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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Les Pays-Bas ont accusé la Russie d’avoir tenté de pirater l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.
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Cyberattaques : Moscou conteste avoir envoyé des espions à La Haye

Les Pays-Bas ont accusé la Russie d’avoir tenté de pirater l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 15h47
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 16h17
   





                        



   


Le Kremlin a assuré, lundi 8 octobre, que La Haye n’avait apporté aucune preuve aux accusations selon lesquelles des espions russes ont tenté de pirater en avril le siège de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).
Les Pays-Bas ont en effet affirmé jeudi 4 octobre avoir déjoué une tentative de piratage visant l’OIAC et expulsé quatre espions russes présumés qui avaient positionné un véhicule truffé d’équipements électroniques sur le parking d’un hôtel proche du siège de l’institution internationale.

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Cette tentative de piratage présumée s’est déroulée en avril, au moment où l’OIAC enquêtait sur l’empoisonnement de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal en Angleterre, mené selon Londres par des agents du renseignement militaire russe. L’organisation enquêtait également sur une attaque chimique présumée à Douma en Syrie, imputée par les Occidentaux aux forces gouvernementales syriennes soutenues par Moscou.
« Un voyage de routine »
« Il n’y avait rien de secret dans le voyage de nos spécialistes aux Pays-Bas. C’était un voyage de routine », a déclaré lundi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse commune à Moscou avec son homologue italien, Enzo Moavero Milanesi. « Ils ne se sont pas cachés lorsqu’ils se sont installés à l’hôtel, ni lorsqu’ils étaient à l’aéroport, ni lorsqu’ils se sont rendus à l’ambassade. Ils se sont fait arrêter sans explications. Cela avait l’air d’être un malentendu », a-t-il estimé.
Selon M. Lavrov, qui n’a précisé ni la spécialité des personnes arrêtées ni ce qu’il entendait par « voyage de routine », cette affaire montre un « mépris envers les mécanismes (…) existants pour traiter de telles questions ».
Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a quant à lui estimé que les passeports diplomatiques utilisés par les quatre individus expulsés ne prouvent pas qu’ils étaient des espions. « Il y a des canaux habituels de travail (…). Qu’ils transmettent les documents, les preuves et les informations par ces canaux et nous sommes prêts à les regarder. Nous n’avons pas l’intention de parler de tels sujets par l’intermédiaire des médias », a-t-il ajouté.
Le Kremlin, qui ironisait la semaine dernière sur l’« espionnite aiguë » qui touche les Occidentaux, a fait savoir que l’ambassadeur néerlandais à Moscou était convoqué lundi au ministère des affaires étrangères pour évoquer cette affaire.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Pour le préfet de la congrégation chargée de préparer la nomination des évêques, le prélat canadien Marc Ouellet, François ne peut pas être accusé d’avoir couvert les agressions sexuelles commises par l’ancien nonce à Washington.
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Un cardinal romain prend la défense du pape dans l’affaire McCarrick

Pour le préfet de la congrégation chargée de préparer la nomination des évêques, le prélat canadien Marc Ouellet, François ne peut pas être accusé d’avoir couvert les agressions sexuelles commises par l’ancien nonce à Washington.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 14h20
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            

Le Saint-Siège a commencé à riposter à la philippique de l’archevêque émérite Carlo Maria Vigano. Le 26 août, cet ancien nonce (ambassadeur) à Washington, de 2011 à 2016, avait déclenché une grave crise au sommet de l’Eglise catholique en accusant le pape François d’avoir levé des sanctions décidées par son prédécesseur, Benoît XVI, contre l’ex-cardinal américain Theodore McCarrick, alors même qu’il connaissait les accusations de harcèlement sexuel de séminaristes formulées à son encontre, accusations dont le Vatican aurait été informé au moins depuis 2000. Publié en pleine tempête sur les affaires de violences sexuelles dans l’Eglise et pendant la visite du pape en Irlande, ce texte de onze pages avait gravement fragilisé le pontife, qui n’a cependant pas encore répondu aux questions qu’il pose.

C’est ce qu’a commencé à faire l’un des plus hauts responsables de la curie romaine. Il s’agit du cardinal canadien Marc Ouellet, préfet de la congrégation (ministère) chargée de préparer la nomination des évêques. Dans une lettre ouverte, il accuse son « cher confrère Carlo Maria Vigano » d’avoir porté à François « un coup inouï et immérité » qui relève d’un « montage politique privé de fondement réel », et d’être même par certains aspects « blasphématoire ». « Accuser le pape François d’avoir couvert en toute connaissance de cause ce présumé prédateur sexuel » est, assure-t-il, une « monstrueuse accusation qui ne tient pas la route ».
Ce texte a été rendu public par le service de presse du Vatican et bénéficie de la « permission pontificale requise », est-il précisé. Autant dire que chaque terme en a reçu l’aval du chef de l’Eglise catholique.
Pas de « preuves suffisantes »
Fin septembre, Carlo Maria Vigano avait sommé Marc Ouellet de « porter témoignage de la vérité ». Il affirmait que le cardinal canadien lui avait parlé en 2011 des sanctions prises par Benoît...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Le tribunal madrilène a reconnu coupable Eduardo Vela, considéré comme l’un des principaux acteurs du trafic d’enfants alors qu’il était obstétricien, mais les faits sont prescrits.
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Espagne : le premier procès des « bébés volés » s’achève sans condamnation

Le tribunal madrilène a reconnu coupable Eduardo Vela, considéré comme l’un des principaux acteurs du trafic d’enfants alors qu’il était obstétricien, mais les faits sont prescrits.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 13h19
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 15h32
   





                        



   


Un obstétricien espagnol de 85 ans jugé à Madrid pour l’enlèvement d’un nouveau-né en 1969, dans le cadre du premier procès des « bébés volés » du franquisme, a été reconnu coupable, lundi 8 octobre, de tous les chefs d’inculpation retenus contre lui, mais a bénéficié de la prescription des faits. Dans sa décision, le tribunal madrilène dit « absoudre » Eduardo Vela, tout en le considérant « auteur de tous les délits », dont il était accusé.
Le parquet avait requis onze ans de prison à son encontre.
Eduardo Vela, considéré comme l’un des principaux acteurs du trafic d’enfants alors qu’il était obstétricien à la clinique San Ramon de Madrid, était accusé par Ines Madrigal, employée des chemins de fer de 49 ans, de l’avoir séparée de sa mère biologique et d’avoir falsifié son acte de naissance en juin 1969, pour la donner à Ines Perez, une femme stérile, avec la complicité d’un prêtre jésuite.
Selon le tribunal, il est « prouvé » que le docteur Vela a « certifié de sa main » qu’Ines Perez avait accouché d’une petite fille ce jour-là, « ce qui n’a jamais eu lieu ». Mais selon les juges, le délit le plus grave de « détention illégale », dont le délai de prescription est de dix ans, était déjà prescrit quand Ines Madrigal a déposé sa plainte en 2012.
30 000 enfants concernés selon le juge Garzon
Le procès avait débuté le 26 juin mais avait dû être reporté pour une deuxième journée d’audience début septembre, Eduardo Vela, qui se déplace en fauteuil roulant, ayant été admis aux urgences le 27 juin.

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Durant l’instruction, le médecin avait reconnu avoir signé « sans regarder » le dossier médical précisant qu’il avait assisté à la naissance d’Ines Madrigal, mais il s’était rétracté durant le procès, affirmant ne pas reconnaître sa signature.
Il s’agissait du premier procès du scandale des « bébés volés », dans l’Espagne du général Franco (1939-1975), une pratique qui aurait perduré jusqu’en 1987. Les enfants étaient, souvent avec la complicité de l’Eglise catholique, retirés à leurs parents après l’accouchement, déclarés morts sans qu’on leur en fournisse la preuve et adoptés par des couples stériles, de préférence proches du régime « national catholique ».
Né pendant la répression qui a suivi la guerre civile (1936-1939) pour soustraire les enfants à des opposantes accusées de leur transmettre le « gène » du marxisme, le trafic a touché à partir des années 1950 des enfants nés hors mariage ou dans des familles pauvres ou très nombreuses. Il a ensuite perduré sous la démocratie, au moins jusqu’en 1987, cette fois uniquement pour des raisons financières.
Malgré l’ampleur du scandale, aucune des plus de 2 000 plaintes déposées selon les associations n’a abouti, souvent en raison de la prescription des faits.
Selon l’ancien magistrat Baltasar Garzon, 30 000 enfants auraient ainsi été confiés à leur naissance à des familles d’adoption sous le régime de Franco.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Des sources turques affirment que l’éditorialiste a été tué dans le consulat de son pays à Istanbul. Riyad dément, et l’affaire a envoyé une onde de choc jusqu’aux Etats-Unis, où il s’était exilé en 2017.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/10/2018
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La disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi embarrasse Ankara et Washington

Des sources turques affirment que l’éditorialiste a été tué dans le consulat de son pays à Istanbul. Riyad dément, et l’affaire a envoyé une onde de choc jusqu’aux Etats-Unis, où il s’était exilé en 2017.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 08h38
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant), 
Marie Jégo (Istanbul, correspondante) et 
Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

