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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ La journaliste Julia Pascual et le photographe Samuel Gratacap ont passé quinze jours à bord du navire de SOS Méditerranée. Ils ont répondu aux questions d’internautes lors d’un tchat du « Monde ».
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« En septembre, l’“Aquarius” n’a porté secours qu’à cinquante-huit personnes »

La journaliste Julia Pascual et le photographe Samuel Gratacap ont passé quinze jours à bord du navire de SOS Méditerranée. Ils ont répondu aux questions d’internautes lors d’un tchat du « Monde ».



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 17h26
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 17h48
   





                        


La journaliste du Monde Julia Pascual et le photographe Samuel Gratacap ont passé quinze jours à bord du navire de SOS Méditerranée, l’Aquarius, au large de la Libye. Mercredi 10 octobre, ils ont répondu aux questions d’internautes.

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Charles : Pourriez-vous nous expliquer le problème avec le pavillon ? Pourquoi le bateau ne pourrait pas, par exemple, battre pavillon français ?
Julia Pascual : Le problème avec le pavillon de l’Aquarius est le suivant : le navire humanitaire l’a perdu deux fois en l’espace d’un mois. Il a d’abord été lâché par Gibraltar, puis par le Panama, alors qu’il réalisait sa mission de recherche et de sauvetage au large de la Libye. Dans un communiqué de presse, l’Etat d’Amérique centrale a justifié sa démarche, expliquant en particulier que l’Italie lui avait signalé que le bateau ne respectait pas le droit international. C’est donc une démarche essentiellement politique. Un pavillon est l’équivalent d’une plaque d’immatriculation pour une voiture. On ne peut pas naviguer sans.

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Bertrand : Pourquoi a-t-on le sentiment qu’il n’y a pas de départ des côtes libyennes lorsque l’« Aquarius » n’est pas en mer ?
Julia Pascual : Peut-être ce sentiment est-il dû au fait que ces départs ne sont pas médiatisés, parce que les migrants sont interceptés par les gardes-côtes libyens, ou par des navires commerciaux. Pour rappel, il y a eu environ 22 300 arrivées en Europe, au départ de la Libye, en 2018, et environ 14 000 interceptions par les gardes-côtes libyens.
Edge : Pourquoi l’équipage de l’« Aquarius » n’est-il pas encore aux arrêts pour complicité de traite humaine avec les passeurs ?
Julia Pascual : L’équipage n’est pas arrêté tout simplement parce qu’il ne se rend pas coupable de complicité de traite humaine. Il réalise des sauvetages en mer, de personnes en détresse, sous la coordination des autorités compétentes, à savoir presque exclusivement le centre italien de coordination des sauvetages en mer (MRCC Rome, de février 2016 à l’été 2018), et, depuis juin, le centre libyen de coordination des sauvetages (JRCC Tripoli), dont la compétence a été reconnue par l’Organisation maritime internationale.
Alex : Pourquoi le bateau va-t-il chercher les migrants si près de la côte libyenne — car ce n’est plus de sauvetage en pleine mer que l’on parle mais bien d’aller chercher les migrants à 20 km de la Libye ? Et pourquoi ces migrants sont-ils ramenés en Europe et pas sur les côtes des pays africains proches (qui ne sont pas en guerre).
Julia Pascual : L’Aquarius patrouille au large de la Libye car les départs en mer ont lieu des côtes libyennes. En revanche, l’Aquarius n’entre pas dans les eaux territoriales libyennes (de 0 à 12 milles marins). Il reste même au-delà de 24 milles marins de la Libye, soit l’équivalent d’environ 45 kilomètres.
Bertrand : Si l’« Aquarius » restait vraiment au-delà des limites des eaux territoriales libyennes, comment se fait-il qu’il y ait des accrochages avec les gardes-côtes ?
Julia Pascual : Parce que les gardes-côtes interviennent au-delà de leurs eaux territoriales.
Allie : Y a-t-il une collaboration ou un dialogue quelconques entre l’« Aquarius » et les gardes-côtes libyens ? Ont-ils été amenés à collaborer ?
Julia Pascual : Oui, tout à fait. Depuis que les autorités maritimes libyennes ont été reconnues comme étant compétentes dans les eaux internationales au large du pays — c’est-à-dire dans ce qu’on appelle la « zone de recherche et de sauvetage » — l’Aquarius prend contact avec les Libyens dès qu’il a connaissance de la présence d’une embarcation en détresse. Pour les informer et les laisser coordonner. Cependant, dans le blog A bord de l’Aquarius, nous relatons une altercation assez virulente entre l’Aquarius et les Libyens.
Pascal : Combien de migrants a « déposés » l’« Aquarius » ? Cette question pour voir le ratio entre les arrivées et la participation du bateau ?
Julia Pascual : En septembre, l’Aquarius a porté secours à cinquante-huit personnes. En août, lors de sa précédente mission, il en avait secouru cent quarante et une.
MarieM : Que ressentez-vous après quinze jours passés sur l’« Aquarius » en tant que journaliste, et citoyenne ? Est-il possible de prendre une distance professionnelle, et si oui comment gérez-vous cette prise de distance ?
Samuel Gratacap : Je suis venu avec beaucoup d’interrogations. Ces quinze jours à bord de l’Aquarius m’ont permis d’y répondre en partie, de poser mon regard sur le travail des humanitaires et de comprendre les trajets des personnes secourues.
liolio : Comment était l’ambiance sur le bateau, lors du transbordement aux autorités maltaises ?
Samuel Gratacap : L’ambiance était assez troublante : cinq jours d’attente dans les eaux internationales, puis ce vaisseau des gardes-côtes qui arrive avec des hommes vêtus de combinaisons, de gants en plastique et de masques. Du côté des personnes secourues, l’incertitude aussi.
Elise Bérimont : M. Gratacap, pensez-vous que l’image puisse restituer une part de la complexité de leur parcours, de ce qui se joue là et si oui pourquoi ?
Samuel Gratacap : J’ai tenté de restituer au mieux la mission de l’Aquarius en réalisant des photographies des sauvetages, mais aussi en documentant la vie quotidienne à bord, les portraits des humanitaires, les à-côtés. Les parcours sont complexes et ce sont surtout les moments de tensions et d’attente qui m’ont inspiré.
Trachox : Pensez-vous vraiment que les personnes concernées auraient entrepris ce voyage sur une coque de noix si elles n’avaient pas eu l’espoir de tomber sur l’« Aquarius » ou autre ? Dans ce cas, le navire participe bien à l’appel d’air et aux naufrages constatés lorsqu’il n’est pas là. Enfin, si la Libye est reconnue compétente pour sa ZRS (par qui ?), elle l’est pour la coordination des secours et donc pour la désignation du port de débarquement. Soit on joue la carte juridique, soit éthique, mais on ne mélange pas les deux, pour éviter la confusion.
Julia Pascual : Compte tenu du nombre de morts en Méditerranée centrale, on peut difficilement avancer l’idée que des gens prennent la mer en comptant sur le fait d’être secourus. Près de quinze mille personnes se sont noyées depuis 2014 sur cette route migratoire, qui est la plus meurtrière dans le monde. Le nombre de traversées n’est pas corrélé à la présence de bateaux (humanitaires ou autres) dans la zone. L’opération « Mare Nostrum », menée en 2014 par la marine italienne et qui a secouru cent soixante-dix mille personnes en un an, par exemple, n’a pas eu d’incidence sur les départs.
Pour la deuxième partie de la question, la Libye est compétente pour coordonner les secours (dixit l’OMI) mais elle n’est pas un port sûr (dixeunt le HCR, l’OIM et tout récemment le ministre des affaires étrangères italien). C’est un des paradoxes de la situation actuelle, à mon sens, mais ce n’est pas une opposition entre le droit et l’éthique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Après des mois de concertation, le gouvernement a dévoilé mercredi ses premiers arbitrages sur le futur système « universel » de retraite.
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Réforme des retraites : le gouvernement abat ses premières cartes

Après des mois de concertation, le gouvernement a dévoilé mercredi ses premiers arbitrages sur le futur système « universel » de retraite.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 17h13
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 17h44
   





                        



   


Après des mois de concertation sur le futur système « universel » de retraite voulu par Emmanuel Macron, le gouvernement a dévoilé ses premiers arbitrages, mercredi 10 octobre, ce qui a satisfait la plupart des partenaires sociaux, sans dissiper toutes leurs craintes. C’est Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire chargé de piloter ce dossier, qui a exposé les grands principes, au cours d’une « réunion multilatérale » organisée au ministère des solidarités et de la santé.
Plusieurs de ses annonces confirment des pistes évoquées durant la campagne présidentielle ou au cours de la période récente. Ainsi, l’âge auquel les personnes pourront réclamer le versement de leur pension reste fixé à 62 ans. Il s’agira d’un système en points (et non en annuités, comme à l’heure actuelle), que les assurés accumuleront tout au long de leur vie professionnelle (aujourd’hui, seules sont prises en compte les vingt-cinq meilleures années, en matière de rémunération, pour le régime de base des salariés du privé).

        Décryptage :
         

          Qu’est-ce que la « retraite par points » proposée par Emmanuel Macron ?



