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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Les militants noirs tunisiens se félicitent d’une avancée législative « historique » et appellent à un travail sur « l’inconscient esclavagiste » du pays.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤      googletag.cmd.push(function(){googletag.display("cover");});              En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Par  Frédéric Bobin  Publié aujourd’hui à 18h30, mis à jour à 18h36   Lecture 5 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail                          A Médenine, en Tunisie, en août 2018. FATHI NASRI/AFP              Une nouvelle fois, la Tunisie affiche sa fierté d’être si singulière. Au lendemain de l’adoption, mardi 9 octobre, d’une loi pénalisant le racisme, une première dans le monde arabe, le ministère des affaires étrangères a tweeté que « cette nouvelle réalisation honore la Tunisie ». Déjà pionnière dans l’abolition de l’esclavage – dès 1846, soit deux ans avant la France –, la Tunisie se distingue à nouveau dans la consolidation d’une conception éclairée d’elle-même. Et les commentaires patriotiques s’en réjouissant ont fleuri sur les réseaux sociaux.                      « C’est un moment historique, un tournant pour la Tunisie », s’est félicitée Jamila Ksiksi, députée affiliée au parti islamiste Ennahda et principale avocate du projet de loi à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). Mme Ksiksi est une des figures de ce combat. Issue elle-même de la minorité des Noirs tunisiens, représentant environ 15 % de la population et descendants d’esclaves pour l’essentiel, elle sait de quoi elle parle, même si elle préfère rester discrète sur les offenses qu’elle a subies. « Oui, j’ai souvent essuyé des propos racistes, comme tous les autres Noirs en Tunisie, admet-elle. Cela n’a fait que renforcer ma détermination à lutter. »           Jusqu’à trois ans de prison           A la tribune de l’ARP, mardi, Mme Ksiksi a invité ses pairs à reconnaître enfin la réalité du racisme anti-Noirs en Tunisie, longtemps resté tabou dans le débat public. Elle a bien senti les réticences dans les travées. Certains députés ont carrément nié le problème. D’autres se sont inquiétés des risques de divisions au sein de la communauté nationale. Une troisième catégorie, enfin, a pointé un prétendu « agenda étranger » derrière cette loi, notamment l’Union européenne.                      A l’évidence, soulever une telle question ne va pas de soi en Tunisie. Il n’est d’ailleurs pas anodin que les députés les plus impliqués dans la défense du projet sont issus des circonscriptions des « Tunisiens de l’étranger ». Exposés eux-mêmes à des pratiques discriminatoires en Europe, ils n’en sont que plus sensibles aux outrages subis par les Noirs en Tunisie. Leurs arguments, qui venaient compléter le plaidoyer de Mme Ksiksi, ont fini par l’emporter, puisque le texte a été adopté à la quasi-unanimité (125 voix pour, 1 contre et 5 abstentions).      La suite après cette publicitégoogletag.cmd.push(function(){googletag.display("inread");});       Les propos racistes seront désormais passibles d’une peine maximale d’un an de prison et d’une amende pouvant aller jusqu’à 1 000 dinars (environ 306 euros). La sanction sera plus lourde pour « l’incitation à la haine », « les menaces racistes », « la diffusion et l’apologie du racisme », ainsi que la « création » ou la « participation à une organisation soutenant de façon claire et répétitive les discriminations ». Il en coûtera dans ces cas-là jusqu’à trois ans de prison et 5 000 dinars d’amende (15 000 dinars s’il s’agit d’une personne morale).           « On reste dans le paternalisme »           Ce vote est l’aboutissement d’un combat mené depuis la révolution de 2011 par une poignée de militants de défense des droits des Noirs tunisiens, notamment les associations Adam et M’nemty. Leurs mots d’ordre sont longtemps restés sans grand écho dans la société tunisienne, y compris auprès des organisations historiques des droits humains, préoccupées par d’autres priorités au lendemain de la chute de la dictature.           « Jusqu’en 2015, on n’était pas soutenus par la société civile tunisienne », déplore Maha Abdelhamid, pionnière du combat au sein de l’association Adam. Aujourd’hui doctorante à l’université Paris-Ouest-Nanterre, Mme Abdelhamid fait part de ses sentiments mitigés. « La Tunisie en tant que pays a de quoi être fière, dit-elle. Mais, dans le même temps, je suis contrariée de voir comment cette lutte pour les Noirs en Tunisie est aujourd’hui appropriée par les gens au pouvoir. On reste dans le paternalisme. »                      Mme Abdelhamid appelle à aller bien plus loin. « Il faut comprendre le processus historique derrière les discriminations frappant les Noirs, exhorte-t-elle. Il y a un héritage mental très lourd qui pèse sur notre mémoire. On ne pourra pourtant pas avancer si on ne le regarde pas en face. » L’histoire, c’est notamment l’esclavage, dont les stigmates psychologiques persistent. Mme Abdelhamid rappelle que sur l’île de Djerba, où vit une importante communauté noire, plusieurs familles conservent dans leurs actes de naissance la référence à l’ancien statut d’esclave (atig ou « affranchi »). L’écho se prolonge aussi dans les qualificatifs péjoratifs utilisés pour désigner les Noirs, notamment le terme wsif (« esclave », « domestique »).           Un tel passif explique que le combat des associations ait mis tant de temps à éveiller de l’intérêt. « La question noire est restée sensible car elle référait à l’inconscient esclavagiste et à l’unité nationale », souligne la chercheuse en sciences sociales Stéphanie Pouessel, auteure notamment de Noirs au Maghreb, enjeux identitaires (IRMC-Karthala, 2012).           Faire appliquer la loi           Il a vraiment fallu attendre les violences à Tunis contre des Subsahariens suite à un match de football entre la Tunisie et la Guinée équatoriale, en 2015, pour qu’une prise de conscience s’amorce. D’autres incidents, dont l’attaque au couteau de trois étudiants ressortissants de la République démocratique du Congo (RDC) au cœur de Tunis, en décembre 2016, ont accéléré la réflexion sur une nécessaire riposte législative.           « Le combat a vraiment décollé après la vague d’agressions contre les Subsahariens, relève Mme Pouessel. Il était plus facile de dénoncer des actes visant des Noirs étrangers. » C’est d’ailleurs au lendemain de l’agression contre les trois Congolais que le chef de gouvernement, Youssef Chahed, a appelé à adopter une loi pénalisant le racisme. Mais, aux yeux des militants associatifs, ce n’est qu’un début. « Si on veut éradiquer le racisme en Tunisie, on ne le fera pas avec une simple loi, avertit Saadia Mosbah, Noire tunisienne, présidente de l’association M’nemty. Il va falloir que l’Etat s’implique. »                      Le plus dur sera de faire appliquer les nouvelles dispositions. Mme Mosbah connaît la difficulté de la tâche. En novembre 2015, une altercation l’avait opposée à un pompiste de Tunis à qui elle avait demandé de gonfler ses pneus. « Je ne vais pas gonfler les pneus d’une wsif », avait objecté l’employé de la station-service. La dispute verbale dégénérera en agression physique, Mme Mosbah et son fils se retrouvant tabassés par trois pompistes. Les deux victimes, qui ont dû recevoir des soins à l’hôpital, ont porté plainte, mais la procédure s’est enlisée pour prendre une tournure singulière.           Manque de visibilité politique           Un an et demi plus tard, Mme Mosbah reçoit un avis du tribunal l’informant qu’elle doit payer une amende de 301 dinars pour coups et blessures prétendument infligés à l’employé. Ou comment l’agressé se retrouve agresseur. Mme Mosbah se bat désormais pour faire casser ce jugement. Hôtesse de l’air sur la compagnie nationale Tunisair, elle n’est pas du genre à se laisser intimider. Mais la majorité des Noirs tunisiens, habitués à rester discrets, ne font pas montre de la même combativité. « Ils sont encore les spectateurs d’une scène sur lesquels ils hésitent à monter », résume Mme Mosbah.           D’où le nouvel enjeu qui mobilise désormais les militants associatifs : arracher plus de visibilité politique et sociale pour les Noirs tunisiens. Jamila Ksiksi, la députée qui a activement défendu le projet de loi, est la seule élue noire au Parlement. Depuis Taïeb Sahbani, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères en 1986-1987, aucun Noir n’a jamais été ministre à Tunis. Les Noirs sont aussi absents de la scène médiatique tunisienne. « La loi du 9 octobre n’est qu’une première pierre », annonce Mme Mosbah.             googletag.cmd.push(function(){googletag.display("pave_haut");});                                      Frédéric Bobin  (Tunis, correspondant)       Voir les réactions     Dans la même rubrique                 Bolewa Sabourin, la résilience par la danse  Ce chorégraphe de danse traditionnelle congolaise raconte, dans une autobiographie, son histoire douloureuse entre la France et la République démocratique du Congo.                          La jeunesse de Nairobi se presse dans les cinémas pour profiter de ses sept jours de « Rafiki »  L’interdiction du film de Wanuri Kahiu, qui dépeint une histoire d’amour entre deux adolescentes, a été levée pour lui permettre de concourir aux Oscars.                      Education, santé, inégalités : en Afrique, un développement humain à plusieurs vitesses  Dans le palmarès publié par le PNUD, Maurice est le pays le mieux classé d’Afrique subsaharienne, tandis que le Niger glisse à la dernière place mondiale.                      La Russie veut chasser le blé français des fournils algériens  L’Algérie est de loin le premier débouché à l’exportation des agriculteurs français, avec près de la moitié des épis expédiés hors de l’Union européenne.                          Kumi Naidoo, un Sud-Africain partisan de la désobéissance civile à la tête d’Amnesty  Après le Sénégalais Pierre Sané dans les années 1990, cet ancien de Greenpeace est le deuxième Africain à diriger l’organisation.                      Des cinéastes algériens dénoncent la « censure »  Après plusieurs interdictions, treize réalisateurs et trois producteurs ont publié une tribune dans le quotidien « El Watan » pour rappeler l’état de la liberté d’expression.               
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le journaliste a disparu depuis le 2 octobre, après s’être rendu au consulat d’Arabie saoudite.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le nouvel épisode de cette série culte a été diffusé dimanche en Grande-Bretagne, avant sa diffusion jeudi soir sur France 4. Il met pour la première fois en scène une femme dans le rôle principal.
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« C’est dans notre ADN » : comment « Doctor Who » est devenu un fleuron de la culture britannique

Le nouvel épisode de cette série culte a été diffusé dimanche en Grande-Bretagne, avant sa diffusion jeudi soir sur France 4. Il met pour la première fois en scène une femme dans le rôle principal.





