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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Theresa May et les dirigeants des Vingt-Sept espèrent parvenir à un compromis sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE, avant le Conseil européen des 17 et 18 octobre.
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Brexit : dernier tunnel de négociations avant un accord… ou pas

Theresa May et les dirigeants des Vingt-Sept espèrent parvenir à un compromis sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE, avant le Conseil européen des 17 et 18 octobre.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 12h20
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 13h35
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        


Les négociateurs du Brexit sont entrés ces derniers jours dans un « tunnel » de négociations, pour reprendre l’expression des porte-parole de la Commission européenne, dont ils ne devraient sortir qu’en début de semaine prochaine, juste avant un sommet européen décisif sur le divorce d’avec le Royaume-Uni, les 17 et 18 octobre. Verront-ils la lumière au bout ?
L’optimisme était plutôt de mise à Bruxelles, vendredi 12 octobre au soir, mais les diplomates préfèrent éviter les paris. La discussion se concentre sur la question irlandaise, que Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, a jugée « ultra difficile » dans une interview au Monde.

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                Brexit : les nouvelles concessions de Theresa May sur l’Irlande pour arracher un accord avec l’UE



Un agenda millimétré
L’équipe de Michel Barnier, le négociateur en chef pour les Vingt-Sept, est à pied d’œuvre depuis la fin du congrès des Tories, au début d’octobre, pour finaliser avec les Britanniques à la fois l’accord de divorce proprement dit (reste à payer au budget de l’Union, sort des expatriés, question de la frontière irlandaise) et une déclaration politique portant sur la relation future entre les Vingt-Sept et Londres.
Ces dernières heures, les discussions se sont encore intensifiées. Les ambassadeurs des Vingt-Sept ont été informés de leur avancée vendredi soir à Bruxelles et au Luxembourg (en vidéoconférence) par l’adjointe de M. Barnier, Sabine Weyand. Elle n’est pas entrée dans le détail, par souci d’éviter les fuites risquant de faire dérailler la discussion. Les négociations entre les techniciens de M. Barnier et leurs homologues britanniques doivent se poursuivre tout ce week-end afin d’aboutir à des textes communs dimanche soir.
L’hypothèse d’un accord
Dans le meilleur des scénarii, ces textes seront soumis au gouvernement de Theresa May lundi matin. Si ce dernier l’avalise, Michel Barnier pourrait annoncer la nouvelle d’un compromis lors d’une conférence de presse commune, lundi après midi, en compagnie de Dominic Raab, son homologue britannique, probablement au Berlaymont, le siège de la Commission à Bruxelles.
Dans la foulée, les conseillers des vingt-sept dirigeants examineront à leur tour, et à la loupe, l’accord de divorce et la déclaration politique sur la relation future. Le lendemain, ce sera aux ministres des affaires européennes, réunis à Luxembourg, de s’emparer de ces compromis. Puis, mercredi soir, ils seront soumis aux dirigeants pour approbation finale.
Ces derniers pourraient ne s’entendre que sur une partie de l’accord — le divorce, mais pas la relation future. Ou juste sur la question irlandaise, mais pas sur celles des appellations géographiques ou de la gouvernance de l’accord de divorce, deux autres points de désaccord persistants. Auquel cas un nouveau sommet européen « spécial Brexit » devrait être convoqué à la mi-novembre, pour clore définitivement tous les différends.
Le « no deal » n’est pas complètement exclu
« Ceux qui mettent tous leurs pions sur l’hypothèse d’un désaccord se trompent : il faudra trouver un accord. Et je crois que nous le trouverons », déclarait M. Juncker dans Le Monde vendredi. Les milieux bruxellois étaient plutôt optimistes ces derniers jours, mais les difficultés répétées de Theresa May à convaincre son gouvernement, à rassembler à la fois les « Brexiters » et les unionistes du petit parti nord-irlandais, qui soutiennent son gouvernement au Parlement, les ont rendus très prudents.
Si à l’issue de ce week-end marathon, l’équipe Barnier n’arrive pas à stabiliser un texte commun avec les Britanniques sur la question irlandaise ou si, lundi, il n’est pas validé par le gouvernement May, la réunion des conseillers gouvernementaux des vingt-sept, lundi après-midi, pourrait être annulée. Peut-être aussi la conférence de presse de M. Barnier. Auquel cas les Européens pourraient commencer à communiquer sur un « no deal », histoire d’exercer une ultime pression sur Londres, dans l’espoir d’une dernière concession décisive avant le sommet de mercredi soir.

   


La quadrature du cercle irlandaise
Les Britanniques butent depuis des mois sur la question de la frontière irlandaise, entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Comment éviter sa réapparition après le divorce (ils s’y sont engagés), alors qu’elle est théoriquement inévitable si le Royaume-Uni quitte à la fois le marché intérieur et l’Union douanière — comme le souhaitent les Brexiters ?
En décembre dernier, Michel Barnier a proposé un « backstop », une « clause de sauvegarde » pour empêcher le retour d’une frontière physique entre Irlande et Irlande du Nord, quelle que soit la relation future entre le Royaume-Uni et les Vingt-Sept. Le but est de préserver les accords de paix de 1998, qui mirent fin à trente ans de conflit armé entre unionistes et nationalistes en Irlande du Nord.
Selon le « backstop » des Européens, l’Irlande du Nord resterait, après le Brexit, dans le marché intérieur pour les biens et l’agriculture, conservant l’alignement réglementaire avec l’Union. Les contrôles douaniers devenus nécessaires pourraient alors s’effectuer, non en Irlande mais en mer d’Irlande ou dans les ports britanniques, entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni. Londres, depuis le début, considère cette solution comme une violation insupportable de son intégrité territoriale.

        Lire aussi :
         

                Brexit : qu’est-ce que le « backstop » proposé par l’UE pour résoudre la question irlandaise ?



Un compromis sémantique ?
Pour contourner le problème, Mme May avait proposé dans son « plan de Chequers », au début de juillet, que l’ensemble du Royaume-Uni reste dans « un arrangement douanier temporaire » avec l’Union. Cette option a été définitivement repoussée lors du sommet de Salzbourg par les Vingt-Sept, qui insistent sur un backstop garanti dans le temps. Mais Michel Barnier tente depuis quelques semaines une stratégie de « dédramatisation » : les contrôles pourraient être minimaux, les déclarations fiscales réalisées en ligne, le chargement des camions vérifié à l’aide de codes-barres, etc.
Cette stratégie de la « dédramatisation » fonctionnera-t-elle ? Les négociateurs cherchaient surtout le moyen, ces derniers temps, d’accommoder sémantiquement le souci britannique d’une solution « temporaire » avec l’insistance européenne d’un backstop « durable »…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Sears pourrait se placer sous la protection de la loi sur les faillites ce week-end.
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Après Toys’R’Us, un autre géant de la distribution s’effondre aux Etats-Unis

Sears pourrait se placer sous la protection de la loi sur les faillites ce week-end.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 12h00
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Les anciens se souviennent de l’immeuble de la Pan Am à New York, compagnie aérienne disparue en 1991. A Chicago, on admirait un gratte-ciel achevé en 1973 et qui fut du haut de ses 527 mètres le plus élevé de la planète pendant un quart de siècle : la Sears Tower. Gloire révolue : la Sears Tower a été débaptisée lors du changement de propriétaire en 2009. Surtout, la chaîne de distribution américaine court droit à la faillite. Elle doit verser lundi 15 octobre 134 millions de dollars (115 millions d’euros) à ses créanciers, somme dont elle ne dispose pas.

Les négociations se poursuivaient vendredi, mais selon le Wall Street Journal, l’entreprise était sur le point de se mettre d’accord avec ses créanciers pour se placer dimanche sous la protection de la loi sur les faillites. Le plan envisagé implique la fermeture immédiate de 150 magasins et le maintien en vie de quelque 300 points de vente. Les banques créancières, dont Bank of America, Wells Fargo et Citigroup, ouvriraient à cet effet une ligne de crédit d’urgence de 500 millions de dollars. Le sort de 250 autres magasins n’était pas scellé. Les actifs comme Kenmore (électroménager) et Sears Auto Center (services automobiles) seraient vendus immédiatement.
Ce plan est visiblement un peu moins dur que celui exigé pendant la semaine par les banques. Elles envisageaient de prêter des fonds uniquement pour passer les fêtes de Thanksgiving et de Noël et ainsi permettre la liquidation ordonnée des stocks et des magasins pour limiter les pertes.
Sears n’est pas rentable depuis sept ans
Sears n’est pas rentable depuis sept ans. Sans cesse, elle a été renflouée par son PDG et actionnaire, Eddie Lampert, par l’intermédiaire de son hedge fund ESL Investments, qui ne voulait pas payer les 134 millions de dollars. M. Lampert, qui est le premier créancier de son entreprise, avait proposé cet été une restructuration de la dette hors tribunaux et de racheter pour 400 millions d’euros...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Le cours du cobalt a perdu près d’un tiers de sa valeur depuis le mois de juin. Les spéculateurs cherchent donc un nouveau filon, le nickel.
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Matières premières : Les bleus du cobalt

