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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ L’écrivain a raconté dans son deuxième livre le viol qu’il aurait subi en 2012. Le parquet a requis un procès en requalifiant les accusations en « agression sexuelle ».
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Le parquet demande un procès en correctionnelle contre l’agresseur présumé d’Edouard Louis

L’écrivain a raconté dans son deuxième livre le viol qu’il aurait subi en 2012. Le parquet a requis un procès en requalifiant les accusations en « agression sexuelle ».



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 18h30
   





                        



   


Le parquet de Paris a requis un procès pour l’agresseur présumé de l’écrivain Edouard Louis mais en demandant la requalification des accusations de viol en « agression sexuelle », selon des sources proches du dossier, confirmant une information de L’Obs.
L’étoile montante littéraire avait fait le récit de son agression survenue le soir de Noël 2012, dans son deuxième opus Histoire de la violence (Seuil, 2016). A l’époque celui qui n’est pas encore l’auteur d’En finir avec Eddy Bellegueule (Seuil, 2014), le livre qui l’a révélé, avait déposé plainte pour viol et tentative de meurtre.
Six ans après, le parquet a requis début octobre un procès pour son agresseur présumé, Reda B., un Algérien de 33 ans mis en examen pour le crime de viol avec arme, mais il demande la requalification des faits en délit d’« agression sexuelle », selon son réquisitoire dont a eu connaissance l’AFP. Si la juge suit ces réquisitions, le procès se déroulera devant le tribunal correctionnel et non devant une cour d’assises.
Le 25 décembre 2012, Edouard Louis avait raconté aux policiers sa rencontre avec Reda, dans la rue, en rentrant du réveillon. Les deux hommes ont eu des relations consenties, mais les choses auraient dégénéré quand Edouard Louis s’est aperçu que sa tablette et son téléphone avaient disparu. En colère, Reda aurait alors essayé de l’étrangler avec une écharpe, en lui disant qu’il avait un « gun », avant de le violer.
« Ligne de répression contraire à ses opinions politiques »
Le suspect Reda B., qui a passé près d’un an en prison, a toujours nié le viol. « Les déclarations constantes de la victime, celles des témoins qui ont recueilli ses confidences ainsi que les constatations médicales permettent d’établir la réalité d’un rapport sexuel non consenti », estime le parquet.
Au cours de l’enquête, le romancier, engagé politiquement et opposé à l’incarcération, avait refusé de se rendre à une confrontation avec le suspect, souhaitant la fin de la procédure et un non-lieu.
« Edouard Louis accepte sans difficulté ce réquisitoire. Aller devant une cour d’assises, cela aurait voulu dire entrer dans une ligne de répression contraire à ses opinions politiques », a déclaré son avocat Emmanuel Pierrat à l’AFP.
« Mon client est innocent, il attend donc un non-lieu, sinon il n’a pas peur, contrairement à Edouard Louis, d’aller devant une cour d’assises. Je ne peux pas imaginer que ce dossier résistera à un examen contradictoire devant des jurés », a réagi l’avocate de Reda B., Marie Dosé.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Plusieurs centaines de personnes ont défilé samedi pour contester les conclusions d’une expertise dédouanant les gendarmes de la mort du jeune homme en 2016.
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A Paris, une manifestation pour « réclamer la vérité » sur la mort d’Adama Traoré

Plusieurs centaines de personnes ont défilé samedi pour contester les conclusions d’une expertise dédouanant les gendarmes de la mort du jeune homme en 2016.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 17h37
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 18h25
   





                        



   


Dix jours après la publication d’une expertise dédouanant les gendarmes qui avaient interpellé Adama Traoré en juillet 2016, que Le Monde avait pu consulter, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Paris, samedi 13 octobre, pour « réclamer la vérité » sur la mort du jeune homme, le jour de ses 24 ans. « Nous n’avons plus confiance dans cette justice-là », les juges d’instruction chargées de l’enquête « sont du côté des gendarmes, elles ne font pas leur travail », a dénoncé avant le départ de la manifestation Assa Traoré, sa sœur aînée.
Le cortège, emmené notamment par Théo L., érigé en symbole des « violences policières » après avoir été blessé lors de son interpellation à Aulnay-sous-Bois en février 2017, est parti peu après 15 heures du parvis de la Gare du Nord, en direction de la place de la République.
« Mon frère n’est pas mort car il a couru, mon frère est mort car des gendarmes l’ont frappé et laissé mourir », a accusé Assa Traoré qui dénonce depuis deux ans « un mensonge d’Etat » et estime qu’un « permis de tuer a été donné aux policiers et aux gendarmes dans les quartiers populaires ». La mère d’Adama a quant à elle regretté que les gendarmes n’aient pas encore été entendus par la justice et réclamé aux juges une « date de reconstitution ».

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« Il y a des anomalies »
Selon « l’expertise médicale de synthèse » remise mi-septembre à la juge d’instruction parisienne chargée de l’enquête, « le pronostic vital (était) engagé de façon irréversible » avant l’arrestation de ce jeune homme noir l’après-midi du 19 juillet 2016, dans la petite ville de Beaumont-sur-Oise. Son décès avait été constaté deux heures après son interpellation par les gendarmes, qui l’avaient maintenu au sol sous le poids de leurs corps. Adama Traoré avait fait un malaise dans leur véhicule, avant de mourir dans la cour de la gendarmerie de la ville voisine de Persan.
Les circonstances de la mort du jeune homme alimentent des soupçons vis-à-vis des autorités, engendrés notamment par l’annonce tardive du décès et la communication très contestée du procureur de Pontoise à l’époque. Cinq mois après les faits, l’enquête avait été dépaysée à Paris.
« Je ne suis pas juge, mais il y a des anomalies » dans cette affaire, a déclaré à l’AFP la députée La France insoumise (LFI) Clémentine Autain, présente dans le cortège. « Plus profondément, il existe des rapports très détériorés entre les jeunes des quartiers populaires et les policiers, dont l’Etat ne prend pas la mesure. On est dans une situation dangereuse », a ajouté l’élue de Seine-Saint-Denis.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Des employés, en grève depuis dix-neuf jours, réclament notamment d’être embauchés directement par l’hôtel, et non plus par un sous-traitant.
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« On a un aspirateur pour quatre » : à Paris, manifestation de soutien aux femmes de chambre grévistes d’un palace

Des employés, en grève depuis dix-neuf jours, réclament notamment d’être embauchés directement par l’hôtel, et non plus par un sous-traitant.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 17h10
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 18h33
   





                        


Une centaine de personnes ont manifesté samedi 13 octobre devant l’hôtel Park Hyatt Vendôme à Paris (2e arrondissement), en soutien aux salariés de cet établissement de luxe en grève depuis dix-neuf jours. Ces derniers réclament d’être embauchés directement par l’hôtel, et non plus par un sous-traitant.
« Jusqu’au bout, jusqu’au bout ! », ont scandé les manifestants devant les portes du cinq-étoiles, sis à quelques pas de la très chic place Vendôme. Les grévistes réclament leur internalisation dans les effectifs de l’hôtel, « seul palace parisien » qui fait appel à une société extérieure pour son service hébergement (gouvernantes, équipiers, femmes et valets de chambre).
Ils demandent également une augmentation pour leurs collègues déjà intégrés, dont une dizaine sont aussi en grève, selon la CGT-Hôtels de prestige et économiques. « Salary increase » : une requête que les grévistes ont d’ailleurs affichée en anglais sur la porte de l’hôtel, à l’intention des riches clients étrangers. Autre revendication, la mise en place de délégués de proximité. Les ordonnances réformant le droit du travail ont supprimé le droit pour les salariés de la sous-traitance de se présenter aux élections professionnelles dans l’établissement où ils sont mis à disposition.
« On se bat entre nous pour avoir le matériel »
Le fait de travailler pour un sous-traitant crée de « grandes difficultés » au quotidien pour le personnel concerné, a expliqué au micro l’une des femmes de chambre en grève, Bijoux Mbutu. « On a des problèmes de matériel : nous n’avons qu’un aspirateur pour quatre. Pourtant les clients sont très exigeants, il ne faut pas un poil, pas une poussière ! », a détaillé Mme Mbutu, qui travaille au Parc Hyatt depuis près de dix ans. Avant d’expliquer :
« On doit faire les chambres en moins d’une heure, mais parfois je perds vingt minutes pour attendre que l’aspirateur soit disponible. On se bat entre nous pour avoir le matériel, c’est ça la sous-traitance. »
Vendredi matin, les salariés en grève avaient été délogés par les forces de l’ordre des accès à l’hôtel qu’ils bloquaient. La semaine prochaine, ils devraient reconduire un piquet de grève quotidien devant le Parc Hyatt, ont-ils prévenu samedi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Dans la capitale, la manifestation a réuni 14 500 personnes. Près de 80 marches pour le climat avaient lieu partout en France.
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A Paris, à Marseille ou à Lille, des citoyens appellent à « changer le système, pas le climat »

