<FILE-date="2018/10/15/19">

<article-nb="2018/10/15/19-1">
<filnamedate="20181015"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181015"><AAMMJJHH="2018101519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Législation inadaptée, contournement de la légalité, rivalités entre les agences, déficit d’autorité et de contrôle… Dans une enquête publiée chez Fayard, Jacques Follorou, journaliste au « Monde », montre comment les manquements dans la sécurité intérieure en France rendent contre-productive la lutte contre le terrorisme.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’Etat secret », le livre sur la guerre du renseignement

Législation inadaptée, contournement de la légalité, rivalités entre les agences, déficit d’autorité et de contrôle… Dans une enquête publiée chez Fayard, Jacques Follorou, journaliste au « Monde », montre comment les manquements dans la sécurité intérieure en France rendent contre-productive la lutte contre le terrorisme.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 16h19
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 17h56
    |

            Jacques Follorou








                        



                                


                            

Bonne feuilles. [Au nom de la lutte contre le terrorisme, les démocraties ont, depuis les attentats du 11 septembre 2001, singulièrement restreint le champs des libertés. La révolution technique du renseignement, lancée en France en 2007 avec de gros moyens, s’est construite à l’abri du secret-défense : ce vaste système de surveillance, qui déborde aujourd’hui la lutte contre le terrorisme, est devenu le premier pilier de la défense du pays. Dans la clandestinité, voire l’illégalité, pendant près de dix ans.]
Un renseignement illégal
La France a ainsi longtemps vécu dans un profond déni sur le vrai du renseignement intérieur. Jean-Jacques Urvoas, en décembre 2014, alors président de la DPR [la délégation parlementaire au renseignement], écrit ainsi, dans son rapport annuel : « En l’état actuel du droit, les services sont très démunis. Ils peuvent uniquement recourir à des interceptions de sécurité, à des réquisitions de données techniques de connexion ainsi qu’à l’usage restreint de fichiers. Tous les autres moyens exploitables sont frappés d’illégalité. La situation confine ici à l’hypocrisie au regard des missions incombant à ces administrations. Elle induit en outre une mise en danger des fonctionnaires qui œuvrent au service de la nation. »
Alors que Jean-Jacques Urvoas informe le Parlement sur cette béance, les services de renseignement français sont, en effet, pour l’essentiel hors la loi. Combien d’actes d’enquêtes réalisés par les RG [renseignements généraux], la DST [direction de la surveillance du territoire], puis la DCRI [direction centrale du renseignement intérieur] ou encore la DGSI [direction générale de la sécurité intérieure], jusqu’à la loi de 2015, auraient alors pu conduire leurs auteurs devant un juge d’instruction ? « C’est incalculable, puisque c’était le quotidien de ces agents », confirme un ancien directeur adjoint...




                        

                        


<article-nb="2018/10/15/19-2">
<filnamedate="20181015"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181015"><AAMMJJHH="2018101519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Le politologue Jens Althoff explique, dans une tribune au « Monde » que l’affaiblissement des conservateurs et des sociaux-démocrates, lors du scrutin bavarois du dimanche 14 octobre, pourrait déclencher une crise au sein de « la grande coalition » à Berlin et fragiliser un peu plus la chancelière Angela Merkel.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Elections en Bavière : « La fin des grands partis »

Le politologue Jens Althoff explique, dans une tribune au « Monde » que l’affaiblissement des conservateurs et des sociaux-démocrates, lors du scrutin bavarois du dimanche 14 octobre, pourrait déclencher une crise au sein de « la grande coalition » à Berlin et fragiliser un peu plus la chancelière Angela Merkel.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 17h17
    |

Jens Althoff (Politologue)







                        



                                


                            

Tribune. En Allemagne, ce week-end, tous les regards étaient braqués sur la Bavière, une des plus grandes et riches régions du pays, où 9,5 millions de Bavarois, sur une population de treize millions d’habitants, étaient appelés à voter pour renouveler le parlement.
Avec la présence désormais de six partis au parlement et l’affaiblissement important des conservateurs et des sociaux-démocrates, qui forment la « grande coalition » au niveau fédéral, ces élections marquent la fin d’un modèle en Allemagne. Si la rupture n’est pas aussi profonde que celle vécue par la France en 2017, elle n’en demeure pas moins conséquente. La force de cohésion des grands partis a diminué outre-Rhin ces dernières années, mais plus lentement qu’ailleurs en Europe. Ce développement s’est accéléré récemment avec la montée de l’extrême droite.
Au niveau des Länder, un parti arrivait encore à former seul une majorité au gouvernement. C’était le cas de la Bavière, où l’Union chrétienne sociale (CSU) gouvernait avec la majorité parlementaire absolue, depuis le début des années 1960 – à l’exception d’une période entre 2008 et 2013, avant de regagner la majorité absolue en 2013. Cette hégémonie dans un des Länder les plus importants d’Allemagne était le socle d’une position de force du CSU au niveau fédéral en tant que « parti sœur » de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel, le parti conservateur présent dans toutes les autres régions allemandes. Ce dimanche, la CSU a perdu la majorité absolue en obtenant seulement 37,2 % des suffrages contre 47,7 % en 2013.
Inquiets de leur faible résultat lors des élections fédérales de septembre 2017, et surtout marqués par la percée de l’Alternative pour l’Allemagne (Afd), le parti d’extrême droite devenue la troisième force avec quatre-vingt-douze députés au Parlement fédéral, les conservateurs bavarois ont bloqué le travail du gouvernement au niveau fédéral dans le but de gagner les élections en Bavière....




                        

                        


<article-nb="2018/10/15/19-3">
<filnamedate="20181015"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181015"><AAMMJJHH="2018101519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Editorial. Au-delà du recul des chrétiens-démocrates, l’élection régionale de Bavière a été marquée par la progression des Verts.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Europe : l’Allemagne à son tour dans la bataille

Editorial. Au-delà du recul des chrétiens-démocrates, l’élection régionale de Bavière a été marquée par la progression des Verts.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 16h27
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Si le résultat des élections bavaroises du 14 octobre est un séisme politique pour Berlin, à l’échelle de l’Europe, déjà tant secouée depuis trois ans, on pourrait l’interpréter comme une réplique. On aurait tort, cependant, d’en minimiser l’ampleur : parce que l’Allemagne est l’Allemagne, parce qu’elle a, depuis l’après-guerre, constitué un pôle de stabilité, parce qu’elle joue un rôle déterminant au sein de l’Union européenne, cette réplique est d’une intensité considérable.

        Lire aussi :
         

                La coalition de Merkel meurtrie par l’échec électoral bavarois



Mais on aurait tout aussi tort de ne voir que les aspects négatifs d’une telle secousse. Trois enseignements principaux peuvent être tirés de l’élection régionale du Land de Bavière. Le premier concerne l’effondrement des partis traditionnels : les chrétiens-démocrates de la CSU, partenaire bavarois de la CDU d’Angela Merkel, accusent une chute historique de 10,5 points par rapport à 2013, même s’ils restent en tête avec 37,5 % des voix ; les sociaux-démocrates du SPD poursuivent, eux, leur descente aux enfers, comme en France, en Italie ou aux Pays-Bas, et passent même sous la barre des 10 % (9,7 %). C’est un phénomène désormais familier en Europe.
Le triomphe des Verts
Deuxième tendance lourde : l’ascension annoncée du jeune parti d’extrême droite AfD (Alternative pour l’Allemagne), qui a bouleversé le paysage politique outre-Rhin. Avec 10,2 % des suffrages, il ne fait pas un score triomphal, mais il siège désormais dans 15 des 16 Parlements régionaux.
Troisième enseignement : le triomphe des Verts, qui arrivent en deuxième position avec 17,5 % des voix. C’est là, sans doute, la leçon la plus intéressante – et la plus positive – de ce scrutin. Jeunes, résolument pro-européens, pragmatiques et ouverts, les Verts bavarois ont mené une campagne intelligente et volontariste, sous la houlette d’une jeune femme de 33 ans, Katharina Schulze. Leur succès dépasse la préoccupation croissante de la société allemande à l’égard de l’écologie ; il reflète le désir d’une autre façon de faire de la politique et la recherche de nouvelles voies pour résister à la montée du populisme et des extrémismes.
La politique n’est pas morte. Le taux de participation particulièrement élevé (72 %), ce 14 octobre en Bavière, montre que l’exercice du droit de vote reste un ­instrument civique privilégié. L’affaiblissement des partis de gouvernement, qui ont fini par perdre leur identité dans d’épuisants compromis de coalitions, au profit de mouvements comme l’AfD ou les Verts qui, eux, affichent leurs convictions ou leurs projets comme marqueurs forts de leur identité, peut aussi être interprété comme un désir de repolitisation de l’électorat.
Une même dynamique
Cette repolitisation passe par l’offre d’une réelle alternative au populisme et aux extrêmes. Les succès électoraux des Verts le même jour en Belgique et au Luxembourg, confirmant une tendance déjà enregistrée en mars 2017 aux Pays-Bas, ou, sous une autre forme, la victoire d’Emmanuel Macron et d’En marche !, en France, l’an dernier, participent d’une même dynamique, déclinée différemment suivant les spécificités nationales.

