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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Ce que nous devons exiger, rappelle la sociologue Nathalie Heinich dans une tribune au « Monde », c’est le refus d’être invisibilisées parce que femmes. Ce n’est pas notre statut de femmes que nous voulons voir respecté, mais notre statut de chercheuses, d’intellectuelles, de productrices de savoir.
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« L’invisibilisation des apports théoriques, des créations conceptuelles » : le vrai sexisme universitaire

Ce que nous devons exiger, rappelle la sociologue Nathalie Heinich dans une tribune au « Monde », c’est le refus d’être invisibilisées parce que femmes. Ce n’est pas notre statut de femmes que nous voulons voir respecté, mais notre statut de chercheuses, d’intellectuelles, de productrices de savoir.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 16h39
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 17h35
    |

                            Nathalie Heinich (Sociologue)








                        



                                


                            

Tribune. L’appel des historiennes « pour mettre fin à la domination masculine en histoire », publié par Le Monde le 3 octobre, est une initiative louable, et salutaire. Mais elle mérite d’être complétée. Car l’inégalité d’accès des femmes aux postes les plus prestigieux n’est que la face émergée — et quantifiable — d’une injustice plus insidieuse et plus profonde, qui constitue la forme spécifiquement universitaire du plafond de verre : l’invisibilisation des apports théoriques, des créations conceptuelles, lorsqu’elles ont pour auteur des femmes.
Un exemple : dans La Domination masculine, publié en 1998 (Seuil), Pierre Bourdieu omet de citer l’ouvrage de sa collègue au Collège de France Françoise Héritier, Masculin-Féminin, paru deux ans auparavant (Odile Jacob). Leurs thèmes étaient pourtant très proches, et le livre de la première avait fait suffisamment parler de lui pour qu’on ne puisse faire l’hypothèse que son confrère ait pu passer à côté.
Circonstance aggravante : celui-ci prétendait dénoncer dans son livre la domination des femmes par les hommes. Voilà qui ne l’a pas empêché d’exercer à l’égard de sa consœur la plus grossière des mufleries : faire comme si elle n’existait pas. Bel effet d’invisibilisation du travail conceptuel d’une femme au cœur même d’un dispositif visant à rendre visibles les injustices envers les femmes.
Pis encore : Bourdieu n’a, semble-t-il, même pas perçu le problème — car sinon, aurait-il pris le risque de se voir lui-même pris au piège de l’accusation dont il se faisait le héraut (et le héros) ? Le comble de l’invisibilisation, c’est qu’elle reste invisible y compris à ceux qui la pratiquent : « Quand on ne voit pas ce que l’on ne voit pas, on ne voit pas qu’on ne le voit pas »…
Un sexisme partagé par des femmes
« Domination masculine » : cette locution devenue slogan ne suffit pas à cerner le problème, contrairement à ce que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ De Marion Cotillard à Edgar Morin, de Jean-Louis Etienne à Pascal Picq, une centaine de personnalités se mobilisent à travers une tribune au « Monde » pour sauver cet espace alternatif de créativité et de recherches, menacé par un consortium immobilier piloté par Bordeaux Métropole Aménagement.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
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L’appel de cent personnalités pour « sauver l’écosystème Darwin à Bordeaux »

De Marion Cotillard à Edgar Morin, de Jean-Louis Etienne à Pascal Picq, une centaine de personnalités se mobilisent à travers une tribune au « Monde » pour sauver cet espace alternatif de créativité et de recherches, menacé par un consortium immobilier piloté par Bordeaux Métropole Aménagement.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 16h01
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 17h27
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Collectif







                        



                                


                            

Tribune. Nous ne pouvons plus ignorer qu’aujourd’hui, notre modèle de développement thermo-industriel occidental mène au chaos climatique, au déplacement de centaines de millions de personnes, à l’extinction massive des espèces, à l’effondrement des écosystèmes et à celui de notre système socio-économique, basé sur un paradigme de croissance infinie, irraisonnée et irraisonnable.
Nous participons à l’amplification et à l’accélération de ce processus et certaines populations font déjà les frais des dévastations écologiques et économiques que notre prédation leur impose. Cependant, l’improbable peut encore advenir : celui d’un sursaut collectif et citoyen, où la poétique et la chaleur de l’humanisme reprendraient enfin ses droits sur la prose froide du seul profit.
Nous sommes face au plus grand défi de notre histoire.
Dans ce monde qui se dessèche, s’entêtant, le cœur dur, à mener une course toujours plus effrénée pour « encaisser son dû », il nous faut plus que jamais résister et, maintenant, devenir phare, îlot, archipel…
Un des viviers du futur
Il nous appartient de briser les murailles d’indifférence derrière lesquelles certains d’entre nous ont pris leurs quartiers d’hiver, remplir nos poumons et nos cœurs de courage pour oser la métamorphose, explorer de nouvelles voies pour se réinventer, redessiner les contours d’une autre prospérité plus soutenable, plus juste et renouer avec la gratitude du simple. La tâche est immense, mais on a déjà vu les herbes hautes braver la lave.

La résistance a déjà commencé, certes dispersée sur tous les continents, mais d’un bouillonnement créatif sans pareil, conjuguant une multitude d’initiatives locales, des chemins multiples et des explorations annonçant ce sursaut.
L’écosystème Darwin à Bordeaux est un îlot au sein de cet archipel des consciences, appelé à devenir continent. C’est là un des viviers du futur.
Pour Darwin, tout a commencé par une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Moins anodin qu’on ne pourrait le croire, le prénom en dit long sur l’époque et le lieu où nous sommes nés, sur ceux qui nous l’ont donné et sur la classe sociale à laquelle nous appartenons – en un mot, sur notre histoire privée et publique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤               En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail           Votre prénom est une insulte à la France. » Cette phrase aurait pu introduire un bon rap, il ne fut que l’épilogue d’un moment désolant qui a opposé il y a quelques semaines, sur un plateau télé, le polémiste Eric Zemmour et la chroniqueuse Hapsatou Sy. Les réactions indignées se sont multipliées les jours suivants, qui ont rappelé la longue liste de célébrités françaises aux prénoms ­venus d’ailleurs – des prénoms acceptés par l’état civil français en vertu d’un droit individuel conféré à tous. Magyd Cherfi, chanteur du groupe Zebda, a simplement constaté que « Zemmour, en kabyle, ça veut dire olive ».            Entre originalité et conformisme, entre cœur et raison, entre goût des parents, voire des grands-parents, et intérêt de l’enfant, où placer le curseur ?           Si l’agression faite à Hapsatou Sy semble si violente, c’est que le prénom n’a rien d’anodin. Il touche à l’intime, et raconte infiniment plus que ce qu’on pourrait croire. Sur nous-mêmes, sur ceux qui nous l’ont donné, sur l’époque et le lieu où nous sommes nés, sur la classe à laquelle nous appartenons – en un mot, sur notre histoire privée et publique. « Le choix du prénom que les parents donneront à l’enfant nouveau-né fait en général partie du temps de la grossesse. (…) Une des caractéristiques essentielles de ce prénom est de plaire au futur père, à la future mère, et de plus en plus souvent aux autres enfants de la ­fratrie », rappelle la sage-femme Martine ­Paccoud dans un numéro de la revue Spirale (« Son nom de Bébé », 2001, n° 19). Entre originalité et conformisme, entre cœur et raison, entre goût des parents – voire des grands-parents – et intérêt de l’enfant, où placer le curseur ? Prénommer un petit d’homme « pour la vie » est un acte crucial. Et les ­parents, perdus dans les affres de l’indécision, se prennent parfois à rêver des temps bénis où tout était plus simple.                      — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de 400 journalistes    Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.    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Baptiste Coulmont : « Les prénoms du pays d’origine s’estompent en faveur de ceux du pays d’accueil »