Le cours du cobalt a perdu près d’un tiers de sa valeur depuis le mois de juin. Les spéculateurs cherchent donc un nouveau filon, le nickel.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 12h00
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Chronique. Une chute de tension brutale. Le cours du cobalt a fait un saut dans le vide depuis juin. Il a perdu près d’un tiers de sa valeur. Sous le choc violent, les bleus du cobalt… Un retour sur terre, après, il est vrai, une ascension stratosphérique. Electrisé par la spéculation depuis 2016, il ne cessait de monter vers les cieux azurés. Dans le nuancier des métaux, les investisseurs n’avaient d’yeux que pour le métal bleu. Au point de lui faire tutoyer la barre des 100 000 dollars (86 400 euros) la tonne à la Bourse de Londres, fin mars. Le cobalt des records.
Pourtant, la voiture électrique était la star des stands du Mondial de l’automobile, qui ferme ses portes dimanche 14 octobre, à Paris. La marque américaine emblématique Tesla et la pionnière française Zoé de Renault ne sont plus seules en piste. Tous les constructeurs suivent peu ou prou leurs traces. Mais le consommateur ne crie pas encore « c’est les watts que je préfère ! » En cause : le prix des batteries. Le « zéro émission » égale des zéros en plus sur le chèque.
Le cobalt pèse lourd dans l’addition. Il en faut près de 15 kilos sous le capot à comparer aux 6 grammes nécessaires dans un smartphone. Les spéculateurs ont sorti la calculette et mettent en perspective les plans sur la comète électrique et la rareté du métal. L’opération a fait exploser les compteurs de la Bourse. Mais Elon Musk, fidèle à ses visions iconoclastes, s’est dit prêt à relever le pari d’une batterie « sans cobalt ». Et dans les laboratoires, les ingénieurs travaillent d’arrache-pied à imaginer des stockages d’électricité moins chers, allégeant les doses des matériaux les plus onéreux, comme le cobalt et le lithium.
A la recherche d’un nouveau filon
En parallèle, les groupes miniers, avides de croquer ces belles marges, ont mis les bouchées doubles. A l’exemple du suisse Glencore dont la production de cobalt a progressé d’un tiers au premier semestre et qui table sur un doublement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ L’économiste de 48 ans, affilié à la Ligue, président de la puissante commission du budget de la Chambre des députés, est un infatigable contempteur de la monnaie unique.
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Italie : Les provocations calculées de M. Borghi, partisan d’un retour à la lire

L’économiste de 48 ans, affilié à la Ligue, président de la puissante commission du budget de la Chambre des députés, est un infatigable contempteur de la monnaie unique.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 11h21
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            
Sur la page d’accueil du compte Twitter de Claudio Borghi, un bandeau sans équivoque annonce la couleur. La photographie de cet économiste de 48 ans, affilié à la Ligue, président de la puissante commission du budget de la Chambre des députés, apparaît en médaillon sur un billet de 10 000 lires. Au moins, on ne pourra pas l’accuser d’avancer masqué.

Infatigable contempteur de la monnaie unique, M. Borghi ne cesse d’affirmer sa volonté de revenir à « la Communauté européenne d’avant Maastricht ». Avec le sénateur Alberto Bagnai, lui aussi économiste issu de la Ligue, il est le plus connu des théoriciens italiens du retour à la lire. C’est à la suite d’une de ses déclarations dans laquelle il affirmait qu’« avec notre propre monnaie nous résoudrions beaucoup de problèmes », le 2 octobre, que le « spread » (le différentiel entre le taux des obligations italiennes et allemandes à dix ans) a dépassé les 300 points, seuil au-dessous duquel il n’est pas durablement redescendu depuis.
« Basta euro »
Lâchées à intervalles réguliers, les provocations calculées de ce très influent parlementaire sont de nature à faire naître de sérieux doutes sur la sincérité de la conversion européenne de la Ligue. Depuis la prise de pouvoir de Matteo Salvini, fin 2013, le parti n’a eu de cesse d’affirmer que l’Italie sortirait au plus vite de l’euro s’il arrivait aux affaires.
Certes, en mai dernier, le gigantesque « basta euro » inscrit sur le mur d’enceinte du siège historique de la Ligue, à Milan, a été recouvert à la va-vite de peinture blanche quelques heures avant l’entrée en fonctions du gouvernement de Giuseppe Conte. Mais, hormis ce ravalement de façade, les preuves de revirement sont bien minces.
Face aux « faucons » de la lutte contre l’euro, dont M. Borghi est aujourd’hui le membre le plus exposé, l’actuel ministre italien des affaires européennes, Paolo Savona, passerait presque pour une « colombe » proeuropéenne. Pourtant,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Dans une ville qui se vide de ses libraires, l’ouverture d’un point de vente indépendant est un petit événement.
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A Paris, une librairie défie le déclin du livre

Dans une ville qui se vide de ses libraires, l’ouverture d’un point de vente indépendant est un petit événement.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 11h00
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

Anne-Laure Vial et Delphine Bouétard rongent leur frein. Des milliers de livres, soigneusement choisis, ont déjà été livrés dans leur future librairie du boulevard Poissonnière, dans le 2e arrondissement de Paris. Certains ont même été placés en rayon. Des bandes dessinées, le dernier Elena Ferrante. Mais pour les vendre, les deux femmes doivent encore patienter, le temps que toutes les tables arrivent et que les peintures sèchent. Mme Vial slalome entre les cartons : « Ici, devant le grand escalier qui descend au sous-sol, il y aura un bar, il faut juste sortir le matériel des caisses. » Dans quinze jours, les premiers clients pourront entrer, promis. Pas question de rater les achats de Noël.
C’est un événement rare : à Paris, une vaste librairie s’apprête à ouvrir ses portes, sous le nom tout simple d’« Ici ». Un point de vente indépendant, sans lien avec une chaîne comme la Fnac. Environ 500 mètres carrés, en bas d’un bel immeuble de la fin du XVIIIe siècle. Cela en fera « la plus grande librairie indépendante ouverte d’emblée avec une telle surface dans la capitale », selon le magazine professionnel Livres hebdo.
Au fil des décennies, cet emplacement a accueilli un marchand de soieries, un magasin de jouets, un bar, des salles de cinéma, avant d’être découpé en deux boîtes de nuit, le Pulp et le Scorp, puis transformé en boutique d’habillement pour enfants. Orchestra, le dernier occupant, a plié bagage en 2017. « Cette fois, une librairie va donc remplacer un magasin de vêtements, et non l’inverse comme c’est fréquent », remarque Mme Bouétard dans un sourire. Bonne nouvelle au métro Bonne-Nouvelle !
Paris a perdu 350 librairies depuis 2000
Cette création annonce-t-elle pour autant la fin du déclin pour les librairies parisiennes, l’amorce d’une reconquête ? Rien n’est moins sûr. Depuis 2000, Paris a perdu 350 librairies, soit une sur trois, selon les pointages...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Un appel d’offres, qui sera finalisé au printemps 2019, a été lancé pour héberger une partie des données du ministère américain de la défense dans le « cloud », l’informatique dématérialisée.
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Amazon et Microsoft bien placés pour remporter le mégacontrat du Pentagone

Un appel d’offres, qui sera finalisé au printemps 2019, a été lancé pour héberger une partie des données du ministère américain de la défense dans le « cloud », l’informatique dématérialisée.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 10h55
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



   


Rarement un appel d’offres du Pentagone n’aura créé une telle polémique. Avec plusieurs mois de retard, une première étape vient d’être franchie, vendredi 12 octobre. En jeu : un contrat pouvant atteindre 10 milliards de dollars (8,6 milliards d’euros) sur dix ans pour héberger une partie des données du ministère américain de la défense dans le « cloud computing », l’informatique dématérialisée. Amazon et Microsoft semblent les mieux placés pour emporter la mise.
Pour Rick Holgate, analyste au sein du cabinet Gartner, les deux groupes de Seattle (nord-ouest des Etats-Unis) sont « les seuls qui peuvent fournir un service de “cloud” de cette ampleur ». Le Pentagone souhaite en effet choisir un fournisseur unique pour l’ensemble du contrat, connu sous l’acronyme JEDI (pour Joint Enterprise Defense Infrastructure). Son appel d’offres, qui totalise plus de 1 300 pages, recense ainsi de nombreux critères technologiques et financiers qui devraient disqualifier tous les autres prétendants, tels IBM et Oracle.
Par ailleurs, Google s’est retiré de la course. Le mastodonte du Web justifie sa décision par ses nouveaux principes en matière d’intelligence artificielle (IA), qui prévoient notamment de ne pas contribuer au développement d’armes. Confrontée au courroux de ses salariés, la firme de Mountain View (Californie) avait déjà renoncé, en juin, à renouveler un projet avec le Pentagone utilisant des logiciels d’IA pour mieux analyser les images filmées par les drones de l’armée américaine.
Le choix définitif est attendu au printemps 2019. La procédure pourrait cependant être ralentie par les recours déposés par IBM et Oracle devant le Government Accountability Office, l’équivalent de la Cour des comptes. Les deux sociétés remettent en cause l’option du fournisseur unique, que le ministère de la défense motive par des raisons d’efficacité et de sécurité. « Aucune entreprise dans le monde n’aurait choisi de bâtir un “cloud” comme JEDI », lance Sam Gordy, responsable des contrats gouvernementaux chez IBM.

