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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ La démission de l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU prive d’une figure féminine de premier plan une administration qui en compte peu.
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Donald Trump dédramatise le départ surprise de Nikki Haley

La démission de l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU prive d’une figure féminine de premier plan une administration qui en compte peu.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 18h47
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Elle s’était montrée plutôt discrète lors de l’Assemblée générale des Nations unies, fin septembre. Nikki Haley, ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, a présenté, mardi 9 octobre, sa démission au président Donald Trump, qui l’a acceptée. Ce départ qui complète le renouvellement complet, en moins de deux ans, de l’équipe chargée de la diplomatie de la nouvelle administration, à l’exception du secrétaire à la défense, James Mattis, a manifestement pris Washington par surprise.
Le président des Etats-Unis a cependant pris soin de le dédramatiser, contrairement aux nombreux précédents qui ont émaillé ses débuts. Il s’est affiché avec Nikki Haley en milieu de matinée dans le bureau Ovale, où il l’a couverte d’éloges, célébrant « un travail fantastique » qui a rendu, selon lui, la fonction à nouveau « glamour ». Il a assuré qu’elle l’avait averti « il y a environ six mois » qu’elle souhaitait faire une pause à la fin de l’année, au terme de deux courtes années en poste. Son ou sa remplaçante sera désignée dans les prochaines semaines.
Nikki Haley, qui a rappelé les six années précédentes passées comme gouverneure de Caroline du Sud, a assuré en retour que son pays était « respecté à nouveau », ce que dément pourtant une grande enquête du Pew Research Center publiée le 1er octobre. Elle a également rendu un hommage appuyé au président, insistant également sur le rôle jugé « extraordinaire » de son gendre, Jared Kushner, de sa fille, Ivanka, ainsi que de la first lady, Melania. Elle a pris soin d’ajouter qu’elle excluait totalement une candidature à la présidentielle de 2020, à laquelle Donald Trump se prépare déjà très activement. Nikki Haley n’aura, il est vrai, que 52 ans à la fin de la prochaine mandature.

Figure féminine de premier plan
Cette volonté de banaliser un départ inattendu, qui prive, en outre, une administration qui en compte peu de figures féminines de premier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le « New York Times » explique comment la société a proposé ses services à l’équipe de campagne de Donald Trump en 2016, sans dire, toutefois, si ces méthodes ont été appliquées.
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Des documents révèlent les méthodes de Psy Group, entreprise israélienne spécialisée dans la manipulation des réseaux sociaux

Le « New York Times » explique comment la société a proposé ses services à l’équipe de campagne de Donald Trump en 2016, sans dire, toutefois, si ces méthodes ont été appliquées.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 18h05
    |

            Martin Untersinger








                        


Un membre éminent de la campagne de Donald Trump a pris langue, en 2016, avec Psy Group, une entreprise israélienne spécialisée dans la manipulation sur les réseaux sociaux. Cette hypothèse, déjà évoquée dans la presse américaine, est accréditée et détaillée par trois devis que s’est procurés le New York Times et publiés lundi 8 octobre.
Dans ces documents, datés d’avril 2016, il est proposé à l’équipe de Trump de créer de faux comptes en ligne, de manipuler les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc.) et de collecter des informations afin de s’assurer le soutien de plusieurs des délégués républicains chargés d’introniser leur candidat à l’élection. L’un des trois documents de Psy Group cible tout particulièrement Ted Cruz : à l’époque, le sénateur texan est le plus sérieux opposant de Donald Trump dans la course à l’investiture, et le choix de l’establishment du Parti conservateur.
Le New York Times écrit ne pas disposer de preuves que l’équipe de Donald Trump a donné suite à ces devis. Par le biais de son avocat, le fondateur et propriétaire de Psy Group, Joel Zamel, a nié toute relation avec la campagne pour Donald Trump.
« Lion »
Sur le papier, la méthode proposée par Psy Group semble simple. A l’aide d’informations glanées notamment sur les réseaux sociaux et dans des bases de données achetées par ses soins, Psy Group classe chaque délégué dans une catégorie, fonction de sa position vis-à-vis de Donald Trump. Puis leur adresse, par le biais de faux profils soigneusement créés sur les réseaux sociaux, des messages ciblés, adaptés à leur personnalité. Le document affirme même recourir à des formes de manipulation « hors ligne », sans préciser lesquelles.
L’idée étant, in fine, de « faire pencher les délégués indécis vers Lion » le nom de code, adopté à des fins de confidentialité, désignant Donald Trump. Le prix pour cette opération était fixé à un peu plus de 3 millions de dollars.
Psy Group a aussi adressé une deuxième proposition plus classique pour récupérer des informations sur Hillary Clinton et une troisième, consistant à bombarder certaines catégories de la population américaine, notamment les « femmes de banlieues » et les « électeurs indécis » de messages hostiles visant la favorite démocrate à l’investiture.
Ces nouveaux documents éclairent un peu plus les activités troubles de Psy Group, qui emploie des anciens membres des services de renseignement israéliens et dont le slogan a été « Façonne la réalité ». Son rôle exact auprès de la campagne de Donald Trump est entouré de zones d’ombre.
Le 3 août 2016, Joel Zamel, le fondateur et propriétaire de Psy Group, a participé à une réunion entre Donald Trump Jr (fils de l’actuel président américain), Erik Prince (fondateur de l’entreprise de mercenaires Blackwater) et George Nader (milliardaire et représentant officieux des Emirats arabes unis et de l’Arabie saoudite). Proposition aurait été faite, raconte le New York Times, d’aider Donald Trump en menant, justement, une campagne de manipulation sur les réseaux sociaux.
Dans le collimateur de Mueller
Psy Group est désormais dans le viseur du procureur spécial Robert Mueller, chargé de la tentaculaire enquête sur une éventuelle ingérence étrangère dans l’élection présidentielle de 2016 et d’une possible collusion de Donald Trump et de ses équipes avec des pouvoirs étrangers.
Le Wall Street Journal avait révélé au printemps de premiers documents de Psy Group obtenus dans le cadre de l’enquête Mueller. Cette courte présentation analysait la manière dont la campagne numérique de Donald Trump avait été menée, à coups de « création de sites de fausses informations » et de « robots » destinés à « répandre l’incertitude ». Sans que le rôle éventuel de l’entreprise dans l’affaire soit parfaitement clair.
Joel Zamel a été indirectement visé par une citation à comparaître produite par le procureur spécial Mueller et des salariés de Psy Group ont été interrogés par le FBI dans le cadre de son enquête. Un mandat international a aussi été adressé, explique le New York Times, aux autorités israéliennes pour inspecter des ordinateurs ayant appartenu à l’entreprise.
Comme si l’odeur de soufre n’était pas assez soutenue, la presse américaine a aussi révélé que Psy Group avait signé, après l’élection présidentielle, un accord de partenariat avec Cambridge Analytica. Cette société est accusée d’avoir récupéré par le biais d’un sous-traitant les données personnelles de 87 millions d’utilisateurs de Facebook et de les avoir utilisées lors de la campagne de Donald Trump. Psy Group est aussi accusé en justice par un fonds d’investissement canadien d’avoir été mandaté par une entreprise concurrente pour mener une campagne de dénigrement et de diffamation sur les réseaux sociaux.
L’entreprise est actuellement en cours de liquidation en Israël faute de revenus suffisants. Les nouveaux documents montrent aussi que les réseaux sociaux, théâtre d’une opération d’ingérence russe lors de l’élection de 2016, ne doivent pas seulement se préoccuper des opérations étatiques mais de celles montées par ce type d’entreprises, spécialisées dans les coups fourrés numériques.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Nhlanhla Nene a reconnu avoir rencontré les frères Gupta, un trio de sulfureux hommes d’affaires, lorsqu’il était ministre de Jacob Zuma.
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Compte rendu

Visé par une enquête, le ministre sud-africain des finances démissionne

Nhlanhla Nene a reconnu avoir rencontré les frères Gupta, un trio de sulfureux hommes d’affaires, lorsqu’il était ministre de Jacob Zuma.