Le sociologue analyse l’évolution du choix des prénoms en France depuis les années 1930.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 14h25
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 15h57
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Baptiste Coulmont est sociologue, maître de conférences à l’université Paris-VIII. Il est aussi l’un des contributeurs du supplément « Science & médecine ». Son dernier ouvrage, « Changer de prénom », a été publié aux Presses universitaires de Lyon, en 2016.
Les immigrés et leurs descendants donnent-ils plutôt à leurs enfants des prénoms francisés ou des prénoms de leur pays d’origine ?
Les émigrés d’Europe du Sud, qui sont arrivés en France entre les années 1930 et la fin des années 1970, ont surtout donné à leurs enfants des prénoms français. D’une part parce qu’ils ne pensaient pas retourner dans le pays dans lequel ils étaient nés. D’autre part parce que les prénoms de leur pays d’origine étaient souvent assez proches (Maria, Marie) ou avaient des équivalents structurels (Giuseppe, Joseph).
La situation est différente en ce qui concerne les Africains du Nord qui sont venus en France depuis les années 1950. Beaucoup d’entre eux ont longtemps cru que leur migration était temporaire. Par ailleurs, depuis la fin des années 1960, les officiers d’état civil sont nettement plus libéraux : ces immigrés peuvent donc, plus facilement que les précédents, opter pour des prénoms liés à leurs origines. Leurs enfants, en revanche, donnent le plus souvent des prénoms francisés à leurs propres enfants. Au bout de deux générations, quelle que soit l’origine de l’immigration, on en est donc au même point : les prénoms du pays d’origine s’estompent en faveur de ceux du pays d’accueil.
Quelles sont les principales raisons de cette ­francisation ? Est-ce pour éviter la discrimination à l’embauche ou au logement, dont plusieurs études ont clairement montré qu’elle s’exerçait sur les noms à consonance maghrébine ?
Quand on cherche un prénom pour son enfant, on ne pense pas d’abord aux risques de discrimination : on choisit un prénom qu’on aime, et on le fait le plus souvent à deux. A cet égard, les métissages culturels...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’écrivain interpelle le président de la République à propos des souffrances des enfants dyspraxiques et autres dysorthographiques, dyscalculiques, dysphasiques et dyslexiques, dont le quotidien est un calvaire.
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Pierre Lemaitre : « M. Macron, tenez parole à propos des enfants “dys” »

Dans une tribune au « Monde », l’écrivain interpelle le président de la République à propos des souffrances des enfants dyspraxiques et autres dysorthographiques, dyscalculiques, dysphasiques et dyslexiques, dont le quotidien est un calvaire.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 13h21
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 16h38
    |

                            Pierre Lemaitre (Ecrivain et scénariste, prix Goncourt 2013)








                        



                                


                            

Tribune. Petite expérience (vous verrez, c’est très amusant) : enfilez un gant de boxe à la main avec laquelle vous n’écrivez pas et prenez un stylo, nous allons faire une dictée à vitesse normale. L’amusement s’arrête là parce que la tâche va se révéler extrêmement difficile. Vous allez vous appliquer, dépenser dix fois plus d’énergie que les autres pour un résultat plus que médiocre. Là où l’expérience n’est plus drôle du tout, c’est lorsque quelqu’un va venir dans votre dos et vous dire : « Tu es très en retard ! Et, je t’en prie, applique-toi un peu : ta dictée est un torchon ! Fais des efforts ! »
Les dyslexiques, à eux seuls, représentent de 5 à 8 % d’une classe d’âges
Bienvenue au pays des « dys ». Vous venez de vivre quelques minutes de la vie d’un enfant dyspraxique. Il souffre d’un trouble de la coordination : le cerveau n’automatise pas les gestes. Chaque fois qu’il écrit une lettre, il doit se souvenir de sa forme et la réinventer. Même chose pour nouer ses lacets, couper sa viande, boutonner sa chemise. Ces enfants sont intelligents, et souvent même rendus plus vifs que d’autres par l’habitude acquise de contourner en permanence les difficultés de la vie quotidienne.
Les « dys » sont une grande et belle famille : dysorthographiques, dyscalculiques, dysphasiques, etc. Les dyslexiques, à eux seuls, représentent de 5 à 8 % d’une classe d’âges. On parle de centaines de milliers d’enfants dysfonctionnels. En France, il y en a deux en moyenne par classe. Voire trois. Ils souffrent tous, il n’y a pas d’exception. La question tombe sous le sens : pourquoi ne le voit-on pas ?
En France, tout passe par l’écrit
D’abord parce que ces troubles sont difficiles à discerner (pour les dyspraxiques, on parle même de « handicap invisible ») et que, pour les repérer, il faut adopter une démarche contre-intuitive : une copie sale est interprétée comme signe de la négligence, il n’est pas naturel de l’attribuer à un trouble...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Le rouge, l’orange, le violet, le vert, le noir, le jaune… ont habillé les révoltes et les révolutions de gauche comme de droite au cours des siècles.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ La 21e édition des Rendez-vous de l’histoire propose jusqu’au 14 octobre plus de 400 débats et conférences sur le statut et l’importance des images. Vous pourrez y retrouver les journalistes et invités du « Monde » lors de dix débats.
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La puissance des images en débat à Blois

La 21e édition des Rendez-vous de l’histoire propose jusqu’au 14 octobre plus de 400 débats et conférences sur le statut et l’importance des images. Vous pourrez y retrouver les journalistes et invités du « Monde » lors de dix débats.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 12h11
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 17h40
   