        Lire aussi :
         

                Amazon veut gagner la bataille du cloud



Une étape importante
Face à Microsoft, Amazon Web Services part avec une longueur d’avance. Pionnière sur ce marché, la filiale du géant du commerce en ligne a déjà décroché des contrats importants avec des agences fédérales américaines, en particulier avec la CIA. Elle est, pour l’instant, la seule à disposer des autorisations nécessaires pour héberger des données sensibles du gouvernement.
Reste une inconnue : l’impact de ses mauvaises relations avec Donald Trump. La Maison Blanche assure que le président des Etats-Unis n’est pas impliqué dans le processus de décision. « Mais il s’est déjà immiscé dans d’autres contrats », rappelle Rick Holgate. Selon l’agence Bloomberg, Safra Catz, la co-PDG d’Oracle, se serait directement plainte auprès de M. Trump.
Le contrat JEDI est une étape importante pour le ministère de la défense, qui amorce sa transition vers le « cloud ». « L’avantage, sur le champ de bataille, ne peut pas être obtenu sans l’adoption du “cloud” », assure Dana Deasy, son responsable des technologies de l’information. Le Pentagone souhaite notamment tirer parti des progrès de l’IA pour analyser davantage de données et fournir à ses soldats des informations en temps réel.
« JEDI ne représente que le début », juge ainsi M. Holgate. Un deuxième appel d’offres, de 8 milliards de dollars sur dix ans, doit être lancé en 2019. A terme, estime l’analyste de Gartner, le Pentagone pourrait dépenser jusqu’à 10 milliards de dollars par an pour son « cloud ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Selon une nouvelle étude, le réglement général sur la protection des données, entré en vigueur en Europe en mai, aurait paradoxalement renforcé la position hégémonique du géant américain.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Protection des données : Google, premier bénéficiaire du RGPD ?

Selon une nouvelle étude, le réglement général sur la protection des données, entré en vigueur en Europe en mai, aurait paradoxalement renforcé la position hégémonique du géant américain.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 10h54
    |

            Vincent Fagot








                        



                                


                            
Le règlement général sur la protection des données (RGPD) aurait-il raté sa cible ? Alors que ce texte, entré en vigueur le 25 mai en Europe, prétendait offrir une meilleure protection des citoyens face à l’exploitation de leurs données personnelles, il semble pour l’instant, paradoxalement, avoir renforcé la position d’hégémonie de Google. C’est ce que laisse penser une étude menée par Cliqz et Ghostery, deux sociétés proposant des outils permettant de protéger sa vie privée en ligne, publiée le 10 octobre.

Pour arriver à cette conclusion, les auteurs ont décompté le nombre de mouchards présents sur les pages Web des 2 000 sites les plus visités en Europe et aux Etats-Unis, avant et après l’entrée en vigueur du RGPD. Particulièrement prisés des acteurs de la publicité en ligne, ces outils leur permettent d’accumuler, en toute discrétion, quantité d’informations sur chaque internaute (adresse IP, historique de navigation…), afin de proposer ensuite des publicités ciblées, plus rémunératrices.
Le RGPD a tenté d’encadrer ces pratiques, en obligeant les sites à informer leurs visiteurs de l’utilisation faite de leurs données, à quelle fin et par qui. Normalement, la possibilité devrait être donnée de refuser facilement cette captation des données… ce qui n’est toujours pas le cas.
A la lecture des chiffres de l’étude, le RGPD semble avoir au moins en partie atteint son but. Alors que, sur l’échantillon de sites observés, le nombre moyen de mouchards par page a augmenté de 8,9 % aux Etats-Unis entre avril et juillet, il est en recul de 3,4 % sur la même période en Europe. Le phénomène est encore plus prononcé sur les sites d’information (–7,5 %, pour 12,4 traceurs par page en moyenne) et d’e-commerce (– 6,94 %). Bonne nouvelle, vous êtes donc (un peu moins) surveillé.
Avantage financier pour les gros acteurs
Oui mais par qui ? Les auteurs de l’étude ont comparé la situation des différents acteurs de la publicité digitale...




                        

                        


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Le retour du « risque Italie »

Editorial. La Commission européenne pourrait retoquer lundi le budget prévisionnel italien s’il affichait un déficit de 2,4 % du PIB. Une première qui déclencherait une crise politique.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 10h39
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 10h41
   





                        



   


Editorial du « Monde ». L’affrontement qui se profile ne ressemble à aucune crise européenne du passé. Soit un pays, l’Italie, qui, il y a quelques mois encore, semblait sorti de l’ornière. Des comptes publics enfin maîtrisés, un excédent commercial enviable, une économie donnant des signes de reprise après des années de récession et de marasme, et surtout une image de sérieux, durement conquise auprès d’instances européennes rendues sceptiques par le passé : le souvenir de l’automne 2011, quand le premier ministre Silvio Berlusconi avait dû jeter l’éponge en raison de la défiance des marchés financiers, qui faisait courir le risque d’une faillite du pays, semblait presque oublié.
Las, en quelques mois, ce capital de confiance a fondu, tant auprès des partenaires européens du pays que des marchés. En témoignent l’isolement complet de l’Italie à Bruxelles ainsi que l’envolée du « spread » – différentiel entre les taux des emprunts à dix ans allemands et italiens –, qui s’est « stabilisé » depuis quelques jours au-dessus de la barre des 300 points de base. L’Italie s’endette aujourd’hui à plus de 3,5 %, contre environ 1,5 % il y a six mois. A l’échelle d’un pays dont la dette souveraine culmine à 2 300 milliards d’euros, la différence n’est pas mince.

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Cette explosion du coût de la dette italienne ne tient qu’à la politique, et si la thématique du « risque Italie » semble de retour, c’est à la lumière des choix économiques du gouvernement italien, jugés à la fois flous, incohérents et dangereux.
Tentation d’éviter l’obstacle
Lundi 15 octobre, Rome doit faire parvenir à Bruxelles les grandes lignes de son prochain budget. Fin septembre, en annonçant sa volonté de porter le déficit 2019 à 2,4 % du PIB –contre 0,8 % initialement prévu –, le gouvernement Conte, formé de l’alliance de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement 5 étoiles (antisystème), a déclenché une tempête. Celle-ci a été d’autant plus violente que cette décision a été entourée d’approximations et d’amateurisme. Cela ne pouvait inspirer que de gros doutes à des instances habituées à raisonner à partir de données tangibles et d’objectifs réalistes.

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Pour sortir du piège dans lequel il s’est mis, le gouvernement italien ne semble pas avoir d’autre solution que de faire machine arrière. Encore faudrait-il qu’il souhaite que la crise se calme… Or rien n’est moins sûr. En effet, l’opposition à Bruxelles et à l’orthodoxie financière est le principal ressort de la solidité de la coalition hétéroclite de deux forces que naguère tout opposait. Et tout porte à croire que les deux hommes forts du gouvernement, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, s’appuyant sur un large soutien de l’opinion, souhaitent un affrontement avec Bruxelles, dont ils se sont persuadés qu’ils sortiraient vainqueurs.
A Bruxelles, la tentation d’éviter l’obstacle pourrait être forte. Il suffirait de laisser les marchés sanctionner eux-mêmes un budget trop dispendieux et fondé sur des hypothèses de croissance irréalistes. Ce serait reproduire le schéma ayant conduit à la chute de M. Berlusconi en 2011, événement qualifié de « coup d’Etat financier » par de très nombreux Italiens, qui a favorisé la montée des extrêmes. L’heure commanderait plutôt de régler politiquement le problème et de discuter coûte que coûte avec ce gouvernement si insaisissable, ne serait-ce que pour lui poser une question simple et essentielle : « Voulez-vous encore faire partie de l’Union européenne ? »



                            


                        

                        


