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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Une milliardaire assassinée, un gendre accusé d’être le commanditaire, des voyous novices : Pascale Robert-Diard revient sur un procès exceptionnel.
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Hélène Pastor : chronique en 15 épisodes d’un procès qui défie la rationalité

Une milliardaire assassinée, un gendre accusé d’être le commanditaire, des voyous novices : Pascale Robert-Diard revient sur un procès exceptionnel.



LE MONDE
 |    14.10.2018 à 17h15
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 17h25
    |

            Pascale Robert-Diard








                        



   


Un scénariste qui aurait proposé une telle histoire se serait sans doute fait rabrouer. Pas crédible. Trop de personnages invraisemblables. Une milliardaire monégasque assassinée en compagnie de son majordome. Un gendre homme d’affaires, consul honoraire de Pologne, accusé d’être le commanditaire. Un coach sportif dévoué servant d’intermédiaire, qui appelle en renfort son beau-frère à l’histoire familiale tragique, pour dénicher des exécutants novices en assassinat dans les cités de Marseille. Un guet-apens meurtrier sous l’œil des caméras de surveillance de Nice. Et une accumulation de bourdes qui, en trois semaines, conduisent les enquêteurs à interpeller tout le monde.
Ce qu’il y a de bien, avec la réalité, c’est qu’elle se fiche de la vraisemblance. Elle est à prendre telle quelle. Une bonne part de l’intérêt que suscite l’affaire Pastor vient justement de ce qu’elle défie la rationalité. En cela, elle est simplement et terriblement humaine. Ce que disent l’enquête et l’instruction, ce que soutient l’accusation et que, jusqu’à présent, la défense n’a pas été en mesure de contredire, c’est que l’on peut, comme Wojciech Janowski, être depuis vingt-huit ans le gendre de l’une des femmes les plus riches de Monaco, bénéficier des 500 000 euros d’argent de poche mensuel que sa compagne perçoit de sa mère, et être à court d’argent et en mal de reconnaissance. Que l’on peut, comme lui, donner toutes les apparences d’un homme d’affaires accompli, d’un bon époux et père de famille, d’un notable honoré, et concevoir un projet criminel. Que l’on peut, comme Pascal Dauriac, être un brave type, passionné par son métier de coach sportif, vivant de peu, et abandonner sa conscience et sa liberté aux rets de son patron pour l’aider à réaliser un double assassinat en lui cherchant des exécutants. Que l’on peut encore, dans les cités de Marseille, convaincre au beau milieu de la nuit un petit voyou de remplir un contrat criminel qu’il mènera à son terme, sans état d’âme, quelques heures plus tard à Nice. Sans compter tous les autres accusés de ce drame dont la lâcheté, la roublardise, la soumission, l’appétit d’argent ont permis de constituer cette improbable mais tragiquement réelle chaîne meurtrière.
Le procès de l’affaire Pastor entre dans ses derniers jours. L’avocat général, Pierre Cortès, a réclamé, vendredi 12 octobre, vingt-deux ans de sûreté contre le gendre de la milliardaire. La perpétuité simple a été requise contre deux personnes, accusées d’être les auteurs du double assassinat. Après les plaidoiries de la défense, le verdict est attendu le mercredi 17 octobre.
Si vous avez manqué des épisodes ou que vous voulez découvrir l’atmosphère si particulière de ce procès, nous avons rassemblé tous les articles écrits par notre chroniqueuse judiciaire Pascale Robert-Diard depuis l’ouverture de l’audience, le 17 septembre.
1/ Le gendre, les voyous et l’argent de la belle-mère
Le procès de dix personnes impliquées dans l’assassinat de la milliardaire monégasque et de son chauffeur a débuté lundi 17 septembre devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône.
2/ « Je suis innocent », affirme d’emblée le gendre au premier jour
Accusé d’avoir commandité l’assassinat de sa belle-mère, la richissime héritière monégasque Hélène Pastor, Wojciech Janowski a déclaré « n’avoir commis aucun crime ».
3/ La défense de Wojciech Janowski face au mur de l’enquête
Au deuxième jour de l’audience, les enquêteurs ont détaillé la piste qui les a conduits à Wojciech Janowski. Son avocat a essayé de torpiller l’enquête.
4/ Le guet-apens du 6 mai 2014, dans les yeux des témoins
Des témoins de l’assassinat de la richissime Monégasque Hélène Pastor et de son chauffeur ont été appelés à la barre le 20 septembre.
5/ « Je n’ai plus maman, je n’ai plus Wojciech, je n’ai plus rien. J’attends la vérité »
La fille de la victime, Hélène Pastor, et compagne de l’accusé, a déposé, vendredi 21 septembre, devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône.
6/ Dialogues d’audience au procès Pastor
Un ami et la femme d’Al Haïr Hamadi, qui a recruté le tueur d’Hélène Pastor, étaient à la barre, lundi 24 septembre, devant la cour d’assises d’Aix-en-Provence.
7/ Au procès Pastor, le « dragon », le « vaillant » et « le barbeau »
Depuis le 24 septembre, la cour d’assises des Bouches-du-Rhône entend les hommes de main, issus des cités de Marseille et accusés de l’assassinat de l’héritière.
8/ Wojciech Janowski au procès Pastor : « Vous n’avez pas une seule preuve que je suis coupable ! »
Le gendre de la victime, qui avait avoué être le commanditaire du crime en garde à vue, a nié tout rôle, jeudi, devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône.
9/ Au procès Pastor, les vies d’avant le guet-apens du 6 mai 2014
L’audience a permis de reconstituer les relations difficiles entre la victime et sa fille et le conjoint de celle-ci, accusé d’être le commanditaire du crime.
10/ Francis Pointu, le faux témoin à 64 000 euros du procès Pastor 
Le délinquant a, en 2016, déclaré au juge d’instruction que le coach Pascal Dauriac lui avait confié avoir accusé à tort Wojciech Janowski, gendre de la victime. « Une arnaque », a-t-il plus tard reconnu.
11/ Au procès Pastor, moment de vertige lors de la diffusion des aveux de Wojciech Janowski
Le gendre de la victime, accusé d’être le commanditaire de son assassinat, avait avoué lors de sa garde à vue, avant de se rétracter.
12/ Au procès Pastor, lendemain chagrin et occasion manquée
L’audience a repris son rythme de croisière. Personne ne s’est saisi de ce moment de bascule que fut la diffusion de la vidéo des aveux du principal accusé, Wojciech Janowski.
13/ Et l’accusé Wojciech Janowski demanda la parole…
Wojciech Janowski, soupçonné d’être le commanditaire du meurtre de l’héritière monégasque, a demandé la parole pour faire un « commentaire additionnel ».
14/ Wojciech Janowski à la cruelle lumière du procès Pastor
Au fil des jours, les audiences ont fait apparaître le commanditaire présumé de l’assassinat d’Hélène Pastor comme un homme impérieux, manipulateur et venimeux.
15/ Affaire Pastor : réclusion criminelle à perpétuité requise contre Wojciech Janowski
L’avocat général réclame vingt-deux ans de sûreté contre le gendre de la milliardaire. La perpétuité simple a été requise contre deux personnes, accusées d’être les auteurs du double assassinat.
Verdict attendu le 17 octobre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Un an après #metoo, déposer plainte pour viol ou agression sexuelle est toujours aussi compliqué pour certaines victimes déjà mises au ban par la société.
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Les travailleuses du sexe, toujours exclues du mouvement #metoo

Un an après #metoo, déposer plainte pour viol ou agression sexuelle est toujours aussi compliqué pour certaines victimes déjà mises au ban par la société.



LE MONDE
 |    14.10.2018 à 14h25
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 16h13
    |

                            Brice Laemle








                        



                                


                            

« J’ai des collègues qui venaient porter plainte pour viol et à qui les policiers ont répondu : “Et sinon, vous préférez la levrette ou la sodomie ?” Qu’est-ce que vous pouvez répondre à ça ? », se désole Anaïs (qui souhaite garder l’anonymat), une escort-girl de 42 ans. Ce type de mésaventures au commissariat est loin d’être rare dans le milieu des travailleuses du sexe. Aussi Anaïs – c’est le nom qu’elle donne à ses clients – a-t-elle sciemment évité de porter plainte le jour où elle a à son tour été victime d’un viol.
« Je me suis défendue en le mordant, il est parti après m’avoir tabassée »
Attablée à la terrasse d’un café parisien en ce début de mois d’octobre ensoleillé, Anaïs se souvient de cette soirée d’août où tout a basculé. « Je n’avais pas assez pour payer mon loyer. J’ai fait quelque chose que je n’aurais jamais fait avant, j’ai accepté un client que je ne sentais pas », raconte la quadragénaire aux cheveux blonds coupés courts. « Quand je lui ai demandé l’argent, il a sorti un couteau de son sac en me disant :  “Tu sais qu’avec ça je peux te tuer ?” Lorsqu’il s’est rendu compte que je n’avais pas d’argent chez moi, il m’a forcé à lui faire une fellation. Je me suis défendue en le mordant, et il est parti après m’avoir tabassée. »
Sonnée, le visage ensanglanté et tuméfié, Anaïs est seule chez elle. Cette ancienne cadre, qui a changé de vie il y a sept ans après deux burn-out pour se mettre à son compte, éprouve brutalement la solitude de son nouveau métier. Sa première réaction n’est pas d’alerter la police, ni même ses proches, mais d’autres travailleuses du sexe sur un groupe Facebook. Celles-ci ne se connaissent souvent que virtuellement, mais les difficultés de leur métier fondent leur solidarité.
Une collègue l’accompagne alors aux urgences, où les médecins constatent une fracture du plancher orbital. « A aucun moment, je n’ai envisagé d’appeler la police. C’était la dernière...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Depuis la naissance du mot-clé #BalanceTonPorc, une multitude de hashtags délateurs ont proliféré sur les réseaux ; le sociologue Fabien Jobard analyse ce phénomène.
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« En “balançant”, les femmes ont brisé la loi du silence »

Depuis la naissance du mot-clé #BalanceTonPorc, une multitude de hashtags délateurs ont proliféré sur les réseaux ; le sociologue Fabien Jobard analyse ce phénomène.



