En deux septennats, cette Néo-Zélandaise francophone de 59 ans, chevelure rousse et œil bleu pétillant, a hissé l’événement dont elle est la directrice sur le podium des grandes foires d’art contemporain.
Si la nouvelle édition, qui ouvre ses portes le 18 octobre, aligne un parterre de 193 exposants parmi les plus puissants, pointus ou branchés du moment, rien n’était gagné lorsque Jennifer Flay a pris, en 2003, les rênes du salon. La FIAC, qui avait connu de riches heures dans les années 1970 au Grand Palais, était alors au plus mal.
Pour rebooster la manifestation, Jennifer Flay a dû puiser dans un sens du rebond cultivé depuis son plus jeune âge. A 14 ans, elle perd sa mère. Elle se passionne dès lors pour les arts, enchaîne, après l’équivalent du baccalauréat, un double cursus en français et histoire de l’art. Quand elle débarque en 1980 à Nice pour parfaire son français, elle ne pense rester en France que quelques mois. Elle n’en repartira plus. L’amour la retient sur place, et plus encore un nouveau monde s’ouvre à elle.
Catherine Issert, qui avait lancé une galerie très pointue sur les hauteurs de Saint-Paul-de-Vence (Alpes-Maritimes), la recrute en 1981. A l’époque, encore plus qu’aujourd’hui, il était très mal vu de parler argent en France. « Ma culture, c’était l’art conceptuel, la critique institutionnelle, raconte-t-elle. Je pensais que les galeristes étaient des salauds qui profitaient des artistes. » Mais très vite, grâce notamment au grand promoteur du pop art et de l’art minimal Leo Castelli, qui vient souvent déjeuner chez Catherine Issert, elle comprend que galeriste, c’est tout autre chose. Le marché de l’art n’est pas encore passé à l’ère industrielle. Les galeries fonctionnent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Le résultat de ce dispositif, qui coûtera 40 milliards d’euros en 2019, reste toujours aussi flou.
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L’évaluation du CICE continue de faire débat chez les économistes

Le résultat de ce dispositif, qui coûtera 40 milliards d’euros en 2019, reste toujours aussi flou.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 11h21
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            
C’est l’emblème de la politique économique de François Hollande, reprise et pérennisée sous le mandat d’Emmanuel Macron. Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), un dispositif à 20 milliards d’euros par an, continue, près de six ans après sa mise en place, d’alimenter les polémiques sur son efficacité.
« Les évaluations du CICE ont toujours conclu à des effets mitigés », ont résumé, jeudi 11 octobre, les économistes de l’Institut des politiques publiques (IPP), un organisme indépendant mandaté au printemps par l’Assemblée nationale pour tenter, une fois de plus, d’estimer les effets de ce crédit d’impôt de 6 % sur la masse salariale, qui s’applique aux salaires jusqu’à 2,5 smic.

« Jusqu’ici, les évaluations du CICE n’ont pas trouvé d’effet sur l’investissement [des entreprises], la R&D (recherche et développement) et les exportations. Elles ont conclu à un effet probablement positif sur les marges, mais faible et incertain sur l’emploi. Enfin, elles ont noté une hausse du salaire moyen au sein des entreprises les plus concernées », notent les chercheurs de l’IPP.
Un peu court, pour une mesure qui a peu ou prou coûté 20 milliards d’euros par an aux finances publiques depuis 2014… et en coûtera le double en 2019. En effet, le CICE sera l’an prochain transformé en baisse de cotisations pérenne pour les entreprises. A sa naissance, en 2013, le mécanisme de crédit d’impôt avait été choisi afin de ne pas avoir à verser les sommes dues avant l’année suivante, pour ne pas peser sur le budget. Conséquence : l’an prochain, les 20 milliards seront dus aux entreprises à la fois au titre du crédit de 2018, et de la réduction de cotisations de 2019. De quoi creuser le déficit tricolore de 0,9 point de PIB, et le faire frôler la barre fatidique des 3 % (2,8 % prévus).
Casse-tête
A sa décharge, le dispositif a pâti dès le début du pire défaut qui soit pour une politique publique : courir plusieurs lièvres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Le bilan controversé des réductions de charges conduit à s’interroger sur l’opportunité de continuer à y injecter des milliards d’euros.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Emploi : des dispositifs « coûteux pour une efficacité modérée »

Le bilan controversé des réductions de charges conduit à s’interroger sur l’opportunité de continuer à y injecter des milliards d’euros.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 11h08
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
Instaurées à partir du début des années 1990, les politiques visant à diminuer le coût du travail n’ont cessé d’être mises en doute à mesure qu’elles gagnaient de l’ampleur. Au moment où une nouvelle étude vient, une fois de plus, d’émettre de fortes réserves sur l’efficacité du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), le bilan controversé des réductions globales de charges conduit à poser la question suivante : faut-il continuer à y injecter des milliards d’euros alors que le chômage reflue à petits pas, tout en se maintenant à des seuils élevés, comparé à bien d’autre pays de l’Union européenne ?
L’effort financier consacré à ces dispositifs est, en effet, loin d’être négligeable. Selon une étude de la Dares, la direction de la recherche du ministère du travail, « les mesures générales d’exonérations » de charges en faveur de l’emploi ont atteint 45,4 milliards d’euros en 2015, « soit 16,4 % de plus » que l’année précédente. Une progression « largement » imputable à la mise en œuvre du pacte de responsabilité : lancé sous le quinquennat de François Hollande, celui-ci prévoit divers allégements de cotisations qui permettent, in fine, aux entreprises de ne plus payer aucune contribution pour la Sécurité sociale lorsque leurs salariés sont « au niveau du smic ».
Si elles sont centrées sur les rémunérations basses, les exonérations de cotisations permettent de créer des postes pour les personnes peu ou pas qualifiées, affirme l’économiste Bertrand Martinot, par ailleurs ex-patron de la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle. Elles peuvent, à ce titre, être vues comme un exemple d’une « politique de redistribution juste et efficace », ajoute-t-il.
Les allégements décidés par les gouvernements Balladur (1993-1995) et Raffarin (2002-2005), qui portaient initialement sur des salaires allant de 1,1 à 1,2 smic dans le premier cas, et jusqu’à 1,3 smic dans le second,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Le Livret d’épargne populaire (LEP) offre la meilleure rémunération du marché, mais les banques n’en font pas la promotion. La Banque de France fera des recommandations le 27 novembre.
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Les banques priées de réparer l’injustice faite à l’épargne populaire