Le scénario du pire s’esquisse à propos du sort de l’éditorialiste saoudien de renom Jamal Khashoggi, qui a disparu depuis le mardi 2 octobre après avoir franchi la porte du consulat de son pays à Istanbul (Turquie). Plusieurs sources anonymes au sein de la police turque affirment qu’il a été assassiné sur place.
Selon ces sources, un groupe de quinze Saoudiens a fait un rapide aller-retour entre l’Arabie saoudite et la Turquie le jour où le journaliste se trouvait dans les locaux du consulat. « Nous pensons que le meurtre était prémédité et que le corps a été ensuite sorti du consulat », a confié l’une d’elles, samedi, à l’agence Reuters. Un cadre du Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir), Yasin Aktay, proche du journaliste saoudien mais aussi conseiller du président turc, Recep Tayyip Erdogan, l’a dit ouvertement. « Selon moi, il a été tué. (…) Nous avons des informations concrètes, ce crime ne restera pas impuni », a-t-il confié à la chaîne de télévision CNN Türk, dimanche 7 octobre.
M. Aktay a été le premier officiel averti de la disparition de Jamal Khashoggi. Avant de franchir la porte du consulat, celui-ci avait recommandé à sa fiancée turque de contacter l’influent conseiller présidentiel au cas où il tarderait à sortir des locaux consulaires. Ce qu’elle a fait. Depuis, personne n’a plus revu l’éditorialiste.
Eviter une crise diplomatique d’ampleur
Contrairement à son conseiller, Recep Tayyip Erdogan a joué la prudence en évoquant l’affaire pour la première fois, dimanche, devant des militants de l’AKP. Le président turc a affirmé attendre les conclusions de l’enquête sur la disparition du journaliste, un homme qu’il « connaissait depuis très longtemps ». M. Erdogan cherche avant tout à éviter une crise diplomatique d’ampleur avec Riyad, alors que les relations sont tendues entre la Turquie et l’Arabie saoudite. En juin 2017, il s’était en effet rangé au côté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le parti Harmonie est arrivé en tête du scrutin de samedi, avec 19,8 % des voix. Mais le parti prorusse pourrait avoir des difficultés à former une coalition.
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Lettonie : le parti prorusse en tête des législatives, incertitudes sur la future coalition

Le parti Harmonie est arrivé en tête du scrutin de samedi, avec 19,8 % des voix. Mais le parti prorusse pourrait avoir des difficultés à former une coalition.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 03h13
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 06h55
   





                        



   


Le parti prorusse Harmonie a remporté les élections législatives de samedi 7 octobre en Lettonie, devant les populistes, dont certains n’excluent pas de former une coalition gouvernementale avec lui, mais ce pari est loin d’être gagné.
Selon les résultats définitifs publiés dimanche, Harmonie arrive en tête avec 19,8 % des voix, devant les populistes du KPV LV (14,25 %), qui disent pouvoir collaborer avec toutes les formations, et ceux du Nouveau Parti conservateur (13,6 %). Ils sont suivis par une nouvelle alliance libérale, Développement/FOR, qui obtient 12,0 % des voix, l’Alliance nationale (droite), 11,0 %, les Verts et les Paysans (centre droit) du premier ministre sortant, Maris Kucinskis (9,9 %), et Nouvelle Unité (centre droit) 6,7 %.
Les analystes s’attendent à de longues et difficiles négociations pour la formation d’une coalition viable. Harmonie et le KPV LV, considéré comme son partenaire potentiel, réuniraient ensemble 39 sièges dans le nouveau Parlement, loin de la majorité requise de 51 députés, dans une chambre qui en compte 100.
Vainqueur, mais dans une position délicate
Harmonie, populaire au sein de l’importante minorité russophone et qui remporte son quatrième scrutin législatif, n’avait pas pu former de gouvernement lors des trois précédents scrutins. Aucun autre parti politique n’a jusqu’ici accepté de s’allier à cette formation, qui avait dans le passé conclu un accord de coopération avec le parti Russie unie de Vladimir Poutine ; accord dont elle est discrètement sortie l’an dernier.
Mais une chambre divisée entre sept partis offre de multiples possibilités de coalition. Ces prochaines semaines, tractations et contacts informels entre chefs de parti vont rythmer la vie politique lettonne. Les analystes, prudents, pensent qu’un gouvernement comprenant Harmonie et le KPV LV est moins probable que la reconduction de la coalition sortante de centre droit, selon la formule à trouver avec les nouveaux partis politiquement proches.
Le président des Verts et Paysans, Augusts Brigmanis, a déclaré samedi soir que « l’initiative d’engager des pourparlers en vue d’une coalition devait venir du centre droit », selon l’agence LETA.
Solution de continuité
Lorsque la nouvelle chambre ouvrira sa session début novembre, le président Raimonds Vejonis devra charger une personne de former le gouvernement. Comme le chef de l’Etat a laissé entendre avant les élections qu’il opterait volontiers pour une solution de continuité, il semble peu probable qu’il choisisse le candidat d’Harmonie, Vjaceslavs Dombrovskis, ou celui du KPV LV, le juriste Aldis Gobzems.
Mais le premier ministre sortant, Maris Kucinskis, ne constitue pas non plus un choix facile, son parti (les Verts et Paysans) ayant à peine atteint 10 % des suffrages. Ce qui pourrait donner une chance à l’ancien ministre des affaires étrangères et de la défense, Artis Pabriks, candidat présenté par les libéraux de Développement/FOR.
Le déroulement du scrutin a été accompagné, mais non perturbé, par une cyberattaque contre le principal réseau social letton Draugiem.lv. Ses utilisateurs ont vu apparaître sur leur écran un message d’apparence pro-Kremlin, en russe : « Camarades lettons, cela vous concerne. Les frontières de la Russie n’ont pas de limites. »
La crainte d’un rapprochement avec Moscou était sensible chez certains électeurs interrogés par l’AFP dans ce pays balte de 1,9 million d’habitants, dont l’histoire est marquée par des relations difficiles avec le grand voisin russe, dont un demi-siècle d’occupation soviétique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Son élection à l’un des trois sièges de présidents pourrait diviser un peu plus un pays marqué par des fractures nationalistes entre Serbes, Bosniaques et Croates.
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Présidence bosnienne : victoire du nationaliste serbe Milorad Dodik

Son élection à l’un des trois sièges de présidents pourrait diviser un peu plus un pays marqué par des fractures nationalistes entre Serbes, Bosniaques et Croates.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 01h01
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 01h02
   





                        



   


Le nationaliste Milorad Dodik a emporté dimanche 7 octobre le siège réservé aux Serbes dans la présidence collégiale de Bosnie, charge qu’il partagera avec un Bosniaque et un Croate. Après une campagne menée sur une ligne communautaire, Milorad Dodik va coprésider un pays divisé, qu’il a qualifié par le passé de « pays raté » et qui n’est, à ses yeux, « pas un Etat ». Avec 55,15 % des voix, il devance son adversaire centriste Mladen Ivanic (41,98%), selon la commission électorale.
Le candidat du principal parti bosniaque (musulman), le SDA (conservateur), Sefik Dzaferovic, a remporté 37,9 % des voix bosniaques, après une campagne également menée sur une ligne identitaire. En revanche, chez les Croates, le candidat de la droite nationaliste, Dragan Covic (38,66 %), a été battu par le social-démocrate Zeljko Komsic (49,47 %).
La présidence collégiale est notamment en charge des politiques étrangère et de défense. Mais l’essentiel du pouvoir – comme la police, l’éducation ou la politique économique – est entre les mains des deux entités qui forment le pays, la République des Serbes de Bosnie (Republika Srpska) et la Fédération croato-musulmane.

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Mais Milorad Dodik, qui dirige aussi la Republika Srpska depuis 2006, pourrait désormais utiliser sa nouvelle position pour « oeuvrer à la décomposition de la Bosnie », redoute l’analyste Tanja Topic. Dotées d’une grande autonomie, les deux entités sont reliées par un faible Etat central, incarné par la présidence collégiale tripartite.
Tractations compliquées
Les Bosniaques (musulmans) représentent plus de la moitié des 3,5 millions d’habitants, pour un tiers de Serbes (orthodoxes) et 15% de Croates (catholiques). Le vote de dimanche, qui s’est déroulé sans incident notable selon la commission électorale, était donc aussi complexe que des institutions dessinées selon des lignes identitaires après la guerre intercommunautaire de 1992 à 1995.
Et il pourrait être suivi par des mois de tractations tout aussi compliquées, pour former un gouvernement central qui doit comporter des représentants des trois « peuples constitutifs ». D’autant que plusieurs forces politiques, pourraient choisir de bloquer le processus.
C’est notamment le cas de la droite nationaliste croate, autour de Dragan Covic, qui réclame une entité propre pour les Croates. S’ils ont été battus pour la présidence, elle pourra s’appuyer sur ses députés.
Vingt-cinq ans après le conflit qui a fait environ 100 000 morts, plusieurs candidats ont encore joué sur la corde nationaliste, Milorad Dodik, Dragan Covic, mais aussi les prétendants bosniaques. Votant dans son village de Laktasi (nord), Milorad Dodik a expliqué dès dimanche qu’il exercerait sa charge « uniquement dans l’intérêt ou au profit de la Republika Srpska ».
Dans un rapport récent, l’ONG Transparency International détaillait les irrégularités électorales lors des élections locales de 2016, notamment la promesse d’embauche aux électeurs dans les entreprises publiques, tenues par les partis. Les listes électorales sont aussi sujettes à caution : elles comptent 3,3 millions d’électeurs, soit à peine moins que le nombre d’habitants, et un million de plus qu’en 2004. « Est-ce qu’on meurt dans ce pays? », ironise Amer Bekan, président d’un petit parti.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le seuil minimum de 30 % requis pour que cette consultation soit validée n’a pas été atteint. Seuls 20,41 % des électeurs ont voté lors de ce scrutin qui avait débuté samedi.
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Roumanie : la forte abstention fait échouer le référendum contre le mariage gay

Le seuil minimum de 30 % requis pour que cette consultation soit validée n’a pas été atteint. Seuls 20,41 % des électeurs ont voté lors de ce scrutin qui avait débuté samedi.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 21h50
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 10h51
    |

            Mirel Bran (Alexandria (Roumanie), envoyé spécial)








                        



   


