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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Après l’éclatement de la coalition au pouvoir, les anciens alliés mesureront leurs forces, samedi, lors des élections municipales et régionales.
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Décryptage

Les scrutins locaux en Côte d’Ivoire, tour de chauffe avant la présidentielle de 2020

Après l’éclatement de la coalition au pouvoir, les anciens alliés mesureront leurs forces, samedi, lors des élections municipales et régionales.

Par                Haby Niakaté (Abidjan)



LE MONDE
              datetime="2018-10-12T18:30:29+02:00"

        Le 12.10.2018 à 18h30






    
De gauche à droite : le président Alassane Ouattara, l’ancien chef d’Etat Henri Konan Bédié et le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro.
Crédits : AFP et Reuters


L’enjeu majeur des élections municipales et régionales qui doivent se dérouler samedi 13 octobre en Côte d’Ivoire se résume en une date : 2020. Ces scrutins sont en effet les derniers avant la présidentielle qui se tiendra dans deux ans et pourraient bien préfigurer cette dernière.
Cela, les états-majors de feue la coalition au pouvoir qui a éclaté en août, notamment le Rassemblement des républicains (RDR), du président Alassane Ouattara, et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), de l’ancien chef de l’Etat Henri Konan Bédié, l’ont bien compris. Qui pèse quoi, aujourd’hui, auprès des 6,5 millions d’électeurs attendus aux urnes ? Lequel des deux ex-alliés, après presque huit ans au pouvoir ensemble, arrivera à mobiliser ses électeurs et où ?

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Le RDR et ses alliés restants présentent 176 candidats aux municipales, contre 104 pour le PDCI. Des candidatures qui, même réunies, n’égalent pas celles des indépendants, au nombre de 389. Certes, plusieurs de ces prétendants officiellement sans étiquette sont des déçus du RDR et du PDCI qui ont décidé d’en découdre sans l’onction de leur parti respectif, mais ils comptent aussi un bon contingent de candidats soutenus, plus ou moins ouvertement, par le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro. Autant dire que leurs performances seront scrutées de très près.

    
Affiche de campagne de Fabrice Sawegnon, candidat du RHDP dans la commune du Plateau, à Abidjan.
Crédits : 


Quant au Front populaire ivoirien (FPI), de l’ex-président Laurent Gbagbo, qui dénonce depuis 2011 une Commission électorale indépendante (CEI) « illégale et illégitime », il boycotte les élections et « ne cautionne ni candidat ni parti ou groupement politique pour ces élections locales ». Si douze candidats FPI ont bien été répertoriés par la CEI, ils pèsent peu car sont majoritairement proches de l’ancien premier ministre Pascal Affi N’Guessan, le président contesté du FPI, quasi mutique depuis la libération en août de l’ex-première dame Simone Gbagbo.
Dérapages verbaux
Au-delà de cette « pesée » électorale, il s’agit pour chaque camp de conquérir le plus de mairies, aux budgets parfois conséquents, comme à Abidjan, et de conseils régionaux, dont les agents s’avéreront fort utiles pour le rabattement des troupes en 2020.
Autres enjeux : le bon déroulement de ce scrutin à un tour et l’acceptation des résultats. La campagne électorale, qui s’est déroulée dans une ambiance tendue, avec des communiqués de presse au ton de plus en plus épicé du PDCI dénonçant « les menaces, les violences et les attaques » et des dérapages verbaux répétés de ministres en campagne, promet des lendemains peu sereins.

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« Tout a été mis en place pour que ce scrutin se déroule sans accroc, veut pourtant croire Gervais Coulibaly, vice-président de la CEI. Les élections se gagnent dans les urnes, pas ailleurs. Tous les candidats ont le droit à un représentant dans chaque bureau de vote, pour surveiller et assister au comptage des voix. Tous ont accès à la liste électorale et pourront rapidement transmettre les procès-verbaux à leur camp. Nous avons aussi accédé à leur demande d’interdire les téléphones portables dans les isoloirs pour éviter que les électeurs prennent en photo leur bulletin de vote afin de le monnayer ensuite. Bref, les candidats ont tous les moyens en main. »
Ce qui n’empêche pas certains candidats de craindre des fraudes lors de la première compilation des résultats au niveau des 577 commissions électorales locales.

    
Affiche de campagne de Jacques Ehouo, candidat du PDCI dans la commune du Plateau, à Abidjan.
Crédits : 


Sécurité renforcée
« Le divorce entre les alliés d’hier a créé un nouvel environnement. Pour la première fois depuis longtemps, une majorité de candidats cherchent à avoir un scrutin transparent », explique Christophe Kouamé, président du comité exécutif de l’ONG Civis Côte d’Ivoire, qui a formé des dizaines d’observateurs indépendants, dont une partie ont été mis à disposition de candidats qui en manquaient.
Le gouvernement a pour sa part annoncé un renforcement du dispositif de sécurité dans des zones à risque, principalement là où d’anciens alliés s’affrontent. A Abidjan, évidemment, dans les communes du Plateau, Port-Bouët, Koumassi ou Abobo, mais aussi à l’intérieur du pays comme à Divo.

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« Nous appelons à une observation citoyenne du scrutin, comme le permet l’article 39 de notre Code électoral, renchérit Christophe Kouamé. Que les Ivoiriens aillent en masse, ce samedi à partir de 17 heures, dans leurs bureaux de vote afin d’assister au dépouillement, smartphones à l’appui, et faire vivre au plus grand nombre, sur les réseaux sociaux notamment, la remontée des résultats. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Des milices combattent depuis plus d’un an pour l’indépendance des régions Sud-Ouest et Nord-Ouest. Les premières victimes des violences sont les populations civiles
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Reportage

Les anglophones du Cameroun pris entre les feux de l’armée et des séparatistes

Des milices combattent depuis plus d’un an pour l’indépendance des régions Sud-Ouest et Nord-Ouest. Les premières victimes des violences sont les populations civiles

Cyril Bensimon (Buéa, Cameroun, envoyé spécial)
    



LE MONDE
              datetime="2018-10-12T18:00:41+02:00"

        Le 12.10.2018 à 18h00






    
Au bord d’un marché abandonné dans la province anglophone du Sud-Ouest, à Buéa, le 3 octobre 2018.
Crédits : MARCO LONGARI / AFP


Un épais brouillard enveloppe Buéa en cette matinée d’octobre. Il ne peut cependant dissimuler les crimes commis et la peur qui a envahi les esprits dans la capitale de la région Sud-Ouest comme dans l’autre région anglophone du Cameroun, le Nord-Ouest. L’entrée de la ville a été désertée de ses habitants, laissée aux seuls militaires et policiers, qui en contrôlent les entrées et les sorties. Quelques épaves de véhicules calcinés, des douilles de gros calibre sur la chaussée, des marchés et des maisons laissés à l’abandon indiquent ce que chacun nomme ici pudiquement « la situation » est en réalité une guerre qui ne dit pas son nom.

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Un conflit à huis clos entre les soldats d’un régime autiste et vieillissant et des milices qui combattent pour l’improbable indépendance d’un Etat qu’elles nomment Ambazonie. Les victimes sont à chercher parmi ceux que les premiers sont censés protéger et les seconds libérer. « En un an, nous avons reçu plus de 100 blessés par balle, à 90 % des civils, alors que, lors des cinq années précédentes, nous n’en avions pas vu plus de deux », se désole George Enow Orock, le directeur de l’hôpital de Buéa.
« Peur des balles perdues »
A la mi-septembre, Amnesty International comptabilisait que « depuis un an, jusqu’à 400 citoyens ont été tués par les forces de sécurité et les séparatistes armés ». Un bilan que l’organisation de défense des droits humains considère comme très probablement sous-estimé. Sous couvert d’anonymat, un officier de l’armée camerounaise avance que « le pouvoir ne communique pas dessus mais, dans les échanges de feu, les soldats ont éliminé des centaines de sécessionnistes ». Amnesty International a pour sa part recensé « plus de 160 cas de membres des forces de sécurité morts aux mains des séparatistes armés ». 

    
La capitale de la région Sud-Ouest, Buéa, le 5 octobre 2018.
Crédits : FLORIAN PLAUCHEUR / AFP


A ces chiffres, il faudrait ajouter la multitude de villages brûlés, les gens qui ont dû fuir leur domicile, les arrestations et les exécutions sommaires perpétrées loin de tout regard, les tortures infligées, les enfants privés de scolarité, les entreprises fermées, les administrations détruites.

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A Buéa, deux jours après le scrutin présidentiel du 7 octobre sur lequel les indépendantistes ambazoniens sont arrivés à imposer par la menace un boycottage largement suivi, Mary et Rachel (prénoms d’emprunt) ont d’autres soucis que les questions électorales. Les deux dames, qui ont installé un petit étalage de tomates et d’oignons devant des échoppes closes, confient leur « peur des balles perdues », que « les Amba boys ne s’en prennent à la population », l’impossibilité de fuir la ville faute d’argent et l’effroi dès qu’apparaît dans la rue un Toyota Hilux blanc banalisé dans lequel circulent des militaires. « Quand il passe, quelqu’un doit mourir », affirment-elles sous le regard approbateur de deux jeunes hommes.
Brutalité des forces gouvernementales
Pour rester en vie quand on est un homme en âge de combattre, à Buéa comme dans l’ensemble des deux régions anglophones, mieux vaut éviter de porter un blouson qui pourrait dissimuler une arme, des jeans déchirés, un tricot noir, des tatouages ou une coiffure rasta qui pourraient vous rendre suspect aux yeux des policiers et des militaires, racontent plusieurs sources.

