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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Nicole El Karoui, mathématicienne de renom, a formé plusieurs générations d’ingénieurs « analystes quantitatifs ». Dix ans après la crise des subprimes, elle revient sur ses travaux concernant la finance de marché.
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Mathématiques financières : « On m’a accusée d’avoir fait entrer le loup dans la bergerie »

Nicole El Karoui, mathématicienne de renom, a formé plusieurs générations d’ingénieurs « analystes quantitatifs ». Dix ans après la crise des subprimes, elle revient sur ses travaux concernant la finance de marché.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 16h45
    |

            Marine Miller








                        



   


Professeure de mathématiques à Sorbonne université (née de la fusion de Paris-IV et Paris-VI) et à l’Ecole polytechnique, Nicole El Karoui a lancé, en 1990, un DEA — devenu master 2 — probabilités et finances à l’université, convaincue que les mathématiques allaient révolutionner la finance de marché.
Dix ans après la chute de Lehman Brothers, elle revient sur les origines de cette formation inédite et réputée, ainsi que sur l’impact de la crise des subprimes sur ce cursus et sur la responsabilité des scientifiques dans le monde économique et social.
Vous êtes mathématicienne, comment en êtes-vous venue à la finance ?
Nicole El Karoui : A la fin des années 1980, j’étais dans une période de transition dans ma carrière. Alors que l’Ecole normale supérieure [ENS] de Fontenay-aux-Roses [Hauts-de-Seine], où j’enseignais, devait déménager à Lyon, j’ai réussi à obtenir un poste d’enseignant-chercheur à l’université Paris-VI. J’avais déjà quinze ans d’expérience dans l’enseignement et j’ai eu envie d’avoir un contact avec le marché du travail.
J’ai obtenu un stage au centre de recherche de la Compagnie bancaire (avant son intégration à BNP Paribas). Je n’avais qu’une culture « citoyenne » de l’économie. Et je découvre un nouveau secteur d’activité en finance, dont les problématiques théoriques font appel au mouvement brownien (description mathématique du mouvement aléatoire), c’est-à-dire exactement ce dont j’étais spécialiste.
Quel était le contexte économique et politique à ce moment-là ? 
La déréglementation de l’économie avait été amorcée aux Etats-Unis. C’était le début de la financiarisation. Les paramètres fondamentaux, taux de change, de crédit, etc., ne cessaient de « flotter », de fluctuer. Le futur devenait alors hautement imprévisible et de nouveaux produits financiers, d’assurance contre le risque de marché, étaient créés, gérés dans des marchés spécialisés.
En France, le gouvernement socialiste a retardé l’entrée dans cette nouvelle ère jusqu’à la fin des années 1980. Arrive une grande révolution informatique : les petits PC [personal computers, ordinateurs personnels] bouleversent le paysage, concurrençant les « gros IBM ». C’est le moment où la révolution informatique a percuté la banque.
Les nouveaux produits financiers ont misé sur une forte technicité informatique, allant de la théorie la plus moderne des probabilités à leur traduction numérique et algorithmique. A la Compagnie bancaire, j’ai réalisé que les mathématiques pouvaient aider à résoudre les problèmes concrets de cette finance, et surtout offrir de nouveaux débouchés aux étudiants. Les banques cherchaient des très bons théoriciens des probabilités qui connaissaient la finance de marché.
J’ai proposé à mon laboratoire de mathématiques à Jussieu [à Paris] de créer une formation de master 2 (ex-DEA) qui allierait mathématiques et finance. Cette initiative n’a pas fait l’unanimité dans le monde des mathématiciens, qui m’ont accusée d’avoir fait entrer le loup (de la finance) dans la bergerie (des mathématiciens).
Quel était le profil des premiers étudiants de votre master ?
Au début, nous n’avions qu’une dizaine d’étudiants, venant de Ponts et chaussées ou de Polytechnique, où je fus nommée professeur en 1997. A cette époque, la finance de marché s’enseignait dans les écoles de commerce. Son entrée à l’université à travers un laboratoire de mathématiques garantissait le niveau scientifique de nos étudiants.
Pendant dix ans, notre master a fonctionné dans le style « start-up ». C’était à la fois innovant et passionnant. La finance recrutait nos ingénieurs « quants » (analyste quantitatif) à des salaires entre 20 % et 30 % supérieurs à ce que proposait l’industrie. En 1995, nous avions déjà trente à quarante étudiants chaque année. D’autres universités scientifiques se sont mises à ouvrir le même type de formation.
Pourquoi les « quants » que vous formiez étaient-ils aussi recherchés ?
Ce qui a fait leur succès, c’était leur solide formation en mathématiques, leur curiosité, leur capacité à traduire les problèmes en une chaîne allant de la théorie à la pratique. La qualité de notre master a été vite reconnue en France, mais aussi à Londres et à New York. Sa renommée s’est construite grâce aux réseaux des anciens diplômés. Et puis le Wall Street Journal y a consacré un long article en 2006.
Les candidatures ont flambé dans les années 2000, que s’est-il passé ?
Il y a eu un emballement pour la finance dans le monde scientifique, car il y avait beaucoup de nouveaux problèmes innovants, dont les solutions étaient testées très rapidement. L’unité de temps dans ces marchés était très différente de celle de l’industrie.
Après l’éclatement de la bulle Internet, en 2000, la finance de marché s’est industrialisée. La banque recrutait beaucoup, les salaires de nos « quants » ont encore progressé, ceux des tradeurs ont explosé. J’alertais mes étudiants en leur disant que, si après quelques années, le métier ne les passionnait plus, il ne fallait pas hésiter à en changer, quitte à gagner moins. Pas toujours facile pour des jeunes de résister à cet environnement où l’argent est dématérialisé comme au Monopoly.
L’aspect positif, c’est que tout cela a montré aux jeunes que les débouchés des filières maths et physique à l’université ne se résumaient pas à l’enseignement ou à la recherche.
Qu’est-ce que la crise de 2008 a changé pour votre master ?
La crise de 2008 a eu bien sûr un fort impact sur le master. Pendant plusieurs années les grandes banques, françaises en particulier, ont cessé de recruter. Les débouchés se sont diversifiés, notamment vers des métiers supports, comme la comptabilité, le conseil — les grands cabinets de conseil ont maintenant tous des équipes de « quants » —, ou le numérique.
Il y a eu un impact « éthique » sur le master, surtout au début. Certains étudiants m’expliquaient qu’ils n’osaient pas dire autour d’eux qu’ils faisaient de la finance. La crise a renforcé de manière considérable la régulation, et a modifié certaines règles de fonctionnement des marchés.
Sur le plan de l’enseignement, nous avons adapté le programme, avec de nouveaux cours plus orientés marchés et régulation, dont nous avons intégré l’impact. La prise en compte de cette évolution a induit des problèmes informatiques et techniques considérables, typiques des compétences des « quants », notamment en ce qui concerne la couverture des risques de produits d’assurance contre le risque de marché, mais aussi le rôle des spéculateurs et leur impact sur l’offre et la demande — ce qui a priori ne relevait pas de la problématique « quant ».
Quelles ont été les leçons de la crise pour les mathématiciens ?
La crise de 2008 est d’abord une crise de la finance et seulement partiellement de la modélisation. Elle a permis d’interroger le rôle du scientifique dans le monde économique et social. Je n’ai jamais enseigné à mes étudiants la spéculation ou la prédiction, car ce n’était pas l’objet de l’activité des marchés à terme. Les mathématiques étaient utilisées pour faire des modèles de couverture de risques dans des situations ordinaires, pas pour gérer des situations de bulle ou de surchauffe des marchés.
Le changement d’organisation aux Etats Unis, à l’origine des subprimes, qui ont entraîné la crise, a favorisé le développement de produits d’assurance très compliqués, mal maîtrisés ; tant que ce secteur gagnait beaucoup d’argent, les réserves méthodologiques des « quants » n’avaient aucun impact.
Comment sont formés aujourd’hui vos « quants » ?
La finance, avec ses nouvelles monnaies et ses nouvelles places de « trading online », est en train de faire sa nouvelle révolution, et elle ne sera pas moins technologique. Ne la laissons pas se faire sans nous, et anticipons les risques futurs, notamment dans la jonction finance-big data.
Pour ce qui est des candidatures, le « big data » joue, aujourd’hui, le même rôle d’attractivité (salaire, offre) que la finance des années 2000. Cela a une incidence réelle sur les candidatures. Les étudiants avec une double compétence finance-big data sont de plus en plus demandés. Les responsables actuels du master ont déjà intégré cette évolution dans la formation.
Je ne crois pas qu’on puisse modéliser globalement pour longtemps des phénomènes « sociaux », car la richesse des sociétés humaines est d’apprendre vite et donc de modifier en permanence l’univers que l’on souhaiterait modéliser. La première leçon pour moi est celle d’une grande modestie concernant l’apport des maths, d’en tirer une leçon pour analyser moins naïvement le développement des nouveaux domaines, comme le big data et ses dérivés. Et en même temps, sans maths ce serait bien pire… Manifestement, nous avons été d’une grande naïveté.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Un collectif de 90 économistes internationaux s’élève, dans une tribune au « Monde », contre la stratégie de ces institutions pour privilégier l’investissement privé dans le financement du développement.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

« Le FMI et la Banque mondiale veulent promouvoir la “banque de l’ombre” dans les pays du Sud »

Un collectif de 90 économistes internationaux s’élève, dans une tribune au « Monde », contre la stratégie de ces institutions pour privilégier l’investissement privé dans le financement du développement.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 18h35
    |

un collectif d'économistes internationaux







                        



   


Tribune. Le mois dernier, les banquiers centraux et les responsables politiques du monde entier célébraient le dixième anniversaire de la crise financière mondiale et évoquaient les leçons qui en ont été tirées. On s’accordait pour dire que beaucoup a été fait pour réguler les banques et protéger les contribuables des prises de risques inconsidérées, mais que nous n’avons pas fait assez pour réguler la banque de l’ombre (« shadow banking »).
Sur ce dernier point, le consensus se fragmente : les banques centrales réclament plus de pouvoirs pour gérer les risques systémiques générés « à l’ombre » du système bancaire, tandis que les politiques s’inquiètent de l’aléa moral induit par les futurs sauvetages des « banques de l’ombre » comparables à Lehman Brothers.

