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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Dans la capitale, la manifestation a réuni 14 500 personnes. Près de 80 marches pour le climat avaient lieu partout en France.
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A Paris, à Marseille ou à Lille, des citoyens appellent à « changer le système, pas le climat »

Dans la capitale, la manifestation a réuni 14 500 personnes. Près de 80 marches pour le climat avaient lieu partout en France.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 15h53
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 17h06
   





                        


Derrière une banderole « Il est encore temps » en tête de cortège, quelques milliers de personnes ont participé à la marche parisienne pour le climat, samedi 13 octobre en début d’après-midi, l’une parmi les plus de quatre-vingts prévues à travers le pays. Un mois après la mobilisation inédite du 8 septembre, dans la foulée de la démission de Nicolas Hulot, de simples citoyens appelaient de nouveau à manifester, demandant aux associations et aux partis politiques de se placer en fin de cortège.
A Paris, le rassemblement a réuni 14 500 personnes, selon le comptage indépendant fourni par le cabinet Occurence à un collectif de médias, dont Le Monde. C’est moins que le 8 septembre, lorsque la mobilisation pour le climat avait réuni dans la capitale 50 000 personnes selon les organisateurs, 18 500, selon la préfecture de police. A Marseille, près de 500 personnes défilaient à la mi-journée sur le Vieux-Port. A Lille, des milliers de personnes sont également descendues dans la rue.
Place de l’Opéra à Paris, les banderoles « Changeons le système, pas le climat » et « Chaud devant » ont repris du service, pour défiler jusqu’à la place de la République. « Plus on est nombreux, plus on peut peser sur les politiques publiques », avance Sylvaine Deport, 70 ans, venue de la région parisienne. Capucine et Aurélien, 35 ans, défilent avec leur fille de 3 ans sur les épaules et un bébé de 3 semaines, emmailloté en écharpe. « On n’a pas l’habitude de manifester, mais cette cause nous tient à cœur », disent-ils.

#Marchepourleclimat. À nouveau 4000 personnes à #lille ? Ça y ressemble. https://t.co/dlAv8svF7u— lmoniez (@Laurie Moniez)


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                Climat : 80 mobilisations citoyennes organisées en France et en Europe



Un appel à passer à l’action
Comme en septembre, quand un jeune Parisien, Maxime Lelong, avait pris l’initiative d’appeler à descendre dans la rue après la démission inopinée de Nicolas Hulot du poste de ministre de la transition écologique, ces marches sont organisées par des particuliers, avec le soutien d’associations.
Sous les mots d’ordre « plus qu’une marche pour le climat » et « il est encore temps », ce mouvement citoyen espère dégager « un message clair qui soit audible pour tous » en faveur de l’environnement et encourager le passage à l’action, dit une des bénévoles chargés de la coordination, Danièle Migneaux. A Paris, en plus de la marche, un « village des initiatives » était organisé samedi après-midi place la République.
Des rassemblements sont prévus un peu partout dans l’Hexagone, ainsi qu’en Guadeloupe, en Martinique, à La Réunion, en Nouvelle-Calédonie et à Tahiti. Hors de France, des marches doivent avoir lieu à Genève, à Luxembourg, à Namur, à Montréal et à Montevideo, selon les organisateurs.
D’autres actions doivent se dérouler à l’étranger à l’initiative de l’association 350.org. Au Japon ou encore en Australie, des copies du dernier rapport du GIEC, paru en début de semaine, doivent être distribuées à des élus. Dans ce rapport de quatre cents pages, les experts du climat de l’ONU appellent le monde à engager des transformations « rapides » et « sans précédent », s’il veut limiter le réchauffement à 1,5 °C.

        Lire notre éditorial :
         

          Climat : il n’est pas trop tard pour réagir







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Parti avec Vincenzo Nibali à cinquante kilomètres de l’arrivée, le cycliste a remporté, samedi, en solitaire la plus belle victoire de sa carrière.
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Vainqueur du Tour de Lombardie, le Français Thibaut Pinot se réconcilie avec l’Italie

Parti avec Vincenzo Nibali à cinquante kilomètres de l’arrivée, le cycliste a remporté, samedi, en solitaire la plus belle victoire de sa carrière.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 16h51
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 18h20
    |

                            Youmni Kezzouf








                        



   


Thibaut Pinot aime l’Italie. Il le dit, le répète, il a même inscrit dans sa chair une phrase en italien, qui résonne particulièrement lorsqu’on le regarde lever les bras en vainqueur sur ce Tour de Lombardie : « Solo la vittoria è bella », seule la victoire est belle. Pourtant, l’Italie n’avait jusqu’ici pas été tendre avec le Français. En 2017, il avait insisté pour faire sa découverte du Giro, sans réussir à accrocher le podium. Surtout, il a vécu cette année l’une de ses pires désillusions. Contraint d’abandonner lors de la vingtième étape, déshydraté et chancelant, il avait terminé la journée hospitalisé.
Cette fois le Français n’a pas tremblé. Mieux, il a parfaitement assumé un statut de favori glané grâce à une belle fin de saison. Deux fois battu par Vincenzo Nibali (Bahrain Merida) et sa maîtrise des descentes, en 2015 et 2017, le Français s’est cette fois imposé en patron. Et à l’italienne, avec le panache que lui trouvait déjà son coéquipier Steve Morabito lors de son premier Giro : « Thibaut a un tempérament qui le fait courir à l’italienne plus qu’à la française, de façon très spontanée. Il court au ressenti, il accepte sa fougue. »
Lorsque Nibali s’est lancé dans une attaque au panache, sur les terribles pentes de Sormano, à cinquante kilomètres de l’arrivée, le Français ne l’a pas lâché. Quand le tenant du titre s’est lancé dans la dangereuse descente, Pinot s’est accroché. Et après quelques dizaines de kilomètres accompagnés d’Egan Bernal (Team Sky) et Primoz Roglic (Lotto NL-Jumbo), les deux favoris ont repris leur duel dans le Civiglio.
« Gagner devant Nibali, un symbole »
Longtemps, le leader de Bahrain Merida a maintenu l’illusion, s’accrochant après chaque attaque du Français, avant de finalement lâcher sur une ultime banderille, à quelques centaines de mètres du sommet. « Nibali a attaqué dans Sormano, peu de coureurs l’auraient fait et on a eu un beau duel ensuite » savourait Thibaut Pinot à l’arrivée. « Gagner devant lui, pour moi, c’est un symbole, c’est la course rêvée. »

Le moment où la course a basculé ! 

— lachainelequipe (@La chaine L'Équipe)


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Le leader de l’équipe Groupama-FDJ a ensuite pu plonger dans la descente vers Côme, profitant pleinement de ce succès de prestige qui se dessinait. Au point de s’offrir le luxe d’aller taper dans les mains de ses coéquipiers, agglutinés aux balustrades à quelques mètres de l’arrivée. Sur la ligne, il devance de 32 secondes Vincenzo Nibali, grand acteur de la journée, et Dylan Teuns, qui a remporté le sprint des poursuivants.
Patient, Thibaut Pinot expliquait avoir pris son temps pour « apprivoiser le Lombardie », longue et prestigieuse classique qui vient clore une saison toujours éprouvante. Avec une très belle fin de saison, le Français a pu arriver dans « la meilleure forme de sa carrière » au départ de Bergame.
Successeur de Jalabert
Double vainqueur d’étape sur la Vuelta, le grimpeur avait gagné sa place dans l’équipe française pour le championnat du monde, dans un rôle d’équipier. En grande forme à Innsbruck, Thibaut Pinot n’avait pas hésité à se sacrifier pour le leader désigné Julian Alaphilippe, enterrant ainsi tout espoir de victoire personnelle, mais prouvant du même temps ses ambitions pour le Tour de Lombardie.
Cette semaine en Italie, Pinot s’est distingué sur les Classiques, jusqu’à remporter mercredi Milan-Turin, première victoire d’un Français sur l’épreuve depuis Laurent Jalabert en 1997. Cette année-là, le coureur de l’équipe Once avait, lui aussi, enchaîné avec une victoire sur le Tour de Lombardie. Pinot rejoint également son coéquipier Arnaud Démare, seul autre français à avoir remporté un Monument (les cinq courses d’un jour les plus prestigieuses du cyclisme) au XXIe siècle. C’était déjà en Italie, sur Milan-San Remo en 2016.

Fantastique Thibaut Pinot ! 

— lachainelequipe (@La chaine L'Équipe)


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Avec cette superbe victoire, Thibaut Pinot va pouvoir se pencher sérieusement sur ses prochains objectifs. Au micro de la chaîne l’Équipe, le Français n’a pas voulu s’avancer au sujet d’une future participation au Giro, course qui l’attire mais qui est difficilement compatible avec le Tour de France.
Souvent vainqueur d’étapes avec panache (sur la Vuelta cette année, le Giro en 2017, ou à l’Alpe d’Huez sur le Tour de France en 2015) Thibaut Pinot a franchi un palier, en remportant l’une des courses les plus renommées du calendrier. En Italie, évidemment.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Theresa May et les dirigeants des Vingt-Sept espèrent parvenir à un compromis sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE, avant le Conseil européen des 17 et 18 octobre.
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Brexit : dernier tunnel de négociations avant un accord… ou pas

Theresa May et les dirigeants des Vingt-Sept espèrent parvenir à un compromis sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE, avant le Conseil européen des 17 et 18 octobre.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 12h20
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 13h35
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        


Les négociateurs du Brexit sont entrés ces derniers jours dans un « tunnel » de négociations, pour reprendre l’expression des porte-parole de la Commission européenne, dont ils ne devraient sortir qu’en début de semaine prochaine, juste avant un sommet européen décisif sur le divorce d’avec le Royaume-Uni, les 17 et 18 octobre. Verront-ils la lumière au bout ?
L’optimisme était plutôt de mise à Bruxelles, vendredi 12 octobre au soir, mais les diplomates préfèrent éviter les paris. La discussion se concentre sur la question irlandaise, que Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, a jugée « ultra difficile » dans une interview au Monde.

