<FILE-date="2018/10/08/19">

<article-nb="2018/10/08/19-1">
<filnamedate="20181008"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181008"><AAMMJJHH="2018100819">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ La première grande expédition du Muséum national d’histoire naturelle avait recensé en 1993 la biodiversité du récif de Koumac. Une nouvelle mission vient d’y retourner. En un quart de siècle, les méthodes ont évolué. Il faudra plusieurs années d’analyse pour voir si la faune aussi a changé.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Nouvelle-Calédonie : la biodiversité du récif de Koumac revisitée

La première grande expédition du Muséum national d’histoire naturelle avait recensé en 1993 la biodiversité du récif de Koumac. Une nouvelle mission vient d’y retourner. En un quart de siècle, les méthodes ont évolué. Il faudra plusieurs années d’analyse pour voir si la faune aussi a changé.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 17h20
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 17h23
    |

                            Yann Chavance (Koumac (Nouvelle-Calédonie), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Chaque jour, le même rituel. Dans l’ancienne pêcherie du port de Koumac, au nord de la Nouvelle-Calédonie, la salle centrale reconvertie en salle des opérations est le lieu d’un casse-tête quotidien : organiser la journée du lendemain. Les équipes du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), aux manettes d’une mission scientifique de grande ampleur montée grâce à des fonds privés et publics calédoniens, doivent établir le programme d’une quarantaine de chercheurs, plongeurs, naturalistes, pilotes de bateau, bénévoles…
Devant les cartes de la région couvrant les murs, il faut jongler avec les horaires des marées, les capacités de chaque bateau, les conditions météo ou encore les sites déjà explorés. Dans un coin de la pièce, le grand tableau blanc qui toise les chercheurs penchés sur leurs échantillons se remplit peu à peu de noms, chacun assigné à un horaire, un bateau et un lieu. Durant tout le mois de ­septembre, l’équipe a passé au peigne fin plus de 600 kilomètres carrés dans le lagon de Koumac, à pied ou en plongée. C’est ainsi, par le truchement du tableau blanc, que le lendemain matin une petite embarcation à moteur est envoyée à la dé­couverte d’un îlot désert, situé plus au nord dans le lagon. A bord, un spécialiste russe fait face à un chercheur allemand, assis à côté d’un Japonais luttant encore contre le sommeil. En tout, onze nationalités se côtoient pendant la mission.
Etude la plus complète possible
Après 45 minutes de traversée à peine ralentie par le passage à proximité d’une baleine curieu­se, l’embarcation coupe le moteur à quelques mètres du rivage. Tout l’équipage se précipite alors à l’eau, commençant à inspecter minutieusement les rochers le long de la plage, laissés découverts par la marée basse. Ils n’au­ront que deux heures avant que l’eau remonte, deux heures pour soulever chaque pierre et y déloger la moindre petite crevette, le moindre coquillage, qui finira sa course dans un seau ou un pot en plastique. « Pour...




                        

                        


<article-nb="2018/10/08/19-2">
<filnamedate="20181008"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181008"><AAMMJJHH="2018100819">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Le récif néo-calédonien avait déjà fait l’objet d’une expédition naturaliste en 1993. C’était la première d’une série de missions du Muséum national d’histoire naturelle pour inventorier des zones riches en biodiversité.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Biodiversité : dans le lagon de Koumac, il y a 25 ans

Le récif néo-calédonien avait déjà fait l’objet d’une expédition naturaliste en 1993. C’était la première d’une série de missions du Muséum national d’histoire naturelle pour inventorier des zones riches en biodiversité.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 17h20
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 17h23
    |

                            Yann Chavance








                        



                                


                            
Il y a tout juste un quart de siècle, Koumac était déjà pris d’assaut par des chasseurs de mollusques, venus en ce mois d’octobre 1993 en comité restreint. « Avec à peine quinze personnes, ce n’était pas encore l’usine, l’ambiance était presque familiale, se rappelle Virginie Héros, l’une des seules scientifiques du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) à avoir participé aux deux missions de Koumac. A l’époque, la Nouvelle-Calédonie avait connu des campagnes scientifiques en eau profonde, nous voulions donc compléter en étudiant les espèces du littoral. »

En ce début des années 1990, alors que la communauté scientifique commençait à peine à prendre conscience du nombre faramineux d’espèces encore à découvrir, de tels inventaires de biodiversité restaient très marginaux. Il faudra attendre encore près de quinze ans pour que le MNHN lance conjointement avec l’ONG Pro-Natura le programme « La Planète revisitée », visant à recenser les espèces dans les zones les plus riches en biodiversité (Vanuatu, Madagascar, Papouasie…). Pour ces différentes missions, le professeur au MNHN Philippe Bouchet assure que tout est parti de Koumac, en 1993. « C’était l’expédition fondatrice, autant au niveau des méthodes que des objectifs. Depuis, nous avons amélioré notre fonctionnement, mais l’esprit est resté le même. »
Collecte d’espèces inconnues
De tous les inventaires menés par le Muséum, « Koumac 1993 », plus modeste, est le seul à avoir vu ses échantillons entièrement triés. En 2002, soit neuf ans après la phase de terrain, une publication scientifique est ainsi venue officialiser les résultats de cette première collecte à Koumac : sur les 42 zones de prélèvements de la mission, exactement 127 652 spécimens furent collectés, représentant 2 738 espèces de mollusques, dont plusieurs encore inconnues à l’époque.
Mais au-delà des chiffres, cette publication scientifique a révélé de nombreuses données...




                        

                        


<article-nb="2018/10/08/19-3">
<filnamedate="20181008"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181008"><AAMMJJHH="2018100819">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Durant tout le mois de septembre, une quarantaine de chercheurs, naturalistes et plongeurs a passé au peigne fin le lagon de Koumac, en Nouvelle-Calédonie, pour dresser un inventaire des mollusques et crustacés évoluant dans le lagon.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ 
<article-nb="2018/10/08/19-4">
<filnamedate="20181008"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181008"><AAMMJJHH="2018100819">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Le groupe d’énergie a jugé, lundi, que l’Etat doit soutenir plus fortement la création d’une filière de production de gaz renouvelable dans sa programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Engie s’inquiète du pari « tout électrique » du gouvernement

Le groupe d’énergie a jugé, lundi, que l’Etat doit soutenir plus fortement la création d’une filière de production de gaz renouvelable dans sa programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 17h08
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 17h31
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



   


« Le débat est entièrement confisqué par les pro et les anti-nucléaire. » A quelques semaines de la publication par le gouvernement de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 2019-2028), le directeur général adjoint d’Engie s’est fait, lundi 8 octobre, l’écho des inquiétudes de la filière gazière. Didier Holleaux estime en effet qu’en l’état actuel, la feuille de route de l’énergie pour les périodes 2019-2023 et 2024-2028 fait la part trop belle à l’électricité et minimise le rôle du gaz, notamment renouvelable. Il juge même qu’elle risque de retenir des options « néfastes et irréalistes » pour le futur mix énergétique du pays.