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Une première qui déclencherait une crise politique.       Par  Jérôme Gautheret et Cécile Ducourtieux  Publié aujourd’hui à 10h10, mis à jour à 10h10   Lecture 5 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés                  Le ministre italien des finances, Giovanni Tria (à gauche), lors d’une réunion de l’Eurogroupe, à Luxembourg, le 1er octobre. Geert Vanden Wijngaert / AP             Bruxelles est parée à l’affrontement avec Rome. Lundi 15 octobre, l’Italie, à l’instar des 18 autres membres de la zone euro, devrait soumettre à la Commission européenne son budget prévisionnel pour 2019. Or, si celui-ci affichait toujours un déficit public de 2,4 % du produit intérieur brut (PIB), comme annoncé fin septembre, l’institution communautaire devrait, dans un premier temps, envoyer mardi ou mercredi une lettre afin de « demander des explications »au gouvernement de Giuseppe Conte.           Lire aussi Avec l’annonce de son déficit public, l’Italie défie Bruxelles et les marchés             S’ouvrirait ensuite une période de « dialogue et de consultation » d’une semaine pour essayer ­concrètement d’amener les autorités italiennes à revenir sur leurs décisions. Le commissaire européen à l’économie, Pierre Moscovici, devrait être dépêché à Rome, jeudi 18 et vendredi 19 octobre, avec cette mission ardue.          Si le gouvernement italien refusait de reculer, Bruxelles pourrait théoriquement lui réclamer la soumission d’un nouveau budget. Elle aurait jusqu’à fin octobre pour s’exécuter. Ce cas de figure ne s’est encore jamais présenté dans la zone euro, et la décision, radicale, devrait être prise par le collège de la Commission.           Lire aussi Budget italien : Bruxelles maintient la pression sur Rome             Mais les commissaires auront du mal à l’éviter s’ils veulent préserver la crédibilité du pacte de stabilité et de croissance. Ils ont reçu un soutien appuyé, et quasi unanime, des ministres européens des finances, réunis en Eurogroupe, lundi 1er octobre à Luxembourg, où le ministre italien des finances, Giovanni Tria – hostile aux choix économiques de son propre gouvernement – était apparu très isolé, dans une position intenable.          Retoquer le budget italien aurait en tout cas pour conséquence prévisible de déclencher une violente crise politique avec un gouvernement dont l’euroscepticisme constitue, depuis son entrée en fonctions, le principal carburant politique.          La Commission défend une ligne dure, dans la mesure où elle estime quel’écart que représenterait un déficit de 2,4 % du PIB par rapport aux engagements italiens (0,8 % en 2019, l’équilibre en 2020) est bien trop important pour être toléré, car « hors des clous » du pacte de stabilité et de croissance, comme l’avait affirmé M. Moscovici dès fin septembre.           Lire aussi Le budget « hors des clous » de l’Italie inquiète l’UE             Canaux de dialogue activés           Certains misent notamment sur la pression des marchés financiers pour faire reculer l’exécutif italien                                   — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de 400 journalistes    Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.    Abonnez-vous à partir de 1 €       Dans la même rubrique                Article réservé à nos abonnésGilles Haéri, une belle mécanique au service du livre              
 
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A Strasbourg, un forum universitaire pour mettre en relation entreprises et étudiants

Jusqu’alors réservé aux ingénieurs et managers, ce forum, prévu jeudi, permettra à de nouveaux profils d’étudiants et de jeunes diplômés d’entrer en contact avec plus de 150 entreprises.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 08h30
    |

                            Isabelle Maradan








                        



   


Pas moins de 151 entreprises inscrites, quelque 4 000 étudiants et jeunes diplômés attendus. Le 11e Forum Alsace Tech-Unistra, organisé jeudi 18 octobre, est une première à l’université de Strasbourg (Unistra). Elle a pu s’appuyer sur l’expérience de dix ans du réseau Alsace Tech, qui compte 14 écoles d’ingénieurs, d’architecture et de management, comme le Centre d’études supérieures industrielles (CESI), l’Institut national des sciences appliquées (INSA), l’EM Strasbourg (école de management)… L’objectif ? Réunir le même jour, au même endroit, des entreprises et une grande diversité de profils d’étudiants et de diplômés, de bac +3 à bac +8, en quête d’emploi ou de stage.
Pour attirer l’attention des recruteurs, mieux vaut pouvoir évoquer une expérience en entreprise. Le curriculum vitae de Hida Tahboul, 25 ans, n’en manque pas. Après un DUT et une licence pro, tous deux en alternance, elle vient d’achever son master 2 en droit-économie-gestion, mention « management des projets et des organisations », spécialité qualité, en alternance également.
« Très à l’aise à l’oral », la jeune femme privilégie le contact direct – forum et job dating – pour sa recherche d’emploi. « Les entreprises misent de plus en plus sur les soft skills, plus faciles à révéler lors d’un échange qu’en déposant un CV », juge-t-elle. Confiante, elle pense que « Merck Millipore peut être intéressée par des projets que j’ai construits pendant mon master en alternance dans l’industrie pharmaceutique ».
« Depuis que nous sommes vraiment tournés vers le cognitif et le digital, nos recrutements ont beaucoup évolué »
Dans ce domaine, une dizaine de nouvelles entreprises ont réservé leur stand à l’INSA Strasbourg ou à la Halle des sports sur le campus de l’Esplanade. « Nous n’arrivions pas à les faire venir avant, lorsqu’il n’y avait que les profils de l’Ecole supérieure de biotechnologie, une petite école », commente Laure Keith, coordinatrice du forum. Nouvelles venues également pour cette onzième édition, une petite dizaine de start-up, invitées par l’Unistra. « Elles ont des besoins en recrutement, mais pas les moyens de payer une inscription », précise la coordinatrice. Parmi les offres que les entreprises proposent sur la plate-forme, les fonctions supports, comme la communication, les RH ou le juridique, sont présentes cette année.
Afin de mobiliser les étudiants sur ce forum, les composantes de l’université ont été incitées à les libérer au moins une demi-journée. Sur les 200 CV enregistrés sur la plate-forme, une dizaine de jours avant l’événement, 80 sont édités par des étudiants et de jeunes diplômés de l’Unistra. Les facultés de pharmacie, chimie, droit, langues, sciences économiques, sciences de la vie, physique et ingénierie, figurent parmi les plus représentées. Un ou deux CV concernent des étudiants en Staps, psychologie, sociologie et arts.
« Une approche des rapports humains »
« Même des chercheurs en sociologie sont devenus consultants en IA [intelligence artificielle], domaine où il est intéressant d’avoir une approche des rapports humains », réagit Claudine Queret, responsable du recrutement des stagiaires et des apprentis pour la branche conseil d’IBM, qui figure pour la première fois sur la liste des participants au forum. Outre les 1 800 recrutements prévus en 2018-2019, le géant de l’informatique recherche une vingtaine de personnes pour un gros projet impliquant la mise en place d’outils d’intelligence artificielle à Strasbourg. « Depuis que nous sommes vraiment tournés vers le cognitif et le digital, nos recrutements ont beaucoup évolué. Nous avons ainsi recruté des artistes designers ou graphistes, des linguistes, car l’une des difficultés de l’IA est de lui permettre d’interpréter le langage humain », illustre Claudine Queret.
L’entreprise Henkel, qui produit, par exemple, la colle servant à assembler les couches-culottes, sera aussi présente, pour la première fois, sur ce forum strasbourgeois. « Je voulais me rapprocher de l’Unistra, connue pour son expertise sur la partie chimique, lorsque j’ai appris qu’elle participerait au forum avec Alsace Tech », témoigne Lysella Guillot, directrice de recrutement France et Benelux chez Henkel. Passée par l’université, elle insiste sur l’intérêt des profils universitaires : « Des têtes bien faites, des jeunes plutôt livrés à eux-mêmes, dont la force et la capacité à sortir du cadre sont décuplées par rapport à ceux qui sont moulés et accompagnés dans les écoles de commerce. »
« Il y a eu beaucoup de progrès en matière d’insertion professionnelle » 
Celle qui est également chargée de cours en master 2 stratégies commerciales et politiques de négociations de l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, se réjouit de « la tendance à ouvrir des formations en alternance à l’université ». En tant que responsable de recrutement, elle déplore toutefois « le peu de dialogue entre universités et entreprises ». Elle préconise de « caler le calendrier des stages de l’université sur celui des écoles de commerce, avec deux périodes allant de janvier à juin et juillet à décembre, puisque c’est sur ce rythme que fonctionnent les managers qui accueillent les jeunes » et « d’imposer des stages dès la licence ».
« Certaines licences les ont déjà intégrés dans leur maquette », commente Claire Piechowiak, conseillère d’orientation à l’Espace Avenir de l’Unistra. « De plus en plus de composantes proposent des unités d’enseignement dédiées à la découverte des métiers, la recherche de stages ou encore aux visites d’entreprises. Une personne travaille à temps plein sur le développement de l’alternance. Il y a eu beaucoup de progrès en matière d’insertion professionnelle des étudiants, depuis la loi LRU [loi relative aux libertés et responsabilités des universités] », note la conseillère d’orientation.
« Il reste toutefois difficile de toucher les 51 000 étudiants de l’université », reconnaît-elle. Lors de l’annonce que l’université s’associerait au forum Alsace Tech, en mai, le vice-président de l’Unistra chargé de la valorisation et des relations avec le monde socio-économique, Michel de Mathelin, disait observer « une forme de révolution copernicienne pour l’université ». Une révolution qui ne se fait pas en un seul jour.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Une dizaine de produits financiers permettent d’investir sur le secteur du luxe qui pourrait, à court terme, patir du ralentissement économique en Chine.
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Comment investir dans le luxe