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Un agenda millimétré
L’équipe de Michel Barnier, le négociateur en chef pour les Vingt-Sept, est à pied d’œuvre depuis la fin du congrès des Tories, au début d’octobre, pour finaliser avec les Britanniques à la fois l’accord de divorce proprement dit (reste à payer au budget de l’Union, sort des expatriés, question de la frontière irlandaise) et une déclaration politique portant sur la relation future entre les Vingt-Sept et Londres.
Ces dernières heures, les discussions se sont encore intensifiées. Les ambassadeurs des Vingt-Sept ont été informés de leur avancée vendredi soir à Bruxelles et au Luxembourg (en vidéoconférence) par l’adjointe de M. Barnier, Sabine Weyand. Elle n’est pas entrée dans le détail, par souci d’éviter les fuites risquant de faire dérailler la discussion. Les négociations entre les techniciens de M. Barnier et leurs homologues britanniques doivent se poursuivre tout ce week-end afin d’aboutir à des textes communs dimanche soir.
L’hypothèse d’un accord
Dans le meilleur des scénarii, ces textes seront soumis au gouvernement de Theresa May lundi matin. Si ce dernier l’avalise, Michel Barnier pourrait annoncer la nouvelle d’un compromis lors d’une conférence de presse commune, lundi après midi, en compagnie de Dominic Raab, son homologue britannique, probablement au Berlaymont, le siège de la Commission à Bruxelles.
Dans la foulée, les conseillers des vingt-sept dirigeants examineront à leur tour, et à la loupe, l’accord de divorce et la déclaration politique sur la relation future. Le lendemain, ce sera aux ministres des affaires européennes, réunis à Luxembourg, de s’emparer de ces compromis. Puis, mercredi soir, ils seront soumis aux dirigeants pour approbation finale.
Ces derniers pourraient ne s’entendre que sur une partie de l’accord — le divorce, mais pas la relation future. Ou juste sur la question irlandaise, mais pas sur celles des appellations géographiques ou de la gouvernance de l’accord de divorce, deux autres points de désaccord persistants. Auquel cas un nouveau sommet européen « spécial Brexit » devrait être convoqué à la mi-novembre, pour clore définitivement tous les différends.
Le « no deal » n’est pas complètement exclu
« Ceux qui mettent tous leurs pions sur l’hypothèse d’un désaccord se trompent : il faudra trouver un accord. Et je crois que nous le trouverons », déclarait M. Juncker dans Le Monde vendredi. Les milieux bruxellois étaient plutôt optimistes ces derniers jours, mais les difficultés répétées de Theresa May à convaincre son gouvernement, à rassembler à la fois les « Brexiters » et les unionistes du petit parti nord-irlandais, qui soutiennent son gouvernement au Parlement, les ont rendus très prudents.
Si à l’issue de ce week-end marathon, l’équipe Barnier n’arrive pas à stabiliser un texte commun avec les Britanniques sur la question irlandaise ou si, lundi, il n’est pas validé par le gouvernement May, la réunion des conseillers gouvernementaux des vingt-sept, lundi après-midi, pourrait être annulée. Peut-être aussi la conférence de presse de M. Barnier. Auquel cas les Européens pourraient commencer à communiquer sur un « no deal », histoire d’exercer une ultime pression sur Londres, dans l’espoir d’une dernière concession décisive avant le sommet de mercredi soir.

   


La quadrature du cercle irlandaise
Les Britanniques butent depuis des mois sur la question de la frontière irlandaise, entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Comment éviter sa réapparition après le divorce (ils s’y sont engagés), alors qu’elle est théoriquement inévitable si le Royaume-Uni quitte à la fois le marché intérieur et l’Union douanière — comme le souhaitent les Brexiters ?
En décembre dernier, Michel Barnier a proposé un « backstop », une « clause de sauvegarde » pour empêcher le retour d’une frontière physique entre Irlande et Irlande du Nord, quelle que soit la relation future entre le Royaume-Uni et les Vingt-Sept. Le but est de préserver les accords de paix de 1998, qui mirent fin à trente ans de conflit armé entre unionistes et nationalistes en Irlande du Nord.
Selon le « backstop » des Européens, l’Irlande du Nord resterait, après le Brexit, dans le marché intérieur pour les biens et l’agriculture, conservant l’alignement réglementaire avec l’Union. Les contrôles douaniers devenus nécessaires pourraient alors s’effectuer, non en Irlande mais en mer d’Irlande ou dans les ports britanniques, entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni. Londres, depuis le début, considère cette solution comme une violation insupportable de son intégrité territoriale.

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                Brexit : qu’est-ce que le « backstop » proposé par l’UE pour résoudre la question irlandaise ?



Un compromis sémantique ?
Pour contourner le problème, Mme May avait proposé dans son « plan de Chequers », au début de juillet, que l’ensemble du Royaume-Uni reste dans « un arrangement douanier temporaire » avec l’Union. Cette option a été définitivement repoussée lors du sommet de Salzbourg par les Vingt-Sept, qui insistent sur un backstop garanti dans le temps. Mais Michel Barnier tente depuis quelques semaines une stratégie de « dédramatisation » : les contrôles pourraient être minimaux, les déclarations fiscales réalisées en ligne, le chargement des camions vérifié à l’aide de codes-barres, etc.
Cette stratégie de la « dédramatisation » fonctionnera-t-elle ? Les négociateurs cherchaient surtout le moyen, ces derniers temps, d’accommoder sémantiquement le souci britannique d’une solution « temporaire » avec l’insistance européenne d’un backstop « durable »…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Avant Thierry Henry, nommé samedi entraîneur de l’AS Monaco, d’autres champions du monde 1998 sont devenus entraîneurs.
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Zidane, Henry, Deschamps…, des Bleus de 1998 des buts aux bancs

Avant Thierry Henry, nommé samedi entraîneur de l’AS Monaco, d’autres champions du monde 1998 sont devenus entraîneurs.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 15h37
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 16h04
   





                        


Et de sept. En devenant, samedi 13 octobre, le nouvel entraîneur de l’AS Monaco, Thierry Henry est le septième joueur champion du monde en 1998 à prendre les rênes d’une équipe. S’il était jusqu’alors entraîneur adjoint de la sélection nationale belge, il va commencer, à partir de lundi, sa première expérience en tant qu’entraîneur principal d’un club.
Avant lui, Zinédine Zidane, Didier Deschamps ou Laurent Blanc se sont notamment lancés dans une telle aventure. Avec souvent de la réussite : Deschamps a mené les Bleus à un nouveau titre mondial en juillet ; Zidane a décroché trois Ligues des champions avec le Real Madrid ; et Blanc a été champion de France avec les Girondins de Bordeaux en 2009. Retour sur ces Bleus de 1998 devenus entraîneurs.

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Didier Deschamps, le sélectionneur champion du monde

   


L’AS Monaco, la Juventus de Turin, l’Olympique de Marseille, puis l’équipe de France. Didier Deschamps est le plus capé des entraîneurs issus du groupe qui conquit le titre suprême en 1998. Il n’a d’ailleurs mis que quelques mois pour se reconvertir de joueur à entraîneur. En 2001, quelques semaines après avoir mis un terme à sa carrière de joueur à Valence, il est nommé entraîneur principal de l’AS Monaco. Il mènera le club monégasque jusqu’en finale de la Ligue des champions en 2004 (défaite 3-0 contre Porto), avant de partir l’année suivante.
Il deviendra ensuite entraîneur de la Juventus de Turin durant la saison 2006-2007, avant de rejoindre l’Olympique de Marseille en 2009. Il permettra au club phocéen — dont il a été le capitaine au début des années 1990 — de gagner à nouveau des trophées après plus de quinze ans de disette. L’OM remportera notamment le titre de champion de France en 2010 sous sa houlette.
En 2012, il quitte le sud de la France pour devenir sélectionneur de l’équipe de France. Encore en poste — son contrat court jusqu’en 2020 —, il a notamment permis aux Bleus de devenir champions du monde en juillet. Avec ce titre, Deschamps est devenu le troisième homme à avoir remporté la Coupe du monde à la fois en tant que joueur et qu’entraîneur, avec le Brésilien Mario Zagallo et l’Allemand Franz Beckenbauer.

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Zinédine Zidane, triple vainqueur de la Ligue des champions

   


L’ancien numéro 10 des Bleus — double buteur lors de la finale contre le Brésil en 1998 — a mis plus de temps que Didier Deschamps pour prendre la décision de devenir entraîneur. Après avoir terminé sa carrière de joueur un soir de juillet 2006 à Berlin, après un coup de tête décoché à l’Italien Marco Materazzi en finale de la Coupe du monde, Zidane hésite sur la suite à donner à son parcours.
Ce n’est que sept ans plus tard, en 2013, qu’il deviendra entraîneur adjoint de Carlo Ancelotti au Real Madrid, où il a joué entre 2002 et 2006. Zidane prendra ensuite les rênes de la réserve du club madrilène entre 2014 et janvier 2016, avant de devenir entraîneur principal du Real Madrid. Seulement six mois après son entrée en fonction, il gagnera sa première Ligue des champions. Suivront deux autres Coupes d’Europe et un championnat d’Espagne.
En mai, à la surprise générale, Zinédine Zidane annonce son départ du club madrilène. Au chômage depuis, il a prévenu en septembre qu’il souhaitait retrouver rapidement une équipe : « Sans doute que, d’ici peu, je vais entraîner de nouveau, parce que c’est ce que j’aime et c’est ce que j’ai fait toute ma vie. »

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Laurent Blanc, entraîneur au chômage

   


Après avoir mis un terme à sa carrière de joueur en 2003, Laurent Blanc s’assoit sur les bancs des Girondins de Bordeaux en 2007. Il mènera l’équipe girondine jusqu’au titre de champion de France en 2009 grâce notamment aux performances de Yoann Gourcuff et de Marouane Chamakh.
A la suite d’une troisième année plus difficile, ponctuée par une sixième place en Ligue 1, l’ancien défenseur central quitte les Girondins pour devenir sélectionneur de l’équipe de France en 2010. Il prend alors la succession de Raymond Domenech et arrive quelques mois après le scandale Knysna lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud. Il aura notamment comme adjoint Alain Boghossian, autre champion du monde 1998.
Mais les deux hommes officieront seulement à l’occasion de l’Euro 2012, où les Bleus sont éliminés en quarts de finale par l’Espagne (2-0), alors championne du monde. Laurent Blanc sera remplacé dans la foulée par Didier Deschamps, et Alain Boghossian ne sera pas conservé dans le staff du nouveau sélectionneur.
Laurent Blanc ne restera qu’une seule saison au chômage. Il est nommé en juin 2013 entraîneur du Paris - Saint-Germain. Sous sa houlette, le club parisien sera champion de France chaque année. Mais le bât blesse en Ligue des champions, objectif affiché des propriétaires qataris. Le PSG n’ira jamais plus loin que les quarts de finale. Au printemps 2016, après une nouvelle défaite à ce stade de la compétition contre Manchester City, Laurent Blanc est débarqué, alors qu’il avait prolongé son contrat quelques semaines auparavant. Depuis son départ, il n’a pas retrouvé de club.
Patrick Vieira, un novice en Ligue 1

   


C’était l’une des attractions de ce début de saison en Ligue 1. L’ancien milieu de terrain, champion du monde en 1998 et joueur majeur d’Arsenal au début des années 2000, a été nommé entraîneur de l’OGC Nice. Après neuf matchs, le club niçois pointe à la 12e place de Ligue 1.
Avant cela, Patrick Vieira a commencé sa carrière d’entraîneur avec les U21 de Manchester City, où il avait terminé sa carrière en 2011. Après deux saisons, il s’envole en 2016 pour les Etats-Unis et prend les commandes du New York City, qui est une franchise du club anglais. Il y restera deux saisons, avant de revenir en France pour entraîner Nice.
Bernard Diomède, l’éducateur

   


L’ancien ailier gauche de l’AJ Auxerre, de Liverpool ou encore de l’AC Ajaccio n’a pas encore entraîné d’équipe professionnelle. Mais depuis 2015, Bernard Diomède s’occupe des catégories de jeunes en équipe de France.
Il devient d’abord sélectionneur des moins de 17 ans, avant de prendre en 2016 les moins de 18 ans, puis en 2017 la catégorie supérieure, les moins de 19 ans. Avec les U19, il est arrivé en demi-finale de l’Euro à la fin de juillet après avoir notamment battu l’Angleterre 5 à 0.
Lionel Charbonnier, le globe-trotteur