    
Dans les rues désertées de Buéa, la capitale de la région Sud-Ouest, le 5 octobre 2018.
Crédits : MARCO LONGARI / AFP


Si la population s’accorde pour dénoncer la brutalité des forces gouvernementales, les revendications indépendantistes, et plus encore la manière dont est menée la lutte par les différents groupes répondant notamment au nom d’Ambazonia Defence Forces, Red Dragons ou 7 Kata, sont loin de faire consensus.
Un fonctionnaire rencontré à Buéa voit en eux « les restaurateurs » d’une grandeur passée, mais Joshua, l’un des rares commerçants encore présents dans la ville, a bien du mal à les dépeindre en Robin des bois. « Je comprends leurs revendications, mais ont-ils besoin d’empêcher les enfants d’aller à l’école, de bloquer le commerce ou d’interdire les élections ? Tout cela est destructif », juge cet homme qui dit avoir subi une réduction de 70 % à 80 % de son activité du fait de la crise. Selon un rapport du patronat camerounais, publié le 13 septembre, « l’escalade des violences » lors des deux années de crise a engendré « un manque à gagner estimé à 269 milliards de francs CFA [410 millions d’euros]. » 

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Cependant, ce ne sont pas les répercussions économiques et sociales qui inquiètent le plus Joshua, mais les menaces sur sa sécurité : « J’ai reçu des appels d’au moins six numéros pour me dire que je dois donner entre 500 000 et 5 millions de francs CFA pour soutenir la cause. On me menace de brûler ma maison. » Il a donc fait partir sa femme et ses quatre enfants, ne sort quasiment plus par peur d’un enlèvement et se plie à l’obligation des journées « ville morte », imposées chaque lundi par les Ambazoniens, par peur de voir son commerce incendié.
Dérives criminelles
Le révérend Samuel Fonki, à la tête de l’Eglise presbytérienne camerounaise, fait partie des hommes de bonne volonté qui tentent de trouver une issue à « cette situation qui a dégénéré de manière effrayante ». Avec des dignitaires catholiques et musulmans, il ambitionne d’organiser les 21 et 22 novembre à Buéa une « conférence de tous les anglophones », des assises qui doivent permettre de situer les souhaits des populations et de trouver une voie vers la paix.
S’il déplore l’absence de volonté gouvernementale d’ouvrir un dialogue et la brutalité de l’armée qui a radicalisé les esprits, il ne ménage pas les chefs de file sécessionnistes, basés aux Etats-Unis ou en Europe, qui, « assis sur leurs toilettes, décrètent des journées “ville morte” avant de partir au travail et envoient les enfants de la région mourir quand les leurs sont à l’école ». 

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Depuis l’arrestation en janvier au Nigeria de dix dirigeants séparatistes et leur extradition à Yaoundé, les branches politiques et militaires sont pilotées par des personnalités installées à Washington, à Baltimore et en Norvège. Un commandement très loin du front qui engendre des dérives criminelles. « A Bafut, en septembre, ils ont arrêté le principal d’une de nos écoles et lui ont tiré dans la tête. Par chance il n’est pas mort, relate le révérend Fonki. Pour la libération des six élèves qu’ils avaient kidnappés, nous avons dû payer pour chacun 700 000 francs CFA. »

    
Une camionnette blindée de l’armée camerounaise en route pour sécuriser le périmètre d’un bureau de vote à Lysoka, près de Buéa, le 7 octobre 2018.
Crédits : MARCO LONGARI / AFP


Ces actes de banditisme sont une aubaine pour les autorités camerounaises. « La cause ambazonienne est terminée, affirme un proche du président Paul Biya. Ce sont des bandes armées qui sèment la désolation avec la complicité d’intérêts économiques en Occident qui voient en la création de micro-Etats une aubaine pour l’exploitation des richesses. » Quels sont ces intérêts occidentaux ou ces richesses si convoitées ? Ce cadre du pouvoir ne veut pas en dire plus.
Le déni et la répression
Reste que les autorités n’ont rien fait pour empêcher une dégradation de la situation, bien au contraire. Alors que la crise avait éclaté en octobre 2016 sur des revendications d’avocats et d’enseignants demandant une meilleure prise en compte de leurs spécificités héritées de la colonisation britannique et une moins grande marginalisation des deux régions anglophones rattachées au Cameroun en 1961, Yaoundé a joué sur deux registres : le déni et la répression.
Les dirigeants anglophones les plus modérés, tenants d’un retour à un système fédéral en vigueur jusqu’en 1972, ont été emprisonnés pendant huit mois, ouvrant ainsi grand la voie aux partisans d’une sécession des deux régions qui abritent environ 20 % de la population du pays.

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Les victimes de ce conflit qui aurait pu être aisément évité se retrouvent notamment à Douala, la capitale économique du Cameroun, mais aussi de l’autre côté de la frontière, au Nigeria. Parmi les quelque 200 000 réfugiés dans leur propre pays, on pourrait citer Julius, « le meilleur tailleur de Mamfe », qui survit aujourd’hui en changeant des pneus ; Sylvia, la petite marchande de fripes de Buéa qui vend désormais sa nudité ; ou encore Frida, qui a fui cette ville avec ses sept enfants après avoir été menacée. Son tort fut d’avoir appelé à la paix. Encore terrorisée, elle répète machinalement : « Nous ne sommes nulle part en sécurité. Nulle part. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ L’Afrique fait son retour à la tête de l’OIF, tandis que l’Arabie saoudite, contestée au sujet des droits de l’homme, a retiré sa demande d’adhésion.
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Synthèse

A Erevan, un sommet de la Francophonie marqué par la « realpolitik »

L’Afrique fait son retour à la tête de l’OIF, tandis que l’Arabie saoudite, contestée au sujet des droits de l’homme, a retiré sa demande d’adhésion.

Marc Semo (Erevan, envoyé spécial)
    



LE MONDE
              datetime="2018-10-12T17:44:49+02:00"

        Le 12.10.2018 à 17h44






    
Le président français, Emmanuel Macron, et la nouvelle secrétaire générale de l’OIF, la Rwandaise Louise Mushikiwabo, à Erevan, le 12 octobre 2018.
Crédits : LUDOVIC MARIN / AFP


Sans surprise, le 17e sommet de la Francophonie à Erevan s’est achevé, vendredi 12 octobre, avec l’élection par consensus de la cheffe de la diplomatie rwandaise, Louise Mushikiwabo, sous les acclamations des représentants des Etats membres réunis à huis clos. « Je ne vais pas faire de miracle et réinventer la boussole, car la Francophonie existe depuis longtemps », a affirmé la nouvelle secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), qui, en évoquant les combats nécessaires pour préserver le multilatéralisme, a déclaré vouloir « placer l’organisation commune à l’endroit qu’il faut là où elle peut faire la différence ».

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L’intronisation de Mme Mushikiwabo consacre le retour de l’Afrique à la tête de l’OIF, qui avait toujours été dirigée par des Africains sauf pendant les quatre années de Michaëlle Jean, Canadienne d’origine haïtienne. Celle-ci s’est battue jusqu’au bout pour obtenir un second mandat, mais sans aucune chance après que le Canada et le Québec, ses deux principaux soutiens, ont annoncé, à l’avant-veille du sommet, se rallier au consensus autour de la Rwandaise.
Ultime baroud
Le discours de Mme Jean a sonné comme un ultime baroud. Au sein d’une organisation habituée aux compromis feutrés, elle a décidé de mettre les pieds dans le plat. « Sommes-nous prêts à accepter que la démocratie, les droits et les libertés soient réduits à de simples mots que l’on vide de leur sens au nom de la realpolitik, de petits arrangements entre Etats ou d’intérêts particuliers, alors que cette aspiration légitime à plus de liberté, plus de justice, plus de dignité, plus d’égalité est une aspiration universelle, portée toujours plus énergiquement par les jeunes et par les femmes ? », a-t-elle lancé lors du discours d’ouverture du sommet, jeudi matin.
Et de renchérir : « Sommes-nous prêts à laisser gagner le relativisme culturel alors que nous devrions saisir l’occasion de son 70e anniversaire pour marteler que la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 n’est pas une production occidentale ? » Mme Mushikiwabo, reflétant la position de Kigali, martèle depuis des années que « les droits de l’homme et la démocratie ne sont pas des valeurs très claires » et que les Africains ont leurs propres conceptions en la matière.

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La virulence des propos de la secrétaire générale sortante a choqué, y compris au sein de délégations africaines qui n’étaient guère enthousiastes sur le choix de la ministre rwandaise. « Michaëlle Jean elle-même avait été désignée en 2014, au sommet de Dakar, par de telles discussions entre Etats, alors que les Africains n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur une candidature commune », relève un diplomate français.
Nouvelles adhésions
La première journée du sommet d’Erevan avait été dominée par les débats sur l’adhésion de nouveaux membres observateurs. L’Irlande et Malte, qui comptent respectivement 12 % et 13 % de francophones, selon l’OIF, ainsi que la Gambie, petit pays largement anglophone entouré de pays francophones, et l’Etat américain de Louisiane, où vivent 200 000 francophones, ont été acceptés comme membres observateurs.
L’Arabie saoudite, qui souhaitait également ce statut, a quant à elle retiré sa demande d’adhésion, jeudi, face l’hostilité rencontrée en plein scandale de la disparition d’un journaliste critique du régime de Ryad, Jamal Khashoggi, jamais revu après être entré au consulat saoudien d’Istanbul le 2 octobre. Cette candidature était combattue par le Canada, deuxième bailleur de fonds de l’OIF, dont l’ambassadeur à Ryad a été expulsé début août après l’envoi d’un tweet du ministère canadien des affaires étrangères appelant l’Arabie à libérer des militants des droits humains récemment arrêtés.

