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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Nous n’avons pas toujours une perception exacte des rapports de proportion dans les changements de taille – dont se jouait le récent film « Ant-Man et la Guêpe ». Une lacune qui a des conséquences dans la vie réelle.
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Erreurs de taille en perspective

Nous n’avons pas toujours une perception exacte des rapports de proportion dans les changements de taille – dont se jouait le récent film « Ant-Man et la Guêpe ». Une lacune qui a des conséquences dans la vie réelle.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 16h49
    |

                            Wiebke Drenckhan (CNRS) et 
                            Jean Farago (Physiciens à l’Institut Charles-Sadron à Strasbourg)








                        



                                


                            

Carte blanche. Quand, au cœur de l’été, le programme du cinéma local dans une main, une tapette à mouches dans l’autre, chassant négligemment la gent hyménoptère de vos tartines, vous avez choisi d’aller voir Ant-Man et la Guêpe, aviez-vous alors bien conscience que vous signiez pour un grand film de physique ?
Nous ne pensons pas seulement aux dialogues, truffés de « fonctions intriquées » et autres « décohérences », termes au parfum de la physique quantique la plus moderne, ou aux descentes psychédéliques dans le monde subatomique… Non, le ressort comique de ce film repose sur la capacité des héros à changer de taille à volonté, du format fourmi à la maison de trois étages… Or, ces transformations posent une sérieuse question de taille, pour reprendre le titre du livre d’Olivier Rey (Stock, 2014).
En effet, très peu nombreuses sont les grandeurs de la nature qui croissent en proportion de la taille des structures qu’elles caractérisent. Prenons par exemple un cube : si on double sa taille en doublant la longueur de ses côtés, sa surface et son volume seront quatre et huit fois plus grands.
Cet argument suffit par exemple à expliquer pourquoi les dauphins des latitudes élevées sont en moyenne plus grands que ceux qui évoluent en Méditerranée : pour des animaux de grande taille, le rapport surface/volume est plus petit, et correspond aussi au rapport entre la déperdition de chaleur (qui se fait via la surface) et sa fabrication par l’organisme (dans tout le volume). Certes, un grand dauphin perd plus de chaleur par jour qu’un petit, mais comme en même temps il en produit encore davantage, la vie lui est malgré tout confortable dans les eaux glacées des fjords norvégiens…
Habitué à la proportionnalité
Ainsi, les lois physiques ne respectent pas, en général, la proportionnalité, ce dont nous devrions être intuitivement bien conscients. Or, nous sommes au contraire habitués aux rapports...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Ancienne présidente par intérim du CNRS, la chercheuse affiliée au CEA est soupçonnée d’avoir manipulé des données dans plusieurs articles scientifiques. Elle n’a pas encore été entendue par les enquêteurs.
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L’intégrité scientifique de la biologiste Anne Peyroche mise en question

Ancienne présidente par intérim du CNRS, la chercheuse affiliée au CEA est soupçonnée d’avoir manipulé des données dans plusieurs articles scientifiques. Elle n’a pas encore été entendue par les enquêteurs.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 15h31
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 16h56
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Lundi 8 octobre, l’Express a révélé le contenu d’un rapport relatant une enquête commandée par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), qui constate de graves manquements à l’intégrité scientifique concernant la publication d’images dans des articles scientifiques. La principale mise en cause est Anne Peyroche, chercheuse affiliée au CEA, qui avait assuré la présidence par intérim du CNRS entre décembre 2017 et janvier 2018. C’est d’ailleurs la précipitation du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche à mettre fin à son intérim, pour « empêchement », six jours avant la date prévue, qui avait attiré l’attention des médias sur une affaire jusque-là restée sous les radars.

En effet, dès le 2 novembre 2017, et jusqu’au 18, des commentaires déposés sur le site de critique des articles scientifiques, PubPeer, avaient alerté sur de possibles tricheries dans des images présentées dans cinq articles cosignés par Anne Peyroche entre 2001 et 2012.
Le 20 novembre 2017, après que ces allégations eurent été relayées par le journaliste allemand spécialisé Leonid Schneider sur son blog, le CEA a commencé à réagir. Les cahiers de laboratoires ainsi que les disques durs sont collectés et envoyés à quatre experts indépendants pour recueillir leur avis, rendu séparément en décembre. Ils assurent que certaines allégations ont l’air en effet sérieuses.
En janvier 2018, le CEA lance donc une nouvelle procédure, avec quatre experts, qui cette fois travailleront ensemble afin d’auditionner les protagonistes. Cette commission, présidée par l’immunologiste Jean-François Bach, secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie des sciences, rend ses conclusions début mai, avec des constats accablants, révélés par L’Express.

Les fautes sont de gravité variable, mais, pour les experts, dans au moins trois articles, des « falsifications » ont été trouvées, de nature...




                        

                        


<article-nb="2018/10/09/19-3">
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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Dans son livre « Lobbytomie », Stéphane Horel, journaliste d’investigation et collaboratrice du « Monde », décrypte la manière dont certaines firmes s’assurent le soutien de scientifiques de renom. Extraits.
<filname="PROF-env_sciences-3"> ¤                     
                                                   
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L’art du lobbying scientifique

Dans son livre « Lobbytomie », Stéphane Horel, journaliste d’investigation et collaboratrice du « Monde », décrypte la manière dont certaines firmes s’assurent le soutien de scientifiques de renom. Extraits.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 14h25
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 15h28
   





                        



                                


                            
Bonnes feuilles. Depuis des décennies, certaines multinationales travestissent la vérité pour maintenir sur le marché des produits pourtant jugés nocifs. S’assurant, notamment, pour y parvenir, le soutien de scientifiques de renom. Journaliste d’investigation et collaboratrice du Monde, Stéphane Horel a enquêté sur ces méthodes dans son livre Lobbytomie. Comment les lobbies empoisonnent nos vies et la démocratie, en librairie le 11 octobre (La Découverte, 368 pages 21,50 euros). 

En costume sombre malgré la chaleur de plomb, le professeur Michel Aubier tourne le dos au public. Il est assis seul, quasi immobile dans l’inconfort fessier de cette banquette en bois du palais de justice qui n’a d’égal que ces bons vieux bancs de messe. 14 juin 2017, 31e chambre correctionnelle de Paris. Alors qu’il vient tout juste de prendre sa retraite, à 69 ans, l’histoire se souviendra de lui comme de la première personne condamnée en France pour avoir menti sous serment lors d’une commission d’enquête parlementaire. Et celui par qui la question du conflit d’intérêts en médecine est arrivée dans un tribunal. Six mois de prison avec sursis et une amende de 50 000 euros.
Deux ans plus tôt, en avril 2015, le pneumologue était envoyé remplacer le directeur de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, pour répondre aux questions des sénateurs sur le coût financier de la pollution de l’air. Aux élus, le chef de service à l’hôpital Bichat (Paris) tient des propos identiques à ceux qu’il avance dans les émissions télévisées où on l’invite souvent : l’impact du diesel sur la santé est minime. Quand la pollution de l’air extérieur coûte entre 68 et 97 milliards d’euros par an en France selon les conclusions du Sénat, les dépenses liées aux pathologies respiratoires ne représenteraient, selon Michel Aubier, qu’entre 2 à 5 millions par an pour l’AP-HP. Dans ce cadre solennel du Palais du...




