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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Dans une U Arena presque comble, le rappeur français, condamné à 18 mois de prison avec sursis pour une bagarre avec Kaaris, est resté sage.
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A Paris, Booba triomphe sans jamais passer le mur du son

Dans une U Arena presque comble, le rappeur français, condamné à 18 mois de prison avec sursis pour une bagarre avec Kaaris, est resté sage.



LE MONDE
 |    14.10.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 15h34
    |

                            Stéphanie Binet








                        


Booba a célébré ses retrouvailles avec son public après son procès pour une bagarre avec son rival Kaaris dans l’aéroport d’Orly, le 1er août. Finalement condamné à 18 mois de prison avec sursis et 50 000 euros d’amende, le rappeur français jubile, samedi 13 octobre dans la soirée, dans la plus grande salle d’Europe, la U Arena de Paris, presque pleine. « Merci d’être venus si nombreux, vous ne m’avez pas lâché ! », dit-il, répétant pendant tout le concert : « Nous sommes 40 000 ! »
Selon l’Agence France-Presse (AFP) toutefois, seuls 32 000 billets ont été vendus. L’espace réservé aux places VIP, vendues 200 euros, est en effet à moitié vide. Quoi qu’il en soit, Booba réalise une belle performance, devenant le premier rappeur français à rassembler autant de spectateurs dans une salle parisienne.

        Lire aussi :
         

                Procès de Booba et Kaaris : les rappeurs condamnés à dix-huit mois de prison avec sursis



Une scénographie efficace mais sans éclat
Bouteille de whisky à la main qu’il boit à même le goulot, Booba attrape de l’autre les drapeaux qu’on lui tend, l’Algérie, le Mali, reconnaît celui de l’Irak ou du Liban et brandit celui du Sénégal, le pays de son père. « Allez les Bleus, allez les Lions/Je suis un peu des deux », chante-t-il dans Friday, un des morceaux qui clôturera deux heures et quart d’un show à la scénographie efficace mais sans éclat. Neuf écrans verticaux, quelques effets sur l’image et un réacteur d’avion qui envoie des codes couleurs stéréotypés selon les thèmes : le rose pour Baby, son dernier tube, le bleu pour les morceaux gorgés de testostérone. Le réalisateur de ses clips, Chris Macari, ne le lâche pas d’une semelle et filme chacun des moments de liesse.
En début de concert, la voix rauque est assurée, la carrure imposante, le pas tranquille. Mais une fois la surprise passée, le concert s’essouffle. Booba se laisse porter par un public totalement acquis qui reprend tous ses textes en chœur, comme Wesh Morray ou Centurion, extrait de son dernier album Trône. Pour que le concert frôle enfin le mur du son, il faut attendre des énièmes remerciements « à ceux qui ne m’ont pas lâché : la Guyane, les Antilles, les gars de Fleury » – de la prison de Fleury-Mérogis où il a été incarcéré au début de sa carrière et récemment en août pour sa rixe avec Kaaris – et, enfin, aux « filles » auxquelles une série de chansons est dédiée : Scarface, Validée…
Arrive le titre Kalash, qui avait révélé son rival de Sevran, mais Booba ne dit pas un mot. Il préfère simplement amputer le couplet de Kaaris plutôt que d’en parler. Ce sera sa ligne de conduite pendant tout le concert : l’indifférence plutôt que les attaques puériles auxquelles il avait habitué ses fans sur les réseaux sociaux. Pas de commentaire non plus sur le récent départ de Damso de son label, pas un sur la bagarre à l’aéroport d’Orly, si ce n’est pour mentionner la présence sur scène d’un de ses gardes du corps alors très actif.

        Lire aussi le portrait :
         

          Booba : « Faut pas oublier que je suis un gamin, je m’amuse »



Benzema, « indésirable comme moi »
Au bout d’une heure d’un show poussif, terni par un autotune réglé à la limite du chanteur de raï, le concert finit enfin par décoller avec l’arrivée de Dosseh, avec qui il chante le duo Infréquentables. Frais, énergique, le jeune rappeur brandit un tee-shirt évoquant la manifestation qui a eu lieu samedi après-midi gare du Nord à Paris pour demander la vérité sur la mort d’Adama Traoré, mort en juillet 2017 dans une gendarmerie du Val-d’Oise.
Booba en profite pour faire sa seule déclaration extramusicale du concert : « On a peu d’espoir, mais on y croit encore : “Justice pour Adama !” », dit-il, renouant ainsi avec les textes de ses premiers albums, comme celui au sein du groupe Lunatic Mauvais Œil, puis ses solos Temps morts, Panthéon ou Ouest Side. Et voilà Booba lancé dans un pot-pourri de ses meilleurs titres mixés par DJ Medi Med.
Avant l’arrivée d’une autre jeune gâchette du rap français, Niska, il fait monter sur scène son ami, le footballeur Karim Benzema, « un indésirable comme moi ». Une posture qu’affectionne apparemment Booba mais que son succès à la U Arena de Nanterre dément, tant il fait aujourd’hui partie du paysage médiatique et musical français.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Un documentaire revient sur la vie et l’œuvre du grand artiste catalan, ami de Picasso, de Calder et des surréalistes.
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« Joan Miro, le feu intérieur » : un peintre célébré mais secret

Un documentaire revient sur la vie et l’œuvre du grand artiste catalan, ami de Picasso, de Calder et des surréalistes.



LE MONDE
 |    14.10.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 11h37
    |

            Renaud Machart








                        



   


Arte, dimanche 14 octobre à 17 h 35, documentaire
Inévitablement, quand on pense aux grands peintres espagnols nés à la fin du XIXe siècle, les noms de Pablo Picasso et Joan Miro viennent immédiatement à l’esprit et l’on oublie « le pauvre Juan Gris », comme disait Francis Poulenc, qui a d’ailleurs mis en musique des portraits poétiques de ces trois artistes par Paul Eluard.
Picasso et Miro se rencontrent à Paris, la ville où tant d’artistes viendront s’installer et où, selon Miro, « un triomphe, comme à Rome avant, ouvrait toutes les portes ». Amis et complices, ils n’en resteront pas moins rivaux – Picasso, de dix ans son aîné, ­demeurant d’ailleurs pour Miro une sorte de figure paternelle.
C’est ce que rappelle l’excellent documentaire d’Albert Solé que diffuse Arte à l’occasion de la rétrospective que le Grand Palais consacre à Miro (jusqu’au 4 février 2019), en faisant témoigner de nombreux collaborateurs et amis du peintre catalan et en le montrant s’exprimer dans un français volubile au cours d’émissions télévisuelles.

