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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Le candidat d’extrême droite a remporté 46 % des voix dimanche. Claire Gatinois, notre correspondante à Sao Paulo, a répondu aux questions d’internautes.
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Présidentielle au Brésil : « Avec Bolsonaro, les électeurs ont exprimé un vote de protestation »

Le candidat d’extrême droite a remporté 46 % des voix dimanche. Claire Gatinois, notre correspondante à Sao Paulo, a répondu aux questions d’internautes.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 17h33
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 18h36
   





                        



   


Misogyne, raciste, homophobe et nostalgique de la dictature, Jair Bolsonaro a récolté, dimanche 7 octobre, 46 % des voix au premier tour de la présidentielle, profitant de la crise morale et politique qui secoue le Brésil. Ce vent de « dégagisme » d’une puissance inouïe a provoqué une onde de choc dans le pays. Claire Gatinois, correspondante du Monde, a répondu à des internautes.
Samy : Est-il juste de dire que Bolsonaro est d’extrême droite ? Fasciste ?
Claire Gatinois : Oui, il est correct de dire que Jair Bolsonaro est d’extrême droite. Il n’est pas seulement conservateur. Il est connu pour ses allusions racistes, homophobes et misogynes. Surtout, c’est un véritable nostalgique de la dictature [1964-1985]. Lors d’un entretien à TV Globo, il a parlé du coup d’Etat de 1964 comme d’une « révolution démocratique ».

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Alexis : Concrètement quelles sont les grandes lignes de son programme ? Et peut-il les mettre en place ?
Le programme de Jair Bolsonaro est assez vague. Il évoque la restauration des « valeurs » de Dieu, de la famille etc., mais il n’est pas très concret quant aux mesures qu’il compte mettre en place. Son discours est essentiellement axé sur la sécurité. Il compte revenir sur la loi de « l’estatuto do desarmamento » qui, en 2003, a mis fin au libre port d’arme. Il compte aussi amnistier les crimes des policiers et mettre fin aux aménagements de peine. Cette dernière mesure, au-delà d’être polémique, est compliquée à mettre en place, car le pays souffre déjà d’un problème de surpopulation carcérale estimée à 197 %.
En économie, Jair Bolsonaro promet le « libéralisme » des emplois, la prospérité et attaque les gouvernements socialistes, jugés responsables de la situation dramatique du pays. Son programme n’est pas davantage détaillé mais son conseiller Paulo Guedes, un « Chicago boy » très apprécié des marchés financiers, parle de privatisations massives afin d’éponger rapidement la dette publique.
La mise en œuvre d’un tel programme est problématique dans un pays comme le Brésil, avec un système dit de « présidentialisme de coalition ». Le président gouverne avec un Congrès composé de partis très divers et versatiles. C’est un sujet critique pour Bolsonaro. Mais l’élection a montré que le Congrès serait en partie composé d’alliés.
JFCO : Quels sont les grands axes du programme de Haddad ?
Fernando Haddad s’est affiché contre la privatisation d’entreprises « stratégiques », et a remis à plus tard la réforme des retraites (sujet explosif socialement qu’aucun candidat n’ose aborder frontalement). Il compte mener une politique sociale de soutien aux plus pauvres, à l’image de ce qui a été fait sous le gouvernement Lula. Il pense que l’insécurité sera combattue par une politique de lutte contre les inégalités et que le déficit sera épongé avec le retour de la croissance.

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Nat : A-t-on des statistiques précises sur la sociologie des votants ?
On sait que le sud et le sud-est du pays ont voté massivement pour Bolsonaro, quand le Nordeste reste acquis à la gauche (au PT et au PDT). Les précédents sondages laissent penser que l’électeur de Bolsonaro possède un niveau d’éducation correct, de bons revenus et est en majorité masculin.
JPG : Y a-t-il des appels à voter pour l’un des deux qualifiés de la part des candidats éliminés ?
Ciro Gomes, du PDT (centre gauche), s’est immédiatement rallié à Fernando Haddad (PT), même si Katia Abrieu, qui faisait campagne aux côtés de Ciro Gomes pour la vice-présidence, a déclaré hier « n’avoir pas le courage » de choisir entre les deux candidats. Marina Silva, l’écologiste ex-ministre de Lula, s’est quant à elle déclarée dans l’opposition. Enfin, Geraldo Alckmin, le représentant de la droite, prendra sa décision mardi à l’issue d’une réunion avec les cadres de son parti, le PSDB.
Canal75019 : Le PT n’est-il pas le principal responsable de ce résultat ?
Oui, le PT est en partie responsable. Il a gouverné pendant douze ans, le pays avait soif d’alternance. Et le PT est jugé en grande partie responsable de la crise économique. A cela s’ajoutent les scandales de corruption et l’acharnement de Lula à contester les décisions judiciaires — certes questionnables. Tout cela n’a fait qu’accentuer le sentiment anti-PT, qui a servi de carburant à Jair Bolsonaro.
Mais le PT n’est pas le seul responsable de la montée de l’extrême droite. Les scandales de corruption touchent tous les partis, et le désastre du gouvernement de Michel Temer a provoqué un ras-le-bol généralisé. Les électeurs ont, avec Bolsonaro, exprimé un vote de protestation, « saco cheio », dit-on ici.
Peloao : On a l’impression que pour une bonne partie de la population, la période de la dictature a été oubliée (ou qu’il en existe une nostalgie). Comment est-ce possible ?
La dictature est vue, par une partie des Brésiliens, comme une période de prospérité économique. Le régime militaire a mené une politique de grands travaux (désastreuse d’ailleurs pour l’environnement) qui s’est accompagnée d’un boom économique. Pour ceux qui n’étaient pas dans la résistance, la dictature militaire est aussi idéalisée comme une époque où régnait l’ordre. Certains Brésiliens pensent que seuls les militaires et la fermeté pourraient venir à bout de l’insécurité inouïe que connaît le pays. Enfin, il y a cette idée, totalement fausse, que la corruption n’existait pas du temps du régime militaire.