        Lire aussi :
         

                Le report de la baisse du nucléaire inquiète le secteur des énergies renouvelables



Dans le cadre de sa stratégie « bas carbone », la France envisage de parvenir à zéro émissions de CO2 en 2050 dans le secteur de l’énergie, et la PPE est un outil essentiel pour suivre cette trajectoire. Ce texte fixera notamment l’horizon où la part d’électricité d’origine nucléaire tombera à 50 %, probablement entre 2030 et 2035, et non plus en 2025 comme le prévoyait la loi de transition énergétique de 2015.
Mais pour les dirigeants d’Engie et de ses filiales GRT Gaz (transport) et GRDF (distribution), les scénarios qui circulent sont « tout électrique », « tout nucléaire », ou à « très forte proportion de nucléaire ».
Affirmer le principe de complémentarité
Pour Engie, cette programmation doit affirmer le principe de complémentarité des énergies faisant une place à l’éolien flottant et au gaz vert produit par méthanisation (déchets agricoles) ou à partir des surplus d’électricité (« power to gas »). « On peut atteindre l’objectif de 10 % de gaz renouvelable injecté dans le réseau dès 2028 [contre 0,5 %] », estime M. Holleaux. La ressource est là, qu’elle soit agricole ou forestière. Mais pour la valoriser, il faudrait « un engagement clair des pouvoirs publics » à travers des tarifs de rachat ou d’appels d’offres dédiés au gaz vert.

        Lire aussi :
         

                Les territoires ruraux cultivent les renouvelables



La France est très en retard sur l’Allemagne, qui a développé une vraie filière avec des cultures dédiées au biogaz, mais aussi sur l’Italie et le Royaume-Uni. Trois pays qui assurent à eux seuls 80 % de la production européenne.
M. Holleaux estime que l’objectif de 10 % en 2028 peut être atteint à un coût raisonnable pour la collectivité, qui a déjà puissamment soutenu l’éolien puis le solaire photovoltaïque : 1,5 milliard d’euros d’aides publiques par an, le prix du MWh tombant de 96 euros aujourd’hui à 60 euros dans dix ans.
Lors du débat public sur la PPE, au printemps, le biogaz a été plébiscité parce qu’il est propre, générateur d’emplois locaux et intégré à l’économie circulaire. Son ingénierie et ses technologies sont très bien maîtrisées en France et ne risquent pas d’être captées par la Chine, comme cela a été le cas de la filière photovoltaïque il y a une dizaine d’années.
« Décarboner avant d’électrifier »
Pour les dirigeants d’Engie, le gouvernement se trompe de priorités. Il faut « décarboner avant d’électrifier », souligne M. Holleaux.
L’exemple du chauffage électrique, plus développé en France qu’ailleurs, est à ses yeux très parlant. C’est lui qui, lors des pointes de consommation d’hiver, pompe le plus d’électricité et fait courir un risque de black out sur le réseau. Les éoliennes et les panneaux solaires sont alors peu productifs, et EDF doit mobiliser des centrales thermiques ou importer du courant d’Allemagne, où tournent alors des centrales au charbon et au lignite très émettrices de gaz carbonique.

        Lire aussi :
         

                En Allemagne, la laborieuse sortie du charbon



Engie reproche encore à la PPE de ne pas mettre suffisamment l’accent sur l’efficacité énergétique ou le développement de réseaux de froid et de chaleur, deux secteurs dont le groupe est un leader mondial. Il estime que les pouvoirs publics l’ont « insuffisamment associé à l’élaboration de la PPE ». Et juge, selon M. Holleaux, qu’il ne reçoit encore que des « réponses standards ».
Une fois rendue publique, la programmation énergétique sera soumise au Parlement, ne serait-ce que pour revoir le calendrier de baisse du nucléaire. La filière a encore quelques mois pour défendre sa position.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/08/19-5">
<filnamedate="20181008"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181008"><AAMMJJHH="2018100819">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Dans un entretien au « Monde », l’universitaire Stefan Aykut, estime que les conclusions du GIEC pourraient servir de levier politique aux pays les plus vulnérables.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Climat : « Le seuil de 1,5 °C peut être un point d’ancrage pour les négociations »

Dans un entretien au « Monde », l’universitaire Stefan Aykut, estime que les conclusions du GIEC pourraient servir de levier politique aux pays les plus vulnérables.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 15h08
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 17h46
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Le sociologue Stefan Aykut, professeur assistant à l’université de Hambourg, est l’auteur, avec Amy Dahan, d’un ouvrage de référence sur les négociations climatiques (Gouverner le climat ?, Presses de Sciences Po, 2015).
Pourquoi un rapport sur le seuil de 1,5 °C a-t-il été commandé au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ?
Stefan Aykut : Pour comprendre, il faut se situer dans le sillage des négociations de 2009, à Copenhague, qui n’avaient pas abouti. Les pays y ont quand même adopté un objectif important : rester en deçà de 2 °C d’élévation de la température moyenne, par rapport à l’ère préindustrielle. Cette limite était le fruit d’un compromis politique, mais elle avait aussi un fond scientifique. Au-delà de ce seuil, les risques d’un réchauffement dangereux et incontrôlable augmentent significativement. Or depuis 2009, les recherches sur les impacts ont beaucoup progressé, et on sait que, même à 2 °C, on pourrait voir des dommages irréparables – notamment en raison de l’élévation du niveau des mers. Les petits pays insulaires et les pays du Sud les plus vulnérables ont donc durci leur position depuis, et se sont retrouvés autour d’un seuil plus ambitieux, de 1,5 °C.

Ces discussions ont pris de l’ampleur avant le sommet de Paris en 2015. Beaucoup de pays du Nord pensaient que cette alliance de pays du Sud autour d’un seuil de 1,5 °C n’était qu’un outil de négociation, une monnaie d’échange pour obtenir plus de contreparties. Mais il s’est avéré que ce chiffre avait une valeur symbolique très importante pour ces pays. C’est devenu une ligne rouge et, de fait, ce chiffre est présent dans l’Accord de Paris : les 2 °C sont une limite légalement contraignante, et les 1,5 °C, la limite à laquelle on aspire. La commande du rapport sur les 1,5 °C résulte de ces discussions.
Certains délégués disaient « rester sous 1,5 °C, c’est impossible ». D’autres...




                        

                        


<article-nb="2018/10/08/19-6">
<filnamedate="20181008"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181008"><AAMMJJHH="2018100819">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Pierre Le Hir et Stéphane Foucart, journalistes au « Monde », ont répondu aux questions d’internautes sur le rapport du GIEC, rendu public lundi.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

« Contenir le réchauffement à 1,5 °C suppose un changement radical de mode de croissance »

Pierre Le Hir et Stéphane Foucart, journalistes au « Monde », ont répondu aux questions d’internautes sur le rapport du GIEC, rendu public lundi.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 14h18
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 18h15
   





                        



   


Le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), présenté lundi 8 octobre, estime, alors même que tous les voyants sont au rouge, qu’il reste une chance de limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C par rapport à la période préindustrielle. Mais cet ultime espoir ne sera préservé, montre le rapport, qu’au prix d’un sursaut international dans la lutte contre le réchauffement. Pierre Le Hir et Stéphane Foucart, journalistes au Monde, ont répondu aux questions d’internautes.
Claire94 : A-t-on une idée des mesures concrètes à mettre en œuvre si l’on veut contenir le réchauffement sous 1,5 degré ?
Pierre Le Hir : Le rapport du GIEC souligne bien que des transformations « sans précédent » seraient nécessaires dans tous les domaines, production d’énergie, industrie, transports, urbanisme, utilisation des terres… Mais la priorité des priorités est de réduire drastiquement la consommation d’énergies fossiles — à commencer par le charbon —, qui sont responsables de près de 90 % des émissions mondiales de CO₂. Selon les scientifiques, ces émissions doivent être réduites de 45 % d’ici à 2030, par rapport à leur niveau de 2010, pour conserver une chance de ne pas dépasser 1,5 °C de réchauffement.
De nombreux gestes du quotidien (la consommation de viande, les transports aériens, l’achat de produits agricoles d’importation, la consommation énergétique en général…) sont sources d’émissions de gaz à effet de serre. Chacun peut bien sûr agir selon ses priorités et ses préférences, mais il devient de plus en plus évident que l’addition de quelques bonnes volontés et la modification à la marge des habitudes de consommation ne suffiront pas à endiguer la dérive climatique. Seule une volonté politique forte, au niveau international, pourra éventuellement infléchir le cours des choses.