   


Comme Didier Deschamps, Lionel Charbonnier n’aura pas attendu longtemps pour passer de joueur à entraîneur. Après avoir mis un terme à sa carrière à Lausanne en 2002, il prend la tête du Stade poitevin, qu’il fera remonter en CFA (quatrième division) en 2003-2004. L’ancien gardien passera ensuite deux ans au FC Sens, avant de s’engager en 2008 en tant que sélectionneur national de Tahiti.
Parallèlement à une activité de consultant à la télévision, il posera ensuite ses valises en Pologne, en Belgique, en Indonésie avant de prendre la tête du FC Istres, en 2014, pour une saison. Il s’envolera ensuite pour la République démocratique du Congo pour entraîner Sanga Balende. Mais il n’y restera que quelques semaines. Depuis, il est consultant pour BFM.
Et les autres ?
S’ils sont sept à être devenus entraîneurs, ils sont encore plus nombreux, parmi les vingt-deux Bleus champions du monde en 1998, à être devenus consultants à la télévision ou à la radio. C’est notamment le cas de l’ancien latéral gauche Bixente Lizarazu, qui officie au côté de Grégoire Margotton pour commenter les matchs de l’équipe de France sur TF1 et dans l’émission « Téléfoot ». L’ancien milieu de terrain Youri Djorkaeff était également présent sur la première chaîne à l’occasion de la Coupe du monde.
L’ancien attaquant Christophe Dugarry — qui s’en est pris violemment à Didier Deschamps après la Coupe du monde —, a sa propre émission sur RMC, « Team Duga ». Emmanuel Petit et Franck Leboeuf sont également consultants pour RMC et BFM. Robert Pirès et Marcel Desailly officient quant à eux du côté de BeIn Sports.
S’ils ne sont pas devenus consultants, d’autres champions du monde officient toujours dans le monde du football. Bernard Lama est aujourd’hui manageur général de l’équipe de Guyane française, et Christian Karembeu est devenu ambassadeur de la Fédération internationale de football (FIFA).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Si la comédienne de 29 ans est aujourd’hui une des plus demandées du cinéma français, elle ne cède rien au star-système. Et s’essaie à faire rire intelligemment avec « En Liberté ! » de Pierre Salvadori.
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LE MONDE
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                  12.10.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 15h59


Si la comédienne de 29 ans est aujourd’hui une des plus demandées du cinéma français, elle ne cède rien au star-système. Et s’essaie à faire rire intelligemment avec « En Liberté ! » de Pierre Salvadori.

Par                             Pascale Nivelle





                     
Quand ça tempête un peu trop sous ses mèches blondes, Adèle Haenel fait des maths. Des équations du second degré, des différentielles à plusieurs inconnues pour dériver le flot de ses pensées. A d’autres moments, l’actrice de 29 ans lit le maître taoïste Laozi. Adèle Haenel peut aussi partir incognito s’occuper de chevaux dans une ferme en Allemagne ou se glisser dans le public d’un stand-up de son humoriste préférée, Blanche Gardin.
Mais aucun de ces « retours à la vie », comme elle dit, ne parvient à l’apaiser tout à fait. Elle est « en fusion », dit la réalisatrice Céline Sciamma, qui l’a dirigée et a partagé sa vie. « Adèle me fait penser à une casserole d’eau qui saute sur le feu », s’amuse Pierre Salvadori, qui l’a choisie pour En Liberté !*, parodie de film noir, mélancolique et drôle.

Pour jouer Yvonne, lieutenant de police limite rigide et veuve d’un flic ripou, il cherchait une perle rare. Mental supérieur, physique de compétition sur le plan musculaire et esthétique, et caractère dead pan (pince-sans-rire).
La Madeleine des Combattants, de Thomas Cailley, cette jeune femme obsédée par l’armée et la survie en cas de fin du monde, l’a inspirée. En 2014, cette histoire romantique décalée a révélé la face espiègle d’Adèle Haenel, mélange implosif de femme fatale et d’ado brutasse. « Quand je l’ai choisie, tout le monde m’a dit que j’allais me planter, qu’elle n’avait rien de drôle. Mais, moi, elle me fait mourir de rire, se souvient Thomas Cailley. La première fois que je l’ai vue, je n’ai rien compris à ce qu’elle disait. »
C’était un premier long-métrage et l’actrice a joué comme si sa vie en dépendait. Pendant le tournage, boxe, nage de combat, centaines de kilomètres à vélo, elle musclait son mètre quatre-vingt : « J’ai dû lui dire de se calmer sur l’entraînement », dit Thomas Cailley.
Esprit de troupe et quête de joie
Actrice unique...





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Records de température en France : pourquoi on ne peut pas parler d’« été indien »

EN BONS TERMES - Météo France a relevé des températures historiquement chaudes vendredi, avec 29,4 °C à Nevers ou 28,8 °C à Nancy.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 14h03
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 14h08
    |

                            Les Décodeurs








                        


La rubrique « En bons termes » des Décodeurs explique un mot ou une expression apparaissant dans l’actualité.
Eté indien
Des records de température ont été enregistrés vendredi 12 octobre dans plusieurs villes françaises. « Passé le 10 octobre, on n’avait jamais relevé des températures aussi chaudes du côté de Nevers, de Bordeaux ou de Nancy », avec respectivement 29,4 °C, 28,8 °C et 26,5 °C, a détaillé Marion Pirat, prévisionniste de Météo-France. Jeudi a été le 11 octobre le plus chaud depuis soixante-dix ans, avec une température moyenne nationale de 18,8 °C, dépassant largement le précédent record de 17,8 °C établi en 1995, selon le site de Météo-France.

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                Le réchauffement climatique se ressent-il dans votre ville ?



Les températures sont en moyenne entre neuf et dix degrés au-dessus des normales saisonnières, hormis près de la Méditerranée, où le dépassement n’est que de quatre à cinq degrés. Si la journée de samedi restera très douce et ensoleillée sur l’ensemble du territoire, « on ne devrait pas battre de nouveau ces records ce week-end », selon la prévisionniste.
« Une saison qui n’existe que dans le nord de l’Amérique »
Peut-on pour autant déclarer que « l’été indien campe sur l’Hexagone » ? A proprement parler, non. Les experts de Météo-France sont formels : l’extrême douceur des températures actuelles n’est pas un « été indien ».
L’expression, apparue il y a deux cents ans en Pennsylvanie, aux Etats-Unis, est réservée à la description d’un phénomène météorologique spécifique à l’Amérique du Nord. Il s’agit d’une période de temps doux (au moins 18 °C), ensoleillé et sec, de trois à huit jours, qui survient en octobre ou en novembre après les premières périodes de gel, au Canada et dans le nord des Etats-Unis où le climat est continental. Comme le disait Joe Dassin dans sa célèbre chanson, c’est « une saison qui n’existe que dans le nord de l’Amérique ».
En France, où le climat subit les influences océaniques, les gelées sont plus tardives et n’apparaissent généralement pas avant la mi-octobre. La chaleur observée ces derniers jours n’est donc pas un « été indien », mais tout simplement le prolongement de l’été, même si celui-ci est théoriquement terminé depuis l’équinoxe de septembre, voire depuis la fin d’août, selon la définition des météorologues. Si l’on veut absolument lui accoler une expression, il est possible de le qualifier d’« été de la Saint-Martin ».

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                Chaleur, lumière, solstice… quatre idées reçues sur les saisons






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Qui peut encore dire la vérité au chef de l’Etat ? Beaucoup reprochent  au président son isolement et son manque d’écoute. Mais aussi son style, jugé arrogant.
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Macron : les risques de l’isolement

Qui peut encore dire la vérité au chef de l’Etat ? Beaucoup reprochent  au président son isolement et son manque d’écoute. Mais aussi son style, jugé arrogant.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 13h57
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 14h48
    |

            Virginie Malingre, 
Solenn de Royer et 
Raphaëlle Bacqué








                        



                                


                            
Cela l’agace qu’on lui reproche d’avoir mis Emmanuel Macron dans la difficulté. « Tu ne pouvais pas lui parler plutôt que de démissionner dans une interview du Figaro ? », s’est insurgé l’un de ses amis. Alors, Gérard Collomb, attablé dans un café de Lyon, campe la scène où ce lundi 1er octobre, il a, assure-t-il, annoncé au président son départ du ministère de l’intérieur. « Je lui ai dit : “Je veux partir maintenant, avant le conseil des ministres. Cela ne sert à rien d’attendre plus longtemps.” »
Pour interpréter son propre rôle, l’ancien ministre n’a eu aucun mal. Mais il ne sait plus trop comment mimer Emmanuel Macron. Faut-il le jouer autoritaire ? Inquiet ? Lucide ? Hors sol ? Comment caractériser cette « hubris », cet orgueil démesuré dont Collomb assurait encore, il y a un mois, que Macron pouvait y succomber ? Au fond, ce septuagénaire roué ne sait plus très bien si le jeune chef de l’Etat n’a pas voulu entendre ou si c’est lui qui n’a pas su s’expliquer. « Le président a usé de son charme… a dit oui, mais non… Emmanuel Macron contredit rarement, mais il se place toujours sous un autre angle et s’acharne à vous convaincre… Sans doute a-t-il cru qu’il m’avait convaincu… On s’est quittés sur quelque chose de flou… » Le lendemain, Gérard Collomb a dissipé les brumes en annonçant dans une interview ce qu’il n’avait su dire clairement au président. Un mois plus tôt, Nicolas Hulot avait, lui aussi, annoncé à Emmanuel Macron : « Je vais démissionner. » Sans que le président prenne vraiment au sérieux l’avertissement.
Comment caractériser cette « hubris », cet orgueil démesuré dont Collomb assurait encore, il y a un mois, que Macron pouvait y succomber ?
Est-ce si difficile de lui parler ? Depuis que les difficultés ont surgi — le tassement de la croissance, l’affaire Benalla, quelques phrases maladroites prises pour des marques d’arrogance et les démissions successives de deux...




                        

                        


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Compte rendu

Le parquet de Paris demande un non-lieu dans l’enquête sur l’attentat contre le président rwandais

Le 6 avril 1994, l’avion de Juvénal Habyarimana fut abattu par un missile. Cet épisode est considéré comme le déclencheur du génocide des Tutsi au Rwanda, qui fit 800 000 morts.


