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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ L’économiste Florence Legros dénonce, dans une tribune au « Monde », trente années de « bricolage » qui ont conduit à une diminution du pouvoir d’achat des retraités, et auxquelles pourrait mettre fin un système par points basé sur le principe de « neutralité actuarielle »
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Retraites : « La nécessité d’une réforme équitable, lisible et durable »

L’économiste Florence Legros dénonce, dans une tribune au « Monde », trente années de « bricolage » qui ont conduit à une diminution du pouvoir d’achat des retraités, et auxquelles pourrait mettre fin un système par points basé sur le principe de « neutralité actuarielle »



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 17h37
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 17h40
    |

Florence Legros (Professeur d’économie, directrice générale d’ICN Business School)







                        



                                


                            
Tribune. Après des décennies de réformes paramétriques, le gouvernement semble sur le point d’engager une réforme structurelle de notre système de retraite. Avec un taux de dépendance (le nombre des 65 ans et plus rapporté à celui des 15-64 ans) qui devrait passer de près de 25 % aujourd’hui à près de 45 % en 2070, les besoins de financement seraient en effet difficilement supportables si le poids des pensions dans le produit intérieur brut (PIB) augmentait dans les mêmes proportions.
Certes, les réformes menées jusqu’ici devraient limiter ce risque, comme le montre l’« Ageing Report » de la Commission européenne, qui en intègre les résultats escomptés. La part des pensions est aujourd’hui de 15,1 % du PIB, mais elle devrait baisser à 11,8 % en 2070, en raison de l’augmentation des taux d’activité aux âges élevés, mais surtout de la baisse des taux de remplacement, c’est-à-dire du rapport entre pensions et salaires d’activité. Car c’est en réalité à une baisse orchestrée du pouvoir d’achat relatif des retraités que l’on assiste depuis trente années !

En 1993, la réforme impose que les salaires servant au calcul de la première pension (soit les 25 meilleures années, au lieu des 10 préalablement) ne soient plus indexés comme le salaire moyen de l’économie, mais comme l’inflation. Autrement dit, les salaires passés voient leur valeur de calcul d’autant plus baisser qu’ils sont anciens. Les pensions suivantes étant également désindexées, celles-ci « décrochent » chaque année du salaire moyen. Autrement dit, chaque point de croissance économique vient baisser le pouvoir d’achat relatif des retraités.
Risque de paupérisation des retraités
Par la suite, la sous-indexation des retraites complémentaires à un point de moins que l’inflation, puis la décision, à partir de 2013 et jusqu’en 2019, de retarder leur revalorisation de sept mois chaque année, et enfin la mise en place d’un bonus-malus destiné à inciter...




                        

                        


<article-nb="2018/10/12/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ L’adoption d’un régime à points traduirait la préférence pour une gouvernance par les nombres qui considère la retraite comme un coût et non comme un « droit au bonheur », regrette le professeur d’économie Nicolas Cuzacq dans une tribune au « Monde ».
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Retraites : « La réforme traduit une vision purement comptable »

L’adoption d’un régime à points traduirait la préférence pour une gouvernance par les nombres qui considère la retraite comme un coût et non comme un « droit au bonheur », regrette le professeur d’économie Nicolas Cuzacq dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 17h36
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 17h40
    |

Nicolas Cuzacq







                        



                                


                            
Tribune. La réforme des retraites qui s’annonce n’est pas dans la lignée des précédentes car le passage d’une retraite en « annuités », dispositif actuel dans la majorité des régimes de base, à un régime par points que la réforme pourrait instaurer, engendre un changement de paradigme car la philosophie des deux dispositifs est différente.
Les régimes en annuités ont un objectif de revenu de remplacement alors qu’un régime à comptes notionnels privilégie la stabilité du montant des prélèvements obligatoires. Dans un régime par points, une hausse de l’espérance de vie engendre automatiquement une baisse de la pension de retraite, sauf si l’actif consent à cotiser plus longtemps. Dans les faits, la réforme aura donc des conséquences sur la durée de cotisation, à l’inverse de ce qui est parfois affirmé. Elle traduit une vision purement comptable du système des retraites.
On peut envisager d’augmenter les prélèvements sociaux sur les revenus du capital
Il est logique de travailler plus longtemps lorsque l’espérance de vie augmente, mais il semble aussi légitime d’élargir l’assiette des cotisations afin de prendre en considération les évolutions de la société comme par exemple sa financiarisation. En conséquence, on peut envisager d’augmenter les prélèvements sociaux sur les revenus du capital. En 2017, ils ont déjà financé la branche vieillesse pour 16 milliards d’euros. Leur hausse engendrerait un accroissement du prélèvement forfaitaire de 30 % sur les revenus du capital. On pourrait aussi majorer le taux d’impôt sur les sociétés en cas de distribution de dividendes (et le maintenir en cas d’autofinancement). La majoration de l’imposition abonderait le financement des retraites.

De telles solutions ne correspondent pas à la philosophie néolibérale du « TINA » (« there is no alternative ») qui valide l’idée que les grandes fortunes et les multinationales mettent en concurrence les législations des Etats. Le choix d’un régime...




                        

                        


<article-nb="2018/10/12/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Le professeur d’économie Louis de Mesnard estime, dans une tribune au « Monde », que la retraite doit rester un droit des salariés reposant sur la confiance en l’avenir.
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Réforme des retraites : « Le contrat social intergénérationnel est fragile »

Le professeur d’économie Louis de Mesnard estime, dans une tribune au « Monde », que la retraite doit rester un droit des salariés reposant sur la confiance en l’avenir.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 17h40
    |

Louis de Mesnard (Professeur d’économie à l’université de Bourgogne)







                        



                                


                            

Tribune. Pour le gouvernement, la retraite est une prestation sociale : le prochain budget va désindexer les retraites de la hausse des prix. C’est que, pour le président de la République, « la retraite n’est pas un droit auquel on a cotisé toute sa vie, la retraite est ce que les actifs payent pour les retraités ». Il faut reconnaître que la fin de la proposition est parfaitement vraie : toute retraite est payée sur le revenu national, qu’elle soit par répartition ou par capitalisation.
Toutefois, dire que la retraite n’est pas un droit mais une simple prestation sociale mérite discussion. Aucun système de retraite ne peut faire l’objet d’un consensus social s’il n’est pas considéré comme un droit. En effet, considérons deux périodes – « aujourd’hui » et « demain » –, et trois catégories de personnes – « jeunes », « actifs » et « retraités ». Avec le temps qui passe, les actifs d’aujourd’hui deviennent les retraités demain, les retraités d’aujourd’hui disparaissent demain, tandis que les jeunes d’aujourd’hui deviennent eux-mêmes actifs demain.