LE MONDE
              datetime="2018-10-09T17:36:28+02:00"

        Le 09.10.2018 à 17h36






    
Le ministre sud-africain des finances, Nhlanhla Nene, devant une commission d’enquête à Johannesburg, le 3 octobre 2018.
Crédits : Siphiwe Sibeko / REUTERS


Le ministre sud-africain des finances, Nhlanhla Nene, visé par une enquête sur des accusations de corruption, a présenté sa démission du gouvernement, mardi 9 octobre, a annoncé le président du pays, Cyril Ramaphosa. Il « m’a fait parvenir une lettre de démission dans laquelle il me demande de le relever de ses fonctions. […] J’ai décidé d’accepter cette démission », a déclaré M. Ramaphosa.
Cette démission intervient juste après l’annonce de l’ouverture d’une enquête administrative sur M. Nene, qui avait reconnu mercredi s’être entretenu avec un trio de sulfureux hommes d’affaires proches de l’ex-président Jacob Zuma. Le ministre avait raconté à une commission d’enquête qu’il avait été évincé du gouvernement en 2015 par M. Zuma pour avoir refusé la signature d’un juteux contrat nucléaire favorable aux frères Gupta. Il avait aussi concédé avoir rencontré les Gupta à leur domicile. Le lendemain, M. Nene avait publié une lettre pour s’en excuser, concédant une « faute » et une « erreur de jugement ».
Depuis plusieurs jours, les rumeurs allaient bon train sur un éventuel départ de M. Nene, 59 ans, nourrissant l’inquiétude des investisseurs et des marchés financiers. Depuis son arrivée au pouvoir en février, M. Ramaphosa a promis d’éradiquer la corruption et de relancer l’économie du pays, en difficulté depuis la crise financière de 2008.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le militant marocain, le cinéaste ukrainien et neuf ONG œuvrant en Méditerranée sont les finalistes retenus par le Parlement européen.
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Compte rendu

Nasser Zefzafi, Oleg Sentsov et des ONG portant secours aux migrants en lice pour le prix Sakharov

Le militant marocain, le cinéaste ukrainien et neuf ONG œuvrant en Méditerranée sont les finalistes retenus par le Parlement européen.


LE MONDE
              datetime="2018-10-09T17:07:39+02:00"

        Le 09.10.2018 à 17h07

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        Mis à jour le 09.10.2018 à 17h34






    
Des manifestants brandissent le portrait de Nasser Zefzafi à Al-Hoceima, au Maroc, le 29 mai 2017.
Crédits : FADEL SENNA / AFP


Le militant marocain incarcéré Nasser Zefzafi, le cinéaste ukrainien emprisonné Oleg Sentsov et un groupe d’ONG qui portent secours aux migrants en Méditerranée sont les trois finalistes du prix Sakharov 2018, a annoncé, mardi 9 octobre, le Parlement européen. Ce prix, créé en 1988, est décerné chaque année par le Parlement à des personnes ayant apporté « une contribution exceptionnelle à la lutte pour les droits de l’homme dans le monde ». Le lauréat sera désigné le 25 octobre par la conférence des présidents de groupe du Parlement.

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                Au Maroc, fin de la grève de la faim du leader de la contestation dans le Rif



Nasser Zefzafi est le leader du mouvement de contestation sociale « Hirak », qui a agité la région du Rif (nord du Maroc) en 2016-2017 et dont le déclencheur a été la mort d’un vendeur de poissons broyé dans une benne à ordures en octobre 2016. Il a été condamné en juin à vingt ans de prison pour « complot visant à porter atteinte à la sécurité de l’Etat », au terme de neuf mois d’un procès fleuve réunissant un total de 53 accusés. Incarcéré à Casablanca, il a mis fin le 6 septembre à une grève de la faim d’une semaine menée pour protester contre ses conditions de détention.
Un jeûne de plus de quatre mois
Le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, emprisonné en Russie, a annoncé vendredi qu’il arrêtait sa grève de la faim, disant vouloir éviter d’être nourri de force après un jeûne de plus de quatre mois qui a suscité une mobilisation internationale pour sa libération. Arrêté chez lui en mai 2014, il a été condamné en août 2015 à vingt ans de prison pour « terrorisme » et « trafic d’armes », à l’issue d’un procès qualifié de « stalinien » par l’ONG Amnesty International.

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                Oleg Sentsov fait citoyen d’honneur de la Ville de Paris



Enfin, un groupe d’ONG qui « protègent les droits de l’homme et sauvent la vie des migrants en Méditerranée » fait également partie des trois finalistes de ce prix doté de 50 000 euros, selon le communiqué du Parlement. Parmi ce groupe de neuf ONG figurent notamment Médecins sans frontières et Save the Children.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Quels défis pour les armées françaises ? L’ancien chef d’Etat major des armées Pierre de Villiers en a débattu samedi 6 octobre au Monde Festival.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Nommée par Donald Trump en janvier 2017, Nikki Haley a notamment pesé sur les dossiers israéliens au sein des Nations unies.
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Démission de Nikki Haley, ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU

Nommée par Donald Trump en janvier 2017, Nikki Haley a notamment pesé sur les dossiers israéliens au sein des Nations unies.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 16h41
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 18h49
   





                        



   


Le président des Etats-Unis a confirmé, mardi 9 octobre, la démission de Nikki Haley, ambassadrice des Etats-Unis devant l’Organisation des nations unies (ONU), « à la fin de l’année ».
« Ce fut l’honneur d’une vie » de servir en tant qu’ambassadrice, a déclaré Nikki Haley depuis le bureau ovale de la Maison blanche, où elle s’est entretenue avec Donald Trump, devant plusieurs journalistes. « Non, je ne serai pas candidate en 2020 » a-t-elle ajouté, démentant toute ambition à se présenter aux prochaines élections présidentielles. Elle a déclaré vouloir soutenir la campagne de Donald Trump pour sa réélection.
Nikki Haley avait exprimé il y a six mois son souhait de « prendre une pause », a de son côté expliqué Donald Trump, sans que d’autres raisons de son départ ne soient évoquées. « Nous avons résolu beaucoup de problèmes ensemble », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il la considérait comme une personne « très spéciale ». Il a également annoncé qu’un remplaçant au poste d’ambassadeur devant les Nations unies serait nommé d’ici « deux à trois semaines ».
Nikki Haley aurait discuté de son départ avec Donald Trump lors d’une rencontre à la Maison Blanche la semaine dernière, selon le site d’information Axios, qui a révélé l’information. Selon la rédaction de CNN, elle aurait prévenu dans la matinée de mardi son équipe qu’il « était temps de tourner la page » après deux ans au poste d’ambassadrice.

