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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Trois podcasts et deux CD mêlant contes, légendes et classiques pour nourrir l’imaginaire des petits sans fatiguer les grands.
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Cinq histoires à faire écouter aux enfants


                      Trois podcasts et deux CD mêlant contes, légendes et classiques pour nourrir l’imaginaire des petits sans fatiguer les grands.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 15h06
    |

            Cristina Marino et 
                                Clara Georges








                              

                        
Oli, des contes d’auteurs

Le soir venu, Alain Mabanckou et ­Geneviève Brisac s’invitent dans la chambre des petits. Disponible depuis la rentrée, le podcast de France Inter est le dernier-né dans la catégorie des ­histoires audio pour enfants. La radio publique a demandé à des auteurs francophones d’imaginer des contes qu’ils liraient eux-mêmes, accompagnés de fonds musicaux et sonores. Delphine de Vigan déploie ici son ­talent narratif en version courte autour d’une banale histoire de poisson rouge mort. La voix joyeuse de l’auteure nous happe dès la première phrase (« Le jour où j’ai entendu papa dire “oh merde !” ») et ne nous lâche plus. Guillaume Meurice, aussi, l’humoriste omniprésent d’Inter, qui a eu la bonne idée de délaisser un peu son entreprise de destruction méthodique de notre vie politique pour offrir aux enfants un condensé de démocratie appliquée aux poules. Ce conteur-né devient tour à tour gallinacée aigrelette et renard embobineur. On se passerait en revanche volontiers de la moralité sur la loi du plus fort. Pour l’heure, seuls cinq épisodes sont disponibles, mais la radio promet que d’autres vont suivre.
De 5 à 7 ans. Episodes de 8 à 12 min. Disponible sur iTunes.
Ma fabrique à histoires, l’enfant aux manettes

Pas de smartphone ni d’ordinateur, mais une radio au design minimaliste, rectangle turquoise aux boutons jaunes. A l’intérieur, un drôle de concept : des histoires que l’enfant construit lui-même, en choisissant un personnage (Gaston ou ­Suzanne), un lieu (château, mer, forêt ou maison), une rencontre (baby-sitter, père Noël, ­baleine…) et un objet. Et zou, ça démarre. Au hasard, on tombe sur l’histoire de la famille ­Dufeuil, qui fabrique des ­chemises… sauf la benjamine, Suzanne, la seule à ne pas faire partie de cette petite entreprise, qui se sent un peu oubliée. C’est bien mené, court, raconté soit par un homme, soit par une femme, et agrémenté de bruitages....




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A Montmartre, le roman-fleuve de l’auteur japonais est produit en version audio. Christophe Brault, acteur de théâtre, explique les ficelles du métier.
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Dans les coulisses de l’enregistrement du « Meurtre du Commandeur », de Murakami


                      A Montmartre, le roman-fleuve de l’auteur japonais est produit en version audio. Christophe Brault, acteur de théâtre, explique les ficelles du métier.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 15h06
    |

            Catherine Rollot








                              

                        

Voilà déjà une dizaine de jours que Christophe Brault passe ses journées dans un studio parisien avec Haruki Murakami, le plus célèbre des romanciers japonais contemporains. Un face-à-face intime bien qu’à distance, avec le phrasé, le rythme, les mots, du dernier roman de l’auteur de la trilogie 1Q84. Au pied de la butte Montmartre, le comédien enregistre la version audio du nouveau roman-fleuve (1 000 pages en deux tomes) de l’écrivain, Le Meurtre du commandeur, publié au Japon fin février et disponible en français depuis début octobre chez Belfond. Dans un mois, le roman sera téléchargeable en format MP3, et rejoindra le catalogue de Lizzie, la nouvelle marque consacrée aux livres audio du groupe Editis.
S’adresser à une paire d’oreilles « comme si elle était unique »
Acteur de théâtre, voix pour plusieurs feuilletons radiophoniques, rompu aux lectures publiques, Christophe Brault est installé dans une petite cabine vitrée, casque audio sur les oreilles, les pages du manuscrit déposées devant lui sur un pupitre. Le timbre captivant du récitant immerge l’auditeur dans la tête du personnage principal, un jeune peintre en panne d’inspiration. « Vous ne devez pas interpeller l’auditeur ni interpréter le texte, pour ne pas gêner l’imaginaire et les projections personnelles de celui qui vous écoute, explique-t-il. Une des difficultés est de faire entrer les gens dans une histoire grâce à votre voix tout en faisant attention à ce que cette dernière ne prenne pas le dessus au détriment du livre. »
Sa capacité à emprunter une multiplicité de tons, indispensable pour différencier les personnages au cours de la lecture, mais aussi sa manière de s’adresser « à une paire d’oreilles comme si elle était unique » a séduit les chercheurs de voix de Hey You Get on My Cloud, la société chargée d’enregistrer l’ouvrage. Depuis un an, la production de livres audio pour le compte d’éditeurs a explosé et constitue aujourd’hui...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Une série documentaire retrace ce conflit qui déchira le Vieux Continent au XVIIe siècle.
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« Un âge de fer, la guerre de Trente Ans » : il y a quatre siècles, la création de l’Europe

Une série documentaire retrace ce conflit qui déchira le Vieux Continent au XVIIe siècle.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 14h15
    |

            Mustapha Kessous








                        



   


