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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Originaire de Gironde, Paul Andreu avait également mené la construction de la Grande Arche du quartier de la Défense, à Paris, entre 1967 et 1974.
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Mort de l’architecte Paul Andreu, créateur de l’aéroport de Roissy

Originaire de Gironde, Paul Andreu avait également mené la construction de la Grande Arche du quartier de la Défense, à Paris, entre 1967 et 1974.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 18h36
   





                        



   


L’architecte français Paul Andreu, qui a conçu les plans de l’aéroport parisien de Roissy -Charles-de-Gaulle et réalisé la Grande Arche de la Défense aux portes de Paris, est mort jeudi à l’âge de 80 ans, a-t-on appris vendredi auprès de l’Académie des Beaux-Arts.
Lundi soir, il avait participé à un dîner au Centre Pompidou en l’honneur de l’architecte japonais Tadao Ando. Il était apparu très fatigué aux journalistes présents.
Originaire de Gironde, il était internationalement reconnu comme l’architecte de nombreux projets aéroportuaires, non seulement de Roissy, un projet titanesque mené entre 1967 et 1974, mais aussi à travers le monde et dans plusieurs villes de province.

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Il avait réalisé plusieurs projets prestigieux en Chine, un pays qui le passionnait, comme le Grand théâtre national de Pékin. Il avait aussi mené la construction de la Grande Arche, inaugurée en 1989, un projet novateur pour Paris, deux siècles après la Révolution.
En 2004, un terminal de Roissy s’effondrait, entraînant plusieurs morts. Très affecté, Paul Andreu arrêtait alors un temps son activité.
Titulaire du Grand Prix national de l’architecture en 1977, il avait été élu membre de la section d’architecture de l’Académie des Beaux-Arts en 1996.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Rencontre avec le créateur canadien, star de l’art contemporain, qui met en scène ses visions à Luxembourg.
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Photographie : le réel halluciné de Jeff Wall

Rencontre avec le créateur canadien, star de l’art contemporain, qui met en scène ses visions à Luxembourg.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 18h26
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 18h29
    |

            Claire Guillot








                        



                                


                            

Devenu un artiste contemporain majeur avec ses grands « tableaux » photographiques qui atteignent des prix record dans les salles de ventes, le Canadien Jeff Wall aime à parler de son travail, qu’il analyse avec la précision et la rigueur de l’historien d’art qu’il est. Au Musée d’art moderne du Luxembourg (Mudam), il présente son exposition « Appearance » : 27 mises en scène hypnotiques, souvent monumentales, simples ou très sophistiquées, traversées de références à la littérature ou à la peinture. Pour autant, Jeff Wall reste aussi énigmatique que ses images, dont il refuse de livrer trop de clés.

« Je ne veux pas raconter l’histoire, ni donner beaucoup de détails, affirme-t-il de sa voix douce quand on l’interroge sur cette image d’un couple qu’il a fait poser nu dans la même pièce pour Summer Afternoons (2013), elle allongée l’air absent sur le canapé, lui recroquevillé sur le sol, ensemble mais séparés dans deux images accolées. Ce qui m’intéresse, c’est l’expérience du spectateur, et trop d’information peut la gâcher. Je ne veux pas donner mon interprétation car les gens prennent ce que dit l’artiste pour parole d’évangile. L’artiste n’a pas son mot à dire, il fait ce qu’il a à faire, et les gens comprennent à leur façon. »
Jeff Wall évoque plus volontiers l’origine des images – des idées ou visions qu’il puise dans son quotidien avant de les recréer, parfois très modifiées, pour leur donner une forme plastique adéquate : « Je passe plus de temps à regarder le monde de façon photographique qu’à photographier. Je me sens libre de composer une image à partir de n’importe quel élément que je trouve approprié. Certaines choses me frappent, il n’y a pas de règle, ça peut être une chose que j’ai vue, une scène qu’on m’a racontée, un livre, ou même un rêve éveillé. »
« Rien n’est fabriqué »
C’est le cas dans l’œuvre The Flooded Grave (2000), où dans un cimetière triste, une tombe fraichement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Au Musée d’art moderne (Mudam), les vingt-sept compositions de l’artiste mettent en valeur toute sa palette.
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A Luxembourg, le photographe Jeff Wall expose des histoires aux multiples références

Au Musée d’art moderne (Mudam), les vingt-sept compositions de l’artiste mettent en valeur toute sa palette.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 18h24
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 18h28
    |

            Claire Guillot








                        



                                


                            

Seules vingt-sept œuvres sont exposées, mais pour l’artiste canadien Jeff Wall, dont les images adoptent des formats monumentaux, c’est déjà beaucoup. L’exposition « Appearance », au Mudam du Luxembourg, a d’ailleurs des airs de rétrospective. Parce qu’elle présente des œuvres qui vont de ses débuts à aujourd’hui, et surtout parce qu’elle met parfaitement en valeur la vaste palette de l’artiste, qui explore depuis les années 1970 les multiples ressources de l’image mise en scène. On y trouve des scènes théâtrales inspirées par l’histoire de l’art ou la littérature comme des images « presque documentaires » puisées dans le quotidien, des grands formats et des petits, des caissons lumineux et des tirages, du noir et blanc et de la couleur, des images uniques et des politiques. Depuis Picture for Women (1979), confrontation personnelle avec l’histoire de la peinture, jusqu’à Listener (2015), où un homme est jeté à terre par un groupe menaçant, toute la virtuosité de Jeff Wall se déploie en majesté.

L’artiste, qui a prêté plusieurs œuvres pour l’exposition, a travaillé étroitement sur l’accrochage avec les commissaires. Si les œuvres anciennes sur caissons lumineux sont présentées ensemble, le parcours n’est pas chronologique, chaque salle abordant, de façon assez lâche, des questions qui ont traversé son travail – le théâtre, le geste, le paysage. Mais les images sont assez espacées pour être appréciées séparément, et l’effet général est hypnotique : c’est la même séduction intense qui se déploie partout lorsqu’on se trouve physiquement confronté aux grands formats, aspiré par les couleurs lumineuses, absorbé par les détails inépuisables.
Mises en abyme
Le talent de l’artiste tient à sa capacité à créer à chaque fois un mini-drame, une histoire aux multiples références, une énigme sans résolution possible. Devant une simple personne qui se change dans une cabine d’essayage (Changing Room), dont on aperçoit juste...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ D’origine polonaise, la créatrice de « Flon-Flon et Musette » et de « L’Enfance de l’art » est morte le 8 octobre à Paris. Elle avait 82 ans
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L’artiste et auteure pour la jeunesse Elzbieta est morte

D’origine polonaise, la créatrice de « Flon-Flon et Musette » et de « L’Enfance de l’art » est morte le 8 octobre à Paris. Elle avait 82 ans



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 18h02
    |

                            Philippe-Jean Catinchi








                        



                                


                            

Artiste plasticienne d’origine polonaise et auteure d’albums pour la jeunesse au rayonnement international, Elzbieta est morte à Paris le lundi 8 octobre, à l’âge de 82 ans.
Elzbieta, c’est d’abord et seulement un prénom. Celui que son père lui choisit à sa naissance, le 3 juillet 1936, qu’elle perd dès la mort de celui-ci quand sa mère l’affuble d’un « petit nom ridicule » qu’elle préférait taire, et qu’elle retrouve à 20 ans quand elle décide d’assumer sa vocation d’artiste, signant de ce seul prénom, comme les enfants lorsqu’ils achèvent leurs dessins.
L’enfance, très rude, elle y reviendra à plusieurs reprises, mais tardivement, dans des livres. L’un qui explore les enjeux et les voies de la création de l’album pour la jeunesse, illustrant le propos par son expérience personnelle (L’Enfance de l’art, Editions du Rouergue, 1997), l’autre qui constitue un récit terrible dévoilant la douleur de la perte des origines et les errements qu’il faut conjurer (La Nostalgie aborigène, L’Art à la page, 2008). Ce qui est admirable pour une artiste qui préfère le non-dit, se défie des discours, s’irrite des « explications » qu’on plaque sur ses images, tout entière solidaire des enfants qui les reçoivent sans filtre aucun.
Une enfance sombre
L’enfance d’Elzbieta est sombre donc. La Pologne envahie par les nazis, son père qui meurt à la guerre, sa mère, peu aimante, qui la confie à une « fée-marraine » à l’importance capitale. Conteuse inoubliable, cette brave femme qui vit à Mulhouse, où la fillette apprend le français comme l’alsacien, n’a que deux livres, dont elle prend un soin jaloux : son livre de cuisine et son missel. Et l’enfant, qui vit dehors ou joue sous les tables les jours de pluie, sait seulement qu’elle veut être artiste. Elle est fascinée par les images et la perfection du dessin d’une voisine, Sulamith Wülfing, qui a fui l’Allemagne. Si les anges et les nains qu’elle admire ne l’inspireront pas,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ L’œuvre monumentale offerte à la France par l’artiste américain en novembre 2016 fait toujours polémique.
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Le Petit Palais, futur jardin des « Tulipes » de Jeff Koons

