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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Le nouvel épisode de cette série culte a été diffusé dimanche en Grande-Bretagne, avant sa diffusion jeudi soir sur France 4. Il met pour la première fois en scène une femme dans le rôle principal.
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« C’est dans notre ADN » : comment « Doctor Who » est devenu un fleuron de la culture britannique

Le nouvel épisode de cette série culte a été diffusé dimanche en Grande-Bretagne, avant sa diffusion jeudi soir sur France 4. Il met pour la première fois en scène une femme dans le rôle principal.





LE MONDE
 |    11.10.2018 à 18h00
    |

            Morgane Tual (à Londres) et 
Pierre Trouvé





« Je suis surexcité, et en même temps… terriblement nerveux. » Enfoncé dans un canapé en cuir sans âge, John Cook attend que commence le nouvel épisode de la série Doctor Who. Il n’est pas seul : une vingtaine de fans, parfois déguisés, se sont réunis, dimanche 7 octobre, au Hoop and Grapes, un vieux pub de Londres, pour découvrir ce qui s’annonce comme une petite révolution de la télévision britannique. « Il faut que ce soit bon, sinon, beaucoup de gens vont sortir les couteaux », glisse ce quadragénaire entre deux gorgées de bière.
Si une certaine tension se fait sentir dans cette petite pièce feutrée, c’est que l’enjeu est de taille pour la série, qui hante les écrans britanniques depuis 1963. Pour la première fois, son personnage principal, le Docteur, sera incarné par une femme, Jodie Whittaker. Un pari très risqué pour la BBC : s’il est perdu, il pourrait sonner le glas de cette série si chère au cœur des Britanniques.

   


Car Doctor Who n’est pas un programme comme les autres. Au Royaume-Uni, tout le monde a grandi avec cette série de science-fiction. Assis au pub, John Cook, qui la regardait enfant, se souvient : « La télé était allumée, ça passait, et il y avait ce type en costume coloré qui combattait des robots. » Son camarade Faz Alam, dix ans de moins, raconte comment son père « était fan » : regarder la série relevait de « la tradition familiale ». Même le patron du pub, un peu revêche, se souvient avoir regardé Doctor Who toute sa jeunesse, « même si ça faisait un peu peur ».

        Lire nos explications :
         

          « Doctor Who » pour les nuls



La reine d’Angleterre, Big Ben et Doctor Who
La série s’est ainsi imposée, au fil des années, comme un fleuron de la culture britannique. Signe qui ne trompe pas : dans les magasins de souvenirs de Piccadilly Circus à Londres, le Tardis, la machine à voyager dans le temps et dans l’espace du Docteur, se glisse parfois sur les mêmes étagères que les faïences Elizabeth II et les Big Ben sous cloche.
« Doctor Who, c’est le joyau de la couronne de la BBC, renchérit Sally de St Croix, responsable mondiale des franchises du groupe audiovisuel. Et pour les Britanniques, la BBC c’est la maison. »
« Ils regardent ça enfants, puis ados, et quand ils deviennent parents, ils entraînent leurs propres enfants… Quelle que soit l’époque, “Doctor Who” a toujours su parler aux gens. »
Et ce, explique-t-elle, grâce à la « régénération », un procédé scénaristique permettant au Docteur, quand il frôle la mort, de changer d’apparence et (un peu) de personnalité. Un moyen pour la BBC de renouveler son interprète et de moderniser à chaque fois la série, afin de conquérir de nouvelles audiences.
Jusqu’ici, le procédé a toujours fonctionné – même si la série a connu des hauts et des bas. Après avoir disparu en 1989, elle est repartie de plus belle en 2005. Treize ans plus tard, le soufflé est un peu retombé et les audiences se sont stabilisées à quatre millions de téléspectateurs par soir. Un chiffre plus qu’honorable, mais loin des pics à dix millions qu’avait pu connaître la série depuis son retour. Avec cette nouvelle saison, « l’objectif est de reconquérir une audience plus jeune, mais aussi de rassembler à nouveau les familles autour de la télévision, aujourd’hui dispersées sur différents écrans », ambitionne Sally de St Croix.
Des références à Sherlock Holmes et H. G. Wells

   


Le fil ne s’est toutefois jamais rompu. Le petit manège qui se trame à la sortie de la station de métro Earl’s Court, au cœur de Londres, permet d’en attester. Tout au long de la journée, des dizaines de personnes, de tous âges et de toutes nationalités, y défilent pour un selfie ou deux. Et pour cause, ici se trouve un Tardis grandeur nature. En réalité, une mini-station de police, vestige d’une autre époque (et dont le Tardis a, dans la série, pris l’apparence).

   


Qu’ils soient anglais, mais aussi allemands, autrichiens, américains, espagnols, italiens, tous ceux venus admirer ce « Tardis » se disent sous l’emprise du charme so british de la série.
Aurait-elle pu, du reste, être conçue dans un autre pays ? Pour Robin Bunce, historien à l’Homerton College à l’université de Cambridge et spécialiste de Doctor Who, il faut y voir avant tout un pur produit de la culture britannique :
« La série trouve ses racines dans deux figures littéraires britanniques très influentes. Elle ressemble d’une certaine manière à Sherlock Holmes, et elle fait aussi référence à “La Machine à explorer le temps” de H. G. Wells. »
Pour lui, le personnage extravagant du docteur « se réfère à différents mythes que les Britanniques ont sur eux-mêmes. Des gens qui improvisent et qui restent droits. » Le mythe remonte, selon lui, à la seconde guerre mondiale : « Les Britanniques se voient comme les petits qui ont improvisé et gagné face au grand empire nazi, bien mieux préparé et discipliné. »
« Comme Astérix pour les Français »
« Doctor Who, c’est dans notre ADN », abonde Kevan Looseley. « Doctor Who pour les Britanniques, c’est comme Tintin pour les Belges ou Astérix pour les Français », complète Alexandra Looseley-Saul, son épouse. Tous deux dirigent le Who Shop, une boutique entièrement consacrée à la série, dans l’est londonien. C’est elle qui, en 1984, a eu l’idée d’ouvrir ce commerce, davantage par opportunisme commercial que passion personnelle. Depuis bientôt trente-quatre ans, ce duo – le fan absolu et la businesswoman – fait vivre ce joyeux bazar, où s’entassent monstres géants et jouets pour enfants, VHS collector et théières Tardis.

   


Un public très large fréquente les lieux. Des vieux passionnés à la recherche de raretés coûteuses, des ados fauchés privilégiant le pin’s, mais aussi, parfois, des personnes aux demandes très particulières. Différents clients sont, par exemple, venus chercher le bon récipient pour y déposer des cendres.
« Jodie est déjà fantastique »
Elliott, 9 ans tout juste, arpente le magasin pour y dépenser l’argent de poche de son anniversaire. « Je ne suis pas particulièrement fan, reconnaît sa mère, mais sa grand-mère, son oncle et sa tante ont toujours adoré. » Que pense-t-il du fait que le personnage principal sera désormais une femme ? « Cela me va !, répond-il sans trop s’étendre. Il est content, car sa cousine pourra jouer le Docteur. »
Pour les deux propriétaires du magasin, cette nouvelle saison est un enjeu d’importance. « J’espère que cela ne va pas abîmer la franchise, que le nouveau Docteur aura du succès, confie Kevan Looseley. Mais on a réussi à tenir quinze ans sans que la série ne soit à l’antenne, alors bon… »

   


Il n’était pas le seul à retenir son souffle dimanche, à l’heure de la diffusion. Au Hoop and Grapes, après les cris de joie qui ont accueilli les premières images, un silence religieux s’est installé dans le salon du pub. Une heure plus tard, après beaucoup de rires et quelques larmes, le générique fut accueilli de francs applaudissements.
« Ce n’est qu’un épisode, mais Jodie est déjà fantastique », se félicite John Cook. Un avis partagé bien au-delà de la communauté de fans de Doctor Who : presse dithyrambique, réseaux sociaux conquis et audience au rendez-vous. Pas moins de 8,2 millions de Britanniques étaient, ce soir-là, devant leur poste, le chiffre le plus haut pour la série depuis dix ans. Pari réussi.

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                « Doctor Who » : par où commencer si vous n’en avez jamais vu un seul épisode







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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Un collectif de retraitées est à la pointe de l’opposition civile à la coalition de droite et d’extrême droite qui dirige le pays.
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En Autriche, des mamies se mobilisent contre le gouvernement

Un collectif de retraitées est à la pointe de l’opposition civile à la coalition de droite et d’extrême droite qui dirige le pays.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 17h39
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 17h59
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

A 70 ans, elle prend le micro à la « manif hebdomadaire du jeudi », lancée le 4 octobre dans le centre de la capitale autrichienne, pour dénoncer la « casse sociale » et la « dérive fasciste » de la coalition en Autriche. Monika Salzer, bonnet rouge sur la tête, est l’une des figures du mouvement civil d’opposition à la coalition formée en décembre 2017 à Vienne.
Sans relâche, la théologienne à la retraite tente de mobiliser la population de ce pays d’Europe centrale comptant 8,7 millions d’habitants, gouverné par les conservateurs chrétiens du parti ÖVP et l’extrême droite du FPÖ.
Et elle y arrive plutôt bien : son mouvement, fondé sur Facebook après les législatives en novembre 2017, compte désormais 3 500 membres dans toute l’Autriche et plus de 10 000 sympathisantes. Les Omas gegen Rechts, à savoir les « mamies opposées à la droitisation » se sont imposées dans le paysage.