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Nous sommes particulièrement inquiets de voir les institutions internationales comme le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, dont la réunion annuelle se tient à Bali du 9 au 12 octobre, promouvoir activement la poussée des activités de shadow banking dans les pays du Sud.
Portée par les programmes comme « Des milliards aux trilliards » ou le nouvel agenda de la Banque mondiale « Maximiser les financements pour doper le développement » (MFD), la nouvelle stratégie pour atteindre les « Objectifs de développement durable » (ODD) de l’ONU vise utiliser le shadow banking pour créer des nouvelles « opportunités à investir » dans les infrastructures, l’eau, la santé ou l’éducation dans les pays pauvres, et donc pour attirer les milliers de milliards des investisseurs institutionnels du monde entier.
Recours à la titrisation
Mettre la banque de l’ombre au cœur des politiques de développement ne revient pas uniquement à privatiser les services publics, mais risque aussi de déboucher sur un système où les gains sont privés, les pertes socialisées, et l’austérité permanente prolongée. Plus fondamentalement, cette stratégie vise à réorganiser les marchés financiers des pays pauvres pour mieux attirer les investisseurs mondiaux, une idée profondément troublante qui menace en réalité tout progrès en matière d’ODD. Nous appelons les gouvernements et les organisations internationales réunis au sommet de Bali à prendre du recul et à évaluer scrupuleusement l’impact réel de la stratégie MFD.

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Comme l’annonce la « feuille de route de création d’une classe d’actifs dans les infrastructures » adoptées par le G20 sous la présidence argentine en 2018, cette nouvelle stratégie sera testée sur les projets d’infrastructures.
La titrisation, nous l’avons appris de l’effondrement de Lehman Brothers, débouche sur un marché financier opaque
La Banque mondiale compte recourir à la titrisation pour mobiliser la finance privée. Elle veut ainsi regrouper ses propres prêts et ceux des autres banques de développement, et sur cette base émettre des tranches d’obligations senior et junior et les proposer aux investisseurs institutionnels ayant des appétences différenciées pour le risque. Or la titrisation, nous l’avons appris de l’effondrement de Lehman Brothers, débouche sur un marché financier opaque où règnent de mauvaises incitations, des effets de levier excessifs et une promotion agressive des crédits sous-jacents auprès des clients qui peinent ensuite à les rembourser. Elle génère une interconnexion et une fragilité systémique.
Jusqu’à présent, aucun de ces problèmes n’est abordé dans le cadre de la stratégie MFD. A la place, l’approche dite « en cascade » adoptée par la Banque mondiale demande aux pays pauvres d’utiliser leurs faibles ressources fiscales ou l’aide au développement pour réduire les risques associés aux projets d’investissement retenus, via des subventions ou des garanties publiques.
Dans la mesure où, la Banque mondiale gardera une partie des tranches junior – les plus risquées – dans son bilan, la pression risque d’être forte sur les Etats pauvres pour qu’ils y consacrent leurs ressources, quitte à procéder à des coupes budgétaires dans les politiques sociales.
Développer un cadre analytique
Par ailleurs, la stratégie de la Banque mondiale n’exprime pas uniquement une préférence idéologique pour la fourniture privée des biens publics, elle vise aussi à remodeler les marchés financiers des pays pauvres autour des marchés de capitaux liquides, susceptible d’attirer des investisseurs mondiaux.
La recette proposée pour orchestrer la liquidité des actifs titrisés locaux présuppose la promotion des marchés de l’ombre (les marchés de « Repo » et de dérivés) – ceux-là même qui ont poussé Lehman Brothers à sa perte. Elle limite aussi l’autonomie politique des Etats concernés. Comme le FMI le reconnaît, inviter les pays pauvres à alimenter l’offre globale d’actifs titrisés les rend vulnérables aux cycles financiers mondiaux sur lesquels ils n’ont aucune prise. Les événements récents en Argentine l’ont encore rappelé.
La préférence pour les financements privés n’est une option légitime que lorsqu’elle sert explicitement l’intérêt général
Nous appelons la Banque mondiale à reconnaître que la préférence pour les financements privés ne doit pas être automatique ; ce n’est une option légitime que lorsqu’elle sert explicitement l’intérêt général. Là où c’est le cas, nous demandons au Groupe de la Banque mondiale de développer un cadre analytique pour estimer les coûts des garanties publiques et des subventions implicites.
Dans un souci de transparence et de responsabilité, il s’agit de permettre aux parties prenantes, y compris aux organisations de la société civile et à d’autres acteurs attachés à la défense de l’intérêt général, d’en surveiller étroitement les résultats et le coût pour la dépense publique.
Si le Groupe de la Banque mondiale choisit de titriser les prêts dédiés aux projets de développement, il devrait au préalable s’assurer que les ODD soient à l’abri des risques inhérents à toute activité de « banque de l’ombre ». Mais cela ne sera pas suffisant. Pour protéger la capacité des Etats de mener des politiques de développement et s’assurer que la titrisation promeut réellement le développement durable, il faut également un cadre approprié pour sélectionner des projets en ligne avec les ODD de l’ONU et l’Accord de Paris ainsi qu’un cadre pour gérer dans un souci de prudence la volatilité des flux d’investissements vers les marchés financiers locaux, et enfin un filet de sécurité financier mondial résilient.
Ce texte a été publié simultanément par l’agence Bloomberg (Royaume-Uni) et les journaux De Morgen (Belgique) et NRC Handelsblad (Pays-Bas).
Premiers signataires de la tribune : Engelen Ewald (Professeur de géographie financière, Université d’Amsterdam, Pays-Bas), Gabor Daniela (Professeure d’économie et de macrofinance, UWE Bristol, Royaume-Uni). Autres signataires : Prates Daniela Magalhães (Professeur d’économie, Université de Campinas, Brésil), Aalbers Manuel B. (Professeur de géographie économique, KU Leuven/Université de Louvain, Belgique), Ali Mona (Professeure associée d’économie, Université d’Etat de New York à New Paltz, Etats-Unis), Alves Carolina (Girton College et faculté d’économie, Université de Cambridge, Grande-Bretagne), Archela Danielle Guizzo (Maître de conférences en économie, UWE Bristol, Royaume-Uni), Ban Cornel (Reader en économie politique internationale, City University, Grande-Bretagne), Bargawi Hannah (Maître de conférences en économie, SOAS University of London, Royaume-Uni), Bavoso Vincenzo (Maître de conférences en droit commercial, Université de Manchester, Royaume-Uni), Bayliss Kate (Chargée de recherche principale, Université de Leeds, Royaume-Uni), Bezemer Dirk (Professeur d’économie et de finance, Université de Groningue, Pays-Bas), Bieling Hans-Jürgen (Professeur d’économie politique, Université de Tübingen, Allemagne), Bonizzi Bruno (Maître de conférences en économie politique, Université de Winchester, Royaume-Uni), Bortz Pablo (Professeur de macroéconomie, IDAES - Université nationale de San Martín, Argentine), Brooks Sally (Chargée de recherche, Université de York, Royaume-Uni), Bush Ray (Professeur d’études africaines et. Politique de développement, Université de Leeds, Royaume-Uni)
Capelle-Blancard Gunther (Professeur d’économie, université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, France), Caraballo-Cueto José (Professeur associé, Université de Porto Rico à Cayey), Chansrasekhar C. P. (professeur d’économie, Université Jawaharlal Nehru, Inde), Chenoy Anuradha (Professeur, anciennement Université Jawaharlal Nehru, New Delhi, Inde), Chenoy Kamal Mitra (Professeur, Université Jawaharlal Nehru, New Delhi, Inde), Chiapello Eve (Professeur de sociologie économique, EHESS Paris, France), Cibils Alan B. (Professeur d’économie politique, Universidad Nacional de General Sarmiento, Buenos Aires, Argentine), Creel Jérôme (Professeur Associé d’économie, Sciences Po, Paris, France), Florence Dafe (Fellow en économie politique internationale, Département des relations internationales, London School of Economics and Political Science, Royaume-Uni), Dafermos Yannis (Maître de conférences, UWE Bristol, Royaume-Uni), Das Debarshi (professeure agrégée d’économie, IIT Guwahati, Inde), Demir Firat (Professeur d’économie, Université de l’Oklahoma, Etats-Unis), Durand Cédric (Professeur agrégé d’économie, université Paris-13, France), Ferreiro Jesus (Professeur d’économie, Université du Pays Basque UPV/EHU, Espagne), Fine Ben (Professeur d’économie, School of Oriental and African Studies, Royaume-Uni), Fritz Barbara (Professeur, Institut d’études latino-américaines, Freie Universität Berlin, Allemagne)
Gallagher Kevin (Professeur d’économie, Université de Boston, Etats-Unis), García-Lamarca Melissa (Chercheuse postdoctorale, Universitat Autònoma de Barcelona, Espagne), Ghosh Jayati (Professeure d’économie, Université Jawaharlal Nehru, Inde), González Carlos Rodríguez (Professeur, Université du Pays Basque (UPV/EHU), Espagne), Grabel Ilene (Professeure d’économie politique internationale, Université de Denver, Etats-Unis), Grey Rohan (Cornell University, Etats-Unis), Hansen Anders Lund (professeur agrégé Département de géographie humaine, Université de Lund, Suède), Hager Sandy (Maître de conférences en économie politique internationale, City University London, Royaume-Uni), Herr Hansjörg (Professeur d’économie, Berlin School of Economics and Law, Allemagne), Herman Barry (Chercheur invité, The New School for Public Engagement), Ismail Feyzi (SOAS Université de Londres, Royaume-Uni), Isaacs Gilad (Université du Witwatersrand, Afrique du Sud), Karwowski Ewa (Maître de conférences en économie, Hertfordshire Business School, Université du Hertfordshire, Royaume-Uni), Kregel Jan (professeur d’économie, Levy Economics Institute, Etats-Unis), Koddenbrock Kai (Professeur intérimaire d’études politiques internationales, Université de Witten-Herdecke, Allemagne), Kvangraven Ingrid Harvold (Chargée de cours en politique, Université de York, Etats-Unis)
Lagoa Sérgio Miguel (Professeur assistant, ISCTE- Instituto Universitário de Lisboa, Lisbonne, Portugal), Lindo Duncan (Chercheur universitaire, Université de Leeds, Royaume-Uni), Lis Piotr (professeur agrégé d’économie, Université de Poznan, Pologne), Mader Phil (Chargé de recherche, Institute of Development Studies, Royaume-Uni), McAfee Kathleen (Professeure, Relations internationales, San Francisco State University, Etats-Unis), Mahnkopf Birgit (Professeur émérite d’économie politique internationale, Berlin School of Economics and Law, Allemagne), Mavroudeas Stavros D. (professeur d’économie politique, Université de Macédoine, Grèce), Metz Caroline (Université de Manchester, Royaume-Uni), Michell Jo (Professeur Associé, Université de l’Ouest de l’Angleterre), Naqvi Natalya (Professeure en économie politique internationale, London School of Economics and Political Science, Royaume-Uni), Nitsch Manfred (Professeur émérite d’économie, Freie Universität Berlin, Allemagne), Nölke Andreas (Professeur d’économie politique internationale, Université Goethe, Allemagne), Passarella Marco Veronese (professeur d’économie, Université de Leeds, Royaume-Uni), Powells Jeff (Maître de conférences en économie. Université de Greenwich, Royaume-Uni), Priewe Jan (Professeur émérite d’économie, HTW Berlin, Allemagne), Puyana Alicia (Professeure d’économie, FLACSO Mexique), Rolnik Raquel (Université de Sao Paulo, Brésil), Roychowdhury Anamitra (Professeure adjointe en économie, Université Jawaharlal Nehru, Inde)
Santoro Paula Freire (Professeur d’urbanisme, Université de Sao Paulo, Brésil), Sawyer Malcolm (Professeur émérite d’économie, Université de Leeds, Royaume-Uni), Scialom Laurence (Professeure à l’université Paris Ouest Nanterre - La Défense, France), Scherrer Christoph (Directeur, Centre international pour le développement et le travail décent, Université de Kassel, Allemagne), Shimbo Lucia (Professeure d’architecture et d’urbanisme, Université de São Paulo, Brésil), Soederberg Susanne (Professeure d’études sur le développement mondial, Université Queen’s, Canada), Stevano Sara (maître de conférences en économie, UWE Bristol, Royaume-Uni), Storm Servaas (Maître de conférences, Université technologique de Delft, Pays-Bas), Tadjeddine Yamina (Professeur d’économie, Université de Lorraine, France), Teles Nuno (Professeur d’économie, Université fédérale de Bahia, Brésil), Umara Bunu Goso (Borno State Public Service, Nigeria), Van Waeyenberge Elisa (Maître de conférences en économie, School of Oriental and African Studies, Royaume-Uni), Vasudevan Rama (Professeur associé d’économie, Université d’Etat du Colorado, Etats-Unis), Vercelli Alessandro (Professeur d’économie, Université de Sienne, Italie), Von Staveren Irene (Professeure d’économie pluraliste du développement, Institut international d’études sociales, Université Erasmus Rotterdam, Pays-Bas), Vural Ipek Eren (Professeur associé, Département de sciences politiques et d’administration publique, Université technique du Moyen-Orient, Ankara, Turquie), Wainwright Thomas (Lecteur, School of Management, Royal Holloway, Université de Londres, Royaume-Uni), Wullweber Joscha (Professeur de politique internationale, Université de Vienne, Autriche), Yasar Yavuz (Université de Denver, Etats-Unis), Young Brigitte (Professeure d’économie politique internationale, Université de Muenster, Allemagne), Zezza Genarro (Professeur associé d’économie, Université de Cassino, Italie).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Des dizaines d’internautes s’agacent, preuves à l’appui, de voir leur taxe d’habitation en hausse, contrairement à la promesse présidentielle. Explications.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Pourquoi la taxe d’habitation de certains contribuables augmente

