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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Un syndic de copropriété doit répondre des dommages imminents qui peuvent survenir et agir de son propre chef quand ceux-ci empêchent la convocation préalable de l’assemblée générale, rappelle, dans sa chronique, Rafaële Rivais, journaliste au « Monde ».
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Copropriétés : en cas d’urgence, le syndic doit agir

Un syndic de copropriété doit répondre des dommages imminents qui peuvent survenir et agir de son propre chef quand ceux-ci empêchent la convocation préalable de l’assemblée générale, rappelle, dans sa chronique, Rafaële Rivais, journaliste au « Monde ».



LE MONDE
 |    14.10.2018 à 16h52
    |

            Rafaële Rivais








                        



                                


                            

Chronique SOS conso. Le syndic est « chargé d’administrer l’immeuble, de pourvoir à sa conservation, à sa garde et à son entretien », en vertu de la loi sur la copropriété du 10 juillet 1965. En temps normal, il ne peut pas engager de grosses réparations sans l’autorisation de l’assemblée générale des copropriétaires. Mais en cas d’urgence, il doit « faire procéder, de sa propre initiative, à l’exécution de tous travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble », énonce l’article 18 de cette loi.
La jurisprudence considère qu’il y a urgence « lorsque le défaut de réaction rapide entraînerait un préjudice et que ce préjudice à éviter est imminent, ce qui empêche d’envisager une convocation préalable de l’assemblée générale ». La Cour de cassation a considéré comme urgents le colmatage d’une fuite d’eau (6 juillet 2017), mais aussi la réparation de canalisations provoquant des odeurs pestilentielles, la remise en état de balcons dont le délabrement mettait en danger la sécurité des personnes, ou la réfection d’une façade dont les fissures provoquaient des infiltrations d’eau et une prolifération de salpêtre (28 janvier 2016). Elle a en revanche considéré comme non urgente la conclusion de contrats, sur plusieurs années, de télésurveillance dans les parties communes d’un immeuble (30 mai 2012).

Si le syndic manque à son obligation d’agir en cas d’urgence, il doit répondre des dommages qui peuvent survenir. La Cour de cassation vient de le rappeler, dans l’affaire suivante : en 2007, les copropriétaires d’un immeuble envahi par les squatteurs à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), confient la gestion de celui-ci au cabinet Nexity Lamy, afin qu’il sécurise les lieux. Or, le 2 août 2010, la porte d’entrée est détruite. Malgré les demandes répétées du conseil syndical (membres élus de la copropriété), le syndic s’abstient de la faire remplacer, pendant un an. Dans la nuit du 23 au 24 décembre 2010,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Dans sa chronique, l’historienne Valérie Theis s’attriste d’une critique méprisante, publiée dans « Le Figaro », de l’historien Sanjay Subrahmanyam, professeur au Collège de France, vis-à-vis de son confrère Patrick Boucheron.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
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« Ce qui tue, ce sont les querelles de chapelle des universitaires, les jalousies et le manque de générosité intellectuelle »

Dans sa chronique, l’historienne Valérie Theis s’attriste d’une critique méprisante, publiée dans « Le Figaro », de l’historien Sanjay Subrahmanyam, professeur au Collège de France, vis-à-vis de son confrère Patrick Boucheron.



LE MONDE
 |    14.10.2018 à 09h00
    |

                            Valérie Theis (historienne, professeure d’histoire médiévale  à l’Ecole normale supérieure)








                        



                                


                            
Chronique. Les historiens aiment les rituels. L’un d’eux, ­particulièrement prisé par les médiévistes, ­consiste à se lamenter collectivement de la ­disparition de ce grand public cultivé, amateur d’histoire, qui guettait chez le libraire les dernières productions de grands historiens comme Georges Duby ou Jacques Le Goff. Du côté des lecteurs, on entend : « Mais où sont les Duby et Le Goff d’aujourd’hui ? Qui pouvons-nous lire avec autant de profit intellectuel et de plaisir ? » Chaque génération est en effet confrontée à la difficulté d’identifier, au sein du magma des productions éditoriales, les livres les plus marquants. Cette difficulté n’est en rien propre au grand public. Elle touche autant les chercheurs, tout particulièrement quand il s’agit d’en repérer de plus jeunes ou qui écrivent dans une autre langue. La vie intellectuelle est donc faite de multiples retards de réception et parfois aussi, malheureusement, de rendez-vous manqués.
Ce problème n’est cependant pas le seul. Les historiens, comme tous les autres scientifiques, se sont beaucoup spécialisés, ce qui complique la tâche de ceux qui tentent de rendre accessibles les résultats de ces recherches, dont il est faux de croire que le lectorat puisse facilement se les approprier. Face à cette difficulté, beaucoup de chercheurs ont décidé de se replier sur leur étroit domaine de spécialité et de n’échanger qu’avec leurs pairs. Il y a d’ailleurs quelque paradoxe à constater que certaines des institutions qui abritent le plus de chercheurs ayant fait ce choix ne sont pas celles où l’on se lamente le moins de la perte d’influence de l’histoire. Il faut aujourd’hui beaucoup de courage pour se lancer dans une œuvre de synthèse. Produire une histoire générale implique en effet d’écrire des livres qui font bien plus appel aux travaux d’autres chercheurs qu’aux siens propres. Mais peut-on croire que les grandes fresques sur les marchands, les villes, les chevaliers qui nous ravissaient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Une étude révèle comment les idées réactionnaires, mais aussi ­suprémacistes blanches et misogynes, se répandent sur le réseau social aux Etats-Unis.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                      En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Par  Frédéric Joignot  Publié aujourd’hui à 09h00, mis à jour à 09h00   Lecture 3 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés       Chronique. Comment les idées réactionnaires, mais aussi ­suprémacistes blanches et misogynes se répandent-elles sur YouTube aux Etats-Unis ? Une étude, publiée le 18 septembre par l’Institut de recherche américain Data & Society, propose quelques éléments de réponse. Elle montre comment un vaste « écosystème » se déploie à l’intérieur du réseau social, au cœur duquel on trouve un « réseau d’influence alternatif » d’environ 65 universitaires, spécialistes des médias et figures d’Internet, allant du conservatisme bon ton à l’extrême droite virulente, qui militent tous activement pour populariser leurs thématiques favorites – antiféminisme, opposition à l’aide sociale, nationalisme blanc, dénonciation de toute immigration, détestation de la « bien-pensance » de gauche…          Pour se faire entendre, ces influenceurs, pour certains suivis par des dizaines de milliers d’internautes, multiplient les talk-shows avec des personnalités qui leur sont proches, mais font aussi régulièrement appel, au nom de la liberté d’expression, à des figures d’extrême droite qui n’hésitent pas à prôner, tout en se présentant comme des débatteurs polis, une misogynie et un racisme virulents. C’est ainsi, montre l’étude, qu’un podcasteur politique comme Dave Rubin (700 000 suiveurs sur YouTube), un libertarien de droite opposé à la peine de mort, homosexuel marié, mais considérant le progressisme comme « un trouble mental », n’hésite pas à inviter Stefan Molyneux, un youtubeur canadien bien connu pour ses diatribes sur la hiérarchie de « l’intelligence des races » – il place les juifs ashkénazes au sommet et les Afro-Américains et les Africains subsahariens en bas.          « Plate-forme gratuite »                                   — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de 400 journalistes    Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.    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Le parquet demande un procès en correctionnelle contre l’agresseur présumé d’Edouard Louis

L’écrivain a raconté dans son deuxième livre le viol qu’il aurait subi en 2012. Le parquet a requis un procès en requalifiant les accusations en « agression sexuelle ».