Arte - Samedi 13 octobre - 20 h 50, SERIE DOCUMENTAIRE
Cette année, il est légitime de commémorer l’un des pires conflits qui déchirèrent l’Europe, saignant sa population, ruinant nombre de ses cités les plus prospères, rebattant les cartes d’un jeu politique incertain jusqu’à son terme. Ce n’est pourtant pas la première guerre mondiale, et le centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918, qu’évoque en six épisodes le docu-fiction de Philippe Bérenger et Henrike Sandner (les trois derniers seront diffusés le samedi 20 octobre), mais la guerre de Trente Ans (1618-1648), qui solda les conflits religieux à l’œuvre dans la chrétienté depuis le début du XVIe siècle.
Tout part d’un conflit local au cœur du Saint Empire romain germanique. L’autorité catholique dans le royaume de Bohême majoritairement réformé est ­contestée, et un des représentants impériaux est défenestré à Prague le 23 mai 1618. S’ensuivent trente années de fer et de sang, d’effroi, aggravées par la propa­gation de la famine et des épi­démies, peste en tête. Au terme de ce conflit, la définition d’un nouveau statut des Etats qui fonde une Europe nouvelle par une ­série de traités dits « de Westphalie », sans vainqueurs ni vaincus (signés en octobre 1648, à Osnabrück, entre l’empire et les puissances protestantes, et à Münster, entre l’empire et les puissances catholiques).
Calculs géopolitiques
Trente années, autrement dit une éternité pour un monde où l’espérance de vie est plus brève encore. D’où la conviction que l’enfer est advenu sur Terre et le diable, le seul maître de ce chaos sans fin.
Pour évoquer ce long conflit, deux priorités. Un récit chronologique, qui permet de saisir que, en dépit des apparences et des légi­timations théoriques, la religion compte très vite bien moins que les calculs géopolitiques et les ­rivalités dynastiques, Habsbourg ­contre Bourbons notamment, dont les acteurs se relaient au premier plan. Se succèdent ici une phase initiale essentiellement interne à l’empire, puis un moment danois, un autre où la Suède s’impose sur la scène internationale avant que la France, prudemment dans l’ombre jusqu’en 1635, ne s’engage en première ligne.
Un panel de protagonistes très différents permet de mesurer comment le drame est vécu
Le choix d’une évocation humaine aussi, avec un panel de ­protagonistes très différents. Leur témoignage, direct (correspondance, Mémoires et messages chiffrés) ou indirect (actes judiciaires et chroniques locales), permet de mesurer comment le drame est vécu, que l’on soit fille de roi (Elizabeth Stuart, dont le père règne sur l’Angleterre et l’Ecosse), peintre versé dans une diplomatie occulte au service du roi d’Espagne (Rubens, durant la première décennie du conflit), conseiller écouté d’un ministre tout-puissant (le père Joseph, « éminence grise » du car­dinal de Richelieu)…
Mais le plus émouvant est de suivre le parcours d’une aubergiste de Biberach, Barbara Xeller, rattrapée par la fièvre, qui « transforme » toute femme en sorcière quand le diable semble avoir gagné et qui échappe au bûcher et à la torture. Celui d’une fillette, seule rescapée du massacre des siens à Calbe en 1630, Anna Margareta, malmenée, de monastère en camp militaire, et qui finit sa vie unie au commandant en chef de l’armée suédoise.
Ou celui, obscur et exceptionnel, de Peter Hagendorf, mercenaire de formation luthérienne, qui s’engage dans n’importe quel camp, indifférent aux enjeux religieux, pourvu qu’il ­gagne sa vie et reste vivant, qui ­traversa tout le conflit et en fit le récit avant de s’éteindre, presque octogénaire, en 1679. A hauteur d’homme, la leçon d’histoire est aussi une leçon d’humanité.
Un âge de fer, la guerre de Trente Ans, de Philippe Bérenger et Henrike Sandner (Fr./All., 2017, 6 × 55 min). www.arte.tv



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Un documentaire met intelligemment en garde contre les conséquences néfastes d’une addiction aux martphones, ordinateurs et tablettes sur le cerveau.
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« Hyperconnectés : le cerveau en surcharge  »: résister aux appels des sirènes numériques

Un documentaire met intelligemment en garde contre les conséquences néfastes d’une addiction aux martphones, ordinateurs et tablettes sur le cerveau.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 14h00
    |

            Mustapha Kessous








                        



   


Arte - Samedi 13 octobre – 23 H 30, DOCUMENTAIRE
Depuis une vingtaine d’années, smartphones, tablettes, ordinateurs et montres intelligentes ont pris une place démesurée dans la vie quotidienne. Texto, ­vidéo­confé­rence, notification ou courriel, n’importe qui peut désormais être joignable à n’importe quel moment de la journée… ou de la nuit. On doit cet univers ultraconnecté à Internet, désormais utilisé par la moitié de la population mondiale. Ainsi, en vingt-quatre heures, 150 milliards de courriers électroniques sont échangés à travers la planète.
La gestion d’e-mails représenterait 30 % de la journée d’un salarié et un cadre sur deux n’arriverait pas à se déconnecter le soir.
Grâce à ce réseau, l’humanité produit autant d’informations en deux jours qu’elle ne l’a fait en deux millions d’années ! Certes, les nouvelles technologies permettent de rester en contact avec ses proches et ses collègues, mais elles demandent une attention permanente. Ces sollicitations incessantes nous obligent à donner des réponses rapides. Selon des chercheurs, les ­e-mails sont la première cause de stress au travail ; leur gestion représenterait 30 % de la journée d’un salarié et un cadre sur deux n’arriverait pas à se déconnecter le soir. Conséquences : baisse de la productivité, burn-out, dépression, perte de concentration, réduction des capacités cognitives…
« Laisse numérique »
Alors, comment survivre dans un monde numérisé, qualifié de « laisse numérique » ? C’est la question que pose avec intelligence ce documentaire. Le propos n’est pas de remettre en cause ­Internet, mais de chercher à ­mettre en garde contre une forme d’addiction aux outils 2.0. Une utilisation immodérée des appareils et autres écrans numériques a des conséquences néfastes sur le corps et l’esprit ainsi que dans la vie personnelle.
Autre problème : la moyenne de concentration au travail devant un écran ne cesse de diminuer. En 2012, elle était d’une minute et douze secondes, contre trois minutes en 2004. Selon la chercheuse américaine Gloria Mark, pour la « génération Internet », qui est née et a grandi avec les smartphones, la durée d’attention est encore plus courte : quarante-cinq secondes. Le documentaire rappelle que le plus simple encore est de déconnecter le plus souvent possible afin de permettre au cerveau de se reposer – ce qui est essentiel pour sa survie.
Hyperconnectés : le cerveau en surcharge, de Laurence Serfaty (France, 2016, 55 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ En plongeant ses œuvres dans le goudron, la Mexicaine Minerva Cuevas veut susciter une prise de conscience sur l’urgence environnementale. Sa démarche s’inscrit dans le mouvement grandissant mais méconnu de l’art écologique.
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L’art passe à l’éthique

En plongeant ses œuvres dans le goudron, la Mexicaine Minerva Cuevas veut susciter une prise de conscience sur l’urgence environnementale. Sa démarche s’inscrit dans le mouvement grandissant mais méconnu de l’art écologique.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 13h00
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