« On ne veut pas être invisibles »
« A la suite des élections, alors qu’il était clair qu’après avoir gouverné dix ans avec la gauche, la droite allait se tourner vers l’extrême droite pour rester au pouvoir, je me suis dit qu’il fallait que je me bouge, énonce cette dynamique grand-mère pour expliquer sa démarche. Ma génération a eu beaucoup de chance. Elle a connu la prospérité de l’après-guerre, alors que nos enfants se débattent avec la précarité et bossent tout le temps. On doit se lever, faire entendre la voix des mamies sur les problèmes dangereux d’aujourd’hui, car leur présence dans le débat public ne va pas de soi. On ne veut pas être invisibles ; on trouve normal d’aller protester dans la rue pour défendre les droits de nos descendants et faire valoir notre expérience. »
Défense de la démocratie parlementaire ; lutte contre le racisme et la haine religieuse ; maintien de l’Autriche dans une Union européenne forte ; soutien aux acquis sociaux en matière d’égalité homme femme : tous les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Au sommet de l’OIF, le président français a affirmé vouloir faire de la jeunesse, notamment africaine, la priorité de l’institution.
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Synthèse

A Erevan, Macron plaide pour une francophonie de « reconquête »

Au sommet de l’OIF, le président français a affirmé vouloir faire de la jeunesse, notamment africaine, la priorité de l’institution.

Marc Semo (Erevan, envoyé spécial)
    



LE MONDE
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        Le 11.10.2018 à 13h01

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        Mis à jour le 11.10.2018 à 15h20






    
Le président français, Emmanuel Macron, lors de son discours au 17e sommet de la Francophonie, à Erevan, le 11 octobre 2018.
Crédits : LUDOVIC MARIN / AFP


Une francophonie de résistance, mais aussi une francophonie réinventée. « Elle n’est pas un club convenu, un espace fatigué, mais un lieu de reconquête », a martelé Emmanuel Macron, jeudi 11 octobre à Erevan. Les sommets de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ont leurs passages obligés, dont la célébration de la grande famille qui, sur les cinq continents, a « cette langue en partage », selon la formule consacrée. Le président français, en s’adressant aux quelque 40 chefs d’Etat et de gouvernement et aux représentants des 84 membres de l’OIF venus dans la capitale arménienne pour le 17e sommet de la Francophonie, n’a pas dérogé à l’usage.

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« C’est une famille aux dimensions de la planète », a rappelé le chef de l’Etat dans son intervention, la troisième après celles du premier ministre arménien, Nikol Pachinian, et du président malgache par intérim, Rivo Rakotovao, tout en rappelant qu’« il y a entre nous de nombreuses blessures qui commencent à cicatriser grâce au travail de mémoire ». Il n’élude pas ce que fut la colonisation et ne veut surtout pas se poser en donneur de leçons. Cette langue qui « nous unit, dit-il, chacun la parle avec ses accents et ses tournures particulières ». Le français n’appartient donc pas à la France.
Mais cette langue doit avant tout être une langue de combat. « La francophonie doit être le lieu du ressaisissement contemporain », a lancé le président français dans un discours aux accents lyriques de plus d’une demi-heure, évoquant tout autant, comme fin septembre devant l’Assemblée générale de l’ONU, la crise du multilatéralisme, le basculement de l’ordre international créé après la seconde guerre mondiale, la montée des populismes et des nationalismes. « Cette langue qui en a conjugué tant d’autres ne va pas répéter des mots devenus parfois creux, mais elle doit être la langue du refus de ce qui se passe », a insisté le chef de l’Etat.
« La langue de la création »
Ce thème a irrigué toute son intervention et ses réflexions sur une francophonie dont la priorité doit être la reconquête de la jeunesse, notamment africaine. Le continent comptera en effet, au milieu du siècle, quelque 700 millions de francophones. Pour Emmanuel Macron, aussi, « la francophonie doit être féministe ». Elle est l’espace où se mène ce combat pour l’égalité des femmes, leur droit à l’éducation, mais aussi, de manière plus générale, toute la bataille pour la préservation des biens communs de l’humanité. « Unie, notre famille ne l’est pas seulement par la langue, mais aussi par une certaine vision du monde. »

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Dans ce discours enflammé au risque d’être creux, Emmanuel Macron a néanmoins lancé quelques pistes concrètes. Il a notamment repris l’idée de la romancière franco-marocaine Leïla Slimani, dont il a fait sa représentante personnelle pour la Francophonie en novembre 2017, d’organiser un congrès des écrivains de langue française qui réunirait les auteurs, les éditeurs et tous ceux dont le métier est en rapport avec la langue. « Cela n’a jamais été fait », a-t-il souligné, et cela permettrait de promouvoir le français comme « la langue de la création », ce qui le différencie, aux yeux du chef de l’Etat, de l’anglais, « langue d’usage ».
Le président français propose à nouveau, comme lors de son discours du 20 mars devant l’Académie française, que tous les pays francophiles participent à la restauration du château de Villers-Cotterêts, lieu symbole s’il en est, où François 1er décréta que le français serait la langue officielle du royaume de France. C’est aussi le lieu de naissance d’Alexandre Dumas, l’un des écrivains français le plus lu dans le monde.
Ouverture au plurilinguisme
Sans cesse aussi, il est revenu sur la figure de Charles Aznavour, le fils d’immigrés dont les langues maternelles furent l’arménien et le géorgien, mais pour qui « la langue française est devenue la patrie » sans que jamais il ne se renie pour autant. Le chanteur est mort le 1er octobre à l’âge de 94 ans. « Se battre pour la francophonie, ce n’est pas se battre pour rétrécir la francophonie », a insisté le chef de l’Etat, qui ne cesse de promouvoir l’idée d’une francophonie ouverte aux autres langues et au plurilinguisme.
Emmanuel Macron souhaite aussi une révision de la Charte de la Francophonie, pour notamment se pencher sur les modalités d’adhésion à l’OIF. « Faut-il se contenter de prendre quelques engagements en matière de respect des droits de l’homme [pour rejoindre l’OIF] ? », s’est-il demandé, faisant référence à la candidature, retirée au dernier moment, de l’Arabie saoudite. Des propos qui entrent en contradiction directe avec la candidature, soutenue par Paris, de la cheffe de la diplomatie rwandaise à la tête de l’institution, le Rwanda figurant au 159e rang (sur 180 pays) du classement 2017 de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).



Le matin, avant son discours, le président français s’était rendu au mémorial du génocide commémorant les massacres d’au moins un million d’Arméniens de l’Empire ottoman entre 1915 et 1917. Une immense flèche qui se dresse vers le ciel, sur une colline d’Erevan, avec dans une crypte une flamme éternelle. Sur le livre d’or, il a écrit : « La France n’oubliera jamais et elle portera le combat de la vérité et de la reconnaissance contre toute négation. »


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Dans de nombreux pays, les signes de l’effacement progressif de l’opposition se multiplient, pointe Alain Salles, chef du service International du « Monde ».
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« Etats-Unis, Brésil, Europe… l’opposition peut-elle disparaître ? »

Dans de nombreux pays, les signes de l’effacement progressif de l’opposition se multiplient, pointe Alain Salles, chef du service International du « Monde ».



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 17h47
    |

            Alain Salles








                        



                                


                            

Chronique. Dans nos démocraties fatiguées, le débat politique disparaît. L’affrontement entre deux camps qui apparaissent comme irréconciliables rend impossible tout dialogue. Le moindre argument est rapidement taxé de « fake news ». C’est le cas dans l’Amérique de Trump, où les Tweet du président, relayés par la chaîne Fox News, le site Breitbart News ou les talk-shows conservateurs, tuent toute forme de complexité politique et la recherche de consensus, longtemps marque de fabrique de la démocratie américaine. RIP John McCain.
L’opposition peut-elle disparaître ? Au Brésil, le score écrasant (46 %) de Jair Bolsonaro, le candidat d’extrême droite, au premier tour de l’élection présidentielle du 7 octobre, porté par des vagues de fausses informations sur les réseaux sociaux, n’annonce pas des jours sereins pour le débat démocratique. Les contrepoids potentiels risquent de se raréfier en cas de large victoire le 28 octobre, surtout avec un Parlement dominé par les « trois B » (Bible, bœuf, balles), les candidats des lobbies religieux, de l’agroalimentaire et des armes.