L’œuvre monumentale offerte à la France par l’artiste américain en novembre 2016 fait toujours autant polémique.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 17h59
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 18h52
    |

                            Emmanuelle Lequeux








                        



                                


                            

Après deux ans de polémique, les  Tulipes de Jeff Koons fleuriront les jardins du Petit Palais, a annoncé Christophe Girard, vendredi 12 octobre, sur France Inter. Le nouvel adjoint à la maire de Paris pour la culture, après la démission de Bruno Julliard, a donné un étonnant coup d’accélérateur à ce dossier qui traînait en longueur. Cette annonce intervient quelques jours avant l’ouverture de la FIAC (du 18 au 21 octobre), qui verra accourir collectionneurs éminents, puissants galeristes et musées du monde entier, inscrivant un peu plus la capitale sur la carte mondiale de l’art contemporain.
La fabrication et l’installation de cette œuvre, estimée à plusieurs millions d’euros, « seront financées par de l’argent privé », a assuré M. Girard. « La Fondation pour Paris, dirigée par Anne-Sylvie Schneider, lève les fonds, avec le couple Emmanuelle et Jérôme de Noirmont [anciens galeristes et producteurs de l’œuvre], et le soutien de l’ancienne ambassadrice des Etats-Unis en France Jane Hartley, qui m’a assuré cette nuit avoir les mécènes. » Le contexte géopolitique est en effet « très important », selon M. Girard. « Emmanuel Macron et Anne Hidalgo veillant aux relations franco-américaines comme le lait sur le feu, il fallait en finir avec ce feuilleton. »

Plus d’une fois, en effet, ce feuilleton a failli tourner à l’incident diplomatique. Depuis que le sculpteur américain a dévoilé, en novembre 2016, son désir d’offrir à la France, en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015, une œuvre monumentale, la polémique ne désenfle pas.
Propositions ironiques
Les uns dénoncent l’étrange conception du « cadeau » de l’artiste américain : Koons laisse en effet à la charge du récipiendaire la réalisation du monument dont il offre le « concept » (une rutilante bagatelle, qui s’élance à 10 mètres de hauteur, s’épand sur 8 de large et pèse 33 tonnes). Les autres moquent l’arrogance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ L’écrivaine de 81 ans, auteure d’une trentaine de romans portant notamment sur l’esclavage et le colonialisme, a été choisie par un vote populaire.
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La Guadeloupéenne Maryse Condé remporte le « nouveau prix de littérature », alternative au Nobel

L’écrivaine de 81 ans, auteure d’une trentaine de romans portant notamment sur l’esclavage et le colonialisme, a été choisie par un vote populaire.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 17h03
   





                        



   


Souvent pressentie pour le prix Nobel, l’écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé a remporté vendredi 12 octobre « le nouveau prix de littérature » institué par la « Nouvelle Académie ».
En raison d’un scandale sexuel touchant l’Académie suédoise, à la suite d’accusations d’agressions et de viols portées par dix-huit femmes contre l’époux d’une académicienne, l’institution n’a en effet pas été en mesure de remettre un prix Nobel de littérature pour l’année 2018.
C’est donc pour compenser cette absence qu’a été créé ce nouveau prix, décerné à Maryse Condé. « Dans ses œuvres, avec un langage précis », celle-ci « décrit les ravages du colonialisme et le chaos du post-colonialisme », a fait valoir la Nouvelle Académie lors de l’annonce du prix à la Bibliothèque publique de Stockholm.

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                Maryse Condé, pourvoyeuse de plaisirs



Née en février 1937 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), Maryse Condé a publié une trentaine de romans portant notamment sur l’esclavage et l’Afrique, ainsi que des pièces de théâtre et des essais. Son dernier livre, Le Fabuleux et Triste Destin d’Ivan et d’Ivana (éd. JC Lattès), est paru en 2017, deux ans après Mets et Merveilles, qu’elle avait annoncé comme son ultime ouvrage.
« Je suis très heureuse et très fière d’avoir ce prix, mais permettez-moi de le partager avec ma famille, avec mes amis et surtout avec tous les gens de la Guadeloupe […] qui seront émus et heureux de me voir récompensée », a-t-elle réagi dans une vidéo, peu après l’annonce.
Financement participatif et mécénat
Maryse Condé a été désignée parmi une liste établie par quarante-sept bibliothécaires suédois, ensuite ramenée à quatre noms par un vote populaire (33 000 contributions, selon les organisateurs) : la Française Maryse Condé, le Britannique Neil Gaiman, la Québécoise Kim Thúy et le Japonais Haruki Murakami. Celui-ci, favori dans la course au Nobel, a demandé à être retiré de la liste, préférant « se concentrer sur l’écriture, loin de l’attention des médias ».
Quatre jurés — une éditrice, une professeure de littérature, un critique littéraire et la directrice d’une bibliothèque, tous suédois — ont ensuite été chargés de désigner le lauréat final.
Le prix — un million de couronnes (environ 97 000 euros), soit un peu plus du dixième du chèque perçu par les lauréats d’un Nobel — est doté par financement participatif et mécénat.
Il sera remis le 9 décembre, la veille du banquet des Nobel, traditionnellement dressé à l’hôtel de ville de Stockholm en l’honneur des lauréats de l’année (physique, chimie, médecine, littérature, économie, outre le prix de la paix, décerné à Oslo), en présence de la lauréate.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ L’auteur italien présente, au Théâtre du Rond-Point, à Paris, sa nouvelle pièce, « Laïka », avec le comédien David Murgia.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Théâtre : une chienne de vie vue par Ascanio Celestini

L’auteur italien présente, au Théâtre du Rond-Point, à Paris, sa nouvelle pièce, « Laïka », avec le comédien David Murgia.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 16h13
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 17h45
    |

Joëlle Gayot







                        



                                


                            

C’est la claque de cette rentrée théâtrale. Une claque mémorable, qui vous rappelle que vous n’êtes pas seul sur la Terre, qu’autour de vous il y a des gens qui méritent votre regard, votre écoute et votre respect. Comme ce clochard qui dort dehors sous vos fenêtres, cette voisine de palier à l’esprit embrouillé qui ratiocine avec aigreur, cette autre vieille, généreuse, qui vaque d’un bout à l’autre de la cité en priant Dieu, les mains jointes vers le ciel, cette prostituée dont l’existence ne fait ni envie ni pitié, mais qui assume son destin, ces employés en lutte dans une entreprise sans âme… Et ce jeune homme enfin, qui, dès le matin, s’en va boire son verre de vin au comptoir du bar d’à côté pour conjurer la solitude et parler, sans pouvoir s’arrêter, de ce désastre humain à l’œuvre dont il est le devin, le témoin et le conteur à la manière d’un Tirésias de tragédie.
Le texte doit son titre au nom de la première chienne qui fut envoyée dans l’espace
Ce peuple de l’ombre, qui d’ordinaire n’a ni visage ni voix, Ascanio Celestini lui donne corps dans sa pièce Laïka, mise en scène au Théâtre du Rond-Point, à Paris. Le texte doit son titre au nom de la première chienne qui fut envoyée dans l’espace. Seule dans sa capsule, Laïka était assurée de mourir. Mais qui diable s’en souciait ? Elle n’était pas un animal de race, juste une bâtarde sacrifiée sur l’autel de la science. On apprend cette histoire qu’à la fin du spectacle, et elle nous tire des larmes. Pleurer à cause d’une chienne ? La faute en incombe à une représentation qui emmène son public vers ce seuil déroutant où il n’a plus aucune défense.