Dans la capitale, la manifestation a réuni 14 500 personnes. Près de 80 marches pour le climat avaient lieu partout en France.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 15h53
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 17h06
   





                        


Derrière une banderole « Il est encore temps » en tête de cortège, quelques milliers de personnes ont participé à la marche parisienne pour le climat, samedi 13 octobre en début d’après-midi, l’une parmi les plus de quatre-vingts prévues à travers le pays. Un mois après la mobilisation inédite du 8 septembre, dans la foulée de la démission de Nicolas Hulot, de simples citoyens appelaient de nouveau à manifester, demandant aux associations et aux partis politiques de se placer en fin de cortège.
A Paris, le rassemblement a réuni 14 500 personnes, selon le comptage indépendant fourni par le cabinet Occurence à un collectif de médias, dont Le Monde. C’est moins que le 8 septembre, lorsque la mobilisation pour le climat avait réuni dans la capitale 50 000 personnes selon les organisateurs, 18 500, selon la préfecture de police. A Marseille, près de 500 personnes défilaient à la mi-journée sur le Vieux-Port. A Lille, des milliers de personnes sont également descendues dans la rue.
Place de l’Opéra à Paris, les banderoles « Changeons le système, pas le climat » et « Chaud devant » ont repris du service, pour défiler jusqu’à la place de la République. « Plus on est nombreux, plus on peut peser sur les politiques publiques », avance Sylvaine Deport, 70 ans, venue de la région parisienne. Capucine et Aurélien, 35 ans, défilent avec leur fille de 3 ans sur les épaules et un bébé de 3 semaines, emmailloté en écharpe. « On n’a pas l’habitude de manifester, mais cette cause nous tient à cœur », disent-ils.

#Marchepourleclimat. À nouveau 4000 personnes à #lille ? Ça y ressemble. https://t.co/dlAv8svF7u— lmoniez (@Laurie Moniez)


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                Climat : 80 mobilisations citoyennes organisées en France et en Europe



Un appel à passer à l’action
Comme en septembre, quand un jeune Parisien, Maxime Lelong, avait pris l’initiative d’appeler à descendre dans la rue après la démission inopinée de Nicolas Hulot du poste de ministre de la transition écologique, ces marches sont organisées par des particuliers, avec le soutien d’associations.
Sous les mots d’ordre « plus qu’une marche pour le climat » et « il est encore temps », ce mouvement citoyen espère dégager « un message clair qui soit audible pour tous » en faveur de l’environnement et encourager le passage à l’action, dit une des bénévoles chargés de la coordination, Danièle Migneaux. A Paris, en plus de la marche, un « village des initiatives » était organisé samedi après-midi place la République.
Des rassemblements sont prévus un peu partout dans l’Hexagone, ainsi qu’en Guadeloupe, en Martinique, à La Réunion, en Nouvelle-Calédonie et à Tahiti. Hors de France, des marches doivent avoir lieu à Genève, à Luxembourg, à Namur, à Montréal et à Montevideo, selon les organisateurs.
D’autres actions doivent se dérouler à l’étranger à l’initiative de l’association 350.org. Au Japon ou encore en Australie, des copies du dernier rapport du GIEC, paru en début de semaine, doivent être distribuées à des élus. Dans ce rapport de quatre cents pages, les experts du climat de l’ONU appellent le monde à engager des transformations « rapides » et « sans précédent », s’il veut limiter le réchauffement à 1,5 °C.

        Lire notre éditorial :
         

          Climat : il n’est pas trop tard pour réagir







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Des femmes en recherche d’une nouvelle stabilité personnelle, d’une réintégration ou d’un autre travail, mais surtout de justice témoignent.
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Le long et douloureux parcours des salariées victimes de harcèlement sexuel

Des femmes en recherche d’une nouvelle stabilité personnelle, d’une réintégration ou d’un autre travail, mais surtout de justice témoignent.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 11h48
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 12h13
    |

            Francine Aizicovici








                        



                                


                            

Le 17 mai, Emmanuelle savourait sa victoire. Cette salariée de La Poste, de 36 ans, venait d’obtenir la condamnation de son employeur par le conseil de prud’hommes de Paris à lui verser plus de 120 000 euros de dommages et intérêts pour le harcèlement sexuel et moral que son chef lui avait fait subir pendant dix ans, sur la plate-forme de traitement des colis de Val-de-Reuil, dans l’Eure. En arrêt pour maladie professionnelle depuis 2015 pour une « dépression réactionnelle par stress au travail », Emmanuelle avait même obtenu des prud’hommes, comme elle le demandait, la résiliation judiciaire de son contrat de travail aux torts de l’employeur. La Poste n’avait pas fait appel.
Pourtant, aujourd’hui, elle se dit, moralement, « en pleine descente », avec des « envies de [se] jeter par la fenêtre qui tourne dans [la] tête ». « J’ai perdu mon travail, le fil est coupé, c’est une phase de deuil de La Poste », cette entreprise qui lui avait procuré son « premier emploi » et où elle espérait « faire une grande carrière ». Sous antidépresseurs depuis trois ans, elle se dit incapable de chercher un emploi et n’arrive même pas à profiter de l’argent reçu – « je n’arrive pas à le dépenser. C’est l’argent du malheur », explique-t-elle.
Emmanuelle a bien un projet professionnel un peu flou – « apporter son expérience dans un grand groupe, en matière d’égalité femmes-hommes et de harcèlement sexuel » – mais, pour l’heure, elle aussi est dans l’attente de connaître le sort réservé à sa plainte au pénal contre son agresseur, déposée il y a trois ans.
« Il faut des sanctions lourdes »
« On ne fait rien pour que ces femmes conservent leur poste de travail. Il n’y a pas de réforme pour lutter contre le harcèlement sexuel au travail. Les patrons sont toujours aussi légèrement condamnés aux prud’hommes », regrette son avocate, Maude Beckers. Pour elle,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Comment nos pratiques sexuelles ont-elles évolué depuis le XIXe siècle ? Les historiens Alain Corbin et Michelle Perrot en ont discuté lors d’une rencontre du Monde Festival, dimanche 7 octobre, au Palais Garnier, à Paris.
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                Hommes et femmes, deux histoires de la sexualité


Comment nos pratiques sexuelles ont-elles évolué depuis le XIXe siècle ? Les historiens Alain Corbin et Michelle Perrot en ont discuté lors d’une rencontre du Monde Festival, dimanche 7 octobre, au Palais Garnier, à Paris.