Des points supplémentaires (entraînant une hausse de la pension) seront accordés dès le premier enfant, ce qui constitue une nouveauté (aujourd’hui, ce type d’avantage n’est prévu qu’à la troisième naissance). Le financement du système sera assuré par des cotisations sur les revenus et salaires que les personnes ont perçus, dans la limite de 120 000 euros brut par an, ce qui constitue un seuil élevé englobant plus de 90 % des actifs.
Rassurer les interlocuteurs
L’exécutif a tenté de rassurer ses interlocuteurs en rappelant que les pensions de réversion seront maintenues, tout comme le minimum de pension pour les bas salaires et les carrières hachées. Idem s’agissant des mesures de solidarité qui existent aujourd’hui pour « les interruptions d’activité », comme le chômage, l’invalidité, la maladie ou la maternité.
A l’issue de la rencontre, le secrétaire général de FO, Pascal Pavageau, s’est dit « satisfait » d’avoir obtenu « plus d’éléments concrets que lors des six derniers mois », même s’il réclame toujours « que soient faites des simulations » sur des cas pratiques. Un état d’esprit partagé par le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, « relativement satisfait dans l’ensemble », bien qu’il juge « indispensable » que le futur système de retraite « prenne en compte l’espérance de vie et d’éventuels gains de productivité ».

        Notre analyse (édition abonnés) :
         

          Retraites, une réforme explosive aux multiples inconnues



M. Roux de Bézieux continue de plaider pour un mécanisme « qui peut être l’âge pivot », afin d’inciter les Français à travailler plus longtemps. Son propos fait référence aux règles adoptées pour les retraites complémentaires du privé : à partir de 2019, les personnes affiliées à ces régimes subiront, pendant trois ans, une baisse de leur pension complémentaire si elles partent à la retraite avant un certain âge (qui peut varier de 63 à 67 ans, suivant les cas).
Déminer les dossiers délicats
Le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, a salué « une réunion utile » qui a permis de mettre sur la table « un certain nombre d’éléments arbitrés ». Vice-présidente de la CFTC, Pascale Coton a estimé, elle, avoir « été entendue » sur les « mécanismes de solidarité ». A l’inverse, et sans surprise, la CGT n’est « pas favorable à ce projet », qui « fera baisser » les futures pensions « à un niveau proche du seuil de pauvreté pour beaucoup », selon Catherine Perret.
Beaucoup d’aspects de ce dossier ultrasensible restent à négocier, notamment la transition entre les 42 régimes de retraite actuels et le futur système « universel ». La réforme ne s’appliquera ni aux retraités actuels ni à « ceux qui seront à moins de cinq ans de l’âge de départ au moment de l’adoption de la loi », selon M. Delevoye.

        Notre article interactif :
         

          Ce que la réforme des retraites va changer pour vous



A court terme, le calendrier reste incertain : la concertation « nous amène déjà en avril-mai », a reconnu le haut-commissaire. Le texte que le chef de l’Etat voulait voir « voté au premier semestre » pourrait donc être déposé après les élections européennes, pour une adoption « dans le courant de l’année 2019 ». Un délai nécessaire pour déminer des dossiers délicats, comme les régimes spéciaux, les carrières longues, ou encore le sort des dizaines de milliards d’euros de réserves financières des régimes complémentaires, qui sont appelés à disparaître.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Didier Maus, spécialiste en droit constitutionnel, explique les risques en cas de faux témoignage devant la commission d’enquête parlementaire.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤      googletag.cmd.push(function(){googletag.display("cover");});              En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Didier Maus, spécialiste en droit constitutionnel, explique les risques en cas de faux témoignage devant la commission d’enquête parlementaire.       Propos recueillis par  Faustine Vincent  Publié aujourd’hui à 15h48, mis à jour à 17h19   Lecture 4 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail                          L’ancien chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, lors de son audition au Sénat le 19 septembre. THIBAULT CAMUS / AP              Devant la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Alexandre Benalla, dont la dernière audition s’est tenue mercredi 10 octobre au Sénat, les protagonistes ont témoigné sous serment, en jurant de dire « toute la vérité, rien que la vérité ». Des contradictions sont pourtant apparues au fil des semaines dans le propos de certains d’entre eux, laissant planer le doute sur leur sincérité. Que risquent-ils s’ils ont menti aux députés ?            Lire aussi Affaire Benalla : des non-dits qui en disent long devant les sénateurs              Dans le droit anglo-saxon, le parjure est un délit qui consiste à mentir ou à produire un faux témoignage par écrit, sous serment, notamment devant un tribunal. En France, le délit de parjure n’existe pas. Sa création avait été évoquée en 2013 après l’affaire Cahuzac, et une proposition de loi avait été déposée en ce sens à l’Assemblée nationale. Mais l’idée n’a pas été retenue au motif que la loi sur le faux témoignage « fait sous serment devant toute juridiction ou devant un officier de police judiciaire » existe déjà, et qu’il suffisait donc de l’appliquer aux témoignages prononcés devant l’Assemblée nationale ou le Sénat.           Jusqu’à présent, seule une personne a été condamnée pour faux témoignage devant des parlementaires : le pneumologue Michel Aubier, condamné en première instance en 2017 à six mois de prison avec sursis et 50 000 euros d’amende pour avoir menti sur ses liens avec le groupe Total. Malgré les contradictions chez certains témoins dans l’affaire Benalla, les parlementaires de la commission d’enquête ne devraient pas pointer d’éventuels faux témoignages dans leur rapport, selon les informations du Monde.            Lire aussi Quels pouvoirs pour la commission d’enquête parlementaire ?              Le président émérite de l’Association française de droit constitutionnel, Didier Maus, détaille les raisons pour lesquelles les accusations de faux témoignage devant des parlementaires sont si rares en France.           Que risque-t-on si l’on ment sous serment devant une commission d’enquête parlementaire ?      La suite après cette publicitégoogletag.cmd.push(function(){googletag.display("inread");});       Quand on prête serment, on doit dire la vérité. Le délit de « faux témoignage » est passible de cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende.           Pour qu’une condamnation soit prononcée, le président de la commission d’enquête doit d’abord acquérir la conviction que la personne entendue a menti, soit parce que des éléments de son propos sont en contradiction évidente avec la réalité, soit par omission. Le président du Sénat doit ensuite saisir le procureur de la République, lequel appréciera s’il faut ouvrir une enquête ou non.            Lire aussi Affaire Benalla : le couple molesté le 1er mai livre sa version              Jusqu’ici, seul le pneumologue Michel Aubier a été condamné pour faux témoignage devant des parlementaires. Est-ce le signe d’un dysfonctionnement ?           Il faut être très prudent. Cette première condamnation est très importante sur le plan symbolique. On ne peut pas dire que la procédure ne fonctionne pas, puisqu’elle a déjà fonctionné. Elle peut de nouveau être actionnée, à condition qu’il y ait matière à…           Les accusations d’omission ou de faux témoignage doivent reposer sur des éléments substantiels. Dans l’affaire Benalla, un certain nombre de personnes arriveront à relever des contradictions lors des auditions. Mais une contradiction suffit-elle à dire qu’il s’agit d’un faux témoignage ? Ce n’est pas évident. La mémoire peut être défaillante.           D’autres éléments expliquent-ils le fait qu’il n’y ait pas eu d’autres condamnations ?           Oui. D’abord, parce qu’une commission d’enquête n’est pas une instruction judiciaire. On cherche à comprendre une situation, les procédures liées à des politiques publiques ou à des événements, mais on ne cherche pas à déterminer des responsabilités individuelles pénales. C’est une différence fondamentale.           Contrairement à une instruction judiciaire, il n’y a pas non plus de confrontation, même si rien ne l’interdit. Cela peut parfois donner lieu à des auditions un peu surréalistes, où un propos étonnant ne fera pas l’objet d’une relance pour autant.           Le fait que les auditions soient publiques joue également un rôle. Nous ne sommes pas dans le secret du cabinet d’un juge d’instruction. Les parlementaires réfléchissent donc à deux fois avant de s’exposer en prenant la parole. Enfin, une commission d’enquête agit et fonctionne dans un milieu politique, où l’opposition est présente. Cela conduit certains parlementaires à s’autocensurer ou à ne pas pousser les personnes auditionnées dans leurs retranchements si cela peut nuire à leur intérêt politique.            Lire aussi La justification bancale d’Alexandre Benalla pour défendre son port d’arme              Aux Etats-Unis, les accusations de faux témoignage devant des parlementaires sont plus fréquentes. Comment expliquer cette différence ?           Aux Etats-Unis, le prestige du Congrès est beaucoup plus fort que celui du Parlement français. Il représente l’égalité des Etats et est fondateur du pacte américain : la Constitution des Etats-Unis, adoptée en 1787, a une forte considération pour le système législatif, ciment de l’unité américaine. En France, notre histoire est plus troublée, plus complexe.           La dimension morale et religieuse, beaucoup plus forte aux Etats-Unis qu’en France, entre aussi en compte dans la façon dont le parjure est considéré là-bas. Je rappelle que le président américain prête serment sur deux textes : la Constitution et la Bible.            Lire aussi Affaire Benalla : les six failles des réponses de Gérard Collomb              La façon dont le mensonge est considéré dans la sphère publique a-t-elle évolué en France ?           Oui. Il y a eu, ces dernières années, une prise de conscience très forte de la société. Les débats sur la transparence politique [après l’affaire Cahuzac] ont joué un rôle important. L’arsenal législatif sur le contrôle de la vie publique, comme sur les conflits d’intérêts par exemple, s’est considérablement étoffé. L’exigence d’honnêteté et de respect de la parole publique est plus forte que jamais, et les Français admettent beaucoup moins qu’avant l’existence de zones d’ombre, ou le mensonge par omission. Mais dans le cas de l’affaire Benalla, je ne sais pas ce sur quoi cela peut déboucher concrètement.             Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla          Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er Mai.             Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit de l’ascension mystérieuse de cet homme.Benalla, Mizerski, Crase..., qui sont les personnages-clés de l’affaire ?Que s’est-il passé précisément place de la Contrescarpe ? Retour sur le déroulement des événements.A l’Assemblée, une commission d’enquête présidée par la députée LRM Yaël Braun-Pivet a mené des auditions. Une semaine plus tard, l’opposition claque la porte accusant l’Elysée de vouloir « torpiller » les travaux.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée et le gouvernement a dû faire face à deux motions de censure de l’opposition, toutes deux rejetées.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés, dans un discours que nous avons décrypté point par point.Affaire d’Etat ou non ? Oui, car il y a eu dissimulation estiment certains ; non, car l’Etat n’as pas commis d’acte délictueux, avancent d’autres.Les auditions des gardes à vue de M. Benalla et des quatre autres personnes mises en examen ont permis d’éclairer les faits qui leur sont reprochés.Plus d’une semaine après les révélations du Monde, l’ex-chargé de mission de l’Elysée Alexandre Benalla a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.                     googletag.cmd.push(function(){googletag.display("pave_haut");});                 Annonces immobilières avec Logic-Immo           Paris (75015) 1390000 € 115 m2           PARIS 09 (75009) 1550000 € 145 m2           PARIS 17 (75017) 3120000 € 241 m2      Recherche                    Faustine Vincent       Voir les réactions     Dans la même rubrique                 Article réservé à nos abonnésDépenses publiques  : le gouvernement au pied du mur  La croissance de 2017 avait permis de réduire le déficit à 2,6  %, mais le faible dynamisme de l’économie cette année oblige l’exécutif à accélérer la réduction des dépenses.                          Emmanuel Grégoire devient le premier adjoint de la maire de Paris, Anne Hidalgo  Il a été élu par 79 voix sur 83, après la démission la semaine dernière de Bruno Julliard.                      Article réservé à nos abonnésEdouard Philippe, le pompier permanent de Matignon  Assurant l’intérim au ministère de l’intérieur après le départ de Gérard Collomb, le premier ministre tente de tenir la barre, alors que la Macronie vacille.                      L’exécutif renonce à son objectif d’excédent budgétaire en fin de quinquennat  Les députés de la commission des finances de l’Assemblée nationale regrettent le peu d’explications du gouvernement sur les objectifs de baisse des dépenses publiques.                          Edouard Philippe : 300 000 retraités vont bénéficier d’un geste fiscal pour compenser la hausse de la CSG  Selon le premier ministre, interrogé jeudi sur France Inter, ce geste représente « un effort de 350 millions d’euros » pour les finances publiques.                      Rivalités à LRM pour la présidence de l’Assemblée nationale  Le patron des députés de la majorité, Richard Ferrand, fait figure de favori alors que les députées Yaël Braun-Pivet et Cendra Motin sont candidates.               
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Des dizaines d’internautes s’agacent, preuves à l’appui, de voir leur taxe d’habitation en hausse, contrairement à la promesse présidentielle. Explications.
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Pourquoi la taxe d’habitation de certains contribuables augmente