LE MONDE
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        Le 13.10.2018 à 16h52

     •
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        Mis à jour le 13.10.2018 à 18h06






    
Portrait du président rwandais Juvenal Habyarimana, le 7 octobre 1982 à Kigali.
Crédits : PIERRE GUILLAUD / AFP


Vingt-quatre ans après les faits, le parquet de Paris a demandé un non-lieu au terme de l’enquête sur l’attentat qui coûta la vie en avril 1994 au président rwandais Juvénal Habyarimana, a-t-on appris samedi 13 octobre de source judiciaire. Cet épisode est considéré comme le déclencheur du génocide des Tutsi au Rwanda, qui fit huit cent mille morts.
Dans son réquisitoire définitif, daté du 10 octobre, le parquet demande l’abandon des poursuites contre les sept protagonistes mis en examen, issus du clan de Paul Kagame, l’actuel président du Rwanda, estimant que l’enquête n’avait pas permis de réunir de « charges suffisantes » contre eux. La décision finale sur leur sort est désormais entre les mains des juges d’instruction.
Pour Philippe Meilhac, avocat de la veuve de l’ex-président, Agathe Habyarimana, « la position du ministère public est inacceptable » :
« Depuis dix ans, le parquet a lâché les juges d’instruction pour des raisons notamment politiques. La preuve en est que ce réquisitoire arrive précisément au moment de la nomination d’une Rwandaise (Louise Mushikiwabo) à la tête de l’organisation de la francophonie. » 
Et pour les avocats des sept mis en examen, Bernard Maingain et Léon-Lef Forster, « cette étape tend à clore vingt années d’errements ».

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                Génocide rwandais : retour sur vingt-deux ans de tensions entre Kigali et Paris



Paul Kagame accuse la France
Le soir du 6 avril 1994, l’avion de M. Habyarimana fut abattu par au moins un missile. Trois jours plus tard, un gouvernement intérimaire, composé d’extrémistes hutu, arrive au pouvoir. Les Tutsi sont immédiatement accusés de l’attentat qui a visé l’avion présidentiel. S’en ensuivent cent jours de massacres et d’atrocités, faisant huit cent mille morts, majoritairement parmi les Tutsi.
La rébellion du Front patriotique rwandais (FPR), que dirigeait Paul Kagame, chassa en juillet 1994 le régime extrémiste hutu et mit fin au génocide. Depuis, M. Kagame — d’abord vice-président et ministre de la défense, entre 1994 et 2003, puis élu chef de l’Etat cette année-là et réélu en 2010 — reproche à la France son implication avant, pendant et après le génocide.
Au Rwanda, une commission d’enquête avait imputé la responsabilité de l’attentat aux extrémistes hutu qui voulaient se débarrasser d’un président, lui-même hutu, jugé trop modéré. Une information judiciaire avait été ouverte en 1998 à Paris à la suite de la plainte des familles de l’équipage, composé de Français.
En 2006, Kigali avait temporairement rompu ses relations avec Paris lorsque, sous l’égide du premier juge saisi, Jean-Louis Bruguière, l’enquête avait privilégié l’hypothèse d’un attentat commis par l’ex-rébellion, dirigée par Paul Kagame. Le président rwandais avait accusé en retour la France d’avoir formé les militaires qui se livrèrent au génocide. Mais Paris a toujours démenti une quelconque implication française dans les massacres.

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                A Paris, les présidents Macron et Kagame jouent l’apaisement





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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Les talibans refusent toujours de reconnaître le gouvernement afghan, qu’ils jugent « illégitime », et souhaitent s’entretenir directement avec Washington.
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Afghanistan : première rencontre officielle entre les Etats-Unis et les talibans

Les talibans refusent toujours de reconnaître le gouvernement afghan, qu’ils jugent « illégitime », et souhaitent s’entretenir directement avec Washington.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 16h29
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 16h43
   





                        



   


L’émissaire américain pour la paix en Afghanistan, Zalmai Khalilzad, a rencontré vendredi 12 octobre au Qatar une délégation talibane pour évoquer la fin du conflit, a annoncé samedi dans un communiqué le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid. Il s’agit de la première rencontre officiellement confirmée entre les deux parties.
Selon le communiqué, les deux parties « ont parlé d’une fin pacifique à l’invasion de l’Afghanistan » et la délégation talibane a qualifié « de grand obstacle à une paix réelle la présence de forces étrangères » dans le pays. L’ambassade des Etats-Unis en Afghanistan a en revanche refusé de commenter l’information. La diplomatie américaine a toujours clamé ne pas vouloir s’engager dans des discussions directes, refusant de se substituer au gouvernement afghan.
Mais une première rencontre annoncée dans la presse, et jamais démentie par les parties, avait eu lieu en juin à Doha après un cessez-le-feu inédit de trois jours entre forces de sécurité afghanes et talibans.

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« Illégitime »
Les talibans, pour leur part, ont toujours refusé la proposition de trois mois de cessez-le-feu du président afghan, Ashraf Ghani, disant ne pas reconnaître un gouvernement « illégitime » et souhaitant s’entretenir directement avec les Etats-Unis.
M. Khalilzad avait entamé dimanche à Kaboul une tournée pour faire avancer les pourparlers de paix. L’émissaire américain, ancien ambassadeur à Kaboul, à Bagdad et auprès des Nations unies, nommé à ce poste au début de septembre, s’était ensuite rendu au Pakistan, aux Emirats arabes unis, en Arabie saoudite, et donc au Qatar.
Samedi, il était de retour à Kaboul, où il a rencontré le président Ashraf Ghani. « M. Khalilzad a rendu compte de ses récents voyages et a déclaré que les Etats-Unis, sous le leadership du gouvernement afghan, poursuivraient leurs efforts pour la paix », fait savoir la présidence afghane dans un communiqué.

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                Ma vie de… médecin à Kaboul : « Ce ne sont plus seulement les bombes qui nous tuent, c’est la peur elle-même »




Nouvel attentat meurtrier dans le nord de l’Afghanistan
Quatorze personnes au moins sont mortes, samedi 13 octobre, en marge d’un rassemblement électoral dans le nord de l’Afghanistan, dans un attentat à la moto piégée qui endeuille encore une fois la campagne des élections législatives du 20 octobre.
« Les explosifs étaient placés sur une moto. Treize civils et un membre des forces de sécurité ont été tués », a précisé le porte-parole du ministère de l’intérieur, Nasrat Rahimi. Si l’attentat n’a pas encore été revendiqué, les talibans avaient annoncé dans un communiqué leur volonté de faire dérailler le processus électoral en ordonnant aux candidats de se retirer de la course, jurant de s’en prendre au scrutin et à ceux qui y participent.
Selon le porte-parole du gouverneur de la province, Mohammad Jawad Hejri, trente-deux autres personnes ont été blessées lorsqu’une moto piégée a explosé à la mi-journée au moment où les participants quittaient le lieu de rassemblement, dans le district de Rustaq. Au moins neuf candidats aux législatives ont déjà été tués, la plupart dans des attaques ciblées, selon la Commission électorale indépendante.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ L’évêque Francisco Jose Cox Huneeus et l’ancien évêque Marco Antonio Ordenes Fernandez sont rendus à l’état laïque par une sanction sans appel du Vatican.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Agressions sexuelles de mineurs : le pape défroque deux évêques chiliens

L’évêque Francisco Jose Cox Huneeus et l’ancien évêque Marco Antonio Ordenes Fernandez sont rendus à l’état laïque par une sanction sans appel du Vatican.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 14h27
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 14h37
   





                        



   


Le pape François a défroqué deux évêques chiliens, l’archevêque émérite de La Serena, Francisco José Cox Huneeus, et celui d’Iquique, Marco Antonio Órdenes Fernández, impliqués dans le scandale de pédophilie qui secoue l’Eglise catholique dans ce pays d’Amérique du Sud et au niveau mondial.
La décision du pape a été annoncée à l’issue d’une rencontre avec le président du Chili, Sebastian Pinera. Elle est définitive et n’est pas susceptible d’appel, a précisé le Vatican. Défroquer un prêtre, c’est-à-dire le rendre à l’état laïque, est la sanction la plus élevée prévue par l’Eglise catholique contre un membre de son clergé.

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                Le pape François démet Fernando Karadima de l’état clérical



Démission collective proposée
François, dont le voyage au Chili en janvier dernier avait été totalement dominé par le scandale de pédophilie au sein de l’Eglise, avait déjà défroqué le mois dernier un prêtre de 88 ans accusé d’avoir abusé des adolescents pendant des années.
Il a aussi accepté la démission d’une dizaine d’autres évêques chiliens. Les trente-quatre évêques du pays avaient proposé de démissionner collectivement en mai au sortir d’une réunion de crise sur cette affaire au Vatican.
Le pape, qui peine à circonscrire ce scandale qui s’étend notamment aux Etats-Unis, a annoncé qu’il réunirait en février 2019 les présidents des conférences épiscopales du monde entier pour étudier les moyens de protéger les enfants et les adultes vulnérables des agressions sexuelles.

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Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail          L’or ne brille pas pour tout le monde. Pour les habitants de Carrefour, petit village du nord-est de la Guinée, il a l’odeur soufreuse de la malédiction et la couleur maronnasse des eaux boueuses et cyanurées du bassin de résidus, bordé d’arbres morts par empoisonnement, qui surplombe dangereusement leurs masures. « Ça nous fait mal, mais nous allons devoir décamper. On ne peut plus vivre ici à côté du cyanure, sinon il y aura des effets sur notre santé », se lamente Mamadi Doumbouya, représentant du chef du district. « Cette mine ne nous apporte que du malheur et tue notre bétail », ajoute-t-il. Une centaine de vaches et de chèvres sont mortes après s’être abreuvées dans le bassin ces dernières années.          Le site aurifère de Léfa est exploité par la Société minière de Dinguiraye (SMD), rachetée en 2010 à des Canadiens par les Russes de Nordgold. Ceux-là mêmes pressentis par la France pour exploiter la « Montagne d’or » au cœur de la forêt guyanaise, projet très controversé auprès des populations locales et sur lequel Paris doit rendre un arbitrage avant la fin de l’année. De passage sur le site guyanais en août 2015, Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie, avait qualifié d’« exemplaire » cet « industriel de rang mondial qui, sur le plan scientifique, environnemental, social, se comporte de la meilleure façon ».          A Carrefour, on en rit jaune. « Sur les 1 755 habitants, un seul d’entre nous travaille aujourd’hui à la SMD. Nous étions davantage avant l’arrivée des Russes », raconte Mamadou Keita, licencié en 2013, comme 800 autres les années précédentes. L’effectif de la société a été ramené de 2 300 à 1 350 employés après la prise ce contrôle par Nordgold. Le nouveau code minier de 2011 impose pourtant une priorité à l’embauche des communautés locales. « Au début, Nordgold invoquait le manque de compétences locales, ce n’est plus le cas, c’est devenu une mauvaise excuse, il y a ici des gens bien formés dorénavant », accuse Mory Diawara, secrétaire général adjoint du principal syndicat à la SMD.          « Ils prennent des stagiaires, mais ne les gardent jamais »                    — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de 400 journalistes    Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.    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Valls, Hamon, Maurel, Lienemann… La fuite des ténors du PS se poursuit

Depuis près de deux ans, de nombreux cadres et figures historiques ont quitté le Parti socialiste pour divers horizons.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 17h28
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 10h49
   





                        



   


Adieu Solférino. Une page longue de trente-sept ans se tourne au Parti socialiste (PS). Le parti a quitté, vendredi 12 octobre, son siège historique du 7e arrondissement de Paris, pour emménager à Ivry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne.
Au-delà du symbole, le PS est aujourd’hui un parti à l’agonie, où les départs se sont multipliés ces derniers mois. Derniers en date : celui du député européen Emmanuel Maurel, qui en a fait l’annonce vendredi dans une interview au Monde, et celui de la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann.