L’abstention massive des Roumains samedi et dimanche 7 octobre au référendum visant à pérenniser l’interdiction du mariage homosexuel a fait échouer le scrutin, infligeant un revers au gouvernement social-démocrate. Alors que 19 millions d’électeurs étaient appelés à voter, le seuil minimum de 30 % requis pour que cette consultation soit validée n’a pas été atteint. Seuls 20,41 % des électeurs ont voté lors de ce scrutin pourtant étalé sur deux jours.
Appelés à inscrire dans la loi fondamentale que seuls « un homme et une femme » peuvent s’unir et non plus des « époux », comme stipulé actuellement, les Roumains sont restés chez eux par indifférence ou par défiance, après une campagne aux accents outrageants envers les homosexuels, décrits comme des « malades mentaux » ou des « pédophiles ».
Sur le fond, la législation roumaine n’autorise à ce stade ni le mariage entre personnes de même sexe ni l’union civile. Une modification constitutionnelle devait seulement verrouiller davantage cette interdiction.
« L’enfer sur terre »
Des milliers de popes ont sillonné les villages de la Roumanie profonde afin d’encourager les paysans à se déplacer pour voter l’amendement proposé par le gouvernement. « La famille est bénie par Dieu, a déclaré le pope de la cathédrale orthodoxe Saint-Alexandre pendant la messe, dans ce grand édifice de la ville d’Alexandria, où est installé le chef du parti social-démocrate (PSD) au pouvoir, Liviu Dragnea. Nous allons devoir défendre nos familles. Ne restez pas à la maison, ne soyez pas indifférents. La vie est née de l’amour entre un homme et une femme. Tout le reste, c’est l’enfer sur terre. »
Malgré la campagne menée par l’Eglise orthodoxe, soutenue par le PSD, les électeurs ont boudé cette consultation populaire. Le slogan des associations de la communauté LGBT de Roumanie, « Reste chez toi et fais l’amour », a eu plus d’effet que les appels du gouvernement.
« Les Roumains ont donné une leçon aux hommes politiques, affirme le sociologue Gelu Duminica. L’agressivité de la campagne contre les homosexuels et la tentative d’instiller la haine contre cette minorité ont encouragé les Roumains à ne pas voter. L’Eglise a toujours été considérée comme un agent électoral majeur, mais il semble qu’elle ne parvienne plus à mobiliser l’électorat. »

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Le grand perdant dans cette affaire est le gouvernement social-démocrate, déjà en perte de vitesse pour avoir tenté à plusieurs reprises de prendre le contrôle de la justice et de stopper la campagne anticorruption. Le référendum contre le mariage homosexuel devait contribuer à conforter quelque peu le capital politique de Liviu Dragnea, condamné deux fois à la prison pour fraude électorale et trafic d’influence. « Mon éducation orthodoxe me pousse à voter, avait-il déclaré avant le scrutin. La Roumanie ne doit pas emboîter le pas aux pays qui ont légalisé le mariage entre un homme et un animal. » Ses appels visant à mobiliser l’électorat à l’occasion de ce référendum n’ont pas été suivis.

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Les problèmes judiciaires de M. Dragnea sont loin d’être clos. Il fait en effet l’objet d’une enquête pour avoir détourné 20 millions d’euros de fonds européens. Lundi 8 octobre, il devait comparaître en appel dans une affaire d’emplois fictifs qui lui a valu de la prison ferme en première instance. « L’échec du référendum est la faillite d’une manière de faire de la politique, affirme l’ancien premier ministre, Dacian Ciolos. Une nouvelle classe politique de gens honnêtes est en train de naître en Roumanie. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ L’écrivain et intellectuel italien participait, dimanche 7 octobre, au Monde Festival. Il a fait part de son malaise face à la situation politique dans son pays, et de sa conviction qu’il faut continuer « à se battre ».
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Dans le dernier numéro de son émission, Viktoria Marinova avait diffusé un entretien avec deux journalistes d’investigation sur des soupçons de fraude aux subventions européennes.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Vague d’indignation après le meurtre d’une journaliste en Bulgarie

Dans le dernier numéro de son émission, Viktoria Marinova avait diffusé un entretien avec deux journalistes d’investigation sur des soupçons de fraude aux subventions européennes.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 19h36
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 16h46
   





                        



   


Une journaliste bulgare d’une chaîne de télévision locale est morte sauvagement agressée dans le nord du pays, assassinée, selon la justice, qui suscite des réactions indignées en Europe. Le corps de Viktoria Marinova, 30 ans, responsable administrative et présentatrice sur TVN Ruse, a été découvert samedi 6 octobre dans un parc de Ruse, a annoncé dimanche le procureur régional, Georgy Georgiev.
La jeune femme a été frappée à la tête et étranglée, le ministère de l’intérieur précisant qu’elle a aussi été violée. « Son téléphone portable, ses clés de voiture, ses lunettes et une partie de ses vêtements ont disparu », a ajouté le procureur.

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L’enquête examine toutes les pistes, tant liées à la vie personnelle que professionnelle de la journaliste. Elle animait une émission consacrée aux questions de société diffusée localement à Ruse, grand port des bords du Danube, à la frontière avec la Roumanie.
Dans le dernier numéro de cette émission, le 30 septembre, elle avait diffusé un entretien avec deux journalistes d’investigation réputés, le Bulgare Dimitar Stoyanov et le Roumain Attila Biro, qui enquêtent sur des soupçons de fraude aux subventions européennes qui impliqueraient des hommes d’affaires et des élus. Les deux journalistes avaient brièvement été retenus par la police au cours de cette enquête, leur cas suscitant une condamnation de l’ONG Reporter sans frontières (RSF).
Les journalistes locaux « exposés »
Cette situation alarmante a conduit de nombreux observateurs à faire le lien dimanche entre le meurtre de la journaliste et ses activités professionnelles. Le représentant pour la liberté des médias à l’OSCE, Harlem Desir, s’est dit « choqué » par le meurtre d’une « journaliste d’investigation », appelant à une « enquête complète et rigoureuse », dans un message sur Twitter.
De nombreux journalistes ont partagé leur émotion sur les réseaux sociaux, rappelant qu’elle était la troisième journaliste tuée en un an en Europe après le reporter Jan Kuciak en Slovaquie en février et la journaliste maltaise Daphné Caruana Galizia en octobre 2017.

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Selon le dernier classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF), la Bulgarie occupe la 111e place sur 180, de loin le pire de l’UE. Selon RSF, les journalistes d’investigation bulgares sont exposés à « de nombreuses formes de pression et d’intimidation » et font face à des « oligarques exerçant un monopole médiatique et à des autorités soupçonnées de corruption et de liens avec le crime organisé ».
Selon l’Association des journalistes européens, installée en Bulgarie, les journalistes de médias régionaux et locaux sont particulièrement exposés. RSF a exhorté les autorités bulgares « à faire toute la lumière sur cet acte odieux », leur demandant de placer les collègues de Mme Marinova sous protection. Une demande également relayée par le site d’investigation bulgare Bivol animé notamment par Dimitar Stoyanov, le journaliste récemment interviewé par Mme Marinova.
« Sous le choc »
« Nous sommes sous le choc. Jamais nous n’avons reçu de menace sous aucune forme », a déclaré à l’AFP un journaliste de TVN Ruse, collaborateur de la victime, sous couvert d’anonymat. Il a ajouté que ses collègues et lui craignaient, désormais, pour leur sécurité.
Il a décrit Mme Marinova comme une journaliste « disciplinée, ambitieuse, allant jusqu’au bout et habitée par un grand sens de la justice ». Elle avait notamment donné la parole à des personnes en souffrance, confrontées à des problèmes de violences conjugales, d’alcoolisme ou de handicap.
Deux journalistes d’investigation ont été tués ces douze derniers mois en Europe : le reporter Jan Kuciak en Slovaquie en février et la journaliste maltaise Daphné Caruana Galizia en octobre 2017, suscitant une onde de choc politique et médiatique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Plusieurs sources turques ont affirmé que ce reporter de renom, critique du pouvoir de Riyad, avait été tué à l’intérieur du consulat de son pays à Istanbul.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Incertitudes sur la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi à Istanbul

Plusieurs sources turques ont affirmé que ce reporter de renom, critique du pouvoir de Riyad, avait été tué à l’intérieur du consulat de son pays à Istanbul.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 19h26
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 01h58
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


La disparition du célèbre éditorialiste saoudien Jamal Khashoggi a pris une tournure dramatique, dimanche 7 octobre, après que plusieurs sources ont affirmé qu’il avait été tué au consulat de son pays à Istanbul (Turquie), ce que Riyad a démenti.
Ce qui s’est passé « est un crime » et « les responsables de sa disparition doivent être jugés », a déclaré Yasin Aktay, un conseiller du président turc, Recep Tayyip Erdogan, dans une interview à Al-Jazira, la chaîne de télévision qatarie.
Preuve que l’affaire est embarrassante pour Ankara, M. Erdogan s’est gardé, en revanche, de donner du crédit aux informations sur l’assassinat de ce journaliste de renom, critique du pouvoir saoudien. Commentant pour la première fois sa disparition dimanche, devant les militants de son Parti de la justice et du développement (AKP), il a affirmé attendre le résultat de l’enquête en cours avant de se prononcer. « Je suis l’affaire de près et quel que soit le résultat, nous le communiquerons au monde », a promis le président, se posant en parangon de la transparence alors qu’il déclarait, il y a quelques jours, devant des universitaires, que « médias et démocratie sont incompatibles ».
Il s’est dit « désolé » que les faits se soient produits en Turquie, où les médias locaux ne sont pas logés à très bonne enseigne, avec plus d’une centaine de journalistes emprisonnés et près de 200 organes de presse interdits depuis le putsch raté du 15 juillet 2016.
Eviter une crise
La disparition de Jamal Khashoggi est un dossier empoisonné pour Ankara, soucieux au plus haut point d’éviter une crise diplomatique d’ampleur avec l’Arabie saoudite, avec laquelle les tensions existent déjà. En juin 2017, le président Erdogan avait pris le parti du Qatar dans le conflit survenu entre l’émirat et ses voisins du Golfe. Aussi, sa proximité avec la confrérie sunnite des Frères musulmans, décrite par Riyad comme un « groupe terroriste », n’a pas l’air de plaire au prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman.
Depuis mardi, les deux pays multiplient les déclarations contradictoires sur le sort du journaliste. Entré au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul mardi 2 octobre à 13 heures pour des démarches administratives, ce dernier n’a plus été revu depuis.