        Lire la critique de l’exposition :
         

          Joan Miro, le rêve au bout du pinceau



Leur duo fait penser à celui, chez les compositeurs, constitué par Maurice Ravel et Claude Debussy, pour évoquer une fois encore la musique, qui était chère à Miro. De la poésie, Miro, qui sera proche d’Eluard, de Breton et des surréalistes en général, disait : « J’avais besoin de m’en rapprocher, elle était ce qui m’intéressait par- ­dessus tout. »
Picasso était solaire, débraillé, homme à femmes ; Miro secret, intérieur mais ardent, tiré à quatre épingles et mari aimant de Pilar Juncosa. Miro rentrera en Espagne à l’orée de la deuxième guerre mondiale sous le régime de Franco (sans jamais y adhérer) ; Picasso restera dans Paris occupé.
Le documentaire met aussi Miro en parité avec le sculpteur américain Alexander Calder, rencontré à Paris en 1926, avec lequel il entretiendra une relation amicale et un dialogue artistique, leurs productions respectives ayant tant de points de rencontre et d’écho.
De plus en plus à l’essentiel
Joan Punyet, le petit-fils de Miro, évoque deux œuvres signées Calder et Miro installées dans les tours jumelles du World Trade Center à New York, qui disparaîtront dans l’effondrement des ­bâtiments après l’attaque terroriste dont elles furent l’objet en septembre 2001 : « Ils sont métaphoriquement morts ensemble. »
Les connaisseurs savent la trajectoire du peintre et son cheminement balisé de nombreuses remises en questions esthétiques. Les autres découvriront un travail voué à aller de plus en plus à l’essentiel, d’une esthétique très éloignée de celle de ces toiles (et sculptures) colorées qu’aiment tant les cartes postales – dont Picasso se moquait gentiment en disant à son ami : « Miro, à ton âge ! »
Miro sera profondément influencé par l’économie de la calligraphie japonaise
Si cette manière, dont certains lui reprochaient la naïveté, s’est parfois apparentée à un « art commercial facile et banalisé par la critique mondiale » comme le dit son petit-fils, Miro, en son temps de fréquentation surréaliste, avait parfois réduit son empreinte sur la toile à quelques signes.
Il sera plus tard profondément influencé par l’économie de la calligraphie japonaise, dont il dira qu’elle lui a « appris à [s]e resservir d’un pinceau ». Mais de l’alphabet chinois, il appréciait davantage le sens que l’esthétique.
A la fin de sa carrière, Miro jouera avec le feu, brûlant et trouant des toiles et des tapisseries, et finissant par de simples aplats monochromes voire, comme dans de merveilleuses toiles vides et « zen », par une seule ligne, tracée et retracée jusqu’à s’approcher au mieux du filigrane du silence.
Joan Miro, le feu intérieur, documentaire d’Albert Solé (France, 2018, 52 min). www.arte.tv



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ L’écrivain américain, 85 ans, est l’auteur d’un livre culte de 1971, « L’Homme-dé ». Et d’autres excellents romans parus depuis, jusqu’au joyeux « Invasion », aujourd’hui traduit.
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Luke Rhinehart : « L’esprit de sérieux est une maladie »

L’écrivain américain, 85 ans, est l’auteur d’un livre culte de 1971, « L’Homme-dé ». Et d’autres excellents romans parus depuis, jusqu’au joyeux « Invasion », aujourd’hui traduit.



LE MONDE
 |    14.10.2018 à 09h00
    |

                            Eric Loret (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

Ce portrait aurait dû commencer par un voyage. On aurait pris l’avion, puis la voiture ou le train pendant deux ou trois heures depuis New York ou Boston, et expliqué quelle difficulté il y a à dénicher Luke Rhinehart, le mystérieux auteur de L’Homme-dé. Un livre culte publié en 1971 (Seuil, 1973 ; L’Olivier, 2014) qui raconte la vie du psychiatre déviant Luke Rhinehart, un type qui joue toutes les décisions de sa vie aux dés, en particulier celles qui concernent ses envies récurrentes de viol et de meurtre. On serait arrivé à Canaan, au milieu de la campagne, dans le nord de l’Etat de New York, dans une belle maison de bois blanc comme on en voit dans les films américains indépendants. Là, George Powers Cockcroft, 85 ans, nous aurait expliqué qu’il ne s’appelle pas Luke Rhinehart (c’est le nom d’un personnage dans un de ses romans inachevés), qu’il n’a jamais été psychiatre et qu’il n’a pas non plus violé ni assassiné qui que ce soit. En revanche, il aurait dit qu’il a effectivement dragué sa femme grâce aux dés car, un jour, sortant en voiture d’un hôpital où il travaillait, il aperçut deux infirmières. Comme à l’époque les dés l’aidaient à dépasser sa timidité et ses tendances à la procrastination, le hasard lui enjoignit de proposer aux jeunes femmes de les raccompagner chez elles. L’une d’elle était Ann, son épouse depuis 1956.
Quand ils vivaient à Majorque, dans les Baléares
Mais nous n’avons pas eu à aller chercher l’homme au fond des bois. Il nous est servi sur un plateau et sous un large chapeau de cowboy dans les bureaux parisiens de son éditeur, en juin. On nous avertit qu’Ann, désormais peintre et écrivaine, sera présente mais qu’elle n’interviendra pas : elle veille seulement à ce qu’il ne s’épuise pas sous les interrogatoires répétés de sa tournée européenne. Dommage, on aurait au contraire aimé avoir son avis. De temps en temps, on sent un frémissement dans le fond de la salle : c’est Ann qui n’est pas toujours d’accord avec...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Je ne serais pas arrivé là si… Cette semaine, l’acteur et réalisateur revient sur  sa rencontre « essentielle » avec le comédien disparu en octobre 2017.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/10/2018
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Guillaume Canet : « Sans Jean Rochefort, je n’aurais pas eu autant de chance »

Je ne serais pas arrivé là si… Cette semaine, l’acteur et réalisateur revient sur  sa rencontre « essentielle » avec le comédien disparu en octobre 2017.