L’attaque au couteau contre Bolsonaro, le 6 septembre, l’a transformé en victime de cette violence qu’il ne cesse de dénoncer. Elle a suscité une émotion, qui a contribué à le faire grimper dans les sondages (il était à 22 % le 5 septembre). Son absence forcée l’a aussi placé au-dessus de la mêlée, regardant les débats – un exercice où il n’est pas à l’aise – de sa chambre d’hôpital. Une position idéale : sur les plateaux de télévision, les petits et moyens candidats se sont retournés contre celui qui était juste au-dessus d’eux dans les sondages : Fernando Haddad, le candidat du parti des travailleurs (PT, gauche). Plutôt que de tirer en chœur sur la menace Bolsonaro, ils l’ont épargné et se sont acharnés sur celui qui avait déjà bien du mal à endosser les habits de l’ancien président Lula, en prison pour corruption. Cela augure mal de l’efficacité des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le Parlement a voté une loi permettant de surveiller les personnes qui reçoivent des aides, afin d’éviter les abus. Un groupe de citoyens, rejoint par le Parti socialiste et Les Verts, a lancé un référendum « contre la surveillance arbitraire des assurés ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

En Suisse, bataille autour de l’espionnage des bénéficiaires des aides sociales

Le Parlement a voté une loi permettant de surveiller les personnes qui reçoivent des aides, afin d’éviter les abus. Un groupe de citoyens, rejoint par le Parti socialiste et Les Verts, a lancé un référendum « contre la surveillance arbitraire des assurés ».



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 11h32
    |

                            Marie Maurisse (Genève, correspondance)








                        



   


Pour prévenir la fraude aux prestations sociales, la Suisse veut se doter de tous les moyens. Le Parlement a voté une loi qui permet aux institutions de suivre secrètement les personnes soupçonnées de recevoir des aides de manière indue, d’enregistrer leurs conversations, voire de les filmer si elles se trouvent dans un lieu public ou sur leur balcon. L’employé de l’institution ou le détective privé en charge de cette mission pourra même utiliser des outils GPS, à condition d’obtenir une autorisation préalable.

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Cet article a été ajouté en toute discrétion à la loi sur « la partie générale du droit des assurances sociales » au mois de mars, mais revient dans l’actualité cet automne, car il soulève beaucoup d’oppositions. Un groupe de citoyens, rejoint par la suite par le Parti socialiste et les Verts, a lancé un référendum « contre la surveillance arbitraire des assurés », qui aura lieu le 25 novembre. Le Conseil fédéral, c’est-à-dire le gouvernement suisse, est monté au front mardi 9 octobre lors d’une conférence de presse qui visait à défendre sa loi.
« Nous avons un système (…) social qui fonctionne bien, mais il faut lutter contre tous les abus, a déclaré le ministre de l’Intérieur et président de la Confédération Alain Berset. Pour cela, il faut une base légale claire et solide. Les observations sont interdites dans la sphère privée, mais, si elles ont lieu dans la sphère publique, alors elles sont acceptables. »
Coup d’arrêt judiciaire
Des garde-fous sont prévus : il faut que la personne visée par l’enquête soit déjà soupçonnée de mentir sur son état de santé ou sa situation, et que le professionnel engagé ait été agréé pour ce type d’exercice.
« Cette loi confère aux assureurs davantage de droits que n’en a la police pour traquer des criminels », a déclaré la députée Verte Lisa Mazzone.
Pour les opposants, au contraire, ce texte viole l’intégrité des citoyens, notamment la disposition dite « du trou de serrure », qui permet de surveiller quelqu’un chez lui depuis l’extérieur. « Le monde de Big Brother n’est plus un cauchemar littéraire, mais une réalité, a déclaré la députée Verte Lisa Mazzone. Cette loi confère aux assureurs davantage de droits que n’en a la police pour traquer des criminels. »
En réalité, les organismes sociaux suisses ont déjà, par le passé, appliqué de telles mesures. Pendant des années, l’assurance-invalidité (AI), l’assurance-accidents et les assurances-maladie ont régulièrement surveillé des personnes bénéficiant de leurs subventions, dont certains ont témoigné dans les médias de l’intrusion de détectives chez eux.
La justice a mis un coup d’arrêt à ces pratiques. D’abord par le biais de la Cour européenne des droits de l’homme, qui a donné raison fin 2016 à une Zurichoise de 62 ans pensionnaire d’une allocation après un accident – la Cour avait estimé que la législation suisse n’encadrait pas suffisamment la surveillance.

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Puis le Tribunal fédéral, à son tour, avait estimé en août 2017 que la base légale sur le sujet était insuffisante. Dans ce cas, il s’agissait d’un homme bénéficiaire d’une rente d’invalidité, qui avait été suivi et surveillé quatre jours en deux semaines, chaque fois entre cinq et neuf heures par jour. A la suite de ces deux décisions, les organismes avaient cessé leurs surveillances et demandé au Conseil fédéral d’établir rapidement une loi, ce qu’il a fait en un temps record.
« Symptomatique des inégalités sociales »
Entre 2009 et 2016, l’AI, qui attribue des allocations pour handicap, a mené une enquête approfondie, avec surveillance, sur environ 220 personnes. Dans un cas sur deux, les soupçons étaient fondés, selon les statistiques livrées par le gouvernement. Mais, symboliquement, le fait que l’Etat autorise ce type de surveillance a du mal à passer. D’autant que la campagne du Conseil fédéral pour faire valider sa loi, et donc contre le référendum à venir, s’est dotée du slogan « Restons fair-play ».
« Dans cette affaire, les assureurs n’ont jamais été vraiment fair-play. Ils ont procédé durant des années à des observations sans base légale, écrit le journaliste Eric Felley sur le site d’informations en ligne Le Matin. La façon dont la Suisse se dote de moyens pour espionner les plus pauvres est tristement symptomatique des inégalités sociales de ce pays. »
Au printemps, un sondage réalisé par le groupe de presse Tamedia affirmait que 62 % des Suisses étaient en faveur de la nouvelle loi. Reste à attendre le 25 novembre pour en avoir confirmation.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Les 589 communes du pays vont élire leurs bourgmestres dimanche.
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Municipales en Belgique : à Molenbeek, « on veut passer à autre chose »

Les 589 communes du pays vont élire leurs bourgmestres dimanche.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 11h14
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Moins de 6 km², 97 000 habitants et une renommée mondiale lourde à porter : comme les 588 autres municipalités de Belgique, Molenbeek votera dimanche 14 octobre. « Je veux bien vous parler des élections communales [municipales], mais pas du terrorisme, d’accord ?, insiste Mounir, un commerçant de la chaussée de Gand, dont la vitrine est tapissée d’affiches de toutes les couleurs, ornées du visage de candidats pour les 45 sièges à pourvoir. On veut passer à autre chose. »
Autre chose que l’image du foyer radical et du Bruxelles « trou à rats où les musulmans ne sont pas parvenus à s’intégrer » dépeint par Donald Trump en janvier 2016. Autre chose que les images de la rue des Quatre-Vents où, caché dans une cave, Salah Abdeslam fut débusqué le 18 mars 2016. Même Tariq, discret sympathisant du parti Islam, qui compte actuellement un élu et défend l’instauration d’une « charia occidentale », affirme en souriant qu’il refuserait d’habiter au numéro 79, dont l’occupante a été chassée et condamnée. Ou au 30, place Communale, où vécut le jeune Salah Abdeslam avant d’accompagner ceux qui allaient frapper le Bataclan, le Stade de France et les terrasses.

« Il faudra une génération pour que tout cela s’estompe, analyse Olivier Vanderhaeghen, fonctionnaire de prévention de la municipalité, mais une vie normale a repris. » C’est aussi le message que veulent faire passer les deux femmes qui se disputent le siège de bourgmestre (maire). L’élue sortante, Françoise Schepmans, 58 ans, une libérale, et sa rivale socialiste, Catherine Moureaux. Cette quadra, médecin, est la fille de Philippe Moureaux, celui qui a régné durant deux décennies sur l’hôtel communal et a été désigné comme le responsable du marasme qui a pu conduire à la naissance d’un dangereux islam souterrain.
« Les gens sont accueillants »
Christophe Lamfalussy et Jean-Pierre Martin, deux journalistes belges réputés,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Les écologistes, qui sont parvenus à se réorganiser en se dotant d’une direction rajeunie, pourraient s’imposer comme la deuxième force du Land.
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En Bavière, les Verts profitent du désaveu de la grande coalition

Les écologistes, qui sont parvenus à se réorganiser en se dotant d’une direction rajeunie, pourraient s’imposer comme la deuxième force du Land.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 11h03
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