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Les autorités saoudiennes assurent qu’il est bien ressorti du consulat. « D’après ce que j’ai compris, il est entré au consulat puis en est ressorti après quelques minutes ou une heure. Je ne suis pas sûr », a déclaré, vendredi, le prince héritier saoudien dans un entretien à l’agence Bloomberg, invitant les autorités turques à « fouiller » la représentation consulaire si nécessaire – « Nous n’avons rien à cacher. »
Soupçons de préméditation
Pour les Turcs, au contraire, il est clair que Jamal Khashoggi n’est jamais ressorti du bâtiment consulaire situé dans le quartier d’affaires de Levent à Istanbul. Nombreuses sont les voix anonymes qui, au sein de la police ou du parti AKP au pouvoir, affirment que l’homme a été tué peu de temps après son arrivée au consulat.
Selon une source au sein des services turcs de sécurité (MIT), citée par l’agence Reuters, un groupe de quinze Saoudiens ont fait un rapide aller-retour entre leur pays et la Turquie le jour où le journaliste se trouvait dans les locaux consulaires ; ce groupe était à l’intérieur quand Jamal Khashoggi y est entré. « Nous pensons que le meurtre était prémédité et que le corps a ensuite été sorti du consulat », a confié cette source à Reuters.
Familier de la Turquie, Jamal Khashoggi, ardent critique du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman, séjournait souvent à Istanbul. Malgré les mises en garde de son entourage, il s’est rendu au consulat pour effectuer des démarches administratives en vue de son mariage avec sa compagne turque, Hatice Cengiz.

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Ce jour-là, la jeune femme l’a attendu non loin du consulat, où il s’est engouffré après lui avoir confié son téléphone portable, avec la consigne d’alerter les autorités turques au cas où il tarderait à sortir. C’est elle qui a donné l’alerte. « Je n’arrive pas à croire que Jamal est mort. J’attends une confirmation officielle du gouvernement turc pour y croire », a-t-elle réagi sur son compte Twitter.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Le Français, qui refuse de prendre position sur le plan politique, estime que la mission de sauvetage de l’association est « en droite ligne avec les idéaux des gens de la mer ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/10/2018
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Francis Vallat, président de SOS Méditerranée : « La question du sauvetage est d’une simplicité lumineuse »


                      Le Français, qui refuse de prendre position sur le plan politique, estime que la mission de sauvetage de l’association est « en droite ligne avec les idéaux des gens de la mer ».



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 06h28
 • Mis à jour le
07.10.2018 à 15h39
    |

            Philippe Ridet








                              

                        

Longtemps, le nom de Francis Vallat, président de SOS Méditerranée, n’a parlé qu’aux spécialistes du transport maritime. En 1997, Le Monde rendait compte de son départ de la présidence de Van Ommeren Tankers, filiale de l’armateur néerlandais van Ommeren, où il était entré comme chef du personnel en 1971 : « Francis Vallat a la réputation de ne faire aucune concession sur les questions de sécurité des navires et de formation des équipages, et il n’a jamais été tenté de recourir au pavillon de complaisance. »
En décembre 2014, c’est sur le site Internet spécialisé Mer et marine qu’on le retrouve. Il vient de quitter ses fonctions de président du Cluster maritime français, qu’il a fondé en 2005, soit une structure fédérant près de 450 entreprises du secteur. Une première imitée ensuite par dix-sept pays européens.
Il a représenté la France pendant dix ans auprès de l’Agence européenne de sécurité maritime et dirigé l’Institut français de la mer. Commentaire du journaliste : « Des personnalités comme Francis Vallat, il n’y en a pas beaucoup. »
Personnalité incontestable du monde maritime
Enfin, en cet après-midi ensoleillé de fin septembre à Paris, il est face à nous sur la terrasse d’une brasserie porte d’Auteuil. Il s’excuse de devoir garder son téléphone allumé. A 2 500 kilomètres de là, l’Aquarius, le navire de l’association, affronte des creux de cinq mètres en Méditerranée avec sa cargaison grelottante de cinquante-huit migrants repêchés les jours précédents.

Le voilà donc, ce dangereux « complice des passeurs », comme le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, désigne les responsables des associations humanitaires qui ont assuré le sauvetage des migrants avant que l’Aquarius, ses 77 mètres et ses trente membres d’équipage ne restent seuls sur la zone entre l’Afrique et l’Europe. C’est donc lui, cet « utopiste » prêt à accueillir...




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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Un groupe de députés et de personnalités lance un appel au gouvernement helvétique, ainsi qu’une pétition pour offrir un pavillon humanitaire à l’« Aquarius ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Des Suisses se mobilisent pour sauver l’« Aquarius »

Un groupe de députés et de personnalités lance un appel au gouvernement helvétique, ainsi qu’une pétition pour offrir un pavillon humanitaire à l’« Aquarius ».



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 00h11
 • Mis à jour le
07.10.2018 à 11h01
    |

                            Marie Maurisse (Genève, correspondance)








                        


La Confédération helvétique n’a pas de mer. Mais elle serait en mesure d’offrir un pavillon humanitaire à l’Aquarius, le navire de SOS Méditerranée qui a sauvé près de 30 000 personnes depuis février 2016, date de sa première mission. C’est ce que réclame un groupe de députés et personnalités suisses.
Le 26 septembre, trois députés de différents bords politiques – la socialiste Ada Marra, le démocrate-chrétien Guillaume Barazzone et le libéral-radical Kurt Fluri – interpellaient le Conseil fédéral pour qu’il propose un destin à l’Aquarius qui s’apprêtait à perdre son pavillon panaméen. Entre temps, et alors que le bateau est resté bloqué à Marseille, le mouvement a pris plus d’ampleur.

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                Rassemblements pour l’« Aquarius » et le sauvetage des migrants en Méditerranée



Une lettre ouverte, aujourd’hui relayée dans la presse dominicale helvétique, a été signée par plusieurs personnalités politique ou civiles, dont l’ancienne présidente Micheline Calmy-Rey, l’ex-procureure de la Cour pénale internationale Carla del Ponte, Jacques Dubochet, Prix Nobel de chimie 2017 ou encore Markus Imhof, cinéaste représentant la Suisse aux Oscars 2019 avec son documentaire Eldorado.
Les signataires estiment qu’accorder le pavillon suisse à l’Aquarius honorerait la tradition humanitaire suisse. « Au-delà de toute polémique, de toute analyse partisane, ajoutent-ils, faire ce geste permettrait de rappeler que ce qui compte avant tout, c’est la vie de ces personnes. Laisser mourir des gens dans les eaux internationales n’est pas une solution. »
Un détail administratif problématique
Selon les signataires, la Suisse pourrait utiliser l’article 35 de la loi fédérale maritime, qui lui permet d’accorder exceptionnellement un pavillon pour des raisons humanitaires. Même si la Suisse n’a pas de façade maritime, elle possède bien une marine marchande.
Mais, dans les faits, cela ne serait pas si simple car selon le texte, la société qui possède le bateau doit avoir une adresse en Suisse. Or, l’Aquarius est détenu par la société allemande Jasmud Shipping, ce qui compliquerait la procédure, a récemment expliqué la Radio Télévision publique suisse (RTS).
Ce détail administratif ne décourage pas les signataires. « Créer une société en Suisse prend une journée, ce n’est pas un problème, assure Ada Marra, parlementaire socialiste qui a fait partie des premières à lancer le mouvement. S’il y a la volonté politique d’offrir un pavillon à l’Aquarius, alors la solution juridique suivra. »

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                « Pour les migrants en mer, le plus grand danger ce sont la politique, les politiciens et la politique extérieure de l’UE »



A cette lettre ouverte s’ajoute une pétition en français et en allemand, désormais signée par 25 000 personnes sur le site Change.org. Elle a été lancée par Nicolas Morel, un citoyen vaudois engagé à gauche, et sera remise mardi 9 octobre au Conseil fédéral à Berne.
Le Conseil fédéral se prononcera d’ici à fin novembre
La mobilisation populaire pour l’Aquarius n’allait pas de soi en Suisse. Le premier parti du pays, l’Union démocratique du centre (UDC), est fermement opposé à l’immigration. L’un de ses députés, Yves Nidegger, s’est d’ailleurs déjà prononcé contre le sauvetage de l’Aquarius par son pays. « Ça n’a rien d’humanitaire d’organiser un transport illégal de migrants », a-t-il déclaré dans les médias. A l’été 2017, c’est bien un Genevois, Jean-David Cattin, qui avait coordonné l’opération anti-migrants « Defend Europe » (« Défendre l’Europe »), en pleine Méditerranée.
Mais dans son histoire, la Suisse a plusieurs fois hissé son drapeau sur des navires humanitaires. Pendant la deuxième guerre mondiale, les embarcations de la Croix-Rouge ont notamment transporté des tonnes de marchandises afin de venir en aide aux populations victimes de la guerre.