                        

                        


<article-nb="2018/10/09/19-4">
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Pour le chercheur danois Philippe Grandjean, à l’image de la société 3M aux Etats-Unis, des entreprises encouragent la publication de travaux scientifiques, à condition que cela ne leur porte pas préjudice.
<filname="PROF-env_sciences-4"> ¤                     
                                                   
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Philippe Grandjean : « La science peut être utilisée comme instrument de marketing »

Pour le chercheur danois Philippe Grandjean, à l’image de la société 3M aux Etats-Unis, des entreprises encouragent la publication de travaux scientifiques, à condition que cela ne leur porte pas préjudice.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 14h31
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
Philippe Grandjean, 68 ans, est l’une des figures de la recherche sur l’impact sanitaire des pollutions de l’environnement. Directeur du département de médecine environnementale à l’université du Danemark du Sud et professeur associé à la Harvard School of Public Health (Etats-Unis), il a témoigné en début d’année comme expert dans une affaire opposant l’Etat du Minnesota à la société 3M. Celle-ci était accusée d’avoir pollué l’environnement pendant des décennies avec une famille de substances chimiques appelées alkyls perfluorés, une classe de molécules suspectées d’être des perturbateurs endocriniens, et notamment utilisées comme imperméabilisant dans une variété de produits (téflon, revêtements anti-taches, ustensiles de cuisine, emballages, etc.). L’affaire s’est conclue, fin février, par un accord à l’amiable avec le Minnesota à qui 3M a versé quelque 850 millions de dollars de dédommagement.
Qu’apprend-on de la manière dont les grandes entreprises utilisent la science lorsqu’on témoigne comme expert à un tel procès ?
D’abord, qu’on ne sait jamais vraiment si l’ouverture et la transparence dont elles peuvent faire preuve sont réelles. Par exemple, les scientifiques de 3M avaient publié, dans une revue scientifique, une étude montrant que des ouvriers exposés à de hautes doses des composés fluorés produits par la société étaient parfaitement sains. Leurs paramètres biologiques étaient normaux. Mais 3M a dû, pour l’instruction de cette affaire l’opposant à l’Etat du Minnesota, divulguer la version de travail, c’est-à-dire le brouillon de cette étude. Et il s’est avéré que cette version préliminaire était complètement différente de ce qui avait été publié dans la revue : dans sa première version, l’étude contenait environ une vingtaine de tableaux de données où l’on constatait un lien fort entre ces produits et des dégâts sanitaires importants. Rien de tout cela n’était dans la version publiée.
En quoi cela...




                        

                        


<article-nb="2018/10/09/19-5">
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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Les questionnements sur l’impact des liens d’intérêts sur les travaux scientifiques remontent à une trentaine d’années.
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤                     
                                                   
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La lente prise de conscience du poids de l’argent sur la recherche

Les questionnements sur l’impact des liens d’intérêts sur les travaux scientifiques remontent à une trentaine d’années.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 11h33
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 14h29
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
L’utilisation de la science par des intérêts privés est l’une des thématiques centrales de Lobbytomie, le livre-enquête de notre collaboratrice Stéphane Horel, qui paraît jeudi 11 octobre aux éditions La Découverte (368 pages, 21,50 euros). Dans le monde académique, l’intérêt suscité par cette question – les liens d’intérêts agissent-ils sur la science ? – est récent : il ne remonte qu’à un peu plus de trois décennies. Singulièrement depuis le début des années 1990, un nombre croissant de chercheurs en sociologie et en histoire des sciences, mais aussi en nutrition, en toxicologie ou en épidémiologie, s’engagent dans des travaux visant à réexaminer les résultats ou les orientations de ces disciplines au prisme des financements et des conflits d’intérêts.

« L’une des premières tentatives de répondre scientifiquement à la question de savoir si le financement d’une étude pouvait avoir un impact sur son résultat a été une étude publiée au milieu des années 1980 dans laquelle un chercheur, Richard Davidson, a divisé en deux groupes toutes les études cliniques comparant différentes thérapies, avec d’un côté celles financées par l’industrie, et de l’autre côté, toutes les autres, raconte Sheldon Krimsky, professeur à la Tufts University de Boston (Etats-Unis), le premier à avoir formalisé la notion de « biais de financement » (funding effect en anglais) et auteur d’un ouvrage pionnier sur le sujet (La Recherche face aux intérêts privés, Les Empêcheurs de penser en rond, 2004). Sa conclusion était que les travaux sponsorisés par les industriels différaient dans leurs résultats de ceux financés par d’autres sources. »
Difficile à accepter par de nombreux chercheurs ou médecins, l’idée que la science n’est pas nécessairement souveraine a été très tôt mise à profit par divers intérêts privés. De nombreux travaux d’histoire des sciences montrent sans ambiguïté, à partir d’archives industrielles, que les...




                        

                        


<article-nb="2018/10/09/19-6">
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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Une campagne de mesure vient de regrouper plusieurs scientifiques en Corse. L’objectif ? Mieux saisir la formation des éclairs.
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La foudre, objet d’étude indomptable

Une campagne de mesure vient de regrouper plusieurs scientifiques en Corse. L’objectif ? Mieux saisir la formation des éclairs.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 06h00
    |

                            Vahé Ter Minassian (Solenzara (Corse), envoyé spécial)








                        



                                


