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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Pendant la « Nuit de l’amour », organisée du samedi 6 octobre au dimanche 7, au petit matin, au théâtre des Bouffes du Nord, le philosophe André Comte-Sponville est monté sur scène aux côtés d’artistes, de musiciens et de scientifiques.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Historien du corps et de l’hygiène, Georges Vigarello revient sur les origines du mouvement #metoo qui, après l’affaire Weinstein, a libéré la parole des femmes.
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                Georges Vigarello : « #metoo est un ébranlement majeur dans une dynamique déjà installée »


Historien du corps et de l’hygiène, Georges Vigarello revient sur les origines du mouvement #metoo qui, après l’affaire Weinstein, a libéré la parole des femmes.

LE MONDE
                 |                 10.10.2018 à 17h37
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 17h43
                 |

                            Zineb Dryef

















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Historien du corps et de l’hygiène, directeur d’études à l’EHESS, titulaire de la chaire d’histoire des politiques corporelles, Georges Vigarello est l’auteur de nombreux ouvrages majeurs portant sur l’histoire des représentations et pratiques du corps. Il participait à la conférence « Aux origines de #metoo » organisée dans le cadre du Monde Festival, dimanche 7 octobre au Palais Garnier. Entretien.

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Un an après #metoo, peut-on parler d’une révolution ?
Je dirais plutôt qu’il s’agit d’un ébranlement majeur. Ce qui s’est passé en octobre 2017 n’a pas entraîné de changement fondamental, puisque le nombre de condamnations pour viol est toujours faible. Mais avec un événement culturel de cette ampleur, un mouvement qui s’internationalise, le spectre de la violence, qui s’était élargi, poursuit son extension : des actes comme l’insulte dans la rue apparaissent comme délictueux, des comportements agressifs demandent à être mieux nommés.

La notion même de harcèlement est affinée : il ne s’agit plus seulement de l’acte répété. Cela me paraît d’une grande richesse. C’est un ébranlement majeur dans une dynamique déjà installée. Cette lente et inexorable progression est faite de crises successives qui ont marqué le fait que ça ne peut plus être comme avant.
« L’histoire permet, seule, de saisir et d’interpréter (…) ce travail des consciences transformant lentement la vision de l’individu dans la civilisation occidentale »
Je ne dirai jamais assez à quel point l’histoire permet, seule, de saisir et d’interpréter ces accentuations de sens, ces déplacements de seuil entre le tolérable et l’intolérable, ce travail des consciences transformant lentement la vision de l’individu dans la civilisation occidentale. Ne pas prendre en compte ces évolutions, ces approfondissements de l’exigence sensible, ces visions toujours nouvelles étendant la sphère de notre psychisme et de notre intimité, c’est, tout simplement, ne rien comprendre aux transformations fondamentales de notre culture et de notre sensibilité.

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Quelles sont ces grandes crises qui ont conduit à mieux dénoncer et sanctionner les violences sexuelles ?
Dans la période récente, le procès d’Aix, en 1978, qui a condamné les violeurs de deux jeunes filles, est majeur.
Avant cela, dans les années 1950, ce sont les ballets roses. André Le Troquer, qui a commis des viols, est simplement accusé d’attentats de la pudeur. C’était un personnage important de la République. C’est un moment où quelque chose se dénoue – un président de l’Assemblée nationale est mis en cause –, mais en même temps, quelque chose se retient puisqu’il est condamné à une légère peine de prison avec sursis.
Dans les années 1990 s’imposent, au-delà du geste criminel, d’autres gestes qui commencent à être perçus comme intolérables et qui aboutissent à condamner le harcèlement sexuel. Une succession d’affaires ces dernières années contribue à cette dynamique, notamment les affaires Strauss-Kahn et Baupin.

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Vous rappeliez que cela ne doit pas faire oublier que le nombre de condamnations pour ces actes est toujours faible.
Au XIXe siècle, les plaintes pour les agressions d’enfant ont considérablement augmenté. A tel point que les magistrats ont eu le sentiment que ce siècle avait été traversé par une sorte de dégradation des mœurs qui conduisait à des comportements de plus en plus transgressifs des adultes.
En réalité, ce qui s’est produit, c’est au contraire une prise de conscience qui a rendu inacceptables certains comportements. Les plaintes pour ces actes ont augmenté parce que la prise de conscience s’est accrue. Or, les juridictions, confrontées à un grand nombre de cas, se sont rapidement trouvées débordées. Elles ont alors été tentées de déqualifier et de passer par la correctionnalisation. A partir d’une certaine date, les actes sont ainsi apparus comme étant moins nombreux mais ils ne l’étaient pas : ils étaient déqualifiés !
C’est le même phénomène qui se produit aujourd’hui avec les plaintes pour viol. La déqualification est liée à l’augmentation de la dénonciation des cas, alors que dans le procès d’Aix, la déqualification était liée au fait que les gendarmes qui ont les premiers enregistré les faits les considéraient comme relativement banals.
Ce qui était d’ailleurs saisissant dans le procès d’Aix, c’est que devant le palais de justice, les victimes étaient accueillies par des crachats. Les victimes !