        Lire aussi :
         

                Climat : il y a un espoir de limiter le réchauffement mais au prix d’un sursaut international



Rémi : N’est-il pas vain d’espérer parvenir à un objectif de 1,5 degré quand les engagements actuels, qui ont toutes les chances de ne pas être tenus, devraient conduire à un réchauffement de 3 degrés au moins ?
Pierre Le Hir : Le rapport spécial du GIEC sur le 1,5 °C est une commande que lui ont faite les Etats lors de la COP 21 de Paris. Il a le mérite de mettre les gouvernements face à leurs responsabilités. Il leur dit, en résumé : contenir le réchauffement à 1,5 °C est encore possible, mais cela suppose un changement radical de mode de croissance, à vous d’être à la hauteur du défi. Au passage, le message vaut aussi pour les « peuples », qui devront accepter de modifier en profondeur leurs modes de vie. Trop ambitieux ou même irréaliste ? L’intérêt de fixer de tels paliers est aussi de montrer que les impacts d’un monde plus chaud de 1,5 °C ou de 2 °C sont d’amplitudes très différentes, même si dans les deux cas, ces impacts seront sévères.
Nicolas : Quelle est la hausse actuelle de la température moyenne au regard des températures de l’ère préindustrielle ? Quelles seront factuellement les conséquences d’une hausse de 3°C (trajectoire actuelle) d’ici à la fin du siècle ?
Stéphane Foucart : Les conséquences seront très variables en fonction des régions. Plusieurs phénomènes globaux peuvent toutefois être anticipés : élévation des océans (mais là encore très variable selon les zones), qui pourrait atteindre en moyenne 80 cm à 1 m à la fin du siècle, augmentation de la fréquence des canicules (en France, à 3 °C de réchauffement moyen mondial, une canicule comme celle de 2003 se produirait très fréquemment, de l’ordre d’un été sur quatre)… Des modifications profondes des régimes de précipitations (plus de sécheresses dans certaines régions et à certaines périodes de l’année, plus de précipitations extrêmes ailleurs) sont également attendues, mais beaucoup plus difficiles à prévoir de manière fiable.
Doc : Que peut-on attendre des Etats-Unis, de la Chine et de l’Inde dans cette lutte contre le réchauffement ?
Pierre Le Hir : Côté américain, il n’y a malheureusement rien à espérer de Donald Trump, qui a décidé de retirer son pays de l’accord de Paris. Mais on peut compter sur l’engagement de certaines villes et Etats, comme la Californie ou l’Etat de Washington. La Chine a pris le leadership, avec l’Europe, du combat climatique, mais elle continue de construire des centrales à charbon à grande échelle, ce qui explique en partie le fait que les émissions de CO₂ sont reparties à la hausse en 2017 et, selon les premières données, en 2018. Quant à l’Inde, elle pilote le grand chantier de l’Alliance solaire internationale, mais elle continue à promouvoir les énergies fossiles pour soutenir son développement économique.
Dom : Les grands absents du débat ne sont-ils pas les économistes ? Le débat sur la notion de croissance me semble fondamental pourtant…
Stéphane Foucart : Les économistes ne sont pas absents du processus d’expertise animé par le GIEC. En effet, il est divisé en trois groupes : le premier explore la science, le deuxième travaille sur les impacts régionaux et le troisième sur les modèles de développement économique qu’il faudrait promouvoir pour endiguer le problème.
Cependant, la notion de croissance économique n’est pas remise frontalement en cause par les travaux de ce troisième groupe : nombre d’économistes estiment qu’il est possible de continuer à faire croître l’économie, mais différemment, en privilégiant des modes de consommation faiblement émetteurs. Mais cette question de la croissance et de sa poursuite est au centre de nombreux débats académiques depuis les années 1970.
La majorité des gouvernements souhaitent un développement de leur économie, donc corrélativement une augmentation de leur consommation énergétique. Il est techniquement difficile de dissocier développement économique et sobriété énergétique : c’est le nœud du problème. D’ailleurs, la seule période récente de baisse franche des émissions au niveau mondial a été la crise économique de 2008-2009

Vert d’angoisse : Y a-t-il des réactions politiques en France concernant le rapport du GIEC ?
Pierre Le Hir : A ce stade, il y a surtout des réactions d’ONG, confortées dans leur demande d’un changement d’échelle dans l’action climatique. Par exemple le WWF, qui appelle à un « big bang écologique ». Le risque est que, du côté du gouvernement ou du chef de l’Etat, on y voit l’occasion d’afficher une nouvelle fois « l’exemplarité » ou le « leadership » de la France. Une posture très éloignée de la réalité. Rappelons que les émissions de CO₂ de la France sont reparties à la hausse depuis 2015…
Toto : Peut-on porter plainte contre les dirigeants actuels et passés pour mise en danger et inaction ?
Stéphane Foucart : Il est difficile de répondre à cette question juridique très délicate, mais a priori il n’existe aucune juridiction susceptible d’instruire de telles plaintes, dans le cas général. Pour autant, les litiges se multiplient et, par exemple, la Cour de justice de l’Union européenne a récemment déclaré recevable une plainte déposée par une dizaine de familles contre l’UE pour son niveau d’action trop faible sur la question climatique. Ces familles disent endurer les dégâts du dérèglement climatique.
D’autres litiges, principalement contre des entreprises dont l’activité est source d’émissions de gaz à effet de serre, sont portés devant des juridictions nationales ou locales. Aux Etats-Unis, par exemple, le procureur de l’Etat de New York a engagé des poursuites contre le pétrolier Exxon pour avoir caché la réalité du réchauffement depuis les années 1970 : des documents internes de la firme montrent que ses cadres étaient très tôt informés du problème mais qu’ils n’ont pris aucune mesure d’information du public ou des responsables politiques. Pis : Exxon a été le grand argentier, pendant de nombreuses années, des mouvements climatosceptiques.
Jean : Est-il utile ou bien vain d’arrêter de manger de la viande ?
Pierre Le Hir : Indépendamment des choix personnels, d’ordre éthique ou philosophique, on peut rappeler qu’aujourd’hui, l’élevage (plus de 60 milliards d’animaux sont abattus chaque année pour satisfaire nos besoins alimentaires) mobilise un tiers des terres cultivables de la planète et génère environ 15 % des émissions de gaz à effet de serre, sans parler de ses impacts en matière de déforestation ou de consommation de ressources en eau. A l’échelle collective, les choix alimentaires pèsent donc lourd dans la balance climatique et, plus largement, environnementale.
François : Quelle place pour le nucléaire dans cette réduction espérée des gaz à effet de serre ?
Pierre Le Hir : Au niveau mondial, le nucléaire représente moins de 5 % de la consommation d’énergie primaire. A moins de construire de nouveaux réacteurs en série, il s’agit donc d’une question marginale par rapport au défi climatique. La situation est, il est vrai, différente en France, qui tire 75 % de son électricité du nucléaire. Mais, même dans l’Hexagone, l’atome ne représente qu’environ un quart des besoins énergétiques totaux. Le nucléaire n’est donc pas la réponse au réchauffement climatique. Au demeurant, dans ses précédents rapports, le GIEC le cite comme un élément d’un mix énergétique décarboné, mais pointe aussi les risques, notamment associées aux déchets radioactifs.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/08/19-7">
<filnamedate="20181008"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181008"><AAMMJJHH="2018100819">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Près de 15 000 personnes ont convergé ce week-end à Bayonne pour rappeler l’urgence de la lutte contre le réchauffement climatique, faisant du rapport du GIEC présenté lundi un outil de mobilisation.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Climat : Alternatiba, une génération militante qui n’entend pas se résigner