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 18h30
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 07h29
   





                        



   


Le parquet de Paris a requis un procès pour l’agresseur présumé de l’écrivain Edouard Louis mais en demandant la requalification des accusations de viol en « agression sexuelle », selon des sources proches du dossier, confirmant une information de L’Obs.
L’étoile montante littéraire avait fait le récit de son agression survenue le soir de Noël 2012 dans son deuxième opus, Histoire de la violence (Seuil, 2016). A l’époque, celui qui n’est pas encore l’auteur d’En finir avec Eddy Bellegueule (Seuil, 2014), le livre qui l’a révélé, avait déposé plainte pour viol et tentative de meurtre.
Six ans après, le parquet a requis début octobre un procès pour son agresseur présumé, Reda B., un Algérien de 33 ans mis en examen pour le crime de viol avec arme, mais il demande la requalification des faits en délit d’« agression sexuelle », selon son réquisitoire dont a eu connaissance l’AFP. Si la juge suit ces réquisitions, le procès se déroulera devant le tribunal correctionnel et non devant une cour d’assises.
Le 25 décembre 2012, Edouard Louis avait raconté aux policiers sa rencontre avec Reda, dans la rue, en rentrant du réveillon. Les deux hommes ont eu des relations consenties, mais les choses auraient dégénéré quand Edouard Louis s’est aperçu que sa tablette et son téléphone avaient disparu. En colère, Reda aurait alors essayé de l’étrangler avec une écharpe, en lui disant qu’il avait un « gun », avant de le violer.
« Ligne de répression contraire à ses opinions politiques »
Le suspect Reda B., qui a passé près d’un an en prison, a toujours nié le viol. « Les déclarations constantes de la victime, celles des témoins qui ont recueilli ses confidences ainsi que les constatations médicales permettent d’établir la réalité d’un rapport sexuel non consenti », estime le parquet.
Au cours de l’enquête, le romancier, engagé politiquement et opposé à l’incarcération, avait refusé de se rendre à une confrontation avec le suspect, souhaitant la fin de la procédure et un non-lieu.
« Edouard Louis accepte sans difficulté ce réquisitoire. Aller devant une cour d’assises, cela aurait voulu dire entrer dans une ligne de répression contraire à ses opinions politiques », a déclaré son avocat Emmanuel Pierrat à l’AFP.
« Mon client est innocent, il attend donc un non-lieu, sinon il n’a pas peur, contrairement à Edouard Louis, d’aller devant une cour d’assises. Je ne peux pas imaginer que ce dossier résistera à un examen contradictoire devant des jurés », a réagi l’avocate de Reda B., Marie Dosé.

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                Edouard Louis : la vie avec ses frères d’armes et d’esprit






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ En plongeant ses œuvres dans le goudron, la Mexicaine Minerva Cuevas veut susciter une prise de conscience sur l’urgence environnementale. Sa démarche s’inscrit dans le mouvement grandissant mais méconnu de l’art écologique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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L’art passe à l’éthique

En plongeant ses œuvres dans le goudron, la Mexicaine Minerva Cuevas veut susciter une prise de conscience sur l’urgence environnementale. Sa démarche s’inscrit dans le mouvement grandissant mais méconnu de l’art écologique.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 13h00
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

C’est une marine comme on en trouve dans toutes les brocantes de part et d’autre de l’Atlantique : un paysage aquatique et édénique, à la palette chromatique douce, figurant une Amérique précolombienne. Comme si on y était… Mais si vous y étiez, vous remarqueriez que ce tableau empeste. L’artiste mexicaine Minerva Cuevas a plongé ce vieux paysage dans du goudron, un des nombreux sous-produits du pétrole intensivement exploité dans la péninsule du Yucatan.
Dans sa série « Hidrocarburos » commencée en 2006, elle analyse les effets de ce produit sur la ­région. Aux indolentes vagues qui venaient lécher le rivage répond ainsi désormais une autre, noire, apocalyptique, envahissant à la fois le tableau et son hors-cadre. L’œuvre se veut la métaphore de l’engluement des hommes et de l’environnement dans les énergies fossiles, mais elle pose aussi la question de ce que peut l’art face à cet état de fait : dénoncer, oui, mais les tubes de peintures modernes ne sont-ils pas aussi des dérivés du pétrole, et les tableaux destinés à alimenter un marché de l’art débridé ?
Révolution des formes
Le travail de Minerva Cuevas s’inscrit dans ce que les spécialistes n’hésitent désormais plus à appeler « l’art écologique » : une tendance qui, depuis les ­gestes pionniers des années 1960-1970, comme ceux de Gina Pane ou de Robert Smithson, s’est développée jusqu’à constituer un champ spécifique. Paul ­Ardenne, historien et critique d’art, a tenté de brosser le panorama de cette révolution des formes et de la pensée artistique dans son ouvrage Un art écologique. Création plasticienne et anthropocène (Le Bord de l’eau, 304 p., 27 euros).
Les œuvres sur lesquelles s’appuie sa réflexion s’attachent à repenser les modes de production artistiques (à rebours d’un Olafur Eliasson, dont l’œuvre Ice Watch exposée lors de la COP21 présentait un bilan carbone désastreux), à renouveler les lieux de l’art (nombre d’œuvres prennent place au cœur même de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Editorial. La Commission européenne pourrait retoquer lundi le budget prévisionnel italien s’il affichait un déficit de 2,4 % du PIB. Une première qui déclencherait une crise politique.
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Le retour du « risque Italie »

Editorial. La Commission européenne pourrait retoquer lundi le budget prévisionnel italien s’il affichait un déficit de 2,4 % du PIB. Une première qui déclencherait une crise politique.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 10h39
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 10h41
   





                        



   


Editorial du « Monde ». L’affrontement qui se profile ne ressemble à aucune crise européenne du passé. Soit un pays, l’Italie, qui, il y a quelques mois encore, semblait sorti de l’ornière. Des comptes publics enfin maîtrisés, un excédent commercial enviable, une économie donnant des signes de reprise après des années de récession et de marasme, et surtout une image de sérieux, durement conquise auprès d’instances européennes rendues sceptiques par le passé : le souvenir de l’automne 2011, quand le premier ministre Silvio Berlusconi avait dû jeter l’éponge en raison de la défiance des marchés financiers, qui faisait courir le risque d’une faillite du pays, semblait presque oublié.
Las, en quelques mois, ce capital de confiance a fondu, tant auprès des partenaires européens du pays que des marchés. En témoignent l’isolement complet de l’Italie à Bruxelles ainsi que l’envolée du « spread » – différentiel entre les taux des emprunts à dix ans allemands et italiens –, qui s’est « stabilisé » depuis quelques jours au-dessus de la barre des 300 points de base. L’Italie s’endette aujourd’hui à plus de 3,5 %, contre environ 1,5 % il y a six mois. A l’échelle d’un pays dont la dette souveraine culmine à 2 300 milliards d’euros, la différence n’est pas mince.