LE MONDE
 |    11.10.2018 à 18h00
    |

            Morgane Tual (à Londres) et 
Pierre Trouvé





« Je suis surexcité, et en même temps… terriblement nerveux. » Enfoncé dans un canapé en cuir sans âge, John Cook attend que commence le nouvel épisode de la série Doctor Who. Il n’est pas seul : une vingtaine de fans, parfois déguisés, se sont réunis, dimanche 7 octobre, au Hoop and Grapes, un vieux pub de Londres, pour découvrir ce qui s’annonce comme une petite révolution de la télévision britannique. « Il faut que ce soit bon, sinon, beaucoup de gens vont sortir les couteaux », glisse ce quadragénaire entre deux gorgées de bière.
Si une certaine tension se fait sentir dans cette petite pièce feutrée, c’est que l’enjeu est de taille pour la série, qui hante les écrans britanniques depuis 1963. Pour la première fois, son personnage principal, le Docteur, sera incarné par une femme, Jodie Whittaker. Un pari très risqué pour la BBC : s’il est perdu, il pourrait sonner le glas de cette série si chère au cœur des Britanniques.

   


Car Doctor Who n’est pas un programme comme les autres. Au Royaume-Uni, tout le monde a grandi avec cette série de science-fiction. Assis au pub, John Cook, qui la regardait enfant, se souvient : « La télé était allumée, ça passait, et il y avait ce type en costume coloré qui combattait des robots. » Son camarade Faz Alam, dix ans de moins, raconte comment son père « était fan » : regarder la série relevait de « la tradition familiale ». Même le patron du pub, un peu revêche, se souvient avoir regardé Doctor Who toute sa jeunesse, « même si ça faisait un peu peur ».

        Lire nos explications :
         

          « Doctor Who » pour les nuls



La reine d’Angleterre, Big Ben et Doctor Who
La série s’est ainsi imposée, au fil des années, comme un fleuron de la culture britannique. Signe qui ne trompe pas : dans les magasins de souvenirs de Piccadilly Circus à Londres, le Tardis, la machine à voyager dans le temps et dans l’espace du Docteur, se glisse parfois sur les mêmes étagères que les faïences Elizabeth II et les Big Ben sous cloche.
« Doctor Who, c’est le joyau de la couronne de la BBC, renchérit Sally de St Croix, responsable mondiale des franchises du groupe audiovisuel. Et pour les Britanniques, la BBC c’est la maison. »
« Ils regardent ça enfants, puis ados, et quand ils deviennent parents, ils entraînent leurs propres enfants… Quelle que soit l’époque, “Doctor Who” a toujours su parler aux gens. »
Et ce, explique-t-elle, grâce à la « régénération », un procédé scénaristique permettant au Docteur, quand il frôle la mort, de changer d’apparence et (un peu) de personnalité. Un moyen pour la BBC de renouveler son interprète et de moderniser à chaque fois la série, afin de conquérir de nouvelles audiences.
Jusqu’ici, le procédé a toujours fonctionné – même si la série a connu des hauts et des bas. Après avoir disparu en 1989, elle est repartie de plus belle en 2005. Treize ans plus tard, le soufflé est un peu retombé et les audiences se sont stabilisées à quatre millions de téléspectateurs par soir. Un chiffre plus qu’honorable, mais loin des pics à dix millions qu’avait pu connaître la série depuis son retour. Avec cette nouvelle saison, « l’objectif est de reconquérir une audience plus jeune, mais aussi de rassembler à nouveau les familles autour de la télévision, aujourd’hui dispersées sur différents écrans », ambitionne Sally de St Croix.
Des références à Sherlock Holmes et H. G. Wells

   


Le fil ne s’est toutefois jamais rompu. Le petit manège qui se trame à la sortie de la station de métro Earl’s Court, au cœur de Londres, permet d’en attester. Tout au long de la journée, des dizaines de personnes, de tous âges et de toutes nationalités, y défilent pour un selfie ou deux. Et pour cause, ici se trouve un Tardis grandeur nature. En réalité, une mini-station de police, vestige d’une autre époque (et dont le Tardis a, dans la série, pris l’apparence).

   


Qu’ils soient anglais, mais aussi allemands, autrichiens, américains, espagnols, italiens, tous ceux venus admirer ce « Tardis » se disent sous l’emprise du charme so british de la série.
Aurait-elle pu, du reste, être conçue dans un autre pays ? Pour Robin Bunce, historien à l’Homerton College à l’université de Cambridge et spécialiste de Doctor Who, il faut y voir avant tout un pur produit de la culture britannique :
« La série trouve ses racines dans deux figures littéraires britanniques très influentes. Elle ressemble d’une certaine manière à Sherlock Holmes, et elle fait aussi référence à “La Machine à explorer le temps” de H. G. Wells. »
Pour lui, le personnage extravagant du docteur « se réfère à différents mythes que les Britanniques ont sur eux-mêmes. Des gens qui improvisent et qui restent droits. » Le mythe remonte, selon lui, à la seconde guerre mondiale : « Les Britanniques se voient comme les petits qui ont improvisé et gagné face au grand empire nazi, bien mieux préparé et discipliné. »
« Comme Astérix pour les Français »
« Doctor Who, c’est dans notre ADN », abonde Kevan Looseley. « Doctor Who pour les Britanniques, c’est comme Tintin pour les Belges ou Astérix pour les Français », complète Alexandra Looseley-Saul, son épouse. Tous deux dirigent le Who Shop, une boutique entièrement consacrée à la série, dans l’est londonien. C’est elle qui, en 1984, a eu l’idée d’ouvrir ce commerce, davantage par opportunisme commercial que passion personnelle. Depuis bientôt trente-quatre ans, ce duo – le fan absolu et la businesswoman – fait vivre ce joyeux bazar, où s’entassent monstres géants et jouets pour enfants, VHS collector et théières Tardis.

   


Un public très large fréquente les lieux. Des vieux passionnés à la recherche de raretés coûteuses, des ados fauchés privilégiant le pin’s, mais aussi, parfois, des personnes aux demandes très particulières. Différents clients sont, par exemple, venus chercher le bon récipient pour y déposer des cendres.
« Jodie est déjà fantastique »
Elliott, 9 ans tout juste, arpente le magasin pour y dépenser l’argent de poche de son anniversaire. « Je ne suis pas particulièrement fan, reconnaît sa mère, mais sa grand-mère, son oncle et sa tante ont toujours adoré. » Que pense-t-il du fait que le personnage principal sera désormais une femme ? « Cela me va !, répond-il sans trop s’étendre. Il est content, car sa cousine pourra jouer le Docteur. »
Pour les deux propriétaires du magasin, cette nouvelle saison est un enjeu d’importance. « J’espère que cela ne va pas abîmer la franchise, que le nouveau Docteur aura du succès, confie Kevan Looseley. Mais on a réussi à tenir quinze ans sans que la série ne soit à l’antenne, alors bon… »

   


Il n’était pas le seul à retenir son souffle dimanche, à l’heure de la diffusion. Au Hoop and Grapes, après les cris de joie qui ont accueilli les premières images, un silence religieux s’est installé dans le salon du pub. Une heure plus tard, après beaucoup de rires et quelques larmes, le générique fut accueilli de francs applaudissements.
« Ce n’est qu’un épisode, mais Jodie est déjà fantastique », se félicite John Cook. Un avis partagé bien au-delà de la communauté de fans de Doctor Who : presse dithyrambique, réseaux sociaux conquis et audience au rendez-vous. Pas moins de 8,2 millions de Britanniques étaient, ce soir-là, devant leur poste, le chiffre le plus haut pour la série depuis dix ans. Pari réussi.

        Lire aussi :
         

                « Doctor Who » : par où commencer si vous n’en avez jamais vu un seul épisode







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En Autriche, des mamies se mobilisent contre le gouvernement

Un collectif de retraitées est à la pointe de l’opposition civile à la coalition de droite et d’extrême droite qui dirige le pays.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 17h39
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 17h59
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

A 70 ans, elle prend le micro à la « manif hebdomadaire du jeudi », lancée le 4 octobre dans le centre de la capitale autrichienne, pour dénoncer la « casse sociale » et la « dérive fasciste » de la coalition en Autriche. Monika Salzer, bonnet rouge sur la tête, est l’une des figures du mouvement civil d’opposition à la coalition formée en décembre 2017 à Vienne.
Sans relâche, la théologienne à la retraite tente de mobiliser la population de ce pays d’Europe centrale comptant 8,7 millions d’habitants, gouverné par les conservateurs chrétiens du parti ÖVP et l’extrême droite du FPÖ.
Et elle y arrive plutôt bien : son mouvement, fondé sur Facebook après les législatives en novembre 2017, compte désormais 3 500 membres dans toute l’Autriche et plus de 10 000 sympathisantes. Les Omas gegen Rechts, à savoir les « mamies opposées à la droitisation » se sont imposées dans le paysage.