Une dizaine de produits financiers permettent d’investir sur le secteur du luxe qui pourrait, à court terme, patir du ralentissement économique en Chine.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 06h30
    |

            Jérôme Porier








                        



                                


                            

Les fonds permettant d’investir dans le secteur du luxe sont peu nombreux. Morningstar en recense une dizaine, et la plupart ne sont pas des produits purs, mais des fonds qui tentent de capter les grandes tendances de la consommation des ménages dans le monde et investissent à ce titre dans les groupes du luxe comme LMVH, Kering ou Richemont. Il est vrai que cet univers est étroit : moins d’une dizaine de valeurs appartenant à ce secteur sont cotées à la Bourse de Paris, alors que la France est l’une des places fortes de cette industrie. En moyenne, les fonds étiquetés « luxe et biens de consommation » affichent une performance annuelle de 10,3 % au cours de la dernière décennie. Les six dernières années ont été positives et il faut remonter à 2011 pour trouver une année dans le rouge (– 4,3 %).

La croissance du secteur, qui culminait à 20 % par an jusqu’en 2012, a nettement ralenti en raison des mesures anticorruption adoptées par le gouvernement chinois contre la « tradition » des cadeaux luxueux. Sur le long terme, elle est estimée entre 6 % et 7 % par an. L’augmentation de la richesse mondiale est le principal moteur de cette hausse. Entre 2016 et 2021, elle devrait croître de 30 %, selon Credit Suisse. En plein essor, la classe moyenne chinoise représentera 123 millions de personnes en 2020.
« La chine représente déjà 11 % du chiffre d’affaires du secteur. La santé de l’industrie du luxe est étroitement liée à celle de l’économie locale », explique Caroline Reyl, gérante de Pictet Premium Brands.
L’autre moteur, étroitement lié au premier, est le dynamisme du tourisme mondial, qui devrait progresser de 3,8 % par an d’ici à 2030, selon la Deutsche Bank. En effet, 40 % des produits de luxe sont achetés lors de voyages.
Séduire les millenials
« Il y a dix ans, les marques de luxe avaient du mal à séduire les jeunes. Internet et les réseaux sociaux ont changé la donne. Instagram accentue l’obsession pour l’image....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Dénonçant des tarifs à la baisse, une quarantaine de livreurs de la plate-forme de livraison de repas se sont rassemblés vendredi à Paris. Rêvant d’amorcer un mouvement d’ampleur.
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« On ne sait plus ce qu’on va gagner » : le désarroi des Deliveroo

Dénonçant des tarifs à la baisse, une quarantaine de livreurs de la plate-forme de livraison de repas se sont rassemblés vendredi à Paris. Rêvant d’amorcer un mouvement d’ampleur.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 06h25
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 13h10
    |

            Aline Leclerc








                        



   


A l’heure annoncée sur les réseaux sociaux, quelques cyclistes tournent autour de la place de la République à Paris, tee-shirt turquoise et énorme sac à dos cubique. Regard inquiet, ils semblent hésiter à s’arrêter.
Combien seront-ils, vendredi 12 octobre, à oser manifester contre Deliveroo, la plate-forme numérique pour qui ils livrent des repas ? Le déploiement d’une banderole accusant la société d’être le « champion du monde de la précarité » semble leur donner du courage. Et soudain, en quelques minutes, ils sont finalement une quarantaine rassemblés sur la place. Ils ne se connaissent pas mais se saluent de manière fraternelle, comme soulagés de ne plus être seuls dans la galère.
Car à Deliveroo, on ne croise pas ses collègues à la machine à café. Ces livreurs sont tous à leur compte, indépendants, liés à la plate-forme numérique par un contrat de prestation de service. Deliveroo leur envoie des courses à effectuer — jouant l’intermédiaire entre restaurants, livreurs et consommateurs — par le biais d’une application sur leur smartphone.

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D’abord timides, les langues se délient avec les premières questions. « Les distances qu’on doit parcourir ont explosé ! », lance Hadrien, 25 ans, étudiant en métier du livre et « livreur-partenaire » de Deliveroo depuis dix-huit mois. Lorsqu’il a commencé, toutes ses courses restaient dans un petit périmètre, dans l’est de Paris. « Mais maintenant, ça peut aller jusqu’à Montreuil [Seine-Saint-Denis] ! » Pour Hugo [à la demande des livreurs, la plupart des prénoms ont été modifiés], 22 ans, à temps plein, le compte est simple : « Je pouvais faire une livraison en quinze minutes, payée 5,75 euros. Maintenant, certaines me prennent trente minutes, pour le même prix. » 
Des pertes substantielles
Le même prix ? Pas tout à fait. Car Deliveroo vient, encore, de modifier son système tarifaire. Or, selon les manifestants, chaque changement est un recul. Ainsi, quand Jean, étudiant en géographie, a commencé, il y a deux ans, il touchait un tarif fixe de 7,50 euros de l’heure plus 2 euros par course. « Au bout d’un an, il a fallu changer » pour un tarif fixe de 5,75 euros par course. En juin, nouvelle formule : le livreur touche désormais 3 euros par commande plus un montant variable, avec un prix plancher fixé à 5,30 euros. Un montant minimal abaissé à 4,80 euros en septembre.

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« Ils nous ont appâtés avec des offres pour qu’on accepte de passer au nouveau tarif, mais depuis ça ne cesse de baisser, s’emporte Ali, 20 ans, livreur à temps-plein. La part variable c’est opaque, on ne sait plus ce qu’on va gagner ! » 
A Deliveroo, on nie toute baisse des tarifs. Le tarif variable serait au contraire « une réponse à la demande des livreurs » pour revaloriser les longues courses grâce à un algorithme prenant en compte distances, dénivelés, et temps d’attente de la commande.
La plupart des livreurs mobilisés affirment pourtant subir des pertes substantielles, de l’ordre de 200 euros à 300 euros par mois à temps plein. D’autant que les primes « pluies » ou « grand froid » se seraient, elles, raréfiées.
« T’as pas le droit à l’erreur »
En tant que microentrepreneurs (ex-autoentrepreneurs), ils n’ont déjà, rappellent-ils, ni congés payés, ni congé maladie, ni droit au chômage. Quand Take Eat Easy, la société concurrente pour laquelle il livrait, a fermé, Noah, 30 ans, l’a appris par un simple SMS, deux heures avant le travail. Il ne récupérera jamais les 1 500 euros que la plate-forme lui devait.

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Quand Ali a eu un accident en service en 2017, il a payé seul les frais d’hôpital et de réparation de son scooter, et n’a rien gagné pendant deux mois. Du même coup, il a « perdu ses bonnes statistiques », et donc son privilège à s’inscrire pour les meilleurs créneaux de livraison. Ce droit, précieux pour le chiffre d’affaires, n’est attribué qu’à ceux qui n’annulent jamais à la dernière minute, et travaillent chaque vendredi, samedi et dimanche soir. « Si t’es malade ou que tu te fais voler ton smartphone, t’es foutu ! » Jean s’emporte : « Elle est là, la précarité, t’as pas le droit à l’erreur ! » 

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                L’exécutif plaide pour une protection sociale des travailleurs « ubérisés »



Une insécurité qui les mine, tous se sentant à la merci de nouveaux changements décidés unilatéralement par la plate-forme. Saisi par l’inspection du travail, qui voit là une relation de subordination, le parquet de Paris a récemment ouvert une enquête préliminaire contre Deliveroo pour travail dissimulé, a révélé Mediapart. Jusqu’ici, aucun jugement en France n’a permis la requalification des livreurs en « salariés ». Ce n’est d’ailleurs pas ce qu’ils souhaitent, la plupart étant très attachés à leur « liberté » et à leur « flexibilité ». « Ce qu’on veut, c’est des garanties que les tarifs ne vont plus baisser. » 
« Ils utilisent la misère sociale »
En fin d’après-midi, les livreurs se sont rendus au siège de la société, mais la porte est restée close. « Nous dialoguons en permanence avec nos livreurs, assure pourtant un porte-parole de Deliveroo. Ils n’avaient pas prévenu mais s’ils nous contactent, on répondra. » Pas vraiment impressionné par une quarantaine de livreurs franciliens. « On travaille avec dix mille livreurs en France et rien que la semaine dernière, quatre mille personnes ont postulé, avance-t-il, serein. C’est une minorité. »
Le rapport de force dont rêvent les livreurs est donc loin d’exister. « Tout le monde râle, mais certains trouvent l’ennemi beaucoup trop grand pour eux », déplore Jean-Daniel Zamor, président du Collectif de livreurs autonomes parisiens, à l’initiative du rassemblement.
Tentative pour encadrer les droits
« Les plates-formes utilisent tout ce qu’elles peuvent car elles voient l’inertie du collectif et des pouvoirs publics », souligne Laëtitia Dablanc, directrice de recherche à l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux, université Paris-Est, qui a dirigé plusieurs enquêtes sur les livreurs, dont la prochaine sera présentée mardi. Modeste tentative du législateur pour encadrer les droits de ces travailleurs indépendants liés aux plates-formes numériques, l’amendement de la loi Pénicaud 2 proposé par le député (La République en marche) du Val-d’Oise Aurélien Taché a été retoqué en septembre par le Conseil constitutionnel, pour des questions de forme.

