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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Lors du synode des évêques au Vatican, l’épiscopat belge s’est prononcé en faveur d’un accès à la prêtrise pour les hommes mariés.
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Célibat des prêtres : l’Eglise belge pour l’ouverture du sacerdoce aux hommes mariés

Lors du synode des évêques au Vatican, l’épiscopat belge s’est prononcé en faveur d’un accès à la prêtrise pour les hommes mariés.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 18h36
   





                        


Entre scandales pédophiles récurrents et crise des vocations, le célibat des prêtres catholique s’impose comme une question de plus en plus pressante au sein de l’Eglise. Mercredi 10 octobre, l’épiscopat belge a pris position. A l’occasion d’un synode qui se tient jusqu’à la fin du mois au Vatican, l’Eglise belge a appelé à l’ouverture de la prêtrise aux hommes mariés.
« Je suis convaincu que certains jeunes, qui ont puisé dans la vocation baptismale leur appel à s’engager par les liens du mariage, répondraient volontiers “me voici” si l’Eglise devait les appeler au ministère presbytéral », a déclaré au Vatican Mgr Jean Kockerols, évêque auxiliaire de Bruxelles. Le prélat s’exprimait au nom des évêques belges après leur avoir préalablement soumis son texte, a précisé le père Tommy Scholtes, porte-parole de la conférence épiscopale belge, répondant au site spécialisé CathoBel.
Réflexions sur le célibat des prêtres en Allemagne
« Ce n’est pas la seule solution par rapport à la crise des vocations, qui est aussi une question de crédibilité de la foi dans le monde aujourd’hui », a déclaré le père Scholtes. « On sait que du côté du monde protestant ou orthodoxe, où les pasteurs peuvent être mariés, il y a aussi une difficulté à trouver des jeunes hommes qui acceptent ce service d’Eglise » a-t-il commenté.

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Des réflexions sur le célibat des prêtres ont été engagées ailleurs en Europe, dans un climat marqué par de multiples scandales pédophiles impliquant des religieux catholiques. Récemment, l’Eglise catholique allemande a ainsi appelé de ses vœux une discussion en son sein sur la question après la révélation d’agressions sexuelles perpétrées sur des milliers d’enfants pendant des décennies.
« Il ne doit pas y avoir de tabou »
« Il ne doit pas y avoir de tabou sur ce dont on parle » avait déclaré à la fin septembre le président de la conférence épiscopale allemande, Reinhard Marx. « Les défis spécifiques pour l’Eglise catholique, comme les questions sur le célibat des prêtres et sur certains aspects de la morale sexuelle catholique, vont être discutés de façon transparente, avec la participation d’experts de différentes disciplines », avait fait savoir le cardinal.

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Présenté mardi, un rapport commandé par l’Eglise catholique allemande il y a quatre ans fait état d’au moins 3 677 cas – essentiellement des garçons âgés de moins de 13 ans – de victimes de sévices sexuels allant de l’attouchement au viol, agressées par au moins 1 670 membres du clergé. Les faits se sont déroulés entre 1946 et 2014. Et les auteurs identifient le célibat des prêtres comme l’une des possibles causes indirectes de ces agressions sexuelles.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ En 2016, « Le Monde » embarquait sur le navire humanitaire. En septembre, la journaliste Julia Pascual et le photographe Samuel Gratacap sont remontés à bord.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤               En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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En septembre, la journaliste Julia Pascual et le photographe Samuel Gratacap sont remontés à bord.     Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail           Ils sont moins nombreux à tenter la traversée de la Méditerranée, mais les chances d’y périr sont décuplées. Alors que l’Europe se déchire sur l’accueil des migrants, près de 1 600 personnes sont mortes cette année en voulant la rejoindre.           En 2016, Le Monde embarquait sur l’Aquarius, navire humanitaire des ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF) pour raconter une campagne de sauvetage. En septembre, la journaliste Julia Pascual et le photographe Samuel Gratacap sont remontés à bord pour témoigner de cette mer de plus en plus meurtrière. Retour sur quinze jours de reportage.                        11 septembre 2018, à Marseille, l’« Aquarius » reçoit une livraison de nourriture en prévision de la prochaine opération de sauvetage en mer. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           L’équipage, constitué par Médecins sans frontières et SOS Méditerranée, se forme, le 13 septembre, à différents scénarios en vue de secours imminents pour les personnes en mer. Nina Egger est l’une des trois infirmières qui participera à la prochaine mission de sauvetage. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           L’équipage réceptionne la dernière livraison avant le départ pour une mission de sauvetage au large de la Libye. Ici Edward Akyiau, matelot ordinaire à bord du bateau, le 15 septembre à Marseille. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           16 septembre : l’« Aquarius » s’arrête en mer pour simuler des exercices de sauvetage. Le lendemain, le bateau dépasse la Sardaigne et continuera sa route vers la Libye. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Liza Courtois, 29 ans, lors de la simulation d’un exercice de plan d’urgence entre la Tunisie et la Sicile, le 17 septembre. Elle est infirmière pour MSF. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Louis Wilmotte, 28 ans, est sauveteur pour SOS Méditerranée. Il est photographié pendant un exercice de secours sur l’un des trois canots dont dispose l’équipage de l’« Aquarius », entre Sfax (Tunisie) et Lampedusa (Italie), le 18 septembre. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"              Onze personnes secourues au large de la Libye                        Dans la nuit du 22 au 23 septembre, un petit bateau de pêcheur transportant 47 personnes est secouru au large de Zaouïa. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"              Jeudi 20 septembre, un peu après 7 heures du matin, le navire humanitaire, qui patrouille au large de la Libye, a repéré une embarcation avec onze personnes à son bord. « Au début, tu vois une tache blanche qui bouge sur la vague et, très vite, tu vois que ça ressemble à une embarcation », explique Jérémie Demange, l’un des sauveteurs de SOS Méditerranée, qui a aperçu le bateau pendant son tour de veille à la jumelle, sur la passerelle du navire.                        Le sauvetage des onze personnes a eu lieu à environ 28 milles nautiques en face de la ville libyenne d’Abou Kammach, le 20 septembre. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           A bord de l’« Aquarius » après le sauvetage des onze personnes, le 20 septembre 2018. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Après le sauvetage, l’équipage de l’« Aquarius » procède à la destruction et au marquage du bateau avec la date et l’inscription SAR AQU. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Les chaussures trempées des onze rescapès sèchent sur le pont principal de l’« Aquarius ». SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           « C’est la première et la dernière fois que je fais ça, c’est plus qu’un film ! Ils nous ont lancés sur la mer en nous disant de suivre les étoiles et les plates-formes pétrolières pour nous guider jusqu’en Italie », raconte Youssouf, jeune Ivoirien de 20 ans, qui a quitté sa ville d’origine de San Pedro il y a plus d’un an pour tenter l’aventure. Le Mali puis l’Algérie pendant cinq mois et la Libye pendant cinq à six mois. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Parmi les 11 personnes sauvées, Waleed, jeune homme pakistanais âgé de 19 ans. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Les téléphones portables des rescapés sèchent sur le pont principal, le lendemain du sauvetage. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"              « Surtout des familles libyennes bien établies »                        Dans la nuit du 22 au 23 septembre, un petit bateau de pêcheur transportant 47 personnes est secouru au large de Zaouïa. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"              Dans la nuit du 22 au 23 septembre, l’Aquarius a sauvé 47 personnes, dont 17 mineurs, au large de la Libye, et ne sait toujours pas où il pourra débarquer. Parmi les 58 personnes qui seront réparties entre quatre pays figure une majorité de familles aisées.           L’un des couples secourus raconte que les difficultés sont allées croissant depuis la chute du régime de Kadhafi, en 2011. Pour des raisons de sécurité, ils ont notamment dû déménager de Tripoli à Zaouïa, à 50 kilomètres à l’ouest. « On se débrouillait en faisant des allers-retours », dit l’épouse, Ibtissem, qui travaillait comme modéliste. Il y a deux mois, leur fils Abdul est tombé sur des coupeurs de route, armés de kalachnikovs. La famille a dû payer une rançon pour récupérer son enfant. « En Libye, lâche-t-elle, nous sommes des morts qui respirent. Il fallait qu’on parte, il n’y avait pas d’autre solution. »                        L’opération de détection de l’embarcation en détresse a commencé vers 3 heures du matin et la fin des négociations avec les garde-côtes libyens s’est terminée aux alentours de 7 heures, dans la nuit du 22 au 23 septembre. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Le sauvetage avait été difficile. Entamé dans la nuit, il avait donné lieu à une altercation virulente avec une navette des garde-côtes libyens. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           En arrière-plan, les garde-côtes libyens en approche durant les négociations avec l’« Aquarius ». SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Les personnes sont ensuite prises en charge par l’équipe de MSF à bord du navire humanitaire. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Parmi les personnes sauvées figure une majorité de familles libyennes. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           « Ce sont surtout des familles qui étaient bien établies, décrit Aloys Vimard, responsable des opérations de Médecins sans frontières (MSF) à bord de l’« Aquarius ». Elles ne projetaient pas de quitter leur pays, mais, du jour au lendemain, à cause du climat de crise aiguë en Libye, elles ont peur et se retrouvent sur un bateau en mer. » SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Depuis fin août, des combats armés agitent notamment la capitale libyenne, Tripoli. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Le navire a « gagné » la partie, mais cette victoire annonce sûrement une défaite plus grande pour l’« Aquarius », qui a appris la veille de ce sauvetage qu’il allait perdre pour la deuxième fois en un mois son pavillon. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           L’embarcation est ensuite détruite par les garde-côtes libyens. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                                       A bord, l’attente commence                        Le 24 septembre, au large de la Libye, à hauteur de la ville de Khoms. A cet endroit, une embarcation en détresse avait été signalée avec une centaine de personnes à son bord. Les garde-côtes libyens leur ont porté secours. Ici un canot de secours auto-gonflable lancé la veille au soir par voie aérienne par les militaires italiens est retrouvé par l’équipage de l’« Aquarius ». SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"              Après le sauvetage commence l’attente. Malte ne souhaitant pas accueillir le bateau dans son port, l’équipage attend une météo plus clémente pour pouvoir transférer sur un navire maltais dans les eaux internationales les cinquante-huit migrants secourus en mer à son bord. « Certains dorment depuis neuf jours sur le pont, allongés sur des palettes en plastique ou du carton, raconte Edouard Courcelle, de MSF. Hier, j’ai distribué des sacs de survie parce qu’avec la pluie et le froid ils passent la nuit à essayer de s’endormir. »      La suite après cette publicitégoogletag.cmd.push(function(){googletag.display("inread");});       Des douches sont organisées un jour sur deux et les repas sont composés de rations de survie. « Ce qui est absurde, c’est qu’on voit Malte au loin. C’est le supplice de Tantale. »           A bord une femme a fait une crise de panique. « Ils voient bien qu’on fait des allers-retours depuis plusieurs jours, analyse Carlos Jaramillo, médecin pour MSF. Ils savent que leur futur est incertain. Une partie d’entre eux se demande même si on va les renvoyer en Libye. »                        Mohamed se repose contre des gilets de sauvetage rangés dans des sacs. A côté, les bagages et affaires personnelles sont placés dans des caisses. La veille au soir, ce jeune Libyen de 16 ans a quitté son pays et la ville de Zouara sur un bateau de pêcheur avec sa famille et 47 personnes à bord. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Deux fois par jour, l’équipe de MSF procède à la distribution de kits alimentaires pour les passagers secourus. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Pour occuper le temps, un atelier de confection de hamacs s’est improvisé sur le pont principal, ici le 23 septembre. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Le 25 septembre, une tempête s’abat sur la mer Méditerranée entre la Libye et Malte. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Mohamed est conseillé par Seraina, en charge des affaires humanitaires pour MSF et du suivi de la situation en Libye. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Oudaï fait partie des 47 personnes parties de la ville de Zouara dans la nuit du 22 au 23 septembre. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Les hommes tentent difficilement de dormir sur le pont arrière du bateau. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Rola est originaire de Damas, en Syrie. Elle est partie avec Mazen, son mari, depuis la ville de Zouara dans la nuit du 22 au 23 septembre. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Durant la journée, ici le 27 septembre, les hommes prennent soin d’eux et attendent impatiemment la douche. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           A bord de l’« Aquarius » le 27 septembre. Les personnes tentent de trouver le repos durant la journée faute de pouvoir dormir correctement la nuit à cause des conditions en mer et du froid. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           A bord de l’« Aquarius » le 27 septembre. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Les 58 rescapés attendent, le 30 septembre, d’être transférés vers l’île de Malte. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Les autorités maltaises viennent les chercher dans les eaux internationales. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           A bord de l’« Aquarius » le 30 septembre. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"              Malte, l’île « comme une prison »                        Les 58 rescapés se préparent pour leur transfert, le 30 septembre. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"              Malte a accepté d’accueillir ces migrants, dans la mesure où des Etats membres de l’Union européenne se sont mis d’accord pour se répartir leur prise en charge, à l’image du dispositif plusieurs fois déroulé depuis la fermeture des ports italiens aux navires humanitaires, cet été                        Vue du pont du P52 de la flotte maltaise. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Pour les rescapés, la suite du voyage commence. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Les affaires personnelles des 58 rescapés sont transférées de l’« Aquarius » vers l’île de Malte dans les eaux internationales, via la flotte maltaise. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Vue, le 1er octobre, de l’IRC (Initial Reception Center), établissement fermé dans lequel sont maintenues les 58 personnes débarquées de l’« Aquarius » par les autorités maltaises, le 30 septembre. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           La France s’est engagée à offrir sa protection à dix-huit rescapés. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"              Avec les Pilotes volontaires, au-dessus de la Méditerranée                        A Lampedusa, le 5 octobre. Carola Rackete est « Taco » (« Technical Coordinator ») pour l’ONG Pilotes volontaires. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"              L’ONG française Pilotes volontaires, une association créée en janvier, survole les eaux internationales à bord du Colibri, au large de la Libye, pour repérer des embarcations en détresse.           Aux côtés de Benoît Micolon et de Carola Rackete, deux bénévoles de l’association, le photographe Samuel Gratacap s’est glissé dans la carlingue qui fonce à plus de 250 kilomètres/heure, à 700 mètres au-dessus de la mer Méditerranée. Les humanitaires doivent désormais composer avec la montée en puissance des autorités maritimes libyennes et de leurs garde-côtes, qui coordonnent depuis cet été les secours dans la zone, rôle jusqu’alors assumé par l’Italie.                        Benoît Micolon, cofondateur de l’ONG Pilotes volontaires. Le 5 octobre à Lampedusa. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           A l’intérieur du « Colibri 2 » lors d’une mission de recherche et de sauvetage de personnes en détresse en Méditerranée centrale par l’ONG Pilotes volontaires. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Vue sur le bateau humanitaire « Mare-Iono » lors d’une mission de recherche et de sauvetage de personnes en détresse en Méditerranée centrale. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                           Vue sur l’île de Lampedusa le 5 octobre, depuis le « Colibri 2 » lors d’une mission de recherche et de sauvetage. SAMUEL GRATACAP POUR "LE MONDE"                                En direct International Politique Société Économie Culture Sport Techno Sciences Opinions Recettes de cuisine   Planète M Campus Style L’époque Éducation Disparitions Santé Guides d’achat     Évènements abonnés Conjugaison Cours d’anglais Decodex Formation professionelle Jeux La boutique du Monde Orthographe et grammaire Prix de l’immobilier Source Sûre     Courrier International La société des lecteurs du Monde Le Huffington Post Le Prix du Monde et de la recherche L’Obs Le Monde diplomatique Télérama Talents     Codes Promo Codes Promo Amazon Jardinage Paroles de chansons      lemondefr @lemondefr Facebook Le Monde.fr Fils RSS Applications mobiles   Newsletters du Monde   Recevoir les newsletters du Monde    Abonnement   Abonnez-vous dès 1€        Mentions légales Politique de confidentialité Conditions générales | Aide (FAQ)      
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Pyrénées-Atlantiques : les pro-ours portent plainte contre les battues menées par les éleveurs