Des dizaines d’internautes s’agacent, preuves à l’appui, de voir leur taxe d’habitation en hausse, contrairement à la promesse présidentielle. Explications.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 13h07
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 13h13
    |

            Samuel Laurent








                        


Ils sont des dizaines, sur les réseaux sociaux, à le penser et à le clamer : pour eux, pas de baisse de la taxe d’habitation, comme promis par Emmanuel Macron, mais, au contraire, une hausse de cet impôt, parfois au-delà des 20 % ou 30 %.

#TaxeHabitation 
2017: 586 euros
2018: 592 euros
— LNFranco_FI (@Helene Franco)


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Bon bah reçu taxe habitation. 
2017:   828€
2018:   1121€

Variation en pourcentage écrit sur la feuille: 35,39%

— GaccioB (@gaccio bruno)


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Un effet contre-productif, au moment où le gouvernement Edouard Philippe, en pleine période de remaniement, peine à vanter les effets de ses réformes pour le pouvoir d’achat, en particulier pour les personnes aux revenus modestes. Comment expliquer ces hausses ?
Une promesse très populaire
Emmanuel Macron l’avait martelé durant toute sa campagne électorale : il exonérerait, sur des critères de revenu, quatre contribuables sur cinq de cet impôt « injuste », car variable selon les communes et basé sur une évaluation obsolète des valeurs locatives. Cette promesse a profondément « imprimé » les esprits, selon les sondeurs, qui y voyaient l’un des moteurs du succès du candidat

        Lire aussi :
         

                L’exonération de taxe d’habitation, puissant moteur d’adhésion à Macron



Une mise en œuvre compliquée
Mais la simplicité de la promesse — supprimer la taxe d’habitation pour 80 % des foyers — se heurte à des difficultés. La taxe d’habitation est, en effet, un impôt communal, qui abonde les budgets des collectivités locales. Et celles-ci décident en partie de son montant et de son assiette.
Le gouvernement a promis une réforme par étapes successives. La première de ces étapes : une baisse de 30 % sur les avis d’imposition 2018, que les contribuables français reçoivent ces jours-ci.
Cette baisse est compensée par l’Etat auprès des communes, à « l’euro près », comme l’a promis l’exécutif. Mais il le fait sur la base de l’imposition de 2017, sans prendre en compte les éventuelles augmentations survenues entre-temps. Car les communes gardent la possibilité de faire leurs propres choix en fonction de leurs besoins de financement.
Selon un rapport d’information parlementaire de juillet, on compte ainsi 24 250 communes et 748 EPCI (intercommunalités) qui ont maintenu leur taux — et a donc permis l’application d’une baisse de 30 %.
5 680 communes et 184 intercommunalités
Ainsi, dans 5 680 communes et 184 intercommunalités, le taux a augmenté, parfois fortement, ce qui peut « effacer » en partie ou en totalité la baisse de fiscalité résultant de la mesure prise au niveau national.
De même, le calcul de la taxe d’habitation fonctionne avec des abattements décidés au niveau communal, selon la taille de la famille, par exemple. Celles-ci ont pu supprimer ces abattements, produisant un autre effet de sens.
Plusieurs cas de figure
Il est donc possible d’être dans une commune où la hausse du taux a effacé la baisse de 30 % décidée et compensée par l’Etat. Mais également de ne pas être concerné par la baisse, car ses revenus sont trop hauts.
Si le revenu fiscal de référence dépasse 27 000 euros pour la première part (majoré de 8 000 euros par demi-part), soit 2 500 euros ou plus par mois environ pour un célibataire, on ne bénéficie pas du dégrèvement. (Voir notre calculette : serez-vous exonéré(e) de la taxe d’habitation ?). 
Enfin, les communes calculent la taxe d’habitation en se basant sur une valeur locative de référence, qui augmente quasi automatiquement chaque année. Si l’on n’est pas concerné par le dégrèvement, il y a donc une certaine probabilité de voir arriver cette taxe plus élevée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Passée par la direction des concessions du groupe Eiffage il y a une dizaine d’années, elle doit attribuer dans les semaines qui viennent le marché de la future autoroute A79, auquel candidate son ex-entreprise.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤      googletag.cmd.push(function(){googletag.display("cover");});              En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Par  Éric Béziat  Publié aujourd’hui à 12h52, mis à jour à 13h04   Lecture 3 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés                   Elisabeth Borne, à Paris, le 19 avril. BERTRAND GUAY / AFP              C’est un petit caillou sur le bitume qui pourrait bien se révéler gênant pour Elisabeth Borne, la ministre des transports. Celle qui est surtout connue pour sa carrière de haut fonctionnaire et ses précédentes fonctions de patronne de la RATP est potentiellement concernée par une situation s’apparentant à un conflit d’intérêts lié à son passage, il y a une dizaine d’années, chez Eiffage, le géant du bâtiment et des travaux publics.           Le bitume en question est celui de la route Centre Europe Atlantique (RCEA), un axe qui coupe la France d’ouest en est en son milieu. La voie est surnommée « la route de la mort » dans sa portion traversant l’Allier et la Saône-et-Loire. Dans cette zone, la N79 doit ce qualificatif au terrifiant ballet de camions qui s’y croisent. Le nombre d’accidents y est très élevé, les chocs frontaux plus fréquents que la moyenne et particulièrement dramatiques.            Lire aussi Transports : « Nous allons en finir avec l’addiction aux grands projets », assure Elisabeth Borne              L’Etat a fait de la mise en sécurité de ce tronçon une priorité. La puissance publique a décidé de prendre à son compte sa mise en deux fois deux voies dans la partie Saône-et-Loire. Quant à la partie Allier, elle sera transformée en autoroute concédée à péage sur 92 kilomètres, à l’horizon 2022. Un appel d’offres a donc été lancé, le dossier mis en consultation ce printemps, et cinq consortiums se sont déclarés candidats. La décision finale d’attribution du marché devrait intervenir dans les semaines qui viennent.           « La ministre devrait se déporter », estime un expert du secteur           Celle qui aura le dernier mot pour l’attribution de la concession de la future A79 est, évidemment, la ministre des transports. Or, une ligne de son CV officiel rappelle qu’Elisabeth Borne a été directrice des concessions du groupe Eiffage en 2007 et 2008. Et Eiffage fait partie des candidats les plus en vue. « On est dans la définition du conflit d’intérêts, estime un spécialiste du secteur. Dans un cas pareil, la ministre devrait se déporter. Ou alors la commission technique devrait rendre son rapport public pour que la décision ne fasse l’objet d’aucune suspicion. »             googletag.cmd.push(function(){googletag.display("pave_haut");});                      — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   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Justice : le renforcement du pouvoir du parquet inquiète les juges

L’examen du projet de réforme de la justice a été l’occasion d’une passe d’armes entre le gouvernement et les sénateurs.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 12h06
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 12h22
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            

Le Sénat a débuté mardi 9 octobre l’examen de la vaste réforme de la justice défendue par Nicole Belloubet en se montrant d’emblée meilleur défenseur de l’institution judiciaire que la garde des sceaux. Elle n’est pourtant pas venue les mains vides avec ce projet de loi « de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice » qui prévoit une hausse de 24 % du budget (hors pensions) sur le quinquennat.
La deuxième Chambre, où l’opposition de droite détient la majorité, a voté dès les premières heures de débat et contre l’avis du gouvernement l’article 1er de ce texte amendé par sa commission des lois avec une hausse du budget de 33 % sur la même période. Là ou le gouvernement promet 6 500 créations de poste dans la justice, le Sénat en a voté 13 700 ! Peu importe si le sénateur Les Républicains Antoine Lefèvre, par ailleurs rapporteur du budget de la justice pour la commission des finances, a appelé ses collègues à être « prudents », alors que « nos marges de manœuvres budgétaires ne sont pas illimitées ».
Philippe Bas, le président LR de la commission des lois du Sénat, et les deux corapporteurs, François-Noël Buffet (LR) et Yves Détraigne (Union centriste), savent bien que, lors de l’examen du projet de réforme à l’Assemblée nationale en décembre dans le cadre de la procédure d’urgence, les députés de la majorité devraient le remettre dans les rails tracés par le gouvernement.