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          Pédale ou crève... dans la peau d’un livreur Foodora



« Toutes les grandes villes européennes faisant face aux mêmes plates-formes, on pourrait espérer qu’elles travaillent ensemble sur ces questions, estime Laëtita Dablanc. Et qu’il y ait une réflexion au sein de la Commission européenne. » Une délégation de livreurs franciliens était justement au Royaume-Uni au début d’octobre et doit y retourner prochainement. Ceux réunis vendredi veulent croire à un frémissement de mouvement collectif, en lien avec ceux de Londres ou de Glasgow (Ecosse). « Si on convainc chacun deux personnes, on est cent la prochaine fois ! », lance un livreur à la fin du rassemblement. Plusieurs sont repartis en connectant leur smartphone. Le précieux créneau du vendredi soir allait commencer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ La capitale finlandaise est la première à avoir bouleversé ses transports en ouvrant largement l’accès aux données, l’un des enjeux majeurs de la loi en préparation en France. L’application Whim se présente comme le nec plus ultra de la « mobilité comme service ».
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A Helsinki, une appli permet d’organiser tous ses déplacements en un clic

La capitale finlandaise est la première à avoir bouleversé ses transports en ouvrant largement l’accès aux données, l’un des enjeux majeurs de la loi en préparation en France. L’application Whim se présente comme le nec plus ultra de la « mobilité comme service ».



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 06h24
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 07h13
    |

            Grégoire Allix (Helsinki)








                        



                                


                            

C’est une image de carte postale qui masque une révolution. Sur les rues pavées qui enserrent le port d’Helsinki, entre les colonnes néoclassiques de la cathédrale luthérienne et les bulbes dorés de l’église orthodoxe, le ballet des tramways, des vélos et des taxis suit une toute nouvelle partition, celle de la mobilité servicielle.
La capitale finlandaise se targue d’être la première ville au monde à avoir atteint la panacée des transports urbains de demain, le Graal des métropoles « smart et agiles » : la mobilité comme service, clé du recul de la voiture individuelle et de l’essor des transports en commun ou partagés.
« Mobility as a service »
Plus connu des amateurs sous son nom et son acronyme anglais, mobility as a service (MAAS), ce changement de paradigme est, en France, un important chapitre de la future loi d’orientation des mobilités (LOM), que la ministre chargée des transports, Elisabeth Borne, doit présenter en conseil des ministres le 26 octobre.
« L’enjeu majeur, c’est de contraindre tous les opérateurs à ouvrir l’accès à leurs données pour pouvoir mettre en place de vrais services multimodaux », prévient Jean-Marc Zulesi, député (La République en marche, LRM) des Bouches-du-Rhône, président du groupe de travail sur l’innovation lors des Assises de la mobilité.

Avec une seule application sur son smartphone, au lieu de la demi-douzaine qu’un citadin utilise chaque semaine, un habitant d’Helsinki peut facilement organiser ses déplacements en métro, en tramway, en bus, en vélo en libre-service, en taxi ou en voiture de location.
Whim permet de localiser stations et véhicules, de vérifier horaires et disponibilités, de comparer différentes combinaisons, de se laisser guider… mais aussi de réserver, de payer et de valider en un clic les trajets et les tickets, dématérialisés, et de souscrire des formules d’abonnement incluant tous les modes de transport.
« Aller n’importe où, n’importe...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Ce n’est pas en laissant aux réactionnaires le monopole de la rupture que l’on sauvera l’égalité et la démocratie, met en garde l’économiste dans sa tribune au « Monde ».
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Thomas Piketty : « Au Brésil, la République menacée »

Ce n’est pas en laissant aux réactionnaires le monopole de la rupture que l’on sauvera l’égalité et la démocratie, met en garde l’économiste dans sa tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 06h00
    |

                            Thomas Piketty (Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris)








                        



                                


                            
Chronique. Aux Etats-Unis, c’est au milieu des années 1960 que les anciens esclaves ont pu finalement obtenir le droit de s’asseoir dans les mêmes bus que les Blancs, d’aller dans les mêmes écoles, et, par la même occasion, ont pu accéder au droit de vote. Au Brésil, le droit de vote pour les pauvres date de la Constitution de 1988, soit quelques années avant les premières élections multiraciales en Afrique du Sud, en 1994.
La comparaison peut choquer : le Brésil est un pays autrement plus métissé que les deux autres. Lors du dernier recensement, en 2010, 48 % de la population s’est déclarée comme « blanche », 43 % comme « métisse », 8 % comme « noire », et 1 % comme « asiatique » ou « indigène ». En réalité, ce sont même plus de 90 % des Brésiliens qui ont des origines métissées. Il reste que les clivages sociaux et raciaux demeurent étroitement liés. C’est le pays du « racisme cordial », dit-on parfois, à défaut d’être le pays débarrassé de la race. Un pays où la démocratie est récente et fragile, et traverse actuellement une crise très grave.
Le Brésil a aboli l’esclavage en 1888, alors que les esclaves représentaient encore 30 % de la population dans certaines provinces, en particulier dans les régions sucrières du Nordeste. Au-delà du cas extrême de l’esclavage, il s’agit d’un pays où les relations de travail sont longtemps restées extrêmement dures, en particulier entre les propriétaires terriens et les ouvriers agricoles et paysans sans terre.
Une longue histoire d’inégalités
Sur le plan politique, la Constitution de 1891 prit soin de préciser que les personnes non alphabétisées n’auraient pas le droit de vote, règle reprise par les Constitutions de 1934 et 1946. Ceci permit d’éliminer d’entrée de jeu 70 % de la population adulte du processus électoral dans les années 1890, et toujours plus de 50 % en 1950 et environ 20 % en 1980. En pratique, ce sont non seulement les anciens esclaves mais plus généralement les pauvres...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Ce qui est bon pour les entreprises n’est plus nécessairement considéré comme bénéfique par de larges pans de la société, ce qui contribue à gripper le  modèle allemand, analyse Cécile Boutelet, journaliste au « Monde ».
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En Allemagne, le fossé se creuse entre politique et économie

Ce qui est bon pour les entreprises n’est plus nécessairement considéré comme bénéfique par de larges pans de la société, ce qui contribue à gripper le  modèle allemand, analyse Cécile Boutelet, journaliste au « Monde ».



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 05h30
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Analyse. Le « mittelstand » allemand n’est pas réputé pour ses positions radicales. Ce tissu d’entreprises de taille intermédiaire, qui fait le succès et la grande résilience du « made in Germany », est adepte du long terme, de la gestion morale des affaires et de la modération du discours. Fin septembre, l’une des grandes figures du mittelstand, Nicola Leibinger-Kammüller, héritière et dirigeante du constructeur de machines Trumpf, près de Stuttgart, a cependant usé de mots inhabituellement alarmants pour décrire la situation actuelle. « Il y a un éloignement insidieux entre l’économie et le gouvernement, a-t-elle déclaré à l’hebdomadaire Welt am Sonntag. (…) L’économie se sent moins entendue et comprise. Et les politiques sont frustrés que l’économie ne reconnaisse pas leurs contraintes. »
Pour comprendre la portée de cette alerte, il faut se remettre dans le contexte allemand : le succès économique du pays repose traditionnellement sur une coopération efficace entre Etat et entreprises. Le premier définit un cadre normatif favorable à la concurrence et au développement économique, les secondes ont une responsabilité morale vis-à-vis de la société. Elles organisent les rémunérations et les conditions de travail en coopération avec les syndicats. C’est le principe de l’ordolibéralisme, théorie qui a donné naissance à l’économie sociale de marché, qui a garanti pendant des décennies la cohésion de la société allemande.
Dégradation du climat des affaires
Ce que Mme Leibinger-Kammüller décrit, c’est le grippement de ce modèle. Car en dépit de la réussite exceptionnelle de l’économie, la société allemande est profondément divisée. Ce qui est bon pour les entreprises n’est plus nécessairement considéré comme bénéfique par de larges pans de la société. Ce fossé, en germe depuis plusieurs années, s’est cristallisé sur la question de l’immigration. Le devoir moral d’accueillir les réfugiés,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Françoise et François Lemarchand, fondateurs des enseignes de décoration Pier Import, Résonances et Nature & Découvertes, racontent en images comment ils allaient dénicher des objets du bout du monde.
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Avant la mondialisation, le commerce dans sa période romantique