LE MONDE
                 |                 13.10.2018 à 09h15
                 |

            Jessica Gourdon

















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Que sait-on de la sexualité de nos aïeux ? Dimanche 7 octobre, au Monde Festival, les historiens Alain Corbin et Michelle Perrot ont levé un coin de rideau sur les mystères des chambres à coucher depuis le XIXe siècle.
Pendant une heure et demie, sous les dorures du Palais Garnier, les deux universitaires de 82 et 90 ans ont évoqué avec malice et sérieux l’évolution des mœurs, des représentations et des interdits. Des pratiques qu’ils ont scrutées tout au long de leur carrière, puisant dans des sources variées : la littérature, évidemment, mais aussi tous les documents de l’écriture de soi, des manuels de confesseur, des revues médicales, des journaux de bord de docteur…

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Premier enseignement, les grandes tendances observées depuis le XIXe siècle continuent de façonner nos sexualités : l’émancipation progressive des codes moraux, l’avancée de la connaissance du corps et du plaisir féminin, la maîtrise de la reproduction, la condamnation de la violence… Rapidement dans la discussion, un fil rouge s’est dessiné, celui des rapports très différents des hommes et les femmes à la sexualité.

   


Une illustration parmi d’autres, jusqu’à récemment, l’adultère était condamné beaucoup plus durement chez les femmes que chez les hommes. « Un homme qui séduit des femmes, qui a des maîtresses, c’est à son honneur. Alors que du côté des femmes, il fallait le cacher. On ne reproche pas le harcèlement sexuel et l’adultère à Victor Hugo. En revanche, l’une de ses maîtresses est allée en prison », note Michelle Perrot.
Autre exemple, pendant des années, l’homosexualité était tolérée chez les femmes. « Il y avait une forme d’indulgence, on trouvait cela joli », assure l’historienne. En revanche, si elle est dépénalisée en France depuis 1791, elle était vivement condamnée chez les hommes, notamment au nom du mythe de la « déperdition de la semence ».
Pour elle, le risque de tomber enceinte
Les femmes avaient aussi certaines obligations morales propres à leur sexe. « La virginité faisait partie du capital que la jeune fille devait apporter dans le mariage, en particulier dans les milieux bourgeois », rappelle Michelle Perrot. Un contraste avec la situation des hommes, qui avaient, eux, une expérience de la sexualité avant le mariage. « C’était la nourrice du Morvan, la bonne d’enfant ou la servante de 15 ans qui initiait le jeune homme de la famille à la sexualité. Ensuite, ce garçon allait voir les filles, se rendait au bordel, ou se mettait avec une cousette, c’est-à-dire une jeune ouvrière de la couture, avant de la lâcher pour se marier », raconte Alain Corbin.

   


Et c’est ainsi que s’installe, au sein du couple, une différence fondamentale. « Comme l’homme a la connaissance de la sexualité avant la nuit de noces, il peut avoir la tentation de la fugue sociale, c’est-à-dire de retourner à cette période prémariage », analyse Alain Corbin.
Autre clé d’explication, le rapport à la reproduction. Pendant des années, les femmes sont seules à assumer les conséquences d’un écart. « Il ne faut jamais oublier que les filles ont longtemps vécu avec la peur d’avoir “un polichinelle dans le tiroir”, comme on disait alors. Des servantes, violées par leur patron, par le fils de la famille ou par un domestique tombaient enceintes d’enfants qu’elles s’efforçaient de “faire passer”. Mais si un voisin les dénonçait, c’était le tribunal. Au XIXe siècle, il y a encore des femmes guillotinées pour infanticide », rappelle Michelle Perrot.

   


Pour lui, le risque de la maladie vénérienne
Aussi, tandis que les femmes craignaient de tomber enceinte, les hommes étaient préoccupés par la possibilité d’attraper des maladies vénériennes. Aux XVIIIe et XIXe siècles, on soignait l’ensemble des « véroles » par le mercure. « Quand un homme avait la syphilis, il disait pudiquement : “Je vais en Suède”, car le mercure faisait beaucoup suer ! », s’amuse Alain Corbin. Les théories les plus folles se développaient, comme celle de « l’hérédosyphilis », une syphilis congénitale que l’on attrapait si l’un de ses aïeux avait été contaminé jusqu’à la septième génération. Et que des médecins aux codes moraux rigides brandissaient comme une menace, s’alarmant de la « dégénérescence de l’espèce humaine ». Une croyance, poursuit Alain Corbin, « tombée en désuétude ».
Reste qu’avant l’arrivée de la contraception, les relations amoureuses avant le mariage étaient nécessairement différentes. On badinait davantage. « De 1870 à 1970, c’était le siècle du flirt. Celui de la drague, des caresses, des sous-entendus, avec des lieux emblématiques, comme les paquebots transatlantiques ou les villes d’eau. Ce siècle, il se termine avec la pilule », tranche Alain Corbin.

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Ces jeux de séduction prenaient parfois des formes inattendues. Dans les campagnes, où les femmes étaient plus libres d’assumer leurs désirs, on pratiquait le « maraîchinage » ou ses dérivés. Ce rituel de d’amour libre issu de coutumes rurales s’est développé en Vendée au XIXe siècle et jusqu’à la première guerre mondiale. Pendant ce maraîchinage, les jeunes s’adonnaient à des baisers et à des caresses au milieu de la nature, cachés sous de grands parapluies noirs. Un étonnant libertinage de campagne qui intrigua vivement, à une époque, de nombreux Parisiens.

Revivez le Monde Festival 2018 sur le thème « Aimer ! »
Aimer ! C’était le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’est déroulée du 5 au 7 octobre à Paris.
Revivez les meilleurs moments en vidéo, mais aussi en photos. 




Jessica Gourdon
    













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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ A toutes les étapes de la procédure judiciaire, les femmes qui déposent plainte sont confrontées au stéréotype de la victime « pure ».
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Violences sexuelles : le stéréotype de « la femme irréprochable » persiste

A toutes les étapes de la procédure judiciaire, les femmes qui déposent plainte sont confrontées au stéréotype de la victime « pure ».



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 08h58
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 11h49
    |

            Cécile Bouanchaud








                        



                                


                            

En janvier 2018, à l’aune du mouvement #MeToo, elle a repris la parole. Les révélations de témoignages édifiants sur le harcèlement sexuel, pratiqué des années durant par le producteur hollywoodien Harvey Weinstein à l’égard de nombre d’actrices, ont rappelé à Tristane Banon ce jour où, six ans plus tôt, elle avait dit « moi aussi ». En 2011, âgée de 32 ans, elle avait porté plainte pour tentative de viol contre Dominique Strauss-Khan, alors poursuivi aux Etats-Unis dans l’affaire du Sofitel.
De cette période, elle se souvient de la campagne de dénigrement qui l’avait visée, et dont l’aspect le plus insidieux avait sans doute été la publication de photos où on la voyait, souriante, en train de se faire peloter par un homme lors d’une soirée. Comprendre, venant de ses détracteurs : Tristane Banon est une femme de petite vertu, elle n’a que ce qu’elle mérite. Dans une interview accordée au Figaro en janvier, la romancière est revenue sur le positionnement des médias qui la présentaient comme « une déséquilibrée, quand ce n’était pas une cinglée totale ou pire ».
A l’instar de la majorité des femmes portant des accusations de violences sexuelles, la journaliste a été discréditée à l’aide d’un présupposé aussi tenace que destructeur : celui qui voudrait qu’une victime de harcèlement, d’agression sexuelle, de viol ou de tentative de viol incarne une figure de vestale, irréprochable et pure. Une posture qui tend à faire porter aux femmes la responsabilité des agressions dont elles sont victimes.

« Quand une femme dénonce, on se dit que l’homme, le pauvre, n’a pas pu retenir ses pulsions face à celle qui a forcément dû l’aguicher », constate Mylène Hadji, juriste pour l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT). Pour elle, ces stéréotypes ressortent à tous les chaînons de la procédure judiciaire, de la part des policiers, des avocats, des magistrats et même des...