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Cette explosion du coût de la dette italienne ne tient qu’à la politique, et si la thématique du « risque Italie » semble de retour, c’est à la lumière des choix économiques du gouvernement italien, jugés à la fois flous, incohérents et dangereux.
Tentation d’éviter l’obstacle
Lundi 15 octobre, Rome doit faire parvenir à Bruxelles les grandes lignes de son prochain budget. Fin septembre, en annonçant sa volonté de porter le déficit 2019 à 2,4 % du PIB –contre 0,8 % initialement prévu –, le gouvernement Conte, formé de l’alliance de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement 5 étoiles (antisystème), a déclenché une tempête. Celle-ci a été d’autant plus violente que cette décision a été entourée d’approximations et d’amateurisme. Cela ne pouvait inspirer que de gros doutes à des instances habituées à raisonner à partir de données tangibles et d’objectifs réalistes.

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Pour sortir du piège dans lequel il s’est mis, le gouvernement italien ne semble pas avoir d’autre solution que de faire machine arrière. Encore faudrait-il qu’il souhaite que la crise se calme… Or rien n’est moins sûr. En effet, l’opposition à Bruxelles et à l’orthodoxie financière est le principal ressort de la solidité de la coalition hétéroclite de deux forces que naguère tout opposait. Et tout porte à croire que les deux hommes forts du gouvernement, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, s’appuyant sur un large soutien de l’opinion, souhaitent un affrontement avec Bruxelles, dont ils se sont persuadés qu’ils sortiraient vainqueurs.
A Bruxelles, la tentation d’éviter l’obstacle pourrait être forte. Il suffirait de laisser les marchés sanctionner eux-mêmes un budget trop dispendieux et fondé sur des hypothèses de croissance irréalistes. Ce serait reproduire le schéma ayant conduit à la chute de M. Berlusconi en 2011, événement qualifié de « coup d’Etat financier » par de très nombreux Italiens, qui a favorisé la montée des extrêmes. L’heure commanderait plutôt de régler politiquement le problème et de discuter coûte que coûte avec ce gouvernement si insaisissable, ne serait-ce que pour lui poser une question simple et essentielle : « Voulez-vous encore faire partie de l’Union européenne ? »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Lors de « l’université d’automne » de la centrale, du 9 au 11 octobre à Deauville, François Hommeril, son président, a donné la priorité à la réflexion prospective, observe l’éditorialiste Michel Noblecourt.
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La CFE-CGC veut adapter  ses valeurs au nouveau monde

Lors de « l’université d’automne » de la centrale, du 9 au 11 octobre à Deauville, François Hommeril, son président, a donné la priorité à la réflexion prospective, observe l’éditorialiste Michel Noblecourt.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 10h56
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            
Analyse. Pourfendeur de la pensée unique, François Hommeril ne perd pas une occasion de s’en prendre à Emmanuel Macron. Le président de la CFE-CGC, élu en juin 2016, déteste, selon son expression, qu’on « lui beurre la tartine » et voit, par exemple, dans l’idée qu’on institue une dégressivité des allocations de chômage pour les cadres un « scandale populiste ». Mais pour sa première « université d’automne », du mardi 9 au jeudi 11 octobre, à Deauville (Calvados), il a laissé ses missiles contre le président de la République au vestiaire et a donné la priorité à la réflexion prospective. « Mettre tout au pire et imaginer le meilleur, a-t-il lancé, et si ce n’était pas la plus courte et la meilleure définition de l’encadrement. Etre finalement l’incarnation du vrai “progrès continu”, cette notion(…)souvent instrumentalisée comme un mode de management par certaines directions quand c’est une raison d’être pour nous. »
Pour cette « université d’automne », présentée comme un « inter-congrès » – une formule abandonnée depuis la présidence de Paul Marchelli (1984-1993) –, le président de la CFE-CGC a mis la barre haut avec l’ambition d’« ajouter une brique » au programme de la centrale des cadres pour « adapter [ses] valeurs » à un monde qui change. Pendant trois jours, 350 militants ont planché sur « l’entreprise et ses défis ». A l’ordre du jour : la gouvernance de l’entreprise, le big data et l’intelligence artificielle, les attentes des jeunes pour lesquels, selon M. Hommeril, « la société a mauvaise haleine ». Une approche prospective qui doit se matérialiser lors du prochain congrès confédéral dans un an à Deauville, où M. Hommeril briguera un ­second mandat.
L’originalité des assises de Deauville était le travail en « ruches » composées paritairement
Plusieurs tables rondes ont rythmé cette « université d’automne » : la modernisation de la gouvernance avec...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Comment nos pratiques sexuelles ont-elles évolué depuis le XIXe siècle ? Les historiens Alain Corbin et Michelle Perrot en ont discuté lors d’une rencontre du Monde Festival, dimanche 7 octobre, au Palais Garnier, à Paris.
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                Hommes et femmes, deux histoires de la sexualité


Comment nos pratiques sexuelles ont-elles évolué depuis le XIXe siècle ? Les historiens Alain Corbin et Michelle Perrot en ont discuté lors d’une rencontre du Monde Festival, dimanche 7 octobre, au Palais Garnier, à Paris.

LE MONDE
                 |                 13.10.2018 à 09h15
                 |

            Jessica Gourdon

















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Que sait-on de la sexualité de nos aïeux ? Dimanche 7 octobre, au Monde Festival, les historiens Alain Corbin et Michelle Perrot ont levé un coin de rideau sur les mystères des chambres à coucher depuis le XIXe siècle.
Pendant une heure et demie, sous les dorures du Palais Garnier, les deux universitaires de 82 et 90 ans ont évoqué avec malice et sérieux l’évolution des mœurs, des représentations et des interdits. Des pratiques qu’ils ont scrutées tout au long de leur carrière, puisant dans des sources variées : la littérature, évidemment, mais aussi tous les documents de l’écriture de soi, des manuels de confesseur, des revues médicales, des journaux de bord de docteur…

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Premier enseignement, les grandes tendances observées depuis le XIXe siècle continuent de façonner nos sexualités : l’émancipation progressive des codes moraux, l’avancée de la connaissance du corps et du plaisir féminin, la maîtrise de la reproduction, la condamnation de la violence… Rapidement dans la discussion, un fil rouge s’est dessiné, celui des rapports très différents des hommes et les femmes à la sexualité.