LE MONDE
 |    14.10.2018 à 10h53
    |

                            Nicolas Santolaria








                        


Il y a un an naissait sur le réseau Twitter le mot-clé #BalanceTonPorc, lancé par la journaliste Sandra Muller en réaction à l’affaire Weinstein. Depuis, l’idée a été déclinée pour toutes sortes de causes ; si l’on « balance » tant aujourd’hui, « c’est d’abord parce que le coût de l’acte, avec les réseaux sociaux, a littéralement fondu », analyse le sociologue Fabien Jobard, coauteur de Citoyens et Délateurs : la délation peut-elle être civique ? (Editions Autrement, 2005)

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Comment qualifier l’attitude consistant à « balancer » sur les réseaux sociaux ? Le terme est généralement associé à un comportement dévalorisant, notamment dans le milieu du crime ou de la délinquance (la balance trahit la loi du groupe). Or, là, le terme prend soudain une autre connotation, plus positive…
Fabien Jobard : Je pense que le terme « balancer » consiste en une opération syntaxique assez subtile qui vise justement à inverser la perspective : « balance » renvoie au milieu criminel et à l’omerta, pour précisément signifier que la masculinité et ses codes produisent in fine un milieu, une chape de plomb, une omerta. En « balançant », les femmes brisent la loi du silence.
#BalanceTonPorc connaît aujourd’hui de nombreuses déclinaisons (#BalanceTonElu, #BalanceTonRaciste, #BalanceTaRoute, etc.). Assiste-t-on à une extension du domaine de la délation ?
Cela fait bien longtemps qu’on a assisté, en tout cas, à une extension du domaine de la dénonciation. Les réseaux sociaux sont des lieux de partage de l’information où le public et le privé, le public et l’intime ont vu leurs frontières sérieusement bouger. Il vaut mieux parler ici d’un nouveau régime de publicité : chacun parle de soi et de son intimité (« aujourd’hui je me fais une purée de carottes à l’ail », etc.). C’est du fait de la constitution de ce nouvel espace public qu’ont émergé les dénonciations dont vous parlez. Dans cet espace public, on voit en effet que la dénonciation de situations (le racisme, le sexisme, l’oppression, etc.) est formulée comme mise à l’index de personnes précises et de circonstances singulières. Ce n’est plus le racisme que l’on dénonce, mais tel patron ayant licencié Mohammed pour des raisons impropres.

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                #BalanceTaBalance ou l’invasion des hashtags qui dénoncent



Le terme « balancer » recouvre-t-il des comportements pluriels ? La frontière est en effet ténue entre la délation et la dénonciation, entre le délateur et le lanceur d’alerte…
« Délation » est un terme que nous n’avons qu’en français, qui signifie une dénonciation indigne, une dénonciation qui mérite l’opprobre. De ce fait, ce que les uns voient comme comportement civique, les autres le voient comme délation. Il n’y a pas d’arbitrage a priori, c’est une casuistique : chaque cas doit être examiné isolément. Le comportement est-il imaginaire ? La dénonciation a-t-elle pour seule fin de nuire à la personne dénoncée ?
Pourquoi balance-t-on autant aujourd’hui ? Est-ce le signe d’un dysfonctionnement des mécanismes institutionnels, des formes traditionnelles de médiation (justice notamment) ?
Non : c’est d’abord parce que le coût de l’acte, avec les réseaux sociaux, a littéralement fondu. Une recherche sociologique fondatrice avait été faite sur la dénonciation, au tout début des années 1980. Son matériau ? Les courriers de lecteur envoyés à la rédaction du Monde. C’était l’époque où l’acte de dénoncer supposait du papier, une enveloppe, un adressage, un timbre…
Y a-t-il une distinction de nature à faire entre un message qui balance anonymement et un message dont l’auteur assumera son identité ?
La Sécurité sociale ou la Caisse nationale des allocations familiales, qui reçoivent des lettres de dénonciation pointant des perceptions infondées de leur voisin ou de leur cousin, ont mis en place de tels principes de tri : le courrier doit être signé. Toutefois, il est beaucoup de situations où le risque de la dénonciation est tel qu’on ne peut d’abord que passer par la diffusion d’une alerte anonyme, pour mettre la puce à l’oreille et laisser les instances de contrôle (la justice en dernier ressort) enquêter. Il faut dans ce cas que les allégations soient nourries.
Peut-on imaginer qu’émerge une forme de « délation positive », comme il existe une « discrimination positive » ?
Oui, c’est l’alerte que lancent les lanceurs d’alerte.

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                #balancetonporc : le combat continue… pour détenir la marque



Une société où on se balance tous les uns les autres est-elle, à terme, vivable ?
Je préfère défendre l’idée que nous vivons dans des sociétés, dans des sous-segments de LA société. Je pense qu’il y a des univers sociaux dans lesquels le quotidien est depuis longtemps très marqué par une attention très forte portée aux comportements individuels, comme les campus universitaires aux Etats-Unis, par exemple. Mais il y a aussi des formes de vie qui suscitent une pression très forte : celui ou celle qui est en permanence connectée sur Facebook et qui consacre une partie considérable de son temps aux ragots sur ses proches et les proches de ses proches s’expose au risque de voir sa vie réelle rongée par sa vie virtuelle. D’autres se prémunissent de ce type de risques. D’autres aussi vivent dans des univers où les comportements racistes ou sexistes, pour reprendre les exemples que vous évoquiez, sont encore bien acceptés, peu exposés à la critique et au risque de dénonciation.

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                #balancetonporc : derrière la polémique, un fait social






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ La somme de témoignages de femmes rassemblés sous ce label a engendré en un an une prise de conscience internationale sur le harcèlement sexuel.
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#MeToo, du phénomène viral au « mouvement social féminin du XXIe siècle »

La somme de témoignages de femmes rassemblés sous ce label a engendré en un an une prise de conscience internationale sur le harcèlement sexuel.





LE MONDE
 |    14.10.2018 à 09h45
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 11h33
    |

            Pauline Croquet





En 2006, Tarana Burke, une travailleuse sociale originaire de Harlem (New York), lance une campagne de soutien aux victimes d’agressions sexuelles dans les quartiers défavorisés. Pour appuyer sur l’empathie et la solidarité, elle choisit un nom très court à cette initiative : « Me too » (« moi aussi »). Deux petits mots que la militante, qui a elle-même subi des violences sexuelles, regrette de n’avoir pas su dire plusieurs années auparavant à une fille de 13 ans qui s’était confiée à elle sur les viols à répétition de son beau-père. Tarana Burke ne pouvait pas s’imaginer que, dix ans plus tard, « Me too » galvaniserait des dizaines de milliers de femmes et les encouragerait à partager leur histoire. Que ce « moi aussi » serait désormais le nom d’un mouvement social d’ampleur, lancé en ligne par des femmes et à travers le monde.
Le 5 octobre 2017, l’affaire Weinstein éclabousse Hollywood. Les révélations du New York Times et du New Yorker sur les accusations d’agressions, de viols et de violences commises par ce producteur de cinéma américain font le tour de la planète grâce à Twitter, un réseau social parmi les plus privilégiés des personnalités publiques. C’est sur cette même plate-forme que rejaillit l’étincelle #MeToo. Dans la nuit du 14 au 15 octobre, Alyssa Milano, fervente critique d’Harvey Weinstein et connue pour ses rôles dans les séries Madame est servie et Charmed, décide de poster un petit message avec cette idée :
« Si vous avez été victime de harcèlement ou d’agression sexuelle, écrivez “moi aussi” en réponse à ce tweet. »

If you’ve been sexually harassed or assaulted write ‘me too’ as a reply to this tweet. https://t.co/k2oeCiUf9n— Alyssa_Milano (@Alyssa Milano)


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L’actrice envoie quelques minutes plus tard un deuxième tweet, accroché comme une bouée au premier : « Me too » Plus de soixante mille messages lui feront directement écho dans les cinq jours qui suivirent. Les signataires de ces tweets sont en grande partie des femmes, certaines célèbres, d’autres anonymes, qui livrent de courts témoignages, qui racontent pêle-mêle les brimades, les réflexions, les regards, les agressions, les viols. Des faits survenus au travail, mais qui s’étendent aussi à l’enfance, à la famille, à la fac, à l’espace public. L’amoncellement de ces récits en quelques centaines de caractères montre que le harcèlement sexuel des femmes ne s’arrête pas à Hollywood ; il n’épargne aucune classe sociale, aucun milieu.