« On ne veut pas être invisibles »
« A la suite des élections, alors qu’il était clair qu’après avoir gouverné dix ans avec la gauche, la droite allait se tourner vers l’extrême droite pour rester au pouvoir, je me suis dit qu’il fallait que je me bouge, énonce cette dynamique grand-mère pour expliquer sa démarche. Ma génération a eu beaucoup de chance. Elle a connu la prospérité de l’après-guerre, alors que nos enfants se débattent avec la précarité et bossent tout le temps. On doit se lever, faire entendre la voix des mamies sur les problèmes dangereux d’aujourd’hui, car leur présence dans le débat public ne va pas de soi. On ne veut pas être invisibles ; on trouve normal d’aller protester dans la rue pour défendre les droits de nos descendants et faire valoir notre expérience. »
Défense de la démocratie parlementaire ; lutte contre le racisme et la haine religieuse ; maintien de l’Autriche dans une Union européenne forte ; soutien aux acquis sociaux en matière d’égalité homme femme : tous les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Limitées aux composants électroniques, les dernières taxes douanières n’ont pas frappé les appareils importés de Chine par les géants de la « tech américaine », Apple en tête.
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La « tech américaine » pour l’instant épargnée par les sanctions de Donald Trump contre la Chine

Limitées aux composants électroniques, les dernières taxes douanières n’ont pas frappé les appareils importés de Chine par les géants de la « tech américaine », Apple en tête.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 17h22
    |

                            Alexandre Berteau








                        



                                


                            

Le lobbying d’Apple aura finalement payé. Le 18 septembre, une semaine avant l’entrée en vigueur de sa nouvelle salve de droits de douanes punitifs sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises, Washington a retiré les montres connectées, les écouteurs sans fil et les enceintes intelligentes de la liste des biens taxés. De quoi épargner l’iWatch et les AirPods d’Apple, mais aussi son assistant vocal HomePod et ceux de Google ou d’Amazon – autant d’appareils fabriqués en Chine puis importés aux Etats-Unis.
Il faut dire que depuis le début du bras de fer commercial entre les deux premières économies mondiales, à la fin de l’été, Tim Cook, le PDG d’Apple, a multiplié les rencontres avec les conseillers de Donald Trump. Avec comme leitmotiv de son argumentaire, le risque que ces tarifs douaniers pèsent sur le pouvoir d’achat des ménages américains. « Ces taxes vont augmenter les prix payés par les consommateurs et freiner la croissance économique des Etats-Unis », a mis en garde Apple dans une lettre envoyée le 5 septembre au représentant américain du commerce, Robert Lighthizer.

« L’iPhone ne figure pas non plus dans cette liste, souligne Benoît Flamant, gérant de fonds high-tech chez Finaltis. Apple a utilisé sa force de lobbying pour échapper à ces taxes. » Et pour cause : le smartphone à la pomme a généré deux tiers des 229 milliards de dollars (soit 198 milliards d’euros) de chiffre d’affaires réalisé par la firme californienne au cours de son dernier exercice fiscal.
La menace d’une troisième vague de sanctions
En réalité, la majorité des géants technologiques américains devrait sortir indemnes de cet épisode. Car les produits frappés depuis le 24 septembre par des taxes douanières de 10 % (puis 25 % à partir du 1er janvier 2019) ne sont pas ceux qu’Apple, Microsoft, ou Hewlett-Packard font venir de Chine. Outre les meubles et les marchandises textiles et agricoles qui composent notamment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Après Donald Trump, mercredi, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et le ministre des affaires étrangères britannique ont haussé le ton envers l’Arabie saoudite au sujet de la disparition de Jamal Khashoggi.
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Journaliste saoudien disparu : la pression s’accroît sur Riyad

Après Donald Trump, mercredi, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, et le ministre des affaires étrangères britannique ont haussé le ton envers l’Arabie saoudite au sujet de la disparition de Jamal Khashoggi.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 16h37
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 18h34
   





                        



Après le mystère d’une disparition inquiétante puis une enquête, dont la progression tend à accréditer la thèse d’un assassinat politique commis sur ordre de la monarchie saoudienne, l’affaire Jamal Khashoggi commence à prendre le tour d’une crise diplomatique. Le journaliste, critique très en vue du pouvoir en place à Riyad, n’a pas donné signe de vie depuis le 2 octobre, date à laquelle il s’et rendu consulat saoudien à Istanbul afin de remplir des formalités administratives. Plus d’une semaine plus tard, les réactions diplomatiques à l’encontre de l’Arabie saoudite tombent, y compris en provenance des alliés les plus proches du royaume.
« Graves conséquences »
Jeudi 11 octobre, c’est Londres, soutien zélé de Riyad dans le conflit qui l’oppose aux rebelles houthistes au Yémen, qui a déclaré par la voix de Jeremy Hunt, son ministre des affaires étrangères, que les autorités saoudiennes s’exposeraient à de « graves conséquences » si elles s’avéraient responsables de la disparition de M. Khashoggi. « Si les Saoudiens veulent parvenir à une conclusion satisfaisante (dans cette affaire), nous devons trouver M. Khashoggi. Ils disent que ces accusations ne sont pas vraies, alors où est M. Khashoggi ? », a dit le ministre. « Nous sommes extrêmement inquiets », a insisté M. Hunt, disant avoir fait part de sa « vive préoccupation » à l’ambassadeur saoudien à Londres et au ministre des affaires étrangères saoudien.

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Plus tôt dans la journée, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, déjà en délicatesse avec Riyad avant même la disparition de M. Khashoggi, a employé un ton plus menaçant qu’à l’accoutumée, avertissant que la Turquie ne resterait pas sans rien faire au sujet du journaliste saoudien disparu. Depuis le début de l’enquête, Ankara affirme qu’il n’est jamais ressorti du bâtiment du consulat saoudien à Istanbul, alors que Riyad assure le contraire. Des images de vidéosurveillance tournées à l’extérieur du consulat ont déjà été diffusées par les médias turcs montrant le journaliste y entrer puis un va-et-vient de véhicules, alors que les Saoudiens ont affirmé que les caméras du consulat ne fonctionnaient pas ce jour-là.
« La Turquie ne restera pas silencieuse »
Se montrant sceptique, le président Erdogan a souligné dans des propos rapportés jeudi que l’Arabie saoudite a les systèmes de vidéosurveillance « les plus avancés ». A bord de l’avion qui le ramenait d’une visite à Budapest, il a déclaré à des journalistes, employant des termes imagés, que « si un moustique sort (du consulat), leurs systèmes de caméras vont l’intercepter ». 

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La chaîne publique turque en langue anglaise TRT World a quant à elle rapporté mardi que les autorités turques soupçonnaient un groupe de Saoudiens venus à Istanbul le jour de la disparition du journaliste d’être repartis avec les images de vidéosurveillance de la représentation diplomatique. Tout en se montrant prudent, le président Erdogan a fait part des « inquiétudes » d’Ankara au sujet du journaliste et a ajouté : « Cet incident s’est déroulé dans notre pays. Nous ne pouvons rester silencieux ». Bien que les autorités turques aient obtenu mardi l’autorisation d’inspecter le consulat saoudien, la fouille n’a pas encore eu lieu. Contrairement aux déclarations de Donald Trump, des sources diplomatiques turques ont démenti toute coopération avec des enquêteurs américains dans cette affaire.
Embarras croissant des Occidentaux
Mercredi, le président des Etats-Unis, Donald Trump, avait déjà fait part de la « déception » de Washington à l’égard de son allié saoudien. A l’occasion d’une conférence de presse, il a déclaré mercredi s’être entretenu « au plus haut niveau » avec les Saoudiens, et ce « plus d’une fois », au sujet du journaliste. « Nous sommes très déçus de voir ce qui se passe. Nous n’aimons pas ça » et « nous voulons savoir ce qui se passe là-bas », a-t-il assuré.
La Maison Blanche a précisé que deux des plus proches conseillers du président, son gendre Jared Kushner et le responsable du conseil de sécurité nationale, John Bolton, avaient parlé mardi au prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane. M. Kushner est connu pour sa proximité avec le très puissant prince, dont la dérive autoritaire et les aventures guerrières au Yémen suscitent l’embarras croissant de ses alliés occidentaux. A ce stade, la France qui entretient des relations privilégiées avec le royaume n’a pas émis de position sur l’affaire.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ La demande d’adhésion de Riyad a suscité de vives critiques, notamment en raison de ses violations répétées des droits humains.
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L’Arabie saoudite retire sa candidature, très contestée, au club de la francophonie

La demande d’adhésion de Riyad a suscité de vives critiques, notamment en raison de ses violations répétées des droits humains.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 16h05
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 16h36
   





                        



   


Accusée notamment de violations des droits humains, l’Arabie saoudite a décidé de retirer sa demande, très contestée, d’adhésion à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), a annoncé jeudi 11 octobre cette dernière.
L’OIF devait étudier la candidature saoudienne jeudi après-midi, en pleines interrogations sur la disparition mystérieuse en Turquie du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, très critique envers le pouvoir saoudien.
Au premier jour du sommet de la francophonie à Erevan (Arménie), Riyad a fait parvenir un courrier à l’OIF demandant « le report » de la demande d’adhésion. Dans un discours lors de ce sommet de la francophonie, le président français, Emmanuel Macron, avait plus tôt dit souhaiter une révision de la charte de la francophonie. « Faut-il se contenter de prendre quelques engagements en matière de respect des droits de l’homme [pour rejoindre l’OIF] ? », s’est-il interrogé.
Cette demande d’adhésion de l’Arabie saoudite, en tant que simple membre observateur, donc sans droit de vote, avait suscité de vives critiques au sein de la francophonie, eu égard au rapport lointain qu’entretient le pays avec la langue française mais également de violations répétées des droits humains qui y ont lieu, selon des ONG.