Près de 15 000 personnes ont convergé ce week-end à Bayonne pour rappeler l’urgence de la lutte contre le réchauffement climatique.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 13h58
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 18h55
    |

            Rémi Barroux (Bayonne, envoyé spécial)








                        



                                


                            

La pluie et le froid relatif qui ont sévi sur le quartier du Petit-Bayonne, au cœur de la ville du littoral basque, n’ont pas empêché les quelque 15 000 participants au rassemblement d’Alternatiba de scander « chaud, chaud, chaud, nous sommes plus chauds que le climat ! ».
Samedi 6 et dimanche 7 octobre, ils sont donc venus en nombre accueillir les militants qui – comme ils l’avaient déjà fait en 2015, à la veille de la conférence climat de la COP21 – ont parcouru les routes de France à vélo. Quatre mois à pédaler, soit 5 800 km au total, afin de sensibiliser sur les conséquences du réchauffement climatique.
Au moment où le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publie un rapport spécifique sur le seuil de 1,5 °C, cette génération militante n’entend pas se résigner. « Changeons le système, pas le climat » est son mot d’ordre. « Notre message est clair, nous allons utiliser ce rapport pour délégitimer et écarter toute proposition, toute politique qui conduirait à un réchauffement de + 3 °C, déclare Maxime Combes, d’Attac. Le rapport indique clairement que l’objectif de + 1,5 °C est encore possible, que les émissions de gaz à effet de serre doivent atteindre leur maximum en 2020, et non en 2030, comme le prévoient les NDCs [Nationally determined contributions] publiées pour la COP21. »

Nécessité d’agir
Dimanche, en fin de journée, lors du meeting de clôture, un appel a été lancé : « Il est encore temps, reprenons notre avenir en main. » Ce texte, lu à la tribune, invite au renforcement de la mobilisation. « L’alerte rouge a sonné. Dès le 8 octobre, nous nous saisirons du rapport du GIEC pour pousser nos élu-e-s à transformer nos territoires et demander des comptes aux entreprises et aux banques. » Des marches pour le climat sont programmées samedi 13 octobre. « Nous montrerons ainsi notre détermination face à ceux qui nous mènent...




                        

                        


<article-nb="2018/10/08/19-8">
<filnamedate="20181008"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181008"><AAMMJJHH="2018100819">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Invité au Monde Festival, dimanche 7 octobre, le climatologue a commenté les conclusions du rapport du GIEC sur le climat, publié le 8 octobre. Pour lui, des changements rapides s’imposent.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ 
<article-nb="2018/10/08/19-9">
<filnamedate="20181008"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181008"><AAMMJJHH="2018100819">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Le groupe d’experts sur l’évolution du climat alerte les Etats, dans un rapport publié lundi, des lourdes conséquences d’une augmentation des températures au-delà de 1,5 °C.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Ce qu’il faut retenir du rapport du GIEC sur la hausse globale des températures

Le groupe d’experts sur l’évolution du climat alerte les Etats, dans un rapport publié lundi, des lourdes conséquences d’une augmentation des températures au-delà de 1,5 °C.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 12h31
   





                        



   


L’essentiel
Dans un rapport de 400 pages, dont le « résumé à l’intention des décideurs politiques » a été publié lundi, les scientifiquC’est la hausse des températures, par rapport à l’ère préindustrielle, estimée d’ici à 2100, si rien n’est fait pour infléchir la courbe des émissions de gaz à effet de serre. Pour les scientifiques, une telle hausse aurait des conséquences délétères sur l’environnement.
La citation
Nous avons remis le message aux gouvernements, nous leur avons donné les preuves, à eux de voir.
Le chercheur Jim Skea, membre du GIEC et de l’Imperial College de Londres, a relayé l’espoir ténu d’une réussite de ces objectifs, tout en rappelant aux dirigeants mondiaux leur responsabilité : « Les lois de la physique et de la chimie permettent [de limiter la hausse à 1,5 °C], ainsi que les technologies, le changement des modes de vie et les investissements. La dernière chose, à laquelle les scientifiques ne peuvent répondre, c’est si c’est faisable politiquement et institutionnellement. »
L’image

   


Pour aller plus loin
Le journaliste du service Planète du Monde, Pierre Le Hir, revient en détail sur les conclusions du rapport spécial du GIEC, rendu public lundi 8 octobre.
Dans sa chronique, Frédéric Joignot explique que l’empreinte colossale des activités humaines a précipité la terre dans une nouvelle ère géologique, où tous les écosystèmes sont affectés, appelée le « capitalocène ».
Esther Bailleul, chargée de mission au sein du Réseau pour la transition énergétique (CLER), explique dans un entretien au Monde la démarche et l’enjeu des « territoires à énergie positive ».




                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/08/19-10">
<filnamedate="20181008"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181008"><AAMMJJHH="2018100819">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Le prix de la Banque de Suède en sciences économiques couronne les recherches de William Nordhaus et de Paul Romer, ancien économiste en chef de la Banque mondiale.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Le « Nobel d’économie » attribué à deux Américains pour des travaux sur la croissance durable

Le prix de la Banque de Suède en sciences économiques couronne les recherches de William Nordhaus et de Paul Romer, ancien économiste en chef de la Banque mondiale.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 12h23
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 17h25
    |

            Antoine Reverchon








                        