Depuis plusieurs semaines, les éleveurs béarnais affichent leur colère contre la réintroduction la semaine dernière dans les Pyrénées de deux ourses slovènes



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 17h50
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La bataille entre pro et anti-ours dans les Pyrénées-Atlantiques va-t-elle se poursuivre au tribunal ? Seize associations environnementales ont déposé une plainte au parquet de Pau, mercredi 10 octobre, contre les battues menées par des éleveurs béarnais, a annoncé à l’Agence France-Presse leur avocat, Jean-François Blanco.
Parmi les plaignants figurent notamment le Fonds d’intervention éco-pastoral (Fiep), la Sepanso Pyrénées-Atlantiques, France Nature Environnement, FERUS, l’association Pays de l’ours ou encore la Ligue de protection des oiseaux (LPO).

        Lire notre reportage :
         

          Dans les Pyrénées, le dépit des opposants aux ours



Menaces sur les brebis
Depuis plusieurs semaines, les éleveurs affichent leur colère contre la réintroduction la semaine dernière dans les Pyrénées de deux ourses slovènes. La plainte vise notamment les barrages dressés, dans la nuit du 3 au 4 octobre, au cours desquels les agriculteurs « n’ont pas hésité à bloquer longuement la circulation et à fouiller les véhicules arrêtés ». Ils « se sont comportés comme des agents de la force publique », selon Jean-François Blanco.

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Les deux ourses slovènes ont été lâchées jeudi et vendredi dans les Pyrénées-Atlantiques afin de sauvegarder l’espèce, menacée d’extinction en France. Mais selon les éleveurs, ces arrivées ne sont pas compatibles avec l’élevage. L’animal, qui se nourrit à 70 % de végétaux, peut s’attaquer à des brebis ou provoquer la chute de dizaines d’entre elles d’un escarpement si elles sont effrayées.
Outre les indemnisations en cas d’attaque par des ours, des mesures d’accompagnement ont été prévues par l’Etat pour rassurer les éleveurs. Parmi celles-ci, le gardiennage permanent des troupeaux, l’achat de chiens de protection patou, ou la mise en place de clôtures électriques mobiles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ La parodie de Lynzy Lab Stewart, qui décrit les restrictions et situations menaçantes auxquelles les filles sont confrontées au quotidien, est devenue virale.
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« C’est une époque terrifiante pour les hommes » : une chanson moque les propos hostiles à #metoo de Trump

La parodie de Lynzy Lab Stewart, qui décrit les restrictions et situations menaçantes auxquelles les filles sont confrontées au quotidien, est devenue virale.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 17h38
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10.10.2018 à 18h15
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            Faustine Vincent








                        


« C’est une époque terrifiante pour les garçons : ils ne peuvent plus parler à une femme ni la regarder dans les yeux. C’est tellement perturbant, est-ce un viol ou juste de la gentillesse ? » La chanson parodique de Lynzy Lab Stewart, une chanteuse et compositrice américaine, est devenue virale dès sa publication sur son fil Twitter, lundi 8 octobre. Deux jours plus tard, elle avait déjà été vue plus de 9 millions de fois.
Avec cette chanson, l’artiste répond par l’ironie à la déclaration hostile à #metoo de Donald Trump. Le président américain avait réaffirmé son soutien au juge Brett Kavanaugh, accusé d’agression sexuelle, afin qu’il puisse siéger à la Cour suprême, avant d’ajouter, le 2 octobre : « C’est une époque terrifiante pour les jeunes hommes aux Etats-Unis, quand on vous dit coupable de quelque chose dont vous n’êtes peut-être pas coupable. »
Avec sa voix claire et son ukulélé, Lynzy Lab Stewart, alias@MercedesLynz, énumère sur un rythme enjoué les restrictions et les situations menaçantes auxquelles se heurtent les filles au quotidien :

It's a really scary time for dudes right now. So I wrote a song about it. Go #vote friends!  #TheResistance #1Thing… https://t.co/mbmFvC3XkK— mercedeslynz (@Lynzy Lab)


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« Je ne peux pas marcher jusqu’à ma voiture tard le soir en téléphonant/Je ne peux pas aller au bar sans chaperon/Je ne peux pas porter une minijupe, même si c’est la seule que je possède/Je ne peux plus utiliser les transports en commun après 19 heures […]/Mais c’est une période effrayante pour les garçons, ouais, c’est sûr. »
« Je ne peux pas faire du jogging en ville avec des écouteurs sur les oreilles/Je ne peux pas dénoncer mon violeur après trente-cinq ans/Je ne peux pas être prise au sérieux si je retiens mes larmes/Et je ne peux jamais parler sérieusement de toutes ces peurs/C’est sûr, c’est un moment effrayant pour les garçons/On ne peut pas envoyer un texto à une fille en lui demandant plusieurs fois une photo d’elle nue/On ne peut pas forcer une fille à faire l’amour quand elle n’est pas d’humeur/Qu’est-ce qui lui donne le droit de te dicter ce qu’il faut faire ? »
Sa vidéo se conclut par un appel à voter le 6 novembre aux élections américaines de mi-mandat : « Il est temps pour les femmes de se lever, de faire entendre notre voix collective. C’est le 6 novembre, alors allons faire du bruit. »
Sa chanson a été relayée par de nombreuses personnalités, dont la présentatrice star Ellen DeGeneres et l’acteur Mark Ruffalo, qui invite à « écouter des femmes comme@MercedesLynz pour avoir une idée du monde tel qu’elles l’expérimentent ».

