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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Ce nouvel outil diagnostic permet une caractérisation plus fine des troubles de l’écriture qui touchent près de 10 % des écoliers.
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Tegami, une tablette contre les dysgraphies

Ce nouvel outil diagnostic permet une caractérisation plus fine des troubles de l’écriture qui touchent près de 10 % des écoliers.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 14h00
    |

                            Benoît Crépin








                        



                                


                            
Lettres mal formées, tracé irrégulier, alignement incertain… Autant d’imperfections révélatrices d’un trouble ­appelé dysgraphie, ensemble protéiforme de difficultés d’apprentissage et de maîtrise de l’écriture manuscrite qui handicape environ 10 % des élèves à travers le monde. Pour poser leur diagnostic, ergothérapeutes et psychomotriciens ne disposent pour l’heure que d’un outil plutôt rudimentaire : le test BHK.
« Cette méthode de diagnostic consiste à analyser un texte seulement après qu’il a été écrit, ce qui ne permet pas d’évaluer la qualité du tracé au fil de sa réalisation. La dimension dynamique est donc complètement absente. Il existe aussi une certaine variabilité ­entre cotateurs, qui rend le test assez subjectif », déplore Thomas Gargot, pédopsychiatre à la Pitié-Salpêtrière de Paris.
Un constat qui a poussé ce médecin de formation, également doctorant en informatique – affilié au laboratoire de Cognitions humaine et artificielle (CHArt) de l’université Paris-VIII ainsi qu’à l’Institut des systèmes intelligents et de robotique (ISIR), laboratoire commun à l’université Pierre-et-Marie-Curie et au CNRS –, à prendre part à la conception d’un nouvel outil d’analyse de la dysgraphie, baptisé Tegami. Née dans le laboratoire d’ergonomie éducative (Chili Lab) de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), en Suisse, cette méthode de diagnostic novatrice vient d’être décrite dans la revue Nature Digital Medicine.
Inclinaison du stylo, pression de sa pointe, fréquence des tremblements… « Notre système permet de distinguer 53 critères de tracé, contre 13 pour le test BHK », révèle Thibault Asselborn, premier auteur des travaux et doctorant au Chili Lab. Des paramètres analysés en continu, jusqu’à 200 fois par seconde, grâce à une simple tablette graphique cachée sous la feuille de papier sur ­laquelle l’enfant est invité à écrire. « Ce dispositif va permettre d’affiner le diagnostic et de proposer à l’élève...




                        

                        


<article-nb="2018/10/10/19-2">
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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Un exercice physique régulier améliore la qualité du sommeil, et ce dernier améliore les performances sportives.
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Du sport pour mieux dormir, et vice versa

Un exercice physique régulier améliore la qualité du sommeil, et ce dernier améliore les performances sportives.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 10h42
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Pour mieux dormir, bougez dans la journée ; et pour améliorer vos performances sportives… optimisez votre sommeil. Les études scientifiques le montrent sans ambiguïté, les liens entre exercice physique et sommeil existent dans les deux sens.
Commençons par explorer les effets du premier sur le second. Chez des individus sans problème particulier de sommeil, une activité physique régulière améliore sensiblement le temps d’endormissement (qui est réduit), et surtout la qualité globale du sommeil, soulignent Alexandra Kredlow (université de Boston) et ses collègues, dans une revue de la littérature (Journal of Behavioral Medicine, 2015). « Il a été en particulier établi que l’exercice physique régulier augmente le sommeil lent profond », précise le professeur Damien Léger, qui dirige le centre du sommeil et de la vigilance à l’Hôtel-Dieu (APHP).
Quant aux effets sur le sommeil d’une séance ­d’activité physique « aiguë », ils sont, toujours d’après la méta-analyse des auteurs américains, modestes et d’une robustesse variable sur le plan scientifique. Bonne nouvelle, contrairement à ce qui a longtemps été dit, il n’est plus déconseillé de faire du sport dans les heures précédant le coucher. Les séances tardives étaient suspectées d’altérer le sommeil et en particulier d’accroître le temps d’endormissement, mais des travaux récents ne confirment pas ces perturbations, du moins chez des bons dormeurs.
Peu d’études dans le domaine
Quid de l’activité physique en cas de troubles du sommeil ? S’agissant de l’insomnie, dont les formes sévères concernent plus de 10 % de la population, les études ne sont finalement pas si nombreuses. Dans une revue de la littérature parue en juillet dans la ­revue Peer J, une équipe japonaise en a retenu neuf randomisées, portant au total sur 557 participants. « Nos résultats suggèrent que les effets de l’exercice physique sur le sommeil sont meilleurs chez...