        Témoignages de l’an I de #metoo :
         

          « Je me sens plus légitime à réagir à des regards appuyés »



« L’objet [de ces témoignages] est souvent, précisément et seulement, l’irrémédiable de ce qui a eu lieu, plutôt qu’un rêve de vengeance ou même de réparation. Des faits ressouvenus et sèchement rapportés, voilà #MeToo », constate l’anthropologue française Véronique Nahoum-Grappe à propos des témoignages dans « #MeToo : Je, Elle, Nous », un article paru dans la revue Esprit en mai 2018. « Des tweets qui n’étaient pas des réponses désinvoltes », abonde une parution sur l’activisme féministe numérique dans le European Journal of Women’s Studies en avril, « mais des témoignages soigneusement rédigés qui ont été échafaudés après des nuits blanches ».
« Une réalité massive et tragique »
Des dizaines de milliers d’internautes femmes et hommes vont à leur tour s’exprimer sur Facebook, Instagram ou encore le forum Reddit… A #MeToo vient s’ajouter une kyrielle de hashtags : #keineKleinigkeit (« pas une broutille » en allemand), #YoTambien (le « me too » espagnol), #YesAllWomen, #WhatWhereYouWearing, #TimesUp, #BeenRapedNeverReported… Certains circulaient avant le scandale Weinstein, plusieurs sont nés en réaction de colère à l’omerta hollywoodienne, à l’image du francophone #BalanceTonPorc lancé sur Twitter par la journaliste française Sandra Muller. Les discussions en ligne s’étendent de l’Amérique du Nord à l’Europe en passant par le Japon, la Corée du Sud, la Chine.

#balancetonporc !!  toi aussi raconte en donnant le nom et les détails un harcèlent sexuel que tu as connu dans ton boulot. Je vous attends— LettreAudio (@Sandra Muller)


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Une démultiplication extraordinaire et imprévue pour Véronique Nahoum-Grappe, qui décrit ainsi le phénomène :
« A force de s’amonceler, de s’internationaliser, ces récits nés du “je” solitaire, glissant vers le “moi aussi”, et “elle aussi” et une autre encore, finissent par dessiner un “nous”, étonnante présence collective, où chacune reste debout près de sa phrase lancée […] »
Emerge alors en quelques semaines ce que l’anthropologue décrit comme un « mouvement social féminin du XXIe siècle, qui sait user des outils technologiques de l’époque pour faire apparaître un point de vue non pris en compte à la mesure de sa réalité massive et tragique ».

        Lire aussi :
         

                Comment l’affaire du hashtag #balancetonporc est née



Les chiffres sont vertigineux : en trois mois, ce sont trois millions de tweets #MeToo qui sont recensés par Twitter. Chaque semaine, d’octobre à janvier, plus de 38 000 font référence au harcèlement sexuel. En un an, #BalanceTonPorc comptabilise 930 000 tweets ; #MeToo, 17,2 millions. Tant sur le nombre que la portée et l’engagement sur les réseaux sociaux, la viralité de #MeToo se démarque, à en croire les universitaires américains du projet Peoria (Public Echoes Of Rhetoric In America, un programme d’étude des messages électoraux et de leur impact sur les électeurs américains). Jusqu’en janvier, ces chercheurs de l’université George Washington ont étudié, en collaboration avec l’entreprise d’analyse des réseaux sociaux Crimson Hexagon, des douzaines de hashtags reliés au harcèlement sexuel, et ont remonté des millions de tweets datant depuis 2010 pour tenter de comprendre comment #MeToo était passé d’un phénomène viral à mouvement social à part entière.
« #MeToo s’inscrit dans la durée »
« Dans une année surchargée d’informations, #MeToo s’inscrit dans la durée et comme un véritable mouvement sur les réseaux sociaux », assurait au Washington Post le professeur Michael Cohen, du projet Peoria, par opposition aux phénomènes viraux, aux discussions fugaces qui croissent et s’étiolent chaque jour sur ces plates-formes.
Pour #MeToo, le fait que les victimes soient bien plus célèbres auprès du grand public que les accusés a joué un rôle indéniable dans sa propulsion, selon les analystes du projet Peoria. Parmi elles, les actrices Alyssa Milano, Ashley Judd, Asia Argento, Rose McGowan ou Gwyneth Paltrow, la chanteuse Björk, mais aussi la gymnaste McKayla Maroney…, des femmes célèbres, puissantes et influentes ont pris part à la conversation, elles ont partagé leur propre histoire.

The Silence Breakers are TIME's Person of the Year 2017 #TIMEPOY https://t.co/mLgNTveY9z https://t.co/GBo9z57RVG— TIME (@TIME)


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Alors que la plupart des mouvements sociaux du siècle dernier sont nés en bas de l’échelle sociale, #MeToo est parti des classes sociales urbaines, où les femmes — ici souvent actrices, journalistes, militantes — sont éduquées. Des femmes qui évoluent dans des milieux où elles ont pu « s’éloigner du système de croyance traditionnel qui lie sexualité illégitime, honte sociale et souillure morale de la femme », rappelle l’anthropologue Véronique Nahoum-Grappe.
« Twitter, un espace plus sûr que la rue »
Porté par des illustres, #MeToo est pourtant resté un mouvement sans visage ni chef. Quelques jours après son initiative, Alyssa Milano, créditée pour #MeToo, rendra hommage à Tarana Burke pour son combat dans l’ombre auprès des médias américains. La militante afro-américaine disait aux Inrockuptibles être « au départ très gênée de voir ce slogan destiné aux femmes noires devenir mainstream et [a] très vite compris qu’il fallait s’impliquer dans ce débat pour faire entendre la voix des marginalisées ». Stars et inconnues se partagent la « une » du Times et fouleront les tapis rouges des Golden Globes en janvier. Parce qu’il n’appartient pas non plus à ses porte-voix, #MeToo a su aussi résister lorsqu’une de ses plus retentissantes ambassadrices, Asia Argento, a été à son tour accusée d’agression sexuelle l’été dernier.
Que ce soit le site de microblogging Twitter qui ait facilité l’émergence de #MeToo ne manque pas d’ironie. Ainsi on ne compte plus le nombre de critiques que le réseau social a dû essuyer pour avoir laissé s’entretenir des discours haineux, mais aussi des pratiques de cyber-harcèlement envers des femmes, à l’instar de celui qu’a dû affronter la journaliste française Nadia Daam. Mais à la lumière des conclusions de l’article sur l’activisme féministe numérique dans le European Journal of Women’s Studies, ce n’est après tout pas si curieux : interrogées dans le cadre de l’étude, nombre de femmes ayant contribué à des hashtags sur le harcèlement sexuel « estiment, en dépit des risques et de l’hostilité sur ces sites, que Twitter et les plates-formes en ligne constituaient des espaces plus sûrs et plus faciles pour s’engager dans le militantisme féministe que des lieux hors ligne tels que la rue, les lieux de travail, les écoles, la famille et les amis ».

   


De la même façon que tout phénomène populaire sur les réseaux sociaux, les hashtags ont pu aussi être détournés, moqués. A l’image de #jesuis pour marquer la solidarité , #balanceton est devenu désormais un standard, un label que les internautes accolent à « élu », « RER », « youtubeur » pour dénoncer. #BalanceTonPorc est même devenu une marque déposée.
« Repenser la question du rapport entre les sexes »
Toujours est-il que #MeToo a permis de faire bouger les lignes. En plus d’avoir éveillé des consciences et d’avoir galvanisé quelques rassemblements physiques, comme la seconde marche des femmes aux Etats-Unis en janvier ou les manifestations des Argentines en faveur de la légalisation du droit à l’avortement, le mouvement a amené la question du harcèlement sexuel et des violences envers les femmes sur de nombreuses tables : dans la sphère publique et politique, au sein des entreprises, dans les écoles et dans les couples.
Des femmes expérimentent aussi plus de sororité entre elles, comme le racontaient certaines lectrices du Monde ; d’autres se sentent plus fortes pour témoigner, répondre à leur agresseur ou porter plainte. En France, 39 000 plaintes pour coups et blessures volontaires ont été déposées depuis janvier, soit 10 000 de plus qu’il y a un an, et 3 357 cas de violences sexuelles recensés en plus selon LCI. D’après, la plate-forme de veille en ligne Visibrain :
« En 2017, deux fois plus de tweets concernant les agressions et le harcèlement sexuel ont été publiés par rapport à 2016. »

        Enquête (édition abonnés) :
         

          le vertige de la vie d’après pour les victimes d’agressions sexuelles



Sur les avancées sociales, Véronique Nahoum-Grappe pointe le « danger de rétrogradation ». L’anthropologue avertit : « Il faut avoir conscience que les acquis démocratiques dans l’histoire des femmes sont extrêmement fragiles. » De son côté, la techno-sociologue turque Zeynep Tufekçi, auteure de Twitter and Tear Gas : The Power and Fragility of Networked Protest (Yale, 2017, « Twitter et gaz lacrymogène : le pouvoir et la fragilité de la protestation en réseau », non traduit), suggère dans son ouvrage que la rapidité à laquelle les protestations en ligne s’organisent et le fait qu’elles n’aient souvent pas de représentants pour négocier politiquement peuvent aussi les affaiblir.
Dans son dernier entretien au Monde, Françoise Héritier, figure de l’ethnologie et du féminisme, disparue un mois après le début de #MeToo, envisageait que « les conséquences de ce mouvement [puissent] être énormes. A condition de soulever non pas un coin mais l’intégralité du voile, de tirer tous les fils pour repenser la question du rapport entre les sexes, s’attaquer à ce statut de domination masculine et anéantir l’idée d’un désir masculin irrépressible. C’est un gigantesque chantier ». Un an après l’étincelle, tout reste encore à faire.