Des dizaines d’internautes s’agacent, preuves à l’appui, de voir leur taxe d’habitation en hausse, contrairement à la promesse présidentielle. Explications.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 13h07
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 13h13
    |

            Samuel Laurent








                        


Ils sont des dizaines, sur les réseaux sociaux, à le penser et à le clamer : pour eux, pas de baisse de la taxe d’habitation, comme promis par Emmanuel Macron, mais, au contraire, une hausse de cet impôt, parfois au-delà des 20 % ou 30 %.

#TaxeHabitation 
2017: 586 euros
2018: 592 euros
— LNFranco_FI (@Helene Franco)


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Bon bah reçu taxe habitation. 
2017:   828€
2018:   1121€

Variation en pourcentage écrit sur la feuille: 35,39%

— GaccioB (@gaccio bruno)


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Un effet contre-productif, au moment où le gouvernement Edouard Philippe, en pleine période de remaniement, peine à vanter les effets de ses réformes pour le pouvoir d’achat, en particulier pour les personnes aux revenus modestes. Comment expliquer ces hausses ?
Une promesse très populaire
Emmanuel Macron l’avait martelé durant toute sa campagne électorale : il exonérerait, sur des critères de revenu, quatre contribuables sur cinq de cet impôt « injuste », car variable selon les communes et basé sur une évaluation obsolète des valeurs locatives. Cette promesse a profondément « imprimé » les esprits, selon les sondeurs, qui y voyaient l’un des moteurs du succès du candidat

        Lire aussi :
         

                L’exonération de taxe d’habitation, puissant moteur d’adhésion à Macron



Une mise en œuvre compliquée
Mais la simplicité de la promesse — supprimer la taxe d’habitation pour 80 % des foyers — se heurte à des difficultés. La taxe d’habitation est, en effet, un impôt communal, qui abonde les budgets des collectivités locales. Et celles-ci décident en partie de son montant et de son assiette.
Le gouvernement a promis une réforme par étapes successives. La première de ces étapes : une baisse de 30 % sur les avis d’imposition 2018, que les contribuables français reçoivent ces jours-ci.
Cette baisse est compensée par l’Etat auprès des communes, à « l’euro près », comme l’a promis l’exécutif. Mais il le fait sur la base de l’imposition de 2017, sans prendre en compte les éventuelles augmentations survenues entre-temps. Car les communes gardent la possibilité de faire leurs propres choix en fonction de leurs besoins de financement.
Selon un rapport d’information parlementaire de juillet, on compte ainsi 24 250 communes et 748 EPCI (intercommunalités) qui ont maintenu leur taux — et a donc permis l’application d’une baisse de 30 %.
5 680 communes et 184 intercommunalités
Ainsi, dans 5 680 communes et 184 intercommunalités, le taux a augmenté, parfois fortement, ce qui peut « effacer » en partie ou en totalité la baisse de fiscalité résultant de la mesure prise au niveau national.
De même, le calcul de la taxe d’habitation fonctionne avec des abattements décidés au niveau communal, selon la taille de la famille, par exemple. Celles-ci ont pu supprimer ces abattements, produisant un autre effet de sens.
Plusieurs cas de figure
Il est donc possible d’être dans une commune où la hausse du taux a effacé la baisse de 30 % décidée et compensée par l’Etat. Mais également de ne pas être concerné par la baisse, car ses revenus sont trop hauts.
Si le revenu fiscal de référence dépasse 27 000 euros pour la première part (majoré de 8 000 euros par demi-part), soit 2 500 euros ou plus par mois environ pour un célibataire, on ne bénéficie pas du dégrèvement. (Voir notre calculette : serez-vous exonéré(e) de la taxe d’habitation ?). 
Enfin, les communes calculent la taxe d’habitation en se basant sur une valeur locative de référence, qui augmente quasi automatiquement chaque année. Si l’on n’est pas concerné par le dégrèvement, il y a donc une certaine probabilité de voir arriver cette taxe plus élevée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Le groupe a annoncé, mercredi, un plan pour devenir en 2022 le « leader en Europe » de la fourniture de courant aux véhicules électrique et de leurs bornes.
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EDF entre dans la course à la voiture électrique

Le groupe a annoncé, mercredi, un plan pour devenir en 2022 le « leader en Europe » de la fourniture de courant aux véhicules électrique et de leurs bornes.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 16h01
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



   


Le premier électricien mondial ne pouvait pas rater le virage de la mobilité électrique au moment où le mouvement en faveur des véhicules propres s’accélère, notamment du côté des constructeurs automobiles. Le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, a annoncé, mercredi 10 octobre, un plan destiné à en faire l’« énergéticien leader » sur ses quatre principaux marchés (France, Royaume-Uni, Italie et Belgique) en 2022. Après le « plan solaire » (fin 2017) et le « plan stockage » (mars 2018), le groupe complète ainsi sa stratégie en faveur de la transition énergétique.
EDF s’était déjà engagé dans cette voie à travers sa filiale Sodetrel, qui gère un réseau de 200 bornes de recharge rapide (80 % du plein en vingt à trente minutes) sur les autoroutes de l’Hexagone, soit une tous les 80 kilomètres. Il a décidé de créer une division spécifique « EDF mobilité électrique ». Confiée à Yannick Duport, jusqu’à présent directeur commerce Ile-de-France, elle sera rattachée au directeur exécutif, Henri Lafontaine, patron du commerce et des services.
« Le contexte est favorable, on assiste à un mouvement général de la société, des politiques et des constructeurs, qui investissent des milliards dans le véhicule électrique. Il fallait accélérer », souligne M. Duport, qui rappelle qu’EDF a testé les premiers véhicules électriques… en 1972. Le transport est responsable de 20 % des émissions de gaz à effet de serre en Europe, et le véhicule électrique est une des réponses majeures au défi climatique. Et de puissants concurrents, comme le français Engie et l’italien Enel, sont déjà en piste.