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          Le Parti socialiste à l’agonie



Ce n’est que la suite d’une longue hémorragie, commencée voilà un an et demi, qui a vu de nombreux ténors du PS – ayant parfois exercé des responsabilités gouvernementales sous François Hollande ou à la tête du parti – claquer la porte. Que ce soit pour un ralliement à Emmanuel Macron, la création d’un nouveau mouvement ou encore un retrait de la vie politique. Retour sur ces principaux départs.
Maurel et Lienneman se rapprochent de Mélenchon

   


C’était attendu depuis plusieurs semaines et c’est un nouveau coup dur pour le Parti socialiste. Le député européen et leader de l’aile gauche du PS, Emmanuel Maurel, qui avait obtenu 19 % au dernier congrès, a décidé de quitter le parti. Et son constat est accablant :
« Le PS ne correspond plus à l’idée que je me fais du socialisme. Son but, c’est la défense des intérêts des gens modestes. La stratégie pour répondre à cet objectif, c’est le rassemblement des forces de gauche. Le PS a perdu de vue et l’objectif, et la stratégie. »
« Je n’annonce pas un départ, mais une scission, prévient-il. Aujourd’hui, je ne pars pas seul, mais avec de très nombreux militants, des centaines de cadres et d’élus sur l’ensemble du territoire. » 

        Lire notre analyse :
         

          Olivier Faure, le sacrifice du premier secrétaire



La sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann, autre figure de l’aile gauche du parti, a officialisé son départ samedi dans un entretien au JDD. Les deux élus socialistes pourront alors se rapprocher de La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon à l’approche des élections européennes de mai 2019.
« Je suis pragmatique, explique M. Maurel. Jean-Luc Mélenchon a fait près de 20 % des voix à la présidentielle de 2017, son mouvement est en dynamique, son programme attractif. Il faut faire avec eux ce travail de convergence. » En septembre, M. Mélenchon avait d’ailleurs lancé un appel à cette aile gauche du Parti socialiste à l’occasion de l’université d’été du Mouvement républicain et citoyen :
«J’ai le cœur plein d’enthousiasme si vos chemins viennent en jonction des nôtres. Que finisse cette longue solitude pour moi d’avoir été séparé de ma famille (…). Mes amis, vous me manquiez. »

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Valls, Le Drian, Collomb… Ils ont rejoint Emmanuel Macron

   


Si une partie de l’aile gauche du parti est en train de prendre son envol, son aile droite avait déjà rejoint l’écurie d’Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle. Dans la foulée de sa victoire aux élections législatives dans l’Essonne, Manuel Valls avait ainsi annoncé en juin 2017 son départ du PS pour rejoindre La République en marche. Il est aujourd’hui candidat à la mairie de Barcelone, soutenu par le parti libéral espagnol Ciudadanos.
Autre poids lourd à avoir quitté le PS en 2017, l’ancien ministre de la défense de François Hollande Jean-Yves Le Drian. Il est aujourd’hui ministre des affaires étrangères dans le gouvernement d’Edouard Philippe.
Le gouvernement actuel compte plusieurs anciens membres du Parti socialiste : Christophe Castaner (relations avec le Parlement), Benjamin Griveaux (porte-parole) ou encore Olivier Dussopt, élu député sous la bannière socialiste en juin 2017 avant d’être écarté du PS à la suite de sa nomination au poste de secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’action et des comptes publics. Sans compter Richard Ferrand, député PS sous l’ancienne législature et actuel président de l’Assemblée nationale, ou encore Gérard Collomb, ministre de l’intérieur démissionnaire.
L’ancienne secrétaire chargée de l’aide aux victimes (2016-2017), Juliette Meadel, a de son côté été radiée du PS en avril pour avoir annoncé son soutien à Emmanuel Macron dès le premier tour de l’élection présidentielle. « J’ai décidé de ne pas faire de recours. C’est un divorce par consentement mutuel », avait-elle expliqué.
Benoît Hamon a fondé Génération.s
A gauche du PS, si M. Maurel et Mme Lienemman souhaitent se rapprocher de Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon a pris une route différente. Après avoir annoncé qu’il quittait le parti en juillet 2017 – six mois seulement après sa victoire à la primaire socialiste –, l’ancien ministre de l’éducation a fondé son mouvement, Génération.s. Il a notamment été rejoint par l’ancienne ministre déléguée à la famille, Dominique Bertinotti, le député Régis Juanico et le député européen Guillaume Balas.
Quelques mois plus tard, c’est au tour du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) « de prendre son indépendance vis-à-vis du PS ». Dans une interview au Monde, en mars, la présidente du MJS, Roxane Ludy, a annoncé son départ ainsi que celui de nombreux militants chez Génération.s après « un désaccord politique ».
Delphine Batho veut relancer Génération écologie
Elle aussi faisait partie de l’aile gauche du Parti socialiste. L’ancienne ministre de l’écologie de François Hollande et députée des Deux-Sèvres, Delphine Batho, a quitté en mai le PS après vingt-quatre ans passés à Solférino.
Mme Batho a rejoint dans la foulée le mouvement Génération écologie, dont elle vient de prendre la présidence. Avec de hautes ambitions : construire « un projet de l’écologie intégrale démocratique » ayant vocation à exercer le pouvoir, a-t-elle expliqué au Monde.

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Ayrault, Vallaud-Belkacem, Pellerin… Ils ont arrêté la politique

   


Ils ont tous fait parti d’un gouvernement durant le quinquennat de François Hollande. Mais tous ces anciens ministres se sont éloignés du Parti socialiste et de la vie politique. C’est notamment le cas de l’ancien premier ministre (2012-2014), Jean-Marc Ayrault, qui avait annoncé dès février 2017 qu’il renoncerait à tout mandat politique après la présidentielle. Il a toutefois été choisi par le président de la République, Emmanuel Macron, pour diriger la Fondation pour la mémoire de l’esclavage.
Après sa défaite aux législatives de 2017 à Villeurbanne (Rhône), Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l’éducation, est partie dans le privé et travaille désormais chez Ipsos. Elle a également lancé une collection d’essais baptisée « Raison de plus », chez Fayard. Un temps pressentie pour être candidate au poste de première secrétaire du PS, elle avait finalement décidé de renoncer en début d’année, assurant n’avoir « jamais voulu d’une vie réduite à la politique ».
De son côté, Aurélie Filippetti, ancienne ministre de la culture (2012-2014), avait quitté le PS en décembre 2017. Elle avait annoncé quelques semaines après son ralliement à Génération.s, de Benoît Hamon. Mais dans une interview à Ouest-France, le 10 octobre, l’ancienne députée de Moselle a finalement annoncé qu’elle aussi se retire complètement de la vie politique.



                            


                        

                        


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A Paris, une manifestation pour « réclamer la vérité » sur la mort d’Adama Traoré

Plusieurs centaines de personnes ont défilé samedi pour contester les conclusions d’une expertise dédouanant les gendarmes de la mort du jeune homme en 2016.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 17h37
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 18h25
   





                        



   


Dix jours après la publication d’une expertise dédouanant les gendarmes qui avaient interpellé Adama Traoré en juillet 2016, que Le Monde avait pu consulter, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Paris, samedi 13 octobre, pour « réclamer la vérité » sur la mort du jeune homme, le jour de ses 24 ans. « Nous n’avons plus confiance dans cette justice-là », les juges d’instruction chargées de l’enquête « sont du côté des gendarmes, elles ne font pas leur travail », a dénoncé avant le départ de la manifestation Assa Traoré, sa sœur aînée.
Le cortège, emmené notamment par Théo L., érigé en symbole des « violences policières » après avoir été blessé lors de son interpellation à Aulnay-sous-Bois en février 2017, est parti peu après 15 heures du parvis de la Gare du Nord, en direction de la place de la République.
« Mon frère n’est pas mort car il a couru, mon frère est mort car des gendarmes l’ont frappé et laissé mourir », a accusé Assa Traoré qui dénonce depuis deux ans « un mensonge d’Etat » et estime qu’un « permis de tuer a été donné aux policiers et aux gendarmes dans les quartiers populaires ». La mère d’Adama a quant à elle regretté que les gendarmes n’aient pas encore été entendus par la justice et réclamé aux juges une « date de reconstitution ».

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« Il y a des anomalies »
Selon « l’expertise médicale de synthèse » remise mi-septembre à la juge d’instruction parisienne chargée de l’enquête, « le pronostic vital (était) engagé de façon irréversible » avant l’arrestation de ce jeune homme noir l’après-midi du 19 juillet 2016, dans la petite ville de Beaumont-sur-Oise. Son décès avait été constaté deux heures après son interpellation par les gendarmes, qui l’avaient maintenu au sol sous le poids de leurs corps. Adama Traoré avait fait un malaise dans leur véhicule, avant de mourir dans la cour de la gendarmerie de la ville voisine de Persan.
Les circonstances de la mort du jeune homme alimentent des soupçons vis-à-vis des autorités, engendrés notamment par l’annonce tardive du décès et la communication très contestée du procureur de Pontoise à l’époque. Cinq mois après les faits, l’enquête avait été dépaysée à Paris.
« Je ne suis pas juge, mais il y a des anomalies » dans cette affaire, a déclaré à l’AFP la députée La France insoumise (LFI) Clémentine Autain, présente dans le cortège. « Plus profondément, il existe des rapports très détériorés entre les jeunes des quartiers populaires et les policiers, dont l’Etat ne prend pas la mesure. On est dans une situation dangereuse », a ajouté l’élue de Seine-Saint-Denis.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Des femmes en recherche d’une nouvelle stabilité personnelle, d’une réintégration ou d’un autre travail, mais surtout de justice témoignent.
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Le long et douloureux parcours des salariées victimes de harcèlement sexuel

Des femmes en recherche d’une nouvelle stabilité personnelle, d’une réintégration ou d’un autre travail, mais surtout de justice témoignent.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 11h48
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 12h13
    |

            Francine Aizicovici








                        



                                


                            