Ascanio Celestini, auteur italien né en 1972 – il se dit qu’il est le nouveau Dario Fo, tant il endosse, comme son illustre aîné, le rôle de l’auteur engagé dans son temps, sachant pourfendre son époque sans oublier d’en rire –, est un habile dramaturge. Il navigue à la lisière du pathos sans jamais franchir la ligne jaune,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Un album collector réunit les contributions d’une quarantaine de musiciens qui rendent hommage au chat de l’artiste, mort en 2014.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Sophie Calle : requiem collectif pour un matou

Un album collector réunit les contributions d’une quarantaine de musiciens qui rendent hommage au chat de l’artiste, mort en 2014.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 16h10
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 16h37
    |

                            Stéphane Davet








                        



                                


                            

Faut-il que musiciens et chanteurs admirent Sophie Calle (et réciproquement) pour que sa nouvelle création, « Souris Calle », conçue en hommage à son chat, Souris, mort le 26 janvier 2014, après dix-sept années de vie ­commune, et exposée à la galerie Perrotin (Paris 3e) du 13 octobre au 22 décembre, se double d’un ovni discographique à la distribution foisonnante, voire surréaliste ?
Objet sans doute unique dans l’histoire des musiques popu­laires, un triple album vinyle (tiré à 1 000 exemplaires, dont 100 en version « Deluxe » signés par l’artiste, également disponible sur les plates-formes de streaming) accroché dans l’exposition et diffusé dans plusieurs salles et alcôves aménagées pour l’écoute, regroupe ainsi pas moins d’une quarantaine d’artistes français – Camille, Benjamin Biolay, Nicola Sirkis, Brigitte, Juliette Armanet, Jeanne Cherhal, Miossec, Jean-Michel Jarre, Mirwais, Raphaël, Christophe, Lou Doillon… – et internationaux – Bono, Laurie Anderson, Michael Stipe, Jarvis Cocker, Mount Kimbie, The National, Pharrell Williams… Chacun a accepté de composer et d’interpréter un titre pour ce requiem collectif pour un matou.
Alex Beaupain, chanteur : « Sa façon de mettre en scène son quotidien, d’en faire une performance continue, est proche de ce que nous faisons »
« Les œuvres de Sophie Calle parlent aux musiciens, assure Christophe Miossec qui, avec Benjamin Lebeau, membre des Shoes, a écrit pour l’occasion le loufoque Il n’avait jamais tué de chamois. On pourrait souvent faire des chansons du thème et des histoires de ses expos : “La Filature”, “Prenez soin de vous…” » Juliette Armanet, au swing lounge-jazz dans Cool Cat, estime que « les textes qui accompagnent les créations de Sophie Calle ont souvent quelque chose de court, d’intense, d’efficace qui peut se rapprocher d’une chanson ».
Une proximité à laquelle est aussi sensible l’auteur-compositeur-interprète...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ A écouter cette semaine : un « Soldat » centenaire réorchestré, le retour de la chanteuse libertine, une voix rock au souffle mystique élégant…
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Sélection albums : Igor Stravinsky, Mylène Farmer, Cat Power…

A écouter cette semaine : un « Soldat » centenaire réorchestré, le retour de la chanteuse libertine, une voix rock au souffle mystique élégant…



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 15h38
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 15h52
   





                        


Antonio Salieri Les Horaces Judith Van Wanroij, Cyrille Dubois, Julien Dran, Jean-Sébastien Bou, Philippe-Nicolas Martin, Andrew Foster-Williams, Eugénie Lefebvre, Les Chantres du Centre de musique baroque de Versailles, Les Talens Lyriques, Christophe Rousset (direction)

   


C’est l’histoire d’un échec : après avoir provoqué la détestation de la reine lors de répétitions à Fontainebleau, en 1786, Les Horaces de Salieri furent créés sous les quolibets à Versailles, avant de disparaître de l’Académie royale de musique après seulement trois représentations. Trop de modernité ? L’ouvrage, il est vrai, fait preuve d’une forme inusitée : trois actes au lieu de cinq, suprématie du récitatif sur l’air, sans oublier l’éviction des divertissements au profit d’intermèdes. Mais c’est l’orchestre qui profite le plus de cette veine expérimentale, dont la puissance dramatique annonce déjà le grand opéra à la française de Cherubini. Il fallait toute la science de Christophe Rousset pour rendre justice à ces Horaces, défendus avec cœur par une distribution de haute volée, chœur et orchestre compris. Marie-Aude Roux
1 CD Aparté.
Igor Stravinsky Histoire du soldat Récitants et ensemble instrumental sous la direction de Jean-Christophe Gayot

   


Cent ans après sa création, Histoire du soldat « marche » toujours aussi bien sans le recours à la scène. Preuve en est donnée par cette merveille d’interprétation, qui dynamise avec un égal bonheur le texte de Ramuz et la musique de Stravinsky. Didier Sandre est un conteur-orchestre à l’aise sur tous les tons. Denis Podalydès, soldat plus vrai que nature, et Michel Vuillermoz, diable-caméléon, sortent tour à tour de leur boîte comme par magie. Emmené par le violon d’Olivier Charlier, idéalement entre deux cordes (celle du naturel et celle de l’artifice), l’ensemble instrumental, dirigé de main de maître par Jean-Christophe Gayot, nourrit l’imaginaire avec une efficacité aussi radiophonique que la prestation du trio de comédiens. Pierre Gervasoni
1 CD Harmonia Mundi.
Mylène Farmer Désobéissance

   


Au début de l’année a été publiée la chanson Rolling Stone, présentée alors comme le premier single d’un nouvel album à venir de Mylène Farmer. L’attente aura duré neuf mois, jusqu’à la parution de Désobéissance, onzième album studio de la chanteuse, marqué par la collaboration avec le DJ et producteur Feder, qui, outre Rolling Stone, est au crédit de six autres des douze chansons du disque. Feder apporte à la chanteuse un son assez minimaliste dans le traitement des claviers comme des percussions et la production, aux orchestrations retenues. Ce renouvellement des climats musicaux (avec le très réussi Prière dans l’approche la plus extrême) sert des thèmes familiers (tourments et espérances du sentiment amoureux, mélancolie). La littérature est évoquée avec Au lecteur, poème de Baudelaire parlé d’une voix profonde avec un accompagnement épuré.
Moins convaincantes sont les deux collaborations avec la chanteuse Laura Pergolizzi, dont un duo sur N’oublie pas. Enfin, trois chansons, Désobéissance, Parler d’avenir et Retenir l’eau, ont été réalisées avec Leon Deutschmann. On y retrouve la manière des grandes heures de Mylène Farmer avec Laurent Boutonnat, voix chorale, cordes, orchestrations fournies, lisibilité de l’accroche rythmico-mélodique. Un univers agréablement connu, complémentaire à la part plus « expérimentale » de ce disque qui n’a pas dérouté les fans : en huit jours de commercialisation, ses ventes ont dépassé 100 000 exemplaires. Sylvain Siclier
1 CD Stuffed Monkey/Sony Music.
Angèle Brol

   


Très prometteur, un premier brelan de singles –  La Loi de Murphy, Je veux tes yeux, La Thune –, tous illustrés de clips malicieux, avait séduit par la façon dont Angèle, 22 ans, jouait des contrastes entre la délicatesse de son chant et un sens vachard de l’observation, entre l’acidulé de mélodies pop et l’assurance des musiques urbaines. Si quelques chansons (Balance ton quoi, Victime des réseaux…) du premier album de la Bruxelloise retrouvent cette douce insolence, quelque part entre les refrains de son père, le chanteur Marka, et la sombre ironie de son frère, le rappeur Roméo Elvis (en duo dans Tout oublier), trop de titres perdent ce tranchant au profit de textes et de musiques chroniquant trop platement vie sentimentale et environnement générationnel. On espère plus de Brol – « bordel », « bazar », en argot bruxellois – pour la suite de sa jeune carrière. Stéphane Davet
1 CD VL Records/Universal.
Cat Power The Wanderer

   


Serait-ce la maternité qui aurait conduit l’Américaine Chan Marshall, alias Cat Power, à un semblant de sérénité, voire de classicisme, sur son nouvel album ? Six ans après Sun, tentative electro-pop bancale, la chanteuse réputée ingérable s’offre un retour aux sources sans écorchures, réminiscences de la soul gospel de The Greatest et de l’indie folk épuré de You Are Free. Autoproduit, The Wanderer distille un souffle mystique élégant, un peu trop sage, mais qu’emporte cette voix parmi les plus expressives du rock. Doublé aux chœurs par la Californienne Lana Del Rey, l’enlevé Woman se détache, avec une reprise sensible du Stay de Rihanna et, surtout, Horizon, hommage émouvant de la chanteuse à sa famille. Franck Colombani
1 CD Domino.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le groupe rock canadien, auteur d’un revigorant nouvel album nous présente sa sélection vidéo, avant son concert parisien, le 8 novembre.
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La YouTubothèque de Metric

Le groupe rock canadien, auteur d’un revigorant nouvel album nous présente sa sélection vidéo, avant son concert parisien, le 8 novembre.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 15h35
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 16h14
    |

            Franck Colombani








                        



   


La série « YouTubothèque » invite des artistes à choisir leurs œuvres favorites sur la plateforme de vidéos en ligne YouTube. Une carte blanche qui est l’occasion de découvrir leurs différentes influences, qu’elles soient musicales, cinématographiques, littéraires, voire au-delà de la sphère culturelle.