                            
Dans la salle de briefing de la base aérienne 126 de Solenzara, le brouhaha des hélicoptères militaires a couvert la voix des civils. Haussant le ton, Roxane Désiré ­reprend sa présentation des prévisions météo pour la semaine à venir. Sale temps, pour les chasseurs d’éclairs : il va faire beau ! « Il n’y a, dit-elle, aucun risque sérieux d’orage sur la Corse pour les cinq jours à venir. »
Enseignante à l’Ecole nationale de météorologie de Toulouse, Dominique Duchanoy est venue participer, avec deux étudiants, à Exaedre, une campagne de mesure atmosphérique qui mobilise durant un mois, en Corse, l’avion de recherche Falcon 20 de l’unité Safire du CNRS, de Météo-France et du CNES. L’objectif est excitant. Il s’agit d’enquêter sur un phénomène familier et hautement spectaculaire : la foudre.
La foudre ? Son explication semblait pourtant un secret éventé de longue date… Celle donnée par les météorologues s’appuie sur l’hypothèse d’une cellule orageuse faite de cumulonimbus qui, sous l’effet cumulé des courants d’air internes, du vent et des entrechoquements de cristaux de glace et d’hydrométéores de multiples familles, se chargent en électricité statique dans certaines zones. Lorsque la différence de potentiel électrique entre ces diverses parties de nuage devient importante, survient une décharge : un éclair.
Physiciens de l’atmosphère
« Sauf que le détail de ce mécanisme est encore mal connu », indique Eric Defer, chargé de recherche au CNRS au laboratoire d’aérologie à Toulouse et responsable scientifique du projet Exaedre. Le processus d’électrisation des nuages, la façon dont ces derniers évoluent en fonction des espèces d’hydrométéores qui les constituent, ou la manière dont la foudre se déclenche, puis se propage, parfois en direction du sol, mais le plus souvent, neuf fois sur dix, en altitude, sont autant de mystères peu éclaircis par les physiciens de l’atmosphère. « Or, les éclairs sont associés à un risque....




                        

                        


<article-nb="2018/10/09/19-7">
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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Pour lutter contre le réchauffement de la planète, il faudra aussi freiner la croissance démographique, estime ce collectif de scientifiques dans une tribune au « Monde ».
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Climat : « Freiner la croissance de la population est une nécessité absolue »

Pour lutter contre le réchauffement de la planète, il faudra aussi freiner la croissance démographique, estime ce collectif de scientifiques dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 11h12
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                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Ces dernières semaines, depuis la démission de Nicolas Hulot, les manifestes et articles dans les journaux se multiplient pour tirer la sonnette d’alarme et appeler les pouvoirs publics à engager une action vigoureuse et immédiate en faveur de l’environnement : réduire notre consommation d’énergie polluante et notre production de déchets, accroître l’efficacité environnementale de nos modes de production, etc.
Mais il est frappant de constater que la croissance démographique est la grande absente de ces prises de position : on fait comme si démographie et environnement étaient deux sujets séparés, alors qu’ils sont indissociablement liés.
En effet, si les efforts pour améliorer l’efficacité environnementale des pays développés restent la première priorité à court terme, à moyen et long terme, les effets combinés de la croissance à venir de la population et de l’augmentation inéluctable de la consommation par habitant (à la fois dans les pays développés et encore plus dans les pays en voie de développement) conduisent à une véritable catastrophe pour notre planète : destruction de la biodiversité, ressources en eau menacées, montée des eaux par fonte des glaciers, raréfaction des ressources halieutiques, épuisement et salinisation des terres cultivées, réchauffement de plus de 5 °C en 2100 en France avec des pointes à plus de 50 °C, déplacements massifs de populations.

Pour éviter cette catastrophe il faudra, donc, et avant tout dans les pays développés, réduire fortement nos émissions de gaz à effet de serre : c’est la transition énergétique. Mais on ne pourra pas faire l’impasse sur une réduction importante de l’accroissement de la population mondiale : c’est la transition démographique, non achevée dans bien des régions du monde.
11,2 milliards d’humains en 2100 ?
La population mondiale a déjà crû de façon exponentielle : elle est passée de 2 à 7,6 milliards entre 1950 et 2017 ! Les dernières prévisions...




                        

                        


<article-nb="2018/10/09/19-8">
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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Dans une tribune adressée au « Monde », des scientifiques s’inquiètent de la volonté d’institutions de recherche européennes de ne financer que les travaux publiés dans des revues sans abonnement.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤                     
                                                   
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Publications scientifiques : les pièges du « Plan S »

Dans une tribune adressée au « Monde », des scientifiques s’inquiètent de la volonté d’institutions de recherche européennes de ne financer que les travaux publiés dans des revues sans abonnement.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 13h37
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Depuis environ 350 ans, les articles scientifiques sont publiés dans des revues spécialisées, mises à la disposition des chercheurs par les bibliothèques universitaires. La particularité de ces revues réside dans deux aspects : le premier concerne les comités de lecture, le second est le coût faramineux de leur abonnement. Les comités de lecture contrôlent la qualité scientifique des publications en vérifiant la rigueur des résultats et des conclusions afférentes, ce qui permet d’éviter les comportements non conformes à l’éthique.
Le second point est évidemment problématique et la communauté scientifique tente, depuis l’apparition des réseaux numériques, de se défaire des éditeurs qui cherchent à maximiser leurs profits dans ce secteur. La marge brute du leader dans ce domaine (Elsevier) est de 37 % en 2017. L’Union européenne a donc décidé d’agir et de construire un cadre pérenne afin d’aider les échanges entre chercheurs.
Le nouveau cadrage de l’Union européenne s’appelle « Plan S » et prévoit d’exiger, d’ici à janvier 2020, que les résultats de recherche soient publiés dans des journaux scientifiques en libre accès pour les lecteurs (mais demandant aux auteurs des frais de publication), alors que, pour la plupart, ils sont aujourd’hui accessibles seulement après une souscription par abonnement. Un point important de ce bouleversement numérique est que les auteurs des articles scientifiques conserveront leurs droits d’auteurs. Cela semble donc idéal.

Pourtant, ce n’est pas le cas. Tout d’abord, cette transition doit se faire en moins de dix-huit mois, ce qui est pour le moins court en temps scientifique (un article peut prendre plusieurs années entre sa conception originelle et sa publication). Surtout, les chercheurs financés par les programmes de recherche adhérant au Plan S n’auront pas d’autre choix que de publier dans le cadre du Plan S, c’est-à-dire dans des revues complètement en accès libre.
Or...