Alors, pourquoi la catégorie des actifs donnerait-elle aujourd’hui X milliards d’euros à celle des retraités, alors que cette dernière aura disparu demain et ne pourra rien lui rendre ? Pourquoi cette catégorie composée d’homo economicus ferait-elle preuve d’altruisme aujourd’hui envers celle des retraités, puisque rien ne lui garantirait qu’elle-même bénéficierait d’un tel traitement favorable son tour venu demain ? Cela montre bien qu’il faut un mécanisme permettant à la catégorie des actifs d’être incitée à effectuer le transfert vers la catégorie des retraités. Ce mécanisme peut être de deux ordres.
Le leurre de la capitalisation
Soit les actifs placent la somme correspondant au transfert aujourd’hui et la récupèrent demain, avec intérêts. En ce cas, il y a transfert intergénérationnel au sein d’une même catégorie, les actifs d’aujourd’hui étant devenus...




                        

                        


<article-nb="2018/10/12/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Bruno Palier, chercheur à Sciences Po, retrace les points d’inflexion des réformes du système de retraites menées depuis 1993.
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Réforme des retraites : « Un quart de siècle de révisions partielles »

Dans une tribune au « Monde », Bruno Palier, chercheur à Sciences Po, retrace les points d’inflexion des réformes du système de retraites menées depuis 1993.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 16h42
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 18h09
    |

Bruno Palier (Directeur de recherche au CNRS)







                        



                                


                            

Tribune. La France est, avec l’Italie et la Grèce, l’un des pays d’Europe qui consacre le plus de dépenses publiques aux retraites (plus de 14 % de son produit intérieur brut), ce qui garantit un niveau de vie moyen des retraités équivalent à celui des actifs, voire supérieur si l’on intègre le patrimoine. C’est aussi l’un des pays où l’on dénombre le plus de régimes différents, selon les professions (secteur privé, public, professions indépendantes, agriculteurs…), et d’étages : minimum vieillesse, régimes de base, régimes complémentaires obligatoires et retraites supplémentaires facultatives.
Le système est financé en répartition (les actifs actuels financent les retraités actuels) mais, complexité supplémentaire, il ne fonctionne pas de la même façon pour les régimes de base, où l’on définit à l’avance les règles qui donnent le droit à une retraite à taux plein (50 % des 25 meilleures années après 43 ans de cotisations pour les personnes nées après 1972), et pour les régimes complémentaires, qui fonctionnent par points : les salariés obtiennent des points contre le versement des cotisations au cours de leur carrière, et ils apprennent à leur départ en retraite la valeur des points accumulés et donc le montant réel de leur pension.
La France rencontre depuis longtemps des difficultés pour financer ses retraites. La caisse d’assurance vieillesse du régime général a été presque constamment déficitaire entre 1973 et 1998. Le déficit est réapparu en 2005, s’est aggravé avec la crise économique de 2008, jusqu’à une amélioration des comptes, redevenus positifs depuis 2016.
Mesures dites « paramétriques »
Pendant vingt ans, entre 1973 et 1993, les gouvernements ont procrastiné devant les déséquilibres démographiques et budgétaires. Plutôt que de lancer une réforme qui ferait tomber plus d’un gouvernement, d’après les mots de Michel Rocard en 1988, ils ont préféré augmenter les cotisations retraite.
Ainsi les cotisations...




                        

                        


<article-nb="2018/10/12/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ancien conseiller en communication de Hollande, candidat déclaré aux municipales de 2020, explique pourquoi la suppression de la rocade pourrait changer la vie des Parisiens.
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Gaspard Gantzer : « Détruisons le périphérique ! »

Dans une tribune au « Monde », l’ancien conseiller en communication de Hollande, candidat déclaré aux municipales de 2020, explique pourquoi la suppression de la rocade pourrait changer la vie des Parisiens.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 16h25
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 18h09
    |

Gaspard Gantzer (président du mouvement Parisiennes, Parisiens)







                        



                                


                            

Tribune. Paris n’a jamais cessé de grandir. De l’île de la Cité à l’enceinte de Thiers, la ville s’est élargie, par cercles concentriques, faisant tomber, siècle après siècle, les murailles qui l’enserraient. Le mur des Fermiers généraux, construit avant la Révolution française, fut détruit en 1860 quand fut érigée l’enceinte de Thiers, qui permit l’absorption par Paris de ces communes voisines, La Villette, Belleville, Auteuil, Batignolles ou encore Montmartre. Abattue à son tour au début du XXe siècle, l’enceinte de Thiers céda la place à la « zone », avant la construction du boulevard périphérique, quelques centaines de mètres plus loin, en 1974.
Nous sommes en 2018, et le moment est venu d’abattre ce nouveau « mur murant Paris » qu’est le boulevard périphérique. Le moment est venu de le remplacer par un projet majeur de développement urbain, reliant le « Vieux Paris » au « Nouveau Paris ». Car il nous faut renouer avec le sens de l’histoire et de la géographie de Paris. Et il y a urgence à le faire.

Disons-le : le périphérique ne résout aucun problème. Il ne fait qu’en poser. Cette barrière de béton, longue de 35 km, est aujourd’hui la principale source de pollution à Paris, ne fluidifie même pas le trafic tant le périphérique est congestionné du matin au soir et, pour couronner le tout, coupe le Grand Paris en deux, érigeant cette distinction hors du temps entre Parisiens du centre et de banlieue.
Arrêtons de tergiverser, de lancer des missions d’information et d’évaluation. Cessons de remettre à plus tard ce qui devrait être fait depuis longtemps. Ne nous cachons pas derrière des demi-mesures, des aménagements contre-productifs ou des couvertures partielles qui ne résoudront jamais rien, mais coûteraient assurément beaucoup.
Le moment est venu d’agir : détruisons le périphérique.

Avec qui détruire le périphérique ?
De nombreuses métropoles ont franchi le pas sans ciller. Séoul,...