                        



   


A l’occasion des Rendez-vous de l’histoire à Blois, le spécialiste des couleurs Michel Pastoureau évoque celles qui ont habillé les révoltes et les révolutions de gauche comme de droite. 
A l’aube du XXe siècle, à côté du rouge progressiste, du bleu conservateur et du blanc monarchiste, l’Occident voit apparaître de nouvelles couleurs idéologiques et politiques. Ainsi le violet, choisi en 1903 par le mouvement des suffragettes, réclamant au Royaume-Uni le droit de vote pour les femmes et davantage d’égalité entre les sexes. Ce choix n’est pas très bon. Certes, la couleur est libre, mais c’est alors – et cela reste – une couleur mal-aimée. Toutes les enquêtes d’opinion montrent déjà que les trois couleurs les plus détestées en Europe sont le brun, le violet et le rose. Les historiens n’en ont jamais parlé, mais il est probable que le choix d’une telle couleur a fait beaucoup de tort aux mouvements féministes qui l’ont adoptée par la suite.
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        Le rouge, l’orange, le violet, le vert, le noir, le jaune… ont habillé les révoltes et les révolutions de gauche comme de droite au cours des siècles."
            data-slide-description="Défilé lors de la fête nationale chinoise, en pleine Révolution culturelle, à Pékin, le 1er octobre 1966."
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            data-slide-description="Premier anniversaire de la révolution ukrainienne, à Kiev, le 22 novembre 2005."
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            data-slide-description="Manifestation à Téhéran, le 15 juin 2009, contre la réélection, le 12, du président iranien Ahmadinejad."
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            data-slide-description="Le « mouvement des parapluies », prodémocratie, occupe un district d’Hongkong, en novembre 2014."
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            data-slide-description="Journée internationale des droits des femmes, à Rio de Janeiro, au Brésil, le 8 mars 2016."
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            data-slide-description="Des black blocs lors d’une manifestation, à Paris, le 19 avril 2018."
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Le rouge, l’orange, le violet, le vert, le noir, le jaune… ont habillé les révoltes et les révolutions de gauche comme de droite au cours des siècles.            
Défilé lors de la fête nationale chinoise, en pleine Révolution culturelle, à Pékin, le 1er octobre 1966.

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Du côté de l’islam, c’est le vert qui prend peu à peu une dimension politique alors qu’il n’était, jusqu’aux années 1950, qu’une couleur religieuse. Il est adopté par les révoltes contre les pouvoirs autoritaires en place, lesquels, bien que musulmans, restent politiquement adeptes d’autres couleurs.
Le choix de la couleur orange fait par la révolution ukrainienne dès le mois de février 2014 est à l’origine un choix « par soustraction » : la couleur est disponible. C’est presque la seule. En outre, symbole de chaleur et d’énergie, l’orange a bonne presse dans l’opinion. Rapidement une signification qu’il n’a pas au départ lui est donnée : cet orange, qui a la couleur des gilets et des bouées de sauvetage, devient un orange salvateur. Il faut sauver l’Ukraine, c’est cette couleur qui va le faire. Comme souvent dans le monde des emblèmes, une signification donnée a posteriori finit par recouvrir les véritables origines et passer pour la raison première du choix qui a été fait auparavant.
L’emblème des parapluies jaunes choisi par les manifestants de Hongkong dressés contre le gouvernement chinois à l’automne 2014 étonne un Occidental. La signification politique du parapluie est à peu près nulle, et le jaune est de longue date la couleur des traîtres, à l’image des « syndicats jaunes » qui, dans la première moitié du XXe siècle, roulaient pour le patronat. Depuis, une telle couleur est bannie de la vie politique européenne. Mais c’est une couleur valorisée dans le monde chinois. Quant au parapluie, il a une fonction utilitaire : se protéger des gaz lacrymogènes.
Plus récemment, le noir des vêtements des black blocs évoque l’anarchie nihiliste et la mort. Un choix assez banal, dans la filiation de l’ancien drapeau noir, mais efficace : il dissimule celui qui s’en vêt et terrorise tous ceux qui l’entourent.
Les rendez-vous de la rédaction du Monde à Blois
JEUDI 11 OCTOBRE
La photo de presse : fabrique d’icônes ?
14 h 30-16 heures – Château royal de Blois, salle des conférences Avec Jean-François Leroy (directeur du festival Visa pour l’image à Perpignan), Laurent Van der Stockt (photojournaliste), coanimé par Emmanuel Davidenkoff (rédacteur en chef au Monde), et Marie Sumalla (responsable du service photo du Monde).
Les macronomics
19 heures-20 heures – Maison de la magie Avec Elie Cohen (directeur de recherche au CNRS, professeur à Sciences Po), animé par Philippe Escande (éditorialiste économique au Monde).
VENDREDI 12 OCTOBRE
Le monde échappe-t-il aux Occidentaux ?
14 h 30-16 heures – Halle aux grains, hémicycle Avec Bertrand Badie (politiste), Michel Foucher (géographe et ancien ambassadeur de France), animé par Gaïdz Minassian (journaliste au Monde).
A qui appartient l’entreprise ?
18 heures-19 h 30 – Conseil départemental, salle Kléber-Loustau Avec Patrick Artus (économiste et directeur de la recherche et des études de Natixis), Pierre-André de Chalendar (président-directeur général du groupe Saint-Gobain), Isabelle Ferreras (sociologue et politologue), Jean-Paul Pollin (professeur à l’université d’Orléans et ancien président du conseil scientifique de La Revue économique), animé par Antoine Reverchon (journaliste au Monde).
SAMEDI 13 OCTOBRE
Notre histoire en images
11 h 30-12 h 30 – Château royal de Blois, salle des conférences Avec Régis Debray (essayiste, romancier, journaliste et mémorialiste), animé par Nicolas Truong (journaliste au Monde).
L’Afrique ancienne, de l’Acacus au Zimbabwe
14 h 30-15 h 30 – Château royal de Blois, salle des conférences Avec François-Xavier Fauvelle (historien et archéologue spécialiste de l’Afrique), animé par Julie Clarini (journaliste au Monde).
L’histoire de l’Europe peut-elle nous aider à affronter les défis d’aujourd’hui ?
16 heures-17 h 30 – Université, site Jaurès, amphi 1 Avec Christophe Charle (historien), Bruno Dumézil (historien), Daniel Roche (historien), animé par Jean Birnbaum (responsable du Monde des livres).
DIMANCHE 14 OCTOBRE
Les images et les couleurs de la révolution
11 h 30-13 heures – Château royal de Blois, salle Gaston d’Orléans, Avec Antoine de Baecque (historien, critique de cinéma et de théâtre), Laurent Gervereau (historien spécialiste des images), Michel Pastoureau (historien médiéviste), animé par Michel Lefebvre (journaliste au Monde).
Michel Foucault, lecteur des pères de l’église 
14 h 30-16 heures – Château royal de Blois, salle des conférences Avec Jérôme Lagouanère (professeur agrégé de lettres), Jean Reynard (scénariste, adaptateur et dialoguiste), animé par Florent Georgesco (journaliste au Monde des livres).
Il faut dire que les temps ont changé
11 h 45-12 h 45 – Halle aux grains, hémicycle Avec Daniel Cohen (économiste), animé par Antoine Reverchon (journaliste au Monde).
Retrouvez en suivant ce lien toute la programmation des Rendez-vous d’histoire.