   


Une illustration parmi d’autres, jusqu’à récemment, l’adultère était condamné beaucoup plus durement chez les femmes que chez les hommes. « Un homme qui séduit des femmes, qui a des maîtresses, c’est à son honneur. Alors que du côté des femmes, il fallait le cacher. On ne reproche pas le harcèlement sexuel et l’adultère à Victor Hugo. En revanche, l’une de ses maîtresses est allée en prison », note Michelle Perrot.
Autre exemple, pendant des années, l’homosexualité était tolérée chez les femmes. « Il y avait une forme d’indulgence, on trouvait cela joli », assure l’historienne. En revanche, si elle est dépénalisée en France depuis 1791, elle était vivement condamnée chez les hommes, notamment au nom du mythe de la « déperdition de la semence ».
Pour elle, le risque de tomber enceinte
Les femmes avaient aussi certaines obligations morales propres à leur sexe. « La virginité faisait partie du capital que la jeune fille devait apporter dans le mariage, en particulier dans les milieux bourgeois », rappelle Michelle Perrot. Un contraste avec la situation des hommes, qui avaient, eux, une expérience de la sexualité avant le mariage. « C’était la nourrice du Morvan, la bonne d’enfant ou la servante de 15 ans qui initiait le jeune homme de la famille à la sexualité. Ensuite, ce garçon allait voir les filles, se rendait au bordel, ou se mettait avec une cousette, c’est-à-dire une jeune ouvrière de la couture, avant de la lâcher pour se marier », raconte Alain Corbin.

   


Et c’est ainsi que s’installe, au sein du couple, une différence fondamentale. « Comme l’homme a la connaissance de la sexualité avant la nuit de noces, il peut avoir la tentation de la fugue sociale, c’est-à-dire de retourner à cette période prémariage », analyse Alain Corbin.
Autre clé d’explication, le rapport à la reproduction. Pendant des années, les femmes sont seules à assumer les conséquences d’un écart. « Il ne faut jamais oublier que les filles ont longtemps vécu avec la peur d’avoir “un polichinelle dans le tiroir”, comme on disait alors. Des servantes, violées par leur patron, par le fils de la famille ou par un domestique tombaient enceintes d’enfants qu’elles s’efforçaient de “faire passer”. Mais si un voisin les dénonçait, c’était le tribunal. Au XIXe siècle, il y a encore des femmes guillotinées pour infanticide », rappelle Michelle Perrot.

   


Pour lui, le risque de la maladie vénérienne
Aussi, tandis que les femmes craignaient de tomber enceinte, les hommes étaient préoccupés par la possibilité d’attraper des maladies vénériennes. Aux XVIIIe et XIXe siècles, on soignait l’ensemble des « véroles » par le mercure. « Quand un homme avait la syphilis, il disait pudiquement : “Je vais en Suède”, car le mercure faisait beaucoup suer ! », s’amuse Alain Corbin. Les théories les plus folles se développaient, comme celle de « l’hérédosyphilis », une syphilis congénitale que l’on attrapait si l’un de ses aïeux avait été contaminé jusqu’à la septième génération. Et que des médecins aux codes moraux rigides brandissaient comme une menace, s’alarmant de la « dégénérescence de l’espèce humaine ». Une croyance, poursuit Alain Corbin, « tombée en désuétude ».
Reste qu’avant l’arrivée de la contraception, les relations amoureuses avant le mariage étaient nécessairement différentes. On badinait davantage. « De 1870 à 1970, c’était le siècle du flirt. Celui de la drague, des caresses, des sous-entendus, avec des lieux emblématiques, comme les paquebots transatlantiques ou les villes d’eau. Ce siècle, il se termine avec la pilule », tranche Alain Corbin.

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Ces jeux de séduction prenaient parfois des formes inattendues. Dans les campagnes, où les femmes étaient plus libres d’assumer leurs désirs, on pratiquait le « maraîchinage » ou ses dérivés. Ce rituel de d’amour libre issu de coutumes rurales s’est développé en Vendée au XIXe siècle et jusqu’à la première guerre mondiale. Pendant ce maraîchinage, les jeunes s’adonnaient à des baisers et à des caresses au milieu de la nature, cachés sous de grands parapluies noirs. Un étonnant libertinage de campagne qui intrigua vivement, à une époque, de nombreux Parisiens.

Revivez le Monde Festival 2018 sur le thème « Aimer ! »
Aimer ! C’était le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’est déroulée du 5 au 7 octobre à Paris.
Revivez les meilleurs moments en vidéo, mais aussi en photos. 




Jessica Gourdon
    













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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Le rapport du GIEC paru le 8 octobre vient déjà trop tard. Le véritable rapport de la « dernière chance » date de... 1979, rappelle le journaliste Stéphane Foucart dans sa chronique.
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Climat : « Il est parfaitement illusoire de demeurer sous le seuil des 1,5 °C »

Le rapport du GIEC paru le 8 octobre vient déjà trop tard. Le véritable rapport de la « dernière chance » date de... 1979, rappelle le journaliste Stéphane Foucart dans sa chronique.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 09h14
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 06h44
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
C’est, à nouveau, le rapport de la « dernière chance ». Lundi 8 octobre, les experts du climat ont rendu une nouvelle somme sur la dérive climatique avec, comme sujet imposé par la communauté internationale, le seuil de 1,5 °C de réchauffement. Est-il encore possible de maintenir le climat terrestre sous cette barre qui se rapproche dangereusement ? La fameuse « dernière chance » est-elle, en réalité, désormais derrière nous ?
Dans sa communication, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a décidé de maintenir vif l’espoir d’un endiguement du problème et de ses conséquences les plus désastreuses : au prix d’un sursaut international, dit le GIEC, il est encore possible de demeurer sous le seuil des 1,5 °C d’élévation de la température moyenne, par rapport aux niveaux préindustriels. Il faudrait une transition sans précédent, bien sûr, mais l’objectif ne serait pas hors de portée.
Un régime autoritaire global
Pour le sociologue et politiste Stefan Aykut, professeur assistant à l’université de Hambourg (Allemagne) et observateur affûté du théâtre de la diplomatie climatique, coauteur avec Amy Dahan de Gouverner le climat ? (Presses de Sciences Po, 2015), ce discours met les scientifiques dans une situation singulièrement inconfortable. « Pour ne pas apparaître comme ceux qui ont tué l’espoir, les scientifiques présentent des scénarios dont certains incluent des notions d’émissions négatives, c’est-à-dire l’éventualité que nous parvenions à retirer du carbone de l’atmosphère, ce qui repose sur des paris technologiques incertains, dit-il. Ensuite, lorsqu’on regarde la vitesse avec laquelle les émissions doivent décroître pour maintenir le climat sous le seuil de 1,5 °C, on voit que l’exercice est complètement déconnecté des réalités politiques et économiques du monde. »
Les démocraties de marché ne sont pas adaptées aux transitions radicales
Sur le terrain des lois de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Faut-il octroyer des prêts aux seuls pays qui respectent les règles démocratiques ? François Mitterrand l’affirmait – sans toujours le faire. Emmanuel Macron estime, lui, que l’Europe n’est pas là pour « dire à l’Afrique ce qu’elle doit faire ».
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Aide au développement : l’influence d’abord

Faut-il octroyer des prêts aux seuls pays qui respectent les règles démocratiques ? François Mitterrand l’affirmait – sans toujours le faire. Emmanuel Macron estime, lui, que l’Europe n’est pas là pour « dire à l’Afrique ce qu’elle doit faire ».