LE MONDE
 |    14.10.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 12h11
    |

            Pascale Krémer








                        



                                


                            
Acteur, scénariste et réalisateur, distingué par un César en 2007 pour son film Ne le dis à personne, Guillaume Canet fait partie de la troupe de comédiens rassemblée par Gilles Lellouche dans Le Grand Bain, sur les écrans le 24 octobre. En mars 2019, il sortira la suite de sa comédie Les Petits Mouchoirs, qui, il y a huit ans, avait réuni plus de 5 millions de spectateurs.
Je ne serais pas arrivé là si…
S’il n’y avait pas eu ce choc émotionnel : un accident avec ma première jument, à 14 ans. J’étais en concours dans un centre équestre de La Baule (Loire-Atlantique) pendant que mes parents se baladaient sur la Côte sauvage. Dans la journée, sur la plage, ma jument est partie au triple galop, je ne pouvais plus l’arrêter. Elle s’est pris les pieds dans un trou de sable. On est tombés tous les deux. Dans la nuit, elle a fait une hémorragie interne. Il a fallu que je prenne, seul, la décision de l’euthanasier – il n’y avait pas de portable à l’époque pour appeler mes parents. C’est sans doute à cause de ce choc qu’à 18 ans, quand j’ai eu un autre accident, dans un concours international, j’ai décidé d’arrêter.
Comment s’est produite la seconde chute ?
Le cheval est parti une foulée trop tôt, il a atterri à l’intérieur de l’obstacle, je suis tombé, il est tombé sur moi et m’a marché dessus en se relevant. J’ai eu tout le côté droit cassé, main, poignet, épaule, pied, genou… Ça a déclenché une vraie remise en question. Le rêve s’effondrait. Je prenais conscience que je n’avais pas le niveau. Qu’à mon âge, il fallait des chevaux capables de concourir dans des épreuves plus grosses, et que mes parents n’avaient pas forcément les moyens… Et puis, j’en avais marre de cette vie-là. De nettoyer les box tous les matins à 5 heures avant de prendre le car pour l’école. J’arrivais, je sentais le fumier… Je commençais à penser aux filles, à la comédie, à Paris. J’ai choisi de faire ce qui me...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. A Lyon, le fondateur d’Artprice et de la Demeure du chaos livre ses réflexions sur l’époque autour d’un café noir.
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Thierry Ehrmann : « L’information est pour moi comme un suppositoire cocaïné »


                      Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. A Lyon, le fondateur d’Artprice et de la Demeure du chaos livre ses réflexions sur l’époque autour d’un café noir.



LE MONDE
 |    14.10.2018 à 06h42
    |

            Jérôme Porier








                              

                        

Thierry Ehrmann n’est pas à une contradiction près. C’est à l’étage d’une brasserie chic de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, banlieue verdoyante sur les hauteurs de Lyon, que le PDG d’Artprice, leader mondial des bases de données sur le marché de l’art, ­reçoit son visiteur à peine descendu du TGV. Un lieu à la tranquillité bourgeoise, en décalage avec l’image du plus punk des patrons français, pionnier d’Internet, sculpteur au format XXL, adepte des scarifications, aviateur chevronné, passionné de sciences occultes, éleveur de chevaux de trait, polygame et organisateur de soirées décadentes. Un goût de la liberté qui lui vaut une réputation sulfureuse dans la bonne société lyonnaise, qu’il exècre, ce qui ne l’empêche pas d’appartenir depuis plus de trente ans à la Grande Loge nationale française.
Vautré sur une banquette, vêtu de son éternel tee-shirt noir, l’oiseau de nuit pose pour le photographe devant un double expresso. « J’en bois 16 à 18 tasses par jour, c’est excellent pour la santé. Quarante ans de chimiothérapie, ça use ! », sourit-il. Son débit mitraillette le rend parfois difficile à suivre, mais l’homme sait écouter. La méditation, qu’il pratique quotidiennement, est l’une des clés de son équilibre. ­Atteint d’une maladie orpheline neurodégénérative, Thierry Ehrmann, 56 ans, se « shoote » en permanence pour surmonter la douleur, mais cet hyperactif insomniaque ne perd pas le nord. « Je viens ici pour la vue, qui domine tout Lyon. Comme je vis la plupart du temps retiré dans mon antre de la Demeure du chaos, mon huis-clos onirique, c’est ma respiration », dit-il.
Une vision glaçante d’un futur apocalyptique
A deux pas de L’Auberge du Pont de Collonges, le restaurant triplement étoilé de Paul Bocuse, qui fut un ami proche, Thierry Ehrmann a créé il y a bientôt vingt ans un musée d’art contemporain à ciel ouvert, entièrement gratuit. Exposant une vision glaçante d’un futur apocalyptique, il rassemble 7 500 œuvres, dont 3 600...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Trois podcasts et deux CD mêlant contes, légendes et classiques pour nourrir l’imaginaire des petits sans fatiguer les grands.
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Cinq histoires à faire écouter aux enfants


                      Trois podcasts et deux CD mêlant contes, légendes et classiques pour nourrir l’imaginaire des petits sans fatiguer les grands.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 15h06
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 11h15
    |

            Cristina Marino et 
                                Clara Georges








                              

                        
OLI, des contes d’auteurs

Le soir venu, Alain Mabanckou et ­Geneviève Brisac s’invitent dans la chambre des petits. Disponible depuis la rentrée, le podcast de France Inter est le dernier-né dans la catégorie des ­histoires audio pour enfants. La radio publique a demandé à des auteurs francophones d’imaginer des contes qu’ils liraient eux-mêmes, accompagnés de fonds musicaux et sonores. Delphine de Vigan déploie ici son ­talent narratif en version courte autour d’une banale histoire de poisson rouge mort. La voix joyeuse de l’auteure nous happe dès la première phrase (« Le jour où j’ai entendu papa dire “oh merde !” ») et ne nous lâche plus. Guillaume Meurice, aussi, l’humoriste omniprésent d’Inter, qui a eu la bonne idée de délaisser un peu son entreprise de destruction méthodique de notre vie politique pour offrir aux enfants un condensé de démocratie appliquée aux poules. Ce conteur-né devient tour à tour gallinacée aigrelette et renard embobineur. On se passerait en revanche volontiers de la moralité sur la loi du plus fort. Pour l’heure, seuls cinq épisodes sont disponibles, mais la radio promet que d’autres vont suivre.
De 5 à 7 ans. Episodes de 8 à 12 min. Disponible sur iTunes.
Ma Fabrique à histoires, l’enfant aux manettes

Pas de smartphone ni d’ordinateur, mais une radio au design minimaliste, rectangle turquoise aux boutons jaunes. A l’intérieur, un drôle de concept : des histoires que l’enfant construit lui-même, en choisissant un personnage (Gaston ou ­Suzanne), un lieu (château, mer, forêt ou maison), une rencontre (baby-sitter, père Noël, ­baleine…) et un objet. Et zou, ça démarre. Au hasard, on tombe sur l’histoire de la famille ­Dufeuil, qui fabrique des ­chemises… sauf la benjamine, Suzanne, la seule à ne pas faire partie de cette petite entreprise, qui se sent un peu oubliée. C’est bien mené, court, raconté soit par un homme, soit par une femme, et agrémenté de bruitages....