        Notre hors-série :
         

          « 50 images qui ont marqué l’histoire »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans de nombreux pays, les signes de l’effacement progressif de l’opposition se multiplient, pointe Alain Salles, chef du service International du « Monde ».
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« Etats-Unis, Brésil, Europe… l’opposition peut-elle disparaître ? »

Dans de nombreux pays, les signes de l’effacement progressif de l’opposition se multiplient, pointe Alain Salles, chef du service International du « Monde ».



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 17h47
    |

            Alain Salles








                        



                                


                            

Chronique. Dans nos démocraties fatiguées, le débat politique disparaît. L’affrontement entre deux camps qui apparaissent comme irréconciliables rend impossible tout dialogue. Le moindre argument est rapidement taxé de « fake news ». C’est le cas dans l’Amérique de Trump, où les Tweet du président, relayés par la chaîne Fox News, le site Breitbart News ou les talk-shows conservateurs, tuent toute forme de complexité politique et la recherche de consensus, longtemps marque de fabrique de la démocratie américaine. RIP John McCain.
L’opposition peut-elle disparaître ? Au Brésil, le score écrasant (46 %) de Jair Bolsonaro, le candidat d’extrême droite, au premier tour de l’élection présidentielle du 7 octobre, porté par des vagues de fausses informations sur les réseaux sociaux, n’annonce pas des jours sereins pour le débat démocratique. Les contrepoids potentiels risquent de se raréfier en cas de large victoire le 28 octobre, surtout avec un Parlement dominé par les « trois B » (Bible, bœuf, balles), les candidats des lobbies religieux, de l’agroalimentaire et des armes.

L’attaque au couteau contre Bolsonaro, le 6 septembre, l’a transformé en victime de cette violence qu’il ne cesse de dénoncer. Elle a suscité une émotion, qui a contribué à le faire grimper dans les sondages (il était à 22 % le 5 septembre). Son absence forcée l’a aussi placé au-dessus de la mêlée, regardant les débats – un exercice où il n’est pas à l’aise – de sa chambre d’hôpital. Une position idéale : sur les plateaux de télévision, les petits et moyens candidats se sont retournés contre celui qui était juste au-dessus d’eux dans les sondages : Fernando Haddad, le candidat du parti des travailleurs (PT, gauche). Plutôt que de tirer en chœur sur la menace Bolsonaro, ils l’ont épargné et se sont acharnés sur celui qui avait déjà bien du mal à endosser les habits de l’ancien président Lula, en prison pour corruption. Cela augure mal de l’efficacité des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Editorial. La disparition de Jamal Khashoggi, éditorialiste et dissident saoudien, inquiète la communauté internationale.
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Journaliste saoudien disparu : l’impératif de vérité

Editorial. La disparition de Jamal Khashoggi, éditorialiste et dissident saoudien, inquiète la communauté internationale.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 18h14
   





                        



   


Editorial du « Monde ». L’affaire Khashoggi, qui a commencé comme une simple énigme criminelle, est en passe de se transformer en crise internationale. Le dossier de l’éditorialiste et dissident saoudien Jamal Khashoggi, 59 ans, disparu mardi 2 octobre après avoir pénétré dans le consulat du royaume à Istanbul, est suivi à la loupe par les chancelleries occidentales.
Après avoir évoqué un cas de rétention, puis d’enlèvement, les autorités turques parlent maintenant d’une opération commando, orchestrée depuis Riyad, qui aurait mené à la liquidation du journaliste et au démembrement de son corps. Jugées d’abord outrancières, ces accusations gagnent en consistance, à mesure que les enquêteurs distillent leurs découvertes dans les médias. Les éléments incriminant Riyad ne sont pas complètement probants pour l’instant, mais ils sont pour le moins troublants.
Du bout des lèvres…
Après six jours d’un silence embarrassé, la diplomatie française a demandé le 8 octobre, dans un communiqué minimaliste, que la situation de M. Khashoggi soit éclaircie « le plus rapidement possible ». Pas un mot sur Riyad, pas la moindre interpellation de cet allié, gros client de notre industrie d’armement. Au mois d’août déjà, ­lors­qu’il avait fallu réagir à un nouveau carnage perpétré par l’aviation saoudienne au Yémen, les communicants du Quai d’Orsay avaient pris soin de ne pas mentionner le nom du royaume. La leçon infligée par Riyad au Canada, privé de contrats en juillet pour avoir osé critiquer l’incarcération d’une défenseuse des droits des femmes, a bien été retenue à Paris.

        Lire aussi :
         

                Disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi : l’enquête se rapproche de Riyad



Mercredi 10 octobre, dans la foulée d’un coup de semonce de Donald Trump aussi tardif qu’inhabituel, qui a réclamé des explications « au plus haut niveau » à son très proche allié du Golfe, le Quai d’Orsay a fini par annoncer, du bout des lèvres, « être en contact avec les autorités saoudiennes ».
Il en faudra bien plus pour élucider l’énigme Khashoggi. La France et ses partenaires européens doivent d’abord faire pression sur le royaume pour qu’il laisse une équipe d’experts turcs inspecter le ­consulat d’Istanbul et la résidence du ­consul. Dans un entretien accordé la semaine dernière à l’agence Bloomberg, le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman, s’était dit prêt à tolérer cette entorse aux usages diplomatiques. Mais il semble que Riyad ait fait marche arrière depuis.
Vent mauvais sur la presse
Les grandes capitales occidentales doivent aussi exiger que Riyad, qui martèle que M. Khashoggi a quitté sa représentation, démontre sa bonne foi, en fournissant les images des caméras de surveillance placées dans le bâtiment. L’affirmation du consul selon laquelle le circuit vidéo était en panne n’est pas recevable.
Si la communauté internationale veut tirer au clair cette ténébreuse affaire, elle doit enfin aider le président turc à aller au bout de sa promesse de transparence – fût-ce au prix d’une crise ouverte avec l’Arabie saoudite et son homme fort, Mohammed Ben Salman, qui joue ici sa réputation et peut-être même son avenir politique.
Un vent mauvais souffle sur la presse. Trois journalistes ont été tués sur le sol européen depuis le début de l’année. Le ­Slovaque Jan Kuciak, la Maltaise Daphne Caruana Galizia, et la Bulgare Viktoria Marinova – cette dernière dans des circonstances encore obscures. Jamal Khashoggi, vu pour la dernière fois à Istanbul, porte de l’Europe, est probablement le quatrième. Renoncer à faire la lumière sur sa disparition donnerait un feu vert à tous les prédateurs de la liberté d’expression.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Ancien boxeur, le Japonais reste, à 77 ans, désireux de « se confronter physiquement à l’art ».
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Tadao Ando, architecte : « Rester en tension en permanence »

Ancien boxeur, le Japonais reste, à 77 ans, désireux de « se confronter physiquement à l’art ».