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                L’« Aquarius » est à Marseille et attend un nouveau pavillon



Le Conseil fédéral devra se prononcer sur le sujet avant la fin novembre. En attendant, l’Aquarius est toujours à quai à Marseille.
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            data-slide-description="Les téléphones portables des rescapés sèchent sur le pont principal, le 21 septembre."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Mohamed, adossé aux gilets de sauvetage rangés dans des sacs. La veille au soir, ce jeune Libyen de 14 ans a quitté son pays et la ville de Zouara sur un bateau de pêcheur avec sa famille et 47 personnes à bord. L'équipage de SOS Méditerranée leur est venu en aide dans la nuit du 22 au 23 septembre et s'est assuré de leur prise en charge avec MSF après une longue négociation mouvementée avec les gardes-côtes de Tripoli."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Une tempête s'abat sur la mer Méditerranée entre la Libye et Malte. Les hommes se couvrent et en profitent pour nettoyer le pont arrière du bateau où ils ont l'obligation de rester. Les femmes et les enfants sont abrités dans une salle commune à l'intérieur du bateau."
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            data-slide-description="A bord de l'« Aquarius », le 25 septembre. Une tempête s'abat sur la mer Méditerranée entre la Libye et Malte."
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            data-slide-description="Pendant la tempête, Ali, d'origine soudanaise, nettoie le pont arrière où les hommes ont l'obligation de rester."
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            data-slide-description="Un des rescapés de la nuit du 22 au 23 septembre regarde des photos prises la veille sur l'« Aquarius » avec son portable."
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            data-slide-description="Mohamed est conseillé par Seraina, chargée des affaires humanitaires pour MSF et du suivi de la situation en Libye."
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            data-slide-description="Ali est d'origine soudanaise, il a quitté la Libye dans la nuit du 22 au 23 septembre avec 47 autres personnes depuis la ville de Zouara."
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            data-slide-description="Un homme tente de trouver le repos durant la journée, faute de pouvoir dormir correctement la nuit à cause de la houle et du froid qui entre sur le pont arrière où les hommes sont installés."
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            data-slide-description="La nuit, les hommes tentent de trouver le sommeil sur le pont arrière du bateau."
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            data-slide-description="Bella, un chien secouru en mer le 23 septembre."
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            data-slide-description="Un jour sur deux, l'équipe de MSF distribue ces rations alimentaires qui équivalent à deux repas."
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            data-slide-description="Un homme se noue une serviette autour de la tête pour se protéger du soleil et trouver un moment de repos."
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            data-slide-description="Cinquième jour à bord, un enfant trompe l'ennui sur le pont du bateau."
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            data-slide-description="Il fait nuit et la pluie est tombée sur l'« Aquarius ». Les hommes tentent de trouver le sommeil dans l'humidité, le froid et le roulis des eaux internationales, au large de l'île de Malte."
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Les téléphones portables des rescapés sèchent sur le pont principal, le 21 septembre.

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Rassemblements pour l’« Aquarius » et le sauvetage des migrants en Méditerranée

En France, mais aussi à Madrid, Bruxelles, Berlin et Palerme, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées pour dénoncer la situation du navire humanitaire.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 20h00
 • Mis à jour le
07.10.2018 à 12h48
   





                        



   


Vêtues en orange, couleur de l’Aquarius et portant des gilets de sauvetage, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées samedi 6 octobre en France et en Europe pour dénoncer la situation du navire humanitaire, privé d’immatriculation, et soutenir les opérations de sauvetage de migrants en Méditerranée.
Dernier navire humanitaire présent en Méditerranée centrale, l’Aquarius est bloqué à quai à Marseille, faute d’immatriculation. Après Gibraltar en août, les autorités maritimes panaméennes ont annoncé qu’elles allaient lui retirer son pavillon pour « non-respect » des « procédures juridiques internationales » concernant le sauvetage de migrants en mer.

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Des manifestations étaient prévues dans une cinquantaine de villes françaises, mais aussi à Madrid, Bruxelles, Berlin et Palerme, à l’initiative de l’association SOS Méditerranée, pour réclamer « un pavillon pour l’Aquarius », « sauver le sauvetage en mer » et dénoncer « l’inaction criminelle » des gouvernements européens.
La mobilisation a été la plus forte à Marseille, siège de l’association SOS Méditerranée, avec entre 3 500 (police) et 10 000 (organisateurs) personnes réunies sur le Vieux Port, au lendemain d’une opération coup de poing d’une vingtaine de militants d’extrême droite qui ont envahi les locaux de l’ONG et déployé une banderole l’accusant d’être « complice du trafic d’êtres humains ».

Les marins-sauveteurs de l'#Aquarius ont rejoint la #VagueOrange dans le Vieux Port de #Marseille !
— SOSMedFrance (@SOS MEDITERRANEE France)


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A Paris, un millier de personnes se sont rassemblées place de la République, selon la préfecture de police. Ils étaient environ 2 000 à Montpellier, plus de 600 à Rennes, 250 à Bordeaux et Lille, 200 à 300 à Biarritz, 150 à Lyon, ainsi qu’une centaine à Calais, bravant une interdiction de la mairie. Au total, l’association avance le chiffre de 40 000 à 50 000 manifestants en France.

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« Rien de plus silencieux qu’un homme qui se noie »
Face à « l’impasse » dans laquelle se trouve l’Aquarius et « la volonté des Etats européens de criminaliser le travail des ONG en Méditerranée », « l’objectif est de faire appel aux citoyens et montrer que SOS Méditerranée tire sa légitimité de la société civile », a résumé à Paris l’administratrice et porte-parole de l’association, Sophie Rahal.
Si le nombre de départs a baissé, « le taux de mortalité a augmenté », rappelle-t-elle :
« En 2017, une personne sur 42 se noyait. Cet été, entre juin et septembre, c’est une personne sur 18 qui se noie. »

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« Hissez haut nos valeurs », « c’est pas nous les pirates », « devoir d’assistance bafoué, naufrage de l’humanité », clamaient les manifestants à travers la France. « Il n’y a rien de plus silencieux qu’un homme qui se noie. Notre but aujourd’hui est de faire du bruit », explique Lise Valette, bénévole de l’association, à Montpellier.
« Les réfugiés et l’immigration sont l’un des grands défis que l’UE doit résoudre (et) cela ne pourra pas se faire de façon individuelle », c’est-à-dire chaque pays de son côté, estime Patricia Lara, étudiante en philosophie venue manifester sur la place Cibeles à Madrid.
Depuis le début des opérations de l’Aquarius en février 2016, 29 500 migrants ont été sauvés dans un peu plus de 200 opérations de sauvetage, selon l’association.

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                « Pour les migrants en mer, le plus grand danger ce sont la politique, les politiciens et la politique extérieure de l’UE »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Dix-huit millions de Roumains sont attendus dans les bureaux de vote, samedi et dimanche, pour valider l’interdiction du mariage gay dans la Constitution.
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En Roumanie, les jeunes boudent le premier jour du référendum contre le mariage homosexuel

Dix-huit millions de Roumains sont attendus dans les bureaux de vote, samedi et dimanche, pour valider l’interdiction du mariage gay dans la Constitution.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 19h42
 • Mis à jour le
07.10.2018 à 06h29
    |

            Mirel Bran (Bucarest, correspondant)








                        



   


Andrei Petreanu, jeune informaticien bucarestois, a décidé de profiter du week-end : « Je reste à la maison et je vais faire l’amour. » Et il est loin d’être le seul à avoir fait ce choix. Les jeunes Roumains ont décidé de bouder, samedi 6 octobre, le référendum organisé par le gouvernement social-démocrate contre le mariage homosexuel.
« Reste à la maison et fais l’amour », c’est le slogan que plusieurs associations de la communauté LGBT (lesbienne, gay, bi- et trans) ont proposé aux dix-huit millions de Roumains attendus dans les bureaux de vote pour valider l’interdiction du mariage homosexuel dans la Constitution du pays.
Propagande contre la communauté LGBT
D’un point de vue légal, rien ne changera à l’issue du référendum, puisque la législation roumaine n’autorise actuellement ni le mariage entre personnes de même sexe ni l’union civile. « Ils nous prennent pour des débiles, se révolte Andrei Petreanu. Le code civil roumain prévoit déjà que le mariage ne peut avoir lieu qu’entre un homme et une femme. Ce référendum ne changera rien, c’est une perte de temps et d’argent pour que les gouvernants gagnent du capital politique. »
A première vue, la bataille des sociaux-démocrates contre le mariage homosexuel semble gagnée d’avance. D’après les sondages, plus de 90 % des Roumains qui s’apprêtent à voter vont suivre la consigne donnée par le gouvernement. Mais, selon la loi, le référendum ne peut être validé que si le taux de participation dépasse 30 %.
Pour s’assurer la victoire, le gouvernement a modifié la loi électorale pour que le référendum s’étende sur deux jours au lieu d’un, et une véritable machine de propagande contre la communauté LGBT a été mise en œuvre avec l’appui de l’Eglise orthodoxe qui regroupe 87 % des Roumains. « Si on lit la presse, on a l’impression qu’une armée d’homosexuels s’est rassemblée aux frontières de la Roumanie pour nous envahir et voler nos enfants », ironise Andrei Petreanu.

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Millions de tracts
Si, en Europe occidentale, la gauche s’est montrée ouverte au mariage homosexuel, les sociaux-démocrates roumains ont choisi d’aller à contre-courant.
Ils se sont alliés avec la puissante Eglise orthodoxe qui a vu ses paroisses arrosées de subventions par le gouvernement et les mairies de gauche. Des millions de tracts contre la communauté LGBT ont aussi été distribués par les popes dans les villages, où vivent près de la moitié des 20 millions de Roumains.
Ces tracts ont également été distribués dans les écoles publiques avec la complicité des inspecteurs de l’éducation nationale issus du Parti social-démocrate (PSD). Le président du PSD et de la Chambre des députés, Liviu Dragnea, s’est rendu en personne sur les plateaux des chaînes de télévision pour appeler les Roumains à voter.
« Nous sommes tolérants, mais nous ne pouvons pas accepter tout ce qu’on nous impose, a-t-il déclaré le 30 septembre. Beaucoup de Roumains ont peur des évolutions qui se produisent dans d’autres pays, par exemple la légalisation du mariage entre un homme et un animal. Il y a de quoi avoir peur, non ? »

   


« Votez pour défendre la normalité »
Malgré l’hystérie du gouvernement contre les homosexuels, faite de clichés et de mensonges, les bureaux de vote n’affichaient samedi soir qu’un taux de participation de 7 %. Un score qui ne rassure pas les sociaux-démocrates. Mais ces derniers comptent sur la messe de dimanche et sur les popes pour persuader les paysans de prendre le chemin des bureaux de vote.
« Les dirigeants du monde préparent la venue de l’Antéchrist, peut-on lire sur les affiches collées à l’entrée des églises. Votez pour défendre la normalité. »
Pour Liviu Dragnea, le référendum est devenu une affaire personnelle. En 2016, il a été condamné à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale. Le 21 juin, il a été condamné une deuxième fois à trois ans et demi de prison ferme pour trafic d’influence. Lundi 8 octobre, il doit à nouveau se présenter en appel devant les juges.
L’homme fort de la gauche roumaine compte sur la réussite du référendum pour restaurer son capital politique, entamé par ses problèmes judiciaires, d’autant qu’il fait l’objet d’une troisième enquête pour avoir détourné 20 millions d’euros de fonds européens. N’ayant plus de cartes à jouer, M. Dragnea tente d’appuyer sur le sentiment antieuropéen.
« Les hommes politiques exploitent avec cynisme le ressentiment contre la communauté homosexuelle, affirme Florin Buhuceanu, président de l’association Accept, qui représente la communauté LGBT roumaine. Ils veulent nous pousser à prendre nos distances avec l’Union européenne et à nous rapprocher de la Russie et de sa politique anti-UE. En décembre 1989 les Roumains ont sacrifié leur vie pour faire tomber le communisme. Ils ne sont pas morts pour que nous nous tournions de nouveau vers l’Est. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ L’éditorialiste saoudien Jamal Khashoggi, critique envers Riyad, n’a plus été vu depuis mardi, date de son entrée au consulat de son pays, à Istanbul, en Turquie.
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Journaliste saoudien disparu : ouverture d’une enquête judiciaire à Istanbul