        Lire l’analyse :
         

          La candidature de l’Arabie saoudite dans le club de la Francophonie suscite la gêne



La gêne provoquée par cette candidature saoudienne a été accentuée par deux événements récents. D’une part la crise diplomatique entre la monarchie et le Canada, deuxième contributeur de l’OIF après la France, dont l’ambassadeur à Riyad a été renvoyé après que sa ministre de tutelle eut demandé la libération de défenseurs des droits humains récemment incarcérés dans le royaume. D’autre part, la disparition, il y a une semaine, au consulat saoudien d’Istanbul, du journaliste et dissident Jamal Khashoggi, qui, selon les médias turcs proches du pouvoir, aurait été assassiné par une équipe venue spécialement de Riyad.
L’Arabie saoudite avait déjà déposé sa candidature en 2016, mais l’OIF, déjà embarrassée, avait alors décidé de surseoir à sa décision, estimant le dossier incomplet. Une mission avait alors été envoyée sur place, notamment pour constater la situation du français dans le royaume. Son rapport, non diffusé, devait être discuté ce jeudi après-midi par l’OIF.
L’Irlande, Malte, la Gambie et la Louisiane candidates
L’OIF réunit quatre-vingt-quatre Etats et gouvernements « ayant le français en partage », mais qui comptent parfois peu de francophones, comme la Moldavie (2 % de francophones), l’Egypte ou la Bulgarie (3 % chacune), selon les derniers chiffres de l’OIF. L’Ukraine ou l’Uruguay, qui ne comptent que 0,1 % de locuteurs francophones, sont quant à eux membres observateurs de l’OIF. Actuellement, seul un tiers des pays de l’organisation reconnaissent dans leur Constitution le français.
Les Emirats arabes unis sont déjà un observateur de l’OIF, tandis que le Qatar est « membre associé », un stade supérieur qui permet de participer à davantage de réunions mais sans cependant octroyer de droit de vote.
Après le retrait de l’Arabie saoudite, il reste à l’OIF à étudier d’autres demandes d’adhésion : l’Irlande et Malte, qui comptent respectivement 12 % et 13 % de francophones, ainsi que la Gambie, petit pays largement anglophone mais entouré de pays francophones, et enfin la Louisiane. Cet Etat américain, qui porte le nom de l’immense colonie française qui s’étendait des Etats-Unis au Canada, compte 200 000 francophones, selon un recensement de l’an 2000, sur 4,7 millions d’habitants. Il s’agit majoritairement de Cajuns, des descendants des Acadiens, colons français de l’est du Canada qui furent chassés par les Anglais en 1755 lors du « Grand Dérangement ».
A la fin du sommet, vendredi, la grand-messe de la francophonie doit porter à sa tête Louise Mushikiwabo, pour un mandat de quatre ans. La nomination acquise de la ministre des affaires étrangères rwandaise consacre le « retour » de l’Afrique à la tête de l’OIF, qui avait toujours été dirigée par des Africains avant Mme Jean, et entérine son rôle incontournable de locomotive de la francophonie.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Les autorités indonésiennes ont décidé, jeudi, de stopper les opérations de recherche. Le bilan est désormais de 2 073 morts et 5 000 disparus.
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Séisme en Indonésie : fin des opérations de recherche

Les autorités indonésiennes ont décidé, jeudi, de stopper les opérations de recherche. Le bilan est désormais de 2 073 morts et 5 000 disparus.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 15h53
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 16h28
   





                        



   


Deux semaines après le tremblement de terre et le tsunami qui ont touché la région de Palu, dans l’île de Sulawesi, en Indonésie, les autorités du pays ont ordonné, jeudi 11 octobre, la fin des recherches, même si 5 000 personnes sont toujours portées disparues. Le bilan est actuellement de 2 073 morts.
« Les opérations de recherche et de secours pour les victimes s’achèveront ce jeudi après-midi, a déclaré Bambang Suryo, responsable des recherches à Palu. Au vu des difficultés sur le terrain, nous avons vraiment besoin de prendre en considération la santé et la sécurité de nos sauveteurs. »
L’armée indonésienne a refusé, mardi, l’aide des secouristes étrangers, voulant éviter toute ingérence. L’agence AHA, chargée de coordonner leur action, a conseillé « à toutes les ONG étrangères ayant déployé des équipes sur le terrain de les rapatrier immédiatement ».
Des sauveteurs indonésiens resteront néanmoins positionnés à Palu jusqu’au 26 octobre, date à laquelle l’état d’urgence imposé dans la zone après la catastrophe devrait être levé. Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, doit se rendre vendredi, selon son agenda, dans la zone dévastée, avec le vice-président indonésien, Jusuf Kalla.

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De nombreuses zones comme aspirées
Le gouvernement envisage par ailleurs de laisser en l’état Petobo et Balaroa, anéanties dans la catastrophe. Les survivants devraient décider s’ils veulent en faire des sépultures collectives, y ériger un monument ou les transformer en espaces verts. De nombreuses zones se sont enfoncées dans la terre comme aspirées, quand les secousses telluriques ont transformé le sol en sables mouvants, un processus connu sous le nom de « liquéfaction ».
Quelque 200 000 personnes ont un besoin urgent d’aide humanitaire à Palu et dans sa région, où manquent la nourriture et l’eau potable. Environ 80 000 déplacés s’abritent dans des logements de fortune près de leurs maisons détruites.
L’ONU a annoncé le 5 octobre rechercher 50,5 millions de dollars (43,9 millions d’euros) pour un plan de secours immédiat élaboré avec les autorités indonésiennes. Des avions transportant de l’aide venue notamment des Etats-Unis, d’Australie, de l’Union européenne et des Philippines sont arrivés à Palu. Les difficultés logistiques ajoutées aux réticences initiales de Djakarta ont toutefois entravé l’arrivée de l’assistance aux victimes.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Alors que les autorités affirment que le conseiller municipal, Fernando Alban, accusé d’avoir participé à un attentat présumé en août, s’est suicidé, la communauté internationale demande une enquête
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La polémique grandit au Venezuela après la mort en détention d’un opposant

Alors que les autorités affirment que le conseiller municipal, Fernando Alban, accusé d’avoir participé à un attentat présumé en août, s’est suicidé, la communauté internationale demande une enquête



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 14h45
    |

            Marie Delcas (Bogota, correspondante)








                        



                                


                            

Tous les détracteurs du président Nicolas Maduro sont convaincus que Fernando Alban a été torturé et qu’il a « été suicidé ». Conseiller municipal à Caracas, âgé de 56 ans, M. Alban est mort, lundi 8 octobre, alors qu’il était aux mains de la police. Il avait été arrêté trois jours plus tôt, dans le cadre de l’enquête sur l’attentat présumé au drone qui, début août, aurait visé M. Maduro.
Selon les autorités vénézuéliennes, Fernando Alban s’est jeté par la fenêtre alors qu’il se trouvait dans les locaux du Service bolivarien de renseignement (Sebin) de la capitale. Mais les versions officielles se contredisent. Le chef de l’Etat garde le silence. La communauté internationale s’inquiète.

Au vu « des informations contradictoires sur ce qui s’est passé », les Nations unies ont réclamé, mardi, une enquête impartiale sur les circonstances de la mort tragique de l’opposant. L’Organisation des Etats américains, l’Union européenne, le département d’Etat américain, Amnesty International ont fait de même. « Il est du devoir de l’Etat d’assurer la sécurité et l’intégrité physique de toutes les personnes en détention », a rappelé Maja Kocijancic, porte-parole de la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini. M. Alban a été enterré, mercredi, à Caracas. Des centaines d’opposants ont suivi le cortège funéraire en réclamant « justice ».
Pour les opposants, c’est un assassinat. « Nous tenons pour responsables Maduro et son régime tortionnaire. Nous exigeons la vérité », dit le communiqué du parti Primero Justicia
Interviewé au téléphone par une chaîne de télévision juste après l’annonce du décès de M. Alban, le procureur, Tarek William Saab, expliquait, lundi : « Le citoyen a demandé à aller aux toilettes et une fois là-bas, il s’est jeté dans le vide depuis le dixième étage. » Quelques heures plus tard, le ministre de l’intérieur, de la justice et de la paix, Nestor Reverol, écrivait sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Au sommet de l’OIF, le président français a affirmé vouloir faire de la jeunesse, notamment africaine, la priorité de l’institution.
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Synthèse

A Erevan, Macron plaide pour une francophonie de « reconquête »

Au sommet de l’OIF, le président français a affirmé vouloir faire de la jeunesse, notamment africaine, la priorité de l’institution.