Yup. https://t.co/QGOlSYijeE— TheEllenShow (@Ellen DeGeneres)


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Mercredi, Lynzy Lab Stewart a dû préciser, « pour éviter toute confusion », qu’elle n’était « pas là pour délégitimer les combats des hommes. J’espère juste qu’on pourra enfin légitimer ceux des femmes, écrit-elle. Peu importe ce que vous pensez de moi, je ne suis pas “antihommes”. Je suis, cependant, super “profemmes”. Vous devriez l’être aussi. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Le jugement du tribunal d’Aix-en-Provence, qui avait dédouané la maison mère allemande de la société varoise, est annulé.
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Scandale des prothèses mammaires PIP : la Cour de cassation ordonne un nouveau procès

Le jugement du tribunal d’Aix-en-Provence, qui avait dédouané la maison mère allemande de la société varoise, est annulé.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 17h37
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La Cour de cassation s’est prononcée, mercredi 10 octobre, en faveur d’un nouveau procès du géant allemand TÜV, certificateur des prothèses défectueuses de sa filiale française PIP établie à La Seyne-sur-Mer (Var). Cette décision annule le jugement du tribunal d’Aix-en-Provence, qui avait dans un premier temps dédouané l’entreprise de toute responsabilité. Cette décision de la Cour de cassation, très attendue par les victimes de PIP, renvoie le dossier devant la cour d’appel de Paris.
Des milliers de femmes à travers le monde ont souffert de complications liées à la pose de prothèses mammaires fabriquées par l’entreprise PIP. Les prothèses présentaient depuis la fin des années 2000 un taux anormal de rupture et contenaient un gel différent de celui indiqué lors de la mise sur le marché. Après avoir apporté sa certification avant leur mise sur le marché, TÜV avait procédé à treize contrôles dans les locaux de PIP, entre octobre 1997 et janvier 2010. Aucun manquement à la réglementation n’a jamais été constaté.

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                Sur le marché de l’esthétique, la prothèse mammaire a moins la cote



En 2010, l’Agence des produits de santé avait retiré du marché les implants de la société PIP, qui avait été placée en liquidation judiciaire. Son fondateur, Jean-Claude Mas, a été condamné en 2013 à quatre ans de prison ferme et à 75 000 euros d’amende, interdit définitivement d’exercer dans le domaine sanitaire et de gérer une entreprise.
En première instance, en novembre 2013, TÜV avait été condamné par le tribunal de commerce de Toulon à verser 53 millions d’euros à six distributeurs étrangers des prothèses et à 1 600 porteuses pour avoir « manqué à ses obligations de contrôle et de vigilance ». En 2017, dans une procédure parallèle, le tribunal de Toulon avait condamné TÜV à verser 60 millions d’euros à 20 000 plaignantes, soit 3 000 euros à chacune, en provision du préjudice subi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Historien du corps et de l’hygiène, Georges Vigarello revient sur les origines du mouvement #metoo qui, après l’affaire Weinstein, a libéré la parole des femmes.
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                Georges Vigarello : « #metoo est un ébranlement majeur dans une dynamique déjà installée »


Historien du corps et de l’hygiène, Georges Vigarello revient sur les origines du mouvement #metoo qui, après l’affaire Weinstein, a libéré la parole des femmes.

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                            Zineb Dryef

















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Historien du corps et de l’hygiène, directeur d’études à l’EHESS, titulaire de la chaire d’histoire des politiques corporelles, Georges Vigarello est l’auteur de nombreux ouvrages majeurs portant sur l’histoire des représentations et pratiques du corps. Il participait à la conférence « Aux origines de #metoo » organisée dans le cadre du Monde Festival, dimanche 7 octobre au Palais Garnier. Entretien.

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Un an après #metoo, peut-on parler d’une révolution ?
Je dirais plutôt qu’il s’agit d’un ébranlement majeur. Ce qui s’est passé en octobre 2017 n’a pas entraîné de changement fondamental, puisque le nombre de condamnations pour viol est toujours faible. Mais avec un événement culturel de cette ampleur, un mouvement qui s’internationalise, le spectre de la violence, qui s’était élargi, poursuit son extension : des actes comme l’insulte dans la rue apparaissent comme délictueux, des comportements agressifs demandent à être mieux nommés.

La notion même de harcèlement est affinée : il ne s’agit plus seulement de l’acte répété. Cela me paraît d’une grande richesse. C’est un ébranlement majeur dans une dynamique déjà installée. Cette lente et inexorable progression est faite de crises successives qui ont marqué le fait que ça ne peut plus être comme avant.
« L’histoire permet, seule, de saisir et d’interpréter (…) ce travail des consciences transformant lentement la vision de l’individu dans la civilisation occidentale »
Je ne dirai jamais assez à quel point l’histoire permet, seule, de saisir et d’interpréter ces accentuations de sens, ces déplacements de seuil entre le tolérable et l’intolérable, ce travail des consciences transformant lentement la vision de l’individu dans la civilisation occidentale. Ne pas prendre en compte ces évolutions, ces approfondissements de l’exigence sensible, ces visions toujours nouvelles étendant la sphère de notre psychisme et de notre intimité, c’est, tout simplement, ne rien comprendre aux transformations fondamentales de notre culture et de notre sensibilité.

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Quelles sont ces grandes crises qui ont conduit à mieux dénoncer et sanctionner les violences sexuelles ?
Dans la période récente, le procès d’Aix, en 1978, qui a condamné les violeurs de deux jeunes filles, est majeur.
Avant cela, dans les années 1950, ce sont les ballets roses. André Le Troquer, qui a commis des viols, est simplement accusé d’attentats de la pudeur. C’était un personnage important de la République. C’est un moment où quelque chose se dénoue – un président de l’Assemblée nationale est mis en cause –, mais en même temps, quelque chose se retient puisqu’il est condamné à une légère peine de prison avec sursis.
Dans les années 1990 s’imposent, au-delà du geste criminel, d’autres gestes qui commencent à être perçus comme intolérables et qui aboutissent à condamner le harcèlement sexuel. Une succession d’affaires ces dernières années contribue à cette dynamique, notamment les affaires Strauss-Kahn et Baupin.

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Vous rappeliez que cela ne doit pas faire oublier que le nombre de condamnations pour ces actes est toujours faible.
Au XIXe siècle, les plaintes pour les agressions d’enfant ont considérablement augmenté. A tel point que les magistrats ont eu le sentiment que ce siècle avait été traversé par une sorte de dégradation des mœurs qui conduisait à des comportements de plus en plus transgressifs des adultes.
En réalité, ce qui s’est produit, c’est au contraire une prise de conscience qui a rendu inacceptables certains comportements. Les plaintes pour ces actes ont augmenté parce que la prise de conscience s’est accrue. Or, les juridictions, confrontées à un grand nombre de cas, se sont rapidement trouvées débordées. Elles ont alors été tentées de déqualifier et de passer par la correctionnalisation. A partir d’une certaine date, les actes sont ainsi apparus comme étant moins nombreux mais ils ne l’étaient pas : ils étaient déqualifiés !
C’est le même phénomène qui se produit aujourd’hui avec les plaintes pour viol. La déqualification est liée à l’augmentation de la dénonciation des cas, alors que dans le procès d’Aix, la déqualification était liée au fait que les gendarmes qui ont les premiers enregistré les faits les considéraient comme relativement banals.
Ce qui était d’ailleurs saisissant dans le procès d’Aix, c’est que devant le palais de justice, les victimes étaient accueillies par des crachats. Les victimes !