Le 50e prix de la Banque de Suède à la mémoire d’Alfred Nobel – ou Nobel d’économie – a été attribué, lundi 8 octobre, aux Américains William Nordhaus et Paul Romer. Favoris depuis plusieurs années, les colauréats « ont mis au point des méthodes qui répondent à des défis parmi les plus fondamentaux et pressants de notre temps : conjuguer croissance durable à long terme de l’économie mondiale et bien-être de la planète », a indiqué l’Académie royale des sciences. L’annonce de ce prix coïncide avec la publication d’un rapport alarmiste des experts climat de l’ONU (GIEC) qui appellent à des transformations « sans précédent » pour limiter le réchauffement climatique.
Paul Romer, économiste haut en couleur à la carrière mouvementée, est essentiellement récompensé pour ses travaux académiques anciens qui, dans les années 1980, ont cherché à mesurer la part de l’innovation dans la croissance, insistant en particulier sur l’importance de la circulation des idées innovantes, et non des seules technologies, dans les rebonds du cycle économique. La notion de « croissance endogène », c’est-à-dire de croissance générée par la recombinaison permanente, grâce à ces idées, des facteurs de production déjà présents, est son apport principal à la science économique.
Mais Romer, qui se proclame homme d’action plus que de recherche, quitte l’université de Stanford en 2001 pour créer une start-up de service aux étudiants, puis se lance en 2009 dans la promotion du concept de « villes à charte ». Il s’agit de créer ex nihilo dans les pays pauvres des villes fonctionnant selon les pratiques et les principes favorisant au mieux les mécanismes de croissance endogène qu’il a théorisés. Mais ses projets, soupçonnés de relents néocolonialistes, s’enlisent dans les sables mouvants de la réalité politico-institutionnelle, le contraignant à rejoindre l’université de New York en 2011. Cela ne l’empêche pas de jeter un pavé dans la mare en publiant le 14 septembre 2016 un article retentissant, The trouble with macroeconomics, dans lequel il accuse ses collègues macroéconomistes de « faire tourner » des modèles mathématiques sans rapport avec le réel, semblables aux rituels religieux d’un clergé voué au culte de l’infaillibilité de la théorie économique néoclassique.
La Banque mondiale pense faire la preuve de son ouverture aux courants critiques du « consensus [néolilbéral] de Washington » en recrutant Paul Romer comme économiste en chef en octobre 2016. Mais son caractère entier fait vite scandale : il reproche publiquement aux travaux de sa propre équipe d’être trop « langue de bois », voire d’être influencés par des considérations politiques, dans le cas du rapport phare de la Banque, « Doing business », qui prétend classer les pays selon leur aptitude à accueillir les entreprises. Mis sur la touche, il doit démissionner dès janvier 2018 pour retourner à l’indépendance académique de l’université de New York.
Pionnier de la notion de prix du carbone par tonne de CO2
Moins connu et moins flamboyant que Romer, William Nordhaus a été le premier économiste à travailler sur le changement climatique dès la fin des années 1970. Il construit le modèle DICE – pour Dynamics Integrated Climate Economy Model –, publié en 1992, année du sommet de Rio, où il s’efforce de mesurer les coûts futurs des effets des émissions de gaz à effet de serre pour déterminer le prix présent des activités émettrices (ce que l’on appelle « actualisation ») : il est ainsi le pionnier de la notion de prix du carbone par tonne de CO2 comme incitation à la transition énergétique, aujourd’hui à la base de tous les calculs économiques sur les politiques climatiques.
Mais ses premières conclusions, qui fixaient alors le « prix de la tonne » à 4 ou 5 dollars, le classent parmi les économistes conservateurs, qui minimisent la nécessité d’une politique forte. Une polémique l’oppose à son collègue britannique Nicholas Stern, dont le rapport, publié en 2006, est beaucoup plus alarmiste. M. Nordhaus critique la méthode d’actualisation et le calcul du « coût d’irréversibilité » (c’est-à-dire l’actualisation spécifique aux effets irréversibles du changement climatique tel que la déforestation) utilisé par M. Stern.
William Nordhaus fera toutefois évoluer ses modèles au gré de la progression des connaissances sur les effets du réchauffement, intégrant ainsi des coûts de plus en plus élevés. Il a fini par défendre la nécessité d’une taxation mondiale du carbone, là où ses collègues plus « classiques » défendent la possibilité d’établir un prix mondial unique du carbone par la seule force du marché libre.
Seul prix à ne pas figurer au testament de l’inventeur suédois Alfred Nobel, le prix de « sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel » a été créé en 1968 par la Banque de Suède à l’occasion de son tricentenaire et décerné pour la première fois l’année suivante. En 2017, il avait été décerné à l’Américain Richard Thaler, père de la méthode dite du « coup de pouce », censée corriger les comportements irrationnels des consommateurs, contribuables ou investisseurs.

        Lire aussi :
         

                Paul Romer, le très polémique économiste en chef de la Banque mondiale, démissionne






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/08/19-11">
<filnamedate="20181008"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181008"><AAMMJJHH="2018100819">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ François Paulette, représentant de l’une des premières nations du Canada, était l’invité du Monde Festival lors de la conférence « Pour l’amour de ma Terre », le 7 octobre.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ 
<article-nb="2018/10/08/19-12">
<filnamedate="20181008"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181008"><AAMMJJHH="2018100819">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Les éleveurs et les élus de montagne contestent l’introduction de deux plantigrades femelles dans le massif.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Dans les Pyrénées, le dépit des opposants aux ours

Les éleveurs et les élus de montagne contestent l’introduction de deux plantigrades femelles dans le massif.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 11h24
    |

            Rémi Barroux (Vallée d’Ossau et vallée d’Aspe, Pyrénées-Atlantiques, envoyé spécial)








                        



                                


                            
Le ton est grave, solennel, et les centaines de personnes réunies sur la place de Laruns (Pyrénées-Atlantiques), ce dimanche 7 octobre en milieu de journée, font silence. « L’Etat, par le biais du ministère de l’écologie, malgré un refus très largement exprimé par la profession, par les élus, par les syndicats du Béarn, du Pays basque et de toutes les Pyrénées, tel un rouleau compresseur nous a écrasés. (…) Comment peut-on être aussi sourd, aussi lâche et aussi sournois ? », clame Stéphane Chetrit, président de la « Hera Deu Hromatge », la foire aux fromages du petit bourg béarnais.
Béret sur la tête et tee-shirt noir sur lequel est inscrit « Pyrénées vivantes sans prédateur », porté par les dizaines de bergers et éleveurs présents, l’orateur, qui élève 250 brebis, est en colère. Deux jeunes ourses slovènes ont été relâchées, jeudi et vendredi, héliportées dans les montagnes qui dominent les magnifiques vallées d’Aspe et d’Ossau, malgré les efforts de dizaines d’éleveurs, épaulés par des chasseurs : Claverina (« l’héritière » en béarnais) la première, puis Sorita (la « petite sœur ») – des prénoms choisis par les gardes de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) ayant veillé sur les opérations. La mission de l’ONCFS fait suite à la décision prise par Nicolas Hulot, alors ministre de la transition écologique et solidaire, le 26 mars, de réintroduire deux ourses dans cette région des Pyrénées.

Faire peur à la bête
Durant de longues minutes, le président de cette foire, qui a attiré quelque 15 000 visiteurs durant le week-end, s’est fait le porte-parole véhément de l’opposition à la réintroduction des ours dans les Hautes-Pyrénées. « Pour nous stigmatiser, on résume tout cela à un conflit entre pro et anti, on stigmatise les montagnards comme des gens sans cœur, incultes et dénués de sensibilité à l’égard de notre environnement et de la biodiversité », proteste Stéphane Chetrit.
Dans...