                        

                        


<article-nb="2018/10/09/19-9">
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Vingt-cinq ans après le dernier recencement, une nouvelle mission étudie la biodiversité des quelque 600 km2 du lagon de Koumac. Un travail de fourmi.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 08/10/2018
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En Nouvelle-Calédonie, un récif baromètre de la biodiversité

Vingt-cinq ans après le dernier recencement, une nouvelle mission étudie la biodiversité des quelque 600 km2 du lagon de Koumac. Un travail de fourmi.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 17h20
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 11h08
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                            Yann Chavance (Koumac (Nouvelle-Calédonie)








                        



                                


                            

Chaque jour, le même rituel. Dans l’ancienne pêcherie du port de Koumac, dans le nord de la Nouvelle-Calédonie, la salle centrale reconvertie en salle des opérations est le lieu d’un casse-tête quotidien : organiser la journée du lendemain. Les équipes du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), aux manettes d’une mission scientifique de grande ampleur montée grâce à des fonds privés et publics calédoniens, doivent établir le programme d’une quarantaine de chercheurs, plongeurs, naturalistes, pilotes de bateau, bénévoles…
Devant les cartes de la région couvrant les murs, il faut jongler avec les horaires des marées, les capacités de chaque bateau, les conditions météo ou encore les sites déjà explorés. Dans un coin de la pièce, le grand tableau blanc qui toise les chercheurs penchés sur leurs échantillons se remplit peu à peu de noms, chacun assigné à un horaire, un bateau et un lieu.
Durant tout le mois de ­septembre, l’équipe a passé au peigne fin plus de 600 kilomètres carrés dans le lagon de Koumac, à pied ou en plongée. C’est ainsi, par le truchement du tableau blanc, que le lendemain matin une petite embarcation à moteur est envoyée à la dé­couverte d’un îlot désert, situé plus au nord dans le lagon. A bord, un spécialiste russe fait face à un chercheur allemand, assis à côté d’un Japonais luttant encore contre le sommeil. En tout, onze nationalités se côtoient pendant la mission.
Etude la plus complète possible
Après 45 minutes de traversée à peine ralentie par le passage à proximité d’une baleine curieu­se, l’embarcation coupe le moteur à quelques mètres du rivage. Tout l’équipage se précipite alors à l’eau, commençant à inspecter minutieusement les rochers le long de la plage, laissés découverts par la marée basse. Ils n’au­ront que deux heures avant que l’eau remonte, deux heures pour soulever chaque pierre et y déloger la moindre petite crevette, le moindre coquillage, qui finira sa course dans un seau ou un pot en plastique.
« Pour...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Le récif néo-calédonien avait déjà fait l’objet d’une expédition naturaliste en 1993. C’était la première d’une série de missions du Muséum national d’histoire naturelle pour inventorier des zones riches en biodiversité.
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤      googletag.cmd.push(function(){googletag.display("cover");});         En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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C’était la première d’une série de missions du Muséum national d’histoire naturelle pour inventorier des zones riches en biodiversité.       Par  Yann Chavance  Publié hier à 15h20, mis à jour hier à 15h20   Lecture 2 min.             Article réservé aux abonnés        Il y a tout juste un quart de siècle, Koumac était déjà pris d’assaut par des chasseurs de mollusques, venus en ce mois d’octobre 1993 en comité restreint. « Avec à peine quinze personnes, ce n’était pas encore l’usine, l’ambiance était presque familiale, se rappelle Virginie Héros, l’une des seules scientifiques du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) à avoir participé aux deux missions de Koumac. A l’époque, la Nouvelle-Calédonie avait connu des campagnes scientifiques en eau profonde, nous voulions donc compléter en étudiant les espèces du littoral. »            Lire aussi En Nouvelle-Calédonie, un récif baromètre de la biodiversité              En ce début des années 1990, alors que la communauté scientifique commençait à peine à prendre conscience du nombre faramineux d’espèces encore à découvrir, de tels inventaires de biodiversité restaient très marginaux. Il faudra attendre encore près de quinze ans pour que le MNHN lance conjointement avec l’ONG Pro-Natura le programme « La Planète revisitée », visant à recenser les espèces dans les zones les plus riches en biodiversité (Vanuatu, Madagascar, Papouasie…). Pour ces différentes missions, le professeur au MNHN Philippe Bouchet assure que tout est parti de Koumac, en 1993. « C’était l’expédition fondatrice, autant au niveau des méthodes que des objectifs. Depuis, nous avons amélioré notre fonctionnement, mais l’esprit est resté le même. »           Collecte d’espèces inconnues           De tous les inventaires menés par le Muséum, « Koumac 1993 », plus modeste, est le seul à avoir vu ses échantillons entièrement triés. En 2002, soit neuf ans après la phase de terrain, une publication scientifique est ainsi venue officialiser les résultats de cette première collecte à Koumac : sur les 42 zones de prélèvements de la mission, exactement 127 652 spécimens furent collectés, représentant 2 738 espèces de mollusques, dont plusieurs encore inconnues à l’époque.             googletag.cmd.push(function(){googletag.display("pave_haut");});                      — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Durant tout le mois de septembre, une quarantaine de chercheurs, naturalistes et plongeurs a passé au peigne fin le lagon de Koumac, en Nouvelle-Calédonie, pour dresser un inventaire des mollusques et des crustacés qui y évoluent.
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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ L’organisme a rendu le 3 octobre ses conclusions sur l’« affaire Voinnet-Dunoyer », qui empoisonne la recherche française depuis 2015. En cause, la fabrication illicite d’images, plus grave encore que la falsification.
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Deux biologistes sanctionnés par le CNRS

L’organisme a rendu le 3 octobre ses conclusions sur l’« affaire Voinnet-Dunoyer », qui empoisonne la recherche française depuis 2015. En cause, la fabrication illicite d’images, plus grave encore que la falsification.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 16h15
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 14h03
    |

            Hervé Morin et 
David Larousserie








                        



                                


                            
Quatre ans après ses débuts, une complexe histoire d’inconduite scientifique dans un laboratoire de biologie du CNRS a trouvé un épilogue le 3 octobre. Deux ­directeurs de recherche du CNRS, Olivier Voinnet et Patrice Dunoyer, sont sanctionnés pour « méconduite scientifique », annonce l’organisme de recherche dans un communiqué. Fait inhabituel, leurs noms sont non seulement révélés, mais aussi avant même la publication des décisions dans le Bulletin officiel du CNRS.
La décision du CNRS fait suite à une quatrième enquête menée conjointement avec l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (ETHZ, où Olivier Voinnet est détaché depuis 2010) entre septembre 2016 et janvier 2018 et qui porte sur des articles présentant leurs travaux sur les petits ARN. Deux autres enquêtes, en 2015, avaient été lancées indépendamment par les deux organismes. Et une, en 2016-2017, par l’université d’East Anglia (Royaume-Uni), où Olivier Voinnet avait fait sa thèse à la fin des années 1990, qui vient de conclure à une absence de « malhonnêteté de sa part » mais qui demande des corrections dans le manuscrit.
Côté CNRS, Olivier Voinnet écope donc d’un blâme (la sanction la plus faible de l’échelle, après l’avertissement) pour sa responsabilité de chef de groupe. Patrice Dunoyer, en détachement au ­secrétariat général de la province Sud de la Nouvelle-Calédonie ­depuis juin 2018, est rétrogradé d’un échelon pour une « responsabilité avérée » dans des retouches illicites d’images.
Images fabriquées
Le CNRS précise au Monde que cet ancien chef d’équipe à l’Institut de biologie moléculaire des plantes (IBMP) de Strasbourg est également automatiquement suspendu onze mois, puisque lors d’un précédent conseil de discipline, en 2015, il avait eu douze mois de suspension, dont onze avec sursis. A l’époque, son collègue Olivier Voinnet avait, lui, été suspendu deux ans par le CNRS, tandis que l’ETHZ lui avait donné un avertissement. Début...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Bien avant les humains, ces insectes ont bâti des champignonnières et les ont protégées grâce à des bactéries naturelles.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/10/2018
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Les fourmis, premières agricultrices bio