Le Livret d’épargne populaire (LEP) offre la meilleure rémunération du marché, mais les banques n’en font pas la promotion. La Banque de France fera des recommandations le 27 novembre.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 11h07
    |

                            Véronique Chocron








                        



                                


                            

En avril, le ministère des finances s’en prenait à un monument de l’épargne populaire, le Livret A, en annonçant qu’à partir de 2020, son taux de rendement n’aura plus vocation à couvrir l’inflation. Mais, les équipes de Bruno Le Maire avaient aussitôt assuré, qu’en contrepartie il sera « demandé aux banques d’accentuer la promotion du Livret d’épargne populaire (LEP) ». Bercy, a ainsi maintenu les avantages de ce produit d’épargne méconnu : un demi-point de rémunération de plus que le Livret A et son caractère protecteur vis-à-vis du pouvoir d’achat.

Un effort de promotion s’impose en effet pour le LEP, qui offre pourtant le rendement le plus intéressant de tous les produits d’épargne, à 1,25 %. Les sommes placées sur ce produit ont fondu de plus de 30 % en dix ans, à 44 milliards d’euros d’encours fin 2017. La souscription n’est pas ouverte à tous, puisqu’il s’adresse aux foyers modestes et à une partie de la classe moyenne. Mais, alors que 40 % de la population est éligible, seuls 13 % des Français en détenaient un en 2017. Alors que ce placement cumule, comme le Livret A, l’avantage d’être défiscalisé et liquide (on peut retirer son argent à tout moment), il est devenu un produit du passé, une petite moitié de ses détenteurs étant désormais âgés de 65 ans ou plus.
Pour réparer l’injustice faite à l’épargne populaire, la Banque de France, impliquée dans la lutte pour l’inclusion bancaire, a été chargée de mener une concertation avec les banques et Bercy, par le biais de son Observatoire de l’épargne réglementée (OER). Son président, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, devrait faire ses recommandations lors de la prochaine réunion de l’Observatoire, prévue le 27 novembre.
Simplifier les conditions d’éligibilité
Les causes de la relégation du LEP sont déjà identifiées. « Le processus est très lourd, déplore le porte-parole d’un grand groupe bancaire, qui souhaite conserver l’anonymat....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Avec un taux d’inflation de 24,5 % et une baisse de la livre turque, le pays sombre dans la crise économique. Le gouvernement tente de contrôler la spéculation et a gelé le prix du pain.
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Ankara place les prix sous surveillance policière


                      Avec un taux d’inflation de 24,5 % et une baisse de la livre turque, le pays sombre dans la crise économique. Le gouvernement tente de contrôler la spéculation et a gelé le prix du pain.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 10h55
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








   


Dans le cadre de la « guerre totale » déclarée par le ministre des finances Berat Albayrak à l’inflation, les autorités turques n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Crise économique oblige, la police municipale a été investie d’une nouvelle mission : contrer la valse des étiquettes. Un peu partout à travers le pays, des policiers en uniforme ont été vus en train de vérifier les prix des marchandises sur les étalages des supermarchés. Les commerçants indélicats, menacés de sanctions pécuniaires s’ils augmentent les prix, ont été mis en garde. Les prix de certaines denrées alimentaires, du pain notamment, ont été gelés. Contre les spéculateurs, la mobilisation se veut générale.
« J’en appelle à mon peuple. Lui seul est à même de surveiller de près ce qui se passe dans les épiceries. Si les prix sont exagérés, il faut qu’il en informe immédiatement la police municipale », a expliqué le président Recep Tayyip Erdogan, lors d’une rencontre avec des militants de son parti, l’AKP (Parti de la justice et du développement, islamo-conservateur), mercredi 3 octobre. Il réagissait à la mauvaise nouvelle annoncée un peu plus tôt par l’Institut turc des statistiques (TÜIK), à savoir que le taux d’inflation venait d’atteindre 24,5 % en rythme annuel au mois de septembre, son plus haut niveau depuis quinze ans. Un véritable camouflet pour le gouvernement. Il fallait un responsable. Enver Asti, le directeur adjoint de l’Institut, a donc été contraint de démissionner quelques heures après avoir transmis en haut lieu les derniers chiffres de l’inflation.
« Pas facile de garder mon budget à l’équilibre.. Tout augmente si vite, les produits alimentaires, le gaz, l’électricité, seuls les salaires restent stables. »  Semra, mère de famille
Il y a quinze ans, Recep Tayyip Erdogan accédait au poste de premier ministre, porté par ses promesses de prospérité. L’économie était en mauvaise posture, l’inflation galopait. Pour repartir sur des bases solides, il fallut dévaluer la devise locale, à laquelle on enleva six zéros en janvier 2005. Par la suite, l’inflation fut maîtrisée, la prospérité semblait à portée de main. Le rêve aujourd’hui s’écroule pour une large partie de la population. La dépréciation de la monnaie, qui a perdu 40 % face au dollar depuis le début de l’année, la hausse des prix, la chute du niveau de vie donnent des sueurs froides aux ménages turcs, contraints de regarder à deux fois avant de se lancer dans un achat, aussi minime soit-il. « Pas facile de garder mon budget à l’équilibre », avoue Semra, occupée à faire ses courses après son travail dans un magasin d’alimentation du quartier populaire de Sisli, à Istanbul. « Tout augmente si vite, les produits alimentaires, le gaz, l’électricité, seuls les salaires restent stables », résume cette quinqua, employée de banque, mariée et mère de trois enfants.