Marc Semo (Erevan, envoyé spécial)
    



LE MONDE
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        Le 11.10.2018 à 13h01

     •
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        Mis à jour le 11.10.2018 à 15h20






    
Le président français, Emmanuel Macron, lors de son discours au 17e sommet de la Francophonie, à Erevan, le 11 octobre 2018.
Crédits : LUDOVIC MARIN / AFP


Une francophonie de résistance, mais aussi une francophonie réinventée. « Elle n’est pas un club convenu, un espace fatigué, mais un lieu de reconquête », a martelé Emmanuel Macron, jeudi 11 octobre à Erevan. Les sommets de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ont leurs passages obligés, dont la célébration de la grande famille qui, sur les cinq continents, a « cette langue en partage », selon la formule consacrée. Le président français, en s’adressant aux quelque 40 chefs d’Etat et de gouvernement et aux représentants des 84 membres de l’OIF venus dans la capitale arménienne pour le 17e sommet de la Francophonie, n’a pas dérogé à l’usage.

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                La Rwandaise Louise Mushikiwabo favorite pour présider la Francophonie



« C’est une famille aux dimensions de la planète », a rappelé le chef de l’Etat dans son intervention, la troisième après celles du premier ministre arménien, Nikol Pachinian, et du président malgache par intérim, Rivo Rakotovao, tout en rappelant qu’« il y a entre nous de nombreuses blessures qui commencent à cicatriser grâce au travail de mémoire ». Il n’élude pas ce que fut la colonisation et ne veut surtout pas se poser en donneur de leçons. Cette langue qui « nous unit, dit-il, chacun la parle avec ses accents et ses tournures particulières ». Le français n’appartient donc pas à la France.
Mais cette langue doit avant tout être une langue de combat. « La francophonie doit être le lieu du ressaisissement contemporain », a lancé le président français dans un discours aux accents lyriques de plus d’une demi-heure, évoquant tout autant, comme fin septembre devant l’Assemblée générale de l’ONU, la crise du multilatéralisme, le basculement de l’ordre international créé après la seconde guerre mondiale, la montée des populismes et des nationalismes. « Cette langue qui en a conjugué tant d’autres ne va pas répéter des mots devenus parfois creux, mais elle doit être la langue du refus de ce qui se passe », a insisté le chef de l’Etat.
« La langue de la création »
Ce thème a irrigué toute son intervention et ses réflexions sur une francophonie dont la priorité doit être la reconquête de la jeunesse, notamment africaine. Le continent comptera en effet, au milieu du siècle, quelque 700 millions de francophones. Pour Emmanuel Macron, aussi, « la francophonie doit être féministe ». Elle est l’espace où se mène ce combat pour l’égalité des femmes, leur droit à l’éducation, mais aussi, de manière plus générale, toute la bataille pour la préservation des biens communs de l’humanité. « Unie, notre famille ne l’est pas seulement par la langue, mais aussi par une certaine vision du monde. »

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Dans ce discours enflammé au risque d’être creux, Emmanuel Macron a néanmoins lancé quelques pistes concrètes. Il a notamment repris l’idée de la romancière franco-marocaine Leïla Slimani, dont il a fait sa représentante personnelle pour la Francophonie en novembre 2017, d’organiser un congrès des écrivains de langue française qui réunirait les auteurs, les éditeurs et tous ceux dont le métier est en rapport avec la langue. « Cela n’a jamais été fait », a-t-il souligné, et cela permettrait de promouvoir le français comme « la langue de la création », ce qui le différencie, aux yeux du chef de l’Etat, de l’anglais, « langue d’usage ».
Le président français propose à nouveau, comme lors de son discours du 20 mars devant l’Académie française, que tous les pays francophiles participent à la restauration du château de Villers-Cotterêts, lieu symbole s’il en est, où François 1er décréta que le français serait la langue officielle du royaume de France. C’est aussi le lieu de naissance d’Alexandre Dumas, l’un des écrivains français le plus lu dans le monde.
Ouverture au plurilinguisme
Sans cesse aussi, il est revenu sur la figure de Charles Aznavour, le fils d’immigrés dont les langues maternelles furent l’arménien et le géorgien, mais pour qui « la langue française est devenue la patrie » sans que jamais il ne se renie pour autant. Le chanteur est mort le 1er octobre à l’âge de 94 ans. « Se battre pour la francophonie, ce n’est pas se battre pour rétrécir la francophonie », a insisté le chef de l’Etat, qui ne cesse de promouvoir l’idée d’une francophonie ouverte aux autres langues et au plurilinguisme.
Emmanuel Macron souhaite aussi une révision de la Charte de la Francophonie, pour notamment se pencher sur les modalités d’adhésion à l’OIF. « Faut-il se contenter de prendre quelques engagements en matière de respect des droits de l’homme [pour rejoindre l’OIF] ? », s’est-il demandé, faisant référence à la candidature, retirée au dernier moment, de l’Arabie saoudite. Des propos qui entrent en contradiction directe avec la candidature, soutenue par Paris, de la cheffe de la diplomatie rwandaise à la tête de l’institution, le Rwanda figurant au 159e rang (sur 180 pays) du classement 2017 de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).



Le matin, avant son discours, le président français s’était rendu au mémorial du génocide commémorant les massacres d’au moins un million d’Arméniens de l’Empire ottoman entre 1915 et 1917. Une immense flèche qui se dresse vers le ciel, sur une colline d’Erevan, avec dans une crypte une flamme éternelle. Sur le livre d’or, il a écrit : « La France n’oubliera jamais et elle portera le combat de la vérité et de la reconnaissance contre toute négation. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Les réunions politiques du président privent la chaîne d’écrans publicitaires à une heure de grande écoute et rassemblent de moins en moins de téléspectateurs.
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Midterms J – 26 : Fox News ne diffuse plus systématiquement les meetings de Donald Trump

Les réunions politiques du président privent la chaîne d’écrans publicitaires à une heure de grande écoute et rassemblent de moins en moins de téléspectateurs.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 11h44
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 12h29
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

La Maison Blanche et les républicains veulent faire des élections de mi-mandat du 6 novembre un plébiscite pour Donald Trump, tandis que les démocrates espèrent obtenir la majorité à la Chambre des représentants. Le correspondant du Monde à Washington, Gilles Paris, recense quotidiennement les principaux éléments de la campagne.
Le fait du jour
Lors du meeting organisé, mardi 9 octobre, à Council Bluffs (Iowa), Donald Trump a rendu publiquement hommage, comme il le fait souvent, aux principaux animateurs de la chaîne conservatrice Fox News, dont il est un téléspectateur fidèle. La multiplication des réunions politiques du président, à moins de quatre semaines des élections de mi-mandat, a pourtant conduit la chaîne à rompre avec leur diffusion systématique en direct. Cela a été le cas dans l’Iowa, puis en Pennsylvanie, mercredi.
Les autres chaînes d’information en continu ont cessé depuis longtemps d’ouvrir leur antenne à ces événements, contrairement à ce qu’elles faisaient pendant la présidentielle. Elles avaient alors contribué à installer le milliardaire au centre de la campagne.
Le site Politico, qui a enquêté sur la décision de Fox News, met en avant des motifs économiques. Les meetings du président, qui s’étirent ordinairement sur plus d’une heure, privent la chaîne d’écrans publicitaires à une heure de grande écoute, tout en rassemblant de moins en moins de téléspectateurs.
Selon Politico, un meeting tenu le 30 août à Evansville, dans l’Indiana, n’avait attiré que 2,5 millions de téléspectateurs, selon l’institut Nielsen. Moins que les 2,8 millions de téléspectateurs rassemblés ordinairement par l’animateur Tucker Carlson sur le même créneau horaire. Un an plus tôt, toujours selon Politico, ses meetings étaient vus par plus de 4 millions de téléspectateurs. Il n’est pas parvenu pour l’instant à rééditer cette performance, selon une évaluation de Nielsen.
Un stratège...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Dans de nombreux pays, les signes de l’effacement progressif de l’opposition se multiplient, pointe Alain Salles, chef du service International du « Monde ».
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« Etats-Unis, Brésil, Europe… l’opposition peut-elle disparaître ? »

Dans de nombreux pays, les signes de l’effacement progressif de l’opposition se multiplient, pointe Alain Salles, chef du service International du « Monde ».



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 17h47
    |

            Alain Salles








                        



                                


                            

Chronique. Dans nos démocraties fatiguées, le débat politique disparaît. L’affrontement entre deux camps qui apparaissent comme irréconciliables rend impossible tout dialogue. Le moindre argument est rapidement taxé de « fake news ». C’est le cas dans l’Amérique de Trump, où les Tweet du président, relayés par la chaîne Fox News, le site Breitbart News ou les talk-shows conservateurs, tuent toute forme de complexité politique et la recherche de consensus, longtemps marque de fabrique de la démocratie américaine. RIP John McCain.
L’opposition peut-elle disparaître ? Au Brésil, le score écrasant (46 %) de Jair Bolsonaro, le candidat d’extrême droite, au premier tour de l’élection présidentielle du 7 octobre, porté par des vagues de fausses informations sur les réseaux sociaux, n’annonce pas des jours sereins pour le débat démocratique. Les contrepoids potentiels risquent de se raréfier en cas de large victoire le 28 octobre, surtout avec un Parlement dominé par les « trois B » (Bible, bœuf, balles), les candidats des lobbies religieux, de l’agroalimentaire et des armes.