Des solutions qui diffèrent
Le débat au Sénat permet néanmoins de mettre en lumière les sujets qui seront les principaux points de friction sur ce projet composé de deux textes : une loi de programmation et de réforme, une loi organique relative « au renforcement de l’organisation des juridictions ».
Là ou le gouvernement promet 6 500 créations de postes dans la justice, le Sénat en a voté 13 700
Sur la construction de nouvelles places de prison, Mme Belloubet prévoit d’en livrer 7 000 d’ici à 2022 et d’initier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Au sein de la majorité, certains députés LRM, pressés de tourner la page, considèrent que la séquence a trop duré.
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Remaniement : « Cela fait une semaine que Gérard est parti ! »

Au sein de la majorité, certains députés LRM, pressés de tourner la page, considèrent que la séquence a trop duré.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 16h53
    |

            Manon Rescan et 
Alexandre Lemarié








                        



                                


                            

En apparence, tout va bien dans le meilleur des mondes. Alors que le remaniement est sans cesse repoussé depuis une semaine, les élus de la majorité affichent leur sérénité. « Je ne vois pas de flottement, on fabrique un gouvernement », a affirmé mardi 9 octobre le chef de file des députés La République en marche (LRM), Gilles Le Gendre, avant d’ajouter : « C’est compliqué de gouverner. » « Le président de la République et le premier ministre prennent le temps de trouver le bon équilibre dans la composition de l’équipe, quoi de plus normal ? », renchérit de son côté le député de Paris Hugues Renson.
Les élus LRM ne semblent pas non plus s’inquiéter de l’absence de premier flic de France à temps plein. « Le premier ministre assure pleinement l’intérim confié par le président de la République dans l’attente du remaniement. Il était présent au G6 des ministres de l’intérieur et mardi aux côtés de nos forces de l’ordre », rappelle Mickaël Nogal, élu de Haute-Garonne. « Certes, le plus tôt est le mieux, mais je préfère que l’on prenne trois jours de plus pour bâtir une équipe de combat », ajoute le député de Paris Stanislas Guerini, porte-parole de la majorité.

« Système trop centralisé »
Pourtant, en coulisses, certains piaffent et s’agacent. « Cette séquence est trop longue », soupire une députée LRM, qui juge urgent de la clore. « Maîtriser le temps, c’est bien, mais plus ça tarde, plus ça risque de donner le sentiment de basculer dans le bordel », lâche un autre. « Passer plus d’une semaine à réfléchir à un remaniement pour finalement se poser les mêmes questions et avoir des hésitations au moment de passer à l’acte, ça donne franchement le sentiment de tergiverser. De ne plus savoir quoi faire. Pire, d’une mésentente entre les deux têtes de l’exécutif », regrette un poids lourd du groupe macroniste, inquiet des effets dans l’opinion de cette séquence à rallonge.
« Cela...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ L’Elysée et Matignon peinent à s’accorder sur le nouveau gouvernement qui ne sera pas connu avant le retour du président d’Arménie vendredi.
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Pourquoi le remaniement s’avère aussi difficile

L’Elysée et Matignon peinent à s’accorder sur le nouveau gouvernement qui ne sera pas connu avant le retour du président d’Arménie vendredi.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 11h59
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 14h38
    |

            Virginie Malingre et 
Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

Quand une jeune femme lui présente sa start-up consacrée à la « colocation idéale » et lui dit ses difficultés à recruter à l’étranger, il ne peut réprimer un sourire. Emmanuel Macron, qui se livrait à une séance de questions-réponses avec près de 2 000 entrepreneurs de la French Tech réunis à la Station F, à Paris, mardi 9 octobre, en fin de journée, sait à quel point le sujet est complexe.
Voilà une semaine que l’exécutif tente de remanier le gouvernement, dans la foulée de la démission de Gérard Collomb, le 3 octobre. Une semaine pour marier les sensibilités, de droite et de gauche, qui caractérisent sa majorité. Pour trouver un équilibre entre personnalités issus de la société civile et ministres plus politiques. « C’est beaucoup plus difficile de constituer un gouvernement de coalition qu’un gouvernement homogène », commente un proche du président de la République.

« Tragi-comédie »
Le chef de l’Etat a l’habitude de dire qu’il est le « maître de ses horloges ». Mais celles-ci n’en finissent plus de tourner. Une chose est désormais certaine, il n’y aura pas de nouveau gouvernement avant vendredi, quand Emmanuel Macron rentrera de son voyage en Arménie, où il doit assister au 17e Sommet de la francophonie. « Le gouvernement dans son ensemble est au travail. Le premier ministre assure l’intérim du ministère de l’intérieur », indique l’Elysée. « Le président de la République entend mener ce remaniement avec calme et sans précipitation. Il souhaite être présent sur le sol national au moment de l’annonce du remaniement. Il consulte, les vérifications habituelles auprès de la HATVP [Haute Autorité pour la transparence de la vie publique] se déroulent avec professionnalisme », ajoute ce conseiller.
Aucune raison, donc, à en croire le sommet de l’Etat, de modifier le calendrier ou de se précipiter. Le conseil des ministres, mercredi matin, a été maintenu. Dans la foulée,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Si le contentieux prud’homal 2017 est nettement à la baisse, ce phénomène a commencé il y a dix ans avec la création de la rupture conventionnelle, puis s’est accéléré avec la loi du 6 août 2015 formalisant l’assignation, afin de réduire la durée de la procédure, explique dans sa chronique le juriste Jean-Emmanuel Ray.
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Licenciements : la déjudiciarisation va se poursuivre

Si le contentieux prud’homal 2017 est nettement à la baisse, ce phénomène a commencé il y a dix ans avec la création de la rupture conventionnelle, puis s’est accéléré avec la loi du 6 août 2015 formalisant l’assignation, afin de réduire la durée de la procédure, explique dans sa chronique le juriste Jean-Emmanuel Ray.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 11h58
    |

                            Jean-Emmanuel Ray (Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Question de droit social. Le barème des dommages-intérêts prévus en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse (plus de 80 % du contentieux prud’homal) était l’une des mesures emblématiques des ordonnances du 22 septembre 2017 refondant le droit du travail.
Un plafond a été créé en fonction de l’ancienneté du salarié, d’un mois au maximum de salaire brut pour moins d’un an d’ancienneté, à vingt mois au maximum au-delà de trente ans. Mais aussi un plancher : trois mois au minimum au-delà de deux ans, sauf pour les entreprises de moins de onze salariés à la trésorerie fragile. Ces niveaux n’incitent donc guère les jeunes salariés peu rémunérés à se lancer dans un contentieux.
Point n’est besoin de revenir sur l’irréconciliable conflit de logiques sous-tendu par ce barème.
Côté salarié, plafonner la réparation d’un licenciement jugé fautif après des mois voire des années de contentieux passe mal. Surtout lorsqu’il voit les parachutes dorés perçus par quelques dirigeants poussés au départ pour incompétence.
Une session de rattrapage offerte à l’employeur
Côté employeur – et en particulier les TPE-PME, principales assignées aux prud’hommes –, il était incompréhensible qu’une faute vénielle dans la lettre de licenciement ou un obscur mécanisme probatoire (par exemple la déclaration de caméra à la Commission nationale de l’informatique et des libertés) aboutisse à une condamnation jugée très inéquitable, et parfois au dépôt de bilan.
Le contentieux prud’homal 2017 est nettement à la baisse (– 15 % par rapport à 2016, avec 160 000 affaires terminées) : mais ce n’est guère dû à cette réforme, entrée en vigueur fin septembre de la même année. La baisse des contentieux avait commencé il y a dix ans avec la création de la rupture conventionnelle à l’exceptionnel succès (420 900 homologations en 2017). Puis elle s’est accélérée avec la loi du 6 août 2015 formalisant l’assignation, afin de réduire la durée de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Une semaine après la démission de Gérard Collomb, Beauvau et les forces de l’ordre ne connaissent toujours pas son remplaçant.
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Au ministère de l’intérieur, la chaise vide occupe tous les esprits

Une semaine après la démission de Gérard Collomb, Beauvau et les forces de l’ordre ne connaissent toujours pas son remplaçant.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 11h43
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 14h34
    |

            Nicolas Chapuis








                        



   


On l’appelle souvent le « ministère de l’urgence ». Mais, depuis une semaine, c’est plutôt celui de l’attente. « L’intérieur » escomptait toujours, mercredi 10 octobre au matin, se voir attribuer un ministre de plein exercice, après une période inhabituellement longue pour un poste de cette importance.
Depuis le départ de Gérard Collomb, mercredi 3 octobre, on assure à Beauvau que les dossiers sont suivis. Si Edouard Philippe assure l’intérim depuis Matignon, l’équipe du ministre de l’intérieur démissionnaire a été intégralement reconduite au Journal officiel dès le jeudi 4 octobre. Une précaution indispensable pour permettre au directeur du cabinet, Stéphane Fratacci, de signer les documents légaux et les différents actes juridiques au quotidien.