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Première femme nommée dans l’administration Trump
L’ancienne gouverneure de Caroline du Sud, première femme nommée dans l’administration de Donald Trump en janvier 2017 quatre jours après son investiture, s’est distinguée en portant une ligne dure notamment contre la Corée du Nord et l’Iran, les deux principaux dossiers de politique étrangère de ce gouvernement.
Soutenant une forte position pro-israélienne devant les Nations unies, elle s’est notamment impliquée sur le dossier du transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, sans parvenir à obtenir un soutien suffisant au sein des Nations unies. Elle a également supervisé la sortie des Etats-Unis du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, en juin 2018.
Après l’arrivée à la Maison Blanche du milliardaire, novice en relations internationales, elle avait occupé le devant de la scène diplomatique américaine, profitant de l’effacement médiatique du secrétaire d’Etat de l’époque, Rex Tillerson. Elle est apparue davantage en retrait depuis que le département d’Etat a été confié à Mike Pompeo, un responsable politique très proche de Donald Trump.
L’une des images fortes de son passage aux Nations unies restera son départ du Conseil de sécurité au moment où l’ambassadeur palestinien, Riyad Mansour, prenait la parole pour appeler à une aide internationale pour son peuple, le 15 mai 2018. Les Etats-Unis ont bloqué à plusieurs reprises, ces derniers mois, des résolutions condamnant la politique israélienne vis-à-vis des territoires palestiniens.

   


Dès sa nomination, Nikki Haley a su se dégager une marge de manœuvre politique face à l’omniprésence de Donald Trump sur les sujets internationaux, n’hésitant pas à rendre publics ses désaccords avec le président. « Je ne suis pas d’accord avec lui sur tout », a-t-elle écrit dans une tribune publiée dans le Washington Post, au début du mois de septembre.
En février 2016, en pleine campagne pour l’élection présidentielle, elle avait jugé que le milliardaire incarnait « tout ce qu’un gouverneur ne veut pas d’un président ». Juste avant la victoire du candidat républicain, le 8 novembre 2016, Nikki Haley se disait même « pas fan » de Donald Trump.
Née en Caroline du Sud au sein d’une famille originaire du Pendjab, en Inde, Nikki Haley a travaillé dans la petite entreprise de vêtements appartenant à l’époque à sa mère, avant de se lancer en politique, gravissant les échelons au niveau de l’Etat jusqu’au poste de gouverneur. Initialement de confession sikh, elle se définit désormais comme chrétienne et a rejoint le culte méthodiste, un mouvement religieux protestant.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ L’île de Sulawesi a été frappée par un séisme et un tsunami le 28 septembre. Un nouveau bilan provisoire fait état de 2010 morts et plus de 10 000 blessés.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Les secouristes vont bientôt cesser de chercher des corps dans les deux quartiers où 5 000 personnes auraient péri dans le séisme qui a frappé le pays le 28 septembre.
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Séisme en Indonésie : à Palu, des fosses communes pour l’éternité

Les secouristes vont bientôt cesser de chercher des corps dans les deux quartiers où 5 000 personnes auraient péri dans le séisme qui a frappé le pays le 28 septembre.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 15h40
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 18h28
    |

            Bruno Philip (Palu ( Indonésie), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Au loin, on ne distingue que les casques rouges des sauveteurs indonésiens qui progressent lentement dans les ruines. Quand ils s’approchent, on réalise qu’ils transportent de longs sacs jaunes, des civières en plastique où reposent des corps à l’instant retrouvés. Une petite foule de curieux – parfois de rares survivants venus fouiller les restes de leurs maisons – regarde en silence passer le funèbre cortège qui laisse à son passage traîner les effluves de la mort. Dans la première civière, une forme légère : celle d’un garçonnet. La deuxième transporte une masse plus volumineuse : « C’est une femme et son enfant dans les bras », glisse un sauveteur. Etreints jusqu’au bout : durant le séisme, dans la mort, sur la route vers la tombe.

A Petobo, village de la banlieue de Palu où vivaient plus de 2 000 personnes avant le séisme, la terre molle de l’après-catastrophe semble à tout moment menacer d’engloutir le marcheur : quand le tremblement de terre a secoué ce quartier, l’une des deux zones où la catastrophe risque d’avoir fait le plus de morts, le sol s’est « liquéfié », transformé en un mélange d’eau et de boue qui emportait tout : des gens ont raconté que des maisons, des mosquées, ont bondi dans les airs tandis que la terre ondulait sauvagement sous eux. Celles et ceux qui n’ont pas pu s’enfuir à temps ont été aspirés par ce sol mou qui, par endroits, cède encore sous les pas.

On a beau scruter le lointain pour essayer de distinguer quelque chose, il n’y a plus rien. Petobo, le pays de l’infinie désolation. Selon les autorités, 5 000 personnes – dont on est pour la plupart sans nouvelles – habitaient à Petobo et à Balaroa, les deux zones les plus touchées de l’agglomération de Palu (capitale de la province centrale de Sulawesi) et de ses environs. Dans le complexe d’habitations de Balaroa, qui fut le fruit d’un projet gouvernemental destiné à permettre à des familles modestes d’acquérir des maisons à des prix modérés,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ De nombreuses journalistes indiennes ont dénoncé sur Twitter les avances sexuelles inappropriées faites par M.J. Akbar lorsqu’il était à la tête de différentes rédactions.
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#MeToo : un ministre indien accusé de harcèlement sexuel

De nombreuses journalistes indiennes ont dénoncé sur Twitter les avances sexuelles inappropriées faites par M.J. Akbar lorsqu’il était à la tête de différentes rédactions.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 15h08
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 17h31
   





                        



   


Un an après son apparition dans le reste du monde, le mouvement #MeToo a atteint un membre du gouvernement de Narendra Modi. Mobasher Jawed Akbar, ministre de second rang du ministère des affaires étrangères indien, se trouvait mardi 9 octobre au centre d’accusations de harcèlement sexuel, publiées par des femmes sur les réseaux sociaux.
Vétéran du journalisme, M.J. Akbar est accusé d’avoir fait des avances sexuelles inappropriées à des jeunes femmes journalistes débutant dans le métier, selon plusieurs témoignages publiés sur Twitter.
Première femme à s’exprimer publiquement contre M.J. Akbar, la journaliste Priya Ramani a révélé lundi soir dans un tweet qu’il était le rédacteur en chef anonyme qu’elle avait décrit dans un article paru l’année dernière sur Vogue India :

I began this piece with my MJ Akbar story. Never named him because he didn’t “do” anything. Lots of women have wors… https://t.co/aDttzAm4L6— priyaramani (@Priya Ramani)


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« Je n’avais jamais donné son nom jusqu’ici parce qu’il n’avait “rien” fait. De nombreuses femmes ont des histoires bien pires à raconter sur ce prédateur – peut-être qu’elles les partageront. »
Elle y relatait un entretien d’embauche qu’il lui avait fait passer pour le journal Asian Age, lorsqu’elle avait 23 ans et lui 43, dans sa chambre d’un hôtel chic de Bombay. « Il s’avère que vous chassiez en prédateur de façon aussi brillante que vous écriviez », y écrivait la journaliste. « Vous êtes un expert en appels téléphoniques, en textos obscènes (...). Vous savez pincer, tapoter, frotter, attraper et agresser. Parler contre vous coûte encore un lourd tribut que beaucoup de jeunes femmes ne peuvent se permettre de payer », ajoutait-elle dans cette lettre ouverte.
« Une expérience profondément gênante »
D’autres femmes journalistes ont fait état sur Twitter d’expériences similaires avec celui qui, avant de passer en politique, avait occupé des postes à responsabilités dans des publications prestigieuses comme The Telegraph, Asian Age et The Sunday Guardian. A chaque fois, les témoignages évoquent des entretiens d’embauche dans une chambre d’hôtel :