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 09h03
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 09h47
    |

            Isabelle Regnier et 
                                Frédéric Edelmann








                        



                                


                            

A quelques heures du vernissage, tandis que l’on finissait d’installer, sur la façade sud du Centre Pompidou, une réplique du célèbre mur de béton fendu d’une croix de son église de la Lumière (Ibaraki, Japon), ­Tadao Ando réchauffait les murs blancs de l’intérieur en y griffonnant des petits croquis aux feutres de couleur. Au milieu des maquettes réalisées par les artisans de son agence d’Osaka, devant les vidéos de l’île de Naoshima où, depuis trente ans, il construit un fabuleux archipel muséal, l’architecte japonais nous a donné de ses nouvelles. Elles sont bonnes. Vainqueur, à 77 ans, d’un cancer qui l’a conduit, raconte-t-il avec stoïcisme, à se faire retirer cinq organes, le Prix Pritzker 1995 aspire à une forme de jeunesse éternelle. Lançant lui-même l’entretien, il a tenu à rendre hommage à la France, à sa culture, à cet esprit de résistance qu’on lui associe parfois et à François Pinault pour qui, après une série de projets vénitiens, il œuvre aujourd’hui à réinventer la Bourse de commerce à Paris.

Etant jeune, vous avez été boxeur professionnel. La lutte était-elle déjà votre moteur ?
Je suis devenu boxeur parce que nous avions des difficultés financières. Je ne pouvais pas aller à l’université. J’ai vu un match de boxe à la télévision, je me suis dit que c’était quelque chose que je pouvais faire : j’aime bien lutter, et en plus ça rapportait de l’argent. En mai 1968, j’étais à Paris par hasard. Voir tous ces gens en lutte contre le système m’a appris à quel point il est important de se battre. Je ne conçois pas le travail autrement.
On peut faire un lien entre la boxe, la tension à l’œuvre sur le ring, et votre conception de l’architecture, où le corps se trouve soumis à des jeux de forces complexes…
A l’heure où tout le monde vit avec un smartphone à la main, c’est très important de se confronter physiquement à l’art, à l’architecture. L’architecture apporte des réponses aux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Laurent Bonelli et Fabien Carrié ont épluché les dossiers judiciaires ou sociaux de mineurs radicalisés pour en comprendre la trajectoire.
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Sociologie. Ce qui fait le djihadiste

Laurent Bonelli et Fabien Carrié ont épluché les dossiers judiciaires ou sociaux de mineurs radicalisés pour en comprendre la trajectoire.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 07h30
    |

                            Gilles Bastin (Sociologue et collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
La Fabrique de la radicalité. Une sociologie des jeunes djihadistes français, de Laurent Bonelli et Fabien Carrie, Seuil, 304 p., 20 €.

Le retour du terrorisme djihadiste en France, avec les assassinats perpétrés par Mohammed Merah en 2012, puis les attentats commis depuis 2015, s’est accompagné d’une production foisonnante d’écrits aspirant à saisir le sens de cet événement, non sans céder souvent au démon de l’interprétation, à coups de théories psychologisantes et de paniques morales incriminant la jeunesse, les banlieues délinquantes ou ­Internet. Le « nihilisme générationnel », l’« islamo-gangstérisme » ou le « terrorisme 2.0 » se sont alors fait une place dans le débat public.
Très nombreux entretiens
La Fabrique de la radicalité, de Laurent Bonelli et Fabien Carrié, est d’une tout autre espèce. Il s’appuie en effet sur une enquête fouillée dans les dossiers de plus de 130 mineurs ayant, à un moment ou à un autre de leur parcours, été suivis par la justice et les services sociaux pour des faits de radicalisation allant de simples propos faisant l’apologie du terrorisme à la préparation d’attentats ou à un départ vers l’Irak ou la Syrie pour rejoindre l’organisation Etat islamique. Les deux sociologues ont en outre mené de très nombreux entretiens avec les éducateurs, les policiers ou les juges qui ont côtoyé ces jeunes.
Forts de cette enquête et du travail antérieur de ceux qui, comme eux, ont cherché à comprendre avant de juger – on pense par exemple au travail du journaliste David Thomson (Les Revenants, Seuil, 2016) ou à celui du sociologue Fabien Truong (Loyautés radicales, La Découverte, 2017) –, Bonelli et Carrié distinguent quatre grandes trajectoires de radicalisation.
La première, qu’ils qualifient de « radicalité apaisante », est principalement le fait de jeunes filles issues de familles marquées par l’instabilité. La recherche...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ La chronique de Catherine Malabou, à propos de « La Part sauvage du monde. Penser la nature dans l’anthropocène », de Virginie Maris.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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Mutations. La nature à jamais

La chronique de Catherine Malabou, à propos de « La Part sauvage du monde. Penser la nature dans l’anthropocène », de Virginie Maris.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 09h30
    |

                            Catherine Malabou (Philosophe)








                        



                                


                            
La Part sauvage du monde. Penser la nature dans l’anthropocène, de Virginie Maris, Seuil, « Anthropocène », 272 p., 19 €.

« Nous voilà entrés, et avec nous la Terre tout entière et chaque être qui la peuple, dans l’ère de l’humain, l’anthropocène. Nous serions – enfin ! – partout chez nous. » Ces premières phrases de La Part sauvage du monde, de la philosophe Virginie Maris, ne manquent pas d’inquiéter. Que signifie cette ironie vis-à-vis de l’anthropocène ? S’agit-il d’une nouvelle négation du changement climatique et de la crise écologique ? Il n’en est rien.