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La France était également critique, mais à demi-mot. Dans son discours prononcé jeudi, le président Emmanuel Macron a souhaité une révision de la Charte de la Francophonie, concernant notamment les modalités d’adhésion à l’OIF : « Faut-il se contenter de prendre quelques engagements en matière de respect des droits de l’homme ? », s’est-il demandé dans une allusion claire à l’Arabie saoudite. Sans cependant y voir de contradiction avec le fait que Paris a été le principal soutien, avec l’Union africaine, de la ministre rwandaise, alors que son pays figure au 159e rang (sur 180 pays) du classement 2017 de la Fédération internationale des droits de l’homme.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le groupe du milliardaire britannique né en Inde double de taille en reprenant quatre usines d’ArcelorMittal.
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Sanjeev Gupta, nouveau magnat de l’aluminium et de l’acier en Europe

Le groupe du milliardaire britannique né en Inde double de taille en reprenant quatre usines d’ArcelorMittal.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 17h24
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 17h54
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            
Il faut désormais compter avec Sanjeev Gupta. A 47 ans, cet homme d’affaires britannique né en Inde est en train de devenir l’un des magnats de l’aluminium et de l’acier en Europe. L’acquisition de quatre grandes usines d’ArcelorMittal, annoncée vendredi 12 octobre, va lui permettre de doubler la taille de son petit empire, le Gupta Family Group (GFG). Celui-ci emploiera bientôt plus de 26 000 personnes, essentiellement sur le Vieux Continent. Une étape de plus dans la montée en puissance des nouveaux champions industriels venus d’Inde ou de Chine.
ArcelorMittal cherchait depuis des mois un acquéreur pour les installations situées en République tchèque, en Roumanie, en Macédoine et en Italie. En mai, la Commission européenne a, en effet, autorisé le leader mondial de la sidérurgie à s’offrir Ilva, le numéro un italien du secteur, et son aciérie gigantesque et délabrée de Tarente, dans les Pouilles. Mais Margrethe Vestager, la commissaire chargée de la concurrence, a assorti son feu vert d’une condition clé : avant d’acheter Ilva, ArcelorMittal doit céder des capacités pratiquement équivalentes, afin de ne pas se retrouver en position ultra-dominante sur le marché européen de l’acier.

C’est ainsi qu’après avoir hésité, la famille Mittal, qui contrôle le groupe, a mis en vente toute une série d’usines, réparties en trois lots. Celui remporté par M. Gupta est le premier à trouver preneur, et de loin le plus important. Il comprend avant tout deux grands sites intégrés de production d’acier à Ostrava, en République tchèque, et à Galati, en Roumanie, qui emploient chacun entre 5 500 et 6 000 personnes.
Le principal complexe tchèque
A Ostrava, M. Gupta met la main sur le principal complexe sidérurgique tchèque, construit au sortir de la seconde guerre mondiale. Sous le communisme, on l’appelait le « cœur d’acier de la République ». Lakshmi Mittal en avait obtenu les clés en 2003, lors de sa privatisation.
L’histoire de Galati, sur la rive...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Gênante pour le régime de Joseph Kabila, de plus en plus décriée par les Congolais, coûteuse pour l’ONU : des élections sans accroc le 23 décembre pourraient être l’occasion pour la mission de se retirer.
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Analyse

Affaiblie, la Monusco se cherche une porte de sortie honorable en RDC

Gênante pour le régime de Joseph Kabila, de plus en plus décriée par les Congolais, coûteuse pour l’ONU : des élections sans accroc le 23 décembre pourraient être l’occasion pour la mission de se retirer.

Joan Tilouine
    



LE MONDE
              datetime="2018-10-12T17:00:42+02:00"

        Le 12.10.2018 à 17h00

     •
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          datetime="2018-10-12T18:21:40+02:00"

        Mis à jour le 12.10.2018 à 18h21






    
Un soldat uruguayen de la Monusco à Goma, dans l’est de la RDC, en avril 2016.
Crédits : PABLO PORCIUNCULA/AFP


En République démocratique du Congo (RDC), le sigle « UN » fait partie du décor. Sur les aéronefs, sur les véhicules tout-terrain, sur les camions blindés qui circulent dans les villes et villages, il est partout. Omniprésent, mais pas toujours synonyme d’efficacité. Dans l’est du pays, où des massacres ont été commis à quelques centaines de mètres de bases de la Monusco, la mission des Nations unies en RDC, les habitants ont pris l’habitude de comparer les casques bleus à des « touristes » et de pointer leur incapacité à neutraliser la centaine de milices qui sèment toujours la terreur dans la région.

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La protection des civils est pourtant la priorité fixée par le Conseil de sécurité. La Monusco dispose même, depuis mars 2013, d’une force militaire offensive censée affronter les groupes armés de l’est du pays. Faute de résultats, la mission la plus ancienne et la plus chère de l’histoire de l’ONU (créée en 1999, elle coûte un peu plus d’un milliard de dollars par an, soit plus de 860 millions d’euros) s’est discréditée auprès de la population et du gouvernement, qui réclame son départ d’ici à 2020.
« Des résultats largement mitigés »
Le président Joseph Kabila l’a rappelé à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, le 25 septembre, pointant des « résultats largement mitigés sur le plan opérationnel ». Le chef de l’Etat a réitéré sa position face aux membres du Conseil de sécurité venus à Kinshasa deux semaines plus tard. Lorsque les échanges ont porté sur l’organisation des élections prévues le 23 décembre et intégralement financées par le pays, le président congolais, dont le dernier mandat s’est achevé il y a deux ans, a réagi : « Vous nous suppliez de mendier le soutien de l’ONU », mais, sauf « cas de force majeure », il n’en sera rien.
Le gouvernement a donc décliné l’appui logistique de la Monusco, tenue à l’écart et du même coup privée d’informations et de véritable capacité d’observation. Son mandat, renouvelé en mars, insiste pourtant sur l’appui au processus électoral en vue de scrutins crédibles « dans les délais annoncés ». Mais la mission onusienne a échoué à mener à bien le dialogue entre le pouvoir et l’opposition, dont s’est finalement chargée l’Eglise catholique congolaise.

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Les élections, censées permettre la première alternance politique de l’histoire du pays, se feront donc sans l’intervention de la mission onusienne. Elle se contente aujourd’hui de quelques techniciens dépêchés auprès de la Commission électorale nationale indépendante, qui prend soin de ne pas leur donner accès aux données stratégiques. « Cette décision du gouvernement puise sa source dans l’expérience de 2011 : la Monusco avait retiré son appui logistique et technique à la veille des scrutins », précise André-Alain Atundu, porte-parole de la Majorité présidentielle, qui se demande aujourd’hui « à quoi elle sert ».
Menaces, suspicions, pressions
Les tensions entre la Monusco et le gouvernement sont anciennes et fréquemment ravivées par les rapports du Bureau conjoint des droits de l’homme de l’ONU, qui dénonce les violations commises par les forces de sécurité du régime. Dès 2010, Kinshasa a souhaité le retrait de la mission, invoquant sa souveraineté.
La seule fois où les deux acteurs se sont entendus, ce fut deux ans plus tard. L’armée congolaise et les casques bleus avaient uni leurs forces contre les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) qui s’étaient emparés de Goma, à la frontière avec le Rwanda. Par la suite, l’ONU avait souhaité poursuivre cette alliance pour terrasser les miliciens hutu des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) qui sévissent dans l’est de la RDC. Mais la coopération avait volé en éclats après la nomination de deux généraux congolais accusés par l’ONU de violations des droits humains. Les FDLR sont toujours en activité.

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« La Monusco va quitter la RDC graduellement », avait déclaré, début 2014, son chef d’alors, Martin Kobler. Des stratégies de retrait avaient été élaborées, qui achoppèrent, entre autres, sur des divergences d’analyse sécuritaire. Depuis, la relation est émaillée de menaces, de suspicions et de pressions. La méfiance du gouvernement à l’égard de cette mission perçue comme un instrument d’ingérence, de surcroît gênante lorsqu’elle dénonce les répressions du régime, affaiblit encore un peu plus sa capacité d’action. Kinshasa a ainsi multiplié les stratagèmes pour la neutraliser, allant jusqu’à bloquer la livraison d’armes aux bataillons de casques bleus (16 000 militaires) et à entraver le travail de ses enquêteurs.
« On est devenu trop encombrant, estime un cadre de la Monusco. Sur le plan sécuritaire comme sur la question des droits humains, le gouvernement nous bloque. La mission a atteint ses limites et seuls les Congolais peuvent résoudre leurs problèmes. » Les casques bleus n’ont su intervenir efficacement et empêcher les massacres ni lors de la crise survenue au Kasaï (centre) en avril 2016, ni dans celle qui sévit dans la province du Tanganyika (sud-est), conjuguée au regain de violence en Ituri (nord-est) fin 2017.
Vers un retrait progressif
« Il est évident que le bilan politique et sécuritaire de la Monusco est médiocre. Le gouvernement a donc de bons arguments pour réclamer son départ, qui, sur le terrain, pourrait bien ne pas changer grand-chose, constate Thierry Vircoulon, chercheur associé à l’Institut français des relations internationales (IFRI). Des milliards de dollars ont été dépensés mais ce n’est pas éternel, car la facture est lourde et il y a peu à peu une prise de conscience et une exigence de résultats. »

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Lors de l’Assemblée générale de l’ONU, les Etats membres ont signé une déclaration d’engagement non contraignante visant à rendre les opérations de maintien de la paix plus efficaces. Le vice-président américain, Mike Pence, a résumé la doctrine de l’administration Trump : « Quand une mission ne parvient pas à remplir son mandat, on doit la fermer. » Les Etats-Unis, principal contributeur de ces opérations qu’ils jugent trop coûteuses, pourraient accélérer le retrait de la Monusco, à moins qu’ils ne soutiennent son maintien pour garder un levier de pression sur Joseph Kabila et son dauphin désigné, Emmanuel Ramazani Shadary.
Près de vingt ans après son déploiement, la Monusco se prépare à un retrait progressif si les élections du 23 décembre se déroulent à la date prévue, sans regain de violences significatives et si le processus est jugé « crédible », ou du moins acceptable, par les puissances régionales et les partenaires occidentaux. « On doit partir […] parce que si on reste, cela voudrait dire qu’on a échoué », a déclaré Leila Zerrougui, représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU en RDC. Une manière habile de présenter un éventuel retrait de la mission comme une conséquence de son succès.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Face à l’avènement de l’intelligence artificielle et à l’automatisation croissante du travail, la France récolte le bonnet d’âne en matière de formation de ses salariés, selon le World Economic Forum. Il faudrait, en moyenne, 105 jours de formation par salarié pour rattraper le retard !
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Les salariés français mal préparés à l’intelligence artificielle

Face à l’avènement de l’intelligence artificielle et à l’automatisation croissante du travail, la France récolte le bonnet d’âne en matière de formation de ses salariés, selon le World Economic Forum. Il faudrait, en moyenne, 105 jours de formation par salarié pour rattraper le retard !