        Lire aussi :
         

                Allemagne : camouflet pour la CSU, parti allié de Merkel, lors des élections en Bavière



Au centre de cette dynamique se trouve le combat pour ou contre la démocratie, les sociétés ouvertes et le projet européen. C’est pour les défendre qu’une manifestation géante et pluraliste a rassemblé plus de 200 000 personnes, samedi, à Berlin, à la veille du scrutin bavarois. L’Allemagne est à son tour lancée dans cette bataille historique. A huit mois d’élections européennes cruciales, c’est une bonne nouvelle.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/15/19-4">
<filnamedate="20181015"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181015"><AAMMJJHH="2018101519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Avec la réforme qui s’annonce, le niveau de vie des baby-boomeurs risque de baisser, relève dans sa chronique le journaliste du « Monde » Jean-Michel Bezat
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Il est naïf de penser que la réforme  des retraites entraînera une hausse des pensions »

Avec la réforme qui s’annonce, le niveau de vie des baby-boomeurs risque de baisser, relève dans sa chronique le journaliste du « Monde » Jean-Michel Bezat



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 09h43
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 09h46
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Chronique. Emmanuel Macron aime-t-il « nos aînés », comme il dit ? Les retraités, qui ont largement contribué à sa victoire de mai 2017, ont la réponse dépitée : « Non, le président de la République nous fait payer une partie de ses réformes. » Leur reproche est fondé, mais ils ne devraient pas s’en étonner. Il avait annoncé, durant sa campagne, qu’il ferait le choix de l’activité pour donner leur place aux jeunes et réduire le chômage.
Il l’« assume » sans honte – et non sans courage – lors de déplacements ponctués d’échanges impromptus avec des retraités en colère. Comme ce jour de mars 2018, à Tours (Indre-et-Loire), où une vieille dame l’interpelle derrière une barrière de sécurité. « On a travaillé toute notre vie, et vous nous pompez », se plaint-elle. « On ne vous a pas pompés, on a baissé de 30 % les cotisations salariales pour que les gens qui travaillent puissent payer vos retraites, répond-il. Je vous demande un petit effort pour m’aider à relancer l’économie. » Le débat est un peu simpliste. Comme s’il y avait 25 millions d’actifs d’un côté et 16 millions de retraités identiques de l’autre.
Revenus décents
Car le gouvernement opère aussi des transferts insoupçonnés parmi les personnes âgées. On peut faire une lecture moins « sociale » que lui des derniers arbitrages entre générations, comme nous y invite l’économiste Daniel Cohen. La hausse de 1,7 point de la CSG pour 60 % de retraités et la désindexation des pensions sur les prix (+ 0,3 % en 2019 et 2020) couvrent le coût des baisses d’impôt sur le capital (ISF et taxe forfaitaire à 30 %). Ainsi les pensionnés des classes moyennes propriétaires d’un bien immobilier financent-ils un transfert de 5 milliards d’euros au profit des détenteurs d’un gros capital... souvent retraités eux-mêmes.

Mais, si l’on se retourne sur le demi-siècle écoulé, Macron a raison. Le système de retraite,...




                        

                        


<article-nb="2018/10/15/19-5">
<filnamedate="20181015"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181015"><AAMMJJHH="2018101519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ L’établissement de formation des officiers supérieurs de la Défense lance quatre collections consacrées à la réflexion militaire et stratégique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’offensive éditoriale de l’Ecole de guerre

L’établissement de formation des officiers supérieurs de la Défense lance quatre collections consacrées à la réflexion militaire et stratégique.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 10h54
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Livre. Prometteuse salve que celle tirée par l’Ecole de guerre cet automne. La pépinière des officiers supérieurs français publie les douze premiers livres d’une collection complète consacrée à la réflexion militaire et stratégique. Simplement nommées, les Editions de l’Ecole de guerre sont officiellement lancées le 18 octobre. Elles s’appuient sur un partenariat avec deux maisons, Cent mille milliards pour le travail de préparation et Hachette pour l’impression et la distribution – les exemplaires sont fabriqués dès que les lecteurs, ou des libraires, passeront commande sur Internet.
Les combats des futurs généraux français « ne se mènent plus entre les palissades d’un terrain clos » et ils « ne concernent pas seulement les militaires dévoués à leur pays ». Parole d’amiral, Loïc Finaz, le directeur de l’Ecole estime que « l’étude et la réflexion ne peuvent être le seul fait d’officiers développant leur pensée dans ce quadrilatère hors du temps que serait l’Ecole militaire si elle ne s’ouvrait au monde ». Il assure que cette initiative éditoriale ne visera pas la diffusion de la « doxa officielle, qui a pour s’exprimer d’autres organes ».
Les ouvrages, d’une forme sobre et plutôt élégante, composent quatre collections en une : « Champs de bataille », sur l’histoire et la stratégie ; « Ligne de front », sur la pensée militaire proprement dite ; « Feux croisés », sur les domaines connexes tels que l’autorité ou l’action ; et, en langue anglaise, « Honni soit qui mal y pense », pour les textes porteurs d’une pensée française.
Dans cette catégorie, la première production consacrée à la guerre de l’information a déjà été présentée par les stagiaires officiers au cours de l’été à Washington, dans un cercle de réflexion du département d’Etat américain. Ouvrage collectif, Going Beyond Information présente notamment une analyse des communications respectives des présidents Trump et Macron....




                        

                        


<article-nb="2018/10/15/19-6">
<filnamedate="20181015"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181015"><AAMMJJHH="2018101519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’historienne et écrivaine Muriel de Rengervé dénonce les dérives d’une industrie qui ne cherche que le profit.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 14/10/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


« L’abattoir est aussi le lieu de l’aliénation humaine »

Dans une tribune au « Monde », l’historienne et écrivaine Muriel de Rengervé dénonce les dérives d’une industrie qui ne cherche que le profit.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 08h25
    |

Muriel de Rengervé (Ecrivaine et historienne)







                        



                                


                            

Tribune. Imaginez un gigantesque parking, des milliers de voitures côte à côte. Ce pourrait être un centre d’attraction s’il n’était pas 5 heures du matin. C’est un abattoir, où des hommes, par 4 0C et dans un bruit assourdissant, huit heures par jour, désossent à la chaîne des animaux morts. Comme un parking à l’entrée des Enfers, où les ouvriers entrent d’eux-mêmes, dociles serviteurs de l’industrie, dans un bâtiment que certains appellent le cauchemar, avec dans la bouche le goût de la mort que devait sentir le condamné montant à l’échafaud.
« Cadence infernale, température et humidité extrêmes, répétition monotone des mêmes gestes, perte du sens du travail »
La souffrance animale est intolérable, honteuse, injustifiable. Il en existe une autre, celle des hommes, dont personne ne parle – parce qu’il ne faudrait pas dégoûter les consommateurs. L’abattoir est le lieu de l’aliénation : cadence infernale (plus de 500 porcs à l’heure), température et humidité extrêmes, répétition monotone des mêmes gestes, perte du sens du travail. Lieu de la mise à mort des animaux, il est aussi celui de la mort de la liberté et de l’épanouissement des ouvriers.
En écoutant les salariés d’un des plus grands abattoirs de Bretagne, j’y ai découvert la concentration des conditions de travail les plus difficiles : la précarité (recours massif à l’intérim et au travail à la tâche), les relations brutales avec la hiérarchie, l’absence de reconnaissance, mais encore la souffrance et les accidents. De toutes les industries, c’est dans la transformation de la viande que les effets du travail sur le corps sont les plus douloureux et les plus marqués. Les accidents y sont quatre fois supérieurs à la moyenne. Un ouvrier d’abattoir est condamné à avoir mal au cou, aux épaules, aux coudes, aux poignets, aux mains, encore au dos et aux jambes, parfois jusqu’à restreindre sa capacité à travailler, et même à l’empêcher de vivre normalement.
Corps...