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ A Montmartre, le roman-fleuve de l’auteur japonais est produit en version audio. Christophe Brault, acteur de théâtre, explique les ficelles du métier.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                      En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Christophe Brault, acteur de théâtre, explique les ficelles du métier.       Par  Catherine Rollot  Publié hier à 15h05, mis à jour à 11h28   Lecture 2 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés                  « Le Meurtre du Commandeur », d’Haruki Murakami. BELFOND             Voilà déjà une dizaine de jours que Christophe Brault passe ses journées dans un studio parisien avec Haruki Murakami, le plus célèbre des romanciers japonais contemporains. Un face-à-face intime bien qu’à distance, avec le phrasé, le rythme, les mots, du dernier roman de l’auteur de la trilogie 1Q84. Au pied de la butte Montmartre, le comédien enregistre la version audio du nouveau roman-fleuve (1 000 pages en deux tomes) de l’écrivain, Le Meurtre du commandeur, publié au Japon fin février et disponible en français depuis début octobre chez Belfond. Dans un mois, le roman sera téléchargeable en format MP3, et rejoindra le catalogue de Lizzie, la nouvelle marque consacrée aux livres audio du groupe Editis.          S’adresser à une paire d’oreilles « comme si elle était unique »          Acteur de théâtre, voix pour plusieurs feuilletons radiophoniques, rompu aux lectures publiques, Christophe Brault est installé dans une petite cabine vitrée, casque audio sur les oreilles, les pages du manuscrit déposées devant lui sur un pupitre. Le timbre captivant du récitant immerge l’auditeur dans la tête du personnage principal, un jeune peintre en panne d’inspiration. « Vous ne devez pas interpeller l’auditeur ni interpréter le texte, pour ne pas gêner l’imaginaire et les projections personnelles de celui qui vous écoute, explique-t-il. Une des difficultés est de faire entrer les gens dans une histoire grâce à votre voix tout en faisant attention à ce que cette dernière ne prenne pas le dessus au détriment du livre. »                                   — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de 400 journalistes    Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.    Abonnez-vous à partir de 1 €       Dans la même rubrique                Article réservé à nos abonnésS’aimer comme on se quitte : « J’ai tout raconté à mon mari »                    Article réservé à nos abonnésComment j’ai passé le début de mes vacances à faire la queue                    Article réservé à nos abonnésPour voyager autrement, suivez l’appli !             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« Un âge de fer, la guerre de Trente Ans » : il y a quatre siècles, la création de l’Europe

Une série documentaire retrace ce conflit qui déchira le Vieux Continent au XVIIe siècle.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 14h15
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 11h26
    |

            Mustapha Kessous








                        



   


Arte, samedi 13 octobre à 20 h 50, série documentaire
Cette année, il est légitime de commémorer l’un des pires conflits qui déchirèrent l’Europe, saignant sa population, ruinant nombre de ses cités les plus prospères, rebattant les cartes d’un jeu politique incertain jusqu’à son terme. Ce n’est pourtant pas la première guerre mondiale, et le centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918, qu’évoque en six épisodes le docu-fiction de Philippe Bérenger et Henrike Sandner (les trois derniers seront diffusés le samedi 20 octobre), mais la guerre de Trente Ans (1618-1648), qui solda les conflits religieux à l’œuvre dans la chrétienté depuis le début du XVIe siècle.
Tout part d’un conflit local au cœur du Saint Empire romain germanique. L’autorité catholique dans le royaume de Bohême majoritairement réformé est ­contestée, et un des représentants impériaux est défenestré à Prague le 23 mai 1618. S’ensuivent trente années de fer et de sang, d’effroi, aggravées par la propa­gation de la famine et des épi­démies, peste en tête. Au terme de ce conflit, la définition d’un nouveau statut des Etats qui fonde une Europe nouvelle par une ­série de traités dits « de Westphalie », sans vainqueurs ni vaincus (signés en octobre 1648, à Osnabrück, entre l’empire et les puissances protestantes, et à Münster, entre l’empire et les puissances catholiques).
Calculs géopolitiques
Trente années, autrement dit une éternité pour un monde où l’espérance de vie est plus brève encore. D’où la conviction que l’enfer est advenu sur Terre et le diable, le seul maître de ce chaos sans fin.
Pour évoquer ce long conflit, deux priorités. Un récit chronologique, qui permet de saisir que, en dépit des apparences et des légi­timations théoriques, la religion compte très vite bien moins que les calculs géopolitiques et les ­rivalités dynastiques, Habsbourg ­contre Bourbons notamment, dont les acteurs se relaient au premier plan. Se succèdent ici une phase initiale essentiellement interne à l’empire, puis un moment danois, un autre où la Suède s’impose sur la scène internationale avant que la France, prudemment dans l’ombre jusqu’en 1635, ne s’engage en première ligne.
Un panel de protagonistes très différents permet de mesurer comment le drame est vécu
Le choix d’une évocation humaine aussi, avec un panel de ­protagonistes très différents. Leur témoignage, direct (correspondance, Mémoires et messages chiffrés) ou indirect (actes judiciaires et chroniques locales), permet de mesurer comment le drame est vécu, que l’on soit fille de roi (Elizabeth Stuart, dont le père règne sur l’Angleterre et l’Ecosse), peintre versé dans une diplomatie occulte au service du roi d’Espagne (Rubens, durant la première décennie du conflit), conseiller écouté d’un ministre tout-puissant (le père Joseph, « éminence grise » du car­dinal de Richelieu)…
Mais le plus émouvant est de suivre le parcours d’une aubergiste de Biberach, Barbara Xeller, rattrapée par la fièvre, qui « transforme » toute femme en sorcière quand le diable semble avoir gagné et qui échappe au bûcher et à la torture. Celui d’une fillette, seule rescapée du massacre des siens à Calbe en 1630, Anna Margareta, malmenée, de monastère en camp militaire, et qui finit sa vie unie au commandant en chef de l’armée suédoise.
Ou celui, obscur et exceptionnel, de Peter Hagendorf, mercenaire de formation luthérienne, qui s’engage dans n’importe quel camp, indifférent aux enjeux religieux, pourvu qu’il ­gagne sa vie et reste vivant, qui ­traversa tout le conflit et en fit le récit avant de s’éteindre, presque octogénaire, en 1679. A hauteur d’homme, la leçon d’histoire est aussi une leçon d’humanité.
Un âge de fer, la guerre de Trente Ans, de Philippe Bérenger et Henrike Sandner (Fr./All., 2017, 6 × 55 min). www.arte.tv



                            


                        

                        


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« Hyperconnectés : le cerveau en surcharge » : résister aux appels des sirènes numériques

Un documentaire met intelligemment en garde contre les conséquences néfastes d’une addiction aux smartphones, ordinateurs et tablettes sur le cerveau.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 11h24
    |

            Mustapha Kessous








                        



   