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                A Istanbul, habitants et commerçants tentent de s’adapter à la valse des étiquettes



La crise actuelle contraint les islamo-conservateurs à rechercher sans cesse de nouveaux boucs émissaires, tantôt à l’extérieur, tantôt à l’intérieur du pays. Au mois d’août, au plus fort de la crise diplomatico-commerciale avec les Etats-Unis, l’ennemi désigné était le dollar, « le lobby des taux d’intérêt », dont les profits étaient « plus juteux que le commerce de l’héroïne », selon le numéro un turc, prompt à évoquer « la guerre économique » déclenchée par Washington pour mettre la Turquie à genoux. La vindicte antiaméricaine, dans les rangs du gouvernement, est passée au second plan. Désormais, les spéculateurs internes sont sur la sellette. Berat Albayrak, qui est aussi l’époux de la fille aînée d’Erdogan, a même annoncé, le mois dernier, la signature d’un contrat entre le gouvernement et le cabinet de conseil américain McKinsey, « chargé de contrôler nos réalisations chaque trimestre » pour œuvrer au redressement de l’économie. Ce choix a cette fois suscité un tollé du côté de l’opposition kémaliste et un certain affolement des patriotes sur les réseaux sociaux, persuadés que des secrets d’Etat allaient passer aux mains des Américains par l’intermédiaire de McKinsey.

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                La banque centrale turque soutient la livre en dépit d’Erdogan



Abdurrahman Dilipak, l’un des chantres de l’AKP, éditorialiste au quotidien pro-gouvernemental Yeni Akit, est même sorti de ses gonds, promettant « l’enfer » au gouvernement « s’il persistait dans sa décision ». Réponse du ministre des finances : « Ceux qui refusent de travailler avec McKinsey sont des ignorants ou des traîtres. » Le président Erdogan a mis fin à la polémique, samedi 6 octobre, en proclamant la fin du contrat avec le cabinet américain. « J’ai donné l’ordre à mes ministres de ne pas accepter ses conseils », a-t-il conclu.



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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ La négociation sur l’indemnisation des opérateurs de fret pour leurs pertes pendant la grève est en cours de finalisation. Les plus petits acteurs craignent d’être les oubliés de ces tractations.
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Ferroviaire : les PME du fret se disent étranglées par la SNCF

La négociation sur l’indemnisation des opérateurs de fret pour leurs pertes pendant la grève est en cours de finalisation. Les plus petits acteurs craignent d’être les oubliés de ces tractations.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 10h54
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 17h47
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            
Appelons-le Bruno. L’homme est un micro-patron, opérateur d’une toute petite entreprise de fret ferroviaire installée dans l’est de la France. Bruno est aux abois. Sa structure de moins de dix salariés et de moins de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires va devoir, affirme-t-il, déposer le bilan. « On nous coupe les pattes, se désespère l’entrepreneur. Sur l’ensemble de mes pertes imputables à la grève des cheminots contre la réforme ferroviaire, ce printemps, – soit plus d’un quart de mon chiffre d’affaires –, SNCF Réseau me rembourse à peine 10 %. »

