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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ La journaliste Julia Pascual et le photographe Samuel Gratacap ont passé quinze jours à bord du navire de SOS Méditerranée. Ils ont répondu aux questions d’internautes lors d’un tchat du « Monde ».
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« En septembre, l’“Aquarius” n’a porté secours qu’à cinquante-huit personnes »

La journaliste Julia Pascual et le photographe Samuel Gratacap ont passé quinze jours à bord du navire de SOS Méditerranée. Ils ont répondu aux questions d’internautes lors d’un tchat du « Monde ».



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 17h26
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 17h48
   





                        


La journaliste du Monde Julia Pascual et le photographe Samuel Gratacap ont passé quinze jours à bord du navire de SOS Méditerranée, l’Aquarius, au large de la Libye. Mercredi 10 octobre, ils ont répondu aux questions d’internautes.

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                A bord de l’« Aquarius » : « Nous vivrons libres ensemble ou nous mourrons ensemble »



Charles : Pourriez-vous nous expliquer le problème avec le pavillon ? Pourquoi le bateau ne pourrait pas, par exemple, battre pavillon français ?
Julia Pascual : Le problème avec le pavillon de l’Aquarius est le suivant : le navire humanitaire l’a perdu deux fois en l’espace d’un mois. Il a d’abord été lâché par Gibraltar, puis par le Panama, alors qu’il réalisait sa mission de recherche et de sauvetage au large de la Libye. Dans un communiqué de presse, l’Etat d’Amérique centrale a justifié sa démarche, expliquant en particulier que l’Italie lui avait signalé que le bateau ne respectait pas le droit international. C’est donc une démarche essentiellement politique. Un pavillon est l’équivalent d’une plaque d’immatriculation pour une voiture. On ne peut pas naviguer sans.

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Bertrand : Pourquoi a-t-on le sentiment qu’il n’y a pas de départ des côtes libyennes lorsque l’« Aquarius » n’est pas en mer ?
Julia Pascual : Peut-être ce sentiment est-il dû au fait que ces départs ne sont pas médiatisés, parce que les migrants sont interceptés par les gardes-côtes libyens, ou par des navires commerciaux. Pour rappel, il y a eu environ 22 300 arrivées en Europe, au départ de la Libye, en 2018, et environ 14 000 interceptions par les gardes-côtes libyens.
Edge : Pourquoi l’équipage de l’« Aquarius » n’est-il pas encore aux arrêts pour complicité de traite humaine avec les passeurs ?
Julia Pascual : L’équipage n’est pas arrêté tout simplement parce qu’il ne se rend pas coupable de complicité de traite humaine. Il réalise des sauvetages en mer, de personnes en détresse, sous la coordination des autorités compétentes, à savoir presque exclusivement le centre italien de coordination des sauvetages en mer (MRCC Rome, de février 2016 à l’été 2018), et, depuis juin, le centre libyen de coordination des sauvetages (JRCC Tripoli), dont la compétence a été reconnue par l’Organisation maritime internationale.
Alex : Pourquoi le bateau va-t-il chercher les migrants si près de la côte libyenne — car ce n’est plus de sauvetage en pleine mer que l’on parle mais bien d’aller chercher les migrants à 20 km de la Libye ? Et pourquoi ces migrants sont-ils ramenés en Europe et pas sur les côtes des pays africains proches (qui ne sont pas en guerre).
Julia Pascual : L’Aquarius patrouille au large de la Libye car les départs en mer ont lieu des côtes libyennes. En revanche, l’Aquarius n’entre pas dans les eaux territoriales libyennes (de 0 à 12 milles marins). Il reste même au-delà de 24 milles marins de la Libye, soit l’équivalent d’environ 45 kilomètres.
Bertrand : Si l’« Aquarius » restait vraiment au-delà des limites des eaux territoriales libyennes, comment se fait-il qu’il y ait des accrochages avec les gardes-côtes ?
Julia Pascual : Parce que les gardes-côtes interviennent au-delà de leurs eaux territoriales.
Allie : Y a-t-il une collaboration ou un dialogue quelconques entre l’« Aquarius » et les gardes-côtes libyens ? Ont-ils été amenés à collaborer ?
Julia Pascual : Oui, tout à fait. Depuis que les autorités maritimes libyennes ont été reconnues comme étant compétentes dans les eaux internationales au large du pays — c’est-à-dire dans ce qu’on appelle la « zone de recherche et de sauvetage » — l’Aquarius prend contact avec les Libyens dès qu’il a connaissance de la présence d’une embarcation en détresse. Pour les informer et les laisser coordonner. Cependant, dans le blog A bord de l’Aquarius, nous relatons une altercation assez virulente entre l’Aquarius et les Libyens.
Pascal : Combien de migrants a « déposés » l’« Aquarius » ? Cette question pour voir le ratio entre les arrivées et la participation du bateau ?
Julia Pascual : En septembre, l’Aquarius a porté secours à cinquante-huit personnes. En août, lors de sa précédente mission, il en avait secouru cent quarante et une.
MarieM : Que ressentez-vous après quinze jours passés sur l’« Aquarius » en tant que journaliste, et citoyenne ? Est-il possible de prendre une distance professionnelle, et si oui comment gérez-vous cette prise de distance ?
Samuel Gratacap : Je suis venu avec beaucoup d’interrogations. Ces quinze jours à bord de l’Aquarius m’ont permis d’y répondre en partie, de poser mon regard sur le travail des humanitaires et de comprendre les trajets des personnes secourues.
liolio : Comment était l’ambiance sur le bateau, lors du transbordement aux autorités maltaises ?
Samuel Gratacap : L’ambiance était assez troublante : cinq jours d’attente dans les eaux internationales, puis ce vaisseau des gardes-côtes qui arrive avec des hommes vêtus de combinaisons, de gants en plastique et de masques. Du côté des personnes secourues, l’incertitude aussi.
Elise Bérimont : M. Gratacap, pensez-vous que l’image puisse restituer une part de la complexité de leur parcours, de ce qui se joue là et si oui pourquoi ?
Samuel Gratacap : J’ai tenté de restituer au mieux la mission de l’Aquarius en réalisant des photographies des sauvetages, mais aussi en documentant la vie quotidienne à bord, les portraits des humanitaires, les à-côtés. Les parcours sont complexes et ce sont surtout les moments de tensions et d’attente qui m’ont inspiré.
Trachox : Pensez-vous vraiment que les personnes concernées auraient entrepris ce voyage sur une coque de noix si elles n’avaient pas eu l’espoir de tomber sur l’« Aquarius » ou autre ? Dans ce cas, le navire participe bien à l’appel d’air et aux naufrages constatés lorsqu’il n’est pas là. Enfin, si la Libye est reconnue compétente pour sa ZRS (par qui ?), elle l’est pour la coordination des secours et donc pour la désignation du port de débarquement. Soit on joue la carte juridique, soit éthique, mais on ne mélange pas les deux, pour éviter la confusion.
Julia Pascual : Compte tenu du nombre de morts en Méditerranée centrale, on peut difficilement avancer l’idée que des gens prennent la mer en comptant sur le fait d’être secourus. Près de quinze mille personnes se sont noyées depuis 2014 sur cette route migratoire, qui est la plus meurtrière dans le monde. Le nombre de traversées n’est pas corrélé à la présence de bateaux (humanitaires ou autres) dans la zone. L’opération « Mare Nostrum », menée en 2014 par la marine italienne et qui a secouru cent soixante-dix mille personnes en un an, par exemple, n’a pas eu d’incidence sur les départs.
Pour la deuxième partie de la question, la Libye est compétente pour coordonner les secours (dixit l’OMI) mais elle n’est pas un port sûr (dixeunt le HCR, l’OIM et tout récemment le ministre des affaires étrangères italien). C’est un des paradoxes de la situation actuelle, à mon sens, mais ce n’est pas une opposition entre le droit et l’éthique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Julia Pascual, journaliste au « Monde », a passé deux semaines en Méditerranée sur le navire humanitaire, qui s’est vu retirer son pavillon.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ La principale île du très touristique archipel des Baléares a été touchée par de fortes inondations dans la nuit de mardi à mercredi.
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Espagne : au moins neuf morts dans des inondations à Majorque

La principale île du très touristique archipel des Baléares a été touchée par de fortes inondations dans la nuit de mardi à mercredi.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 15h34
   





                        



   


