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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Qu’ils soient écrivains, philosophes, danseurs, journalistes ou avocats, une grande variété d’intervenants ont fait vibrer l’édition 2018 du Monde Festival. Petit voyage en images.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Dimanche 7 octobre, un public conquis s’est élancé sur la scène du Palais Garnier lors de la rencontre de danse participative organisée dans le cadre du Monde Festival, sous la direction des chorégraphes José Montalvo et Chantal Loïal.
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                Au Palais Garnier, le public du Monde Festival est entré dans la danse


Dimanche 7 octobre, un public conquis s’est élancé sur la scène du Palais Garnier lors de la rencontre de danse participative organisée dans le cadre du Monde Festival, sous la direction des chorégraphes José Montalvo et Chantal Loïal.

LE MONDE
                 |                 08.10.2018 à 16h13
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 16h26
                 |

                            Rosita Boisseau

















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Un bal à 10 heures du matin au Palais Garnier ! Dimanche 7 octobre, cette fête exceptionnelle a rassemblé plus de trois cent cinquante personnes. Sous la houlette inspirée du chorégraphe contemporain José Montalvo, épaulé par la toujours stimulante Chantal Loïal, venue avec les percussionnistes et les interprètes de sa compagnie, Difé Kako, les participants de cette matinée extraordinaire ont grimpé sur le plateau de Garnier pour danser tous ensemble.

   


« Découvrir ce lieu est un rêve d’enfant qui se réalise », ont glissé plusieurs personnes. L’ambiance paradoxalement bouillante et harmonieuse était servie par la « bienveillance » des deux chorégraphes. « Je ne savais pas à quoi m’attendre en venant ici, et franchement, c’est extraordinaire ! », a commenté une spectatrice. « C’est la première fois que je participe à ce type d’événement et je me suis sentie tout de suite très bien. » « La tête des gens avant et après, c’est incroyable ! », a ajouté une autre femme, visiblement éblouie.
« Je n’imaginais pas qu’on pouvait créer un tel univers, une telle image, en étant si nombreux » Marie, une participante
En plus de vingt ans de carrière, José Montalvo ne s’était jamais levé aussi tôt pour piloter un bal participatif. Celui pour qui « la danse est un art de vivre et une fête » a rassemblé son monde pour des envolées sobres et belles, accessibles à tous. Préparer son corps au mouvement en ouvrant haut les bras sous le plafond décoré par Chagall est un réveil matin idéal. « Je ne connaissais pas le Palais Garnier. Avoir la sensation, tout à coup, de tenir entre mes mains la fameuse peinture de Chagall est tout simplement magnifique, a confié Melika. C’est très simple mais très émouvant. » 

   



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                Une performance participative au Monde Festival : eh bien, dansez maintenant !



Sur scène, avec ouverture sur le sublime Foyer de la danse, le bal enchaîne des séquences variées : marche les yeux fermés sur des cordelettes blanches posées sur le plateau, course dans l’espace, les bras ondulant…, chacun trouve sa voie pour s’éclater en suivant scrupuleusement les consignes et encouragements donnés par José Montalvo.

   


« Continuez à respirer, vous n’êtes pas sous l’eau, ne crispez pas les mâchoires, bonne chance et bravo », scande régulièrement le chorégraphe en lançant la musique. « Je n’imaginais pas qu’on pouvait créer un tel univers, une telle image, en étant si nombreux », s’exclame Marie entre deux danses. « Il y a vraiment une communion entre nous, se réjouit Renée, sculptrice,

   


Enfin, pour clôturer, en guise de cerise sur le gâteau, Chantal Loïal, a encore fait monter l’ambiance, avec sa troupe, Difé Kako, dont le nom signifie « ça chauffe » en créole. Plusieurs cercles de danseurs occupant tout le plateau entourent alors les deux percussionnistes placés au centre.

   


Par courtes séquences, Chantal Loïal propose des phrases chorégraphiques. Tapant des pieds, des mains, roulant des hanches et tricotant des duos avec voisins et voisines, elle a mis tout le monde dans l’avion, initiant un trajet Paris-Pointe-à-Pitre « une fesse pour moi, une fesse pour toi ». Sur le tarmac du Palais Garnier, photo de famille, avec José, Chantal et les participants. Et hop !

Revivez le Monde Festival 2018 sur le thème « Aimer ! »
Aimer ! C’était le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’est déroulée du 5 au 7 octobre à Paris.
Revivez les meilleurs moments en vidéo, mais aussi en photos. 




                                                Par                                                    Rosita Boisseau














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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ L’auteure d’« Americanah » était l’invitée du Monde Festival dimanche 7 octobre à l’Opéra Bastille.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ L’écrivaine nigériane, figure majeure du féminisme et auteure engagée, refuse toutefois qu’on la présente comme « une porte-parole ».
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Chimamanda Ngozi Adichie : « Il faut cesser d’être condescendant vis-à-vis de l’Afrique »



LE MONDE
              datetime="2018-10-08T14:08:20+02:00"

        Le 08.10.2018 à 14h08






Durée : 05:40 | 

L’auteure nigériane Chimamanda Ngozi Adichie s’est imposée comme l’un des grands noms de la littérature anglophone avec ses romans L’Hibiscus pourpre (Anne Carrière, 2004), L’Autre Moitié du soleil (Gallimard, 2008) et Americanah (Gallimard, 2015). Celle qui vit aujourd’hui entre les Etats-Unis et son Nigeria natal était l’invitée du Monde Festival, qui s’est tenu du 5 au 7 octobre à Paris. La discussion était animée par Maryline Baumard, rédactrice en chef du Monde Afrique. Chimamanda Ngozi Adichie considère que le France doit assumer sa responsabilité dans la crise des migrants et dans l’état de l’Afrique post-coloniale, alors qu’elle « contrôle encore la monnaie de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest » et qu’« elle soutient le président camerounais, qui passe plus de temps à Genève que dans son pays ».


                

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                     Cinq choses à savoir sur Paul Biya, le président camerounais


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ La « Nuit de l’amour et des idées » au Théâtre des Bouffes du Nord fut philosophique, musicale, poétique et politique. Mais ce fut avant tout une histoire d’amour jusqu’au petit matin.
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                André Comte-Sponville : « Faire l’amour, c’est encore mieux que de boire un verre d’eau ou même de vin »


La « Nuit de l’amour et des idées » au Théâtre des Bouffes du Nord fut philosophique, musicale, poétique et politique. Mais ce fut avant tout une histoire d’amour jusqu’au petit matin.

LE MONDE
                 |                 08.10.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 17h17
                 |

                            Charlotte Herzog

















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« On ne peut pas philosopher en faisant l’amour. » L’amour… le faire, « c’est encore mieux que de boire un verre d’eau, ou même de vin ». Il est minuit passé au Théâtre des Bouffes du Nord, et André Comte-Sponville s’est installé. Sur l’un des gros canapés en cuir qui occupent l’avant-scène, il s’empare de la question : pourquoi l’homme et la femme sont-ils des animaux érotiques ?
De la diabolisation du sexe à sa banalisation, de la sexualité masturbatoire au plaisir du désir, le philosophe suspend le temps un instant sur la nécessité de la transgression. Il s’excuse d’un mal de gorge, pourtant, sa verve est intacte : « Messieurs, mettre votre sexe dans le sexe d’une femme, ou dans les fesses d’un homme ; mesdames, vous laisser pénétrer par le sexe d’un homme, c’est de la transgression. (…) Ce n’est pas moral, mais c’est tellement bon.(…) Ce léger sentiment de culpabilité, c’est ce que je préfère dans la sexualité, mais ce n’est pas l’amour. L’amour et la sexualité sont deux choses tellement différentes, et la rencontre des deux est d’autant plus délicieuse. »

   


Platon, Aristote, Aragon, Schopenhauer, Spinoza, tous sont convoqués – même Houellebecq –, dans cette affaire, pour démonter le couple. Avant de le sauver. Il convient de différencier le chagrin de l’ennui. De manipuler les objets de désir, de jouissance et de souffrance. « Sait-on ce qui nous manque ? » ; « Aimer, est-ce se réjouir ? » ; « Aimer, est-ce être amoureux ? » ; « Pourquoi le bonheur en amour est-il si souvent manqué ? » ; « Y a-t-il parfois des couples heureux ? » Ecouté avec ferveur par le public, le philosophe déclare : « L’amour n’est pas un devoir et ne se commande pas. L’amour est une vertu. » Avant de citer Adorno et conclure : « Tu seras aimé·e quand tu pourras montrer ta faiblesse sans que l’autre ne s’en serve pour affirmer sa force. » 
Les Bouffes ont un charme fou ce soir. Les murs rouge vif, dressés si haut, résonnent des notes du pianiste Alexandre Tharaud. Beethoven est convié le temps d’une parenthèse enchantée. Les cœurs battent et la nuit vibre.