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Les hommes accusés de viol ou de violences sexuelles n’ont donc pas toujours été frappés de la même infamie.
Non, dans la mesure où l’acte n’avait pas la même gravité, ce n’est pas la même infamie qui frappe un homme accusé aujourd’hui et dans des périodes plus anciennes.
La mise en accusation des puissants, à la fin du XVIIIe siècle, va constituer un changement fondamental. L’affaire Dupressoir est l’une des premières. Ce maître honoraire des eaux et des forets de Bourges, qui vit à Paris, est accusé par un couple de cordonniers d’avoir agressé leur fille de 11 ans. La justice prend l’affaire au sérieux et poursuit Dupressoir. Cela n’aboutira pas, mais la procédure, mettant en cause un puissant, est allée à son terme.
« Une prise de conscience a lieu qui met en cause les puissants. On dénonce des hommes forts et responsables qui tiennent dans leurs mains la vie des autres, on conteste la domination »
D’autres puissants sont mis en cause : le duc de Richelieu, le duc de Fronsac… Puis Sade avec l’affaire d’Arcueil, en 1768. Il est accusé de sévices par une femme de 36 ans, Rose Keller, engagée comme domestique. La belle-famille de Sade parvient à faire en sorte que la justice se désintéresse de l’affaire mais malgré cela, l’affaire se poursuit. Au début du XIXe siècle, ce sont des enseignants et des prêtres qui sont accusés de viol. La sensibilisation concerne d’ailleurs moins les femmes que les enfants.
Une prise de conscience a lieu qui met en cause les puissants. On dénonce des hommes forts et responsables qui tiennent dans leurs mains la vie des autres, on conteste la domination.
Votre « Histoire du viol » croise celle de la représentation du féminin. Or, les femmes sont suspectes.
L’Ancien Régime est inexorablement placé du côté du pouvoir et de l’homme. Avec un soupçon très fort porté sur la femme et sur la parole féminine. Comment faire pour que ce soupçon soit effacé ? Une vision insensiblement nouvelle, dès le XIXe siècle, de la violence le montre. N’oublions pas la tradition. Pour l’homme de loi, au XVIIe siècle par exemple et en cas de viol, il faut des preuves éminemment matérielles : le sang, le bruit, le scandale. Si l’acte se déroule dans un lieu isolé, ou qu’aucune plainte bruyante n’a été entendue, l’homme est immédiatement disculpé.
Or, ce qui s’est produit avec le temps, au XIXe siècle surtout, c’est la prise en compte de violences qui ne sont pas forcément physiques mais morales et qui n’en sont pas moins graves et transgressives. Il y a cette affaire, fameuse, survenue vers la moitié du XIXe siècle : l’affaire Dubas. Un soir, Dubas vide des verres, avec ses camarades, dans un café de Nancy. Vers 23 heures, il quitte les lieux et se rend chez l’un de ses amis, dont la femme est restée à la maison ce soir-là.
« L’homme n’est pas son mari. Elle hurle, elle accuse. Lui se défend en disant qu’elle était consentante »
L’agresseur s’introduit dans la maison, se fait passer pour le mari en travestissant sa voix. Il a une relation sexuelle avec la femme. Mais elle finit par se rendre compte de sa méprise : l’homme n’est pas son mari. Elle hurle, elle accuse. Lui se défend en disant qu’elle était consentante. La jurisprudence change et reconnaît l’existence d’une violence morale : oui, la jeune femme était consentante mais elle a été trompée, elle n’a pas disposé de sa propre volonté. C’est très important parce que l’acte de viol d’une femme adulte ne se définit plus seulement par la violence physique.
Si les viols surviennent dans toutes les couches de la société, la sanction n’est pas la même selon l’appartenance sociale de la victime.
Dans l’Ancien Régime, on considère le viol comme étant plus ou moins grave selon l’appartenance sociale de la victime. C’est plus grave de violer la femme du maître métayer que de violer la fille de ferme. On juge plus grave le viol d’une femme mariée parce que celle-ci est appropriée. De même, quand il s’agit d’une prostituée.
Pour une prostituée qui n’est pas mariée, l’acte de violence n’est quasiment pas pris en compte. Pour une prostituée mariée, l’acte commence à être pris en compte, et s’il se déroule dans le logement du mari, c’est encore plus grave. Cela renvoie bien à une logique qui est celle de l’appropriation du féminin.
Dans « Histoire du viol », vous montrez que la gravité de ce qui deviendra un crime a longtemps été minimisée. Comment explique-t-on cette attitude fataliste face à ce crime ?
Je comprends l’utilisation de ce mot « fatalisme ». On pourrait dire « inexorable » : ça s’explique par une évidence absolue de la domination masculine. La forte montée de l’autonomie féminine nous fait peut-être oublier combien les repères anciens passaient par la logique absolue, indiscutable, évidente de la domination masculine.
Il y a un mot intéressant de ce point de vue, dans le monde de l’Ancien Régime qui n’a pas le même sens que celui que nous lui donnons aujourd’hui : c’est le mot de « séduction ». Dans les périodes anciennes, la séduction est un acte de pouvoir. L’homme séduit, la femme ne peut qu’être dépendante, soumise, acceptante. Jusqu’à la Révolution française, on distingue le « rapt de séduction » du « rapt de violence ». Le « rapt de séduction », c’est lorsqu’un homme parvient à convaincre une jeune fille de le suivre sans même qu’il y ait consommation sexuelle.
Le « rapt de violence », c’est ce qui correspond au viol, c’est enlever une femme pour abuser d’elle. Ce qui est condamné dans le rapt de séduction, c’est que le séducteur ait emporté l’affect de la femme, qu’elle ait été ravie et passionnée parce que le pouvoir de séduction de l’homme s’est exercé. Elle a été « raptée » par le séducteur. Il n’y a pas d’image qui consiste à penser qu’il pourrait y avoir de la symétrie entre l’homme et la femme. Dans ces faits-là, l’émotion de la femme est inexistante. Or, allons plus loin, les juges, mais aussi l’opinion, considèrent le rapt de séduction comme plus grave. Pourquoi ? Parce qu’il a emporté l’âme de la victime autant et plus que son corps. Parce qu’il la soustrait à son tuteur – un mari, un père, dans une certaine mesure, un frère.
C’est après 1789 que les choses bougent.
Oui, quelque chose de décisif se produit. La Révolution ne parle plus de rapt, elle parle de viol. Pourquoi ? Parce que la Révolution invente l’autonomie de la personne. Parler de viol et ne plus parler de rapt, c’est quelque chose de très fort et qui d’ailleurs n’est pas acquis dans le monde anglo-saxon, qui continue à utiliser le mot « rape ».
« Les femmes sont toujours considérées comme la propriété de leurs époux dans la façon dont sont jugés les crimes au XIXe siècle »
Malgré cette décision fondamentale, on voit que les femmes sont toujours considérées comme la propriété de leurs époux dans la façon dont sont jugés les crimes au XIXe siècle.
C’est à la fin du XIXe siècle que les choses changent. Le rôle de George Sand, les figures féminines qui émergent dans la littérature, les débardeuses dans les dessins de Gavarni (ce qui ne l’empêche pas de vilipender les bas-bleus…), les femmes qui s’engagent dans des emplois d’autorité ou aspirent à le faire… Le féminisme conteste la domination.
Et les hommes ? Comment réagissent-ils ? Certains semblent se sentir menacés par ces mouvements de contestation de la domination masculine.
Ces moments s’accompagnent toujours d’un fort sentiment de fragilité masculine et de résistance face à cette transformation radicale du statut de la femme. Je crois tout de même qu’aujourd’hui il y a une prise de conscience des hommes qu’il y a une égalité qui doit être respectée. Mais en même temps, les dominants n’ont pas disparu : il demeure des conservatoires de la tradition et de la virilité. Mais la virilité, ce n’est pas vraiment l’homme, c’est un idéal de l’homme. La virilité est porteuse d’une impuissance, d’une crainte de l’impuissance. Ne l’oublions pas. N’oublions pas aussi qu’elle peut tout simplement être partagée.


Revivez le Monde Festival 2018 sur le thème « Aimer ! »
Aimer ! C’était le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’est déroulée du 5 au 7 octobre à Paris.
Revivez les meilleurs moments en vidéo, mais aussi en photos. 




                                                Propos recueillis par                                                    Zineb Dryef














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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Deux facteurs expliquent l’invisibilité des femmes en histoire, explique l’historienne Claire Judde de Larivière : la persistance de biais favorables aux hommes et le découragement que cela peut provoquer chez les auteures.
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édition abonné


Appel des historiennes : « L’indifférence alimente l’autocensure et le doute »

Deux facteurs expliquent l’invisibilité des femmes en histoire, explique l’historienne Claire Judde de Larivière : la persistance de biais favorables aux hommes et le découragement que cela peut provoquer chez les auteures.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 17h29
    |

                            Claire Judde de Larivière (maître de conférences en histoire médiévale à l’université Toulouse Jean Jaurès)








                        



                                


                            
Tribune. Citez les historiennes dont vous connaissez le nom. Demandez-vous maintenant de quand datent les premiers ouvrages qu’elles ont publiés. Sauf erreur de ma part, celles auxquelles vous avez pensé ont toutes commencé à écrire dans les années 1970. Faites à présent l’exercice avec des hommes. Les premiers noms qui vous viennent à l’esprit appartiennent à la même génération, voire aux précédentes. Mais vous en connaissez également bien d’autres ayant débuté leur carrière plus récemment, et dont vous avez entendu parler parce qu’ils ont davantage accès aux « espaces de visibilité » évoqués dans la tribune, dont je suis l’une des signataires.

Le déséquilibre est bien réel, et on pourrait ajouter de nombreux exemples à ceux déjà cités dans la tribune. Comment expliquer une telle dissymétrie ? Première hypothèse : les femmes sont moins intelligentes et leurs travaux sont moins importants. Si telle est votre opinion, vous pouvez vous arrêter de lire : c’est une femme qui écrit. Seconde hypothèse, les historiennes publient des textes aussi bons, mais elles bénéficient de moins de visibilité, dans le monde académique comme dans l’espace public, parce que les mécanismes de production de la réputation minimisent leur contribution intellectuelle et les assujettissent à la « grandeur symbolique » des hommes.
Ainsi, interrogez les historiennes, et nombreuses seront celles qui vous diront qu’elles ont l’impression qu’on leur accorde moins de crédit, et leur faible représentation dans les grandes collections d’histoire ou les prix littéraires montrent qu’elles ont raison. Mais voilà le paradoxe : aucun d’entre nous n’est prêt à reconnaître qu’il ou elle ressent moins de considération intellectuelle pour les femmes. Et c’est toute la difficulté lorsque l’on parle de réputation, car celle-ci obéit à des mécanismes subjectifs et partiellement inconscients, et parce que l’on s’expose à la critique de n’écrire que pour se plaindre de son propre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ L’entre-soi masculin des instances de gouvernance et de sélection explique, pour Camille Froidevaux-Metterie, professeure de science politique, le manque persistant de parité au sein de la recherche scientifique.
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édition abonné


Appel des historiennes : « La prédominance masculine apparait comme une constante dans le monde universitaire »

L’entre-soi masculin des instances de gouvernance et de sélection explique, pour Camille Froidevaux-Metterie, professeure de science politique, le manque persistant de parité au sein de la recherche scientifique.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 16h56
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 17h39
    |

Camille Froidevaux-Metterie (professeure de science politique et chargée de mission égalité-diversité à l’université de Reims)







                        



                                


                            
Tribune. En préambule aux Rendez-vous de l’histoire qui s’ouvrent le 11 octobre, 520 historiennes ont décidé de « sortir du Blois » en publiant une tribune dénonçant la surmasculinisation de leur discipline et les discriminations qu’elles endurent. Pour résumer d’un trait, il s’agissait de mettre au jour la trop lente féminisation du corps académique et l’absence de visibilité des travaux des femmes. A la surprise des initiatrices de l’appel, l’adhésion des consœurs a été massive, au-delà même du champ disciplinaire concerné. Salutaire, l’épisode révèle que le phénomène dépasse de beaucoup le seul domaine de l’histoire, la prédominance masculine apparaissant comme une constante dans le monde universitaire et dans celui de la recherche.
Quelle que soit la science concernée, les femmes disparaissent progressivement à mesure que l’on s’élève dans les grades et les fonctions. Toutes disciplines confondues, leur proportion parmi les enseignants-chercheurs est aujourd’hui de 37 % (données 2018 du ministère de l’enseignement supérieur). La sous-féminisation s’accentue encore à mesure que les disciplines se « durcissent » : on compte 45 % de femmes en sciences humaines, 44 % en droit et science politique, 28 % en sciences de la terre, 22 % en physique, mathématiques et informatique. Mais ces seuls chiffres ne disent pas le plus important : la concentration des femmes dans le rang des maîtres de conférence (44 %) et leur sous-représentation logique dans celui des professeurs (24 %).