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Il y a près de quinze ans, nous faisions connaissance avec la troublante Emily Haines, par l’intermédiaire du film Clean du réalisateur Olivier Assayas. La meneuse longiligne du groupe de rock indépendant Metric ainsi que ses camarades faisaient une apparition symbolique dans leur propre rôle, filmés sur scène et en coulisses. Avec, en bande-son, le single Dead Disco, tiré de leur premier album, devenu depuis un classique de leur répertoire. Derrière sa mélodie aguicheuse, cet hymne post-punk dansant pointait, non sans ironie, cette tendance à considérer que tout en musique a déjà été fait.
A l’inverse, le temps a démontré que le quatuor de Toronto a conservé sa flamme intacte. Comme en atteste son septième album, Art of Doubt, produit par Justin Meldal-Johnsen (M83, Beck, Air) et enregistré à Los Angeles. Un disque aux mélodies confiantes, marqué par « un retour en force des guitares », selon Haines, après un Pagans In Vegas (2015) à l’orientation synthétique contestée. The Art of Doubt réserve quelques nouveaux hymnes rock en devenir, tels que Underline The Black, le LCD Soundsystem en diable Now Or Never Now, ou encore Dressed To Supress, où le chant d’Emily Haines atteint des hauteurs spirituelles qui donnent le vertige.
On décèle sur ces douze compositions une pincée de New Order, une louche de The Cars, un zeste de Blondie et, bien sûr, le vague à l’âme singulier d’Emily Haines. La fille du poète canadien Paul Haines, également membre du fameux collectif Broken Social Scene (qui a notamment révélé Feist) décrit avec brio les travers de notre société moderne individualiste, comme Dark Saturday, les soirées déprimantes et la solitude derrière le vernis et les paillettes.



La sélection vidéos de Emily Haines et du guitariste Jimmy Shaw
1. The Blaze - Territory

Emily Haines (chant, claviers) : Il s’agit d’un portrait incroyablement émouvant sur la famille et la communauté. La chorégraphie des séquences de danse se confond naturellement avec la chanson, et la cinématographie est magnifique.
2. Massive Attack - Live With Me

Une vidéo qui renverse avec brio la présentation habituelle de la fête dans les clips vidéo. C’est intense et perturbant à regarder, mais cela capture la réalité, et la réalité de la solitude, sans excuses.
3. Savages - Adore

Cette chanson est tellement pesante, le groupe Savages dégage dans la vidéo une image extrêmement sérieuse, presque effrayante! J’adore la façon dont ces musiciennes refusent de tomber dans les pièges habituels des vidéoclips musicaux, en livrant juste ce complément visuel à la chanson, avec tout le poids requis. Même si je conçois que visionner un clip de ce genre peut être déplaisant pour un spectateur ayant des attentes différentes.
4. The Square (bande-annonce du film)

Jimmy Shaw (guitare) : C’était le film de l’année pour moi. J’avais adoré Force Majeure, le précédent long-métrage du réalisateur Ruben Östlund, plein de subtilité. Une histoire si évidente et simple, et pourtant, ce qui s’y passe est profond et délicat. Sur The Square, tout cela est porté à un autre niveau. Il y a tellement de commentaires sur l’art, la société, la richesse et la façon dont nous nous traitons. Ce que nous choisissons de croire et choisissons d’ignorer. J’ai juste adoré. Même cette longue scène totalement inconfortable au milieu, où vous attendez juste la fin pour pouvoir arrêter de vous tordre dans votre siège, mais la tension est maintenue. Bravo!
5. Childish Gambino - This is America

Jimmy Shaw : Childish Gambino n’a jamais été à l’avant-garde de mon radar personnel. Mais j’adore la série Atlanta et je pense que son créateur, Donald Glover (Childish Gambino), est incroyablement talentueux. Il fait ici équipe avec le réalisateur Hiro Murai d’Atlanta pour ce vidéo clip sombre, cool et narratif. Je pense que nous pouvons tous convenir que l’Amérique traverse une période très difficile et qu’il y a beaucoup de colère des deux côtés de la barrière séparant ses frontières. Cette vidéo le montre mais le fait de manière hautement interprétative. Il y a des messages clairs, mais astucieusement représentés. Un grand bravo pour avoir abordé ses questions tout en continuant à faire de l’art, alors que de nos jours, la plupart des gens qui débattent semblent seulement se contenter de se crier les gros titres des journaux les uns aux autres.
The Art of Doubt, Metric (BMG )www.ilovemetric.com
En concert le 8 novembre à Paris, le Trianon, et le 13 novembre à Lyon, le Transbordeur




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ En une douzaine de toiles, l’exposition situe l’artiste où il doit l’être : parmi les inventeurs du pop art, côté satire.
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Sélection galerie : Peter Stämpfli chez Georges-Philippe et Nathalie Vallois

En une douzaine de toiles, l’exposition situe l’artiste où il doit l’être : parmi les inventeurs du pop art, côté satire.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 15h35
    |

                            Philippe Dagen








                        



   


C’est un chapitre méconnu de l’histoire du pop art, chapitre bref mais remarquable. En 1959, Peter Stämpfli, né en Suisse en 1937, s’établit à Paris. Il y découvre l’expressionnisme abstrait américain, l’imite, puis s’en détache vite, comme la plupart des artistes de sa génération, Andy Warhol, David ­Hockney, Gerhard Richter ou Martial Raysse. Tous perçoivent le changement d’époque : l’empire de la consommation de masse et de la publicité commence. A partir de 1963, Stämpfli découpe des fragments de réclames et de photos dans les magazines et les agrandit par l’épiscope et la peinture. Sur un fond monochrome, il représente avec une neutralité absolue un lavabo, deux mains masculines tenant un journal, deux mains féminines lavant une assiette, un fer à repasser, un demi de bière, un réfrigérateur ouvert.
Ces morceaux choisis deviennent les allégories d’un présent confortable, standardisé et mortellement monotone. On y voit à nu la répartition des rôles entre les sexes, mieux que chez la plupart de ses contemporains : madame fait la vaisselle, se vernit les ongles, se poudre le visage et reçoit de monsieur une rose de couleur jaune, probablement artificielle. Stämpfli a l’œil précis et l’ironie glacée. En une douzaine de toiles, l’exposition le situe où il doit l’être : parmi les inventeurs du pop art, côté satire.
« Stämpfli Pop 1963-1964 », galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois, 33 et 36, rue de Seine, Paris 6e. Du lundi au samedi, de 10 heures à 13 heures et de 14 heures à 19 heures. Jusqu’au 20 octobre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Dans son nouveau spectacle, l’humoriste d’origine cap-verdienne évoque son rapport à l’identité française.
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Humour : le rire doux-amer mais rassembleur de Fary

Dans son nouveau spectacle, l’humoriste d’origine cap-verdienne évoque son rapport à l’identité française.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 15h24
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

Fary sort son smartphone et montre la photo de sa silhouette grandeur nature prise dans les locaux européens de Netflix, à Amsterdam : « Quelle fierté ! », se réga­le-t-il. En avril, ce jeune homme d’origine cap-verdienne, bien ­décidé à s’installer durablement dans le paysage du stand-up, est devenu le deuxième humoriste français à être distribué sur la plate-forme de streaming, après Gad Elmaleh. Alors forcément, ça l’enthousiasme : « C’est une production Netflix, je peux être vu dans plein de pays. Depuis la diffusion de mon premier spectacle, 30 000 personnes de plus me ­suivent sur Instagram ! » Il est comme ça, Fary, traçant sa route avec certitude.« Tout s’enchaîne comme c’était prévu, reconnaît-il. Je suis un peu comme un jeune footballeur en centre de for­mation, j’ai toujours su que je ferais ce métier. »

Malin et perfectionniste, il s’est entraîné avec assiduité sur les ­plateaux des « comedy clubs », a su retenir l’attention de Kader Aoun, le grand manitou du circuit devenu son coauteur et metteur en scène, et a intégré l’écurie de Jean-Marc Dumontet, producteur incontournable de la scène parisienne. C’est d’ailleurs dans la salle récemment acquise par ce dernier à Paris, Le Comédia, que Fary présentera à partir du 17 octobre son nouveau spectacle, Hexagone.
Repartie piquante
Cet humoriste âgé de 27 ans a même le culot de vouloir ­remplir l’AccorHotels Arena le 1er mars 2019. « Faire Bercy, c’est une idée de mon ego », lâche-t-il sans fausse pudeur. Trianon, ­Casino de Paris, Salle Pleyel, ­Cirque d’hiver et Théâtre du Châtelet, il avait écumé avec succès quelques belles salles parisiennes avec son précédent seul-en-scène, Fary Is The New Black.
En quelques années, la pré­diction de sa professeure d’histoire-géographie, qui avait repéré la ­repartie piquante mais pas vacharde de ce lycéen toujours prompt à se faire remarquer,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Des classiques de la littérature aux créations originales, les histoires s’écoutent désormais autant qu’elles se lisent. Une nouvelle façon de s’immerger dans un récit, d’apprendre, de ressentir aussi.
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édition abonné