   


De l’amour, il s’en glisse aussi entre les lignes des « lettres non écrites », lues par David Geselson, comédien et metteur en scène, et Elios Noël. « Si vous avez un jour voulu écrire une lettre à quelqu’un de cher sans jamais le faire, parce que vous n’avez pas osé, pas su, pas pu ou pas réussi à aller jusqu’au bout, racontez-la moi et je l’écris pour vous », a proposé le premier. Alors que « jouer une lettre, ça n’est pas évident », les deux récitants doivent sentir que leur lecture plaît. Que personne ne dort. Les applaudissements sont consistants. Les rires échappés sont vrais.
« Je réalise que la dernière lettre que je t’ai envoyée a 48 ans. C’est curieux de découvrir que le temps des amours n’est jamais le vrai temps. Michel, j’aimerais beaucoup te voir et te reconnaître après cinquante ans. »  « Je ne te souhaite rien de bon et j’ai hâte d’aller jouir ailleurs. On se recroisera chez un juge. Tu es une raclure. »

   


A 2 h 30, Hector Obalk nous fait carrément l’amour de l’art. L’historien et critique plonge la salle au cœur de l’esthétique « michelangesque », sous la voûte de la chapelle Sixtine. « Cinq cents mètres carrés, cinq ans de travail. Tout en trompe-l’œil. Le plus fort de tout, le plus subtil. Des personnages à l’air vivant. Dieu habillé en rose. La notion de gigantisme est grande. » Déclaration d’amour inconditionnel à l’artiste passé « d’une mégalomanie méritée et foisonnante à une mélancolie poignante », à ses « merveilleux dessins » et à la manière qu’il avait de « faire exister l’impossible. Et c’est cela, la grâce ».

   


Amoureuse, gracieuse et pas bâilleuse, la « Nuit de l’amour » est merveilleuse avec son récital des virtuoses ; son fil rouge – et d’or – tissé tout du long par la puissante Clara Yzé et ses musiciens jusqu’au petit matin ; l’apparition de Rosemary Standley en « Queen of Heart », accompagnée au piano par Sylvain Griotto, et qui interprète (entre autres) Alain Bashung, Nina Simone. Elle confie en douceur qu’une « chanson d’amour est à la fois ce qu’on connaît le plus et ce qui est le plus difficile à écrire ».
L’aspect politique du désir s’invite vers 3 h 30, avec la journaliste et écrivaine Carolin Emcke qui met un point d’honneur, non sans panache, à extraire le désir du contrôle et de la domestication.
« Le désir est cette passion folle qui nous échappe et nous consume. J’aime sa manière qu’il a de venir nous hanter. Et notre manière à nous de ne pas pouvoir nous en passer. (…) Le désir homosexuel est un amour considéré comme tabou, pervers. Je veux donc écrire sur le désir qui est à soi, et que personne ne peut nous enlever. »

   


Michaël Fœssel et Philippe Mangeot abondent et revendiquent le droit de désirer. Les « regards normatifs que porte la société sur notre désir » prennent un sacré coup. Les générations à venir, hétérosexuelles et homosexuelles, sont encouragées sans détour, à « déconstruire les normes », à refuser « les biais qui supposent une imperfection », et à continuer à croire en la justesse, l’évidence et l’innocence de leur propre désir, « qui devraient être une revendication autonome par rapport au monde ».

   


La « Nuit de l’amour et des idées » se laisse envahir par une douce torpeur au fil des heures. Nous ne sommes plus qu’une vingtaine. Isabelle Broué, réalisatrice du film Lutine, sur le polyamour, défend « l’éthique des relations » et la « fidélité à soi-même » pour se libérer des carcans. La musique retentit encore, jusqu’à la dernière note, jusqu’à s’éteindre pour voir éclore le jour.

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                                                Par                                                    Charlotte Herzog














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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ La Royal Academy of Arts à Londres offre un panorama des arts dans le Pacifique, aux oublis historiques dérangeants.
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Exposition : la puissance de l’art océanien

La Royal Academy of Arts à Londres offre un panorama des arts dans le Pacifique, aux oublis historiques dérangeants.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 09h09
    |

                            Philippe Dagen (Londres)








                        



                                


                            

« Oceania », à la Royal Academy of Arts, est un panorama des arts dans le Pacifique, de la Nouvelle-Guinée, à l’ouest, jusqu’à l’île de Pâques, à l’est : ­Mélanésie, Micronésie, Polynésie (le continent australien, qui a fait l’objet d’une exposition en ces lieux en 2013, en est exclu).
« Oceania » est très vaste et très riche, la réunion de plus de 200 œuvres venues de collections privées et publiques un peu partout dans le monde. Elle veut présenter au mieux ces cultures et y réussit pleinement. Mais « Oceania » n’en suscite pas moins, sinon un malaise, du moins de l’embarras. On aimerait pouvoir se laisser aller à la pure contemplation de sculptures qui sont parmi les plus puissantes et émouvantes que l’homme ait créées dans son histoire. Mais, pour cela, il faudrait oublier certains doutes, qui touchent certaines affirmations autant que certains silences.

Au premier regard, toutes les précautions morales et politiques ont été prises. Avant l’ouverture au public, des cérémonies ont été accomplies par des représentants de plusieurs des peuples dont des œuvres, sacrées au moment de leur création, se trouvent désormais dans des vitrines de musées.
Le sommaire du catalogue précise les origines familiales de ces auteurs quand elles sont samoanes ou papoues. Les notices expliquent, quoique trop brièvement parfois, les significations et les usages religieux et politiques des objets. Des œuvres d’artistes actuels de ces régions sont réparties parmi les pièces anciennes, et la plus grande salle du parcours est consacrée à la vidéo In Pursuit of Venus (infected) de l’artiste néo-zélandaise Lisa Reihana, dont on avait dit dans ces pages (Le Monde du 12 mai 2017), lors de sa présentation à la Biennale de Venise 2017, qu’elle était la plus intéressante révélation de la Biennale.

De la stupeur à la douleur
Reprenant les figures et les couleurs d’un papier peint du début du XIXe siècle, Reihana les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ La Royal Academy of Arts met en lumière les différentes cultures qui ont marqué ce territoire regroupant la Mélanésie, la Micronésie et la Polynésie.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ La Cité de l’architecture et du patrimoine retrace l’histoire tourmentée du château syrien.
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Exposition : le Crac des chevaliers, star des forteresses

La Cité de l’architecture et du patrimoine retrace l’histoire tourmentée du château syrien.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 08h48
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



                                


                            

Thomas Edward Law­rence, dit « Lawrence d’Arabie », le tenait pour « le plus beau des châteaux du monde, certainement le plus pittoresque [qu’il ait] vu, une véritable merveille ». 300 mètres de long et 140 de large, juché sur un promontoire rocheux, le Crac des chevaliers et sa double enceinte concentrique, ancien verrou sur la route de Homs dans l’ouest de la Syrie, porte beau malgré ses plus de 800 printemps. En cette rentrée, la Cité de l’architecture et du patrimoine, à Paris, consacre une exposition à ce fleuron du patrimoine latin en Orient, dans le cadre intime de la salle Viollet-le-Duc.
Symbole de pouvoir et de force au cœur d’une région battue par les bouleversements politiques et armés, la citadelle a traversé les siècles dans un état de conservation quasi miraculeux. Une longue période récemment interrompue, de l’été 2013 au printemps 2014, par de violents combats entre forces gouvernementales et membres de l’Armée syrienne de libération (ASL) qui ont endommagé plus ou moins sévèrement treize zones du site. Peu avant, cette situation avait décidé l’Unesco à inscrire les six sites syriens reconnus comme Patrimoine mondial, dont le Crac, classé en 2006 sur la liste des édifices en péril.
Pour Jean Mesqui, ingénieur et chercheur, le Crac est « un véritable concentré d’architecture sur une période de moins d’un siècle et demi »
Occupant un emplacement stratégique sur la route de la première croisade, le Crac n’a pas été épargné par les sièges, les prises et les assauts. La situation se stabilise à l’aube du XIIe siècle, lorsque, à partir d’une fortification aujourd’hui disparue, les moines soldats de l’ordre des Hospitaliers en font une position inexpugnable au service des futures expéditions militaires en Terre sainte. En 1170, un séisme l’endommage pro­fondément. D’abord consolidé, l’ouvrage intègre une chapelle, puis un talus, un glacis vertigineux ainsi qu’une galerie dans le plus pur style gothique....