                        

                        


<article-nb="2018/10/10/19-3">
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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Deux équipes américaines ont réussi à faire exécuter quelques pas à des personnes paralysées. Une forme de marche très rudimentaire probablement due à une repousse neuronale au niveau de la moelle épinière après stimulation.
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Re-marcher grâce à la stimulation nerveuse

Deux équipes américaines ont réussi à faire exécuter quelques pas à des personnes paralysées. Une forme de marche très rudimentaire probablement due à une repousse neuronale au niveau de la moelle épinière après stimulation.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 10h46
    |

                            Marie-Laure Théodule








                        



                                


                            
Les défis de la science. Faire exécuter quelques pas à un paralysé ne relève plus du miracle. Cet objectif, poursuivi depuis une vingtaine d’années par de nombreuses équipes médico-scientifiques, donne lieu souvent à des annonces spectaculaires. Ainsi le 24 septembre, deux équipes américaines, l’une de la clinique Mayo (Minnesota) et l’autre de l’université de Louisville (Kentucky) décrivent respectivement dans Nature Medicine et dans le New England Journal of Medicine comment elles ont réussi à faire se tenir debout et marcher des patients jusque-là rivés dans leur fauteuil par une lésion accidentelle au niveau de leur moelle épinière.
Les images diffusées par la chaîne américaine CNN de Kelly Thomas, jeune Américaine de 24 ans (une des quatre patientes de l’équipe de Louisville), sont particulièrement étonnantes : on la voit marcher chez elle sur sa pelouse à l’aide d’un déambulateur, alors qu’elle s’était retrouvée complètement paralysée quatre ans plus tôt à la suite d’un accident de la route.

Présentées comme des premières, ces annonces ne le sont pas tout à fait. En 2000 déjà, Marc Merger, un patient paraplégique, avait réussi à faire quelques pas, assisté d’un déambulateur. Il avait été opéré par le docteur Pierre Rabishong, à Montpellier, qui lui avait posé des électrodes au niveau des muscles locomoteurs. Mais aujourd’hui la méthode s’est perfectionnée : les deux équipes américaines stimulent directement la moelle épinière au niveau de la zone sacro-lombaire, qui pilote la marche.
En fonctionnement normal, pour déclencher un pas, les neurones moteurs du cerveau envoient les commandes de mouvement via leurs prolongements, les axones, à leurs « collègues », les neurones de la zone sacro-lombaire, qui les renvoient ensuite aux muscles des jambes via leurs propres axones. En cas de lésion provoquant une paralysie des membres inférieurs, la communication entre la zone sacro-lombaire et les neurones...




                        

                        


<article-nb="2018/10/10/19-4">
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ S’inspirant de concepts évolutionnistes, des chercheurs proposent d’adapter les traitements pour réduire les phénomènes de résistance. Les cliniciens restent sceptiques.
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Une piste pour atténuer les résistances tumorales

S’inspirant de concepts évolutionnistes, des chercheurs proposent d’adapter les traitements pour réduire les phénomènes de résistance. Les cliniciens restent sceptiques.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 06h00
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
La médecine a quelque chose à voir avec l’art de la guerre. Face à un adversaire comme le cancer, où des cellules anormales prolifèrent en empêchant les défenses de l’organisme de les détruire, la doctrine est plutôt d’essayer de frapper suffisamment fort afin d’éliminer le plus de cellules tumorales le plus rapidement possible. Serait-il préférable d’opter pour une autre stratégie consistant à contenir l’ennemi sans le faire disparaître ? C’est l’hypothèse sur laquelle repose la thérapie adaptative. Biologiste de l’évolution, Frédéric Thomas (CNRS, université de Montpellier) et ses collègues décrivent, dans un article paru mardi 2 octobre dans PLOS Biology, comment ­notre système immunitaire pratique plutôt l’adaptation.
Résistance aux thérapies
« La thérapie adaptative a été ­inventée par Robert Gatenby [cosignataire de l’article (Moffitt Cancer Center, Floride)]. Il part de l’hypothèse que, lorsqu’il existe déjà des cellules avec des mutations les rendant résistantes à la chimiothérapie, ces variants résistants vont gagner deux fois : ils ne sont pas tués et le traitement élimine les concurrents restés sensibles. Les malades qui meurent d’un cancer décèdent du fait de la sélection progressive de variants résistants contre lesquels le traitement ne peut plus rien faire », décrit Frédéric Thomas.
Cette résistance a cependant un coût métabolique pour ces cellules, ce qui les désavantage dans la compétition avec les cellules sensibles. « Robert Gatenby a montré qu’avec des chimiothérapies espacées, qui maintiennent la compétition entre variants résistants et sensibles, la tumeur ne grossissait pas », indique Frédéric Thomas. L’un des autres coauteurs de ­l’article, Emmanuel Donnadieu (Inserm, CNRS, université Paris-Descartes), a observé que les macrophages empêchent les lymphocytes T d’aller tuer des cellules cancéreuses. Autrement dit, selon Frédéric Thomas, la réponse du système immunitaire de l’hôte...