Au moins neuf personnes sont mortes dans les inondations qui ont frappé Majorque, dans la nuit de mardi 9 à mercredi 10 octobre. Selon un porte-parole de la délégation du gouvernement espagnol aux Baléares, six personnes sont toujours portées disparues, mais « il pourrait y en avoir plus ».
Située à une soixantaine de kilomètres de Palma – capitale de Majorque, principale île de l’archipel très prisée des touristes britanniques et allemands –, la zone touchée compte de nombreux logements touristiques.
Quatre personnes dont deux Britanniques sont notamment mortes à Sant Llorenç des Cardassar, la commune la plus touchée par ces inondations où les pluies torrentielles ont fait déborder un cours d’eau, et trois dans la petite ville voisine de S’Illot, au bord de la mer. « La priorité est de localiser des survivants, de secourir les personnes isolées chez elles. Nous avons beaucoup de maisons de vacances », a insisté Antonia Bauza, adjointe au maire de Sant Llorenç.
Les pluies, qui sont tombées en quelques heures, ont surpris par leur intensité. « Deux cent vingt litres de pluie par mètre carré sont tombés », a détaillé le gouvernement régional des Baléares. Les images diffusées par la télévision publique espagnole et des médias locaux montrent des voitures entraînées par le courant et des maisons inondées. Une centaine de personnes ont par ailleurs dû passer la nuit dans des hôtels réquisitionnés par les autorités locales.
Les secouristes étaient à pied d’œuvre pour rechercher les disparus. Une centaine de renforts avec deux hélicoptères, huit véhicules et des chiens sont arrivés mercredi matin sur l’île, a annoncé l’unité militaire d’urgence espagnole.
Ibiza, Formentera et une partie de la Catalogne en alerte orange
Mercredi matin, les îles d’Ibiza et de Formentera dans l’archipel des Baléares ainsi qu’une partie de la Catalogne, incluant sa capitale, Barcelone, ont été placées par l’Agence météorologique nationale en état d’alerte orange, le troisième niveau d’alerte (sur quatre) correspondant à un « risque important ».
Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, qui doit se rendre sur place, a exprimé sur Twitter sa « solidarité et [son] soutien aux familles et aux amis des victimes, ainsi qu’à toutes les personnes affectées par ces inondations tragiques ». Le gouvernement régional des Baléares a pour sa part décrété trois jours de deuil.
La star du tennis Rafael Nadal, originaire d’un village tout proche de la zone touchée, a annoncé sur Instagram avoir mis à disposition les chambres de ses centres sportifs dans l’île pour les personnes privées de leur logement après ces inondations.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Notre journaliste Julia Pascual et le photographe Samuel Gratacap ont répondu aux internautes. Dix-sept réfugiés secourus par le navire humanitaire sont arrivés mardi en France.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Une soixantaine de perquisitions ont été menées mercredi dans sept pays européens dans le cadre d’une enquête du parquet fédéral belge.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Vague de perquisitions en Europe après des soupçons de fraudes dans le football belge

Une soixantaine de perquisitions ont été menées mercredi dans sept pays européens dans le cadre d’une enquête du parquet fédéral belge.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 13h21
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 17h13
   





                        


Sept pays européens, une soixantaine de perquisitions. Une opération policière a été menée mercredi 10 octobre dans le cadre d’une enquête portant sur des soupçons de fraudes dans le championnat de football belge.
Deux cent vingt policiers ont été mobilisés en Belgique, France, au Luxembourg, à Chypre, au Monténégro, en Serbie et en Macédoine, et « un grand nombre de personnes » ont été arrêtées, a annoncé le parquet fédéral belge, sans donner aucune identité.
L’entraîneur du FC Bruges interpellé
Un peu plus tôt une porte-parole du parquet fédéral avait confirmé l’interpellation d’un agent de joueurs réputé, Mogi Bayat, confirmant une information donnée par plusieurs médias.
Selon une source proche de l’enquête, Ivan Leko, l’entraîneur du FC Bruges – qui dispute cette saison la Ligue des champions – a également été interpellé. Tout comme l’ancien manager général d’Anderlecht, Herman Van Holsbeeck.
L’enquête porte sur des fraudes sur les commissions liées aux transferts de joueurs, mais aussi sur des matchs truqués en Jupiler Pro League, la première division belge. « L’instruction judiciaire couvre des activités menées dans le cadre d’une organisation criminelle, le blanchiment d’argent et la corruption privée », a déclaré le parquet fédéral.
Sièges de clubs perquisitionnés
L’enquête a débuté fin 2017 à la suite d’un rapport de l’Unité des fraudes sportives de la police fédérale. Celui-ci révélait « des indications de transactions financières suspectes » dans le championnat belge, concernant les commissions sur les transferts mais aussi les salaires versés aux joueurs et entraîneurs.
Les sièges de « plusieurs clubs » de Jupiler Pro League (FC Bruges, Standard de Liège, Anderlecht et Genk) comptent parmi les sites perquisitionnés.
Dix des seize équipes du championnat belge sont concernées, a souligné la chaîne francophone RTBF.
Herman Wynants, le manager général du club de Westerlo, qui évolue actuellement en division 1B, a déclaré, mercredi, qu’il avait porté plainte en 2017 auprès du parquet fédéral à Bruxelles, contre Mogi Bayat, pour fraude à la compétition à la suite du match Courtrai-Mouscron, que le club estimait truqué.
Selon Het Laatste Nieuws, l’agent de joueurs travaillait avec plusieurs joueurs de Courtrai et de Mouscron.
Les raids policiers ont aussi visé les domiciles de « responsables de clubs, d’agents de joueurs, d’arbitres, d’un ancien avocat, d’un bureau comptable, d’un entraîneur, de journalistes et de quelques complices éventuels », toujours selon le parquet.
A l’étranger treize autres raids policiers, coordonnés avec l’aide d’Eurojust, ont ciblé « principalement » les bureaux ou domiciles de « dirigeants de personnes morales » impliquées dans les transactions suspectes. Le parquet fédéral n’a cité aucun nom de club.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le ministre de l’intérieur britannique, Sajid Javid, demande à l’UE de clarifier sa position sur ses compatriotes installés en Europe.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Brexit : « Les citoyens ne sont pas des pions dans la négociation »

Le ministre de l’intérieur britannique, Sajid Javid, demande à l’UE de clarifier sa position sur ses compatriotes installés en Europe.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 11h37
    |

            Nicolas Chapuis (Lyon, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Participant à la réunion des six ministres de l’intérieur invités à Lyon dans le cadre du G6 (France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Espagne, Pologne), lundi 8 et mardi 9 octobre. Sajid Javid, le home secretary britannique, a répondu aux questions du Monde sur la sécurité, l’immigration et les conséquences du Brexit.

Quelle est la conclusion de ces deux jours de discussion en matière de sécurité ?
Nous travaillons de manière très proche, avec efficacité. Nous avions besoin de passer en revue les principales menaces, comme le terrorisme, le crime organisé ou les actions hostiles de la part d’Etats extérieurs. Le message de ce G6 est que nous voulons poursuivre ce travail, même quand la Grande-Bretagne aura quitté l’Union européenne.
Quel est, selon vous, le niveau de la menace terroriste ?
Il est toujours élevé. En Grande-Bretagne, en 2017, nous avons eu cinq attaques terroristes, ce qui n’était jamais arrivé. Depuis avril, les services de contre-terrorisme ont déjoué dix-sept attaques potentielles. Cela vous montre l’étendue de la menace.
En cas d’absence d’accord sur le Brexit, y a-t-il un risque sur la sécurité ?
En matière de sécurité, nous avons proposé un traité complet, entre l’UE et le Royaume-Uni, pour continuer à coopérer de la même façon qu’aujourd’hui. Il y a clairement beaucoup de choses à discuter, mais la sécurité devrait faire partie des sujets inconditionnels. Les autres ministres de l’intérieur savent que la contribution du Royaume-Uni à la sécurité de l’Europe est absolument vitale. Imaginez qu’il y ait une attaque terroriste dans un pays et que ça aurait pu être empêché par les services britanniques, comment pourraient-ils justifier ça devant les citoyens ?
L’immigration illégale était également au menu des discussions. De quoi êtes-vous convenus ?
En 2017, nous avons vu une baisse de l’immigration...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ La formation Vox, créée en 2013 par d’anciens militants du Parti populaire et jusqu’ici très confidentielle, a réuni 10 000 personnes à Madrid.
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L’émergence d’un parti d’extrême droite surprend l’Espagne

La formation Vox, créée en 2013 par d’anciens militants du Parti populaire et jusqu’ici très confidentielle, a réuni 10 000 personnes à Madrid.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 11h37
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