                        

                        


<article-nb="2018/10/08/19-13">
<filnamedate="20181008"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181008"><AAMMJJHH="2018100819">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ « Il y a un faisceau aujourd’hui de présomptions qui nous dit que ce sont les pesticides qui sont à l’origine de ces malformations », estime le député européen.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Bébés malformés : Yannick Jadot accuse les pesticides et demande la création d’un registre national

« Il y a un faisceau aujourd’hui de présomptions qui nous dit que ce sont les pesticides qui sont à l’origine de ces malformations », estime le député européen.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 10h58
   





                        


Interrogé sur RTL, le député européen Yannick Jadot a réclamé lundi 8 octobre la création d’un registre national sur les cas de malformations, après la médiatisation récente de plusieurs cas de bébés nés sans mains, bras ou avant-bras dans trois endroits différents en France.
« On ne veut pas voir » en France les effets des pesticides sur la santé, a accusé la tête de liste d’EELV pour les européennes, se disant « absolument scandalisé par cette affaire ».
« Ce qu’on ne veut pas voir aujourd’hui, c’est qu’il est très probable que ces malformations soient liées aux pesticides, toutes les familles qui ont été touchées par ces malformations vivent à côté des champs de maïs et des champs de tournesol. »
Les enquêtes de l’agence sanitaire Santé publique France, publiées jeudi, n’ont pas permis de mettre en évidence les causes de ces malformations. Appelée « agénésie transverse des membres supérieurs », cette absence de formation d’une main, d’un avant-bras ou d’un bras au cours du développement de l’embryon représente moins de 150 cas par an en France.
« Il y a un faisceau aujourd’hui de présomptions qui nous dit que ce sont les pesticides qui sont à l’origine de ces malformations », a insisté M. Jadot, qui fut candidat à la présidentielle en 2017.

        Lire aussi :
         

                Les autorités sanitaires confirment des cas groupés de bébés malformés, sans identifier de cause



« On ne veut pas savoir »
« On enlève les moyens des associations qui font le registre des malformations, l’association qui fait ce registre en Rhône-Alpes vit chaque année avec 200 000 euros, la Région vient de supprimer 100 000 euros, on veut casser le thermomètre parce qu’on ne veut pas voir, on ne veut pas savoir », a-t-il accusé. « On n’a jamais voulu savoir en France, on ne veut pas faire les études épidémiologiques autour des incinérateurs, autour des centrales nucléaires, on ne veut pas le faire sur les pesticides, parce qu’encore une fois on ne veut pas savoir », a-t-il insisté.

        Lire aussi :
         

                « Pourquoi une telle désertion des financeurs du Registre des malformations congénitales en Rhône-Alpes ? »



Les cas groupés étudiés par Santé publique France ont été observés dans l’Ain (sept naissances entre 2009 et 2014), en Loire-Atlantique (trois naissances entre 2007 et 2008) et en Bretagne (quatre naissances entre 2011 et 2013), à chaque fois dans un périmètre restreint. Ils ont suscité des inquiétudes dans les zones concernées.
Pour mieux repérer les malformations congénitales, Santé publique France souhaite créer une fédération nationale des six registres (Bretagne, Paris, Antilles, Réunion et deux en Auvergne-Rhône-Alpes, dont le Remera (Registre des malformations en Rhône-Alpes), afin de disposer d’une base de données commune.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/08/19-14">
<filnamedate="20181008"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181008"><AAMMJJHH="2018100819">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Nos journalistes Pierre Le Hir et Stéphane Foucart ont analysé avec les lecteurs du « Monde » le rapport spécial du groupe d’experts sur le climat.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ 
<article-nb="2018/10/08/19-15">
<filnamedate="20181008"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181008"><AAMMJJHH="2018100819">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Frappée par le séisme et le tsunami, l’île de Sulawesi est le théâtre récurrent de tensions communautaires.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Après le séisme en Indonésie, les chrétiens comptent sur l’amour de Jésus

Frappée par le séisme et le tsunami, l’île de Sulawesi est le théâtre récurrent de tensions communautaires.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 10h54
    |

            Bruno Philip (Palu (Indonésie), envoyé spécial)








                        



                                


                            

La vie est comme de la vapeur d’eau, elle peut disparaître en une seconde. » Quand il a pris le micro, ­dimanche 7 octobre, pour commencer un culte dominical pas tout à fait comme les autres, le pasteur Sandy Toding est entré immédiatement dans le vif du sujet : depuis le séisme, suivi d’un tsunami, qui a frappé Palu, capitale de la province centrale de la grande île de Sulawesi et les districts alentour, le 28 septembre, c’était la première fois qu’il retrouvait ses ouailles. « Nous nous étions perdus de vue depuis dix jours », a commencé le prêtre, la voix cassée. Avant d’ajouter : « Dieu n’a jamais promis que le ciel serait toujours bleu. »
Le culte, bien évidemment tout entier consacré à la catastrophe, a déroulé le rituel exalté propre aux pentecôtistes, dont les Eglises sont fortement représentées au sein de la communauté chrétienne de protestants et de catholiques de la ville (environ 10 %) : piano électrique, chansons, appels dramatiques à l’attention de Jésus… l’émotion fut intense, tout au long du déroulement d’une cérémonie durant laquelle plusieurs victimes du séisme racontèrent en pleurant leur tragédie personnelle.
Quant à Sandy Toding, jean, chemise bleu nuit, mèche gominée à la Tintin, il a exhorté les fidèles à ne pas perdre espoir : « Jésus est bon : Jésus vous aime ! Terima kasih [« merci » en indonésien] Jésus ! », a clamé le pasteur au micro, en se déhanchant comme une rockstar tandis que l’assistance reprenait en chœur, chantant alléluia. Personne n’osait trop regarder les murs lézardés par le séisme, se dressant de part et d’autre de la cour extérieure de l’église, où l’on avait jugé plus prudent de célébrer la messe, évitant ainsi les risques d’une chapelle à la toiture instable. A intervalles réguliers, on sent encore le sol trembler à Palu.
« Toute proche de Jésus »
La jeune médecin Wendy est ensuite venue au micro témoigner du tragique sort de sa mère disparue,...




                        

                        


<article-nb="2018/10/08/19-16">
<filnamedate="20181008"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181008"><AAMMJJHH="2018100819">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Les opérations de recherche se poursuivent, mais, dix jours après le tremblement de terre, les chances de retrouver des survivants sont quasi nulles.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Indonésie : le dernier bilan du séisme s’élève à 1 944 morts

Les opérations de recherche se poursuivent, mais, dix jours après le tremblement de terre, les chances de retrouver des survivants sont quasi nulles.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 09h51
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 11h04
   





                        



Le bilan du tremblement de terre de magnitude 7,5 et du tsunami qui ont frappé le pays le 28 septembre s’élève désormais à 1 944 morts, découverts dans la ville de Palu et ses environs, apprend-on lundi 8 octobre. Les autorités locales prévoient que ce chiffre augmente encore, évoquant 5 000 personnes disparues.
Il n’y a presque plus d’espoir de retrouver des survivants à présent, et les efforts se concentrent désormais sur la récupération des corps et leur comptage. L’agence de gestion des catastrophes a fait savoir que les recherches se poursuivraient jusqu’au 11 octobre, date à laquelle les disparus seront présumés morts.
Le nombre de morts particulièrement élevé découle de la conjugaison de plusieurs facteurs, comme la liquéfaction du sol au moment du séisme, des systèmes de détection des tremblements de terre défectueux et la géographie de Palu, située dans une baie particulièrement étroite.

        Lire aussi :
         

                En Indonésie, une semaine après le séisme et le tsunami, les familles à la recherche des corps de leurs proches



Déploiement de l’aide humanitaire
Le gouvernement envisage de faire de deux localités proches de Palu, Petobo et Balaroa, qui ont été anéanties dans la catastrophe, des lieux de sépultures collectives, et de les laisser en l’état.
Quelque 200 000 personnes ont un besoin urgent d’aide humanitaire dans la région. La nourriture et l’eau potable manquent, et de nombreuses victimes qui ont tout perdu dépendent de l’aide pour survivre.
L’aide humanitaire commence à être déployée plus largement alors que des ONG et l’armée parviennent petit à petit à surmonter les obstacles logistiques. Mais l’étendue des dégâts est encore inconnue en ce qui concerne les zones les plus reculées, et les premiers hélicoptères parviennent tout juste à amener des vivres et du matériel.