L’attaque au couteau contre Bolsonaro, le 6 septembre, l’a transformé en victime de cette violence qu’il ne cesse de dénoncer. Elle a suscité une émotion, qui a contribué à le faire grimper dans les sondages (il était à 22 % le 5 septembre). Son absence forcée l’a aussi placé au-dessus de la mêlée, regardant les débats – un exercice où il n’est pas à l’aise – de sa chambre d’hôpital. Une position idéale : sur les plateaux de télévision, les petits et moyens candidats se sont retournés contre celui qui était juste au-dessus d’eux dans les sondages : Fernando Haddad, le candidat du parti des travailleurs (PT, gauche). Plutôt que de tirer en chœur sur la menace Bolsonaro, ils l’ont épargné et se sont acharnés sur celui qui avait déjà bien du mal à endosser les habits de l’ancien président Lula, en prison pour corruption. Cela augure mal de l’efficacité des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ L’article incriminé paru dans l’un des magazines du groupe Eleven Media dénonçait la gestion économique de la ville de Rangoun.
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Trois journalistes birmans arrêtés pour avoir critiqué un proche d’Aung San Suu Kyi

L’article incriminé paru dans l’un des magazines du groupe Eleven Media dénonçait la gestion économique de la ville de Rangoun.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 11h35
    |

            Bruno Philip (Bangkok, correspondant en Asie du Sud-Est)








                        



   


« Je pense que la presse est très libre en Birmanie », a déclaré, samedi 6 octobre, Aung San Suu Kyi, chef du gouvernement birman. L’arrestation, mercredi, de trois journalistes d’un groupe de presse indépendant de Rangoun, accusés d’avoir propagé des informations susceptibles de « semer la panique au sein de la population », vient cependant de contredire les affirmations de l’ancienne dissidente faites à la chaîne de télévision japonaise NHK, lors d’une conférence organisée la semaine dernière à Tokyo.
Les trois journalistes du groupe Eleven Media avaient publié lundi un article critiquant la municipalité de Rangoun pour « mauvaise gestion » au sujet d’un prêt contracté sans approbation du parlement local pour l’achat de bus scolaires. Ce « scoop », qui ne mettait vraisemblablement pas en danger la sécurité nationale, a pourtant irrité le « chief minister » de la région de Rangoun, Phyo Min Thein, un proche d’Aung San Suu Kyi, affilié à son parti et qui lui-même a passé quinze ans de sa vie en prison. Il a porté plainte contre l’hebdomadaire pour avoir publié des « informations incorrectes ».

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Les directeurs de la rédaction d’Eleven Media, Kyaw Zaw Lin et Nayi Min, ainsi que le responsable de la cellule des reporters, Phyo Wai Win, se sont rendus d’eux-mêmes mercredi à la police après avoir reçu notification de la plainte. Ils ont été aussitôt arrêtés, menottés et transportés à la prison d’Insein, de sinistre réputation : c’est là où, au temps de la junte militaire, on enfermait les dissidents dont, durant une brève période, Aung San Suu Kyi elle-même.
L’article du code pénal concernant le délit de « trouble à l’ordre public », qui date de la colonisation britannique, pourrait faire condamner les trois journalistes à un maximum de deux ans de prison si le tribunal juge que l’article incriminé a été publié dans une intention maligne.
Prix du Média de l’année en 2011
Reporters sans frontières et Le Monde avaient décerné en 2011 leur prix du Média de l’année au groupe Eleven et à l’un de ses hebdomadaires. Cette récompense avait été remise à Paris à Phyo Wai Win dans les locaux du quotidien français, lors d’une cérémonie présidée par son directeur de l’époque, Erik Izraelewicz.

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C’était le temps de la démocratisation en Birmanie, dans la foulée de l’« autodissolution » du régime militaire. Celui-ci avait été remplacé par un gouvernement certes composé d’anciens généraux, mais qui entendait faire la preuve de son intention de libéraliser le système : de nombreux prisonniers politiques avaient été libérés et la presse avait soudainement joui d’une liberté qu’elle n’avait plus connue depuis des lustres. Ce temps paraît bien loin aujourd’hui alors que se multiplient les tentatives de musellement des journalistes qui continuent, pour nombre d’entre eux, à faire courageusement leur métier. Mais à leurs risques et périls.
« L’ensemble de l’industrie des médias est menacé », a déclaré à l’AFP le fondateur du Comité de protection des journalistes du Myanmar [nom officiel de la Birmanie], Hlaing Thit Zin Wai. Il a ajouté avoir toujours « un sac prêt à la maison car on ne sait plus à qui ce sera le tour maintenant ».
Exceptionnelle sévérité
Sous le gouvernement du Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, longtemps adulée pour le courage dont elle avait fait preuve au temps de la junte militaire, et dont le parti, la Ligue nationale pour la démocratie, avait triomphalement remporté les premières élections libres de 2015, la liberté de la presse a donc amorcé un recul par rapport à l’époque du gouvernement précédent, issu du régime militaire.

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Dernier exemple de ce recul avant les arrestations de mercredi, deux journalistes birmans de l’agence de presse britannique Reuters, Wa Lone et Kyaw Soe Oo, avaient été condamnés à sept ans de prison le mois dernier. Il leur avait été reproché d’avoir enquêté sur l’exécution sommaire par les forces de sécurité de dix musulmans rohingya. Le massacre avait été perpétré le 2 septembre 2017 au cours de la violente répression déclenchée par l’armée contre cette minorité de l’ouest birman à la suite d’attaques de postes de police menées à l’initiative de combattants se réclamant d’un groupe armé de défense des Rohingya.
Cette sentence d’une exceptionnelle sévérité a suscité depuis une réprobation internationale alors que les chefs de l’armée birmane viennent d’être accusés de « génocide » par un rapport des Nations Unies au sujet de ces mêmes « opérations de nettoyage » lancées à deux reprises par les militaires contre les Rohingya, depuis fin 2016.
A Tokyo, Aung San Suu Kyi avait promis la « transparence » devant un parterre d’hommes d’affaires japonais. « N’hésitez pas à nous faire part de vos inquiétudes, discutons-en ouvertement », avait-elle assuré. Un engagement qui, apparemment, ne concerne pas les Birmans.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le Parlement a voté une loi permettant de surveiller les personnes qui reçoivent des aides, afin d’éviter les abus. Un groupe de citoyens, rejoint par le Parti socialiste et Les Verts, a lancé un référendum « contre la surveillance arbitraire des assurés ».
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En Suisse, bataille autour de l’espionnage des bénéficiaires des aides sociales

Le Parlement a voté une loi permettant de surveiller les personnes qui reçoivent des aides, afin d’éviter les abus. Un groupe de citoyens, rejoint par le Parti socialiste et Les Verts, a lancé un référendum « contre la surveillance arbitraire des assurés ».



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 11h32
    |

                            Marie Maurisse (Genève, correspondance)








                        



   


Pour prévenir la fraude aux prestations sociales, la Suisse veut se doter de tous les moyens. Le Parlement a voté une loi qui permet aux institutions de suivre secrètement les personnes soupçonnées de recevoir des aides de manière indue, d’enregistrer leurs conversations, voire de les filmer si elles se trouvent dans un lieu public ou sur leur balcon. L’employé de l’institution ou le détective privé en charge de cette mission pourra même utiliser des outils GPS, à condition d’obtenir une autorisation préalable.

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Cet article a été ajouté en toute discrétion à la loi sur « la partie générale du droit des assurances sociales » au mois de mars, mais revient dans l’actualité cet automne, car il soulève beaucoup d’oppositions. Un groupe de citoyens, rejoint par la suite par le Parti socialiste et les Verts, a lancé un référendum « contre la surveillance arbitraire des assurés », qui aura lieu le 25 novembre. Le Conseil fédéral, c’est-à-dire le gouvernement suisse, est monté au front mardi 9 octobre lors d’une conférence de presse qui visait à défendre sa loi.
« Nous avons un système (…) social qui fonctionne bien, mais il faut lutter contre tous les abus, a déclaré le ministre de l’Intérieur et président de la Confédération Alain Berset. Pour cela, il faut une base légale claire et solide. Les observations sont interdites dans la sphère privée, mais, si elles ont lieu dans la sphère publique, alors elles sont acceptables. »
Coup d’arrêt judiciaire
Des garde-fous sont prévus : il faut que la personne visée par l’enquête soit déjà soupçonnée de mentir sur son état de santé ou sa situation, et que le professionnel engagé ait été agréé pour ce type d’exercice.
« Cette loi confère aux assureurs davantage de droits que n’en a la police pour traquer des criminels », a déclaré la députée Verte Lisa Mazzone.
Pour les opposants, au contraire, ce texte viole l’intégrité des citoyens, notamment la disposition dite « du trou de serrure », qui permet de surveiller quelqu’un chez lui depuis l’extérieur. « Le monde de Big Brother n’est plus un cauchemar littéraire, mais une réalité, a déclaré la députée Verte Lisa Mazzone. Cette loi confère aux assureurs davantage de droits que n’en a la police pour traquer des criminels. »
En réalité, les organismes sociaux suisses ont déjà, par le passé, appliqué de telles mesures. Pendant des années, l’assurance-invalidité (AI), l’assurance-accidents et les assurances-maladie ont régulièrement surveillé des personnes bénéficiant de leurs subventions, dont certains ont témoigné dans les médias de l’intrusion de détectives chez eux.
La justice a mis un coup d’arrêt à ces pratiques. D’abord par le biais de la Cour européenne des droits de l’homme, qui a donné raison fin 2016 à une Zurichoise de 62 ans pensionnaire d’une allocation après un accident – la Cour avait estimé que la législation suisse n’encadrait pas suffisamment la surveillance.