                        

                        


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Meurtre de Bastien, 3 ans : la peine de la mère alourdie à quinze ans en appel

Le petit garçon était mort en 2011 après avoir été enfermé dans un lave-linge par son père.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 08h45
   





                        


La mère de Bastien, tué dans un lave-linge, été condamnée vendredi 13 octobre en appel à quinze ans de prison pour « complicité de meurtre » par la cour d’assises de Paris. Cette peine, plus lourde qu’en première instance où elle avait été condamnée à douze ans de prison, est assortie d’une interdiction d’exercer une activité qui la placerait en contact avec des mineurs.
Le 25 novembre 2011, Bastien, 3 ans, avait été retrouvé mort dans l’appartement familial de Germigny-l’Évêque (Seine-et-Marne). Pour s’être mal comporté à l’école, le garçon avait été, en guise de punition, enfermé par son père dans le lave-linge qui avait ensuite été allumé.
« Habituée à ne plus pouvoir réagir »
Il y était resté entre 30 et 60 minutes et avait trouvé la mort alors que son père était sur son ordinateur et que sa mère, Charlène Cotte, faisait un puzzle avec leur fille aînée alors âgée de 5 ans. Après délibérations, le jury a décidé que Charlène Cotte, jugée depuis lundi à Paris, s’était livrée à un « détournement conscient » de l’attention de la sœur de Bastien « pendant la phase cruciale du crime », l’empêchant de réagir.
En 2015, elle avait été condamnée à douze ans de réclusion criminelle pour « complicité de meurtre aggravé » et « violences ». Le père, Christophe Champenois, avait écopé de trente ans de prison pour « meurtre aggravé ». Elle seule était rejugée à Paris après avoir fait appel.
Charlène Cotte ne voulait « pas le moins du monde » la mort de son fils, avait plaidé l’avocat de la défense, rappelant que l’accusée avait été « habituée à ne plus pouvoir réagir » face à son conjoint, décrit comme un « père ultra-violent », « fou dangereux ».
Caroline Rémond, l’avocate représentant l’Enfant Bleu, association de défense des droits de l’enfant qui s’était constituée partie civile, s’est déclarée « satisfaite » de la décision de la cour.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Prononcée en aménagement de peine, la surveillance électronique n’a guère d’intérêt si elle n’est pas doublée d’un étroit suivi.
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Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail          Parking de Courcouronnes (Essonne), mardi 19 juin, 8 h 20. Wassim (le prénom a été modifié) est comme un gamin malgré ses 21 ans. Il sautille et rigole autour de la voiture dans laquelle sont restées sa sœur et sa mère malgré le franc soleil qui a déjà dissipé la fraîcheur de la nuit. Il semble impatient qu’ouvre le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) du département. Et pour cause : il a rendez-vous à 9 heures pour se faire poser un bracelet électronique. Une mesure coercitive, mais dans laquelle il hume un vent de liberté.          Wassim sort de quarante et un mois de prison. Il y a moins de deux heures, il était encore derrière les portes de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, à sept kilomètres de là. Alors qu’il n’était libérable qu’en avril 2019, le juge d’application des peines lui a accordé une libération conditionnelle au 19 octobre 2018, sous réserve qu’il respecte un placement sous surveillance électronique (PSE) probatoire de quatre mois. Une sorte de sas vers la liberté pour éviter une sortie sèche de détention.           Lire aussi La prison de Fleury-Mérogis secouée par une série de suicides             « Si vous ne respectez pas la mesure, le juge peut décider d’y mettre fin et c’est retour à Fleury-Mérogis », le prévient le surveillant pénitentiaire chargé de poser le bracelet. Dans une pièce exiguë où s’empilent les cartons livrés par Thales, le surveillant passe un mètre de couturier autour de la cheville du jeune homme avant de choisir la bonne sangle. Une minute plus tard, le bracelet gris clair est scellé. Il disparaît sous le jogging Nike noir à bandes rouges. « Attention, il n’est pas forcément compatible avec une activité sportive, si vous le rompez, c’est 105 euros à votre charge. »          Recherche d’emploi          Toujours sous écrou, mais passé du milieu fermé au milieu ouvert, un charabia auquel il n’entend rien, le jeune homme se fait réexpliquer trois fois ce qu’est la libération conditionnelle promise comme une carotte : une vraie libération anticipée, dès lors qu’il n’aura pas débordé les horaires de sortie de son domicile autorisées par le juge – soit 6 h 30 à 20 heures en semaine, 10 heures – 17 heures le week-end –, qu’il aura honoré son obligation de travailler, ou démontré ses démarches de recherche d’emploi, et de commencer à rembourser le Trésor public de ses amendes et les parties civiles des dommages fixés par le tribunal.                       Bracelet électronique, à Paris, en 2016. Le placement sous surveillance électronique est une mesure d’aménagement de peine. RENAUD BOUCHEZ / SIGNATURES                       — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de 400 journalistes    Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.    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APPEL À TÉMOIGNAGES
Célibataires ou lesbiennes, vous avez eu recours à une PMA à l’étranger, racontez-le-nous

Discussion lancée le 12 octobre 2018
12 octobre 2018

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Le gouvernement prépare un projet de loi bioéthique qui pourrait proposer l’extension de l’accès à la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, à savoir les couples lesbiens et les célibataires. Actuellement, elle est réservée aux couples hétérosexuels infertiles ou risquant de transmettre une maladie à l’enfant.
Quatre-vingt-dix femmes qui ont eu recours à la procréation médicale assistée (PMA) à l’étranger ont signé une tribune jeudi 11 octobre pour dénoncer leur absence dans les médias dans les émissions consacrées à la PMA. Vous êtes célibataires ou lesbiennes et vous avez eu recours à une PMA à l’étranger, racontez-nous votre expérience.
Comment ce projet a-t-il mûri en vous ? Comment votre entourage a-t-il réagi ? Quelles sont les difficultés administratives que vous avez rencontrées ? Quels regards porte-t-on sur votre famille ? Comment vivez-vous le positionnement récurent de La Manif pour tous sur ces questions ? Que pensez-vous que ce projet de loi pourrait changer ?                            





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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Le gendre de la milliardaire est accusé d’avoir commandité son meurtre. La perpétuité simple a été requise contre les auteurs présumés du double assassinat.
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Affaire Pastor : perpétuité requise contre Janowski et ses « impostures »

Le gendre de la milliardaire est accusé d’avoir commandité son meurtre. La perpétuité simple a été requise contre les auteurs présumés du double assassinat.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 18h07
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 19h34
    |

            Pascale Robert-Diard








                        



                                


                            
C’est contre celui qui, dans l’affaire Pastor, ne porte « aucune trace de sang sur ses chaussures vernies, sur son costume, sur sa cravate », que l’avocat général Pierre Cortès a requis, vendredi 12 octobre, la peine la plus lourde. Il a demandé à la cour et aux jurés de condamner Wojciech Janowski, accusé d’être le commanditaire du double assassinat de sa belle-mère, Hélène Pastor, et de son majordome Mohamed Darwich, le 6 mai 2014, à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans.
« On s’épuise, on s’essouffle, M. Janowski, à essayer de vous croire ! », a-t-il lancé à l’adresse du gendre, qui, après avoir avoué son rôle de commanditaire, se proclame désormais innocent de tout ce dont on l’accuse. L’avocat général a repris, une à une, les versions proposées par Wojciech Janowski depuis sa mise en cause dans l’affaire Pastor. Depuis ses premiers mots en garde à vue, où il affirme ne pas avoir la moindre idée des auteurs du double assassinat, à ses aveux circonstanciés – « J’ai réfléchi, je vais vous dire la vérité » –, confirmés lors d’un aparté avec sa compagne, Sylvia Ratkowski, puis nuancés, enfin rétractés au profit d’accusations accablantes contre Pascal Dauriac, en passant par les allusions fielleuses dirigées contre son beau-frère Gildo Pallanca, décrit en entrepreneur failli et, pour faire bonne mesure, « cocaïnomane », alors que celui-ci, victime d’un double AVC, était cloué sur son lit d’hôpital.