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Article sélectionné dans La Matinale du 13/10/2018
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Les voyants financiers de l’ENA dans le rouge

« Le Parisien » a eu accès à la comptabilité et au bilan social 2017 du prestigieux établissement, qui accuse un grave déficit.



LE MONDE
 |    14.10.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 11h58
   





                        



   


Les voyants financiers de l’Ecole nationale d’administration (ENA) sont dans le rouge, révèle Le Parisien dans son édition du dimanche 14 octobre. La masse salariale pèse trop lourd, les nouvelles missions imposées par l’Etat coûtent cher alors que la subvention publique stagne, et les trésoriers de l’école peinent à se faire payer les factures des prestations proposées par l’école, détaille le quotidien, qui a eu accès au compte financier 2017 de l’établissement.
Le déficit de l’ENA se creuse. L’école risque de faire banqueroute d’ici à quatre ans sans mesures pour rétablir le pas. D’autant, rappelle Le Parisien, qu’une note interne avait déjà mis le sujet sur la place publique par le passé. Une situation qui fait désordre, là où l’Etat se fixe pour mission d’enseigner les règles de la bonne gestion publique.

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                L’avenir de l’ENA, objet de nombreux débats



Salaire des élèves et frais de mission
Le déficit a atteint 2,8 millions d’euros en 2017, sur un budget de 40,8 millions d’euros. Les 30,9 millions d’euros de dépenses de personnels absorbent à eux seuls la quasi-intégralité de la subvention d’Etat (31,1 millions d’euros). En cause notamment, les 9,2 millions d’euros alloués aux élèves qui plombent la ligne « dépenses de personnels ».
Les étudiants de chaque promotion sont payés 1 682 euros brut par mois pendant leur deux ans de scolarité. L’ENA prend également en charge les frais de mission : chaque année 1,5 million d’euros sont dépensés en frais de déplacement, repas et nuitées accordés aux étudiants lorsqu’ils sont sur le terrain, en stage dans les préfectures, par exemple.

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                Les futurs énarques à l’épreuve du terrain



Des factures en souffrance
En outre, souligne Le Parisien, beaucoup de factures de formations restent en souffrance. Le Koweït doit ainsi 569 700 euros à l’établissement. Et les autres ardoises s’accumulent : le Brésil a deux paiements en suspens pour 20 500 euros et 11 000 euros, la République dominicaine pour 22 588 euros, la Jordanie pour 7 268 euros.
« Et l’ENA n’apparaît guère plus pressée pour régulariser la situation des mauvais payeurs français », poursuit le quotidien. L’Ecole nationale supérieure de la police et le Commissariat général à l’égalité des territoires lui doivent chacun 10 000 euros, tandis qu’AgroParisTech est débiteur de 9 120 euros et l’Association des maires de France, de 5 200 euros.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ La maire socialiste de la capitale, Anne Hidalgo, compte utiliser des bâtiments vacants et des lieux municipaux pour créer des places d’hébergement pour les sans-abri.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                      En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Publié aujourd’hui à 00h27, mis à jour à 12h53   Lecture 1 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail              La maire (Parti socialiste, PS) de Paris, Anne Hidalgo, annonce dans un entretien au Journal du dimanche du 14 octobre qu’elle va ouvrir des mairies de la capitale aux SDF cet hiver, dont l’Hôtel de Ville, spécialement dédié aux femmes sans-abri.          En février, près de 3 000 sans-domicile avaient été dénombrés dans les rues de la capitale lors d’un recensement inédit organisé par la municipalité, sur fond d’une querelle de chiffres entre le gouvernement et les associations.          « Il manque donc près de 3 000 places d’hébergement d’urgence dans la capitale. Je me suis engagée à ce que la Ville fasse la moitié du chemin. Plus de 800 ont déjà été créées dans nos bâtiments depuis février, 700 seront ouvertes d’ici à début 2019. L’Etat est chargé de créer les 1 500 autres », explique Mme Hidalgo.           Lire aussi : Décalage grandissant entre les annonces du président et l’action du gouvernement             Utiliser les bâtiments vacants          Pour ce faire, l’élue, qui lance au passage un appel aux entreprises pour mettre leurs locaux inoccupés à disposition des plus démunis, compte utiliser des bâtiments vacants et des lieux municipaux en fonctionnement.            « Plusieurs mairies d’arrondissement – de gauche comme de droite – ont accepté d’ouvrir des places d’hébergement dans leurs locaux. (…) Dans le même élan, j’ai tenu à créer une halte de nuit dédiée aux femmes dans l’Hôtel de Ville de Paris » qui ouvrira fin novembre, affirme-t-elle.          A l’Hôtel de Ville, qui héberge les institutions municipales de la capitale depuis le XIVe siècle, le salon des Prévôts et celui des Tapisseries « seront transformés en accueil de jour – des repas seront servis et des soins prodigués – ainsi qu’en halte de nuit, avec des lits, des dortoirs, des blocs sanitaires », développe la maire.          Une cinquantaine de femmes SDF pourront être accueillies dans cette halte qui sera « pérenne ». Le nombre pourra monter à une centaine en situation de grand froid. « Je veux que ce nouveau lieu soit chaleureux. (…) Elles seront prises en charge par des femmes, car certaines sont traumatisées et fuient toute présence masculine », souligne Mme Hidalgo qui plaide aussi pour la réouverture d’un « vrai centre de premier accueil » des migrants à Paris.           Lire aussi Le casse-tête de l’hébergement des SDF en été                                 Annonces automobiles avec La Centrale           DACIA SANDERO 7290 € 76           JAGUAR XF 22990 € 92           HYUNDAI AZERA 2990 € 77      Recherche                    Voir les réactions     Dans la même rubrique                 Logement : les sénateurs s’attaquent aux lois littoral et SRU  La version de la loi évolution du logement, de l’aménagement  et du numérique (ELAN), adoptée mercredi, a été largement amendée.                          Article réservé à nos abonnésLes bailleurs HLM résolus à expulser les familles des trafiquants  Dans plusieurs affaires récentes, des juges ont validé les demandes dans ce sens, estimant qu’il s’agit d’une violation grave des obligations locatives.                      L’organisme HLM de Rennes épinglé par la CNIL  Archipel Habitat s’est vu infliger une amende de 30 000 euros après avoir dénoncé la baisse des APL et des loyers dans une lettre adressée à ses locataires.               
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ L’écrivain a raconté dans son deuxième livre le viol qu’il aurait subi en 2012. Le parquet a requis un procès en requalifiant les accusations en « agression sexuelle ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Le parquet demande un procès en correctionnelle contre l’agresseur présumé d’Edouard Louis

L’écrivain a raconté dans son deuxième livre le viol qu’il aurait subi en 2012. Le parquet a requis un procès en requalifiant les accusations en « agression sexuelle ».



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 18h30
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 07h29
   





                        



   


Le parquet de Paris a requis un procès pour l’agresseur présumé de l’écrivain Edouard Louis mais en demandant la requalification des accusations de viol en « agression sexuelle », selon des sources proches du dossier, confirmant une information de L’Obs.
L’étoile montante littéraire avait fait le récit de son agression survenue le soir de Noël 2012 dans son deuxième opus, Histoire de la violence (Seuil, 2016). A l’époque, celui qui n’est pas encore l’auteur d’En finir avec Eddy Bellegueule (Seuil, 2014), le livre qui l’a révélé, avait déposé plainte pour viol et tentative de meurtre.
Six ans après, le parquet a requis début octobre un procès pour son agresseur présumé, Reda B., un Algérien de 33 ans mis en examen pour le crime de viol avec arme, mais il demande la requalification des faits en délit d’« agression sexuelle », selon son réquisitoire dont a eu connaissance l’AFP. Si la juge suit ces réquisitions, le procès se déroulera devant le tribunal correctionnel et non devant une cour d’assises.
Le 25 décembre 2012, Edouard Louis avait raconté aux policiers sa rencontre avec Reda, dans la rue, en rentrant du réveillon. Les deux hommes ont eu des relations consenties, mais les choses auraient dégénéré quand Edouard Louis s’est aperçu que sa tablette et son téléphone avaient disparu. En colère, Reda aurait alors essayé de l’étrangler avec une écharpe, en lui disant qu’il avait un « gun », avant de le violer.
« Ligne de répression contraire à ses opinions politiques »
Le suspect Reda B., qui a passé près d’un an en prison, a toujours nié le viol. « Les déclarations constantes de la victime, celles des témoins qui ont recueilli ses confidences ainsi que les constatations médicales permettent d’établir la réalité d’un rapport sexuel non consenti », estime le parquet.
Au cours de l’enquête, le romancier, engagé politiquement et opposé à l’incarcération, avait refusé de se rendre à une confrontation avec le suspect, souhaitant la fin de la procédure et un non-lieu.
« Edouard Louis accepte sans difficulté ce réquisitoire. Aller devant une cour d’assises, cela aurait voulu dire entrer dans une ligne de répression contraire à ses opinions politiques », a déclaré son avocat Emmanuel Pierrat à l’AFP.
« Mon client est innocent, il attend donc un non-lieu, sinon il n’a pas peur, contrairement à Edouard Louis, d’aller devant une cour d’assises. Je ne peux pas imaginer que ce dossier résistera à un examen contradictoire devant des jurés », a réagi l’avocate de Reda B., Marie Dosé.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Plusieurs centaines de personnes ont défilé samedi pour contester les conclusions d’une expertise dédouanant les gendarmes de la mort du jeune homme en 2016.
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A Paris, une manifestation pour « réclamer la vérité » sur la mort d’Adama Traoré