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 16h33
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 16h52
    |

                            Catherine Quignon








                        



                                


                            

Au cœur de l’agitation de la rentrée, cette information inquiétante : les salariés français seraient très mal armés pour affronter les bouleversements du travail à l’œuvre dans le monde, alerte le World Economic Forum dans son étude annuelle The Future of Jobs, parue le 17 septembre.
Selon l’organisation, qui a interrogé trois cent treize grandes entreprises employant plus de 15 millions de salariés de tous pays, ce sont les Français qui ont le plus besoin d’être formés pour faire face à l’avènement de l’intelligence artificielle et à l’automatisation croissante du travail. La robotisation devrait entraîner la suppression de 75 millions d’emplois et en créer 133 millions, indique l’étude. Une occasion à saisir, à condition d’être formé aux bouleversements introduits par la nouvelle organisation du travail.

Le World Economic Forum a procédé à un classement du nombre d’heures nécessaires en moyenne aux salariés de chaque pays ou région du monde (Afrique du Nord, Europe de l’Est…) pour effectuer la montée en compétences nécessaire, en s’appuyant sur les déclarations des employeurs qui y sont implantés. Et ce sont les employés français qui arrivent bons derniers du classement, derrière les Philippins ou les Mexicains : face aux bouleversements technologiques, il faudrait en moyenne cent cinq jours par salarié français pour rattraper le retard pris en matière de formation !
La France dépassée par la Pologne ou l’Estonie
Comment ce retard français se justifie-t-il ? Le rapport du World Economic Forum ne donne pas plus d’explications sur le cas hexagonal, mais il apporte des éléments de réponse communs à l’ensemble des pays. En moyenne, « ce ne sont pas moins de 54 % de l’ensemble des salariés dans le monde qui vont avoir besoin d’une montée en compétences significative » d’ici à 2022 pour préparer « la quatrième révolution industrielle », indique le rapport.
Les...



                        

                        


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La justice turque libère le pasteur américain Brunson, au cœur d’une crise diplomatique entre la Turquie et les Etats-Unis

Le pasteur Andrew Brunson était accusé par la Turquie d’espionnage militaire et de collusion avec « des organisations terroristes ».



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 15h57
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 16h29
   





                        



   


La crise diplomatique grave entre les Etats-Unis et la Turquie cristallisée autour de la situation du pasteur américain Andrew Brunson, pourrait avoir trouvé une porte de sortie. La justice turque a ordonné, vendredi 12 octobre, la levée de l’assignation à résidence et de l’interdiction de quitter le territoire turc imposées à ce ressortissant américain au cours d’une nouvelle audience dans son procès. D’après le Ragip Soylu, journaliste du quotidien pro-gouvernemental anglophone Daily Sabah, trois témoins sont revenus sur leurs déclarations contre le pasteur.
Le tribunal, à Aliaga dans la région d’Izmir (ouest), a condamné le pasteur à trois ans et un mois de prison mais l’a remis en liberté en tenant compte du temps qu’il a déjà passé en prison et de son comportement pendant son procès, selon une correspondante de l’Agence France-Presse sur place. M. Brunson a été incarcéré pendant un an et demi sur décision de la justice turque et placé en résidence surveillée depuis le mois juillet. Le Président Donald Trump a déclaré vendredi dans un tweet espérer un retour rapide du pasteur aux Etats-Unis.

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Une relation dégradée
Inquiété par la justice turque dans le cadre des vagues d’arrestation qui ont suivi la tentative manquée de coup d’Etat de juillet 2016, M. Brunson était accusé d’espionnage militaire et de collusion avec « des organisations terroristes ». Il était notamment reproché à M. Brunson des liens jamais démontrés avec la confrérie du prédicateur Fetullah Gülen et avec le mouvement autonomiste armé du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en guerre contre l’armée turque dans le sud-est à majorité kurde du pays.
Depuis l’élection de Donald Trump, son sort est devenu l’un des principaux irritants d’une relation turco-américaine déjà très dégradé par le soutien militaire de Washington aux Kurdes de Syrie. Après que le tribunal a refusé de libérer le pasteur au cours de la précédente audience, en juillet, Washington a haussé le ton face à la Turquie. La crise diplomatique a culminé en août avec la décision par les Etats-Unis de prendre contre Ankara des sanctions qui ont précipité l’effondrement de la monnaie nationale et aggravé une situation économique déjà fragile.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Près de 80 % des femmes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord vivent dans des pays où le droit à l’avortement est restreint. Un enjeu de santé publique.
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Décryptage

Quand l’avortement est « haram » : les femmes aux prises avec la jurisprudence islamique

Près de 80 % des femmes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord vivent dans des pays où le droit à l’avortement est restreint. Un enjeu de santé publique.

Par                Hazal Atay



LE MONDE
              datetime="2018-10-12T15:54:31+02:00"

        Le 12.10.2018 à 15h54






    
Des manifestants marocains opposés à l’avortement manifestent contre un « bateau d’avorteurs » néerlandais devant accoster près de Tétouan, dans le nord du Maroc, le 4 octobre 2012.
Crédits : Fadel Senna/AFP


Les femmes sont descendues massivement dans les rues du monde entier le 28 septembre, Journée mondiale du droit à l’avortement, pour réclamer la gratuité, la sécurité et la légalité de l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) pour toutes.
Le droit à l’avortement est menacé dans de nombreux pays, des Etats-Unis à la Pologne en passant par l’Argentine et l’Irlande, où les femmes se battent toujours pour l’obtenir. La religion, notamment le catholicisme, est souvent désignée comme le principal obstacle au contrôle des naissances et à l’IVG. Le fait est qu’un certain nombre de pays à majorité catholique ont une législation stricte sur la question. Parmi ceux-ci, l’Andorre, la République dominicaine, le Salvador, Malte, le Nicaragua et le Vatican se distinguent même par une interdiction totale de l’avortement.
Un droit constamment remis en question
Mais qu’en est-il des pays musulmans ? Près de 80 % des femmes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord vivent dans des pays où le droit à l’avortement est restreint. Voire, pour 55 % d’entre elles, dans des pays où l’IVG n’est autorisée que pour sauver la vie de la mère ou – pour 24 % – uniquement pour préserver sa santé physique ou mentale. Aujourd’hui, seules la Turquie et la Tunisie autorisent les avortements volontaires, sur demande de la mère. Bien qu’aucun de ces pays n’interdise totalement l’IVG, ces restrictions rendent plus difficile pour les femmes d’avorter en toute sécurité.

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Comme partout ailleurs, dans les pays à majorité musulmane, l’avortement est un sujet controversé, notamment au regard de la loi islamique. Même dans les pays où l’IVG est légale, comme en Turquie, ce droit est constamment remis en question par des opposants politiques et religieux. De même, en Tunisie, en dépit de la loi qui les y autorise, les femmes qui décident d’avorter doivent souvent faire face au jugement négatif du personnel médical et de la société.
En général, les autorités religieuses musulmanes considèrent que l’avortement interfère avec la volonté d’Allah (Dieu) qui, seul, a droit de vie et de mort. Cependant, les différents courants de l’islam n’ont pas tous le même point de vue sur la question. Dans le dogme hanafite, majoritaire au Moyen-Orient, en Turquie et en Asie centrale, et qui faisait loi sous l’Empire ottoman, l’avortement est évoqué sous les termes ıskât-ı cenîn, qui peuvent se traduire par « expulsion du fœtus ».
A la discrétion du mari
D’entrée de jeu, cette terminologie paraît peu claire, puisqu’elle ne fait aucune distinction entre les fausses couches et les avortements. Plus précisément, le hanafisme considère ıskât-ı cenîn comme mekrouh (indésirable, non souhaitable) plutôt que haram (interdit) à moins de 120 jours de grossesse, étant donné que jusqu’alors le fœtus n’a pas d’âme. Pourtant, même considérée comme mekrouh, la décision de mettre un terme à la grossesse est laissée à la discrétion du mari et ne constitue pas un droit ni un choix pour la femme.
Dans le même temps, d’autres courants islamiques expriment une opinion différente. Le chafiisme, qui domine en Asie du Sud-Est et dans certaines régions d’Afrique, autorise les IVG jusqu’à 40 jours de grossesse et les avis divergent au sein même de ce mouvement quant au stade de développement du fœtus.