                        

                        


<article-nb="2018/10/12/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Cinq économistes membres d’Attac et de la Fondation Copernic dénoncent, dans une tribune au « Monde », la manière dont la dette publique française qui atteindrait 100 % du produit intérieur brut est uniquement présentée comme un épouvantail.
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« Résoudre le problème de la dette publique suppose de s’attaquer aux fondements des politiques néolibérales »

Cinq économistes membres d’Attac et de la Fondation Copernic dénoncent, dans une tribune au « Monde », la manière dont la dette publique française qui atteindrait 100 % du produit intérieur brut est uniquement présentée comme un épouvantail.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 15h39
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 16h00
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le président Macron poursuit son offensive contre les droits sociaux. Après le code du travail et la formation professionnelle, c’est au tour de l’assurance-chômage et bientôt des retraites de faire les frais de l’ajustement structurel néolibéral. Cela, au nom de la réduction des dépenses publiques et sociales, avec un leitmotiv sur le niveau trop élevé de la dette publique. Ce dernier est un marronnier au sein de la profession des économistes orthodoxes.
Tous s’inquiètent du niveau de la dette publique française : 100 % du produit intérieur brut (PIB), c’est dangereux. Ils reconnaissent pourtant, à juste titre, que le risque est faible, car l’Etat français emprunte sur dix ans à un taux nettement inférieur à 1 %, un taux bien en dessous de celui de l’inflation. Bref, la France s’enrichit en empruntant et la remontée des taux par la Banque centrale européenne (BCE), même si elle était brutale, ce qui est peu probable, ne changerait pas grand-chose à la situation actuelle parce que l’augmentation de la charge annuelle des intérêts ne sera que très progressive.
Ceux qui ont conçu le programme économique d’Emmanuel Macron sont silencieux sur les cadeaux fiscaux, se comptant par dizaines de milliards d’euros, dont viennent de bénéficier les ménages les plus riches et les employeurs
Alors où est le problème ? Une raison principale est avancée pour justifier l’inquiétude répandue dans l’opinion publique. Nous nous endetterions pour consommer et non pas pour investir. La dette serait donc synonyme de gabegie et de mauvaise gestion. Il n’est que trop facile d’ironiser sur cette supposée frénésie de consommation, qui fait fi des millions de nos concitoyens qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts, soumis au chômage, à la précarité, à des salaires de misère ou aux petites retraites. Mais surtout, il faut se demander ce qui permet à nos économistes d’être si catégoriques.
Ces économistes devraient savoir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Le 31 décembre 2022, le centre pénitentiaire de Clairvaux (Aube) fermera ses portes. Un webdocumentaire, « Le Cloître et la prison. Les espaces de l’enfermement », retrace l’histoire de cette abbaye qui fut d’abord un lieu de retraite, un monastère, puis une prison.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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A Clairvaux, deux visages de la réclusion

Le 31 décembre 2022, le centre pénitentiaire de Clairvaux (Aube) fermera ses portes. Un webdocumentaire, « Le Cloître et la prison. Les espaces de l’enfermement », retrace l’histoire de cette abbaye qui fut d’abord un lieu de retraite, un monastère, puis une prison.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 13h00
    |

                            Philippe-Jean Catinchi








                        



                                


                            

Passez la porte et entrez. Tout se joue là, dès le seuil. Une expérience à vivre en délaissant un monde ouvert où la circulation est libre pour un espace clos régi par des règles strictes, sans accommodements. D’autant que bientôt – le 31 décembre 2022 – le centre pénitentiaire de Clairvaux (Aube) fermera ses portes. Et la mémoire d’un lieu habité depuis plus de neuf siècles menace de s’éteindre.
Deux mondes, deux statuts
Pour conjurer cette perte, quatre chercheurs – trois Françaises (Julie Claustre, Isabelle Heullant-Donat et Elisabeth Lusset) et un Allemand (Falk Bretschneider) –, guidés par Jean-François Leroux, président de l’association Renaissance de l’abbaye de Clairvaux, ont imaginé un webdocumentaire, Le Cloître et la prison. Les espaces de l’enfermement, qui relate cette aventure singulière qui fit d’un lieu de retraite choisi dès 1115 par Bernard de Fontaine, futur abbé de Clairvaux, un monastère, puis une prison – espace de réclusion volontaire puis contrainte, comme si les ruptures historiques s’estompaient dans une continuité moins factice qu’il n’y paraît. Comme les abbayes de Fontevraud ou du Mont-Saint-Michel, Clairvaux relève de ces sites religieux reconvertis en maisons centrales quand les biens du clergé sont mis à la disposition de la nation, dès l’automne 1789. Mais Clairvaux est le seul dont la nouvelle vocation perdure encore. D’où la pertinence de mettre en perspective, depuis ce lieu unique, les débats contemporains sur l’enfermement et d’évaluer sans fard son efficacité.

Le projet est d’envergure. En neuf étapes, un parcours invite à cette libre circulation interdite aux détenus. Quarante-trois thématiques, une douzaine de vidéos d’historiens, plus de trente textes lus, et trois cents documents, enluminures, photographies, plans aussi dont l’importance est cruciale pour mesurer la difficulté matérielle à convertir une abbaye en prison… Deux mondes, deux statuts. Inscrits dans le même ­espace. Une équivalence...




                        

                        


<article-nb="2018/10/12/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Cette semaine, « Entre-Temps », une nouvelle plate-forme intellectuelle qui affiche une ambition : être une « revue numérique d’histoire actuelle », collective et entièrement gratuite.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
      

Dans les revues

Cette semaine, « Entre-Temps », une nouvelle plate-forme intellectuelle qui affiche une ambition : être une « revue numérique d’histoire actuelle », collective et entièrement gratuite.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 13h00
    |

                            Julie Clarini








                        



   


Elle sera lancée samedi 13 octobre en présence de son directeur, Patrick Boucheron, et de son rédacteur en chef, Adrien Genoudet, aux Rendez-vous de l’histoire de Blois. Cette nouvelle plate-forme intellectuelle, baptisée Entre-Temps, affiche une ambition : être une « revue numérique d’histoire actuelle », collective et entièrement gratuite. Elle réunit une belle palette d’historiens de la jeune génération (dont plusieurs doctorants) mais pas seulement : parmi les membres de son comité éditorial, on compte des critiques, un écrivain, un réalisateur, une dramaturge… La revue, sous la houlette d’Adrien Genoudet, lui-même écrivain, cinéaste et chercheur en histoire visuelle, repose notamment sur ce désir de mettre en écho des travaux universitaires et artistiques.
Par « actuelle », elle entend une façon de questionner les chantiers qu’ouvrent ceux qui prennent l’histoire pour objet. Elle s’attachera moins, est-il précisé dans son avant-propos, « à des “produits finis” qu’aux chemins empruntés, aux démarches suivies, aux méthodes dépliées ». Entre-Temps semble vouloir regarder sortir de terre des édifices intellectuels en rapport avec l’histoire, en examiner les échafaudages, discuter à plusieurs des fondations, débattre de la solidité des propositions : « Entre-Temps est un en-cours de l’histoire, un parcours dans son action au présent. »
En cela, elle n’est pas une revue pour l’entre-soi universitaire, mais un espace ouvert également aux écrivains, romanciers, artistes peintres ou plasticiens, cinéastes et documentaristes. Les deux premiers focus qu’elle offrira à lire, dès samedi, sont un « retour sur 68 » et sur son actualité (commémorative notamment) et, plus étonnant, un dossier autour du « re- », ce préfixe qui commande à la re-constitution, la re-présentation, la re-publication, etc.
Attachée à la chaire de Patrick Boucheron, au Collège de France, la revue sera disponible à l’adresse www.entre-temps.net et bientôt dotée d’une newsletter.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Les microtâches des plates-formes Internet exigent de nouvelles régulations du travail, estime la sociologue dans sa chronique au « Monde ».
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Dominique Méda : « Le “digital labor”, ou le travail du doigt »