Le 17 mai, Emmanuelle savourait sa victoire. Cette salariée de La Poste, de 36 ans, venait d’obtenir la condamnation de son employeur par le conseil de prud’hommes de Paris à lui verser plus de 120 000 euros de dommages et intérêts pour le harcèlement sexuel et moral que son chef lui avait fait subir pendant dix ans, sur la plate-forme de traitement des colis de Val-de-Reuil, dans l’Eure. En arrêt pour maladie professionnelle depuis 2015 pour une « dépression réactionnelle par stress au travail », Emmanuelle avait même obtenu des prud’hommes, comme elle le demandait, la résiliation judiciaire de son contrat de travail aux torts de l’employeur. La Poste n’avait pas fait appel.
Pourtant, aujourd’hui, elle se dit, moralement, « en pleine descente », avec des « envies de [se] jeter par la fenêtre qui tourne dans [la] tête ». « J’ai perdu mon travail, le fil est coupé, c’est une phase de deuil de La Poste », cette entreprise qui lui avait procuré son « premier emploi » et où elle espérait « faire une grande carrière ». Sous antidépresseurs depuis trois ans, elle se dit incapable de chercher un emploi et n’arrive même pas à profiter de l’argent reçu – « je n’arrive pas à le dépenser. C’est l’argent du malheur », explique-t-elle.
Emmanuelle a bien un projet professionnel un peu flou – « apporter son expérience dans un grand groupe, en matière d’égalité femmes-hommes et de harcèlement sexuel » – mais, pour l’heure, elle aussi est dans l’attente de connaître le sort réservé à sa plainte au pénal contre son agresseur, déposée il y a trois ans.
« Il faut des sanctions lourdes »
« On ne fait rien pour que ces femmes conservent leur poste de travail. Il n’y a pas de réforme pour lutter contre le harcèlement sexuel au travail. Les patrons sont toujours aussi légèrement condamnés aux prud’hommes », regrette son avocate, Maude Beckers. Pour elle,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Le LOU disputera dimanche le premier match de son histoire en Champions Cup, la principale Coupe d’Europe.
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Rugby : Pierre Mignoni à Lyon pour grandir, matin, midi et soir

Le LOU disputera dimanche le premier match de son histoire en Champions Cup, la principale Coupe d’Europe.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 14h30
    |

            Adrien Pécout (Givors, envoyé spécial)








                        



   


Rendez-vous mercredi, à l’heure du goûter. Sur la table, des tranches de cake pour les joueurs du LOU, le Lyon olympique universitaire. Ce jour-là, Pierre Mignoni a délocalisé sa séance d’entraînement sur la pelouse municipale de Givors. Volonté du club de travailler à son ancrage régional. Dans les tribunes, des gamins en crampons et leurs parents.
Dimanche 14 octobre, quatre jours plus tard, et une vingtaine de kilomètres plus loin, au stade Gerland, le LOU pénétrera dans une autre dimension : il disputera le premier match de son histoire en Champions Cup, la principale Coupe d’Europe, contre les Gallois de Cardiff (à partir de 14 heures).
Mignoni, 41 ans, parle peu de lui. L’entraîneur a pourtant grandi en même temps que le LOU, et les deux peuvent se confondre : « Ce club essaie de prendre un virage important, parce qu’il en a les moyens et les ambitions, et c’est pour ça que je suis venu ici », résume-t-il après la séance du jour.
C’est à Lyon que l’ancien adjoint toulonnais a commencé sa carrière d’entraîneur principal, il y a trois ans. Ascension rapide : champion de France de Pro D2, la deuxième division, dès sa première saison (2016) ; puis maintien en Top 14, l’élite nationale (2017) ; puis, la saison passée, en mai, participation aux demi-finales du championnat de France. « C’est sûr que le regard a changé. Aujourd’hui, on nous prête un peu plus d’attention, de respect. Mais ça, ce n’est pas venu du jour au lendemain. Les joueurs l’ont gagné sur le terrain, et l’ensemble du club aussi. Avec beaucoup de travail. » Matin, après-midi et soir.
Et même très tôt le matin, témoigne Jean-Pierre Chenu, l’intendant de l’équipe, barbe aussi longue que l’expérience : « Avec les staffs précédents, c’est toujours moi qui arrivais le premier au club. Mais maintenant, c’est Pierre qui est là avant moi ! Moi, j’arrive en général à 6 h 30. Lui est déjà au boulot, à son bureau. Au début, ça surprend. Puis on s’habitue. » Laurent Hubert, l’un des kinésithérapeutes, apprécie également la compagnie de ce « gros bosseur » : « C’est lui qui ouvre et c’est lui qui ferme. Parfois je pars à 17 heures, 18 heures, 19 heures. Lui est encore là. »
« On n’est pas malheureux »
Normal, pour Pierre Mignoni : « On bosse, mais bon, on n’est pas malheureux. Je connais des gens qui travaillent beaucoup plus que ça, dans des conditions beaucoup plus difficiles. Je viens d’un monde modeste, j’ai toujours connu ça », relativise l’entraîneur, dont les parents travaillaient comme employés municipaux à la mairie de Toulon.
L’homme vient surtout du Rugby club toulonnais (RCT). Il y a commencé et fini sa carrière de demi de mêlée, outre un long passage à Clermont et un parcours avec le XV de France, jusqu’à remporter deux Tournois des six nations (2002 et 2007). Avant de retrouver l’institution varoise, qui règne alors sur le continent, en tant qu’entraîneur adjoint de Bernard Laporte : jamais un club n’avait soulevé trois fois d’affilée la Coupe d’Europe, de 2013 à 2015, cette même compétition qu’il s’apprête désormais à faire croquer au LOU.
Tout cela pour dire que « Pierre a la science du jeu », selon le pilier Alexandre Menini, qui l’a connu dans les deux clubs. « Ces grands matchs, il les a vécus. Il sait de quoi il parle il n’est pas à côté de la plaque, loin de là. Il a eu une grande carrière de joueur. Puis, comme entraîneur des arrières à Toulon, je pense qu’il a appris de tous les grands joueurs du club. De Bernard [Laporte], aussi. »

   


Aujourd’hui, Pierre Mignoni travaille loin de « Bernard », qui préside maintenant la Fédération française de rugby. Au début de l’année, son nom circulait pourtant dans la presse pour secourir le XV de France comme adjoint occasionnel de Jacques Brunel, nommé sélectionneur après le licenciement de Guy Novès : « Je n’ai pas trop à parler là-dessus. Ce n’est pas trop un truc auquel je pense pour l’instant », élude l’intéressé, sous contrat à Lyon jusqu’en 2023.
L’instant présent le ramène plutôt, ce mercredi, devant le palais des sports Salvador-Allende. Sur la modeste pelouse de Givors, l’ancien demi de mêlée a encore un ballon en pogne tout au long de l’entraînement. Mais aussi, sous le coude, une pochette orange pleine de schémas tactiques.
Convocation matinale
Entre deux autographes à des gamins venus l’accoster parfois candidement (« C’est quoi ton prénom ? C’est quoi ton numéro ? »), Félix Lambey, reconnaissable à ses cheveux roux, estime surtout que « Pierre a amené beaucoup de rigueur au club, on a vraiment besoin d’une personne comme ça, qui connaisse le rugby. » A 24 ans, le jeune deuxième-ligne a découvert « un vrai compétiteur, qui le prend très mal quand il perd. » Exemple, lors d’une saison précédente : « Ça nous est arrivé de perdre des matchs à l’extérieur où peu d’équipes gagnent et qu’il nous convoque le lendemain à six heures du mat’. » L’horaire idéal, faut-il croire, pour une petite session d’analyse vidéo à la fraîche.
Autour de Pierre Mignoni : dix-sept membres du « staff » qui l’assistent au quotidien, et quarante-huit joueurs en concurrence, dont quinze à titulariser à chaque match. « Pierre est obsédé par le fait de gagner, mais surtout de regagner, et donc, aussi, par tout ce qui peut être mis en œuvre pour essayer de maîtriser tout le processus », insiste Gérald Gambetta, coordinateur de l’équipe et ancien joueur du club. « Il a créé mon boulot spécialement pour que quelqu’un cale tout, organise tous les déplacements, le planning, etc. »
Lui aussi ancien joueur, et désormais entraîneur des avants, Karim Ghezal se souvient de l’année en Pro D2 : « Le dimanche, quand on s’entraînait, il organisait des repas avec les femmes et les enfants des joueurs. Pierre a voulu créer quelque chose autour du club, pour que les joueurs s’en imprègnent vraiment. » Une nécessité pour ce LOU à l’histoire centenaire : ce lointain double champion de France de rugby (1932 et 1933) a longtemps vécu en retrait par rapport à l’ancienne place forte régionale, Bourgoin-Jallieu, à 50 kilomètres de là. Et surtout par rapport aux footballeurs de l’Olympique lyonnais. « Je pense que le LOU est en train de trouver sa place, on essaie encore d’aller chercher un public », considère Pierre Mignoni.

        Lire aussi :
         

                Yvan Patet : "Avant le football, Lyon était une terre de rugby"



L’actuel 3e du Top 14 a déjà trouvé son actionnaire principal, la société d’événementiel GL Events (depuis 2007) : avec 29,8 millions d’euros, le club affiche cette saison le cinquième budget prévisionnel – sur quatorze – du championnat de France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Des classiques de la littérature aux créations originales, les histoires s’écoutent désormais autant qu’elles se lisent. Une nouvelle façon de s’immerger dans un récit, d’apprendre, de ressentir aussi.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/10/2018
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Livres audio, podcasts... Les Français ont la tête dans le casque


                      Des classiques de la littérature aux créations originales, les histoires s’écoutent désormais autant qu’elles se lisent. Une nouvelle façon de s’immerger dans un récit, d’apprendre, de ressentir aussi.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 14h51
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 15h07
    |

            Catherine Rollot








                              

                        

C’est un rituel bien rodé qui commence avant même de fermer la porte d’entrée. Chaque matin, Carmelina Collado prépare sa dose littéraire. Démêler et brancher les écouteurs, vérifier où reprendre pour n’avoir qu’à appuyer sur le ­petit triangle « play », et plonger, en dévalant les escaliers, dans son livre audio. La voilà partie pour trente-cinq minutes d’immersion, le temps de trajet vers son bureau parisien, dans un roman en espagnol, un polar en anglais ou une saga en français. « Ma bulle de calme dans le tumulte du métro – qui ne m’empêche pas de m’excuser si je marche sur le pied du voisin. »
Déjà cinq ans que cela dure. Cette ­polyglotte, cadre dirigeante dans un grand groupe hôtelier, a attrapé le virus en vacances. La réverbération du soleil qui brouille la vue, les grains de sable dans les pages, le sac trop chargé pour accueillir un poids supplémentaire, autant de bonnes raisons qui lui ont fait tester « le livre qui parle ».
Résultat : « Les trois tomes de Millénium sur une plage brésilienne en trois semaines, s’amuse-t-elle. Je venais de découvrir la puissance de la voix pour entrer dans un récit, l’émotion de l’écoute. Depuis, je n’ai jamais plus arrêté. Au contraire, je complète à d’autres moments avec des podcasts. »
Génération Marlène Jobert
Relever la tête de l’écran pour se laisser bercer par des mots, écouter le récit d’un écrivain, les péripéties d’un aventurier ou la ­sagesse d’un moine bouddhiste… ils sont de plus en plus nombreux à ouvrir grand leurs oreilles. Et à faire le plein d’histoires en écoutant des livres mais aussi des podcasts ou « balados », comme les appellent les Québécois, ces programmes (issus d’émissions diffusées sur des antennes ou podcasts dits « natifs », des créations originales) que l’on peut télécharger gratuitement puis consommer à tout moment depuis son mobile ou sa tablette.
Le format a déjà sa vitrine, le Paris Podcast Festival, qui...