« Imposture »
Mais ce sont bien ces aveux qui encombrent le plus aujourd’hui Wojciech Janowski. « Ils lui collent à la peau comme une tunique de Nessus », a relevé Pierre Cortès, qui ne s’est pas privé d’opposer la ligne de défense soutenue par l’accusé – des aveux extorqués lors d’une garde à vue sans avocat au cours de laquelle « la seule chose qu’on ne [lui] a pas faite, c’est de [lui] arracher les ongles » – à la réalité bien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Le professeur d’économie Louis de Mesnard estime, dans une tribune au « Monde », que la retraite doit rester un droit des salariés reposant sur la confiance en l’avenir.
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Réforme des retraites : « Le contrat social intergénérationnel est fragile »

Le professeur d’économie Louis de Mesnard estime, dans une tribune au « Monde », que la retraite doit rester un droit des salariés reposant sur la confiance en l’avenir.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 17h40
    |

Louis de Mesnard (Professeur d’économie à l’université de Bourgogne)







                        



                                


                            

Tribune. Pour le gouvernement, la retraite est une prestation sociale : le prochain budget va désindexer les retraites de la hausse des prix. C’est que, pour le président de la République, « la retraite n’est pas un droit auquel on a cotisé toute sa vie, la retraite est ce que les actifs payent pour les retraités ». Il faut reconnaître que la fin de la proposition est parfaitement vraie : toute retraite est payée sur le revenu national, qu’elle soit par répartition ou par capitalisation.
Toutefois, dire que la retraite n’est pas un droit mais une simple prestation sociale mérite discussion. Aucun système de retraite ne peut faire l’objet d’un consensus social s’il n’est pas considéré comme un droit. En effet, considérons deux périodes – « aujourd’hui » et « demain » –, et trois catégories de personnes – « jeunes », « actifs » et « retraités ». Avec le temps qui passe, les actifs d’aujourd’hui deviennent les retraités demain, les retraités d’aujourd’hui disparaissent demain, tandis que les jeunes d’aujourd’hui deviennent eux-mêmes actifs demain.

Alors, pourquoi la catégorie des actifs donnerait-elle aujourd’hui X milliards d’euros à celle des retraités, alors que cette dernière aura disparu demain et ne pourra rien lui rendre ? Pourquoi cette catégorie composée d’homo economicus ferait-elle preuve d’altruisme aujourd’hui envers celle des retraités, puisque rien ne lui garantirait qu’elle-même bénéficierait d’un tel traitement favorable son tour venu demain ? Cela montre bien qu’il faut un mécanisme permettant à la catégorie des actifs d’être incitée à effectuer le transfert vers la catégorie des retraités. Ce mécanisme peut être de deux ordres.
Le leurre de la capitalisation
Soit les actifs placent la somme correspondant au transfert aujourd’hui et la récupèrent demain, avec intérêts. En ce cas, il y a transfert intergénérationnel au sein d’une même catégorie, les actifs d’aujourd’hui étant devenus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ La France continue d’attirer des étudiants étrangers : 343 400 ont choisi d’y venir en 2017-2018, un chiffre en hausse de 4,5 % par rapport à l’année précédente.
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Toujours plus d’étudiants internationaux en France

La France continue d’attirer des étudiants étrangers : 343 400 ont choisi d’y venir en 2017-2018, un chiffre en hausse de 4,5 % par rapport à l’année précédente.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 17h03
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 17h24
    |

            Séverin Graveleau








                        



   


L’attractivité de la France auprès des étudiants étrangers reste forte : 343 400 d’entre eux ont choisi l’Hexagone pour étudier en 2017-2018, annonce Campus France, l’organisme de promotion de l’enseignement supérieur français à l’étranger. Cela représente une hausse de 4,5 % par rapport à l’année universitaire précédente, presque identique à celle d’avant (4,6 %).

        Lire aussi :
         

                Accueil des étudiants étrangers : la France veut remonter sur le podium



Ces premières données, diffusées vendredi 12 octobre, ne permettent pas de dire si la France revient dans le trio de tête des destinations préférées des étudiants internationaux. Elle avait perdu en 2015 sa troisième position au profit de l’Australie, alors que les Etats-Unis restaient premiers, suivi du Royaume-Uni, selon les comparaisons de l’Unesco. Voici les principales tendances concernant les étudiants étrangers en français.
L’Afrique envoie le plus d’étudiants se former en France
Les nationalités des étudiants internationaux restent proches de l’année précédente. En revanche, « l’ordre dans ce classement change légèrement », indique Campus France. Après le Maroc (1er), c’est l’Algérie qui passe en seconde position, devant la Chine (3e), tandis que l’Italie gagne une place (4e) au détriment de la Tunisie (5e).


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Pays
Nombre d'étudiants


1
MAROC
39 855


2
ALGERIE
30 521


3
CHINE
30 071


4
ITALIE
13 341


5
Tunisie
12 842



46 % des étudiants internationaux viennent d’Afrique, 25 % d’Europe, 16 % d’Océanie, 9 % du continent américain et 4 % du Moyen-Orient.
L’université privilégiée
Près de 70 % des étudiants étrangers choisissent l’université lorsqu’ils viennent étudier en France, soit un point de moins que l’année dernière. Au total, ce sont donc 240 000 étudiants qui y sont inscrits, dont 49 % dans un cursus de licence, 41 % en master, et 10 % en doctorat.
Les autres établissements aux portes desquels les étudiants étrangers viennent frapper sont les écoles de commerce et de gestion (9 % d’entre eux y sont inscrits), les écoles d’ingénieurs (7 %). Les autres établissements (écoles spécialisées, écoles d’art, classes préparatoires, etc.) rassemblent les 14 % restants.

        Lire aussi :
         

                Les étudiants étrangers en France affichent une satisfaction record



L’attractivité des lettres et sciences
A l’université, les étudiants étrangers continuent de privilégier les filières sciences et médecine pour 37 % d’entre eux. Suivent les lettres, langues et sciences humaines et sociales pour 32 %, puis l’économie et la gestion (20 %), enfin le droit et les sciences politiques (12 %)
Une courte majorité de femmes 
En 2017-2018, 52,5 % des étudiants internationaux étaient des étudiantes. Une proportion sensiblement la même que l’année précédente.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Le député (LFI) François Ruffin a dénoncé vendredi le blocage par des députés de la majorité d’une proposition de loi visant à améliorer l’accueil des élèves en situation de handicap.
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Handicap : la promesse de Macron sur les accompagnants scolaires est-elle tenue ?

Le député (LFI) François Ruffin a dénoncé vendredi le blocage par des députés de la majorité d’une proposition de loi visant à améliorer l’accueil des élèves en situation de handicap.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 16h55
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 17h15
    |

            Mathilde Damgé et 
Anne-Aël Durand








                        



   


« Ce vote vous collera à la peau comme une infamie », a harangué le député de La France insoumise François Ruffin, qui a publié vendredi 12 octobre sur son compte Facebook la liste de soixante-dix députés de La République en marche qui auraient « empêché qu’un débat ait lieu sur le statut des accompagnant·e·s pour enfants handicapés ». Le point sur l’avancement de ce qui était une promesse d’Emmanuel Macron.


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Le contexte


Les députés d’En marche ont choisi de suivre la ligne du gouvernement et de ne pas étudier une proposition de loi à l’Assemblée. « Ce n’est pas par la loi qu’on va changer les choses car nous avons tous les ingrédients pour réussir », a assuré jeudi la secrétaire d’Etat aux personnes handicapées, Sophie Cluzel, renvoyant à une concertation prévue fin octobre devant le Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH). En septembre 2017, le comité interministériel sur le handicap avait donné de grands objectifs à cinq ans pour l’accompagnement scolaire des personnes handicapées, un des sujets sur lequel Emmanuel Macron s’était engagé pendant la campagne présidentielle. L’édition 2018 qui devait se tenir le 9 octobre a été reportée en raison du remaniement.