#MeToo #MJAkbar 2010-11 while in @IndiaToday in Kolkata. https://t.co/9fsX8zzxkX— ShutapaPaul (@Shutapa Paul)


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He was this brilliant,flamboyant #editor who dabbled in politics, who called me-my 1st job- to his hotel room to 'd… https://t.co/HwzanXntQz— prernabindra (@prerna singh bindra)


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« C’était ce brillant et flamboyant rédacteur en chef qui s’essayait à la politique, qui m’a appelée dans sa chambre d’hôtel pour “discuter travail” dans la nuit, et qui m’avait rendu la vie impossible au travail après que j’ai refusé. Je n’avais pas pu en parler à cause de différentes contraintes, mais oui #MeTooIndia »

@prasanto @priyaramani I must clarify, however, that he didn't actually "do" anything. But the whole experience of… https://t.co/IVi9Eq05Mb— ShumaRaha (@Shuma Raha)


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« #MeToo. Année : 1995, lieu : Taj Bengal, Kolkata. Après cette rencontre, j’ai refusé l’offre d’emploi. Je dois clarifier qu’il n’a cependant jamais “rien” fait. Mais l’expérience de passer un entretien assis sur un lit dans une chambre d’hôtel, suivie d’une invitation à boire un verre le soir, était profondément gênante. »
La cheffe de la diplomatie indienne, Sushma Swaraj, n’a pas souhaité commenter ces accusations, ignorant une question d’un journaliste lui demandant si elle allait ouvrir une enquête sur cette affaire.
Un an après son apparition dans le reste du monde, la campagne féministe #MeToo avait eu peu d’écho jusqu’ici en Inde. Jusqu’à ces derniers jours. Réalisateurs, humoristes, journalistes... Plusieurs personnalités de l’industrie du spectacle et des médias se sont vues accusées publiquement de comportement inapproprié envers des femmes dans cette société patriarcale.

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Lundi, le rédacteur en chef du service politique du grand quotidien Hindustan Times a démissionné de ses fonctions à la suite d’accusations de harcèlement sexuel partagées sur Twitter.
La semaine dernière, l’actrice indienne Tanushree Dutta a annoncé avoir formellement déposé plainte contre le célèbre acteur Nana Patekar, lui reprochant une conduite déplacée durant le tournage d’une comédie romantique en 2008. D’autres actrices ont commencé à s’exprimer sur une question jusqu’alors quasiment jamais abordée dans les médias indiens. En décembre, l’actrice Swara Bhaskar a déclaré avoir été harcelée à ses débuts par un réalisateur non identifié, évoquant une culture de la « promotion canapé » à Bollywood.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ L’ex-chef d’état-major Pierre de Villiers, invité du Monde Festival samedi 6 octobre, a alerté sur les « démocraties de l’instantané » qui selon lui, usent de la force militaire sans « construire une vision à long terme ».
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Après la surprise causée par l’annonce de Maurice Kamto de sa victoire le lendemain du scrutin, des candidats font le décompte d’« anomalies » et préparent des recours.
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Décryptage

Présidentielle au Cameroun : plusieurs partis d’opposition dénoncent des « fraudes »

Après la surprise causée par l’annonce de Maurice Kamto de sa victoire le lendemain du scrutin, des candidats font le décompte d’« anomalies » et préparent des recours.

Par                                            Josiane Kouagheu (Douala, correspondance)




LE MONDE
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        Le 09.10.2018 à 14h02

     •
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        Mis à jour le 09.10.2018 à 14h06






    
Maurice Kamto, le candidat du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), dans son QG de campagne, à Yaoundé, le 8 octobre 2018.
Crédits : Zohra Bensemra / REUTERS


Ce ne sont que quelques phrases, mais elles pourraient changer la face de l’élection présidentielle au Cameroun. Au lendemain du scrutin tenu dimanche 7 octobre, Maurice Kamto, le candidat du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), a revendiqué, contre toute attente, sa victoire devant des dizaines de journalistes réunis dans son quartier général de campagne à Yaoundé.
« J’ai reçu pour mission de tirer le penalty historique. Je l’ai tiré, le but a été marqué », a annoncé lundi celui qui, durant les deux semaines de campagne électorale, sillonnait le pays en maillot des Lions indomptables, l’équipe nationale de football, et ballon rond à la main. Il promettait alors à ses partisans de « tirer le penalty au soir du 7 octobre ».

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L’ancien ministre délégué auprès du ministre de la justice, qui avait claqué la porte du gouvernement en 2011, a par ailleurs appelé Paul Biya, président du Cameroun depuis bientôt trente-six ans, à organiser « une transmission pacifique du pouvoir ».
La réaction des autorités ne s’est pas fait attendre. Maurice Kamto s’est mis « manifestement hors-la-loi », a déclaré lundi à l’AFP le ministre de la communication, Issa Tchiroma Bakary. La loi électorale dispose que les résultats sont proclamés dans les quinze jours suivant le scrutin par le Conseil constitutionnel. « On ne peut pas vouloir gouverner le Cameroun et se mettre au travers des lois qui gouvernent le Cameroun », a encore déclaré le porte-parole du gouvernement sur France 24. La veille, pourtant, il promettait « la victoire triomphale » de Paul Biya.
Bourrages d’urnes et achats de voix
« En ce moment, vous devez savoir qu’il y a des opérations pour frauduleusement changer les résultats. Les fraudes se poursuivent à une échelle que vous n’imaginez pas. Nos tendances et les remontées que nous avons du terrain montrent très clairement le sens de la victoire », explique Olivier Nissack, le porte-parole de Maurice Kamto, sans pour autant donner de chiffres ni expliquer comment ses équipes sont parvenues à ces conclusions. « On sait d’après nos calculateurs que désormais, l’écart ne peut plus être rattrapé par le président sortant », argue-t-il.