Dans ce secteur du fret ferroviaire, Bruno n’est pas le seul à souffrir depuis le mouvement sans précédent contre le pacte ferroviaire. Si tous les opérateurs de fret privés ne sont pas, comme Bruno, acculés à la faillite, tous ont subi de cruelles pertes d’exploitation qui risquent de les fragiliser durablement. Et tous ont le regard rivé sur les ultimes négociations de leurs représentants avec la SNCF à propos du montant final des compensations que pourrait leur verser le groupe public ferroviaire, des sommes cruciales pour l’avenir des petits acteurs du fret.
Pour comprendre la situation, remontons au problème : le mouvement social contre la réforme ferroviaire, soit trente-six jours de grève étalés entre la fin mars et la fin juin. Les trains de fret ont subi des annulations de parcours par dizaines. Et le mode opérationnel du mouvement – deux jours tous les cinq jours – a perturbé les circulations, y compris les jours de non-grève. Fret SNCF et ses concurrents privés – le marché du transport ferroviaire de marchandises est ouvert en France depuis 2003 – ont particulièrement souffert.
Dans le fret privé, on distingue deux catégories d’acteurs
L’Association française du rail (AFRA), qui représente les opérateurs ferroviaires alternatifs à la SNCF, s’est alors rapidement tournée vers SNCF Réseau, l’entité de la SNCF qui gère les rails, attribue les droits de circulation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ L’artiste expose plusieurs de ses œuvres monumentales à la galerie Gagosian, au Bourget.
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Propos recueillis par  Emmanuelle Lequeux  Publié aujourd’hui à 10h53, mis à jour à 16h55   Lecture 5 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés                  Michael Heizer devant « Slot Mass » (1968-2017), à la galerie Gagosian au Bourget, le 10 octobre 2018. CHRISTOPHE MAOUT POUR « LE MONDE »             Voilà cinquante ans que Michael Heizer s’acharne à construire la plus grande sculpture au monde : 2 000 mètres de long, 500 de large. Un demi-siècle que ce géant de l’art américain oscille entre New York et le désert du sud du Nevada, pour donner naissance à l’un des projets les plus fous qu’ait jamais portés un artiste : City, rivale contemporaine de la cité aztèque de Chichen Itza et des pyramides d’Egypte. Découvertes aux côtés de son père anthropologue et archéologue, ces civilisations inspirent Heizer pour sa stupéfiante mise en scène d’allées, de stèles, de courbes, pentes et tumuli, taillés dans le béton et la terre dont il exploite les mille textures et nuances. Longtemps tenue dans le plus grand secret, City ouvrira au public en mai 2020. A bientôt 74 ans, à l’occasion de son exposition à la galerie Gagosian du Bourget (Seine-Saint-Denis), qui coïncide avec la semaine de la Foire internationale d’art contemporain (FIAC), ce Sisyphe moderne nous dévoile sa ville de fin du monde.           Lire le portrait : La renaissance de la FIAC, l’œuvre de Jennifer Flay             Il y a un demi-siècle, vous donniez les premiers coups de pioche d’un projet pharaonique, « City ». Aviez-vous idée qu’il prendrait toute votre vie ?          Cela fait cinquante ans ? Je ne compte pas en années. J’avais des idées, je les ai développées, je continue. Mais je n’ai jamais fait ni plan ni maquette, tout est venu comme un flux de conscience. C’est la seule façon de faire.           Je n’ai jamais fait ni plan ni maquette, tout est venu comme un flux de conscience          Il y a cinq ans, je n’avais encore aucune idée de ce à quoi ressemblait City. Et puis est arrivé Google Earth. Aujourd’hui, on est aidés par des machines guidées par ordinateur et satellites, précises comme des lasers. Tout est cartographié. Cela nous permet de détecter la moindre pierre déplacée, une trace de souris, une mauvaise herbe. Grâce au progrès informatique, on a pu réaliser une courbe extraordinaire, comme jamais aucun homme n’en a réalisé. Si jamais une tempête détruit une des structures, on peut désormais la recréer à l’identique. Et cela va arriver de plus en plus souvent, avec le réchauffement climatique : les orages de plus en plus violents font des dommages considérables.                     « North, East, South, West » (1967-2002). MICHAEL HEIZER. COURTESY OF THE ARTIST AND GAGOSIAN GALLERY. PHOTO : TOM VINETZ             Pourquoi un tel engagement dans une seule et même œuvre ?                                           — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de 400 journalistes    Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.    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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ La société Lafarge SA, filiale du cimentier franco-suisse LafargeHolcim, a été mise en examen en tant que personne morale, des chefs de « violation d’un embargo », « mise en danger de la vie d’autrui », « financement d’une entreprise terroriste » et « complicité de crimes contre l’humanité ».
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Lafarge en Syrie : les indemnités de départ de l’ancien PDG et de trois autres anciens cadres saisies

La société Lafarge SA, filiale du cimentier franco-suisse LafargeHolcim, a été mise en examen en tant que personne morale, des chefs de « violation d’un embargo », « mise en danger de la vie d’autrui », « financement d’une entreprise terroriste » et « complicité de crimes contre l’humanité ».



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 10h39
   





                        



   


Les juges d’instruction du parquet de Paris ont fait saisir les indemnités de départ de quatre anciens cadres ou dirigeants mis en examen dans l’enquête sur le financement du terrorisme en Syrie par Lafarge, rapporte France Inter, lundi 15 octobre.
Les juges d’instruction cherchaient à obtenir des précisions sur les conditions de départ de l’ancien PDG français Bruno Lafont. Les magistrats ont noté qu’il avait reçu en 2015 quelque 8,775 millions d’euros de Lafarge, soit son indemnité de départ et une prime pour la fusion avec le Suisse Holcim. Ils vont en saisir une partie, 2,475 millions d’euros, sur un contrat d’assurance-vie, à titre conservatoire, pour éviter de voir les fonds disparaître.
Dans l’hypothèse où un tribunal prononcerait une peine de confiscation d’une partie des biens, en plus d’une éventuelle peine de prison ou une amende, l’argent serait affecté au Fond de garantie qui indemnise les victimes du terrorisme (FGTI).
Appel de la décision des juges
En ajoutant les indemnités de départ de trois anciens cadres, ex-directeurs de zone ou de la filiale syrienne (Christian Herrault, Bruno Pescheux et Frédéric Jolibois), ces saisies s’élèvent au total à 3,7 millions d’euros, ajoute France Inter.
Les quatre mis en examen concernés ont fait appel. Aucune saisie n’a, en revanche, été ordonnée pour Eric Olsen, qui fut le premier PDG du groupe LafargeHolcim avant d’être poussé à la démission à cause de cette affaire.
La société Lafarge SA, filiale du cimentier franco-suisse LafargeHolcim, a été mise en examen, jeudi 28 juin, en tant que personne morale, des chefs de « violation d’un embargo », « mise en danger de la vie d’autrui », « financement d’une entreprise terroriste » et « complicité de crimes contre l’humanité ». La personne morale a été placée sous contrôle judiciaire avec une obligation de cautionnement de 30 millions d’euros, selon une source judiciaire.