C’est une marine comme on en trouve dans toutes les brocantes de part et d’autre de l’Atlantique : un paysage aquatique et édénique, à la palette chromatique douce, figurant une Amérique précolombienne. Comme si on y était… Mais si vous y étiez, vous remarqueriez que ce tableau empeste. L’artiste mexicaine Minerva Cuevas a plongé ce vieux paysage dans du goudron, un des nombreux sous-produits du pétrole intensivement exploité dans la péninsule du Yucatan.
Dans sa série « Hidrocarburos » commencée en 2006, elle analyse les effets de ce produit sur la ­région. Aux indolentes vagues qui venaient lécher le rivage répond ainsi désormais une autre, noire, apocalyptique, envahissant à la fois le tableau et son hors-cadre. L’œuvre se veut la métaphore de l’engluement des hommes et de l’environnement dans les énergies fossiles, mais elle pose aussi la question de ce que peut l’art face à cet état de fait : dénoncer, oui, mais les tubes de peintures modernes ne sont-ils pas aussi des dérivés du pétrole, et les tableaux destinés à alimenter un marché de l’art débridé ?
Révolution des formes
Le travail de Minerva Cuevas s’inscrit dans ce que les spécialistes n’hésitent désormais plus à appeler « l’art écologique » : une tendance qui, depuis les ­gestes pionniers des années 1960-1970, comme ceux de Gina Pane ou de Robert Smithson, s’est développée jusqu’à constituer un champ spécifique. Paul ­Ardenne, historien et critique d’art, a tenté de brosser le panorama de cette révolution des formes et de la pensée artistique dans son ouvrage Un art écologique. Création plasticienne et anthropocène (Le Bord de l’eau, 304 p., 27 euros).
Les œuvres sur lesquelles s’appuie sa réflexion s’attachent à repenser les modes de production artistiques (à rebours d’un Olafur Eliasson, dont l’œuvre Ice Watch exposée lors de la COP21 présentait un bilan carbone désastreux), à renouveler les lieux de l’art (nombre d’œuvres prennent place au cœur même de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Les déclarations de célébrités commencent à stimuler les inscriptions sur les listes électorales avant les élections de mi-mandat le 6 novembre.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Une sélection d’automne, où il est question de l’histoire des jardins, de paysages travaillés par la main de l’homme, mais aussi de biodiversité ou de... chasse à courre
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Dans une ville qui se vide de ses libraires, l’ouverture d’un point de vente indépendant est un petit événement.
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A Paris, une librairie défie le déclin du livre

Dans une ville qui se vide de ses libraires, l’ouverture d’un point de vente indépendant est un petit événement.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 11h00
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

Anne-Laure Vial et Delphine Bouétard rongent leur frein. Des milliers de livres, soigneusement choisis, ont déjà été livrés dans leur future librairie du boulevard Poissonnière, dans le 2e arrondissement de Paris. Certains ont même été placés en rayon. Des bandes dessinées, le dernier Elena Ferrante. Mais pour les vendre, les deux femmes doivent encore patienter, le temps que toutes les tables arrivent et que les peintures sèchent. Mme Vial slalome entre les cartons : « Ici, devant le grand escalier qui descend au sous-sol, il y aura un bar, il faut juste sortir le matériel des caisses. » Dans quinze jours, les premiers clients pourront entrer, promis. Pas question de rater les achats de Noël.
C’est un événement rare : à Paris, une vaste librairie s’apprête à ouvrir ses portes, sous le nom tout simple d’« Ici ». Un point de vente indépendant, sans lien avec une chaîne comme la Fnac. Environ 500 mètres carrés, en bas d’un bel immeuble de la fin du XVIIIe siècle. Cela en fera « la plus grande librairie indépendante ouverte d’emblée avec une telle surface dans la capitale », selon le magazine professionnel Livres hebdo.
Au fil des décennies, cet emplacement a accueilli un marchand de soieries, un magasin de jouets, un bar, des salles de cinéma, avant d’être découpé en deux boîtes de nuit, le Pulp et le Scorp, puis transformé en boutique d’habillement pour enfants. Orchestra, le dernier occupant, a plié bagage en 2017. « Cette fois, une librairie va donc remplacer un magasin de vêtements, et non l’inverse comme c’est fréquent », remarque Mme Bouétard dans un sourire. Bonne nouvelle au métro Bonne-Nouvelle !
Paris a perdu 350 librairies depuis 2000
Cette création annonce-t-elle pour autant la fin du déclin pour les librairies parisiennes, l’amorce d’une reconquête ? Rien n’est moins sûr. Depuis 2000, Paris a perdu 350 librairies, soit une sur trois, selon les pointages...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Sophie Calle est à l’honneur à la galerie Perrotin à Paris qui expose un projet photographique intitulé « Parce que » et un hommage à son chat Souris.
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Souris dans les oreilles, rideaux devant les yeux

Sophie Calle est à l’honneur à la galerie Perrotin à Paris qui expose un projet photographique intitulé « Parce que » et un hommage à son chat Souris.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 09h57
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



                                


                            

Point de maison de disques, de sortie dans les bacs ou de tournée pour Sophie Calle : l’édition du triple vinyle dédié à son chat Souris se fait à l’occasion d’une exposition, à la galerie Perrotin, à Paris. Une exposition sonore, de fait, où est diffusée la quarantaine de titres écrits et composés dans cet album collectif. Sur les murs, des box avec casques permettent des écoutes à la carte, et les trois vinyles rehaussés d’une photo dudit chat, vivant en face A, mort en face B.