        Lire aussi :
         

                Secouriste français en Indonésie : « On est un petit peu frustrés de ne pas pouvoir les aider plus »



La Croix-Rouge a estimé lundi avoir soigné plus de 1 800 personnes dans ses cliniques et apporté des premiers secours à un nombre équivalent de victimes.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/08/19-17">
<filnamedate="20181008"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181008"><AAMMJJHH="2018100819">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Malgré le vote de la loi alimentation, le 2 octobre, la question de la rémunération des agriculteurs n’est toujours pas réglée.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Alimentation : les désaccords persistent entre agriculteurs et distributeurs

Malgré le vote de la loi alimentation, le 2 octobre, la question de la rémunération des agriculteurs n’est toujours pas réglée.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 09h23
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Le 11 octobre 2017, Emmanuel Macron prononçait, à Rungis (Val-de-Marne), un discours plein de promesses pour les agriculteurs et les consommateurs. Comme un point d’orgue aux Etats généraux de l’alimentation souhaités par le président de la République pour inviter, autour de la table, l’ensemble des interlocuteurs de la filière alimentaire. C’était une première. Avec un double objectif : mettre fin à la guerre des prix entre les enseignes, destructrice de valeur et source de faibles revenus pour les agriculteurs, tout en faisant la promotion d’une alimentation plus saine et plus durable. A la clé, une loi fixant de nouvelles règles du jeu.
Un an plus tard, la loi alimentation a bel et bien été votée, mardi 2 octobre. Mais la question de la rémunération des agriculteurs reste entière. Le gouvernement a choisi de lancer la balle dans le camp des filières. A elles de fixer les coûts de production et les indicateurs pour répartir la valeur entre agriculteurs, industriels et distributeurs. Mais l’absence d’accord et les tensions prouvent que rien n’est réglé au sein des interprofessions, au moment où les discussions habituelles et souvent conflictuelles entre distributeurs et industriels s’ouvrent maintenant aux agriculteurs.

M. Macron a décidé de recevoir, lundi 8 octobre, huit interprofessions pour faire le point avec elles sur l’état d’avancement de leurs travaux. Les filières du lait, de la viande bovine, du porc, des fruits et légumes, de la volaille, des céréales, du vin et celle des œufs…
Hausse des coûts de production
Le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, en visite, jeudi 4 octobre, au Sommet de l’élevage de Cournon (Puy-de-Dôme), a d’ailleurs reconnu l’existence de tensions. Il a demandé à la distribution de « prendre en compte » le « salaire » des agriculteurs dans le coût de production. Sa déclaration intervient après le violent désaccord, quelques jours plus tôt, dans la filière de l’élevage bovin....




                        

                        


<article-nb="2018/10/08/19-18">
<filnamedate="20181008"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181008"><AAMMJJHH="2018100819">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Selon le rapport spécial du GIEC présenté lundi, au rythme actuel du réchauffement, le seuil de 1,5 °C sera franchi entre 2030 et 2052
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 07/10/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Climat : il y a un espoir de limiter le réchauffement mais au prix d’un sursaut international

Selon le rapport spécial du GIEC présenté lundi, au rythme actuel du réchauffement, le seuil de 1,5 °C sera franchi entre 2030 et 2052



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 03h00
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 11h27
    |

            Pierre Le Hir








                        



                                


                            

Y croire encore, envers et contre tout. Et surtout, agir enfin. Même si la bataille est très mal engagée… Un rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), présenté lundi 8 octobre au terme d’une semaine de discussions tendues entre les représentants de 195 Etats, à Incheon (Corée du Sud), entretient l’espoir ténu qu’il reste une chance de limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C par rapport à la période préindustrielle.
Cela, alors même que tous les voyants sont au rouge : une concentration atmosphérique de gaz à effet de serre sans précédent depuis au moins 800 000 ans, des records de température battus année après année, des vagues de chaleur, des pluies diluviennes et des ouragans dévastateurs attestant que le dérèglement climatique est à l’œuvre.
Mais cet ultime espoir ne sera préservé, montre le rapport, qu’au prix d’un sursaut international dans la lutte contre le réchauffement.
Eclairer les gouvernements
L’accord de Paris, scellé en décembre 2015 lors de la COP21, prévoit de contenir l’élévation de la température moyenne de la planète « nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels ». A la demande des pays les plus vulnérables, comme les nations insulaires menacées de submersion par la montée des océans, a été ajoutée la nécessité de poursuivre « l’action menée pour limiter l’élévation de la température à 1,5 °C ». Les Etats ont alors commandé au GIEC un rapport spécial sur « les impacts d’un réchauffement global de 1,5 °C et les trajectoires d’émissions mondiales de gaz à effet de serre associées ».
Ce rapport de 400 pages, établi par près d’une centaine d’auteurs de quarante pays sur la base de plus de 6 000 études scientifiques, donne lieu à un « résumé à l’intention des décideurs » d’une vingtaine de pages, destiné à éclairer les gouvernements.
Cette synthèse, qui doit être approuvée ligne à ligne par les représentants...




                        

                        


<article-nb="2018/10/08/19-19">
<filnamedate="20181008"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181008"><AAMMJJHH="2018100819">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Les moyens de lutte contre la pollution, venus de France et d’Italie, continuent d’être acheminés sur les lieux. Lundi débuteront les opérations de barrage du fuel.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Une collision entre deux navires en Corse provoque une pollution au fuel

Les moyens de lutte contre la pollution, venus de France et d’Italie, continuent d’être acheminés sur les lieux. Lundi débuteront les opérations de barrage du fuel.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 14h47
   





                        



   


Deux bateaux, un navire roulier tunisien et un porte-conteneurs chypriote, sont entrés en collision, dimanche 7 octobre dans la matinée, au nord-ouest du cap Corse. Cet incident a provoqué une brèche dans la coque du porte-conteneurs, et une pollution au fuel sur 300 mètres de large et moins d’un kilomètre de long. Aucun des deux navires n’a signalé de blessé.
« Le ruban de pollution, du fuel de propulsion du navire, de 300 mètres de large sur moins d’un kilomètre de long, est à peu près stable », a déclaré la préfecture maritime à Toulon, dimanche soir. Les moyens de lutte contre la pollution, venus de France et d’Italie, continuent d’être acheminés sur les lieux de l’accident. Lundi matin débuteront les opérations de barrage du fuel en mer, a-t-il été précisé.

        Lire aussi :
         

                Pollution : la vie ne tient qu’à un souffle



Risque de pollution
Le navire roulier faisait route vers Gênes, en Italie, à Tunis. « Il allait peut-être trop vite par rapport à sa capacité de réaction », a commenté une source proche de l’enquête.
L’accident s’est produit alors que la météo et les conditions de navigation étaient bonnes, avec peu de mer et un vent de sept nœuds (10 à 15 km/h). Le choc a provoqué une brèche dans la coque du porte-conteneurs laissant échapper du fuel de propulsion du navire, du fuel IFO (Intermediate Fuel Oil) « ni très léger, ni très lourd », selon la préfecture maritime.
Le remorqueur d’intervention, d’assistance et de sauvetage (RIAS) Abeille-Flandre a appareillé dimanche matin de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes) et a, désormais, rejoint les deux navires. Le bâtiment d’assistance, de soutien et de dépollution (BSAD) Jason a également appareillé depuis Toulon. « Ce dernier a, au cours de la matinée, embarqué l’ensemble de ses moyens de lutte contre les pollutions maritimes », a ajouté la préfecture maritime.