        Lire aussi :
         

                Financement du terrorisme par Lafarge : mode d’emploi






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Il aura fallu sept ans à l’opérateur télécoms pour solder son aventure dans l’Etat pétrolier d’Afrique centrale.
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Orange sort de Guinée équatoriale dans la douleur

Il aura fallu sept ans à l’opérateur télécoms pour solder son aventure dans l’Etat pétrolier d’Afrique centrale.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 10h37
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 10h59
    |

            Sandrine Cassini et 
Joan Tilouine








                        



                                


                            
Règlement de comptes à Malabo. Dans la capitale de la Guinée équatoriale, le groupe français Orange a dû se battre pour s’extraire du pays. L’aventure des télécommunications s’est soldée en justice et par de multiples pressions. Le 2 octobre, l’ambassade de Guinée équatoriale publie un communiqué annonçant la fin du contentieux qui envenime la relation entre ces deux partenaires historiques. Un accord a été trouvé et signé six jours plus tôt à Paris et « la Guinée équatoriale s’est acquittée de la somme de 50 millions d’euros ». L’Etat pétrolier d’Afrique centrale solde ainsi la sortie douloureuse d’Orange du capital de son opérateur public, Getesa, détenu à 40 % par l’entreprise française.
« Au moment de la libéralisation des télécommunications [en 2011], ce partenaire français a voulu nous lâcher dans des conditions discutables », dit Miguel Oyono Ndong Mifumu, ambassadeur de Guinée équatoriale en France présent lors de la signature de l’accord. Du côté d’Orange, on se dit « soulagé » de recouvrer ces avoirs et de se retirer d’un pays de moins de deux millions d’habitants dans lequel le climat des affaires est « compliqué ». Ces dernières années, la famille Obiang, au pouvoir depuis trente-neuf ans, a défrayé la chronique judiciaire en France, aux Etats-Unis ou au Brésil pour des détournements de biens publics massifs. Le fils du président, Teodorin Obiang, par ailleurs vice-président, a été le premier condamné dans l’affaire dite des « biens mal acquis » en octobre 2017.
Une tournure politico-judiciaire
Dans ce contexte, le différend entre Orange et la Guinée équatoriale a pris une tournure politico-judiciaire. Pour sortir du capital de Getesa, certes numéro un d’un marché restreint, le groupe français a dû employer les grands moyens et même recourir à des saisies d’avions de l’Etat, dont l’un était utilisé par le président équato-guinéen. De quoi tendre un peu plus les relations entre Paris et Malabo....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Jeune ingénieur, Florent préconise l’arrêt temporel de l’activité d’une entreprise pour limiter une fuite de gaz polluant. Il se retrouve en entretien disciplinaire. Le début d’une prise de conscience quant à la nécessité d’un travail « utile aux gens ».
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« J’ai démissionné pour exercer un métier qui a du sens »

Jeune ingénieur, Florent préconise l’arrêt temporel de l’activité d’une entreprise pour limiter une fuite de gaz polluant. Il se retrouve en entretien disciplinaire. Le début d’une prise de conscience quant à la nécessité d’un travail « utile aux gens ».



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 10h29
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 10h42
   





                        



   


Voix d’orientation. Le Monde Campus et La ZEP, média jeune et participatif, s’associent pour faire témoigner lycéens et étudiants de leurs parcours d’orientation. Cette semaine, Florent, 30 ans, Paris.
Un jour, dans mon précédent – et premier – job d’ingénieur, mon chef m’a demandé de réaliser une mission d’expertise sur un cas de pollution environnementale. Deux conclusions étaient possibles après enquête : soit on arrêtait une activité quelques jours pour réparer une fuite de gaz à fort effet de serre, soit on continuait. Cette deuxième solution évitait à l’entreprise de perdre de l’argent, mais causait l’émission d’une grande quantité de gaz dans l’atmosphère. J’ai préconisé la première solution. Pas de chance ; pour ma direction, l’argent primait sur l’environnement. On m’a donc demandé de changer ma conclusion. J’ai refusé. Mon chef l’a modifiée lui-même. J’ai refusé de signer le rapport. La situation a dégénéré et je me suis retrouvé en entretien disciplinaire. Mon chef m’a alors lancé cette phrase : « Florent, il ne faut pas laisser tes valeurs personnelles interférer avec le travail. »
Ce jour-là, je me suis rendu compte que j’avais une conception du travail à l’opposé de celle de ma hiérarchie. Pour eux, un travail sert avant tout à générer un revenu. Un bon travailleur doit faire preuve de loyauté envers son entreprise, qui le paie pour effectuer un travail précis et défendre les intérêts de l’entreprise. A leurs yeux, je faisais preuve d’ingratitude et de déloyauté. A l’inverse, pour moi, qui ai besoin d’être convaincu que mon travail contribue à rendre le monde meilleur, mes chefs étaient des mercenaires dénués de valeurs morales.
Rendre le monde plus tolérant
Quelque temps auparavant, j’avais commencé à me poser la question du sens dans mon boulot. De son utilité. Est-ce que je suis utile à la société ? Est-ce que, si je pars, quelqu’un verra une différence ? Beaucoup de gens se posent ce genre de questions. Moi, elles ne voulaient plus sortir de ma tête. J’étais ingénieur dans une grande entreprise française, ce qui représente l’Everest du monde du travail pour mes grands-parents. Je vivais confortablement et, si j’avais voulu, j’aurais pu y faire mes quarante-deux ans de carrière avant une retraite tranquille, dans une maison à la campagne avec un labrador.
Mais voilà, ce n’était pas ce que je voulais. Le « sens » au travail, c’est pour moi la sensation de participer à un projet utile aux gens, qui contribue à rendre le monde plus tolérant, plus vert, plus engagé. Pour mes chefs, le sens au travail est sans doute complètement différent : la sensation d’avoir fait grandir une entreprise ? La satisfaction d’avoir accompli un devoir avec une parfaite loyauté ? Sans doute.
Loin de moi l’idée de porter un jugement définitif sur leur vision du travail ou la mienne, je ne sais pas si l’une est meilleure que l’autre. Elles sont simplement très différentes. Et ce jour-là, j’ai compris que ces deux visions n’étaient pour moi pas compatibles. Je suis devenu obsédé par ce besoin de trouver mon utilité, une vocation. Avec un collègue, on voulait réinventer le monde. Vaste projet ! On a alors commencé par se demander pourquoi les gens n’étaient plus engagés, et comment on devient un citoyen engagé.