En préambule, l’artiste introduit l’animal par une sorte d’oraison funèbre où la mélancolie est rattrapée par des étrangetés mi-tragiques mi-comiques. On reconnaît bien là sa griffe, et on y apprend notamment que le cercueil du chat fut trop petit (les pattes arrière dépassaient) ou que certains SMS de « condoléances » valaient leur pesant de croquettes. Mais l’essentiel se passe dans les oreilles, et hormis une vidéo surréaliste montrant Souris jouer avec les animaux empaillés dont l’artiste s’entoure et quelques photos, il n’y a pas grand-chose à voir – si ce n’est la coupelle du chat, posée dans un coin.
De courts textes brodés
« La musique, les disques, ce n’est pas mon terrain habituel, donc j’ai voulu présenter un autre projet en parallèle, en l’articulant à celui-ci », confie Sophie Calle entre les deux espaces qu’elle occupe à la galerie Perrotin. Cet autre projet, intitulé  Parce que, donne à voir et à lire. Il se présente en une série de cadres obstrués par des rideaux de feutre. Sur chacun, de courts textes ont été brodés : ces « parce que » qui donnent les raisons pour lesquelles la photo a été prise. Ils précèdent la vision des images, que l’on ne découvre qu’en soulevant le rideau : portraits, paysages, détails, photos posées ou prises sur le vif. « Parce que la vengeance est un plat qui se mange froid » dévoile ainsi une photo de deux pierres tombales anonymes côte à côte : la première, sur laquelle on lit « Father »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Créateur de l’aéroport de Roissy, le spécialiste des aérogares s’est éteint le 11 octobre à l’âge de 80 ans.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
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L’architecte Paul Andreu est mort

Créateur de l’aéroport de Roissy, le spécialiste des aérogares s’est éteint le 11 octobre à l’âge de 80 ans.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 09h43
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 10h43
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            Jean-Jacques Larrochelle








                        



                                


                            

C’est l’Académie des beaux-arts, dont il était membre depuis 1996, qui a annoncé, vendredi 12 octobre, la mort de Paul Andreu, survenue la veille à l’âge de 80 ans. Parmi les architectes de renom ayant su mêler invention et technicité, il a été l’un des plus fameux en même temps que le moins friand des échos médiatiques sur sa personne. Sa carrière de constructeur, résolument ouverte sur le monde, et sur la Chine en particulier, a été assombrie en mai 2004. L’effondrement d’une partie de la jetée d’embarquement du terminal 2E de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle (Val-d’Oise) qu’il avait dessiné avait fait quatre morts et sept blessés. En dépit de cet accident, les aéroports restent comme l’une de ses marques de fabrique. On connaissait moins de lui d’autres talents : l’écriture romanesque et la peinture.
Paul Andreu est né le 10 juillet 1938 à Bordeaux. Il quitte la cité girondine à la toute fin de son adolescence et poursuit ses études à Paris : lycée Louis-le-Grand, école Polytechnique, écoles des Ponts et chaussées et des beaux-arts. Les deux diplômes qu’il décroche, l’un d’ingénieur, l’autre d’architecte, résument la diversité de son activité future et son double intérêt, jamais éteint, pour tous les domaines scientifiques et artistiques.
Pendant presque quarante ans, de 1967 à 2003, Paul Andreu a travaillé pour Aéroports de Paris (ADP). Il a été successivement responsable des travaux à Orly et au Bourget, architecte en chef des bâtiments de l’Aéroport Charles-de-Gaulle, puis directeur et architecte chargé des études et des travaux pour l’ensemble des ouvrages dont ADP avait la charge. Son expertise en matière de réalisation d’aérogares, d’abord à Paris, s’étend sur le reste de la France, en particulier à Bordeaux (1989-1996) et à Nice (1997-2002), puis, enfin, partout dans le monde : Abu Dhabi (1975-1982), Jakarta (1977-1985), Dar-es-Salam (1977-1984), Le Caire (1977-1986), Shanghai (1996-1999)… « Paul Andreu aime ces bâtiments...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Les archives sont rares, les témoins ont toujours peur… Anne Kerlan n’a pourtant pas renoncé à écrire la biographie de l’opposante à Mao morte en prison en 1968.
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Retrouver Lin Zhao dans la fureur de l’histoire chinoise

Les archives sont rares, les témoins ont toujours peur… Anne Kerlan n’a pourtant pas renoncé à écrire la biographie de l’opposante à Mao morte en prison en 1968.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 08h00
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            François Bougon








                        



                                


                            
Lin Zhao, « combattante de la liberté », d’Anne Kerlan, Fayard, 388 p., 24 €.

A l’origine du livre de la sinologue Anne Kerlan sur l’une des toutes premières dissidentes chinoises, il y a un choc sur grand écran : la découverte d’un documentaire du réalisateur indépendant Hu Jie, sorti confidentiellement en Chine en 2004, A la recherche de l’âme de Lin Zhao, consacré au destin tragique et au martyre de la journaliste et écrivaine (1932-1968).
« Ce film m’a bouleversée, ce fut un moment très fort », témoigne Anne Kerlan, dans un petit bureau de l’Ecole des hautes études en sciences sociales, où elle dirige le Centre d’études sur la Chine moderne et contemporaine. A la fin de la projection, à Paris, en 2008, elle est allée voir Hu Jie pour lui faire part de son émotion. Mais que faire de plus que le film-monument de ce réalisateur dont l’entreprise mémorielle fait penser à Claude Lanzmann (1925-2018) et à Shoah (1985), qu’il dit avoir vu à plusieurs reprises ? Il faudra des discussions avec des collègues, notamment Christian Ingrao, historien spécialiste du nazisme, qui animait à l’époque un séminaire intitulé « Explorations du paroxysme », pour qu’elle se lance dans un projet de livre. L’historien et éditeur ­Anthony Rowley (1952-2011) lui fait signer un contrat chez Fayard. « C’est allé plus vite que mon propre cheminement », explique Anne Kerlan.
Emportée par la vague de répression
Lin Zhao est certes une icône dans les cercles libéraux chinois qui luttent pour plus de démocratie et de respect des droits. Mais, à l’étranger, peu connaissent la trajectoire de cette contestataire de la première heure. Son vrai nom est Peng Linzhao, qu’elle change pour marquer son indépendance et s’affranchir de son père. Cette jeune fille idéaliste, déterminée et romantique passe par une école chrétienne puis s’engage au sein du Parti communiste clandestin. Elle se retrouve...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose une sélection d’émissions à voir et revoir en différé.
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Le stratège de Trump, le médecin qui sauvait les femmes et addictions 2.0 : des replays pour le week-end

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose une sélection d’émissions à voir et revoir en différé.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 06h23
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Pour ce week-end de mi-octobre, La Matinale vous propose de découvrir deux personnalités ; Robert Mercer, milliardaire américain qui a pesé de tout son poids pour faire élire Donald Trump ; Denis Mukwege, récompensé par le prix Nobel de la paix pour son travail en République démocratique au Congo auprès des femmes victimes de viols. Mais qui dit week-end dit aussi coupure avec le travail. Ou pas. C’est le propos de Hyperconnectés : le cerveau en surcharge, un documentaire qui revient sur la place des technologies liées à Internet, et les dérives qui en découlent.
L’ombre de Trump