C’est Sandra Maischberger, l’animatrice d’un des talk-shows télévisés les plus populaires en Allemagne, qui a sans doute le mieux résumé la situation. Mercredi 10 octobre, son émission hebdomadaire, diffusée sur la chaîne ARD, avait pour titre : « La Bavière vote et Berlin tremble. » A quatre jours des élections régionales bavaroises, on ne pouvait trouver meilleure formule.
Pendant cinq décennies, la Bavière a été, plus que toute autre région en Allemagne, un pôle de stabilité électorale. Depuis 1962, les conservateurs de l’Union chrétienne-sociale (CSU) n’y ont perdu qu’une seule fois la majorité absolue au Parlement régional, en 2008, avant de la reconquérir en 2013. Dimanche 14 octobre, ils devraient la perdre à nouveau, mais dans des proportions beaucoup plus grandes qu’il y a dix ans. A l’époque, la CSU avait obtenu 43,4 % des voix, son plus mauvais score depuis 1958. Aujourd’hui, elle oscille entre 33 % et 35 % dans les intentions de vote.
De cette chute, les principaux bénéficiaires pourraient être les Verts. Aux élections régionales bavaroises de 2013, ils n’avaient recueilli que 9,4 % des voix. Dans les derniers sondages, ils sont crédités de 16 % à 18 %, ce qui pourrait en faire la deuxième force politique du Land, devant le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) et le Parti social-démocrate (SPD), tous deux au coude-à-coude dans les intentions de vote, entre 10 % et 14 % des voix, suivis de près par les Freie Wähler (« électeurs libres »), un petit parti conservateur attaché à la défense des intérêts locaux, qui n’a jamais été aussi haut dans les sondages.
Profil très centriste
A Berlin, cette poussée des écologistes bavarois est observée avec d’autant plus d’attention qu’elle semble refléter une tendance de fond. Dans la Hesse, où auront lieu des élections régionales, le 26 octobre, les Verts sont également en pleine ascension : à deux semaines du scrutin, ils sont donnés à 18 %, soit 7 points de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Rétablie par les députés en mars 2017 après avoir été supprimée en 2010, la conscription a repris du service cet été dans le royaume. 4 000 jeunes, la plupart nés en 1999, font partie de la première promotion.
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Le succès du service militaire en Suède

Rétablie par les députés en mars 2017 après avoir été supprimée en 2010, la conscription a repris du service cet été dans le royaume. 4 000 jeunes, la plupart nés en 1999, font partie de la première promotion.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 10h57
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Le visage grave, ils sont une cinquantaine, alignés sur deux rangées se faisant face. Un peu plus loin, un autre groupe est positionné à l’identique. Les 104 conscrits arrivés le matin même, mi-septembre, au régiment de Scanie-sud, à une trentaine de kilomètres de Malmö, empilent devant eux, un à un, sur leur matelas de camping étalé sur l’herbe, les objets qu’ils trouvent dans deux grands sacs de sport kaki et deux sacs-poubelle qui contiennent leurs uniformes d’été et d’hiver.
« C’est impressionnant, au début, tous ces équipements qu’il faut apprendre à reconnaître », dit Marcus Nilsson, chargé de la communication auprès du régiment. Au total, 4 000 jeunes, pour la plupart nés en 1999, effectuent leur service militaire obligatoire depuis début juillet en Suède. Instauré en 1901, il avait été suspendu en 2010 au profit d’une armée de métier, avant d’être rétabli par le Parlement en mars 2017.

Le choix de mettre fin à la conscription était motivé par le contexte géopolitique. La Suède ne croyait plus à la nécessité d’une défense nationale. L’engouement pour la profession n’a cependant jamais atteint les objectifs visés. Résultat : il manquait 7 000 soldats au royaume. La guerre en Géorgie, puis l’annexion de la Crimée par la Russie ont changé la donne. « Malheureusement, c’est facile de démanteler, mais reconstruire est un marathon », estime Daniel Vendel, chargé de la formation des recrues.
Combattre les clichés
Leur initiation va durer neuf mois. Dans les dortoirs installés dans des baraques de briques jaunes au milieu des bois, rien n’a changé. Lits superposés en métal, casiers au mur, une table et quelques chaises, le décor est spartiate. Seule nouveauté : le Wi-Fi. « C’est suffisant », assure Oscar, 19 ans, qui roule des mécaniques. Lui et ses compagnons de chambrée ont « hâte de suivre les traces » de leurs aînés, dont ils ont entendu les récits nostalgiques.
L’appel lancé par les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ La disparition du journaliste rappelle des cas de Saoudiens exilés qui ont été ramenés de force dans le royaume, puis n’ont jamais redonné signe de vie.
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Avant Jamal Khashoggi, d’autres dissidents saoudiens ont mystérieusement disparu

La disparition du journaliste rappelle des cas de Saoudiens exilés qui ont été ramenés de force dans le royaume, puis n’ont jamais redonné signe de vie.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 18h13
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



   


Les éléments à charge s’accumulent faisant craindre que l’éditorialiste saoudien Jamal Khashoggi ait été enlevé, voire assassiné, lors de son passage, le 2 octobre, au consulat de son pays à Istanbul. Mais un autre élément accréditant cette hypothèse relève du fait que, par le passé, le royaume s’est déjà livré à ce genre d’opération expéditive.
Selon des enquêtes convergentes du Guardian et de la BBC, en l’espace de cinq mois, entre septembre 2015 et février 2016, trois princes saoudiens, qui vivaient en exil en Europe, ont été ramenés de force dans leur pays et ne sont pas réapparus depuis.
Le plus haut placé d’entre eux, Sultan Ben Turki Ben Abdelaziz, en conflit avec la monarchie, a été déporté vers Riyad alors qu’il se trouvait dans un jet privé mis à sa disposition par le consulat saoudien de Paris. L’appareil était censé rejoindre Le Caire, où le prince avait prévu de rendre visite à son père. La chaîne britannique a produit des témoignages de membres étrangers de son entourage, présents ce jour-là dans l’avion, racontant la panique de leur patron lorsqu’il a découvert qu’il faisait route vers le royaume, et son arrestation par des hommes en armes à son atterrissage à Riyad.
Saud Ben Saif Al-Nasr, grand amateur de casinos et de palaces et auteur de Tweet hostiles au pouvoir royal, est tombé dans un guet-apens similaire. Au lieu d’atterrir à Rome, où on lui avait fait miroiter la signature de juteux contrats, l’avion privé dans lequel il avait pris place s’est posé à Riyad. Turki Ben Bandar, pour sa part, un ancien haut gradé de la police, qu’un contentieux foncier opposait à la famille royale et qui postait des vidéos sur YouTube appelant à des réformes, a été discrètement arrêté au Maroc par les autorités locales, puis transféré vers l’Arabie saoudite.

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                Disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi : l’enquête se rapproche de Riyad



« Ces disparitions forcées s’apparentent à des règlements de comptes internes à la dynastie royale, précise Yahya Al-Assiri, membre de l’ONG de défense des droits de l’homme saoudienne ALQST, qui réside à Londres. Dans le cas de Jamal, le modus operandi est le même, mais la cible est un simple citoyen, et l’objectif est plus ouvertement politique. »
L’impulsif Mohammed Ben Salman
Au mois de mai, un citoyen saoudien ne jouissant pas de la notoriété de M. Khashoggi, Nawaf Talal Al-Rashid, a également disparu dans des conditions similaires. Le jeune homme, résidant au Qatar, pays dont il a la nationalité, et qui descend d’une lignée historiquement opposée à la maison des Saoud, a été arrêté au Koweït, puis expédié en Arabie saoudite. Il n’a pas donné signe de vie depuis.
En mars, Lujain Al-Hathloul, une jeune féministe saoudienne, avait été appréhendée par la police d’Abou Dhabi, où elle effectuait des études, puis ramenée sous bonne garde en Arabie. Quelques semaines plus tard, elle était emprisonnée en compagnie d’autres militantes pour les droits des femmes, tandis que son mari, l’humoriste vedette de l’Internet saoudien, Fahad Al-Buteiri, était renvoyé de force d’Amman vers Riyad et divorçait d’elle dans la foulée.
Ces différentes histoires portent la marque de l’impulsif Mohammed Ben Salman, adepte, en politique intérieure comme extérieure, de pratiques aussi peu orthodoxes qu’elles sont musclées. C’est à lui que l’on doit la dévastatrice offensive au Yémen, en mars 2015, la mise en quarantaine du Qatar, le mouton noir du Golfe, en juin 2017, et la vraie-fausse démission du premier ministre libanais, Saad Hariri, en novembre 2017 : un épisode rocambolesque qui a quelques traits communs avec les cas exposés plus haut.
Attiré dans la capitale saoudienne au motif d’un entretien urgent avec le souverain, le premier ministre libanais avait été forcé de lire un discours de démission à la télévision, et retenu contre son gré pendant plusieurs jours. Ce n’est qu’après l’intervention d’Emmanuel Macron, le président français, qu’il avait pu quitter le royaume, avant de regagner Beyrouth et de récupérer son poste de chef du gouvernement.