L’éditorialiste saoudien Jamal Khashoggi, critique envers Riyad, n’a plus été vu depuis mardi, date de son entrée au consulat de son pays, à Istanbul, en Turquie.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 17h36
 • Mis à jour le
07.10.2018 à 13h11
   





                        



   


Quatre jours après la disparition d’un journaliste saoudien critique envers Riyad, une enquête judiciaire a été ouverte, a rapporté samedi 5 octobre l’agence Anatolie. L’éditorialiste Jamal Khashoggi n’a pas été vu depuis mardi, date de son entrée au consulat de son pays, à Istanbul, en Turquie.
Ryad assure que Jamal Khashoggi, rédacteur d’articles d’opinion pour le Washington Post notamment, a quitté le consulat après y avoir effectué des démarches mardi. Dans un entretien à l’agence Bloomberg publié vendredi, le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman a également assuré que le journaliste n’était pas dans le consulat et s’est dit prêt à autoriser les autorités turques à « fouiller » les lieux.
« Nous sommes prêts à permettre au gouvernement turc de venir fouiller nos locaux », a-t-il dit, ajoutant être « très soucieux de savoir ce qui lui est arrivé ». Ces lieux sont sous souveraineté saoudienne, mais « nous les laisserons entrer et chercher et faire ce qu’ils veulent. (...) Nous n’avons rien à cacher », a insisté le prince héritier.

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De son côté, Ankara a affirmé qu’il se trouvait toujours au consulat. D’après un communiqué publié sur son site par le quotidien progouvernemental Sabah et également cité par Anatolie, le procureur général d’Istanbul a annoncé samedi qu’une enquête avait été ouverte dès mardi et qu’elle se poursuivait de façon approfondie.
La police turque, citée par l’agence étatique turque Anadolu, a également fait savoir qu’un groupe de quinze Saoudiens avait fait mardi l’aller-retour à Istanbul et se trouvait au consulat en même temps que Jamal Khashoggi, ajoutant qu’il « n’est plus ressorti » de la représentation diplomatique après y être entré pour effectuer une démarche administrative.
« Disparition forcée »
Selon sa fiancée, une femme turque dénommée Hatice A., M. Khashoggi s’était rendu au consulat pour effectuer des démarches administratives en vue de leur mariage, mais n’en est jamais ressorti.
Les organisations de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International ont toutes les deux mis en garde Riyad, affirmant que l’éventuelle détention du journaliste constituerait un cas de « disparition forcée ». Le hashtag #enlèvementdejamalkhoshoggi est l’un des plus partagés en arabe sur Twitter depuis mardi soir.
Modernisation et répression
M. Khashoggi s’est exilé aux Etats-Unis l’année dernière par crainte d’une possible arrestation pour avoir critiqué certaines décisions du prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman — surnommé « MBS » — et l’intervention militaire de Riyad au Yémen, dont il avait été un temps partisan.

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Jamal Khashoggi n’a jamais mâché ses mots, que ce soit lorsqu’il dirigeait des rédactions dans son pays ou quand il a pris la plume en Occident pour critiquer le royaume saoudien de l’ère « MBS ». M. Khashoggi est l’un des rares journalistes saoudiens en vue à élever la voix contre la répression dans son pays. Dans l’un de ses derniers tweets, il avait ainsi critiqué le procès intenté à un économiste saoudien de renom, Essam Al-Zamel, après son arrestation par les autorités.
Riyad promeut une campagne de modernisation depuis que le prince Mohammed Ben Salman a été désigné héritier du trône, en 2017. Mais, par la suite, la répression des dissidents, avec des arrestations de religieux, de personnalités libérales et de militantes de la cause des femmes, s’est accentuée.
Une carrière de journaliste mouvementée
Jamal Khashoggi a commencé sa carrière de journaliste dans les années 1980, collaborant notamment à Saudi Gazette, Okaz et Asharq Al-Awsat. Il a couvert des conflits et a interviewé à plusieurs reprises en Afghanistan et au Soudan l’ancien chef d’Al-Qaida, feu Oussama Ben Laden.
Jugé trop progressiste, Jamal Khashoggi avait été contraint à la démission du poste de rédacteur en chef du quotidien saoudien Al-Watan en 2003. Il y était revenu en 2007, mais était reparti en 2010 à la suite d’un éditorial jugé offensant pour les salafistes — courant rigoriste de l’islam qui prône une obéissance totale au gouvernant.
Le royaume d’Arabie saoudite figure à la 169e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) en 2018.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Il Cavaliere a racheté le club de 3e division de Monza le 28 septembre, une acquisition estimée à 3 millions d’euros. Les supporteurs locaux rêvent d’une remontée.
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Berlusconi remet les pieds dans le football italien


                      Il Cavaliere a racheté le club de 3e division de Monza le 28 septembre, une acquisition estimée à 3 millions d’euros. Les supporteurs locaux rêvent d’une remontée.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 12h15
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








   


Bien sûr, le stade Brianteo de Monza n’a pas grand-chose à voir avec le San Siro de Milan. Un peu plus de 18 000 places sur deux tribunes un peu vétustes, pas de virage, un terrain de qualité inégale… difficile d’imaginer ici de grandes soirées de Coupe d’Europe. Le calendrier du club, lui non plus, n’incite pas aux fantasmes les plus fous. Défait à Ravenne le 30 septembre (1-0), après trois victoires de rang, le club lombard doit bientôt rencontrer San Benedetto del Tronto, avant de recevoir le club de Trieste, pour le compte du groupe B du championnat italien de Serie C – l’équivalent de la troisième division. Mais pourquoi s’interdire de rêver ?
« C’est une opération romantique, un acte d’amour de Berlusconi et moi. » Adriano Galliani, administrateur délégué du club
L’ancien président de l’AC Milan Silvio Berlusconi, 82 ans, flanqué de son bras droit et homme de confiance, Adriano Galliani, 74 ans, qui pendant trois décennies ont régné sur l’un des clubs les plus titrés d’Italie – et d’Europe –, n’avaient plus de rôle officiel dans le football italien depuis le printemps 2017. Comme deux vieilles gloires de la scène s’en iraient en tournée pour reprendre leurs succès de toujours, ils ont décidé de remettre ça. Le 28 septembre, par un communiqué, la Fininvest, holding patrimoniale de la famille Berlusconi, annonçait la conclusion de l’opération de rachat de la Société sportive Monza 1912, après des semaines de rumeurs de plus en plus insistantes. Le prix de l’acquisition tournerait autour des 3 millions d’euros. Autant dire une paille pour Silvio Berlusconi, dont le patrimoine est estimé à 6 milliards d’euros par le magazine américain Forbes, et qui a retiré environ 700 millions d’euros de la vente de l’AC Milan…

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Lors de la conférence de presse marquant l’annonce du rachat, Adriano Galliani, à peine nommé administrateur délégué du club, a fait montre d’une émotion plutôt inhabituelle. « C’est une opération romantique, un acte d’amour de Berlusconi et moi », a-t-il confié aux journalistes. De fait, les deux hommes sont tout sauf des inconnus dans les environs. La villa San Martino, à Arcore, où le milliardaire passe le plus clair de son temps, est à deux pas du stade de Monza : il peut même en apercevoir les lumières de sa maison. Quant à Galliani, c’est dans cette prospère ville moyenne de Lombardie (120 000 habitants) qu’il est né, et c’est au sein de ce club qu’il a fait ses premiers pas de manageur sportif, avant d’être appelé à la direction de l’AC Milan par Silvio Berlusconi, en 1986.
Aucun renfort prestigieux n’a été annoncé, mais il serait très étonnant que le silence de Silvio Berlusconi dure longtemps.
Habitué à vivoter paisiblement en Serie C, malgré quelques incursions à l’échelon supérieur (Serie B), ce petit club sans histoires a, par le passé, vu évoluer plusieurs stars en devenir, comme Luigi Di Biagio, Alessandro Costacurta ou même un jeune joueur français, alors parfaitement inconnu, nommé Patrice Evra. Depuis l’annonce de cette reprise, c’est de noms de ce calibre que se prennent à rêver les supporteurs locaux. Les deux « jeunes » repreneurs du club, eux, évoquent à moyen terme l’accession en Serie A. Quoi de plus logique, pour un tandem ayant remporté, en trois décennies à la tête de l’AC Milan, huit titres de champion d’Italie, une Coupe d’Italie et cinq Ligues des champions, la plus prestigieuse des compétitions européennes ?

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Pour l’heure, aucun renfort prestigieux n’a été annoncé, mais il serait très étonnant que le silence de Silvio Berlusconi dure longtemps. Devenir propriétaire du club de Monza peut être un choix affectif, mais lui permettre d’arriver au sommet est plus encore une affaire d’amour-propre.