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Locrie : Un débat est-il prévu entre les deux candidats ?
Oui, des débats sont prévus. Et cela devrait desservir Jair Bolsonaro. Le militaire de réserve a échappé aux confrontations lors du premier tour du fait de son agression au couteau, le 6 septembre. Il a, en plus, été épargné par des adversaires qui pouvaient difficilement attaquer un homme qui est resté entre la vie et la mort pendant plusieurs jours. Mais la trêve est finie.
Et Jair Bolsonaro est réputé pour son agressivité et son incapacité à supporter la contradiction. Il n’a aucun bagage en économie et se défausse régulièrement sur son conseiller Paulo Guedes, qu’il n’hésite pas ensuite à contredire. Fernando Haddad, mesuré et technicien, pourrait alors gagner quelques points.
Renée : En cas de victoire de Bolsonaro, quelles seraient ses marges de manœuvre pour diriger le pays ? Un contre-pouvoir pourra-t-il exister ?
Un contre-pouvoir peut exister. Le système de « présidentialisme de coalition » oblige le président à composer avec le Congrès. Mais au regard des premiers résultats, le Congrès devrait être ultraconservateur. Et donc acquis à Bolsonaro.
Jovan : Bonjour. Lula aurait-il plus de chances de gagner contre Bolsonaro?
Même après son emprisonnement, Lula prétendait se présenter. Il était à l’époque crédité de 39 % des voix, largement devant Bolsonaro. Après l’invalidation de sa candidature, une partie de son électorat a migré vers Bolsonaro. Au-delà de ses idées, c’est le personnage de Lula et ce qu’il représente (la période de prospérité économique) qui séduisent les électeurs. Mais il faudrait refaire un sondage aujourd’hui pour voir quels seraient les électeurs encore fidèles à l’ex-chef d’Etat. Haddad, lui, était inconnu du grand public avant d’être adoubé par Lula. Il a mené une campagne dans l’ombre de l’ex-chef de l’Etat pour récupérer son capital politique. Lula continue de le conseiller. Mais Haddad a ses propres idées et est d’ailleurs en opposition frontale avec l’aile plus radicale du PT. L’avenir dira s’il arrive à s’émanciper

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Lulaland : Est-ce un potentiel pas vers une nouvelle dictature ? Quelles sont les potentielles répercussions sur les échanges franco-brésiliens ?
Une dictature me semble improbable. La démocratie brésilienne est jeune mais les institutions sont présentes et des contre-pouvoirs existent. Et il est trop tôt pour imaginer les répercussions sur les échanges internationaux. A priori, le conseiller économique de Bolsonaro n’est pas protectionniste, mais restera-t-il à bord ? Mystère. Une chose est sûre, la préoccupation écologique n’existe absolument pas dans le programme de Jair Bolsonaro.
Elsie : La criminalité est-elle si forte au Brésil que cela puisse donner envie à une partie de la population de rétablir un régime autoritaire ?
La criminalité est inouïe. Dans des villes comme Rio, les faits divers s’accumulent, parlant de balles perdues tuant des enfants. Les milices et les gangs gangrènent les zones populaires. Les policiers sont souvent corrompus, les trafiquants font la loi et l’Etat est absent. Certains ont donc envie de taper du poing sur la table, pensant que l’autorité serait la solution.
Antonio : Jair Bolsonaro est-il sûr de gagner l’élection ?
Il faudrait vraiment un miracle pour que Fernando Haddad renverse la situation. Depuis le retour à la démocratie du pays en 1989, jamais un candidat en tête au premier tour n’a perdu. Et l’avance de Jair Bolsonaro est importante.

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Climat : « Le seuil de 1,5 °C peut être un point d’ancrage pour les négociations »

Dans un entretien au « Monde », l’universitaire Stefan Aykut, estime que les conclusions du GIEC pourraient servir de levier politique aux pays les plus vulnérables.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 15h08
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 17h46
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            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Le sociologue Stefan Aykut, professeur assistant à l’université de Hambourg, est l’auteur, avec Amy Dahan, d’un ouvrage de référence sur les négociations climatiques (Gouverner le climat ?, Presses de Sciences Po, 2015).
Pourquoi un rapport sur le seuil de 1,5 °C a-t-il été commandé au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ?
Stefan Aykut : Pour comprendre, il faut se situer dans le sillage des négociations de 2009, à Copenhague, qui n’avaient pas abouti. Les pays y ont quand même adopté un objectif important : rester en deçà de 2 °C d’élévation de la température moyenne, par rapport à l’ère préindustrielle. Cette limite était le fruit d’un compromis politique, mais elle avait aussi un fond scientifique. Au-delà de ce seuil, les risques d’un réchauffement dangereux et incontrôlable augmentent significativement. Or depuis 2009, les recherches sur les impacts ont beaucoup progressé, et on sait que, même à 2 °C, on pourrait voir des dommages irréparables – notamment en raison de l’élévation du niveau des mers. Les petits pays insulaires et les pays du Sud les plus vulnérables ont donc durci leur position depuis, et se sont retrouvés autour d’un seuil plus ambitieux, de 1,5 °C.

Ces discussions ont pris de l’ampleur avant le sommet de Paris en 2015. Beaucoup de pays du Nord pensaient que cette alliance de pays du Sud autour d’un seuil de 1,5 °C n’était qu’un outil de négociation, une monnaie d’échange pour obtenir plus de contreparties. Mais il s’est avéré que ce chiffre avait une valeur symbolique très importante pour ces pays. C’est devenu une ligne rouge et, de fait, ce chiffre est présent dans l’Accord de Paris : les 2 °C sont une limite légalement contraignante, et les 1,5 °C, la limite à laquelle on aspire. La commande du rapport sur les 1,5 °C résulte de ces discussions.
Certains délégués disaient « rester sous 1,5 °C, c’est impossible ». D’autres...




                        

                        


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Affaire des écoutes : Sarkozy perd un premier recours contre son renvoi en correctionnelle

L’ancien président a perdu une nouvelle manche judiciaire, lundi. L’éventualité d’un procès dépend encore toutefois de l’issue de deux autres recours.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 17h21
   





                        



   


Une nouvelle manche judiciaire perdue pour Nicolas Sarkozy. Selon une source judiciaire, la cour d’appel de Paris a rejeté, lundi 8 octobre, un recours de l’ancien président de la République contre son renvoi devant un tribunal correctionnel dans l’affaire de « corruption » et de « trafic d’influence » à la Cour de cassation révélée par des écoutes téléphoniques.
« Cette décision n’est qu’une étape des actions de procédure que nous avons engagées, a aussitôt réagi Me Jacqueline Lafont, l’une des avocats de M. Sarkozy. Dans ce feuilleton judiciaire, la justice doit en effet encore se prononcer sur l’appel contre l’ordonnance, mais aussi sur une question prioritaire de constitutionnalité. L’éventualité d’un procès dépend encore de l’issue de ces recours.
Sans attendre une décision sur la demande de nullité du réquisitoire, les juges d’instruction chargés de ce dossier avaient suivi en mars le réquisitoire du parquet national financier (PNF) et ordonné le renvoi en correctionnelle de l’ancien chef de l’Etat.
La défense de Nicolas Sarkozy avait fait appel de cette ordonnance de renvoi, déplorant une décision précipitée des juges puisque sa requête en annulation du réquisitoire, signé en octobre 2017, n’avait alors pas encore été examinée.