Arte, samedi 13 octobre à 23 h 30, documentaire
Depuis une vingtaine d’années, smartphones, tablettes, ordinateurs et montres intelligentes ont pris une place démesurée dans la vie quotidienne. Texto, ­vidéo­confé­rence, notification ou courriel, n’importe qui peut désormais être joignable à n’importe quel moment de la journée… ou de la nuit. On doit cet univers ultraconnecté à Internet, désormais utilisé par la moitié de la population mondiale. Ainsi, en vingt-quatre heures, 150 milliards de courriers électroniques sont échangés à travers la planète.
La gestion d’e-mails représenterait 30 % de la journée d’un salarié et un cadre sur deux n’arriverait pas à se déconnecter le soir.
Grâce à ce réseau, l’humanité produit autant d’informations en deux jours qu’elle ne l’a fait en deux millions d’années ! Certes, les nouvelles technologies permettent de rester en contact avec ses proches et ses collègues, mais elles demandent une attention permanente. Ces sollicitations incessantes nous obligent à donner des réponses rapides. Selon des chercheurs, les ­e-mails sont la première cause de stress au travail ; leur gestion représenterait 30 % de la journée d’un salarié et un cadre sur deux n’arriverait pas à se déconnecter le soir. Conséquences : baisse de la productivité, burn-out, dépression, perte de concentration, réduction des capacités cognitives…
« Laisse numérique »
Alors, comment survivre dans un monde numérisé, qualifié de « laisse numérique » ? C’est la question que pose avec intelligence ce documentaire. Le propos n’est pas de remettre en cause ­Internet, mais de chercher à ­mettre en garde contre une forme d’addiction aux outils 2.0. Une utilisation immodérée des appareils et autres écrans numériques a des conséquences néfastes sur le corps et l’esprit ainsi que dans la vie personnelle.
Autre problème : la moyenne de concentration au travail devant un écran ne cesse de diminuer. En 2012, elle était d’une minute et douze secondes, contre trois minutes en 2004. Selon la chercheuse américaine Gloria Mark, pour la « génération Internet », qui est née et a grandi avec les smartphones, la durée d’attention est encore plus courte : quarante-cinq secondes. Le documentaire rappelle que le plus simple encore est de déconnecter le plus souvent possible afin de permettre au cerveau de se reposer – ce qui est essentiel pour sa survie.
Hyperconnectés : le cerveau en surcharge, de Laurence Serfaty (France, 2016, 55 min).



                            


                        

                        


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L’art passe à l’éthique

En plongeant ses œuvres dans le goudron, la Mexicaine Minerva Cuevas veut susciter une prise de conscience sur l’urgence environnementale. Sa démarche s’inscrit dans le mouvement grandissant mais méconnu de l’art écologique.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 13h00
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

C’est une marine comme on en trouve dans toutes les brocantes de part et d’autre de l’Atlantique : un paysage aquatique et édénique, à la palette chromatique douce, figurant une Amérique précolombienne. Comme si on y était… Mais si vous y étiez, vous remarqueriez que ce tableau empeste. L’artiste mexicaine Minerva Cuevas a plongé ce vieux paysage dans du goudron, un des nombreux sous-produits du pétrole intensivement exploité dans la péninsule du Yucatan.
Dans sa série « Hidrocarburos » commencée en 2006, elle analyse les effets de ce produit sur la ­région. Aux indolentes vagues qui venaient lécher le rivage répond ainsi désormais une autre, noire, apocalyptique, envahissant à la fois le tableau et son hors-cadre. L’œuvre se veut la métaphore de l’engluement des hommes et de l’environnement dans les énergies fossiles, mais elle pose aussi la question de ce que peut l’art face à cet état de fait : dénoncer, oui, mais les tubes de peintures modernes ne sont-ils pas aussi des dérivés du pétrole, et les tableaux destinés à alimenter un marché de l’art débridé ?
Révolution des formes
Le travail de Minerva Cuevas s’inscrit dans ce que les spécialistes n’hésitent désormais plus à appeler « l’art écologique » : une tendance qui, depuis les ­gestes pionniers des années 1960-1970, comme ceux de Gina Pane ou de Robert Smithson, s’est développée jusqu’à constituer un champ spécifique. Paul ­Ardenne, historien et critique d’art, a tenté de brosser le panorama de cette révolution des formes et de la pensée artistique dans son ouvrage Un art écologique. Création plasticienne et anthropocène (Le Bord de l’eau, 304 p., 27 euros).
Les œuvres sur lesquelles s’appuie sa réflexion s’attachent à repenser les modes de production artistiques (à rebours d’un Olafur Eliasson, dont l’œuvre Ice Watch exposée lors de la COP21 présentait un bilan carbone désastreux), à renouveler les lieux de l’art (nombre d’œuvres prennent place au cœur même de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Les déclarations de célébrités commencent à stimuler les inscriptions sur les listes électorales avant les élections de mi-mandat le 6 novembre.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Dans une ville qui se vide de ses libraires, l’ouverture d’un point de vente indépendant est un petit événement.
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A Paris, une librairie défie le déclin du livre

Dans une ville qui se vide de ses libraires, l’ouverture d’un point de vente indépendant est un petit événement.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 06h42
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

Anne-Laure Vial et Delphine Bouétard rongent leur frein. Des milliers de livres, soigneusement choisis, ont déjà été livrés dans leur future librairie du boulevard Poissonnière, dans le 2e arrondissement de Paris. Certains ont même été placés en rayon. Des bandes dessinées, le dernier Elena Ferrante. Mais pour les vendre, les deux femmes doivent encore patienter, le temps que toutes les tables arrivent et que les peintures sèchent. Mme Vial slalome entre les cartons : « Ici, devant le grand escalier qui descend au sous-sol, il y aura un bar, il faut juste sortir le matériel des caisses. » Dans quinze jours, les premiers clients pourront entrer, promis. Pas question de rater les achats de Noël.
C’est un événement rare : à Paris, une vaste librairie s’apprête à ouvrir ses portes, sous le nom tout simple d’« Ici ». Un point de vente indépendant, sans lien avec une chaîne comme la Fnac. Environ 500 mètres carrés, en bas d’un bel immeuble de la fin du XVIIIe siècle. Cela en fera « la plus grande librairie indépendante ouverte d’emblée avec une telle surface dans la capitale », selon le magazine professionnel Livres hebdo.
Au fil des décennies, cet emplacement a accueilli un marchand de soieries, un magasin de jouets, un bar, des salles de cinéma, avant d’être découpé en deux boîtes de nuit, le Pulp et le Scorp, puis transformé en boutique d’habillement pour enfants. Orchestra, le dernier occupant, a plié bagage en 2017. « Cette fois, une librairie va donc remplacer un magasin de vêtements, et non l’inverse comme c’est fréquent », remarque Mme Bouétard dans un sourire. Bonne nouvelle au métro Bonne-Nouvelle !
Paris a perdu 350 librairies depuis 2000
Cette création annonce-t-elle pour autant la fin du déclin pour les librairies parisiennes, l’amorce d’une reconquête ? Rien n’est moins sûr. Depuis 2000, Paris a perdu 350 librairies, soit une sur trois, selon les pointages...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Sophie Calle est à l’honneur à la galerie Perrotin à Paris qui expose un projet photographique intitulé « Parce que » et un hommage à son chat Souris.
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Souris dans les oreilles, rideaux devant les yeux

Sophie Calle est à l’honneur à la galerie Perrotin à Paris qui expose un projet photographique intitulé « Parce que » et un hommage à son chat Souris.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 09h57
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



                                


                            

Point de maison de disques, de sortie dans les bacs ou de tournée pour Sophie Calle : l’édition du triple vinyle dédié à son chat Souris se fait à l’occasion d’une exposition, à la galerie Perrotin, à Paris. Une exposition sonore, de fait, où est diffusée la quarantaine de titres écrits et composés dans cet album collectif. Sur les murs, des box avec casques permettent des écoutes à la carte, et les trois vinyles rehaussés d’une photo dudit chat, vivant en face A, mort en face B.