                        

                        


<article-nb="2018/10/10/19-5">
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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Nous n’avons pas toujours une perception exacte des rapports de proportion dans les changements de taille – dont se jouait le récent film « Ant-Man et la Guêpe ». Une lacune qui a des conséquences dans la vie réelle.
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤                     
                                                   
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Erreurs de taille en perspective

Nous n’avons pas toujours une perception exacte des rapports de proportion dans les changements de taille – dont se jouait le récent film « Ant-Man et la Guêpe ». Une lacune qui a des conséquences dans la vie réelle.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 16h49
    |

                            Wiebke Drenckhan (CNRS) et 
                            Jean Farago (Physiciens à l’Institut Charles-Sadron à Strasbourg)








                        



                                


                            

Carte blanche. Quand, au cœur de l’été, le programme du cinéma local dans une main, une tapette à mouches dans l’autre, chassant négligemment la gent hyménoptère de vos tartines, vous avez choisi d’aller voir Ant-Man et la Guêpe, aviez-vous alors bien conscience que vous signiez pour un grand film de physique ?
Nous ne pensons pas seulement aux dialogues, truffés de « fonctions intriquées » et autres « décohérences », termes au parfum de la physique quantique la plus moderne, ou aux descentes psychédéliques dans le monde subatomique… Non, le ressort comique de ce film repose sur la capacité des héros à changer de taille à volonté, du format fourmi à la maison de trois étages… Or, ces transformations posent une sérieuse question de taille, pour reprendre le titre du livre d’Olivier Rey (Stock, 2014).
En effet, très peu nombreuses sont les grandeurs de la nature qui croissent en proportion de la taille des structures qu’elles caractérisent. Prenons par exemple un cube : si on double sa taille en doublant la longueur de ses côtés, sa surface et son volume seront quatre et huit fois plus grands.
Cet argument suffit par exemple à expliquer pourquoi les dauphins des latitudes élevées sont en moyenne plus grands que ceux qui évoluent en Méditerranée : pour des animaux de grande taille, le rapport surface/volume est plus petit, et correspond aussi au rapport entre la déperdition de chaleur (qui se fait via la surface) et sa fabrication par l’organisme (dans tout le volume). Certes, un grand dauphin perd plus de chaleur par jour qu’un petit, mais comme en même temps il en produit encore davantage, la vie lui est malgré tout confortable dans les eaux glacées des fjords norvégiens…
Habitué à la proportionnalité
Ainsi, les lois physiques ne respectent pas, en général, la proportionnalité, ce dont nous devrions être intuitivement bien conscients. Or, nous sommes au contraire habitués aux rapports...




                        

                        


<article-nb="2018/10/10/19-6">
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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Ancienne présidente par intérim du CNRS, la chercheuse affiliée au CEA est soupçonnée d’avoir manipulé des données dans plusieurs articles scientifiques. Elle n’a pas encore été entendue par les enquêteurs.
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L’intégrité scientifique de la biologiste Anne Peyroche mise en question

Ancienne présidente par intérim du CNRS, la chercheuse affiliée au CEA est soupçonnée d’avoir manipulé des données dans plusieurs articles scientifiques. Elle n’a pas encore été entendue par les enquêteurs.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 15h31
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 16h56
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Lundi 8 octobre, l’Express a révélé le contenu d’un rapport relatant une enquête commandée par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), qui constate de graves manquements à l’intégrité scientifique concernant la publication d’images dans des articles scientifiques. La principale mise en cause est Anne Peyroche, chercheuse affiliée au CEA, qui avait assuré la présidence par intérim du CNRS entre décembre 2017 et janvier 2018. C’est d’ailleurs la précipitation du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche à mettre fin à son intérim, pour « empêchement », six jours avant la date prévue, qui avait attiré l’attention des médias sur une affaire jusque-là restée sous les radars.

En effet, dès le 2 novembre 2017, et jusqu’au 18, des commentaires déposés sur le site de critique des articles scientifiques, PubPeer, avaient alerté sur de possibles tricheries dans des images présentées dans cinq articles cosignés par Anne Peyroche entre 2001 et 2012.
Le 20 novembre 2017, après que ces allégations eurent été relayées par le journaliste allemand spécialisé Leonid Schneider sur son blog, le CEA a commencé à réagir. Les cahiers de laboratoires ainsi que les disques durs sont collectés et envoyés à quatre experts indépendants pour recueillir leur avis, rendu séparément en décembre. Ils assurent que certaines allégations ont l’air en effet sérieuses.
En janvier 2018, le CEA lance donc une nouvelle procédure, avec quatre experts, qui cette fois travailleront ensemble afin d’auditionner les protagonistes. Cette commission, présidée par l’immunologiste Jean-François Bach, secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie des sciences, rend ses conclusions début mai, avec des constats accablants, révélés par L’Express.

Les fautes sont de gravité variable, mais, pour les experts, dans au moins trois articles, des « falsifications » ont été trouvées, de nature...




                        

                        


<article-nb="2018/10/10/19-7">
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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Dans son livre « Lobbytomie », Stéphane Horel, journaliste d’investigation et collaboratrice du « Monde », décrypte la manière dont certaines firmes s’assurent le soutien de scientifiques de renom. Extraits.
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤                     
                                                   
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L’art du lobbying scientifique

Dans son livre « Lobbytomie », Stéphane Horel, journaliste d’investigation et collaboratrice du « Monde », décrypte la manière dont certaines firmes s’assurent le soutien de scientifiques de renom. Extraits.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 14h25
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 15h28
   





                        



                                


                            
Bonnes feuilles. Depuis des décennies, certaines multinationales travestissent la vérité pour maintenir sur le marché des produits pourtant jugés nocifs. S’assurant, notamment, pour y parvenir, le soutien de scientifiques de renom. Journaliste d’investigation et collaboratrice du Monde, Stéphane Horel a enquêté sur ces méthodes dans son livre Lobbytomie. Comment les lobbies empoisonnent nos vies et la démocratie, en librairie le 11 octobre (La Découverte, 368 pages 21,50 euros). 