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 09h00
    |

            Laurence Caramel








                        



                                


                            

L’aide publique au développement doit-elle servir à promouvoir la démocratie – quitte à priver de tout subside les gouvernements qui en violent notoirement les ­règles ? En France, cette question avait été tranchée par François Mitterrand, le 20 juin 1990, dans son célèbre discours de La Baule (Loire-Atlantique), qui conditionnait l’octroi de l’aide à l’Afrique aux progrès démocratiques. Depuis, ce principe a connu de multiples accommodements. François Hollande a tenté de ranimer cette exigence au début de son mandat, mais il a été confronté par la suite à la crise malienne et à la nécessité de lutter contre la montée des groupes armés au Sahel en s’alliant à des régimes dont il avait espéré pouvoir se tenir à distance. Le Tchad d’Idriss Déby, dont l’armée est réputée comme une des plus solides de la ­région, fait partie de ceux-là.
« Autres priorités »
Emmanuel Macron n’aura pas connu ces ­tiraillements. « Je suis d’une génération où on ne vient pas dire à l’Afrique ce qu’elle doit faire, quelles sont les règles de l’Etat de droit », a-t-il d’emblée prévenu lors de son premier déplacement sur le sol africain, le 28 novembre 2017 à Ouagadougou (Burkina Faso). Exit donc officiellement toute conditionnalité politique sur le choix des récipiendaires de l’aide.
En septembre, le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, l’a sans ambiguïté confirmé en détaillant la feuille de route de l’Agence française de développement (AFD). Ses moyens en faveur de l’Afrique sont appelés à fortement augmenter si l’engagement de porter l’aide publique au développement à 0,55 % du PIB (produit intérieur brut) d’ici à 2022 est tenu. « Ce n’est pas parce que certains régimes ne partagent pas les valeurs de la France que nous devons exclure leurs populations de l’aide française », a-t-il asséné.
Comment est-on passé du postulat faisant de la démocratie un des prérequis du développement à ce revirement ? L’ancien ambassadeur Nicolas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ En publiant « L’Art d’être oisif dans un monde de dingue », l’essayiste s’inscrit dans une tradition britannique antipuritaine et anticapitaliste. De quoi cet auteur de best-sellers est-il le symptôme ?
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Tom Hodgkinson, anarchiste old England

En publiant « L’Art d’être oisif dans un monde de dingue », l’essayiste s’inscrit dans une tradition britannique antipuritaine et anticapitaliste. De quoi cet auteur de best-sellers est-il le symptôme ?



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 09h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Juste ciel ! Quel mauvais génie a réuni ces deux ennemis du paresseux – les pendules et les sonneries – dans le même appareil ? Le réveil ! », se lamente l’essayiste Tom Hodgkinson au début de L’Art d’être oisif dans un monde de dingue (Les Liens qui libèrent, 336 p., 22 €) – un best-seller déjà lu par un million de personnes à travers le monde. Car, pour lui, le « sommeil bienheureux » est sacré. D’ailleurs, il le reconnaît volontiers, jusqu’à l’âge de 20 ans il était « incapable physiquement de se lever tôt » et détestait aller à l’école. Il a longtemps culpabilisé d’être si cossard jusqu’au jour où, devenu étudiant, il découvre, émerveillé, Pensées paresseuses d’un paresseux, de l’écrivain britannique humoristique Jerome K. Jerome (1859-1927). Il comprend qu’il n’est pas seul à redouter de se lever à l’aube, et à penser, enlaçant son oreiller : « Ah ! Quel plaisir de se tourner de l’autre côté et de se rendormir “cinq minutes seulement” ! »
« Oisif compétent »
A entendre Tom Hodgkinson, c’est « l’absurde vie de tâcheron anxieux et pressé » proposée par notre monde d’accélération qui a fait de lui un « oisif compétent » doublé d’un « anarchiste ». Ses études de lettres terminées, à peine propulsé dans la « vie active », le « bip électronique lancinant » des réveils revient le sonner. Il doit « sacrifier son existence » à ce qu’il comprend vite être « un des mythes les plus pernicieux de notre société » : l’emploi salarié pointé. Il entre au tabloïd Sunday Mirror, où il découvre « l’ignoble monde du travail », disciplinaire et minuté. « Etudiant, je lisais des romans, je dirigeais des revues, je jouais dans un groupe punk et je me levais comme bon me semblait. Au travail, je devais appeler le service de “com” de la chaîne de magasins Asda pour vérifier les prix des conserves de haricots, et autres joyeusetés de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Les archives sont rares, les témoins ont toujours peur… Anne Kerlan n’a pourtant pas renoncé à écrire la biographie de l’opposante à Mao morte en prison en 1968.
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Retrouver Lin Zhao dans la fureur de l’histoire chinoise

Les archives sont rares, les témoins ont toujours peur… Anne Kerlan n’a pourtant pas renoncé à écrire la biographie de l’opposante à Mao morte en prison en 1968.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 08h00
    |

            François Bougon








                        



                                


                            
Lin Zhao, « combattante de la liberté », d’Anne Kerlan, Fayard, 388 p., 24 €.

A l’origine du livre de la sinologue Anne Kerlan sur l’une des toutes premières dissidentes chinoises, il y a un choc sur grand écran : la découverte d’un documentaire du réalisateur indépendant Hu Jie, sorti confidentiellement en Chine en 2004, A la recherche de l’âme de Lin Zhao, consacré au destin tragique et au martyre de la journaliste et écrivaine (1932-1968).
« Ce film m’a bouleversée, ce fut un moment très fort », témoigne Anne Kerlan, dans un petit bureau de l’Ecole des hautes études en sciences sociales, où elle dirige le Centre d’études sur la Chine moderne et contemporaine. A la fin de la projection, à Paris, en 2008, elle est allée voir Hu Jie pour lui faire part de son émotion. Mais que faire de plus que le film-monument de ce réalisateur dont l’entreprise mémorielle fait penser à Claude Lanzmann (1925-2018) et à Shoah (1985), qu’il dit avoir vu à plusieurs reprises ? Il faudra des discussions avec des collègues, notamment Christian Ingrao, historien spécialiste du nazisme, qui animait à l’époque un séminaire intitulé « Explorations du paroxysme », pour qu’elle se lance dans un projet de livre. L’historien et éditeur ­Anthony Rowley (1952-2011) lui fait signer un contrat chez Fayard. « C’est allé plus vite que mon propre cheminement », explique Anne Kerlan.
Emportée par la vague de répression
Lin Zhao est certes une icône dans les cercles libéraux chinois qui luttent pour plus de démocratie et de respect des droits. Mais, à l’étranger, peu connaissent la trajectoire de cette contestataire de la première heure. Son vrai nom est Peng Linzhao, qu’elle change pour marquer son indépendance et s’affranchir de son père. Cette jeune fille idéaliste, déterminée et romantique passe par une école chrétienne puis s’engage au sein du Parti communiste clandestin. Elle se retrouve...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ L’artiste critique le marché de l’art, ce qui n’empêche pas qu’il soit parfois rattrapé par la spéculation, explique la professeure d’histoire de l’art Laurence Bertrand Dorléac.
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Banksy peut-il échapper aux règles du marché ?