                        

                        


<article-nb="2018/10/08/19-9">
<filnamedate="20181008"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181008"><AAMMJJHH="2018100819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ L’ex-avocate devenue humoriste « pulvérise les tabous » sur la scène du Palais des Glaces, à Paris.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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Humour : Caroline Vigneaux plaide la cause des femmes

L’ex-avocate devenue humoriste « pulvérise les tabous » sur la scène du Palais des Glaces, à Paris.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 08h29
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 17h45
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

Mais où Caroline Vigneaux va-t-elle puiser une telle énergie ? Voici une humoriste qui n’a pas oublié que dans le terme « one-woman-show », il y a le mot « show ».Cette quadra met une ardeur bluffante à plaider la cause des femmes dans son nouveau spectacle, Caroline Vigneaux croque la pomme. Volubile, impétueuse, clownesque, parfois crue, cette ancienne avocate a troqué la robe noire pour un tailleur-pantalon d’un rouge aussi explosif que son tempérament. Comme si, à l’ère #metoo, elle voulait, de manière radicale et vitale, rattraper le temps perdu : celui des femmes « dominées par l’homme depuis deux mille ans à cause de la légende de deux culs nus, Adam et Eve », et le sien – ex-jeune fille « issue de la petite bourgeoisie catholique provinciale où l’on ne parlait de rien ».
Son seule-en-scène va crescendo, jusqu’à un final époustouflant sur la nature féminine
Sur la scène du Palais des Glaces, à Paris, Caroline Vigneaux donne de sa personne. Son seule-en-scène va crescendo, jusqu’à un final époustouflant qui « pulvérise les tabous » sur la nature féminine. Il serait dommage d’en dévoiler le contenu tant on a ri. Avant cela, la comédienne à la longue chevelure blonde et au franc-parler stimulant revenait avec pertinence sur la condition des femmes à travers les siècles : d’Olympe de Gouges à Gisèle Halimi (femme, avocate, féministe et forcément son « idole »), du code Napoléon au droit de vote, Caroline Vigneaux se fait chantre de l’égalité et de la liberté.

Sa liberté, l’humoriste l’a prise il y a à peine dix ans, en quittant son métier d’avocate pour celui d’humoriste, au grand dam de ses parents. Dans son précédent spectacle, Caroline Vigneaux quitte la robe, elle avait largement raconté son itinéraire. Cette jeune fille de bonne famille, qui fréquentait les cours d’équitation, le catéchisme et les rallyes, a tout envoyé balader : son éducation corsetée et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Jacques Weber met en scène la pièce de Marguerite Duras, au Petit-Saint-Martin, à Paris.
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Théâtre : dans « La Musica deuxième », le désir dicte sa loi

Jacques Weber met en scène la pièce de Marguerite Duras, au Petit-Saint-Martin, à Paris.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 08h07
    |

Joëlle Gayot







                        



                                


                            

Mettre en scène un texte de Marguerite Duras est un exercice périlleux qui peut précipiter celles et ceux qui s’y risquent tout droit vers les écueils d’une profération éthérée. Beaucoup se cassent les dents sur cette langue ciselée qui, pour être littéraire, n’en est pas moins pétrie de chair. C’est cette chair qu’il faut aller chercher sous la surface de l’écriture et en deçà de son rythme.
N’en déplaise aux puristes de l’auteure qui voudraient à tous crins entendre la musique des mots, l’actrice Stéphane Caillard et son complice Grégory Gadebois n’interprètent pas une partition. Ils entrent dans le vif du sujet, c’est-à-dire dans le vif de la dissolution d’un couple. Ils jouent La Musica deuxième, sur la scène du Petit-Saint-Martin.
On descend dans ce théâtre comme on va aux enfers
On descend dans ce théâtre comme on va aux enfers. Une volée de marches mène vers une salle basse d’un rouge soutenu. Quelques chaises, un piano droit, un portant métallique, un canapé circulaire surmonté d’un mât protubérant, le décor est planté. Ni vraiment réaliste ni franchement abstrait, il est la page incandescente où Jacques Weber signe la représentation d’une pièce publiée en 1985, reprise, vingt ans après, de La Musica.
Une femme et un homme se retrouvent dans le salon désert d’un hôtel à Evreux. Ils viennent de divorcer (ce qui n’était pas le cas dans la version de 1965). Ne s’étaient pas revus depuis plusieurs années. Ils ont la nuit devant eux pour faire le tour de leur histoire. Raviver le passé, explorer le présent, constater qu’entre eux deux l’amour est toujours là, rêver à un avenir. Puis se quitter, au petit matin. Ils ont refait leur vie.
Le spectacle fait sécession
Il y a quelque chose de triste dans cette passion qui refuse de s’éteindre mais qui doit se soumettre au réel. Quelque chose de tragique dans son impuissance à passer outre les circonstances. La femme va s’envoler pour l’Amérique. L’homme tente de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ La star américaine avait toujours refusé de s’exprimer sur des sujets politiques. A l’approche d’un scrutin très incertain, elle dit son opposition aux républicains.
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La chanteuse Taylor Swift votera démocrate aux élections de mi-mandat (et le fait savoir)

La star américaine avait toujours refusé de s’exprimer sur des sujets politiques. A l’approche d’un scrutin très incertain, elle dit son opposition aux républicains.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 06h47
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 07h06
   





                        



   


Au moment de l’élection de Donald Trump, en 2016, Taylor Swift n’avait rien laissé paraître de ses opinions politiques. Malgré l’engagement de la chanteuse en faveur des femmes ou de la communauté LGBT, elle n’avait relayé aucun appel à voter pour Hillary Clinton, ou contre Donald Trump. Tout juste la star – suivie par 112 millions d’abonnés sur Instagram – avait-elle posté une photo où on la voyait attendant patiemment son tour, dans la file d’électeurs prêts à voter, avec cette simple mention : « Aujourd’hui, c’est le grand jour. Sortez et allez VOTER. »
Ce n’est donc pas sans raison que l’interprète de Shake it off secoue ses habitudes et révèle, pour la première fois, ses convictions, à un mois des élections américaines de mi-mandat. « Dans le passé, j’ai été réticente à dévoiler au public mes opinions politiques, mais à cause de plusieurs événements dans ma vie et dans le monde ces deux dernières années, je vois aujourd’hui les choses de manière très différente », explique-t-elle en légende d’une simple photo en noir et blanc, postée sur Instagram.

        View this post on Instagram           I’m writing this post about the upcoming midterm elections on November 6th, in which I’ll be voting in the state of Tennessee. In the past I’ve been reluctant to publicly voice my political opinions, but due to several events in my life and in the world in the past two years, I feel very differently about that now. I always have and always will cast my vote based on which candidate will protect and fight for the human rights I believe we all deserve in this country. I believe in the fight for LGBTQ rights, and that any form of discrimination based on sexual orientation or gender is WRONG. I believe that the systemic racism we still see in this country towards people of color is terrifying, sickening and prevalent. I cannot vote for someone who will not be willing to fight for dignity for ALL Americans, no matter their skin color, gender or who they love. Running for Senate in the state of Tennessee is a woman named Marsha Blackburn. As much as I have in the past and would like to continue voting for women in office, I cannot support Marsha Blackburn. Her voting record in Congress appalls and terrifies me. She voted against equal pay for women. She voted against the Reauthorization of the Violence Against Women Act, which attempts to protect women from domestic violence, stalking, and date rape. She believes businesses have a right to refuse service to gay couples. She also believes they should not have the right to marry. These are not MY Tennessee values. I will be voting for Phil Bredesen for Senate and Jim Cooper for House of Representatives. Please, please educate yourself on the candidates running in your state and vote based on who most closely represents your values. For a lot of us, we may never find a candidate or party with whom we agree 100% on every issue, but we have to vote anyway. So many intelligent, thoughtful, self-possessed people have turned 18 in the past two years and now have the right and privilege to make their vote count. But first you need to register, which is quick and easy to do. October 9th is the LAST DAY to register to vote in the state of TN. Go to vote.org and you can find all the info. Happy Voting! 🗳😃🌈 A post shared by  Taylor Swift (@taylorswift) on Oct 7, 2018 at 4:33pm PDT 

L’ancienne étoile de musique country, reconvertie en superstar pop, votera le 6 novembre prochain dans le Tennessee, l’Etat dans lequel elle a grandi. « Je ne peux pas soutenir Marsha Blackburn », la candidate républicaine au poste de sénateur, écrit-elle.
« Elle a voté contre l’égalité salariale pour les femmes. Elle a voté contre la reconduction du “Violence Against Women Act”, qui protège les femmes contre les violences domestiques. (…) Elle estime que les entreprises ont le droit de refuser de servir des couples gays. (…) Ce ne sont pas MES valeurs acquises dans le Tennessee. »
La chanteuse explique ensuite qu’elle votera pour les candidats démocrates et demande à ses fans de « se renseigner sur les candidats en course dans [leur] Etat ». Phil Bredesen, ancien gouverneur du Tennessee et candidat démocrate au Sénat, a immédiatement remercié la chanteuse.