En costume sombre malgré la chaleur de plomb, le professeur Michel Aubier tourne le dos au public. Il est assis seul, quasi immobile dans l’inconfort fessier de cette banquette en bois du palais de justice qui n’a d’égal que ces bons vieux bancs de messe. 14 juin 2017, 31e chambre correctionnelle de Paris. Alors qu’il vient tout juste de prendre sa retraite, à 69 ans, l’histoire se souviendra de lui comme de la première personne condamnée en France pour avoir menti sous serment lors d’une commission d’enquête parlementaire. Et celui par qui la question du conflit d’intérêts en médecine est arrivée dans un tribunal. Six mois de prison avec sursis et une amende de 50 000 euros.
Deux ans plus tôt, en avril 2015, le pneumologue était envoyé remplacer le directeur de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, pour répondre aux questions des sénateurs sur le coût financier de la pollution de l’air. Aux élus, le chef de service à l’hôpital Bichat (Paris) tient des propos identiques à ceux qu’il avance dans les émissions télévisées où on l’invite souvent : l’impact du diesel sur la santé est minime. Quand la pollution de l’air extérieur coûte entre 68 et 97 milliards d’euros par an en France selon les conclusions du Sénat, les dépenses liées aux pathologies respiratoires ne représenteraient, selon Michel Aubier, qu’entre 2 à 5 millions par an pour l’AP-HP. Dans ce cadre solennel du Palais du...




                        

                        


<article-nb="2018/10/10/19-8">
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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Pour le chercheur danois Philippe Grandjean, à l’image de la société 3M aux Etats-Unis, des entreprises encouragent la publication de travaux scientifiques, à condition que cela ne leur porte pas préjudice.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤                     
                                                   
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Philippe Grandjean : « La science peut être utilisée comme instrument de marketing »

Pour le chercheur danois Philippe Grandjean, à l’image de la société 3M aux Etats-Unis, des entreprises encouragent la publication de travaux scientifiques, à condition que cela ne leur porte pas préjudice.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 14h31
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
Philippe Grandjean, 68 ans, est l’une des figures de la recherche sur l’impact sanitaire des pollutions de l’environnement. Directeur du département de médecine environnementale à l’université du Danemark du Sud et professeur associé à la Harvard School of Public Health (Etats-Unis), il a témoigné en début d’année comme expert dans une affaire opposant l’Etat du Minnesota à la société 3M. Celle-ci était accusée d’avoir pollué l’environnement pendant des décennies avec une famille de substances chimiques appelées alkyls perfluorés, une classe de molécules suspectées d’être des perturbateurs endocriniens, et notamment utilisées comme imperméabilisant dans une variété de produits (téflon, revêtements anti-taches, ustensiles de cuisine, emballages, etc.). L’affaire s’est conclue, fin février, par un accord à l’amiable avec le Minnesota à qui 3M a versé quelque 850 millions de dollars de dédommagement.
Qu’apprend-on de la manière dont les grandes entreprises utilisent la science lorsqu’on témoigne comme expert à un tel procès ?
D’abord, qu’on ne sait jamais vraiment si l’ouverture et la transparence dont elles peuvent faire preuve sont réelles. Par exemple, les scientifiques de 3M avaient publié, dans une revue scientifique, une étude montrant que des ouvriers exposés à de hautes doses des composés fluorés produits par la société étaient parfaitement sains. Leurs paramètres biologiques étaient normaux. Mais 3M a dû, pour l’instruction de cette affaire l’opposant à l’Etat du Minnesota, divulguer la version de travail, c’est-à-dire le brouillon de cette étude. Et il s’est avéré que cette version préliminaire était complètement différente de ce qui avait été publié dans la revue : dans sa première version, l’étude contenait environ une vingtaine de tableaux de données où l’on constatait un lien fort entre ces produits et des dégâts sanitaires importants. Rien de tout cela n’était dans la version publiée.
En quoi cela...




                        

                        


<article-nb="2018/10/10/19-9">
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Les questionnements sur l’impact des liens d’intérêts sur les travaux scientifiques remontent à une trentaine d’années.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤                     
                                                   
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La lente prise de conscience du poids de l’argent sur la recherche

Les questionnements sur l’impact des liens d’intérêts sur les travaux scientifiques remontent à une trentaine d’années.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 11h33
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 14h29
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
L’utilisation de la science par des intérêts privés est l’une des thématiques centrales de Lobbytomie, le livre-enquête de notre collaboratrice Stéphane Horel, qui paraît jeudi 11 octobre aux éditions La Découverte (368 pages, 21,50 euros). Dans le monde académique, l’intérêt suscité par cette question – les liens d’intérêts agissent-ils sur la science ? – est récent : il ne remonte qu’à un peu plus de trois décennies. Singulièrement depuis le début des années 1990, un nombre croissant de chercheurs en sociologie et en histoire des sciences, mais aussi en nutrition, en toxicologie ou en épidémiologie, s’engagent dans des travaux visant à réexaminer les résultats ou les orientations de ces disciplines au prisme des financements et des conflits d’intérêts.