        Lire aussi :
         

                Chaque seconde, vingt kilos de plastique sont rejetés par les Européens dans la Méditerranée



Enquête
Le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) de La Garde (Var), qui coordonne les opérations, avait demandé dimanche matin l’intervention d’un hélicoptère de la gendarmerie nationale pour faire une évaluation technique par une équipe d’experts, spécialistes du milieu maritime et de ce type d’incident.
L’Italie a, par ailleurs, proposé son aide, dans le cadre d’un accord tripartite permanent, l’accord Ramogepol, conclu entre la France, Monaco et l’Italie pour lutter contre les pollutions marines accidentelles en Méditerranée. Trois navires italiens, partis de Livourne, Gênes et de Sardaigne faisaient donc route vers le lieu du naufrage dimanche soir. La mise en œuvre de cet accord est assez rare, mais des exercices sont souvent effectués.

        Lire aussi :
         

                Les coraux menacés d’extinction autour de 2050



Dans un premier temps, les secours s’efforceront, lundi, d’établir un barrage pour limiter l’extension de la traînée et concentrer la pollution. Le barrage se fait grâce à un système de bras articulé qui concentre le fuel et puis le récupère, a précisé la préfecture maritime.
« En parallèle, on pourra procéder à la désincarcération du porte-conteneurs », selon la préfecture maritime. Les deux navires devraient ensuite rejoindre un port, en étant soit remorqués, soit escortés. Une enquête judiciaire suivra « pour établir les responsabilités individuelles et collectives », selon une source proche du dossier.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/08/19-20">
<filnamedate="20181008"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181008"><AAMMJJHH="2018100819">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Deux quartiers de la localité de l’île de Sulawesi ont été durement touchés par le séisme suivi d’un tsunami ayant frappé l’Indonésie, le 28 septembre.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Indonésie : à Palu, 5 000 personnes présumées disparues après le séisme et le tsunami

Deux quartiers de la localité de l’île de Sulawesi ont été durement touchés par le séisme suivi d’un tsunami ayant frappé l’Indonésie, le 28 septembre.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 11h38
   





                        



   


Jusqu’à 5 000 personnes sont présumées disparues dans deux quartiers de la ville de Palu, localité de l’île indonésienne de Sulawesi – autrefois appelée l’île de Célèbes – durement frappée par un puissant séisme suivi d’un tsunami, a annoncé, dimanche 7 octobre, un porte-parole de l’agence de gestion des catastrophes.
Sutopo Purwo Nugroho a expliqué aux journalistes que ce chiffre était fondé sur les estimations des chefs de village à Petobo et Balaroa, quartiers dévastés par la double catastrophe. Il a ajouté que les recherches de disparus se poursuivront jusqu’au 11 octobre. A cette date, ils seront présumés morts.

        Lire aussi, notre reportage :
         

          Une semaine après le séisme et le tsunami, les familles à la recherche des corps de leurs proches



Dans le vaste complexe résidentiel gouvernemental de Balaroa, où les bâtiments ont été rasés et la terre s’est un temps « liquéfiée », des soldats munis de masques grimpaient encore, samedi, sur des décombres formant une montagne de boue, de briques et de ciment.
L’ONU en quête de 50,5 millions de dollars
« Il n’y a aucun survivant ici. Nous trouvons juste des corps, chaque jour », expliquait alors le sergent Syafaruddin, debout près des ruines d’une école islamique où ses hommes viennent de retrouver les corps de deux adultes et d’un enfant. D’autres sauveteurs continuent de scruter les images de la sécurité de l’hôtel Roa-Roa réduit en miettes, pour tenter de deviner où pourraient être enterrés des clients.

        Lire aussi, le témoignage d’un secouriste français :
         

          « On est un petit peu frustrés de ne pas pouvoir les aider plus »



L’ONU a déclaré vendredi être en quête de 50,5 millions de dollars pour mettre en œuvre un plan d’« activités de secours immédiat » élaboré avec les autorités indonésiennes.
Il s’agit selon l’ONU de venir en aide à 191 000 personnes au cours des trois prochains mois. La double catastrophe a provoqué des dégâts à 65 000 habitations, dont 10 000 ont été complètement détruites par le tsunami et 15 000 endommagées par le séisme.
Après de longues journées d’attente, l’aide internationale commence à arriver sur la zone du désastre. Son acheminement est difficile car le petit aéroport de Palu ne peut encore accueillir qu’un nombre limité de vols.
         data-ui="carousel"
         data-module="portfolio"
         data-wrapper=".gallery"
         data-interval="false"
         data-is-atom
         tabindex="10"
>


                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Des habitants déplacés sont hébergés dans un abri provisoire dans le village de Balaroa, près de Palu, le 6 octobre."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le quartier de Balaroa, à Palu, a été détruit par un phénomème de liquéfaction. Le sol saturé d’eau est devenu liquide sous l’effet des secousses sismiques."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Junaedi, 48 ans, chef des volontaires de l’Islamic Defenders Front pose devant une mosquée : « Je suis triste comme un être humain peut l’être, et je dois aider les autres comme tout humain le ferait. »"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="A Balaroa, la liquéfaction du sol a entièrement détruit ce quartier de la ville de Palu."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Des jeunes filles mendient sur le bord de la route, au Donggala, le 6 octobre."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Mursid, 40 ans, dans le village de Balaroa, près de Palu : « Après que la terre a tremblé, j’ai vu de la poussière partout et je me suis enfui pour me mettre à l’abri. »"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Aja, 32 ans devant sa maison effondrée dans le village de Loli :  « Quand j’ai vu la première vague, ce fut l’étonnement, après la seconde encore plus haute et la troisième toujours plus haute, je me suis enfuie avant qu’elles ne me frappent. »"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Un homme devant les décombres de bâtiments détruits par le tsunami, à Donggala, sur l’île des Célèbes, le 6 octobre."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Jabbar et Misna, 35 ans, mari et femme devant leur abri dans le village de Balaroa, près de Palu :  « Après le tremblement de terre, ma famille s’est retrouvée dans la rue. Tous les bâtiments de part et d’autre s’étaient effondrés. Nous sommes restés dans la rue qui ondulait comme une vague. »"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Des femmes réfugiées choisissent des vêtements qui ont été donnés, tandis qu’un enfant joue de la flûte, dans le village de Balaroa, près de Palu, le 6 octobre."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Des soldats patrouillent dans le village de Balaroa, à Palu, le 6 octobre."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Ijen, 44 ans, devant sa maison en ruines dans le village de Loli : « Ma maison est détruite, j’ai tout perdu mais je reste debout. »"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="La corvée d’eau pour les habitants qui ont perdu leurs maisons, dans le village de Balaroa, le 6 octobre."
            data-slide-item-lie=""

        


Précedent

1/13

Suivant







Des habitants déplacés sont hébergés dans un abri provisoire dans le village de Balaroa, près de Palu, le 6 octobre.

PUTU SAYAGO POUR « LE MONDE »
› Accéder au portfolio



require(['lmd/ui/carousel', 'lmd/module/portfolio']);





                            


                        

                        