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« Le client d’EDF pourrait être rémunéré »
EDF a plusieurs atouts : un portefeuille de 35 millions de clients sur le Vieux Continent ; un taux de satisfaction très élevé, même si le groupe continue de perdre des abonnés depuis l’ouverture à la concurrence ; et une production décarbonée à 87 % grâce au nucléaire. « En 2022, nous fournirons 600 000 véhicules électriques, soit 30 % du marché des quatre pays où nous sommes le plus implantés », indique M. Duport.
Mais, dès 2019, EDF lancera une offre commerciale intégrant fourniture de courant vert, solutions de recharge pour ceux qui ont une place de parking (et des « solutions innovantes » pour ceux qui n’en ont pas), ainsi que des services pour optimiser cette recharge et l’usage de la batterie du véhicule.

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« En 2022, nous fournirons 600 000 véhicules électriques, soit 30 % du marché des quatre pays où nous sommes le plus implantés »
Le groupe a aussi l’ambition d’être, dans quatre ans, le premier exploitant de bornes électriques publiques et privées sur ses quatre « pays cœur », avec 75 000 points gérés par Sodetrel.
Enfin, il affiche sa volonté d’être le numéro un dans le « smart charging », avec l’implantation de 4 000 bornes « intelligentes » dès 2020, surtout en France et au Royaume-Uni. Avec ce système, il sera, par exemple, possible de tirer sur une batterie d’automobile garée, afin d’équilibrer le réseau en période de pointe de consommation. « Le client d’EDF pourrait être rémunéré pour cela », explique M. Duport.

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« Partenariats stratégiques »
Au sein de sa division recherche et développement (R&D), EDF va créer un laboratoire dévolu à la « recharge ultrarapide ». « Mais, pour réussir, souligne M. Lévy, EDF construit un écosystème d’acteurs innovants au travers de partenariats stratégiques permettant de déployer à grande échelle les meilleures technologies. » 
D’abord, des start-up présentes sur les technologies de rupture, comme l’allemande Ubricity (équipement des lampadaires publics de bornes de recharge) ou la californienne Nuvve (amélioration du « smart charging »), avec laquelle EDF devrait créer une coentreprise.

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Ensuite, les constructeurs et les équipementiers automobiles. Avec Renault-Nissan, EDF fera des offres commerciales communes pour voitures électriques et testera des solutions de mobilité électrique dans les métropoles et les îles. Avec Toyota, partenaire depuis 2007, M. Duport prévoit « de nouvelles pistes de coopération » avec la R&D d’EDF dans la recharge intelligente et les stations de recharge à hydrogène. Et avec Valeo, qui coopère déjà sur les batteries.
En amont, le groupe travaille déjà sur la mobilisation des centrales et des réseaux pour la décennie 2020-2030. Un million de véhicules rechargeant leur batterie en même temps sollicite entre 1 et 2 gigawatts de puissance, soit un à deux réacteurs nucléaires. Qu’en sera-t-il avec 10 millions de voitures ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Passée par la direction des concessions du groupe Eiffage il y a une dizaine d’années, elle doit attribuer dans les semaines qui viennent le marché de la future autoroute A79, auquel candidate son ex-entreprise.
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La ministre des transports, Elisabeth Borne, face à des accusations de conflit d’intérêts

Passée par la direction des concessions du groupe Eiffage il y a une dizaine d’années, elle doit attribuer dans les semaines qui viennent le marché de la future autoroute A79, auquel candidate son ex-entreprise.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 12h53
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 13h04
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

C’est un petit caillou sur le bitume qui pourrait bien se révéler gênant pour Elisabeth Borne, la ministre des transports. Celle qui est surtout connue pour sa carrière de haut fonctionnaire et ses précédentes fonctions de patronne de la RATP est potentiellement concernée par une situation s’apparentant à un conflit d’intérêts lié à son passage, il y a une dizaine d’années, chez Eiffage, le géant du bâtiment et des travaux publics.
Le bitume en question est celui de la route Centre Europe Atlantique (RCEA), un axe qui coupe la France d’ouest en est en son milieu. La voie est surnommée « la route de la mort » dans sa portion traversant l’Allier et la Saône-et-Loire. Dans cette zone, la N79 doit ce qualificatif au terrifiant ballet de camions qui s’y croisent. Le nombre d’accidents y est très élevé, les chocs frontaux plus fréquents que la moyenne et particulièrement dramatiques.

L’Etat a fait de la mise en sécurité de ce tronçon une priorité. La puissance publique a décidé de prendre à son compte sa mise en deux fois deux voies dans la partie Saône-et-Loire. Quant à la partie Allier, elle sera transformée en autoroute concédée à péage sur 92 kilomètres, à l’horizon 2022. Un appel d’offres a donc été lancé, le dossier mis en consultation ce printemps, et cinq consortiums se sont déclarés candidats. La décision finale d’attribution du marché devrait intervenir dans les semaines qui viennent.
« La ministre devrait se déporter », estime un expert du secteur
Celle qui aura le dernier mot pour l’attribution de la concession de la future A79 est, évidemment, la ministre des transports. Or, une ligne de son CV officiel rappelle qu’Elisabeth Borne a été directrice des concessions du groupe Eiffage en 2007 et 2008. Et Eiffage fait partie des candidats les plus en vue. « On est dans la définition du conflit d’intérêts, estime un spécialiste du secteur. Dans un cas pareil, la ministre devrait se déporter. Ou alors...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ La nouvelle génération d’actifs, qui vit dans l’immédiateté du numérique, attend de trouver sur son lieu de travail un niveau d’accès aux services hyperconnectés, expliquent les spécialistes en immobilier d’entreprise Gilles Cordon et Inigo Echeveste.
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Bureau lumineux, cabine climatisée : quand l’espace de travail est modulable en fonction de l’usage des salariés

La nouvelle génération d’actifs, qui vit dans l’immédiateté du numérique, attend de trouver sur son lieu de travail un niveau d’accès aux services hyperconnectés, expliquent les spécialistes en immobilier d’entreprise Gilles Cordon et Inigo Echeveste.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 12h03
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. Il sait où vous habitez, connaît la voiture que vous conduisez, le nombre de sucres que vous prenez dans votre café. Il saura même, après la prochaine mise à jour logicielle, qui vous devez rencontrer. Officiellement inauguré à Amsterdam en mai 2015, The Edge est probablement l’espace de bureaux le plus intelligent jamais construit. Le bâtiment est équipé de 28 000 capteurs qui mesurent la température, la lumière, les mouvements et l’humidité. Environ 2 500 travailleurs de Deloitte s’y partagent 1 000 bureaux.
Les espaces de travail sont basés sur votre horaire et vos préférences : bureau assis, bureau debout, cabine de travail, salle de réunion ou salle de concentration. Où que vous alliez, l’application connaît vos préférences en matière de lumière et de température. Elle modifie l’environnement en conséquence.
Deloitte collecte des gigaoctets de données sur la façon dont The Edge et ses employés interagissent. Les jours où les absents sont nombreux, une section entière peut même être fermée, réduisant ainsi les coûts de chauffage, de refroidissement, d’éclairage et de nettoyage. « A l’avenir, tous les bâtiments seront connectés, tant en interne qu’à d’autres bâtiments », explique Erik Ubels. Le directeur de la technologie d’OVG, le promoteur immobilier commercial néerlandais qui a conçu The Edge, est cité dans Les Transformations digitales de l’immobilier d’entreprise, de Gilles Cordon et Inigo Echeveste.
L’apparition de l’iPhone et des premières applications en 2007 ont concrétisé l’entrée de l’« Internet of Everything » dans notre quotidien : les connexions entre les personnes, les processus, les données et les objets se sont multipliés. Cette nouvelle mobilité révolutionne la société, les habitudes de consommation, de communication et les modes de travail.
Un standard d’usage
La nouvelle génération d’actifs, qui vit dans l’immédiateté du numérique, attend de trouver sur son lieu de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Si le contentieux prud’homal 2017 est nettement à la baisse, ce phénomène a commencé il y a dix ans avec la création de la rupture conventionnelle, puis s’est accéléré avec la loi du 6 août 2015 formalisant l’assignation, afin de réduire la durée de la procédure, explique dans sa chronique le juriste Jean-Emmanuel Ray.
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Licenciements : la déjudiciarisation va se poursuivre