Si les filles sont plus nombreuses que les garçons à obtenir le baccalauréat, si elles sont majoritaires parmi les étudiants de licence et si la parité est quasiment atteinte au niveau du doctorat, elles deviennent curieusement minoritaires quand il s’agit d’enseigner et de faire de la recherche. On dénombre ainsi 34 % de femmes chercheuses au CNRS, mais seulement 31 % parmi les directeurs de recherche à l’échelon 1, 25 % à l’échelon 2 et 15 % à la classe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Michelle Perrot et Alain Corbin, deux des plus grands historiens français, spécialistes de l’évolution des sensibilités et de la place des corps dans notre civilisation, ont retracé l’histoire de la sexualité, dimanche 7 octobre, devant le public du Palais Garnier.
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<article-nb="2018/10/10/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Un collectif de 90 économistes internationaux s’élève, dans une tribune au « Monde », contre la stratégie de ces institutions pour privilégier l’investissement privé dans le financement du développement.
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« Le FMI et la Banque mondiale veulent promouvoir la “banque de l’ombre” dans les pays du Sud »

Un collectif de 90 économistes internationaux s’élève, dans une tribune au « Monde », contre la stratégie de ces institutions pour privilégier l’investissement privé dans le financement du développement.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 18h35
    |

un collectif d'économistes internationaux







                        



   


Tribune. Le mois dernier, les banquiers centraux et les responsables politiques du monde entier célébraient le dixième anniversaire de la crise financière mondiale et évoquaient les leçons qui en ont été tirées. On s’accordait pour dire que beaucoup a été fait pour réguler les banques et protéger les contribuables des prises de risques inconsidérées, mais que nous n’avons pas fait assez pour réguler la banque de l’ombre (« shadow banking »).
Sur ce dernier point, le consensus se fragmente : les banques centrales réclament plus de pouvoirs pour gérer les risques systémiques générés « à l’ombre » du système bancaire, tandis que les politiques s’inquiètent de l’aléa moral induit par les futurs sauvetages des « banques de l’ombre » comparables à Lehman Brothers.

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Nous sommes particulièrement inquiets de voir les institutions internationales comme le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, dont la réunion annuelle se tient à Bali du 9 au 12 octobre, promouvoir activement la poussée des activités de shadow banking dans les pays du Sud.
Portée par les programmes comme « Des milliards aux trilliards » ou le nouvel agenda de la Banque mondiale « Maximiser les financements pour doper le développement » (MFD), la nouvelle stratégie pour atteindre les « Objectifs de développement durable » (ODD) de l’ONU vise utiliser le shadow banking pour créer des nouvelles « opportunités à investir » dans les infrastructures, l’eau, la santé ou l’éducation dans les pays pauvres, et donc pour attirer les milliers de milliards des investisseurs institutionnels du monde entier.
Recours à la titrisation
Mettre la banque de l’ombre au cœur des politiques de développement ne revient pas uniquement à privatiser les services publics, mais risque aussi de déboucher sur un système où les gains sont privés, les pertes socialisées, et l’austérité permanente prolongée. Plus fondamentalement, cette stratégie vise à réorganiser les marchés financiers des pays pauvres pour mieux attirer les investisseurs mondiaux, une idée profondément troublante qui menace en réalité tout progrès en matière d’ODD. Nous appelons les gouvernements et les organisations internationales réunis au sommet de Bali à prendre du recul et à évaluer scrupuleusement l’impact réel de la stratégie MFD.