Les microtâches des plates-formes Internet exigent de nouvelles régulations du travail, estime la sociologue dans sa chronique au « Monde ».



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 12h05
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 12h14
    |

                            Dominique Méda (Professeure de sociologie)








                        



                                


                            
Entreprises. Le 4 septembre, le Conseil constitutionnel a censuré pour la seconde fois les dispositions de la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel concernant les plates-formes numériques qui prévoyaient « la faculté pour chaque plate-forme d’établir une charte déterminant les conditions et modalités d’exercice de sa responsabilité sociale, définissant ses droits et obligations, ainsi que ceux des travailleurs avec lesquels elle est en relation », jugées sans rapport avec le reste du texte.
Alors que personne ne parvient à mesurer correctement le poids économique des plates-formes (la Commission européenne a estimé qu’environ 2 % de la population adulte dans quatorze Etats membres travaillaient régulièrement pour des plates-formes, mais ne s’est pas aventurée à prédire des évolutions) et que l’espace médiatique est saturé par la question du nombre d’emplois affectés par l’automatisation, un certain nombre de travaux attirent l’attention sur les profondes transformations du travail que ce processus est susceptible d’entraîner.

Il s’agit moins d’insister sur un possible « grand remplacement » de l’humain par les robots ou l’intelligence artificielle – désormais considéré comme une hypothèse peu plausible à brève échéance – que sur la « plate-formisation » de l’économie, sur l’extension rapide d’une organisation du travail en microtâches destinées à être distribuées vers la « foule » des « crowdworkers », ce que les chercheurs Dominique Cardon et Antonio Casilli appellent le « digital labor » (INA Editions, 2015), c’est-à-dire le travail très matériel du doigt (!) appuyant sur les claviers et effleurant les écrans dans des « fermes à clic ».
Antonio Casilli montre qu’il existe un continuum entre ces microtâches, les prestations réalisées via des plates-formes de service et ce que font les usagers sur les réseaux sociaux : il s’agit selon lui, dans tous les cas, d’un travail occulté,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Pour un collectif d’universitaires, d’enseignants et de spécialistes des sciences de l’éducation qui s’expriment dans une tribune au « Monde », le ministre de l’éducation veut calquer le fonctionnement de l’école sur celui d’une économie et d’un monde aujourd’hui en bout de course.
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« Jean-Michel Blanquer est bien en train de bouleverser notre modèle éducatif »

Pour un collectif d’universitaires, d’enseignants et de spécialistes des sciences de l’éducation qui s’expriment dans une tribune au « Monde », le ministre de l’éducation veut calquer le fonctionnement de l’école sur celui d’une économie et d’un monde aujourd’hui en bout de course.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 11h58
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 12h21
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. A son arrivée rue de Grenelle, Jean-Michel Blanquer avait expliqué qu’il ne voulait pas bousculer l’éducation nationale, que sa politique s’inscrirait dans le prolongement de la précédente, avec simplement quelques inflexions afin d’en améliorer l’efficacité, comme l’emblématique dédoublement des classes de cours préparatoires dans les réseaux d’éducation prioritaire. Mais il a, en réalité, engagé une transformation profonde de notre école à travers, en particulier, la promotion de « la culture de l’évaluation » qui est, pour lui, « le plus puissant moteur de transformation » du système.
L’évaluation concerne, d’abord, les élèves : ils passeront désormais des tests standardisés, répartis tout au long de la scolarité et, en particulier, dans les premières années de l’enseignement primaire. Objectif : repérer les acquis et les besoins de chacun afin de proposer un accompagnement personnalisé. Nul ne saurait s’opposer à une telle intention !
Approche technocratique libérale
Elle est, pourtant, grosse de difficultés, d’inquiétudes et de dangers. Difficultés pour élaborer des tests qui mesurent réellement des acquis transférables et ne réduisent pas les objectifs de l’école à ce qui est strictement quantifiable. Inquiétudes sur l’utilisation de données qui vont être collectées nationalement alors qu’en toute logique elles devraient rester entre les mains des enseignants qui sont les mieux placés pour les utiliser. Dangers de voir ainsi se mettre en place, puisque chaque élève est désormais « traçable » grâce à un identifiant, un fichage systématique à destination du système d’orientation et des employeurs.
Mais le ministre affirme, de plus, vouloir mettre en place « une évaluation régulière et transparente des établissements scolaires ». On pourrait croire que c’est là simplement une façon d’effectuer en France des évaluations permettant de mesurer le niveau de nos élèves, et non de laisser ce soin...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Le président de la Commission européenne juge que le premier ministre hongrois ignore les valeurs démocrates-chrétiennes.
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Pour Jean-Claude Juncker, « Viktor Orban n’a plus sa place au sein du PPE »

Le président de la Commission européenne juge que le premier ministre hongrois ignore les valeurs démocrates-chrétiennes.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 15h43
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, 63 ans, est à la barre d’un navire en pleine tempête depuis fin 2014. Le Luxembourgeois, membre du Parti populaire européen (PPE), revient sur la dernière ligne droite des négociations en vue du Brexit et sur ses relations conflictuelles avec l’Italie et la Hongrie.
La négociation du Brexit entre dans sa phase terminale : les Européens attendent de Theresa May des « progrès décisifs ». Etes-vous confiant ?
Jean-Claude Juncker : Je veux pouvoir croire que nous trouverons un accord avec nos amis britanniques entre les Conseils européens de la semaine prochaine et celui, possible, de novembre. Il nous faut donc des progrès substantiels, dont nous devrions pouvoir prendre acte la semaine prochaine. Nous sommes dans la phase finale, donc il serait hasardeux de vouloir ajouter aujourd’hui des éléments de contentieux à ceux, déjà nombreux, qui sont sur la table. Ceux qui mettent tous leurs pions sur l’hypothèse d’un désaccord se trompent : il faudra trouver un accord. Et je crois que nous le trouverons.
Comment éviter le retour d’une frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, tout en s’assurant que les biens qui circuleront de l’UE vers le Royaume-Uni après le Brexit seront contrôlés ?
La question de l’Irlande est évidemment ultra difficile. Il est vrai que nous ne sommes pas là où nous devrions être pour conclure. Ce n’est pas l’UE qui impose ce débat aux Britanniques et aux Irlandais : c’est la décision souveraine britannique qui a entraîné cette difficulté. En tout cas, si l’Irlande se trouve en situation de ne pas pouvoir accepter des solutions proposées, nous ne conclurons pas : « Ireland First. »