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                Disparition de Jamal Khashoggi : Donald Trump demande des explications à l’Arabie saoudite



Mais l’événement avec lequel l’affaire Khashoggi entretient le plus de ressemblances remonte à 1979. Il s’agit de la disparition, à Beyrouth, de l’historien Nasser Saïd, un célèbre opposant saoudien d’obédience nassérienne, partisan de l’instauration d’une République. En dépit des dénégations de Riyad, la version qui prévaut à ce jour affirme qu’il a été kidnappé par un cadre de l’Organisation de libération de la Palestine, à la solde de l’Arabie saoudite. L’homme aurait été ensuite drogué et expédié par avion vers le royaume, où il aurait été assassiné.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Editorial. La disparition de Jamal Khashoggi, éditorialiste et dissident saoudien, inquiète la communauté internationale.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤      googletag.cmd.push(function(){googletag.display("cover");});              En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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La disparition de Jamal Khashoggi, éditorialiste et dissident saoudien, inquiète la communauté internationale.      Par Le Monde  Publié aujourd’hui à 10h40, mis à jour à 18h13   Lecture 2 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail                          Image de vidéosurveillance de Jamal Khashoggi arrivant au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, le 2 octobre. REUTERS TV / REUTERS              Editorial du « Monde ». L’affaire Khashoggi, qui a commencé comme une simple énigme criminelle, est en passe de se transformer en crise internationale. Le dossier de l’éditorialiste et dissident saoudien Jamal Khashoggi, 59 ans, disparu mardi 2 octobre après avoir pénétré dans le consulat du royaume à Istanbul, est suivi à la loupe par les chancelleries occidentales.           Après avoir évoqué un cas de rétention, puis d’enlèvement, les autorités turques parlent maintenant d’une opération commando, orchestrée depuis Riyad, qui aurait mené à la liquidation du journaliste et au démembrement de son corps. Jugées d’abord outrancières, ces accusations gagnent en consistance, à mesure que les enquêteurs distillent leurs découvertes dans les médias. Les éléments incriminant Riyad ne sont pas complètement probants pour l’instant, mais ils sont pour le moins troublants.           Du bout des lèvres…           Après six jours d’un silence embarrassé, la diplomatie française a demandé le 8 octobre, dans un communiqué minimaliste, que la situation de M. Khashoggi soit éclaircie « le plus rapidement possible ». Pas un mot sur Riyad, pas la moindre interpellation de cet allié, gros client de notre industrie d’armement. Au mois d’août déjà, ­lors­qu’il avait fallu réagir à un nouveau carnage perpétré par l’aviation saoudienne au Yémen, les communicants du Quai d’Orsay avaient pris soin de ne pas mentionner le nom du royaume. La leçon infligée par Riyad au Canada, privé de contrats en juillet pour avoir osé critiquer l’incarcération d’une défenseuse des droits des femmes, a bien été retenue à Paris.            Lire aussi Disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi : l’enquête se rapproche de Riyad              Mercredi 10 octobre, dans la foulée d’un coup de semonce de Donald Trump aussi tardif qu’inhabituel, qui a réclamé des explications « au plus haut niveau » à son très proche allié du Golfe, le Quai d’Orsay a fini par annoncer, du bout des lèvres, « être en contact avec les autorités saoudiennes ».      La suite après cette publicitégoogletag.cmd.push(function(){googletag.display("inread");});       Il en faudra bien plus pour élucider l’énigme Khashoggi. La France et ses partenaires européens doivent d’abord faire pression sur le royaume pour qu’il laisse une équipe d’experts turcs inspecter le ­consulat d’Istanbul et la résidence du ­consul. Dans un entretien accordé la semaine dernière à l’agence Bloomberg, le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman, s’était dit prêt à tolérer cette entorse aux usages diplomatiques. Mais il semble que Riyad ait fait marche arrière depuis.           Vent mauvais sur la presse           Les grandes capitales occidentales doivent aussi exiger que Riyad, qui martèle que M. Khashoggi a quitté sa représentation, démontre sa bonne foi, en fournissant les images des caméras de surveillance placées dans le bâtiment. L’affirmation du consul selon laquelle le circuit vidéo était en panne n’est pas recevable.           Si la communauté internationale veut tirer au clair cette ténébreuse affaire, elle doit enfin aider le président turc à aller au bout de sa promesse de transparence – fût-ce au prix d’une crise ouverte avec l’Arabie saoudite et son homme fort, Mohammed Ben Salman, qui joue ici sa réputation et peut-être même son avenir politique.           Un vent mauvais souffle sur la presse. Trois journalistes ont été tués sur le sol européen depuis le début de l’année. Le ­Slovaque Jan Kuciak, la Maltaise Daphne Caruana Galizia, et la Bulgare Viktoria Marinova – cette dernière dans des circonstances encore obscures. Jamal Khashoggi, vu pour la dernière fois à Istanbul, porte de l’Europe, est probablement le quatrième. Renoncer à faire la lumière sur sa disparition donnerait un feu vert à tous les prédateurs de la liberté d’expression.                            googletag.cmd.push(function(){googletag.display("pave_haut");});                 Annonces automobiles avec La Centrale           RENAULT MEGANE 24990 € 90           SSANGYONG KORANDO 15780 € 29           PEUGEOT 104 4900 € 30      Recherche                  Le Monde      Voir les réactions     Dans la même rubrique                 Article réservé à nos abonnés« L’industrie pharmaceutique est préoccupée avant tout par sa rentabilité financière »  Trois professeurs de médecine et de pharmacie protestent, dans une tribune au « Monde », contre l’envolée injustifiable des prix des médicaments anticancéreux.                          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Décryptage

La Rwandaise Louise Mushikiwabo favorite pour présider la Francophonie

La ministre rwandaise des affaires étrangères est bien placée pour succéder à la Canadienne Michaëlle Jean à la tête de l’institution internationale, lors du sommet qui se tient à Erevan.

Marc Semo (Erevan, envoyé spécial)
    



LE MONDE
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        Le 11.10.2018 à 09h30

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        Mis à jour le 11.10.2018 à 13h31






                        

Crédits : LUDOVIC MARIN / AFP


                    

Le drapeau bulgare côtoie celui du Togo ou de la Côte d’Ivoire. La grande avenue menant de l’aéroport au centre d’Erevan est pavoisée aux couleurs des 84 Etats membres ou observateurs de la francophonie. Jamais la capitale arménienne n’a connu un événement diplomatique d’une telle ampleur depuis l’indépendance, lors de l’effondrement de l’URSS, en 1991. Le 17e sommet de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), les jeudi 11 et vendredi 12 octobre, est une vitrine pour Nikol Pachinian, le nouveau premier ministre réformiste arménien, au pouvoir depuis mai, même si l’événement avait été lancé par son prédécesseur, démissionné sous la pression de la rue dans une « révolution de velours ».
« La France n’est qu’une partie de la francophonie agissante, mais consciente de ne pas porter seule le destin du français »
Le président français, Emmanuel Macron, est arrivé mercredi soir pour une visite de deux jours, qui mêle promotion de la langue française pour le sommet et hommage à Charles Aznavour, mort le 1er octobre, qui n’a cessé de rappeler son amour pour le français, « sanctuaire plus sacré que tous ». Emmanuel Macron revendique la francophonie comme « une priorité ». Il l’avait souligné le 20 mars devant l’Académie française, se posant en héraut d’une « francophonie ouverte », « décrispée », acceptant le plurilinguisme. Il rappelait alors, en outre, que « la France n’est qu’une partie de la francophonie agissante, mais consciente de ne pas porter seule le destin du français ». Selon les projections de l’OIF, en 2050, 85 % des francophones seront africains.
Douloureux contentieux
Une cinquantaine de chefs d’Etat ou de gouvernement, dont le premier ministre canadien, Justin Trudeau, le nouveau premier ministre québécois, François Legault, le Belge Charles Michel ou les présidents tchadien, sénégalais ou libanais assisteront à cette réunion, dont l’enjeu principal est l’élection...



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La Banque mondiale pointe du doigt les pays qui n’investissent pas assez dans leurs populations

L’institution publie un nouvel indice du capital humain classant chacun des 157 pays étudiés en fonction de la productivité de ses futurs travailleurs.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 09h38
    |

            Marie de Vergès








                        



   


Mieux vaut grandir en Australie qu’au Laos, ou en Islande plutôt qu’au Nigeria. Tel peut être l’un des enseignements, sans grande surprise, du tout nouvel indice publié, jeudi 11 octobre, par la Banque mondiale (BM) et consacré au capital humain. Mais l’ambition de ce classement inédit couvrant 157 pays, et dévoilé à Bali, en Indonésie, à l’occasion de l’assemblée générale de l’institution, est bien plus large.
S’il s’appuie sur des données telles que le niveau d’éducation, l’espérance de vie à la naissance ou l’accès à la santé, son objet est de montrer à quel point ces domaines, et les investissements qui leur sont consacrés, influent sur la productivité des individus. Et, par ricochet, sur la croissance et la prospérité des nations.