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Que s’est-il passé à l’Assemblée ?
Les députés ont retoqué jeudi 11 octobre une proposition de loi déposée par Les Républicains pour « l’inclusion des élèves en situation de handicap », qui prévoyait une réforme du statut des accompagnants. Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, a justifié ce refus en mettant en avant « le chemin » déjà pris par le gouvernement à ce sujet, et la tenue d’une concertation à venir.
« Personne ne peut décemment regarder dans les yeux ces familles, ces enfants, ces adolescents, ces accompagnants et leur dire que l’urgence est ailleurs », avait pourtant plaidé le député Aurélien Pradié (LR, Lot), qui défendait ce texte. Fait rare, c’est un député du bord opposé, François Ruffin, qui est venu à sa rescousse de l’autre bout de l’hémicycle pour dénoncer le refus des parlementaires de débattre du texte proposé : « Vous allez voter une “motion de rejet préalable” […] c’est-à-dire que la discussion n’aura même pas lieu. Que le texte ne sera même pas examiné. »

        Notre compte rendu :
         

          François Ruffin s’en prend aux députés LRM : « J’espère que le pays ne vous le pardonnera pas »



Quelle est la situation des accompagnants ?


Savez-vous ce qu'est un accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) ?

Oui
Non


Bravo ! Voulez-vous quand même vous rafraîchir la mémoire ?

Oui



Un AESH, aussi appelé auxiliaire de vie scolaire (AVS), est une personne chargée de l’aide humaine à la scolarisation de l’élève, de l’accompagnement, de la socialisation, de la sécurité d’élèves en situation de handicap ou présentant un trouble de santé invalidant. Il peut être affecté à un seul ou plusieurs élèves. Un AESH ne remplace pas l’enseignant mais accompagne des jeunes dans les actes de la vie quotidienne, dans l’accès aux activités d’apprentissage et dans les activités de la vie sociale et relationnelle.




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Jean-Michel Blanquer a souligné qu’à la rentrée 2018, « 20 000 élèves [en situation de handicap] de plus que l’an dernier » avaient été accueillis à l’école. Mais le député du Lot, porteur de la proposition de loi, a rappelé de son côté que les besoins avaient été multipliés par trois en dix ans. On compte 340 000 élèves handicapés scolarisés ; parmi eux, 175 000 élèves ont besoin d’un accompagnement alors qu’il n’y a que 110 000 accompagnants. Ces derniers s’occupent souvent de plusieurs enfants, mais de nombreux élèves sont restés sans solution d’accompagnement en septembre (ils étaient 3 500 en 2017, selon le collectif Citoyen handicap), a rappelé Aurélien Pradié.

        Reportage (édition abonnés) :
         

          L’école peine à s’adapter aux enfants handicapés



Sa proposition de loi prévoyait notamment un statut unique « d’accompagnant à l’inclusion scolaire », mieux rémunéré, pour ces auxiliaires. Actuellement, ils gagnent entre 650 et 1 126 euros net par mois pour un temps plein (mais c’est rarement le cas).
Ces employés indispensables à l’accueil des enfants handicapés dans l’école peuvent être recrutés selon deux types de contrats :
le contrat unique d’insertion (CUI), à durée déterminée, réservé aux personnes rencontrant des difficultés spécifiques d’accès à l’emploi, correspondant le plus souvent aux auxiliaires de vie scolaire (AVS), et dépendant de Pôle emploi ;et le contrat d’accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH), lui aussi à durée déterminée, qui vise à remplacer les anciens contrats aidés, et dépendant de l’éducation nationale.
Une promesse de campagne d’Emmanuel Macron
« Nous continuerons à encourager la scolarisation en milieu ordinaire des nombreux enfants aujourd’hui sans solution scolaire. Nous donnerons accès à un·e auxiliaire de vie scolaire à tous les enfants en situation de handicap qui en ont besoin pour avoir une scolarité comme les autres », avait promis Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle de 2017. Le candidat d’En marche ! avait alors promis de «  pérenniser ces emplois et [de] les stabiliser », ainsi que de leur offrir « une rémunération digne ».
Pour répondre à ces objectifs, le gouvernement a créé des contrats AESH, qui sont à durée déterminée mais qui peuvent se transformer en CDI au bout de six ans. Il s’est aussi engagé à poursuivre le recrutement de nouveaux accompagnants. Le projet de loi de finances de 2019 prévoit le financement de 12 400 nouveaux emplois d’accompagnant dont :
6 400 accompagnants supplémentaires au titre de la poursuite du plan de transformation des contrats aidés en AESH ;6 000 AESH supplémentaires financés au cours de l’année 2019 (1 500 recrutés en fin d’année 2018 et 4 500 recrutés en 2019).
Toute la question sera ensuite de « fidéliser » les accompagnants : selon le rapport du médiateur de l’éducation nationale, Claude Bisson-Vaivre, publié en juin, « le public pour un contrat AVS est volatil, toujours susceptible d’abandonner sa candidature pour un emploi à temps complet, mieux rémunéré ». Il faut alors relancer tout le processus de recrutement.

La scolarité pour les enfants en situation de handicap, une obligation
La loi du 11 février 2005 crée l’obligation de scolarité pour les enfants en situation de handicap. L’école « de référence » doit être celle du quartier, mais l’enfant peut être inscrit dans un autre établissement en fonction d’un « projet personnalisé de scolarisation » décidé par une institution ad hoc, la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). A partir de cette date, le nombre d’enfants en milieu ordinaire augmente, et les classes spécifiques, dites « ULIS », se développent. En 2005, 7 062 enfants étaient scolarisés en ULIS au collège, ils sont aujourd’hui 34 762.
Pour alerter sur les enfants handicapés qui n’ont toujours pas d’auxiliaire de vie scolaire à cette date, une journée d’action était prévue le 19 septembre par le Collectif citoyen handicap. Des rassemblements devaient se tenir devant toutes les MDPH ainsi que devant le rectorat de Lille.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Un Parisien, François X, demande à la mairie de Saint-Hippolyte-du-Fort (Gard, 3 937 habitants), où vit toute sa famille, l’autorisation d’acheter une concession funéraire dans l’un de ses cimetières. La mairie la lui refuse, le 3 mars 2015, au motif qu’il n’habite pas sur le territoire communal.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Le député Insoumis a exprimé sa colère à l’Assemblée face au vote ayant retoqué une proposition de loi pour « l’inclusion des élèves en situation de handicap ».
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François Ruffin s’en prend aux députés LRM : « J’espère que le pays ne vous le pardonnera pas »

Le député Insoumis a exprimé sa colère à l’Assemblée face au vote ayant retoqué une proposition de loi pour « l’inclusion des élèves en situation de handicap ».



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 16h44
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 20h25
   





                        



« Ce vote vous collera à la peau comme une infamie. » François Ruffin a exprimé sa colère jeudi 11 octobre à l’Assemblée nationale face au vote des députés La République en marche (LRM) retoquant une proposition de loi pour « l’inclusion des élèves en situation de handicap ».
Lors d’une prise de parole retentissante, le député Insoumis a fustigé le choix des députés (70 voix contre 54) de voter pour une « motion de rejet préalable », une procédure qui permet de rejeter le texte avant même l’examen de ses articles dans l’hémicycle. « Vous empêchez carrément le débat, vous l’interdisez », a dénoncé M. Ruffin.
Cette proposition de loi, à l’initiative du député Les Républicains (LR) Aurélien Pradié mais soutenu par la France insoumise, prévoyait notamment un statut unique « d’accompagnant à l’inclusion scolaire », mieux rémunéré, pour les auxiliaires de vie scolaire (AVS) ou les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH). Elle visait aussi à « décloisonner » l’accompagnement entre scolaire et périscolaire.
« Nous avons, dans le pays, des femmes, des milliers de femmes, qui accompagnent les enfants handicapés dans les écoles. Pour ce métier, elles sont sous-payées, 600 euros, 700 euros, sous le seuil de pauvreté, avec des contrats ultra-précaires, sans formation, sans qualification », a lancé le député Insoumis. « Pour changer ça, depuis le début de votre mandat, quelle proposition de loi avez-vous portée ? Rien. Aucune », a insisté l’élu de la Somme.