Thank you for the kind words @taylorswift13. I’m honored to have your support and that of so many Tennesseans who a… https://t.co/yqszugNwUj— PhilBredesen (@Phil Bredesen)


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La démarche n’est pas rare en soi – d’autres artistes très influentes n’hésitent pas à prendre position, à l’instar de la chanteuse Katy Perry, qui soutenait ouvertement Hillary Clinton en 2016 –, mais elle souligne la difficulté qu’ont les personnalités américaines à rester neutres, dans un pays de plus en plus polarisé sur les questions politiques et de société.
A quelques semaines d’un scrutin décisif, et alors que la campagne a pris des allures de guerre de tranchée autour de la nomination à la Cour suprême de Brett Kavanaugh, d’autres artistes pourraient être tentés de suivre l’exemple de Taylor Swift.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 07/10/2018
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Concerts, opéra et vidéo au programme de la semaine

Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 07h26
   





                        


A aller écouter cette semaine, Roy Hargrove et Emile Parisien à Reims ou Stacey Kent à Nancy, « Mefitofele » à l’opéra de Lyon, Low et Do Montebello à Paris…
LES CHOIX DE LA MATINALE
DES FESTIVALS : 
Le Sunnyside Festival, à Reims, du 10 au 20 octobre

   


C’est avec le trompettiste Roy Hargrove, qui approche le jazz de sa part classique jusqu’aux croisements avec la soul ou le hip-hop, que débutera, à La Cartonnerie, salle des musiques actuelles de Reims (Marne), mercredi 10 octobre, le Sunnyside Festival.
Lequel se terminera au Saint-Ex, « lieu atypique de la vie culturelle rémoise », centré sur les pratiques numériques, mais pas que puisque, samedi 20 octobre, le saxophoniste Emile Parisien y jouera en quartette acoustique.
D’une soirée à l’autre le festival recevra la chanteuse Stacey Kent, le groupe James Farm – un collectif au sein duquel officient le saxophoniste Joshua Redman et le batteur Eric Harland –, le Sookie Sookie Orchestra, le joueur de tuba Michel Godard, le joueur de kora Chérif Soumano et la chanteuse Leïla Martial, tous trois en solo pour un parcours dans trois endroits, et trois orchestres de la fédération Grand Format, celui du guitariste David Chevallier, le Collectiv du vibraphoniste Franck Tortiller et l’Orphicube du saxophoniste Alban Darche. Sylvain Siclier
Sunnyside Festival, dans divers lieux de Reims (Marne). Du mercredi 10 au samedi 20 octobre. De 5 € à 31 €.
Nancy Jazz Pulsations, du 10 au 20 octobre

   


Une dizaine de lieux dans la ville de Nancy dont l’historique Chapiteau du parc de La Pépinière et la Salle Poirel, vont recevoir du 10 au 20 octobre, près d’une centaine de groupes, dans à peu près tous les genres musicaux, du jazz à l’électro, en passant par le blues, le rock, la pop, la soul, le rap…
Fondé en 1973, le festival Nancy Jazz Pulsations fêtera donc ses 45 ans, avec notamment : la chanteuse Stacey Kent accompagnée par une formation symphonique, en ouverture mercredi 10 octobre ; Ben Mazué et, Raphael Imbert, le 11 ; nOx.3 & Linda Olah et Gogo Penguin, le 12 ; une nuit du blues au Chapiteau avec Delgres, Melvin Taylor, Bill Deraime et Lisa Simone, le 13 ; Kimberose, Charlie Winston et Andreas Schaerer, le 15 ; Samy Thiébault et Festen, le 16 ; Les Négresses vertes, Malka Family, Don Byron en duo avec Aruan Ortiz, Renaud Garcia-Fons, le 17 ; Sons of Kemet, Fred Pallem et le Sacre du tympan, le Rhoda Scott Lady Quartet, le 18 ; Toure Kunda, Chucho Valdes, Jimmy Cliff et Henri Texier, le 19 ; James Hunter et Maceo Parker, le 20. S. Si.
Nancy Jazz Pulsations, dans une dizaine de salle de Nancy. Du mercredi 10 au samedi 20 octobre. De 7 € à 32 €. Journée du dimanche 14 octobre, programme de La Pépinière en fête en accès libre.
UN OPÉRA : « Mefistofele » de Boito, à Lyon, du 11 au 23 octobre

Celui qui fut librettiste shakespearien du dernier Verdi (Otello, Falstaff) était aussi un excellent compositeur. Avec Mefistofele, Arrigo Boito a laissé un chef-d’œuvre longtemps confidentiel, dont le retour en grâce semble avoir sonné, au point que les très populaires Chorégies d’Orange (Vaucluse) l’ont programmé en ouverture, avec succès, cet été.
Cette fois, c’est au tour de l’Opéra de Lyon de convier en ses murs les tribulations infernales de Faust et Marguerite. L’élégant Paul Groves en Faust, John Relyea en Mephisto, ainsi que la Marguerite d’Evgenia Muraveva (à découvrir) sont à la manœuvre vocale, tandis que la scène, régie par Alex Ollé, du collectif catalan La Fura dels Baus, sera sous la direction fringante du nouveau directeur musical de la maison, Daniele Rustioni, qui entame sa deuxième saison lyonnaise. Marie-Aude Roux
Opéra de Lyon, place de la Comédie, Lyon 1er. Du 11 au 23 octobre. Tél. : 04 69 85 54 54. De 10 € à 108 €.
UNE VIDÉO : « Motorique », par Mermonte 

En avril, le collectif rennais Mermonte répondait à l’invitation du chanteur Dominique A pour un concert spécial à la Philharmonie de Paris. Une invitation retournée sur leur nouvel album, Mouvement, à paraître le 19 octobre (Room Records), où le grand A a coécrit et chanté un titre, Les forces de l’ailleurs.
Ce jeune collectif à géométrie variable emmené par Ghislain Fracapane, parfois au nombre de onze musiciens sur scène (incluant violon, glockenspiel et marimba), avait enregistré voilà quatre ans un second album au charme magnétique, Audiorama, théâtre d’impressionnantes mélopées à la croisée du post-rock d’un Godspeed You ! Black Emperor et de la musique répétitive d’un Steve Reich.
Une tempête émotionnelle orchestrée à nouveau sur le premier extrait tiré du nouvel album, Motorique, dont la vidéo réalisée par le berlinois Rico Mahel, tournée dans de poétiques panoramas urbains et naturels, se rythme de danse et de mouvements du corps. En concert à Paris, le 24 octobre au Point éphémère. Franck Colombani
DEUX CONCERTS :
Do Montebello, à l’Alhambra, à Paris, le 10 octobre

   


François Tusques, Césarius Alvim, Lee Konitz, Jeff Gardner, Patrick Favre, Guillaume de Chassy, Daniel Yvinec, Frédéric Jeanne… ont été quelques-uns des musiciens enregistrés par la compagnie phonographique AxolOtl Jazz depuis 1994, fondé par Jean-Louis Wiart. Dernière en date, et pour ce qui sera la dernière production du label, la chanteuse Do Montebello, dont vient de paraître Birdy Heart (AxolOtl Jazz-La Lichère/Frémeaux & associés).

Dans un environnement musical créé par des guitares, acoustiques essentiellement ou discrètement électrifiées, une contrebasse, ici et là un violoncelle, un accordéon, Do Montebello interprète une quinzaine de chansons douces, touchantes, voix précise dans le phrasé, caressante, en portugais, anglais et français. Des reprises d’Antonio Carlos Jobim, Edu Lobo ou Horace Silver et ses propres compositions avec le guitariste Sergio Farias, dans l’esprit (Outrenoir, The Volcano, Rindo Ao Vento, Birdy Heart…).
Ce précieux album – et des chansons du précédent, Adamah – sera présenté lors d’un concert à l’Alhambra, à Paris, mercredi 10 octobre et au Festival Bossa-Nova de Thiais (Val-de-Marne), le 30 novembre, avant d’autres concerts prévus en 2019. S. Si.
L’Alhambra, 21 rue Yves-Toudic, Paris 10e. Mo République. Tél. : 01 40 20 40 25. Le 10 octobre, à 20 h 30. De 25 € à 35 €.
Low, à la Gaîté lyrique, à Paris, le 13 octobre

   