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          Ce qui est reproché à Nicolas Sarkozy dans l’affaire des écoutes



Herzog et Azibert également renvoyés en correctionnelle
Dans ce dossier, Nicolas Sarkozy est soupçonné d’avoir cherché à obtenir de l’ancien avocat général à la Cour de cassation Gilbert Azibert des informations confidentielles sur une affaire le concernant en échange d’un coup de pouce pour sa nomination à Monaco.
En septembre 2013, la justice avait fait placer sur écoute deux téléphones utilisés par Nicolas Sarkozy, dans le cadre d’une enquête sur des accusations de financement libyen de sa campagne électorale en 2007, pour lesquelles il a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire. Les enquêteurs étaient tombés sur des conversations entre Nicolas Sarkozy, qui utilisait le pseudonyme « Paul Bismuth », et un de ses avocats, Thierry Herzog.
Ces écoutes montraient que les deux hommes étaient bien renseignés sur une procédure devant la Cour de cassation dans un autre dossier visant Nicolas Sarkozy : des soupçons d’abus de faiblesse aux dépens de la milliardaire Liliane Bettencourt, pour lesquels il a finalement bénéficié d’un non-lieu. La justice s’appuie aussi sur des écoutes impliquant Me Thierry Herzog et Gilbert Azibert, tous deux également renvoyés en correctionnelle dans cette affaire.
Le 25 juin, devant la chambre de l’instruction, les avocats de M. Sarkozy ont de nouveau contesté la validité des retranscriptions des écoutes de conversations entre Thierry Herzog et lui. Mes Jacqueline Laffont et Pierre Haïk invoquaient à l’appui de leur demande un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme de juin 2016, selon lequel la retranscription d’écoutes entre un avocat et son client « ne peut être retenue » contre ce dernier, mais seulement contre son conseil.
Par ailleurs, Nicolas Sarkozy est dans l’attente d’une autre décision de la chambre de l’instruction de la cour d’appel concernant ses recours contre son renvoi en correctionnelle pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012, l’affaire dite « Bygmalion ».

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                Nicolas Sarkozy renvoyé en correctionnelle pour « corruption » et « trafic d’influence » à la Cour de cassation






                            


                        

                        


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Rendez-vous médicaux : 2 jours pour un généraliste, 7 semaines pour un ophtalmologue

Une enquête du ministère de la santé publiée lundi montre une importante disparité d’accès selon les spécialités médicales.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 18h13
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 18h23
    |

            Anne-Aël Durand








                        


Pour prendre rendez-vous chez l’ophtalmologue ou le dermatologue, il faut se montrer patient. La moitié des personnes qui appellent un de ces spécialistes obtient une consultation après plus de sept semaines (précisément cinquante-deux jours et cinquante jours). Pour une personne sur dix, ce délai peut encore s’étendre considérablement, jusqu’à six mois pour une consultation ophtalmologique, selon les résultats d’une étude publiée lundi 8 octobre par le ministère de la santé.
Les délais d’attente sont, après l’aspect financier, l’un des principaux freins à l’accès au soin. C’est pourquoi la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a mené cette étude en interrogeant 21 700 personnes de la cohorte épidémiologique Constances, une base de volontaires français sollicités régulièrement pour des données de santé publique.


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Délais de rendez-vous : la moitié des patients attendent deux jours pour un généraliste, un mois pour un gynéco et près de deux mois pour un ophtalmo
Durée entre la prise de contact et l'obtention d'une consultation, détaillés en quatre groupes : le premier quart des « chanceux », la médiane (50 % ont un rendez-vous plus vite, 50 % moins vite), le troisième quart et les 10 % les plus... « patients ». 

Source : Drees



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Moins d’attente pour une urgence
Sans grande surprise, il est plus rapide de consulter un médecin généraliste (en moins de deux jours dans la moitié des cas) ou un pédiatre que des spécialistes, qui sont le plus souvent sollicités pour des rendez-vous de contrôle. Toutefois, les délais se raccourcissent si le patient présente des symptômes qui apparaissent ou s’aggravent : la moitié des patients trouve alors un rendez-vous le jour même chez le généraliste, ou en moins de huit jours chez le dentiste. En revanche, même en cas d’urgence, il faudra toujours attendre trente-quatre jours en moyenne pour consulter le dermatologue.

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                Consulter un gynécologue : la grande galère



La taille de l’échantillon ne permet pas de dessiner une « cartographie » précise de l’accès aux soins, mais l’enquête montre clairement qu’il vaut mieux habiter à Paris pour obtenir des rendez-vous rapidement (en quinze jours chez le dentiste, ou vingt-neuf chez l’ophtalmologue) que dans une commune rurale, où les délais passent à vingt-cinq jours pour le dentiste, et soixante-seize pour un ophtalmologue.

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                Accès aux soins : des territoires abandonnés




> Voir la rubrique « En un graphique » des Décodeurs




                            


                        

                        


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Au sein de La République en marche, une mosaïque de sensibilités

Une enquête inédite de Terra Nova auprès de 8 815 adhérents révèle une homogénéité sociale mais une grande diversité de tempéraments politiques.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 16h40
    |

            Gérard Courtois








                        



                                


                            

Surgi en avril 2016, le mouvement En marche !, devenu depuis La République en marche (LRM), a porté au pouvoir Emmanuel Macron en à peine plus d’un an et conquis ensuite une large majorité à l’Assemblée nationale.
Cette éclosion spectaculaire et ce succès sans précédent ont chamboulé le paysage politique et suscitent de nombreuses interrogations : qui sont les adhérents de ce nouveau parti, que pensent-ils, quel est leur degré de cohésion ou, au contraire, de diversité, voire de friabilité ?