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Admettant que la proposition de loi était « nettement améliorable », M. Ruffin a expliqué au micro de l’hémicycle que « les Insoumis, mais également les communistes, les socialistes, les UDI, les républicains » avaient déposé de nombreux amendements en Commission. « Vous, les Marcheurs ? Aucun. Vous n’avez même pas participé aux échanges. Vous vous êtes contentés, en groupe, en troupeau, de voter contre, contre, contre, contre, de lever la main en cadence, comme des Playmobils », a-t-il regretté dans un discours emporté.
Comme promis, le député a d’ailleurs publié vendredi le nom des 70 députés ayant voté la « motion de rejet préalable » lors de ce scrutin public. « Nulle délation, juste de l’information sur les choix de vos élus », écrit-il sur son site.
Aurélien Pradié fustige le « mépris » des députés LRM
« Personne ne peut décemment regarder dans les yeux ces familles, ces enfants, ces adolescents, ces accompagnants et leur dire que l’urgence est ailleurs », avait plaidé jeudi Aurélien Pradié, fustigeant le « mépris » des députés LRM. L’élu du Lot a rappelé que « le nombre d’élèves [en situation de handicap] accueillis est passé d’environ 100 000 en 2006 à (…) 340 000 en 2018 », de nombreux élèves étant restés sans solution d’accompagnement à la rentrée.

Selon la Majorité, il n'y aurait pas d'urgence à réformer le statut des AVS AESH. Les pb actuels relèveraient « d’a… https://t.co/KL9ls63iuU— AurelienPradie (@Aurélien Pradié)


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Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a de son côté reconnu que le texte comportait « bien entendu des éléments intéressants » sur cette « priorité gouvernementale », tout en refusant d’être « caricaturé comme quelqu’un qui ne voit pas les difficultés actuelles et les pistes d’amélioration ».

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          Paroles de profs : « Nous n’avons pas été formés à accueillir des élèves handicapés »



Il a notamment souligné qu’à la rentrée 2018, « 20 000 élèves de plus que l’an dernier » avaient été accueillis, observant aussi que le statut unique prôné par M. Pradié est « très précisément la feuille de route que nous nous sommes fixée ».
« Il y a donc un chemin qui est pris qui est clairement conforme à ce que vous appelez de vos vœux », a-t-il affirmé au député LR, ajoutant que ses « pistes de réflexion » pourront être le point de départ d’une concertation prévue fin octobre devant le Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH).
« Ce n’est pas par la loi qu’on va changer les choses car nous avons tous les ingrédients pour réussir », a assuré par la suite la secrétaire d’Etat aux personnes handicapées, Sophie Cluzel, renvoyant elle aussi à la concertation.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ A l’occasion des Assises nationales du 13 octobre, rencontre avec la générale Anne Fougerat, secrétaire générale de la garde nationale qui veut valoriser les réservistes.
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La Garde nationale, « une demoiselle encore jeune »

A l’occasion des Assises nationales du 13 octobre, rencontre avec la générale Anne Fougerat, secrétaire générale de la garde nationale qui veut valoriser les réservistes.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 16h01
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 19h01
    |

            Nathalie Guibert








                        


Avec 75 088 réservistes exactement, qu’ils se partagent en deux blocs de taille équivalente, les ministères des armées et de l’intérieur ont réalisé le volume des recrutements qui leur avaient été fixés pour 2018 pour ces forces supplétives. « Aujourd’hui nous tenons les objectifs », estime la générale Anne Fougerat. A 53 ans, venue de la gendarmerie mobile et première femme « deux étoiles » issue du corps des sous-officiers, la nouvelle secrétaire générale de la Garde nationale affronte la réalité telle qu’elle est. Elle en convient, cette garde, un label créé en 2016 par François Hollande pour coiffer les réserves opérationnelles existantes de l’armée et de l’intérieur, n’a pas gagné sa notoriété dans le paysage sécuritaire. La Garde nationale est « une demoiselle encore jeune », souligne-t-elle, et « la plupart des réservistes, attachés d’abord à la force qu’ils connaissent et servant près de chez eux, ignorent eux-mêmes qu’ils lui appartiennent ».
Cela dit, assure-t-elle, les « fondations sont solides ». Les chiffres publiés à l’occasion des Assises nationales qui se tiennent à Paris samedi 13 octobre le montrent. Les réservistes opérationnels ont permis d’absorber les besoins sécuritaires supplémentaires nés des attentats de 2015-2016. En moyenne quotidienne, ils sont 2 000 dans la gendarmerie. Et autour de 1 000 employés par le ministère des armées dans les missions de protection du territoire depuis 2017 (le double au mois d’août), soit 22 % de plus qu’en 2016. Ils effectuaient globalement de quinze à vingt-cinq jours de missions en 2015, le temps d’engagement est monté à trente-cinq jours. La tendance a été confirmée en 2018. Les réservistes sont en grande majorité des actifs ou des étudiants (68 %), et viennent de la société civile (76 % dans la gendarmerie, 59 % dans les armées, le reste étant d’anciens militaires). Un tiers ont moins de 30 ans.

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                Garde nationale : le regard sur les réservistes transformé par les attentats



« Aller chercher des jeunes »
« Le service des essences ou celui de la santé des armées, l’opération Sentinelle, les relèves des forces de sécurité sur les grands événements, le quotidien des unités de proximité… ne peuvent plus fonctionner sans les réservistes », déclare Anne Fougerat.
La générale commandait le groupement de gendarmerie de Seine-et-Marne en janvier 2015 au moment de l’assaut de l’imprimerie de Dammartin-en-Goële, où s’étaient retranchés les frères Kouachi après leur attentat terroriste contre Charlie Hebdo. « Le post-attentat, je l’ai vécu. Quand vous avez trois barrières de péage à tenir sur les autoroutes, une fois que vous avez tenu soixante-douze heures et procédé à deux relèves, la seule ressource possible ce sont les réservistes. A l’époque il n’y avait plus d’escadrons de gendarmerie mobile. Les personnels d’active ont vu ce que la réserve pouvait apporter quand on sature en termes d’emploi. » Un pas supplémentaire a été franchi quand, pour secourir les sinistrés de l’ouragan Irma à l’été 2017, la gendarmerie a pour la première fois piloté de façon centralisée l’envoi de deux compagnies de sa réserve territoriale (148 militaires choisis parmi 250 candidats), déployées pendant trois mois à Saint-Martin.
L’intérieur et la défense ont joué le jeu de la montée en puissance de la Garde nationale, et la générale, qui est mère d’une jeune gendarme, se dit « convaincue que la grande majorité de la jeunesse souhaite donner du sens à sa vie ». Maintenant, il faut que les budgets suivent et que l’engagement, du côté des entreprises comme des citoyens, ne retombe pas. « Sur l’attractivité il y a encore des choses à faire », estime cette femme directe. L’évaporation naturelle des effectifs réservistes se monte à 17 % chaque année. Anne Fougerat entend consolider les recrutements en « allant chercher des jeunes ». Elle souhaite conforter la réserve civile de la police – 5 500 personnes. Et voudrait communiquer davantage sur les missions de tous. « Quand on n’a pas de budget il faut avoir des idées », sourit-elle. De nombreuses mesures incitatives ont en effet été prises en 2017 (réduction d’impôt pour les entreprises, allocations d’études, participation financière au permis de conduire…), mais restent méconnues. Enfin, elle demande une amélioration de la protection sociale des réservistes blessés en service. Avant d’être une question de nombre – en 2017, ils ont été 20 sur 30 000 dans la gendarmerie – il s’agit d’une « affaire de principe ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Le nombre de personnes pauvres a progressé de 4,4 à 5 millions de personnes en une décennie, selon un rapport de l’Observatoire des inégalités.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Les familles monoparentales et les jeunes sont les plus touchés par la pauvreté