Plusieurs centaines de personnes ont défilé samedi pour contester les conclusions d’une expertise dédouanant les gendarmes de la mort du jeune homme en 2016.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 17h37
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 18h25
   





                        



   


Dix jours après la publication d’une expertise dédouanant les gendarmes qui avaient interpellé Adama Traoré en juillet 2016, que Le Monde avait pu consulter, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Paris, samedi 13 octobre, pour « réclamer la vérité » sur la mort du jeune homme, le jour de ses 24 ans. « Nous n’avons plus confiance dans cette justice-là », les juges d’instruction chargées de l’enquête « sont du côté des gendarmes, elles ne font pas leur travail », a dénoncé avant le départ de la manifestation Assa Traoré, sa sœur aînée.
Le cortège, emmené notamment par Théo L., érigé en symbole des « violences policières » après avoir été blessé lors de son interpellation à Aulnay-sous-Bois en février 2017, est parti peu après 15 heures du parvis de la Gare du Nord, en direction de la place de la République.
« Mon frère n’est pas mort car il a couru, mon frère est mort car des gendarmes l’ont frappé et laissé mourir », a accusé Assa Traoré qui dénonce depuis deux ans « un mensonge d’Etat » et estime qu’un « permis de tuer a été donné aux policiers et aux gendarmes dans les quartiers populaires ». La mère d’Adama a quant à elle regretté que les gendarmes n’aient pas encore été entendus par la justice et réclamé aux juges une « date de reconstitution ».

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« Il y a des anomalies »
Selon « l’expertise médicale de synthèse » remise mi-septembre à la juge d’instruction parisienne chargée de l’enquête, « le pronostic vital (était) engagé de façon irréversible » avant l’arrestation de ce jeune homme noir l’après-midi du 19 juillet 2016, dans la petite ville de Beaumont-sur-Oise. Son décès avait été constaté deux heures après son interpellation par les gendarmes, qui l’avaient maintenu au sol sous le poids de leurs corps. Adama Traoré avait fait un malaise dans leur véhicule, avant de mourir dans la cour de la gendarmerie de la ville voisine de Persan.
Les circonstances de la mort du jeune homme alimentent des soupçons vis-à-vis des autorités, engendrés notamment par l’annonce tardive du décès et la communication très contestée du procureur de Pontoise à l’époque. Cinq mois après les faits, l’enquête avait été dépaysée à Paris.
« Je ne suis pas juge, mais il y a des anomalies » dans cette affaire, a déclaré à l’AFP la députée La France insoumise (LFI) Clémentine Autain, présente dans le cortège. « Plus profondément, il existe des rapports très détériorés entre les jeunes des quartiers populaires et les policiers, dont l’Etat ne prend pas la mesure. On est dans une situation dangereuse », a ajouté l’élue de Seine-Saint-Denis.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Des employés, en grève depuis dix-neuf jours, réclament notamment d’être embauchés directement par l’hôtel, et non plus par un sous-traitant.
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« On a un aspirateur pour quatre » : à Paris, manifestation de soutien aux femmes de chambre grévistes d’un palace

Des employés, en grève depuis dix-neuf jours, réclament notamment d’être embauchés directement par l’hôtel, et non plus par un sous-traitant.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 17h10
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 18h33
   





                        


Une centaine de personnes ont manifesté samedi 13 octobre devant l’hôtel Park Hyatt Vendôme à Paris (2e arrondissement), en soutien aux salariés de cet établissement de luxe en grève depuis dix-neuf jours. Ces derniers réclament d’être embauchés directement par l’hôtel, et non plus par un sous-traitant.
« Jusqu’au bout, jusqu’au bout ! », ont scandé les manifestants devant les portes du cinq-étoiles, sis à quelques pas de la très chic place Vendôme. Les grévistes réclament leur internalisation dans les effectifs de l’hôtel, « seul palace parisien » qui fait appel à une société extérieure pour son service hébergement (gouvernantes, équipiers, femmes et valets de chambre).
Ils demandent également une augmentation pour leurs collègues déjà intégrés, dont une dizaine sont aussi en grève, selon la CGT-Hôtels de prestige et économiques. « Salary increase » : une requête que les grévistes ont d’ailleurs affichée en anglais sur la porte de l’hôtel, à l’intention des riches clients étrangers. Autre revendication, la mise en place de délégués de proximité. Les ordonnances réformant le droit du travail ont supprimé le droit pour les salariés de la sous-traitance de se présenter aux élections professionnelles dans l’établissement où ils sont mis à disposition.
« On se bat entre nous pour avoir le matériel »
Le fait de travailler pour un sous-traitant crée de « grandes difficultés » au quotidien pour le personnel concerné, a expliqué au micro l’une des femmes de chambre en grève, Bijoux Mbutu. « On a des problèmes de matériel : nous n’avons qu’un aspirateur pour quatre. Pourtant les clients sont très exigeants, il ne faut pas un poil, pas une poussière ! », a détaillé Mme Mbutu, qui travaille au Parc Hyatt depuis près de dix ans. Avant d’expliquer :
« On doit faire les chambres en moins d’une heure, mais parfois je perds vingt minutes pour attendre que l’aspirateur soit disponible. On se bat entre nous pour avoir le matériel, c’est ça la sous-traitance. »
Vendredi matin, les salariés en grève avaient été délogés par les forces de l’ordre des accès à l’hôtel qu’ils bloquaient. La semaine prochaine, ils devraient reconduire un piquet de grève quotidien devant le Parc Hyatt, ont-ils prévenu samedi.



                            


                        

                        


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A Paris, à Lyon ou à Angers, des citoyens appellent à « changer le système, pas le climat »

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté un peu partout en France au nom de la lutte contre le réchauffement climatique.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 15h53
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 19h00
   





                        


« Il est encore temps ». Derrière cette banderole, plusieurs dizaines de milliers de personnes – 100 000 selon les organisateurs – ont manifesté samedi 13 octobre dans toute la France au nom de la lutte contre le réchauffement climatique. Un mois après la mobilisation inédite du 8 septembre, dans la foulée de la démission de Nicolas Hulot, de simples citoyens appelaient de nouveau à défiler, demandant aux associations et aux partis politiques de se placer en fin de cortèges.
A Paris, le rassemblement a réuni 14 500 personnes, selon le comptage indépendant fourni par le cabinet Occurence à un collectif de médias, dont Le Monde. C’est moins que le 8 septembre, lorsque la mobilisation pour le climat avait réuni dans la capitale 50 000 personnes selon les organisateurs, 18 500, selon la préfecture de police. Au moins 10 000 personnes ont défilé à Lyon, soit autant qu’il y a un mois selon la préfecture du Rhône, et près de 10 000 également à Grenoble. Près de 80 manifestations étaient prévues dans le pays, y compris dans de plus petites villes comme Dijon, Saint-Etienne, Clermont-Ferrand, Auch ou Angers.
Place de l’Opéra à Paris, les banderoles « Changeons le système, pas le climat » et « Chaud devant » ont repris du service, pour défiler jusqu’à la place de la République. « Plus on est nombreux, plus on peut peser sur les politiques publiques », avance Sylvaine Deport, 70 ans, venue de la région parisienne. Capucine et Aurélien, 35 ans, défilent avec leur fille de 3 ans sur les épaules et un bébé de 3 semaines, emmailloté en écharpe. « On n’a pas l’habitude de manifester, mais cette cause nous tient à cœur », disent-ils.

#Marchepourleclimat. À nouveau 4000 personnes à #lille ? Ça y ressemble. https://t.co/dlAv8svF7u— lmoniez (@Laurie Moniez)


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                Climat : 80 mobilisations citoyennes organisées en France et en Europe



Un appel à passer à l’action
Comme en septembre, quand un jeune Parisien, Maxime Lelong, avait pris l’initiative d’appeler à descendre dans la rue après la démission inopinée de Nicolas Hulot du poste de ministre de la transition écologique, ces marches sont organisées par des particuliers, avec le soutien d’associations.
Sous les mots d’ordre « plus qu’une marche pour le climat » et « il est encore temps », ce mouvement citoyen espère dégager « un message clair qui soit audible pour tous » en faveur de l’environnement et encourager le passage à l’action, dit une des bénévoles chargés de la coordination, Danièle Migneaux. A Paris, en plus de la marche, un « village des initiatives » était organisé samedi après-midi place la République.
Hors de France, des marches devaient avoir lieu à Genève, à Luxembourg, à Namur, à Montréal et à Montevideo, selon les organisateurs. D’autres actions devaient se dérouler à l’étranger à l’initiative de l’association 350.org. Au Japon ou encore en Australie, des copies du dernier rapport du GIEC, paru en début de semaine, devaient être distribuées à des élus. Dans ce rapport de quatre cents pages, les experts du climat de l’ONU appellent le monde à engager des transformations « rapides » et « sans précédent », s’il veut limiter le réchauffement à 1,5 °C.