Le 14 septembre sortait Double Negative, douzième album de Low, trio austère américain, institution du rock tourmenté sous l’égide du couple Alan Sparhawk (chant/guitare) et Mimi Parker (chant, batterie) et du bassiste Steve Garrington.
Double Negative a divisé la critique, trop radical voire hermétique pour certains, pour d’autres terrains de jeu d’un chaos fascinant, où silences, absences de guitares, chants pop confessés, s’interfèrent avec bruits industriels et textures électroniques stridentes lorgnant vers un hip-hop expérimental.
Que l’on adhère ou pas, on ne peut nier, venant d’une formation de 25 ans d’âge, leur capacité hors-norme à se remettre en question artistiquement. Ce groupe qui fit l’éloge de la lenteur à ses débuts, a toujours refusé le confort et poursuit en profondeur une œuvre aussi âpre que fascinante.
Un magnétisme à découvrir en concert, véritable expérience où le trio est capable aussi bien de reprendre Surfer Girl des Beach Boys (les superbes harmonies graves de Mimi Parker et Alan Sparhawk), que de sombrer après cet instant de lumière dans un mur de bruit blanc et de larsen. Rarement on aura su élever le rock à un tel niveau de dramaturgie. En première partie, l’auteure-compositrice anglo-libanaise Nadine Khouri. F. C.
La Gaîté lyrique, 3 bis rue Papin, Paris 3e. Mo Réaumur-Sébastopol, Arts-et-Métiers. Samedi 13 octobre, à 19 h 30. 26 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Les anciennes carrières de gypse de Romainville ont été colonisées pendant des décennies par la végétation et une faune qui s’y est abritée. Ce fragile espace de biodiversité unique à 2 kilomètres de Paris est aujourd’hui menacé.
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La forêt sauvage de Romainville bientôt transformée en « île de loisirs » ?

Les anciennes carrières de gypse de Romainville ont été colonisées pendant des décennies par la végétation et une faune qui s’y est abritée. Ce fragile espace de biodiversité unique à 2 kilomètres de Paris est aujourd’hui menacé.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 23h36
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 07h19
    |

            Lucien Jedwab








                        



   


Si le nom de Romainville est associé au fort (situé... sur la commune des Lilas) construit par Adolphe Thiers dans les années 1840, il l’est aussi à la tour hertzienne TDF de l’architecte Claude Vasconi, érigée en 1984, et qui domine de ses 141 mètres le paysage urbanisé environnant. Un paysage à l’étonnant relief, occupé sur une partie importante de sa surface (près d’une trentaine d’hectares) par une forêt. Une forêt... sauvage, dite de la corniche des Forts, qui a poussé là pendant des décennies, à l’abri de clôtures en interdisant l’accès.

   


La raison de cet oubli des promoteurs et des urbanistes ? L’existence d’anciennes carrières de gypse, employé pour la fabrication du plâtre, extrait à ciel ouvert et dans d’immenses cavités du sous-sol. Utilisé de longue date, le site a connu un important développement après l’acquisition de la propriété du marquis de Noailles, dans les années 1830, par une société d’exploitation. Jusqu’à son abandon, après son épuisement, dans les années 1950. La fermeture de ses accès, pour des raisons de sécurité – des effondrements sont toujours possibles –, a ainsi eu pour conséquence sa colonisation par une végétation luxuriante et par une faune nombreuse et variée d’insectes, d’oiseaux et de mammifères.

   


Conscients de son caractère exceptionnel, alors qu’un projet de « base de loisirs » somnolait dans les cartons de la région Ile-de-France, des riverains ont constitué une association, qui a alerté des paysagistes ou des scientifiques spécialistes du vivant. La concrétisation du projet, qui incluait un... « solarium », devait aussi – doit aussi – se traduire par des injections de béton, afin de consolider le sous-sol. Pour les botanistes ou ornithologues consultés, c’est l’ensemble des surfaces telles qu’elles sont aujourd’hui, avec une fréquentation humaine réduite et l’absence d’entretien, qui rend ce site unique, à 2 kilomètres de Paris.

   


Pour les opposants au projet, il est encore temps de revoir la copie et d’éviter des erreurs irréparables. Ils rappellent que, en matière de biodiversité, détruire une partie d’un ensemble arboré n’est pas compensable par des replantations aseptisées. Que des espèces d’oiseaux protégées ou communes (qui disparaissent à une large échelle de nos paysages) ont besoin d’abris naturels, d’insectes et de plantes en symbiose pour se nourrir. Et que des cheminements sans danger peuvent être conçus pour l’observation discrète de la vie végétale et animale, sans qu’il soit nécessaire de répondre aux normes de circulation et d’accès des aires d’autoroute...

   


Pour le naturaliste Georges Feterman, qui anime l’association A.R.B.R.E.S., « la priorité,  y compris pour le bien-être des riverains, est de conserver un tel espace où la nature a repris ses droits », quand bien même il demeurerait inaccessible aux promeneurs. Le paysagiste Gilles Clément, créateur du concept de tiers paysage, et les signataires de la tribune publiée par Libération en juillet 2018 rappellent que la forêt de Romainville, « ce “poumon vert” de la Seine-Saint-Denis, est un écosystème précieux qu’il faut préserver ». Sauront-ils se faire entendre du conseil régional, alors qu’une première phase de travaux est déjà engagée ?
L’une des animatrices de l’association Les Amis de la corniche des Forts, Julie Lefebvre, veut le croire. Et de rappeler l’exemple de l’empereur Charles Quint lui-même, qui aurait asséné aux chanoines qui transformèrent, pourtant à son instigation, une partie de la Grande Mosquée de Cordoue en église : « Si j’avais su ce qu’il y avait ici, je n’aurais jamais osé [y] toucher. Vous avez détruit ce que l’on ne voyait nulle part pour construire ce que l’on voit partout. » Une sagesse hélas tardive.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Deux ouvrages invitent à déconstruire le mythe d’une culture et d’une société françaises que « des siècles d’esclavage et de colonisation n’auraient pas contaminées ».
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Analyse

Décoloniser les arts : « Les Blancs doivent apprendre à renoncer à leurs privilèges »

Deux ouvrages invitent à déconstruire le mythe d’une culture et d’une société françaises que « des siècles d’esclavage et de colonisation n’auraient pas contaminées ».

Par                                            Séverine Kodjo-Grandvaux




LE MONDE
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        Le 07.10.2018 à 18h00

     •
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        Mis à jour le 07.10.2018 à 19h50






    
Manifestation à Paris à l’occasion de la cérémonie des Molières, récompenses du monde français du théâtre, le 23 mai 2016. Sur 86 artistes nommés, une seule, Sophia Aram, était issue de la diversité.
Crédits : ALAIN JOCARD / AFP


Décoloniser les savoirs, décoloniser les mentalités, la philosophie… et maintenant décoloniser les arts. Deux ouvrages sont parus en France à quelques jours d’intervalle, les 19 et 23 septembre, qui questionnent les milieux culturels occidentaux, notamment français, et africains. Dans Décolonisons les arts !, recueil de témoignages, une quinzaine d’artistes travaillant en France dénoncent le racisme auquel ils sont sans cesse confrontés dans leur profession. Théorique et analytique, Les Miroirs vagabonds ou la décolonisation des savoirs (arts, littérature, philosophie), de la philosophe franco-algérienne Seloua Luste Boulbina, est davantage tourné vers la situation africaine. Ces deux livres rejoignent en librairie le récent En quête d’Afrique(s). Universalisme et pensée décoloniale, de Souleymane Bachir Diagne et Jean-Loup Amselle.
Concept qui a accompagné les luttes pour l’indépendance, la décolonisation est revenue en force dans l’aire francophone ces dernières années. A tel point que le mot d’ordre décolonial semble dorénavant remplacer le post-colonialisme et s’imposer à qui veut penser les réalités africaines ou diasporiques.

        Lire aussi :
         

                Comment chasser le colon de sa tête



De fait, on assiste à un renouvellement des approches critiques dans les travaux d’historiens, de philosophes, d’économistes, d’anthropologues, de critiques littéraires, comme Françoise Vergès, Souleymane Bachir Diagne, Nadia Yala Kisukidi, Abdourahmane Seck, Ndongo Samba Sylla, ou encore Achille Mbembe et Felwine Sarr qui réunissent ces chercheurs et artistes lors des Ateliers de la pensée organisés à Dakar depuis 2016. En janvier 2019, ces derniers lanceront même une école doctorale destinée à former sur le continent de jeunes chercheurs.
Persistance d’un mythe
Pourtant, cette lame de fond n’est pas enfermée dans les milieux académiques. Elle touche également le monde artistique des deux côtés de la Méditerranée et rejoint les préoccupations de certains membres de la société civile française qui dénoncent un racisme structurel et militent pour le respect de l’image, du corps et des paroles afrodescendantes.
L’ouvrage Décolonisons les arts ! fait facilement le lien entre ces deux sphères. Les témoignages d’artistes plasticiens, d’acteurs, de metteurs en scène, d’un rappeur, de commissaires d’exposition, de cinéastes… sont accompagnés de textes d’analyse qui, tels ceux de Françoise Vergès et de Gerty Dambury, apportent une perspective historique et socio-culturelle nécessaire à la compréhension d’un mal français et de la persistance d’un mythe : le racisme n’existerait pas dans le milieu artistique.