        Témoignage :
         

          « Mon engagement associatif m’a aidée à me trouver moi-même »



L’utilité sociale, critère numéro un
On a découvert qu’il y avait pas mal d’étapes à franchir avant de s’engager : être informé des problématiques de société, se faire son opinion sur ces questions, avoir des outils pour faire le premier pas vers l’engagement. Cela nous semblait compliqué. Alors, on a créé un journal, Le Drenche, qui accompagne les gens sur ce chemin de l’engagement, et permet aux lecteurs de mieux comprendre les personnes pensant différemment.
Cela nous a pris deux ans. On a travaillé le soir après le boulot, puis je suis passé à temps partiel. Et les doutes : est-ce que je suis bien sûr de ce que je fais ? C’est pas trop risqué ? Et si j’étais en train de rêver, de me bercer d’illusions ? Je me revois encore tout tremblant le jour où j’ai apporté ma démission à mon chef. Et je ne regrette pas. Parce que l’utilité que je trouve aujourd’hui me donne plus d’énergie au quotidien qu’un bon salaire et des conditions confortables. Et que je sais que si je devais reprendre un emploi salarié dans une entreprise, l’utilité sociale de la structure serait pour moi le premier critère de choix. Si vous demandez aux gens ce qui les rendra heureux sur leur lit de mort, peu vous répondront : « Une belle carrière dans une grosse boîte. »

        Témoignage :
         

          « Rebelle à l’école, j’ai eu le déclic en arrivant en filière professionnelle »




   



La zone d’expression prioritaire (ZEP) accompagne la prise de parole des 15-25 ans
La zone d’expression prioritaire (ZEP) est un dispositif d’accompagnement à l’expression des jeunes de 15 à 25 ans par des journalistes professionnels. Par l’intermédiaire d’ateliers d’écriture dans des lycées, universités, associations étudiantes ou encore dans des structures d’insertion, ils témoignent de leur quotidien et de l’actualité qui les concernent.
Tous leurs récits sont à retrouver sur Le Monde Campus et sur la-zep.fr.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Des grandes banques centrales mondiales ont réaffirmé que le risque financier lié au climat menaçait à long terme l’économie mondiale et serait irréversible sans action immédiate, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« Pour les banques, le risque climatique devient systémique et doit donc être traité comme tel »

Des grandes banques centrales mondiales ont réaffirmé que le risque financier lié au climat menaçait à long terme l’économie mondiale et serait irréversible sans action immédiate, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 15h11
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Ce n’est pas un revirement, mais tout de même une évolution notable. Interrogé, samedi 13 octobre, lors d’un long entretien accordé à la chaîne CBS, le président américain, Donald Trump, a affirmé pour la première fois clairement que « le changement climatique n’est pas un canular ». C’est pourtant ainsi que, depuis 2012, il qualifiait ce phénomène. Il avait même, un temps, accusé la Chine de l’avoir monté de toutes pièces pour détruire la compétitivité de l’industrie américaine. Bien sûr, il se refuse toujours à admettre la responsabilité des activités humaines dans la modification du climat et assure qu’il ne veut pas jeter des milliers de milliards de dollars et des millions d’emplois américains dans cette lutte incertaine.
Mais, là aussi, il pourrait bien changer d’avis. De la même façon que la multiplication des tempêtes, sécheresses et autres catastrophes ont ébranlé ses certitudes, la pression de la société civile et de l’économie tout entière pourrait bien le faire fléchir. Car la machine capitaliste est en train de se mettre en branle, y compris en son cœur, la finance.
Lundi 15 octobre, la Banque d’Angleterre (BoE) devrait, selon le Financial Times, publier une déclaration enjoignant les banques et les assurances dont elle assure la supervision à nommer, parmi ses hauts dirigeants, un responsable chargé d’évaluer les risques à long terme de leurs portefeuilles d’investissement liés au changement climatique.
L’économie mondiale menacée
Par exemple, les engagements dans des entreprises fortement émettrices de gaz à effet de serre. Pour la banque centrale, le risque climatique devient « systémique » et doit donc être traité comme tel. Un rapport annuel devra être remis aux autorités et sera publié par le régulateur. Selon la BoE, seules 10 % des banques qu’elle surveille ont une vision de long terme de leurs risques liés au climat. Certaines ont déjà annoncé une réduction des investissements dans le charbon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le président du groupe pharmaceutique britannique, Leif Johansson, explique qu’il augmente ses stocks de médicaments et est obligé de dupliquer ses capacités de tests.
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« Avec le Brexit, AstraZeneca a arrêté d’investir au Royaume-Uni »

Dans un entretien au « Monde », le président du groupe pharmaceutique britannique, Leif Johansson, explique qu’il augmente ses stocks de médicaments et est obligé de dupliquer ses capacités de tests.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 09h44
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 14h30
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Qu’un accord sur le Brexit soit signé dans les prochains jours ou non, AstraZeneca n’a pas pu attendre. Alors qu’il reste moins de six mois avant la date effective de la sortie de l’Union européenne (UE), le 29 mars 2019, le laboratoire pharmaceutique britannique, l’un des plus gros au monde, a dû prendre ses précautions.
Il a augmenté ses stocks de médicaments aux frontières et il duplique en Suède certains équipements scientifiques qu’il avait déjà au Royaume-Uni. « Nous avons aussi arrêté d’investir au Royaume-Uni », explique au Monde Leif Johansson, le président du conseil d’administration d’AstraZeneca. Coût de ces préparatifs : 40 millions de livres (45 millions d’euros).