En préambule, l’artiste introduit l’animal par une sorte d’oraison funèbre où la mélancolie est rattrapée par des étrangetés mi-tragiques mi-comiques. On reconnaît bien là sa griffe, et on y apprend notamment que le cercueil du chat fut trop petit (les pattes arrière dépassaient) ou que certains SMS de « condoléances » valaient leur pesant de croquettes. Mais l’essentiel se passe dans les oreilles, et hormis une vidéo surréaliste montrant Souris jouer avec les animaux empaillés dont l’artiste s’entoure et quelques photos, il n’y a pas grand-chose à voir – si ce n’est la coupelle du chat, posée dans un coin.
De courts textes brodés
« La musique, les disques, ce n’est pas mon terrain habituel, donc j’ai voulu présenter un autre projet en parallèle, en l’articulant à celui-ci », confie Sophie Calle entre les deux espaces qu’elle occupe à la galerie Perrotin. Cet autre projet, intitulé  Parce que, donne à voir et à lire. Il se présente en une série de cadres obstrués par des rideaux de feutre. Sur chacun, de courts textes ont été brodés : ces « parce que » qui donnent les raisons pour lesquelles la photo a été prise. Ils précèdent la vision des images, que l’on ne découvre qu’en soulevant le rideau : portraits, paysages, détails, photos posées ou prises sur le vif. « Parce que la vengeance est un plat qui se mange froid » dévoile ainsi une photo de deux pierres tombales anonymes côte à côte : la première, sur laquelle on lit « Father »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Créateur de l’aéroport de Roissy, le spécialiste des aérogares s’est éteint, jeudi 11 octobre, à l’âge de 80 ans.
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L’architecte Paul Andreu est mort

Créateur de l’aéroport de Roissy, le spécialiste des aérogares s’est éteint, jeudi 11 octobre, à l’âge de 80 ans.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 09h43
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 16h47
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



                                


                            

C’est l’Académie des beaux-arts, dont il était membre depuis 1996, qui a annoncé, vendredi 12 octobre, la mort de Paul Andreu, survenue la veille à l’âge de 80 ans. Parmi les architectes de renom ayant su mêler invention et technicité, il a été l’un des plus fameux en même temps que le moins friand des échos médiatiques sur sa personne. Sa carrière de constructeur, résolument ouverte sur le monde, et sur la Chine en particulier, a été assombrie en mai 2004. L’effondrement d’une partie de la jetée d’embarquement du terminal 2E de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, qu’il avait dessiné, avait fait quatre morts et sept blessés. En dépit de cet accident, les aéroports restent comme l’une de ses marques de fabrique. On connaissait moins de lui d’autres talents : l’écriture romanesque et la peinture.
Paul Andreu est né le 10 juillet 1938 à Caudéran, petite ville devenue depuis un quartier de Bordeaux. Il quitte la cité girondine à la toute fin de son adolescence et poursuit ses études à Paris : lycée Louis-le-Grand, école Polytechnique, écoles des Ponts et chaussées et des beaux-arts. Les deux diplômes qu’il décroche, l’un d’ingénieur, l’autre d’architecte, résument la diversité de son activité future et son double intérêt, jamais éteint, pour tous les domaines scientifiques et artistiques.
Des édifices à vocation culturelle
Pendant presque quarante ans, de 1967 à 2003, Paul Andreu a travaillé pour Aéroports de Paris (ADP). Il a été successivement responsable des travaux à Orly et au Bourget, architecte en chef des bâtiments de l’Aéroport Charles-de-Gaulle, puis directeur et architecte chargé des études et des travaux pour l’ensemble des ouvrages dont ADP avait la charge. Son expertise en matière de réalisation d’aérogares, d’abord à Paris, s’étend sur le reste de la France, en particulier à Bordeaux (1989-1995) et à Nice (1980-1987), puis, enfin, partout dans le monde : Abou Dhabi (1975-1982), Djakarta (1977-1985), Dar-es-Salaam (1977-1984), Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Les archives sont rares, les témoins ont toujours peur… Anne Kerlan n’a pourtant pas renoncé à écrire la biographie de l’opposante à Mao morte en prison en 1968.
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Retrouver Lin Zhao dans la fureur de l’histoire chinoise

Les archives sont rares, les témoins ont toujours peur… Anne Kerlan n’a pourtant pas renoncé à écrire la biographie de l’opposante à Mao morte en prison en 1968.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 08h00
    |

            François Bougon








                        



                                


                            
Lin Zhao, « combattante de la liberté », d’Anne Kerlan, Fayard, 388 p., 24 €.

A l’origine du livre de la sinologue Anne Kerlan sur l’une des toutes premières dissidentes chinoises, il y a un choc sur grand écran : la découverte d’un documentaire du réalisateur indépendant Hu Jie, sorti confidentiellement en Chine en 2004, A la recherche de l’âme de Lin Zhao, consacré au destin tragique et au martyre de la journaliste et écrivaine (1932-1968).
« Ce film m’a bouleversée, ce fut un moment très fort », témoigne Anne Kerlan, dans un petit bureau de l’Ecole des hautes études en sciences sociales, où elle dirige le Centre d’études sur la Chine moderne et contemporaine. A la fin de la projection, à Paris, en 2008, elle est allée voir Hu Jie pour lui faire part de son émotion. Mais que faire de plus que le film-monument de ce réalisateur dont l’entreprise mémorielle fait penser à Claude Lanzmann (1925-2018) et à Shoah (1985), qu’il dit avoir vu à plusieurs reprises ? Il faudra des discussions avec des collègues, notamment Christian Ingrao, historien spécialiste du nazisme, qui animait à l’époque un séminaire intitulé « Explorations du paroxysme », pour qu’elle se lance dans un projet de livre. L’historien et éditeur ­Anthony Rowley (1952-2011) lui fait signer un contrat chez Fayard. « C’est allé plus vite que mon propre cheminement », explique Anne Kerlan.
Emportée par la vague de répression
Lin Zhao est certes une icône dans les cercles libéraux chinois qui luttent pour plus de démocratie et de respect des droits. Mais, à l’étranger, peu connaissent la trajectoire de cette contestataire de la première heure. Son vrai nom est Peng Linzhao, qu’elle change pour marquer son indépendance et s’affranchir de son père. Cette jeune fille idéaliste, déterminée et romantique passe par une école chrétienne puis s’engage au sein du Parti communiste clandestin. Elle se retrouve...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix d’émissions à voir et revoir en différé.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/10/2018
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Le stratège de Trump, le médecin qui sauvait les femmes et addictions 2.0 : des replays pour le week-end