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Puis le Tribunal fédéral, à son tour, avait estimé en août 2017 que la base légale sur le sujet était insuffisante. Dans ce cas, il s’agissait d’un homme bénéficiaire d’une rente d’invalidité, qui avait été suivi et surveillé quatre jours en deux semaines, chaque fois entre cinq et neuf heures par jour. A la suite de ces deux décisions, les organismes avaient cessé leurs surveillances et demandé au Conseil fédéral d’établir rapidement une loi, ce qu’il a fait en un temps record.
« Symptomatique des inégalités sociales »
Entre 2009 et 2016, l’AI, qui attribue des allocations pour handicap, a mené une enquête approfondie, avec surveillance, sur environ 220 personnes. Dans un cas sur deux, les soupçons étaient fondés, selon les statistiques livrées par le gouvernement. Mais, symboliquement, le fait que l’Etat autorise ce type de surveillance a du mal à passer. D’autant que la campagne du Conseil fédéral pour faire valider sa loi, et donc contre le référendum à venir, s’est dotée du slogan « Restons fair-play ».
« Dans cette affaire, les assureurs n’ont jamais été vraiment fair-play. Ils ont procédé durant des années à des observations sans base légale, écrit le journaliste Eric Felley sur le site d’informations en ligne Le Matin. La façon dont la Suisse se dote de moyens pour espionner les plus pauvres est tristement symptomatique des inégalités sociales de ce pays. »
Au printemps, un sondage réalisé par le groupe de presse Tamedia affirmait que 62 % des Suisses étaient en faveur de la nouvelle loi. Reste à attendre le 25 novembre pour en avoir confirmation.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Les 589 communes du pays vont élire leurs bourgmestres dimanche.
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Municipales en Belgique : à Molenbeek, « on veut passer à autre chose »

Les 589 communes du pays vont élire leurs bourgmestres dimanche.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 11h14
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Moins de 6 km², 97 000 habitants et une renommée mondiale lourde à porter : comme les 588 autres municipalités de Belgique, Molenbeek votera dimanche 14 octobre. « Je veux bien vous parler des élections communales [municipales], mais pas du terrorisme, d’accord ?, insiste Mounir, un commerçant de la chaussée de Gand, dont la vitrine est tapissée d’affiches de toutes les couleurs, ornées du visage de candidats pour les 45 sièges à pourvoir. On veut passer à autre chose. »
Autre chose que l’image du foyer radical et du Bruxelles « trou à rats où les musulmans ne sont pas parvenus à s’intégrer » dépeint par Donald Trump en janvier 2016. Autre chose que les images de la rue des Quatre-Vents où, caché dans une cave, Salah Abdeslam fut débusqué le 18 mars 2016. Même Tariq, discret sympathisant du parti Islam, qui compte actuellement un élu et défend l’instauration d’une « charia occidentale », affirme en souriant qu’il refuserait d’habiter au numéro 79, dont l’occupante a été chassée et condamnée. Ou au 30, place Communale, où vécut le jeune Salah Abdeslam avant d’accompagner ceux qui allaient frapper le Bataclan, le Stade de France et les terrasses.

« Il faudra une génération pour que tout cela s’estompe, analyse Olivier Vanderhaeghen, fonctionnaire de prévention de la municipalité, mais une vie normale a repris. » C’est aussi le message que veulent faire passer les deux femmes qui se disputent le siège de bourgmestre (maire). L’élue sortante, Françoise Schepmans, 58 ans, une libérale, et sa rivale socialiste, Catherine Moureaux. Cette quadra, médecin, est la fille de Philippe Moureaux, celui qui a régné durant deux décennies sur l’hôtel communal et a été désigné comme le responsable du marasme qui a pu conduire à la naissance d’un dangereux islam souterrain.
« Les gens sont accueillants »
Christophe Lamfalussy et Jean-Pierre Martin, deux journalistes belges réputés,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Xu Yanjun aurait cherché à obtenir des secrets industriels auprès de firmes aéronautiques.
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Agent chinois extradé vers les Etats-Unis : un cas d’espionnage classique

Xu Yanjun aurait cherché à obtenir des secrets industriels auprès de firmes aéronautiques.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 11h14
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            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

La justice américaine a obtenu l’extradition d’un espion chinois accusé d’avoir tenté de voler des secrets aéronautiques civils à General Electric, qui fournit des moteurs à Boeing et à Airbus. L’espion, Xu Yanjun, agent du ministère chinois de la sécurité d’Etat, avait été arrêté le 1er avril en Belgique, leurré par le FBI. Les autorités belges ont donné leur feu vert à l’extradition, qui s’est déroulée mardi 9 octobre.
Les extraditions sont rarissimes, parce que les Chinois soupçonnés se réfugient habituellement dans leur pays ou pratiquent à distance le cyberespionnage. Le cas présent relève de l’espionnage classique : selon l’acte d’accusation américain rendu public mercredi, M. Xu a cherché à obtenir des secrets industriels à partir de 2013 auprès de firmes aéronautiques, dont General Electric.
L’homme s’est fait passer pour vice-secrétaire général de l’Association pour la science et la technologie du Jiangsu. « Le client ne connaît pas notre identité », se réjouit M. Xu dans un message de décembre 2013, contenu dans l’acte d’accusation. Pour soutirer de précieuses informations, il a invité un salarié de General Electric à faire une présentation en Chine en juin 2017 des dernières innovations technologiques de l’entreprise sur les lames et les matériaux de ses aéroturbines, le rémunérant 3 500 dollars.
Pendant l’hiver 2018, M. Xu demande communication de documents sur ordinateur. Il se montre impressionné et propose un déplacement en Europe, où l’employé lui permettra de copier le disque dur de son ordinateur. La rencontre a lieu le 1er avril, et M. Xu est arrêté.
Faire des exemples
Le détail du piège n’a pas été révélé, mais le FBI a fortement communiqué sur cette affaire. Ce cas « fait partie d’une politique générale de développement de la Chine aux dépens des Etats-Unis. Nous ne pouvons pas tolérer le vol de la puissance de feu de la nation et le fruit de notre savoir-faire. Nous ne tolérerons...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Nhlanhla Nene, qui s’était illustré, lors de la présidence de Jacob Zuma, dans la lutte anticorruption, a démissionné, mardi, victime paradoxale du grand nettoyage engagé par Cyril Ramaphosa.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤      googletag.cmd.push(function(){googletag.display("cover");});              En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Par  Adrien Barbier  Publié aujourd’hui à 11h04, mis à jour à 12h11   Lecture 4 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés                   Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa (à gauche), et le nouveau ministre des finances, Tito Mboweni, au Cap, le 9 octobre. AP              En Afrique du Sud, le ministre des finances semble assis sur un siège éjectable. La démission très commentée de Nhlanhla Nene, mardi 9 octobre, le prouve une fois de plus. Son remplaçant, Tito Mboweni, nommé le même jour, est le cinquième à ce poste en trois ans. Ancien ministre du travail de Nelson Mandela, ce défenseur de l’orthodoxie financière a été le premier Sud-Africain noir à être nommé gouverneur de la banque centrale sud-africaine, fonction qu’il a exercée pendant dix ans (1999-2009).            Lire aussi L’Afrique du Sud plonge de nouveau dans la récession              Après des jours de spéculations et de pressions, le président Cyril Ramaphosa s’est finalement résolu à se séparer de Nhlanhla Nene, un membre de sa garde rapprochée, au terme d’une séquence plutôt réussie pour sa présidence. Jusque-là réputé pour son intégrité, Nhlanhla Nene est paradoxalement la première victime d’envergure du grand nettoyage lancé contre la corruption ces derniers mois. Le nouveau président perd un précieux allié pour redresser l’économie du pays, l’autre grande promesse qu’il a faite à son arrivée au pouvoir, en février 2018.           Pour Nhlanhla Nene, la situation est devenue intenable le 3 octobre, lorsqu’il témoigne devant la commission d’enquête judiciaire chargée de faire toute la lumière sur les accusations de corruption au sommet de l’Etat. Lancée le 20 août, celle-ci s’applique à disséquer l’influence de la sulfureuse famille indienne Gupta sur la présidence de Jacob Zuma. Le scandale de « capture de l’Etat », qui désigne le schéma par lequel les Gupta ont pesé sur les nominations de ministres et se sont octroyé de juteux contrats publics, est celui qui aura mené l’ex-président à sa perte.           Nhlanhla Nene, victime de ses révélations fracassantes           Si les travaux de la commission doivent durer au moins deux ans, celle-ci produit néanmoins presque quotidiennement son lot de révélations fracassantes. Nhlanhla Nene a été auditionné car il était déjà ministre des finances sous Jacob Zuma en 2014 et 2015, avant d’être nommé de nouveau en février 2018. Lors de son témoignage, il est d’abord apparu comme un héros pour avoir refusé, en 2015, d’apposer sa signature sur un plan nucléaire jugé fumeux.            Lire aussi L’Afrique du Sud se détourne provisoirement du nucléaire                googletag.cmd.push(function(){googletag.display("pave_haut");});                      — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? 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En Bavière, les Verts profitent du désaveu de la grande coalition

Les écologistes, qui sont parvenus à se réorganiser en se dotant d’une direction rajeunie, pourraient s’imposer comme la deuxième force du Land.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 11h03
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            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