Livres audio, podcasts... Les Français ont la tête dans le casque


                      Des classiques de la littérature aux créations originales, les histoires s’écoutent désormais autant qu’elles se lisent. Une nouvelle façon de s’immerger dans un récit, d’apprendre, de ressentir aussi.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 14h51
    |

            Catherine Rollot








                              

                        

C’est un rituel bien rodé qui commence avant même de fermer la porte d’entrée. Chaque matin, Carmelina Collado prépare sa dose littéraire. Démêler et brancher les écouteurs, vérifier où reprendre pour n’avoir qu’à appuyer sur le ­petit triangle « play », et plonger, en dévalant les escaliers, dans son livre audio. La voilà partie pour trente-cinq minutes d’immersion, le temps de trajet vers son bureau parisien, dans un roman en espagnol, un polar en anglais ou une saga en français. « Ma bulle de calme dans le tumulte du métro – qui ne m’empêche pas de m’excuser si je marche sur le pied du voisin. »
Déjà cinq ans que cela dure. Cette ­polyglotte, cadre dirigeante dans un grand groupe hôtelier, a attrapé le virus en vacances. La réverbération du soleil qui brouille la vue, les grains de sable dans les pages, le sac trop chargé pour accueillir un poids supplémentaire, autant de bonnes raisons qui lui ont fait tester « le livre qui parle ». Résultat : « Les trois tomes de Millénium sur une plage brésilienne en trois semaines, s’amuse-t-elle. Je venais de découvrir la puissance de la voix pour entrer dans un récit, l’émotion de l’écoute. Depuis, je n’ai jamais plus arrêté. Au contraire, je complète à d’autres moments avec des podcasts. »
Génération Marlène Jobert
Relever la tête de l’écran pour se laisser bercer par des mots, écouter le récit d’un écrivain, les péripéties d’un aventurier ou la ­sagesse d’un moine bouddhiste… ils sont de plus en plus nombreux à ouvrir grand leurs oreilles. Et à faire le plein d’histoires en écoutant des livres mais aussi des podcasts ou « balados », comme les appellent les Québécois, ces programmes (issus d’émissions diffusées sur des antennes ou podcasts dits « natifs », des créations originales) que l’on peut télécharger gratuitement puis consommer à tout moment depuis son mobile ou sa tablette. Le format a déjà sa vitrine, le Paris Podcast Festival, qui se déroulera du...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Leur aventure s’est déployée en marge des grands circuits de l’art contemporain. Exposé cet automne à Paris et Londres, le duo scandinave aime cacher une dimension critique dans ses sculptures et installations aux airs farceurs.
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Elmgreen & Dragset, l’art de l’irrévérence


                      Leur aventure s’est déployée en marge des grands circuits de l’art contemporain. Exposé cet automne à Paris et Londres, le duo scandinave aime cacher une dimension critique dans ses sculptures et installations aux airs farceurs.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 14h32
    |

                            Roxana Azimi








   


En ce mois d’octobre, Michael Elmgreen et Ingar Dragset, alias Elmgreen & Dragset, font feu de tout bois. Dans l’hôtel particulier du Marais qui abrite la galerie Emmanuel Perrotin, ils bouleversent l’espace de fond en comble. Place Vendôme, ils font échouer des centaines d’étoiles de mer rouges, pour une installation inscrite dans le programme hors les murs de la FIAC. A Londres, enfin, à la Whitechapel Gallery, ils ont installé une piscine typique des années 1950. Cette omniprésence pourrait laisser penser qu’Elmgreen & Dragset s’inscrivent parmi les artistes qui caressent le bon goût dans le sens du poil. Grossière erreur ! Le duo dano-norvégien pince-sans-rire, passé maître dans les sculptures et les installations irrévérencieuses, est plus poil à gratter que brosse à reluire, moins courtisan que fou du roi.
« On a pu travailler sans songer à vendre, en amateurs plutôt qu’en professionnels, sans se poser la question de notre place dans les musées. On n’a jamais été très à l’aise dans le monde de l’art. »
Comme Maurizio Cattelan, Elmgreen & Dragset sont longtemps passés pour de drôles de zèbres, des rigolos inoffensifs. Leur rire potache n’a pourtant rien de facile. Depuis vingt ans, ces farceurs très sérieux ont l’ambition d’éveiller les consciences. Mais critiquer le système, tout en y appartenant, n’est pas à la portée du premier venu. Il faut un certain degré d’intimité avec le pouvoir, le vrai, celui des grands collectionneurs et du grand marché. Cette connaissance, Michael et Ingar l’ont acquise discrètement : aujourd’hui à la tête d’un immense atelier – mais seulement dix assistants, quand des artistes de leur standing, comme Olafur Eliasson, à Berlin, en alignent une centaine – dans une ancienne usine de pompage électrique, ils ont longtemps avancé masqués.
Leur chance ? Avoir fait leurs armes dans une Scandinavie qui, au milieu des années 1990, était Terra incognita sur la carte du monde de l’art. « On a pu travailler sans songer à vendre, en amateurs plutôt qu’en professionnels, sans se poser la question de notre place dans les musées », glisse Dragset, le brun Norvégien, le moins bavard du duo. Et d’ajouter, avec un sourire timide : « On n’a jamais été très à l’aise dans le monde de l’art. »

   


Ses premiers pas, Dragset les accomplit dans le théâtre corporel. Elmgreen, son comparse blond, invente alors une poésie sauvage et imagée, mais condamnée à la confidentialité en raison du nombre restreint d’amateurs lisant le danois dans le texte. En décidant de mettre ses textes sur écran, il bascule cependant dans un monde qui lui était étranger, celui de l’art. « Les gens de la poésie ne se retrouvaient pas dans ce que je faisais, raconte-t-il. J’ai exposé dans des centres d’art et on m’a alors étiqueté artiste visuel. »
Les deux hommes se rencontrent en 1994, dans une boîte de nuit de Copenhague. Le couple d’amoureux navigue entre plusieurs eaux : art, théâtre, poésie, performance. A cette époque, des collectifs comme Superflex fleurissent un peu partout au Danemark. Leur rupture amoureuse, en 2003, ne sépare pas les artistes. « Les dix ans que nous avons vécus ensemble, c’était comme cinquante ans pour beaucoup de gens. On savait qu’on ne pourrait pas s’éloigner l’un de l’autre », résume Elmgreen. « Le cœur de notre relation, c’était l’amitié, le sentiment d’être des âmes sœurs », ajoute son complice.
« Le monde des enchères, les Basquiat à 100 millions de dollars, ce n’est pas notre monde. Pas plus que la surproduction. » Elmgreen
Leurs œuvres, conçues au terme de vives discussions, se chargent dès lors de plus d’émotions, à l’instar de cette hirondelle moribonde coincée entre deux vitres, qu’ils imaginent à la Tate Modern l’année même de leur séparation. A la corde sensible, le duo préfère toutefois l’humour corrosif. « Ça permet de commencer une conversation, confie Dragset. On ne cherche pas à être provocateurs par plaisir. C’est un effet collatéral. »
Dès 1997, le monde de l’art devient leur cible privilégiée, lorsque pendant douze heures ils peignent et repeignent en blanc les murs d’une galerie. Histoire de se moquer des « white cubes » stériles et neutres, ainsi que du « bougisme » des galeries, qui s’obligent à vernir tous les mois. Ironisant sur les liens entre l’art et le luxe, le tandem installe, en 2005, la réplique grandeur nature d’une boutique Prada en plein désert, à 40 kilomètres du centre d’art mythique de Marfa. A la Biennale de Venise, en 2009, ils reconstituent un appartement censé être celui d’un collectionneur gay dont le « cadavre » gît au fond d’une fausse piscine. D’autres sculptures représentent un coffre-fort, ou une collectionneuse trop lasse, presque dubitative, devant la caisse renfermant sa dernière acquisition. Elmgreen & Dragset ne craignent pas de mordre la main du collectionneur qui les nourrit. « Le monde des enchères, les Basquiat à 100 millions de dollars, ce n’est pas notre monde. Pas plus que la surproduction, souligne Elmgreen. On ne veut pas mettre notre atelier sous stéroïdes ! » En 2016, à quelques jours de la FIAC, ils s’emparent de la nef du Grand Palais pour y reproduire le stand de la galerie Perrotin, rempli de leurs œuvres, perdu tout seul au milieu de rien. Une proposition méchamment ironique tant le bâtiment a abrité les projets les plus mégalos, et parfois creux, comme Monumenta, une opération où les artistes rivalisent de gigantisme.