L’image a fait l’effet d’un électrochoc dans un pays qui semblait vacciné contre l’extrême droite. Dimanche 7 octobre, près de 10 000 personnes se sont entassées dans les gradins du palais de Vistalegre, à Madrid, pour acclamer les leaders de la petite formation Vox, Santiago Abascal et José Antonio Ortega, venus égrener leurs « cent mesures urgentes pour l’Espagne ».
Au programme : recentralisation de l’Etat, dissolution des régions autonomes, interdiction des partis indépendantistes, suppression de la loi de mémoire historique qui a interdit l’exaltation du franquisme en 2006 et de celle sur la violence faite aux femmes, récupération de Gibraltar, expulsion des immigrés en situation irrégulière, construction de murs à Ceuta et Melilla, retrait de l’espace Schengen, alignement sur le groupe de Visegrad (groupe informel réunissant la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie).
La foule était si nombreuse que des centaines de personnes sont restées derrière les portes de ces anciennes arènes symboliques, qui ont vu naître en 2014 la formation de la gauche radicale Podemos. A l’intérieur, Vox s’en prenait à « la petite droite lâche », en référence au Parti populaire (PP), et à la « girouette orange », c’est-à-dire le parti libéral Ciudadanos, et promettait « la grande Espagne, de nouveau ». 
Crispation sociale
La vague populiste de droite qui secoue l’Europe est-elle sur le point de frapper l’Espagne ? Elle en semble très loin. Créé en 2013 par d’anciens militants du PP critiques sur la gestion « molle » de la crise catalane par Mariano Rajoy et les hausses d’impôts, Vox n’atteindrait, selon les derniers sondages, qu’entre 1,5 % et 3 % des intentions de vote en cas d’élections législatives. Mais la formation n’avait obtenu que 0,2 % en 2016.
Pour les européennes, elle pourrait toutefois récolter jusqu’à 4,6 % des voix selon les sondages, contre 1,5 % en 2014....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Le deuxième suspect dans la tentative d’empoisonnement d’un ex-agent double a été identifié. Il s’agit d’un médecin militaire du GRU décoré, comme son acolyte, en 2014.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Affaire Skripal : l’étoile pâlie des « héros de Russie »

Le deuxième suspect dans la tentative d’empoisonnement d’un ex-agent double a été identifié. Il s’agit d’un médecin militaire du GRU décoré, comme son acolyte, en 2014.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 12h03
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


Moins de deux semaines après avoir révélé le nom du premier suspect impliqué dans la tentative d’empoisonnement au Novitchok de l’ex-agent double Sergueï Skripal, et de sa fille, Ioulia, au mois de mars, au Royaume-Uni, le site d’investigation britannique Bellingcat et son partenaire russe The Insider ont identifié le deuxième suspect. Alexandre Michkine, qui agissait sous le pseudonyme d’« Alexandre Petrov », est un médecin militaire du GRU, le renseignement militaire russe. Et comme son acolyte, le colonel Anatoli Tchepiga, alias « Rouslan Bochirov », il a été décoré, en 2014, de la médaille de « héros de la Fédération de Russie », la plus haute distinction du pays.
« Cela en fait deux, deux héros de Russie », a souligné Christo Grozev, membre de Bellingcat, en présentant mardi 9 octobre depuis le Parlement anglais les résultats de l’enquête. Nés la même année, en 1979, mariés et pères de deux enfants chacun, les deux hommes, recrutés par le GRU, ont, selon le site d’investigation, suivi un parcours assez similaire qui les a amenés à se rendre l’un et l’autre en Ukraine au début du conflit meurtrier entre séparatistes prorusses et forces loyales à Kiev.
Appartements haut de gamme
Alexandre Michkine a ainsi effectué plusieurs voyages en Ukraine, mais il s’est également rendu en Transnistrie, l’enclave prorusse en Moldavie. Puis, à l’automne 2014, au moment où « Bochirov » et « Petrov », domiciliés jusqu’ici à l’adresse du siège du GRU, à Moscou, sont décorés, les deux agents déménagent dans des appartements haut de gamme d’une valeur comprise entre 350 000 et 500 000 euros, selon Bellingcat, qui en conclut que ces appartements constituaient une prime en nature complémentaire à leur titre de « héros ».
C’est à Moscou, entre 2007 et 2010, qu’il aurait reçu l’identité d’infiltration de « Petrov » – « Bochirov » ayant obtenu la sienne en 2011.
Originaire de Loyga, un village déshérité d’un millier d’habitants difficile d’accès dans le district d’Archangelsk, au nord de la Russie, Alexandre Michkine s’est installé à Saint-Pétersbourg à la fin des années 1990. En 2001, étudiant à l’Académie de médecine militaire S. M. Kirov , l’officier, dont le grade actuel reste incertain – colonel comme Tchepiga ? –, est alors formé à la médecine des forces armées de la marine russe. Un an ou deux plus tard, il obtient son diplôme. C’est à Moscou, entre 2007 et 2010, qu’il aurait ensuite reçu l’identité d’infiltration de « Petrov » – « Bochirov » ayant obtenu la sienne en 2011.
Mais contrairement à son acolyte, cette fausse identité n’est que partielle. « Petrov » a conservé nombre d’éléments biographiques de Michkine, comme la date de naissance, son prénom et son patronyme d’origine, Evguenievitch, ainsi que les prénoms de ses parents. Seul son lieu de naissance a été transféré à Kotlas, une ville située à environ 100 km de son village d’origine, où réside toujours sa grand-mère.
« Prié de ne rien dire »
Accourus sur place, des journalistes ont confirmé auprès d’habitants locaux, sur photos, qu’il s’agissait bien de la même personne que « Petrov », de la même manière que d’autres, avant eux, avaient reconnu Tchepiga-Bochirov dans sa région d’origine, dans l’extrême-est de la Russie. Toutefois, tant sur place que parmi les « centaines » d’anciens élèves de l’Académie militaire sollicités par Bellingcat, les langues ne se sont pas toujours déliées. Selon Christo Grozev, l’un de ces interlocuteurs a indiqué que « tout le monde, dans sa classe, avait été contacté deux semaines avant et été prié de ne rien dire ».
« Qu’y-a-t-il à commenter ? On donne des commentaires sur la base de preuves et il n’y en a pas », Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des affaires étrangères
Mardi, un autre site d’investigation, CiTeam, est parvenu en parallèle aux mêmes conclusions. En fouillant les fichiers de la police routière, aisément accessibles, ses enquêteurs ont fini par trouver le « vrai » permis de conduire d’Alexandre Michkine dont la photo ne laisse guère de doute quant à sa ressemblance avec le portrait de « Petrov » diffusé par Scotland Yard. Des éléments également conformes avec les images de l’interview donnée par « Petrov » et « Bochirov » à la chaîne pro-Kremlin RT, dans laquelle les deux hommes avaient justifié leur présence, en mars, dans la ville anglaise de Salisbury, où résidait Sergueï Skripal, en se présentant comme des « touristes »…

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Comme il l’avait annoncé après les premières révélations sur Tchepiga, le porte-parole du Kremlin a refusé de commenter ces nouveaux éléments. Interrogée par The Insider, la porte-parole du ministère russe des affaires étrangères, Maria Zakharova, a coupé court : « Qu’y-a-t-il à commenter ? On donne des commentaires sur la base de preuves et il n’y en a pas. » Seule, l’ambassade russe à Londres a réagi en dénonçant des « informations » basées sur des « sources anonymes » qui, selon elle, « entretiennent des liens évidents avec les services secrets ». Bellingcat n’a reçu « AUCUNE information des services de renseignement britanniques », a riposté Christo Grozev sur Twitter.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Sorti de prison en 2015, après plus de quatre ans derrière les barreaux, Kweku Adoboli pourrait être renvoyé au Ghana, son pays d’origine. Une double peine très pratiquée au Royaume Uni.
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Au Royaume-Uni, la double peine d’un ex-tradeur d’UBS


                      Sorti de prison en 2015, après plus de quatre ans derrière les barreaux, Kweku Adoboli pourrait être renvoyé au Ghana, son pays d’origine. Une double peine très pratiquée au Royaume Uni.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 11h31
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








   