Si le contentieux prud’homal 2017 est nettement à la baisse, ce phénomène a commencé il y a dix ans avec la création de la rupture conventionnelle, puis s’est accéléré avec la loi du 6 août 2015 formalisant l’assignation, afin de réduire la durée de la procédure, explique dans sa chronique le juriste Jean-Emmanuel Ray.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 11h58
    |

                            Jean-Emmanuel Ray (Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Question de droit social. Le barème des dommages-intérêts prévus en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse (plus de 80 % du contentieux prud’homal) était l’une des mesures emblématiques des ordonnances du 22 septembre 2017 refondant le droit du travail.
Un plafond a été créé en fonction de l’ancienneté du salarié, d’un mois au maximum de salaire brut pour moins d’un an d’ancienneté, à vingt mois au maximum au-delà de trente ans. Mais aussi un plancher : trois mois au minimum au-delà de deux ans, sauf pour les entreprises de moins de onze salariés à la trésorerie fragile. Ces niveaux n’incitent donc guère les jeunes salariés peu rémunérés à se lancer dans un contentieux.
Point n’est besoin de revenir sur l’irréconciliable conflit de logiques sous-tendu par ce barème.
Côté salarié, plafonner la réparation d’un licenciement jugé fautif après des mois voire des années de contentieux passe mal. Surtout lorsqu’il voit les parachutes dorés perçus par quelques dirigeants poussés au départ pour incompétence.
Une session de rattrapage offerte à l’employeur
Côté employeur – et en particulier les TPE-PME, principales assignées aux prud’hommes –, il était incompréhensible qu’une faute vénielle dans la lettre de licenciement ou un obscur mécanisme probatoire (par exemple la déclaration de caméra à la Commission nationale de l’informatique et des libertés) aboutisse à une condamnation jugée très inéquitable, et parfois au dépôt de bilan.
Le contentieux prud’homal 2017 est nettement à la baisse (– 15 % par rapport à 2016, avec 160 000 affaires terminées) : mais ce n’est guère dû à cette réforme, entrée en vigueur fin septembre de la même année. La baisse des contentieux avait commencé il y a dix ans avec la création de la rupture conventionnelle à l’exceptionnel succès (420 900 homologations en 2017). Puis elle s’est accélérée avec la loi du 6 août 2015 formalisant l’assignation, afin de réduire la durée de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Le géant de la logistique a renoncé à l’un des deux bâtiments de son futur méga-centre logistique dans l’Essonne, en région parisienne.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Amazon réduit la voilure sur l’ex-base aérienne de Brétigny

Le géant de la logistique a renoncé à l’un des deux bâtiments de son futur méga-centre logistique dans l’Essonne, en région parisienne.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 11h51
    |

            Grégoire Allix








                        


L’atterrissage d’Amazon sur l’ancien aéroport militaire de Brétigny-sur-Orge (Essonne) sera plus modeste que prévu. Le géant de la logistique a renoncé à l’un des deux bâtiments qu’il devait implanter sur la base aérienne 217, fermée en 2012, ont annoncé Les Echos mardi 9 octobre. Le mégasite logistique d’Amazon en Essonne, le premier en Ile-de-France, devait être le plus grand de l’Hexagone : un entrepôt de commerce électronique largement robotisé de 142 000 mètres carrés, et un deuxième, de soutien logistique et de transit, sur 47 000 mètres carrés.
Le premier bâtiment, qui doit entrer en service cette année, est presque achevé. Le second devait ouvrir en 2020 et avait reçu son permis de construire… mais Amazon l’a annulé au mois de juillet, à la surprise des acteurs de ce territoire en plein redéploiement économique.

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Pour l’agglomération Cœur d’Essonne, qui pilote depuis 2015 la reconversion de ces 300 hectares de pistes, de prairies et de bâtiments plus ou moins à l’abandon en un centre d’activités économiques censé générer quelque 10 000 emplois, l’arrivée d’Amazon avait été une bénédiction : l’entreprise avait acheté 31 hectares, de quoi amorcer les travaux de réaménagement du site. Amazon s’est engagé à créer un millier d’emplois sur trois ans dans le premier entrepôt. Le second, désormais annulé, aurait permis plusieurs centaines de recrutements supplémentaires – jusqu’à 800 selon certaines sources.
Un ambitieux projet d’agriculture biologique
Les élus locaux et la société publique locale chargée d’aménager le site minimisent la portée de ce retrait : la reconversion de l’ex-base aérienne est désormais bel et bien lancée, les projets avancent et un retrait d’Amazon ne remettrait rien en cause. La base accueille des entreprises en quête de terrains pour s’installer et réfléchit à constituer un pôle d’industries 4.0, mais héberge aussi un centre d’activités autour des drones, des tournages de films et des concerts. Elle est surtout au centre d’un ambitieux projet d’agriculture biologique avec l’association Fermes d’avenir, sur quelque 70 hectares.
D’une certaine manière, le repli partiel d’Amazon et le retrait d’une activité qui aurait multiplié le trafic de camions sur le site n’est pas forcément une mauvaise nouvelle pour ces projets, au regard de l’accent mis aujourd’hui par les aménageurs sur la transition agricole et alimentaire, la solidarité, les tiers lieux, plutôt que sur la multiplication des entrepôts de logistique.

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                Amazon maille la France de ses entrepôts



Reste à savoir ce qu’Amazon va faire du terrain inoccupé. Le vendre ? L’utiliser pour développer d’autres types d’activités ? Les représentants du géant américain auraient, dans leurs discussions avec la préfecture de l’Essonne, laissé ouverte la deuxième hypothèse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Aux Etats-Unis, les salariés seniors qui veulent rester dans le coup fréquentent les colloques, se rapprochent de leurs jeunes collègues et enchaînent les formations.
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A l’ère numérique, comment ne pas devenir un « dinosaure »

Aux Etats-Unis, les salariés seniors qui veulent rester dans le coup fréquentent les colloques, se rapprochent de leurs jeunes collègues et enchaînent les formations.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 11h45
    |

                            Caroline Talbot (New York, correspondance)








                        



                                


                            

Lou Hoffman, 61 ans, a vécu de l’intérieur l’évolution de la Silicon Valley. Le créateur de l’agence consultante du même nom, expert en marketing digital, a vu défiler les innovations, du PC d’IBM au début des années 1980 aux messages d’aujourd’hui en 280 signes. Il sait au fond que les jeunes, ces natifs du numérique, sont plus doués que lui sur Twitter, Instagram ou encore Facebook.
Mais pas question de raccrocher. Il a bien trop peur de se réveiller un matin et de voir « un dinosaure » dans son miroir. Alors le sexagénaire s’oblige à apprendre. M. Hoffman fréquente les conférences du métier, il tweete chaque jour, écrit son blog… et tente de repérer les futures tendances.
Stagiaires étrangers
Un exemple ? L’optimisation du référencement par les moteurs de recherches. Il y a presque dix ans, « j’ai senti que cela devenait important », se souvient-il. Et il a voulu s’y essayer. M. Hoffman s’est intéressé au rappel massif de voitures Toyota. Il a demandé à un programmeur de l’aider. Le duo a créé un site Internet traitant à chaud la crise des relations publiques chez le constructeur. Le but du jeu était d’expérimenter, de faire remonter leur site en première page sur les moteurs de recherche. Sur le coup, il n’a rien gagné financièrement. Il s’est juste positionné en tant qu’expert sur le créneau et a pu ajouter ce service à son offre client. « Je ne suis pas supertechnique, avoue-t-il, mais j’en sais assez pour gérer les jeunes de l’équipe. »
Une façon de faire que ne renierait pas Thomas Madden. Le vieux briscard de 79 ans, patron du groupe de relations publiques Transmedia, situé en Floride, adore s’entourer d’étudiants. Il apprécie ses stagiaires étrangers d’Arabie saoudite, d’Israël, de France et de Russie… « Nous apprenons beaucoup avec eux, dit-il. Ils ne connaissent pas Marlène Dietrich, Maurice Chevalier ou Louis Jourdan, mais ce sont les meilleurs sur les réseaux sociaux. »...




                        

                        


<article-nb="2018/10/10/19-10">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Anne Hidalgo a annoncé en parallèle que les bornes Autolib’ seraient à disposition des conducteurs de voitures électriques en décembre.
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Après la fin d’Autolib’, Renault lance un service d’auto-partage à Paris

Anne Hidalgo a annoncé en parallèle que les bornes Autolib’ seraient à disposition des conducteurs de voitures électriques en décembre.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 11h26
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 11h56
   





                        



   


L’auto-partage électrique de retour à Paris. Le service de voitures électriques de Renault, baptisé Moov’in.Paris, entre en service mercredi 10 octobre dans la capitale et à Clichy (Hauts-de-Seine), plus de deux mois après l’arrêt brutal d’Autolib’.
La flotte est composée dans un premier temps de 100 citadines Zoé. A la fin d’octobre, elle comptera 200 Zoé et 20 mini-véhicules Twizy, et elle atteindra 500 véhicules d’ici à la fin de l’année, précise Renault dans un communiqué, qui évoque un objectif de 2 000 véhicules l’an prochain.
D’autres constructeurs, tels que Daimler-BMW et PSA, ont annoncé le déploiement prochain de leurs voitures électriques.
Les bornes Autolib’ à disposition des particuliers
Dans le même temps, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé, mardi 9 octobre, que mille bornes Autolib’ seraient mises à la disposition des conducteurs de voitures électriques à compter du 1er décembre, pour dix euros par mois.