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Les hommes accusés de viol ou de violences sexuelles n’ont donc pas toujours été frappés de la même infamie.
Non, dans la mesure où l’acte n’avait pas la même gravité, ce n’est pas la même infamie qui frappe un homme accusé aujourd’hui et dans des périodes plus anciennes.
La mise en accusation des puissants, à la fin du XVIIIe siècle, va constituer un changement fondamental. L’affaire Dupressoir est l’une des premières. Ce maître honoraire des eaux et des forets de Bourges, qui vit à Paris, est accusé par un couple de cordonniers d’avoir agressé leur fille de 11 ans. La justice prend l’affaire au sérieux et poursuit Dupressoir. Cela n’aboutira pas, mais la procédure, mettant en cause un puissant, est allée à son terme.
« Une prise de conscience a lieu qui met en cause les puissants. On dénonce des hommes forts et responsables qui tiennent dans leurs mains la vie des autres, on conteste la domination »
D’autres puissants sont mis en cause : le duc de Richelieu, le duc de Fronsac… Puis Sade avec l’affaire d’Arcueil, en 1768. Il est accusé de sévices par une femme de 36 ans, Rose Keller, engagée comme domestique. La belle-famille de Sade parvient à faire en sorte que la justice se désintéresse de l’affaire mais malgré cela, l’affaire se poursuit. Au début du XIXe siècle, ce sont des enseignants et des prêtres qui sont accusés de viol. La sensibilisation concerne d’ailleurs moins les femmes que les enfants.
Une prise de conscience a lieu qui met en cause les puissants. On dénonce des hommes forts et responsables qui tiennent dans leurs mains la vie des autres, on conteste la domination.
Votre « Histoire du viol » croise celle de la représentation du féminin. Or, les femmes sont suspectes.
L’Ancien Régime est inexorablement placé du côté du pouvoir et de l’homme. Avec un soupçon très fort porté sur la femme et sur la parole féminine. Comment faire pour que ce soupçon soit effacé ? Une vision insensiblement nouvelle, dès le XIXe siècle, de la violence le montre. N’oublions pas la tradition. Pour l’homme de loi, au XVIIe siècle par exemple et en cas de viol, il faut des preuves éminemment matérielles : le sang, le bruit, le scandale. Si l’acte se déroule dans un lieu isolé, ou qu’aucune plainte bruyante n’a été entendue, l’homme est immédiatement disculpé.
Or, ce qui s’est produit avec le temps, au XIXe siècle surtout, c’est la prise en compte de violences qui ne sont pas forcément physiques mais morales et qui n’en sont pas moins graves et transgressives. Il y a cette affaire, fameuse, survenue vers la moitié du XIXe siècle : l’affaire Dubas. Un soir, Dubas vide des verres, avec ses camarades, dans un café de Nancy. Vers 23 heures, il quitte les lieux et se rend chez l’un de ses amis, dont la femme est restée à la maison ce soir-là.
« L’homme n’est pas son mari. Elle hurle, elle accuse. Lui se défend en disant qu’elle était consentante »
L’agresseur s’introduit dans la maison, se fait passer pour le mari en travestissant sa voix. Il a une relation sexuelle avec la femme. Mais elle finit par se rendre compte de sa méprise : l’homme n’est pas son mari. Elle hurle, elle accuse. Lui se défend en disant qu’elle était consentante. La jurisprudence change et reconnaît l’existence d’une violence morale : oui, la jeune femme était consentante mais elle a été trompée, elle n’a pas disposé de sa propre volonté. C’est très important parce que l’acte de viol d’une femme adulte ne se définit plus seulement par la violence physique.
Si les viols surviennent dans toutes les couches de la société, la sanction n’est pas la même selon l’appartenance sociale de la victime.
Dans l’Ancien Régime, on considère le viol comme étant plus ou moins grave selon l’appartenance sociale de la victime. C’est plus grave de violer la femme du maître métayer que de violer la fille de ferme. On juge plus grave le viol d’une femme mariée parce que celle-ci est appropriée. De même, quand il s’agit d’une prostituée.
Pour une prostituée qui n’est pas mariée, l’acte de violence n’est quasiment pas pris en compte. Pour une prostituée mariée, l’acte commence à être pris en compte, et s’il se déroule dans le logement du mari, c’est encore plus grave. Cela renvoie bien à une logique qui est celle de l’appropriation du féminin.
Dans « Histoire du viol », vous montrez que la gravité de ce qui deviendra un crime a longtemps été minimisée. Comment explique-t-on cette attitude fataliste face à ce crime ?
Je comprends l’utilisation de ce mot « fatalisme ». On pourrait dire « inexorable » : ça s’explique par une évidence absolue de la domination masculine. La forte montée de l’autonomie féminine nous fait peut-être oublier combien les repères anciens passaient par la logique absolue, indiscutable, évidente de la domination masculine.
Il y a un mot intéressant de ce point de vue, dans le monde de l’Ancien Régime qui n’a pas le même sens que celui que nous lui donnons aujourd’hui : c’est le mot de « séduction ». Dans les périodes anciennes, la séduction est un acte de pouvoir. L’homme séduit, la femme ne peut qu’être dépendante, soumise, acceptante. Jusqu’à la Révolution française, on distingue le « rapt de séduction » du « rapt de violence ». Le « rapt de séduction », c’est lorsqu’un homme parvient à convaincre une jeune fille de le suivre sans même qu’il y ait consommation sexuelle.
Le « rapt de violence », c’est ce qui correspond au viol, c’est enlever une femme pour abuser d’elle. Ce qui est condamné dans le rapt de séduction, c’est que le séducteur ait emporté l’affect de la femme, qu’elle ait été ravie et passionnée parce que le pouvoir de séduction de l’homme s’est exercé. Elle a été « raptée » par le séducteur. Il n’y a pas d’image qui consiste à penser qu’il pourrait y avoir de la symétrie entre l’homme et la femme. Dans ces faits-là, l’émotion de la femme est inexistante. Or, allons plus loin, les juges, mais aussi l’opinion, considèrent le rapt de séduction comme plus grave. Pourquoi ? Parce qu’il a emporté l’âme de la victime autant et plus que son corps. Parce qu’il la soustrait à son tuteur – un mari, un père, dans une certaine mesure, un frère.
C’est après 1789 que les choses bougent.
Oui, quelque chose de décisif se produit. La Révolution ne parle plus de rapt, elle parle de viol. Pourquoi ? Parce que la Révolution invente l’autonomie de la personne. Parler de viol et ne plus parler de rapt, c’est quelque chose de très fort et qui d’ailleurs n’est pas acquis dans le monde anglo-saxon, qui continue à utiliser le mot « rape ».
« Les femmes sont toujours considérées comme la propriété de leurs époux dans la façon dont sont jugés les crimes au XIXe siècle »
Malgré cette décision fondamentale, on voit que les femmes sont toujours considérées comme la propriété de leurs époux dans la façon dont sont jugés les crimes au XIXe siècle.
C’est à la fin du XIXe siècle que les choses changent. Le rôle de George Sand, les figures féminines qui émergent dans la littérature, les débardeuses dans les dessins de Gavarni (ce qui ne l’empêche pas de vilipender les bas-bleus…), les femmes qui s’engagent dans des emplois d’autorité ou aspirent à le faire… Le féminisme conteste la domination.
Et les hommes ? Comment réagissent-ils ? Certains semblent se sentir menacés par ces mouvements de contestation de la domination masculine.
Ces moments s’accompagnent toujours d’un fort sentiment de fragilité masculine et de résistance face à cette transformation radicale du statut de la femme. Je crois tout de même qu’aujourd’hui il y a une prise de conscience des hommes qu’il y a une égalité qui doit être respectée. Mais en même temps, les dominants n’ont pas disparu : il demeure des conservatoires de la tradition et de la virilité. Mais la virilité, ce n’est pas vraiment l’homme, c’est un idéal de l’homme. La virilité est porteuse d’une impuissance, d’une crainte de l’impuissance. Ne l’oublions pas. N’oublions pas aussi qu’elle peut tout simplement être partagée.


Revivez le Monde Festival 2018 sur le thème « Aimer ! »
Aimer ! C’était le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’est déroulée du 5 au 7 octobre à Paris.
Revivez les meilleurs moments en vidéo, mais aussi en photos. 




                                                Propos recueillis par                                                    Zineb Dryef














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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ La journaliste Julia Pascual et le photographe Samuel Gratacap ont passé quinze jours à bord du navire de SOS Méditerranée. Ils ont répondu aux questions d’internautes lors d’un tchat du « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

« En septembre, l’“Aquarius” n’a porté secours qu’à cinquante-huit personnes »

La journaliste Julia Pascual et le photographe Samuel Gratacap ont passé quinze jours à bord du navire de SOS Méditerranée. Ils ont répondu aux questions d’internautes lors d’un tchat du « Monde ».



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 17h26
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 17h48
   





                        


La journaliste du Monde Julia Pascual et le photographe Samuel Gratacap ont passé quinze jours à bord du navire de SOS Méditerranée, l’Aquarius, au large de la Libye. Mercredi 10 octobre, ils ont répondu aux questions d’internautes.

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                A bord de l’« Aquarius » : « Nous vivrons libres ensemble ou nous mourrons ensemble »



Charles : Pourriez-vous nous expliquer le problème avec le pavillon ? Pourquoi le bateau ne pourrait pas, par exemple, battre pavillon français ?
Julia Pascual : Le problème avec le pavillon de l’Aquarius est le suivant : le navire humanitaire l’a perdu deux fois en l’espace d’un mois. Il a d’abord été lâché par Gibraltar, puis par le Panama, alors qu’il réalisait sa mission de recherche et de sauvetage au large de la Libye. Dans un communiqué de presse, l’Etat d’Amérique centrale a justifié sa démarche, expliquant en particulier que l’Italie lui avait signalé que le bateau ne respectait pas le droit international. C’est donc une démarche essentiellement politique. Un pavillon est l’équivalent d’une plaque d’immatriculation pour une voiture. On ne peut pas naviguer sans.

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                Pourquoi le Panama veut retirer son pavillon à l’« Aquarius »