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Les points sur la sécurité, qui ont lieu trois fois par semaine avec les différentes directions des forces de l’ordre, ont été déplacés à Matignon. Plusieurs réunions sur des sujets de fond, comme la préparation du référendum en Nouvelle-Calédonie, se sont également tenues. « C’est une période inédite, mais au plan opérationnel ça ne change rien, c’est un intérim de plein exercice », assure un membre du cabinet, qui assure que les circonstances ont même eu tendance à « souder l’équipe ». Il n’empêche que la chaise vide dans le bureau du ministre occupe tous les esprits au ministère.
« C’est la honte »
Le manque commence aussi à se ressentir sur le terrain. Edouard Philippe, qui cumule les postes, a beau se démultiplier, son agenda très chargé de premier ministre ne lui permet pas d’être partout. Au G6 à Lyon, qui regroupait lundi 8 et mardi 9 octobre les ministres de l’intérieur de six pays (France, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Pologne), ainsi que nombre de représentants des polices de tous pays, il n’a pu représenter le gouvernement que le premier jour. C’est Jacqueline Gourault, la ministre auprès du ministre de l’intérieur, qui s’est chargée d’assurer une présence le lendemain, pour assister à l’impressionnante démonstration des forces de l’ordre qui ont simulé la gestion d’une attaque terroriste de masse dans les travées du Groupama Stadium à Décines (Rhône).
L’absence de ministre de plein exercice a été remarquée par les délégations étrangères qui cherchaient à savoir pourquoi la France ne parvenait pas à nommer un nouveau gouvernement et qui tenait la corde. « C’est la honte, on n’a même pas de ministre pour accueillir nos invités venus du monde entier », déplorait un gradé de la police nationale.

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« Totalement lunaire »
Dans les rangs des forces de l’ordre, où le silence est de rigueur, on commence à s’agacer de cette situation. « C’est totalement lunaire, il y a plein de dossiers de fond qui ne peuvent pas avancer s’il n’y a pas de décision politique. Ministre de l’intérieur, ce n’est pas juste parader avec les troupes », déplore une source policière. Dans le viseur, la communication d’Edouard Philippe, qui a accompagné mardi 9 octobre dans la soirée une patrouille de la brigade anti-criminalité à Paris, à grand renfort de tweets et de vidéos de promotion.

Début du service de nuit pour la BAC. Même ceux qui ne vivent pas la nuit savent que vous êtes là. Je suis venu vou… https://t.co/8L6Ba7gOj4— EPhilippePM (@Edouard Philippe)


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Les syndicats s’inquiètent du signal envoyé aux troupes, même si dans un premier temps la nomination d’Edouard Philippe pour l’intérim avait été appréciée comme une marque protocolaire de l’importance de la mission. « Rester une semaine, et bientôt deux, sans ministre de l’intérieur, ça pose un souci de sens politique dans une période compliquée, au niveau social, au niveau du risque terroriste, de l’insécurité, relève Jean-Claude Delage, le secrétaire général d’Alliance police nationale, premier syndicat chez les gardiens de la paix. Les policiers de terrain, qui ont l’impression que le métier devient de plus en plus difficile, font le job, qu’il y ait quelqu’un au ministère ou pas. Mais même si ce n’est pas leur priorité, ils se demandent pourquoi ils n’ont pas de ministre. »
En attendant de connaître l’identité de leur nouveau patron, les hiérarchies des forces de l’ordre prennent leur mal en patience et jouent elles aussi au petit jeu des pronostics. L’hypothèse d’une double nomination, avec un ministre de l’intérieur au profil « politique » et un secrétaire d’Etat chargé des questions de sécurité plus « technicien », a la cote chez les policiers, fatigués de voir nommées des personnalités peu qualifiées. Mais ils sont nombreux à regretter de ne pas avoir été sondés sur les noms envisagés ces derniers jours, même officieusement, comme cela se pratiquait par le passé.
« On ne sait rien, on n’est pas habitués, ça nous énerve », remarque dans un sourire un haut gradé. Après l’attente, puis l’agacement, vient le temps de la dérision : « Il faut qu’ils arrêtent de dire que tout est géré et suit son cours, on va finir par se rendre compte que les ministres de l’intérieur ne servent à rien. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Bruno Julliard, Mathieu Klein, Hubert Védrine... plusieurs personnalités du Parti socialiste, approchées ou pressenties, ont décliné publiquement.
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Remaniement : l’Elysée a essuyé plusieurs refus à gauche

Bruno Julliard, Mathieu Klein, Hubert Védrine... plusieurs personnalités du Parti socialiste, approchées ou pressenties, ont décliné publiquement.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 12h12
    |

            Enora Ollivier








                        



                                


                            

Parmi les signes que l’Elysée et Matignon peinent à recruter, il en est un de plus en plus prégnant : la multiplication des refus de personnalités marquées à gauche d’entrer au gouvernement. Pour compléter son équipe, l’exécutif cherche en effet à maintenir son équilibre sur son flanc gauche, comme il l’avait fait lors de la constitution du gouvernement Philippe I au lendemain de la présidentielle. Mais avec moins de succès cette fois.
Déjà, au début de septembre, Daniel Cohn-Bendit comme Pascal Canfin, directeur général du WWF France et ancien ministre de François Hollande, avaient publiquement renoncé à succéder à Nicolas Hulot au ministère de la transition écologique et solidaire.
Cette fois, c’est Mathieu Klein, le président socialiste du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, qui a lui-même écrit mardi sur son compte Twitter qu’il ne ferait pas partie du prochain gouvernement, confirmant par là qu’il avait bel et bien été approché. M. Klein, qui fut un des porte-parole de Manuel Valls pour la primaire de la gauche de 2017, a expliqué vouloir « poursuivre [son] action d’élu local », tout en souhaitant que le gouvernement « réussisse à faire reculer la pauvreté ». L’élu avait participé à la réflexion sur le plan pauvreté du gouvernement, en coréalisant un rapport sur l’accompagnement des bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA).

Tentatives de débauchage
Souvent cité comme possible recrue, le socialiste Bruno Julliard a, lui, démenti avoir seulement été approché. « La question ne s’est pas posée, ni pour moi ni pour l’Elysée », a assuré à L’Obs celui qui vient de démissionner avec fracas de son poste de premier adjoint d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris. Au Parti socialiste, le bruit a couru qu’Hubert Védrine aurait également été contacté ; ce que l’intéressé a démenti auprès du Monde. De toute façon, « j’aurais refusé », assure l’ancien ministre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Depuis vingt-quatre heures, les dirigeants des Républicains ciblent Macron, mais redoutent les débauchages.
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Remaniement repoussé : l’opposition revigorée dénonce une « mascarade »

Depuis vingt-quatre heures, les dirigeants des Républicains ciblent Macron, mais redoutent les débauchages.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 17h58
    |

            Olivier Faye








                        



   


« Mascarade » et jeu de rôle. Face au théâtre d’ombres du remaniement gouvernemental, qui ne doit finalement pas intervenir, au plus tôt, avant vendredi 12 octobre, date du retour d’Emmanuel Macron d’un déplacement en Arménie, l’opposition a joué sa partition avec un plaisir non dissimulé. Toute la journée, les dirigeants de la droite et de la gauche ont insisté sur les difficultés de l’exécutif. « Jusqu’à quand cette mascarade va-t-elle continuer ? », a lancé, mardi, le président du groupe Les Républicains (LR) à l’Assemblée nationale, Christian Jacob, au premier ministre, Edouard Philippe. « La tragicomédie continue ! », a encore raillé le député de Seine-et-Marne, alors que la démission de Gérard Collomb du ministère de l’intérieur est intervenue une semaine plus tôt. « C’est une attente qui est longue : on est plus dans la République en surplace que dans La République en marche », a moqué ,de son côté, le vice-président de LR, Damien Abad.

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Il n’était qu’à voir la liste des invités des matinales radio et télé, mercredi, pour comprendre que la droite, en particulier, comptait profiter de cette séquence percluse d’incertitudes du côté du pouvoir : Brice Hortefeux sur Europe 1, Eric Ciotti sur BFM-TV-RMC, Guillaume Larrivé sur Franceinfo… Les « tontons flingueurs » du président de LR, Laurent Wauquiez, étaient de sortie. « On ne remanie pas quand tout va bien, on remanie quand ça ne marche pas. Aujourd’hui la présidence Macron ça ne marche pas, a souligné M. Hortefeux, conseiller spécial de M. Wauquiez. Nous connaissons un désordre institutionnel et une pagaille politique. Jamais sous la Ve République on a eu sept ministres qui démissionnent en quinze mois. » « Vous avez une sorte de gouvernement fantôme, qui fait semblant d’être là tout en étant déjà plus vraiment là, ce qui traduit un vrai flottement au sommet de l’Etat », a estimé, de son côté, M. Larrivé, député de l’Yonne. Qui dénonce, de toute façon, un pouvoir où « les seuls vrais ministres, c’est les deux-trois conseillers qui entourent Emmanuel Macron à l’Elysée ».
Une forme de fébrilité
Cette omniprésence médiatique de représentants de LR visait aussi à masquer une forme de fébrilité alors qu’Emmanuel Macron pourrait, une nouvelle fois, venir piocher dans ses rangs pour promouvoir des ministres. Des débauchages souhaités par Edouard Philippe, lui-même transfuge de LR. « Le président de la République démontre son total isolement, sa solitude, il est obligé de puiser en permanence au-delà de ses amis, parce qu’ils sont très peu nombreux, a tenté de justifier Brice Hortefeux. Au rythme où vont les choses, l’ancien monde va devenir l’avenir. » Guillaume Larrivé a, lui, joué de la référence à l’instabilité gouvernementale de la IVe République pour minorer l’impact d’éventuels départs : « Les consultations menées par le président Félix Gaillard pourraient conduire à la nomination de trois sous-secrétaires d’Etat supplémentaires. Seuls restent en discussion, d’une part le volume des croquettes, d’autre part la couleur de la gamelle. »