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix d’émissions à voir et revoir en différé.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 06h23
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 11h18
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Pour ce week-end de mi-octobre, La Matinale vous propose de découvrir deux personnalités ; Robert Mercer, milliardaire américain qui a pesé de tout son poids pour faire élire Donald Trump ; Denis Mukwege, récompensé par le prix Nobel de la paix pour son travail en République démocratique au Congo auprès des femmes victimes de viols. Mais qui dit week-end dit aussi coupure avec le travail. Ou pas. C’est le propos de Hyperconnectés : le cerveau en surcharge, un documentaire qui revient sur la place des technologies liées à Internet, et les dérives qui en découlent.
L’ombre de Trump

   


Qui est Robert Mercer ? Inconnu du grand public, il est pourtant l’un des hommes les plus influents du monde. Redoutable stratège, il a compris qu’en prenant possession des données informatiques de millions de personnes, on peut faire basculer le cours d’une élection.
Sans son aide tactique, financière et médiatique, Donald Trump n’aurait pu être élu à la présidence des Etats-Unis. Lorsque s’ouvrent les primaires du Parti républicain pour l’élection de 2016, Mercer jette d’abord son dévolu sur le sénateur du Texas Ted Cruz. Mais ce dernier est balayé par Trump. Qu’à cela ne tienne, il rallie le magnat de l’immobilier. Mieux, il prend le contrôle de sa campagne et impose une nouvelle équipe pour la diriger. A sa tête : Steve Bannon, rédacteur en chef de Breitbart News, un média d’extrême droite racheté par Mercer en 2012, qui produit des « fake news » à la chaîne.
Trump va aussi pouvoir compter sur l’appui d’une firme spécialisée dans le profilage psychologique : Cambridge Analytica, filiale de la société britannique Strategic Communication Laboratories, qui s’est implantée en 2013 aux Etats-Unis grâce à l’appui financier de Mercer. Le réalisateur dévoile un pan méconnu de l’affaire, en détaillant la manière dont ces données ont été utilisées.
Le système politique américain, d’une vulnérabilité confondante, est désormais aux mains des milliardaires, qui, en injectant des sommes colossales, peuvent manipuler leurs concitoyens sans être inquiétés. Pour le moment… Antoine Flandrin
« Comment Trump a manipulé l’Amérique », de Thomas Huchon (France, 2017, 60 minutes). Disponible sur Arte.tv jusqu’au 6 janvier 2019.
Médecin de paix

Elles ne savent pas si elles doivent continuer à vivre. Le corps en souffrance, elles ne se sentent plus femmes et vivent avec la peur au ventre. Adolescentes, jeunes mères, parfois grands-mères, elles ont été violées par des militaires.
Dans ce coin de la République démocratique du Congo (RDC), au Sud-Kivu – une région riche et convoitée où des groupes armés s’affrontent depuis vingt ans –, « les femmes sont les premières victimes et leurs vagins sont devenus des champs de bataille », dit une voix off, en introduction de ce documentaire qui met en lumière le travail remarquable de Denis Mukwege, 63 ans, récemment récompensé par le prix Nobel de la paix.
En 1999, en pleine guerre civile, ce chirurgien-gynécologue ouvre l’hôpital de Panzi à Bukavu, sa ville natale, pour permettre aux futures mères d’accoucher sereinement. Mais sa première patiente n’attend pas un enfant : elle a été victime d’un viol. Cette année-là, il soignera quarante-cinq femmes qui ont été sexuellement agressées. Trois fois plus l’année suivante.
Denis Mukwege constate que ces femmes sont humiliées et détruites sans que le monde s’alarme de leur sort. Il alerte alors les ONG. Et commence à devenir gênant. Victime de trois tentatives d’assassinat, il quitte la RDC, où il est connu comme « le médecin qui répare les femmes ». Dans les couloirs de l’hôpital, on chante son nom et ses bienfaits : « A celui qui veut du mal à Mukwege, que le malheur s’abatte sur lui ! » En quinze ans, le gynécologue a pris en charge plus de 40 000 femmes. Le documentaire, pudique, traite le sujet du viol avec une grande sensibilité, sans jamais tomber dans le pathos. Mustapha Kessous
« Congo, un médecin pour sauver les femmes », d’Angèle Diabang (France, 2014, 52 minutes). Disponible sur France.tv jusqu’au 18 octobre.
Cerveau au max

Un seul appel manqué et tout est dépeuplé. Depuis une vingtaine d’années, les smartphones, tablettes, ordinateurs et montres intelligentes ont pris une place démesurée dans la vie quotidienne. Texto, vidéoconférence, notification ou courriel, n’importe qui peut désormais être joignable à n’importe quel moment de la journée… ou de la nuit.
On doit cet univers ultra-connecté à Internet, désormais utilisé par la moitié de la population mondiale, qui a changé la façon de communiquer et de consommer de l’information. Ces sollicitations incessantes nous obligent à donner des réponses rapides.
Selon des chercheurs, les e-mails sont la première cause de stress au travail ; leur gestion représenterait 30 % de la journée d’un salarié et un cadre sur deux n’arriverait pas à se déconnecter le soir, avec, pour conséquences, la baisse de la productivité, le syndrome d’épuisement professionnel (burn-out), la dépression, la perte de concentration et la réduction des capacités cognitives…
Alors, comment survivre dans un monde numérisé, qualifié de « laisse numérique », qui attire sans cesse notre attention ? C’est la question que pose ce documentaire. Le propos du film n’est pas de remettre en cause Internet et ses avancées technologiques, mais au contraire de chercher à mettre en garde contre une forme d’addiction aux outils 2.0. Une utilisation immodérée des appareils et autres écrans numériques a des conséquences néfastes sur le corps et l’esprit ainsi que dans la vie personnelle. M. Ks.
« Hyperconnectés : le cerveau en surcharge », de Laurence Serfaty (France, 2016, 55 minutes). Disponible sur Arte.tv jusqu’au 11 décembre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ L’artiste critique le marché de l’art, ce qui n’empêche pas qu’il soit parfois rattrapé par la spéculation, explique la professeure d’histoire de l’art Laurence Bertrand Dorléac.
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Banksy peut-il échapper aux règles du marché ?