   


Brocarder les tics et les tocs du monde de l’art serait un fonds de commerce trop facile. Les complices s’attaquent aussi aux visions héroïques de la virilité, en installant un enfant sur un cheval à bascule à Trafalgar Square, à Londres, pichenette aux grandes statues équestres valorisant le mâle guerrier. En 2012, ils réalisent même une version masculine de la Petite Sirène de Copenhague. Scandale ! On ne touche pas impunément à un symbole national. « On nous a dit que c’était une sculpture gay, rigole Elmgreen. Comme si une sculpture pouvait être homo, franchement ! » 
Lire aussi : L’art en place à Trafalgar Square 
A la galerie Perrotin, en octobre, ces esprits frappeurs posent la question de l’espace public et privé en empruntant aussi bien au registre du minimalisme que du land art. Parmi les œuvres exposées, un panneau de signalisation opaque et muet. Manière d’exhorter le citoyen à agir sans attendre d’ordre. La piscine qu’ils exposent à la Whitechapel Gallery n’a rien d’un bassin récréatif. Il s’agit plutôt d’une douche froide, un souvenir des piscines publiques de la ville, rasées pour construire des immeubles luxueux, ou une école d’art comme Goldsmiths. « Le nouveau bâtiment de la Tate a coûté des centaines de millions de dollars, soupire Elmgreen. On ferme des infrastructures utiles, des bibliothèques, des bains publics, même des stades pour créer des institutions de luxe pour touristes que les Anglais ne visitent qu’une fois par an à tout casser. » Elmgreen & Dragset auraient-ils perdu toute foi en la création contemporaine ? « L’art peut être fantastique, répond Elmgreen, et peut éveiller les esprits, planter des graines dans les consciences des puissants ; mais il peut aussi faire beaucoup de tort. Il s’est parfois allié aux régimes totalitaires. L’art, ce n’est pas un label de qualité ou d’éthique. »

   


Précisément, lorsqu’ils furent sollicités pour être les commissaires de la Biennale d’Istanbul en 2017, les compères y ont réfléchi à plusieurs fois. Une manifestation artistique dans la Turquie d’Erdogan, qui venait de lancer une chasse sans précédent aux intellectuels et aux journalistes ? L’invitation fait froid dans le dos. Le grand risque étant l’instrumentalisation : une biennale peut vite se muer en village Potemkine, donnant une illusoire image d’ouverture à un régime répressif. Après le coup d’Etat de 2016, dix jours après avoir été sélectionnés, Elmgreen & Dragset songent à démissionner. La directrice des programmes a été licenciée, beaucoup de collaborateurs ont vu des membres de leurs familles arrêtés. Mais les organisateurs de la Biennale, financée à 95 % par des fonds privés, les enjoignent d’aller sur place pour rencontrer opposants et journalistes. A chaque interlocuteur, ils posent la même question : une biennale fait-elle sens dans ce contexte ou s’agit-il d’une manière déguisée de priver les contestataires de projecteur ? « Pour tous ceux qu’on a rencontrés, la pire des choses aurait été d’être abandonnés. » De cet exercice de funambule, le duo tire une exposition axée sur les questions de la diversité et du vivre-ensemble. Pas comique pour deux sous.

        Lire aussi :
         

                Elmgreen et Dragset se paient le Grand Palais à eux tout seuls



La cinquantaine venant, Elmgreen & Dragset goûtent moins au burlesque, laissant davantage libre cours à la mélancolie. « L’humour va bien avec le blues, lance Elmgreen, sourire en coin. On ne peut pas afficher des smileys alors que la Scandinavie compte parmi les taux de suicide et d’alcoolisme les plus élevés au monde, si ? » Les duettistes ne se font plus d’illusion sur le modèle culturel scandinave, depuis que le Danemark et la Suède ont durci leur politique d’immigration. Pas plus qu’ils ne glorifient Berlin, où ils ont posé leurs valises en 1997, comme tant d’artistes, afin de profiter des loyers bas et des grands espaces. « La Ville était plus ouverte aux artistes, qui avaient la possibilité de disposer de lieux dans des buildings abandonnés, raconte Elmgreen. Les espaces libres, indéfinis qui existaient voilà encore dix ans ont disparu. » Résister aux conformismes et à l’air du temps, c’est plus fort qu’eux.
« Solo show », Galerie Emmanuel Perrotin, 76, rue de Turenne, Paris 3e. jusqu’au 22 décembre. www.perrotin.com « To whom it may concern », Place Vendôme, jusqu’au 2 novembre. « This is how we bite our tongue », Whitechapel gallery, 77-82 Whitechapel High Street, Londres. Jusqu’au 13 janvier 2019. www.whitechapelgallery.org



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ La nouvelle production du créateur de « Mad Men » laisse dubitatif, au vu des deux premiers volets.
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« The Romanoffs » : huit films sous la bannière des Romanov

La nouvelle production du créateur de « Mad Men » laisse dubitatif, au vu des deux premiers volets.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 14h00
    |

                            Martine Delahaye








                        



   


Amazon Prime Video, à la demande, série
Trois ans après la fin de son élégantissime série Mad Men – et onze mois après qu’une des scénaristes de ce programme l’a accusé d’un acte de harcèlement sexuel –, Matthew Weiner est de retour. Avec huit « films-épisodes » réunis sous un même titre, The Romanoffs.
Cette série anthologique, réalisée et écrite ou coécrite par Matthew Weiner, se compose en effet de huit volets qui peuvent durer jusqu’à quatre-vingt-dix minutes – c’est le cas des deux premiers, les seuls que nous ayons pu voir à ce jour – et qui s’appuient chacun sur un scénario, des ­ personnages et des acteurs différents.
Un budget impressionnant
Seule une très aléatoire historicité les lie entre eux, chaque « épisode » comptant un personnage qui se sait, se dit ou s’imagine ­descendant de la famille impériale russe des Romanov, laquelle régna du début du XVIIe siècle ­jusqu’à la révolution bolchevique. C’est peu dire que les deux premiers volets, qui se déroulent de nos jours, l’un à Paris, l’autre aux Etats-Unis, laissent sur la réserve. Bénéficiant d’une pléiade d’actrices et d’acteurs de renom, ayant tourné aux Etats-Unis, en Europe et en Asie, et s’appuyant sur un budget impressionnant grâce à son commanditaire, Amazon (50 millions de dollars, soit 43,5 millions d’euros), Matthew Weiner semble surtout avoir pris plaisir à se mesurer à différents genres cinématographiques : la romance à la Woody Allen, la critique sociale à la Sidney Lumet, etc.
Bénéficiant d’une pléiade d’actrices et d’acteurs de renom, la série a été tournée aux Etats-Unis, en Europe et en Asie
Au final, peut-être un désir (in)conscient de se montrer à la hauteur de son illustre ascendance, réelle ou supposée, se révélera-t-il être un point commun au personnage principal de chaque épisode ; peut-être le patronyme Romanov et le sort tragique que connut cette famille impériale s’avéreront-ils déterminants pour l’identité de chacun.
Nul ne le saura avant plusieurs semaines, Matthew Weiner ayant obtenu qu’Amazon modifie son mode habituel de diffusion  : les huit « films-épisodes » ne seront pas proposés sur la plate-forme en une fois, mais à un rythme hebdomadaire, à l’exception de ce jour de lancement, qui en comptera deux. Amazon a par ailleurs renouvelé cette série avant même la diffusion de sa première saison.

The Romanoffs, série créée par Matthew Weiner (EU, 2018, 8 épisodes de 60 à 90 minutes proposés en version originale seulement).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le très éclectique et fantaisiste Michel Gondry donne un film sur l’adolescence frais comme la rosée.
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« Microbe et Gasoil » : un road-movie buissonnier

Le très éclectique et fantaisiste Michel Gondry donne un film sur l’adolescence frais comme la rosée.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 14h00
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


Ciné+ Famiz, vendredi 12 octobre à 20 h 45, film
Enfant prodige du clip, contemporain de l’éclosion de la French Touch, devenu cinéaste aux Etats-Unis (son premier long-métrage, Human Nature, date de 2001), puis réalisateur de block­busters (avec The Green Hornet, 2011), Michel Gondry n’a jamais cessé d’aller et venir entre la France et les Etats-Unis, entre la fiction et le documentaire, entre des projets artisanaux, comme bricolés dans son grenier, et des productions hollywoodiennes à gros casting, sans oublier ses « usines de films amateurs » qu’il installe aux quatre coins du globe pour offrir à tout un chacun la possibilité de réaliser un court-métrage.
Pareilles trajectoires sont rares et il convient de saluer la liberté d’esprit dont celle-ci témoigne, d’autant qu’elle est ici le sujet même du film. Teen-movie frais comme la rosée, inspiré des souvenirs d’adolescence de l’auteur, Microbe et Gasoil sonne comme un manifeste pour la liberté d’être soi, de résister aux assignations, de s’arracher aux cadres. Et à Versailles, où le film commence, les cadres n’ont pas la réputation d’être malléables.
Tendresse trash
Avec ses cheveux longs, sa passion dévorante pour le dessin, sa mère un peu lunaire, vaguement dépressive, Daniel (alter ego de l’auteur), en tout cas, ne s’y adapte pas. A l’école, on le traite de fille, on l’appelle « Microbe ». L’arrivée d’un nouveau, Théo, un fils de brocanteur fondu de mécanique, qui se pavane dans le quartier la sono à fond sur sa Mobylette customisée et s’exprime avec l’assurance d’un grand dandy, lui ouvre des horizons, et le sort de sa solitude. Chez ce garçon trop crade pour la jeunesse versaillaise, qui héritera du sobriquet de « Gasoil », il reconnaît un frère.