Forgé par l’écologiste Eugene F. Stoermer et popularisé par le chimiste Paul Crutzen, le terme « anthropocène » caractérise le moment où l’influence de l’homme sur l’écosystème terrestre est devenue assez importante pour ouvrir une nouvelle ère géologique. Longtemps discuté par les scientifiques, l’anthropocène a été officiellement admis par la Commission internationale de stratigraphie en août 2016. Pas question ici, donc, de le contester. Le motif du livre est bien plus subtil, plus surprenant aussi : l’officialisation de l’anthropocène ne serait qu’une manière de poursuivre la domination de l’homme sur la nature, non de la dénoncer.

L’altérité résistante du monde
Retraçant l’histoire de ces dominations successives, depuis le « devenir maître et possesseur de la nature » de Descartes jusqu’à la révolution industrielle du XIXe siècle, Virginie Maris affirme que toutes les prises de conscience et actions écologistes, censées « protéger » la Terre, ont été et sont encore, paradoxalement, des entreprises de domination. En effet, que protège-t-on lorsqu’on protège la nature ? La nature elle-même ou les interactions des êtres humains avec elle ?

Incapable de penser et de respecter l’altérité résistante du monde, cette « part sauvage » qui ne lui appartiendra...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ L’historienne des idées Marie-France Piguet retrace la généalogie de ce terme né au XIXe siècle et aussitôt utilisé dans les querelles entre conservateurs et progressistes.
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« Individualisme », mot polémique

L’historienne des idées Marie-France Piguet retrace la généalogie de ce terme né au XIXe siècle et aussitôt utilisé dans les querelles entre conservateurs et progressistes.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 07h30
    |

                            Serge Audier (Philosophe et collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Individualisme. Une enquête sur les sources du mot, de Marie-France Piguet, CNRS Editions, 192 p., 22 €.

De l’individualisme, il est souvent question aujourd’hui. Pourtant, ce mot faussement évident recouvre des ambiguïtés. Comme le révèle la généalogie que publie aujourd’hui l’historienne des idées Marie-France ­Piguet, cette complexité est comme sédimentée depuis l’invention du terme et les batailles autour de son sens.
La première apparition remonterait à 1815. Ou presque, puisque c’est l’« individuellisme » qu’évoque un certain baron de Frénilly, qui dénonce « l’universel égoïsme », fléau d’un âge ayant « brisé tous les liens » en dissolvant la religion, la famille, la patrie et tout « esprit de corps ». On attribue parfois à Joseph de Maistre (1753-1821) l’invention du mot « individualisme » lui-même, que le contre-révolutionnaire aurait utilisé sur le tard. En vérité, le néologisme vient des souvenirs d’un interlocuteur, mais le sens est présent dans ses paroles : déploration d’une « division des esprits », du « morcellement des doctrines », et réquisitoire contre le « protestantisme politique » poussé jusqu’à « l’individualisme le plus absolu ».
Conservateurs et socialistes
Ici s’esquisse la critique globale dont le mot est porteur, visant la liberté religieuse, intellectuelle, morale et politique. Elle sera relayée par des cercles conservateurs, antiprotestants et anti-Lumières, prendra parfois un tour plutôt économique et social, et trouvera des formulations chez un socialiste comme Pierre Leroux (1797-1871) ou un libéral atypique comme Alexis de Tocqueville (1805-1859), inquiet du déclin de la vie civique.
Au reste, le mot n’est pas toujours péjoratif, et son évaluation devient vite un thème de controverses. On en repère une trace précoce dans une brochure de la charbonnerie, cette société secrète antimonarchique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos d’« André Leroi-Gourhan (1911-1986). Une vie », de Philippe Soulier.
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Figures libres. Leroi-Gourhan, de la préhistoire à nos jours

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos d’« André Leroi-Gourhan (1911-1986). Une vie », de Philippe Soulier.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 09h20
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                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
André Leroi-Gourhan (1911-1986). Une vie, de Philippe Soulier, CNRS Editions, 648 p., 27 €.

Il y a sans doute des lecteurs pour qui le nom d’André Leroi-Gourhan (1911-1986) n’évoque plus rien. D’autres savent qu’il s’agit d’un ethnologue, spécialiste de la préhistoire, qui s’est principalement illustré par des réflexions novatrices sur les outils, leurs usages et sur l’évolution de l’espèce humaine. Toutefois, à part au sein de quelques cercles experts, il semble qu’on méconnaisse souvent la richesse de sa trajectoire et la diversité de son œuvre. C’est pourquoi l’imposante biographie que lui consacre aujourd’hui Philippe Soulier est fort utile.
On y découvre comment un adolescent des Années folles quitte l’école à 14 ans, reprend des études, apprend le russe et le chinois, collectionne très tôt quantité d’objets, suit les cours du sinologue Marcel Granet et de l’anthropologue Marcel Mauss. Il se passionne pour les Eskimos, et publie en 1936, à 25 ans, La Civilisation du renne (Gallimard). Derrière les imperfections et les maladresses d’un travail de jeunesse, cette étude incarne une volonté claire : confronter milieu naturel et monde humain, saisir leur interaction complexe. Cet axe organise tout l’œuvre à venir.
Envoyé en mission au Japon (1937-1939) par le Musée de l’homme, maquisard pendant la seconde guerre mondiale, catholique fervent et convaincu, Leroi-Gourhan se consacre ensuite à la paléontologie, au sein du CNRS, puis du Musée de l’homme. Il enseigne à l’université de Lyon, puis à la Sorbonne, avant d’être élu au Collège de France, où il professe de 1969 à 1982. Affaibli par la maladie de Parkinson, il s’éteint en 1986, après avoir profondément marqué l’étude de la préhistoire et de l’art pariétal mais aussi, plus largement, notre représentation de l’humain.
Un intellectuel atypique
Car ce chercheur de terrain, qui multiplie fouilles et chantiers, fait aussi, à sa manière,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans cet essai, l’économiste Alexandra Roulet établit un diagnostic du déséquilibre entre l’offre et la demande d’emplois et analyse l’efficacité des remèdes prescrits.
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Chômage et pénuries d’emploi ne sont pas des fatalités

Dans cet essai, l’économiste Alexandra Roulet établit un diagnostic du déséquilibre entre l’offre et la demande d’emplois et analyse l’efficacité des remèdes prescrits.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 06h30
    |

            Anne Rodier








                        



                                


                            