Annonces à l’issue de ce 2ème Conseil parisien de la #Mobilité :
— Anne_Hidalgo (@Anne Hidalgo)


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Les Autolib’ ont progressivement disparu des rues de Paris dans le courant de l’été après la résiliation anticipée du contrat passé par le syndicat Autolib’ Vélib’ métropole (SAVM), qui regroupe une centaine de communes, avec le groupe Bolloré, qui courait initialement de 2011 à 2023.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ La réception du gotha de la finance mondiale dans un pays meurtri par le séisme qui a fait près de 2000 morts soulève la controverse.
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L’Indonésie endeuillée devait-elle accueillir l’assemblée générale du FMI ?

La réception du gotha de la finance mondiale dans un pays meurtri par le séisme qui a fait près de 2000 morts soulève la controverse.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 11h20
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

C’est dans une Indonésie endeuillée par un séisme et un tsunami ayant fait plusieurs milliers de morts que s’est donné rendez-vous, du mardi 9 au samedi 13 octobre, le gotha de la finance mondiale, pour les assemblées générales du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM). L’île de Bali accueille cet événement que les deux institutions sœurs de Bretton Woods, sises à Washington, délocalisent tous les trois ans.
Confronté à d’innombrables catastrophes naturelles, l’archipel a également su résister au ralentissement de la Chine
Dans un tel contexte, et alors que le président Joko Widodo remettra en jeu son mandat en avril 2019, la polémique était inévitable. L’opposition s’est indignée des dépenses jugées « somptuaires » consacrées à ce raout, alors que le pays commence tout juste à panser ses plaies. Mais l’annuler aurait « gâché une occasion idéale de mettre en valeur l’Indonésie », a justifié la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, lundi. « L’Indonésie est une “success story”, l’histoire d’un développement économique réussi, et c’est bien de pouvoir mettre un coup de projecteur dessus », renchérit un haut cadre de la BM.
Plus grande puissance économique d’Asie du Sud-Est, riche en matières premières, le pays a maintenu le cap ces dernières années. Confronté à d’innombrables catastrophes naturelles, il a également su résister au ralentissement de la Chine. Ce vaste marché de 260 millions d’habitants a connu une croissance moyenne de 5 % par an depuis 2013, tirée par la consommation.

Deux décennies après la crise asiatique de 1997-98 et dix ans après la crise financière mondiale, « le niveau de vie des Indonésiens s’est considérablement élevé et l’économie est plus résiliente », souligne un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publié mercredi.
L’OCDE n’est pas avare de compliments. Le pays, note l’organisation,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ L’acquisition par le principal cablo-opérateur américain du premier acteur de la télévision payante en Europe devrait rebattre les cartes dans ce secteur, explique dans sa chronique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« En achetant Sky, l’américain Comcast joue les trouble-fête dans le ciel européen des télécoms »

L’acquisition par le principal cablo-opérateur américain du premier acteur de la télévision payante en Europe devrait rebattre les cartes dans ce secteur, explique dans sa chronique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 11h09
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Pertes & Profits. Avant Comcast, le métier de câblo-opérateur était fort rentable mais plutôt ennuyeux : fournir un robinet à chaînes de télévision, au plus de foyers possibles. La plupart du temps, en juxtaposant des monopoles locaux. Mais depuis que Brian Roberts a hérité, en 1990, de son papa l’entreprise fondée en 1963 dans le Mississippi, il n’a eu de cesse que d’animer cette activité, trop prévisible à son goût. Avec l’idée de se développer dans deux directions naturelles, les télécommunications d’un côté et la télévision de l’autre.

Comcast, devenu à coup d’acquisitions le numéro un américain du secteur, est un pionnier du concept de convergence entre les médias et les télécoms. Celui-ci a fait florès à la fin des années 1990, notamment avec Vivendi en France, et revient aujourd’hui avec force sur le devant de la scène. En bouclant ce mardi 9 octobre le rachat de Sky, le premier acteur de la télévision payante en Europe, il poursuit dans cette voie et pourrait bien troubler le jeu déjà compliqué des Européens.
Un parfum de revanche
Cette opération a un parfum de revanche pour l’insatiable Brian Roberts, puisqu’il arrache Sky au géant Disney qu’il avait essayé d’acheter en 2004. Il débarque en Europe à un moment crucial. Face au déferlement dans l’audiovisuel de géants numériques comme Netflix ou Amazon, les groupes de télévision sont sur la défensive.
Aux Etats-Unis, le phénomène provoque déjà une érosion des abonnements au câble et l’intrusion des opérateurs de téléphone, comme ATT ou Verizon, dans leur métier. En Europe, Sky est l’un des rares paneuropéens. Outre le Royaume-Uni, il est présent en Irlande, Allemagne, Autriche, Italie et Espagne. Son rachat par le géant américain devrait dont rebattre les cartes au moins dans trois domaines.
D’abord, sur le marché de l’Internet à haut débit, spécialité de Comcast et où Sky est le numéro deux en Grande-Bretagne. Il pourrait pousser son avantage en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Avec sa nouvelle gamme de téléphones Pixel, le groupe californien veut se tailler une place dans un secteur très concurrentiel.
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Google persiste sur le marché des smartphones

Avec sa nouvelle gamme de téléphones Pixel, le groupe californien veut se tailler une place dans un secteur très concurrentiel.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 11h08
    |

            Vincent Fagot








                        



   


Cela ne pouvait pas plus mal tomber. Programmée le mardi 9 octobre,l’annonce par Google de ses derniers produits a été précédée par la révélation, la veille, d’une faille de sécurité massive dans son réseau social Google +, laquelle a affecté les données d’au moins 500 000 utilisateurs. Le scandale aurait pu perturber l’ordre du jour, mais de cela, il ne fut pas question lors de la présentation effectuée de New York. Google escomptait sans doute qu’une nouvelle chasserait l’autre.
En termes de communication, le coup est rude pour la firme de Mountain View (Californie), qui s’évertue à asseoir sa crédibilité comme fabricant d’appareils technologiques. Cette année encore, c’est toute un éventail de produits nouveaux que la compagnie a dévoilés : téléphones, enceintes connectées, tablettes.
Les annonces les plus attendues se concentraient sur la gamme des téléphones Pixel, qui étrennent leur troisième génération. La présentation a surtout mis en avant les nouvelles fonctionnalités créées autour de l’appareil photo, comme celle qui permet de ne pas manquer le cliché parfait : au moment de capter une scène insolite, l’appareil commence à prendre des photos avant même que vous ayez appuyé sur le bouton…

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                Les smartphones Pixel 3 de Google seront commercialisés en France



Pour le public français, la principale annonce est la disponibilité, pour la première fois, des téléphones Pixel sur le territoire hexagonal. Proposés en deux tailles (5,5 et 6,3 pouces), ces appareils seront disponibles le 2 novembre à partir de respectivement 859 et 959 euros. Signe que Google se montre plus agressif pour ­conquérir des parts de marché dans ce secteur. Jusqu’à présent, ses téléphones n’étaient disponibles que dans neuf pays ; ils le sont désormais dans trois de plus.
« Aujourd’hui, tout l’enjeu, c’est la commercialisation, la distribution », note Thomas Husson, du cabinet Forrester. Alors qu’aux Etats-Unis, la marque a misé sur une exclusivité auprès de Verizon, le choix a été fait en France d’une distribution plus large. Les Pixel seront présents chez Orange, Bouygues Telecom et SFR, ainsi que dans les enseignes de la Fnac, Darty et Boulanger.
Ventes très décevantes
Les velléités de Google sur le marché des smartphones ne sont pas nouvelles. Avec la série des Nexus d’abord, dès 2010, élaborée avec divers constructeurs (HTC, Samsung, LG, Motorola, Huawei), puis avec la gamme Pixel, depuis 2016. L’achat de Motorola, en 2011, pour 12,5 milliards de dollars (environ 11 milliards d’euros au cours actuel), revendu pour à peine 3 milliards moins de trois ans plus tard, et les ventes très décevantes de ses téléphones (à peine 3,9 millions d’unités délivrées en 2017), auraient pu décourager la compagnie de Mountain View de persister dans cette voie.
Mais, sous l’impulsion de Sundar Pichai, arrivé aux commandes de Google en 2015, la division matériel a été réorganisée, avec l’arrivée à sa tête de Rick Osterloh. Objectif : faire mieux coopérer les divisions logiciel et matériel. Le chèque fait en septembre 2017 à HTC pour pouvoir mettre la main sur 2 000 de ses ingénieurs a depuis confirmé la volonté de l’entreprise d’accélérer dans le développement de ses produits.