   


Qui est Robert Mercer ? Inconnu du grand public, il est pourtant l’un des hommes les plus influents du monde. Redoutable stratège, il a compris qu’en prenant possession des données informatiques de millions de personnes, on peut faire basculer le cours d’une élection.
Sans son aide tactique, financière et médiatique, Donald Trump n’aurait pu être élu à la présidence des Etats-Unis. Lorsque s’ouvrent les primaires du Parti républicain pour l’élection de 2016, Mercer jette d’abord son dévolu sur le sénateur du Texas Ted Cruz. Mais ce dernier est balayé par Trump. Qu’à cela ne tienne, il rallie le magnat de l’immobilier. Mieux, il prend le contrôle de sa campagne et impose une nouvelle équipe pour la diriger. A sa tête : Steve Bannon, rédacteur en chef de Breitbart News, un média d’extrême droite racheté par Mercer en 2012, qui produit des « fake news » à la chaîne.
Trump va aussi pouvoir compter sur l’appui d’une firme spécialisée dans le profilage psychologique : Cambridge Analytica, filiale de la société britannique Strategic Communication Laboratories, qui s’est implantée en 2013 aux Etats-Unis grâce à l’appui financier de Mercer. Le réalisateur dévoile un pan méconnu de l’affaire, en détaillant la manière dont ces données ont été utilisées.
Le système politique américain, d’une vulnérabilité confondante, est désormais aux mains des milliardaires, qui, en injectant des sommes colossales, peuvent manipuler leurs concitoyens sans être inquiétés. Pour le moment… Antoine Flandrin
« Comment Trump a manipulé l’Amérique », de Thomas Huchon (France, 2017, 60 minutes). Disponible sur Arte.tv jusqu’au 6 janvier 2019.
Médecin de paix

Elles ne savent pas si elles doivent continuer à vivre. Le corps en souffrance, elles ne se sentent plus femmes et vivent avec la peur au ventre. Adolescentes, jeunes mères, parfois grands-mères, elles ont été violées par des militaires.
Dans ce coin de la République démocratique du Congo (RDC), au Sud-Kivu – une région riche et convoitée où des groupes armés s’affrontent depuis vingt ans –, « les femmes sont les premières victimes et leurs vagins sont devenus des champs de bataille », dit une voix off, en introduction de ce documentaire qui met en lumière le travail remarquable de Denis Mukwege, 63 ans, récemment récompensé par le prix Nobel de la paix.
En 1999, en pleine guerre civile, ce chirurgien-gynécologue ouvre l’hôpital de Panzi à Bukavu, sa ville natale, pour permettre aux futures mères d’accoucher sereinement. Mais sa première patiente n’attend pas un enfant : elle a été victime d’un viol. Cette année-là, il soignera quarante-cinq femmes qui ont été sexuellement agressées. Trois fois plus l’année suivante.
Denis Mukwege constate que ces femmes sont humiliées et détruites sans que le monde s’alarme de leur sort. Il alerte alors les ONG. Et commence à devenir gênant. Victime de trois tentatives d’assassinat, il quitte la RDC, où il est connu comme « le médecin qui répare les femmes ». Dans les couloirs de l’hôpital, on chante son nom et ses bienfaits : « A celui qui veut du mal à Mukwege, que le malheur s’abatte sur lui ! » En quinze ans, le gynécologue a pris en charge plus de 40 000 femmes. Le documentaire, pudique, traite le sujet du viol avec une grande sensibilité, sans jamais tomber dans le pathos. Mustapha Kessous
« Congo, un médecin pour sauver les femmes », d’Angèle Diabang (France, 2014, 52 minutes). Disponible sur France.tv jusqu’au 18 octobre.
Cerveau au max

Un seul appel manqué et tout est dépeuplé. Depuis une vingtaine d’années, les smartphones, tablettes, ordinateurs et montres intelligentes ont pris une place démesurée dans la vie quotidienne. Texto, vidéoconférence, notification ou courriel, n’importe qui peut désormais être joignable à n’importe quel moment de la journée… ou de la nuit.
On doit cet univers ultra-connecté à Internet, désormais utilisé par la moitié de la population mondiale, qui a changé la façon de communiquer et de consommer de l’information. Ces sollicitations incessantes nous obligent à donner des réponses rapides.
Selon des chercheurs, les e-mails sont la première cause de stress au travail ; leur gestion représenterait 30 % de la journée d’un salarié et un cadre sur deux n’arriverait pas à se déconnecter le soir, avec, pour conséquences, la baisse de la productivité, le syndrome d’épuisement professionnel (burn-out), la dépression, la perte de concentration et la réduction des capacités cognitives…
Alors, comment survivre dans un monde numérisé, qualifié de « laisse numérique », qui attire sans cesse notre attention ? C’est la question que pose ce documentaire. Le propos du film n’est pas de remettre en cause Internet et ses avancées technologiques, mais au contraire de chercher à mettre en garde contre une forme d’addiction aux outils 2.0. Une utilisation immodérée des appareils et autres écrans numériques a des conséquences néfastes sur le corps et l’esprit ainsi que dans la vie personnelle. M. Ks.
« Hyperconnectés : le cerveau en surcharge », de Laurence Serfaty (France, 2016, 55 minutes). Disponible sur Arte.tv jusqu’au 11 décembre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ L’artiste critique le marché de l’art, ce qui n’empêche pas qu’il soit parfois rattrapé par la spéculation, explique la professeure d’histoire de l’art Laurence Bertrand Dorléac.
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Banksy peut-il échapper aux règles du marché ?