Livre. Des chômeurs sans issue, des entreprises confrontées aux pénuries de compétences, 300 000 offres déposées à Pôle emploi en 2017 n’ont pas été pourvues, et pour 150 000 d’entre elles, « les employeurs ont abandonné le projet de recrutement faute de candidats adéquats », rappelle Alexandra Roulet en ouverture de son essai Améliorer les appariements sur le marché du travail. Ce constat ne surprend plus personne : de la flexibilité à la mobilité en passant par la formation, le chantier de rééquilibrage entre l’offre et la demande d’emploi a été abordé sous différents angles par les gouvernements successifs depuis les années 1980.
Dans cet essai, l’économiste établit un diagnostic du déséquilibre entre l’offre et la demande d’emplois. En une centaine de pages, elle analyse les origines des problèmes d’appariement et l’efficacité des remèdes prescrits : de la mobilité géographique aux nouvelles technologies en passant par l’assurance-chômage.
Son bilan ? Inciter à la mobilité géographique est jugé peu approprié, dans la mesure où plusieurs freins à la mobilité ne sont pas « des éléments facilement manipulables, tels que l’attachement à son logement ou la situation familiale ». D’ailleurs, en un an, seuls 2 % des demandeurs d’emploi ont eu recours aux aides à la mobilité proposées par Pôle emploi, note l’auteure.
« Une indemnisation plus longue retarde le retour à l’emploi »
En revanche, sur la base des rares études déjà réalisées, Alexandra Roulet assure que le recours aux algorithmes dans les pratiques de recrutement permet une amélioration de l’appariement entre l’offre et la demande d’emploi sur certaines tâches qualifiées.
De même, lier l’indemnisation chômage à la conjoncture économique est avancé comme une piste à étudier. L’indemnisation chômage évite les mauvais appariements en laissant le temps aux demandeurs d’emploi de chercher un poste correspondant à leur qualification et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Le prix de la Banque de Suède décerné à l’économiste américain récompense une vision datée, alors que le réchauffement climatique exige un renouvellement intellectuel de la discipline, met en garde l’économiste Antonin Pottier dans une tribune au « Monde ».
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« Le Prix Nobel William Nordhaus a toujours promu une réduction très mesurée des émissions »

Le prix de la Banque de Suède décerné à l’économiste américain récompense une vision datée, alors que le réchauffement climatique exige un renouvellement intellectuel de la discipline, met en garde l’économiste Antonin Pottier dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 09h16
    |

Antonin Pottier (Maître de conférences à l’EHESS)







                        



                                


                            
Tribune. Lundi 9 octobre, l’Académie royale des sciences de Suède annonçait le nom des lauréats du prix de la Banque de Suède en l’honneur d’Alfred Nobel, le jour même où le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) remettait son rapport spécial sur les impacts d’un réchauffement climatique de 1,5 0C et les moyens de limiter le réchauffement à ce niveau.
Dans ce contexte, l’attribution de ce prix, improprement qualifié de « Nobel d’économie », à William Nordhaus (en association avec Paul Romer), un pionnier des travaux économiques sur le changement climatique, paraît une bonne nouvelle. Voici visiblement un économiste qui s’occupe d’un des problèmes les plus graves de notre époque et qui propose des solutions pour protéger la planète.

Avant de nous réjouir de cette alliance de l’action et de la réflexion, examinons plus en détail les travaux de modélisation des liens entre l’économie et le climat menés par M. Nordhaus. Publié en 1992, son modèle DICE, pour dynamic integrated climate economy, se compose de deux briques : un module climatique et un module économique. Le module climatique simplifié décrit comment les émissions de CO2 influent sur les hausses de température globale ; le module économique représente la trajectoire de croissance de l’économie mondiale.
Ces modules sont doublement reliés, d’une part parce que l’activité économique produit des émissions de CO2, et d’autre part parce que le réchauffement climatique cause des dommages qui diminuent le PIB mondial. Enfin, il est possible de réduire les émissions au prix d’une restriction de la consommation présente.
Le coup de génie de M. Nordhaus a été de publier le code de ce modèle et de le rendre utilisable par tous. Aisément programmable sur un ordinateur personnel, téléchargeable depuis sa page Web, et même disponible sur un simple tableur Excel, le modèle DICE a rapidement été repris par les économistes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Les salariés ont intérêt à connaître la distribution des revenus au sein de leur entreprise, plaide le chercheur Thibault Gajdos dans sa chronique au « Monde ».
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« Inégalités salariales au sein des entreprises » : que le flou demeure…

Les salariés ont intérêt à connaître la distribution des revenus au sein de leur entreprise, plaide le chercheur Thibault Gajdos dans sa chronique au « Monde ».



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 09h08
    |

                            Thibault Gajdos (chercheur au CNRS)








                        



                                


                            
Tendances France. Lors de l’examen en commission du projet de loi relatif à la croissance et la transformation des entreprises (Pacte), des députés de la majorité ont proposé d’obliger les entreprises de plus de 1 000 salariés à publier chaque année la moyenne et les quartiles des rémunérations de leurs salariés, ainsi que les rémunérations les plus élevées et les plus basses.
Le gouvernement a remplacé cet amendement par l’obligation, pour les seules entreprises cotées en Bourse, de publier le montant de la rémunération de chaque dirigeant, ainsi que les salaires médians et moyens de l’ensemble des salariés (toutes filiales et pays confondus) hors dirigeants. L’exécutif vide ainsi de son sens la mesure proposée par les députés.
Premièrement, parce que comparer des salaires versés en France et, par exemple, en Inde, n’a aucun sens.

Deuxièmement, parce que les données publiées seront bien trop sommaires pour pouvoir apprécier la dispersion des rémunérations au sein des entreprises.
Bien sûr, la distribution des revenus au sein de la population est connue, et il n’est donc pas nécessaire de disposer de ces informations pour prendre la mesure des inégalités de revenus. On pourrait donc estimer que ces données sont inutiles. Mais une étude récente d’Arianna Benedetti et Serena Chen a montré que les citoyens étaient sensibles, en tant que consommateurs ou comme salariés, à l’ampleur des inégalités salariales au sein des entreprises (« High CEO-to-worker pay ratios negatively impact consumer and employee perceptions of companies », Journal of Experimental Social Psychology, n° 79, 2018).
« Les participants d’une étude se sont déclarés plus volontiers prêts à postuler pour un emploi dans l’entreprise la plus égalitaire »
Les chercheuses ont décrit à des participants une entreprise fictive. Elles ont expliqué à la moitié des participants que le PDG de l’entreprise était payé 350 fois plus qu’un travailleur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Guillaume Farde dresse un constat sévère de la politique budgétaire de l’ancien ministre de l’intérieur. Selon lui, l’augmentation des effectifs masque la baisse des moyens et le manque de vision stratégique.
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« Sous Gérard Collomb, le ministère de l’intérieur aura amorcé bien peu de réformes »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Guillaume Farde dresse un constat sévère de la politique budgétaire de l’ancien ministre de l’intérieur. Selon lui, l’augmentation des effectifs masque la baisse des moyens et le manque de vision stratégique.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 12h25
    |