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« Il est vrai qu’en France la culture a été un lieu de contestation et d’ouverture, explique Françoise Vergès au Monde. Mais le monde culturel a construit son propre récit en oubliant sa complicité avec la misogynie, le racisme et le sexisme. Persiste cette fiction très occidentale de l’artiste comme génie, à part de la société, sage, dans une France dont le peuple porterait en soi, par nature, la liberté et l’égalité. Ce mythe vivace fait comme si des siècles d’esclavage et de colonisation n’avaient pas contaminé l’ensemble de la société française. »
Dans un effort pédagogique sont définis des concepts apparus dans les milieux militants il y a peu et que les défenseurs d’un universalisme abstrait taxent volontiers d’essentialisme ou de communautarisme. Les auteurs sont prudents et écrivent en introduction : « La “race” n’existe pas mais des groupes et des individus font l’objet d’une “racisation”, d’une construction sociale apparentée à une définition historique et évolutive de la “race”. Les processus de racisation sont les différents dispositifs – juridiques, culturels, sociaux, politiques – par lesquels des personnes et des groupes acquièrent des qualités (les Blancs) ou des stigmas (les “autres”). »

        Lire l’entretien croisé entre Achille Mbembe et Felwine Sarr :
         

          « L’avenir du monde se joue en Afrique »



En 2015 s’est créé le collectif Décoloniser les arts (DLA) pour dénoncer un racisme structurel qui empêche toute personne non blanche d’accéder à des postes de responsabilité et de direction dans les institutions publiques, ou qui limite les possibilités de rôle pour les acteurs. « Les personnes de couleur ne sont pas à la tête des scènes nationales et elles sont cantonnées à la fonction de vigile ou de femme de ménage, constate Françoise Vergès. Certes, il est question de l’accès aux postes, mais aussi plus largement d’éducation », afin de faire comprendre pourquoi, comme l’écrit Gerty Dambury, « le corps de l’homme noir ou de la femme noire, après avoir été un corps “ridicule et laid”, est aujourd’hui un corps victime, un corps souffrant, un corps subalterne, un corps réfugié, un corps-femme-voilée ou un corps de toute beauté, à nouveau fortement sexualisé ».
Faire valoir le différent
Il importe donc que soient diffusées des représentations différentes de celles et ceux qui ont été érigés en « autres », ainsi que des formes de narration diverses ; ce qui implique, comme l’explique Seloua Luste Boulbina, que l’Occident ne soit plus considéré comme modèle. « Les mondes extra-européens, écrit-elle, ont été regardés comme des univers de la réception, de l’imitation et de l’appropriation dans lesquels des codes divers – politiques, philosophiques, esthétiques – ont été empruntés. » Ce qui fait écho à ce constat de Hassane Kouyaté pour qui persiste l’idée que la culture, importée de France, « a permis aux colonisés de s’émanciper », et qui ajoute : « Notre mission civilisatrice à nous est décoloniale. »

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                Les dix penseurs africains qui veulent achever l’émancipation du continent



A l’instar des membres de DLA, qui appellent à « dénationaliser, désoccidentaliser la version française de l’universel » pour faire valoir le différent, sur le fond comme sur la forme, dans les pratiques et représentations artistiques en France, Seloua Luste Boulbina constate que demeure un « achoppement sur l’articulation de l’universel et du particulier, comme si l’arbre était l’opposé du hêtre, du bouleau et surtout du baobab et l’universel l’antidote du particulier ». Achoppement qui atteste « d’une colonialité qui tarde à disparaître des institutions et des publications françaises » et qui traverse les réflexions sur l’art d’un Jean-Loup Amselle. Pour ce dernier, écrit-elle « “africain”, loin d’apparaître comme un terme renvoyant à un continent, est utilisé comme vecteur d’alternatives insurmontables » ; ce que, de fait, laisse entendre l’anthropologue français dans sa discussion avec le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne dans En quête d’Afrique(s).

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                « L’Afrique doit se regarder et regarder le monde avec ses propres lunettes »



Opérant un va-et-vient entre Afrique et Occident en étudiant la littérature et les arts de Kateb Yacine, Zineb Sedira, Bouchra Khalili, Sammy Baloji, Barthélémy Toguo, William Adjété Wilson ou encore le travail de commissariat d’Okwui Enwezor, de Simon Njami ou de Michket Krifa, la philosophe franco-algérienne questionne leur insertion dans un contexte post-colonial globalisé, dans un flux migratoire et une approche mouvante, ouverte au possible, aux expériences, à la créolité telle que la conçoit Edouard Glissant. A rebours, ce questionnement révèle un immobilisme du milieu culturel occidental, notamment français, englué dans un schéma et des représentations coloniales qui ont conduit par exemple des curateurs occidentaux à privilégier des artistes autodidactes comme Bruly Bouabré, supposant que tout cursus académique engendrerait une dénaturation d’une « essence », d’un art africain.
Tentatives de récupération
La chercheuse, rattachée au Laboratoire du changement social et politique de l’université Paris-Diderot, manifeste une certaine méfiance envers la pensée décoloniale latino-américaine car « sur le continent américain, à l’exception notable de Haïti, les indépendances ont bénéficié à des Européens, alors qu’en Afrique, hormis l’Afrique du Sud, elles ont bénéficié aux indigènes, explique-t-elle au Monde. Même si la pensée décoloniale est intéressante en ce qu’elle a montré que le passé est toujours présent, c’est-à-dire que la colonialité n’a pas disparu, elle doit être réévaluée pour l’Afrique. » Seloua Luste Boulbina établit par ailleurs une distinction importante entre « le post-impérial qui concerne l’ancienne métropole et le post-colonial qui est l’affaire des anciennes colonies ». Dans le premier cas, les afrodescendants sont « dans une situation de minorité, de “subalternisés”. Contrairement aux Africains, les descendants d’immigrés n’ont pas bénéficié des indépendances », ajoute-t-elle.

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A ses yeux, il faut aujourd’hui « une décolonisation en actes, car le discours sur la décolonisation n’est pas en soi, dans la pratique, décolonial ». Une précision sans doute nécessaire dans une situation où, constate Françoise Vergès, « on doit faire face également à des tentatives de récupération fortes. La “décolonisation” est devenue à la mode. On nous prend tous nos mots. On les avale, on les broie avant qu’on ne les dévoie ». Ce principe est au fondement de l’appropriation culturelle, que D’de Kabal définit comme le fait de « déposséder l’Autre de ce qu’on a toujours rejeté et [de] le faire sien pour signifier qu’on a compris et grandi ». En un mot, de le vider de sa substance.

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                Achille Mbembe, passant soucieux



Olivier Marboeuf parle quant à lui d’« hospitalité toxique » qui « épuise la force transformatrice du geste décolonial minoritaire en faisant de sa saisie critique non plus une opération à même d’affecter l’ordre politique et social, mais une simple catégorie dans l’économie des savoirs ». Pour Seloua Luste Boulbina, la décolonisation est moins un processus, qui suppose une évolution d’étape en étape, qu’un « travail sur soi ». Travail qui nous concerne tous, car, ainsi que l’explique au Monde Françoise Vergès, « les Blancs doivent apprendre à renoncer à leurs privilèges. Cela est certes extrêmement difficile à accepter d’un point de vue individuel, mais il faut comprendre que c’est toute la société française qui bénéficiera de ce combat ».
Décolonisons les arts !, sous la direction de Leïla Cukierman, Gerty Dambury et Françoise Vergès, L’Arche, 144 pages, 15 €.
Les Miroirs vagabonds ou la Décolonisation des savoirs (arts, littérature, philosophie), de Seloua Luste Boulbina, Les Presses du réel, 160 pages, 15 €.


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ La série culte de science-fiction revient dimanche 7 octobre avec une saison 11 hors du commun : le célèbre héros est désormais une héroïne.
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« Doctor Who » pour les nuls

La série culte de science-fiction revient dimanche 7 octobre avec une saison 11 hors du commun : le célèbre héros est désormais une héroïne.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 17h00
    |

            Pierre Trouvé et 
Morgane Tual








                        


Rarement une saison de Doctor Who n’avait été aussi attendue. Pour la première fois, le rôle principal de la série, le Docteur, est incarné par une femme. Dimanche 7 octobre, le Royaume-Uni découvrira le premier épisode de la saison 11, avec l’actrice Jodie Whittaker. En France, il faudra attendre jeudi 11 pour le regarder sur France 4. Si vous n’avez jamais vu un seul épisode de cette série culte britannique, voici ce qu’il faut en savoir.
De quoi ça parle ?
D’un extraterrestre doté d’une machine à voyager dans le temps et dans l’espace et équipé d’un tournevis sonique.