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Outre le MRC, d’autres partis d’opposition dénoncent des « fraudes » ayant entaché le scrutin à un tour. Ils citent les bourrages d’urnes, les falsifications de procès-verbaux, les achats de voix, l’absence de bulletins au nom de certains candidats dans les bureaux de vote, des scrutateurs des partis refoulés lors du dépouillement, l’utilisation d’encre non indélébile…
« A Yaoundé 5, par exemple, nous avons découvert une fabrique de fausses cartes électorales destinées à alimenter le candidat du parti au pouvoir », fulmine Emile Bindzi. Le porte-parole de Cabral Libii, plus jeune candidat à la présidentielle, assure que le parti a recensé « des fraudes sur tout le territoire et même dans la diaspora ». « A Marseille et Bruxelles, nos représentants ont été refoulés et interdits dans les bureaux de vote », précise-t-il.
Forte abstention en zone anglophone
Selon l’article 133 du Code électoral camerounais, les candidats ont jusqu’à soixante-douze heures après le scrutin pour déposer leurs requêtes auprès du Conseil constitutionnel. Lors des précédentes présidentielles, les plaintes déposées par les partis d’opposition n’ont jamais abouti. « La justice est pour les forts, déplore Emile Bindzi. Mais nos équipes travaillent afin de déposer des requêtes auprès de l’institution étatique chargée du contentieux électoral. »

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Du côté du Social Democratic Front (SDF), qui dénonce « des anomalies », les conseillers juridiques travaillent en vue de « faire des recours ». « Nous comptabilisons tous les résultats dans tous les bureaux de vote au Cameroun », souligne Henry Kejang, responsable médias de la campagne du candidat Joshua Osih. La direction générale des élections (Elecam) a quant à elle confirmé, lundi soir, la forte abstention qui a prévalu dans les zones anglophones. Le taux de participation officiel et les résultats sont attendus d’ici au lundi 22 octobre.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le libéralisme et la démocratie « ont eu raison de l’utopie politique et sociale qui a prédominé longtemps en Amérique latine », a déclaré le Prix Nobel de littérature qui participait samedi 6 octobre au Monde Festival.
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                Mario Vargas Llosa : « Il y a des raisons d’être optimiste pour l’Amérique latine »


Le libéralisme et la démocratie « ont eu raison de l’utopie politique et sociale qui a prédominé longtemps en Amérique latine », a déclaré le Prix Nobel de littérature qui participait samedi 6 octobre au Monde Festival.

LE MONDE
                 |                 09.10.2018 à 13h16
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 13h59
                 |

            Laetitia Van Eeckhout

















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Son œuvre romanesque n’a cessé de se nourrir des vieux démons latino-américains. L’écrivain et Prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa intervenait au Monde Festival samedi 6 octobre, à la veille du premier tour de l’élection présidentielle brésilienne. Et il s’est déclaré inquiet de « la tragédie » que serait l’élection de Jair Bolsonaro, ce nostalgique de la dictature militaire donné grand favori par les sondages (et arrivé de fait largement en tête lors du premier tour avec 46 % des voix).
Vargas Llosa a souligné néanmoins « le réalisme » et les bienfaits du « mouvement populaire contre la corruption » qui a gagné le pays ces dernières années. « Quels que soient les résultats des élections, le Brésil a changé », a-t-il assuré.
Tout au long de son intervention, l’écrivain péruvien s’est d’ailleurs attaché à convaincre qu’il y avait aujourd’hui « plus de raisons d’être optimiste que pessimiste sur l’Amérique latine ». A l’exception de Cuba, du Venezuela et du Nicaragua, « l’Amérique latine va beaucoup mieux que par le passé », a-t-il affirmé.

   


Continent de rêves
« Quand j’étais jeune, a tenu à rappeler le Prix Nobel devant une salle comble, il y avait une collection de dictatures militaires, brutales, corrompues, dans toute l’Amérique latine, excepté au Costa Rica et en Uruguay. Aujourd’hui on n’a plus de dictatures militaires, mais des gouvernements civils nés d’élections plus ou moins libres, et cela fait une différence énorme avec le passé. » 
Hier « exutoire des rêves politiques des Européens », l’Amérique latine aujourd’hui « n’est plus un continent de rêves, de mythes », s’est-il félicité. « C’est un continent avec des problèmes très concrets auxquels des solutions peuvent être trouvées », pourvu qu’elles soient « dans le réalisme ».
Mario Vargas Llosa se dit convaincu que « c’est le libéralisme — inséparable de l’idée de liberté — qui a enrichi la démocratie, avec des réformes sociales. La doctrine libérale a poussé la démocratie à prendre conscience des inégalités, des injustices sociales ». 

Utopie politique
Bien sûr, on est « encore très loin de la perfection politique, sociale » en Amérique latine. Mais on assiste à des progrès, n’a-t-il eu de cesse de souligner. Pour lui, « le fait même qu’aujourd’hui les Latino-Américains acceptent — parfois avec enthousiasme, parfois avec résignation — que la démocratie soit la seule façon de sortir de la pauvreté, de devenir moderne et prospère, est déjà très important ».
« L’utopie politique, sociale, est très dangereuse. Elle produit des catastrophes, des guerres, des révolutions génératrices des pires injustices »
Et l’écrivain péruvien de constater que les pays qui sont encore « dans l’utopie » sont « dans une situation tragique ». « Jamais un pays dans l’histoire de l’Amérique latine ne s’est détruit comme se détruit le Venezuela », a-t-il relevé, pointant en particulier le « cas absurde » de ce pays. En dehors des trois exceptions notables que sont le Venezuela, Cuba et le Nicaragua, Vargas Llosa n’imagine pas que les pays d’Amérique latine « puissent revenir à cette utopie collectiviste, qui a fait d’énormes ravages dans les années 50, 60. »

   


C’est pourtant encore ces démons qui seront au centre du nouveau roman sur lequel il travaille depuis un an. Cette nouvelle œuvre romanesque portera sur le coup d’Etat de 1954 au Guatemala qui, explique Mario Vargas Llosa, « a eu des conséquences catastrophiques sur le pays et sur toute l’Amérique latine, en y poussant l’extrémisme d’une manière impensable ».
« L’utopie politique, sociale, est très dangereuse. Car elle produit des catastrophes, des guerres, des révolutions génératrices des pires injustices », a martelé l’écrivain. Pour lui, la seule utopie qui vaille, c’est l’utopie artistique des romans, de la musique, de la peinture.

Revivez le Monde Festival 2018 sur le thème « Aimer ! »
Aimer ! C’était le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’est déroulée du 5 au 7 octobre à Paris.
Revivez les meilleurs moments en vidéo, mais aussi en photos. 




Laetitia Van Eeckhout
    













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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le journaliste saoudien n’est plus réapparu depuis qu’il s’est rendu au consulat le 2 octobre pour des démarches administratives.
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Disparition de Jamal Khashoggi : le consulat saoudien à Istanbul va être fouillé

Le journaliste saoudien n’est plus réapparu depuis qu’il s’est rendu au consulat le 2 octobre pour des démarches administratives.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 13h12
   





                        



   


Une fouille du consulat d’Arabie saoudite à Istanbul « va avoir lieu » dans le cadre de l’enquête sur la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, l’Arabie saoudite ayant donné son feu vert, annonce, mardi 9 octobre, le porte-parole du ministère des affaires étrangères turc.
Jamal Khashoggi, un journaliste de 59 ans critique du pouvoir de Riyad qui écrivait notamment pour le Washington Post, s’est rendu au consulat le 2 octobre, sur rendez-vous, pour des démarches administratives. Il n’a pas été revu depuis.
Dans un entretien, vendredi, à l’agence Bloomberg, le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane a affirmé que Jamal Khashoggi était effectivement « entré » au consulat mais qu’il en était sorti peu après. Il a lui-même invité les autorités turques à « fouiller » le consulat.