Le 17 septembre, Kweku Adoboli était prisonnier au centre de rétention de Harmondsworth, à proximité de l’aéroport de Heathrow. Le lendemain, le Ghanéen, qui avait été condamné à sept ans de prison pour fraude au Royaume-Uni, devait être mis dans un avion et expulsé vers son pays d’origine. Seule une procédure d’appel de dernière minute lui a finalement permis de rester sur le sol britannique, mais toujours derrière les barreaux du centre de rétention.
Une perte de 2,3 milliards de dollars
Simple cas routinier d’expulsion, comme le Royaume-Uni en pratique environ 12 000 par an ? Certes. Mais Kweku Adoboli n’est pas n’importe qui. En 2011, ce tradeur londonien de la banque suisse UBS fut au centre d’un des plus grands scandales financiers contemporains. Pendant trois ans, il avait caché de fausses transactions, jusqu’à accumuler une perte de 2,3 milliards de dollars (2 milliards d’euros). Lui-même ne s’était pas mis d’argent dans les poches – si l’on exclut ses bonus – mais il voulait impressionner sa direction, dormait quatre heures par nuit et vivait sous haute pression. Il avait mis au point un système de double comptabilité, contournant la surveillance de l’institution suisse. Pour sa défense, il affirmait, témoignages à l’appui, que ses responsables hiérarchiques directs étaient au courant de ses pratiques, et qu’ils avaient fermé les yeux tant que tout allait bien. Sans surprise, Kweku Adoboli avait été condamné à sept ans de prison. Finalement, après quatre ans et demi de bonne conduite, il en est sorti, en 2015.
Ce n’était pourtant que la première étape de sa sanction, avant son expulsion programmée. Car Kweku Adoboli n’est pas britannique. Son père, un diplomate travaillant pour les Nations unies, vient du Ghana. Lui a quitté ce pays à l’âge de 4 ans et a grandi à Jérusalem et à Damas, où son père était en mission, jusqu’à l’âge de 12 ans. Il fut ensuite envoyé en pensionnat en Angleterre, dans la campagne rugueuse du Yorkshire. Puis a passé le reste de sa vie au Royaume-Uni. Aujourd’hui âgé de 38 ans, il n’a quasiment aucun contact au Ghana.

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                Dans la tête d’un « rogue trader »



Depuis sa sortie de prison, Kweku Adoboli mène un travail très intéressant de sensibilisation aux risques dans les grandes institutions financières. Le message qu’il porte de salle de marchés en salle de marchés : « Personne ne se rend compte à quel point il est proche de la ligne rouge jusqu’à ce qu’il la franchisse. » Selon lui, l’atmosphère des institutions financières, fondée sur la tension et l’adrénaline, n’a pas changé, et les risques de dérapage demeurent. Mais qu’importe ce travail de prévention.
Expulsion des criminels étrangers durcie depuis 2014
Le cas de Kweku Adoboli met en lumière une réalité bien connue de la justice britannique : après avoir purgé leur peine, les criminels étrangers sont expulsés du territoire britannique. A partir de 2014, sous la direction de Theresa May, alors ministre de l’intérieur, le système s’est même durci, pour procéder à l’expulsion avant même qu’une personne condamnée ne puisse faire appel. Rapidement, les cas tragiques se sont multipliés. En 2017, la Cour suprême a cependant mis fin à ce renvoi automatique avant la procédure d’appel. Mais l’expulsion reste la norme une fois tous les recours épuisés.
Kweku Adoboli n’est pas le seul tradeur dans cette situation. Ainsi, Jay Merchant, l’un des courtiers impliqués dans le scandale de la manipulation du Libor – un taux d’intérêt qui sert de référence sur les marchés –, a récemment révélé qu’il venait d’être expulsé en Inde, son pays d’origine. Les circonstances sont cependant différentes, car c’est par stratégie qu’il a choisi cette solution. « J’ai volontairement renoncé à ma citoyenneté britannique et j’ai choisi d’être expulsé vers l’Inde, afin de mieux me battre contre l’erreur judiciaire qui a fait suite à l’enquête choquante sur le Libor », a-t-il confié au quotidien City A.M.
Kweku Adoboli ne peut en tout cas pas compter sur Oswald Grübel pour le prendre en pitié. L’ancien patron d’UBS avait dû démissionner quand le scandale avait éclaté. Le 1er octobre, il confiait : « Le procès a montré clairement qu’il avait fraudé la banque volontairement et intelligemment. Il doit maintenant en accepter les conséquences. »



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ « A ce stade, nous ne considérons pas que le meurtre soit lié à l’activité professionnelle de la victime », ont précisé les autorités bulgares.
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Un suspect arrêté en Allemagne après le meurtre de la journaliste bulgare Viktoria Marinova

« A ce stade, nous ne considérons pas que le meurtre soit lié à l’activité professionnelle de la victime », ont précisé les autorités bulgares.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 09h33
   





                        



   


Un homme soupçonné d’avoir tué et violé la journaliste bulgare Viktoria Marinova a été arrêté mardi 9 octobre au soir en Allemagne où il s’était enfui, a annoncé mercredi le ministre de l’intérieur bulgare, Mladen Marinov.
« Nous avons suffisamment de preuves reliant cette personne au lieu du crime et à la victime », a précisé M. Marinov, ajoutant que l’ADN du suspect correspondait à des échantillons prélevés sur la scène du crime. Le suspect, né en 1997, dénommé Severin Kasimirov, était déjà recherché pour meurtre et pour viol. Un mandat d’arrêt européen a été lancé pour obtenir son extradition vers la Bulgarie.
« Les preuves que nous avons à ce stade laissent penser à une attaque spontanée pour abuser sexuellement de la victime », a précisé le procureur général Sotir Tsatsarov. Pour le moment, les enquêteurs ne considèrent pas que le meurtre soit lié à l’activité professionnelle de la victime. « Mais nous continuons à étudier toutes les hypothèses », a ajouté le magistrat.

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                Journaliste bulgare assassinée : le motif du meurtre reste mystérieux



Vague d’indignation
Le meurtre de Viktoria Marinova, 30 ans, présentatrice pour TVN, une chaîne de télévision locale, dont le corps a été retrouvé samedi dans une allée au bord du Danube à Ruse, en Bulgarie, a suscité une vague d’indignation en Europe. La jeune femme a été battue, violée et étranglée.
Le fait que la victime s’était récemment intéressée à des allégations de corruption impliquant hommes d’affaire et élus a fait penser à un possible motif professionnel. Ces douze derniers mois, deux autres journalistes ont été assassinés en Europe : le reporter Jan Kuciak en Slovaquie en février et la journaliste maltaise Daphné Caruana Galizia en octobre 2017.
La Bulgarie apparaît au 111e rang du classement établi par Reporters sans frontières sur la liberté de la presse, le plus mauvais classement pour un pays membre de l’Union européenne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ L’écrivain Laurent Gaudé juge, dans une tribune au « Monde », que le silence de l’Europe sur le blocage du navire humanitaire est « une défaite profonde face aux populismes ».
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« Aquarius » : « Ne laissons pas le pavillon de l’indifférence flotter en Méditerranée »

L’écrivain Laurent Gaudé juge, dans une tribune au « Monde », que le silence de l’Europe sur le blocage du navire humanitaire est « une défaite profonde face aux populismes ».



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 09h38
    |

Laurent Gaudé (écrivain)







                        



                                


                            

Tribune. Il en est malheureusement souvent ainsi : à défaut de trouver une solution à un problème complexe, on cherche à le rendre invisible. Mais faire disparaître n’est pas résoudre. Le phénomène migratoire de ces dernières années a ouvert une crise profonde en Europe, à ce jour irrésolue. Une fracture se dessine entre les pays favorables à une politique résolument intransigeante et des gouvernements plus ouverts mais terrifiés par l’impact que pourrait avoir un discours conciliant sur leurs électeurs.
D’un côté, la haine, de l’autre, la prudence. Dans ce contexte de confusion politique, une initiative civile est venue apporter une réponse à la crise humanitaire qui se joue en Méditerranée. Elle est modeste. Elle est fragile. Elle fait ce qu’elle peut. Mais elle a du sens et, surtout, elle sauve des vies. L’Aquarius est notre Antigone. Le bateau humanitaire nous rappelle qu’il existe des lois non écrites, vieilles comme l’humanité, qu’on ne peut oublier sans se perdre soi-même. Ne pas laisser mourir quelqu’un en mer est l’une de ces lois.
Errance humanitaire
Au début de son action, l’Aquarius a été loué. Puis, au fur et à mesure que passaient les mois, de plus en plus critiqué. Le bras de fer s’est durci avec l’arrivée du chef de file de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini au gouvernement de l’Italie. Le ministre de l’intérieur transalpin a commencé par lui refuser l’accès aux ports du pays, créant ainsi les conditions scandaleuses d’une errance humanitaire.
Depuis cet été, une nouvelle stratégie est apparue. En août, l’Aquarius a perdu le pavillon de Gibraltar. Il a dû trouver une solution pour pouvoir continuer sa mission : le pavillon panaméen. Mais, rebondissement, en septembre, le Panama, à son tour, déclare qu’il a l’intention de retirer au navire son pavillon.
Pourquoi donc ? Qu’est-ce qui a provoqué ce revirement ? 23 % de la flotte de la marine marchande mondiale bat pavillon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », observe que Trump, Salvini, Bolsonaro cultivent la colère des hommes qui s’estiment lésés par les revendications des femmes et des minorités.
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« De Trump à Bolsonaro, l’“homme blanc en colère” revient »

Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », observe que Trump, Salvini, Bolsonaro cultivent la colère des hommes qui s’estiment lésés par les revendications des femmes et des minorités.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 13h55
    |

            Sylvie Kauffmann (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique. Dans les années 1990 aux Etats-Unis, sous la présidence de Bill Clinton, grand défenseur des minorités, un personnage avait fait irruption dans le paysage politique conservateur : « the angry white male ». L’homme blanc en colère était le fruit d’un backlash, un retour de bâton contre les politiques de discrimination positive destinées à donner accès aux femmes, aux Noirs et aux Hispaniques à l’égalité des chances.
Pour l’homme blanc en colère, la discrimination positive était un jeu à somme nulle. Si les femmes, les Noirs, les Hispaniques ou les Asiatiques y gagnaient, alors forcément lui, l’homme blanc, y perdait. L’idée que tout le monde pût, au bout du compte, y gagner ne l’effleurait pas. Il perdait sa suprématie, se sentait discriminé à son tour, et c’était dur.
Certains se sentirent menacés aussi dans leur masculinité. On vit naître d’étonnants mouvements comme celui des Promise Keepers, qui pouvait réunir 60 000 hommes dans un stade pour prier ensemble, se serrer les coudes et faire face virilement à tous les défis que leur présentait cette société dont ils n’étaient plus les maîtres.
Les deux mandats de George W. Bush, mâle texan, l’attaque du 11-Septembre et les guerres qui suivirent placèrent le curseur ailleurs. L’homme blanc en colère eut d’autres raisons de se défouler. Et avec l’élection de Barack Obama, premier président noir, beaucoup crurent l’Amérique réconciliée et cette colère disparue.
L’homme blanc a repris le dessus
Elle n’était que contenue : on la vit monter pendant toute la campagne électorale de 2016, pour finir par exploser le 8 novembre de cette année-là, avec la victoire de Donald Trump sur une femme, Hillary Clinton, qui incarnait à elle seule tout le ressentiment de l’homme blanc.
Femme de Bill, héritière d’Obama, bourgeoise, intellectuelle, ambitieuse, féministe, soutenue par les minorités : elle cochait toutes les cases. « La cible du candidat...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Dans la négociation entre l’UE et les Britanniques, Paris a la dent dure, analyse Cécile Ducourtieux, correspondante à Bruxelles.
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Brexit : la France dans le rôle du « bad cop »

Dans la négociation entre l’UE et les Britanniques, Paris a la dent dure, analyse Cécile Ducourtieux, correspondante à Bruxelles.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 12h25
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Analyse. Plus encore que le franc-parler du président polonais du Conseil européen Donald Tusk, plus encore que la raideur du Français Michel Barnier, le négociateur en chef de l’Union européenne (UE) pour le Brexit, c’est la petite phrase assassine du président Emmanuel Macron, au sommet de Salzbourg (Autriche), qui a fait bondir les Britanniques.
« Ceux qui disent qu’on peut faire très bien sans l’Europe sont des menteurs », avait lâché le président français le 20 septembre, à l’issue d’une réunion au cours de laquelle lui et les vingt-six autres dirigeants continentaux de l’UE avaient sèchement repoussé le « plan de Chequers » de la première ministre britannique Theresa May.
« Humiliation »
Cette dernière, rentrée à Londres quelques jours avant un congrès du Parti conservateur (tories) à haut risque – mais dont elle est finalement sortie renforcée –, avait été éreintée par une presse vindicative, soulignant l’« humiliation » subie en Autriche. Emmanuel Macron aurait voulu alimenter le sentiment, très développé outre-Manche, que les Français sont les plus durs des Vingt-Sept dans la négociation qu’il ne s’y serait pas pris autrement.

L’entourage du président français avait souligné, depuis Salzbourg, à quel point il serait maladroit de se ranger à l’avis de Donald Tusk en officialisant trop vite la tenue d’un sommet « spécial Brexit » en novembre, et qu’il fallait continuer à maintenir une pression maximale sur les Britanniques pour avoir une chance d’obtenir un accord, ou du moins une avancée décisive, au Conseil européen ordinaire d’octobre.
Les Britanniques n’ont pas tort. Dans le huis clos des négociations, à Bruxelles, les Français sont les plus intransigeants quand il s’agit, à Vingt-Sept, de définir la ligne commune. Pas une fois, depuis le début des discussions du divorce, ils n’ont baissé la garde et ont renoncé à préserver au maximum le marché intérieur de l’UE ou le rôle prééminent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Sabotée lors de sa vente chez Sotheby’s, une œuvre du street artiste est devenue iconique.
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La destruction, « passion créatrice » chez Banksy

Sabotée lors de sa vente chez Sotheby’s, une œuvre du street artiste est devenue iconique.



LE MONDE
 |    10.10.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 08h50
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



                                


                            

Cela fait une petite quinzaine d’années que Banksy repousse les frontières d’une discipline, le street art, dont il est la figure tutélaire, tout en réussissant à maintenir le mystère sur son identité. Le natif de Bristol – c’est une des seules certitudes sur ses origines – a une fois de plus réussi à prendre tout le monde de court, vendredi 5 octobre, avec une scène surréaliste.
En pleine semaine de Frieze, la foire d’art contemporain lon­donienne, Sotheby’s Londres organisait dans la soirée une vente, dont l’ultime lot était un Banksy : une version originale de son iconique Girl With Balloon, estimée entre 230 000 et 340 000 euros. Elle est venue confirmer la bonne santé de la cote de l’artiste, puisqu’elle s’est envolée, à l’image du ballon rouge en forme de cœur qui s’échappe des mains de la fillette, à plus de 1,04 million de livres (près de 1,2 million d’euros).

Mais, le dernier coup de marteau frappé, l’affaire a pris un tour inattendu : une alarme s’est déclenchée et l’œuvre est sortie de son cadre par le bas à travers une broyeuse à papier, se dé­coupant pour moitié en lamelles. La stupeur dans la salle a immédiatement été relayée sur les réseaux sociaux, où photos et vidéos sont devenues virales. Quelques heures plus tard, Banksy ­lui-même revendiquait le sabotage avec une photo accompagnée d’un commentaire ironique : « Going, going, gone », l’équivalent anglais d’« adjugé, vendu ».
Petite vidéo d’explication
Mieux, dès le lendemain, l’artiste postait sur son site une petite vidéo d’explication (qui affiche près de 10 millions de vues sur Instagram), où il affirme qu’il y a « quelques années », il a « construit une broyeuse en secret » dans le cadre de l’œuvre, « au cas où elle serait vendue aux enchères ». Le texte se superpose aux images d’un homme insérant l’appareil sur mesure derrière les dorures. Sur son compte Instagram, il cite Picasso au passage, en légende :...