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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Sorti en 2015, son jeu de rôle est instantanément devenu un classique. Trois ans après, l’autodidacte de 27 ans compose avec un succès qui l’embarrasse.
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A la recherche de l’insaisissable Toby Fox, auteur du jeu vidéo culte « Undertale »

Sorti en 2015, son jeu de rôle est instantanément devenu un classique. Trois ans après, l’autodidacte de 27 ans compose avec un succès qui l’embarrasse.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 14h32
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 15h39
    |

            William Audureau








                        



   


Quelque part au Vatican, dans une des salles où le pape entrepose les livres qui lui sont offerts, repose un jeu vidéo qui lui a été donné par un youtubeur : Undertale. A la surprise de son propre auteur, le programmeur autodidacte Toby Fox. « J’ai conçu ce jeu, mais les réactions qu’il a engendrées me dépassent complètement », reconnaît-il. 
Alors que les jeux vidéo restent souvent dépeints comme des œuvres abrutissantes – y compris par le pape François lui-même –, Undertale incarne tout ce que le monde des pixels peut faire d’intimiste, de tendre et d’humaniste.
Sorti en 2015, ce petit jeu de rôle, tour à tour drôle, loufoque et pacifiste, s’est immédiatement imposé comme une référence, en dépit de sa production artisanale et de sa genèse hors circuit. Il a été réédité le 18 septembre sur Switch, et c’est comme si un incunable avait été réimprimé. Il a fini en septembre à la première place des ventes dématérialisées de la console.

« Les attentes donnent le vertige »
Certains aspirent à devenir des rockstars. Toby Fox, lui, se serait bien contenté d’être un petit caillou dans l’ombre. Convié en 2017 à donner une conférence au Monde Festival, le créateur avait poliment décliné l’invitation. « Malheureusement je n’aime pas vraiment les interviews et je n’ai pas vraiment grand-chose à dire à propos de ma “vision” », s’excusait-il par courriel. Il n’a pas donné suite à notre nouvelle demande.
Toby Fox est de ce monde où les plus belles choses sont confidentielles, artisanales, un peu maladroites. Sa part d’ombre, il la cultive, d’ailleurs. « Undertale sera peut-être ce que j’aurais fait de plus populaire, mais ça me va », affiche-t-il avec philosophie sur Twitter. 
En dehors de la communauté des fans de Mother 3, Toby Fox était un inconnu total au moment où il lança son histoire d’exploration d’une cité souterraine peuplée de monstres mélancoliques. Trois ans plus tard, il est aujourd’hui l’auteur d’Undertale, et vit dans l’ombre de son succès.
Aucune des productions auxquelles il a participé depuis n’a eu le même retentissement. Le premier épisode du « point and click » Hiveswap, l’adaptation vidéoludique du webcomic Homestuck initiée en 2012, est finalement sorti à la fin 2017 dans un relatif anonymat.

Toby Fox a également composé trois des morceaux d’un « visual novel » amateur, Rose of Winter ; et coécrit la chanson 74 de la chanteuse japonaise Itoki Hana – une histoire de princesse désespérée, dont il détourne les codes à la fin.
En revanche, comme tétanisé par les attentes, il n’a pas développé de nouveau titre. Quand d’autres révélations de l’année 2015 sortent leur suite en 2018, comme Life is Strange 2, Toby Fox avoue son sentiment d’impuissance : « J’aimerais faire un autre jeu un jour, mais les attentes donnent vraiment le vertige. Depuis Undertale j’ai l’impression qu’il faudrait que je me surpasse. »
Intronisé chouchou des joueurs
Sa discrétion ne l’a pas empêché de devenir une des nouvelles stars du jeu vidéo – ou en tout cas un des créateurs désormais les plus connus et vénérés. Dès 2015, il résumait sa production à « un simple jeu fait par un chien insignifiant ». Oui… un chien. A sa dernière « apparition » publique filmée, quand Undertale n’était encore qu’une production de garage, c’est caché derrière un canapé qu’il présentait son projet, s’adressant au public à travers une marionnette de chien, la voix pincée, dans une mise en scène théâtrale loufoque et embarrassée.
Deux mois ont suffi à faire de son jeu l’une des révélations de la décennie. A la fin 2015, plus de 150 000 internautes élisent Undertale « meilleur jeu vidéo de l’histoire », devant The Legend of Zelda : Ocarina of Time. Un culte se construit autour de son premier titre. Une ligne d’écharpes, mugs, peluches et autres produits dérivés est lancée. YouTube est inondé de reprises musicales, y compris sous forme de web-opera ou de rap animé, comptant 52 millions de visionnages.
L’homme est désormais associé aux plus grands. En 2018, le prestigieux journal économique Forbes place Toby Fox dans les trente personnalités de moins de 30 ans les plus influentes dans l’industrie. Dans une de ses dernières photographies publiques, il pose (à gauche) aux côtés de trois légendes du secteur : Alexey Pajitnov (Tetris), Tim Schaffer (Day of the Tentacle, Grim Fandango) et Patrice Désilets (Assassin’s Creed).

Four generations of game developers, measurable by beard length. @FwugRadiation @alexeypajitnov9 @PatriceDez https://t.co/CXQXYQsMfq— TimOfLegend (@TimOfLegend &:Y})


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Cet autodidacte de 27 ans croule même sous les hommages de ses propres modèles, des auteurs japonais de jeux vidéo sophistiqués et originaux, comme Yoko Taro (NieR : Automata), l’artiste ZUN (la série des Touhou), et même son idole : Shigasato Itoi (Earthbound).
« Undertale », joyau d’humour tendre
Qu’a donc fait Toby Fox pour être aussi vénéré ? Une aventure tout simplement mémorable de tendresse, d’intelligence et d’humour. Sa promesse : « Undertale, un jeu de rôle dans lequel vous n’avez besoin de blesser personne », tel qu’il le définit à son annonce.
Ses monstres, ce ne sont pas des créatures effrayantes, mais des interlocuteurs tendres et absurdes. De mémoire de joueur, Undertale reste le seul jeu où il est possible de vivre un début de romance gay avec un squelette expert en spaghettis.

« Si vous estimez que les deux choses les plus importantes dans la vie sont l’amitié et les pixels de largeur incohérente, alors Undertale est peut-être pour vous », explique-t-il à sa sortie.
Si Undertale a touché si profondément ceux qui y ont joué, c’est surtout pour sa poésie surréaliste, qui évoque à la fois Jean Cocteau et Jean Giraudoux ; la mélancolie de créatures vivant dans la peur des humains ; son ton, entre désespoir et comédie.
Des points de LV pour « Love »
Ce jeu atypique, il l’a réalisé presque en solo, en autodidacte. Toby Fox est un pur produit de la culture web et japophile. Il a financé son projet avec Kickstarter, a développé le jeu avec le logiciel amateur Game Maker Studio, s’est constitué une communauté parmi celle de Homestuck, webcomic anglophone lui-même consacré à la pop culture et aux jeux vidéo.
Son inspiration, il la tire du jeu vidéo japonais. C’est en imitant à l’oreille les musiques de Chrono Trigger qu’il a appris le piano ; en jouant au pionnier du jeu indépendant Cave Story qu’il a conçu son scénario et son monde souterrains ; et auprès des jeux de rôle pacifistes Mother 3 et Moon : Remix RPG Adventure, inédits hors du Japon, qu’il a développé son approche humaniste.

Aux antipodes des superproductions, Toby Fox est resté un artisan du jeu vidéo. Depuis, il a déménagé de chez ses parents, répondu à des milliers de courriels venus du monde entier, partagé des documents de conception, posté des musiques inutilisées, supervisé le portage de son jeu sur PS4 et PS Vita, puis sur Switch. Sans jamais rien retoucher ni corriger dans son œuvre. Comme si sa beauté était un accident qu’il ne fallait pas tenter de réparer.



                            


                        

                        


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Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail          Parking de Courcouronnes (Essonne), mardi 19 juin, 8 h 20. Wassim (le prénom a été modifié) est comme un gamin malgré ses 21 ans. Il sautille et rigole autour de la voiture dans laquelle sont restées sa sœur et sa mère malgré le franc soleil qui a déjà dissipé la fraîcheur de la nuit. Il semble impatient qu’ouvre le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) du département. Et pour cause : il a rendez-vous à 9 heures pour se faire poser un bracelet électronique. Une mesure coercitive, mais dans laquelle il hume un vent de liberté.          Wassim sort de quarante et un mois de prison. Il y a moins de deux heures, il était encore derrière les portes de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, à sept kilomètres de là. Alors qu’il n’était libérable qu’en avril 2019, le juge d’application des peines lui a accordé une libération conditionnelle au 19 octobre 2018, sous réserve qu’il respecte un placement sous surveillance électronique (PSE) probatoire de quatre mois. Une sorte de sas vers la liberté pour éviter une sortie sèche de détention.           Lire aussi La prison de Fleury-Mérogis secouée par une série de suicides             « Si vous ne respectez pas la mesure, le juge peut décider d’y mettre fin et c’est retour à Fleury-Mérogis », le prévient le surveillant pénitentiaire chargé de poser le bracelet. Dans une pièce exiguë où s’empilent les cartons livrés par Thales, le surveillant passe un mètre de couturier autour de la cheville du jeune homme avant de choisir la bonne sangle. Une minute plus tard, le bracelet gris clair est scellé. Il disparaît sous le jogging Nike noir à bandes rouges. « Attention, il n’est pas forcément compatible avec une activité sportive, si vous le rompez, c’est 105 euros à votre charge. »          Recherche d’emploi          Toujours sous écrou, mais passé du milieu fermé au milieu ouvert, un charabia auquel il n’entend rien, le jeune homme se fait réexpliquer trois fois ce qu’est la libération conditionnelle promise comme une carotte : une vraie libération anticipée, dès lors qu’il n’aura pas débordé les horaires de sortie de son domicile autorisées par le juge – soit 6 h 30 à 20 heures en semaine, 10 heures – 17 heures le week-end –, qu’il aura honoré son obligation de travailler, ou démontré ses démarches de recherche d’emploi, et de commencer à rembourser le Trésor public de ses amendes et les parties civiles des dommages fixés par le tribunal.                       Bracelet électronique, à Paris, en 2016. Le placement sous surveillance électronique est une mesure d’aménagement de peine. RENAUD BOUCHEZ / SIGNATURES                       — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de 400 journalistes    Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.    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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Chaque semaine, Fredéric Potet sillonne la France pour relater les petits et grands événements qui agitent nos villes et campagnes. Au Mans, il a rencontré Jean-Laurent Leffray, 30 ans, collectionneur de selfies, 1 500 vedettes à son actif.
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« J. Lo », le chasseur de têtes célèbres


                      Chaque semaine, Fredéric Potet sillonne la France pour relater les petits et grands événements qui agitent nos villes et campagnes. Au Mans, il a rencontré Jean-Laurent Leffray, 30 ans, collectionneur de selfies, 1 500 vedettes à son actif.