Autant de questions dont les réponses détermineront pour une bonne part l’évolution et la pérennité du mouvement. C’est donc tout l’intérêt de l’enquête approfondie de sociologie politique, menée en toute indépendance scientifique et financière, que vient de réaliser une équipe du think tank Terra Nova constituée de Thierry Pech (directeur général de Terra Nova), Bruno Cautrès et Thomas Vitiello (chercheurs au Cevipof-Sciences Po) et l’historien Marc Lazar. Avec l’aval de la direction du mouvement, ils ont constitué, à partir du fichier informatisé (et anonymisé) des 391 000 adhérents de LRM en avril, un échantillon de 8 815 personnes qui ont répondu, en ligne, à un questionnaire très fouillé, doublé d’entretiens qualitatifs.
L’enseignement le plus intéressant de cette exploration, rendue publique lundi 8 octobre, tient en un paradoxe majeur : les « marcheurs » offrent un profil politique beaucoup plus composite que leur homogénéité démographique et sociale pourrait le laisser penser.
Postures contrastées
Cela apparaît très clairement quand on leur demande de se situer politiquement. Si 74 % d’entre eux se positionnent au centre sur une échelle gauche-droite classique, le constat est beaucoup plus diversifié lorsque l’on utilise une échelle qualitative : ainsi 16,2 % se disent de gauche, 33,3 % du centre et 8,9 % de droite, mais 24,8 % se situent « à la fois à gauche et à droite », 9,6 % « ni à gauche ni à droite »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Meng Hongwei a été acculé à la démission dimanche après avoir mystérieusement disparu pendant plus de dix jours. Le flou demeure autour de cette affaire.
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Ce que l’on sait de la démission du patron chinois d’Interpol

Meng Hongwei a été acculé à la démission dimanche après avoir mystérieusement disparu pendant plus de dix jours. Le flou demeure autour de cette affaire.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 17h09
   





                        



   


Pur produit du très redouté appareil policier de Pékin, le patron chinois d’Interpol, Meng Hongwei, a été acculé à la démission, dimanche 7 octobre, après avoir mystérieusement disparu pendant plus de dix jours.
Premier citoyen de Chine continentale à prendre la tête d’une grande organisation internationale, Meng Hongwei est, semble-t-il, victime de la campagne de lutte contre la corruption du président Xi Jinping. Pékin l’a accusé, lundi 8 octobre, d’avoir « accepté des pots-de-vin » et « violé la loi ». Mais le flou demeure autour de cette affaire, qui constitue une première au sein des grandes institutions internationales.

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                Interpol demande à la Chine une clarification sur le sort de son président porté disparu



Où se trouve Meng Hongwei ?
On l’ignore. Nommé président d’Interpol en novembre 2016, Meng Hongwei, également vice-ministre de la sécurité publique (police), n’avait plus donné signe de vie depuis son départ pour la Chine il y a plus de dix jours, à la fin de septembre. Une enquête pour disparition inquiétante a été ouverte vendredi en France, et Paris a fait part de son « interrogation » sur sa situation.
Meng Hongwei a indirectement donné de ses nouvelles dimanche lorsque la Chine a annoncé qu’il faisait l’objet d’une enquête dans son pays. Interpol a annoncé dans la foulée avoir reçu une lettre de démission de son président, « avec effet immédiat ».

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                Enquête ouverte sur la disparition du patron chinois d’Interpol



Quelques heures plus tôt, son épouse, Grace Meng, avait fait part de sa vive inquiétude devant la presse à Lyon, où se trouve le siège d’Interpol, disant que son mari était « en danger ». Elle avait révélé que le dernier message téléphonique qu’elle avait reçu de Meng Hongwei, le 25 septembre, alors qu’il était en Chine, ne comportait qu’une émoticône représentant un couteau. « Attends mon appel », lui avait-il dit dans un précédent message. Son épouse a depuis reçu des menaces et a été placée sous protection policière.

   


Que lui reproche la Chine ?
Meng Hongwei « a accepté des pots-de-vin et est soupçonné d’avoir violé la loi », a annoncé lundi le ministère de la sécurité publique dans un communiqué, sans plus de précisions. Le texte ne dit pas si les accusations relèvent de ses fonctions ministérielles ou de celles qu’il exerçait à Interpol. Il n’est pas non plus précisé s’il a ou non été placé en détention.
L’enquête « illustre clairement la détermination du camarade Xi Jinping », le président chinois, à combattre la corruption, dit le ministère. « Nul, sans exception, n’est au-dessus des lois. Quiconque viole les lois fera l’objet d’une enquête approfondie et sera sévèrement puni », avertit le communiqué, ajoutant que d’autres suspects sont poursuivis dans le cadre de l’enquête.
A-t-il été neutralisé pour un motif fallacieux ?
L’hypothèse n’est pas exclue. Meng Hongwei, 64 ans, est loin d’être le premier haut responsable chinois à succomber à la campagne contre la corruption lancée par Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir, à la fin de 2012. Populaire dans l’opinion publique, cette campagne, qui a sanctionné plus de 1,5 million de cadres, est également soupçonnée de servir à éliminer des opposants à la ligne de Xi Jinping.
Mais le cas de Meng Hongwei est une première au sein de grandes institutions internationales. Dans un communiqué, le ministère écrit que Meng Hongwei est poursuivi dans le cadre d’une campagne destinée à « éliminer complètement l’influence pernicieuse » de Zhou Yongkang, ancien chef des services de sécurité et rival du président Xi Jinping. Or, c’est ce même Zhou Yongkang, condamné en 2015 à la prison à vie pour corruption, qui avait nommé Meng Hongwei à son poste de vice-ministre dix ans plus tôt.
Un signe avant-coureur des difficultés de Meng Hongwei était apparu dès avril : il avait en effet été démis de ses fonctions au sein du comité du Parti chargé de superviser le ministère de la sécurité publique, après la nomination, à l’automne 2017, d’un nouveau ministre, Zhao Kezhi, ultraloyal à Xi Jinping.
Meng Hongwei est-il aujourd’hui rattrapé, trois ans plus tard, par la nomination à des postes clés de partisans ultraloyaux à l’actuel président ? En Chine, un tel processus d’arrestations et de nominations peut s’étaler sur tout un mandat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Au collège Françoise-Dolto, à Paris, l’arabe s’enseigne, dès la classe de 5e, « comme n’importe quelle autre langue étrangère ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤                     


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Pourquoi Yasmine, Tadzio et Joseph ont fait « le pari » d’apprendre l’arabe au collège

Au collège Françoise-Dolto, à Paris, l’arabe s’enseigne, dès la classe de 5e, « comme n’importe quelle autre langue étrangère ».