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Comme l’annonce la « feuille de route de création d’une classe d’actifs dans les infrastructures » adoptées par le G20 sous la présidence argentine en 2018, cette nouvelle stratégie sera testée sur les projets d’infrastructures.
La titrisation, nous l’avons appris de l’effondrement de Lehman Brothers, débouche sur un marché financier opaque
La Banque mondiale compte recourir à la titrisation pour mobiliser la finance privée. Elle veut ainsi regrouper ses propres prêts et ceux des autres banques de développement, et sur cette base émettre des tranches d’obligations senior et junior et les proposer aux investisseurs institutionnels ayant des appétences différenciées pour le risque. Or la titrisation, nous l’avons appris de l’effondrement de Lehman Brothers, débouche sur un marché financier opaque où règnent de mauvaises incitations, des effets de levier excessifs et une promotion agressive des crédits sous-jacents auprès des clients qui peinent ensuite à les rembourser. Elle génère une interconnexion et une fragilité systémique.
Jusqu’à présent, aucun de ces problèmes n’est abordé dans le cadre de la stratégie MFD. A la place, l’approche dite « en cascade » adoptée par la Banque mondiale demande aux pays pauvres d’utiliser leurs faibles ressources fiscales ou l’aide au développement pour réduire les risques associés aux projets d’investissement retenus, via des subventions ou des garanties publiques.
Dans la mesure où, la Banque mondiale gardera une partie des tranches junior – les plus risquées – dans son bilan, la pression risque d’être forte sur les Etats pauvres pour qu’ils y consacrent leurs ressources, quitte à procéder à des coupes budgétaires dans les politiques sociales.
Développer un cadre analytique
Par ailleurs, la stratégie de la Banque mondiale n’exprime pas uniquement une préférence idéologique pour la fourniture privée des biens publics, elle vise aussi à remodeler les marchés financiers des pays pauvres autour des marchés de capitaux liquides, susceptible d’attirer des investisseurs mondiaux.
La recette proposée pour orchestrer la liquidité des actifs titrisés locaux présuppose la promotion des marchés de l’ombre (les marchés de « Repo » et de dérivés) – ceux-là même qui ont poussé Lehman Brothers à sa perte. Elle limite aussi l’autonomie politique des Etats concernés. Comme le FMI le reconnaît, inviter les pays pauvres à alimenter l’offre globale d’actifs titrisés les rend vulnérables aux cycles financiers mondiaux sur lesquels ils n’ont aucune prise. Les événements récents en Argentine l’ont encore rappelé.
La préférence pour les financements privés n’est une option légitime que lorsqu’elle sert explicitement l’intérêt général
Nous appelons la Banque mondiale à reconnaître que la préférence pour les financements privés ne doit pas être automatique ; ce n’est une option légitime que lorsqu’elle sert explicitement l’intérêt général. Là où c’est le cas, nous demandons au Groupe de la Banque mondiale de développer un cadre analytique pour estimer les coûts des garanties publiques et des subventions implicites.
Dans un souci de transparence et de responsabilité, il s’agit de permettre aux parties prenantes, y compris aux organisations de la société civile et à d’autres acteurs attachés à la défense de l’intérêt général, d’en surveiller étroitement les résultats et le coût pour la dépense publique.
Si le Groupe de la Banque mondiale choisit de titriser les prêts dédiés aux projets de développement, il devrait au préalable s’assurer que les ODD soient à l’abri des risques inhérents à toute activité de « banque de l’ombre ». Mais cela ne sera pas suffisant. Pour protéger la capacité des Etats de mener des politiques de développement et s’assurer que la titrisation promeut réellement le développement durable, il faut également un cadre approprié pour sélectionner des projets en ligne avec les ODD de l’ONU et l’Accord de Paris ainsi qu’un cadre pour gérer dans un souci de prudence la volatilité des flux d’investissements vers les marchés financiers locaux, et enfin un filet de sécurité financier mondial résilient.
Ce texte a été publié simultanément par l’agence Bloomberg (Royaume-Uni) et les journaux De Morgen (Belgique) et NRC Handelsblad (Pays-Bas).
Premiers signataires de la tribune : Engelen Ewald (Professeur de géographie financière, Université d’Amsterdam, Pays-Bas), Gabor Daniela (Professeure d’économie et de macrofinance, UWE Bristol, Royaume-Uni). Autres signataires : Prates Daniela Magalhães (Professeur d’économie, Université de Campinas, Brésil), Aalbers Manuel B. (Professeur de géographie économique, KU Leuven/Université de Louvain, Belgique), Ali Mona (Professeure associée d’économie, Université d’Etat de New York à New Paltz, Etats-Unis), Alves Carolina (Girton College et faculté d’économie, Université de Cambridge, Grande-Bretagne), Archela Danielle Guizzo (Maître de conférences en économie, UWE Bristol, Royaume-Uni), Ban Cornel (Reader en économie politique internationale, City University, Grande-Bretagne), Bargawi Hannah (Maître de conférences en économie, SOAS University of London, Royaume-Uni), Bavoso Vincenzo (Maître de conférences en droit commercial, Université de Manchester, Royaume-Uni), Bayliss Kate (Chargée de recherche principale, Université de Leeds, Royaume-Uni), Bezemer Dirk (Professeur d’économie et de finance, Université de Groningue, Pays-Bas), Bieling Hans-Jürgen (Professeur d’économie politique, Université de Tübingen, Allemagne), Bonizzi Bruno (Maître de conférences en économie politique, Université de Winchester, Royaume-Uni), Bortz Pablo (Professeur de macroéconomie, IDAES - Université nationale de San Martín, Argentine), Brooks Sally (Chargée de recherche, Université de York, Royaume-Uni), Bush Ray (Professeur d’études africaines et. Politique de développement, Université de Leeds, Royaume-Uni)
Capelle-Blancard Gunther (Professeur d’économie, université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, France), Caraballo-Cueto José (Professeur associé, Université de Porto Rico à Cayey), Chansrasekhar C. P. (professeur d’économie, Université Jawaharlal Nehru, Inde), Chenoy Anuradha (Professeur, anciennement Université Jawaharlal Nehru, New Delhi, Inde), Chenoy Kamal Mitra (Professeur, Université Jawaharlal Nehru, New Delhi, Inde), Chiapello Eve (Professeur de sociologie économique, EHESS Paris, France), Cibils Alan B. (Professeur d’économie politique, Universidad Nacional de General Sarmiento, Buenos Aires, Argentine), Creel Jérôme (Professeur Associé d’économie, Sciences Po, Paris, France), Florence Dafe (Fellow en économie politique internationale, Département des relations internationales, London School of Economics and Political Science, Royaume-Uni), Dafermos Yannis (Maître de conférences, UWE Bristol, Royaume-Uni), Das Debarshi (professeure agrégée d’économie, IIT Guwahati, Inde), Demir Firat (Professeur d’économie, Université de l’Oklahoma, Etats-Unis), Durand Cédric (Professeur agrégé d’économie, université Paris-13, France), Ferreiro Jesus (Professeur d’économie, Université du Pays Basque UPV/EHU, Espagne), Fine Ben (Professeur d’économie, School of Oriental and African Studies, Royaume-Uni), Fritz Barbara (Professeur, Institut d’études latino-américaines, Freie Universität Berlin, Allemagne)
Gallagher Kevin (Professeur d’économie, Université de Boston, Etats-Unis), García-Lamarca Melissa (Chercheuse postdoctorale, Universitat Autònoma de Barcelona, Espagne), Ghosh Jayati (Professeure d’économie, Université Jawaharlal Nehru, Inde), González Carlos Rodríguez (Professeur, Université du Pays Basque (UPV/EHU), Espagne), Grabel Ilene (Professeure d’économie politique internationale, Université de Denver, Etats-Unis), Grey Rohan (Cornell University, Etats-Unis), Hansen Anders Lund (professeur agrégé Département de géographie humaine, Université de Lund, Suède), Hager Sandy (Maître de conférences en économie politique internationale, City University London, Royaume-Uni), Herr Hansjörg (Professeur d’économie, Berlin School of Economics and Law, Allemagne), Herman Barry (Chercheur invité, The New School for Public Engagement), Ismail Feyzi (SOAS Université de Londres, Royaume-Uni), Isaacs Gilad (Université du Witwatersrand, Afrique du Sud), Karwowski Ewa (Maître de conférences en économie, Hertfordshire Business School, Université du Hertfordshire, Royaume-Uni), Kregel Jan (professeur d’économie, Levy Economics Institute, Etats-Unis), Koddenbrock Kai (Professeur intérimaire d’études politiques internationales, Université de Witten-Herdecke, Allemagne), Kvangraven Ingrid Harvold (Chargée de cours en politique, Université de York, Etats-Unis)
Lagoa Sérgio Miguel (Professeur assistant, ISCTE- Instituto Universitário de Lisboa, Lisbonne, Portugal), Lindo Duncan (Chercheur universitaire, Université de Leeds, Royaume-Uni), Lis Piotr (professeur agrégé d’économie, Université de Poznan, Pologne), Mader Phil (Chargé de recherche, Institute of Development Studies, Royaume-Uni), McAfee Kathleen (Professeure, Relations internationales, San Francisco State University, Etats-Unis), Mahnkopf Birgit (Professeur émérite d’économie politique internationale, Berlin School of Economics and Law, Allemagne), Mavroudeas Stavros D. (professeur d’économie politique, Université de Macédoine, Grèce), Metz Caroline (Université de Manchester, Royaume-Uni), Michell Jo (Professeur Associé, Université de l’Ouest de l’Angleterre), Naqvi Natalya (Professeure en économie politique internationale, London School of Economics and Political Science, Royaume-Uni), Nitsch Manfred (Professeur émérite d’économie, Freie Universität Berlin, Allemagne), Nölke Andreas (Professeur d’économie politique internationale, Université Goethe, Allemagne), Passarella Marco Veronese (professeur d’économie, Université de Leeds, Royaume-Uni), Powells Jeff (Maître de conférences en économie. Université de Greenwich, Royaume-Uni), Priewe Jan (Professeur émérite d’économie, HTW Berlin, Allemagne), Puyana Alicia (Professeure d’économie, FLACSO Mexique), Rolnik Raquel (Université de Sao Paulo, Brésil), Roychowdhury Anamitra (Professeure adjointe en économie, Université Jawaharlal Nehru, Inde)
Santoro Paula Freire (Professeur d’urbanisme, Université de Sao Paulo, Brésil), Sawyer Malcolm (Professeur émérite d’économie, Université de Leeds, Royaume-Uni), Scialom Laurence (Professeure à l’université Paris Ouest Nanterre - La Défense, France), Scherrer Christoph (Directeur, Centre international pour le développement et le travail décent, Université de Kassel, Allemagne), Shimbo Lucia (Professeure d’architecture et d’urbanisme, Université de São Paulo, Brésil), Soederberg Susanne (Professeure d’études sur le développement mondial, Université Queen’s, Canada), Stevano Sara (maître de conférences en économie, UWE Bristol, Royaume-Uni), Storm Servaas (Maître de conférences, Université technologique de Delft, Pays-Bas), Tadjeddine Yamina (Professeur d’économie, Université de Lorraine, France), Teles Nuno (Professeur d’économie, Université fédérale de Bahia, Brésil), Umara Bunu Goso (Borno State Public Service, Nigeria), Van Waeyenberge Elisa (Maître de conférences en économie, School of Oriental and African Studies, Royaume-Uni), Vasudevan Rama (Professeur associé d’économie, Université d’Etat du Colorado, Etats-Unis), Vercelli Alessandro (Professeur d’économie, Université de Sienne, Italie), Von Staveren Irene (Professeure d’économie pluraliste du développement, Institut international d’études sociales, Université Erasmus Rotterdam, Pays-Bas), Vural Ipek Eren (Professeur associé, Département de sciences politiques et d’administration publique, Université technique du Moyen-Orient, Ankara, Turquie), Wainwright Thomas (Lecteur, School of Management, Royal Holloway, Université de Londres, Royaume-Uni), Wullweber Joscha (Professeur de politique internationale, Université de Vienne, Autriche), Yasar Yavuz (Université de Denver, Etats-Unis), Young Brigitte (Professeure d’économie politique internationale, Université de Muenster, Allemagne), Zezza Genarro (Professeur associé d’économie, Université de Cassino, Italie).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Un an après la libération de la parole produite par les révélations de l’affaire Harvey Weinstein, Arlette Farge et George Vigarello ont mis cette déflagration en perspective, lors d’un débat du Monde Festival, dimanche 7 octobre.
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                Le mouvement #MeToo, « positif, prometteur, mais insuffisant »


Un an après la libération de la parole produite par les révélations de l’affaire Harvey Weinstein, Arlette Farge et George Vigarello ont mis cette déflagration en perspective, lors d’un débat du Monde Festival, dimanche 7 octobre.

LE MONDE
                 |                 10.10.2018 à 15h05
                 |

            Jessica Gourdon

















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Il y a tout juste un an, dans la foulée des premières accusations portées contre le producteur américain Harvey Weinstein, des milliers de femmes racontaient les remarques sexistes, les insultes et les agressions dont elles ont été victimes. Une déferlante qui a transcendé les différences géographiques, sociales et religieuses.
Le mouvement #MeToo est-il une révolution ou la continuité d’une trajectoire d’émancipation amorcée depuis deux siècles ? Poser la question, c’est y répondre. Et c’est ce à quoi se sont attelés Arlette Farge et Georges Vigarello, deux figures de proue de l’histoire française. Ils étaient réunis dimanche 7 octobre au Palais Garnier, dans le cadre d’une conférence du Monde Festival animée par la journaliste Zineb Dryef.