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                La disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi embarrasse Ankara et Washington



Les entrées et sorties du consulat vérifiées
Des responsables turcs ont affirmé, samedi soir, que, selon les premiers éléments de l’enquête, M. Khashoggi a été assassiné dans le consulat, des informations qualifiées de « dénuées de fondement » par Riyad.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a affirmé attendre les résultats de l’enquête pour s’exprimer, a assuré que les entrées et sorties du consulat, ainsi que les allers et venues à l’aéroport étaient en train d’être examinées de près. Il a toutefois appelé les autorités saoudiennes à « prouver » que M. Khashoggi a bien quitté le consulat comme elles l’affirment.
La chaîne publique turque en langue anglaise TRT World a rapporté mardi que les autorités turques soupçonnent un groupe de Saoudiens venus à Istanbul le jour de la disparition du journaliste d’être repartis avec les images de vidéosurveillance du consulat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le festival Les Ecrans de Chine, du 3 au 7 octobre à Paris, a été l’occasion de confronter différents points de vue de documentaristes sur l’Empire du milieu.
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Regards de cinéastes sur la Chine

Le festival Les Ecrans de Chine, du 3 au 7 octobre à Paris, a été l’occasion de confronter différents points de vue de documentaristes sur l’Empire du milieu.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 12h27
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 12h46
    |

            Frédéric Lemaître








                        



   


Deux femmes – une grand-mère et une poétesse – ont été à l’honneur de la huitième édition des Ecrans de Chine, festival indépendant qui projette chaque année à Paris, puis dans d’autres villes européennes, une douzaine de documentaires chinois. Dimanche 7 octobre, Michel Noll, le fondateur du festival a, au nom du jury, distingué deux films centrés sur des personnages féminins : Une famille au gouffre et Demain toujours.
Réalisé par Yao Zubiao, Une famille au gouffre (71 minutes), lauréat du China Screen d’or, décrit la coexistence difficile d’une vieille mère et de son fils dans un minuscule village du Yunnan situé dans un gouffre naturel. Les environs sont superbes. Les autorités locales qui y ont apporté l’électricité aimeraient y développer le tourisme, le fils aussi mais la mère n’entend pas se séparer de son unique bien, le porc qu’elle élève et qui réduit à néant les efforts du fils pour embellir le hameau. A travers cette plongée au cœur de la Chine profonde, le réalisateur offre une métaphore sur le conflit qui oppose les Anciens et les Modernes. Au passage, on notera cette remarque du fils, à bout d’argument : « Le président Xi Jinping arrive à bien s’entendre avec ses voisins et toi tu n’es même pas capable de t’entendre avec ta famille. »

   


Une handicapée devenue star
Le second film, distingué par le China Screen d’argent, est davantage grand-public. Réalisé par Fan Jian, Demain toujours (88 minutes) est consacré à une star chinoise, au destin exceptionnel. Née en 1976 dans un village du Hubei, Yu Xinhua est handicapée de naissance. Victime d’une paralysie cérébrale qui l’empêche de s’exprimer et de marcher normalement, cette jeune femme, mariée à un ouvrier du bâtiment qui travaille à Pékin, tue le temps en écrivant des poèmes.
Or, en 2014, l’un des ses textes, J’ai traversé la moitié de la Chine pour dormir avec toi, bouleverse les Chinois. Plus d’un million le lisent sur les réseaux sociaux. En quelques mois, la paysanne handicapée devient une star qui donne des conférences à l’université et participe à toutes sortes d’émissions à la télévision. Riche et célèbre, elle en profite pour demander le divorce au grand dam de son mari mais aussi de sa mère.

   


A travers le portrait de cette combattante, pleine d’énergie et qui ne cache pas haïr son handicap – elle refuse d’ailleurs d’être porte-parole de handicapés –, ce documentaire offre de nombreuses portes d’entrée sur la Chine : les relations entre villes et campagnes, entre hommes et femmes, entre mères et filles, entre les personnes handicapées et leur entourage…
Une vitrine internationale
Le jury a tenu à distinguer deux autres films : Turtle Rock, de Xiao Xiao, un très beau documentaire en noir et blanc sur le village où le réalisateur a passé son enfance et où rien ne semble avoir changé depuis des décennies et L’Observateur, un documentaire réalisé par une Italienne, Rita Andreetii, sur Hu Jie. Peu connu, y compris en Chine, cet ancien militaire chinois devenu documentariste et peintre met en valeur certains pans peu glorieux de l’histoire de la Chine communiste, ce qui lui vaut d’être marginalisé par les autorités.
Petit festival indépendant – et donc pauvre –, Les Ecrans de Chine a reçu cette année pas moins de 120 documentaires. Une fois projetés à Paris, les onze films retenus vont maintenant tourner dans neuf autres villes européennes, offrant à leurs réalisateurs une vitrine internationale d’autant plus appréciable qu’en Chine, les festivals de films indépendants se font de plus en plus rares.



Sur le Web : www.ecransdesmondes.org/festival/ecransdechine et www.lentrepot.fr/Festival-Ecrans-de-Chine-2018.html



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ La région belge sollicite la participation des industriels du tabac aux frais liés à la collecte des mégots de cigarettes jetés dans la rue, pour près de 200 000 euros cette année.
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Pollution des mégots : la région de Bruxelles envoie la facture à l’industrie du tabac

La région belge sollicite la participation des industriels du tabac aux frais liés à la collecte des mégots de cigarettes jetés dans la rue, pour près de 200 000 euros cette année.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 15h46
   





                        



   


Ce sont des déchets « particulièrement difficiles » à ramasser en raison de leur taille, qui « mettent des années à se décomposer ». La région de Bruxelles a demandé, lundi 8 octobre, à l’industrie du tabac de régler les frais liés à la collecte des mégots de cigarettes jetés dans la rue, qui représentent une part croissante des déchets.
La lettre a été adressée à la filiale Benelux du géant américain Philip Morris et à deux fédérations belges de fabricants : Cimabel pour les cigarettes et Fetabel pour le tabac. Elle sollicite la participation à des frais déjà engagés de quelque 200 000 euros, ainsi que le financement de futures actions « dans une logique de partenariat pérenne ».
Selon l’argumentaire de la région, qui évoque « un fléau à éradiquer », quelque dix millions de mégots sont jetés chaque jour en Belgique, dont une bonne part dans la capitale. Et la pratique est épinglée par les services de la propreté comme « une des cinq principales nuisances », avec notamment les déjections, les dépôts clandestins ou les jets de cannette.
Une démarche similaire en Flandre et en Wallonie
En 2018, une série de projets a été élaborée pour faciliter la collecte de mégots (éteignoirs de rue, cendriers de poche distribués lors de festivals, etc.), générant « un coût de 203 500 euros », précise la secrétaire d’Etat bruxelloise chargée de la propreté publique, Fadila Laanan, dans le courrier. « Considérant votre contribution financière en matière de propreté aux côtés des Régions flamande et wallonne, il semblerait opportun de s’inscrire dans une démarche similaire en Région de Bruxelles-Capitale », poursuit-elle.
A Bruxelles, les industriels du tabac ont déjà accepté de financer un organisme public chargé de la collecte et du tri des emballages, mais pas encore de contribuer au ramassage des mégots comme ils le font déjà en Flandre (nord) et se sont engagés à le faire en Wallonie (sud). Or, explique le cabinet de Mme Laanan, « on retrouve beaucoup moins de paquets de cigarettes dans l’espace public que de mégots ».
En France, les industriels du tabac ont récemment assuré travailler à des propositions visant à mettre en œuvre le principe « pollueur-payeur » dans la lutte contre la pollution engendrée par les mégots de leurs cigarettes. Ils ont été reçus, vendredi 5 octobre, par la secrétaire d’Etat auprès du ministère de la transition écologique et solidaire, Brune Poirson, qui avait exprimé « sa déception quant à l’insuffisance de leurs propositions initiales ».