La préparation au « no deal » est-elle suffisante ? Des agents économiques commencent à s’inquiéter en France.
Nous préparons le « no deal ». Pas parce que nous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Le politiste allemand Jens Althoff explique, dans une tribune au « Monde », que le résultat du scrutin, dimanche 14 octobre, risque de renverser la grande coalition en Allemagne. Il n’est pas impossible que la situation n’oblige CSU et Verts à coopérer pour former un gouvernement.
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Elections en Bavière : « Une coalition “noire-verte” serait une révolution en Bavière »

Le politiste allemand Jens Althoff explique, dans une tribune au « Monde », que le résultat du scrutin, dimanche 14 octobre, risque de renverser la grande coalition en Allemagne. Il n’est pas impossible que la situation n’oblige CSU et Verts à coopérer pour former un gouvernement.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 11h55
    |

Jens Althoff (Docteur en sciences politiques, directeur du bureau français de la Fondation Heinrich-Böll)







                        



                                


                            

Tribune. En Allemagne, ce week-end, tous les regards seront braqués sur la Bavière. Dimanche 14 octobre, les Bavarois choisiront un nouveau parlement et un nouveau gouvernement. Ces élections régionales auront probablement un retentissement bien plus vaste : elles vont marquer la fin d’un modèle et le début d’une nouvelle ère pour le système des partis outre-Rhin.
Dans cette région surtout connue pour sa fête de la bière, l’Oktoberfest – où les festivités ont réuni jusqu’au week-end dernier des millions de bavarois et de touristes du monde entier, en Lederhose [culotte de peau courte traditionnelle bavaroise] et en Dirndl [robe traditionnelle bavaroise] –, l’ambiance est à la fête dans la région : le taux de chômage est à 2,8 %, l’économie est dynamique, les salaires élevés et les caisses de l’Etat bavarois excédentaires.
Modèle proportionnel
Le gouvernement n’a, par ailleurs, pas hésité à distribuer ces excédents en guise de cadeaux préélectoraux – subventions supplémentaires pour les familles, pour les personnes malades, ou pour l’accession à la propriété et à la construction. Ses paysages, entre Alpes et lacs, comptent parmi les plus beaux en Allemagne. Le Land jouit d’une très haute qualité de vie.
Mais les classiques images bon enfant de l’Oktoberfest sont trompeuses. Une transformation profonde est en train de se produire en Bavière et devrait se matérialiser ce dimanche. Le résultat régional pourrait même faire imploser le gouvernement fédéral à Berlin. Si ce dernier point est incertain, il y a déjà une certitude : ces élections marquent la fin du modèle qui a vu les grands partis traditionnels (Volksparteien) dominer la scène politique allemande, jusqu’alors capables à eux seuls de former une majorité, ou du moins, d’en prendre le clair leadership.
Certes, le modèle électoral allemand, très différent du modèle français, est un modèle proportionnel. Par conséquent, au niveau fédéral, la formation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Editorial. Vendredi, le parti quitte son siège historique de Solférino. Sans dirigeant ambitieux ni stratégie, les socialistes s’éloignent durablement du cercle du pouvoir.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Le Parti socialiste à l’agonie

Editorial. Vendredi, le parti quitte son siège historique de Solférino. Sans dirigeant ambitieux ni stratégie, les socialistes s’éloignent durablement du cercle du pouvoir.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 15h57
   





                        


Editorial du « Monde ». Le Parti socialiste parviendra-t-il, un jour, à surmonter le traumatisme qu’il a subi en 2017 ? A faire oublier la déroute, sans précédent ou presque, qu’il a connue à l’élection présidentielle puis aux législatives ? A reconquérir, si peu que ce soit, le rôle déterminant qu’il a joué dans la vie politique française depuis près d’un demi-siècle ? Bref, à échapper à la lente agonie qu’ont vécue, avant lui, le Parti radical, puis le Parti communiste ? Rien n’est moins évident.
Le vendredi 12 octobre marque une nouvelle étape sur ce chemin de croix. C’est ce jour-là, en effet, que le PS quitte définitivement son siège de la rue de Solférino, cet hôtel particulier cossu, à deux pas de l’Assemblée nationale, où François Mitterrand l’avait installé en 1980 comme pour mieux préparer sa conquête de l’Elysée. Quatre décennies plus tard, le PS n’a plus les moyens de telles ambitions. Son déménagement à Ivry-sur-Seine, aux portes de Paris, serait une manière de retrouver ses racines populaires, veulent croire ses dirigeants. En réalité, c’est tout un symbole : en quittant « Solférino », les socialistes s’éloignent durablement du cercle du pouvoir.
Cette rupture n’est pas la première
C’est ce 12 octobre, également, qu’Emmanuel Maurel, chef de file de l’aile gauche du parti, a choisi pour annoncer, dans ces colonnes, qu’il claque la porte. Son réquisitoire est cinglant : en renonçant à tirer les leçons du « quinquennat calamiteux » de François Hollande, en bafouant son histoire et ses valeurs, en abandonnant l’impératif de rassemblement des forces de gauche, le PS, juge-t-il, s’est privé de la seule stratégie qui lui permettrait de se reconstruire.
Quant à la nouvelle direction mise en place au printemps autour d’Olivier Faure, elle s’est montrée, à ses yeux, incapable d’incarner le « sursaut » indispensable. Il espère donc entraîner derrière lui bon nombre de militants et d’élus, pour mieux se rapprocher de La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.
Cette rupture n’est pas la première. Dès le printemps 2017, l’ancien premier ministre Manuel Valls avait quitté le navire – avant de mettre le cap vers de nouveaux horizons barcelonais. Puis c’est l’ancien candidat socialiste à l’élection présidentielle, Benoît Hamon, qui a fait de même pour créer son propre mouvement, Génération.s. Et ces saignées ne font que prolonger celles enregistrées depuis quatre ans : après les cuisantes défaites des municipales de 2014, des départementales de 2015, le sérieux revers des régionales de 2015 et la débâcle des législatives de 2017, le PS a perdu des milliers d’élus qui formaient son armature. L’hémorragie des militants est tout aussi spectaculaire : ils n’étaient plus que 37 000 à voter lors du dernier congrès, en mars.
Les socialistes avaient connu pareille bérézina en 1969, lorsque leur candidat à la présidentielle, Gaston Defferre, avait à peine dépassé la barre de 5 % des suffrages. Deux ans plus tard, à leur congrès d’Epinay, ils repartaient de l’avant. Ils avaient un chef, François Mitterrand. Une stratégie, l’union de la gauche. Des troupes nouvelles, puisées dans les classes moyennes et la jeunesse de l’après-68. Un credo européen enfin, adossé aux puissantes social-démocraties du Vieux Continent.
Autant d’ingrédients qui, aujourd’hui, font défaut. En panne de dirigeant ambitieux (même si François Hollande n’a pas dit son dernier mot), de stratégie, de projet consistant et de soutien européen, le PS ne lutte plus que pour sa survie. Cruelle histoire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans sa tribune, Thomas Branthôme, historien du droit et des idées politiques, souligne que le populisme est une étiquette qu’on appose sur tout discours contestataire afin de le discréditer.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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Pour comprendre le populisme, il faut s’interroger sur ce qu’il reste de « la souveraineté du peuple »