        Lire aussi :
         

                Aux origines de #metoo



Changement radical
« La première grande bascule, c’est 1791, quand le mot “viol” est inscrit dans le code pénal », rappelle Georges Vigarello, spécialiste de l’histoire des corps et des violences. Un changement radical de perspective, qui permet à la victime d’un viol d’être reconnue, et de punir l’agresseur. « Avant, on utilisait le terme de “rapt” : la victime, ce n’était pas la femme violée, mais l’homme dont on avait rapté la femme ou la fille, et dont l’honneur était bafoué », explique Georges Vigarello.
« Un grand mouvement d’autonomisation individuelle, où la domination de l’autre est de moins en moins supportée »
Si la loi a évolué, les mentalités, au cours du XIXe siècle, ont changé lentement. La remise en cause de ces violences sexuelles est d’abord venue au travers d’« un accroissement de la sensibilité à l’égard de celles commises sur les enfants », poursuit George Vigarello. Avant de s’étendre aux adultes, suivant « un grand mouvement d’autonomisation individuelle, où la domination de l’autre est de moins en moins supportée », estime Georges Vigarello.

   


Parmi les grands moments de prise de conscience collective, Arlette Farge choisit d’évoquer le fameux procès d’Aix de 1978, qui faisait suite au viol, par trois hommes, de deux jeunes campeuses dans les calanques de Marseille. Un procès devenu une tribune politique contre le viol, et qui a permis de sensibiliser l’opinion à la gravité de cet acte. « C’était le procès d’une société », se souvient l’historienne.

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                Après #metoo, repenser la rencontre des sexes



Domination masculine
Dans la salle, les questions se succèdent. Que penser de celles qui revendiquent leur « droit d’être importunée », au nom de l’héritage d’un certain esprit séducteur et libertin à la française ? Arlette Farge, historienne spécialiste du siècle des Liaisons dangereuses, dégomme les idées reçues. « Dans le libertinage, et en particulier dans le libertinage érudit, ce qui est terrible, c’est qu’il se fait dans le cadre d’une domination masculine, avec une volonté de soumission de l’autre. Les reparties, le jeu de questions-réponses… Dans ces situations, la femme est dominée, parfois humiliée. Et in fine, son corps cède. » 
« J’ai une question à poser aux femmes ici. Combien de fois vous a-t-on dit que vous étiez bêtes ? Parce qu’à moi, on me l’a dit très souvent »
Les règles du jeu ont-elles vraiment changé ? Même aujourd’hui, les rapports de séduction sont loin de s’affranchir des codes de la domination masculine. Et cela va plus loin. « J’ai une question à poser aux femmes ici. Combien de fois vous a-t-on dit que vous étiez bêtes ? Parce qu’à moi, on me l’a dit très souvent, a avoué cette directrice de recherches au CNRS, face à une salle silencieuse et médusée. Quand on pense à la violence, on ne pense jamais à la violence contre notre esprit de femme, contre nos formes d’intelligence et de sensibilité. »

La conférence est déjà bien avancée quand Georges Vigarello se redresse dans son siège et s’adresse à la salle sur le ton de la confidence, « puisqu’on est entre-nous ». Pour l’historien, le manque de recul critique des hommes sur leur position de domination dans la société est flagrant. « Après #MeToo, je suis gêné par le fait que certains hommes ont pris l’initiative de dire : nous sommes en empathie avec vous, nous sommes de votre côté. C’est terrible ! Il faut s’interroger sur soi ! Car tous les hommes sont porteurs de cette tradition de domination, quels qu’ils soient. » Laissons alors à l’historien le mot de la fin : « La crise MeToo, c’est positif, prometteur, mais insuffisant. »


Revivez le Monde Festival 2018 sur le thème « Aimer ! »
Aimer ! C’était le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’est déroulée du 5 au 7 octobre à Paris.
Revivez les meilleurs moments en vidéo, mais aussi en photos. 




Jessica Gourdon
    













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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ « On m’a dit très souvent que j’étais bête », confie l’historienne Arlette Farge, spécialiste du XVIIIe siècle et des relations hommes-femmes, qui explique comment la domination masculine a conduit à l’humiliation intellectuelle et physique de la femme. Elle participait au Monde Festival dimanche 7 octobre.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de chercheurs spécialistes de la Chine appelle Pékin à libérer toutes les personnes détenues et à stopper la campagne de répression qui vise la population ouïgoure.
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« La Chine doit fermer les camps de rééducation politique » en région ouïgoure

Dans une tribune au « Monde », un collectif de chercheurs spécialistes de la Chine appelle Pékin à libérer toutes les personnes détenues et à stopper la campagne de répression qui vise la population ouïgoure.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 14h14
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 14h48
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                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Depuis sa fondation, en 1949, la République populaire de Chine a cherché à renforcer son contrôle sur les régions périphériques et historiquement non chinoises, telles que le Tibet, et le cas moins médiatisé du Turkestan oriental.
Au cours des dernières décennies, pour asseoir son autorité, le régime chinois n’a pas hésité à recourir à divers moyens économiques, politiques, mais aussi à la force et à l’encouragement à l’installation — voire à l’envoi direct et programmé — de populations han (Chinois ethniques) dans ces périphéries pour mieux les arrimer à son territoire national.
Dans ces régions qui possèdent langues, cultures et organisations sociales et politiques propres, le mécontentement vis-à-vis des politiques imposées par l’Etat chinois et le questionnement de la légitimité de son autorité se manifestent continuellement jusqu’à aujourd’hui.
« Colonialisme intérieur »
Le Turkestan oriental, région située dans le nord-ouest de la Chine et frontalière notamment des républiques d’Asie centrale (Tadjikistan, République kirghize, Kazakhstan) est aujourd’hui connue sous son nom chinois de « Xinjiang », terme qui signifie « nouvelle frontière » ou « nouveau territoire ». Dans ce qui est devenu officiellement la « Région autonome ouïgoure du Xinjiang » en 1955, la migration massive de Han depuis les années 1950 a totalement bouleversé l’équilibre ethnique régional.
Selon les dernières statistiques officielles chinoises (2014-2015), les 11 millions de Ouïgours — la principale population autochtone de cette région — ne représentent plus que 47 % de sa population contre plus de 80 % en 1949, tandis que les Han en constituent désormais 40 % contre environ 4 % à la même date.
Les diverses politiques orchestrées par l’Etat chinois ont amené de nombreux chercheurs spécialisés sur la question des minorités en Chine (Dru Gladney, Yvonne Yin Liu, Daniel James Schuster, Michael Clarke, Sean Roberts…)...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ La Francophonie est toujours marquée par le leadership de la France. Sa position de « centralité » est incompatible avec une véritable coopération multilatérale, explique dans une tribune au « Monde » Trang Phan-Labays, directrice adjointe chargée des programmes à l’Institut international pour la francophonie.
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« La Francophonie reste entachée du soupçon néocolonialiste »

La Francophonie est toujours marquée par le leadership de la France. Sa position de « centralité » est incompatible avec une véritable coopération multilatérale, explique dans une tribune au « Monde » Trang Phan-Labays, directrice adjointe chargée des programmes à l’Institut international pour la francophonie.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 13h30
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 14h48
    |

Trang Phan-Labays (Directrice adjointe chargée des programmes à l’Institut international pour la francophonie)







                        



                                


                            

Tribune. En fin de semaine, Erevan (Arménie) accueille le XVIIe Sommet de la francophonie. Deux ans après Madagascar, des chefs d’Etat et de gouvernement des pays ayant le français en partage se retrouveront en séance plénière afin d’entériner plusieurs dossiers de coopération francophone.
Le premier sommet francophone a été organisé en février 1986 à Versailles à l’invitation du président François Mitterrand. Il était l’aboutissement de plusieurs années de mobilisation inlassable des « pères fondateurs » issus d’anciennes colonies françaises dont la figure de proue est l’ancien président sénégalais, Léopold Sédar Senghor (1906-2001).
Depuis, la francophonie multilatérale s’affirme de plus en plus comme un acteur du système international. Elle met en œuvre plusieurs programmes de coopération à destination des pays francophones du Sud. Bien entendu, nous pouvons débattre de l’efficacité de ses actions mais cela n’est pas l’objet de cette tribune.
Sans l’Algérie
Ce qui est frappant est que la francophonie a encore du mal à sortir des clichés et des procès d’intention liés au passé colonial de la France. Il est à souligner que plus de la moitié des membres de plein droit et associés francophones se trouvent en Afrique et que la majorité des membres du Sud sont des anciennes colonies françaises. Cet héritage colonial a été assumé par les pères fondateurs.
En effet, ces derniers voulaient refonder une nouvelle relation égalitaire avec l’ancienne métropole à travers le projet francophone multilatéral. Ce n’était pas chose aisée car certains pays, anciennes colonies, ont longtemps hésité à adhérer à la francophonie.
L’Algérie, un des foyers francophones les plus importants de l’Afrique, n’a jamais manifesté son souhait de se joindre à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) quoi que son président soit invité spécial de plusieurs sommets francophones.