C’est Sandra Maischberger, l’animatrice d’un des talk-shows télévisés les plus populaires en Allemagne, qui a sans doute le mieux résumé la situation. Mercredi 10 octobre, son émission hebdomadaire, diffusée sur la chaîne ARD, avait pour titre : « La Bavière vote et Berlin tremble. » A quatre jours des élections régionales bavaroises, on ne pouvait trouver meilleure formule.
Pendant cinq décennies, la Bavière a été, plus que toute autre région en Allemagne, un pôle de stabilité électorale. Depuis 1962, les conservateurs de l’Union chrétienne-sociale (CSU) n’y ont perdu qu’une seule fois la majorité absolue au Parlement régional, en 2008, avant de la reconquérir en 2013. Dimanche 14 octobre, ils devraient la perdre à nouveau, mais dans des proportions beaucoup plus grandes qu’il y a dix ans. A l’époque, la CSU avait obtenu 43,4 % des voix, son plus mauvais score depuis 1958. Aujourd’hui, elle oscille entre 33 % et 35 % dans les intentions de vote.
De cette chute, les principaux bénéficiaires pourraient être les Verts. Aux élections régionales bavaroises de 2013, ils n’avaient recueilli que 9,4 % des voix. Dans les derniers sondages, ils sont crédités de 16 % à 18 %, ce qui pourrait en faire la deuxième force politique du Land, devant le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) et le Parti social-démocrate (SPD), tous deux au coude-à-coude dans les intentions de vote, entre 10 % et 14 % des voix, suivis de près par les Freie Wähler (« électeurs libres »), un petit parti conservateur attaché à la défense des intérêts locaux, qui n’a jamais été aussi haut dans les sondages.
Profil très centriste
A Berlin, cette poussée des écologistes bavarois est observée avec d’autant plus d’attention qu’elle semble refléter une tendance de fond. Dans la Hesse, où auront lieu des élections régionales, le 26 octobre, les Verts sont également en pleine ascension : à deux semaines du scrutin, ils sont donnés à 18 %, soit 7 points de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Rétablie par les députés en mars 2017 après avoir été supprimée en 2010, la conscription a repris du service cet été dans le royaume. 4 000 jeunes, la plupart nés en 1999, font partie de la première promotion.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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Le succès du service militaire en Suède

Rétablie par les députés en mars 2017 après avoir été supprimée en 2010, la conscription a repris du service cet été dans le royaume. 4 000 jeunes, la plupart nés en 1999, font partie de la première promotion.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 10h57
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Le visage grave, ils sont une cinquantaine, alignés sur deux rangées se faisant face. Un peu plus loin, un autre groupe est positionné à l’identique. Les 104 conscrits arrivés le matin même, mi-septembre, au régiment de Scanie-sud, à une trentaine de kilomètres de Malmö, empilent devant eux, un à un, sur leur matelas de camping étalé sur l’herbe, les objets qu’ils trouvent dans deux grands sacs de sport kaki et deux sacs-poubelle qui contiennent leurs uniformes d’été et d’hiver.
« C’est impressionnant, au début, tous ces équipements qu’il faut apprendre à reconnaître », dit Marcus Nilsson, chargé de la communication auprès du régiment. Au total, 4 000 jeunes, pour la plupart nés en 1999, effectuent leur service militaire obligatoire depuis début juillet en Suède. Instauré en 1901, il avait été suspendu en 2010 au profit d’une armée de métier, avant d’être rétabli par le Parlement en mars 2017.

Le choix de mettre fin à la conscription était motivé par le contexte géopolitique. La Suède ne croyait plus à la nécessité d’une défense nationale. L’engouement pour la profession n’a cependant jamais atteint les objectifs visés. Résultat : il manquait 7 000 soldats au royaume. La guerre en Géorgie, puis l’annexion de la Crimée par la Russie ont changé la donne. « Malheureusement, c’est facile de démanteler, mais reconstruire est un marathon », estime Daniel Vendel, chargé de la formation des recrues.
Combattre les clichés
Leur initiation va durer neuf mois. Dans les dortoirs installés dans des baraques de briques jaunes au milieu des bois, rien n’a changé. Lits superposés en métal, casiers au mur, une table et quelques chaises, le décor est spartiate. Seule nouveauté : le Wi-Fi. « C’est suffisant », assure Oscar, 19 ans, qui roule des mécaniques. Lui et ses compagnons de chambrée ont « hâte de suivre les traces » de leurs aînés, dont ils ont entendu les récits nostalgiques.
L’appel lancé par les...




                        

                        


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Avant Jamal Khashoggi, d’autres dissidents saoudiens ont mystérieusement disparu

La disparition du journaliste rappelle des cas de Saoudiens exilés qui ont été ramenés de force dans le royaume, puis n’ont jamais redonné signe de vie.



LE MONDE
 |    11.10.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
11.10.2018 à 18h13
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



   


Les éléments à charge s’accumulent faisant craindre que l’éditorialiste saoudien Jamal Khashoggi ait été enlevé, voire assassiné, lors de son passage, le 2 octobre, au consulat de son pays à Istanbul. Mais un autre élément accréditant cette hypothèse relève du fait que, par le passé, le royaume s’est déjà livré à ce genre d’opération expéditive.
Selon des enquêtes convergentes du Guardian et de la BBC, en l’espace de cinq mois, entre septembre 2015 et février 2016, trois princes saoudiens, qui vivaient en exil en Europe, ont été ramenés de force dans leur pays et ne sont pas réapparus depuis.
Le plus haut placé d’entre eux, Sultan Ben Turki Ben Abdelaziz, en conflit avec la monarchie, a été déporté vers Riyad alors qu’il se trouvait dans un jet privé mis à sa disposition par le consulat saoudien de Paris. L’appareil était censé rejoindre Le Caire, où le prince avait prévu de rendre visite à son père. La chaîne britannique a produit des témoignages de membres étrangers de son entourage, présents ce jour-là dans l’avion, racontant la panique de leur patron lorsqu’il a découvert qu’il faisait route vers le royaume, et son arrestation par des hommes en armes à son atterrissage à Riyad.
Saud Ben Saif Al-Nasr, grand amateur de casinos et de palaces et auteur de Tweet hostiles au pouvoir royal, est tombé dans un guet-apens similaire. Au lieu d’atterrir à Rome, où on lui avait fait miroiter la signature de juteux contrats, l’avion privé dans lequel il avait pris place s’est posé à Riyad. Turki Ben Bandar, pour sa part, un ancien haut gradé de la police, qu’un contentieux foncier opposait à la famille royale et qui postait des vidéos sur YouTube appelant à des réformes, a été discrètement arrêté au Maroc par les autorités locales, puis transféré vers l’Arabie saoudite.

        Lire aussi :
         

                Disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi : l’enquête se rapproche de Riyad



« Ces disparitions forcées s’apparentent à des règlements de comptes internes à la dynastie royale, précise Yahya Al-Assiri, membre de l’ONG de défense des droits de l’homme saoudienne ALQST, qui réside à Londres. Dans le cas de Jamal, le modus operandi est le même, mais la cible est un simple citoyen, et l’objectif est plus ouvertement politique. »
L’impulsif Mohammed Ben Salman
Au mois de mai, un citoyen saoudien ne jouissant pas de la notoriété de M. Khashoggi, Nawaf Talal Al-Rashid, a également disparu dans des conditions similaires. Le jeune homme, résidant au Qatar, pays dont il a la nationalité, et qui descend d’une lignée historiquement opposée à la maison des Saoud, a été arrêté au Koweït, puis expédié en Arabie saoudite. Il n’a pas donné signe de vie depuis.
En mars, Lujain Al-Hathloul, une jeune féministe saoudienne, avait été appréhendée par la police d’Abou Dhabi, où elle effectuait des études, puis ramenée sous bonne garde en Arabie. Quelques semaines plus tard, elle était emprisonnée en compagnie d’autres militantes pour les droits des femmes, tandis que son mari, l’humoriste vedette de l’Internet saoudien, Fahad Al-Buteiri, était renvoyé de force d’Amman vers Riyad et divorçait d’elle dans la foulée.
Ces différentes histoires portent la marque de l’impulsif Mohammed Ben Salman, adepte, en politique intérieure comme extérieure, de pratiques aussi peu orthodoxes qu’elles sont musclées. C’est à lui que l’on doit la dévastatrice offensive au Yémen, en mars 2015, la mise en quarantaine du Qatar, le mouton noir du Golfe, en juin 2017, et la vraie-fausse démission du premier ministre libanais, Saad Hariri, en novembre 2017 : un épisode rocambolesque qui a quelques traits communs avec les cas exposés plus haut.
Attiré dans la capitale saoudienne au motif d’un entretien urgent avec le souverain, le premier ministre libanais avait été forcé de lire un discours de démission à la télévision, et retenu contre son gré pendant plusieurs jours. Ce n’est qu’après l’intervention d’Emmanuel Macron, le président français, qu’il avait pu quitter le royaume, avant de regagner Beyrouth et de récupérer son poste de chef du gouvernement.

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Mais l’événement avec lequel l’affaire Khashoggi entretient le plus de ressemblances remonte à 1979. Il s’agit de la disparition, à Beyrouth, de l’historien Nasser Saïd, un célèbre opposant saoudien d’obédience nassérienne, partisan de l’instauration d’une République. En dépit des dénégations de Riyad, la version qui prévaut à ce jour affirme qu’il a été kidnappé par un cadre de l’Organisation de libération de la Palestine, à la solde de l’Arabie saoudite. L’homme aurait été ensuite drogué et expédié par avion vers le royaume, où il aurait été assassiné.




                            


                        

                        