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Le nombre de départs est estimé à 170 000 ces cinq dernières années. Dimanche, le nationaliste Dodik a emporté le siège de la présidence collégiale réservé aux Serbes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/10/2018
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Les Bosniens émigrent en masse vers l’Europe centrale

Le nombre de départs est estimé à 170 000 ces cinq dernières années. Dimanche, le nationaliste Dodik a emporté le siège de la présidence collégiale réservé aux Serbes.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 07h01
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

Tous les matins d’ouverture, la même scène impressionnante se répète devant le consulat de Slovénie à Banja Luka, la grande ville du nord de la Bosnie-Herzégovine, où se sont déroulées des élections générales dimanche 7 octobre.
Par dizaines, des Bosniens font la queue pour obtenir l’autorisation de partir. Nenad Covic, qui attend patiemment son tour, ce 26 septembre, pour retirer son permis de travail d’un an, lève les yeux au ciel quand on lui demande combien de personnes de son entourage ont déjà fait la queue ici avant lui : « Rien que pour mon village, déjà une cinquantaine ! Ma femme est partie en Slovénie il y a vingt jours, moi, je vais faire chauffeur-livreur, explique ce moniteur d’auto-école. Je serai payé 850 euros, logé et nourri, mais ce n’est pas le principal argument. Je le fais surtout pour mes enfants. Je ne sais pas s’ils seront capables de survivre dans un Etat pareil. Ici, rien ne marche. »
« Tout mon quartier est parti pour la Slovénie », renchérit un peu plus loin Jasmin, 29 ans, qui a une promesse d’embauche d’une entreprise d’emballage. « C’est ma sœur qui travaille déjà là-bas qui m’a pistonné, je vais gagner le double de ce que je gagne actuellement dans mon entreprise de parquet », explique ce Bosnien qui a fait deux heures de route pour déposer sa demande de permis de travail. Lui aussi espère que sa femme le rejoindra bientôt.
Face à un climat économique et politique désespérément sombre, les Bosniens prennent de nouveau la route en masse. Dimanche, l’ultranationaliste Milorad Dodik a emporté le siège réservé aux Serbes dans la présidence collégiale de Bosnie, faisant craindre une nouvelle aggravation de la situation. Rien à voir, certes, avec l’exil de centaines de milliers de réfugiés pendant la guerre qui a déchiré les trois communautés du pays (Bosniaques, Serbes et Croates) entre 1992 et 1995, mais l’attrait de l’Union européenne (UE) va grandissant depuis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Les Roumains ont commencé à voter samedi, lors d’un référendum soutenu par la gauche au pouvoir.
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Roumanie : le gouvernement veut inscrire l’interdiction du mariage homosexuel dans la Constitution

Les Roumains ont commencé à voter samedi, lors d’un référendum soutenu par la gauche au pouvoir.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 10h22
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 14h03
    |

            Mirel Bran (Bucarest, correspondant)








                        



   


Florin Buhuceanu est en état de choc. Le gouvernement social-démocrate roumain a décidé d’organiser un référendum contre le mariage homosexuel, qui a lieu le samedi 6 et le dimanche 7 octobre. « Ce référendum cible la minorité LGBT [lesbiennes, gays, bi, trans] comme le mal de la société roumaine, affirme le président de l’association Accept, qui représente les minorités homosexuelles de Roumanie. On nous présente comme des voleurs d’enfants, des ennemis des valeurs traditionnelles, une sorte d’agents secrets de l’Occident décadent et immoral qui veut faire du mal à la Roumanie. Nous avons peur dans ce pays où les hommes politiques et le clergé orthodoxe nous accusent de tous les maux. »
Le gouvernement souhaite inscrire dans la Constitution que le mariage ne peut avoir lieu « qu’entre un homme et une femme ». Mais l’effet juridique de cette mesure devrait être nul, le code civil roumain déclarant déjà que le mariage est « une institution entre un homme et une femme ». « Le véritable objectif de ce référendum n’est pas la famille traditionnelle, mais le renforcement du sentiment anti-occidental en Roumanie, déclare l’analyste Sorin Ionita, de l’association Expert Forum. Il va provoquer une fracture sociale qui sera exploitée par les hommes politiques. »
« Le but de ce référendum est de rompre avec l’UE et ses valeurs qu’une partie des hommes politiques détestent. Mon pays me fait peur », affirme Florin Buhuceanu, le président de l’association Accept
Le gouvernement social-démocrate est, en effet, en perte de vitesse après avoir tenté de prendre le contrôle de la justice pour sauver la face de son chef, Liviu Dragnea. Condamné deux fois à la prison pour fraude électorale et trafic d’influence, celui-ci est prêt à tout pour recharger son capital électoral. « Le but de ce référendum est de rompre avec l’UE et ses valeurs qu’une partie des hommes politiques détestent, assure Florin Buhuceanu. C’est une attaque contre la démocratie, et c’est immoral de faire de nous les boucs émissaires de partis politiques qui essaient de regagner une popularité par tous les moyens. Mon pays me fait peur. »
Le référendum est contrarié par la décision, le 27 septembre, de la Cour constitutionnelle de Roumanie qui a décidé que les couples homosexuels avaient droit à une vie de famille au même titre que les couples hétérosexuels et devaient « bénéficier à terme d’une reconnaissance légale et juridique de leurs droits et obligations ». Quel sens pourra donc avoir un référendum contre le mariage homosexuel après un arrêt de la Cour constitutionnelle qui l’autorise ? Une question à laquelle le gouvernement et l’Eglise orthodoxe ont du mal à apporter une réponse.

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La communauté homosexuelle de Roumanie revient de loin. Elle a connu une traversée du désert pendant un demi-siècle de dictature communiste qui pénalisait l’homosexualité. Et la chute du régime en 1989 n’a rien changé. Ce n’est qu’en 2002, sous la pression de l’Union européenne (UE), avec laquelle la Roumanie avait démarré des négociations d’adhésion, que l’homosexualité a été dépénalisée.
« On risquait la prison »
« La bataille ne faisait que commencer, car la société roumaine n’était pas prête à accepter notre différence, se rappelle Florin Buhuceanu. Nous sommes un peuple latin, où le tempérament macho domine la société. Beaucoup de Roumains croient prouver leur masculinité en combattant le phénomène homosexuel. Quant à l’Eglise orthodoxe, elle ne peut pas parler de morale sans fustiger les homosexuels en profitant du peu de connaissances théologiques de ses fidèles. »
Florin Buhuceanu connaît bien l’orthodoxie, à laquelle adhèrent 87 % de ses compatriotes. Il a été lui-même étudiant à la Faculté de théologie orthodoxe de Bucarest, d’où il a été mis à la porte en raison de son homosexualité. Il s’est tourné vers le journalisme et a pris contact avec l’association Accept, la seule à défendre les droits des homosexuels en Roumanie. « On risquait la prison si on s’affichait publiquement. Nous étions un groupe de révoltés et nous voulions imposer un débat public sur l’homosexualité pour la dépénaliser », témoigne-t-il.

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La longue bataille d’Accept s’est achevée le 5 juin, lorsque la Cour de justice de l’UE a obligé la Roumanie à accorder un droit de séjour au mari américain d’un de ses ressortissants, Adrian Coman, avec lequel il s’était marié en Belgique, bien que Bucarest n’autorise pas le mariage entre personnes du même sexe. En 2012, le couple roumano-américain avait intenté un procès contre l’Etat roumain, gagné six ans plus tard. Mais le couple reste inquiet sur l’issue de la consultation. « La Roumanie ne peut qu’y perdre, soutient Adrian Coman. Ce référendum vise à détourner l’attention sur les dérapages contre l’Etat de droit en Roumanie. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ L’ONG française survole les eaux internationales à bord du « Colibri », au large de la Libye, pour repérer des embarcations en détresse.
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Migrants : avec les Pilotes volontaires, au-dessus de la Méditerranée

L’ONG française survole les eaux internationales à bord du « Colibri », au large de la Libye, pour repérer des embarcations en détresse.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 09h46
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 14h20
    |

            Julia Pascual








                        


                                                                                                                         data-ui="carousel"
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            data-slide-description="Le photographe Samuel Gratacap a pris son envol avec des bénévoles de l’ONG Pilotes volontaires à la recherche d’embarcations en détresse au large des côtes libyennes."
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            data-slide-description="Benoît Micolon, cofondateur de l’ONG Pilotes volontaires, montre sur son téléphone une photo qu’il a prise en juin 2018 lors d’une mission de recherche de personnes en détresse en mer Méditerranée. En arrière-plan sa tablette qui lui permet de naviguer et suivre son plan de vol."
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            data-slide-description="Benoît Micolon est le cofondateur de l’ONG Pilotes volontaires. Le voici quelques minutes avant le décollage de l’île italienne de Lampedusa, vendredi 5 octobre au matin, lors d’une vérification du « Colibri 2 »."
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            data-slide-description="Benoît Micolon et Carola Rackete, montant à bord de « Colibri 2 » pour une mission de recherche de personnes en détresse en Mediterranée centrale, le 5 octobre 2018."
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            data-slide-description="Les membres de Pilotes volontaires ont réalisé trente-cinq missions de survol depuis mai 2018."
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            data-slide-description="Le casque de communication et la tablette sur une des ailes du « Colibri 2 », indispensables pour lancer les missions de recherches de personnes en détresse."
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            data-slide-description="Le petit aéronef – moins de 7 mètres de long – met le cap plein sud. Il s’éloigne de Lampedusa, caillou italien posé au milieu de la Méditerranée, porte de l’Europe malgré lui."
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            data-slide-description="Vue sur les bateaux humanitaires « Astral » (Open Arms) et le « Mare-Iono » depuis l’intérieur du « Coilibri 2 », le 5 octobre."
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            data-slide-description="Il faudra une petite heure au « Colibri » pour rejoindre les abords de la Libye, à 160 milles marins de là. Aux commandes, vendredi 5 octobre au matin, Benoît Micolon."
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            data-slide-description="À l’intérieur du « Coilibri 2 », le 5 octobre."
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Le photographe Samuel Gratacap a pris son envol avec des bénévoles de l’ONG Pilotes volontaires à la recherche d’embarcations en détresse au large des côtes libyennes.