« L’une des premières tentatives de répondre scientifiquement à la question de savoir si le financement d’une étude pouvait avoir un impact sur son résultat a été une étude publiée au milieu des années 1980 dans laquelle un chercheur, Richard Davidson, a divisé en deux groupes toutes les études cliniques comparant différentes thérapies, avec d’un côté celles financées par l’industrie, et de l’autre côté, toutes les autres, raconte Sheldon Krimsky, professeur à la Tufts University de Boston (Etats-Unis), le premier à avoir formalisé la notion de « biais de financement » (funding effect en anglais) et auteur d’un ouvrage pionnier sur le sujet (La Recherche face aux intérêts privés, Les Empêcheurs de penser en rond, 2004). Sa conclusion était que les travaux sponsorisés par les industriels différaient dans leurs résultats de ceux financés par d’autres sources. »
Difficile à accepter par de nombreux chercheurs ou médecins, l’idée que la science n’est pas nécessairement souveraine a été très tôt mise à profit par divers intérêts privés. De nombreux travaux d’histoire des sciences montrent sans ambiguïté, à partir d’archives industrielles, que les...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Une campagne de mesure vient de regrouper plusieurs scientifiques en Corse. L’objectif ? Mieux saisir la formation des éclairs.
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La foudre, objet d’étude indomptable

Une campagne de mesure vient de regrouper plusieurs scientifiques en Corse. L’objectif ? Mieux saisir la formation des éclairs.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 15h26
    |

                            Vahé Ter Minassian (Solenzara (Corse), envoyé spécial)








                        



                                


                            
Dans la salle de briefing de la base aérienne 126 de Solenzara, le brouhaha des hélicoptères militaires a couvert la voix des civils. Haussant le ton, Roxane Désiré ­reprend sa présentation des prévisions météo pour la semaine à venir. Sale temps, pour les chasseurs d’éclairs : il va faire beau ! « Il n’y a, dit-elle, aucun risque sérieux d’orage sur la Corse pour les cinq jours à venir. »
Enseignante à l’Ecole nationale de météorologie de Toulouse, Roxane Désiré est venue participer, avec deux étudiants, à Exaedre, une campagne de mesure atmosphérique qui mobilise durant un mois, en Corse, l’avion de recherche Falcon 20 de l’unité Safire du CNRS, de Météo-France et du CNES. L’objectif est excitant. Il s’agit d’enquêter sur un phénomène familier et hautement spectaculaire : la foudre.
La foudre ? Son explication semblait pourtant un secret éventé de longue date… Celle donnée par les météorologues s’appuie sur l’hypothèse d’une cellule orageuse faite de cumulonimbus qui, sous l’effet cumulé des courants d’air internes, du vent et des entrechoquements de cristaux de glace et d’hydrométéores de multiples familles, se chargent en électricité statique dans certaines zones. Lorsque la différence de potentiel électrique entre ces diverses parties de nuage devient importante, survient une décharge : un éclair.
Physiciens de l’atmosphère
« Sauf que le détail de ce mécanisme est encore mal connu », indique Eric Defer, chargé de recherche au CNRS au laboratoire d’aérologie à Toulouse et responsable scientifique du projet Exaedre. Le processus d’électrisation des nuages, la façon dont ces derniers évoluent en fonction des espèces d’hydrométéores qui les constituent, ou la manière dont la foudre se déclenche, puis se propage, parfois en direction du sol, mais le plus souvent, neuf fois sur dix, en altitude, sont autant de mystères peu éclaircis par les physiciens de l’atmosphère. « Or, les éclairs sont associés à un risque. Ils...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Pour lutter contre le réchauffement de la planète, il faudra aussi freiner la croissance démographique, estime ce collectif de scientifiques dans une tribune au « Monde ».
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Climat : « Freiner la croissance de la population est une nécessité absolue »

Pour lutter contre le réchauffement de la planète, il faudra aussi freiner la croissance démographique, estime ce collectif de scientifiques dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 11h12
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                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Ces dernières semaines, depuis la démission de Nicolas Hulot, les manifestes et articles dans les journaux se multiplient pour tirer la sonnette d’alarme et appeler les pouvoirs publics à engager une action vigoureuse et immédiate en faveur de l’environnement : réduire notre consommation d’énergie polluante et notre production de déchets, accroître l’efficacité environnementale de nos modes de production, etc.
Mais il est frappant de constater que la croissance démographique est la grande absente de ces prises de position : on fait comme si démographie et environnement étaient deux sujets séparés, alors qu’ils sont indissociablement liés.
En effet, si les efforts pour améliorer l’efficacité environnementale des pays développés restent la première priorité à court terme, à moyen et long terme, les effets combinés de la croissance à venir de la population et de l’augmentation inéluctable de la consommation par habitant (à la fois dans les pays développés et encore plus dans les pays en voie de développement) conduisent à une véritable catastrophe pour notre planète : destruction de la biodiversité, ressources en eau menacées, montée des eaux par fonte des glaciers, raréfaction des ressources halieutiques, épuisement et salinisation des terres cultivées, réchauffement de plus de 5 °C en 2100 en France avec des pointes à plus de 50 °C, déplacements massifs de populations.