Dans sa tribune, Thomas Branthôme, historien du droit et des idées politiques, souligne que le populisme est une étiquette qu’on appose sur tout discours contestataire afin de le discréditer.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 10h03
    |

                            Thomas Branthôme (Maître de conférences en histoire du droit à l'université Paris-V)








                        



                                


                            

Tribune. Un spectre hante l’Europe : le spectre du populisme. La chose préoccupe autant que le mot effraie. Pour la plupart des commentateurs et pour l’immense majorité du public, le populisme renvoie aux expériences autoritaires du XXe siècle et charrie derrière lui le pire du politique. Aussi voit-on se multiplier les condamnations et les appels à combattre le « retour du populisme ».
En ligne de mire, le plus souvent, le président américain Donald Trump, le ministre de l’intérieur italien Matteo Salvini, le premier ministre hongrois Viktor ­Orban. D’aucuns y ajoutent le chef de file de La France ­insoumise Jean-Luc Mélenchon, le parti espagnol Podemos et le chef du Parti travailliste Jeremy Corbyn. Mais d’autres situent également Emmanuel Macron dans cette mouvance. Le populisme dans l’espace médiatique est une équivoque. Il flotte sans que l’on parvienne jamais à saisir totalement son objet.
Le populisme est moins un concept analytique qu’un outil stratégique, il sert à disqualifier ­celui qui conteste l’ordre (économique et ­politique) « tel qu’il est »
C’est en partant de ce constat que le philosophe Ernesto Laclau a révolutionné l’étude analytique du phénomène. Depuis 2005, la parution de son ouvrage La Raison populiste (Seuil, 2008), enrichi des travaux de sa coauteure, la philosophe belge Chantal Mouffe, irrigue la pensée de la gauche radicale. Pour Laclau, le ­populisme est bel et bien une notion ambiguë et mal définie. Mais c’est ce caractère flottant qui donne à voir à Laclau toute sa signification : le populisme est moins un concept analytique qu’un outil stratégique, il sert à disqualifier ­celui qui conteste l’ordre (économique et ­politique) « tel qu’il est ».
Vecteur d’un puissant effet neutralisant, le populisme est une étiquette qu’on appose sur tout discours contestataire afin de le discréditer. Pour Laclau, cette « manœuvre » dit quelque chose du monde actuel et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Les juristes Stéphane Brabant et Gisèle Dutheuil plaident dans une tribune au « Monde » pour l’utilisation d’un cadastrage numérique afin de sécuriser les transactions foncières.
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Une « révolution verte » en Afrique grâce à la blockchain ?

Les juristes Stéphane Brabant et Gisèle Dutheuil plaident dans une tribune au « Monde » pour l’utilisation d’un cadastrage numérique afin de sécuriser les transactions foncières.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 09h50
    |

Stéphane Brabant (Avocat associé et coresponsable du groupe Afrique au cabinet Herbert Smith Freehills) et Gisèle Dutheuil (Directrice du think tan...







                        



                                


                            
Tribune. Et si l’agriculture africaine était enfin à la veille d’un immense bouleversement ? Ce secteur, qui emploie encore plus de 60 % de la population en Afrique, est aujourd’hui caractérisé par sa très faible productivité. L’Afrique est le dernier continent qui n’a pas encore accompli sa « révolution verte », c’est-à-dire un saut de productivité agricole à même de provoquer l’autosuffisance alimentaire et l’émancipation de dizaines, voire de centaines de millions d’agriculteurs pauvres. L’enjeu est de taille car l’enrichissement des campagnes africaines est un prérequis indispensable à tout véritable développement économique.
Si cette révolution n’a pas encore eu lieu en Afrique, c’est parce qu’elle dépend essentiellement du foncier rural, lequel est régi par le droit coutumier pour 60 % des terres rurales du continent. L’absence de formalisation des droits fonciers freine l’investissement dans le secteur agricole. Les échanges, ventes ou locations, plus ou moins informelles, sont hasardeux. Les escroqueries sont légion et trop de terres sont rachetées à vil prix dans des conditions opaques. Manque de volonté politique, coût rédhibitoire, procédures administratives interminables et complexes, conflit entre droit coutumier et droit positif, la liste des raisons qui entravent la formalisation des droits fonciers ruraux est longue…
Pourtant, dans ce domaine comme dans tant d’autres, l’Afrique pourrait bénéficier des innovations technologiques les plus récentes. Déjà, un simple GPS permet d’enregistrer les connaissances traditionnelles des délimitations de terres familiales. A partir de ces données, des cartes des villages peuvent être créées localement avec un logiciel de cartographie gratuit. Ensuite, un simple smartphone équipé d’une application scanner permet un archivage numérique de ces données foncières sur un espace de stockage gratuit dans le cloud.

Avec la blockchain, une parfaite traçabilité
Mais cela n’est...