                        

                        


<article-nb="2018/10/10/19-15">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Le dirigeant du parti d’extrême droite Alexander Gauland a utilisé dans une tribune une rhétorique comparable à un discours d’Adolf Hitler datant de 1933.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Allemagne : quand le coprésident de l’AfD paraphrase Hitler

Le dirigeant du parti d’extrême droite Alexander Gauland a utilisé dans une tribune une rhétorique comparable à un discours d’Adolf Hitler datant de 1933.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 23h09
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Alexander Gauland, coprésident du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), s’est-il inspiré d’un discours d’Adolf Hitler pour écrire la tribune qu’il a récemment proposée à la Frankfurter Allgemeine Zeitung et que le grand quotidien conservateur a publiée dans son édition du samedi 6 octobre ? Dans ce texte, intitulé « Pourquoi faut-il du populisme ? », M. Gauland écrit notamment ceci :
« Cette classe mondialisée siège dans les grandes entreprises présentes à l’international, dans des organisations comme les Nations unies, dans les médias, dans les start-up, les universités, les ONG, les fondations, les partis et leurs appareils, et parce qu’elle contrôle l’information, elle donne le “la” sur le plan politique et culturel. Ses membres vivent presque sans exception dans de grandes villes, parlent couramment anglais, et parce qu’ils passent d’un job à un autre entre Berlin, Londres et Singapour, fréquentent partout les mêmes appartements, les mêmes maisons, les mêmes restaurants, les mêmes magasins et les mêmes écoles privées. Ce milieu est socialement homogène mais culturellement divers. La conséquence est que le lien entre cette nouvelle élite et sa terre d’origine est faible. Ces gens-là se sentent comme des citoyens du monde vivant dans une société parallèle. La pluie qui tombe sur leurs terres d’origine ne les mouille pas. Ils rêvent d’un monde unique ou d’une république mondiale. (…)
Face à cette classe mondialisée se dressent deux groupes hétérogènes qui ont formé une alliance au sein de l’AfD. D’un côté, une classe moyenne à laquelle appartient aussi notre tissu de PME, qui ne peut pas facilement délocaliser ses usines en Inde, pour y produire à bas coût. De l’autre, des citoyens lambda dont les jobs sont payés au lance-pierre ou n’existent tout simplement plus, qui ont durement travaillé toute leur vie et qui n’ont plus qu’une misérable retraite pour vivre. Ce sont ces gens pour qui la terre d’origine représente encore une valeur et qui sont les premiers à s’en voir dépossédés face à l’afflux des immigrés. Eux ne peuvent tout simplement pas partir et jouer au golf ailleurs. »
Une comparaison avec des propos tenus par Hitler en 1933
Deux jours après la parution de cette tribune, un journaliste du site d’information allemand T-Online, alerté par un message publié sur Twitter, a placé celle-ci en vis-à-vis d’un extrait d’un discours de Hitler.

Der Stand der Debatte 2018 in Deutschland: Paraphrasierte #Hitler-Reden werden in der #FAZ gedruckt. Wegen Pluralis… https://t.co/8hDeXEhUDM— JMuellerToewe (@Jonas Mueller-Töwe)


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Dans ce discours prononcé dans une usine Siemens de Berlin le 10 novembre 1933, soit neuf mois après sa nomination à la chancellerie, le chef du parti nazi accusait en ces termes une « petite clique internationale et déracinée » de trahir les intérêts des « travailleurs allemands » :
« C’est une petite clique internationale déracinée qui attise la haine entre les peuples et qui ne veut pas qu’ils vivent tranquillement. Ce sont des gens qui sont chez eux partout et nulle part, qui vivent aujourd’hui à Berlin, qui pourraient vivre demain à Bruxelles, après-demain à Paris, puis à Prague, Vienne ou Londres, et qui se sentent partout chez eux. Ces gens-là sont les seuls à être des éléments internationaux car ils peuvent mener leurs activités partout, à la différence du peuple qui ne peut les suivre, car le peuple, lui, est enchaîné à son sol, à sa terre d’origine, il est dépendant de ce que peut lui offrir son Etat, sa nation. Le peuple ne peut pas suivre. Le paysan est attaché à sa terre. Le travailleur est lié à son usine. Quand ça va mal, où peut-il trouver mieux ? »
Interrogé par le quotidien berlinois Der Tagesspiegel, M. Gauland s’est défendu de s’être inspiré de ce discours de Hitler de près ou de loin. « Je ne connais aucun passage d’Adolf Hitler faisant écho [à ce que j’ai écrit] », a assuré le coprésident de l’AfD.
« Ce ne sont pas les phrases qui sont les mêmes mais seulement l’idéologie qui les sous-tend »
Pour l’historien Wolfgang Benz, ancien directeur du centre de recherche sur l’antisémitisme à l’Université technique de Berlin, la défense de M. Gauland ne tient pas. « Certes, on ne peut pas insinuer que Gauland a copié Hitler mot pour mot. Malgré la concordance frappante dans l’argumentation et la formulation, il ne s’agit pas juridiquement d’un plagiat dans la mesure où ce ne sont pas les phrases qui sont les mêmes mais seulement l’idéologie qui les sous-tend. Reste que le texte de Gauland ressemble de très près à celui de Hitler. Il s’agit d’une paraphrase, qui donne le sentiment que le chef de l’AfD avait posé sur sa table le discours prononcé par le Führer en 1933 quand il a écrit sa tribune pour la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Ce faisant, il a modernisé la critique contre la “clique internationale déracinée” en la rebaptisant “classe mondialisée” afin de l’adapter au langage d’aujourd’hui », écrit l’historien dans le Tagesspiegel.
Egalement sollicité par le quotidien berlinois, mardi, l’ancien ministre social-démocrate Sigmar Gabriel a quant à lui réagi à la tribune de M. Gauland en insistant sur l’imaginaire antisémite charrié par son texte. « Les partisans de Hitler le comprenaient et, pendant son discours, se chargeaient de crier “les Juifs” quand il faisait allusion aux élites internationalisées sans les mentionner directement. C’est exactement le même objectif que vise ce texte de Gauland. A ceci près que ce ne sont pas les Juifs qui sont visés aujourd’hui, mais nous, les démocrates de ce pays », estime M. Gabriel.
Membre de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) pendant plus de trente ans, coprésident de l’AfD depuis 2017, M. Gauland, 77 ans, a souvent été accusé, sinon de vouloir réhabiliter le nazisme, du moins de souhaiter en relativiser les crimes.

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« Si les Français ont le droit d’être fiers de Napoléon et les Anglais de Churchill, il n’y a pas de raison que nous ne puissions pas être fiers des performances des soldats allemands durant la seconde guerre mondiale », avait-il ainsi déclaré, le 14 septembre 2017, dix jours avant que l’AfD n’entre en force au Bundestag avec 92 députés (sur 730). Neuf mois plus tard, le 2 juin, il affirmait dans un discours qu’« Hitler et les nazis ne sont qu’une fiente d’oiseau à l’échelle de plus de mille ans d’histoire glorieuse ».
De la part d’un homme politique cultivé, auteur de plusieurs essais historiques, ces déclarations ont souvent été interprétées comme des signaux envoyés à l’aile la plus radicale de l’AfD, et notamment à son principal représentant, Björn Höcke, avec qui M. Gauland s’est allié pour se faire élire à la tête du parti d’extrême droite en décembre 2017. Leader de l’AfD en Thuringe, M. Höcke avait provoqué une vive controverse, en janvier 2017, en demandant « un virage à 180 degrés de notre politique de mémoire » et en réclamant « une vision positive de notre histoire », afin que le peuple allemand échappe à l’« autodissolution » et puisse pleurer « ses victimes » de la seconde guerre mondiale.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ La cour d’appel de La Haye a affirmé que l’Etat agissait « illégalement et en violation du devoir de diligence » sans prononcer de sanction contre lui. Une victoire pour l’ONG Urgenda.
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Les Pays-Bas sommés par la justice d’intensifier leur lutte contre le changement climatique

La cour d’appel de La Haye a affirmé que l’Etat agissait « illégalement et en violation du devoir de diligence » sans prononcer de sanction contre lui. Une victoire pour l’ONG Urgenda.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 21h48
 • Mis à jour le
10.10.2018 à 06h35
    |

            Patricia Jolly








                        



   


L’Etat néerlandais a désormais l’obligation légale de prendre des mesures pour protéger ses citoyens contre les conséquences du changement climatique. Mardi 9 octobre, la cour d’appel de La Haye a confirmé un jugement rendu en première instance, le 24 juin 2015, ordonnant au gouvernement néerlandais de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) du pays plus rapidement que prévu.
La juridiction a affirmé que l’Etat agissait « illégalement et en violation du devoir de diligence » sans prononcer de sanction contre lui. D’ici à la fin de l’année 2020, les émissions de CO2 néerlandaises devront être inférieures d’au moins 25 % au niveau qu’elles avaient atteint en 1990, afin de protéger sur le long terme la vie des populations néerlandaises et du reste du monde, une obligation consacrée par la Convention européenne des droits de l’homme.
« Compte tenu des grands dangers qui risquent de se produire, des mesures plus ambitieuses doivent être prises à court terme pour réduire les émissions de gaz à effet de serre afin de protéger la vie et la vie familiale des citoyens », a déclaré la cour dans un communiqué.
Pour Marie-Anne Tan-de Sonnaville, la juge qui présidait l’audience : « Tout report des réductions d’émissions exacerbe les risques liés au changement climatique. Le gouvernement néerlandais ne peut pas se cacher derrière les émissions d’autres pays. Il a le devoir indépendant de réduire les émissions de son propre territoire. »
« Le gouvernement doit se mettre au travail »
Cette décision marque une nouvelle victoire de l’organisation environnementale néerlandaise Urgenda. Cette ONG a engagé le recours au nom de 886 citoyens néerlandais dans le cadre d’une action de groupe. En juin 2015, un tribunal de district avait donné partiellement raison aux plaignants en demandant au gouvernement néerlandais alors en exercice de « faire plus » en matière climatique.