                        

                        


<article-nb="2018/10/15/19-7">
<filnamedate="20181015"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181015"><AAMMJJHH="2018101519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ A la veille de la Grande Guerre, les inégalités de revenu comme de richesse sont parmi les plus élevées du monde en Suède, au bénéfice d’une noblesse dominante et d’une nouvelle grande bourgeoisie industrielle explique, dans sa chronique, l’historien Pierre-Cyrille Hautcœur.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le « modèle suédois » ne s’est pas construit en un jour

A la veille de la Grande Guerre, les inégalités de revenu comme de richesse sont parmi les plus élevées du monde en Suède, au bénéfice d’une noblesse dominante et d’une nouvelle grande bourgeoisie industrielle explique, dans sa chronique, l’historien Pierre-Cyrille Hautcœur.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 08h33
    |

                            Pierre-Cyrille Hautcoeur (Directeur d'études à l'EHESS)








                        



                                


                            
Recherches. Au moment où une nouvelle impulsion doit être donnée au gouvernement, on peut espérer que le modèle scandinave, tant vanté par le président de la République avant son élection, redevienne un horizon partagé. Mais pour qu’il le soit de manière crédible et sur le long terme, condition indispensable à des transformations sérieuses, il faut comprendre ses origines. Les travaux des historiens suédois sont à cet égard irremplaçables, notamment ceux, récents, d’Erik Bengtsson (université de Lund).

Beaucoup de recherches sur les « variétés de capitalismes » ont eu tendance à réifier les spécificités nationales en catégories intemporelles : « libéralisme anglais », « étatisme français » ou « égalitarisme suédois », pour n’en citer que quelques-uns. Une part de l’historiographie traditionnelle suédoise a de fait construit l’idée que l’égalitarisme était dans la nature de la société suédoise et s’ancrait dans l’importance d’une catégorie de paysans propriétaires depuis le Moyen Age.
Cette catégorie aurait bénéficié précocement d’une représentation parlementaire et d’un déclin de la noblesse. De ce fait, elle aurait conduit à une transition « naturelle » vers une social-démocratie modérée et ses systèmes de retraite ou d’assurance-chômage exemplaires, conciliant efficacité et justice.
Taux d’adhésion aux partis politiques ouvriers records
Les travaux récents montrent pourtant que la Suède du XIXe siècle n’a rien d’une société égalitaire. A la veille de la Grande Guerre, les inégalités de revenu comme de richesse y sont parmi les plus élevées du monde, au bénéfice d’une noblesse qui reste très dominante et d’une nouvelle grande bourgeoisie industrielle.
Un prolétariat urbain a rejoint ouvriers agricoles et domestiques (auxquels la loi imposait jusqu’en 1885 des formes de travail forcé) pour former une classe populaire condamnée par la misère à émigrer massivement (un Suédois sur cinq en trente...




                        

                        


<article-nb="2018/10/15/19-8">
<filnamedate="20181015"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181015"><AAMMJJHH="2018101519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Un collectif formé notamment d’intellectuels et d’artistes soutient, dans une tribune au « Monde », la création d’une « Maison des médias libres » dans le cadre du concours Réinventer Paris 2. Ils espèrent que sera ainsi créé un lieu entièrement dévolu à la liberté d’expression.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Le projet de Maison des médias libres à Paris rencontre les défis de notre époque »

Un collectif formé notamment d’intellectuels et d’artistes soutient, dans une tribune au « Monde », la création d’une « Maison des médias libres » dans le cadre du concours Réinventer Paris 2. Ils espèrent que sera ainsi créé un lieu entièrement dévolu à la liberté d’expression.



LE MONDE
 |    15.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 08h36
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Nous souhaitons qu’un lieu démocratique dévolu à la liberté de la presse puisse enfin voir le jour au cœur de la capitale française. C’est pourquoi nous soutenons le projet d’une « Maison des médias libres », candidat au concours Réinventer Paris 2 de la Mairie de Paris, pour acquérir et réhabiliter – grâce à la structure ad hoc « Le Transfo » – le très symbolique immeuble « Nation 1 » situé dans le XIe arrondissement de Paris.
Ce serait à la fois un lieu public de rencontre et d’échange, d’exposition et de formation autour du journalisme, et un lieu professionnel proposant des locaux à des médias unis par la défense de l’indépendance et de la liberté de l’information. La grande diversité des promoteurs de ce projet en garantit le pluralisme, tout comme leur engagement à faire de ce lieu un espace de débat et de réflexion, d’expérimentation, de promotion de nouvelles formes de production et de diffusion de l’information, ouvert à tous les publics et accessible à tous les médias qui le souhaitent.
Le droit de savoir et la liberté de dire sont en effet deux principes fondamentaux d’une démocratie véritable, forte et vivante. Le droit à l’information, à la libre expression et à la libre critique, ainsi qu’à la diversité des opinions est une liberté fondamentale de tout être humain. Sans information libre sur la réalité, ambitieuse dans ses moyens et pluraliste dans ses fins, il ne saurait y avoir d’authentique délibération démocratique. Refusant les privilèges de naissance, de diplôme ou de fortune, d’origine ou de genre, une démocratie vraie suppose que toutes et tous soient pareillement informés pour être libres dans leurs choix et autonomes dans leurs décisions.
Paris, une ville symbolique
C’est à Paris que fut énoncée, par celui qui allait devenir le premier maire de la capitale française, la définition la plus radicale de cette liberté d’informer comme droit fondamental : « La publicité de la...




                        

                        


<article-nb="2018/10/15/19-9">
<filnamedate="20181015"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181015"><AAMMJJHH="2018101519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Un syndic de copropriété doit répondre des dommages imminents qui peuvent survenir et agir de son propre chef quand ceux-ci empêchent la convocation préalable de l’assemblée générale, rappelle, dans sa chronique, Rafaële Rivais, journaliste au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Copropriétés : en cas d’urgence, le syndic doit agir

Un syndic de copropriété doit répondre des dommages imminents qui peuvent survenir et agir de son propre chef quand ceux-ci empêchent la convocation préalable de l’assemblée générale, rappelle, dans sa chronique, Rafaële Rivais, journaliste au « Monde ».



LE MONDE
 |    14.10.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 09h05
    |

            Rafaële Rivais








                        



                                


                            

Chronique SOS conso. Le syndic est « chargé d’administrer l’immeuble, de pourvoir à sa conservation, à sa garde et à son entretien », en vertu de la loi sur la copropriété du 10 juillet 1965. En temps normal, il ne peut pas engager de grosses réparations sans l’autorisation de l’assemblée générale des copropriétaires. Mais en cas d’urgence, il doit « faire procéder, de sa propre initiative, à l’exécution de tous travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble », énonce l’article 18 de cette loi.
La jurisprudence considère qu’il y a urgence « lorsque le défaut de réaction rapide entraînerait un préjudice et que ce préjudice à éviter est imminent, ce qui empêche d’envisager une convocation préalable de l’assemblée générale ». La Cour de cassation a considéré comme urgents le colmatage d’une fuite d’eau (6 juillet 2017), mais aussi la réparation de canalisations provoquant des odeurs pestilentielles, la remise en état de balcons dont le délabrement mettait en danger la sécurité des personnes, ou la réfection d’une façade dont les fissures provoquaient des infiltrations d’eau et une prolifération de salpêtre (28 janvier 2016). Elle a en revanche considéré comme non urgente la conclusion de contrats, sur plusieurs années, de télésurveillance dans les parties communes d’un immeuble (30 mai 2012).

Si le syndic manque à son obligation d’agir en cas d’urgence, il doit répondre des dommages qui peuvent survenir. La Cour de cassation vient de le rappeler, dans l’affaire suivante : en 2007, les copropriétaires d’un immeuble envahi par les squatteurs à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), confient la gestion de celui-ci au cabinet Nexity Lamy, afin qu’il sécurise les lieux. Or, le 2 août 2010, la porte d’entrée est détruite. Malgré les demandes répétées du conseil syndical (membres élus de la copropriété), le syndic s’abstient de la faire remplacer, pendant un an. Dans la nuit du 23 au 24 décembre 2010,...




                        

                        


<article-nb="2018/10/15/19-10">
<filnamedate="20181015"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181015"><AAMMJJHH="2018101519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ L’écrivain américain, 85 ans, est l’auteur d’un livre culte de 1971, « L’Homme-dé ». Et d’autres excellents romans parus depuis, jusqu’au joyeux « Invasion », aujourd’hui traduit.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Luke Rhinehart : « L’esprit de sérieux est une maladie »

L’écrivain américain, 85 ans, est l’auteur d’un livre culte de 1971, « L’Homme-dé ». Et d’autres excellents romans parus depuis, jusqu’au joyeux « Invasion », aujourd’hui traduit.