L’artiste critique le marché de l’art, ce qui n’empêche pas qu’il soit parfois rattrapé par la spéculation, explique la professeure d’histoire de l’art Laurence Bertrand Dorléac.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 07h33
    |

Laurence Bertrand Dorléac (professeur d'histoire de l'art à Sciences Po)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis que l’économie de l’art existe, depuis l’Antiquité, les artistes jouent au chat et à la souris avec leurs commanditaires, leurs mécènes, leurs collectionneurs. Mais le monde actuel qui fétichise avant tout la performance financière relègue l’art comme jamais derrière sa valeur marchande. C’est agaçant pour toutes celles et tous ceux qui voudraient que l’on parle d’autre chose que d’argent, et l’artiste britannique Banksy en fait partie.
La semaine dernière, pendant la foire londonienne de Frieze, il a troublé le rituel bien rodé d’une salle de ventes par son œuvre d’art totale que l’on n’oubliera pas de sitôt. Les faits sont à présent connus : alors que sa Girl with Balloon (2006) vient d’être achetée chez Sotheby’s à Londres pour la somme considérable de plus de 1 million de livres sterling (1,2 million d’euros), au dernier coup de marteau, une alarme sonne et l’œuvre sort de son cadre pour passer à travers une broyeuse à papier qui la découpe à moitié en lamelles.
Une vidéo rend compte de la stupéfaction du public et du personnel de la salle des ventes devant cette scène imaginée par Banksy, qui déclare juste en riant sur Instagram : « Adjugé, vendu ! » Son post sur le réseau social, où il raconte avoir longtemps médité sa bombe à retardement, au cas où l’œuvre serait vendue, cumule plus d’une dizaine de millions de vues. Sa machinerie rappelle la sculpture autodestructrice de Jean Tinguely dans les jardins du MoMA en 1960 : avec son Hommage à New York, lui aussi voulait redonner à l’art un rôle sur la place publique.
Mélange de poésie et de politique
Banksy multiplie les interventions qui mélangent la poésie et la politique à travers le street-art, inventé dans les années 1960 pour sortir du cadre policé des collections. On reconnaît désormais dans les rues d’Angleterre et de Navarre ses révolutionnaires masqués qui lancent des fleurs, ses policiers qui s’embrassent, ses gavroches,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Ce n’est pas en laissant aux réactionnaires le monopole de la rupture que l’on sauvera l’égalité et la démocratie, met en garde l’économiste dans sa chronique au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/10/2018
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Thomas Piketty : « Au Brésil, la République menacée »

Ce n’est pas en laissant aux réactionnaires le monopole de la rupture que l’on sauvera l’égalité et la démocratie, met en garde l’économiste dans sa chronique au « Monde ».



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 07h02
    |

                            Thomas Piketty (Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris)








                        



                                


                            

Chronique. Aux Etats-Unis, c’est au milieu des années 1960 que les anciens esclaves ont pu finalement obtenir le droit de s’asseoir dans les mêmes bus que les Blancs, d’aller dans les mêmes écoles, et, par la même occasion, ont pu accéder au droit de vote. Au Brésil, le droit de vote pour les pauvres date de la Constitution de 1988, soit quelques années avant les premières élections multiraciales en Afrique du Sud, en 1994.
La comparaison peut choquer : le Brésil est un pays autrement plus métissé que les deux autres. Lors du dernier recensement, en 2010, 48 % de la population s’est déclarée comme « blanche », 43 % comme « métisse », 8 % comme « noire », et 1 % comme « asiatique » ou « indigène ». En réalité, ce sont même plus de 90 % des Brésiliens qui ont des origines métissées. Il reste que les clivages sociaux et raciaux demeurent étroitement liés. C’est le pays du « racisme cordial », dit-on parfois, à défaut d’être le pays débarrassé de la race. Un pays où la démocratie est récente et fragile, et traverse actuellement une crise très grave.
Le Brésil a aboli l’esclavage en 1888, alors que les esclaves représentaient encore 30 % de la population dans certaines provinces, en particulier dans les régions sucrières du Nordeste. Au-delà du cas extrême de l’esclavage, il s’agit d’un pays où les relations de travail sont longtemps restées extrêmement dures, en particulier entre les propriétaires terriens et les ouvriers agricoles et paysans sans terre.
Une longue histoire d’inégalités
Sur le plan politique, la Constitution de 1891 prit soin de préciser que les personnes non alphabétisées n’auraient pas le droit de vote, règle reprise par les Constitutions de 1934 et 1946. Ceci permit d’éliminer d’entrée de jeu 70 % de la population adulte du processus électoral dans les années 1890, et toujours plus de 50 % en 1950 et environ 20 % en 1980. En pratique, ce sont non seulement les anciens esclaves mais plus généralement les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ A l’instar de « LIBERTÉ, ÉGALITÉ, CABLE TV », détournement du « Bonaparte franchissant le Grand Saint-Bernard » de Jacques-Louis David, l’œuvre du street-artiste renouvelle la puissance politique de classiques, estime l’historienne Charlotte Guichard, dans une tribune au « Monde ».
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Banksy revisite Bonaparte et la notion de pouvoir

A l’instar de « LIBERTÉ, ÉGALITÉ, CABLE TV », détournement du « Bonaparte franchissant le Grand Saint-Bernard » de Jacques-Louis David, l’œuvre du street-artiste renouvelle la puissance politique de classiques, estime l’historienne Charlotte Guichard, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 06h00
    |

Charlotte Guichard (directrice de recherche au CNRS et professeure attachée à l’Ecole normale supérieure)







                        



                                