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Sur d’autres rives de la droite, plus modérées, ces éventuelles nouvelles nominations sont accueillies avec plus de bienveillance, pour ne pas dire d’entrain. « D’une manière générale, on a toujours intérêt à élargir », a ainsi estimé l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, sur RTL. Ce proche d’Edouard Philippe a d’ailleurs tenu à relativiser le flottement en cours à la tête de l’Etat. « Tout dépend de l’ampleur du remaniement, a-t-il souligné. Si on remplace simplement quelqu’un, huit jours, c’est très long. Si on fait une nouvelle donne politique, avec un nouvel élan, avec une nouvelle lisibilité, à ce moment-là, il faut prendre son temps. »
Un optimisme qui n’est pas partagé du côté de La France insoumise. « Les noms ne changeront rien », considère le député de Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière, raillant de potentiels « quatrièmes couteaux ». « Malgré des résultats médiocres, Emmanuel Macron a dit qu’il ne changerait pas de politique. Par conséquent, le pays n’a pas besoin d’un remaniement mais d’un changement de président », a lancé le député du Nord, Adrien Quatennens. En cette période d’incertitudes et d’instabilité gouvernementale, les oppositions n’ont pas oublié leur première cible : le président de la République.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Gérard Collomb était issu des rangs de la gauche. A l’évidence, les candidats crédibles à sa succession ne sont pas légion, analyse Françoise Fressoz dans sa chronique.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤                     
                                                   
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« Qui pour remplacer Gérard Collomb ? Le doute s’installe sur la recomposition politique »

Gérard Collomb était issu des rangs de la gauche. A l’évidence, les candidats crédibles à sa succession ne sont pas légion, analyse Françoise Fressoz dans sa chronique.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 11h18
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10.10.2018 à 11h59
    |

            Françoise Fressoz








                        



                                


                            

Chronique. Qui pour remplacer le démissionnaire Gérard Collomb ? Voilà une semaine que le suspense dure. Et plus l’Elysée se retranche dans le silence, plus l’inquiétude grandit dans la majorité. Car le grand risque de cette séquence, c’est la dévitalisation liée au sentiment d’amateurisme, l’impression qu’au fond tout était survendu, le « en même temps », le « et de gauche et de droite », la recomposition politique revendiquée autour du seul match entre progressistes et conservateurs, avec, comme terrain de jeu, les élections européennes de mai 2019.
Macron contre Le Pen : longtemps, le président de la République a rêvé du match retour de la présidentielle, avant de réaliser que la bataille serait bien plus difficile que prévu, car, pour que l’affrontement prenne corps et tourne à son avantage, encore faudrait-il que les progressistes se mobilisent, montrent leur force, acceptent de se battre sous la bannière du président de la République.
Or, qui sont-ils ? Où sont-ils ? A présent que les vents contraires soufflent en France comme en Europe, c’est la grande question que pose cet introuvable remaniement. Gérard Collomb était issu des rangs de la gauche. A l’évidence, les candidats crédibles à sa succession ne sont pas légion, comme si le vivier était déjà sec de ce côté-là de l’échiquier politique.

Edouard Philippe, lui, sait d’où il vient
Du coup, l’autorité présidentielle en prend un coup, tandis que celle du premier ministre se renforce. Car Edouard Philippe, lui, sait d’où il vient : il n’est pas « et de gauche et de droite », il n’est pas comptable de la déception de la gauche qui reproche au président de la République d’avoir été, depuis son élection, trop libéral et pas assez social, trop monarchiste et pas suffisamment empathique. L’ancien maire du Havre appartient à la droite juppéiste, libérale et européenne, un camp réformiste qu’il n’a jamais renié. Il a, en outre,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Emmanuel Macron, qui s’envole mercredi pour l’Arménie, a décidé de reporter de plusieurs jours le remaniement de son équipe gouvernementale.
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Le remaniement du gouvernement n’aura pas lieu avant vendredi

Emmanuel Macron, qui s’envole mercredi pour l’Arménie, a décidé de reporter de plusieurs jours le remaniement de son équipe gouvernementale.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 08h59
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 12h57
    |

            Cédric Pietralunga








                        



   


Record battu ! Huit jours après la démission de Gérard Collomb et alors que le Tout-Paris politique bruisse de rumeurs sur un remaniement imminent, l’exécutif a décidé… de ne rien décider. Aucun changement de l’équipe gouvernementale ne sera annoncé ce mercredi 10 octobre, a fait savoir l’entourage d’Emmanuel Macron en début de matinée.
« Le président de la République entend mener ce remaniement avec calme et sans précipitation. Il consulte, les vérifications habituelles auprès de la HATVP [Haute autorité pour la transparence de la vie publique] se déroulent avec professionnalisme », déclare l’Elysée au Monde.
« Il y aura des entrants, des sortants et certains changeront de job à l’intérieur du gouvernement » avec aussi de possibles « changements de périmètre » et « redécoupages de portefeuille », a précisé plus tard le palais présidentiel, ajoutant que l’annonce pourrait même « peut-être » avoir lieu après le week-end.

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« L’équipe s’inscrira dans la continuité des équilibres précédents »
Le remaniement devrait attendre encore quelques jours et le retour d’Emmanuel Macron du XVIIe Sommet de la francophonie, qui se tient jeudi et vendredi à Erevan (Arménie) et auquel le chef de l’Etat a prévu de longue date d’assister. « Le président de la République souhaite être présent sur le sol national au moment de l’annonce du remaniement », plaide l’entourage du chef de l’Etat. Selon l’Elysée, le retour de M. Macron est prévu « vers 19 ou 20 heures » vendredi.
Ce nouveau délai devrait continuer à alimenter les rumeurs sur une supposée difficulté du chef de l’Etat à constituer un nouveau gouvernement, alors que les noms de différents responsables politiques qui auraient refusé les propositions de l’exécutif circulent depuis plusieurs jours. Des « fadaises », selon l’Elysée, pour qui « le président de la République est attaché à choisir avec soin l’équipe gouvernementale, qui s’inscrira dans la continuité des équilibres précédents ».
Pour l’entourage du chef de l’Etat, il n’y a, au contraire, aucune urgence à remplacer Gérard Collomb. « Le gouvernement dans son ensemble est au travail, sans vacance dans l’activité gouvernementale. Le premier ministre assure l’intérim du ministère de l’intérieur, il était encore hier soir en déplacement auprès des forces de sécurité », a fait savoir l’Elysée. Mardi soir, Edouard Philippe s’est en effet rendu dans le nord de Paris, où il a participé à une ronde de nuit avec une équipe de la brigade anticriminalité (BAC).
La nouvelle équipe doit être « cohérente et de qualité au service des Français » et « correspondre aux équilibres sur lesquels [le président] s’est engagé, afin de poursuivre la feuille de route fixée le 9 juillet devant le Congrès et déployée depuis », précise la présidence de la République dans un communiqué publié mercredi matin.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Si le processus de vérification du patrimoine des potentiels ministres s’est rallongé ces dernières années, il ne prend pas pour autant une semaine.
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Article sélectionné dans La Matinale du 09/10/2018
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Remaniement : les indispensables (et pas si longues) vérifications sur les futurs ministres

Si le processus de vérification du patrimoine des potentiels ministres s’est rallongé ces dernières années, il ne prend pas pour autant une semaine.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 18h43
    |

            Emeline Cazi








                        



                                


                            

Il fallait bien avancer une raison pour expliquer ce délai inhabituel, voire inédit, pour remplacer un ministre démissionnaire. Depuis plus d’une semaine que Gérard Collomb a quitté le ministère de l’intérieur, Matignon ne lui a toujours pas trouvé de remplaçant, Place Beauvau.
A la presse qui s’en étonne, le porte-parole du gouvernement a avancé les « vérifications » nécessaires qui, selon lui, n’existaient pas avant, et auxquelles l’Elysée et le premier ministre, Edouard Philippe, disent à présent se plier. « Désormais, on fait des vérifications sur les ministres qu’on nomme, ça passe par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique [HATVP], c’est nécessaire. Donc le temps où on nomme un ministre en deux heures, ça, c’est un temps révolu », a déclaré Benjamin Griveaux, ce week-end, sur France Inter.
Ce travail de vérification des noms peut bien prendre quelques jours, mais jamais une semaine. Dans tous les cas, c’est l’Elysée, « maître des horloges », qui fixe le tempo. La Haute Autorité, elle, fait au mieux, dans le temps qui lui est imparti, avec les éléments qu’on lui transmet ou, s’ils sont suffisants, avec ceux qu’elle trouve elle-même sur Internet.
Rien ne l’y oblige, mais il est vrai que le président de la République a depuis peu la possibilité d’interroger trois administrations pour vérifier la situation d’une personne pressentie pour entrer au gouvernement. La loi de moralisation de la vie publique de 2017 (qui complète celle de 2013 sur la transparence) en a gravé les modalités.