LE MONDE
 |    14.10.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 09h48
    |

                            Eric Loret (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

Ce portrait aurait dû commencer par un voyage. On aurait pris l’avion, puis la voiture ou le train pendant deux ou trois heures depuis New York ou Boston, et expliqué quelle difficulté il y a à dénicher Luke Rhinehart, le mystérieux auteur de L’Homme-dé. Un livre culte publié en 1971 (Seuil, 1973 ; L’Olivier, 2014) qui raconte la vie du psychiatre déviant Luke Rhinehart, un type qui joue toutes les décisions de sa vie aux dés, en particulier celles qui concernent ses envies récurrentes de viol et de meurtre. On serait arrivé à Canaan, au milieu de la campagne, dans le nord de l’Etat de New York, dans une belle maison de bois blanc comme on en voit dans les films américains indépendants.
Là, George Powers Cockcroft, 85 ans, nous aurait expliqué qu’il ne s’appelle pas Luke Rhinehart (c’est le nom d’un personnage dans un de ses romans inachevés), qu’il n’a jamais été psychiatre et qu’il n’a pas non plus violé ni assassiné qui que ce soit. En revanche, il aurait dit qu’il a effectivement dragué sa femme grâce aux dés car, un jour, sortant en voiture d’un hôpital où il travaillait, il aperçut deux infirmières. Comme à l’époque les dés l’aidaient à dépasser sa timidité et ses tendances à la procrastination, le hasard lui enjoignit de proposer aux jeunes femmes de les raccompagner chez elles. L’une d’elle était Ann, son épouse depuis 1956.
Quand ils vivaient à Majorque, dans les Baléares
Mais nous n’avons pas eu à aller chercher l’homme au fond des bois. Il nous est servi sur un plateau et sous un large chapeau de cowboy dans les bureaux parisiens de son éditeur, en juin. On nous avertit qu’Ann, désormais peintre et écrivaine, sera présente mais qu’elle n’interviendra pas : elle veille seulement à ce qu’il ne s’épuise pas sous les interrogatoires répétés de sa tournée européenne. Dommage, on aurait au contraire aimé avoir son avis.
De temps en temps, on sent un frémissement dans le fond de la salle : c’est Ann qui n’est pas toujours...




                        

                        


<article-nb="2018/10/15/19-11">
<filnamedate="20181015"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181015"><AAMMJJHH="2018101519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans sa chronique, l’historienne Valérie Theis s’attriste d’une critique méprisante, publiée dans « Le Figaro », de l’historien Sanjay Subrahmanyam, professeur au Collège de France, vis-à-vis de son confrère Patrick Boucheron.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Ce qui tue, ce sont les querelles de chapelle des universitaires, les jalousies et le manque de générosité intellectuelle »

Dans sa chronique, l’historienne Valérie Theis s’attriste d’une critique méprisante, publiée dans « Le Figaro », de l’historien Sanjay Subrahmanyam, professeur au Collège de France, vis-à-vis de son confrère Patrick Boucheron.



LE MONDE
 |    14.10.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 10h19
    |

                            Valérie Theis (Historienne, professeure d’histoire médiévale  à l’Ecole normale supérieure)








                        



                                


                            
Résonances. Les historiens aiment les rituels. L’un d’eux, ­particulièrement prisé par les médiévistes, ­consiste à se lamenter collectivement de la ­disparition de ce grand public cultivé, amateur d’histoire, qui guettait chez le libraire les dernières productions de grands historiens comme Georges Duby ou Jacques Le Goff. Du côté des lecteurs, on entend : « Mais où sont les Duby et Le Goff d’aujourd’hui ? Qui pouvons-nous lire avec autant de profit intellectuel et de plaisir ? »
Chaque génération est en effet confrontée à la difficulté d’identifier, au sein du magma des productions éditoriales, les livres les plus marquants. Cette difficulté n’est en rien propre au grand public. Elle touche autant les chercheurs, tout particulièrement quand il s’agit d’en repérer de plus jeunes ou qui écrivent dans une autre langue. La vie intellectuelle est donc faite de multiples retards de réception et parfois aussi, malheureusement, de rendez-vous manqués.
Ce problème n’est cependant pas le seul. Les historiens, comme tous les autres scientifiques, se sont beaucoup spécialisés, ce qui complique la tâche de ceux qui tentent de rendre accessibles les résultats de ces recherches, dont il est faux de croire que le lectorat puisse facilement se les approprier. Face à cette difficulté, beaucoup de chercheurs ont décidé de se replier sur leur étroit domaine de spécialité et de n’échanger qu’avec leurs pairs. Il y a d’ailleurs quelque paradoxe à constater que certaines des institutions qui abritent le plus de chercheurs ayant fait ce choix ne sont pas celles où l’on se lamente le moins de la perte d’influence de l’histoire.
Il faut aujourd’hui beaucoup de courage pour se lancer dans une œuvre de synthèse. Produire une histoire générale implique en effet d’écrire des livres qui font bien plus appel aux travaux d’autres chercheurs qu’aux siens propres. Mais peut-on croire que les grandes fresques sur les marchands, les villes, les chevaliers...




                        

                        


<article-nb="2018/10/15/19-12">
<filnamedate="20181015"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181015"><AAMMJJHH="2018101519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Une étude révèle comment les idées réactionnaires, mais aussi ­suprémacistes blanches et misogynes, se répandent sur le réseau social aux Etats-Unis.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


YouTube ou la haine en boucle

Une étude révèle comment les idées réactionnaires, mais aussi ­suprémacistes blanches et misogynes, se répandent sur le réseau social aux Etats-Unis.



LE MONDE
 |    14.10.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 10h03
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Chronique. Comment les idées réactionnaires, mais aussi ­suprémacistes blanches et misogynes se répandent-elles sur YouTube aux Etats-Unis ? Une étude, publiée le 18 septembre par l’Institut de recherche américain Data & Society, propose quelques éléments de réponse. Elle montre comment un vaste « écosystème » se déploie à l’intérieur du réseau social, au cœur duquel on trouve un « réseau d’influence alternatif » d’environ 65 universitaires, spécialistes des médias et figures d’Internet, allant du conservatisme bon ton à l’extrême droite virulente, qui militent tous activement pour populariser leurs thématiques favorites – antiféminisme, opposition à l’aide sociale, nationalisme blanc, dénonciation de toute immigration, détestation de la « bien-pensance » de gauche…
Pour se faire entendre, ces influenceurs, pour certains suivis par des dizaines de milliers d’internautes, multiplient les talk-shows avec des personnalités qui leur sont proches, mais font aussi régulièrement appel, au nom de la liberté d’expression, à des figures d’extrême droite qui n’hésitent pas à prôner, tout en se présentant comme des débatteurs polis, une misogynie et un racisme virulents.
C’est ainsi, montre l’étude, qu’un podcasteur politique comme Dave Rubin (700 000 suiveurs sur YouTube), un libertarien de droite opposé à la peine de mort, homosexuel marié, mais considérant le progressisme comme « un trouble mental », n’hésite pas à inviter Stefan Molyneux, un youtubeur canadien bien connu pour ses diatribes sur la hiérarchie de « l’intelligence des races » – il place les juifs ashkénazes au sommet et les Afro-Américains et les Africains subsahariens en bas.
« Plate-forme gratuite »
Régulièrement dénoncé dans la presse canadienne, Stefan Molyneux se pose en martyr de la liberté d’expression et du politiquement correct. C’est en tant que tel que Dave Rubin l’a invité à débattre, le 9 novembre, à son talk-show sur YouTube....




                        

                        


<article-nb="2018/10/15/19-13">
<filnamedate="20181015"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181015"><AAMMJJHH="2018101519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ L’écrivain a raconté dans son deuxième livre le viol qu’il aurait subi en 2012. Le parquet a requis un procès en requalifiant les accusations en « agression sexuelle ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Le parquet demande un procès en correctionnelle contre l’agresseur présumé d’Edouard Louis

L’écrivain a raconté dans son deuxième livre le viol qu’il aurait subi en 2012. Le parquet a requis un procès en requalifiant les accusations en « agression sexuelle ».