Guillaume Farde (Maître de conférence à Sciences Po)







                        



                                


                            
Tribune. La cérémonie de passation des pouvoirs peu protocolaire entre Gérard Collomb, ministre de l’intérieur, et Edouard Philippe, son successeur par intérim, a donné au démissionnaire l’occasion de louer son action de seize mois. Sur le perron de l’hôtel de Beauvau, il a déclaré quitter un ministère « apaisé et qui a su impulser un certain nombre de réformes ». Pourtant, ni son bilan budgétaire ni les réformes qu’il a amorcées ne font, à juste titre, l’unanimité au sein des forces de sécurité intérieure.
En effet, dès l’été 2017, Gérard Collomb a dû assumer une annulation de 200 millions d’euros de crédits destinés à la police (– 110 millions) et à la gendarmerie (– 90 millions) nationales. Les justifications brouillonnes ne sont pas parvenues à masquer le tour de vis budgétaire imposé sans discernement et ses conséquences sur le quotidien des policiers et des gendarmes, privés de crédits de fonctionnement, dès la prise de fonctions de leur ministre.
A la fin de la même année 2017, le budget de la mission « sécurités » pour 2018 devait refléter le volontarisme du gouvernement en matière de sécurité intérieure. Il a révélé, en fait, l’absence de vision politique claire et de programmation pour le ministère de l’intérieur. Alors que le président de la République avait assuré aux préfets de la République, en septembre 2017, que, en 2018, « le budget du ministère de l’intérieur augmenter[ait] de près de 7 % », les augmentations votées ont finalement été de 2,4 % en moyenne pour la police et la gendarmerie nationales.
Ces augmentations, qui doivent être minorées par l’augmentation tendancielle de tout budget (au moins 1,5 %), ont quasi exclusivement financé les hausses d’effectifs (+ 1 900 postes pour les deux forces), sans tenir compte ni des besoins en équipements courants, frappés de disette, ni des nécessités de formation. Pour l’exercice 2018, la baisse paradoxale de 10 % du budget formation de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Quatre chercheurs rappellent, dans une tribune au « Monde », que pour fonctionner, la voiture sans conducteur a besoin de routes en bon état et bardées de capteurs. Un coûteux angle mort, selon eux, dans la réflexion des constructeurs.
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« La mobilité autonome va impliquer une adaptation des infrastructures routières »

Quatre chercheurs rappellent, dans une tribune au « Monde », que pour fonctionner, la voiture sans conducteur a besoin de routes en bon état et bardées de capteurs. Un coûteux angle mort, selon eux, dans la réflexion des constructeurs.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 05h30
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 18h26
    |

Laura Brimont (Chercheuse), Thomas Brouhard (Chercheur), Jérôme Denis (Chercheur) et Mathieu Saujot (Chercheur)







                        



                                


                            

Tribune. Le véhicule autonome est-il en roue libre ? Les constructeurs multiplient, ces derniers temps, les expérimentations en conditions de circulation réelles, et l’enthousiasme médiatique, en plein Mondial de l’automobile, est à la hauteur des promesses industrielles. Mais l’essor de la mobilité autonome sera-t-il compatible avec les enjeux de développement durable ?

Il existe des risques bien réels d’accroissement des déplacements, d’étalement urbain, de conflits d’usage de la voirie, d’accentuation des inégalités d’accès à la mobilité tant économique que géographique, sans parler de la consommation d’énergie induite par la quantité de données nécessaires au fonctionnement ou des ressources rares utilisées pour la construction des véhicules.
Les autorités publiques locales et nationales doivent prendre la main pour déployer une réelle stratégie de développement de la mobilité autonome durable. Elles peuvent, en particulier, chercher à déployer un modèle de mobilité collective basée sur les transports en commun et utiliser leurs compétences en matière d’aménagement et de régulation de la voirie.

Prenons l’exemple des infrastructures routières. Le véhicule autonome ne pourra fonctionner qu’avec une route en bon état : marquage au sol net, chaussée bien entretenue, panneaux visibles. Or on est bien loin de cette situation idéale : une route sur deux en France ne dispose pas de marquage au sol, et la moitié des nationales nécessite un renouvellement de la chaussée. Ce n’est guère mieux aux Etats-Unis, où Elon Musk critique par exemple l’état des autoroutes californiennes, insuffisant pour la fonction Autopilot des Tesla.
Car si la conduite humaine s’accommode plus ou moins de ces dégradations, il n’en sera pas de même pour la conduite autonome, qui exige, au nom de la sécurité, une fiabilité beaucoup plus grande. Ce point devrait être au centre des expérimentations, et pourtant la réflexion en est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ La Ligue de football professionnel a décidé de reverser sa part de bénéfices générés par le parcours des Bleus au Mondial « aux 12 clubs de D1 féminine ».
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Football : une partie de l’argent de la Coupe du monde financera les clubs féminins français

La Ligue de football professionnel a décidé de reverser sa part de bénéfices générés par le parcours des Bleus au Mondial « aux 12 clubs de D1 féminine ».



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 20h56
   





                        


Le sacre mondial de l’équipe de France masculine de football, en juillet, et une part des revenus qu’il a générés serviront à financer les clubs féminins français. La Ligue de football professionnel (LFP) a annoncé, mercredi 10 octobre, qu’elle avait décidé de reverser « aux 12 clubs de D1 féminine » sa part des bénéfices générés par le parcours des Bleus, laquelle lui a été versée par la Fédération française de football (FFF).
Expliquant qu’il s’agit de « participer au développement du football féminin de haut niveau », l’instance « a décidé à l’unanimité d’attribuer aux 12 clubs de D1 féminine la partie du bénéfice de la Coupe du monde 2018 que la FFF reverse à la LFP à l’issue de cette édition marquée par le succès des Bleus ».
Cela devrait représenter environ 100 000 euros par club, selon les informations de l’AFP. Le budget de la majorité des clubs oscille entre 500 000 euros et 1 million d’euros.

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Cette décision intervient alors que la France accueillera en juin 2019 le Mondial féminin. La présidente de l’instance, Nathalie Boy de la Tour, a évoqué « un trait d’union symbolique entre deux Coupes du monde. Pour la première fois, la LFP va directement aider les 12 clubs de D1 féminine ».
« Après le formidable succès de nos Bleus en Russie, les clubs professionnels et la Ligue seront les premiers supporteurs des Bleues » lors de cette compétition organisée dans neuf villes (Paris, Lyon, Nice, Montpellier, Rennes, Le Havre, Valenciennes, Reims, Grenoble).

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