En janvier, l’écrivain...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Si le contentieux prud’homal 2017 est nettement à la baisse, ce phénomène a commencé il y a dix ans avec la création de la rupture conventionnelle, puis s’est accéléré avec la loi du 6 août 2015 formalisant l’assignation, afin de réduire la durée de la procédure, explique dans sa chronique le juriste Jean-Emmanuel Ray.
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Licenciements : la déjudiciarisation va se poursuivre

Si le contentieux prud’homal 2017 est nettement à la baisse, ce phénomène a commencé il y a dix ans avec la création de la rupture conventionnelle, puis s’est accéléré avec la loi du 6 août 2015 formalisant l’assignation, afin de réduire la durée de la procédure, explique dans sa chronique le juriste Jean-Emmanuel Ray.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 11h58
    |

                            Jean-Emmanuel Ray (Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Question de droit social. Le barème des dommages-intérêts prévus en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse (plus de 80 % du contentieux prud’homal) était l’une des mesures emblématiques des ordonnances du 22 septembre 2017 refondant le droit du travail.
Un plafond a été créé en fonction de l’ancienneté du salarié, d’un mois au maximum de salaire brut pour moins d’un an d’ancienneté, à vingt mois au maximum au-delà de trente ans. Mais aussi un plancher : trois mois au minimum au-delà de deux ans, sauf pour les entreprises de moins de onze salariés à la trésorerie fragile. Ces niveaux n’incitent donc guère les jeunes salariés peu rémunérés à se lancer dans un contentieux.
Point n’est besoin de revenir sur l’irréconciliable conflit de logiques sous-tendu par ce barème.
Côté salarié, plafonner la réparation d’un licenciement jugé fautif après des mois voire des années de contentieux passe mal. Surtout lorsqu’il voit les parachutes dorés perçus par quelques dirigeants poussés au départ pour incompétence.
Une session de rattrapage offerte à l’employeur
Côté employeur – et en particulier les TPE-PME, principales assignées aux prud’hommes –, il était incompréhensible qu’une faute vénielle dans la lettre de licenciement ou un obscur mécanisme probatoire (par exemple la déclaration de caméra à la Commission nationale de l’informatique et des libertés) aboutisse à une condamnation jugée très inéquitable, et parfois au dépôt de bilan.
Le contentieux prud’homal 2017 est nettement à la baisse (– 15 % par rapport à 2016, avec 160 000 affaires terminées) : mais ce n’est guère dû à cette réforme, entrée en vigueur fin septembre de la même année. La baisse des contentieux avait commencé il y a dix ans avec la création de la rupture conventionnelle à l’exceptionnel succès (420 900 homologations en 2017). Puis elle s’est accélérée avec la loi du 6 août 2015 formalisant l’assignation, afin de réduire la durée de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Editorial. Les experts du GIEC alertent, à raison, les décideurs mondiaux quant à la nécessité d’un changement profond de modèle de développement.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Climat : il n’est pas trop tard pour réagir

Editorial. Les experts du GIEC alertent, à raison, les décideurs mondiaux quant à la nécessité d’un changement profond de modèle de développement.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 12h25
   





                        


Editorial du « Monde ». Les signes de l’accélération du réchauffement climatique sont toujours plus alarmants. L’année 2017 vient d’être classée comme l’une des trois années les plus chaudes de l’histoire moderne, les banquises polaires fondent à vue d’œil et font inexorablement monter le niveau des océans, tempêtes et sécheresses dévastatrices se multiplient, avec des effets de plus en plus inquiétants sur la biodiversité.
Les cris d’alarme sont toujours plus insistants pour mettre en garde contre les conséquences de ce dérèglement dont plus personne – du moins plus personne de sérieux – ne conteste qu’il résulte de l’activité humaine, des émissions de gaz à effet de serre et de l’augmentation incontrôlée des surfaces cultivées. Le dernier en date, lundi 8 octobre, est celui du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui a rendu public un rapport dont on veut croire qu’il n’est pas celui de la dernière chance.

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                Ce qu’il faut retenir du rapport du GIEC sur la hausse globale des températures



Cette organisation, placée sous la tutelle du Programme des Nations unies pour l’environnement et de l’Organisation météorologique mondiale, a été créée en 1988 pour éclairer les décideurs et la communauté internationale sur la question climatique, c’est-à-dire sur la réalité du réchauffement, ses causes premières, ses impacts multiples, ainsi que sur les voies et moyens qui permettraient de l’endiguer ou d’en atténuer les effets. En trente ans, le GIEC a rendu cinq rapports d’évaluation (1990, 1996, 2001, 2007 et 2013) et trois rapports spéciaux (2000, 2012, 2013) avant celui qui vient de paraître.
Deux messages
Ce dernier s’inscrit dans le prolongement de l’accord de Paris, scellé en décembre 2015 dans le cadre de la COP21, qui a prévu de contenir l’élévation de la température moyenne de la planète « nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels ». Les experts du GIEC adressent deux messages essentiels aux décideurs mondiaux.
Le premier est catégorique. Les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines sont la cause principale du réchauffement climatique et celui-ci s’accélère : au rythme actuel, on aura franchi le seuil de 1,5 °C d’augmentation de la température mondiale entre 2030 et 2052. Et le GIEC évalue précisément, pour la première fois, la différence d’impact d’un réchauffement de 1,5 °C ou de 2 °C, d’ici à la fin du siècle, sur la fonte de la banquise, la hausse du niveau de la mer, l’augmentation des pluies torrentielles, l’intensité des vagues de chaleur, la pêche, les cultures ou la biodiversité.
Le second message est volontariste. Non seulement, martèlent les experts, il est vital d’éviter un réchauffement à 2 °C – point de non-retour pour la planète –, mais il est encore possible de le limiter à 1,5 °C et d’endiguer en partie ses conséquences désastreuses. Cela suppose, précise le GIEC, des transitions très rapides et sans précédent dans tous les domaines (industrie, agriculture, habitat, transports, incitations financières…). Bref, d’une manière ou d’une autre, un changement profond de modèle de développement.

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                Les Pays-Bas sommés par la justice d’intensifier leur lutte contre le changement climatique



Or, c’est bien là que le bât blesse. En dépit des déclarations d’intention de l’accord de Paris, conclu en 2015 et entré en vigueur en novembre 2016, aucun pays n’a mis en œuvre les mesures nécessaires à un infléchissement de ses émissions de gaz à effet de serre. La France pas plus qu’un autre, sans parler des Etats-Unis ou de la Chine. Tous les Etats, en réalité, pratiquent la politique de l’autruche. Coupables irresponsabilités.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ La grande manifestation, qui se tient cette année du 10 au 14 octobre à Blois, a décidé que le conseil scientifique et les jurys se composeraient désormais de manière paritaire.
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Les Rendez-vous de l’histoire de Blois annoncent vouloir instaurer la parité dans leurs instances

La grande manifestation, qui se tient cette année du 10 au 14 octobre à Blois, a décidé que le conseil scientifique et les jurys se composeraient désormais de manière paritaire.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 17h58
    |

Nicolas Truong







                        



   


Les Rendez-vous de l’histoire de Blois, la grande manifestation consacrée à la discipline, qui se tient cette année du 10 au 14 octobre et dont Le Monde est partenaire, a décidé d’instaurer la parité dans ses instances. « Avant la fin de l’année, Les Rendez-vous de l’histoire de Blois inscriront dans les règlements de leur conseil scientifique et des différents jurys de leurs prix que leurs instances doivent être composées de manière paritaire », annonce son directeur, Francis Chevrier.
Cet objectif sera atteint « à moyen terme, au fil du renouvellement de ces instances », précise-t-il. Et les organisateurs feront inscrire dans leur « charte du bon débat » que les tables rondes, cartes blanches et autres panels et conférences « devront être aussi mixtes que possible ». Cette annonce fait suite à un appel, lancé dans Le Monde le 3 octobre, par un collectif de 440 historiennes (aujourd’hui 520), visant a « en finir avec la domination masculine en histoire » et qui propose notamment de « défendre la représentation égalitaire des femmes dans les comités de recrutement et jurys de concours, où la loi l’impose, ainsi que dans les différentes instances de la recherche ».
Selon Camille Lefebvre, l’une des quinze auteures de la tribune, qui se félicite de la décision des Rendez-vous de l’histoire de Blois, « près de la moitié de la part féminine de notre profession » appartenant à toutes les générations – de la doctorante à la professeuse au Collège de France — a désormais rejoint cet appel. 