                        

                        


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<filnamedate="20181012"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181012"><AAMMJJHH="2018101219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le professeur de finance Pierre Gruson met en garde sur le risque systémique que représente désormais la valorisation atteinte par les actions des géants du Net.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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« Quels sont les “fondamentaux” des valeurs boursières des Gafam ? »

Dans une tribune au « Monde », le professeur de finance Pierre Gruson met en garde sur le risque systémique que représente désormais la valorisation atteinte par les actions des géants du Net.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 12h22
    |

Pierre Gruson (Professeur de finance)







                        



                                


                            
Tribune. La capitalisation boursière globale des Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) dépasse 4 000 milliards de dollars, plus de deux fois le total des valeurs du CAC 40 français, ou encore l’équivalent de la dette publique cumulée de la France et de l’Allemagne. Quant aux « BAT » chinois (Baidu, Ali-Baba, Tencent), ils totalisent près de 1 000 milliards de dollars de capitalisation. Les poids lourds des cotes actuelles ne sont plus des sociétés pétrolières ou automobiles, avec leur prépondérance d’actifs réels et « immobilisés ».
Quels sont les « fondamentaux » de telles valeurs ? L’économie du Net porte au pinacle des modèles économiques « sortis de nulle part » qui peuvent s’écrouler aussi vite qu’ils inondent la planète et engloutissent les entreprises du vieux monde. Facebook a été créé en 2004, introduit en Bourse en 2012 au cours de 38 dollars. Jeudi 11 octobre, l’action cotait 151 dollars. Sa valeur boursière avoisine les 500 milliards de dollars !
Comment retrouver dans le bilan une justification de ce prix ? Le total des actifs, 84 milliards de dollars, comporte essentiellement 18 milliards d’actifs immobilisés (machines, équipements, bâtiments), 33 milliards de placements à court terme, et 18 milliards de « goodwill » (la survaleur virtuelle en cas de rachat de l’entreprise). La valeur boursière de Facebook représente donc six fois sa valeur comptable ; ce même ratio est de 9,56 pour Apple.

Des prévisions de cash-flow incertaines
Il n’est certes pas pertinent d’opposer frontalement valeur en bourse et valeur comptable. Cette approche patrimoniale est d’ailleurs à juste titre contestée, et pas seulement pour les Gafam. Car l’investisseur achète en réalité le futur – et une machine à « cash ». Mais on sait qu’en période de doute, les investisseurs ont tendance à considérer que la valeur comptable de l’actif net peut constituer un plancher solide, à condition de ne pas tomber de trop haut.
De...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 11/10/2018
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« Taylor Swift s’est lancée dans un combat anti-Trump avec une stratégie digne de Machiavel »

Dans sa chronique hebdomadaire, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », analyse la méthode et la portée du message politique de l’artiste américaine.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 14h36
    |

            Michel Guerrin (rédacteur en chef au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. L’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis en 2016 l’a montré, la voix politique des artistes porte peu. Elle est même contre-productive. Tout Hollywood était contre lui ; le candidat honni s’en est délecté, il a moqué une Amérique des nantis, et il habite aujourd’hui à la Maison Blanche.
Ce scénario stérile se profile à nouveau avant les élections de mi-mandat du 6 novembre. Mais voilà que surgit Taylor Swift ; la chanteuse pop s’est lancée, dimanche 7 octobre, dans un combat anti-Trump avec une stratégie digne de Machiavel ou de Clausewitz. Elle ne vise pas le chef, mais les troupes. Elle n’attaque pas frontalement, mais de biais. Et c’est inédit. Tout comme son profil.
Déjà, on écoute Taylor Swift parce qu’elle a du coffre et des fantassins. A 28 ans, elle est au sommet de la pop américaine avec quarante millions de disques vendus. Le 9 octobre, elle a glané vingt-trois récompenses lors des American Music Awards – record de Whitney Houston battu. Elle affiche aussi 112 millions de suiveurs sur Instagram (le double de Donald Trump sur Twitter). Une belle force, qui n’est toutefois pas suffisante. D’autres stars de la pop, comme Rihanna ou Beyoncé, ont défié le président sans l’ébranler.
Chaque mot est pesé
Taylor Swift surprend surtout par son approche. Elle a posté un long message sur Instagram, calme, argumenté, malin. Chaque mot est pesé. Contrairement à une flopée de stars qui, avant l’élection présidentielle, ont traité Trump de brute, d’immonde, de porc ou de psychopathe, Taylor Swift, elle, ne l’insulte pas. Mieux, elle ne le cite pas. Elle ne convoque pas l’emphase ni l’indignation. Elle ne dit pas que voter contre Donald Trump va de soi – ça ne va pas de soi. Elle ne fait pas la leçon aux pauvres blancs depuis sa bulle privilégiée. Elle ne les fait pas culpabiliser.

Elle ne se présente pas en musicienne, mais en habitante du Tennessee ; le portrait qui accompagne son...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Trois questions à l’essayiste américaine Soraya Chemaly, directrice de mission au Women’s Media Center, une organisation féministe fondée aux Etats-Unis en 2005.
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Propos recueillis par  Valentine Faure  Publié aujourd’hui à 06h34, mis à jour à 10h46   Lecture 3 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés                  La sénatrice démocrate Kamala Harris s’est opposée à la nomination du juge Brett Kavanaugh, accusé d’agression sexuelle, à la Cour suprême aux Etats-Unis. Carolyn Kaster / AP             Soraya Chemaly est essayiste, et écrit dans le magazine Time, The Guardian, ou encore The Atlantic. Elle est directrice de mission au Women’s Media Center, une organisation féministe fondée aux Etats-Unis en 2005. Elle est aussi l’auteure de Rage Becomes Her : The Power of Women’s Anger (Atria Books, 400 pages, non traduit).          Plusieurs livres sur le pouvoir de la colère des femmes ­sortent en même temps. Sommes-nous en train de changer de regard sur la question ?          Dans la culture occidentale, la colère des femmes a toujours été associée à l’irrationalité, à la folie, à l’inaptitude à raisonner. Pour les hommes, c’est différent : elle est entendue comme une vertu. Lors de l’élection présidentielle américaine de 2016, Donald Trump et Bernie Sanders pouvaient ainsi monter sur scène et ­taper sur leur pupitre avec l’air enragé. Hillary Clinton, en revanche, devait rester calme, sous contrôle, et elle en a payé le prix – elle a été jugée « inauthentique ».          Les femmes savent que si ­elles veulent paraître à la fois crédibles et autoritaires, le chemin est étroit. On l’a vu lors des auditions, au Sénat, sur la nomination à la Cour suprême des Etats-Unis du juge Brett Kavanaugh : si son accusatrice, Christine Blasey Ford, avait affiché la même colère que lui, elle aurait été perçue comme totalement indigne de confiance.           Lire aussi Etats-Unis : après la confirmation de Kavanaugh, les républicains jubilent             Les femmes ne peuvent se mettre en colère que quand elles sont « à leur place » : la colère d’une mère qui défend ses enfants ou d’une institutrice qui se fâche est respectable mais celle d’une femme qui s’exprime dans des domaines historiquement réservés aux hommes, comme la politique ou le travail, est pénalisante. On dit souvent aux féministes, comme moi, qu’il faut ­« retourner à la cuisine » : cela me fait rire, parce que le champ lexical de la colère est celui de la cuisine ! La « colère bout », la « cocotte-minute explose » : ces mots viennent tout droit de ­l’expérience des femmes.          En période de troubles économiques, sociaux et politiques, les femmes ont cependant toujours eu plus de latitude pour exprimer leur colère et agir en tant que ­citoyennes politiques. Or, nous vivons une phase d’autoritarisme qui se construit autour d’une constellation de sentiments négatifs, de peur, de mépris qui sont très liés à la colère, et qui ­génère une rage désespérée, un ressentiment furieux.                                   — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de 400 journalistes    Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.    Abonnez-vous à partir de 1 €       Dans la même rubrique                Google, Facebook : menaces sur l’information                    Article réservé à nos abonnés« Porter secours aux personnes en danger en mer est obligatoire depuis le XVIIe siècle »              / AFP / Ludovic MARIN / SOLELY FOR SIPA AND BESTIMAGE
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Sans une réallocation massive des capitaux privés, nous ne parviendrons pas à transformer notre économie vers un modèle plus résilient, plus durable, plaident, dans une tribune au « Monde », quatre responsables d’institutions internationales pour le financement du développement.
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« Notre avenir vaut bien nos investissements »