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Ce gouvernement – qui avait fait appel en septembre 2015 – a depuis été remplacé. Celui aujourd’hui en fonctions – qui peut encore contester devant la Cour suprême la décision prise mardi par la cour d’appel – a fait savoir qu’il s’y conformerait, estimant que l’objectif pour 2020 « peut être atteint ».
« L’incertitude concernant l’objectif pour 2020 est très grande, a néanmoins déclaré la cour d’appel, mardi. Il y a un risque évident que la réduction n’atteigne pas l’objectif de 25 %, ce qui est inacceptable ». « Une baisse de 25 % d’ici à 2020 n’est que le minimum ! Le gouvernement doit se mettre au travail », a renchéri Urgenda sur Twitter, après le prononcé du jugement. En 2017, les émissions de GES des Pays-Bas, un des pays les plus pollueurs de l’Union européenne (UE), n’ont été inférieures au niveau de 1990 que de 13 %.
Ce jugement historique de la cour d’appel de La Haye intervient au lendemain de la parution du rapport spécial du GIEC sur la nécessité d’agir d’urgence en matière de climat. Le document souligne que les températures moyennes progresseront probablement jusqu’au seuil critique de 1,5 °C, entre 2030 et 2052, si le changement climatique continue au même rythme et que les Etats ne prennent pas des mesures « rapides » et « sans précédent ».
894 actions judiciaires en cours dans le monde
En mai, le gouvernement néerlandais a annoncé son intention de fermer les deux plus anciennes centrales à charbon du pays d’ici à 2025. Les trois autres centrales de même type qui produisent de l’électricité devront fermer d’ici à 2030. Fin juin, en effet, sept formations politiques représentant une large majorité au Parlement ont conclu autour d’une proposition de loi l’accord le plus ambitieux jamais exposé par un pays en matière climatique.
Inspiré par les Verts (GroenLinks) et le Parti social-démocrate (PvdA), et soutenu par les partis de gauche et de droite, ce texte prévoit une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 49 % d’ici à 2030 par rapport à 1990, et de 95 % d’ici à 2050 par rapport à 1990, ainsi qu’un objectif de production de 100 % d’électricité neutre en carbone en 2050.
Le gouvernement néerlandais devra présenter tous les cinq ans un plan climat détaillant les principaux thèmes de politique climatique pour les années suivantes, et les mesures nécessaires pour tendre vers les objectifs. Ce plan sera évalué, voire révisé, tous les deux ans, et une Journée nationale du climat sera célébrée tous les quatrièmes jeudis d’octobre.
Le Royaume-Uni, le Danemark, la Finlande, la France – avec sa loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte –, la Norvège et la Suède, ainsi que le Mexique, ont légiféré sur le climat avant les Pays-Bas. Cette tendance est à mettre en parallèle avec la multiplication des contentieux dans ce domaine. En mars 2017, un rapport publié par le Programme des Nations unies pour l’environnement a recensé 894 actions judiciaires en cours dans le monde.

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A partir du 29 octobre, « Juliana v. US » (Juliana contre Etats-Unis), un autre procès emblématique des questions climatiques, doit s’ouvrir aux Etats-Unis. En 2015, vingt et un enfants et adolescents, aujourd’hui âgés de 10 à 21 ans et résidant pour la plupart dans l’Oregon, ont attaqué le gouvernement fédéral avec le soutien de l’ONG Our Children’s Trust. Ils s’estiment victimes de discrimination au profit des « intérêts économiques » d’un « autre groupe de citoyens » : les industriels exploitant des énergies fossiles. Mais le gouvernement fédéral a tenté une énième manœuvre dilatoire, le 5 octobre. Ses avocats ont déposé une requête devant le tribunal fédéral d’Eugene (Oregon) demandant un sursis en attendant l’examen de l’affaire par la Cour suprême des Etats-Unis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Le militant marocain, le cinéaste ukrainien et neuf ONG œuvrant en Méditerranée sont les finalistes retenus par le Parlement européen.
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Compte rendu

Nasser Zefzafi, Oleg Sentsov et des ONG portant secours aux migrants en lice pour le prix Sakharov

Le militant marocain, le cinéaste ukrainien et neuf ONG œuvrant en Méditerranée sont les finalistes retenus par le Parlement européen.


LE MONDE
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        Le 09.10.2018 à 17h07

     •
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        Mis à jour le 09.10.2018 à 17h34






    
Des manifestants brandissent le portrait de Nasser Zefzafi à Al-Hoceima, au Maroc, le 29 mai 2017.
Crédits : FADEL SENNA / AFP


Le militant marocain incarcéré Nasser Zefzafi, le cinéaste ukrainien emprisonné Oleg Sentsov et un groupe d’ONG qui portent secours aux migrants en Méditerranée sont les trois finalistes du prix Sakharov 2018, a annoncé, mardi 9 octobre, le Parlement européen. Ce prix, créé en 1988, est décerné chaque année par le Parlement à des personnes ayant apporté « une contribution exceptionnelle à la lutte pour les droits de l’homme dans le monde ». Le lauréat sera désigné le 25 octobre par la conférence des présidents de groupe du Parlement.

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Nasser Zefzafi est le leader du mouvement de contestation sociale « Hirak », qui a agité la région du Rif (nord du Maroc) en 2016-2017 et dont le déclencheur a été la mort d’un vendeur de poissons broyé dans une benne à ordures en octobre 2016. Il a été condamné en juin à vingt ans de prison pour « complot visant à porter atteinte à la sécurité de l’Etat », au terme de neuf mois d’un procès fleuve réunissant un total de 53 accusés. Incarcéré à Casablanca, il a mis fin le 6 septembre à une grève de la faim d’une semaine menée pour protester contre ses conditions de détention.
Un jeûne de plus de quatre mois
Le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, emprisonné en Russie, a annoncé vendredi qu’il arrêtait sa grève de la faim, disant vouloir éviter d’être nourri de force après un jeûne de plus de quatre mois qui a suscité une mobilisation internationale pour sa libération. Arrêté chez lui en mai 2014, il a été condamné en août 2015 à vingt ans de prison pour « terrorisme » et « trafic d’armes », à l’issue d’un procès qualifié de « stalinien » par l’ONG Amnesty International.

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                Oleg Sentsov fait citoyen d’honneur de la Ville de Paris



Enfin, un groupe d’ONG qui « protègent les droits de l’homme et sauvent la vie des migrants en Méditerranée » fait également partie des trois finalistes de ce prix doté de 50 000 euros, selon le communiqué du Parlement. Parmi ce groupe de neuf ONG figurent notamment Médecins sans frontières et Save the Children.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Le journaliste saoudien n’est plus réapparu depuis qu’il s’est rendu au consulat le 2 octobre pour des démarches administratives.
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Disparition de Jamal Khashoggi : le consulat saoudien à Istanbul va être fouillé

Le journaliste saoudien n’est plus réapparu depuis qu’il s’est rendu au consulat le 2 octobre pour des démarches administratives.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 13h12
   





                        



   


Une fouille du consulat d’Arabie saoudite à Istanbul « va avoir lieu » dans le cadre de l’enquête sur la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, l’Arabie saoudite ayant donné son feu vert, annonce, mardi 9 octobre, le porte-parole du ministère des affaires étrangères turc.
Jamal Khashoggi, un journaliste de 59 ans critique du pouvoir de Riyad qui écrivait notamment pour le Washington Post, s’est rendu au consulat le 2 octobre, sur rendez-vous, pour des démarches administratives. Il n’a pas été revu depuis.
Dans un entretien, vendredi, à l’agence Bloomberg, le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane a affirmé que Jamal Khashoggi était effectivement « entré » au consulat mais qu’il en était sorti peu après. Il a lui-même invité les autorités turques à « fouiller » le consulat.