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Au premier rang trône Singapour, suivi de la Corée du Sud et du Japon. Ces trois Etats sont ceux qui investissent le mieux dans leurs populations et sont susceptibles de tirer le plus grand dividende économique de cette richesse immatérielle. Les pays avancés forment l’essentiel du premier tiers du classement. La France se situe à la 22e place, deux rangs devant les Etats-Unis.
L’Afrique surreprésentée en queue de peloton
A l’autre bout du spectre, l’Afrique est surreprésentée, avec le Niger, le Soudan du Sud et, enfin, le Tchad, en queue de peloton. Une nomenclature prévisible, même si elle révèle des résultats inattendus. Ainsi, l’Inde, grande puissance émergente, ne se classe qu’à la 115e place. « Et certains pays font aussi bien, voire mieux que d’autres, tout étant moins riches », souligne Annette Dixon, vice-présidente de l’unité capital humain à la BM. Tel le Sri Lanka qui colle à l’opulente Arabie saoudite en milieu de classement.
Les Etats pointés du doigt pour leurs faibles performances ne risquent-ils pas de se sentir humiliés ? « Aucun pays n’atteint le score maximum et tous ont quelque chose à apprendre des conclusions de cet indice. Y compris les plus avancés qui vont devoir continuer à développer leur capital humain pour s’adapter à l’économie de demain », souligne Mme Dixon.

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La Banque mondiale espère que le classement poussera les pays à engager des efforts pour gravir des échelons. Elle se réfère à l’exemple de l’enquête internationale PISA sur les performances des systèmes scolaires des Etats membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques : choqués par leurs résultats dans les premières éditions, certains pays comme l’Allemagne et la Pologne ont entrepris des réformes radicales.
« Le seul capital des personnes les plus pauvres »
Pour l’institution phare du développement économique, il y a urgence. « Le capital humain est souvent le seul capital des personnes les plus pauvres, a insisté, jeudi, le président de la BM, Jim Yong Kim. C’est l’un des facteurs essentiels d’une croissance économique durable et inclusive. Pourtant, les investissements dans la santé et l’éducation n’ont pas reçu l’attention qu’ils méritent. »
Refondre son système éducatif est un travail de longue haleine, quand la construction de routes et voies ferrées peut générer des gains rapides, économiques et politiques.
Le sujet est porté avec emphase par cet anthropologue de formation et ancien médecin de brousse. Celui-ci ne manque jamais de rappeler que, malgré les progrès immenses entrepris lors des dernières décennies, des écarts béants persistent à travers le globe. Ainsi, la moitié de la population mondiale n’a pas accès aux services sanitaires essentiels. Et dans les pays en développement, 60 % des enfants ayant suivi l’école primaire ne maîtrisent pas les apprentissages fondamentaux.
Si les responsables politiques rechignent parfois à investir dans leurs populations, « c’est souvent parce que les retombées, même importantes, mettent du temps à se manifester », explique Mme Dixon. Refondre son système éducatif est un travail de longue haleine, quand la construction de routes et voies ferrées peut générer des gains rapides, économiques et politiques.

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En attendant, ces insuffisances risquent de mettre en péril les objectifs de développement durable adoptés par les Nations unies. Et notamment le premier d’entre eux, au cœur de la mission de la Banque mondiale : mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici à 2030.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Des milliers d’universitaires, écrivains, journalistes et millionnaires ont émigré. Le président appelle à leur retour... mais craint qu’ils soient « embrouillés par les idées de l’Occident ».
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édition abonné


En Turquie, les ambiguïtés d’Erdogan face à la fuite des cerveaux

Des milliers d’universitaires, écrivains, journalistes et millionnaires ont émigré. Le président appelle à leur retour... mais craint qu’ils soient « embrouillés par les idées de l’Occident ».



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 02h48
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 06h29
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            LETTRE D’ISTANBUL

Gönül, 22 ans, issue d’une famille stambouliote aisée, espère bien décrocher au printemps 2019 un diplôme de gestion de l’université de Boston (Etats-Unis) où elle étudie depuis trois ans grâce au soutien financier de ses parents. Le mal du pays l’assaille parfois sur son campus, loin des siens. Pourtant, elle ne prévoit pas de rentrer en Turquie une fois son diplôme en main.
« Je vais plutôt essayer de trouver un emploi aux Etats-Unis tant que mon visa étudiant est en cours de validité. Que ferais-je en Turquie ? Le taux de chômage des jeunes est élevé, 20 %, les perspectives de carrière sont limitées, l’initiative individuelle n’est pas encouragée et avec la crise économique qui s’annonce, cela ne va pas s’arranger », explique cette brunette délurée et polyglotte, venue se ressourcer quelques jours à Istanbul, où son cœur est resté.
La démission récente de Kerem Altiparmak, un spécialiste du droit renommé qui a claqué la porte de l’université d’Ankara où il enseignait, corrobore les craintes de l’étudiante sur le manque de perspectives. « Je pars, non pas parce que j’ai trouvé un emploi mieux rémunéré mais parce que l’université où j’avais coutume de travailler n’est plus la même, ça n’est plus une université, il n’y a plus de recherche », écrit l’enseignant dans une lettre annonçant son départ à ses étudiants et à ses collègues.

Aysel, la trentaine, enseignait, elle, la sociologie dans une université en Turquie jusqu’à son limogeage après le coup d’Etat raté du 15 juillet 2016. Comme elle, des dizaines de milliers d’enseignants ont perdu leur poste lors de la vague des purges déclenchées par les autorités dans la foulée du putsch. Depuis, elle végète, sans travail, le moral en berne. Pour ne rien arranger, la voilà convoquée au tribunal pour avoir signé en 2016 une pétition en faveur de la paix dans les régions kurdes de Turquie, ce qui suffit à faire d’elle un suppôt du terrorisme. La jeune...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Sigrid Maurer avait publié sur Facebook et Twitter l’identité et le message de l’un de ses agresseurs présumés. Le tribunal de Vienne vient de donner raison à ce dernier.
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La justice autrichienne condamne une élue victime de cyber-harcèlement

Sigrid Maurer avait publié sur Facebook et Twitter l’identité et le message de l’un de ses agresseurs présumés. Le tribunal de Vienne vient de donner raison à ce dernier.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 20h25
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 20h59
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        


Après avoir estimé, en février dernier, qu’un homme pouvait être victime de discrimination fondée sur le genre, la justice autrichienne a condamné, mardi 9 octobre, une femme, objet d’attaques sexistes sur les réseaux sociaux, à verser 4 000 euros de dommages et intérêts à son agresseur présumé et 3 000 euros à l’Etat, pour couvrir les frais de justice.
En première instance, Sigrid Maurer, une ancienne députée écologiste, a été reconnue coupable d’avoir violé la loi sur les médias et d’avoir porté atteinte aux intérêts d’un propriétaire de bar-tabac. Sur Twitter et Facebook – considérés donc comme des médias –, elle avait posté, en mai dernier, le nom du monsieur et le texte ordurier qu’il lui avait envoyé par le biais de Messenger, et ce sans vérifier qu’il était bien personnellement à l’origine de la missive des plus fleuries.
Ce dernier, cible des foudres des internautes par la suite, affirmait que la page Facebook de son établissement était à la disposition de ses clients et qu’il n’était pas à l’origine des suggestions dégradantes à caractère sexuel qui avaient été envoyées. La justice a estimé qu’avant d’exposer publiquement des contenus privés, l’ancienne élue, qui voulait dénoncer l’absence de recours judiciaires possibles pour les victimes de harcèlement sexuel en ligne, aurait dû entrer en contact avec lui pour s’assurer de son identité.

        Notre enquête (édition abonnés) :
         

          La justice est-elle à la hauteur dans la lutte contre les violences sexuelles ?



« Je ne compte pas reculer »
« Car ce n’est pas lui qui a écrit ce message », jure l’avocat du commerçant, Adrian Hollaender, cité par l’Agence de presse autrichienne APA. « On ne parle pas de politique ou de féminisme dans cette affaire. Il s’agit juste d’un cas de diffamation. » Si elle réjouit ceux qui s’inquiétaient des dérives possibles dans le cadre des dénonciations en ligne du mouvement #MeToo, la décision prouve malgré tout que « les victimes du cyber-harcèlement disposent de peu de leviers pour se défendre », déplore Schifteh Hashemi, une militante des droits des femmes.
Maria Stern, la chef du parti d’opposition Liste Pilz (écologiste) parle, elle, d’un « mauvais signal » envoyé par le tribunal de Vienne. « Les victimes réfléchiront désormais à deux fois avant d’alerter sur des comportements inappropriés. » Quant à Sigrid Maurer, elle s’est déclarée « choquée » par le verdict, rendu par un juge de sexe masculin. « Je ne compte pas reculer, dit-elle. On va aller en appel, peu importe ce que cela coûtera. Il est absolument clair que cet homme est derrière les messages que j’ai reçus. » 
Avec humour, elle a démontré sur Twitter que les recommandations du tribunal étaient par ailleurs inapplicables. Employant toutes les formules de politesse nécessaires, et après avoir pris le soin de masquer l’identité du jeune homme, elle a demandé à l’un de ses harceleurs de bien vouloir lui fournir une copie de son passeport, afin qu’elle puisse, avec toute la « rigueur journalistique » nécessaire, vérifier son identité, avant de publier en ligne son nom accompagné du message obscène qu’elle venait de recevoir. « Bouge de là ! », a-t-elle alors reçu comme seule réponse.