OK, bye !
Pas de panique, on précise… Cet extraterrestre, donc, a l’apparence humaine et se fait appeler « Le Docteur » – il ne révèle jamais son véritable nom. Il voyage dans tout l’univers, à toutes les époques (avec, ô surprise, un goût particulier pour le Royaume-Uni). Chaque épisode se déroule donc dans un univers différent, où le Docteur devra résoudre un mystère pour sauver a) des personnes, b) l’humanité, c) l’univers.
Pourquoi c’est culte ?
Il faut déjà noter que Doctor Who est la plus vieille série de science-fiction toujours en cours. Lancée en 1963 par la BBC, elle fut interrompue en 1989 après 26 saisons. Avant de revenir en 2005 pour une nouvelle série, qui entame cette année sa onzième saison.
Au Royaume-Uni, plusieurs générations ont suivi Doctor Who, qui s’est imposé comme un rendez-vous télé familial. Chaque épisode y rassemble entre 4 millions et 8 millions de téléspectateurs. Par ailleurs, cette série mêlant habilement science-fiction et second degré a toujours attiré les passionnés de SF du monde entier. « Je crois que si cette série compte toujours autant, c’est parce qu’elle est vraiment excellente, estime Robin Bunce, historien à l’Homerton College à l’université de Cambridge. Il se trouve que les super-héros cartonnent, que Star Wars cartonne, et Doctor Who est en quelque sorte la version britannique de tout ça. »
Qui est le Docteur ?
« Je suis Le Docteur. Je suis un seigneur du temps. Je viens de la planète Gallifrey de la constellation de Kasterborous. J’ai 903 ans et je suis l’homme qui va vous sauver, ainsi que les 6 milliards d’humains de la planète Terre. Ça vous pose un problème ? » Ainsi se présentait le personnage principal dans la saison 1 de la nouvelle série, en 2005.
Intelligent, drôle et charismatique, le Docteur est une sorte de dandy de l’espace au grand cœur, à mi-chemin entre Superman saveur earl grey et le Père Noël. S’il frétille d’enthousiasme à chaque nouvelle aventure, il traîne aussi la mélancolie d’un passé mystérieux et tragique.
Pourquoi change-t-il de visage ?
Comme tout seigneur du temps, le Docteur a la capacité de se régénérer : au lieu de mourir, il se « régénère » et change ainsi entièrement d’apparence – et un peu de personnalité.
C’est en 1966 que le concept est intégré à Doctor Who. Confrontée aux problèmes de santé de William Hartnell, premier interprète du Docteur, la BBC choisit ainsi d’intégrer cette astuce scénaristique. Depuis, cela a permis d’assurer la continuité de la série sans dépendre de l’acteur incarnant le Docteur.



Jusqu’à présent, douze acteurs ont interprété le Docteur. Pour la première fois de son histoire, il sera interprété par une femme, Jodie Whittaker, qui incarnera le treizième Docteur.

   


Pourquoi le Docteur est-il soudain une femme ?
Le débat agitait les fans depuis plusieurs décennies : si le Docteur peut changer entièrement d’apparence, pourquoi ne pourrait-il pas se régénérer en femme ? Jusqu’ici, la BBC, qui produit la série, n’avait pas osé sauter le pas. Mais dans un mouvement général de féminisation de la pop culture, elle a finalement pris cette décision, au grand dam d’une frange de spectateurs hostiles à ce qu’ils qualifient de « politiquement correct ».



« Doctor Who a évolué avec la culture britannique, poursuit Robin Bunce. Nous sommes une société beaucoup plus ouverte aujourd’hui, donc les histoires de Doctor Who parlent de sexualité, de genre, de race. Doctor Who a toujours été politique. »

        Notre article relatant les tensions sur Internet
         

          après que la BBC a annoncé que le Docteur serait une femme



Pourquoi est-il généralement accompagné d’humains ?
La plupart du temps, le Docteur ne voyage pas seul : il est flanqué d’un ou de plusieurs humains, qui le suivent sur plusieurs épisodes, voire plusieurs saisons. Ce sont généralement des Britanniques issus de notre époque. Comme John Watson en son temps dans les Aventures de Sherlock Holmes, ces « compagnons » permettent aux téléspectateurs de s’identifier et de les guider dans les mondes étranges du Docteur, en partageant leur étonnement et leur émerveillement.
Les compagnons du Docteur ont longtemps été de belles jeunes femmes. Au fil du temps, leur profil s’est relativement diversifié – genre, âge, couleur de peau, orientation sexuelle… – afin de mieux refléter les évolutions de la société.
Qu’est-ce qu’un « dalek » ?
C’est l’une des figures les plus célèbres de Doctor Who : une race extraterrestre mutante n’aspirant qu’à la destruction, enveloppée d’une armure mécanique roulante, et qui hurle d’une voix robotique « exterminer, exterminer ! ». Les ennemis jurés du Docteur.



D’autres méchants emblématiques hantent l’histoire de Doctor Who, comme les cybermen, des cyborgs diaboliques, ou les anges pleureurs qui, bien qu’apparus en 2007 seulement, se sont depuis hissés parmi les ennemis les plus terrifiants de la série.
Et le Tardis ?
Le Tardis est la machine à voyager dans le temps et dans l’espace du Docteur. Son nom est l’acronyme de Time and Relative Dimension in Space, traduit en français par « temps à relativité dimensionnelle interspatiale ». Elle ressemble aux « police boxes » britanniques, ces petites stations auparavant disséminées partout dans les villes, où les policiers pouvaient passer des appels téléphoniques et se reposer. Cette forme résulte d’une panne du système de camouflage du Tardis, lors du premier épisode de la toute première saison.



Cette machine, plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur, dispose en outre d’une personnalité propre – celle-ci s’exprime rarement, mais est à l’origine de certains épisodes mémorables.
Ça n’est pas un peu kitsch, quand même ?
Doctor Who assume pleinement son esthétique carton-pâte. La série récente, lancée en 2005, s’inscrit volontairement, avec son style vintage, dans l’héritage des épisodes des années 1960. Le design grotesque des cybermen par exemple, a peu changé au fil des décennies, même s’il s’est modernisé.

Les cybermen des années 1980


Les cybermen des années 2000

Mais Doctor Who est surtout une série d’aventures joyeuse, drôle et tendre, soutenue par des dialogues savoureux et des moments d’émotion. Sans prétention, elle s’adresse à toutes les classes d’âge, et si la qualité des épisodes est inégale, les plus poignants sont de petits chefs-d’œuvre de la télévision.
Par où commencer si on n’a jamais vu un épisode ?
Bonne nouvelle, chaque épisode raconte une histoire à part entière et peut se voir indépendamment des autres. Mais vous trouverez des conseils plus précis ici :

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                « Doctor Who » : par où commencer si vous n’en avez jamais vu un seul épisode






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Invitée à participer à une « conversation » dans le cadre du Monde Festival, samedi 6 octobre, au Théâtre des Bouffes du Nord, l’auteure-compositrice-interprète s’est livrée sur ces moments forts que sont pour elle les concerts.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ L’écrivain et intellectuel italien participait dimanche 7 octobre au Monde Festival. Il a à nouveau fait part de son malaise face à la situation politique dans son pays, et de sa conviction qu’il faut continuer « à se battre ».
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                Roberto Saviano : « Nous sommes en guerre. En Europe, c’est une guerre d’information »


L’écrivain et intellectuel italien participait dimanche 7 octobre au Monde Festival. Il a à nouveau fait part de son malaise face à la situation politique dans son pays, et de sa conviction qu’il faut continuer « à se battre ».