LE MONDE
 |    13.10.2018 à 12h15
    |

            Frédéric Potet








   


Qu’ont en commun Charles Aznavour et Eric Cantona, Igor Bogdanoff et Danièle Gilbert, ­Disiz la Peste et Mimie Mathy, Francis Lalanne et Nicolas Sarkozy, Jackie Chan et Inès de La Fressange, Maître Gims et Omar Sy, Tony Blair et ­Annie Cordy ? Rien, absolument rien, sauf ceci : tous apparaissent dans l’album photo de Jean-Laurent Leffray, 30 ans, collectionneur de selfies. Ce natif du Mans, où il vit, shoote tout ce qui brille et s’agite sur le PAF. Chanteuses, ­humoristes, top-modèles, starlettes de la télé-réalité, présentateurs météo, stylistes, ex-Miss France, sportifs de haut niveau, cuisiniers, people, présidents de la République… Mise en ligne sur un blog intitulé « Mes stars et moi », sa galerie vient d’atteindre la barre des 1 500 têtes ­célèbres, immortalisées en sa compagnie. La question, avec lui, n’est pas de savoir qui y ­figure. Mais plutôt : qui n’y figure pas.

   


Surnommé « J. Lo » dans le milieu des chasseurs d’autographes et de selfies, Jean-Laurent Leffray a trouvé son hobby à 12 ans. Sa mère et lui participent ce jour-là, dans le public, à l’émission Y’a que la vérité qui compte, sur TF1. A la fin du tournage, il se fait prendre en photo avec l’animateur Pascal Bataille. Suivront d’autres enregistrements : « Le Bigdil », de Vincent Lagaf’, « La Méthode Cauet », de Sébastien Cauet. Lequel Cauet ouvrira plus tard les portes des studios radio et télé à ce grand ­garçon faussement timide armé d’un appareil numérique tenant dans le creux de la main.
Une stratégie fondée sur l’endurance
Le Palais des congrès du Mans sera son premier terrain de jeu. « C’est un endroit idéal vu qu’il n’y a pas d’entrée des artistes. Tout le monde utilise la même porte. Le seul que je n’ai pas pu avoir, c’est Pierre Perret, qui est passé par le parking. » Partout ailleurs, notamment à Paris, où il se rend trois ou quatre fois par mois, Jean-Laurent Leffray a développé une stratégie fondée sur l’endurance. « J’arrive généralement à 9 heures afin de faire le tour de la salle du spectacle ou de l’hôtel, de me renseigner auprès des agents de sécurité ou des voituriers. Ça peut être long. » Très long même : douze heures à poireauter devant l’Hôtel George-V pour loger Céline Dion dans la carte SD de son Nikon.

   


Curieusement, la difficulté à se faire photographier avec une star ne résulte pas de son degré de notoriété. Prenez John Travolta, mis en boîte lors d’une avant-première à Paris : « C’est l’attachée de presse qui a pris la photo avec mon appareil. Tous les fans passaient à la queue leu leu. Si Travolta fermait les yeux sur une photo, elle était supprimée sur-le-champ afin qu’elle ne circule pas sur les réseaux sociaux. » Lui-même demande systématiquement à la célébrité l’autorisation de mettre en ligne ses clichés réalisés à la sauvette (mais jamais sauvagement) : « Je ne harcèle personne. »
Stars dépenaillées ou hirsutes
Certains lui ont dit non et re-non, comme Sheila ou Jacques Higelin. D’autres, dépenaillés ou hirsutes un lendemain de fête, lui ont demandé de garder le cliché pour lui. Emmanuel Macron, shooté une première fois en tant que candidat à l’élection présidentielle, puis plus tard comme chef d’Etat, lui aurait dit, la ­seconde fois : « Je vous reconnais. Vous avez un prénom composé. » Là est sa seule motivation : « C’est un vrai plaisir quand quelqu’un se ­souvient de vous. Et puis, ce n’est pas donné à tout le monde de partager des petits instants avec des vedettes. »
Ses prochaines « cibles » s’appellent ­Pamela Anderson, la nouvelle recrue de « Danse avec les stars », et l’animatrice Dorothée, dont l’émission « Récré A2 » s’est arrêtée l’année de sa naissance, en 1988.

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                Le pêcheur qui murmure à l’oreille du silure






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Le gouvernement a-t-il vraiment supprimé le « verrou de Bercy » ?

Si le ministère des finances a perdu son monopole en matière de poursuites à l’encontre des évadés fiscaux et des fraudeurs, la justice n’a pas pour autant les mains libres pour traiter tous les dossiers.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 18h07
 • Mis à jour le
13.10.2018 à 10h45
    |

            Mathilde Damgé








                        


Hasard du calendrier : le procès pour fraude visant la banque suisse UBS s’est ouvert à Paris cette semaine, au moment où le projet de loi contre la fraude fiscale était adopté définitivement, mercredi 10 octobre, par le Parlement. Il inclut un aménagement du « verrou de Bercy », ce privilège qu’a le ministère des finances de choisir s’il poursuit ou non un contribuable fraudeur. Le gouvernement n’a pas tardé à faire la publicité de cet évènement « historique » :

Depuis des années, les gouvernements successifs parlent de mettre fin au verrou de Bercy. Aucun ne l’a jamais fait,… https://t.co/kQf6T6sCLO— CCastaner (@Christophe Castaner)


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🔓Historique: le verrou de Bercy, c’est fini! L’Assemblée adopte à l’unanimité l’art. qui met fin à ce système vieux… https://t.co/1EnZYtK6wY— GDarmanin (@Gérald DARMANIN)


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Pourtant, au même moment, certains observateurs, comme le Syndicat de la magistrature (orienté à gauche), prétendaient qu’il n’en était rien et que le « verrou de Bercy » n’était pas supprimé :

Le verrou de Bercy n'est pas supprimé, il est juste aménagé.

— SMagistrature (@SMagistrature)


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Qu’en est-il ? Qui a raison du gouvernement ou des magistrats syndiqués ? La réponse en trois points.


Savez-vous ce qu’est le verrou de Bercy ?

Oui
Non


Bravo ! Voulez-vous quand même vous rafraîchir la mémoire ?

Oui



En France, la fraude fiscale ne peut pas donner lieu à des poursuites judiciaires à l’initiative d’un procureur ou d’une victime, contrairement à tous les autres infractions punies par la loi. Le ministre des finances (Bercy) dispose en la matière d’un monopole sur l’engagement des poursuites : cela signifie que des poursuites ne peuvent être engagées contre un fraudeur que si Bercy le demande à un procureur.
Cette pratique singulière remonte aux années 1920, et vise à faciliter le travail du fisc. En agitant le chiffon rouge des poursuites judiciaires, Bercy peut en effet faire pression sur les fraudeurs pour qu’ils reconnaissent leur culpabilité, remboursent l’impôt évité et paient des amendes.
Mais ce « verrou de Bercy » est également vivement contesté pour son manque de transparence : il entretient des soupçons sur le traitement accordé aux fraudeurs fiscaux, des justiciables « à part » dont le sort est scellé dans le secret de Bercy.
En savoir plus sur le sujet




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Pourquoi le « verrou de Bercy » n’a pas vraiment disparu
1. Pas de transmission en dessous de 100 000 euros
Le texte met fin au monopole des poursuites détenu par l’administration fiscale pour les plus gros fraudeurs. Un mécanisme de transmission automatique au parquet des affaires le remplace, avec des pénalités administratives importantes à la clé. Le montant de la fraude déclenchant cette transmission est fixé à 100 000 euros. Pour la transmission des affaires concernant les personnes soumises à une déclaration auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), comme les ministres par exemple, le seuil est inférieur de moitié, soit 50 000 euros.
Ce distinguo entre les grandes et les petites fraudes était l’un des arguments du ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, pour défendre sa vision du « verrou de Bercy ». Selon lui, « les plus grandes plaintes, les plus médiatiques, sont transmises à la justice », tandis que le fisc conserve le monopole sur les affaires « les moins importantes, en général moins de 100 000 euros », dans lesquelles les fraudeurs doivent rembourser les sommes évadées et payer une amende, mais évitent le procès.
Une défense biaisée dans la mesure où seuls 20 % des cas de fraude portant sur des montants supérieurs à 100 000 euros (874 sur 4 423) ont été proposés, en 2017, par le fisc à la commission des infractions fiscales (CIF), chargée d’accepter ou de refuser la transmission des affaires à la justice. Certes, la transmission sera désormais automatique mais il faut encore que la justice recrute des spécialistes… ce dont se réjouissaient certains acteurs du secteur.

Fin du #VerrouDeBercy #pjlfraude 
— boyardc (@Boyard)


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2. Pas d’examen conjoint des dossiers
« C’est un vrai pas en avant, mais pas tout à fait une levée complète du verrou », déplore Manon Aubry, de l’association Oxfam France, regrettant que le parquet n’ait pas la possibilité d’autosaisine (qui faisait partie des recommandations de la mission d’information menée par la députée Emilie Cariou) et l’absence d’un véritable examen conjoint des dossiers par le fisc et le parquet.
Concrètement, même avec la levée du secret fiscal, la justice devra envoyer une demande à l’administration de Bercy si elle souhaite ouvrir des poursuites sur un délit de fraude corrélatif à une autre infraction.
Ce que, tout comme Oxfam, critique aussi le Syndicat de la magistrature : « Le principe du verrou demeure : la justice restera bloquée pour les fraudes qu’elle découvre elle-même. » Un problème de vassalisation en quelque sorte des juges aux inspecteurs du fisc… mais aussi à d’autres influences, comme celles des cabinets d’avocats et des sociétés de conseil qui accompagnent d’éventuelles négociations avec le fisc pour le compte de leurs clients.
Lors des auditions de la mission d’information, en février, l’Institut des avocats-conseils fiscalistes avait affiché sa nette opposition à la suppression du verrou de Bercy, arguant de l’incompétence des magistrats en matière fiscale, mais avait souhaité faire siéger des avocats fiscalistes à la Commission des infractions fiscales.
3. Des arrangements possibles pour les entreprises
Autre nouveauté de cette loi : l’extension de la convention judiciaire d’intérêt public (CJIP) à la fraude fiscale, une mesure permettant à une entreprise de payer une amende afin d’éviter des poursuites, sans reconnaissance de culpabilité. La CJIP avait été instaurée dans la loi Sapin 2 de 2016, mais pour des faits de corruption.
Cette disposition, estime le Syndicat de la magistrature, permet aux entreprises fraudeuses d’« acheter leur innocence » et réintroduit au stade judiciaire une logique d’« arrangements ». Un paradoxe au moment où le desserrement du verrou de Bercy devait amener un signal de transparence. « D’un côté, ils veulent remettre la fraude fiscale dans le droit commun en assouplissant le verrou et, de l’autre, ils mettent en place une nouvelle forme de justice dérogatoire sans reconnaissance de culpabilité pour les fraudeurs fiscaux », souligne Manon Aubry.
Reste la question de l’efficacité : en novembre 2017, la banque HSBC, mise en examen pour blanchiment aggravé pour fraude fiscale, avait évité le renvoi en correctionnelle en signant une CJIP. A l’époque, la procureure à la tête du Parquet national financier, Eliane Houlette, avait salué : « Cette procédure nous permet d’obtenir rapidement ce que je n’obtiendrais jamais à l’audience d’un tribunal correctionnel. »

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Un point de vue que ne partagent pas tous ses confrères : « Outre que la sanction est sans rapport avec la gravité des faits, l’absence de transparence de ses modalités ne permet pas de garantir une non-récidive », déplorent Eric Alt et William Bourdon, de l’association Sherpa, qui protège et défend les victimes de crimes économiques.

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