        Lire la critique de « Microbe et Gasoil » à sa sortie en salle :
         

          Michel Gondry, comme sur des roulettes



Les grandes vacances approchant, Daniel et Théo décident de vivre leur vie sans Dieu ni maître, en accord avec leurs rêves et leurs envies. Ils se construisent une voiture-maison (une cabane en bois posée sur un châssis, avec un moteur) et, sans en avertir leurs parents, partent sillonner la France. En équilibre entre un réalisme délicat et une fantaisie qui ne l’est pas moins, entre une tendresse trash rappelant Les Beaux Gosses (2009), de Riad Sattouf, et une étrangeté qui évoque le climat du Prince of Texas (2013), de David Gordon Green, le film, mué en road-movie buissonnier, trouve alors sa musicalité propre.
Une histoire d’élection mutuelle
L’atmosphère est légère, aérienne. Déjà centrale dans The We and the I (2012), la question de la représentation de soi, de la puissance coercitive du regard des autres, est cruciale ici encore. Elle passe par ces surnoms arbitraires, Microbe et Gasoil, que les deux jeunes héros n’ont pas choisis et qui perdent toute légitimité une fois franchies les portes du collège (Microbe ne ressemble pas à une fille, Gasoil n’est pas sale).

        Lire la critique de « The We and the I » :
         

          Michel Gondry, chauffeur de bus



Rien n’est univoque, de fait, pas même la dynamique d’apprentissage des personnages, qui déborde la question sexuelle pour prendre un tour métaphysique, voire politique – l’incendie d’un camp de Roms par des policiers provoque une prise de conscience effarée chez Daniel. Et surtout pas les mécanismes de l’invention de soi.
Avec cette histoire d’élection mutuelle, Michel Gondry affirme qu’on est au moins autant le produit de son hérédité que des ­rencontres et des expériences que l’on fait par soi-même. Soutenu par ses jeunes acteurs (Ange Dargent et Théophile Baquet), qui rendent merveilleusement justice à son intention, il rend l’hommage le plus émouvant à cet ami perdu de vue, resté dans l’ombre, sans lequel, suggère-t-il, il ne serait peut-être pas devenu qui il est.
Microbe et Gasoil, de Michel Gondry. Avec Ange Dargent, Théophile Baquet, Audrey Tautou (France, 2015, 100 minutes).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ La journaliste et écrivaine a fondé l’organisation « La Nouvelle Académie », chargée de décerner un prix alternatif, plus démocratique et inclusif. Le prix a été décerné à Maryse Condé, vendredi.
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Alexandra Pascalidou, la femme-orchestre du Nobel alternatif


                      La journaliste et écrivaine a fondé l’organisation « La Nouvelle Académie », chargée de décerner un prix alternatif, plus démocratique et inclusif. Le prix a été décerné à Maryse Condé, vendredi.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 12h36
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








   


Quand elle s’est réveillée le 3 mai, apprenant que l’Académie suédoise, engluée dans un énorme scandale d’agressions sexuelles, renonçait à attribuer le prix de littérature 2018, Alexandra Pascalidou a eu une idée : créer une « nouvelle Académie » pour remplacer l’ancienne en plein délitement et « garantir qu’un prix international de littérature serait décerné en 2018 ». Il a été remis ce vendredi 12 octobre, à midi, en direct de Stockholm, à la Française Maryse Condé.
« A une époque où les valeurs humanistes sont de plus en plus souvent remises en cause, la littérature devient un contrepoids à l’oppression et au code du silence. » Alexandra Pascalidou
Elle est comme ça, Alexandra Pascalidou. Toujours dans l’action, hyperpolyvalente, comme en témoigne son profil sur Twitter, où la presque cinquantenaire (48 ans), qui compte un peu plus de 41 000 followers, se présente comme « journaliste primée, auteure, productrice, animatrice télé et radio, scénariste, actrice, gréco-suédoise… » Et encore, « citoyenne du monde ». Pour ces seules quatre dernières années, elle a signé trois livres sur les « leçons de la crise grecque », le mouvement #metoo et les mères des banlieues, tout en menant de front son engagement en faveur de l’égalité, la démocratie, la lutte contre le racisme… De quoi devenir une cible pour les néonazis du Mouvement de résistance nordique (NMR), qui l’ont estampillée « traître à la nation » et la menacent régulièrement, justifiant une mise sous protection policière.

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                Prix Nobel : l’Académie suédoise en plein soap opera



Début mai, elle a appelé ses connaissances dans le monde de la culture suédoise. Une réunion est organisée à Stockholm et un site lancé dans la foulée. La Nouvelle Académie y proclame vouloir faire de son prix « le rappel que la littérature devrait être associée à la démocratie, l’ouverture, l’empathie et le respect ». Et d’ajouter : « A une époque où les valeurs humanistes sont de plus en plus souvent remises en cause, la littérature devient un contrepoids à l’oppression et au code du silence. »
En Suède, la déclaration d’intention fait grincer des dents. « La littérature n’a pas pour mission d’être bonne et propre, elle doit être tout. Elle doit être libre », écrit Asa Linderborg, la chef du service culturel du quotidien du soir Aftonbladet. Dans Dagens Nyheter, la journaliste Lisa Magnusson renchérit : « La capacité à prendre ses distances avec les agressions sexuelles est tout à fait digne d’éloges, mais elle n’a rien à faire avec la littérature. » Qu’importe, le projet avance. Un appel à donation est lancé sur les réseaux sociaux. Sur le site de la Nouvelle Académie, un magasin en ligne propose tee-shirts, sweat-shirts et coques de portable « The New Academy ». Il faut bien alimenter les caisses : le prix est doté d’un million de couronnes (près de 100 000 euros).

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                En Suède, le Français Jean-Claude Arnault condamné à deux ans de prison pour viol



Pendant ce temps, les bibliothécaires suédois ont été priés de présenter une liste de candidats potentiels. Au total, 47 écrivains sont retenus, parmi lesquels douze Américains, onze Suédois et trois Français : Nina Bouraoui, Maryse Condé et Edouard Louis. La liste compte également quelques favoris du Nobel, jamais couronnés, comme l’Américaine Joyce Carol Oates ou l’Israélien Amos Oz. Au terme du vote, organisé en ligne du 10 juillet au 4 août, quatre finalistes ont été sélectionnés : la Française Maryse Condé, le Britannique Neil Gaiman, la Québécoise Kim Thúy et le Japonais Haruki Murakami. Celui-ci, favori dans la course au Nobel, a très poliment demandé à être retiré de la liste, préférant « se concentrer sur l’écriture, loin de l’attention des médias ».

Quatre jurés – une éditrice, une professeure de littérature, un critique littéraire et la directrice d’une bibliothèque, tous suédois – ont été chargés de désigner le lauréat. Le prix sera remis au gagnant lors d’une cérémonie organisée le 9 décembre… la veille de la remise des Nobel. Le site précise que la Nouvelle Académie sera dissoute en décembre, alors qu’en face l’ancienne vient d’annoncer la nomination de deux nouveaux membres : le juriste Eric Runesson, qui siège à la Cour suprême, et l’écrivaine d’origine iranienne Jila Mossaed. Un premier pas vers la reconstruction.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le 13 octobre 2017, la journaliste Sandra Muller avait lancé ce hashtag sur Twitter en dénonçant le comportement de l’ancien directeur général d’Equidia.
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Un an après #balancetonporc, le premier homme mis en cause, Eric Brion, dément toujours tout harcèlement

Le 13 octobre 2017, la journaliste Sandra Muller avait lancé ce hashtag sur Twitter en dénonçant le comportement de l’ancien directeur général d’Equidia.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 12h02
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 14h34
   





                        


Il y a presque un an jour pour jour, la journaliste Sandra Muller lançait en France le hashtag #balancetonporc. Le 13 octobre 2017, alors que l’affaire Weinstein – du nom du producteur américain accusé par une centaine de femmes d’agressions sexuelles – émergeait depuis quelques jours aux Etats-Unis, Sandra Muller décidait de dénoncer elle aussi l’ambiance malsaine du monde du cinéma, de la télévision et des médias en France.