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 18h30
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 07h29
   





                        



   


Le parquet de Paris a requis un procès pour l’agresseur présumé de l’écrivain Edouard Louis mais en demandant la requalification des accusations de viol en « agression sexuelle », selon des sources proches du dossier, confirmant une information de L’Obs.
L’étoile montante littéraire avait fait le récit de son agression survenue le soir de Noël 2012 dans son deuxième opus, Histoire de la violence (Seuil, 2016). A l’époque, celui qui n’est pas encore l’auteur d’En finir avec Eddy Bellegueule (Seuil, 2014), le livre qui l’a révélé, avait déposé plainte pour viol et tentative de meurtre.
Six ans après, le parquet a requis début octobre un procès pour son agresseur présumé, Reda B., un Algérien de 33 ans mis en examen pour le crime de viol avec arme, mais il demande la requalification des faits en délit d’« agression sexuelle », selon son réquisitoire dont a eu connaissance l’AFP. Si la juge suit ces réquisitions, le procès se déroulera devant le tribunal correctionnel et non devant une cour d’assises.
Le 25 décembre 2012, Edouard Louis avait raconté aux policiers sa rencontre avec Reda, dans la rue, en rentrant du réveillon. Les deux hommes ont eu des relations consenties, mais les choses auraient dégénéré quand Edouard Louis s’est aperçu que sa tablette et son téléphone avaient disparu. En colère, Reda aurait alors essayé de l’étrangler avec une écharpe, en lui disant qu’il avait un « gun », avant de le violer.
« Ligne de répression contraire à ses opinions politiques »
Le suspect Reda B., qui a passé près d’un an en prison, a toujours nié le viol. « Les déclarations constantes de la victime, celles des témoins qui ont recueilli ses confidences ainsi que les constatations médicales permettent d’établir la réalité d’un rapport sexuel non consenti », estime le parquet.
Au cours de l’enquête, le romancier, engagé politiquement et opposé à l’incarcération, avait refusé de se rendre à une confrontation avec le suspect, souhaitant la fin de la procédure et un non-lieu.
« Edouard Louis accepte sans difficulté ce réquisitoire. Aller devant une cour d’assises, cela aurait voulu dire entrer dans une ligne de répression contraire à ses opinions politiques », a déclaré son avocat Emmanuel Pierrat à l’AFP.
« Mon client est innocent, il attend donc un non-lieu, sinon il n’a pas peur, contrairement à Edouard Louis, d’aller devant une cour d’assises. Je ne peux pas imaginer que ce dossier résistera à un examen contradictoire devant des jurés », a réagi l’avocate de Reda B., Marie Dosé.

        Lire aussi :
         

                Edouard Louis : la vie avec ses frères d’armes et d’esprit






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/15/19-14">
<filnamedate="20181015"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181015"><AAMMJJHH="2018101519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ En plongeant ses œuvres dans le goudron, la Mexicaine Minerva Cuevas veut susciter une prise de conscience sur l’urgence environnementale. Sa démarche s’inscrit dans le mouvement grandissant mais méconnu de l’art écologique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’art passe à l’éthique

En plongeant ses œuvres dans le goudron, la Mexicaine Minerva Cuevas veut susciter une prise de conscience sur l’urgence environnementale. Sa démarche s’inscrit dans le mouvement grandissant mais méconnu de l’art écologique.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 13h00
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

C’est une marine comme on en trouve dans toutes les brocantes de part et d’autre de l’Atlantique : un paysage aquatique et édénique, à la palette chromatique douce, figurant une Amérique précolombienne. Comme si on y était… Mais si vous y étiez, vous remarqueriez que ce tableau empeste. L’artiste mexicaine Minerva Cuevas a plongé ce vieux paysage dans du goudron, un des nombreux sous-produits du pétrole intensivement exploité dans la péninsule du Yucatan.
Dans sa série « Hidrocarburos » commencée en 2006, elle analyse les effets de ce produit sur la ­région. Aux indolentes vagues qui venaient lécher le rivage répond ainsi désormais une autre, noire, apocalyptique, envahissant à la fois le tableau et son hors-cadre. L’œuvre se veut la métaphore de l’engluement des hommes et de l’environnement dans les énergies fossiles, mais elle pose aussi la question de ce que peut l’art face à cet état de fait : dénoncer, oui, mais les tubes de peintures modernes ne sont-ils pas aussi des dérivés du pétrole, et les tableaux destinés à alimenter un marché de l’art débridé ?
Révolution des formes
Le travail de Minerva Cuevas s’inscrit dans ce que les spécialistes n’hésitent désormais plus à appeler « l’art écologique » : une tendance qui, depuis les ­gestes pionniers des années 1960-1970, comme ceux de Gina Pane ou de Robert Smithson, s’est développée jusqu’à constituer un champ spécifique. Paul ­Ardenne, historien et critique d’art, a tenté de brosser le panorama de cette révolution des formes et de la pensée artistique dans son ouvrage Un art écologique. Création plasticienne et anthropocène (Le Bord de l’eau, 304 p., 27 euros).
Les œuvres sur lesquelles s’appuie sa réflexion s’attachent à repenser les modes de production artistiques (à rebours d’un Olafur Eliasson, dont l’œuvre Ice Watch exposée lors de la COP21 présentait un bilan carbone désastreux), à renouveler les lieux de l’art (nombre d’œuvres prennent place au cœur même de...




                        

                        


<article-nb="2018/10/15/19-15">
<filnamedate="20181015"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181015"><AAMMJJHH="2018101519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Editorial. La Commission européenne pourrait retoquer lundi le budget prévisionnel italien s’il affichait un déficit de 2,4 % du PIB. Une première qui déclencherait une crise politique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Le retour du « risque Italie »

Editorial. La Commission européenne pourrait retoquer lundi le budget prévisionnel italien s’il affichait un déficit de 2,4 % du PIB. Une première qui déclencherait une crise politique.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 10h39
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 10h41
   





                        



   


Editorial du « Monde ». L’affrontement qui se profile ne ressemble à aucune crise européenne du passé. Soit un pays, l’Italie, qui, il y a quelques mois encore, semblait sorti de l’ornière. Des comptes publics enfin maîtrisés, un excédent commercial enviable, une économie donnant des signes de reprise après des années de récession et de marasme, et surtout une image de sérieux, durement conquise auprès d’instances européennes rendues sceptiques par le passé : le souvenir de l’automne 2011, quand le premier ministre Silvio Berlusconi avait dû jeter l’éponge en raison de la défiance des marchés financiers, qui faisait courir le risque d’une faillite du pays, semblait presque oublié.
Las, en quelques mois, ce capital de confiance a fondu, tant auprès des partenaires européens du pays que des marchés. En témoignent l’isolement complet de l’Italie à Bruxelles ainsi que l’envolée du « spread » – différentiel entre les taux des emprunts à dix ans allemands et italiens –, qui s’est « stabilisé » depuis quelques jours au-dessus de la barre des 300 points de base. L’Italie s’endette aujourd’hui à plus de 3,5 %, contre environ 1,5 % il y a six mois. A l’échelle d’un pays dont la dette souveraine culmine à 2 300 milliards d’euros, la différence n’est pas mince.

        Lire aussi :
         

                Budget italien : Bruxelles se prépare à la confrontation avec Rome



Cette explosion du coût de la dette italienne ne tient qu’à la politique, et si la thématique du « risque Italie » semble de retour, c’est à la lumière des choix économiques du gouvernement italien, jugés à la fois flous, incohérents et dangereux.
Tentation d’éviter l’obstacle
Lundi 15 octobre, Rome doit faire parvenir à Bruxelles les grandes lignes de son prochain budget. Fin septembre, en annonçant sa volonté de porter le déficit 2019 à 2,4 % du PIB –contre 0,8 % initialement prévu –, le gouvernement Conte, formé de l’alliance de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement 5 étoiles (antisystème), a déclenché une tempête. Celle-ci a été d’autant plus violente que cette décision a été entourée d’approximations et d’amateurisme. Cela ne pouvait inspirer que de gros doutes à des instances habituées à raisonner à partir de données tangibles et d’objectifs réalistes.