Bien avant les humains, ces insectes ont bâti des champignonnières et les ont protégées grâce à des bactéries naturelles.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 06h35
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Zoologie. Tous les livres d’histoire s’y accordent : l’agriculture a été inventée il y a quelque 10 000 ans, quelque part entre l’Anatolie et le Moyen-Orient, sonnant le début de l’ère néolithique. Pourtant, tous les livres se trompent.
Bien avant notre espèce, il y a quelque 57 millions d’années, un groupe de fourmis a commencé à cultiver des champignons afin de s’en nourrir. Et il a fait des petits. Aujourd’hui, pas moins de 200 espèces de fourmis attines, réparties sur l’ensemble de l’Amérique latine, ont adopté cette pratique.

Variété des techniques
Des paysannes, vraiment ? Hongjie Li, chercheuse à l’université du Wisconsin à Madison (Etats-Unis), est habituée à la question. « Typiquement, un paysan prépare un substrat, plante une semence, attend que la récolte soit prête, puis moissonne et conserve les meilleurs plants pour l’année suivante, le tout accompagné d’un programme de contrôle des nuisibles, détaille-t-elle. Eh bien, c’est exactement ce que fait la fourmi. »
La révélation ne date d’hier. En 1874, le naturaliste britannique Thomas Belt, de retour du Nicaragua, décrivait les champignonnières érigées par les fourmis attines. D’autres après lui ont montré la variété des techniques employées.
« Certaines espèces rassemblent des déjections de chenilles et des déchets verts, des cadavres d’insectes ou d’arthropodes, décrit Hongjie Li. D’autres vont découper des morceaux de plantes vivantes qu’elles rapportent au nid. » La marchandise est alors préparée par des ouvrières spécialisées qui inoculent leur précieuse moisissure afin qu’elle prospère, « en contrôlant constamment l’humidité et la température, et en protégeant la récolte contre les attaques de pathogènes », précise la chercheuse.
Un pacte avec des bactéries
Dans un article publié dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences américaine (PNAS), le 3 octobre, la biologiste...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Artisan des Consultations jeunes consommateurs ou encore des premières salles de shoot, ce psychologue clinicien milite depuis vingt ans pour améliorer la prise en charge des addictions.
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Jean-Pierre Couteron, accro à l’addictologie

Artisan des Consultations jeunes consommateurs ou encore des premières salles de shoot, ce psychologue clinicien milite depuis vingt ans pour améliorer la prise en charge des addictions.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 13h40
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            

Il peut tout à la fois citer Georges Canguilhem et Jacques Higelin… A la fin du discours de Jean-Pierre Couteron, le 24 mai à la Cité des sciences et de l’industrie, à Paris, lors des 8e Journées nationales de la fédération Addiction, la salle est debout et l’ovationne. Près de 1 500 personnes. L’émotion est palpable. Ce jour-là, il a un lumbago, la voix un peu cassée, mais il livre durant une demi-heure un discours brillant sur l’homme augmenté.
S’il a passé la main en tant que président de la fédération Addiction – un réseau de 210 associations –, le 5 juillet, au ­psychiatre bordelais Jean-Michel Delile, Jean-Pierre Couteron reste au conseil d’administration de la fédération, et occupe une fonction de porte-parole. Il commence aussi un enseignement au Conservatoire national des arts et ­métiers (CNAM). Le tout en poursuivant son activité clinique au centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie et à la Consultation jeunes consommateurs (CJC) de l’association Oppelia de Boulogne-Billancourt, où il exerce depuis quatre ans.
C’est l’homme de trois grandes batailles. D’abord pour les jeunes. Il a été l’un des artisans des CJC. Entre la prévention et le soin, ce dispositif né en 2004 pour les consommateurs de cannabis s’est élargi aux autres addictions. Jean-Michel Delile se souvient : « Il y a une vingtaine d’années, Jean-Pierre, alors jeune psychologue, nous bousculait en nous parlant des expériences menées en Australie. C’était un véritable précurseur. »
Son deuxième combat, moins médiatique : l’ouverture des communautés thérapeutiques. Ce modèle décrié est peu connu. Il en existe aujourd’hui une dizaine en France. Il est selon lui « nécessaire de disposer d’une palette de réponses en addictologie ». Son propre parcours, analytique, est ouvert à d’autres approches.
Première salle de shoot
Enfin, troisième croisade, la réduction des risques. Malgré l’hostilité politique, il s’est...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Au menu : une nouvelle planète naine aux confins du Système solaire, une colonie de termites sans le moindre mâle, début de la Fête de la science, etc.
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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Une octogénaire américaine est morte suite à la désinsectisation de son logement.
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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Reprenant les codes des « études de genre », trois Américains sont parvenus à faire publier des articles totalement farfelus dans les revues les plus en vue du domaine.
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« Culture du viol chez les chiens » : un canular trompe des revues scientifiques américaines

Reprenant les codes des « études de genre », trois Américains sont parvenus à faire publier des articles totalement farfelus dans les revues les plus en vue du domaine.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 10h52
    |

            Pierre Barthélémy








                        


Peter Boghossian et James Lindsay sont de petits farceurs. En 2017, ces deux Américains – le premier enseigne la philosophie à l’université d’Etat de Portland (Oregon), le second, titulaire d’un doctorat en mathématiques, est essayiste – avaient piégé la revue Cogent Social Sciences en lui faisant publier une pseudo-étude tendant à montrer que le pénis ne devait pas être considéré comme l’organe masculin de la reproduction mais comme une construction sociale.
Au fil de cet article, que ses auteurs décrivirent ensuite comme « un papier de 3 000 mots d’inepties totales se faisant passer pour de l’érudition universitaire », on caricaturait certaines études de genre en expliquant notamment que le pénis était la source d’une culture du viol, y compris du viol de la nature, et donc en partie responsable du réchauffement climatique…

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                Une revue scientifique piégée par un canular sur le pénis