                            
Tribune. Au 41, avenue de Flandre, dans le 19e arrondissement de Paris, sur les murs d’un logement social, un monumental pochoir de Banksy est protégé par un large Plexiglas des agressions du temps et de la rue. Détournant une œuvre iconique de la grande peinture, muséifiée, Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard, par Jacques-Louis David (1801), il représente une figure juchée sur un cheval cabré, en plein élan. Face au vent, son visage est dissimulé par un grand voile rouge qui l’aveugle aussi. Il a été réalisé en 2018 peu après la célébration de la Journée mondiale des réfugiés le 20 juin, avec une série d’autres œuvres éphémères : une invasion de Paris, comme les affectionne l’artiste.
C’est le rouge qui arrête le regard. La cape majestueuse s’est retournée contre Bonaparte, qui fait face au vent. Aveuglement de nos leaders politiques ? Dans le mouvement artistique de l’appropriation, la cape est devenue voile et la figure centrale évoque désormais une femme voilée. Peur de l’islam ? Quelques jours plus tard, l’œuvre est légendée sur Instagram, par Banksy lui-même, « LIBERTÉ, ÉGALITÉ, CÂBLE TV ». En lettres capitales, à la manière des écritures exposées qui ornent certains tableaux historiques de David et certains frontons des bâtiments publics pendant la Révolution et puis la IIIe République.
Orchestration médiatique
Perte des idéaux révolutionnaires et républicains ? A l’époque du tableau de David, Napoléon Bonaparte n’est encore que Bonaparte, premier consul, ce sont les valeurs de la Révolution française qu’il (ex)porte avec lui en Italie. Pas l’Empire. Pas encore. Cette devise serait-elle pervertie par les afflux d’images dont nous assomment les chaînes de télévision ? C’est ce que semble dire la photo que publie Banksy sur son compte et qui cadre aussi un jeune homme absorbé par son lumineux écran de téléphone.
Pourtant, ce pochoir n’a pas de sens sans l’orchestration médiatique qu’en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Ce qui est bon pour les entreprises n’est plus nécessairement considéré comme bénéfique par de larges pans de la société, ce qui contribue à gripper le  modèle allemand, analyse Cécile Boutelet, journaliste au « Monde ».
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En Allemagne, le fossé se creuse entre politique et économie

Ce qui est bon pour les entreprises n’est plus nécessairement considéré comme bénéfique par de larges pans de la société, ce qui contribue à gripper le  modèle allemand, analyse Cécile Boutelet, journaliste au « Monde ».



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 05h30
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Analyse. Le « mittelstand » allemand n’est pas réputé pour ses positions radicales. Ce tissu d’entreprises de taille intermédiaire, qui fait le succès et la grande résilience du « made in Germany », est adepte du long terme, de la gestion morale des affaires et de la modération du discours. Fin septembre, l’une des grandes figures du mittelstand, Nicola Leibinger-Kammüller, héritière et dirigeante du constructeur de machines Trumpf, près de Stuttgart, a cependant usé de mots inhabituellement alarmants pour décrire la situation actuelle. « Il y a un éloignement insidieux entre l’économie et le gouvernement, a-t-elle déclaré à l’hebdomadaire Welt am Sonntag. (…) L’économie se sent moins entendue et comprise. Et les politiques sont frustrés que l’économie ne reconnaisse pas leurs contraintes. »
Pour comprendre la portée de cette alerte, il faut se remettre dans le contexte allemand : le succès économique du pays repose traditionnellement sur une coopération efficace entre Etat et entreprises. Le premier définit un cadre normatif favorable à la concurrence et au développement économique, les secondes ont une responsabilité morale vis-à-vis de la société. Elles organisent les rémunérations et les conditions de travail en coopération avec les syndicats. C’est le principe de l’ordolibéralisme, théorie qui a donné naissance à l’économie sociale de marché, qui a garanti pendant des décennies la cohésion de la société allemande.
Dégradation du climat des affaires
Ce que Mme Leibinger-Kammüller décrit, c’est le grippement de ce modèle. Car en dépit de la réussite exceptionnelle de l’économie, la société allemande est profondément divisée. Ce qui est bon pour les entreprises n’est plus nécessairement considéré comme bénéfique par de larges pans de la société. Ce fossé, en germe depuis plusieurs années, s’est cristallisé sur la question de l’immigration. Le devoir moral d’accueillir les réfugiés,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Françoise et François Lemarchand, fondateurs des enseignes de décoration Pier Import, Résonances et Nature & Découvertes, racontent en images comment ils allaient dénicher des objets du bout du monde.
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Avant la mondialisation, le commerce dans sa période romantique

Françoise et François Lemarchand, fondateurs des enseignes de décoration Pier Import, Résonances et Nature & Découvertes, racontent en images comment ils allaient dénicher des objets du bout du monde.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 05h15
    |

            Cécile Prudhomme








                        



                                


                            

Livre. C’est une remontée dans le temps et une bouffée de nostalgie pour tous ceux qui ont acheté des meubles et objets exotiques de l’enseigne emblématique des années 1970-1980. Françoise et François Lemarchand, le couple fondateur des enseignes Pier Import, Résonances et Nature & Découvertes, ouvrent les portes des rêves utopiques qu’ils ont concrétisés en épopée économique dans un ouvrage construit comme un carnet de voyage. Illustré de clichés pris et légendés par Françoise, photographe, ce livre est aussi une véritable photographie du commerce avant sa phase de mondialisation.
Des clichés intimistes des périples de ce couple hippie qui s’en allait dénicher des objets du bout du monde. Comme ceux pris dans les montagnes du Cachemire indien pour aller négocier avec les populations nomades la livraison de boîtes en papier mâché. Ou ces instants capturés dans l’île de Cebu, aux Philippines, où Pier Import faisait fabriquer le fameux fauteuil en rotin popularisé par le film Emmanuelle, de Just Jaeckin. « Nous y étions allés rencontrer ce village de paysans par l’intermédiaire d’anciens de l’agence américaine pour l’aide au développement Peace Corps, raconte au Monde François Lemarchand. Pendant trois mois de l’année, en période creuse, ils faisaient de l’artisanat. Leur commerce était à base de troc, mais pour certaines dépenses, comme l’achat de pièces détachées, ils ne pouvaient payer qu’en cash. Ils avaient alors évalué qu’ils avaient besoin de 5 000 dollars par an pour le village, et qu’ils pouvaient nous fabriquer 500 fauteuils. Ils nous ont demandé l’équivalent de 10 dollars pièce. Ainsi se fixaient les prix. C’était une époque assez romantique du commerce. » Presque nostalgique, l’auteur ajoute : « Avec les Chinois, il nous fallait parfois deux ans pour recevoir la marchandise. »
« Ennui »
Le commerce actuel s’est éloigné de cette image d’Epinal. « Il s’est banalisé,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ L’économiste Florence Legros dénonce, dans une tribune au « Monde », trente années de « bricolage » qui ont conduit à une diminution du pouvoir d’achat des retraités, et auxquelles pourrait mettre fin un système par points basé sur le principe de « neutralité actuarielle »
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Retraites : « La nécessité d’une réforme équitable, lisible et durable »

L’économiste Florence Legros dénonce, dans une tribune au « Monde », trente années de « bricolage » qui ont conduit à une diminution du pouvoir d’achat des retraités, et auxquelles pourrait mettre fin un système par points basé sur le principe de « neutralité actuarielle »



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 17h37
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 17h40
    |