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 17h16
    |

                            Mattea Battaglia








                        



                                


                            

Ils n’ont que 12 ans, mais sont sûrs d’eux quand il s’agit d’expliquer leur choix de l’arabe en « LV2 ». « Apprendre cette langue dès le collège, c’est pouvoir m’imaginer, demain, une vie professionnelle à l’étranger, sourit Manel. Pourquoi pas à Dubaï ! » « C’est aussi pouvoir parler la langue des copains du quartier, se réjouit Tadzio ; et puis j’aime bien l’idée qu’on ne fait pas de l’espagnol comme tout le monde… » Joseph, lui aussi, y voit « une chance » : « L’arabe nous servira sans doute plus, dans la vie, que l’allemand », souffle l’adolescent.

A ses côtés, Cherine a d’autres arguments à faire valoir : « Je parle déjà un peu l’arabe à la maison, explique la jeune fille, mais ce n’est pas celui qu’on nous enseigne en classe. Faut pas croire que c’est facile ! » Yasmine baigne elle aussi dans cette langue, mais elle avait « envie de savoir la lire et l’écrire », dit-elle : « Dans ma religion, c’est important de pouvoir déchiffrer le Coran. » Son camarade Abdeltouab ne semble pas mécontent d’avoir troqué les « cours [d’arabe] du samedi » pour ceux au collège : « J’espère pouvoir communiquer plus facilement avec mes cousins d’Algérie. »
Que les cours d’arabe puissent alimenter toutes les rumeurs – y compris celle d’une « arabisation » de la France ou d’un enseignement en passe de devenir « obligatoire », comme le prétendent certains ténors de la droite et de l’extrême droite –, n’a pas d’écho parmi ces élèves du collège Françoise-Dolto, dans le 20e arrondissement de Paris.
Et pour cause : Joseph, Cherine et leurs camarades ont plutôt le sentiment de faire exception : dans un pays qui compte 3 millions d’arabophones – tous dialectes confondus –, l’« arabe standard », comme on dit dans le jargon de l’école, n’est appris que par un millier de collégiens et de lycéens...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Les autorités kurdes de la Syrie du Nord font cependant une exception : ils ne demandent plus le rapatriement des djihadistes français vers l’Hexagone.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Les Kurdes demandent le départ des djihadistes étrangers détenus en Syrie

Les autorités kurdes de la Syrie du Nord font cependant une exception : ils ne demandent plus le rapatriement des djihadistes français vers l’Hexagone.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 16h23
    |

                            Allan Kaval








                        



   


Le discours n’est pas nouveau mais le ton a changé. Dans une série de tweets publiée en fin de semaine dernière, Abdulkarim Omar, le principal responsable officiel des relations extérieures de la Syrie du Nord, a appelé fermement les gouvernements des pays dont les ressortissants djihadistes sont détenus sur le territoire à organiser leur rapatriement. La France, toutefois, ne serait pas concernée par ces déclarations.
Le chiffre annoncé est vertigineux : « Le nombre de combattants de l’EI, de femmes et d’enfants placés en détention dans le nord et l’est de la Syrie est important : 900 combattants, 400 à 500 femmes et plus 1 000 enfants originaires de 44 pays », a déclaré Abdulkarim Omar sur son compte Twitter, samedi 6 octobre. C’est la première fois que des représentants officiels de la Syrie du Nord publient des chiffres détaillés sur cette question singulièrement sensible et qui se pose avec acuité depuis fin 2017.
La Fédération de Syrie du Nord est l’entité politique qui contrôle les zones à majorité kurde du nord-est du pays et les territoires repris à l’organisation Etat islamique (EI) par les Forces démocratiques syriennes (FDS), à dominante kurde. De victoire en victoire, les FDS, qui sont soutenues militairement par la Coalition internationale, ont capturé de nombreux djihadistes dont le sort demeure en suspens un an après la chute de Rakka, leur ancienne capitale. S’ajoutent à ces prisonniers de guerre des femmes étrangères qui ont épousé des membres de l’EI ainsi que leurs enfants.

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Exception française
« Nous confirmons que nous ne poursuivrons pas les combattants de l’Etat islamique dans notre région (…), chaque pays devrait rapatrier ses citoyens et les poursuivre sur son sol », a declaré Abdulkarim Omar dimanche sur son compte Twitter. Reprenant le discours véhiculé par l’administration de la Syrie du Nord depuis que le problème se pose, M. Omar a répété que la sécurité des Etats concernés était en jeu.
« Notre région est instable, toute situation de chaos pourrait permettre aux combattants de l’EI de fuir. Certains d’entre eux sont dangereux et pourraient poser des menaces graves contre l’Europe et la communauté internationale », a-t-il indiqué samedi. Joint par Le Monde lundi, le responsable kurde syrien n’a pas souhaité étayer sa position sur ce point.