Le nombre de personnes pauvres a progressé de 4,4 à 5 millions de personnes en une décennie, selon un rapport de l’Observatoire des inégalités.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 13h10
   





                        



   


L’essentiel
L’Observatoire des inégalités relève dans un rapport (PDF) que le nombre de personnes pauvres vivant avec moins de 855 euros par mois est passé de 4,4 à 5 millions de personnes entre 2006 et 2016.Les familles monoparentales et les jeunes sont particulièrement touchés par la pauvreté.La France est, cependant, l’un des pays d’Europe qui a le plus bas taux de grande pauvreté (situé à moins de 40 % du niveau de vie médian, soit 684 euros mensuels) : 3,1 % de la population contre une moyenne européenne de 6,4 %.
Le chiffre
1,7 million
d’enfants vivaient dans un ménage en difficulté en 2015, dont certains « à la rue, dans des hôtels peu confortables ou des logements de fortune », écrivent les auteurs du rapport, se basant sur le chiffre Insee de 30 000 enfants vivant avec un parent sans domicile et recourant aux services d’hébergement d’urgence.
Les pauvres concentrés dans les grandes villes
L’augmentation de la pauvreté entre 2006 et 2016 est principalement due à des facteurs démographiques, en particulier la progression du nombre de familles monoparentales aux faibles revenus, à la croissance qui demeure faible et à un niveau de chômage élevé.
Ainsi, 25 % des pauvres vivent dans une famille monoparentale, 67 % ont au plus un CAP, la même proportion vit dans les grandes villes ou en périphérie et 65 % ont moins de 20 ans.
Les familles monoparentales, majoritairement des femmes, ont également été « fortement impactées » par la pauvreté ces dernières années. Elles représentent près « d’un quart de la population pauvre », une proportion très supérieure à la part de ces familles dans la population, et 19 % vivent sous le seuil de pauvreté.
La France, bonne élève en Europe
Malgré tout, la France est l’un des pays d’Europe qui a le plus bas taux de grande pauvreté (situé à moins de 40 % du niveau de vie médian, soit 684 euros mensuels) : 3,1 % de la population contre une moyenne européenne de 6,4 %.
Autre point positif, la France est l’un des pays européens qui résiste le mieux à la persistance de la pauvreté. Ainsi, 50 % des personnes pauvres l’étaient toujours l’année suivante, 30 % trois ans après et 20 % au bout de quatre ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Le 31 décembre 2022, le centre pénitentiaire de Clairvaux (Aube) fermera ses portes. Un webdocumentaire, « Le Cloître et la prison. Les espaces de l’enfermement », retrace l’histoire de cette abbaye qui fut d’abord un lieu de retraite, un monastère, puis une prison.
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A Clairvaux, deux visages de la réclusion

Le 31 décembre 2022, le centre pénitentiaire de Clairvaux (Aube) fermera ses portes. Un webdocumentaire, « Le Cloître et la prison. Les espaces de l’enfermement », retrace l’histoire de cette abbaye qui fut d’abord un lieu de retraite, un monastère, puis une prison.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 13h00
    |

                            Philippe-Jean Catinchi








                        



                                


                            

Passez la porte et entrez. Tout se joue là, dès le seuil. Une expérience à vivre en délaissant un monde ouvert où la circulation est libre pour un espace clos régi par des règles strictes, sans accommodements. D’autant que bientôt – le 31 décembre 2022 – le centre pénitentiaire de Clairvaux (Aube) fermera ses portes. Et la mémoire d’un lieu habité depuis plus de neuf siècles menace de s’éteindre.
Deux mondes, deux statuts
Pour conjurer cette perte, quatre chercheurs – trois Françaises (Julie Claustre, Isabelle Heullant-Donat et Elisabeth Lusset) et un Allemand (Falk Bretschneider) –, guidés par Jean-François Leroux, président de l’association Renaissance de l’abbaye de Clairvaux, ont imaginé un webdocumentaire, Le Cloître et la prison. Les espaces de l’enfermement, qui relate cette aventure singulière qui fit d’un lieu de retraite choisi dès 1115 par Bernard de Fontaine, futur abbé de Clairvaux, un monastère, puis une prison – espace de réclusion volontaire puis contrainte, comme si les ruptures historiques s’estompaient dans une continuité moins factice qu’il n’y paraît. Comme les abbayes de Fontevraud ou du Mont-Saint-Michel, Clairvaux relève de ces sites religieux reconvertis en maisons centrales quand les biens du clergé sont mis à la disposition de la nation, dès l’automne 1789. Mais Clairvaux est le seul dont la nouvelle vocation perdure encore. D’où la pertinence de mettre en perspective, depuis ce lieu unique, les débats contemporains sur l’enfermement et d’évaluer sans fard son efficacité.

Le projet est d’envergure. En neuf étapes, un parcours invite à cette libre circulation interdite aux détenus. Quarante-trois thématiques, une douzaine de vidéos d’historiens, plus de trente textes lus, et trois cents documents, enluminures, photographies, plans aussi dont l’importance est cruciale pour mesurer la difficulté matérielle à convertir une abbaye en prison… Deux mondes, deux statuts. Inscrits dans le même ­espace. Une équivalence...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Le pape François a accepté vendredi la démission du cardinal américain, soupçonné d’avoir couvert des actes de prêtres pédophiles lorsqu’il était évêque de Pittsburgh, de 1988 à 2006.
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Démission de l’archevêque de Washington, Donald Wuerl, accusé d’avoir étouffé un scandale pédophile

Le pape François a accepté vendredi la démission du cardinal américain, soupçonné d’avoir couvert des actes de prêtres pédophiles lorsqu’il était évêque de Pittsburgh, de 1988 à 2006.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 12h57
   





                        



   


Le pape François a accepté vendredi 12 octobre la démission du cardinal américain Donald Wuerl. Soupçonné d’avoir étouffé des actes de prêtres pédophiles, l’archevêque de Washington avait lui-même annoncé en septembre qu’il avait l’intention de présenter sa démission au souverain pontife.
Une enquête des services du procureur de Pennsylvanie publiée en août a mis au jour des abus sexuels perpétrés durant des décennies par plus de 300 « prêtres prédateurs » : au moins 1 000 enfants ont été victimes de leurs agissements, couverts par l’Eglise catholique de cet Etat.

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                Donald Wuerl, l’archevêque de Washington, dans la tourmente



Scandale étouffé
Dans le rapport final, rédigé par un jury populaire, le cardinal Wuerl, qui fut évêque de Pittsburgh de 1988 à 2006, était cité à de nombreuses reprises comme l’un des responsables ecclésiastiques ayant contribué à étouffer le scandale. Il y avait eu depuis de nombreux appels à sa démission, y compris émanant de son propre clergé.
L’homme de 77 ans s’était défendu en assurant que le rapport prouvait qu’il avait « agi avec diligence, dans l’intérêt des victimes et pour éviter de nouveaux abus ». Ses défenseurs ont fait valoir qu’il avait sanctionné certains prêtres et même résisté à une injonction du Vatican de rétablir dans ses fonctions un prédateur.
Mais le procureur général de Pennsylvanie, Josh Shapiro, l’avait accusé de mentir, expliquant que ses propos étaient « en contradiction directe par les documents internes de l’Eglise et les archives secrètes ».
L’Eglise catholique états-unienne a déjà été secouée par la démission à la fin de juillet du cardinal Theodore McCarrick, 88 ans, à la suite d’accusations d’abus sexuels sur un adolescent remontant à plusieurs décennies.



                            


                        

                        