Pour éviter cette catastrophe il faudra, donc, et avant tout dans les pays développés, réduire fortement nos émissions de gaz à effet de serre : c’est la transition énergétique. Mais on ne pourra pas faire l’impasse sur une réduction importante de l’accroissement de la population mondiale : c’est la transition démographique, non achevée dans bien des régions du monde.
11,2 milliards d’humains en 2100 ?
La population mondiale a déjà crû de façon exponentielle : elle est passée de 2 à 7,6 milliards entre 1950 et 2017 ! Les dernières prévisions...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Dans une tribune adressée au « Monde », des scientifiques s’inquiètent de la volonté d’institutions de recherche européennes de ne financer que les travaux publiés dans des revues sans abonnement.
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Publications scientifiques : les pièges du « Plan S »

Dans une tribune adressée au « Monde », des scientifiques s’inquiètent de la volonté d’institutions de recherche européennes de ne financer que les travaux publiés dans des revues sans abonnement.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 13h37
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Depuis environ 350 ans, les articles scientifiques sont publiés dans des revues spécialisées, mises à la disposition des chercheurs par les bibliothèques universitaires. La particularité de ces revues réside dans deux aspects : le premier concerne les comités de lecture, le second est le coût faramineux de leur abonnement. Les comités de lecture contrôlent la qualité scientifique des publications en vérifiant la rigueur des résultats et des conclusions afférentes, ce qui permet d’éviter les comportements non conformes à l’éthique.
Le second point est évidemment problématique et la communauté scientifique tente, depuis l’apparition des réseaux numériques, de se défaire des éditeurs qui cherchent à maximiser leurs profits dans ce secteur. La marge brute du leader dans ce domaine (Elsevier) est de 37 % en 2017. L’Union européenne a donc décidé d’agir et de construire un cadre pérenne afin d’aider les échanges entre chercheurs.
Le nouveau cadrage de l’Union européenne s’appelle « Plan S » et prévoit d’exiger, d’ici à janvier 2020, que les résultats de recherche soient publiés dans des journaux scientifiques en libre accès pour les lecteurs (mais demandant aux auteurs des frais de publication), alors que, pour la plupart, ils sont aujourd’hui accessibles seulement après une souscription par abonnement. Un point important de ce bouleversement numérique est que les auteurs des articles scientifiques conserveront leurs droits d’auteurs. Cela semble donc idéal.

Pourtant, ce n’est pas le cas. Tout d’abord, cette transition doit se faire en moins de dix-huit mois, ce qui est pour le moins court en temps scientifique (un article peut prendre plusieurs années entre sa conception originelle et sa publication). Surtout, les chercheurs financés par les programmes de recherche adhérant au Plan S n’auront pas d’autre choix que de publier dans le cadre du Plan S, c’est-à-dire dans des revues complètement en accès libre.
Or...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Vingt-cinq ans après le dernier recencement, une nouvelle mission étudie la biodiversité des quelque 600 km2 du lagon de Koumac. Un travail de fourmi.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/10/2018
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En Nouvelle-Calédonie, un récif baromètre de la biodiversité

Vingt-cinq ans après le dernier recencement, une nouvelle mission étudie la biodiversité des quelque 600 km2 du lagon de Koumac. Un travail de fourmi.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 17h20
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 11h08
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                            Yann Chavance (Koumac (Nouvelle-Calédonie)








                        



                                


                            

Chaque jour, le même rituel. Dans l’ancienne pêcherie du port de Koumac, dans le nord de la Nouvelle-Calédonie, la salle centrale reconvertie en salle des opérations est le lieu d’un casse-tête quotidien : organiser la journée du lendemain. Les équipes du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), aux manettes d’une mission scientifique de grande ampleur montée grâce à des fonds privés et publics calédoniens, doivent établir le programme d’une quarantaine de chercheurs, plongeurs, naturalistes, pilotes de bateau, bénévoles…
Devant les cartes de la région couvrant les murs, il faut jongler avec les horaires des marées, les capacités de chaque bateau, les conditions météo ou encore les sites déjà explorés. Dans un coin de la pièce, le grand tableau blanc qui toise les chercheurs penchés sur leurs échantillons se remplit peu à peu de noms, chacun assigné à un horaire, un bateau et un lieu.
Durant tout le mois de ­septembre, l’équipe a passé au peigne fin plus de 600 kilomètres carrés dans le lagon de Koumac, à pied ou en plongée. C’est ainsi, par le truchement du tableau blanc, que le lendemain matin une petite embarcation à moteur est envoyée à la dé­couverte d’un îlot désert, situé plus au nord dans le lagon. A bord, un spécialiste russe fait face à un chercheur allemand, assis à côté d’un Japonais luttant encore contre le sommeil. En tout, onze nationalités se côtoient pendant la mission.
Etude la plus complète possible
Après 45 minutes de traversée à peine ralentie par le passage à proximité d’une baleine curieu­se, l’embarcation coupe le moteur à quelques mètres du rivage. Tout l’équipage se précipite alors à l’eau, commençant à inspecter minutieusement les rochers le long de la plage, laissés découverts par la marée basse. Ils n’au­ront que deux heures avant que l’eau remonte, deux heures pour soulever chaque pierre et y déloger la moindre petite crevette, le moindre coquillage, qui finira sa course dans un seau ou un pot en plastique.
« Pour...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Le récif néo-calédonien avait déjà fait l’objet d’une expédition naturaliste en 1993. C’était la première d’une série de missions du Muséum national d’histoire naturelle pour inventorier des zones riches en biodiversité.
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Biodiversité : dans le lagon de Koumac, il y a 25 ans