    
L’accouchement tel qu’il est dépeint dans le « Zenanname » (« Le Livre des femmes »), d’Enderunlu Fazıl, publié entre 1253 et 1286 (1837-1869).
Crédits : DR


Certains imams chafiistes tolèrent l’avortement jusqu’au 120e jour. Bien que le courant hanbaliste, majoritaire en Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis, n’ait pas d’opinion tranchée sur la question, certains chefs religieux autorisent également l’avortement jusqu’au quatrième mois. Enfin, le malikisme, qui prédomine en Afrique du Nord, considère le fœtus comme un être vivant en devenir et interdit totalement l’avortement. En fait, tous les dogmes islamiques estiment qu’à compter de 120 jours après sa conception, le fœtus a une âme, et aucun n’autorise l’avortement après cette date.

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Dans nombre de pays à majorité musulmane, la jurisprudence islamique a influencé la législation relative à l’avortement. Toutefois, au fil du temps, de nouvelles préoccupations sociopolitiques ont émergé, et cette législation a été remaniée. Dans le cas de l’Empire ottoman, la relative liberté de choix offerte par le hanafisme a été contrecarrée par une nouvelle politique nataliste et moderniste à la fin du XVIIIe siècle.
Face au déclin de l’Empire, la modernisation et la croissance démographique étaient envisagées comme un remède propre à assurer sa stabilité militaire, économique et politique. Inspirés par l’Europe, les Ottomans aspiraient à des avancées similaires via un vaste programme de réformes et de lois.
Des lois restrictives
En 1858, le Code pénal de l’Empire ottoman – rédigé d’après le Code pénal français de 1810 – est adopté. Il interdit et criminalise l’avortement, harmonisant la législation française et le dogme islamique. A partir de cette date, l’avortement est légalement déclaré haram dans tous les territoires sous domination ottomane. Néanmoins, dans la jurisprudence, il n’est envisagé que comme un phénomène social. Les poursuites intentées après l’entrée en vigueur de ce nouveau code illustrent bien cette vision des choses, puisque les accusés sont des médecins, des infirmiers, des pharmaciens… plutôt que les femmes elles-mêmes.

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Suite à cette réforme, beaucoup d’ex-membres de l’Empire mettent en place des lois restrictives sur l’avortement. Cependant, lorsqu’on observe les pays à majorité musulmane, on constate que ces lois sont assez diverses, dans le sens où elles autorisent et interdisent l’avortement pour différentes raisons. Aujourd’hui, dans beaucoup de ces pays, il n’est souvent autorisé que lorsque la vie de la femme est en danger, quand le fœtus est malformé ou quand la grossesse résulte d’un viol. Mais, même si ces principes permettent à quelques femmes d’y avoir recours, ils renforcent la supervision médicale et les procédures légales, et ne laissent aucune place aux avortements volontaires.

    
Page d’accueil en arabe du site Women on Web, un service de télémédecine qui aide les femmes à avorter sans danger dans des pays où le droit à l’avortement est limité.
Crédits : DR


Il est scientifiquement prouvé que restreindre l’accès à l’avortement ne fait pas disparaître cette pratique. Au contraire, elle devient clandestine et dangereuse. En utilisant des méthodes peu sûres pour mettre un terme à leur grossesse non désirée, les femmes risquent leur santé, leur fertilité et même leur vie. Chaque année, 47 000 femmes meurent de complications liées à un avortement pratiqué dans de mauvaises conditions. Après l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont la région du monde où le taux de mortalité maternelle est le plus élevé.
Avortement télémédicalisé
De plus, les restrictions du droit d’accès à l’avortement affectent davantage les femmes les plus pauvres. Souvent, celles qui en ont les moyens se rendent à l’étranger pour avorter en toute sécurité. Certaines parviennent à négocier avec des professionnels de santé dans leur propre pays pour obtenir ce service. Pour les autres, le marché noir est la seule option. Beaucoup sont victimes de charlatans qui leur vendent de fausses pilules abortives à des prix très élevés. Même lorsqu’elles ont accès à une structure médicale ou des pilules fiables, elles restent mal informées et mal suivies. Cela accentue leur sentiment d’isolement et aggrave leur souffrance
Malgré tout, grâce à l’avortement médicamenteux et à la télémédecine, des alternatives sûres se multiplient hors du cadre légal. Un grand nombre de femmes vivant dans des pays à majorité musulmane, ou dans d’autres pays qui limitent l’accès à l’avortement, consultent des services de médecine en ligne pour demander de l’aide et recevoir des informations sur la façon de s’auto-administrer les pilules abortives obtenues par ce biais.



Des études prouvent que l’avortement télémédicalisé est sûr et efficace en début de grossesse. Women on Web (WoW), l’un de ces services en ligne, aide environ 60 000 femmes chaque année. Le contenu du site est traduit en seize langues, dont l’arabe, le farsi et le turc. Néanmoins, dans certains pays comme l’Arabie saoudite et la Turquie, l’accès au site est prohibé. Pour contourner la censure, les femmes utilisent une application sur leur smartphone.
Aujourd’hui, il semble que l’IVG soit haram, illégale et clandestine dans la majeure partie du monde musulman. En dépit de cela, les femmes continuent à défier le statu quo et les lois archaïques par leurs pratiques quotidiennes et leur militantisme. En 2012, en réaction à un projet de loi visant à restreindre l’accès à l’avortement en Turquie, des centaines de femmes ont manifesté à Istanbul pour défendre la liberté de choix. Elles sont descendues dans les rues pour clamer leur droit d’avorter en toute sécurité et de disposer librement de leur corps : « L’avortement est un droit. La décision d’avorter appartient aux femmes. 
Hazal Atay est doctorante à Sciences Po Paris.
Cet article a d’abord été publié sur le site de The Conversation.





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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Invité dans le bureau Ovale, le rappeur s’est lancé dans une logorrhée verbale surréaliste qui a réduit Donald Trump au silence.
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« Bromance » embarrassante entre Donald Trump et Kanye West à la Maison Blanche

Invité dans le bureau Ovale, le rappeur s’est lancé dans une logorrhée verbale surréaliste qui a réduit Donald Trump au silence.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 14h56
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 18h47
   





                        



   


A vingt-cinq jours des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, les deux principales informations politiques de la semaine concernent deux stars de la chanson, Taylor Swift et Kanye West. Le signe évident, écrit jeudi 11 octobre Eugene Robinson, chroniqueur du Washington Post, que quelque chose ne tourne décidément pas rond dans la politique américaine.

        Chronique :
         

          « Taylor Swift s’est lancée dans un combat anti-Trump avec une stratégie digne de Machiavel »



De fait, le bureau Ovale de la Maison Blanche a connu jeudi une scène surréaliste, quoi qu’assez « trumpienne ». Le président américain entouré de sa jeune garde – sa fille Ivanka Trump et le mari de cette dernière, Jared Kushner – recevait le rappeur Kanye West, un de ses supporters les plus fervents, accompagné de l’ancien joueur de football américain Jim Brown. Il s’agissait, pour le président, de faire la démonstration de sa popularité auprès de l’électorat noir.

Devant les caméras et les photographes, Kanye West, ou Ye, comme il se fait appeler, a réduit à quia le président des Etats-Unis. Téléphone posé sur le Resolute Desk, qu’il a martelé à de nombreuses reprises pour scander son propos, et coiffé de la célèbre casquette rouge barrée du slogan de campagne « Make America Great Again », le rappeur de Chicago a tiré un feu d’artifice verbal donnant un aperçu de son paysage mental chaotique.
Le 13e amendement, l’Iplane One et la méditation
En roue libre, jurant comme un charretier, Ye est passé d’un sujet à l’autre, évoquant Larry Hoover, un chef de gang de Chicago, sa famille, le treizième amendement qui a aboli l’esclavage, sa bipolarité qui, à l’en croire, ne serait due qu’à un manque de sommeil… Il a ensuite révélé le code secret – 000000 – de son iPhone, puis montré au président des images de l’Iplane One, un projet d’avion à hydrogène, qu’il verrait bien en successeur d’Air Force One.
En un monologue tourbillonnant qui semblait ne jamais devoir s’arrêter, il a évoqué dans un même souffle la pratique controversée des fouilles impromptues d’Afro-Américains (stop and frisk), la « méditation » ou encore la circulation d’armes illégales aux Etats-Unis. Perplexe, voire sonné, Donald Trump, se demandant visiblement si laisser le rappeur élucubrer était une idée si géniale que ça, comme le relate Chris Cillizza, sur CNN, ne retrouvera l’usage de la parole qu’au bout de dix minutes, parvenant finalement à glisser un mot – « Wisconsin » –, avant de reprendre progressivement le contrôle de la situation.
A l’issue de cette séquence, qui aura duré en tout une vingtaine de minutes devant un parterre de journalistes, les deux hommes se sont enlacés, avant d’aller déjeuner loin des caméras. « Je vais vous dire quelque chose, c’était assez impressionnant, a commenté le milliardaire républicain. C’était quelque chose. C’est un génie. »
« Répugnant et honteux »
Le matin, lors d’une interview sur Fox News, Donald Trump était revenu sur sa relation avec Kanye West : « Je l’aime beaucoup, c’est un ami à moi, je le connais depuis longtemps. Dans le monde de la musique, on dit que c’est un génie. »
A rebours de la plupart des rappeurs, Kanye West avait apporté son soutien à Donald Trump après son élection en novembre 2016, en lui rendant notamment visite à la Trump Tower de New York. Depuis, Kanye West s’affiche régulièrement avec la casquette rouge MAGA, déclenchant des polémiques au sein de la communauté musicale.
« Quand Kanye a révélé [sa position] il y a quelques mois, quelque chose s’est passé, j’ai monté de 25 % dans les sondages. Du jamais-vu. Il est très suivi au sein de la communauté noire. Très, très suivi, a assuré M. Trump jeudi matin sur Fox News. J’ai beaucoup de soutien chez les Afro-Américains et ça s’est pas mal développé récemment avec Kanye. »
Sans surprise, l’apparition de Kanye West aux côtés de Donald Trump à la Maison Blanche a provoqué quelques réactions dans le monde de la musique : « C’est l’acte le plus répugnant, honteux et embarrassant (…) que j’aie jamais vu », a ainsi écrit le rappeur TI, qui a travaillé avec Kanye West.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Secrétaire d’Etat du Missouri et vétéran d’Afghanistan, Jason Kander a annoncé, le 2 octobre, mettre sa carrière politique de côté afin de soigner sa dépression liée à un stress post-traumatique.
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Jason Kander, une étoile démocrate terrassée par la guerre