" Tu as des gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit" Eric Brion ex patron de Équidia #balancetonporc— LettreAudio (@Sandra Muller)


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Première cible de ce hashtag largement repris depuis, Eric Brion, l’ancien directeur général de la chaîne de télévision Equidia, a tenté de se défendre sur Europe 1, vendredi 12 octobre.
« J’aurais pu nier les faits. (…) J’ai choisi de reconnaître que j’avais tenu certains des propos qu’elle met dans ma bouche », assure, d’emblée, Eric Brion. Comme il l’avait déjà affirmé dans une tribune au Monde en décembre 2017, il reconnaît, « pas très fier », avoir prononcé la phrase « T’as de gros seins, tu es mon type de femme » à Sandra Muller lors d’« une soirée arrosée » en 2012. « Je lui ai dit sur un ton ironique, après qu’elle m’a dit “stop” : “Dommage je t’aurais fait jouir toute la nuit.” (…) Mais il faut remettre le contexte, il faut remettre l’ironie, sur un tweet, on ne voit pas le ton avec lequel on l’a dit », poursuit-il encore.

        Lire la tribune :
         

          La journaliste Sandra Muller revient sur le phénomène #balancetonporc qu’elle a lancé



« Ce n’est pas du harcèlement, j’ai été lourdingue »
S’il dit regretter son comportement de l’époque, l’ancien DG de la chaîne de courses hippiques se défend de toute situation de harcèlement :
« Je ne considère pas l’avoir harcelée. Harceler, c’est la répétition. J’ai été lourd, couillon, j’ai mal agi, je me suis excusé le lendemain, je me suis de nouveau excusé publiquement. Ce n’est pas du harcèlement, j’ai été lourdingue. »
Celui qui a attaqué en janvier la journaliste en diffamation, explique avoir mis du temps avant de déposer plainte « parce qu’au début ce qu’il faut comprendre, c’est qu’on est sidéré, on est littéralement broyé ». Invité à livrer ses états d’âme au micro de Nikos Aliagas, le consultant regrette que « tout [ait] changé dans [sa] vie ». « Aujourd’hui, je n’ai pas de travail, j’en cherchais à l’époque, tout le monde m’a tourné le dos dans le monde professionnel », poursuit-il.

"Suite à #BalanceTonPorc, tout le monde m'a tourné le dos dans le monde professionnel. Des amis sont partis. J'ai p… https://t.co/aNBPmgQbh5— Europe1 (@Europe 1 📻)


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« Je fais le procès parce que, d’abord, je n’ai pas fait de harcèlement sexuel à caractère professionnel, répète-il. Et je le fais aussi pour mes filles, mes petits-enfants, arrière-petits-enfants. Quand ils taperont mon nom sur Google, ils ne verront pas harceleur. Ils verront qu’Eric Brion a été blanchi, je l’espère. »
Sandra Muller avait été désignée « briseuse de silence » par le magazine Time, qui avait consacré sa couverture des « personnalités de l’année » 2017, aux femmes à l’origine du mouvement #metoo et des révélations de violences sexuelles, notamment dans le milieu du cinéma. Elle doit prochainement sortir un livre sur les origines de #balancetonporc.

        Lire aussi :
         

                Comment l’affaire du hashtag #balancetonporc est née







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le Britannique, qui faisait ses débuts avec l’Orchestre de Paris et Daniel Harding, a enthousiasmé la Philharmonie.
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Par  Marie-Aude Roux  Publié aujourd’hui à 11h54, mis à jour à 12h10   Lecture 4 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés                  Le ténor britannique Ian Bostridge lors d’une séance photo au Palais Garnier à Paris, en janvier 2018. STÉPHANE DE SAKUTIN / AFP             L’Orchestre de Paris nous a offert, jeudi 11 octobre, l’un des concerts les plus excitants entendus depuis des mois. Au programme, les vénéneuses Illuminations, de Benjamin Britten, une partition âpre et suave, trépidante et sensuelle, que la sagace intelligence programmatique du directeur musical, Daniel Harding, a été bien inspirée de mettre au répertoire des musiciens parisiens. Fermentée dans les rousseurs amères des seules cordes, le Britannique en a exsudé jusqu’à plus soif la matière organiquement expressive, des rythmes ensauvagés aux courbes les plus suaves.          Ce faisant, il a suivi, précédé, enveloppé, accompagné, celui que l’histoire de l’interprétation désigne comme l’héritier naturel de Peter Pears, le compagnon à qui Britten avait en partie dédié sa partition, le ténor Ian Bostridge, longue silhouette torturée que semble habiter, jusqu’à l’hallucination, la prose rimbaldienne. Ivresses fauves, anathème craché comme de la mitraille, emportement démiurgique, ricanements, mais aussi legato à briser le cœur, le Britannique n’a cure du beau son.          Sons quasi animaux          Seule compte la poésie, qu’il déclame parfois plus qu’il ne chante, n’hésitant pas à produire des sons étranges, quasi animaux. Une telle intensité dans le don de soi est chose rare. La phrase récurrente – « J’ai seul la clé de cette parade sauvage » – n’a peut-être jamais résonné avec autant de vérité. Toutes qualités que Bostridge développe dans son prochain disque autour du centenaire de la guerre de 1914, Requiem, The Pity of War, consacré à Weill et Mahler ainsi qu’à deux jeunes compositeurs morts à la guerre, George Butterworth, Rudi Stephan, qui sortira à la fin du mois chez Warner Classics.           Lire le récit : Ian Bostridge chante juste Franz Schubert             Autour de ce grand bonheur, la suite orchestrale tirée d’Hippolyte et Aricie, de Rameau, a illustré avec brio l’art chorégraphe de Daniel Harding. Ce Rameau vif et coloré, plein de sève et d’allant, parfois donnant du mollet ou de la jambe sous ses atours enrubannés, sonnant baroque aussi, d’une manière quasi jouissive, a prouvé à quel point il est salutaire pour un orchestre symphonique de savoir jouer tous les répertoires. Mendelssohn et sa Symphonie op.107 dite « Réformation » ont parachevé la soirée.          Hardiesse de conquérant                                   — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de 400 journalistes    Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.    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Cinéma : comment la France tente de relocaliser l’enregistrement des musiques de film

Crédits d’impôt et aides territoriales ont permis de relocaliser des productions de films. Mais pas encore assez souvent l’enregistrement de leur musique. Il est vrai que la France manque de studios adaptés. Le 17 octobre, l’Orchestre national d’Ile-de-France inaugure le sien.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 11h48
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Ce matin de septembre, sans baguette, d’un geste des bras ample et sûr, le compositeur Mathieu Lamboley dirige la musique qu’il a écrite pour le deuxième volet du dessin animé Minuscule : les mandibules du bout du monde, dont la sortie sur les écrans est prévue en janvier 2019. Il a devant les yeux sa partition d’orchestre et, juste au-dessus, un écran qui diffuse le long-métrage de Thomas Szabo et Hélène Giraud. Les 85 musiciens (sur 95) de l’Orchestre national d’Ile-de-France (Ondif) réunis à Alfortville (Val-de-Marne), peu rompus à l’exercice, restent concentrés. Il s’agit d’enregistrer en quatre jours soixante minutes de musique écrite et retravaillée depuis avril. Autant dire que ça ne traîne pas.
« Une mante religieuse qui danse la salsa », annonce le chef d’orchestre aux musiciens qui portent un petit casque sur les oreilles. Ils découvrent la partition, puisque l’enregistrement d’une musique de film n’est jamais précédé de séances de répétition. Là, chaque prise peut être recommencée trois fois. Rarement plus. Le seul mini-incident du « service » de la matinée concerne les bassons, qui n’avaient pas reçu à temps une page de la partition. « Sol, si bémol, sol, la bémol à la mesure huit », explique Mathieu Lamboley. Et c’est reparti.
L’Ondif inaugure officiellement le 17 octobre son studio consacré aux musiques de films. Sobrement baptisé Le Studio, il est parrainé par Gabriel Yared – qui a reçu un oscar pour la musique du Patient anglais d’Anthony Minghella, et a signé celle de Sauve qui peut (la vie) de Jean-Luc Godard ou encore celles des derniers longs-métrages de Xavier Dolan.
Le dispositif technique permettant d’utiliser l’orchestre au grand complet a nécessité 1,2 million d’euros d’investissement, explique Alexis Labat, administrateur de l’Ondif. Une cabine son perfectionnée surplombe deux salles équipées d’une forêt de micros. Ce studio a été testé, en juin, par Alexis Maingaud,...




                        

                        