La domination masculine en histoire
L’appel des historiennes françaises : « Mettons fin à la domination masculine en histoire »« Chez les historiens, Blois est une brèche », par Michelle Perrot« L’indifférence alimente l’autocensure et le doute », par Claire Judde de Larivière« La prédominance masculine apparait comme une constante dans le monde universitaire », par Camille Froidevaux-Metterie





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Cinq organisations de producteurs plaident, dans une tribune au « Monde », pour que la création numérique soit au cœur de la politique de développement de l’audiovisuel public.
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« Les écrans du service public sont le lieu d’expressions dont nous avons besoin face aux GAFA »

Cinq organisations de producteurs plaident, dans une tribune au « Monde », pour que la création numérique soit au cœur de la politique de développement de l’audiovisuel public.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 11h00
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Au printemps, nous avons tenu à Paris, en présence de plus de 80 producteurs et autres professionnels du secteur, un forum de la création numérique. Ce fut l’occasion d’échanger sur les expériences et la nouvelle donne engendrées par le numérique et les nouveaux modes de diffusion dans tous les genres de programmes. L’occasion, surtout, de formuler des propositions concrètes pour envisager avec audace un avenir qui est déjà là. Une politique audiovisuelle du numérique est indispensable. Les producteurs, conscients de leur responsabilité sociale, veulent la construire.
Dans la valeur et la nature de nos contenus, dans la définition et la réinvention de nos métiers, dans la diffusion de nos productions sur tous les écrans et tous les publics, nous voulons débattre et proposer. Le risque et la création sont des caractéristiques de la production indépendante. Pour aborder cette nouvelle ère, pour dépasser les conservatismes (qui sont aussi les nôtres), pour garder cette exigence de l’engagement, nous proposons des pistes concrètes et audacieuses. Celles-ci doivent accompagner une action publique qui doit être plus affirmée : c’est un investissement social, économique et culturel.
Nous pensons d’abord qu’il est essentiel de généraliser pour tous les âges une éducation à l’image et au numérique, à ses codes et à sa grammaire. Le numérique n’est pas un territoire étranger qui serait un nouveau monde. Nous devons apprendre – et faire comprendre – la valeur d’une donnée personnelle, le fonctionnement d’un algorithme, la mesure d’une audience. D’une manière générale, il faut exiger une plus grande transparence des plates-formes qui, si nous ne leur imposons pas à un niveau européen – comme avec la directive sur le droit d’auteur ou le règlement européen sur la protection des données (RGPD) –, ne le feront pas toutes seules. Imposer ce rééquilibrage, c’est défendre la chaîne de valeurs de nos programmes.
Structurer le marché de la...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Historienne et membre du conseil scientifique des Rendez-vous de l’histoire de Blois, Michelle Perrot soutient, dans une tribune au « Monde », l’initiative des responsables de l’événement qui proposent de composer leurs instances de manière paritaire.
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Michelle Perrot : « L’histoire demeure une “science” virile »

Historienne et membre du conseil scientifique des Rendez-vous de l’histoire de Blois, Michelle Perrot soutient, dans une tribune au « Monde », l’initiative des responsables de l’événement qui proposent de composer leurs instances de manière paritaire.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 10h54
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 16h45
    |

Michelle Perrot (Historienne, professeure émérite d’histoire contemporaine à l'université Paris-Diderot)







                        



                                


                            
[Avant la fin de l’année, Les Rendez-vous de l’histoire de Blois, du 10 au 14 octobre, inscriront dans les règlements de leur conseil scientifique et des différents jurys de leurs prix que leurs instances doivent être composées de manière paritaire. Cet objectif sera atteint à moyen terme, au fil du renouvellement de ces instances, et les organisateurs feront inscrire dans leur « charte du bon débat » que les tables rondes, cartes blanches et autres panels et conférences devront être aussi mixtes que possible.]
Tribune. Je n’ai pas signé la tribune des 520 historiennes parue sur Le Monde.fr, mais je comprends son contenu et je soutiens leur démarche. Etroitement associée aux Rendez-vous de l’histoire depuis l’origine (j’ai présidé durant trois ans le conseil scientifique, dont je suis membre permanente), je m’en sens responsable et solidaire.
La réponse massive à la pétition des historiennes illustre à la fois la féminisation de la discipline et le malaise suscité par l’inégalité sexuelle persistante en ce milieu
Ce n’est pas la première fois que les Rendez-vous de Blois ont été choisis comme tribune ; mais il est symptomatique que les historiennes, dont c’est la première manifestation publique et collective en tant que telles, les aient à leur tour choisis pour se faire entendre. Dans le monde forcément masculin – pas nécessairement machiste – des historiens, Blois est une brèche. Du reste, ses responsables ont d’ores et déjà décidé d’adopter des mesures établissant la parité dans les divers conseils et jurys de prix, confirmant ainsi leur option résolument égalitaire.
La réponse massive à la pétition des historiennes illustre à la fois la féminisation de la discipline et le malaise suscité par l’inégalité sexuelle persistante en ce milieu. Sans doute celle-ci était-elle moins sensible dans ma génération. Dans les années 1950-1960, les femmes, encore rares (en 1958, à la Sorbonne, assistante d’Ernest...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Rémunération des écrivains, numérique... Dans un entretien au « Monde », Arnaud Nourry, PDG d’Hachette Livre, passe en revue les débats qui agitent l’édition.
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Arnaud Nourry, PDG d’Hachette Livre : « L’autoédition ne constitue pas une menace »

Rémunération des écrivains, numérique... Dans un entretien au « Monde », Arnaud Nourry, PDG d’Hachette Livre, passe en revue les débats qui agitent l’édition.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 12h39
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

A la veille de l’ouverture de la Foire du livre de Francfort (Allemagne), mercredi 10 octobre, Arnaud Nourry, PDG d’Hachette Livre, analyse les grands enjeux du secteur de l’édition. Circonspect quant à la croissance du livre numérique en France, il estime que l’autoédition n’est en rien une menace et que la rémunération des auteurs ne peut s’effectuer qu’au cas par cas. M. Nourry envisage aussi d’importantes acquisitions d’éditeurs de langue anglaise.
Le jury du Renaudot a-t-il eu raison de présélectionner au premier tour le livre autoédité de Marco Koskas, « Bande de Français », non vendu en librairie ?
Je comprends l’émotion des libraires. Ces prix font partie de l’écosystème du livre en France et ont pour vocation de booster la carrière des auteurs sélectionnés ou primés. Qu’un livre autoédité, donc non disponible, sauf en numérique et sur une seule plateforme, soit sélectionné m’a semblé insensé. Au deuxième tour, la raison l’a emporté.
L’autoédition menace-t-elle l’édition ?
Notre métier, c’est le contraire de l’autoédition : lorsque nous refusons énormément de projets, l’autoédition consiste à dire oui à tout le monde. De façon marginale, une poignée de textes émergent dans l’autoédition. Mais leurs auteurs ont besoin de nous pour obtenir l’audience, le prestige, la reconnaissance et l’argent. L’autoédition consiste, en effet, à lancer des livres à 99 centimes ou 1,99 euro uniquement en format numérique. Même avec 10 000 exemplaires, cela ne pèse rien. Travailler avec un éditeur traditionnel est rapidement plus intéressant. L’autoédition ne constitue pas une menace. C’est une source d’approvisionnement très intéressante. On observe et on récupère.

D’ailleurs, les confrères qui s’étaient lancés dans l’autoédition ont tous arrêté. Celui qui détenait la plateforme Author Solutions l’a revendue pour une livre symbolique. Il est inutile de faire de la main gauche le contraire de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Un exercice physique régulier améliore la qualité du sommeil, et ce dernier améliore les performances sportives.
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Du sport pour mieux dormir, et vice versa

Un exercice physique régulier améliore la qualité du sommeil, et ce dernier améliore les performances sportives.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 10h42
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Pour mieux dormir, bougez dans la journée ; et pour améliorer vos performances sportives… optimisez votre sommeil. Les études scientifiques le montrent sans ambiguïté, les liens entre exercice physique et sommeil existent dans les deux sens.
Commençons par explorer les effets du premier sur le second. Chez des individus sans problème particulier de sommeil, une activité physique régulière améliore sensiblement le temps d’endormissement (qui est réduit), et surtout la qualité globale du sommeil, soulignent Alexandra Kredlow (université de Boston) et ses collègues, dans une revue de la littérature (Journal of Behavioral Medicine, 2015). « Il a été en particulier établi que l’exercice physique régulier augmente le sommeil lent profond », précise le professeur Damien Léger, qui dirige le centre du sommeil et de la vigilance à l’Hôtel-Dieu (APHP).
Quant aux effets sur le sommeil d’une séance ­d’activité physique « aiguë », ils sont, toujours d’après la méta-analyse des auteurs américains, modestes et d’une robustesse variable sur le plan scientifique. Bonne nouvelle, contrairement à ce qui a longtemps été dit, il n’est plus déconseillé de faire du sport dans les heures précédant le coucher. Les séances tardives étaient suspectées d’altérer le sommeil et en particulier d’accroître le temps d’endormissement, mais des travaux récents ne confirment pas ces perturbations, du moins chez des bons dormeurs.
Peu d’études dans le domaine
Quid de l’activité physique en cas de troubles du sommeil ? S’agissant de l’insomnie, dont les formes sévères concernent plus de 10 % de la population, les études ne sont finalement pas si nombreuses. Dans une revue de la littérature parue en juillet dans la ­revue Peer J, une équipe japonaise en a retenu neuf randomisées, portant au total sur 557 participants. « Nos résultats suggèrent que les effets de l’exercice physique sur le sommeil sont meilleurs chez...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans le cadre des Rendez-vous de l’histoire, du 10 au 14 octobre à Blois, consacrés à « La puissance des images », Eric Godelier, professeur à l’Ecole polytechnique, évoque, dans une tribune au « Monde », la fragilité de l’image de marque des sociétés.
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Rendez-vous de l’histoire de Blois : « La réputation de l’entreprise, fragile atout stratégique »