L’artiste critique le marché de l’art, ce qui n’empêche pas qu’il soit parfois rattrapé par la spéculation, explique la professeure d’histoire de l’art Laurence Bertrand Dorléac.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 07h33
    |

Laurence Bertrand Dorléac (professeur d'histoire de l'art à Sciences Po)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis que l’économie de l’art existe, depuis l’Antiquité, les artistes jouent au chat et à la souris avec leurs commanditaires, leurs mécènes, leurs collectionneurs. Mais le monde actuel qui fétichise avant tout la performance financière relègue l’art comme jamais derrière sa valeur marchande. C’est agaçant pour toutes celles et tous ceux qui voudraient que l’on parle d’autre chose que d’argent, et l’artiste britannique Banksy en fait partie.
La semaine dernière, pendant la foire londonienne de Frieze, il a troublé le rituel bien rodé d’une salle de ventes par son œuvre d’art totale que l’on n’oubliera pas de sitôt. Les faits sont à présent connus : alors que sa Girl with Balloon (2006) vient d’être achetée chez Sotheby’s à Londres pour la somme considérable de plus de 1 million de livres sterling (1,2 million d’euros), au dernier coup de marteau, une alarme sonne et l’œuvre sort de son cadre pour passer à travers une broyeuse à papier qui la découpe à moitié en lamelles.
Une vidéo rend compte de la stupéfaction du public et du personnel de la salle des ventes devant cette scène imaginée par Banksy, qui déclare juste en riant sur Instagram : « Adjugé, vendu ! » Son post sur le réseau social, où il raconte avoir longtemps médité sa bombe à retardement, au cas où l’œuvre serait vendue, cumule plus d’une dizaine de millions de vues. Sa machinerie rappelle la sculpture autodestructrice de Jean Tinguely dans les jardins du MoMA en 1960 : avec son Hommage à New York, lui aussi voulait redonner à l’art un rôle sur la place publique.
Mélange de poésie et de politique
Banksy multiplie les interventions qui mélangent la poésie et la politique à travers le street-art, inventé dans les années 1960 pour sortir du cadre policé des collections. On reconnaît désormais dans les rues d’Angleterre et de Navarre ses révolutionnaires masqués qui lancent des fleurs, ses policiers qui s’embrassent, ses gavroches,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ A l’instar de « LIBERTÉ, ÉGALITÉ, CABLE TV », détournement du « Bonaparte franchissant le Grand Saint-Bernard » de Jacques-Louis David, l’œuvre du street-artiste renouvelle la puissance politique de classiques, estime l’historienne Charlotte Guichard, dans une tribune au « Monde ».
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Banksy revisite Bonaparte et la notion de pouvoir

A l’instar de « LIBERTÉ, ÉGALITÉ, CABLE TV », détournement du « Bonaparte franchissant le Grand Saint-Bernard » de Jacques-Louis David, l’œuvre du street-artiste renouvelle la puissance politique de classiques, estime l’historienne Charlotte Guichard, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 06h00
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Charlotte Guichard (directrice de recherche au CNRS et professeure attachée à l’Ecole normale supérieure)







                        



                                


                            
Tribune. Au 41, avenue de Flandre, dans le 19e arrondissement de Paris, sur les murs d’un logement social, un monumental pochoir de Banksy est protégé par un large Plexiglas des agressions du temps et de la rue. Détournant une œuvre iconique de la grande peinture, muséifiée, Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard, par Jacques-Louis David (1801), il représente une figure juchée sur un cheval cabré, en plein élan. Face au vent, son visage est dissimulé par un grand voile rouge qui l’aveugle aussi. Il a été réalisé en 2018 peu après la célébration de la Journée mondiale des réfugiés le 20 juin, avec une série d’autres œuvres éphémères : une invasion de Paris, comme les affectionne l’artiste.
C’est le rouge qui arrête le regard. La cape majestueuse s’est retournée contre Bonaparte, qui fait face au vent. Aveuglement de nos leaders politiques ? Dans le mouvement artistique de l’appropriation, la cape est devenue voile et la figure centrale évoque désormais une femme voilée. Peur de l’islam ? Quelques jours plus tard, l’œuvre est légendée sur Instagram, par Banksy lui-même, « LIBERTÉ, ÉGALITÉ, CÂBLE TV ». En lettres capitales, à la manière des écritures exposées qui ornent certains tableaux historiques de David et certains frontons des bâtiments publics pendant la Révolution et puis la IIIe République.
Orchestration médiatique
Perte des idéaux révolutionnaires et républicains ? A l’époque du tableau de David, Napoléon Bonaparte n’est encore que Bonaparte, premier consul, ce sont les valeurs de la Révolution française qu’il (ex)porte avec lui en Italie. Pas l’Empire. Pas encore. Cette devise serait-elle pervertie par les afflux d’images dont nous assomment les chaînes de télévision ? C’est ce que semble dire la photo que publie Banksy sur son compte et qui cadre aussi un jeune homme absorbé par son lumineux écran de téléphone.
Pourtant, ce pochoir n’a pas de sens sans l’orchestration médiatique qu’en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Originaire de Gironde, Paul Andreu avait également mené la construction de la Grande Arche du quartier de la Défense, à Paris.
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Mort de l’architecte Paul Andreu, créateur de l’aéroport de Roissy

Originaire de Gironde, Paul Andreu avait également mené la construction de la Grande Arche du quartier de la Défense, à Paris.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 18h36
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 20h32
   





                        



   


L’architecte français Paul Andreu, qui a conçu les plans de l’aéroport parisien de Roissy – Charles-de-Gaulle et réalisé la Grande Arche de la Défense aux portes de Paris, est mort jeudi à l’âge de 80 ans, a-t-on appris vendredi auprès de l’Académie des Beaux-Arts.
Lundi soir, il avait participé à un dîner au Centre Pompidou en l’honneur de l’architecte japonais Tadao Ando. Il était apparu très fatigué aux journalistes présents.
Originaire de Gironde, il était internationalement reconnu comme l’architecte de nombreux projets aéroportuaires, non seulement de Roissy, un projet titanesque mené entre 1967 et 1974, mais aussi à travers le monde et dans plusieurs villes de province.

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                Soixante ans après sa création, la Défense en quête d’une nouvelle image



Il avait réalisé plusieurs projets prestigieux en Chine, un pays qui le passionnait, comme le Grand théâtre national de Pékin. Il avait aussi mené la construction de la Grande Arche, inaugurée en 1989, un projet novateur pour Paris, deux siècles après la Révolution.
En 2004, un terminal de Roissy s’effondrait, entraînant plusieurs morts. Très affecté, Paul Andreu arrêtait alors un temps son activité.
Titulaire du Grand Prix national de l’architecture en 1977, il avait été élu membre de la section d’architecture de l’Académie des Beaux-Arts en 1996.