Bertrand : Pourquoi a-t-on le sentiment qu’il n’y a pas de départ des côtes libyennes lorsque l’« Aquarius » n’est pas en mer ?
Julia Pascual : Peut-être ce sentiment est-il dû au fait que ces départs ne sont pas médiatisés, parce que les migrants sont interceptés par les gardes-côtes libyens, ou par des navires commerciaux. Pour rappel, il y a eu environ 22 300 arrivées en Europe, au départ de la Libye, en 2018, et environ 14 000 interceptions par les gardes-côtes libyens.
Edge : Pourquoi l’équipage de l’« Aquarius » n’est-il pas encore aux arrêts pour complicité de traite humaine avec les passeurs ?
Julia Pascual : L’équipage n’est pas arrêté tout simplement parce qu’il ne se rend pas coupable de complicité de traite humaine. Il réalise des sauvetages en mer, de personnes en détresse, sous la coordination des autorités compétentes, à savoir presque exclusivement le centre italien de coordination des sauvetages en mer (MRCC Rome, de février 2016 à l’été 2018), et, depuis juin, le centre libyen de coordination des sauvetages (JRCC Tripoli), dont la compétence a été reconnue par l’Organisation maritime internationale.
Alex : Pourquoi le bateau va-t-il chercher les migrants si près de la côte libyenne — car ce n’est plus de sauvetage en pleine mer que l’on parle mais bien d’aller chercher les migrants à 20 km de la Libye ? Et pourquoi ces migrants sont-ils ramenés en Europe et pas sur les côtes des pays africains proches (qui ne sont pas en guerre).
Julia Pascual : L’Aquarius patrouille au large de la Libye car les départs en mer ont lieu des côtes libyennes. En revanche, l’Aquarius n’entre pas dans les eaux territoriales libyennes (de 0 à 12 milles marins). Il reste même au-delà de 24 milles marins de la Libye, soit l’équivalent d’environ 45 kilomètres.
Bertrand : Si l’« Aquarius » restait vraiment au-delà des limites des eaux territoriales libyennes, comment se fait-il qu’il y ait des accrochages avec les gardes-côtes ?
Julia Pascual : Parce que les gardes-côtes interviennent au-delà de leurs eaux territoriales.
Allie : Y a-t-il une collaboration ou un dialogue quelconques entre l’« Aquarius » et les gardes-côtes libyens ? Ont-ils été amenés à collaborer ?
Julia Pascual : Oui, tout à fait. Depuis que les autorités maritimes libyennes ont été reconnues comme étant compétentes dans les eaux internationales au large du pays — c’est-à-dire dans ce qu’on appelle la « zone de recherche et de sauvetage » — l’Aquarius prend contact avec les Libyens dès qu’il a connaissance de la présence d’une embarcation en détresse. Pour les informer et les laisser coordonner. Cependant, dans le blog A bord de l’Aquarius, nous relatons une altercation assez virulente entre l’Aquarius et les Libyens.
Pascal : Combien de migrants a « déposés » l’« Aquarius » ? Cette question pour voir le ratio entre les arrivées et la participation du bateau ?
Julia Pascual : En septembre, l’Aquarius a porté secours à cinquante-huit personnes. En août, lors de sa précédente mission, il en avait secouru cent quarante et une.
MarieM : Que ressentez-vous après quinze jours passés sur l’« Aquarius » en tant que journaliste, et citoyenne ? Est-il possible de prendre une distance professionnelle, et si oui comment gérez-vous cette prise de distance ?
Samuel Gratacap : Je suis venu avec beaucoup d’interrogations. Ces quinze jours à bord de l’Aquarius m’ont permis d’y répondre en partie, de poser mon regard sur le travail des humanitaires et de comprendre les trajets des personnes secourues.
liolio : Comment était l’ambiance sur le bateau, lors du transbordement aux autorités maltaises ?
Samuel Gratacap : L’ambiance était assez troublante : cinq jours d’attente dans les eaux internationales, puis ce vaisseau des gardes-côtes qui arrive avec des hommes vêtus de combinaisons, de gants en plastique et de masques. Du côté des personnes secourues, l’incertitude aussi.
Elise Bérimont : M. Gratacap, pensez-vous que l’image puisse restituer une part de la complexité de leur parcours, de ce qui se joue là et si oui pourquoi ?
Samuel Gratacap : J’ai tenté de restituer au mieux la mission de l’Aquarius en réalisant des photographies des sauvetages, mais aussi en documentant la vie quotidienne à bord, les portraits des humanitaires, les à-côtés. Les parcours sont complexes et ce sont surtout les moments de tensions et d’attente qui m’ont inspiré.
Trachox : Pensez-vous vraiment que les personnes concernées auraient entrepris ce voyage sur une coque de noix si elles n’avaient pas eu l’espoir de tomber sur l’« Aquarius » ou autre ? Dans ce cas, le navire participe bien à l’appel d’air et aux naufrages constatés lorsqu’il n’est pas là. Enfin, si la Libye est reconnue compétente pour sa ZRS (par qui ?), elle l’est pour la coordination des secours et donc pour la désignation du port de débarquement. Soit on joue la carte juridique, soit éthique, mais on ne mélange pas les deux, pour éviter la confusion.
Julia Pascual : Compte tenu du nombre de morts en Méditerranée centrale, on peut difficilement avancer l’idée que des gens prennent la mer en comptant sur le fait d’être secourus. Près de quinze mille personnes se sont noyées depuis 2014 sur cette route migratoire, qui est la plus meurtrière dans le monde. Le nombre de traversées n’est pas corrélé à la présence de bateaux (humanitaires ou autres) dans la zone. L’opération « Mare Nostrum », menée en 2014 par la marine italienne et qui a secouru cent soixante-dix mille personnes en un an, par exemple, n’a pas eu d’incidence sur les départs.
Pour la deuxième partie de la question, la Libye est compétente pour coordonner les secours (dixit l’OMI) mais elle n’est pas un port sûr (dixeunt le HCR, l’OIM et tout récemment le ministre des affaires étrangères italien). C’est un des paradoxes de la situation actuelle, à mon sens, mais ce n’est pas une opposition entre le droit et l’éthique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Les historiens Georges Vigarello et Arlette Farge ont débattu des origines du mouvement qui, après l’affaire Weinstein, a libéré la parole des femmes. Une conversation qui s’est tenue au Monde Festival, dimanche 7 octobre au Palais Garnier.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Didier Maus, spécialiste en droit constitutionnel, explique les risques en cas de faux témoignage devant la commission d’enquête parlementaire.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤      googletag.cmd.push(function(){googletag.display("cover");});              En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Didier Maus, spécialiste en droit constitutionnel, explique les risques en cas de faux témoignage devant la commission d’enquête parlementaire.       Propos recueillis par  Faustine Vincent  Publié aujourd’hui à 15h48, mis à jour à 17h19   Lecture 4 min.      Partager sur Facebook    Partager sur Twitter    Envoyer par e-mail                          L’ancien chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, lors de son audition au Sénat le 19 septembre. THIBAULT CAMUS / AP              Devant la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Alexandre Benalla, dont la dernière audition s’est tenue mercredi 10 octobre au Sénat, les protagonistes ont témoigné sous serment, en jurant de dire « toute la vérité, rien que la vérité ». Des contradictions sont pourtant apparues au fil des semaines dans le propos de certains d’entre eux, laissant planer le doute sur leur sincérité. Que risquent-ils s’ils ont menti aux députés ?            Lire aussi Affaire Benalla : des non-dits qui en disent long devant les sénateurs              Dans le droit anglo-saxon, le parjure est un délit qui consiste à mentir ou à produire un faux témoignage par écrit, sous serment, notamment devant un tribunal. En France, le délit de parjure n’existe pas. Sa création avait été évoquée en 2013 après l’affaire Cahuzac, et une proposition de loi avait été déposée en ce sens à l’Assemblée nationale. Mais l’idée n’a pas été retenue au motif que la loi sur le faux témoignage « fait sous serment devant toute juridiction ou devant un officier de police judiciaire » existe déjà, et qu’il suffisait donc de l’appliquer aux témoignages prononcés devant l’Assemblée nationale ou le Sénat.           Jusqu’à présent, seule une personne a été condamnée pour faux témoignage devant des parlementaires : le pneumologue Michel Aubier, condamné en première instance en 2017 à six mois de prison avec sursis et 50 000 euros d’amende pour avoir menti sur ses liens avec le groupe Total. Malgré les contradictions chez certains témoins dans l’affaire Benalla, les parlementaires de la commission d’enquête ne devraient pas pointer d’éventuels faux témoignages dans leur rapport, selon les informations du Monde.            Lire aussi Quels pouvoirs pour la commission d’enquête parlementaire ?              Le président émérite de l’Association française de droit constitutionnel, Didier Maus, détaille les raisons pour lesquelles les accusations de faux témoignage devant des parlementaires sont si rares en France.           Que risque-t-on si l’on ment sous serment devant une commission d’enquête parlementaire ?      La suite après cette publicitégoogletag.cmd.push(function(){googletag.display("inread");});       Quand on prête serment, on doit dire la vérité. Le délit de « faux témoignage » est passible de cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende.           Pour qu’une condamnation soit prononcée, le président de la commission d’enquête doit d’abord acquérir la conviction que la personne entendue a menti, soit parce que des éléments de son propos sont en contradiction évidente avec la réalité, soit par omission. Le président du Sénat doit ensuite saisir le procureur de la République, lequel appréciera s’il faut ouvrir une enquête ou non.            Lire aussi Affaire Benalla : le couple molesté le 1er mai livre sa version              Jusqu’ici, seul le pneumologue Michel Aubier a été condamné pour faux témoignage devant des parlementaires. Est-ce le signe d’un dysfonctionnement ?           Il faut être très prudent. Cette première condamnation est très importante sur le plan symbolique. On ne peut pas dire que la procédure ne fonctionne pas, puisqu’elle a déjà fonctionné. Elle peut de nouveau être actionnée, à condition qu’il y ait matière à…           Les accusations d’omission ou de faux témoignage doivent reposer sur des éléments substantiels. Dans l’affaire Benalla, un certain nombre de personnes arriveront à relever des contradictions lors des auditions. Mais une contradiction suffit-elle à dire qu’il s’agit d’un faux témoignage ? Ce n’est pas évident. La mémoire peut être défaillante.           D’autres éléments expliquent-ils le fait qu’il n’y ait pas eu d’autres condamnations ?           Oui. D’abord, parce qu’une commission d’enquête n’est pas une instruction judiciaire. On cherche à comprendre une situation, les procédures liées à des politiques publiques ou à des événements, mais on ne cherche pas à déterminer des responsabilités individuelles pénales. C’est une différence fondamentale.           Contrairement à une instruction judiciaire, il n’y a pas non plus de confrontation, même si rien ne l’interdit. Cela peut parfois donner lieu à des auditions un peu surréalistes, où un propos étonnant ne fera pas l’objet d’une relance pour autant.           Le fait que les auditions soient publiques joue également un rôle. Nous ne sommes pas dans le secret du cabinet d’un juge d’instruction. Les parlementaires réfléchissent donc à deux fois avant de s’exposer en prenant la parole. Enfin, une commission d’enquête agit et fonctionne dans un milieu politique, où l’opposition est présente. Cela conduit certains parlementaires à s’autocensurer ou à ne pas pousser les personnes auditionnées dans leurs retranchements si cela peut nuire à leur intérêt politique.            Lire aussi La justification bancale d’Alexandre Benalla pour défendre son port d’arme              Aux Etats-Unis, les accusations de faux témoignage devant des parlementaires sont plus fréquentes. Comment expliquer cette différence ?           Aux Etats-Unis, le prestige du Congrès est beaucoup plus fort que celui du Parlement français. Il représente l’égalité des Etats et est fondateur du pacte américain : la Constitution des Etats-Unis, adoptée en 1787, a une forte considération pour le système législatif, ciment de l’unité américaine. En France, notre histoire est plus troublée, plus complexe.           La dimension morale et religieuse, beaucoup plus forte aux Etats-Unis qu’en France, entre aussi en compte dans la façon dont le parjure est considéré là-bas. Je rappelle que le président américain prête serment sur deux textes : la Constitution et la Bible.            Lire aussi Affaire Benalla : les six failles des réponses de Gérard Collomb              La façon dont le mensonge est considéré dans la sphère publique a-t-elle évolué en France ?           Oui. Il y a eu, ces dernières années, une prise de conscience très forte de la société. Les débats sur la transparence politique [après l’affaire Cahuzac] ont joué un rôle important. L’arsenal législatif sur le contrôle de la vie publique, comme sur les conflits d’intérêts par exemple, s’est considérablement étoffé. L’exigence d’honnêteté et de respect de la parole publique est plus forte que jamais, et les Français admettent beaucoup moins qu’avant l’existence de zones d’ombre, ou le mensonge par omission. Mais dans le cas de l’affaire Benalla, je ne sais pas ce sur quoi cela peut déboucher concrètement.             Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla          Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er Mai.             Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit de l’ascension mystérieuse de cet homme.Benalla, Mizerski, Crase..., qui sont les personnages-clés de l’affaire ?Que s’est-il passé précisément place de la Contrescarpe ? Retour sur le déroulement des événements.A l’Assemblée, une commission d’enquête présidée par la députée LRM Yaël Braun-Pivet a mené des auditions. Une semaine plus tard, l’opposition claque la porte accusant l’Elysée de vouloir « torpiller » les travaux.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée et le gouvernement a dû faire face à deux motions de censure de l’opposition, toutes deux rejetées.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés, dans un discours que nous avons décrypté point par point.Affaire d’Etat ou non ? Oui, car il y a eu dissimulation estiment certains ; non, car l’Etat n’as pas commis d’acte délictueux, avancent d’autres.Les auditions des gardes à vue de M. Benalla et des quatre autres personnes mises en examen ont permis d’éclairer les faits qui leur sont reprochés.Plus d’une semaine après les révélations du Monde, l’ex-chargé de mission de l’Elysée Alexandre Benalla a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.                     googletag.cmd.push(function(){googletag.display("pave_haut");});                 Annonces immobilières avec Logic-Immo           PARIS 15 (75015) 899000 € 105 m2           PARIS 01 (75001) 697000 € 51 m2           PARIS 06 (75006) 684000 € 52 m2      Recherche                    Faustine Vincent       Voir les réactions     Dans la même rubrique                 Article réservé à nos abonnésDépenses publiques  : le gouvernement au pied du mur  La croissance de 2017 avait permis de réduire le déficit à 2,6  %, mais le faible dynamisme de l’économie cette année oblige l’exécutif à accélérer la réduction des dépenses.                          Emmanuel Grégoire devient le premier adjoint de la maire de Paris, Anne Hidalgo  Il a été élu par 79 voix sur 83, après la démission la semaine dernière de Bruno Julliard.                      Article réservé à nos abonnésEdouard Philippe, le pompier permanent de Matignon  Assurant l’intérim au ministère de l’intérieur après le départ de Gérard Collomb, le premier ministre tente de tenir la barre, alors que la Macronie vacille.                      L’exécutif renonce à son objectif d’excédent budgétaire en fin de quinquennat  Les députés de la commission des finances de l’Assemblée nationale regrettent le peu d’explications du gouvernement sur les objectifs de baisse des dépenses publiques.                          Edouard Philippe : 300 000 retraités vont bénéficier d’un geste fiscal pour compenser la hausse de la CSG  Selon le premier ministre, interrogé jeudi sur France Inter, ce geste représente « un effort de 350 millions d’euros » pour les finances publiques.                      Rivalités à LRM pour la présidence de l’Assemblée nationale  Le patron des députés de la majorité, Richard Ferrand, fait figure de favori alors que les députées Yaël Braun-Pivet et Cendra Motin sont candidates.               
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Dans une décision inédite, le tribunal des affaires sociales des Yvelines a reconnu qu’un homme avait été victime d’un accident du travail dans une entreprise de télécommunications en raison de son électrosensibilité.
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Electrosensibilité : un homme reconnu victime d’accident du travail pour la première fois