Ce canular, assez facile car dirigé contre une revue de peu d’envergure, a donné des idées à Peter Boghossian et James Lindsay, qui ont décidé de pousser la farce un cran plus loin, avec l’aide d’Helen Pluckrose, la rédactrice en chef d’Areo. Cette revue en ligne a publié, mardi 2 octobre, un long article signé des trois comparses expliquant comment, depuis un an, ils étaient passés, avec un certain succès, à la phase industrielle du canular en sciences humaines et sociales, rédigeant vingt études bidon en l’espace de dix mois et les soumettant à des revues plus réputées que Cogent Social Sciences.
Les journaux ciblés publient essentiellement des travaux sur les questions du genre, de la sexualité, de l’identité ou de l’origine ethnique, un champ d’étude que Boghossian, Lindsay et Pluckrose estiment « corrompu », au sens où l’idéologie y aurait pris le pas sur la recherche de la vérité. Selon ce trio, ces disciplines sont gangrenées par une culture du « grief », c’est-à-dire une obsession à attribuer les discriminations dont souffrent certaines personnes (en raison de leur sexe, de la couleur de leur peau ou de leur orientation sexuelle) aux machinations d’un groupe dominant – les hommes blancs hétérosexuels, pour schématiser.
Les trois auteurs se sont donc glissés dans le moule qu’ils critiquent, s’imprégnant des notions, du vocabulaire et des codes de ces « études de grief » et flattant « les préconceptions idéologiques des éditeurs », comme l’écrivait le physicien Alan Sokal après son retentissant canular de 1996.
Seules six études rejetées
Le bilan de l’expérience est à la fois édifiant et inquiétant. Sur les vingt études en question, seulement six ont été rejetées. Sept autres ont été acceptées pour publication – quatre d’entre elles sont effectivement parues et trois autres étaient sur le point de l’être quand les auteurs sont sortis du bois –, et les sept dernières étaient en cours de révision/correction.
Les articles publiés flirtent souvent avec le grotesque. L’un d’eux met ainsi en scène une chercheuse inventée étudiant, dans les parcs canins, la culture du viol chez les chiens et se demandant s’il est possible de réduire les tendances aux agressions sexuelles des hommes en les dressant comme on dresse leurs compagnons à quatre pattes. L’étude a été publiée par Gender, Place & Culture et l’un de ses relecteurs a écrit à son sujet : « C’est un papier merveilleux, incroyablement novateur, riche en analyses et extrêmement bien écrit et organisé », etc.
Autre exemple, une étude parue dans Sexuality & Culture, qui encourage les hommes hétérosexuels à s’introduire des godemichés dans l’anus pour faire baisser leur homophobie… Un des reviewers s’est enthousiasmé pour ce « travail », assurant qu’il s’agissait d’« une contribution incroyablement riche et passionnante à l’étude de la sexualité et de la culture, et en particulier l’intersection entre masculinité et analité ». Sic.
« Nous n’aurions pas dû pouvoir publier l’un de ces si mauvais articles dans un journal, encore moins sept », écrivent Boghossian, Lindsay et Pluckrose, qui soulignent à quel point le sacro-saint système de relecture par les pairs est inopérant dans ce domaine. Ils révèlent d’ailleurs avoir été sollicités à quatre reprises pour relire et évaluer les articles de véritables chercheurs. Ils ont décliné de le faire pour des raisons éthiques. Le compte rendu de leur canular dans Areo se termine par un appel « aux plus grandes universités à commencer un examen méticuleux de ces domaines d’étude (…) de façon à séparer les spécialistes et les disciplines qui produisent du savoir de ceux qui produisent du sophisme constructiviste ». Bref à renouer avec la méthode scientifique.

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                L’Autolib’, révélatrice de la sociologie postmoderne



Reste à savoir quel impact réel ces révélations auront dans le monde universitaire. Sociologue au CNRS et lui-même coauteur d’un canular en 2015, Arnaud Saint-Martin s’avoue « partagé » quant au travail des trois Américains. « On sait qu’un certain nombre de disciplines sont infectées par du “bullshit”, dit-il. Ce qu’ils ont fait est très construit, avec une méthodologie où l’on teste un certain nombre de choses avec joie. Mais on peut se demander qui est l’adversaire, s’il est si puissant, si présent que cela. Ils ne donnent pas de noms, pas de départements universitaires, pas de colloques-phares… » 
Autre interrogation : l’affaire ne risque-t-elle pas d’avoir des effets délétères sur les chercheurs qui travaillent sérieusement sur les discriminations ? « Il existe un anti-intellectualisme rampant aux Etats-Unis, et cela peut donner des arguments béton à l’“alt-right” », analyse Arnaud Saint-Martin. Quand on ose ce genre de canular pour redonner une santé à la science, on risque aussi d’aider ceux qui la combattent.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Cette mesure sera discutée au Parlement à la fin de l’année, dans le cadre de la révision de la loi de bioéthique.
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<article-nb="2018/10/09/19-19">
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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Santé publique France a confirmé jeudi que des bébés sont nés sans mains, bras ou avant-bras dans des périmètres restreints de l’Ain, en Loire-Atlantique et en Bretagne.
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Les autorités sanitaires confirment des cas groupés de bébés malformés, sans identifier de cause

Santé publique France a confirmé jeudi que des bébés sont nés sans mains, bras ou avant-bras dans des périmètres restreints de l’Ain, en Loire-Atlantique et en Bretagne.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 13h35
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 06h32
   





                        