        Témoignages de l’an 1 de #metoo :
         

          « Je me sens plus légitime à réagir à des regards appuyés »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Michel Barnier, le négociateur pour l’UE, a regretté le bilan mitigé des négociations entre les deux parties, alors que le Brexit sera effectif le 29 mars 2019.
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Brexit : vers des contrôles administratifs entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord ?

Michel Barnier, le négociateur pour l’UE, a regretté le bilan mitigé des négociations entre les deux parties, alors que le Brexit sera effectif le 29 mars 2019.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 18h43
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 20h25
   





                        



   


Alors qu’un sommet européen décisif doit se tenir les 18 et 19 octobre sur la question du Brexit, le négociateur pour l’Union européenne, Michel Barnier, est revenu mercredi 10 octobre sur la question épineuse de la frontière irlandaise.

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Au cours d’un discours devant des représentants des entreprises de l’Union européenne (UE) à Bruxelles, le Français a déclaré que des contrôles administratifs devront être mis en place entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord afin d’éviter le retour d’une frontière entre Belfast et Dublin.
« L’UE et le Royaume-Uni excluent tous deux l’existence d’une frontière physique avec l’île d’Irlande, de sorte que ce qui arrivera en Irlande du Nord arrivera également dans le marché unique européen. Il y aura des procédures administratives qui n’existent pas encore pour les marchandises en provenance du reste du Royaume-Uni qui arrivent en Irlande du Nord », a-t-il fait savoir.
Mais cette perspective est d’ores et déjà rejetée par le Parti unioniste démocrate nord-irlandais (DUP, Democratic Unionist Party), dont les dix députés permettent à la première ministre britannique, Theresa May, de conserver sa majorité absolue à la Chambre de communes. Un des partisans du Brexit, l’ancien chef de la diplomatie Boris Johnson, s’est aussitôt saisi des propos de M. Barnier pour accuser la première ministre britannique, Theresa May, de négocier un accord qui va faire du Royaume-Uni « une colonie de l’Union européenne ».
« L’Union européenne est attachée à l’intégrité territoriale du Royaume-Uni, mais le Royaume-Uni doit respecter le marché unique européen qui comprend l’Irlande », a insisté Michel Barnier qui a précisé concrètement comment ces contrôles pourraient se dérouler :
« L’Union européenne propose de réaliser des contrôles de la manière la moins intrusive et éviter les contrôles physiques. Les entreprises du Royaume-Uni devront remplir des déclarations de douane en ligne quand elles voudront envoyer des biens en Irlande du Nord. Les camions et les conteneurs seront scannés à bord des ferries et des porte-conteneurs comme cela se fait entre l’Espagne et les îles Canaries. »
 
Négociations compliquées
Avec la sortie du Royaume-Uni de l’UE, les 500 kilomètres qui séparent la province britannique d’Irlande du Nord de la République d’Irlande vont redevenir une frontière physique. Londres ayant décidé de sortir du marché unique et de l’union douanière, synonymes de liberté de circulation et de normes et droits de douane communs, des contrôles aux frontières seront nécessaires.
Or, ce retour à une frontière entre les deux pays fragiliserait les accords de paix du Vendredi saint, qui mirent fin, en 1998, à trente ans de conflit armé entre nationalistes et unionistes en Irlande du Nord. Mais aucune solution acceptée par les deux parties n’a encore été trouvée.

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L’UE et le Royaume-Uni sont par ailleurs loin d’un accord global, alors que le Brexit doit être effectif le 29 mars 2019. Lors d’une réunion de tous les commissaires européens mercredi à Bruxelles, Michel Barnier et Martin Selmayr, secrétaire général de la Commission européenne, ont dressé un bilan mitigé des négociations entre les deux parties.
M. Barnier a « rappelé que des progrès décisifs d[evaient]t être réalisés à temps pour le conseil européen d’octobre et que les négociations au niveau technique se poursuivr[aien]t cette semaine », a déclaré le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas, lors d’un point presse à Bruxelles.

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« M. Barnier et son équipe travaillent jour et nuit pour arriver à un accord, mais nous n’y sommes pas encore », a ajouté de son côté le commissaire aux migrations européen, Dimitris Avramopoulos, une semaine avant le sommet des 18 et 19 octobre, qualifié à Bruxelles de « moment de vérité » pour éviter un divorce sans accord avec le Royaume-Uni à la fin de mars 2019.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Lors du synode des évêques au Vatican, l’épiscopat belge s’est prononcé en faveur d’un accès à la prêtrise pour les hommes mariés.
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Célibat des prêtres : l’Eglise belge pour l’ouverture du sacerdoce aux hommes mariés

Lors du synode des évêques au Vatican, l’épiscopat belge s’est prononcé en faveur d’un accès à la prêtrise pour les hommes mariés.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 18h36
   





                        


Entre scandales pédophiles récurrents et crise des vocations, le célibat des prêtres catholique s’impose comme une question de plus en plus pressante au sein de l’Eglise. Mercredi 10 octobre, l’épiscopat belge a pris position. A l’occasion d’un synode qui se tient jusqu’à la fin du mois au Vatican, l’Eglise belge a appelé à l’ouverture de la prêtrise aux hommes mariés.
« Je suis convaincu que certains jeunes, qui ont puisé dans la vocation baptismale leur appel à s’engager par les liens du mariage, répondraient volontiers “me voici” si l’Eglise devait les appeler au ministère presbytéral », a déclaré au Vatican Mgr Jean Kockerols, évêque auxiliaire de Bruxelles. Le prélat s’exprimait au nom des évêques belges après leur avoir préalablement soumis son texte, a précisé le père Tommy Scholtes, porte-parole de la conférence épiscopale belge, répondant au site spécialisé CathoBel.
Réflexions sur le célibat des prêtres en Allemagne
« Ce n’est pas la seule solution par rapport à la crise des vocations, qui est aussi une question de crédibilité de la foi dans le monde aujourd’hui », a déclaré le père Scholtes. « On sait que du côté du monde protestant ou orthodoxe, où les pasteurs peuvent être mariés, il y a aussi une difficulté à trouver des jeunes hommes qui acceptent ce service d’Eglise » a-t-il commenté.

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Des réflexions sur le célibat des prêtres ont été engagées ailleurs en Europe, dans un climat marqué par de multiples scandales pédophiles impliquant des religieux catholiques. Récemment, l’Eglise catholique allemande a ainsi appelé de ses vœux une discussion en son sein sur la question après la révélation d’agressions sexuelles perpétrées sur des milliers d’enfants pendant des décennies.
« Il ne doit pas y avoir de tabou »
« Il ne doit pas y avoir de tabou sur ce dont on parle » avait déclaré à la fin septembre le président de la conférence épiscopale allemande, Reinhard Marx. « Les défis spécifiques pour l’Eglise catholique, comme les questions sur le célibat des prêtres et sur certains aspects de la morale sexuelle catholique, vont être discutés de façon transparente, avec la participation d’experts de différentes disciplines », avait fait savoir le cardinal.

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Présenté mardi, un rapport commandé par l’Eglise catholique allemande il y a quatre ans fait état d’au moins 3 677 cas – essentiellement des garçons âgés de moins de 13 ans – de victimes de sévices sexuels allant de l’attouchement au viol, agressées par au moins 1 670 membres du clergé. Les faits se sont déroulés entre 1946 et 2014. Et les auteurs identifient le célibat des prêtres comme l’une des possibles causes indirectes de ces agressions sexuelles.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ La journaliste Julia Pascual et le photographe Samuel Gratacap ont passé quinze jours à bord du navire de SOS Méditerranée. Ils ont répondu aux questions d’internautes lors d’un tchat du « Monde ».
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« En septembre, l’“Aquarius” n’a porté secours qu’à cinquante-huit personnes »

La journaliste Julia Pascual et le photographe Samuel Gratacap ont passé quinze jours à bord du navire de SOS Méditerranée. Ils ont répondu aux questions d’internautes lors d’un tchat du « Monde ».



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 17h26
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 17h48
   





                        


La journaliste du Monde Julia Pascual et le photographe Samuel Gratacap ont passé quinze jours à bord du navire de SOS Méditerranée, l’Aquarius, au large de la Libye. Mercredi 10 octobre, ils ont répondu aux questions d’internautes.

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Charles : Pourriez-vous nous expliquer le problème avec le pavillon ? Pourquoi le bateau ne pourrait pas, par exemple, battre pavillon français ?
Julia Pascual : Le problème avec le pavillon de l’Aquarius est le suivant : le navire humanitaire l’a perdu deux fois en l’espace d’un mois. Il a d’abord été lâché par Gibraltar, puis par le Panama, alors qu’il réalisait sa mission de recherche et de sauvetage au large de la Libye. Dans un communiqué de presse, l’Etat d’Amérique centrale a justifié sa démarche, expliquant en particulier que l’Italie lui avait signalé que le bateau ne respectait pas le droit international. C’est donc une démarche essentiellement politique. Un pavillon est l’équivalent d’une plaque d’immatriculation pour une voiture. On ne peut pas naviguer sans.