                      Secrétaire d’Etat du Missouri et vétéran d’Afghanistan, Jason Kander a annoncé, le 2 octobre, mettre sa carrière politique de côté afin de soigner sa dépression liée à un stress post-traumatique.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 14h33
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            Gilles Paris (Washington, correspondant)








   


Il a fini par lâcher prise. Jason Kander a publié sur les réseaux sociaux, le 2 octobre, une lettre poignante expliquant pourquoi il mettait brusquement un terme à sa carrière politique. Publication d’un livre à succès, lancement réussi d’une organisation spécialisée dans l’inscription sur les listes électorales, efficacité de ses collectes de fonds pour sa candidature à la mairie de Kansas City (Missouri) prévue en juin… « Les choses se passent bien pour moi ces derniers mois, reconnaissait cette étoile montante du Parti démocrate. Mais, au lieu de célébrer ces accomplissements, je me suis retrouvé au téléphone avec la ligne d’urgence du département des anciens combattants, pour admettre que, oui, j’avais des pensées suicidaires. Ce n’était pas la première fois. » Et d’ajouter : « Après onze ans d’efforts pour garder à distance la dépression post-traumatique, j’ai finalement conclu qu’elle va plus vite que moi. Je dois arrêter de courir, me retourner, et lui faire face. »
En Afghanistan en 2006
Né en 1981, Kander s’était enrôlé dans les rangs de la garde nationale après le 11-Septembre, menant de front des études de droit et un parcours militaire qui l’a conduit en Afghanistan en 2006. Il n’a pas pris part directement à des combats mais a sillonné inlassablement le pays pour enquêter sur la corruption et les liens entre le crime organisé et les insurgés talibans. Dans son livre, Outside the Wire, publié cet été et classé sur la liste des best-sellers du New York Times, Jason Kander raconte y avoir éprouvé la « peur, bien au-delà de tout ce qu’(il) avai (t) pu ressentir auparavant » : « C’était, pour la première fois de ma vie, la peur physique et crue d’être tué. »

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Premier millennial élu à un poste de secrétaire d’Etat, dans son Missouri natal, en 2012, après quatre ans passés comme représentant démocrate à la Chambre locale, Jason Kander s’était lancé en 2016 dans une course difficile en défiant le sénateur républicain sortant, Roy Blunt. Il avait frappé les esprits en remontant, les yeux bandés, un fusil d’assaut en une trentaine de secondes. Dans cette publicité de campagne, il mettait alors son passé de soldat au service d’une demande du contrôle accru du marché des armes à feu. Jason Kander n’avait perdu que de trois points face à un cacique qui l’avait emporté avec une avance quatre fois plus grande six ans plus tôt. Une défaite plus qu’honorable qui avait attiré sur lui l’attention de son parti et des médias nationaux. « Vous ressemblez beaucoup à notre ancien patron lorsqu’il s’est lancé [en politique] », lui avait confié Dan Pfeiffer, l’ancien stratège en communication de Barack Obama.
Le taux de suicides chez ceux âgés de 18 à 34 ans a régulièrement augmenté de 2006 à 2016, avec une hausse de plus de 10 % entre 2015 et 2016.
L’aveu d’une faiblesse telle qu’une tendance suicidaire n’est pas une figure imposée du jeu électoral américain. En décidant de mettre entre parenthèses ses ambitions après avoir dévoilé sa vulnérabilité, Jason Kander a pourtant fait œuvre utile, si on en juge par les réactions chaleureuses que son annonce a suscitées, et pas seulement dans son camp. En septembre, le ministère des anciens combattants a publié des statistiques alarmantes. Si le nombre de suicides est légèrement en baisse pour l’ensemble des anciens combattants américains, il est en revanche singulièrement en hausse pour la génération de soldats à laquelle appartient Jason Kander. Le taux de suicides chez ceux âgés de 18 à 34 ans a régulièrement augmenté de 2006 à 2016, avec une hausse de plus de 10 % entre 2015 et 2016.

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Cette hausse se traduit par 45 décès pour 100 000 anciens combattants, le plus élevé de tous les groupes d’âge. Une enquête réalisée en automne 2017 par l’organisation des anciens combattants d’Irak et d’Afghanistan a révélé que plus de la moitié de leurs membres connaît un proche qui est passé à l’acte. Dans sa lettre, Jason Kander a reproduit le numéro d’urgence vers lequel il a fini par se tourner. Puis il a passé provisoirement « le relais » à ses lecteurs. « J’espère que vous allez vous en saisir et vous battre comme des fous pour faire de ce pays ce que nous savons qu’il peut être », a-t-il conclu, espérant que sa missive soit un au revoir, et non un adieu.



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Collaborateur du « Washington Post », Jamal Khashoggi n’a plus donné signe de vie depuis qu’il s’est rendu le 2 octobre dernier au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul.
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Journaliste saoudien : la France demande des explications à Riyad

Collaborateur du « Washington Post », Jamal Khashoggi n’a plus donné signe de vie depuis qu’il s’est rendu le 2 octobre dernier au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 14h02
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 14h29
   





                        


Plus d’une semaine après la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, la France a demandé, vendredi 12 octobre, que « les faits soient clairement établis et que tous ceux qui peuvent contribuer à la manifestation de la vérité y concourent pleinement ».
« C’est le message que nous avons transmis aux autorités saoudiennes. Les accusations portées contre elles nécessitent qu’elles fassent preuve de transparence et y apportent une réponse complète et circonstanciée », a déclaré lors d’un point de presse la porte-parole du ministère des affaires étrangères français, mentionnant « de graves interrogations ».

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Disparu le 2 octobre
La réaction du Quai d’Orsay arrive après celles de Londres et des Etats-Unis, également alliés de Riyad, qui ont tous deux demandé des explications sur la disparition de l’éditorialiste, critique du pouvoir saoudien.
Collaborateur du Washington Post, Jamal Khashoggi n’a plus donné signe de vie depuis qu’il s’est rendu le 2 octobre dernier au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul. Sa fiancée, qui l’attendait à l’extérieur, assure qu’il n’en est jamais ressorti et des sources au sein des services de sécurité turcs pensent qu’il a été tué à l’intérieur du consulat par une équipe d’une quinzaine de Saoudiens repartis le jour même dans leur pays.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le pape François a accepté vendredi la démission du cardinal américain, soupçonné d’avoir couvert des actes de prêtres pédophiles lorsqu’il était évêque de Pittsburgh, de 1988 à 2006.
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Démission de l’archevêque de Washington, Donald Wuerl, accusé d’avoir étouffé un scandale pédophile

Le pape François a accepté vendredi la démission du cardinal américain, soupçonné d’avoir couvert des actes de prêtres pédophiles lorsqu’il était évêque de Pittsburgh, de 1988 à 2006.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 12h57
   





                        



   


Le pape François a accepté vendredi 12 octobre la démission du cardinal américain Donald Wuerl. Soupçonné d’avoir étouffé des actes de prêtres pédophiles, l’archevêque de Washington avait lui-même annoncé en septembre qu’il avait l’intention de présenter sa démission au souverain pontife.
Une enquête des services du procureur de Pennsylvanie publiée en août a mis au jour des abus sexuels perpétrés durant des décennies par plus de 300 « prêtres prédateurs » : au moins 1 000 enfants ont été victimes de leurs agissements, couverts par l’Eglise catholique de cet Etat.

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Scandale étouffé
Dans le rapport final, rédigé par un jury populaire, le cardinal Wuerl, qui fut évêque de Pittsburgh de 1988 à 2006, était cité à de nombreuses reprises comme l’un des responsables ecclésiastiques ayant contribué à étouffer le scandale. Il y avait eu depuis de nombreux appels à sa démission, y compris émanant de son propre clergé.
L’homme de 77 ans s’était défendu en assurant que le rapport prouvait qu’il avait « agi avec diligence, dans l’intérêt des victimes et pour éviter de nouveaux abus ». Ses défenseurs ont fait valoir qu’il avait sanctionné certains prêtres et même résisté à une injonction du Vatican de rétablir dans ses fonctions un prédateur.
Mais le procureur général de Pennsylvanie, Josh Shapiro, l’avait accusé de mentir, expliquant que ses propos étaient « en contradiction directe par les documents internes de l’Eglise et les archives secrètes ».
L’Eglise catholique états-unienne a déjà été secouée par la démission à la fin de juillet du cardinal Theodore McCarrick, 88 ans, à la suite d’accusations d’abus sexuels sur un adolescent remontant à plusieurs décennies.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Les réfugiés soudanais et érythréens que « Le Monde » a suivis durant plus d’un an témoignent de leurs difficultés et de leurs avancées.
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« Les nouveaux arrivants » : récit d’une année et demie d’intégration



LE MONDE
              datetime="2018-10-12T12:31:18+02:00"

        Le 12.10.2018 à 12h31






Durée : 05:46 | 

500 jours, 25 migrants, 4 journaux. Pendant un an et demi, Le Monde, The Guardian, El Pais et Der Spiegel ont suivi des réfugiés pour raconter leur accueil et leur intégration dans différents pays européens. Au terme de ce projet, les membres du groupe Soudan Célestins Music racontent les difficultés qu’ils ont rencontrées dans leur quotidien et leurs premiers pas dans le monde du travail depuis leur installation à Vichy.