Florence Legros (Professeur d’économie, directrice générale d’ICN Business School)







                        



                                


                            
Tribune. Après des décennies de réformes paramétriques, le gouvernement semble sur le point d’engager une réforme structurelle de notre système de retraite. Avec un taux de dépendance (le nombre des 65 ans et plus rapporté à celui des 15-64 ans) qui devrait passer de près de 25 % aujourd’hui à près de 45 % en 2070, les besoins de financement seraient en effet difficilement supportables si le poids des pensions dans le produit intérieur brut (PIB) augmentait dans les mêmes proportions.
Certes, les réformes menées jusqu’ici devraient limiter ce risque, comme le montre l’« Ageing Report » de la Commission européenne, qui en intègre les résultats escomptés. La part des pensions est aujourd’hui de 15,1 % du PIB, mais elle devrait baisser à 11,8 % en 2070, en raison de l’augmentation des taux d’activité aux âges élevés, mais surtout de la baisse des taux de remplacement, c’est-à-dire du rapport entre pensions et salaires d’activité. Car c’est en réalité à une baisse orchestrée du pouvoir d’achat relatif des retraités que l’on assiste depuis trente années !

En 1993, la réforme impose que les salaires servant au calcul de la première pension (soit les 25 meilleures années, au lieu des 10 préalablement) ne soient plus indexés comme le salaire moyen de l’économie, mais comme l’inflation. Autrement dit, les salaires passés voient leur valeur de calcul d’autant plus baisser qu’ils sont anciens. Les pensions suivantes étant également désindexées, celles-ci « décrochent » chaque année du salaire moyen. Autrement dit, chaque point de croissance économique vient baisser le pouvoir d’achat relatif des retraités.
Risque de paupérisation des retraités
Par la suite, la sous-indexation des retraites complémentaires à un point de moins que l’inflation, puis la décision, à partir de 2013 et jusqu’en 2019, de retarder leur revalorisation de sept mois chaque année, et enfin la mise en place d’un bonus-malus destiné à inciter...




                        

                        


<article-nb="2018/10/14/19-19">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ L’adoption d’un régime à points traduirait la préférence pour une gouvernance par les nombres qui considère la retraite comme un coût et non comme un « droit au bonheur », regrette le professeur d’économie Nicolas Cuzacq dans une tribune au « Monde ».
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Retraites : « La réforme traduit une vision purement comptable »

L’adoption d’un régime à points traduirait la préférence pour une gouvernance par les nombres qui considère la retraite comme un coût et non comme un « droit au bonheur », regrette le professeur d’économie Nicolas Cuzacq dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 17h36
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 17h40
    |

Nicolas Cuzacq







                        



                                


                            
Tribune. La réforme des retraites qui s’annonce n’est pas dans la lignée des précédentes car le passage d’une retraite en « annuités », dispositif actuel dans la majorité des régimes de base, à un régime par points que la réforme pourrait instaurer, engendre un changement de paradigme car la philosophie des deux dispositifs est différente.
Les régimes en annuités ont un objectif de revenu de remplacement alors qu’un régime à comptes notionnels privilégie la stabilité du montant des prélèvements obligatoires. Dans un régime par points, une hausse de l’espérance de vie engendre automatiquement une baisse de la pension de retraite, sauf si l’actif consent à cotiser plus longtemps. Dans les faits, la réforme aura donc des conséquences sur la durée de cotisation, à l’inverse de ce qui est parfois affirmé. Elle traduit une vision purement comptable du système des retraites.
On peut envisager d’augmenter les prélèvements sociaux sur les revenus du capital
Il est logique de travailler plus longtemps lorsque l’espérance de vie augmente, mais il semble aussi légitime d’élargir l’assiette des cotisations afin de prendre en considération les évolutions de la société comme par exemple sa financiarisation. En conséquence, on peut envisager d’augmenter les prélèvements sociaux sur les revenus du capital. En 2017, ils ont déjà financé la branche vieillesse pour 16 milliards d’euros. Leur hausse engendrerait un accroissement du prélèvement forfaitaire de 30 % sur les revenus du capital. On pourrait aussi majorer le taux d’impôt sur les sociétés en cas de distribution de dividendes (et le maintenir en cas d’autofinancement). La majoration de l’imposition abonderait le financement des retraites.

De telles solutions ne correspondent pas à la philosophie néolibérale du « TINA » (« there is no alternative ») qui valide l’idée que les grandes fortunes et les multinationales mettent en concurrence les législations des Etats. Le choix d’un régime...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Le professeur d’économie Louis de Mesnard estime, dans une tribune au « Monde », que la retraite doit rester un droit des salariés reposant sur la confiance en l’avenir.
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Réforme des retraites : « Le contrat social intergénérationnel est fragile »

Le professeur d’économie Louis de Mesnard estime, dans une tribune au « Monde », que la retraite doit rester un droit des salariés reposant sur la confiance en l’avenir.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 17h40
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Louis de Mesnard (Professeur d’économie à l’université de Bourgogne)







                        



                                


                            

Tribune. Pour le gouvernement, la retraite est une prestation sociale : le prochain budget va désindexer les retraites de la hausse des prix. C’est que, pour le président de la République, « la retraite n’est pas un droit auquel on a cotisé toute sa vie, la retraite est ce que les actifs payent pour les retraités ». Il faut reconnaître que la fin de la proposition est parfaitement vraie : toute retraite est payée sur le revenu national, qu’elle soit par répartition ou par capitalisation.
Toutefois, dire que la retraite n’est pas un droit mais une simple prestation sociale mérite discussion. Aucun système de retraite ne peut faire l’objet d’un consensus social s’il n’est pas considéré comme un droit. En effet, considérons deux périodes – « aujourd’hui » et « demain » –, et trois catégories de personnes – « jeunes », « actifs » et « retraités ». Avec le temps qui passe, les actifs d’aujourd’hui deviennent les retraités demain, les retraités d’aujourd’hui disparaissent demain, tandis que les jeunes d’aujourd’hui deviennent eux-mêmes actifs demain.

Alors, pourquoi la catégorie des actifs donnerait-elle aujourd’hui X milliards d’euros à celle des retraités, alors que cette dernière aura disparu demain et ne pourra rien lui rendre ? Pourquoi cette catégorie composée d’homo economicus ferait-elle preuve d’altruisme aujourd’hui envers celle des retraités, puisque rien ne lui garantirait qu’elle-même bénéficierait d’un tel traitement favorable son tour venu demain ? Cela montre bien qu’il faut un mécanisme permettant à la catégorie des actifs d’être incitée à effectuer le transfert vers la catégorie des retraités. Ce mécanisme peut être de deux ordres.
Le leurre de la capitalisation
Soit les actifs placent la somme correspondant au transfert aujourd’hui et la récupèrent demain, avec intérêts. En ce cas, il y a transfert intergénérationnel au sein d’une même catégorie, les actifs d’aujourd’hui étant devenus...




                        

                        