        Lire notre éditorial :
         

          Climat : il n’est pas trop tard pour réagir







                            


                        

                        


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Le long et douloureux parcours des salariées victimes de harcèlement sexuel

Des femmes en recherche d’une nouvelle stabilité personnelle, d’une réintégration ou d’un autre travail, mais surtout de justice témoignent.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 11h48
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 06h43
    |

            Francine Aizicovici








                        



                                


                            

Le 17 mai, Emmanuelle savourait sa victoire. Cette salariée de La Poste, de 36 ans, venait d’obtenir la condamnation de son employeur par le conseil de prud’hommes de Paris à lui verser plus de 120 000 euros de dommages et intérêts pour le harcèlement sexuel et moral que son chef lui avait fait subir pendant dix ans, sur la plate-forme de traitement des colis de Val-de-Reuil, dans l’Eure. En arrêt pour maladie professionnelle depuis 2015 pour une « dépression réactionnelle par stress au travail », Emmanuelle avait même obtenu des prud’hommes, comme elle le demandait, la résiliation judiciaire de son contrat de travail aux torts de l’employeur. La Poste n’avait pas fait appel.
Pourtant, aujourd’hui, elle se dit, moralement, « en pleine descente », avec des « envies de [se] jeter par la fenêtre qui tournent dans [la] tête ». « J’ai perdu mon travail, le fil est coupé, c’est une phase de deuil de La Poste », cette entreprise qui lui avait procuré son « premier emploi » et où elle espérait « faire une grande carrière ». Sous antidépresseurs depuis trois ans, elle se dit incapable de chercher un emploi et n’arrive même pas à profiter de l’argent reçu – « je n’arrive pas à le dépenser. C’est l’argent du malheur », explique-t-elle.
Emmanuelle a bien un projet professionnel un peu flou – « apporter son expérience dans un grand groupe, en matière d’égalité femmes-hommes et de harcèlement sexuel » – mais, pour l’heure, elle aussi est dans l’attente de connaître le sort réservé à sa plainte au pénal contre son agresseur, déposée il y a trois ans.
« Il faut des sanctions lourdes »
« On ne fait rien pour que ces femmes conservent leur poste de travail. Il n’y a pas de réforme pour lutter contre le harcèlement sexuel au travail. Les patrons sont toujours aussi légèrement condamnés aux prud’hommes », regrette son avocate, Maude Beckers. Pour elle,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Créateur de l’aéroport de Roissy, le spécialiste des aérogares s’est éteint, jeudi 11 octobre, à l’âge de 80 ans.
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L’architecte Paul Andreu est mort

Créateur de l’aéroport de Roissy, le spécialiste des aérogares s’est éteint, jeudi 11 octobre, à l’âge de 80 ans.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 09h43
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 16h47
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



                                


                            

C’est l’Académie des beaux-arts, dont il était membre depuis 1996, qui a annoncé, vendredi 12 octobre, la mort de Paul Andreu, survenue la veille à l’âge de 80 ans. Parmi les architectes de renom ayant su mêler invention et technicité, il a été l’un des plus fameux en même temps que le moins friand des échos médiatiques sur sa personne. Sa carrière de constructeur, résolument ouverte sur le monde, et sur la Chine en particulier, a été assombrie en mai 2004. L’effondrement d’une partie de la jetée d’embarquement du terminal 2E de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, qu’il avait dessiné, avait fait quatre morts et sept blessés. En dépit de cet accident, les aéroports restent comme l’une de ses marques de fabrique. On connaissait moins de lui d’autres talents : l’écriture romanesque et la peinture.
Paul Andreu est né le 10 juillet 1938 à Caudéran, petite ville devenue depuis un quartier de Bordeaux. Il quitte la cité girondine à la toute fin de son adolescence et poursuit ses études à Paris : lycée Louis-le-Grand, école Polytechnique, écoles des Ponts et chaussées et des beaux-arts. Les deux diplômes qu’il décroche, l’un d’ingénieur, l’autre d’architecte, résument la diversité de son activité future et son double intérêt, jamais éteint, pour tous les domaines scientifiques et artistiques.
Des édifices à vocation culturelle
Pendant presque quarante ans, de 1967 à 2003, Paul Andreu a travaillé pour Aéroports de Paris (ADP). Il a été successivement responsable des travaux à Orly et au Bourget, architecte en chef des bâtiments de l’Aéroport Charles-de-Gaulle, puis directeur et architecte chargé des études et des travaux pour l’ensemble des ouvrages dont ADP avait la charge. Son expertise en matière de réalisation d’aérogares, d’abord à Paris, s’étend sur le reste de la France, en particulier à Bordeaux (1989-1995) et à Nice (1980-1987), puis, enfin, partout dans le monde : Abou Dhabi (1975-1982), Djakarta (1977-1985), Dar-es-Salaam (1977-1984), Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Comment nos pratiques sexuelles ont-elles évolué depuis le XIXe siècle ? Les historiens Alain Corbin et Michelle Perrot en ont discuté lors d’une rencontre du Monde Festival, dimanche 7 octobre, au Palais Garnier, à Paris.
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                Hommes et femmes, deux histoires de la sexualité


Comment nos pratiques sexuelles ont-elles évolué depuis le XIXe siècle ? Les historiens Alain Corbin et Michelle Perrot en ont discuté lors d’une rencontre du Monde Festival, dimanche 7 octobre, au Palais Garnier, à Paris.

LE MONDE
                 |                 13.10.2018 à 09h15
                 |

            Jessica Gourdon

















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Que sait-on de la sexualité de nos aïeux ? Dimanche 7 octobre, au Monde Festival, les historiens Alain Corbin et Michelle Perrot ont levé un coin de rideau sur les mystères des chambres à coucher depuis le XIXe siècle.
Pendant une heure et demie, sous les dorures du Palais Garnier, les deux universitaires de 82 et 90 ans ont évoqué avec malice et sérieux l’évolution des mœurs, des représentations et des interdits. Des pratiques qu’ils ont scrutées tout au long de leur carrière, puisant dans des sources variées : la littérature, évidemment, mais aussi tous les documents de l’écriture de soi, des manuels de confesseur, des revues médicales, des journaux de bord de docteur…

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Premier enseignement, les grandes tendances observées depuis le XIXe siècle continuent de façonner nos sexualités : l’émancipation progressive des codes moraux, l’avancée de la connaissance du corps et du plaisir féminin, la maîtrise de la reproduction, la condamnation de la violence… Rapidement dans la discussion, un fil rouge s’est dessiné, celui des rapports très différents des hommes et les femmes à la sexualité.

   


Une illustration parmi d’autres, jusqu’à récemment, l’adultère était condamné beaucoup plus durement chez les femmes que chez les hommes. « Un homme qui séduit des femmes, qui a des maîtresses, c’est à son honneur. Alors que du côté des femmes, il fallait le cacher. On ne reproche pas le harcèlement sexuel et l’adultère à Victor Hugo. En revanche, l’une de ses maîtresses est allée en prison », note Michelle Perrot.
Autre exemple, pendant des années, l’homosexualité était tolérée chez les femmes. « Il y avait une forme d’indulgence, on trouvait cela joli », assure l’historienne. En revanche, si elle est dépénalisée en France depuis 1791, elle était vivement condamnée chez les hommes, notamment au nom du mythe de la « déperdition de la semence ».
Pour elle, le risque de tomber enceinte
Les femmes avaient aussi certaines obligations morales propres à leur sexe. « La virginité faisait partie du capital que la jeune fille devait apporter dans le mariage, en particulier dans les milieux bourgeois », rappelle Michelle Perrot. Un contraste avec la situation des hommes, qui avaient, eux, une expérience de la sexualité avant le mariage. « C’était la nourrice du Morvan, la bonne d’enfant ou la servante de 15 ans qui initiait le jeune homme de la famille à la sexualité. Ensuite, ce garçon allait voir les filles, se rendait au bordel, ou se mettait avec une cousette, c’est-à-dire une jeune ouvrière de la couture, avant de la lâcher pour se marier », raconte Alain Corbin.

   


Et c’est ainsi que s’installe, au sein du couple, une différence fondamentale. « Comme l’homme a la connaissance de la sexualité avant la nuit de noces, il peut avoir la tentation de la fugue sociale, c’est-à-dire de retourner à cette période prémariage », analyse Alain Corbin.
Autre clé d’explication, le rapport à la reproduction. Pendant des années, les femmes sont seules à assumer les conséquences d’un écart. « Il ne faut jamais oublier que les filles ont longtemps vécu avec la peur d’avoir “un polichinelle dans le tiroir”, comme on disait alors. Des servantes, violées par leur patron, par le fils de la famille ou par un domestique tombaient enceintes d’enfants qu’elles s’efforçaient de “faire passer”. Mais si un voisin les dénonçait, c’était le tribunal. Au XIXe siècle, il y a encore des femmes guillotinées pour infanticide », rappelle Michelle Perrot.