Le récif néo-calédonien avait déjà fait l’objet d’une expédition naturaliste en 1993. C’était la première d’une série de missions du Muséum national d’histoire naturelle pour inventorier des zones riches en biodiversité.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 17h20
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 17h23
    |

                            Yann Chavance








                        



                                


                            
Il y a tout juste un quart de siècle, Koumac était déjà pris d’assaut par des chasseurs de mollusques, venus en ce mois d’octobre 1993 en comité restreint. « Avec à peine quinze personnes, ce n’était pas encore l’usine, l’ambiance était presque familiale, se rappelle Virginie Héros, l’une des seules scientifiques du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) à avoir participé aux deux missions de Koumac. A l’époque, la Nouvelle-Calédonie avait connu des campagnes scientifiques en eau profonde, nous voulions donc compléter en étudiant les espèces du littoral. »

En ce début des années 1990, alors que la communauté scientifique commençait à peine à prendre conscience du nombre faramineux d’espèces encore à découvrir, de tels inventaires de biodiversité restaient très marginaux. Il faudra attendre encore près de quinze ans pour que le MNHN lance conjointement avec l’ONG Pro-Natura le programme « La Planète revisitée », visant à recenser les espèces dans les zones les plus riches en biodiversité (Vanuatu, Madagascar, Papouasie…). Pour ces différentes missions, le professeur au MNHN Philippe Bouchet assure que tout est parti de Koumac, en 1993. « C’était l’expédition fondatrice, autant au niveau des méthodes que des objectifs. Depuis, nous avons amélioré notre fonctionnement, mais l’esprit est resté le même. »
Collecte d’espèces inconnues
De tous les inventaires menés par le Muséum, « Koumac 1993 », plus modeste, est le seul à avoir vu ses échantillons entièrement triés. En 2002, soit neuf ans après la phase de terrain, une publication scientifique est ainsi venue officialiser les résultats de cette première collecte à Koumac : sur les 42 zones de prélèvements de la mission, exactement 127 652 spécimens furent collectés, représentant 2 738 espèces de mollusques, dont plusieurs encore inconnues à l’époque.
Mais au-delà des chiffres, cette publication scientifique a révélé de nombreuses données...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Durant tout le mois de septembre, une quarantaine de chercheurs, naturalistes et plongeurs a passé au peigne fin le lagon de Koumac, en Nouvelle-Calédonie, pour dresser un inventaire des mollusques et des crustacés qui y évoluent.
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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ L’organisme a rendu le 3 octobre ses conclusions sur l’« affaire Voinnet-Dunoyer », qui empoisonne la recherche française depuis 2015. En cause, la fabrication illicite d’images, plus grave encore que la falsification.
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Deux biologistes sanctionnés par le CNRS

L’organisme a rendu le 3 octobre ses conclusions sur l’« affaire Voinnet-Dunoyer », qui empoisonne la recherche française depuis 2015. En cause, la fabrication illicite d’images, plus grave encore que la falsification.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 16h15
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 14h03
    |

            Hervé Morin et 
David Larousserie








                        



                                


                            
Quatre ans après ses débuts, une complexe histoire d’inconduite scientifique dans un laboratoire de biologie du CNRS a trouvé un épilogue le 3 octobre. Deux ­directeurs de recherche du CNRS, Olivier Voinnet et Patrice Dunoyer, sont sanctionnés pour « méconduite scientifique », annonce l’organisme de recherche dans un communiqué. Fait inhabituel, leurs noms sont non seulement révélés, mais aussi avant même la publication des décisions dans le Bulletin officiel du CNRS.
La décision du CNRS fait suite à une quatrième enquête menée conjointement avec l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (ETHZ, où Olivier Voinnet est détaché depuis 2010) entre septembre 2016 et janvier 2018 et qui porte sur des articles présentant leurs travaux sur les petits ARN. Deux autres enquêtes, en 2015, avaient été lancées indépendamment par les deux organismes. Et une, en 2016-2017, par l’université d’East Anglia (Royaume-Uni), où Olivier Voinnet avait fait sa thèse à la fin des années 1990, qui vient de conclure à une absence de « malhonnêteté de sa part » mais qui demande des corrections dans le manuscrit.
Côté CNRS, Olivier Voinnet écope donc d’un blâme (la sanction la plus faible de l’échelle, après l’avertissement) pour sa responsabilité de chef de groupe. Patrice Dunoyer, en détachement au ­secrétariat général de la province Sud de la Nouvelle-Calédonie ­depuis juin 2018, est rétrogradé d’un échelon pour une « responsabilité avérée » dans des retouches illicites d’images.
Images fabriquées
Le CNRS précise au Monde que cet ancien chef d’équipe à l’Institut de biologie moléculaire des plantes (IBMP) de Strasbourg est également automatiquement suspendu onze mois, puisque lors d’un précédent conseil de discipline, en 2015, il avait eu douze mois de suspension, dont onze avec sursis. A l’époque, son collègue Olivier Voinnet avait, lui, été suspendu deux ans par le CNRS, tandis que l’ETHZ lui avait donné un avertissement. Début...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Bien avant les humains, ces insectes ont bâti des champignonnières et les ont protégées grâce à des bactéries naturelles.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/10/2018
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Les fourmis, premières agricultrices bio