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Bertrand : Pourquoi a-t-on le sentiment qu’il n’y a pas de départ des côtes libyennes lorsque l’« Aquarius » n’est pas en mer ?
Julia Pascual : Peut-être ce sentiment est-il dû au fait que ces départs ne sont pas médiatisés, parce que les migrants sont interceptés par les gardes-côtes libyens, ou par des navires commerciaux. Pour rappel, il y a eu environ 22 300 arrivées en Europe, au départ de la Libye, en 2018, et environ 14 000 interceptions par les gardes-côtes libyens.
Edge : Pourquoi l’équipage de l’« Aquarius » n’est-il pas encore aux arrêts pour complicité de traite humaine avec les passeurs ?
Julia Pascual : L’équipage n’est pas arrêté tout simplement parce qu’il ne se rend pas coupable de complicité de traite humaine. Il réalise des sauvetages en mer, de personnes en détresse, sous la coordination des autorités compétentes, à savoir presque exclusivement le centre italien de coordination des sauvetages en mer (MRCC Rome, de février 2016 à l’été 2018), et, depuis juin, le centre libyen de coordination des sauvetages (JRCC Tripoli), dont la compétence a été reconnue par l’Organisation maritime internationale.
Alex : Pourquoi le bateau va-t-il chercher les migrants si près de la côte libyenne — car ce n’est plus de sauvetage en pleine mer que l’on parle mais bien d’aller chercher les migrants à 20 km de la Libye ? Et pourquoi ces migrants sont-ils ramenés en Europe et pas sur les côtes des pays africains proches (qui ne sont pas en guerre).
Julia Pascual : L’Aquarius patrouille au large de la Libye car les départs en mer ont lieu des côtes libyennes. En revanche, l’Aquarius n’entre pas dans les eaux territoriales libyennes (de 0 à 12 milles marins). Il reste même au-delà de 24 milles marins de la Libye, soit l’équivalent d’environ 45 kilomètres.
Bertrand : Si l’« Aquarius » restait vraiment au-delà des limites des eaux territoriales libyennes, comment se fait-il qu’il y ait des accrochages avec les gardes-côtes ?
Julia Pascual : Parce que les gardes-côtes interviennent au-delà de leurs eaux territoriales.
Allie : Y a-t-il une collaboration ou un dialogue quelconques entre l’« Aquarius » et les gardes-côtes libyens ? Ont-ils été amenés à collaborer ?
Julia Pascual : Oui, tout à fait. Depuis que les autorités maritimes libyennes ont été reconnues comme étant compétentes dans les eaux internationales au large du pays — c’est-à-dire dans ce qu’on appelle la « zone de recherche et de sauvetage » — l’Aquarius prend contact avec les Libyens dès qu’il a connaissance de la présence d’une embarcation en détresse. Pour les informer et les laisser coordonner. Cependant, dans le blog A bord de l’Aquarius, nous relatons une altercation assez virulente entre l’Aquarius et les Libyens.
Pascal : Combien de migrants a « déposés » l’« Aquarius » ? Cette question pour voir le ratio entre les arrivées et la participation du bateau ?
Julia Pascual : En septembre, l’Aquarius a porté secours à cinquante-huit personnes. En août, lors de sa précédente mission, il en avait secouru cent quarante et une.
MarieM : Que ressentez-vous après quinze jours passés sur l’« Aquarius » en tant que journaliste, et citoyenne ? Est-il possible de prendre une distance professionnelle, et si oui comment gérez-vous cette prise de distance ?
Samuel Gratacap : Je suis venu avec beaucoup d’interrogations. Ces quinze jours à bord de l’Aquarius m’ont permis d’y répondre en partie, de poser mon regard sur le travail des humanitaires et de comprendre les trajets des personnes secourues.
liolio : Comment était l’ambiance sur le bateau, lors du transbordement aux autorités maltaises ?
Samuel Gratacap : L’ambiance était assez troublante : cinq jours d’attente dans les eaux internationales, puis ce vaisseau des gardes-côtes qui arrive avec des hommes vêtus de combinaisons, de gants en plastique et de masques. Du côté des personnes secourues, l’incertitude aussi.
Elise Bérimont : M. Gratacap, pensez-vous que l’image puisse restituer une part de la complexité de leur parcours, de ce qui se joue là et si oui pourquoi ?
Samuel Gratacap : J’ai tenté de restituer au mieux la mission de l’Aquarius en réalisant des photographies des sauvetages, mais aussi en documentant la vie quotidienne à bord, les portraits des humanitaires, les à-côtés. Les parcours sont complexes et ce sont surtout les moments de tensions et d’attente qui m’ont inspiré.
Trachox : Pensez-vous vraiment que les personnes concernées auraient entrepris ce voyage sur une coque de noix si elles n’avaient pas eu l’espoir de tomber sur l’« Aquarius » ou autre ? Dans ce cas, le navire participe bien à l’appel d’air et aux naufrages constatés lorsqu’il n’est pas là. Enfin, si la Libye est reconnue compétente pour sa ZRS (par qui ?), elle l’est pour la coordination des secours et donc pour la désignation du port de débarquement. Soit on joue la carte juridique, soit éthique, mais on ne mélange pas les deux, pour éviter la confusion.
Julia Pascual : Compte tenu du nombre de morts en Méditerranée centrale, on peut difficilement avancer l’idée que des gens prennent la mer en comptant sur le fait d’être secourus. Près de quinze mille personnes se sont noyées depuis 2014 sur cette route migratoire, qui est la plus meurtrière dans le monde. Le nombre de traversées n’est pas corrélé à la présence de bateaux (humanitaires ou autres) dans la zone. L’opération « Mare Nostrum », menée en 2014 par la marine italienne et qui a secouru cent soixante-dix mille personnes en un an, par exemple, n’a pas eu d’incidence sur les départs.
Pour la deuxième partie de la question, la Libye est compétente pour coordonner les secours (dixit l’OMI) mais elle n’est pas un port sûr (dixeunt le HCR, l’OIM et tout récemment le ministre des affaires étrangères italien). C’est un des paradoxes de la situation actuelle, à mon sens, mais ce n’est pas une opposition entre le droit et l’éthique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Julia Pascual, journaliste au « Monde », a passé deux semaines en Méditerranée sur le navire humanitaire, qui s’est vu retirer son pavillon.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ La principale île du très touristique archipel des Baléares a été touchée par de fortes inondations dans la nuit de mardi à mercredi.
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Espagne : au moins dix morts dans des inondations à Majorque

La principale île du très touristique archipel des Baléares a été touchée par de fortes inondations dans la nuit de mardi à mercredi.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 15h34
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 22h00
   





                        



   


Au moins dix personnes sont mortes dans les inondations qui ont frappé Majorque, dans la nuit de mardi 9 à mercredi 10 octobre. Les victimes sont « un couple britannique et une femme néerlandaise », « deux femmes et quatre hommes espagnols » et « un homme probablement étranger, qui n’a pas encore pu être identifié », ont expliqué mercredi dans la soirée les services d’urgence des Baléares. Par ailleurs, un enfant est toujours porté disparu.
Située à une soixantaine de kilomètres de Palma – capitale de Majorque, principale île de l’archipel très prisée des touristes britanniques et allemands –, la zone touchée compte de nombreux logements touristiques.
A Sant Llorenç des Cardassar, commune la plus touchée par ces inondations, les pluies torrentielles ont fait déborder un cours d’eau. « La priorité est de localiser des survivants, de secourir les personnes isolées chez elles. Nous avons beaucoup de maisons de vacances », a insisté Antonia Bauza, adjointe au maire de Sant Llorenç.
Trois jours de deuil aux Baléares
Les pluies, qui sont tombées en quelques heures, ont surpris par leur intensité. « Deux cent vingt litres de pluie par mètre carré sont tombés », a détaillé le gouvernement régional des Baléares. De nombreuses voitures étaient complètement détruites, des monceaux de détritus et de débris de meubles jonchaient les rues pleines de boue, des arbres étaient arrachés tandis que les riverains et de nombreux volontaires venus des villages environnants enlevaient l’eau des maisons. Une centaine de personnes ont par ailleurs dû passer la nuit dans des hôtels réquisitionnés par les autorités locales.
Les secouristes étaient à pied d’œuvre pour rechercher les disparus. Une centaine de renforts avec deux hélicoptères, huit véhicules et des chiens sont arrivés mercredi matin sur l’île, a annoncé l’unité militaire d’urgence espagnole.
Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, qui doit se rendre sur place, a exprimé sur Twitter sa « solidarité et [son] soutien aux familles et aux amis des victimes, ainsi qu’à toutes les personnes affectées par ces inondations tragiques ». Le gouvernement régional des Baléares a, pour sa part, décrété trois jours de deuil.
La star du tennis Rafael Nadal, originaire d’un village tout proche de la zone touchée, a annoncé sur Instagram avoir mis à disposition les chambres de ses centres sportifs dans l’île pour les personnes privées de leur logement après ces inondations.



                            


                        

                        


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