   


Pour lui, le risque de la maladie vénérienne
Aussi, tandis que les femmes craignaient de tomber enceinte, les hommes étaient préoccupés par la possibilité d’attraper des maladies vénériennes. Aux XVIIIe et XIXe siècles, on soignait l’ensemble des « véroles » par le mercure. « Quand un homme avait la syphilis, il disait pudiquement : “Je vais en Suède”, car le mercure faisait beaucoup suer ! », s’amuse Alain Corbin. Les théories les plus folles se développaient, comme celle de « l’hérédosyphilis », une syphilis congénitale que l’on attrapait si l’un de ses aïeux avait été contaminé jusqu’à la septième génération. Et que des médecins aux codes moraux rigides brandissaient comme une menace, s’alarmant de la « dégénérescence de l’espèce humaine ». Une croyance, poursuit Alain Corbin, « tombée en désuétude ».
Reste qu’avant l’arrivée de la contraception, les relations amoureuses avant le mariage étaient nécessairement différentes. On badinait davantage. « De 1870 à 1970, c’était le siècle du flirt. Celui de la drague, des caresses, des sous-entendus, avec des lieux emblématiques, comme les paquebots transatlantiques ou les villes d’eau. Ce siècle, il se termine avec la pilule », tranche Alain Corbin.

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Ces jeux de séduction prenaient parfois des formes inattendues. Dans les campagnes, où les femmes étaient plus libres d’assumer leurs désirs, on pratiquait le « maraîchinage » ou ses dérivés. Ce rituel de d’amour libre issu de coutumes rurales s’est développé en Vendée au XIXe siècle et jusqu’à la première guerre mondiale. Pendant ce maraîchinage, les jeunes s’adonnaient à des baisers et à des caresses au milieu de la nature, cachés sous de grands parapluies noirs. Un étonnant libertinage de campagne qui intrigua vivement, à une époque, de nombreux Parisiens.

Revivez le Monde Festival 2018 sur le thème « Aimer ! »
Aimer ! C’était le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’est déroulée du 5 au 7 octobre à Paris.
Revivez les meilleurs moments en vidéo, mais aussi en photos. 




Jessica Gourdon
    













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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ A toutes les étapes de la procédure judiciaire, les femmes qui déposent plainte sont confrontées au stéréotype de la victime « pure ».
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Violences sexuelles : le stéréotype de « la femme irréprochable » persiste

A toutes les étapes de la procédure judiciaire, les femmes qui déposent plainte sont confrontées au stéréotype de la victime « pure ».



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 08h58
 • Mis à jour le
14.10.2018 à 06h44
    |

            Cécile Bouanchaud








                        



                                


                            

En janvier 2018, à l’aune du mouvement #metoo, elle a repris la parole. Les révélations de témoignages édifiants sur le harcèlement sexuel, pratiqué des années durant par le producteur hollywoodien Harvey Weinstein à l’égard de nombre d’actrices, ont rappelé à Tristane Banon ce jour où, six ans plus tôt, elle avait dit « moi aussi ». En 2011, âgée de 32 ans, elle avait porté plainte pour tentative de viol contre Dominique Strauss-Khan, alors poursuivi aux Etats-Unis dans l’affaire du Sofitel.
De cette période, elle se souvient de la campagne de dénigrement qui l’avait visée, et dont l’aspect le plus insidieux avait sans doute été la publication de photos où on la voyait, souriante, en train de se faire peloter par un homme lors d’une soirée. Comprendre, venant de ses détracteurs : Tristane Banon est une femme de petite vertu, elle n’a que ce qu’elle mérite. Dans une interview accordée au Figaro en janvier, la romancière est revenue sur le positionnement des médias qui la présentaient comme « une déséquilibrée, quand ce n’était pas une cinglée totale ou pire ».
A l’instar de la majorité des femmes portant des accusations de violences sexuelles, la journaliste a été discréditée à l’aide d’un présupposé aussi tenace que destructeur : celui qui voudrait qu’une victime de harcèlement, d’agression sexuelle, de viol ou de tentative de viol incarne une figure de vestale, irréprochable et pure. Une posture qui tend à faire porter aux femmes la responsabilité des agressions dont elles sont victimes.

« Quand une femme dénonce, on se dit que l’homme, le pauvre, n’a pas pu retenir ses pulsions face à celle qui a forcément dû l’aguicher », constate Mylène Hadji, juriste pour l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT). Pour elle, ces stéréotypes ressortent à tous les chaînons de la procédure judiciaire, de la part des policiers, des avocats, des magistrats et même des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Le petit garçon était mort en 2011 après avoir été enfermé dans un lave-linge par son père.
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Meurtre de Bastien, 3 ans : la peine de la mère alourdie à quinze ans en appel

Le petit garçon était mort en 2011 après avoir été enfermé dans un lave-linge par son père.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 08h45
   





                        


La mère de Bastien, tué dans un lave-linge, été condamnée vendredi 13 octobre en appel à quinze ans de prison pour « complicité de meurtre » par la cour d’assises de Paris. Cette peine, plus lourde qu’en première instance où elle avait été condamnée à douze ans de prison, est assortie d’une interdiction d’exercer une activité qui la placerait en contact avec des mineurs.
Le 25 novembre 2011, Bastien, 3 ans, avait été retrouvé mort dans l’appartement familial de Germigny-l’Évêque (Seine-et-Marne). Pour s’être mal comporté à l’école, le garçon avait été, en guise de punition, enfermé par son père dans le lave-linge qui avait ensuite été allumé.
« Habituée à ne plus pouvoir réagir »
Il y était resté entre 30 et 60 minutes et avait trouvé la mort alors que son père était sur son ordinateur et que sa mère, Charlène Cotte, faisait un puzzle avec leur fille aînée alors âgée de 5 ans. Après délibérations, le jury a décidé que Charlène Cotte, jugée depuis lundi à Paris, s’était livrée à un « détournement conscient » de l’attention de la sœur de Bastien « pendant la phase cruciale du crime », l’empêchant de réagir.
En 2015, elle avait été condamnée à douze ans de réclusion criminelle pour « complicité de meurtre aggravé » et « violences ». Le père, Christophe Champenois, avait écopé de trente ans de prison pour « meurtre aggravé ». Elle seule était rejugée à Paris après avoir fait appel.
Charlène Cotte ne voulait « pas le moins du monde » la mort de son fils, avait plaidé l’avocat de la défense, rappelant que l’accusée avait été « habituée à ne plus pouvoir réagir » face à son conjoint, décrit comme un « père ultra-violent », « fou dangereux ».
Caroline Rémond, l’avocate représentant l’Enfant Bleu, association de défense des droits de l’enfant qui s’était constituée partie civile, s’est déclarée « satisfaite » de la décision de la cour.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Prononcée en aménagement de peine, la surveillance électronique n’a guère d’intérêt si elle n’est pas doublée d’un étroit suivi.
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Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail          Parking de Courcouronnes (Essonne), mardi 19 juin, 8 h 20. Wassim (le prénom a été modifié) est comme un gamin malgré ses 21 ans. Il sautille et rigole autour de la voiture dans laquelle sont restées sa sœur et sa mère malgré le franc soleil qui a déjà dissipé la fraîcheur de la nuit. Il semble impatient qu’ouvre le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) du département. Et pour cause : il a rendez-vous à 9 heures pour se faire poser un bracelet électronique. Une mesure coercitive, mais dans laquelle il hume un vent de liberté.          Wassim sort de quarante et un mois de prison. Il y a moins de deux heures, il était encore derrière les portes de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, à sept kilomètres de là. Alors qu’il n’était libérable qu’en avril 2019, le juge d’application des peines lui a accordé une libération conditionnelle au 19 octobre 2018, sous réserve qu’il respecte un placement sous surveillance électronique (PSE) probatoire de quatre mois. Une sorte de sas vers la liberté pour éviter une sortie sèche de détention.           Lire aussi La prison de Fleury-Mérogis secouée par une série de suicides             « Si vous ne respectez pas la mesure, le juge peut décider d’y mettre fin et c’est retour à Fleury-Mérogis », le prévient le surveillant pénitentiaire chargé de poser le bracelet. Dans une pièce exiguë où s’empilent les cartons livrés par Thales, le surveillant passe un mètre de couturier autour de la cheville du jeune homme avant de choisir la bonne sangle. Une minute plus tard, le bracelet gris clair est scellé. Il disparaît sous le jogging Nike noir à bandes rouges. « Attention, il n’est pas forcément compatible avec une activité sportive, si vous le rompez, c’est 105 euros à votre charge. »          Recherche d’emploi          Toujours sous écrou, mais passé du milieu fermé au milieu ouvert, un charabia auquel il n’entend rien, le jeune homme se fait réexpliquer trois fois ce qu’est la libération conditionnelle promise comme une carotte : une vraie libération anticipée, dès lors qu’il n’aura pas débordé les horaires de sortie de son domicile autorisées par le juge – soit 6 h 30 à 20 heures en semaine, 10 heures – 17 heures le week-end –, qu’il aura honoré son obligation de travailler, ou démontré ses démarches de recherche d’emploi, et de commencer à rembourser le Trésor public de ses amendes et les parties civiles des dommages fixés par le tribunal.                       Bracelet électronique, à Paris, en 2016. Le placement sous surveillance électronique est une mesure d’aménagement de peine. RENAUD BOUCHEZ / SIGNATURES                       — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de 400 journalistes    Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.    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APPEL À TÉMOIGNAGES
Célibataires ou lesbiennes, vous avez eu recours à une PMA à l’étranger, racontez-le-nous