                

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Depuis l’annexion de la Crimée, en 2014, Moscou multiplie les mesures d’intimidation dans cette zone stratégique pour Kiev, mettant en péril l’économie du port de Marioupol. En toute discrétion, il transforme la mer d’Azov en lac intérieur russe.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤                 En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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En toute discrétion, il transforme la mer d’Azov en lac intérieur russe.     Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail                       Le port de pêche de Marioupol. En arrière-plan, l’usine métallurgique Azovstal. GUILLAUME HERBAUT	POUR LE MONDE             Son directeur le reconnaît dans un haussement d’épaules fataliste, regard planté sur les docks délaissés et les grues piteuses aux nez inclinés sur les flots : le port de Marioupol, dans la région de Donetsk, a connu des jours meilleurs. Avant la rouille, avant la guerre, les lieux avaient gagné le surnom pompeux de « portes maritimes du Donbass » : 15 millions de tonnes de marchandises exportées chaque année, 77 hectares parsemés d’infrastructures solides à défaut d’être ultramodernes et, surtout, un arrière-pays, le Donbass, où l’on sait ce que signifie le mot « industrie ». C’était il y a longtemps, à une époque révolue où, comme Alexandre Oleïnik, l’on pouvait devenir ingénieur après avoir été docker, puis gravir les échelons jusqu’à être promu directeur.          Il y a encore quatre ou cinq ans – une éternité –, jusqu’à dix-huit navires étaient amarrés simultanément sur les quais de Marioupol, attendant leur ration de métal et d’acier du Donbass, de grains ou de charbon. Quatre-vingt-dix pour cent des exportations du Donbass, l’une des régions les plus dynamiques d’Ukraine, transitaient par ce port. Les navires partaient ensuite vers le grand large, traversant la petite et peu profonde mer d’Azov, franchissant le détroit de Kertch entre Crimée et Russie, avant de rejoindre les flux du trafic international en mer Noire. La grande ville portuaire de 500 000 habitants parlait alors turc, arabe, anglais…          Le Donbass coupé en deux          Puis la guerre a éclaté. A l’été 2014, le Donbass coupé en deux voit ses mines passer sous contrôle des séparatistes prorusses de Donetsk ; les voies de chemin de fer menant à Marioupol sont en partie détruites. Depuis, les combats n’ont jamais cessé. En 2017, le pont de Kertch, le plus long d’Europe (19 kilomètres), reliant la Russie à la Crimée et dont la construction avait été annoncée depuis l’annexion de la péninsule en mars 2014, commence à prendre forme. Il a été inauguré en mai. Ses arches interdisent le passage aux bateaux de plus de 33 mètres de haut.                       Igor Zavialiov, capitaine du « Salvinia » sous pavillon libérien, dans le port de commerce ukrainien de Marioupol. GUILLAUME HERBAUT	POUR LE MONDE                       — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     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Le texte fête ses 60 ans le 4 octobre. 7 min de lecture                  En direct International Politique Société Économie Culture Sport Techno Sciences Opinions Recettes de cuisine   Planète M Campus Style L’époque Éducation Disparitions Santé Guides d’achat     Évènements abonnés Conjugaison Cours d’anglais Decodex Formation professionnelle Jeux La boutique du Monde Orthographe et grammaire Prix de l’immobilier Source Sûre     Courrier International La société des lecteurs du Monde Le Huffington Post Le Prix du Monde et de la recherche L’Obs Le Monde diplomatique Télérama Talents     Codes Promo Codes Promo Amazon Jardinage Paroles de chansons      lemondefr @lemondefr Facebook Fils RSS Applications mobiles   Newsletters du Monde   Recevoir les newsletters du Monde    Abonnement   Abonnez-vous dès 1€        Mentions légales Politique de confidentialité Conditions générales | Aide (FAQ)      
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Le journal est paru jeudi sous la forme d’un cahier de huit pages blanches, estampillées en « une » de son titre et de ses emblèmes. Un signe de protestation face à la crise politico-économique dont la presse fait les frais.
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Le quotidien libanais « An-Nahar » tire le signal d’alarme sur la situation désastreuse du pays

Le journal est paru jeudi sous la forme d’un cahier de huit pages blanches, estampillées en « une » de son titre et de ses emblèmes. Un signe de protestation face à la crise politico-économique dont la presse fait les frais.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 12h21
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 16h35
    |

            Laure Stephan (Beyrouth, correspondance)








                        



   


Le journal An-Nahar a créé la stupeur à Beyrouth, en publiant, jeudi 11 octobre, une édition vierge. Les spéculations sont allées bon train, alors que plusieurs rédactions ont mis la clef sous la porte depuis 2016.
Il ne s’agit pas d’un tomber de rideau. Nayla Tuéni, la directrice de ce qui reste de l’un des principaux quotidiens libanais – même si, en plus de dix ans, son lectorat a fondu –, a mis fin aux interrogations, en motivant ce geste à la mi-journée. En paraissant vide de contenus, An-Nahar « tire le signal d’alarme » face à « l’état désastreux du pays », a-t-elle dit lors d’une conférence de presse. « Nous allons continuer à imprimer notre journal en version papier, et la version électronique continuera aussi », a assuré l’arrière-petite-fille du fondateur du quotidien, qui fut l’un des plus grands titres du monde arabe.
« On a besoin d’un sursaut politique, pour que la situation économique s’améliore, pour tout le monde », souligne Rosana Bou Monsef, éditorialiste de la maison. L’appel sera-t-il entendu ? Depuis les élections législatives, en mai, la formation d’un nouveau gouvernement est restée mission impossible. Ce énième blocage survient sur fond d’inquiétudes quant à l’état des finances du pays.

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                La communauté internationale au chevet du Liban



Une initiative diversement appréciée
Le marasme économique est bien là. La presse, déjà en crise, en fait les frais. Des publications, en panne de publicité, naviguent à vue. Depuis plusieurs années, les licenciements se multiplient dans les médias.
A la suite de la fermeture récente du quotidien Al-Anwar, le ministre sortant de l’information, Melhem Riachi, a annoncé la préparation d’un plan de soutien au secteur. L’une des propositions est d’exempter les journaux de la TVA et d’autres taxes. Mais pour Jad Melki, spécialiste des médias à la Lebanese American University, « un plan national, alors que les médias évoluent dans un environnement globalisé, a peu de chances de réussir. Le modèle financier des journaux, qui pour bon nombre ont perdu la confiance des lecteurs, doit être repensé. »
L’initiative d’An-Nahar a été très commentée, mais diversement appréciée. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes l’ont soutenue, quand d’autres, critiques vis-à-vis de la ligne politique adoptée par le journal ces dernières années, ou de ses dérives sensationnalistes, l’ont tournée en dérision. Il fait peu de doute que la « fatigue » exprimée par la rédaction face à l’incurie de la classe politique est largement partagée dans le pays.



                            


                        

                        


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La Bavière, cœur de la « Mitteleuropa » économique

Poids lourd de l’économie allemande, la Bavière entretient des liens politiques et économiques privilégiés avec les pays d’Europe centrale, qui sont devenus ses sous-traitants, notamment dans l’automobile.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 12h18
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Les images, aujourd’hui gênantes, datent de janvier 2018. La scène se déroule au couvent de Seeon, dans le sud-est de la Bavière, où se tient la traditionnelle Klausur (réunion des députés) d’hiver de l’Union chrétienne-sociale (CSU), le parti bavarois conservateur allié de l’Union chrétienne démocrate (CDU) d’Angela Merkel. Les barons de la formation politique bavaroise, dont son président Horst Seehofer, se rassemblent devant les micros pour présenter leur invité d’honneur : Viktor Orban, premier ministre de la Hongrie.
Alexander Dobrindt, chef du groupe parlementaire CSU au Bundestag, prend la parole. « Nous remercions notre ami Viktor Orban pour sa visite. La Hongrie et les pays de Visegrad [avec la République tchèque, la Pologne et la Slovénie] sont des partenaires commerciaux étroits de l’Allemagne. Le bilan commercial avec ces pays est bien supérieur à celui que nous avons avec la France », déclare-t-il.
Le cadre est posé. La réunion résume à elle seule le tropisme qui a marqué la CSU ces derniers mois : le parti qui gouverne la Bavière depuis cinquante ans regarde à l’est plutôt qu’à l’ouest. L’économie est une excuse : l’amitié affichée par la CSU avec la Hongrie de Viktor Orban, qui fait figure de référence antimigrants en Europe centrale, a une signification hautement politique. Inviter Orban, qui a fermé la route des Balkans aux réfugiés, est un affront clair à la politique de la chancelière Angela Merkel.
Une main-d’œuvre bon marché
Mis en difficulté par la montée du parti d’extrême droite populiste Alternative pour l’Allemagne (AfD), Horst Seehofer, président de la CSU depuis 2008, ministre-président de la Bavière entre 2008 et 2018 et aujourd’hui ministre de l’intérieur fédéral entendait ainsi marquer sa différence vis-à-vis de Berlin et le virage à droite de son parti.