Dans une décision inédite, le tribunal des affaires sociales des Yvelines a reconnu qu’un homme avait été victime d’un accident du travail dans une entreprise de télécommunications en raison de son électrosensibilité.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 15h06
   





                        


D’après son avocat, c’est une première en France. Un homme a été reconnu victime d’un accident du travail par le tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) des Yvelines en raison d’un malaise survenu le 6 novembre 2013 du fait de son intolérance aux ondes électromagnétiques. Employé dans une entreprise de télécommunications, il avait été diagnostiqué électrosensible en 2011. Il avait cependant été maintenu au même poste en dépit des préconisations de la médecine du travail, qui avait demandé sa mutation à deux reprises à « un poste peu exposé aux ondes électromagnétiques ».

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                Ces malades des ondes électromagnétiques, qui "survivent"



Dans sa décision, rendue le 27 septembre, le TASS estime que « l’existence d’une cause étrangère exclusive de cet accident n’est pas rapportée » et qu’il pouvait être imputé au travail. Il a donc condamné la Caisse primaire d’assurance-maladie à verser 1 600 euros au demandeur, ainsi que 2 000 euros au titre des frais de justice.
Une première expertise médicale avait conclu à un malaise d’origine « psychiatrique » provoqué par des « troubles anxieux » sans rapport avec l’environnement au travail. Un second rapport, rédigé par un autre médecin, a en revanche avancé que « les signes présentés lors de ce malaise pourraient être compatibles avec un malaise par hypersensibilité aux ondes électromagnétiques », assurant qu’on ne pouvait exclure « tout lien de causalité entre le malaise et le travail ».
« Une première judiciaire »
C’est « une première judiciaire française qui ouvre une brèche pour d’autres victimes électrosensibles », a salué son avocat, Me François Lafforgue, qui est également l’avocat de l’association Priartem (Pour une réglementation des antennes-relais de téléphonie mobile). L’avocat a assuré suivre une quinzaine de dossiers concernant des personnes électrosensibles pour « des procédures de demande de pension d’invalidité, d’allocation adulte handicapé ou des demandes d’aménagement de poste ».
« Une fois de plus, la justice est en avance sur le politique et le législatif », a de son côté réagi Sophie Pelletier, présidente de Priartem, dans un communiqué. En effet, l’électrosensibilité n’est pas officiellement reconnue comme maladie en France. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a cependant reconnu en 2005 qu’elle était « caractérisée par divers symptômes non spécifiques qui diffèrent d’un individu à l’autre ». Il n’existe ni critères diagnostiques clairs, ni base scientifique permettant de relier les symptômes à une exposition aux champs électromagnétiques.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Un an après la libération de la parole produite par les révélations de l’affaire Harvey Weinstein, Arlette Farge et George Vigarello ont mis cette déflagration en perspective, lors d’un débat du Monde Festival, dimanche 7 octobre.
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                Le mouvement #MeToo, « positif, prometteur, mais insuffisant »


Un an après la libération de la parole produite par les révélations de l’affaire Harvey Weinstein, Arlette Farge et George Vigarello ont mis cette déflagration en perspective, lors d’un débat du Monde Festival, dimanche 7 octobre.

LE MONDE
                 |                 10.10.2018 à 15h05
                 |

            Jessica Gourdon

















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Il y a tout juste un an, dans la foulée des premières accusations portées contre le producteur américain Harvey Weinstein, des milliers de femmes racontaient les remarques sexistes, les insultes et les agressions dont elles ont été victimes. Une déferlante qui a transcendé les différences géographiques, sociales et religieuses.
Le mouvement #MeToo est-il une révolution ou la continuité d’une trajectoire d’émancipation amorcée depuis deux siècles ? Poser la question, c’est y répondre. Et c’est ce à quoi se sont attelés Arlette Farge et Georges Vigarello, deux figures de proue de l’histoire française. Ils étaient réunis dimanche 7 octobre au Palais Garnier, dans le cadre d’une conférence du Monde Festival animée par la journaliste Zineb Dryef.

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                Aux origines de #metoo



Changement radical
« La première grande bascule, c’est 1791, quand le mot “viol” est inscrit dans le code pénal », rappelle Georges Vigarello, spécialiste de l’histoire des corps et des violences. Un changement radical de perspective, qui permet à la victime d’un viol d’être reconnue, et de punir l’agresseur. « Avant, on utilisait le terme de “rapt” : la victime, ce n’était pas la femme violée, mais l’homme dont on avait rapté la femme ou la fille, et dont l’honneur était bafoué », explique Georges Vigarello.
« Un grand mouvement d’autonomisation individuelle, où la domination de l’autre est de moins en moins supportée »
Si la loi a évolué, les mentalités, au cours du XIXe siècle, ont changé lentement. La remise en cause de ces violences sexuelles est d’abord venue au travers d’« un accroissement de la sensibilité à l’égard de celles commises sur les enfants », poursuit George Vigarello. Avant de s’étendre aux adultes, suivant « un grand mouvement d’autonomisation individuelle, où la domination de l’autre est de moins en moins supportée », estime Georges Vigarello.

   


Parmi les grands moments de prise de conscience collective, Arlette Farge choisit d’évoquer le fameux procès d’Aix de 1978, qui faisait suite au viol, par trois hommes, de deux jeunes campeuses dans les calanques de Marseille. Un procès devenu une tribune politique contre le viol, et qui a permis de sensibiliser l’opinion à la gravité de cet acte. « C’était le procès d’une société », se souvient l’historienne.

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Domination masculine
Dans la salle, les questions se succèdent. Que penser de celles qui revendiquent leur « droit d’être importunée », au nom de l’héritage d’un certain esprit séducteur et libertin à la française ? Arlette Farge, historienne spécialiste du siècle des Liaisons dangereuses, dégomme les idées reçues. « Dans le libertinage, et en particulier dans le libertinage érudit, ce qui est terrible, c’est qu’il se fait dans le cadre d’une domination masculine, avec une volonté de soumission de l’autre. Les reparties, le jeu de questions-réponses… Dans ces situations, la femme est dominée, parfois humiliée. Et in fine, son corps cède. » 
« J’ai une question à poser aux femmes ici. Combien de fois vous a-t-on dit que vous étiez bêtes ? Parce qu’à moi, on me l’a dit très souvent »
Les règles du jeu ont-elles vraiment changé ? Même aujourd’hui, les rapports de séduction sont loin de s’affranchir des codes de la domination masculine. Et cela va plus loin. « J’ai une question à poser aux femmes ici. Combien de fois vous a-t-on dit que vous étiez bêtes ? Parce qu’à moi, on me l’a dit très souvent, a avoué cette directrice de recherches au CNRS, face à une salle silencieuse et médusée. Quand on pense à la violence, on ne pense jamais à la violence contre notre esprit de femme, contre nos formes d’intelligence et de sensibilité. »

La conférence est déjà bien avancée quand Georges Vigarello se redresse dans son siège et s’adresse à la salle sur le ton de la confidence, « puisqu’on est entre-nous ». Pour l’historien, le manque de recul critique des hommes sur leur position de domination dans la société est flagrant. « Après #MeToo, je suis gêné par le fait que certains hommes ont pris l’initiative de dire : nous sommes en empathie avec vous, nous sommes de votre côté. C’est terrible ! Il faut s’interroger sur soi ! Car tous les hommes sont porteurs de cette tradition de domination, quels qu’ils soient. » Laissons alors à l’historien le mot de la fin : « La crise MeToo, c’est positif, prometteur, mais insuffisant. »


Revivez le Monde Festival 2018 sur le thème « Aimer ! »
Aimer ! C’était le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’est déroulée du 5 au 7 octobre à Paris.
Revivez les meilleurs moments en vidéo, mais aussi en photos. 