Discussion lancée le 12 octobre 2018
12 octobre 2018

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Le gouvernement prépare un projet de loi bioéthique qui pourrait proposer l’extension de l’accès à la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, à savoir les couples lesbiens et les célibataires. Actuellement, elle est réservée aux couples hétérosexuels infertiles ou risquant de transmettre une maladie à l’enfant.
Quatre-vingt-dix femmes qui ont eu recours à la procréation médicale assistée (PMA) à l’étranger ont signé une tribune jeudi 11 octobre pour dénoncer leur absence dans les médias dans les émissions consacrées à la PMA. Vous êtes célibataires ou lesbiennes et vous avez eu recours à une PMA à l’étranger, racontez-nous votre expérience.
Comment ce projet a-t-il mûri en vous ? Comment votre entourage a-t-il réagi ? Quelles sont les difficultés administratives que vous avez rencontrées ? Quels regards porte-t-on sur votre famille ? Comment vivez-vous le positionnement récurent de La Manif pour tous sur ces questions ? Que pensez-vous que ce projet de loi pourrait changer ?                            





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Affaire Pastor : perpétuité requise contre Janowski et ses « impostures »

Le gendre de la milliardaire est accusé d’avoir commandité son meurtre. La perpétuité simple a été requise contre les auteurs présumés du double assassinat.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 18h07
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 19h34
    |

            Pascale Robert-Diard








                        



                                


                            
C’est contre celui qui, dans l’affaire Pastor, ne porte « aucune trace de sang sur ses chaussures vernies, sur son costume, sur sa cravate », que l’avocat général Pierre Cortès a requis, vendredi 12 octobre, la peine la plus lourde. Il a demandé à la cour et aux jurés de condamner Wojciech Janowski, accusé d’être le commanditaire du double assassinat de sa belle-mère, Hélène Pastor, et de son majordome Mohamed Darwich, le 6 mai 2014, à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans.
« On s’épuise, on s’essouffle, M. Janowski, à essayer de vous croire ! », a-t-il lancé à l’adresse du gendre, qui, après avoir avoué son rôle de commanditaire, se proclame désormais innocent de tout ce dont on l’accuse. L’avocat général a repris, une à une, les versions proposées par Wojciech Janowski depuis sa mise en cause dans l’affaire Pastor. Depuis ses premiers mots en garde à vue, où il affirme ne pas avoir la moindre idée des auteurs du double assassinat, à ses aveux circonstanciés – « J’ai réfléchi, je vais vous dire la vérité » –, confirmés lors d’un aparté avec sa compagne, Sylvia Ratkowski, puis nuancés, enfin rétractés au profit d’accusations accablantes contre Pascal Dauriac, en passant par les allusions fielleuses dirigées contre son beau-frère Gildo Pallanca, décrit en entrepreneur failli et, pour faire bonne mesure, « cocaïnomane », alors que celui-ci, victime d’un double AVC, était cloué sur son lit d’hôpital.

« Imposture »
Mais ce sont bien ces aveux qui encombrent le plus aujourd’hui Wojciech Janowski. « Ils lui collent à la peau comme une tunique de Nessus », a relevé Pierre Cortès, qui ne s’est pas privé d’opposer la ligne de défense soutenue par l’accusé – des aveux extorqués lors d’une garde à vue sans avocat au cours de laquelle « la seule chose qu’on ne [lui] a pas faite, c’est de [lui] arracher les ongles » – à la réalité bien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Le professeur d’économie Louis de Mesnard estime, dans une tribune au « Monde », que la retraite doit rester un droit des salariés reposant sur la confiance en l’avenir.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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Réforme des retraites : « Le contrat social intergénérationnel est fragile »

Le professeur d’économie Louis de Mesnard estime, dans une tribune au « Monde », que la retraite doit rester un droit des salariés reposant sur la confiance en l’avenir.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 17h40
    |

Louis de Mesnard (Professeur d’économie à l’université de Bourgogne)







                        



                                


                            

Tribune. Pour le gouvernement, la retraite est une prestation sociale : le prochain budget va désindexer les retraites de la hausse des prix. C’est que, pour le président de la République, « la retraite n’est pas un droit auquel on a cotisé toute sa vie, la retraite est ce que les actifs payent pour les retraités ». Il faut reconnaître que la fin de la proposition est parfaitement vraie : toute retraite est payée sur le revenu national, qu’elle soit par répartition ou par capitalisation.
Toutefois, dire que la retraite n’est pas un droit mais une simple prestation sociale mérite discussion. Aucun système de retraite ne peut faire l’objet d’un consensus social s’il n’est pas considéré comme un droit. En effet, considérons deux périodes – « aujourd’hui » et « demain » –, et trois catégories de personnes – « jeunes », « actifs » et « retraités ». Avec le temps qui passe, les actifs d’aujourd’hui deviennent les retraités demain, les retraités d’aujourd’hui disparaissent demain, tandis que les jeunes d’aujourd’hui deviennent eux-mêmes actifs demain.

Alors, pourquoi la catégorie des actifs donnerait-elle aujourd’hui X milliards d’euros à celle des retraités, alors que cette dernière aura disparu demain et ne pourra rien lui rendre ? Pourquoi cette catégorie composée d’homo economicus ferait-elle preuve d’altruisme aujourd’hui envers celle des retraités, puisque rien ne lui garantirait qu’elle-même bénéficierait d’un tel traitement favorable son tour venu demain ? Cela montre bien qu’il faut un mécanisme permettant à la catégorie des actifs d’être incitée à effectuer le transfert vers la catégorie des retraités. Ce mécanisme peut être de deux ordres.
Le leurre de la capitalisation
Soit les actifs placent la somme correspondant au transfert aujourd’hui et la récupèrent demain, avec intérêts. En ce cas, il y a transfert intergénérationnel au sein d’une même catégorie, les actifs d’aujourd’hui étant devenus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ La France continue d’attirer des étudiants étrangers : 343 400 ont choisi d’y venir en 2017-2018, un chiffre en hausse de 4,5 % par rapport à l’année précédente.
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Toujours plus d’étudiants internationaux en France

La France continue d’attirer des étudiants étrangers : 343 400 ont choisi d’y venir en 2017-2018, un chiffre en hausse de 4,5 % par rapport à l’année précédente.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 17h03
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 17h24
    |

            Séverin Graveleau








                        



   


L’attractivité de la France auprès des étudiants étrangers reste forte : 343 400 d’entre eux ont choisi l’Hexagone pour étudier en 2017-2018, annonce Campus France, l’organisme de promotion de l’enseignement supérieur français à l’étranger. Cela représente une hausse de 4,5 % par rapport à l’année universitaire précédente, presque identique à celle d’avant (4,6 %).

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Ces premières données, diffusées vendredi 12 octobre, ne permettent pas de dire si la France revient dans le trio de tête des destinations préférées des étudiants internationaux. Elle avait perdu en 2015 sa troisième position au profit de l’Australie, alors que les Etats-Unis restaient premiers, suivi du Royaume-Uni, selon les comparaisons de l’Unesco. Voici les principales tendances concernant les étudiants étrangers en français.
L’Afrique envoie le plus d’étudiants se former en France
Les nationalités des étudiants internationaux restent proches de l’année précédente. En revanche, « l’ordre dans ce classement change légèrement », indique Campus France. Après le Maroc (1er), c’est l’Algérie qui passe en seconde position, devant la Chine (3e), tandis que l’Italie gagne une place (4e) au détriment de la Tunisie (5e).


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Pays
Nombre d'étudiants


1
MAROC
39 855


2
ALGERIE
30 521


3
CHINE
30 071


4
ITALIE
13 341


5
Tunisie
12 842



46 % des étudiants internationaux viennent d’Afrique, 25 % d’Europe, 16 % d’Océanie, 9 % du continent américain et 4 % du Moyen-Orient.
L’université privilégiée
Près de 70 % des étudiants étrangers choisissent l’université lorsqu’ils viennent étudier en France, soit un point de moins que l’année dernière. Au total, ce sont donc 240 000 étudiants qui y sont inscrits, dont 49 % dans un cursus de licence, 41 % en master, et 10 % en doctorat.
Les autres établissements aux portes desquels les étudiants étrangers viennent frapper sont les écoles de commerce et de gestion (9 % d’entre eux y sont inscrits), les écoles d’ingénieurs (7 %). Les autres établissements (écoles spécialisées, écoles d’art, classes préparatoires, etc.) rassemblent les 14 % restants.

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L’attractivité des lettres et sciences
A l’université, les étudiants étrangers continuent de privilégier les filières sciences et médecine pour 37 % d’entre eux. Suivent les lettres, langues et sciences humaines et sociales pour 32 %, puis l’économie et la gestion (20 %), enfin le droit et les sciences politiques (12 %)
Une courte majorité de femmes 
En 2017-2018, 52,5 % des étudiants internationaux étaient des étudiantes. Une proportion sensiblement la même que l’année précédente.



                            


                        

                        