LE MONDE
                 |                 07.10.2018 à 15h49
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 10h26
                 |

            Léa Iribarnegaray

















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D’une main, d’un côté puis de l’autre, il salue son public à la manière de la Reine d’Angleterre. Dimanche 7 octobre, 10 heures pétantes, l’auditorium de l’Opéra Bastille est plein comme un œuf pour accueillir l’écrivain italien Roberto Saviano. Alors que Marine Le Pen est en voyage à Rome pour afficher sa proximité avec le ministre de l’intérieur Matteo Salvini, Roberto Saviano, lui, est en visite à Paris. « On est très heureux de votre choix ! » lance le journaliste du Monde Philippe Ridet, qui anime la discussion, aux 500 spectateurs présents.
« Moi je ne sers à rien, même pas à moi-même. Je m’enfonce dans la merde jour après jour. Mais je me sens plus grand dans ma défaite qu’eux. »
Faut-il encore présenter l’intellectuel militant, auteur du best-seller Gomorra sur la mafia napolitaine ? Au Monde Festival, en tout cas, on se l’arrache, on l’applaudit telle une rock star. A 39 ans, sous escorte policière depuis onze ans, Roberto Saviano a légué sa vie à son engagement. « Moi je ne sers à rien, même pas à moi-même. Je m’enfonce dans la merde jour après jour. Mais je me sens plus grand dans ma défaite qu’eux », assume-t-il, renvoyant la balle au gouvernement italien, alliance hétéroclite entre La Ligue et le Mouvement 5 étoiles, à la fois xénophobe et nationaliste. « Être sous protection n’a rien d’un privilège, c’est un drame, poursuit-il. Il me tarde de la perdre. » 
De cette vie brisée, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec les enfants des rues de Naples, ces très jeunes mafieux qui sont les protagonistes bien réels de son premier roman, Piranhas (Gallimard), en librairie depuis le 4 octobre. « Ils veulent mourir, la mort est un choix pour eux, raconte l’auteur. Quand je les ai interviewés et leur ai dit mon âge, j’avais 37 ans à l’époque, et ils se sont étonnés : “Mais alors tu comptes pour du beurre s’ils ne t’ont pas encore tué !” »

        Lire l’entretien avec
         

          Roberto Saviano : « Les “baby-gangsters” sont habités par une sorte de désir mystique »



L’Italie est un laboratoire
Sauver l’Italie de sa dérive, trop lourde tâche pour un écrivain isolé et menacé ? « Les intellectuels pensent qu’il suffit d’une petite déclaration sur les réseaux sociaux. Mais aujourd’hui, il faut se battre tous les jours », martèle Roberto Saviano. « Nous sommes en guerre. Pour l’instant, en Europe, il s’agit d’une guerre d’information. Et la cible, par exemple, c’est moi. » Aux yeux de cet Européen convaincu – qui « rêve même aux États-Unis d’Europe » – l’Italie ressemble à un laboratoire dont les dynamiques finissent par devenir universelles : « C’est un pays très réceptif, qui absorbe tout ce qui se passe à l’extérieur. Si vous regardez l’Italie, vous regardez votre avenir », prévient-il. Et Philippe Ridet de s’exclamer : « Vous faites un peu flipper ! »

        Lire aussi :
         

                Roberto Saviano : « Le nouveau gouvernement italien a déjà causé trop de mal »



Malgré la noirceur et le pessimisme ambiants, l’intellectuel joue son rôle pour réveiller les consciences. « Le désespoir d’un peuple, c’est lorsque l’individu pense qu’il est inutile de vivre honnêtement, que ce sont les idiots qui payent leurs impôts. C’est ce qu’il se passe aujourd’hui dans mon pays. » Alors, puisque seul on ne vaut rien, il lance un appel à une salle déjà conquise : « Chacun d’entre nous est nécessaire, indispensable. Si vous trouvez la force de vous battre, de défendre la complexité, faites-le partout, tout le temps. Dans un taxi ou au travail. Même si, finalement, les choses ne se déplacent que d’un millimètre. »

Revivez le Monde Festival 2018 sur le thème « Aimer ! »
Aimer ! C’était le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’est déroulée du 5 au 7 octobre à Paris.
Revivez les meilleurs moments en vidéo, mais aussi en photos. 




Léa Iribarnegaray
    













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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Pierre Foldes, médecin et cofondateur de l’Institut Women-Safe, était invité à participer à la rencontre « Clitoris le grand tabou » au Monde Festival, samedi 6 octobre. Il a livré des explications très précises sur cet « organe extraordinaire ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ 
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<filnamedate="20181008"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181008"><AAMMJJHH="2018100819">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ L’historien Michel Vovelle, spécialiste de la Révolution française et auteur prolifique, est mort samedi à Aix-en-Provence à l’âge de 85 ans.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’historien Michel Vovelle, spécialiste de la Révolution française, est mort

L’historien Michel Vovelle, spécialiste de la Révolution française et auteur prolifique, est mort samedi à Aix-en-Provence à l’âge de 85 ans.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 16h25
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            
Auteur d’une œuvre monumentale sur La Mort et l’Occident de 1300 à nos jours (Gallimard, 1983), Michel Vovelle n’était pas un historien des moments paisibles. Lui, qui passa de longues années à traquer les représentations collectives du trépas, savait à quoi tenait une vie. Après le décès en 1969 de sa première épouse, Gaby, il perdit en 2008 sa seconde femme, Monique, avec qui il avait eu deux filles, Sylvie et Claire.
Fin observateur de notre société contemporaine du vieillissement et de la peur de la mort qui s’y est installée, l’historien participa au courant qui donna naissance aux soins palliatifs pour les derniers moments de la vie des patients dans le but de leur redonner leur dignité et d’éviter l’acharnement thérapeutique. A ce titre, il fut le premier auditionné par la commission présidée par Jean Leonetti dont le rapport déboucha sur la loi relative aux droits des malades et à la fin de vie du 22 avril 2005.
Fidèle au Parti communiste français
Dans un raccourci acrobatique, il savait en quelques phrases retracer l’évolution des enjeux des derniers moments de la vie au cours de l’histoire. Il remontait alors aux sociétés très anciennes où « la bonne mort passe pour être solidaire, sans dramatisation et comme un passage naturel ». Cette « bonne mort », il l’avait attendue patiemment, lui qui depuis qu’il avait pris sa retraite en 1993, cultivait ses jardins, « tous » ses jardins, comme il se plaisait à le préciser.
Michel Vovelle est mort samedi 6 octobre à Aix-en-Provence, à l’âge de 85 ans. Né à Gallardon (Eure-et-Loir) le 6 février 1933, il entre en 1953 à l’Ecole normale supérieure de Saint-Cloud. En 1956, il devient membre du Parti communiste français (PCF) quand tant d’autres le quittent à la suite des révélations du rapport Khrouchtchev sur les crimes du stalinisme. Même à l’épreuve de la guerre d’Algérie qu’il dira avoir vécue « en solitude sur l’autre rive », il restera...




                        

                        


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« Voiture : êtes-vous prêt à lâcher le volant ? », la révolution du véhicule autonome en question

Un documentaire dresse un tableau du marché automobile marqué par les prémices de la conduite autonome.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 10h00
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            Alain Constant








                        


France 5, dimanche 7 octobre à 17 h 15, documentaire
La voiture autonome ? L’idée ne date pas d’hier, mais plutôt d’avant-hier. Comme le prouve cet étonnant spot de publicité des années 1950 aux couleurs délavées diffusé dans ce documentaire bien rythmé. A l’époque, General Motors rêvait pour l’an 2000 de voitures sans conducteur, guidées par des tours de contrôle disséminées le long des autoroutes américaines ! L’an 2000 est passé, les tours de contrôle ne sont pas là, mais la révolution du véhicule autonome est en bonne voie, même si les experts n’attendent pas l’arrivée sur route et autoroute de voitures de série entièrement autonomes avant 2030 au plus tôt.
Tableau complet de la situation
Instructif, riche de documents d’archives et d’entretiens avec experts de haut vol et ingénieurs passionnés, ce documentaire dresse un tableau complet de la situation actuelle du marché automobile mondial. De Pékin à Berlin, de San Francisco à Paris, de nombreuses problématiques sont analysées : abandonner le moteur thermique pour l’électrique ? Louer plutôt qu’acheter son véhicule ? Partager plutôt que posséder ? Faire confiance à la technologie pour oser lâcher le volant et se laisser conduire ? Dans un monde idéal, la voiture autonome, bardée de capteurs et de cartographies actualisées en temps réel doit pouvoir en finir avec les embouteillages et les accidents.
Dans la réalité, en dépit des progrès réalisés, on n’en est pas tout à fait là. Mais on y vient et tout le monde s’y met : de Google aux constructeurs automobiles historiques, de Tesla au gouvernement chinois, l’argent coule à flots pour soutenir la recherche dans le domaine automobile. Comme souvent, c’est vers la Chine que se tournent les regards : le premier marché automobile mondial est aussi le premier de la voiture électrique. En 2020, on devrait atteindre 5 millions de véhicules électriques en circulation et comme la plupart des batteries sont fabriquées en Chine, le reste du monde envisage avec crainte le spectre d’une mainmise chinoise sur le marché mondial du véhicule électrique. En attendant, les recherches technologiques se poursuivent, notamment dans la Silicon Valley. La voiture de demain ne sera pas celle d’aujourd’hui. De là à lâcher le volant et faire entièrement confiance à son véhicule bardé de technologies, il y a encore un peu de route à faire…
Voiture : êtes-vous prêt à lâcher le volant ?, de Véronique Préault et Guy Beauché (France, 2018, 80 min)



                            


                        

                        