        Lire aussi :
         

                La confusion autour du budget italien inquiète les Européens



Pour sortir du piège dans lequel il s’est mis, le gouvernement italien ne semble pas avoir d’autre solution que de faire machine arrière. Encore faudrait-il qu’il souhaite que la crise se calme… Or rien n’est moins sûr. En effet, l’opposition à Bruxelles et à l’orthodoxie financière est le principal ressort de la solidité de la coalition hétéroclite de deux forces que naguère tout opposait. Et tout porte à croire que les deux hommes forts du gouvernement, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, s’appuyant sur un large soutien de l’opinion, souhaitent un affrontement avec Bruxelles, dont ils se sont persuadés qu’ils sortiraient vainqueurs.
A Bruxelles, la tentation d’éviter l’obstacle pourrait être forte. Il suffirait de laisser les marchés sanctionner eux-mêmes un budget trop dispendieux et fondé sur des hypothèses de croissance irréalistes. Ce serait reproduire le schéma ayant conduit à la chute de M. Berlusconi en 2011, événement qualifié de « coup d’Etat financier » par de très nombreux Italiens, qui a favorisé la montée des extrêmes. L’heure commanderait plutôt de régler politiquement le problème et de discuter coûte que coûte avec ce gouvernement si insaisissable, ne serait-ce que pour lui poser une question simple et essentielle : « Voulez-vous encore faire partie de l’Union européenne ? »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/15/19-16">
<filnamedate="20181015"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181015"><AAMMJJHH="2018101519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Analyse. Lors de « l’université d’automne » de la centrale, du 9 au 11 octobre à Deauville, François Hommeril, son président, a donné la priorité à la réflexion prospective, observe l’éditorialiste Michel Noblecourt.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La CFE-CGC veut adapter  ses valeurs au nouveau monde

Analyse. Lors de « l’université d’automne » de la centrale, du 9 au 11 octobre à Deauville, François Hommeril, son président, a donné la priorité à la réflexion prospective, observe l’éditorialiste Michel Noblecourt.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
15.10.2018 à 08h53
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            
Analyse. Pourfendeur de la pensée unique, François Hommeril ne perd pas une occasion de s’en prendre à Emmanuel Macron. Le président de la CFE-CGC, élu en juin 2016, déteste, selon son expression, qu’on « lui beurre la tartine » et voit, par exemple, dans l’idée qu’on institue une dégressivité des allocations de chômage pour les cadres un « scandale populiste ».
Mais pour sa première « université d’automne », du mardi 9 au jeudi 11 octobre, à Deauville (Calvados), il a laissé ses missiles contre le président de la République au vestiaire et a donné la priorité à la réflexion prospective. « Mettre tout au pire et imaginer le meilleur, a-t-il lancé, et si ce n’était pas la plus courte et la meilleure définition de l’encadrement. Etre finalement l’incarnation du vrai “progrès continu”, cette notion(…)souvent instrumentalisée comme un mode de management par certaines directions quand c’est une raison d’être pour nous. »
Pour cette « université d’automne », présentée comme un « inter-congrès » – une formule abandonnée depuis la présidence de Paul Marchelli (1984-1993) –, le président de la CFE-CGC a mis la barre haut avec l’ambition d’« ajouter une brique » au programme de la centrale des cadres pour « adapter [ses] valeurs » à un monde qui change. Pendant trois jours, 350 militants ont planché sur « l’entreprise et ses défis ». A l’ordre du jour : la gouvernance de l’entreprise, le big data et l’intelligence artificielle, les attentes des jeunes pour lesquels, selon M. Hommeril, « la société a mauvaise haleine ». Une approche prospective qui doit se matérialiser lors du prochain congrès confédéral dans un an à Deauville, où M. Hommeril briguera un ­second mandat.
L’originalité des assises de Deauville était le travail en « ruches » composées paritairement
Plusieurs tables rondes ont rythmé cette « université d’automne » : la modernisation de la gouvernance...




                        

                        


<article-nb="2018/10/15/19-17">
<filnamedate="20181015"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181015"><AAMMJJHH="2018101519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Comment nos pratiques sexuelles ont-elles évolué depuis le XIXe siècle ? Les historiens Alain Corbin et Michelle Perrot en ont discuté lors d’une rencontre du Monde Festival, dimanche 7 octobre, au Palais Garnier, à Paris.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤     


                Hommes et femmes, deux histoires de la sexualité


Comment nos pratiques sexuelles ont-elles évolué depuis le XIXe siècle ? Les historiens Alain Corbin et Michelle Perrot en ont discuté lors d’une rencontre du Monde Festival, dimanche 7 octobre, au Palais Garnier, à Paris.

LE MONDE
                 |                 13.10.2018 à 09h15
                 |

            Jessica Gourdon

















Derniers articles publiés


            Kechiche, Denis, Bozon… Trois façons « aux antipodes » de filmer le sexe


            Georges Vigarello : « #metoo est un ébranlement majeur dans une dynamique déjà installée »


            Le mouvement #MeToo, « positif, prometteur, mais insuffisant »



Tous les articles






les articles les plus partagés


            Boris Cyrulnik : « L’attention à la maltraitance animale témoigne d’une société plus morale »


            « Tomber amoureux, cela n’arrive pas par hasard »


            « De plus en plus d’histoires d’amour démarrent à l’âge de la retraite »






les plus partagés











Que sait-on de la sexualité de nos aïeux ? Dimanche 7 octobre, au Monde Festival, les historiens Alain Corbin et Michelle Perrot ont levé un coin de rideau sur les mystères des chambres à coucher depuis le XIXe siècle.
Pendant une heure et demie, sous les dorures du Palais Garnier, les deux universitaires de 82 et 90 ans ont évoqué avec malice et sérieux l’évolution des mœurs, des représentations et des interdits. Des pratiques qu’ils ont scrutées tout au long de leur carrière, puisant dans des sources variées : la littérature, évidemment, mais aussi tous les documents de l’écriture de soi, des manuels de confesseur, des revues médicales, des journaux de bord de docteur…

        Lire aussi :
         

                Après #metoo, repenser la rencontre des sexes



Premier enseignement, les grandes tendances observées depuis le XIXe siècle continuent de façonner nos sexualités : l’émancipation progressive des codes moraux, l’avancée de la connaissance du corps et du plaisir féminin, la maîtrise de la reproduction, la condamnation de la violence… Rapidement dans la discussion, un fil rouge s’est dessiné, celui des rapports très différents des hommes et les femmes à la sexualité.

   


Une illustration parmi d’autres, jusqu’à récemment, l’adultère était condamné beaucoup plus durement chez les femmes que chez les hommes. « Un homme qui séduit des femmes, qui a des maîtresses, c’est à son honneur. Alors que du côté des femmes, il fallait le cacher. On ne reproche pas le harcèlement sexuel et l’adultère à Victor Hugo. En revanche, l’une de ses maîtresses est allée en prison », note Michelle Perrot.
Autre exemple, pendant des années, l’homosexualité était tolérée chez les femmes. « Il y avait une forme d’indulgence, on trouvait cela joli », assure l’historienne. En revanche, si elle est dépénalisée en France depuis 1791, elle était vivement condamnée chez les hommes, notamment au nom du mythe de la « déperdition de la semence ».
Pour elle, le risque de tomber enceinte
Les femmes avaient aussi certaines obligations morales propres à leur sexe. « La virginité faisait partie du capital que la jeune fille devait apporter dans le mariage, en particulier dans les milieux bourgeois », rappelle Michelle Perrot. Un contraste avec la situation des hommes, qui avaient, eux, une expérience de la sexualité avant le mariage. « C’était la nourrice du Morvan, la bonne d’enfant ou la servante de 15 ans qui initiait le jeune homme de la famille à la sexualité. Ensuite, ce garçon allait voir les filles, se rendait au bordel, ou se mettait avec une cousette, c’est-à-dire une jeune ouvrière de la couture, avant de la lâcher pour se marier », raconte Alain Corbin.

   


Et c’est ainsi que s’installe, au sein du couple, une différence fondamentale. « Comme l’homme a la connaissance de la sexualité avant la nuit de noces, il peut avoir la tentation de la fugue sociale, c’est-à-dire de retourner à cette période prémariage », analyse Alain Corbin.
Autre clé d’explication, le rapport à la reproduction. Pendant des années, les femmes sont seules à assumer les conséquences d’un écart. « Il ne faut jamais oublier que les filles ont longtemps vécu avec la peur d’avoir “un polichinelle dans le tiroir”, comme on disait alors. Des servantes, violées par leur patron, par le fils de la famille ou par un domestique tombaient enceintes d’enfants qu’elles s’efforçaient de “faire passer”. Mais si un voisin les dénonçait, c’était le tribunal. Au XIXe siècle, il y a encore des femmes guillotinées pour infanticide », rappelle Michelle Perrot.

   


Pour lui, le risque de la maladie vénérienne
Aussi, tandis que les femmes craignaient de tomber enceinte, les hommes étaient préoccupés par la possibilité d’attraper des maladies vénériennes. Aux XVIIIe et XIXe siècles, on soignait l’ensemble des « véroles » par le mercure. « Quand un homme avait la syphilis, il disait pudiquement : “Je vais en Suède”, car le mercure faisait beaucoup suer ! », s’amuse Alain Corbin. Les théories les plus folles se développaient, comme celle de « l’hérédosyphilis », une syphilis congénitale que l’on attrapait si l’un de ses aïeux avait été contaminé jusqu’à la septième génération. Et que des médecins aux codes moraux rigides brandissaient comme une menace, s’alarmant de la « dégénérescence de l’espèce humaine ». Une croyance, poursuit Alain Corbin, « tombée en désuétude ».
Reste qu’avant l’arrivée de la contraception, les relations amoureuses avant le mariage étaient nécessairement différentes. On badinait davantage. « De 1870 à 1970, c’était le siècle du flirt. Celui de la drague, des caresses, des sous-entendus, avec des lieux emblématiques, comme les paquebots transatlantiques ou les villes d’eau. Ce siècle, il se termine avec la pilule », tranche Alain Corbin.