Françoise et François Lemarchand, fondateurs des enseignes de décoration Pier Import, Résonances et Nature & Découvertes, racontent en images comment ils allaient dénicher des objets du bout du monde.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 05h15
    |

            Cécile Prudhomme








                        



                                


                            

Livre. C’est une remontée dans le temps et une bouffée de nostalgie pour tous ceux qui ont acheté des meubles et objets exotiques de l’enseigne emblématique des années 1970-1980. Françoise et François Lemarchand, le couple fondateur des enseignes Pier Import, Résonances et Nature & Découvertes, ouvrent les portes des rêves utopiques qu’ils ont concrétisés en épopée économique dans un ouvrage construit comme un carnet de voyage. Illustré de clichés pris et légendés par Françoise, photographe, ce livre est aussi une véritable photographie du commerce avant sa phase de mondialisation.
Des clichés intimistes des périples de ce couple hippie qui s’en allait dénicher des objets du bout du monde. Comme ceux pris dans les montagnes du Cachemire indien pour aller négocier avec les populations nomades la livraison de boîtes en papier mâché. Ou ces instants capturés dans l’île de Cebu, aux Philippines, où Pier Import faisait fabriquer le fameux fauteuil en rotin popularisé par le film Emmanuelle, de Just Jaeckin. « Nous y étions allés rencontrer ce village de paysans par l’intermédiaire d’anciens de l’agence américaine pour l’aide au développement Peace Corps, raconte au Monde François Lemarchand. Pendant trois mois de l’année, en période creuse, ils faisaient de l’artisanat. Leur commerce était à base de troc, mais pour certaines dépenses, comme l’achat de pièces détachées, ils ne pouvaient payer qu’en cash. Ils avaient alors évalué qu’ils avaient besoin de 5 000 dollars par an pour le village, et qu’ils pouvaient nous fabriquer 500 fauteuils. Ils nous ont demandé l’équivalent de 10 dollars pièce. Ainsi se fixaient les prix. C’était une époque assez romantique du commerce. » Presque nostalgique, l’auteur ajoute : « Avec les Chinois, il nous fallait parfois deux ans pour recevoir la marchandise. »
« Ennui »
Le commerce actuel s’est éloigné de cette image d’Epinal. « Il s’est banalisé,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Si le ministère des finances a perdu son monopole en matière de poursuites à l’encontre des évadés fiscaux et des fraudeurs, la justice n’a pas pour autant les mains libres pour traiter tous les dossiers.
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Le gouvernement a-t-il vraiment supprimé le « verrou de Bercy » ?

Si le ministère des finances a perdu son monopole en matière de poursuites à l’encontre des évadés fiscaux et des fraudeurs, la justice n’a pas pour autant les mains libres pour traiter tous les dossiers.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 18h07
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 10h45
    |

            Mathilde Damgé








                        


Hasard du calendrier : le procès pour fraude visant la banque suisse UBS s’est ouvert à Paris cette semaine, au moment où le projet de loi contre la fraude fiscale était adopté définitivement, mercredi 10 octobre, par le Parlement. Il inclut un aménagement du « verrou de Bercy », ce privilège qu’a le ministère des finances de choisir s’il poursuit ou non un contribuable fraudeur. Le gouvernement n’a pas tardé à faire la publicité de cet évènement « historique » :

Depuis des années, les gouvernements successifs parlent de mettre fin au verrou de Bercy. Aucun ne l’a jamais fait,… https://t.co/kQf6T6sCLO— CCastaner (@Christophe Castaner)


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🔓Historique: le verrou de Bercy, c’est fini! L’Assemblée adopte à l’unanimité l’art. qui met fin à ce système vieux… https://t.co/1EnZYtK6wY— GDarmanin (@Gérald DARMANIN)


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Pourtant, au même moment, certains observateurs, comme le Syndicat de la magistrature (orienté à gauche), prétendaient qu’il n’en était rien et que le « verrou de Bercy » n’était pas supprimé :

Le verrou de Bercy n'est pas supprimé, il est juste aménagé.

— SMagistrature (@SMagistrature)


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Qu’en est-il ? Qui a raison du gouvernement ou des magistrats syndiqués ? La réponse en trois points.


Savez-vous ce qu’est le verrou de Bercy ?

Oui
Non


Bravo ! Voulez-vous quand même vous rafraîchir la mémoire ?

Oui



En France, la fraude fiscale ne peut pas donner lieu à des poursuites judiciaires à l’initiative d’un procureur ou d’une victime, contrairement à tous les autres infractions punies par la loi. Le ministre des finances (Bercy) dispose en la matière d’un monopole sur l’engagement des poursuites : cela signifie que des poursuites ne peuvent être engagées contre un fraudeur que si Bercy le demande à un procureur.
Cette pratique singulière remonte aux années 1920, et vise à faciliter le travail du fisc. En agitant le chiffon rouge des poursuites judiciaires, Bercy peut en effet faire pression sur les fraudeurs pour qu’ils reconnaissent leur culpabilité, remboursent l’impôt évité et paient des amendes.
Mais ce « verrou de Bercy » est également vivement contesté pour son manque de transparence : il entretient des soupçons sur le traitement accordé aux fraudeurs fiscaux, des justiciables « à part » dont le sort est scellé dans le secret de Bercy.
En savoir plus sur le sujet




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Pourquoi le « verrou de Bercy » n’a pas vraiment disparu
1. Pas de transmission en dessous de 100 000 euros
Le texte met fin au monopole des poursuites détenu par l’administration fiscale pour les plus gros fraudeurs. Un mécanisme de transmission automatique au parquet des affaires le remplace, avec des pénalités administratives importantes à la clé. Le montant de la fraude déclenchant cette transmission est fixé à 100 000 euros. Pour la transmission des affaires concernant les personnes soumises à une déclaration auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), comme les ministres par exemple, le seuil est inférieur de moitié, soit 50 000 euros.
Ce distinguo entre les grandes et les petites fraudes était l’un des arguments du ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, pour défendre sa vision du « verrou de Bercy ». Selon lui, « les plus grandes plaintes, les plus médiatiques, sont transmises à la justice », tandis que le fisc conserve le monopole sur les affaires « les moins importantes, en général moins de 100 000 euros », dans lesquelles les fraudeurs doivent rembourser les sommes évadées et payer une amende, mais évitent le procès.
Une défense biaisée dans la mesure où seuls 20 % des cas de fraude portant sur des montants supérieurs à 100 000 euros (874 sur 4 423) ont été proposés, en 2017, par le fisc à la commission des infractions fiscales (CIF), chargée d’accepter ou de refuser la transmission des affaires à la justice. Certes, la transmission sera désormais automatique mais il faut encore que la justice recrute des spécialistes… ce dont se réjouissaient certains acteurs du secteur.

Fin du #VerrouDeBercy #pjlfraude 
— boyardc (@Boyard)


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2. Pas d’examen conjoint des dossiers
« C’est un vrai pas en avant, mais pas tout à fait une levée complète du verrou », déplore Manon Aubry, de l’association Oxfam France, regrettant que le parquet n’ait pas la possibilité d’autosaisine (qui faisait partie des recommandations de la mission d’information menée par la députée Emilie Cariou) et l’absence d’un véritable examen conjoint des dossiers par le fisc et le parquet.
Concrètement, même avec la levée du secret fiscal, la justice devra envoyer une demande à l’administration de Bercy si elle souhaite ouvrir des poursuites sur un délit de fraude corrélatif à une autre infraction.
Ce que, tout comme Oxfam, critique aussi le Syndicat de la magistrature : « Le principe du verrou demeure : la justice restera bloquée pour les fraudes qu’elle découvre elle-même. » Un problème de vassalisation en quelque sorte des juges aux inspecteurs du fisc… mais aussi à d’autres influences, comme celles des cabinets d’avocats et des sociétés de conseil qui accompagnent d’éventuelles négociations avec le fisc pour le compte de leurs clients.
Lors des auditions de la mission d’information, en février, l’Institut des avocats-conseils fiscalistes avait affiché sa nette opposition à la suppression du verrou de Bercy, arguant de l’incompétence des magistrats en matière fiscale, mais avait souhaité faire siéger des avocats fiscalistes à la Commission des infractions fiscales.
3. Des arrangements possibles pour les entreprises
Autre nouveauté de cette loi : l’extension de la convention judiciaire d’intérêt public (CJIP) à la fraude fiscale, une mesure permettant à une entreprise de payer une amende afin d’éviter des poursuites, sans reconnaissance de culpabilité. La CJIP avait été instaurée dans la loi Sapin 2 de 2016, mais pour des faits de corruption.
Cette disposition, estime le Syndicat de la magistrature, permet aux entreprises fraudeuses d’« acheter leur innocence » et réintroduit au stade judiciaire une logique d’« arrangements ». Un paradoxe au moment où le desserrement du verrou de Bercy devait amener un signal de transparence. « D’un côté, ils veulent remettre la fraude fiscale dans le droit commun en assouplissant le verrou et, de l’autre, ils mettent en place une nouvelle forme de justice dérogatoire sans reconnaissance de culpabilité pour les fraudeurs fiscaux », souligne Manon Aubry.
Reste la question de l’efficacité : en novembre 2017, la banque HSBC, mise en examen pour blanchiment aggravé pour fraude fiscale, avait évité le renvoi en correctionnelle en signant une CJIP. A l’époque, la procureure à la tête du Parquet national financier, Eliane Houlette, avait salué : « Cette procédure nous permet d’obtenir rapidement ce que je n’obtiendrais jamais à l’audience d’un tribunal correctionnel. »

        Lire aussi :
         

                Pour éviter un procès, HSBC paie 300 millions d’euros



Un point de vue que ne partagent pas tous ses confrères : « Outre que la sanction est sans rapport avec la gravité des faits, l’absence de transparence de ses modalités ne permet pas de garantir une non-récidive », déplorent Eric Alt et William Bourdon, de l’association Sherpa, qui protège et défend les victimes de crimes économiques.