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                A Montréal, le "petit" projet de Paul Andreu






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Rencontre avec le créateur canadien, star de l’art contemporain, qui met en scène ses visions à Luxembourg.
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Photographie : le réel halluciné de Jeff Wall

Rencontre avec le créateur canadien, star de l’art contemporain, qui met en scène ses visions à Luxembourg.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 18h26
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 18h29
    |

            Claire Guillot








                        



                                


                            

Devenu un artiste contemporain majeur avec ses grands « tableaux » photographiques qui atteignent des prix record dans les salles de ventes, le Canadien Jeff Wall aime à parler de son travail, qu’il analyse avec la précision et la rigueur de l’historien d’art qu’il est. Au Musée d’art moderne du Luxembourg (Mudam), il présente son exposition « Appearance » : 27 mises en scène hypnotiques, souvent monumentales, simples ou très sophistiquées, traversées de références à la littérature ou à la peinture. Pour autant, Jeff Wall reste aussi énigmatique que ses images, dont il refuse de livrer trop de clés.

« Je ne veux pas raconter l’histoire, ni donner beaucoup de détails, affirme-t-il de sa voix douce quand on l’interroge sur cette image d’un couple qu’il a fait poser nu dans la même pièce pour Summer Afternoons (2013), elle allongée l’air absent sur le canapé, lui recroquevillé sur le sol, ensemble mais séparés dans deux images accolées. Ce qui m’intéresse, c’est l’expérience du spectateur, et trop d’information peut la gâcher. Je ne veux pas donner mon interprétation car les gens prennent ce que dit l’artiste pour parole d’évangile. L’artiste n’a pas son mot à dire, il fait ce qu’il a à faire, et les gens comprennent à leur façon. »
Jeff Wall évoque plus volontiers l’origine des images – des idées ou visions qu’il puise dans son quotidien avant de les recréer, parfois très modifiées, pour leur donner une forme plastique adéquate : « Je passe plus de temps à regarder le monde de façon photographique qu’à photographier. Je me sens libre de composer une image à partir de n’importe quel élément que je trouve approprié. Certaines choses me frappent, il n’y a pas de règle, ça peut être une chose que j’ai vue, une scène qu’on m’a racontée, un livre, ou même un rêve éveillé. »
« Rien n’est fabriqué »
C’est le cas dans l’œuvre The Flooded Grave (2000), où dans un cimetière triste, une tombe fraichement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Au Musée d’art moderne (Mudam), les vingt-sept compositions de l’artiste mettent en valeur toute sa palette.
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A Luxembourg, le photographe Jeff Wall expose des histoires aux multiples références

Au Musée d’art moderne (Mudam), les vingt-sept compositions de l’artiste mettent en valeur toute sa palette.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 18h24
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 18h28
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            Claire Guillot








                        



                                


                            

Seules vingt-sept œuvres sont exposées, mais pour l’artiste canadien Jeff Wall, dont les images adoptent des formats monumentaux, c’est déjà beaucoup. L’exposition « Appearance », au Mudam du Luxembourg, a d’ailleurs des airs de rétrospective. Parce qu’elle présente des œuvres qui vont de ses débuts à aujourd’hui, et surtout parce qu’elle met parfaitement en valeur la vaste palette de l’artiste, qui explore depuis les années 1970 les multiples ressources de l’image mise en scène. On y trouve des scènes théâtrales inspirées par l’histoire de l’art ou la littérature comme des images « presque documentaires » puisées dans le quotidien, des grands formats et des petits, des caissons lumineux et des tirages, du noir et blanc et de la couleur, des images uniques et des politiques. Depuis Picture for Women (1979), confrontation personnelle avec l’histoire de la peinture, jusqu’à Listener (2015), où un homme est jeté à terre par un groupe menaçant, toute la virtuosité de Jeff Wall se déploie en majesté.

L’artiste, qui a prêté plusieurs œuvres pour l’exposition, a travaillé étroitement sur l’accrochage avec les commissaires. Si les œuvres anciennes sur caissons lumineux sont présentées ensemble, le parcours n’est pas chronologique, chaque salle abordant, de façon assez lâche, des questions qui ont traversé son travail – le théâtre, le geste, le paysage. Mais les images sont assez espacées pour être appréciées séparément, et l’effet général est hypnotique : c’est la même séduction intense qui se déploie partout lorsqu’on se trouve physiquement confronté aux grands formats, aspiré par les couleurs lumineuses, absorbé par les détails inépuisables.
Mises en abyme
Le talent de l’artiste tient à sa capacité à créer à chaque fois un mini-drame, une histoire aux multiples références, une énigme sans résolution possible. Devant une simple personne qui se change dans une cabine d’essayage (Changing Room), dont on aperçoit juste...




                        

                        


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L’artiste et auteure pour la jeunesse Elzbieta est morte

D’origine polonaise, la créatrice de « Flon-Flon et Musette » et de « L’Enfance de l’art » est morte le 8 octobre à Paris. Elle avait 82 ans



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 18h02
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                            Philippe-Jean Catinchi








                        



                                


                            

Artiste plasticienne d’origine polonaise et auteure d’albums pour la jeunesse au rayonnement international, Elzbieta est morte à Paris le lundi 8 octobre, à l’âge de 82 ans.
Elzbieta, c’est d’abord et seulement un prénom. Celui que son père lui choisit à sa naissance, le 3 juillet 1936, qu’elle perd dès la mort de celui-ci quand sa mère l’affuble d’un « petit nom ridicule » qu’elle préférait taire, et qu’elle retrouve à 20 ans quand elle décide d’assumer sa vocation d’artiste, signant de ce seul prénom, comme les enfants lorsqu’ils achèvent leurs dessins.
L’enfance, très rude, elle y reviendra à plusieurs reprises, mais tardivement, dans des livres. L’un qui explore les enjeux et les voies de la création de l’album pour la jeunesse, illustrant le propos par son expérience personnelle (L’Enfance de l’art, Editions du Rouergue, 1997), l’autre qui constitue un récit terrible dévoilant la douleur de la perte des origines et les errements qu’il faut conjurer (La Nostalgie aborigène, L’Art à la page, 2008). Ce qui est admirable pour une artiste qui préfère le non-dit, se défie des discours, s’irrite des « explications » qu’on plaque sur ses images, tout entière solidaire des enfants qui les reçoivent sans filtre aucun.
Une enfance sombre
L’enfance d’Elzbieta est sombre donc. La Pologne envahie par les nazis, son père qui meurt à la guerre, sa mère, peu aimante, qui la confie à une « fée-marraine » à l’importance capitale. Conteuse inoubliable, cette brave femme qui vit à Mulhouse, où la fillette apprend le français comme l’alsacien, n’a que deux livres, dont elle prend un soin jaloux : son livre de cuisine et son missel. Et l’enfant, qui vit dehors ou joue sous les tables les jours de pluie, sait seulement qu’elle veut être artiste. Elle est fascinée par les images et la perfection du dessin d’une voisine, Sulamith Wülfing, qui a fui l’Allemagne. Si les anges et les nains qu’elle admire ne l’inspireront pas,...