SAMUEL GRATACAP / « LE MONDE »
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« Roger. Ready for take off. » Le ciel, la veille encore chargé de cumulonimbus, est dégagé. Le sol a presque séché des pluies de la nuit. Le soleil pointe à l’horizon. Et le Colibri décolle. Le petit aéronef – moins de 7 mètres de long – met le cap plein sud. Il s’éloigne de Lampedusa, caillou italien posé au milieu de la Méditerranée, porte de l’Europe malgré lui. Il faudra une petite heure au Colibri pour rejoindre les abords de la Libye, à 160 milles marins de là. Aux commandes, ce vendredi 5 octobre au matin, Benoît Micolon.
Ce Français de 35 ans est l’un des cofondateurs de Pilotes volontaires, une ONG créée en janvier 2018 pour faire des recherches au-dessus des eaux internationales, au large de la Libye, où près de 15 000 personnes sont mortes depuis 2014 en tentant de rejoindre le Vieux Continent.
Les membres de Pilotes volontaires ont réalisé trente-cinq missions de survol depuis mai 2018. « Nous avons repéré quarante-deux bateaux, ce qui représente près de 4 000 personnes qui ont pu être secourues », assure José Benavente, cofondateur de l’ONG. Vendredi, l’avion a encore croisé une embarcation de caoutchouc en détresse. A 80 milles marins au large de la ville de Khoms, à l’est de Tripoli, un rubber boat – une « embarcarion pneumatique » –, avec à son bord 28 personnes, a été retrouvé. Sa présence avait été signalée au Colibri par l’association Alarm Phone, qui propose une assistance téléphonique aux bateaux en détresse. « On a cherché des bateaux dans la zone et on a fini par prévenir un tanker [navire-citerne], explique Benoît Micolon. Il est allé leur porter secours, deux heures avant que la nuit tombe. »
Pilote de fret
Benoît Micolon était l’an dernier encore un pilote de fret aérien sans intérêt particulier pour les mouvements migratoires. Il partageait ses semaines entre les Boeing 737 et son école de parapente dans les Alpes. Jusqu’à ce que José Benavente, ami pilote rodé au monde de l’humanitaire, lui parle d’un projet « un peu fou ». Peu de temps après, les deux hommes achètent un avion avec leurs deniers personnels et se lancent. Aujourd’hui, Benoît Micolon passe le plus clair de son temps libre à scruter les vagues, à distinguer leur bleu de leur gris et, parfois, au milieu, à révéler des hommes et des femmes en détresse.

   


A ses côtés, dans la carlingue qui fonce à plus de 250 kilomètres/heures, à 700 mètres au-dessus de la mer, Carola Rackete, 30 ans. Elle balaye la mer avec ses jumelles tout en écoutant la fréquence radio commune des navires de la zone. La jeune femme est bénévole en Méditerranée depuis 2016. Avant de rejoindre Pilotes volontaires, elle s’est notamment engagée auprès de l’ONG allemande Sea-Watch comme capitaine d’un navire humanitaire de sauvetage mais aussi à bord du Moonbird, le premier avion d’ONG de reconnaissance. Mais les deux équipements ont été bloqués cet été à Malte, à l’instar d’autres navires, entravés dans leur mission sur la route migratoire la plus meurtrière, alors que l’Italie décidait en juin de fermer ses ports aux organisations non gouvernementales.
L’Aquarius, navire humanitaire affrété par SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF), vient ainsi, pour la deuxième fois en l’espace de quelques semaines, de perdre son pavillon. Symptomatique de la tension qui entoure ses missions, alors que SOS Méditerranée a appelé a des rassemblements samedi 6 octobre, en « soutien au sauvetage en mer », ses locaux à Marseille ont subi vendredi l’intrusion d’une vingtaine de militants du groupe d’extrême droite Génération identitaire.

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Le Colibri a lui aussi essuyé quelques déconvenues. Avant de prendre ses quartiers à Lampedusa, il a été refoulé par Malte, qui lui a interdit de faire des missions de recherche à partir de son aéroport. « On reçoit des menaces de mort, ajoute Benoît Micolon, de gens qui nous souhaitent de couler avec les migrants en mer. » Lui ne doute pas du sens de ses missions. Il repense notamment à celle du 10 juin, qui a duré plus de huit heures au-dessus des eaux. « On avait repéré quatre embarcations en détresse, se souvient-il. On cherchait des bateaux pour pouvoir leur porter secours et, chemin faisant, on a encore trouvé deux autres embarcations dans une zone dans laquelle on ne patrouillait pas normalement. Ce jour-là, j’ai eu une prise de conscience. »
« Risques considérables »
Depuis la création de l’ONG, de nouveaux bénévoles ont rejoint l’équipe. « On prend des risques considérables, remarque toutefois l’un d’eux. On vole à basse altitude avec un avion qui n’a qu’un seul moteur dans une zone parfois très éloignée des côtes. »
Le manque de moyens de secours en mer a provoqué en 2018 une hausse de la mortalité en Méditerranée centrale. Celle-ci a été accentuée par le retrait des associations et, bien que plus difficile à mesurer, la réticence des navires de marine marchande à s’engager dans des opérations de secours. « La politique des compagnies, c’est d’éviter la zone », assure Carola Rackete.

   


Vendredi, alors que plus aucun navire d’ONG n’était présent en Méditerranée centrale depuis le départ de l’Aquarius, deux bateaux humanitaires faisaient route pour la zone : le voilier Astral, de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms, et le Mare-Ionio, navire battant pavillon italien. Ce dernier, nouveau venu dans le paysage du sauvetage en mer, est un pied de nez à la politique anti-migrants de l’Italie, portée par son ministre de l’intérieur d’extrême droite, Matteo Salvini.
Les humanitaires devront composer avec la montée en puissance des autorités maritimes libyennes et de leurs gardes-côtes, qui coordonnent depuis cet été les secours dans la zone, rôle jusqu’alors assumé par l’Italie. « Il y a trois jours, des migrants ont été secourus par le navire d’une plate-forme pétrolière, ils les ont amenés aux gardes-côtes libyens », rapporte Carola Rackete. Les ONG, tout comme l’Organisation des Nations unies, considèrent pourtant que la Libye n’est pas un lieu sûr de débarquement des rescapés.
« Sauver des vies est vécu comme un crime »
Vendredi soir, Pilotes volontaires ignorait d’ailleurs quel serait le port de débarquement des migrants repérés au large de Khoms. « Tant qu’on peut être utile et sauver des vies, on continuera », assure Benoît Micolon. Si les traversées en Méditerranée centrale ont chuté de 80 % en 2018, « c’est uniquement parce que les départs sont bloqués, mais il y a encore beaucoup de gens coincés en Libye et qui voudront partir », prévient Flavio Di Giacomo, porte-parole du bureau italien de l’Organisation internationale pour les migrations. Flavio Di Giacomo était présent cette semaine à Lampedusa pour participer aux commémorations du naufrage du 3 octobre 2013, dans lequel 368 personnes sont mortes noyées, au large de l’île.
C’est ce drame qui avait donné lieu à « Mare Nostrum », l’opération humanitaire et militaire de la marine italienne en Méditerranée centrale. Et c’est la fin de Mare Nostrum, en 2014, qui avait poussé des associations à s’engager dans le secours en mer. Aux commémorations officielles, pour la première fois en cinq ans, aucun représentant du gouvernement italien n’a fait le déplacement. « En 2013, l’opinion publique était attachée au principe de sauver des vies. Aujourd’hui, c’est vécu comme un crime », regrette Flavio Di Giacomo. Outre le gouvernement italien, d’autres personnes ont boudé cet anniversaire. Giacomo Sferlazzo est membre du collectif Askavusa et, après avoir recueilli la parole de rescapés et de témoins du drame, il est convaincu que tout n’a pas été fait par les autorités italiennes, ce jour-là, pour venir en aide aux naufragés. « Cette tragédie aurait pu être évitée », assure-t-il. Cinq ans ont passé. Et elles se poursuivent.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Malgré sa volonté de rééditer la stratégie de Sarkozy, le président de LR ne fait pas encore bouger les lignes dans les intentions de vote.
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Laurent Wauquiez peine toujours à séduire les lepénistes

Malgré sa volonté de rééditer la stratégie de Sarkozy, le président de LR ne fait pas encore bouger les lignes dans les intentions de vote.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 08h20
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            

Les chiffres tombent, implacables, semaine après semaine : Laurent Wauquiez ne parvient pas, pour l’heure, à reconquérir l’électorat de droite qui s’en est allé gonfler les voiles du Rassemblement national (RN, ex-Front national). Au moment de son élection comme président du parti Les Républicains (LR), en décembre 2017, l’ancien ministre promettait d’incarner une « droite vraiment de droite » capable de ramener au bercail des citoyens déboussolés par la brutale chute de crédibilité de Marine Le Pen. « Je veux parler à ceux que nous avons déçus et qui sont allés voter pour le Front national », assurait-il alors, rêvant sans le dire trop fort de répéter l’opération de siphonnage de l’électorat frontiste réussie par Nicolas Sarkozy, en 2007. Las, c’est plutôt le parti lepéniste qui creuse aujourd’hui l’écart avec LR dans les sondages en vue des élections européennes de mai 2019. Selon la dernière enquête en date pour ce scrutin, celle d’Odoxa, le RN serait ainsi proche de la première place, avec 21 % des voix, quand le parti de droite enregistre tout juste 14 % d’intentions de vote.

Ce n’est pas faute, pourtant, d’avoir actionné quelques leviers censés complaire à ces électeurs : proposition d’un référendum sur l’immigration, décrite comme une « menace culturelle pour la civilisation européenne » ; promesse d’introduire la « castration chimique » pour les délinquants sexuels ; attention portée à la France périphérique, ces zones périurbaines et rurales que Marine Le Pen appelle pour sa part la « France des oubliés », etc. Sur un plan plus strictement politique, M. Wauquiez refuse aussi de sévir contre l’ancien ministre Thierry Mariani ou le très médiatique jeune militant Erik Tegnér – éphémère candidat à la présidence des jeunes LR – malgré leurs appels répétés en faveur d’une alliance entre LR et RN. Une ligne officiellement rejetée par le président du parti, mais qui a droit de cité au nom...




                        

                        