        Lire aussi :
         

                Affaire HSBC : « La transaction entre la banque et la justice n’est ni efficace, ni dissuasive »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ L’économiste Florence Legros dénonce, dans une tribune au « Monde », trente années de « bricolage » qui ont conduit à une diminution du pouvoir d’achat des retraités, et auxquelles pourrait mettre fin un système par points basé sur le principe de « neutralité actuarielle »
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
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Retraites : « La nécessité d’une réforme équitable, lisible et durable »

L’économiste Florence Legros dénonce, dans une tribune au « Monde », trente années de « bricolage » qui ont conduit à une diminution du pouvoir d’achat des retraités, et auxquelles pourrait mettre fin un système par points basé sur le principe de « neutralité actuarielle »



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 17h37
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 17h40
    |

Florence Legros (Professeur d’économie, directrice générale d’ICN Business School)







                        



                                


                            
Tribune. Après des décennies de réformes paramétriques, le gouvernement semble sur le point d’engager une réforme structurelle de notre système de retraite. Avec un taux de dépendance (le nombre des 65 ans et plus rapporté à celui des 15-64 ans) qui devrait passer de près de 25 % aujourd’hui à près de 45 % en 2070, les besoins de financement seraient en effet difficilement supportables si le poids des pensions dans le produit intérieur brut (PIB) augmentait dans les mêmes proportions.
Certes, les réformes menées jusqu’ici devraient limiter ce risque, comme le montre l’« Ageing Report » de la Commission européenne, qui en intègre les résultats escomptés. La part des pensions est aujourd’hui de 15,1 % du PIB, mais elle devrait baisser à 11,8 % en 2070, en raison de l’augmentation des taux d’activité aux âges élevés, mais surtout de la baisse des taux de remplacement, c’est-à-dire du rapport entre pensions et salaires d’activité. Car c’est en réalité à une baisse orchestrée du pouvoir d’achat relatif des retraités que l’on assiste depuis trente années !

En 1993, la réforme impose que les salaires servant au calcul de la première pension (soit les 25 meilleures années, au lieu des 10 préalablement) ne soient plus indexés comme le salaire moyen de l’économie, mais comme l’inflation. Autrement dit, les salaires passés voient leur valeur de calcul d’autant plus baisser qu’ils sont anciens. Les pensions suivantes étant également désindexées, celles-ci « décrochent » chaque année du salaire moyen. Autrement dit, chaque point de croissance économique vient baisser le pouvoir d’achat relatif des retraités.
Risque de paupérisation des retraités
Par la suite, la sous-indexation des retraites complémentaires à un point de moins que l’inflation, puis la décision, à partir de 2013 et jusqu’en 2019, de retarder leur revalorisation de sept mois chaque année, et enfin la mise en place d’un bonus-malus destiné à inciter...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ L’adoption d’un régime à points traduirait la préférence pour une gouvernance par les nombres qui considère la retraite comme un coût et non comme un « droit au bonheur », regrette le professeur d’économie Nicolas Cuzacq dans une tribune au « Monde ».
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Retraites : « La réforme traduit une vision purement comptable »

L’adoption d’un régime à points traduirait la préférence pour une gouvernance par les nombres qui considère la retraite comme un coût et non comme un « droit au bonheur », regrette le professeur d’économie Nicolas Cuzacq dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 17h36
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 17h40
    |

Nicolas Cuzacq







                        



                                


                            
Tribune. La réforme des retraites qui s’annonce n’est pas dans la lignée des précédentes car le passage d’une retraite en « annuités », dispositif actuel dans la majorité des régimes de base, à un régime par points que la réforme pourrait instaurer, engendre un changement de paradigme car la philosophie des deux dispositifs est différente.
Les régimes en annuités ont un objectif de revenu de remplacement alors qu’un régime à comptes notionnels privilégie la stabilité du montant des prélèvements obligatoires. Dans un régime par points, une hausse de l’espérance de vie engendre automatiquement une baisse de la pension de retraite, sauf si l’actif consent à cotiser plus longtemps. Dans les faits, la réforme aura donc des conséquences sur la durée de cotisation, à l’inverse de ce qui est parfois affirmé. Elle traduit une vision purement comptable du système des retraites.
On peut envisager d’augmenter les prélèvements sociaux sur les revenus du capital
Il est logique de travailler plus longtemps lorsque l’espérance de vie augmente, mais il semble aussi légitime d’élargir l’assiette des cotisations afin de prendre en considération les évolutions de la société comme par exemple sa financiarisation. En conséquence, on peut envisager d’augmenter les prélèvements sociaux sur les revenus du capital. En 2017, ils ont déjà financé la branche vieillesse pour 16 milliards d’euros. Leur hausse engendrerait un accroissement du prélèvement forfaitaire de 30 % sur les revenus du capital. On pourrait aussi majorer le taux d’impôt sur les sociétés en cas de distribution de dividendes (et le maintenir en cas d’autofinancement). La majoration de l’imposition abonderait le financement des retraites.

De telles solutions ne correspondent pas à la philosophie néolibérale du « TINA » (« there is no alternative ») qui valide l’idée que les grandes fortunes et les multinationales mettent en concurrence les législations des Etats. Le choix d’un régime...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Le professeur d’économie Louis de Mesnard estime, dans une tribune au « Monde », que la retraite doit rester un droit des salariés reposant sur la confiance en l’avenir.
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Réforme des retraites : « Le contrat social intergénérationnel est fragile »

Le professeur d’économie Louis de Mesnard estime, dans une tribune au « Monde », que la retraite doit rester un droit des salariés reposant sur la confiance en l’avenir.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 17h40
    |

Louis de Mesnard (Professeur d’économie à l’université de Bourgogne)







                        



                                


                            

Tribune. Pour le gouvernement, la retraite est une prestation sociale : le prochain budget va désindexer les retraites de la hausse des prix. C’est que, pour le président de la République, « la retraite n’est pas un droit auquel on a cotisé toute sa vie, la retraite est ce que les actifs payent pour les retraités ». Il faut reconnaître que la fin de la proposition est parfaitement vraie : toute retraite est payée sur le revenu national, qu’elle soit par répartition ou par capitalisation.
Toutefois, dire que la retraite n’est pas un droit mais une simple prestation sociale mérite discussion. Aucun système de retraite ne peut faire l’objet d’un consensus social s’il n’est pas considéré comme un droit. En effet, considérons deux périodes – « aujourd’hui » et « demain » –, et trois catégories de personnes – « jeunes », « actifs » et « retraités ». Avec le temps qui passe, les actifs d’aujourd’hui deviennent les retraités demain, les retraités d’aujourd’hui disparaissent demain, tandis que les jeunes d’aujourd’hui deviennent eux-mêmes actifs demain.

Alors, pourquoi la catégorie des actifs donnerait-elle aujourd’hui X milliards d’euros à celle des retraités, alors que cette dernière aura disparu demain et ne pourra rien lui rendre ? Pourquoi cette catégorie composée d’homo economicus ferait-elle preuve d’altruisme aujourd’hui envers celle des retraités, puisque rien ne lui garantirait qu’elle-même bénéficierait d’un tel traitement favorable son tour venu demain ? Cela montre bien qu’il faut un mécanisme permettant à la catégorie des actifs d’être incitée à effectuer le transfert vers la catégorie des retraités. Ce mécanisme peut être de deux ordres.
Le leurre de la capitalisation
Soit les actifs placent la somme correspondant au transfert aujourd’hui et la récupèrent demain, avec intérêts. En ce cas, il y a transfert intergénérationnel au sein d’une même catégorie, les actifs d’aujourd’hui étant devenus...




                        

                        