Jessica Gourdon
    













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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ « On m’a dit très souvent que j’étais bête », confie l’historienne Arlette Farge, spécialiste du XVIIIe siècle et des relations hommes-femmes, qui explique comment la domination masculine a conduit à l’humiliation intellectuelle et physique de la femme. Elle participait au Monde Festival dimanche 7 octobre.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Dix-sept des 58 réfugiés secourus en Méditerranée en septembre par le navire humanitaire de MSF et SOS Méditerranée sont arrivés mardi en France.
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A bord de l’« Aquarius » : « Nous vivrons libres ensemble ou nous mourrons ensemble »

Dix-sept des 58 réfugiés secourus en Méditerranée en septembre par le navire humanitaire de MSF et SOS Méditerranée sont arrivés mardi en France.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 14h20
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 18h02
    |

            Julia Pascual








                        



                                


                            

Ibtissem a le regard dur et, en même temps, elle sourit du bout des lèvres. Elle prend son mal en patience. A mesure que les informations lui parviennent, cette mère de famille libyenne commence à se figurer le quotidien qui lui fera désormais office de nouvelle vie, aux côtés de son mari et de ses deux fils de 18 et 20 ans.
Arrivés en France mardi 9 octobre avec deux autres familles libyennes, quatre Pakistanais, un Soudanais et un Ivoirien – ils sont 17 en tout –, ils font partie des migrants secourus par l’Aquarius au large de la Libye et auxquels la France a décidé d’octroyer l’asile.
Modéliste pour une société italienne, Ibtissem avait déjà voyagé en Europe. Mardi, elle a découvert le continent comme réfugiée. Les 7 euros d’allocation pour demandeur d’asile qu’elle percevra tous les jours et l’appartement d’une petite cité de Langres (Haute-Marne) dans lequel elle va vivre ces prochains mois. La tapisserie tachée, la gazinière graisseuse, le lino sale. « Il y avait des gens il y a encore deux jours », justifie, un brin gênée, la femme qui l’accueille. Ibtissem ne pense qu’à une chose, acheter de l’eau de Javel et une carte SIM pour pouvoir appeler sa famille.
« C’est la France qui nous a choisis »
Cette femme de 46 ans était sur le navire humanitaire de Médecins sans frontières (MSF) et de SOS Méditerranée il y a encore dix jours. Puis elle a été transférée dans un centre fermé à Malte jusqu’à ce qu’elle prenne l’avion pour Paris, mardi, peu avant l’aube. Après leur arrivée à Roissy, un minibus a déposé les trois familles libyennes l’une après l’autre dans des centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA), dans l’Aube, la Haute-Marne et les Vosges, accompagnées de fonctionnaires de l’Office français de l’immigration et de l’intégration. « On fera des courses demain et on s’occupera de vos papiers », explique l’assistante sociale du CADA à Ibtissem, qui parle un français presque courant. Dans sa Kangoo,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Ce nouvel outil diagnostic permet une caractérisation plus fine des troubles de l’écriture qui touchent près de 10 % des écoliers.
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Tegami, une tablette contre les dysgraphies

Ce nouvel outil diagnostic permet une caractérisation plus fine des troubles de l’écriture qui touchent près de 10 % des écoliers.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 14h00
    |

                            Benoît Crépin








                        



                                


                            
Lettres mal formées, tracé irrégulier, alignement incertain… Autant d’imperfections révélatrices d’un trouble ­appelé dysgraphie, ensemble protéiforme de difficultés d’apprentissage et de maîtrise de l’écriture manuscrite qui handicape environ 10 % des élèves à travers le monde. Pour poser leur diagnostic, ergothérapeutes et psychomotriciens ne disposent pour l’heure que d’un outil plutôt rudimentaire : le test BHK.
« Cette méthode de diagnostic consiste à analyser un texte seulement après qu’il a été écrit, ce qui ne permet pas d’évaluer la qualité du tracé au fil de sa réalisation. La dimension dynamique est donc complètement absente. Il existe aussi une certaine variabilité ­entre cotateurs, qui rend le test assez subjectif », déplore Thomas Gargot, pédopsychiatre à la Pitié-Salpêtrière de Paris.
Un constat qui a poussé ce médecin de formation, également doctorant en informatique – affilié au laboratoire de Cognitions humaine et artificielle (CHArt) de l’université Paris-VIII ainsi qu’à l’Institut des systèmes intelligents et de robotique (ISIR), laboratoire commun à l’université Pierre-et-Marie-Curie et au CNRS –, à prendre part à la conception d’un nouvel outil d’analyse de la dysgraphie, baptisé Tegami. Née dans le laboratoire d’ergonomie éducative (Chili Lab) de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), en Suisse, cette méthode de diagnostic novatrice vient d’être décrite dans la revue Nature Digital Medicine.
Inclinaison du stylo, pression de sa pointe, fréquence des tremblements… « Notre système permet de distinguer 53 critères de tracé, contre 13 pour le test BHK », révèle Thibault Asselborn, premier auteur des travaux et doctorant au Chili Lab. Des paramètres analysés en continu, jusqu’à 200 fois par seconde, grâce à une simple tablette graphique cachée sous la feuille de papier sur ­laquelle l’enfant est invité à écrire. « Ce dispositif va permettre d’affiner le diagnostic et de proposer à l’élève...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Julien Denormandie, secrétaire d’Etat à la cohésion des territoires, observe, dans un entretien accordé au « Monde » que 56 000 familles vivent dans des logements indignes.
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Sur les copropriétés en difficulté, « il faut aller plus vite et agir plus fort »

Julien Denormandie, secrétaire d’Etat à la cohésion des territoires, observe, dans un entretien accordé au « Monde » que 56 000 familles vivent dans des logements indignes.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 13h00
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            

Le gouvernement lance, mercredi 10 octobre, un plan de trois milliards d’euros pour aider les copropriétés à la dérive. Le secrétaire d’Etat à la cohésion des territoires, Julien Denormandie, en explique les modalités dans un entretien accordé au Monde.
L’action publique pour redresser les copropriétés en difficulté, menée depuis plus de vingt ans, est-elle en échec ?
La situation est inacceptable. Nous avons procédé à un recensement en profondeur et découvert que 684 immeubles, soit 56 000 logements, sont dans des copropriétés en difficulté. Ce sont autant de familles qui y vivent parfois dans des logements indignes, souvent dans un immeuble quasi à l’abandon… On a donc décidé d’agir avec force et détermination. Mettre en place des outils – et nous en proposons de nouveaux – n’est pas suffisant : il s’agit d’impulser une dynamique pour aller plus vite et agir plus fort.
Nous mettons en place, pour la première fois, une politique publique adaptée à chaque territoire, partenariale, associant, localement, tous les acteurs, ceux de l’Etat bien sûr, comme l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) et l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), et les collectivités locales, en première ligne. Nous donnons la priorité à 128 immeubles où nous allons concentrer nos efforts avec un comité de pilotage national que je réunis, aujourd’hui, à Marseille.
Quelles mesures nouvelles proposez-vous ?
Ce sont plus de trois milliards d’euros, sur dix ans, que nous déployons. D’abord, des crédits nouveaux avec, en tête, l’ANAH, qui va y consacrer deux milliards d’euros, et l’ANRU, 500 millions d’euros. Le réseau HLM Procivis, très engagé dans la gestion des copropriétés en difficulté, apporte, lui, 240 millions d’euros auxquels s’ajoutent les efforts de la Caisse des dépôts et d’Action logement. Nous souhaitons aider les copropriétés en direct, qu’elles appartiennent à des propriétaires occupants...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ L’objectif du programme baptisé « Initiatives copropriétés », redresser 986 immeubles gangrenés d’impayés et incapables d’assurer leur entretien.
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Un plan de 3 milliards d’euros pour aider les copropriétés à la dérive

L’objectif du programme baptisé « Initiatives copropriétés », redresser 986 immeubles gangrenés d’impayés et incapables d’assurer leur entretien.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 13h02
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        


Le gouvernement se préoccupe des copropriétés en grande difficulté. Il lance, mercredi 10 octobre, un plan baptisé « Initiatives copropriétés » dont l’objectif est de redresser 986 immeubles jugés à la dérive, gangrenés d’impayés et incapables d’assurer leur entretien. « Cela concerne 56 000 logements [dans toute la France] et autant de familles dans une situation inacceptable, des immeubles à l’abandon et un environnement dégradé », juge Julien Denormandie, secrétaire d’Etat à la cohésion des territoires, en visite à Marseille pour lancer le premier comité de pilotage de son programme. « Nous aiderons et soutiendrons les copropriétés elles-mêmes, sans distinguer si elles sont détenues par leurs occupants ou des bailleurs », précise-t-il.
Initiative copropriétés coûtera 3 milliards d’euros sur dix ans, de 2019 à 2029. Le plan sera pour l’essentiel financé par l’Agence nationale de l’habitat (ANAH, 2 milliards d’euros), qui pilotera les projets, l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (500 millions d’euros), le réseau issu du mouvement HLM Procivis, très engagé dans l’accompagnement des copropriétés en difficultés (240 millions d’euros), le solde étant pourvu par Action Logement et la Caisse des dépôts.

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« Impulser une dynamique »
L’intervention des pouvoirs publics pour redresser les syndicats de copropriété défaillants remonte à 1996 et au premier pacte de relance pour la ville d’Alain Juppé, qui créa des plans de sauvegarde. « Mais nous ne sommes pas allés assez loin et assez vite, réagit Julien Denormandie. Il ne suffit pas de mettre des outils en place, il faut impulser une dynamique. Initiative copropriétés est une politique publique adaptée à chaque territoire, partenariale, associant les élus qui sont, eux, en première ligne. »
La priorité est centrée sur quatorze sites avec chacun son comité de pilotage, pour traiter 128 immeubles en grande détresse. L’ANAH dispose d’une enveloppe de 25 millions d’euros (doublée par rapport aux années précédentes) pour financer, si besoin préfinancer, des travaux d’urgence et de sécurité. « C’est une excellente nouvelle, car les copropriétaires sont souvent dans l’incapacité financière de payer à la fois le fonctionnement courant, les travaux d’entretien et, bien sûr, les gros travaux », applaudit Philippe Rio, maire (PCF) de Grigny (Essonne), qui accueille sur sa commune la plus vaste copropriété de France, Grigny 2, et ses 5 000 logements. Ici, les balcons s’effritent, les garde-corps tombent, les ascenseurs ne fonctionnent plus dans des cages d’escaliers montant jusqu’à dix étages…
L’ANAH pourra aussi, dans ce nouveau cadre, apporter une aide financière à la gestion urbaine de proximité, c’est-à-dire la remise en état de l’environnement de ces immeubles, parkings, espaces verts à l’abandon, où déchets et encombrants ne sont jamais ramassés… « C’est très important, car ce progrès visible atténue la dévalorisation des lieux et contribue au meilleur moral des habitants que nous pourrons alors remobiliser », se félicite M. Rio, qui, au nom des maires de banlieue, estime avoir été entendu à l’occasion de l’élaboration de ce plan.