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Khaled Issa, représentant de la Syrie du Nord à Paris, a pour sa part confirmé au Monde la volonté de son administration de voir les djihadistes étrangers rapatriés de manière officielle. Il a toutefois précisé que cette position connaît une exception de taille : la France, dont une centaine de ressortissants est détenue par les FDS.
« Nous avons une relation privilégiée avec Paris et la question des djihadistes de nationalité française présents dans nos prisons est gérée dans un cadre propre avec nos partenaires français. Nous n’appelons pas la France à les rapatrier comme nous le faisons pour les autres pays », a indiqué M. Issa au Monde. Il y a un an, ce traitement spécial n’était pas à l’ordre du jour. La nature exacte du cadre dans lequel cette question est traitée n’a toutefois pas été précisée.
Emmanuel Macron est le seul chef d’Etat occidental à avoir reçu officiellement une délégation des FDS de leur encadrement politique le 30 mars 2018. La France avait par la suite renforcé sa présence militaire dans la ville de Manbij, alors menacée par les forces turques qui venaient de remporter une victoire contre l’enclave kurde d’Afrin, dans le nord-ouest syrien.
Les autorités françaises rappellent régulièrement qu’elles n’entendent pas se préparer à un retour de ses ressortissants détenus en Syrie. En février, le ministre des affaires étrangères Jean-Yves le Drian répétait cette position. « Ils ne seront pas rapatriés en France dans la mesure où ce sont des combattants – donc ce sont des ennemis, c’est vrai pour l’Irak, c’est vrai pour la Syrie – qui ont combattu des citoyens de Syrie, qui ont combattu des Turcs, qui ont violé, qui ont fait des actes de barbarie », avait-il affirmé à BFM-TV.
Recherche de reconnaissance politique
Bien que les autorités de la Syrie du Nord bénéficient d’un soutien financier de la coalition pour renforcer leur système pénitentiaire, elles estiment que la présence des djihadistes sur leur sol pèse sur leurs ressources en s’installant dans la durée. Les combattants sont détenus en prison tandis que les femmes et les enfants séjournent dans des camps de déplacés fermés.
En automne 2017, des membres de l’encadrement politique des FDS avaient indiqué sur place au Monde qu’ils excluaient que des djihadistes non-syriens soient jugés localement. La solution privilégiée par les autorités de la Syrie du Nord consiste à organiser officiellement le retour de ressortissants étrangers dans leurs pays d’origine aux moyens de protocole officiels signés publiquement avec les gouvernements concernés. De tels procédés sont perçus comme à même de leur donner un succédané de reconnaissance diplomatique officielle.

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Bien qu’elles entretiennent de fait des relations avec une multitude d’Etats, ne serait-ce que dans le domaine militaire, les autorités de la Syrie du Nord ne sont pas considérées comme un acteur doté d’une légitimité politique officielle par leurs interlocuteurs et partenaires étrangers. En cause, leurs liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré comme une organisation terroriste par Washington et l’Union européenne du fait de la lutte qu’il mène contre l’Etat turc.
Des rapatriements ont cependant déjà été organisés en 2017 avec l’Indonésie d’abord, puis avec la Russie. Dans ce dernier cas, des femmes et des enfants, principalement originaires du Caucase du nord, étaient concernés. Les autorités de la Syrie du Nord peinent depuis à reproduire l’expérience et utilisent la question des djihadistes étrangers pour obtenir une reconnaissance politique. En septembre, une femme soudanaise a été rapatriée vers son pays d’origine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Le prix de la Banque de Suède en sciences économiques couronne les recherches de William Nordhaus et de Paul Romer, ancien économiste en chef de la Banque mondiale.
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Le « Nobel d’économie » attribué à deux Américains pour des travaux sur la croissance durable

Le prix de la Banque de Suède en sciences économiques couronne les recherches de William Nordhaus et de Paul Romer, ancien économiste en chef de la Banque mondiale.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 12h23
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 17h25
    |

            Antoine Reverchon








                        


Le 50e prix de la Banque de Suède à la mémoire d’Alfred Nobel – ou Nobel d’économie – a été attribué, lundi 8 octobre, aux Américains William Nordhaus et Paul Romer. Favoris depuis plusieurs années, les colauréats « ont mis au point des méthodes qui répondent à des défis parmi les plus fondamentaux et pressants de notre temps : conjuguer croissance durable à long terme de l’économie mondiale et bien-être de la planète », a indiqué l’Académie royale des sciences. L’annonce de ce prix coïncide avec la publication d’un rapport alarmiste des experts climat de l’ONU (GIEC) qui appellent à des transformations « sans précédent » pour limiter le réchauffement climatique.
Paul Romer, économiste haut en couleur à la carrière mouvementée, est essentiellement récompensé pour ses travaux académiques anciens qui, dans les années 1980, ont cherché à mesurer la part de l’innovation dans la croissance, insistant en particulier sur l’importance de la circulation des idées innovantes, et non des seules technologies, dans les rebonds du cycle économique. La notion de « croissance endogène », c’est-à-dire de croissance générée par la recombinaison permanente, grâce à ces idées, des facteurs de production déjà présents, est son apport principal à la science économique.
Mais Romer, qui se proclame homme d’action plus que de recherche, quitte l’université de Stanford en 2001 pour créer une start-up de service aux étudiants, puis se lance en 2009 dans la promotion du concept de « villes à charte ». Il s’agit de créer ex nihilo dans les pays pauvres des villes fonctionnant selon les pratiques et les principes favorisant au mieux les mécanismes de croissance endogène qu’il a théorisés. Mais ses projets, soupçonnés de relents néocolonialistes, s’enlisent dans les sables mouvants de la réalité politico-institutionnelle, le contraignant à rejoindre l’université de New York en 2011. Cela ne l’empêche pas de jeter un pavé dans la mare en publiant le 14 septembre 2016 un article retentissant, The trouble with macroeconomics, dans lequel il accuse ses collègues macroéconomistes de « faire tourner » des modèles mathématiques sans rapport avec le réel, semblables aux rituels religieux d’un clergé voué au culte de l’infaillibilité de la théorie économique néoclassique.
La Banque mondiale pense faire la preuve de son ouverture aux courants critiques du « consensus [néolilbéral] de Washington » en recrutant Paul Romer comme économiste en chef en octobre 2016. Mais son caractère entier fait vite scandale : il reproche publiquement aux travaux de sa propre équipe d’être trop « langue de bois », voire d’être influencés par des considérations politiques, dans le cas du rapport phare de la Banque, « Doing business », qui prétend classer les pays selon leur aptitude à accueillir les entreprises. Mis sur la touche, il doit démissionner dès janvier 2018 pour retourner à l’indépendance académique de l’université de New York.
Pionnier de la notion de prix du carbone par tonne de CO2
Moins connu et moins flamboyant que Romer, William Nordhaus a été le premier économiste à travailler sur le changement climatique dès la fin des années 1970. Il construit le modèle DICE – pour Dynamics Integrated Climate Economy Model –, publié en 1992, année du sommet de Rio, où il s’efforce de mesurer les coûts futurs des effets des émissions de gaz à effet de serre pour déterminer le prix présent des activités émettrices (ce que l’on appelle « actualisation ») : il est ainsi le pionnier de la notion de prix du carbone par tonne de CO2 comme incitation à la transition énergétique, aujourd’hui à la base de tous les calculs économiques sur les politiques climatiques.
Mais ses premières conclusions, qui fixaient alors le « prix de la tonne » à 4 ou 5 dollars, le classent parmi les économistes conservateurs, qui minimisent la nécessité d’une politique forte. Une polémique l’oppose à son collègue britannique Nicholas Stern, dont le rapport, publié en 2006, est beaucoup plus alarmiste. M. Nordhaus critique la méthode d’actualisation et le calcul du « coût d’irréversibilité » (c’est-à-dire l’actualisation spécifique aux effets irréversibles du changement climatique tel que la déforestation) utilisé par M. Stern.
William Nordhaus fera toutefois évoluer ses modèles au gré de la progression des connaissances sur les effets du réchauffement, intégrant ainsi des coûts de plus en plus élevés. Il a fini par défendre la nécessité d’une taxation mondiale du carbone, là où ses collègues plus « classiques » défendent la possibilité d’établir un prix mondial unique du carbone par la seule force du marché libre.
Seul prix à ne pas figurer au testament de l’inventeur suédois Alfred Nobel, le prix de « sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel » a été créé en 1968 par la Banque de Suède à l’occasion de son tricentenaire et décerné pour la première fois l’année suivante. En 2017, il avait été décerné à l’Américain Richard Thaler, père de la méthode dite du « coup de pouce », censée corriger les comportements irrationnels des consommateurs, contribuables ou investisseurs.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Les Pays-Bas ont accusé la Russie d’avoir tenté de pirater l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.
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Cyberattaques : Moscou conteste avoir envoyé des espions à La Haye