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                La disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi embarrasse Ankara et Washington



Les entrées et sorties du consulat vérifiées
Des responsables turcs ont affirmé, samedi soir, que, selon les premiers éléments de l’enquête, M. Khashoggi a été assassiné dans le consulat, des informations qualifiées de « dénuées de fondement » par Riyad.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a affirmé attendre les résultats de l’enquête pour s’exprimer, a assuré que les entrées et sorties du consulat, ainsi que les allers et venues à l’aéroport étaient en train d’être examinées de près. Il a toutefois appelé les autorités saoudiennes à « prouver » que M. Khashoggi a bien quitté le consulat comme elles l’affirment.
La chaîne publique turque en langue anglaise TRT World a rapporté mardi que les autorités turques soupçonnent un groupe de Saoudiens venus à Istanbul le jour de la disparition du journaliste d’être repartis avec les images de vidéosurveillance du consulat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ La région belge sollicite la participation des industriels du tabac aux frais liés à la collecte des mégots de cigarettes jetés dans la rue, pour près de 200 000 euros cette année.
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Pollution des mégots : la région de Bruxelles envoie la facture à l’industrie du tabac

La région belge sollicite la participation des industriels du tabac aux frais liés à la collecte des mégots de cigarettes jetés dans la rue, pour près de 200 000 euros cette année.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 15h46
   





                        



   


Ce sont des déchets « particulièrement difficiles » à ramasser en raison de leur taille, qui « mettent des années à se décomposer ». La région de Bruxelles a demandé, lundi 8 octobre, à l’industrie du tabac de régler les frais liés à la collecte des mégots de cigarettes jetés dans la rue, qui représentent une part croissante des déchets.
La lettre a été adressée à la filiale Benelux du géant américain Philip Morris et à deux fédérations belges de fabricants : Cimabel pour les cigarettes et Fetabel pour le tabac. Elle sollicite la participation à des frais déjà engagés de quelque 200 000 euros, ainsi que le financement de futures actions « dans une logique de partenariat pérenne ».
Selon l’argumentaire de la région, qui évoque « un fléau à éradiquer », quelque dix millions de mégots sont jetés chaque jour en Belgique, dont une bonne part dans la capitale. Et la pratique est épinglée par les services de la propreté comme « une des cinq principales nuisances », avec notamment les déjections, les dépôts clandestins ou les jets de cannette.
Une démarche similaire en Flandre et en Wallonie
En 2018, une série de projets a été élaborée pour faciliter la collecte de mégots (éteignoirs de rue, cendriers de poche distribués lors de festivals, etc.), générant « un coût de 203 500 euros », précise la secrétaire d’Etat bruxelloise chargée de la propreté publique, Fadila Laanan, dans le courrier. « Considérant votre contribution financière en matière de propreté aux côtés des Régions flamande et wallonne, il semblerait opportun de s’inscrire dans une démarche similaire en Région de Bruxelles-Capitale », poursuit-elle.
A Bruxelles, les industriels du tabac ont déjà accepté de financer un organisme public chargé de la collecte et du tri des emballages, mais pas encore de contribuer au ramassage des mégots comme ils le font déjà en Flandre (nord) et se sont engagés à le faire en Wallonie (sud). Or, explique le cabinet de Mme Laanan, « on retrouve beaucoup moins de paquets de cigarettes dans l’espace public que de mégots ».
En France, les industriels du tabac ont récemment assuré travailler à des propositions visant à mettre en œuvre le principe « pollueur-payeur » dans la lutte contre la pollution engendrée par les mégots de leurs cigarettes. Ils ont été reçus, vendredi 5 octobre, par la secrétaire d’Etat auprès du ministère de la transition écologique et solidaire, Brune Poirson, qui avait exprimé « sa déception quant à l’insuffisance de leurs propositions initiales ».

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Viktoria Marinova venait de lancer un magazine d’investigation. Rien n’indique pour l’instant que son meurtre soit lié à ses activités professionnelles.
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Journaliste bulgare assassinée : le motif du meurtre reste mystérieux

Viktoria Marinova venait de lancer un magazine d’investigation. Rien n’indique pour l’instant que son meurtre soit lié à ses activités professionnelles.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 20h14
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



   


Des dizaines de Bulgares se sont réunis lundi 8 octobre au soir, au centre de Sofia, pour rendre hommage à Viktoria Marinova. Cette journaliste, âgée de 30 ans, a été brutalement assassinée samedi 6 octobre à Roussé, ville de 150 000 habitants située au nord du pays, près de la frontière avec la Roumanie. Dans un pays classé dernier de l’Union européenne pour sa liberté de la presse par Reporters sans frontières, cet assassinat a causé un choc, même si rien n’indique pour l’instant que Mme Marinova ait été tuée en raison de ses activités professionnelles.
Le chef de la police locale a annoncé mardi 9 octobre qu’un citoyen roumain avait été interpellé, mais les autorités ont communiqué, en fin de journée, l’abandon des charges le concernant. L’importance du suspect avait été relativisée dès son interpellation. « Nous avons arrêté un homme, nous vérifions toujours son alibi et il n’est donc pas officiellement suspecté d’avoir commis le crime », avait déclaré Teodor Atanasov à des journalistes à Roussé.
Mère d’un enfant de 7 ans, Viktoria Marinova dirigeait une petite chaîne de télévision régionale, TVN, qui appartient à son ex-mari, actif dans les télécoms. Son corps a été retrouvé dans un parc situé près d’une promenade longeant le Danube, alors qu’elle était partie faire un jogging. Selon les autorités bulgares, elle a été violée et dépouillée de ses effets personnels et d’une partie de ses vêtements. Les enquêteurs ont d’abord expliqué à plusieurs médias qu’ils ne privilégiaient pas le motif professionnel, avant d’affirmer dimanche soir qu’aucune piste n’était exclue.
« Son équipe et elle-même travaillaient sur beaucoup de sujets impliquant le crime organisé », Attila Biro, journaliste
TVN avait longuement donné la parole le week-end précédent à deux journalistes ayant publié des révélations fracassantes mi-septembre sur des détournements massifs de fonds européens par une des plus grosses entreprises bulgare du bâtiment, GP. « Elle avait lancé un magazine d’investigation, “Detector”, et lors de sa première – et dernière – émission, elle a invité notre journaliste pour parler de cette affaire », raconte Atanas Tchobanov, rédacteur en chef de Bivol, le site d’investigation à l’origine de ce scandale. « Aucune télévision ne nous invite d’habitude et elle avait même évoqué ensuite un projet d’émission pour parler de nos investigations de manière régulière », assure ce journaliste d’investigation qui dit avoir reçu des menaces récemment.
Manque de confiance dans les autorités bulgares
La Bulgarie est l’un des pays les plus corrompus d’Europe. « Et Roussé est connue pour être un hub du blanchiment d’argent. Or, son équipe et elle-même travaillaient sur beaucoup de sujets impliquant le crime organisé », témoigne également Attila Biro, journaliste d’investigation roumain associé à Bivol et qui avait été co-interviewé par TVN.
Dans cette émission, Attila Biro et son confrère bulgare avaient notamment évoqué les conditions troubles dans lesquelles ils avaient été brièvement arrêtés le 13 septembre par la police alors qu’ils s’étaient rendus sur un site près de Sofia où des sacs d’archives de GP étaient en train d’être détruits quelques jours après leurs révélations.
« On n’a pas confiance dans les autorités bulgares », conteste M. Tchobanov, qui préférerait une « investigation européenne qui n’exclut aucune hypothèse ».
Les deux hommes n’excluent toutefois pas que Viktoria Marinova ait pu être tuée par un déséquilibré ou dans le cadre d’une affaire privée. « Les meilleurs enquêteurs ont été envoyés à Roussé et une grande quantité d’ADN a été retrouvée », a affirmé le premier ministre bulgare, Boïko Borissov, en assurant que l’élucidation du crime n’était « qu’une question de temps ». « On n’a pas confiance dans les autorités bulgares », conteste toutefois M. Tchobanov, qui préférerait une « investigation européenne qui n’exclut aucune hypothèse ».

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Viktoria Marinova est la troisième journaliste à être assassinée en moins d’un an dans un pays de l’UE. Si, pour l’instant, le mode opératoire de ce meurtre est bien différent de celui de la Maltaise Daphne Caruana Galizia (tuée dans l’explosion de sa voiture) et du Slovaque Jan Kuciak (exécuté avec sa compagne), il met de nouveau l’accent sur les failles des autorités nationales à identifier les auteurs des assassinats de journaliste qui se multiplient actuellement en Europe. Et surtout à éviter qu’ils n’agissent.



                            


                        

                        