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                Les enceintes connectées d’Amazon débarquent en France



Surtout, M. Pichai a placé l’intelligence artificielle au cœur du développement de chaque produit proposé par Google. Avec l’éclosion d’assistants virtuels tels que ceux d’Amazon (Alexa), l’utilisation des services de Google est ­devenue moins indispensable qu’avant à ses utilisateurs : d’une simple interpellation vocale, le propriétaire d’une enceinte Amazon Echo peut commander un livre sans en faire la recherche sur Google. Et le propriétaire d’un iPhone pourra demander son chemin à son téléphone grâce à Siri sans passer par le service de cartographie de son concurrent… Autant de requêtes qui échapperont à Google, alors que toute son économie est portée par la ­connaissance de ses utilisateurs à des fins publicitaires.
Il incombe à Google de démontrer que son assistant est plus efficace que ses concurrents, et sur tous les supports (téléphones, enceintes, etc.). Même la caméra du dernier Pixel s’assimile à un moteur de recherche, capable de reconnaître cette paire de lunettes que vous seriez en train de fixer. Au fond, même en se tournant toujours plus vers le hardware, Google ne change pas de métier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Cinq organisations de producteurs plaident, dans une tribune au « Monde », pour que la création numérique soit au cœur de la politique de développement de l’audiovisuel public.
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« Les écrans du service public sont le lieu d’expressions dont nous avons besoin face aux GAFA »

Cinq organisations de producteurs plaident, dans une tribune au « Monde », pour que la création numérique soit au cœur de la politique de développement de l’audiovisuel public.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 11h00
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Au printemps, nous avons tenu à Paris, en présence de plus de 80 producteurs et autres professionnels du secteur, un forum de la création numérique. Ce fut l’occasion d’échanger sur les expériences et la nouvelle donne engendrées par le numérique et les nouveaux modes de diffusion dans tous les genres de programmes. L’occasion, surtout, de formuler des propositions concrètes pour envisager avec audace un avenir qui est déjà là. Une politique audiovisuelle du numérique est indispensable. Les producteurs, conscients de leur responsabilité sociale, veulent la construire.
Dans la valeur et la nature de nos contenus, dans la définition et la réinvention de nos métiers, dans la diffusion de nos productions sur tous les écrans et tous les publics, nous voulons débattre et proposer. Le risque et la création sont des caractéristiques de la production indépendante. Pour aborder cette nouvelle ère, pour dépasser les conservatismes (qui sont aussi les nôtres), pour garder cette exigence de l’engagement, nous proposons des pistes concrètes et audacieuses. Celles-ci doivent accompagner une action publique qui doit être plus affirmée : c’est un investissement social, économique et culturel.
Nous pensons d’abord qu’il est essentiel de généraliser pour tous les âges une éducation à l’image et au numérique, à ses codes et à sa grammaire. Le numérique n’est pas un territoire étranger qui serait un nouveau monde. Nous devons apprendre – et faire comprendre – la valeur d’une donnée personnelle, le fonctionnement d’un algorithme, la mesure d’une audience. D’une manière générale, il faut exiger une plus grande transparence des plates-formes qui, si nous ne leur imposons pas à un niveau européen – comme avec la directive sur le droit d’auteur ou le règlement européen sur la protection des données (RGPD) –, ne le feront pas toutes seules. Imposer ce rééquilibrage, c’est défendre la chaîne de valeurs de nos programmes.
Structurer le marché de la...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Rémunération des écrivains, numérique... Dans un entretien au « Monde », Arnaud Nourry, PDG d’Hachette Livre, passe en revue les débats qui agitent l’édition.
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Arnaud Nourry, PDG d’Hachette Livre : « L’autoédition ne constitue pas une menace »

Rémunération des écrivains, numérique... Dans un entretien au « Monde », Arnaud Nourry, PDG d’Hachette Livre, passe en revue les débats qui agitent l’édition.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 12h39
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

A la veille de l’ouverture de la Foire du livre de Francfort (Allemagne), mercredi 10 octobre, Arnaud Nourry, PDG d’Hachette Livre, analyse les grands enjeux du secteur de l’édition. Circonspect quant à la croissance du livre numérique en France, il estime que l’autoédition n’est en rien une menace et que la rémunération des auteurs ne peut s’effectuer qu’au cas par cas. M. Nourry envisage aussi d’importantes acquisitions d’éditeurs de langue anglaise.
Le jury du Renaudot a-t-il eu raison de présélectionner au premier tour le livre autoédité de Marco Koskas, « Bande de Français », non vendu en librairie ?
Je comprends l’émotion des libraires. Ces prix font partie de l’écosystème du livre en France et ont pour vocation de booster la carrière des auteurs sélectionnés ou primés. Qu’un livre autoédité, donc non disponible, sauf en numérique et sur une seule plateforme, soit sélectionné m’a semblé insensé. Au deuxième tour, la raison l’a emporté.
L’autoédition menace-t-elle l’édition ?
Notre métier, c’est le contraire de l’autoédition : lorsque nous refusons énormément de projets, l’autoédition consiste à dire oui à tout le monde. De façon marginale, une poignée de textes émergent dans l’autoédition. Mais leurs auteurs ont besoin de nous pour obtenir l’audience, le prestige, la reconnaissance et l’argent. L’autoédition consiste, en effet, à lancer des livres à 99 centimes ou 1,99 euro uniquement en format numérique. Même avec 10 000 exemplaires, cela ne pèse rien. Travailler avec un éditeur traditionnel est rapidement plus intéressant. L’autoédition ne constitue pas une menace. C’est une source d’approvisionnement très intéressante. On observe et on récupère.

D’ailleurs, les confrères qui s’étaient lancés dans l’autoédition ont tous arrêté. Celui qui détenait la plateforme Author Solutions l’a revendue pour une livre symbolique. Il est inutile de faire de la main gauche le contraire de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Moins soumis au stress, les intérimaires sont plus exposés à certaines contraintes physiques, selon une étude de la Dares du 9 ocobre.
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Intérim : les conditions de travail passées au crible

Moins soumis au stress, les intérimaires sont plus exposés à certaines contraintes physiques, selon une étude de la Dares du 9 ocobre.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 10h43
    |

            Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
Quel est le sort des ouvriers travaillant en intérim, comparé à celui des autres ouvriers ? La réponse n’est pas univoque : ils sont moins soumis au stress, mais plus exposés à certaines contraintes physiques, selon une étude diffusée, mardi 9 octobre, par la Dares, la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques, dépendant du ministère du travail.
Les intérimaires étant à 80 % des ouvriers, l’enquête concerne uniquement cette catégorie de travailleurs affectés à des missions temporaires. L’activité qu’ils exercent se trouve, bien souvent, dans des secteurs où les « risques professionnels » sont « élevés » : construction, industrie, logistique… Deux facteurs de pénibilité sont plus prégnants pour eux que pour l’ensemble des ouvriers : le travail répétitif plus de dix heures par semaine et les vibrations des membres supérieurs. D’autres situations éprouvantes touchent davantage les ouvriers intérimaires que leurs collègues (par exemple, le fait de travailler debout au moins vingt heures par semaine), mais les écarts ne sont pas jugés significatifs, dès lors que l’« on prend en compte le sexe, l’âge, le secteur (…) et la taille de l’établissement ».
Moins de charge mentale
S’agissant des risques psychosociaux, la situation des ouvriers intérimaires se révèle un petit peu plus favorable. La charge mentale au travail (délais à tenir, contrôle, etc.) s’avère un peu moins lourde pour eux que pour les autres ouvriers. Les intérimaires déclarent également « moins souffrir d’un manque de reconnaissance ». En revanche, ils sont plus nombreux à faire état d’une « faible latitude décisionnelle » et à se plaindre de l’insécurité de l’emploi, ce qui n’est guère surprenant compte tenu de leur statut.
Autre constat, qui semble plutôt à leur avantage : les ouvriers intérimaires sont moins exposés que leurs collègues à un produit chimique ou à un agent cancérogène. Une différence...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Invités mardi à l’Elysée, les acteurs du secteur ont été priés de prendre leurs responsabilités.
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Loi alimentation : Emmanuel Macron met la pression sur les filières agricoles

Invités mardi à l’Elysée, les acteurs du secteur ont été priés de prendre leurs responsabilités.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 10h31
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 11h14
    |

            Laurence Girard








                        



   


Alors que l’agenda présidentiel était scruté, sur fond d’attente d’un remaniement du gouvernement imminent, Emmanuel Macron a reçu mardi 9 octobre, les représentants des filières agricoles. Au menu : la suite à donner à la loi alimentation adoptée par l’Assemblée nationale une semaine plus tôt. Avec une pression évidente mise par l’exécutif sur les acteurs économiques désormais placés devant leur responsabilité.

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                Alimentation : les désaccords persistent entre agriculteurs et distributeurs