Dans le cadre des Rendez-vous de l’histoire, du 10 au 14 octobre à Blois, consacrés à « La puissance des images », Eric Godelier, professeur à l’Ecole polytechnique, évoque, dans une tribune au « Monde », la fragilité de l’image de marque des sociétés.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 09h55
    |

Eric Godelier (Professeur à l'Ecole polytechnique)







                        



                                


                            
Dans l’histoire, certaines entreprises ont su, mieux que d’autres, faire de leur réputation un réel avantage concurrentiel, voire une rente. Au point parfois de construire de véritables barrières à l’entrée pour leurs concurrents potentiels. Mais plus récemment est venue s’ajouter une dimension sociétale à cette réputation, au point d’en faire un facteur de recrutement et de liberté d’action (« license to operate »). Or, les acquis de la réputation sont bien fragiles.

Outre les accidents matériels toujours possibles, on voit monter les protestations des salariés, les plaintes de riverains, de clients ou de fournisseurs depuis que, dans les années 1970, a émergé une demande de meilleure prise en compte de la responsabilité environnementale, sociale et éthique de l’entreprise. Des agences de notation ont commencé à évaluer les comportements et les valeurs des entreprises, les obligeant à prendre mieux en considération ce qui pourrait menacer leur réputation.
Le cas Perrier
De ce point de vue, l’histoire, ancienne et récente, de l’entreprise Perrier est révélatrice.
En 1863, son fondateur, Alphonse Garnier, cherche à profiter de l’engouement pour le thermalisme, lancé par Napoléon III. Il a l’idée d’utiliser l’eau gazeuse naturelle qui jaillit à Bouillens (Gard). Premier coup de publicité, il exploite la légende d’Hannibal qui s’y serait désaltéré lors de sa marche vers Rome. En 1903, vient le tournant industriel. Un Anglais, John Harmsworth, rachète l’entreprise. Il abandonne le thermalisme, en perte de vitesse, au profit de l’embouteillage. Il invente la fameuse bouteille ventrue et devient rapidement le fournisseur du Palais de Buckingham et… de l’armée des Indes.

On connaît la suite. Au fil des années « l’eau qui fait pschitt » devient un succès mondial. Sa réputation repose sur une image chic, un produit sain reconnu pour ses vertus thérapeutiques, et un ensemble de publicités décalées. Tout semble si solide…...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Deux ouvrages s’attachent à déconstruire les mythes du système scolaire français, et font une critique nuancée de la possibilité (ou non) d’une ascension sociale par l’école.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤      googletag.cmd.push(function(){googletag.display("cover");});              En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Deux ouvrages s’attachent à déconstruire les mythes du système scolaire français, et font une critique nuancée de la possibilité (ou non) d’une ascension sociale par l’école.       Par  Violaine Morin  Publié aujourd’hui à 07h00, mis à jour à 09h50   Lecture 4 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail         Article réservé aux abonnés        Livres. C’est une idée désormais répandue, en particulier à gauche : il faut en finir avec le mérite, faire un sort définitif à ce fantasme républicain qui transforme l’école en une infernale machine à trier, avec d’un côté les mauvais élèves, qui n’auront rien, de l’autre côté les bons, qui auront tout, en plaçant au cœur de la hiérarchie scolaire le « talent », le « don », le « goût de l’effort », des notions aussi vagues que culpabilisantes qui minimisent le rôle des inégalités de départ, pourtant centrales dans le jeu scolaire.           Une fois posé ce constat à la fois évident et un peu réducteur, il reste intéressant de comprendre pourquoi la notion de mérite est au centre de notre système scolaire, quels intérêts elle sert et pourquoi il est si difficile de se débarrasser des mythes qu’elle a contribué à forger, au premier rang desquels celui du jeune boursier méritant, arraché à une enfance pauvre par la vertu du travail scolaire pour devenir un « transfuge de classe », c’est-à-dire quelqu’un qui accomplit en une seule génération une ascension sociale qui aurait dû en demander, statistiquement, plutôt trois.                      « L’Illusion méritocratique », de David Guilbaud (Odile Jacob, 256 pages, 22,50 euros). DR              En cette rentrée des classes plus que jamais placée sous le signe de « l’égalité des chances » avec la poursuite du dédoublement des classes de CP et CE1 en zones prioritaires, deux ouvrages viennent interroger le rôle du mérite dans notre culture scolaire : L’Illusion méritocratique, de David Guilbaud, et La Fabrique des transclasses, sous la direction des philosophes Chantal Jaquet et Gérard Bras.           Construction du mythe           David Guilbaud, haut fonctionnaire passé par l’ENA, revient sur la construction du mythe méritocratique, les manquements de la sélection scolaire et la « longue conversion » du miraculé, cet élève qui n’était pas destiné à réussir mais qui finit, comme l’auteur lui-même, par surmonter les embûches du système pour accéder aux filières d’élite. Cette bonne synthèse, adossée à une solide bibliographie, a le mérite de (re)poser, en seulement 256 pages, tous les paradoxes du système éducatif où les hiérarchies sociales sont « blanchies » par le label du mérite et où les rares transfuges ne font que renforcer un système de légitimation des privilèges qui, bon prince, laisse quelques places aux fils d’ouvrier.              googletag.cmd.push(function(){googletag.display("pave_haut");});                      — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de 400 journalistes    Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.    Abonnez-vous à partir de 1 €       Dans la même rubrique         
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans le cadre des Rendez-vous de l’histoire, du 10 au 14 octobre à Blois, consacrés à « La puissance des images », Nathalie Sonnac, membre du CSA, analyse, dans une tribune au « Monde », la menace que font peser les infox (« fake news ») sur la démocratie.
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Rendez-vous de l’histoire de Blois : « La redoutable efficacité du modèle économique des infox »

Dans le cadre des Rendez-vous de l’histoire, du 10 au 14 octobre à Blois, consacrés à « La puissance des images », Nathalie Sonnac, membre du CSA, analyse, dans une tribune au « Monde », la menace que font peser les infox (« fake news ») sur la démocratie.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 09h02
    |

Nathalie Sonnac (Membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel, professeure en sciences de l’information et de la communication à l’université Panth...







                        



                                


                            
Avec 1,6 milliard d’utilisateurs, Facebook est devenu la source d’informations privilégiée des internautes, à qui elle donne gratuitement accès à des millions d’informations. Le moteur de recherche Google est, lui, une formidable porte d’entrée à tous les sites de la Toile. A eux deux, ces géants captent près de 80 % de la croissance des ressources publicitaires en ligne. Dans cet univers concurrentiel, comment saisir l’attention des utilisateurs ? Comment générer des recettes publicitaires ?
De la campagne électorale américaine au village macédonien transformé en ferme à clics en passant par le succès du site Thefakenewsgenerator.com et, en France, la loi sur la lutte contre la manipulation de l’information, la question des infox (« fake news ») a envahi le débat public, négligeant parfois la dimension économique de la question.

Dans un article du Mail & Guardian de Johannesburg, un journaliste zimbabwéen raconte qu’il ne peut pas vivre de la seule vente de ses analyses politiques. Sa solution : créer des sites en ligne avec des publications sensationnelles et mensongères. Quelques centimes par clic peuvent lui rapporter jusqu’à 5 000 dollars (4 400 euros) par mois lorsque les articles sont vus et partagés des milliers de fois.

Des pièges à clics
Le mode de production des infox est toujours le même : attirer des lecteurs avec des pièges à clics (clickbait), puis vendre l’attention des utilisateurs aux publicitaires. L’objectif : s’assurer la visibilité la plus large possible afin de devenir incontournable pour la plate-forme d’achats d’espaces publicitaires, Google Adsense.
Par son amplitude et sa viralité, le modèle économique des infox, soutenu par des couches techniques d’algorithmes puissants permettant notamment le ciblage publicitaire, menace celui des médias professionnels.

D’abord, parce que collecter, vérifier et traiter une information coûte cher. Les entrepreneurs de presse le...




                        

                        