Les Pays-Bas ont accusé la Russie d’avoir tenté de pirater l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 15h47
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 16h17
   





                        



   


Le Kremlin a assuré, lundi 8 octobre, que La Haye n’avait apporté aucune preuve aux accusations selon lesquelles des espions russes ont tenté de pirater en avril le siège de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).
Les Pays-Bas ont en effet affirmé jeudi 4 octobre avoir déjoué une tentative de piratage visant l’OIAC et expulsé quatre espions russes présumés qui avaient positionné un véhicule truffé d’équipements électroniques sur le parking d’un hôtel proche du siège de l’institution internationale.

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Cette tentative de piratage présumée s’est déroulée en avril, au moment où l’OIAC enquêtait sur l’empoisonnement de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal en Angleterre, mené selon Londres par des agents du renseignement militaire russe. L’organisation enquêtait également sur une attaque chimique présumée à Douma en Syrie, imputée par les Occidentaux aux forces gouvernementales syriennes soutenues par Moscou.
« Un voyage de routine »
« Il n’y avait rien de secret dans le voyage de nos spécialistes aux Pays-Bas. C’était un voyage de routine », a déclaré lundi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse commune à Moscou avec son homologue italien, Enzo Moavero Milanesi. « Ils ne se sont pas cachés lorsqu’ils se sont installés à l’hôtel, ni lorsqu’ils étaient à l’aéroport, ni lorsqu’ils se sont rendus à l’ambassade. Ils se sont fait arrêter sans explications. Cela avait l’air d’être un malentendu », a-t-il estimé.
Selon M. Lavrov, qui n’a précisé ni la spécialité des personnes arrêtées ni ce qu’il entendait par « voyage de routine », cette affaire montre un « mépris envers les mécanismes (…) existants pour traiter de telles questions ».
Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a quant à lui estimé que les passeports diplomatiques utilisés par les quatre individus expulsés ne prouvent pas qu’ils étaient des espions. « Il y a des canaux habituels de travail (…). Qu’ils transmettent les documents, les preuves et les informations par ces canaux et nous sommes prêts à les regarder. Nous n’avons pas l’intention de parler de tels sujets par l’intermédiaire des médias », a-t-il ajouté.
Le Kremlin, qui ironisait la semaine dernière sur l’« espionnite aiguë » qui touche les Occidentaux, a fait savoir que l’ambassadeur néerlandais à Moscou était convoqué lundi au ministère des affaires étrangères pour évoquer cette affaire.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Pascal Pavageau, de Force ouvrière, a affirmé, lundi, que la future réforme des retraites ferait disparaître l’âge légal du départ. Une affirmation contestable, mais qui soulève de sérieuses questions.
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Partir à la retraite à 62 ans devrait rester possible, reste à savoir dans quelles conditions

Pascal Pavageau, de Force ouvrière, a affirmé, lundi, que la future réforme des retraites ferait disparaître l’âge légal du départ. Une affirmation contestable, mais qui soulève de sérieuses questions.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 18h42
    |

            Adrien Sénécat








                        



   