        Lire aussi :
         

                L’amour dans le rétro : « Avant la loi Veil, faire l’amour était devenu ma hantise »



Ces jeux de séduction prenaient parfois des formes inattendues. Dans les campagnes, où les femmes étaient plus libres d’assumer leurs désirs, on pratiquait le « maraîchinage » ou ses dérivés. Ce rituel de d’amour libre issu de coutumes rurales s’est développé en Vendée au XIXe siècle et jusqu’à la première guerre mondiale. Pendant ce maraîchinage, les jeunes s’adonnaient à des baisers et à des caresses au milieu de la nature, cachés sous de grands parapluies noirs. Un étonnant libertinage de campagne qui intrigua vivement, à une époque, de nombreux Parisiens.

Revivez le Monde Festival 2018 sur le thème « Aimer ! »
Aimer ! C’était le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’est déroulée du 5 au 7 octobre à Paris.
Revivez les meilleurs moments en vidéo, mais aussi en photos. 




Jessica Gourdon
    













<article-nb="2018/10/15/19-18">
<filnamedate="20181015"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181015"><AAMMJJHH="2018101519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Le rapport du GIEC paru le 8 octobre vient déjà trop tard. Le véritable rapport de la « dernière chance » date de... 1979, rappelle le journaliste Stéphane Foucart dans sa chronique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 13/10/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Climat : « Il est parfaitement illusoire de demeurer sous le seuil des 1,5 °C »

Le rapport du GIEC paru le 8 octobre vient déjà trop tard. Le véritable rapport de la « dernière chance » date de... 1979, rappelle le journaliste Stéphane Foucart dans sa chronique.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 09h14
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 06h44
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
C’est, à nouveau, le rapport de la « dernière chance ». Lundi 8 octobre, les experts du climat ont rendu une nouvelle somme sur la dérive climatique avec, comme sujet imposé par la communauté internationale, le seuil de 1,5 °C de réchauffement. Est-il encore possible de maintenir le climat terrestre sous cette barre qui se rapproche dangereusement ? La fameuse « dernière chance » est-elle, en réalité, désormais derrière nous ?
Dans sa communication, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a décidé de maintenir vif l’espoir d’un endiguement du problème et de ses conséquences les plus désastreuses : au prix d’un sursaut international, dit le GIEC, il est encore possible de demeurer sous le seuil des 1,5 °C d’élévation de la température moyenne, par rapport aux niveaux préindustriels. Il faudrait une transition sans précédent, bien sûr, mais l’objectif ne serait pas hors de portée.
Un régime autoritaire global
Pour le sociologue et politiste Stefan Aykut, professeur assistant à l’université de Hambourg (Allemagne) et observateur affûté du théâtre de la diplomatie climatique, coauteur avec Amy Dahan de Gouverner le climat ? (Presses de Sciences Po, 2015), ce discours met les scientifiques dans une situation singulièrement inconfortable. « Pour ne pas apparaître comme ceux qui ont tué l’espoir, les scientifiques présentent des scénarios dont certains incluent des notions d’émissions négatives, c’est-à-dire l’éventualité que nous parvenions à retirer du carbone de l’atmosphère, ce qui repose sur des paris technologiques incertains, dit-il. Ensuite, lorsqu’on regarde la vitesse avec laquelle les émissions doivent décroître pour maintenir le climat sous le seuil de 1,5 °C, on voit que l’exercice est complètement déconnecté des réalités politiques et économiques du monde. »
Les démocraties de marché ne sont pas adaptées aux transitions radicales
Sur le terrain des lois de la...




                        

                        


<article-nb="2018/10/15/19-19">
<filnamedate="20181015"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181015"><AAMMJJHH="2018101519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Faut-il octroyer des prêts aux seuls pays qui respectent les règles démocratiques ? François Mitterrand l’affirmait – sans toujours le faire. Emmanuel Macron estime, lui, que l’Europe n’est pas là pour « dire à l’Afrique ce qu’elle doit faire ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Aide au développement : l’influence d’abord

Faut-il octroyer des prêts aux seuls pays qui respectent les règles démocratiques ? François Mitterrand l’affirmait – sans toujours le faire. Emmanuel Macron estime, lui, que l’Europe n’est pas là pour « dire à l’Afrique ce qu’elle doit faire ».



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 09h00
    |

            Laurence Caramel








                        



                                


                            

L’aide publique au développement doit-elle servir à promouvoir la démocratie – quitte à priver de tout subside les gouvernements qui en violent notoirement les ­règles ? En France, cette question avait été tranchée par François Mitterrand, le 20 juin 1990, dans son célèbre discours de La Baule (Loire-Atlantique), qui conditionnait l’octroi de l’aide à l’Afrique aux progrès démocratiques. Depuis, ce principe a connu de multiples accommodements. François Hollande a tenté de ranimer cette exigence au début de son mandat, mais il a été confronté par la suite à la crise malienne et à la nécessité de lutter contre la montée des groupes armés au Sahel en s’alliant à des régimes dont il avait espéré pouvoir se tenir à distance. Le Tchad d’Idriss Déby, dont l’armée est réputée comme une des plus solides de la ­région, fait partie de ceux-là.
« Autres priorités »
Emmanuel Macron n’aura pas connu ces ­tiraillements. « Je suis d’une génération où on ne vient pas dire à l’Afrique ce qu’elle doit faire, quelles sont les règles de l’Etat de droit », a-t-il d’emblée prévenu lors de son premier déplacement sur le sol africain, le 28 novembre 2017 à Ouagadougou (Burkina Faso). Exit donc officiellement toute conditionnalité politique sur le choix des récipiendaires de l’aide.
En septembre, le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, l’a sans ambiguïté confirmé en détaillant la feuille de route de l’Agence française de développement (AFD). Ses moyens en faveur de l’Afrique sont appelés à fortement augmenter si l’engagement de porter l’aide publique au développement à 0,55 % du PIB (produit intérieur brut) d’ici à 2022 est tenu. « Ce n’est pas parce que certains régimes ne partagent pas les valeurs de la France que nous devons exclure leurs populations de l’aide française », a-t-il asséné.
Comment est-on passé du postulat faisant de la démocratie un des prérequis du développement à ce revirement ? L’ancien ambassadeur Nicolas...




                        

                        