Bien avant les humains, ces insectes ont bâti des champignonnières et les ont protégées grâce à des bactéries naturelles.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 06h35
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            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Zoologie. Tous les livres d’histoire s’y accordent : l’agriculture a été inventée il y a quelque 10 000 ans, quelque part entre l’Anatolie et le Moyen-Orient, sonnant le début de l’ère néolithique. Pourtant, tous les livres se trompent.
Bien avant notre espèce, il y a quelque 57 millions d’années, un groupe de fourmis a commencé à cultiver des champignons afin de s’en nourrir. Et il a fait des petits. Aujourd’hui, pas moins de 200 espèces de fourmis attines, réparties sur l’ensemble de l’Amérique latine, ont adopté cette pratique.

Variété des techniques
Des paysannes, vraiment ? Hongjie Li, chercheuse à l’université du Wisconsin à Madison (Etats-Unis), est habituée à la question. « Typiquement, un paysan prépare un substrat, plante une semence, attend que la récolte soit prête, puis moissonne et conserve les meilleurs plants pour l’année suivante, le tout accompagné d’un programme de contrôle des nuisibles, détaille-t-elle. Eh bien, c’est exactement ce que fait la fourmi. »
La révélation ne date d’hier. En 1874, le naturaliste britannique Thomas Belt, de retour du Nicaragua, décrivait les champignonnières érigées par les fourmis attines. D’autres après lui ont montré la variété des techniques employées.
« Certaines espèces rassemblent des déjections de chenilles et des déchets verts, des cadavres d’insectes ou d’arthropodes, décrit Hongjie Li. D’autres vont découper des morceaux de plantes vivantes qu’elles rapportent au nid. » La marchandise est alors préparée par des ouvrières spécialisées qui inoculent leur précieuse moisissure afin qu’elle prospère, « en contrôlant constamment l’humidité et la température, et en protégeant la récolte contre les attaques de pathogènes », précise la chercheuse.
Un pacte avec des bactéries
Dans un article publié dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences américaine (PNAS), le 3 octobre, la biologiste...




                        

                        


<article-nb="2018/10/10/19-18">
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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Artisan des Consultations jeunes consommateurs ou encore des premières salles de shoot, ce psychologue clinicien milite depuis vingt ans pour améliorer la prise en charge des addictions.
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Jean-Pierre Couteron, accro à l’addictologie

Artisan des Consultations jeunes consommateurs ou encore des premières salles de shoot, ce psychologue clinicien milite depuis vingt ans pour améliorer la prise en charge des addictions.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 13h40
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            Pascale Santi








                        



                                


                            

Il peut tout à la fois citer Georges Canguilhem et Jacques Higelin… A la fin du discours de Jean-Pierre Couteron, le 24 mai à la Cité des sciences et de l’industrie, à Paris, lors des 8e Journées nationales de la fédération Addiction, la salle est debout et l’ovationne. Près de 1 500 personnes. L’émotion est palpable. Ce jour-là, il a un lumbago, la voix un peu cassée, mais il livre durant une demi-heure un discours brillant sur l’homme augmenté.
S’il a passé la main en tant que président de la fédération Addiction – un réseau de 210 associations –, le 5 juillet, au ­psychiatre bordelais Jean-Michel Delile, Jean-Pierre Couteron reste au conseil d’administration de la fédération, et occupe une fonction de porte-parole. Il commence aussi un enseignement au Conservatoire national des arts et ­métiers (CNAM). Le tout en poursuivant son activité clinique au centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie et à la Consultation jeunes consommateurs (CJC) de l’association Oppelia de Boulogne-Billancourt, où il exerce depuis quatre ans.
C’est l’homme de trois grandes batailles. D’abord pour les jeunes. Il a été l’un des artisans des CJC. Entre la prévention et le soin, ce dispositif né en 2004 pour les consommateurs de cannabis s’est élargi aux autres addictions. Jean-Michel Delile se souvient : « Il y a une vingtaine d’années, Jean-Pierre, alors jeune psychologue, nous bousculait en nous parlant des expériences menées en Australie. C’était un véritable précurseur. »
Son deuxième combat, moins médiatique : l’ouverture des communautés thérapeutiques. Ce modèle décrié est peu connu. Il en existe aujourd’hui une dizaine en France. Il est selon lui « nécessaire de disposer d’une palette de réponses en addictologie ». Son propre parcours, analytique, est ouvert à d’autres approches.
Première salle de shoot
Enfin, troisième croisade, la réduction des risques. Malgré l’hostilité politique, il s’est...




                        

                        


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