L’artiste critique le marché de l’art, ce qui n’empêche pas qu’il soit parfois rattrapé par la spéculation, explique la professeure d’histoire de l’art Laurence Bertrand Dorléac.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 07h33
    |

Laurence Bertrand Dorléac (professeur d'histoire de l'art à Sciences Po)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis que l’économie de l’art existe, depuis l’Antiquité, les artistes jouent au chat et à la souris avec leurs commanditaires, leurs mécènes, leurs collectionneurs. Mais le monde actuel qui fétichise avant tout la performance financière relègue l’art comme jamais derrière sa valeur marchande. C’est agaçant pour toutes celles et tous ceux qui voudraient que l’on parle d’autre chose que d’argent, et l’artiste britannique Banksy en fait partie.
La semaine dernière, pendant la foire londonienne de Frieze, il a troublé le rituel bien rodé d’une salle de ventes par son œuvre d’art totale que l’on n’oubliera pas de sitôt. Les faits sont à présent connus : alors que sa Girl with Balloon (2006) vient d’être achetée chez Sotheby’s à Londres pour la somme considérable de plus de 1 million de livres sterling (1,2 million d’euros), au dernier coup de marteau, une alarme sonne et l’œuvre sort de son cadre pour passer à travers une broyeuse à papier qui la découpe à moitié en lamelles.
Une vidéo rend compte de la stupéfaction du public et du personnel de la salle des ventes devant cette scène imaginée par Banksy, qui déclare juste en riant sur Instagram : « Adjugé, vendu ! » Son post sur le réseau social, où il raconte avoir longtemps médité sa bombe à retardement, au cas où l’œuvre serait vendue, cumule plus d’une dizaine de millions de vues. Sa machinerie rappelle la sculpture autodestructrice de Jean Tinguely dans les jardins du MoMA en 1960 : avec son Hommage à New York, lui aussi voulait redonner à l’art un rôle sur la place publique.
Mélange de poésie et de politique
Banksy multiplie les interventions qui mélangent la poésie et la politique à travers le street-art, inventé dans les années 1960 pour sortir du cadre policé des collections. On reconnaît désormais dans les rues d’Angleterre et de Navarre ses révolutionnaires masqués qui lancent des fleurs, ses policiers qui s’embrassent, ses gavroches,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ A l’instar de « LIBERTÉ, ÉGALITÉ, CABLE TV », détournement du « Bonaparte franchissant le Grand Saint-Bernard » de Jacques-Louis David, l’œuvre du street-artiste renouvelle la puissance politique de classiques, estime l’historienne Charlotte Guichard, dans une tribune au « Monde ».
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Banksy revisite Bonaparte et la notion de pouvoir

A l’instar de « LIBERTÉ, ÉGALITÉ, CABLE TV », détournement du « Bonaparte franchissant le Grand Saint-Bernard » de Jacques-Louis David, l’œuvre du street-artiste renouvelle la puissance politique de classiques, estime l’historienne Charlotte Guichard, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 06h00
    |

Charlotte Guichard (directrice de recherche au CNRS et professeure attachée à l’Ecole normale supérieure)







                        



                                


                            
Tribune. Au 41, avenue de Flandre, dans le 19e arrondissement de Paris, sur les murs d’un logement social, un monumental pochoir de Banksy est protégé par un large Plexiglas des agressions du temps et de la rue. Détournant une œuvre iconique de la grande peinture, muséifiée, Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard, par Jacques-Louis David (1801), il représente une figure juchée sur un cheval cabré, en plein élan. Face au vent, son visage est dissimulé par un grand voile rouge qui l’aveugle aussi. Il a été réalisé en 2018 peu après la célébration de la Journée mondiale des réfugiés le 20 juin, avec une série d’autres œuvres éphémères : une invasion de Paris, comme les affectionne l’artiste.
C’est le rouge qui arrête le regard. La cape majestueuse s’est retournée contre Bonaparte, qui fait face au vent. Aveuglement de nos leaders politiques ? Dans le mouvement artistique de l’appropriation, la cape est devenue voile et la figure centrale évoque désormais une femme voilée. Peur de l’islam ? Quelques jours plus tard, l’œuvre est légendée sur Instagram, par Banksy lui-même, « LIBERTÉ, ÉGALITÉ, CÂBLE TV ». En lettres capitales, à la manière des écritures exposées qui ornent certains tableaux historiques de David et certains frontons des bâtiments publics pendant la Révolution et puis la IIIe République.
Orchestration médiatique
Perte des idéaux révolutionnaires et républicains ? A l’époque du tableau de David, Napoléon Bonaparte n’est encore que Bonaparte, premier consul, ce sont les valeurs de la Révolution française qu’il (ex)porte avec lui en Italie. Pas l’Empire. Pas encore. Cette devise serait-elle pervertie par les afflux d’images dont nous assomment les chaînes de télévision ? C’est ce que semble dire la photo que publie Banksy sur son compte et qui cadre aussi un jeune homme absorbé par son lumineux écran de téléphone.
Pourtant, ce pochoir n’a pas de sens sans l’orchestration médiatique qu’en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Originaire de Gironde, Paul Andreu avait également mené la construction de la Grande Arche du quartier de la Défense, à Paris.
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Mort de l’architecte Paul Andreu, créateur de l’aéroport de Roissy

Originaire de Gironde, Paul Andreu avait également mené la construction de la Grande Arche du quartier de la Défense, à Paris.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 18h36
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 20h32
   





                        



   


L’architecte français Paul Andreu, qui a conçu les plans de l’aéroport parisien de Roissy – Charles-de-Gaulle et réalisé la Grande Arche de la Défense aux portes de Paris, est mort jeudi à l’âge de 80 ans, a-t-on appris vendredi auprès de l’Académie des Beaux-Arts.
Lundi soir, il avait participé à un dîner au Centre Pompidou en l’honneur de l’architecte japonais Tadao Ando. Il était apparu très fatigué aux journalistes présents.
Originaire de Gironde, il était internationalement reconnu comme l’architecte de nombreux projets aéroportuaires, non seulement de Roissy, un projet titanesque mené entre 1967 et 1974, mais aussi à travers le monde et dans plusieurs villes de province.

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Il avait réalisé plusieurs projets prestigieux en Chine, un pays qui le passionnait, comme le Grand théâtre national de Pékin. Il avait aussi mené la construction de la Grande Arche, inaugurée en 1989, un projet novateur pour Paris, deux siècles après la Révolution.
En 2004, un terminal de Roissy s’effondrait, entraînant plusieurs morts. Très affecté, Paul Andreu arrêtait alors un temps son activité.
Titulaire du Grand Prix national de l’architecture en 1977, il avait été élu membre de la section d’architecture de l’Académie des Beaux-Arts en 1996.

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