Sans une réallocation massive des capitaux privés, nous ne parviendrons pas à transformer notre économie vers un modèle plus résilient, plus durable, plaident, dans une tribune au « Monde », quatre responsables d’institutions internationales pour le financement du développement.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 06h30
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Nous sommes nombreux à investir nos économies de toute une existence dans des assurances-vie et autres fonds de pension, nourrissant ainsi une industrie financière qui pèse, désormais, plusieurs milliers de milliards de dollars. Ce faisant, nous pensons nous assurer une retraite paisible et confortable, et garantir l’avenir de nos enfants. Mais sommes-nous sûrs que la façon dont nos économies sont investies sert aujourd’hui cette vision ?
La Terre est fragile et en mutation. Les Etats ne disposent plus des ressources suffisantes pour aider nos sociétés à s’adapter pleinement à ces changements et à retrouver leur équilibre après une catastrophe environnementale. Cette réalité est chaque jour plus prégnante, plus menaçante. La Journée internationale de prévention des catastrophes naturelles, le 13 octobre, doit contribuer à nous en faire prendre conscience. Le nombre de catastrophes liées au climat, ainsi que leurs conséquences financières, ne cesse de croître. Entre 2005 et 2014, le coût total des dommages liés aux catastrophes environnementales a dépassé 1 400 milliards de dollars (1 212 milliards d’euros).
A travers le monde, de plus en plus de familles perdent tout ce qu’elles ont en l’espace d’un instant, lors de catastrophes naturelles détruisant leurs terres : feux de forêt, ouragans, inondations ou sécheresses. Les terres dégradées sont particulièrement vulnérables à ces phénomènes météorologiques extrêmes. Si le nombre de victimes de ces catastrophes semble diminuer, l’appauvrissement et la destruction des communautés qui en résultent ont des conséquences dramatiques à long terme.
La restauration des terres est à l’évidence une chance
Pour les personnes vivant sur ces terres, les chances de reconstruire un avenir sont minces. Lorsque l’on sait que 1,3 milliard de personnes vivent sur des terres en dégradation, il est facile d’imaginer les risques associés en termes de migrations forcées et de déplacements. Rien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Ce que nous devons exiger, rappelle la sociologue Nathalie Heinich dans une tribune au « Monde », c’est le refus d’être invisibilisées parce que femmes. Ce n’est pas notre statut de femmes que nous voulons voir respecté, mais notre statut de chercheuses, d’intellectuelles, de productrices de savoir.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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« L’invisibilisation des apports théoriques, des créations conceptuelles » : le vrai sexisme universitaire

Ce que nous devons exiger, rappelle la sociologue Nathalie Heinich dans une tribune au « Monde », c’est le refus d’être invisibilisées parce que femmes. Ce n’est pas notre statut de femmes que nous voulons voir respecté, mais notre statut de chercheuses, d’intellectuelles, de productrices de savoir.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 16h39
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 17h35
    |

                            Nathalie Heinich (Sociologue)








                        



                                


                            

Tribune. L’appel des historiennes « pour mettre fin à la domination masculine en histoire », publié par Le Monde le 3 octobre, est une initiative louable, et salutaire. Mais elle mérite d’être complétée. Car l’inégalité d’accès des femmes aux postes les plus prestigieux n’est que la face émergée — et quantifiable — d’une injustice plus insidieuse et plus profonde, qui constitue la forme spécifiquement universitaire du plafond de verre : l’invisibilisation des apports théoriques, des créations conceptuelles, lorsqu’elles ont pour auteur des femmes.
Un exemple : dans La Domination masculine, publié en 1998 (Seuil), Pierre Bourdieu omet de citer l’ouvrage de sa collègue au Collège de France Françoise Héritier, Masculin-Féminin, paru deux ans auparavant (Odile Jacob). Leurs thèmes étaient pourtant très proches, et le livre de la première avait fait suffisamment parler de lui pour qu’on ne puisse faire l’hypothèse que son confrère ait pu passer à côté.
Circonstance aggravante : celui-ci prétendait dénoncer dans son livre la domination des femmes par les hommes. Voilà qui ne l’a pas empêché d’exercer à l’égard de sa consœur la plus grossière des mufleries : faire comme si elle n’existait pas. Bel effet d’invisibilisation du travail conceptuel d’une femme au cœur même d’un dispositif visant à rendre visibles les injustices envers les femmes.
Pis encore : Bourdieu n’a, semble-t-il, même pas perçu le problème — car sinon, aurait-il pris le risque de se voir lui-même pris au piège de l’accusation dont il se faisait le héraut (et le héros) ? Le comble de l’invisibilisation, c’est qu’elle reste invisible y compris à ceux qui la pratiquent : « Quand on ne voit pas ce que l’on ne voit pas, on ne voit pas qu’on ne le voit pas »…
Un sexisme partagé par des femmes
« Domination masculine » : cette locution devenue slogan ne suffit pas à cerner le problème, contrairement à ce que...




                        

                        