Les filières agricoles, sélectionnées comme étant les plus représentatives, sont venues passer leur grand oral à l’Elysée. Un exercice fait en présence du ministre de l’agriculture, Stéphane Travert. Les interprofessions des œufs, du lait, de la volaille, du porc, de la viande bovine, des fruits et légumes, des céréales, des oléagineux et du vin ont successivement expliqué où elles en étaient du plan de filière que leur avait demandé le président de la République.
En effet, le 11 octobre 2017, il y a quasiment un an jour pour jour, M. Macron avait prononcé son discours de Rungis. Un temps fort des Etats généraux de l’alimentation lancés en juillet 2017. Avec en ligne de mire la question de la guerre des prix destructrice de valeur et source de revenus non rémunérateurs pour les agriculteurs. Le président de la République avait alors évoqué une forme de donnant-donnant.
La balle est dans le camp des acteurs économiques
D’un côté, le gouvernement se disait prêt à légiférer pour fixer de nouvelles règles de négociations tarifaires au sein de la filière agroalimentaire. Comme d’inverser la logique de construction de prix en partant du coût de production de l’agriculteur et des indicateurs de marché, d’inciter à la contractualisation entre agriculteurs, industriels et distributeurs et de pousser les agriculteurs à se regrouper. Des éléments mis en musique dans le texte de loi votée par l’Assemblée le 2 octobre. Trois autres mesures-clés attendent la publication d’ordonnances. Le relèvement de 10 % du seuil de revente à perte, c’est-à-dire le prix en dessous duquel un distributeur ne peut revendre ses produits, l’encadrement des promotions et les sanctions pour prix abusivement bas.
De l’autre, M. Macron demandait aux filières de définir un plan de restructuration à cinq ans. Les plans de filière déposés en décembre 2017 évoquent pour la plupart une augmentation de la part de production bio ou sous label de qualité. Ainsi, la filière bovine s’est engagée à faire passer la part de la viande sous Label rouge de 4 % à 30 %, la filière laitière de doubler la part du bio pour atteindre 6 % des volumes ou la filière volaille d’augmenter de 50 % sa production bio. En outre, la loi a décidé de donner aux interprofessions la mission de définir les indicateurs qui fixeront la logique de prix. Elles sont donc venues présenter l’état d’avancement de leurs travaux à l’Elysée.
Pour M. Macron, maintenant que le gouvernement a fourni les outils législatifs, la balle est dans le camp des acteurs économiques et l’heure est au respect des engagements. Mais les interprofessions sont loin d’être encore en ordre de marche. D’abord dans certaines d’entre elles, la distribution n’est toujours pas entrée dans le cercle. C’est le cas pour la filière laitière ou celle des œufs. Dans d’autres cas, à l’exemple de la filière bovine, le torchon brûle entre agriculteurs et distributeurs, ces derniers refusant de prendre en compte la rémunération de l’agriculteur dans son coût de production.
Mieux se structurer
L’Elysée, par la voix de sa conseillère agricole, a donné quelques coups de semonce. Affirmant que les agriculteurs devaient mieux se structurer pour faire le poids dans les négociations. Ou évoquant une nécessaire restructuration des abattoirs. Le président a également parlé du plan d’investissement qui devait accompagner les projets agricoles, mais sans chiffrer l’enveloppe. Une aide financière conditionnée, elle aussi, à la réorganisation des filières.
Autre illustration de la doctrine politique de M. Macron, donnant la responsabilité aux acteurs : le glyphosate. Le gouvernement a refusé d’inscrire dans le texte de loi la sortie du glyphosate dans trois ans. Mais il s’apprête à créer une plate-forme où les agriculteurs prêts à se passer de cet herbicide partageront leur expérience. Une « start-up d’Etat », comme l’a qualifiée le président…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Dans un entretien à l’agence Bloomberg, le prince héritier Mohammed Ben Salman a affirmé que l’IPO de la compagnie pétrolière nationale aurait lieu « en 2020 ou 2021 ».
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Arabie saoudite : le feuilleton de l’introduction en Bourse d’Aramco se poursuit

Dans un entretien à l’agence Bloomberg, le prince héritier Mohammed Ben Salman a affirmé que l’IPO de la compagnie pétrolière nationale aurait lieu « en 2020 ou 2021 ».



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 10h31
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

La plus grosse opération boursière mondiale va-t-elle finir par avoir lieu ? Pendant deux ans, les dirigeants saoudiens ont tout fait pour préparer l’introduction en Bourse (IPO) d’une partie du capital de Saudi Aramco, la compagnie pétrolière nationale. Une opération qui promettait de ne ressembler à aucune autre. Il faut dire qu’Aramco est un géant assis sur d’immenses réserves de pétrole et qui produit, à lui seul, 10 % du brut mondial.

L’IPO était présentée comme la pierre angulaire du plan du prince héritier, Mohammed Ben Salman (« MBS »), pour revitaliser l’économie saoudienne, baptisé « Vision 2030 ». Depuis quelques mois, cependant, le pouvoir saoudien a cessé de communiquer sur la question, et des médias anglo-saxons affirment que le projet ne verra jamais le jour. Selon l’agence Reuters, c’est le roi Salman lui-même qui aurait tout arrêté, pressé par une partie de la famille royale peu convaincue par l’exercice de transparence que nécessite une telle opération.
Mais, vendredi 5 octobre, dans un long entretien accordé à l’agence Bloomberg, « MBS » l’a de nouveau évoquée. Elle se déroulera « en 2020 ou 2021 », a-t-il affirmé. Il a expliqué ce décalage par la volonté affichée par Aramco de se développer dans la pétrochimie. Le géant saoudien entend d’abord racheter en 2019 son compatriote Sabic, l’un des leaders mondiaux du secteur. « On ne peut pas introduire Aramco en Bourse juste après ce rachat. Il faut attendre une année complète », précise « MBS ».

Craintes de la famille royale
Ces explications ont surpris les observateurs : l’IPO était prête depuis plusieurs mois, et le rachat de Sabic n’était vraisemblablement pas prévu. Les craintes de la famille royale de devoir ouvrir les ­livres de comptes ont visiblement fait reculer les promoteurs du projet. « Le repousser à 2020, c’est le remettre aux calendes grecques », confie, sceptique, un bon connaisseur du dossier.
Surtout, la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Dans le cadre des Rendez-vous de l’histoire, du 10 au 14 octobre à Blois, consacrés à « La puissance des images », Eric Godelier, professeur à l’Ecole polytechnique, évoque, dans une tribune au « Monde », la fragilité de l’image de marque des sociétés.
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Rendez-vous de l’histoire de Blois : « La réputation de l’entreprise, fragile atout stratégique »

Dans le cadre des Rendez-vous de l’histoire, du 10 au 14 octobre à Blois, consacrés à « La puissance des images », Eric Godelier, professeur à l’Ecole polytechnique, évoque, dans une tribune au « Monde », la fragilité de l’image de marque des sociétés.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 09h55
    |

Eric Godelier (Professeur à l'Ecole polytechnique)







                        



                                


                            
Dans l’histoire, certaines entreprises ont su, mieux que d’autres, faire de leur réputation un réel avantage concurrentiel, voire une rente. Au point parfois de construire de véritables barrières à l’entrée pour leurs concurrents potentiels. Mais plus récemment est venue s’ajouter une dimension sociétale à cette réputation, au point d’en faire un facteur de recrutement et de liberté d’action (« license to operate »). Or, les acquis de la réputation sont bien fragiles.

Outre les accidents matériels toujours possibles, on voit monter les protestations des salariés, les plaintes de riverains, de clients ou de fournisseurs depuis que, dans les années 1970, a émergé une demande de meilleure prise en compte de la responsabilité environnementale, sociale et éthique de l’entreprise. Des agences de notation ont commencé à évaluer les comportements et les valeurs des entreprises, les obligeant à prendre mieux en considération ce qui pourrait menacer leur réputation.
Le cas Perrier
De ce point de vue, l’histoire, ancienne et récente, de l’entreprise Perrier est révélatrice.
En 1863, son fondateur, Alphonse Garnier, cherche à profiter de l’engouement pour le thermalisme, lancé par Napoléon III. Il a l’idée d’utiliser l’eau gazeuse naturelle qui jaillit à Bouillens (Gard). Premier coup de publicité, il exploite la légende d’Hannibal qui s’y serait désaltéré lors de sa marche vers Rome. En 1903, vient le tournant industriel. Un Anglais, John Harmsworth, rachète l’entreprise. Il abandonne le thermalisme, en perte de vitesse, au profit de l’embouteillage. Il invente la fameuse bouteille ventrue et devient rapidement le fournisseur du Palais de Buckingham et… de l’armée des Indes.

On connaît la suite. Au fil des années « l’eau qui fait pschitt » devient un succès mondial. Sa réputation repose sur une image chic, un produit sain reconnu pour ses vertus thérapeutiques, et un ensemble de publicités décalées. Tout semble si solide…...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Dans le cadre des Rendez-vous de l’histoire, du 10 au 14 octobre à Blois, consacrés à « La puissance des images », Nathalie Sonnac, membre du CSA, analyse, dans une tribune au « Monde », la menace que font peser les infox (« fake news ») sur la démocratie.
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Rendez-vous de l’histoire de Blois : « La redoutable efficacité du modèle économique des infox »

Dans le cadre des Rendez-vous de l’histoire, du 10 au 14 octobre à Blois, consacrés à « La puissance des images », Nathalie Sonnac, membre du CSA, analyse, dans une tribune au « Monde », la menace que font peser les infox (« fake news ») sur la démocratie.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 09h02
    |

Nathalie Sonnac (Membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel, professeure en sciences de l’information et de la communication à l’université Panth...







                        



                                


                            
Avec 1,6 milliard d’utilisateurs, Facebook est devenu la source d’informations privilégiée des internautes, à qui elle donne gratuitement accès à des millions d’informations. Le moteur de recherche Google est, lui, une formidable porte d’entrée à tous les sites de la Toile. A eux deux, ces géants captent près de 80 % de la croissance des ressources publicitaires en ligne. Dans cet univers concurrentiel, comment saisir l’attention des utilisateurs ? Comment générer des recettes publicitaires ?
De la campagne électorale américaine au village macédonien transformé en ferme à clics en passant par le succès du site Thefakenewsgenerator.com et, en France, la loi sur la lutte contre la manipulation de l’information, la question des infox (« fake news ») a envahi le débat public, négligeant parfois la dimension économique de la question.

Dans un article du Mail & Guardian de Johannesburg, un journaliste zimbabwéen raconte qu’il ne peut pas vivre de la seule vente de ses analyses politiques. Sa solution : créer des sites en ligne avec des publications sensationnelles et mensongères. Quelques centimes par clic peuvent lui rapporter jusqu’à 5 000 dollars (4 400 euros) par mois lorsque les articles sont vus et partagés des milliers de fois.

Des pièges à clics
Le mode de production des infox est toujours le même : attirer des lecteurs avec des pièges à clics (clickbait), puis vendre l’attention des utilisateurs aux publicitaires. L’objectif : s’assurer la visibilité la plus large possible afin de devenir incontournable pour la plate-forme d’achats d’espaces publicitaires, Google Adsense.
Par son amplitude et sa viralité, le modèle économique des infox, soutenu par des couches techniques d’algorithmes puissants permettant notamment le ciblage publicitaire, menace celui des médias professionnels.

D’abord, parce que collecter, vérifier et traiter une information coûte cher. Les entrepreneurs de presse le...




                        

                        