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Eric Swildens a obtenu l’annulation de la quasi-intégralité d’un brevet utilisé dans la conception d’un lidar, obtenu en 2013 par le moteur de recherche.
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Voiture autonome : un ingénieur met des bâtons dans les roues de Google

Eric Swildens a obtenu l’annulation de la quasi-intégralité d’un brevet utilisé dans la conception d’un lidar, obtenu en 2013 par le moteur de recherche.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 11h35
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



   


Eric Swildens n’est pas un avocat spécialisé en propriété intellectuelle payé jusqu’à 1 000 dollars (872 euros) de l’heure. Il vient pourtant de triompher de Google devant l’USPTO, le bureau américain des brevets. Mi-septembre, celui-ci a donné une suite favorable à sa demande de réexamen, annulant quasiment l’intégralité d’un brevet obtenu en 2013 par le moteur de recherche. « Il n’aurait jamais dû être accordé », souligne M. Swildens, interrogé par le site Ars Technica.

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Ce brevet porte sur un circuit imprimé utilisé dans la conception du lidar, le système de lasers qui permet aux voitures sans conducteur de cartographier l’environnement et les obstacles en temps réel. Il a joué un rôle central dans la bataille judiciaire qui a opposé jusqu’en début d’année Waymo, filiale de Google, et Uber. La plate-forme de voitures avec chauffeurs était accusée d’avoir volé des secrets industriels, grâce au recrutement d’un ancien ingénieur de Google.
Les avocats d’Uber n’ont jamais cherché à remettre en question la validité du brevet de Waymo. En août 2017, la société s’est ainsi engagée à modifier son lidar pour ne plus utiliser un circuit imprimé similaire à celui de son concurrent. Six mois plus tard, avant même la fin d’un procès très médiatique, elle avait signé un accord à l’amiable avec Google, lui versant pour 245 millions de dollars d’actions afin de mettre fin à la procédure.
La porte ouverte à de nouvelles poursuites
M. Swildens, qui travaille pour une start-up spécialisée dans le cloud computing (l’informatique dématérialisée), a commencé à s’intéresser au dossier au moment de la plainte de Waymo. « Je ne pouvais pas imaginer que ce circuit, qui est très simple, n’existait pas avant ce brevet », indique-t-il. Ses recherches le mènent rapidement vers un brevet quasiment identique déposé en 2011 par Velodyne, un fabricant américain de lidars et ancien fournisseur de Google.
En août 2017, il décide alors de soumettre une demande de réexamen à l’USPTO. Il rédige un rapport de 101 pages pour présenter les résultats de ses investigations et signe un chèque de 6 000 dollars (5 200 euros) pour les frais. Les avocats de Waymo répliquent aussitôt. Ils soumettent de nouveaux documents, citent des experts et tentent de modifier le brevet. En vain.

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La décision de l’USPTO pourrait ouvrir la porte à de nouvelles poursuites judiciaires. Velodyne pourrait en effet arguer que Waymo enfreint désormais son brevet. A moins que celui-ci ne soit également invalidé, comme le réclame Quanergy, un autre fabricant de lidars, qui se retrouverait alors en position d’attaquer la filiale de Google.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Viktoria Marinova était la directrice d’une télévision régionale qui venait de lancer un magazine d’investigation. Un suspect de nationalité roumaine a été interpellé mardi.
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Journaliste bulgare assassinée : le motif du meurtre reste mystérieux

Viktoria Marinova était la directrice d’une télévision régionale qui venait de lancer un magazine d’investigation. Un suspect de nationalité roumaine a été interpellé mardi.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 14h34
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



   


Des dizaines de Bulgares se sont réunis lundi 8 octobre au soir, au centre de Sofia, pour rendre hommage à Viktoria Marinova. Cette journaliste, âgée de 30 ans, a été brutalement assassinée samedi 6 octobre à Roussé, ville de 150 000 habitants située au nord du pays, près de la frontière avec la Roumanie. Dans un pays classé dernier de l’Union européenne pour sa liberté de la presse par Reporters sans frontières, cet assassinat a causé un choc, même si rien n’indique pour l’instant que Mme Marinova ait été tuée en raison de ses activités professionnelles.
Le chef de la police locale a annoncé mardi 9 octobre qu’un citoyen roumain a été interpellé mais en relativisant pour l’instant son importance. « Nous avons arrêté un homme, nous vérifions toujours son alibi et il n’est donc pas officiellement suspecté d’avoir commis le crime. Il est détenu pour 24 heures », a déclaré Teodor Atanasov à des journalistes à Roussé. Mère d’un enfant de 7 ans, Viktoria Marinova dirigeait une petite chaîne de télévision régionale, TVN, qui appartient à son ex-mari, actif dans les télécoms. Son corps a été retrouvé dans un parc situé près d’une promenade longeant le Danube, alors qu’elle était partie faire un jogging. Selon les autorités bulgares, elle a été violée et dépouillée de ses effets personnels et d’une partie de ses vêtements. Les enquêteurs ont d’abord expliqué à plusieurs médias qu’ils ne privilégiaient pas le motif professionnel, avant d’affirmer dimanche soir qu’aucune piste n’était exclue.
« Son équipe et elle-même travaillaient sur beaucoup de sujets impliquant le crime organisé », Attila Biro, journaliste
TVN avait longuement donné la parole le week-end précédent à deux journalistes ayant publié des révélations fracassantes mi-septembre sur des détournements massifs de fonds européens par une des plus grosses entreprises bulgare du bâtiment, GP. « Elle avait lancé un magazine d’investigation, “Detector”, et lors de sa première – et dernière – émission, elle a invité notre journaliste pour parler de cette affaire », raconte Atanas Tchobanov, rédacteur en chef de Bivol, le site d’investigation à l’origine de ce scandale. « Aucune télévision ne nous invite d’habitude et elle avait même évoqué ensuite un projet d’émission pour parler de nos investigations de manière régulière », assure ce journaliste d’investigation qui dit avoir reçu des menaces récemment.
Manque de confiance dans les autorités bulgares
La Bulgarie est l’un des pays les plus corrompus d’Europe. « Et Roussé est connue pour être un hub du blanchiment d’argent. Or, son équipe et elle-même travaillaient sur beaucoup de sujets impliquant le crime organisé », témoigne également Attila Biro, journaliste d’investigation roumain associé à Bivol et qui avait été co-interviewé par TVN.
Dans cette émission, Attila Biro et son confrère bulgare avaient notamment évoqué les conditions troubles dans lesquelles ils avaient été brièvement arrêtés le 13 septembre par la police alors qu’ils s’étaient rendus sur un site près de Sofia où des sacs d’archives de GP étaient en train d’être détruits quelques jours après leurs révélations.
« On n’a pas confiance dans les autorités bulgares », conteste M. Tchobanov, qui préférerait une « investigation européenne qui n’exclut aucune hypothèse ».
Les deux hommes n’excluent toutefois pas que Viktoria Marinova ait pu être tuée par un déséquilibré ou dans le cadre d’une affaire privée. « Les meilleurs enquêteurs ont été envoyés à Roussé et une grande quantité d’ADN a été retrouvé », a affirmé le premier ministre bulgare, Boïko Borissov, en assurant que l’élucidation du crime n’était « qu’une question de temps ». « On n’a pas confiance dans les autorités bulgares », conteste toutefois M. Tchobanov, qui préférerait une « investigation européenne qui n’exclut aucune hypothèse ».