<article-nb="2018/10/15/19-20">
<filnamedate="20181015"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181015"><AAMMJJHH="2018101519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ En publiant « L’Art d’être oisif dans un monde de dingue », l’essayiste s’inscrit dans une tradition britannique antipuritaine et anticapitaliste. De quoi cet auteur de best-sellers est-il le symptôme ?
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                      En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   Fermer la bannière d’avertissement sur les cookies           Consulterle journal     Navigation       Le Monde - retour à la une        Se connecterSe connecter  S’abonner                         À la une   En continu   Actualités    En ce moment    Gouvernement Philippe    Harcèlement sexuel    Brexit    Allemagne    Brésil    Climat    Immigration en Europe    Donald Trump    Toute l’actualité en continu     Actualités    International   Politique   Société   Les Décodeurs   Sport   Planète   Sciences   M Campus   Le Monde Afrique   Pixels   Médias   Santé   Big Browser   Disparitions         Économie      Économie   Économie mondiale   Économie française   Emploi   Argent & placements   Tribunes éco   Smart cities                      Entreprises  Elisabeth Borne se déporte du dossier du CDG Express pour éviter tout conflit d’intérêt                    Économie  Amazon et Microsoft bien placés pour remporter le mégacontrat du Pentagone                    Chronique   Article réservé à nos abonnés « Pour les banques, le risque climatique devient systémique et doit donc être traité comme tel »   Philippe Escande                      Tribune   Article réservé à nos abonnés Retraites : « La nécessité d’une réforme équitable, lisible et durable »   Florence Legros Professeur d’économie, directrice générale d’ICN Business School              Vidéos      Vidéos   Les explications   Les séries                      07:58     Syrie  En cartes : comment Idlib est devenu un enjeu crucial de la guerre de Syrie                    02:45     International  Jamal Khashoggi : le journaliste saoudien a-t-il été assassiné ?                         Planète  Ouragans : comment le changement climatique les rend plus puissants                    04:48     Elections américaines de mi-mandat 2018  Midterms 2018 : qui va l’emporter aux élections américaines ?             Opinions      Opinions   Editoriaux   Chroniques   Analyses   Tribunes   Blogs                      Chronique   Article réservé à nos abonnés Le « modèle suédois » ne s’est pas construit en un jour   Pierre-Cyrille Hautcoeur Directeur d'études à l'EHESS                     Chronique   Article réservé à nos abonnés « Pour les banques, le risque climatique devient systémique et doit donc être traité comme tel »   Philippe Escande                      Tribune   Article réservé à nos abonnés Elections en Bavière : « La fin des grands partis »   Jens Althoff Politologue                     Éditorial  Europe : l’Allemagne à son tour dans la bataille             Culture      Culture   Cinéma   Télévision   Livres   Musiques   Arts   Scènes                      Cinéma  « 22 July » : ce 22 juillet 2011, en Norvège…                    Livres   Article réservé à nos abonnés Luke Rhinehart : « L’esprit de sérieux est une maladie »                    Télévisions & Radio  Télévision : « L’Armée oubliée », le souvenir occulté des Chinois des tranchées                    Musiques  A Paris, Booba triomphe sans jamais passer le mur du son             M le mag      M le Mag   L'actu   L'époque   Le style   Gastronomie   Voyage   Mode   Les Recettes du Monde                      L'époque  Ce que révèle la fascination pour les sexualités « exotiques »                    Actu   Article réservé à nos abonnés Adèle Haenel, le jeu sacré                    L'époque   Article réservé à nos abonnés S’aimer comme on se quitte : « Ma confiance, mes points de permis, ma dignité, il a tout pris »                    Les recettes du Monde  Gratin de semoule, raisin et fenouil : la recette de Valérie Guérin             Services    Services   Guides d'achat   Codes Promo   Formation professionnelle   Cours d'anglais   Cours d'orthographe et grammaire   Conjugaison   Dictionnaire de citations   Annonces auto   Annonces immo   Jardinage   Jeux   Paroles de chansons       Suppléments partenaires  Les clés de demain Les métiers de demain Avenir numérique Croisières d'exploration    Services Le Monde  Évènements abonnés Le Monde Festival Boutique Le Monde Newsletters   Decodex Données du Monde Le Club de l'économie         Recherche                                   Idées        Tom Hodgkinson, anarchiste old England  En publiant « L’Art d’être oisif dans un monde de dingue », l’essayiste s’inscrit dans une tradition britannique antipuritaine et anticapitaliste. De quoi cet auteur de best-sellers est-il le symptôme ?       Par  Frédéric Joignot  Publié le 13 octobre 2018 à 09h00, mis à jour à 10h15   Lecture 6 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés                             Juste ciel ! Quel mauvais génie a réuni ces deux ennemis du paresseux – les pendules et les sonneries – dans le même appareil ? Le réveil ! », se lamente l’essayiste Tom Hodgkinson au début de L’Art d’être oisif dans un monde de dingue (Les Liens qui libèrent, 336 p., 22 €) – un best-seller déjà lu par un million de personnes à travers le monde. Car, pour lui, le « sommeil bienheureux » est sacré. D’ailleurs, il le reconnaît volontiers, jusqu’à l’âge de 20 ans il était « incapable physiquement de se lever tôt » et détestait aller à l’école. Il a longtemps culpabilisé d’être si cossard jusqu’au jour où, devenu étudiant, il découvre, émerveillé, Pensées paresseuses d’un paresseux, de l’écrivain britannique humoristique Jerome K. Jerome (1859-1927). Il comprend qu’il n’est pas seul à redouter de se lever à l’aube, et à penser, enlaçant son oreiller : « Ah ! Quel plaisir de se tourner de l’autre côté et de se rendormir “cinq minutes seulement” ! »          « Oisif compétent »          A entendre Tom Hodgkinson, c’est « l’absurde vie de tâcheron anxieux et pressé » proposée par notre monde d’accélération qui a fait de lui un « oisif compétent » doublé d’un « anarchiste ». Ses études de lettres terminées, à peine propulsé dans la « vie active », le « bip électronique lancinant » des réveils revient le sonner. Il doit « sacrifier son existence » à ce qu’il comprend vite être « un des mythes les plus pernicieux de notre société » : l’emploi salarié pointé. Il entre au tabloïd Sunday Mirror, où il découvre « l’ignoble monde du travail », disciplinaire et minuté. « Etudiant, je lisais des romans, je dirigeais des revues, je jouais dans un groupe punk et je me levais comme bon me semblait. Au travail, je devais appeler le service de “com” de la chaîne de magasins Asda pour vérifier les prix des conserves de haricots, et autres joyeusetés de ce genre, huit heures par jour. »                                           — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de 400 journalistes    Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.    Abonnez-vous à partir de 1 €       Dans la même rubrique                Article réservé à nos abonnés« La mobilité autonome va impliquer une adaptation des infrastructures routières »                    Article réservé à nos abonnésDette africaine et casse-tête chinois                    Macron et les Français : le temps de l’impatience             Les abonnés lisent aussi...                analyse     Marie Charrel    Article réservé à nos abonnésL’impossible leçon de la crise grecque Analyse. Après huit ans de tutelle financière, Athènes a recouvré son autonomie. Mais il n’y a pas grand monde pour croire que la Grèce pourra tenir des objectifs qui la condamnent, de fait, à une austérité prolongée 4 min de lecture                    enquete     Frédéric Joignot    Article réservé à nos abonnésLa mer, nouvelle terre d’accueil Conquérir les océans avec des maisons sur pilotis, des quartiers flottants, des fermes aquatiques et des îles mobiles : c’est la « révolution bleue » que plusieurs agences d’architectes et d’urbanistes néerlandaises ont commencé à mener. 4 min de lecture                    analyse     Philippe  Pons   et  Philippe Mesmer    Article réservé à nos abonnésLes deux Corées sur la voie de l’apaisement Analyse. Pour les journalistes du « Monde » Philippe Mesmer et Philippe Pons, le sommet de Pyongyang a marqué une avancée dans les relations entre les deux pays. Un rapprochement qui interpelle Washington. 4 min de lecture                  En direct International Politique Société Économie Culture Sport Techno Sciences Opinions Recettes de cuisine   Planète M Campus Style L’époque Éducation Disparitions Santé Guides d’achat     Évènements abonnés Conjugaison Cours d’anglais Decodex Formation professionnelle Jeux La boutique du Monde Orthographe et grammaire Prix de l’immobilier Source Sûre     Courrier International La société des lecteurs du Monde Le Huffington Post Le Prix du Monde et de la recherche L’Obs Le Monde diplomatique Télérama Talents     Codes Promo Codes Promo Amazon Jardinage Paroles de chansons      lemondefr @lemondefr Facebook Fils RSS Applications mobiles   Newsletters du Monde   Recevoir les newsletters du Monde    Abonnement   Abonnez-vous dès 1€        Mentions légales Politique de confidentialité Conditions générales | Aide (FAQ)      
{"@context":"https://schema.org","@type":"NewsArticle","mainEntityOfPage":{"@type":"WebPage","@id":"https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/10/13/tom-hodgkinson-anarchiste-old-england_5368890_3232.html"},"headline":"Tom Hodgkinson, anarchiste old England","dateCreated":"2018-10-13T09:00:07+02:00","datePublished":"2018-10-13T09:00:07+02:00","dateModified":"2018-10-15T10:15:03+02:00","publisher":{"@type":"Organization","name":"Le Monde","logo":{"@type":"ImageObject","url":"https://s1.lemde.fr/medias/web/1.2.705/img/elements_lm/logo_lm_print.png","width":"240","height":"42"}},"description":"En publiant « L’Art d’être oisif dans un monde de dingue », l’essayiste s’inscrit dans une tradition britannique antipuritaine et anticapitaliste. De quoi cet auteur de best-sellers est-il le symptôme ?"
,"author":[{"@type":"Person","name":"Frédéric Joignot"}
]
,"image":{"@type":"ImageObject","url":"https://img.lemde.fr/2018/10/08/0/0/4585/7280/696/348/3/0/867544e_8f-xntRPACoA2UvXhlKgazJS.jpg","width":"696","height":"348"}
,"isAccessibleForFree":"False","hasPart":{"@type":"WebPageElement","isAccessibleForFree":"False","cssSelector":".paywall"}
  
{"@context":"https://schema.org","@type":"BreadcrumbList","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"item":{"@id":"https://www.lemonde.fr"}}
,{"@type":"ListItem","position":2,"item":{"@id":"https://www.lemonde.fr/idees/"}}
,{"@type":"ListItem","position":3,"item":{"@id":"https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/10/13/tom-hodgkinson-anarchiste-old-england_5368890_3232.html"}}
     


      