Des cas groupés de bébés nés sans mains, bras ou avant-bras dans trois endroits de France ont alerté les autorités sanitaires ces dernières années, mais aucune cause n’a pu être mise en évidence par leurs enquêtes, ont-elles annoncé jeudi 4 octobre. Ces cas ont été observés dans l’Ain (sept naissances entre 2009 et 2014), en Loire-Atlantique (trois naissances entre 2007 et 2008) et en Bretagne (quatre naissances entre 2011 et 2013), à chaque fois dans un périmètre restreint. Ils ont suscité des inquiétudes dans les zones concernées.
Pour l’Ain, « l’analyse statistique ne met pas en évidence un excès de cas par rapport à la moyenne nationale, et Santé publique France n’a pas identifié une exposition commune à la survenue de ces malformations », a expliqué l’agence sanitaire dans un rapport publié jeudi. « Pour la Loire-Atlantique et la Bretagne, l’investigation a conclu à un excès de cas. Cependant, aucune exposition commune n’a été identifiée », a-t-elle poursuivi.
150 cas par an en France
Appelée « agénésie transverse des membres supérieurs », cette absence de formation d’une main, d’un avant-bras ou d’un bras au cours du développement de l’embryon représente moins de 150 cas par an en France.
Les causes peuvent être génétiques, liées à des contraintes physiques ou dues à des substances toxiques (alimentation, environnement, voire médicaments dans le cas de la thalidomide, antinauséeux qui avait fait naître des milliers d’enfants sans bras entre 1957 et 1962). Plusieurs facteurs entrent sans doute en ligne de compte.
Les investigations ont été menées sous deux formes : la recherche statistique d’un excès de cas, d’une part, et, de l’autre, une enquête auprès des parents, via des questionnaires. Le but des questionnaires est de tenter de comprendre quels produits (pesticides, médicaments, produits ménagers…) auraient éventuellement pu provoquer les malformations.
« On n’a pas d’élément démontré pour dire que tel produit est responsable », a affirmé Jean-Claude Desenclos, directeur scientifique de Santé publique France lors d’une conférence de presse. Par exemple, en ce qui concerne les pesticides, « les calendriers d’épandage ne correspondaient pas à la période-clé de fragilité durant la grossesse », a expliqué l’épidémiologiste Bertrand Gagnière, qui a enquêté sur les cas de Bretagne.
Conclusions contestées
Concernant le cas de l’Ain, les conclusions ont été contestées par le Registre des malformations en Rhône-Alpes (Remera), structure basée à Lyon qui avait donné l’alerte pour ce département. C’est l’un des six registres des malformations congénitales de France.
« On tombe des nues », a déclaré sa directrice générale, l’épidémiologiste Emmanuelle Amar, lors d’un entretien téléphonique avec l’AFP. Elle accuse Santé publique France d’avoir fait des « erreurs » de méthodologie.
Le Remera a mené sa propre étude, dans laquelle il conclut que le nombre de cas dans l’Ain est statistiquement significatif. Mais lui et Santé publique France ne s’accordent pas sur la méthodologie.
Plus généralement sur les trois séries de cas, dans la mesure où aucune hypothèse n’a émergé des questionnaires, les enquêtes n’ont pas porté sur un produit en particulier. « Il ne suffit pas de dire “C’est l’environnement, c’est l’agriculture”, dit le docteur Gagnière. En l’absence d’hypothèses, il ne sert à rien de lancer des recherches tous azimuts : on sait par expérience que ça ne débouche sur aucun résultat. » 
« Il y a eu une investigation »
Un argument contesté par Emmanuelle Amar : « Dire “On n’a pas trouvé la cause, alors on ne la cherche pas” est un raisonnement étrange », a-t-elle objecté. « Il peut y avoir un débat scientifique, mais il y a eu une investigation et on ne peut pas considérer que Santé publique France nierait l’existence de signaux », a souligné François Bourdillon, directeur général de l’agence sanitaire, qui maintient la surveillance pour repérer d’éventuels nouveaux cas.
Cette controverse intervient alors que le Remera s’inquiète pour son avenir. La région Auvergne-Rhône-Alpes et l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) ont stoppé leur financement, selon sa responsable. L’autre partie de ses fonds provient de Santé publique France et de l’Agence du médicament (ANSM). « Il n’a jamais été question d’arrêter notre financement », a assuré M. Bourdillon.
Pour mieux repérer les malformations congénitales, Santé publique France souhaite créer une fédération nationale des six registres (Bretagne, Paris, Antilles, Réunion et deux en Auvergne-Rhône-Alpes, dont le Remera) pour disposer d’une base de données commune.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Voici les principales informations à retenir sur les douze lauréats récompensés cette année.
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Qui sont les lauréats des prix Nobel 2018 et qu’ont-ils accompli ?

Voici les principales informations à retenir sur les douze lauréats récompensés cette année.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 12h56
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 13h15
    |

            Anne-Aël Durand et 
Gary Dagorn








                        


Les lauréats de tous les prix Nobel sont désormais connus. Neuf hommes et trois femmes ont été récompensés dans cinq disciplines : médecine, physique, chimie, paix et économie (le prix Nobel de littérature n’ayant pas été remis cette année). Voici un aperçu de leurs réalisations.
Médecine : le système immunitaire contre le cancer
Le prix Nobel de médecine a récompensé cette année deux chercheurs, l’un japonais, l’autre américain, ayant travaillé sur une nouvelle façon de combattre les cellules cancéreuses. Tasuku Honjo et James P. Allison ont mené des travaux similaires qui montrent qu’il est possible d’utiliser le système immunitaire d’un malade pour éliminer les tissus cancéreux. C’est ce qu’on appelle désormais l’immunothérapie.
Tasaku Honjo, le premier, a commencé à travailler en 1992 à une protéine présente sur la surface des cellules tueuses de notre système immunitaire, les lymphocytes T. Cette protéine, baptisée PD-1, agit comme un frein à l’action des lymphocytes T afin que la réaction immunitaire soit proportionnée à la menace et ne se retourne pas contre les cellules saines. Après plusieurs années de recherche, Honjo a découvert qu’en inhibant la protéine PD-1, les lymphocytes pouvaient s’attaquer bien plus facilement aux cellules cancéreuses et ainsi combattre les tumeurs.
C’est à peu près la même découverte que fit James P. Allison à l’université de Berkeley, en Californie, lorsqu’il s’aperçut qu’une autre protéine, la CTLA-4, fonctionnait aussi comme un frein à la réaction immunitaire du corps. Des expériences menées en 1994 pour bloquer CTLA-4 chez des souris atteintes d’un cancer ont montré des résultats spectaculaires de rémission. Après plusieurs années d’efforts, des essais cliniques en 2010 ont abouti à des résultats prometteurs chez des patients humains atteints de mélanomes avancés. Plusieurs patients ont ainsi vu disparaître toute tumeur maligne grâce à cette technique, alors que les autres traitements avaient échoué auparavant.
L’immunothérapie permet aujourd’hui d’augmenter significativement le taux de rémission des patients atteints de cancers jugés incurables avant et représente une source d’espoir pour des cancers tels que les mélanomes, les lymphomes, le cancer du poumon ou celui de la vessie.

        Focus sur le Nobel de médecine
         

          qui sacre la percée de l’immunothérapie du cancer



Physique : les lasers à l’honneur
Le 112e prix Nobel de physique a récompensé cette année trois chercheurs : Arthur Ashkin, Gérard Mourou et Donna Strickland. Le premier pour l’invention des pinces optiques et leur application dans le domaine médical ; les seconds pour l’invention d’une technique de génération de rayons laser très intenses ayant permis d’améliorer grandement la chirurgie optique.
Les pinces optiques d’Arthur Ashkin sont un outil révolutionnaire inventé en 1987. Il s’agit de manipuler des objets physiques microscopiques, tels que des atomes, des molécules, des virus ou des bactéries grâce à des rayons laser. Cela peut sembler étonnant, mais cette technique utilise la pression que la lumière peut exercer sur les choses pour les déplacer. Cette invention majeure a trouvé de multiples applications en médecine et en biologie, où il est devenu bien plus facile de manipuler des organismes vivants microscopiques sans les endommager, permettant des manipulations quasi aisées et une recherche médicale plus poussée.
Quant à Gérard Mourou, chercheur à Polytechnique et à l’université du Michigan, et à Donna Strickland, chercheuse à l’université canadienne de Waterloo, ils sont les inventeurs d’une technique capable de générer de très puissantes et précises impulsions laser, grâce à une technique unique appelée « chirped pulse amplification » (ou CPA, « amplification à dérive de fréquence », en français). Celle-ci a notamment trouvé une application massive dans la chirurgie de correction des yeux et pourrait se révéler utile dans de nombreux autres domaines.