Plus que ce montant, qui est absorbable pour cette entreprise au chiffre d’affaires de 22 milliards de dollars (19 milliards d’euros), le Brexit a surtout été un énorme gaspillage d’énergie. « J’y passe entre un cinquième et un quart de mon temps, témoigne M. Johansson. C’est un sujet éminemment stratégique. Il est très rare qu’on ait une réunion du conseil d’administration qui ne le mentionne pas. »
Le Brexit a un effet paralysant. Le brouillard qui entoure, depuis deux ans et demi, le processus, bloque les grandes décisions. Il force aussi à prendre des mesures d’urgence pour être prêt à toutes les éventualités. AstraZeneca, un groupe paneuropéen, né en 1999 de la fusion du suédois Astra et du britannique Zeneca, l’illustre bien.
« Il faut que les patients aient accès aux médicaments »
« Dans les affaires, on est souvent forcé d’agir dans l’incertitude, ce genre de choses arrive, relativise le Suédois. Mais ce qui est frustrant, c’est de le faire alors que ce qui existe actuellement fonctionne très bien. Cela nous coûte de l’argent et cela ne nous apporte rien d’avantageux. »
« Je ne suis pas en train de vous dire que tout va s’effondrer. Mais on se retire de quelque chose qui fonctionnait...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Avec la réforme qui s’annonce, le niveau de vie des baby-boomeurs risque de baisser, relève dans sa chronique le journaliste du « Monde » Jean-Michel Bezat
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« Il est naïf de penser que la réforme  des retraites entraînera une hausse des pensions »

Avec la réforme qui s’annonce, le niveau de vie des baby-boomeurs risque de baisser, relève dans sa chronique le journaliste du « Monde » Jean-Michel Bezat



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 09h43
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 09h46
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Chronique. Emmanuel Macron aime-t-il « nos aînés », comme il dit ? Les retraités, qui ont largement contribué à sa victoire de mai 2017, ont la réponse dépitée : « Non, le président de la République nous fait payer une partie de ses réformes. » Leur reproche est fondé, mais ils ne devraient pas s’en étonner. Il avait annoncé, durant sa campagne, qu’il ferait le choix de l’activité pour donner leur place aux jeunes et réduire le chômage.
Il l’« assume » sans honte – et non sans courage – lors de déplacements ponctués d’échanges impromptus avec des retraités en colère. Comme ce jour de mars 2018, à Tours (Indre-et-Loire), où une vieille dame l’interpelle derrière une barrière de sécurité. « On a travaillé toute notre vie, et vous nous pompez », se plaint-elle. « On ne vous a pas pompés, on a baissé de 30 % les cotisations salariales pour que les gens qui travaillent puissent payer vos retraites, répond-il. Je vous demande un petit effort pour m’aider à relancer l’économie. » Le débat est un peu simpliste. Comme s’il y avait 25 millions d’actifs d’un côté et 16 millions de retraités identiques de l’autre.
Revenus décents
Car le gouvernement opère aussi des transferts insoupçonnés parmi les personnes âgées. On peut faire une lecture moins « sociale » que lui des derniers arbitrages entre générations, comme nous y invite l’économiste Daniel Cohen. La hausse de 1,7 point de la CSG pour 60 % de retraités et la désindexation des pensions sur les prix (+ 0,3 % en 2019 et 2020) couvrent le coût des baisses d’impôt sur le capital (ISF et taxe forfaitaire à 30 %). Ainsi les pensionnés des classes moyennes propriétaires d’un bien immobilier financent-ils un transfert de 5 milliards d’euros au profit des détenteurs d’un gros capital... souvent retraités eux-mêmes.

Mais, si l’on se retourne sur le demi-siècle écoulé, Macron a raison. Le système de retraite,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Pour réaliser des économies sur l’assurance de son prêt immobilier, faire jouer la concurrence peut être juteux, encore faut-il s’y prendre au bon moment. Mode d’emploi.
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Changer d’assurance emprunteur : comment procéder

Pour réaliser des économies sur l’assurance de son prêt immobilier, faire jouer la concurrence peut être juteux, encore faut-il s’y prendre au bon moment. Mode d’emploi.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 07h00
    |

                            Aurélie Blondel








                        



                                


                            

L’assurance de votre prêt immobilier a été souscrite il y a plus de douze mois ? Il est trop tard pour la résilier à tout moment, mais c’est possible une fois l’an, « au moins deux mois avant la date d’échéance » du contrat, dit la loi. Or, nombre de contrats ne mentionnent pas ce fameux anniversaire…

Quelle date prendre en compte ? Celle de la signature de l’assurance ? De l’offre de prêt ? La date d’effet de l’assurance ? En attendant que cette question finisse par être tranchée par la loi ou au niveau du Comité consultatif du secteur financier (CCSF), tout dépend des banques. Mieux vaut donc interroger votre conseiller. Ou vérifier sur Internet, car la Fédération bancaire française demande désormais aux établissements prêteurs de faire figurer cette information sur leur site. Certaines banques, comme BNP Paribas, ont en outre choisi de l’inscrire dans l’espace client en ligne. Une fois cette date dénichée, entamez vos démarches au moins quatre mois avant. Il serait dommage de louper le coche et de patienter un an de plus.
Garanties équivalentes
Première étape : trouver votre nouvelle assurance. Vous ne pouvez en effet résilier l’actuelle sans avoir signé un nouveau contrat. Ce dernier devra présenter des garanties équivalentes à celles de votre assurance, sinon la banque vous refusera la substitution. Si vous passez par un courtier sérieux, il se chargera de trouver un contrat adéquat. Vous vous y prenez seul ? Sachez que, depuis 2015, la banque ne peut imposer à l’emprunteur qu’un nombre limité de critères de garanties, sélectionnés parmi ceux listés par le CCSF.
Si votre crédit est récent, votre banque vous a fourni, en amont de l’offre de prêt, un document récapitulant ses exigences, c’est sur celui-ci qu’il faut se fonder pour choisir le nouveau contrat. Si votre prêt date d’avant 2015 et que la banque ne vous a pas remis ses critères d’équivalence, vous les trouverez sur son site. Dans ce cas, elle ne pourra exiger...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Epargne préférée des Français, l’assurance-vie reste pourtant un placement cher. En cause : les multiples prélèvements dont elle fait l’objet, et qui manquent souvent de transparence.
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/10/2018
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Assurance-vie : quand les frais grignotent les rendements