Consultation préalable
A Bercy, la présidence peut demander de vérifier si son potentiel futur ministre est en règle avec le fisc. Elle a aussi la possibilité – comme certains employeurs – de se faire communiquer un extrait du bulletin numéro deux du casier judiciaire du candidat. Et enfin, elle peut interroger la HATVP pour savoir si elle voit de possibles conflits d’intérêts entre la situation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Alors que débute au Sénat l’examen de la réforme de la justice, la sénatrice Nathalie Delattre et l’avocat Pierre-Olivier Sur identifient, dans une tribune au « Monde », cinq chantiers qu’il est nécessaire de lancer pour moderniser le système carcéral.
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« Les prisons nécessitent cinq grandes réformes »

Alors que débute au Sénat l’examen de la réforme de la justice, la sénatrice Nathalie Delattre et l’avocat Pierre-Olivier Sur identifient, dans une tribune au « Monde », cinq chantiers qu’il est nécessaire de lancer pour moderniser le système carcéral.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 18h46
    |

Nathalie Delattre (Sénatrice (Rassemblement démocratique et social européen) de la Gironde) et Pierre-Olivier Sur (Ancien bâtonnier du barreau de P...







                        



                                


                            
Tribune. Une nation est grande quand elle traite correctement les plus fragiles de ses membres. Notamment les détenus. C’est donc, aussi, en considération de l’état de nos prisons que notre société sera jugée – et nous aussi, politiques et juristes, qui en avons la responsabilité.
Alors que le projet de loi de réforme de la justice est débattu depuis mardi 9 octobre au Sénat, en l’état, les chiffres du ministère de la justice font honte : le taux d’occupation moyen des maisons d’arrêt atteint 142 % ; la proportion de détenus présumés innocents en attente de jugement est de 28 % ; la proportion de malades psychiatriques 28 % (7 % de schizophrènes et 21 % de psychotiques). Et chaque année plus de suicides…
Tous les deux jours en France, il y a un mort en prison. Mais, pour la société, le pire est à venir : ceux qui sortent. Le taux de récidive (qui était inférieur à 50 % il y a trente ans), est aujourd’hui de 61 %. Or, c’est précisément dans cette population rendue hyper-criminogène qu’on trouve presque tous les terroristes qui ont apporté la mort dans notre quotidien.
Depuis le livre de référence « Surveiller et punir », de Michel Foucault, rien n’a vraiment changé
Qu’en pensent les criminologues et sociologues ? Depuis le livre de référence Surveiller et punir, de Michel Foucault (Gallimard, 1975), rien n’a vraiment changé, entre, d’une part, la prise de conscience que la prison doit tendre vers la réinsertion sociale du condamné par un travail d’éducation et, d’autre part, la politique aveugle du tout-carcéral, dont les réformes successives du code de procédure pénale n’ont pu réduire les effets dévastateurs.
Bien sûr, il y a eu des progrès. Alors que la France est régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme en raison de « traitements inhumains et dégradants en détention », la crasse, les rats, les douches dangereuses et trop rares, ont alerté sur le fait que la prison républicaine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Le remaniement du gouvernement d’Edouard Philippe, espéré en vain mardi, est à présent attendu mercredi, jour de conseil des ministres.
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Démission, remaniement, attente… Une semaine en suspens du côté de l’exécutif

Le remaniement du gouvernement d’Edouard Philippe, espéré en vain mardi, est à présent attendu mercredi, jour de conseil des ministres.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 05h20
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 08h40
   





                        



   


Après sept jours d’attente, encore un sursis. Faisant fi de l’impatience du monde politique et des médias, Emmanuel Macron prend son temps pour remanier son gouvernement après le départ surprise de Gérard Collomb. Retour sur une semaine en suspens.
Lundi 1er octobre : Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, révèle au Figaro avoir présenté sa démission au chef de l’Etat, qui l’a refusée. « Le président de la République lui a renouvelé sa confiance et lui a demandé de rester pleinement mobilisé », déclare alors l’Elysée.
Mardi 2 octobre : M. Collomb déclare à nouveau au Figaro qu’il maintient sa proposition de démissionner. Le premier ministre, Edouard Philippe, l’apprend en direct lors des questions au gouvernement. D’un ton sec, celui-ci rétorque qu’il « exercera la totalité de ses attributions constitutionnelles » et « proposera au président de la République les décisions qui s’imposent ».
L’Elysée annonce prudemment une heure plus tard que le chef de l’Etat « recevra rapidement les propositions du premier ministre ». A minuit passé, Emmanuel Macron met fin au suspense en annonçant qu’il a accepté la démission de son ministre de l’intérieur. L’intérim est confié à M. Philippe.
Mercredi 3 octobre : La brève passation des pouvoirs entre les deux hommes, improvisée à la hâte dans la matinée, est glaciale. M. Collomb attend le premier ministre pendant vingt-cinq minutes sur le perron de son ministère.

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En conseil des ministres, le président minimise l’affaire, expliquant qu’il ne s’agit « pas d’une crise politique ». Le remplacement de Gérard Collomb à Beauvau « est l’affaire de quelques jours », affirme le porte-parole Benjamin Griveaux. Le soir au Mondial de l’auto, le chef de l’Etat dédramatise : « Il y a un gouvernement au travail », affirme-t-il. « Le reste, ce sont des péripéties. »
Jeudi 4 octobre : Depuis Colombey-les-Deux-Eglises, Emmanuel Macron invite de nouveau à ne pas s’attarder sur les « péripéties du quotidien ». Au sein de la majorité comme à Matignon, l’hypothèse d’un remaniement plus large que le seul remplacement de M. Collomb s’impose de plus en plus.
Vendredi 5 octobre : Les supputations sur plusieurs remplacements fleurissent, et avec elles le casse-tête des équilibres politiques et de la parité hommes-femmes à respecter.

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Dimanche 7 octobre : Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, dit « assumer totalement ce temps long », avant l’annonce de la nouvelle équipe.
Lundi 8 octobre : A l’Elysée, M. Macron reçoit son premier ministre et plusieurs membres du gouvernement. Un remaniement est attendu pour le mardi, veille du conseil des ministres et d’un départ du président de la République pour trois jours en Arménie.
Mardi 9 octobre : Le président de la République passe sa journée entre une rencontre avec les filières agricoles, un déjeuner avec le président de l’Ouzbékistan et un après-midi avec des start-up à la Station F. Quand il revient le soir, l’Elysée annonce d’abord qu’il n’y aura pas de démissions en bloc du gouvernement, hypothèse évoquée par le monde politique et les médias.
« Non, pas ce soir » : par ces quatre mots, la présidence annonce que le remaniement attendra encore. Même s’il ne reste que quelques heures pour que le gouvernement recomposé soit en ordre de marche pour le conseil des ministres du lendemain à 10 heures.
Mercredi 10 octobre : Dans un très bref communiqué matinal, l’Elysée annonce que le conseil des ministres de ce mercredi « se tiendra avec le gouvernement actuel ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ La procédure, portée par des indépendantistes, vise à « demander des comptes aux présidents vivants depuis le début des essais nucléaires » dans l’archipel.
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Polynésie : plainte contre la France pour crimes contre l’humanité auprès de la CPI

La procédure, portée par des indépendantistes, vise à « demander des comptes aux présidents vivants depuis le début des essais nucléaires » dans l’archipel.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 00h59
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 15h39
   





                        



   


Une plainte a été déposée le 2 octobre devant la Cour pénale internationale (CPI) contre la France pour crimes contre l’humanité, en raison des essais nucléaires expérimentés en Polynésie, a fait savoir, mardi 9 octobre, aux Nations unies le dirigeant indépendantiste polynésien Oscar Temaru. « Nous le devons à toutes les personnes décédées des conséquences du colonialisme nucléaire », a ajouté l’ex-président de cet archipel du Pacifique qui compte 270 000 habitants.
Cette annonce a été faite au cours d’une réunion sur la Polynésie française organisée au sein d’une commission de l’ONU spécialisée dans les sujets de décolonisation. « Cette poursuite en justice a pour objectif de demander des comptes à tous les présidents français vivants depuis le début des essais nucléaires contre notre pays », a lancé M. Temaru.

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« Pour nous, les essais nucléaires français ne sont que le résultat direct d’une colonisation. Contrairement au discours français, nous n’avons pas accepté d’accueillir ces essais, ils nous ont été imposés avec la menace directe de l’établissement d’une gouvernance militaire si nous refusions. »
193 essais entre 1966 et 1996
Le dirigeant indépendantiste a précisé qu’un « dialogue responsable » avait été recherché depuis 2013 avec « la puissance administrative » sous la supervision des Nations unies. Mais les appels à venir à la table de discussions faits à la France ont été « ignorés et méprisés », selon lui.
Le président de la Polynésie française, Edouard Fritch, accompagné d’une délégation des leaders de sa majorité, a également été entendu mardi par la commission de l’ONU.
« Mon pays, la Polynésie française, est un pays autonome qui se gouverne librement et démocratiquement (…) ne vit nullement dans une situation coloniale, ni une situation d’oppression. »
M. Fritch a rappelé qu’il avait été largement réélu en mai, face au parti indépendantiste, qui avait notamment fait campagne sur le nucléaire et la décolonisation et défendu le maintien de la Polynésie dans la République française. Le député indépendantiste Moetai Brotherson a, lui, dénoncé « le siège vide de la France » lors de ces échanges à l’ONU.

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De 1966 à 1996, les atolls de Mururoa et Fangataufa ont été le théâtre de 193 essais nucléaires français qui ont eu des effets sur la santé des populations et l’environnement. En 2010, une loi a instauré un dispositif d’indemnisation, mais il est jugé trop restrictif, selon des associations de vétérans touchés par des maladies radio-induites.