        Focus sur le Nobel de physique :
         

          trois chercheurs, dont un Français, récompensés pour leurs travaux sur les lasers



Chimie : l’évolution accélérée en éprouvette
Le Nobel de chimie 2018 a été décerné à trois spécialistes de l’« évolution dirigée » en éprouvette. Le jury suédois a attribué la moitié du prix à l’Américaine Frances Arnold (Caltech, Pasadena, Californie), tandis que son compatriote George Smith (université du Missouri, Columbia) et le Britannique Gregory Winter (université de Cambridge) se sont partagé l’autre moitié.
Frances Arnold a essayé, au début des années 1990, de reproduire le processus d’évolution naturelle, mais en accéléré, en laboratoire. Elle a obtenu des enzymes totalement nouveaux, en partant de gènes naturels, qui codent leur synthèse dans l’ADN. Elle a d’abord créé de vastes collections de mutants génétiques et a passé au crible les molécules produites pour ne retenir que celles qui étaient les plus performantes dans une situation donnée. Comme une sélection variétale de graines, mais à l’échelle microscopique et en accélérant les saisons.
George Smith a mené des expériences similaires sur des peptides, de petites molécules de moins d’une dizaine d’acides aminés (les composants de base des protéines), qu’il cherchait à lier à des cibles moléculaires spécifiques. En 1985, il découvre qu’un bactériophage, virus infectant les bactéries, peut être le bon outil pour façonner à sa guise des peptides qu’il pourra ensuite passer au crible pour sélectionner ceux qui l’intéressent, comme à travers le tamis d’un chercheur d’or. Le Britannique sir Gregory Winter s’est inspiré de cette technique pour sélectionner des anticorps, molécules bien plus complexes. Il a déposé des brevets et créé des sociétés (dont Cambridge Antibody Technology) pour utiliser ces recherches dans un but thérapeutique.

        Focus sur le Nobel de chimie
         

          pour des travaux sur l’évolution en éprouvette



Paix : la lutte contre les violences sexuelles comme arme de guerre
Le prix Nobel de la paix a été attribué, vendredi 5 octobre, au médecin gynécologue congolais Denis Mukwege et à l’Irakienne yézidie Nadia Murad, ex-esclave de l’organisation Etat islamique (EI), « pour leurs efforts pour mettre fin à l’emploi des violences sexuelles en tant qu’arme de guerre ». Tous deux avaient déjà reçu le prix Sakharov, décerné par le Parlement européen.
Nadia Murad, 25 ans, est devenue la porte-voix des yézidis persécutés par les djihadistes. Son village, dans le nord de l’Irak, a été attaqué par l’Etat islamique en août 2014. Les hommes ont été tués, les enfants enrôlés comme soldats et les femmes réduites en esclaves sexuelles. Mariée de force, Nadia Murad a été torturée, battue, violée, et revendue à plusieurs reprises, avant de parvenir à s’enfuir, à gagner le Kurdistan puis l’Allemagne, où elle vit désormais et poursuit son combat pour faire reconnaître les persécutions de la communauté yézidie.
Agé de 63 ans, le docteur Denis Mukwege est connu pour sa longue expérience de chirurgie réparatrice de femmes victimes de viol de guerre en République démocratique du Congo. L’hôpital qu’il a créé en 1999 à Panzi a soigné 50 000 femmes violées lors du conflit au Kivu, que le gynécologue a qualifié de « guerre contre le corps des femmes ».

        Lire aussi :
         

                Le Nobel de la paix pour Denis Mukwege, gynécologue congolais, et Nadia Murad, militante yézidie



Economie : le lien entre croissance, climat et technologie
Le prix de la Banque de Suède en sciences économiques, souvent désigné comme le « prix Nobel d’économie », a été décerné aux Américains William Nordhaus et Paul Romer, lundi 8 octobre. Il récompense leurs travaux sur l’intégration du changement climatique et de l’innovation technologique dans l’analyse macroéconomique. « Les lauréats de cette année n’apportent pas de réponses définitives, mais grâce à leurs découvertes, nous sommes près de savoir comment nous pouvons avoir une croissance économique mondiale prolongée et soutenable », a justifié l’Académie royale des sciences de Suède.
William Nordhaus, 77 ans, professeur à Yale, est le premier à avoir créé, au milieu des années 1990, un modèle quantitatif qui décrit les interactions entre économie et climat. Ces travaux font aujourd’hui autorité et servent à prédire ou à quantifier les conséquences des politiques climatiques, par exemple la taxe carbone.
Paul Romer, 62 ans, enseignant à la Stern School of Business de l’université de New York, a montré comment les forces économiques régissent la disposition des entreprises à engendrer de nouvelles idées et des innovations, jetant ainsi les fondations d’un nouveau modèle de développement, appelé « théorie de la croissance endogène ». Il a occupé durant quinze mois le poste d’économiste en chef à la Banque mondiale, dont il a démissionné au début de l’année 2018.

        Lire aussi :
         

                Le « Nobel d’économie » attribué à deux Américains pour des travaux sur la croissance durable



Littérature : l’attribution du prix 2018 est reportée d’un an, et sera annoncée en même temps que le lauréat 2019. L’Académie suédoise a traversé une « crise de confiance » due à un scandale d’agression sexuelle, qui a entraîné des démissions en série.

Le prix de sciences économiques, un presque prix Nobel
Surnommé le « prix Nobel d’économie », le prix en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel n’est pas réellement un prix Nobel au même titre que les autres (physique, chimie, médecine, paix, littérature).
En effet, l’économie ne figure pas dans la liste des disciplines qu’Alfred Nobel a désignées dans le but de distinguer les individus ayant permis des progrès remarquables pour le savoir et l’humanité dans leurs domaines.
Le prix a été créé par la Banque de Suède en 1968 et a été décerné pour la première fois en 1969. La création du prix et ses conditions d’attribution se sont toutefois faites en accord avec la Fondation Nobel et l’Académie royale des sciences de Suède (qui est chargée de décerner les prix en physique et en chimie). Le prix de sciences économiques apparaît d’ailleurs sur le site officiel des Nobel aux côtés des autres.





                            


                        

                        