Epargne préférée des Français, l’assurance-vie reste pourtant un placement cher. En cause : les multiples prélèvements dont elle fait l’objet, et qui manquent souvent de transparence.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 06h32
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                            Eric Leroux








                        



                                


                            

C’est comme si le temps s’était figé autour de l’assurance-vie… Comme dans les années 1990, au moment du début de son ascension vertigineuse, les assureurs continuent à afficher dans leurs contrats des frais de l’ordre de 3 % à 4,5 % sur les versements réalisés, et nombre d’entre eux prélèvent chaque année 1 % du capital pour financer la « gestion ». Ce qui était une simple formalité quand les fonds en euros garantis rapportaient quasiment 10 % par an – en six mois, les frais sur versements étaient déjà amortis et l’impact des frais de gestion était marginal – est devenu une véritable semelle de plomb pour ce placement. Au rythme actuel de progression des fonds en euros (1,80 % l’an dernier), avant les prélèvements sociaux, il faut en effet désormais attendre de deux à trois ans pour compenser ce péage à l’entrée et encaisser les premiers gains.

Et pourtant, l’assurance-vie continue de casser la baraque : chaque année, plus de 100 milliards d’euros y sont investis. Avec ses 1 708 milliards d’euros sous gestion, elle reste d’ailleurs le placement numéro un en France et l’enveloppe préférée des plus fortunés, qui tirent le meilleur parti de sa fiscalité sur les revenus et de ses importants abattements sur les droits de succession.
Pour ces épargnants privilégiés, les frais ne sont pas un souci : « Il y a bien longtemps que nos clients négocient les frais sur versements et obtiennent des rabais conséquents, voire une absence totale de frais à l’entrée », souligne Benoist Lombard, président de la chambre nationale des conseils en gestion de patrimoine et dirigeant de ­Witam Multi Family Office. Mais, pour les épargnants plus modestes, qui souscrivent majoritairement auprès des banques ou des assureurs, difficile de faire pression et d’obtenir un effacement de l’ardoise. Pour eux, l’assurance-vie reste un placement cher. Et même un peu plus cher chaque année, puisque les rendements ne cessent de diminuer.
Contrats complexes
En...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ A la veille de la Grande Guerre, les inégalités de revenu comme de richesse sont parmi les plus élevées du monde en Suède, au bénéfice d’une noblesse dominante et d’une nouvelle grande bourgeoisie industrielle explique, dans sa chronique, l’historien Pierre-Cyrille Hautcœur.
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Le « modèle suédois » ne s’est pas construit en un jour

A la veille de la Grande Guerre, les inégalités de revenu comme de richesse sont parmi les plus élevées du monde en Suède, au bénéfice d’une noblesse dominante et d’une nouvelle grande bourgeoisie industrielle explique, dans sa chronique, l’historien Pierre-Cyrille Hautcœur.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 08h33
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                            Pierre-Cyrille Hautcoeur (Directeur d'études à l'EHESS)








                        



                                


                            
Recherches. Au moment où une nouvelle impulsion doit être donnée au gouvernement, on peut espérer que le modèle scandinave, tant vanté par le président de la République avant son élection, redevienne un horizon partagé. Mais pour qu’il le soit de manière crédible et sur le long terme, condition indispensable à des transformations sérieuses, il faut comprendre ses origines. Les travaux des historiens suédois sont à cet égard irremplaçables, notamment ceux, récents, d’Erik Bengtsson (université de Lund).

Beaucoup de recherches sur les « variétés de capitalismes » ont eu tendance à réifier les spécificités nationales en catégories intemporelles : « libéralisme anglais », « étatisme français » ou « égalitarisme suédois », pour n’en citer que quelques-uns. Une part de l’historiographie traditionnelle suédoise a de fait construit l’idée que l’égalitarisme était dans la nature de la société suédoise et s’ancrait dans l’importance d’une catégorie de paysans propriétaires depuis le Moyen Age.
Cette catégorie aurait bénéficié précocement d’une représentation parlementaire et d’un déclin de la noblesse. De ce fait, elle aurait conduit à une transition « naturelle » vers une social-démocratie modérée et ses systèmes de retraite ou d’assurance-chômage exemplaires, conciliant efficacité et justice.
Taux d’adhésion aux partis politiques ouvriers records
Les travaux récents montrent pourtant que la Suède du XIXe siècle n’a rien d’une société égalitaire. A la veille de la Grande Guerre, les inégalités de revenu comme de richesse y sont parmi les plus élevées du monde, au bénéfice d’une noblesse qui reste très dominante et d’une nouvelle grande bourgeoisie industrielle.
Un prolétariat urbain a rejoint ouvriers agricoles et domestiques (auxquels la loi imposait jusqu’en 1885 des formes de travail forcé) pour former une classe populaire condamnée par la misère à émigrer massivement (un Suédois sur cinq en trente...




                        

                        