                        

                        


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Le Petit Palais, futur jardin des « Tulipes » de Jeff Koons

L’œuvre monumentale offerte à la France par l’artiste américain en novembre 2016 fait toujours autant polémique.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 17h59
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 18h52
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                            Emmanuelle Lequeux








                        



                                


                            

Après deux ans de polémique, les  Tulipes de Jeff Koons fleuriront les jardins du Petit Palais, a annoncé Christophe Girard, vendredi 12 octobre, sur France Inter. Le nouvel adjoint à la maire de Paris pour la culture, après la démission de Bruno Julliard, a donné un étonnant coup d’accélérateur à ce dossier qui traînait en longueur. Cette annonce intervient quelques jours avant l’ouverture de la FIAC (du 18 au 21 octobre), qui verra accourir collectionneurs éminents, puissants galeristes et musées du monde entier, inscrivant un peu plus la capitale sur la carte mondiale de l’art contemporain.
La fabrication et l’installation de cette œuvre, estimée à plusieurs millions d’euros, « seront financées par de l’argent privé », a assuré M. Girard. « La Fondation pour Paris, dirigée par Anne-Sylvie Schneider, lève les fonds, avec le couple Emmanuelle et Jérôme de Noirmont [anciens galeristes et producteurs de l’œuvre], et le soutien de l’ancienne ambassadrice des Etats-Unis en France Jane Hartley, qui m’a assuré cette nuit avoir les mécènes. » Le contexte géopolitique est en effet « très important », selon M. Girard. « Emmanuel Macron et Anne Hidalgo veillant aux relations franco-américaines comme le lait sur le feu, il fallait en finir avec ce feuilleton. »

Plus d’une fois, en effet, ce feuilleton a failli tourner à l’incident diplomatique. Depuis que le sculpteur américain a dévoilé, en novembre 2016, son désir d’offrir à la France, en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015, une œuvre monumentale, la polémique ne désenfle pas.
Propositions ironiques
Les uns dénoncent l’étrange conception du « cadeau » de l’artiste américain : Koons laisse en effet à la charge du récipiendaire la réalisation du monument dont il offre le « concept » (une rutilante bagatelle, qui s’élance à 10 mètres de hauteur, s’épand sur 8 de large et pèse 33 tonnes). Les autres moquent l’arrogance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ L’écrivaine de 81 ans, auteure d’une trentaine de romans portant notamment sur l’esclavage et le colonialisme, a été choisie par un vote populaire.
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La Guadeloupéenne Maryse Condé remporte le « nouveau prix de littérature », alternative au Nobel

L’écrivaine de 81 ans, auteure d’une trentaine de romans portant notamment sur l’esclavage et le colonialisme, a été choisie par un vote populaire.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 06h23
   





                        



   


Souvent pressentie pour le prix Nobel, l’écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé a remporté, vendredi 12 octobre, « le nouveau prix de littérature » institué par la « Nouvelle Académie ». En raison d’un scandale sexuel touchant l’Académie suédoise, à la suite d’accusations d’agressions et de viols portées par dix-huit femmes contre l’époux d’une académicienne, l’institution n’a en effet pas été en mesure de remettre un prix Nobel de littérature pour l’année 2018.
C’est donc pour compenser cette absence qu’a été créé ce nouveau prix, décerné à Maryse Condé. « Dans ses œuvres, avec un langage précis », celle-ci « décrit les ravages du colonialisme et le chaos du post-colonialisme », a fait valoir la Nouvelle Académie lors de l’annonce du prix à la Bibliothèque publique de Stockholm.

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Née en février 1937 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), Maryse Condé a publié une trentaine de romans portant notamment sur l’esclavage et l’Afrique, ainsi que des pièces de théâtre et des essais. Son dernier livre, Le Fabuleux et Triste Destin d’Ivan et d’Ivana (éd. JC Lattès), est paru en 2017, deux ans après Mets et Merveilles, qu’elle avait annoncé comme son ultime ouvrage.
« Je suis très heureuse et très fière d’avoir ce prix, mais permettez-moi de le partager avec ma famille, avec mes amis et surtout avec tous les gens de la Guadeloupe (…) qui seront émus et heureux de me voir récompensée », a-t-elle réagi dans une vidéo, peu après l’annonce.
Financement participatif et mécénat
Maryse Condé a été désignée parmi une liste établie par quarante-sept bibliothécaires suédois – ensuite ramenée à quatre noms par un vote populaire (33 000 contributions, selon les organisateurs) – et comprenant, outre l’écrivaine française, le Britannique Neil Gaiman, la Québécoise Kim Thúy et le Japonais Haruki Murakami. Ce dernier, favori dans la course au Nobel, a demandé à être retiré de la liste, préférant « se concentrer sur l’écriture, loin de l’attention des médias ».
Quatre jurés – une éditrice, une professeure de littérature, un critique littéraire et la directrice d’une bibliothèque, tous Suédois – ont ensuite été chargés de désigner le lauréat final.
Le prix – qu’accompagne un versement de 1 million de couronnes (environ 97 000 euros), soit un peu plus du dixième du chèque perçu par les lauréats d’un Nobel – est doté par le financement participatif et le mécénat.
Il sera remis le 9 décembre, en présence de la lauréate, la veille du banquet des Nobel, traditionnellement dressé à l’hôtel de ville de Stockholm en l’honneur des lauréats de l’année – physique, chimie, médecine, littérature, économie. Le Nobel de la paix est décerné, lui, à Oslo, la capitale norvégienne.

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