L’enjeu politique est considérable : la Bavière renouvelle son parlement le 14 octobre. Les sondages les plus récents...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Dans l’espace post-soviétique, les conflits « gelés », liés à la politique du Kremlin, se multiplient. En Ukraine ou en Géorgie, le recours à la force est un signe d’échec des pouvoirs économiques et diplomatiques de Moscou pour y restaurer son influence, estime ce spécialiste de la Russie.
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Nicu Popescu : « Pour Moscou, le conflit est une chose inévitable, et parfois utile »

Dans l’espace post-soviétique, les conflits « gelés », liés à la politique du Kremlin, se multiplient. En Ukraine ou en Géorgie, le recours à la force est un signe d’échec des pouvoirs économiques et diplomatiques de Moscou pour y restaurer son influence, estime ce spécialiste de la Russie.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 12h18
    |

            Benoît Vitkine








                        



                                


                            
Nicu Popescu est directeur du programme Europe élargie au Conseil européen des relations internationales (ECFR) et enseignant à Sciences Po Paris. Entre 2010 et 2013, il a été le conseiller diplomatique du premier ministre moldave Vlad Filat. Il est notamment l’auteur de EU Foreign Policy and Post-Soviet Conflicts (Routledge, 2010, non traduit). Aux frontières de la Russie, dans ce que Moscou appelle son « étranger proche », des conflits « gelés » se multiplient depuis la chute de l’URSS, en 1991. La Transnistrie, en Moldavie, comme l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, en Géorgie – régions favorables à Moscou – ont refusé de reconnaître l’autorité de leurs Etats indépendants. La Russie agit de même au Donbass, vis-à-vis de Kiev, depuis la guerre en Ukraine. Les résultats, selon Nicu Popescu, sont « paradoxaux » : censées offrir des leviers d’influence à Moscou, ces situations ont plutôt contribué à éloigner les pays concernés de la sphère russe.

Des conflits gelés existent partout dans le monde. En quoi ceux de l’espace post-soviétique se distinguent-ils ?
Les conflits gelés dans l’espace post-soviétique ont la particularité d’avoir donné naissance à des Etats « de facto », c’est-à-dire des entités de facto indépendantes de l’Etat auquel elles ont appartenu et qui, après un conflit, ont réussi à établir des structures quasi étatiques très fortes – police, armée, universités… – sans toutefois être reconnues internationalement. Il y a peu de cas semblables dans le reste du monde. La Transnistrie possède sa propre monnaie. L’Abkhazie ou l’Ossétie du Sud n’en ont pas, mais elles ont des institutions et un gouvernement. Tous ces territoires ont reçu l’aide de la Russie durant leur conflit avec l’Etat central, puis pour créer leurs institutions.
Est-ce à dire que la Russie est intervenue dans des conflits préexistants, ou qu’elle a délibérément créé des situations de guerre ?
C’est...




                        

                        


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« Nouvelles routes de la soie » : la menace d’une dérive de la dette pour les partenaires de Pékin

Une note de la direction générale du Trésor s’interroge sur la soutenabilité des financements chinois.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 12h09
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Faut-il s’inquiéter du « piège de la dette » que la Chine tend aux pays participant à ses « nouvelles routes de la soie » ? L’expression a fait florès, ces ­derniers mois, dans les cénacles s’intéressant à ce gigantesque programme de maillage terrestre et maritime de l’Eurasie lancé par Pékin en 2013.
Ces chantiers, financés à coups de dizaines de milliards de dollars de prêts chinois, dans des pays parfois vulnérables, suscitent une attention de plus en plus inquiète. « L’ampleur des financements accordés par la Chine accroît (…) le risque que soient financés des projets économiquement non viables qui pourraient notamment entraîner les Etats concernés dans des dérives d’endettement insoutenables », souligne ainsi une étude de la direction générale du Trésor publiée jeudi 11 octobre.
Cette note, au ton équilibré, relève que la stratégie chinoise peut utilement aider à combler le déficit massif d’infrastructures dans la région, évalué à 26 000 milliards de dollars (environ 22 600 milliards d’euros) d’ici à 2030 par la Banque asiatique de développement. Mais la menace de dérapage attachée aux créances chinoises est bien présente.

Risque pour le Laos et le Pakistan
« En outre, les conditions attachées à certains de ces financements peuvent remettre en cause, par le jeu de la collatéralisation, certains des intérêts stratégiques des pays emprunteurs », ajoute le Trésor. C’est le cas du Sri Lanka. Fin 2017, en défaut après avoir massivement emprunté auprès de Pékin pour aménager un port en eau profonde, l’île a dû lui en céder la concession pour 99 ans.
Les exemples vont-ils se multiplier ? Le cercle de réflexion américain Center for Global Development a identifié huit pays ­auxquels les « nouvelles routes de la soie » font courir des risques élevés de surendettement. Parmi eux, le Laos, où le coût d’un projet de ligne ferroviaire s’élève à près de 6 milliards de dollars, soit environ la moitié du PIB...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ En Géorgie, des milliers d’électeurs inscrits sur les listes électorales auraient été placés sur une liste d’attente, ce qui pourrait les empêcher de voter. Une décision prise par le secrétaire d’Etat de Géorgie, également candidat républicain au poste de gouverneur.
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Midterms J – 25 : les républicains à nouveau accusés de suppressions d’électeurs

En Géorgie, des milliers d’électeurs inscrits sur les listes électorales auraient été placés sur une liste d’attente, ce qui pourrait les empêcher de voter. Une décision prise par le secrétaire d’Etat de Géorgie, également candidat républicain au poste de gouverneur.



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 12h09
 • Mis à jour le
12.10.2018 à 14h09
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

La Maison Blanche et les républicains veulent faire des élections de mi-mandat du 6 novembre un plébiscite pour Donald Trump, tandis que les démocrates espèrent obtenir la majorité à la Chambre des représentants. Le correspondant du Monde à Washington, Gilles Paris, recense quotidiennement les principaux éléments de la campagne.
Le fait du jour
L’élection très disputée pour le poste vacant de gouverneur de Géorgie a gagné en intensité, jeudi 11 octobre, après l’annonce selon laquelle les autorités de cet Etat auraient placé sur une « liste d’attente » des dizaines de milliers d’électeurs inscrits, alimentant des accusations de tentative de suppression d’électeurs.
Ces accusations sont renforcées par le fait que le secrétaire d’Etat de Géorgie à l’origine de cette décision, Brian Kemp, est le candidat du Parti républicain, face à la démocrate, Stacey Abrams. Cette dernière, responsable politique également chevronnée, pourrait devenir la première Afro-Américaine à occuper cette fonction.
Selon une enquête de l’agence de presse Associated Press, la liste comprend un nombre disproportionné d’électeurs noirs. « La Géorgie n’a cessé d’être un sujet de préoccupation concernant un certain nombre de décisions politiques, allant de la fermeture de bureaux de vote au blocage technique des enregistrements et des suppressions d’inscriptions », a déclaré Myrna Pérez, la directrice adjointe du Brennan Center for Justice, un groupe non partisan de défense des droits civiques.
Le bureau de Brian Kemp utilise une méthode controversée appelée « correspondance exacte » pour vérifier les candidatures, ce qui signifie que, dans certains cas, des personnes peuvent être radiées des listes électorales si les informations fournies présentent des différences, même négligeables, par rapport à leur identité officielle, notamment l’absence d’un trait d’union qui pénalise les hispaniques. Jeudi, plusieurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Le président sud-coréen Moon Jae-in, qui sera en France samedi, suggère d’alléger les sanctions si Kim Jong-un persiste dans son attitude « constructive ».
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Séoul veut préparer Paris à la levée de sanctions contre Pyongyang

Le président sud-coréen Moon Jae-in, qui sera en France samedi, suggère d’alléger les sanctions si Kim Jong-un persiste dans son attitude « constructive ».



LE MONDE
 |    12.10.2018 à 12h06
    |

            Harold Thibault








                        



                                


                            

Acclamé pour son rôle de faiseur de paix, le président sud-coréen, Moon Jae-in, arrive samedi 13 octobre en visite en France, un membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU dont Séoul souhaite s’assurer la pleine collaboration, lorsqu’il s’agira de « récompenser » la Corée du Nord pour son changement d’attitude. M. Moon veut, en outre, accompagner un potentiel accord entre Washington et Pyongyang et en préparer le terrain.
Le président des Etats-Unis, Donald Trump, et le dirigeant de la Corée du Nord, Kim Jong-un, doivent se rencontrer une deuxième fois, après les élections américaines de mi-mandat du 6 novembre. A Singapour, le 12 juin, ils avaient brisé la glace, mais, de retour à Washington, M. Trump avait été critiqué pour n’avoir obtenu ni calendrier ni formulation sur un démantèlement « irréversible et vérifiable » du programme nucléaire nord-coréen. La prochaine fois, il lui faudra du concret.
Dans la balance, un abaissement du régime de sanctions, désormais ouvertement envisagé à Séoul. « Notre gouvernement espère un assouplissement partiel des sanctions, parce que la Corée du Nord a un comportement constructif », estime Moon Chung-in, professeur à l’université Yonsei à Séoul et conseiller spécial du président Moon Jae-in sur l’unification, la diplomatie et la sécurité nationale.
Autre site d’enrichissement
Pour Séoul, des concessions réciproques de la part de Washington et Pyongyang seront nécessaires. La Corée du Nord n’exclut plus la fermeture de son site-clé pour la recherche nucléaire et l’enrichissement d’uranium de Yongbyon – une première fois négociée en 2007, puis remise en cause par un retour des tensions. Certes, le Nord ne détruirait pas pour le moment son arsenal acquis.
En outre, le renseignement américain suspecte l’existence d’un autre site d’enrichissement d’uranium. Mais l’approche est plus réaliste que les exigences du conseiller à la sécurité nationale américain, John Bolton, d’une reddition...




                        

                        