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Une dette qui augmente
Les syndics professionnels ne sont pas oubliés : ils recevront un soutien administratif de la Caisse des dépôts pour monter les dossiers de prêts et de financement. Dans la perspective, notamment, des nécessaires démolitions qu’il faudra envisager dans les immeubles les plus mal en point, une société de portage est également créée par la Banque publique pour acheter les logements au fil des départs de leurs propriétaires.
« C’est un traitement pour les “grands brûlés”, mais il y manque des solutions préventives pour les 100 000 copropriétés fragiles, c’est-à-dire sujettes aux impayés, détectées par l’ANAH, soit 19 % des immeubles et un million de logements », selon Emile Hagège, directeur général de l’Association des responsables de copropriété (ARC). L’ARC a examiné les documents financiers de 2 000 immeubles, sur quatre exercices, entre 2014 et 2017, et fait un constat inquiétant : dans cette période, la dette moyenne des copropriétaires a augmenté de 26 %, passant de 29 876 à 37 611 euros. « Nous sentons un glissement lent mais sûr vers la faillite des copropriétés, relève M. Hagège. Le fonds travaux, qui devait constituer une épargne, est détourné de son objet et paie les dépenses courantes », alerte-t-il.
Dans une étude de 2011, l’ANAH estimait à 100 000 sur 691 000, soit un million de logements, le nombre de copropriétés en état de fragilité financière.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Les sénateurs vont, désormais, poursuivre leurs investigations en vue de la présentation de leur rapport, au plus tard en février.
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Affaire Benalla : la commission d’enquête sénatoriale clôt ses travaux

Les sénateurs vont, désormais, poursuivre leurs investigations en vue de la présentation de leur rapport, au plus tard en février.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 12h42
   





                        


Les sénateurs de la commission d’enquête sur l’affaire Benalla ont procédé mercredi 10 octobre à une ultime audition, celle d’une ancienne responsable de la sécurité à l’Elysée, près d’un mois après celle d’Alexandre Benalla lui-même, le 19 septembre.

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Pour sa 28e audition depuis juillet, la commission d’enquête sénatoriale a entendu Sophie Hatt, ancienne chef du groupe de sécurité de la présidence de la République sous François Hollande, creusant une nouvelle fois la question-clé de la sécurité du chef de l’Etat.
« Si le programme de nos auditions s’achève avec cette audition, nous avons entamé (…) un travail d’analyse approfondie » pour « mettre en évidence les points qui ont pu d’ores et déjà être éclaircis », mais aussi « les contradictions qui ont émergé de nos auditions », avait, en préambule, déclaré le président LR de la commission, Philippe Bas. Cette analyse « va encore se poursuivre quelques semaines », a-t-il précisé, à l’abri de l’extrême médiatisation en septembre des travaux de la commission.

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Le rapport présenté au plus tard en février
Quel était le rôle d’Alexandre Benalla, souvent vu très proche d’Emmanuel Macron lors de ses déplacements ? Avait-il – ce qu’il nie – une fonction de protection personnelle du président ? Pourquoi avait-il un permis de port d’arme ? Etait-il « un organisateur de voyages » ? Un « garde du corps » ? Un « coordinateur » ?
Autant d’hypothèses qui sont apparues au fil des auditions commencées le 24 juillet après les révélations du Monde sur les agissements de l’ex-chargé de mission de l’Elysée, accusé d’avoir rudoyé un couple place de la Contrescarpe à Paris en marge de la manifestation du 1er-Mai. La commission d’enquête a jusqu’à février pour continuer ses investigations, mais peut tout à fait rendre son rapport avant. « Avant la fin de l’année » était l’objectif visé par le corapporteur socialiste de la commission, Jean-Pierre Sueur.
Poursuite du volet judiciaire
Hasard du calendrier, cette dernière audition intervient en plein doute sur la composition du gouvernement, alors que l’affaire Benalla a été le premier caillou dans la chaussure de l’exécutif, avant les démissions de Nicolas Hulot et Gérard Collomb.
Le volet judiciaire de l’affaire, dans lequel la commission a bien pris garde de ne pas interférer, poursuit son cours. Alexandre Benalla a été interrogé pour la première fois, vendredi dernier, par les juges d’instruction.
Le jeune homme, aujourd’hui à Pôle emploi, selon ses dires, est mis en examen pour « violences en réunion », « immixtion dans l’exercice d’une fonction publique », « port public et sans droit d’insignes réglementés », « recel de détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection » et « recel de violation du secret professionnel ».

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit de l’ascension mystérieuse de cet homme.Benalla, Mizerski, Crase..., qui sont les personnages-clés de l’affaire ?Que s’est-il passé précisément place de la Contrescarpe ? Retour sur le déroulement des événements.A l’Assemblée, une commission d’enquête présidée par la députée LRM Yaël Braun-Pivet a mené des auditions. Une semaine plus tard, l’opposition claque la porte accusant l’Elysée de vouloir « torpiller » les travaux.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée et le gouvernement a dû faire face à deux motions de censure de l’opposition, toutes deux rejetées.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés, dans un discours que nous avons décrypté point par point.Affaire d’Etat ou non ? Oui, car il y a eu dissimulation estiment certains ; non, car l’Etat n’as pas commis d’acte délictueux, avancent d’autres.Les auditions des gardes à vue de M. Benalla et des quatre autres personnes mises en examen ont permis d’éclairer les faits qui leur sont reprochés.Plus d’une semaine après les révélations du Monde, l’ex-chargé de mission de l’Elysée Alexandre Benalla a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Pour Blanche Lochmann, présidente de la Société des agrégés, les enseignants ont besoin du soutien de la société pour remplir leur mission. Elle participait à la conférence intitulée « Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ? » samedi 6 octobre au Monde Festival, à l’Opéra Bastille.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ L’examen du projet de réforme de la justice a été l’occasion d’une passe d’armes entre le gouvernement et les sénateurs.
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Justice : le renforcement du pouvoir du parquet inquiète les juges

L’examen du projet de réforme de la justice a été l’occasion d’une passe d’armes entre le gouvernement et les sénateurs.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 12h06
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 12h22
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            

Le Sénat a débuté mardi 9 octobre l’examen de la vaste réforme de la justice défendue par Nicole Belloubet en se montrant d’emblée meilleur défenseur de l’institution judiciaire que la garde des sceaux. Elle n’est pourtant pas venue les mains vides avec ce projet de loi « de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice » qui prévoit une hausse de 24 % du budget (hors pensions) sur le quinquennat.
La deuxième Chambre, où l’opposition de droite détient la majorité, a voté dès les premières heures de débat et contre l’avis du gouvernement l’article 1er de ce texte amendé par sa commission des lois avec une hausse du budget de 33 % sur la même période. Là ou le gouvernement promet 6 500 créations de poste dans la justice, le Sénat en a voté 13 700 ! Peu importe si le sénateur Les Républicains Antoine Lefèvre, par ailleurs rapporteur du budget de la justice pour la commission des finances, a appelé ses collègues à être « prudents », alors que « nos marges de manœuvres budgétaires ne sont pas illimitées ».
Philippe Bas, le président LR de la commission des lois du Sénat, et les deux corapporteurs, François-Noël Buffet (LR) et Yves Détraigne (Union centriste), savent bien que, lors de l’examen du projet de réforme à l’Assemblée nationale en décembre dans le cadre de la procédure d’urgence, les députés de la majorité devraient le remettre dans les rails tracés par le gouvernement.

Des solutions qui diffèrent
Le débat au Sénat permet néanmoins de mettre en lumière les sujets qui seront les principaux points de friction sur ce projet composé de deux textes : une loi de programmation et de réforme, une loi organique relative « au renforcement de l’organisation des juridictions ».
Là ou le gouvernement promet 6 500 créations de postes dans la justice, le Sénat en a voté 13 700
Sur la construction de nouvelles places de prison, Mme Belloubet prévoit d’en livrer 7 000 d’ici à 2022 et d’initier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ L’Elysée et Matignon peinent à s’accorder sur le nouveau gouvernement qui ne sera pas connu avant le retour du président d’Arménie vendredi.
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Pourquoi le remaniement s’avère aussi difficile

L’Elysée et Matignon peinent à s’accorder sur le nouveau gouvernement qui ne sera pas connu avant le retour du président d’Arménie vendredi.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 11h59
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 14h38
    |

            Virginie Malingre et 
Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

Quand une jeune femme lui présente sa start-up consacrée à la « colocation idéale » et lui dit ses difficultés à recruter à l’étranger, il ne peut réprimer un sourire. Emmanuel Macron, qui se livrait à une séance de questions-réponses avec près de 2 000 entrepreneurs de la French Tech réunis à la Station F, à Paris, mardi 9 octobre, en fin de journée, sait à quel point le sujet est complexe.
Voilà une semaine que l’exécutif tente de remanier le gouvernement, dans la foulée de la démission de Gérard Collomb, le 3 octobre. Une semaine pour marier les sensibilités, de droite et de gauche, qui caractérisent sa majorité. Pour trouver un équilibre entre personnalités issus de la société civile et ministres plus politiques. « C’est beaucoup plus difficile de constituer un gouvernement de coalition qu’un gouvernement homogène », commente un proche du président de la République.

« Tragi-comédie »
Le chef de l’Etat a l’habitude de dire qu’il est le « maître de ses horloges ». Mais celles-ci n’en finissent plus de tourner. Une chose est désormais certaine, il n’y aura pas de nouveau gouvernement avant vendredi, quand Emmanuel Macron rentrera de son voyage en Arménie, où il doit assister au 17e Sommet de la francophonie. « Le gouvernement dans son ensemble est au travail. Le premier ministre assure l’intérim du ministère de l’intérieur », indique l’Elysée. « Le président de la République entend mener ce remaniement avec calme et sans précipitation. Il souhaite être présent sur le sol national au moment de l’annonce du remaniement. Il consulte, les vérifications habituelles auprès de la HATVP [Haute Autorité pour la transparence de la vie publique] se déroulent avec professionnalisme », ajoute ce conseiller.
Aucune raison, donc, à en croire le sommet de l’Etat, de modifier le calendrier ou de se précipiter. Le conseil des ministres, mercredi matin, a été maintenu. Dans la foulée,...




                        

                        