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Viktoria Marinova est la troisième journaliste à être assassinée en moins d’un an dans un pays de l’UE. Si, pour l’instant, le mode opératoire de ce meurtre est bien différent de celui de la Maltaise Daphne Caruana Galizia (tuée dans l’explosion de sa voiture) et du Slovaque Jan Kuciak (exécuté avec sa compagne), il met de nouveau l’accent sur les failles des autorités nationales à identifier les auteurs des assassinats de journalistes qui se multiplient actuellement en Europe. Et surtout à éviter qu’ils n’agissent.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Le candidat favori du second tour de la présidentielle doit clarifier un programme rempli de contradictions notamment économiques.
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Brésil : ce que contient le programme du candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro

Le candidat favori du second tour de la présidentielle doit clarifier un programme rempli de contradictions notamment économiques.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 13h33
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



                                


                            

Impatient, Jair Bolsonaro a accueilli les résultats du scrutin avec un agacement non feint. Le candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle au Brésil est largement en tête à l’issue du premier tour, dimanche 7 octobre, avec 46,1 % des voix, mais enrage de ne pas avoir remporté plus de la moitié des suffrages. Il suspecte des fraudes et des dysfonctionnements des urnes électroniques. Le militaire de réserve a pourtant des raisons de se réjouir. Face à Fernando Haddad, représentant du Parti des travailleurs (PT, gauche), à 29,2 % des voix, le membre du Parti social-libéral (PSL) a toutes les chances de devenir le prochain chef d’Etat brésilien à l’issue du duel, le 28 octobre.
S’il venait à prendre le pouvoir, Jair Bolsonaro serait-il ce « Trump tropical » qu’on décrit ? Si le militaire partage avec le président américain le goût de la provocation et une misogynie certaine, ses récentes déclarations dessinent le profil d’un éventuel chef d’Etat singulier. Surpris par son propre triomphe, l’homme devra clarifier un programme flou, focalisé sur la haine du « socialisme », et rassurer les citoyens sur son engagement démocratique, mis en cause par ses attaques répétées contre le fonctionnement des institutions, et sa nostalgie assumée de la dictature. Pour le reste, entre reprise en main de la sécurité publique, restauration de l’autorité, « Etat minimal » ou mépris du réchauffement climatique, l’exercice du pouvoir façon Jair Bolsonaro suscite la perplexité.

Profitant de son habit de militaire, le représentant de l’extrême droite entretient un discours de fermeté envers la criminalité, son ADN. Dans un pays miné par les guerres des gangs, où un meurtre est commis en moyenne toutes les dix minutes, Jair Bolsonaro signe le retour en grâce des policiers qu’il qualifie de « héros » et dont il minimise les bavures. Pour en finir avec cette violence inouïe qui épuise la population, l’ex-capitaine d’infanterie propose d’investir dans les...




                        

                        


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Hongkong refuse son visa à un journaliste du « Financial Times »

La liberté de la presse recule à mesure que Pékin étend son influence sur l’ancienne colonie britannique.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 11h07
    |

            Brice Pedroletti








                        



                                


                            

Le non-renouvellement du visa de travail de Victor Mallet, responsable Asie du Financial Times à Hongkong, soumet pour la première fois les journalistes étrangers en poste dans la région administrative spéciale (RAS) à une menace bien connue de leurs confrères en Chine continentale : la sanction de l’expulsion. Le quotidien britannique, qui avait demandé une extension de deux ans du visa de travail arrivé à échéance début octobre, a indiqué vendredi 5 octobre que cette demande avait été refusée sans explication. « C’est la première fois que nous sommes confrontés à ce cas », a indiqué le journal aux feuilles saumon.
Lorsque Victor Mallet est revenu à Hongkong dimanche 7 octobre après un déplacement, il n’a reçu qu’un visa de sept jours. La quasi-expulsion de M. Mallet, qui doit prendre son poste de chef du bureau de Paris début 2019, est perçue comme une sanction pour son rôle dans l’organisation d’un déjeuner le 14 août au Foreign Correspondents’ Club (Club des correspondants étrangers, FCC) de Hongkong, autour d’Andy Chan Ho-tin, jeune dirigeant d’un microparti qui milite pour l’indépendance de Hongkong. Fin juillet, la police avait demandé au gouvernement d’interdire sa formation, le Parti national de Hongkong (HKNP). M. Mallet, vice-président du FCC, avait animé les débats, en l’absence de la présidente du FCC, la correspondante du Monde à Hongkong, Florence de Changy.
Malgré les condamnations du gouvernement de Hongkong et les demandes insistantes des autorités chinoises pour déprogrammer la venue de M. Chan, le FCC, qui invite des personnalités de tout bord, avait maintenu l’événement, assuré par ses avocats que, dans le contexte juridique de Hongkong, celui-ci était parfaitement légal. Il a donc eu lieu, malgré quelques manifestations le jour J autour de la vieille bâtisse en briques rouges au cœur de Central, le quartier d’affaires, ainsi qu’une fausse alerte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Plusieurs anciens commandants ont quitté les « zones de transition » désignées pour organiser leur désarmement et leur réinsertion.
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Devenue un parti politique, l’ancienne guérilla des FARC peine à masquer ses divisions

Plusieurs anciens commandants ont quitté les « zones de transition » désignées pour organiser leur désarmement et leur réinsertion.



LE MONDE
 |    09.10.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
09.10.2018 à 10h46
    |

            Marie Delcas (Bogota, correspondante)








                        



                                


                            

Il y a deux ans, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) signaient la paix. Une discipline de fer avait permis à la grande guérilla marxiste de maintenir son unité pendant cinquante-trois ans dans le maquis. Le parti politique créé un an plus tard, la Force alternative révolutionnaire commune (FARC) joue désormais le jeu de la démocratie. Mais l’organisation peine à masquer ses divisions.
Les dissensions entre les anciens commandants devenus responsables politiques s’affichent désormais publiquement. Plusieurs d’entre eux ont abandonné les zones dites « de transition et de réconciliation » où ils vivaient depuis leur démobilisation. Les autorités craignent qu’ils n’aient rejoint la dissidence, à savoir ces groupes d’anciens combattants des FARC qui ont refusé de rendre les armes ou qui les ont reprises. La direction du parti préfère parler de déserteurs. Pour les autorités, comme pour la direction de la FARC, ces anciens guérilleros qui sont surtouts présents dans les zones de culture de coca sont de simples criminels sans aucune ambition politique.

« Il n’y a pas de divisions au sein de la FARC. Il y a un débat interne. Il y a des questionnements, c’est normal au sein d’un parti comme le nôtre », se défendait, le 21 septembre, l’ancien commandant guérillero Milton Toncel, alias Joaquim Gomez, à la radio. Une semaine plus tôt, à l’occasion du deuxième congrès de la FARC, il avait cosigné une lettre décapante pour critiquer la direction du parti. Longue de sept pages, la missive est particulièrement virulente contre le chef de la FARC, Rodrigo Londoño, alias Timochenko, accusé d’être « rancunier et revanchard », de « manquer de leadership » et, probablement plus grave, de « défendre l’ordre bourgeois avec un zèle étonnant ». Selon le politologue Ricardo Garcia : 
« La division au sein de l’organisation est le prix du passage à la politiquDès la création du parti il...



                        

                        