A lire dans les archives du « Monde »
« Hao après la bombe ». Il y a quarante-trois ans, l’armée française investissait les îles voisines de Mururoa. Son départ, en 2000, laisse un pays dévasté mais tranquille.
« Tirer le bien du mal ». Le 13 février 1960, la France effectuait son tout premier essai nucléaire dans le Grand Sud algérien. L’éditorial du « Monde » y consacrait son éditorial.
« Le général de Gaulle a assisté à l’explosion d’une bombe six fois plus puissante que celle d’Hiroshima ». l’explosion de la bombe A a eu lieu dimanche à 7 h. 30, heure locale (18 h. 30, heure française). «  Je suis fier de vous  », a déclaré le chef de l’État aux techniciens après l’expérience.
« L’odyssée nucléaire de la France ». En septembre 1995, le journaliste Jacques Isnard retraçait l’histoire des essais nucléaires depuis les années 1960.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ 21 500 personnes, selon le cabinet Occurrence, étaient réunies contre la politique d’Emmanuel Macron, mardi à Paris, à l’appel notamment de la CGT et de FO.
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Manifestation : « Ce gouvernement détricote nos droits »

21 500 personnes, selon le cabinet Occurrence, étaient réunies contre la politique d’Emmanuel Macron, mardi à Paris, à l’appel notamment de la CGT et de FO.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 19h15
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 21h44
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières et 
Aline Leclerc








                        



   


Faut-il y voir une éclaircie pour le mouvement social, à l’image du ciel parisien mardi 9 octobre ? A l’appel de six syndicats, dont la CGT et FO, salariés, fonctionnaires, retraités, étudiants ou lycéens sont descendus dans la rue pour protester contre la politique d’Emmanuel Macron.
Dans la capitale, ils étaient entre 11 500 et 50 000, selon les sources. Le cabinet Occurrence, mandaté par un collectif de médias dont Le Monde, en a dénombré 21 500. C’est plus que lors de la dernière journée interprofessionnelle qui avait réuni, le 28 juin, entre 2 900 et 15 000 personnes. Au total, une centaine de manifestations – également organisées par Solidaires, et les organisations de jeunesse Fidl, UNL et Unef – ont rassemblé 160 000 manifestants, selon les décomptes du ministère de l’intérieur. Ils étaient 300 000 selon la CGT. « Une belle preuve », pour la centrale de Montreuil (Seine-Saint-Denis), que les Français « ne veulent pas de cette politique creusant les inégalités, prenant aux pauvres pour donner aux riches ».

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                Quelque 21 500 manifestants à Paris contre la politique de Macron



Rares étaient ceux qui s’attendaient à ce léger sursaut de participation, y compris parmi les organisateurs. Avant le départ du cortège, Pascal Pavageau, secrétaire général de FO, appelait d’ailleurs à ne pas juger la mobilisation « sur les chiffres » mais sur sa capacité à « prendre date » et à « faire passer des messages ». Présent dans le carré de tête syndical avec son homologue de la CGT, Philippe Martinez, il a invité l’exécutif à retrouver « le chemin du dialogue » tout en dénonçant « une vision extrêmement dangereuse et déconnectée du modèle social ». M. Martinez a également critiqué « un gouvernement complètement à côté des réalités du peuple » et cité parmi les revendications celles des salaires et de l’emploi. A la veille d’une réunion mercredi sur les retraites, les deux leaders syndicaux ont aussi redit leur opposition à un système par points.

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                Le débat sur le pouvoir d’achat des retraités expliqué en six cas concrets



« Cette retraite, j’y avais droit »
Dans le cortège, beaucoup de futurs retraités inquiets de cette réforme, dont certains déguisés en « Gaulois réfractaires à la casse sociale », mais aussi des seniors déplorant l’impact de la hausse d’1,7 % de la CSG sur leur pension décidée par le gouvernement. « On est complètement pris à la gorge, s’emporte Serge Bento, 87 ans, venu défiler avec sa compagne de 76 ans. A nous deux, on perd 800 euros par an ! Sans compter qu’en plus, ils nous ont annoncé que nos retraites n’augmenteront plus autant que l’inflation ! » Et le quasi-nonagénaire d’ajouter : « Faut un certain toupet quand même : quand quelqu’un pioche 10 euros dans le porte-monnaie d’une mamie, et qu’il recommence tous les mois, on appelle ça du racket ! »
Un mécontentement partagé par Colette Maatouk, 70 ans : « J’ai travaillé quarante ans dans l’industrie pharmaceutique, cette retraite, j’y avais droit. » Plus que la somme, c’est surtout « le mépris » du président de la République ferait preuve qui l’a indignée, notamment quand il a récemment suggéré à une retraitée d’arrêter de se plaindre : « On nous traite comme si on était là que pour mendier, alors que ce pays on l’a construit. » Les saillies du chef de l’Etat, ces dernières semaines, ont visiblement marqué les esprits.
Christine Brouh, 59 ans, elle, parle de « l’irrespect qu’a Macron pour les agents de services publics de l’emploi ». Le locataire de l’Elysée avait lancé en septembre à un jeune demandeur d’emploi qu’il suffisait de traverser la rue pour trouver un travail. « Il ne reconnaît pas ce que nous faisons, alors que contrairement à lui, nous connaissons la réalité de la recherche d’emploi ! », s’emporte cette secrétaire régionale SNU-FSU de Pôle Emploi. Alors qu’une nouvelle réduction d’effectifs chez cet opérateur de l’Etat est prévue dans le budget 2019, elle s’étrangle : « Comment va-t-on faire face alors qu’on est déjà sur la corde, avec des sous-effectifs partout, des agents qui doivent accompagner jusqu’à 1 000 demandeurs ? »
« Ce gouvernement prône l’individualisme »
Les mots et les craintes sont presque les mêmes dans la bouche des infirmiers de l’hôpital Saint-Antoine à Paris, chez cette professeur d’une école primaire de Colombes (Hauts-de-Seine), ou chez cette fonctionnaire territoriale de Villiers-le-Bel (Val-d’Oise). Tous décrivent des effectifs à la baisse, une dégradation de leurs conditions de travail comme des services rendus aux usagers. « C’est ça la vraie inquiétude pour moi, explique cette fonctionnaire. Et quand j’entends qu’il n’y a pas assez d’argent alors qu’on supprime l’impôt sur la fortune, ça me met dans une grande colère. » Elle qui manifeste depuis huit ans constate pourtant la difficulté de mobiliser au-delà des cercles militants, malgré le mécontentement ambiant. « Les gens sont coincés dans leur problème. Ils sont de plus en plus souvent intérimaires ou en CDD, ce qui rend impossible de s’organiser, de lutter », souligne-t-elle.
« Ce gouvernement prône l’individualisme, et les gens écoutent ces beaux discours. Ils pensent que la tornade va passer et frapper la maison d’à côté, déplore Christine Brouh, de Pôle Emploi. Ce gouvernement détricote nos droits par petites touches. Et comme pour un tableau impressionniste, ce n’est qu’à la fin qu’on voit le résultat et qu’il ne nous reste plus rien. »
Parti de Montparnasse, le cortège s’est rendu dans le calme à place d’Italie, ralenti par quelques dizaines d’autonomes, vêtus de noir, le visage masqué. De rares affrontements ont éclaté, donnant lieu à l’interpellation de neuf personnes. Un manifestant et un policier ont été blessés, selon un bilan de la préfecture de police en fin d’après-midi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Trois études récentes sur les sympathisants et les adhérents de La République en marche montrent les fragilités de l’entreprise présidentielle, estime dans sa chronique Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».
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« La construction politique qui a permis à Macron de s’imposer est friable »

Trois études récentes sur les sympathisants et les adhérents de La République en marche montrent les fragilités de l’entreprise présidentielle, estime dans sa chronique Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 11h55
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            Gérard Courtois








                        



                                


                            

Chronique. Depuis son élection à la présidence de la République et le large succès de ses partisans aux élections législatives qui ont suivi, l’on ne compte plus les qualificatifs qui ont été accolés au mouvement créé par Emmanuel Macron : bonapartisme, libéralisme, social-libéralisme, populisme, néo-gaullisme, progressisme, saint-simonisme, « césaro-centrisme »… La liste n’est pas limitative. Elle exprime la perplexité devant cet objet politique non identifié, cet OPNI surgi de nulle part qui a blackboulé le « vieux monde » des caciques, des partis et des classifications traditionnels.
Passé la stupeur, le temps est venu d’une exploration plus rigoureuse. Coup sur coup, trois études viennent de s’y consacrer. Luc Rouban, du Centre de recherches de Sciences Po (Cevipof), s’est attelé au décryptage de l’ADN du macronisme, à partir du profil de ses électeurs et de ses députés (Le Paradoxe du macronisme, SciencesPo les presses, 180 p., 12 €). Puis la Fondation Jean Jaurès a dressé le Portrait-robot des sympathisants de La République en marche, ces Français qui, selon les enquêtes du Cevipof, se « sentent le plus proches » du parti présidentiel (Le Monde du 22 septembre). Enfin, le think tank Terra Nova vient de passer au scanner, grâce à une enquête inédite auprès de quelque 9 000 d’entre eux, les adhérents de ce parti (Le Monde du 9 octobre).
Précisons que ces trois analyses reposent, pour la première, sur les données électorales de mai-juin 2017, et pour les deux autres sur des enquêtes réalisées en juin 2018. Elles précisent donc le paysage au début ou au terme d’une première année où rien ne semblait résister au chef de l’Etat, avant la mauvaise passe dans laquelle il se trouve embarqué depuis l’été. Mais ce portrait de la « Macronie heureuse » n’en est pas moins instructif. Il permet en effet de déceler, dès l’origine, les fragilités de l’entreprise présidentielle.
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