Le gouvernement veut-il signer la fin de l’âge légal de départ à la retraite ? C’est en tout cas ce qu’a assuré le secrétaire général de Force ouvrière (FO), Pascal Pavageau, sur France Inter, lundi 8 octobre. Une affirmation contestable, puisque le gouvernement s’est jusqu’ici engagé à ne pas remettre en cause le droit à partir à la retraite à 62 ans. Mais qui soulève tout de même de réelles questions sur le niveau des futures pensions de retraite, alors que les contours exacts de la réforme à venir ne sont pas connus et que l’idée de créer un « âge pivot » à 63 ans est à l’étude au gouvernement.
Ce qu’il a dit
Interrogé sur la réforme des retraites à l’approche d’une réunion prévue le 10 octobre entre les syndicats et le haut-commissaire à la réforme, Jean-Paul Develoye, le syndicaliste Pascal Pavageau a demandé que le gouvernement « sorte du bois ». Il a également fait part de ses inquiétudes, en particulier sur l’âge du départ en retraite : « La retraite par points, c’est le travail sans fin. » Le journaliste de France Inter Nicolas Demorand lui a alors fait remarquer que « l’âge légal [du départ à la retraite] reste, resterait à 62 ans » dans le futur système. Faux, lui a rétorqué le responsable de FO :
« Il n’y aura plus d’âge légal, c’est un leurre […]. Ce sera le principe même d’une réforme par points. »
Une présentation des faits contredite par Léa Salamé, selon qui Emmanuel Macron s’est engagé à ne pas modifier l’âge légal du départ à la retraite. « Evidemment, il n’y touchera pas, il n’y en n’[aura] plus », a ironisé Pascal Pavageau.
POURQUOI C’EST PLUS COMPLIQUÉ
1. Emmanuel Macron s’est engagé à ne pas modifier l’âge légal du départ à la retraite
La promesse figurait en toutes lettres dans le programme d’Emmanuel Macron pour la présidentielle de 2017 : « Nous ne toucherons pas à l’âge légal de départ à la retraite. » Le candidat précisait sur son site que dans le futur système « universel » de retraite qu’il proposait, « il y aura[it] toujours un âge légal de la retraite à partir duquel on pourra liquider ses droits. Il restera à 62 ans ».
Certes, la réforme n’a pas été dévoilée pour l’heure, mais l’engagement de ne pas reculer l’âge légal du départ à la retraite a été rappelé à plusieurs reprises depuis. Le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, l’a notamment confirmé dans un entretien au Parisien en mai 2018.
2. Ce n’est pas incompatible avec le système envisagé
La réforme des retraites telle qu’elle a été présentée par Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle vise à créer un régime de retraites unique, dit « universel », où « un euro cotisé donne les mêmes droits ». En pratique, chaque citoyen alimenterait tout au long de sa carrière une forme de compte virtuel. Lors du départ à la retraite, les droits accumulés sont convertis en une pension, suivant un coefficient.
Malgré ce changement de mode de calcul, le gouvernement s’est engagé à maintenir un système de retraite par répartition, c’est-à-dire que les cotisations des actifs financeront les pensions des retraités. Suivant cet engagement, il ne s’agirait pas d’un système par capitalisation, où chaque salarié se constitue une épargne pour payer sa retraite.
Il est vrai, qu’en principe, dans cette nouvelle logique, la notion de durée de cotisation disparaît, comme l’expliquait Jean-Paul Delevoye en mai au Parisien : « C’est votre nombre de points qui vous permet un arbitrage personnel : j’ai assez de points, ma retraite me paraît suffisante, donc je pars. A l’inverse, je n’ai pas assez de points, je reste. Cela permet de respecter la liberté de choix. »
Mais le haut-commissaire à la réforme des retraites précisait également qu’il fallait maintenir un seuil « en dessous duquel ils ne peuvent pas partir pour éviter que cela pèse sur la solidarité nationale. L’âge actuel de 62 ans devrait être conservé ».
3. En revanche, les retraités devraient être incités à travailler plus longtemps
Pascal Pavageau s’avance donc beaucoup en affirmant qu’« il n’y aura plus d’âge légal » de départ à la retraite avec le système envisagé par le gouvernement. Cependant, cette affirmation hâtive cache une vraie question : quel sera le niveau des futures pensions de retraite ? Un débat crucial, mais qu’il est, pour l’heure, difficile d’aborder puisque les contours précis de la réforme n’ont pas été présentés.
Pour faire simple, le maintient de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans fait qu’il devrait toujours être possible de faire valoir ses droits. Cependant, bon nombre de travailleurs risquent de juger insuffisant le niveau de pension dont ils pourraient disposer, à cet horizon. C’est déjà souvent le cas actuellement, puisqu’il faut avoir validé un nombre considérable de trimestres (en l’état, les personnes nées après 1973 devraient, avoir validé cent soixante-douze trimestres au moins, soit quarante-trois années de travail).
En revanche, il existe aujourd’hui un âge qui donne droit à une retraite à taux plein, fixé à 67 ans, indépendamment de la durée de cotisation. Et cette borne devrait disparaître avec la réforme promise par Emmanuel Macron : le nouveau mode de calcul fait qu’il sera possible de partir dès 62 ans, ou de travailler plus longtemps, chaque année supplémentaire faisant augmenter sa future pension. En creux, cela incite les futurs retraités à prolonger leur carrière, sans que cela soit un impératif.
Le futur système pourrait d’autant plus décourager les départs à 62 ans que le gouvernement réfléchit en effet à introduire un « âge pivot », selon des informations des Echos et du Monde. Il s’agirait d’un nouveau seuil d’âge au-dessous duquel les pensions de retraite seraient minorées, qui existe déjà avant 63 ans dans les régimes complémentaires du privé Agirc-Arrco. Si cet « âge pivot » était fixé, par exemple, à 63 ans ou à 64 ans, il encourageait fortement à prolonger sa carrière jusqu’à cette limite d’âge.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Frappée par le séisme et le tsunami, l’île de Sulawesi est le théâtre récurrent de tensions communautaires.
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Après le séisme en Indonésie, les chrétiens comptent sur l’amour de Jésus

Frappée par le séisme et le tsunami, l’île de Sulawesi est le théâtre récurrent de tensions communautaires.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 10h54
    |

            Bruno Philip (Palu (Indonésie), envoyé spécial)








                        



                                


                            

La vie est comme de la vapeur d’eau, elle peut disparaître en une seconde. » Quand il a pris le micro, ­dimanche 7 octobre, pour commencer un culte dominical pas tout à fait comme les autres, le pasteur Sandy Toding est entré immédiatement dans le vif du sujet : depuis le séisme, suivi d’un tsunami, qui a frappé Palu, capitale de la province centrale de la grande île de Sulawesi et les districts alentour, le 28 septembre, c’était la première fois qu’il retrouvait ses ouailles. « Nous nous étions perdus de vue depuis dix jours », a commencé le prêtre, la voix cassée. Avant d’ajouter : « Dieu n’a jamais promis que le ciel serait toujours bleu. »
Le culte, bien évidemment tout entier consacré à la catastrophe, a déroulé le rituel exalté propre aux pentecôtistes, dont les Eglises sont fortement représentées au sein de la communauté chrétienne de protestants et de catholiques de la ville (environ 10 %) : piano électrique, chansons, appels dramatiques à l’attention de Jésus… l’émotion fut intense, tout au long du déroulement d’une cérémonie durant laquelle plusieurs victimes du séisme racontèrent en pleurant leur tragédie personnelle.
Quant à Sandy Toding, jean, chemise bleu nuit, mèche gominée à la Tintin, il a exhorté les fidèles à ne pas perdre espoir : « Jésus est bon : Jésus vous aime ! Terima kasih [« merci » en indonésien] Jésus ! », a clamé le pasteur au micro, en se déhanchant comme une rockstar tandis que l’assistance reprenait en chœur, chantant alléluia. Personne n’osait trop regarder les murs lézardés par le séisme, se dressant de part et d’autre de la cour extérieure de l’église, où l’on avait jugé plus prudent de célébrer la messe, évitant ainsi les risques d’une chapelle à la toiture instable. A intervalles réguliers, on sent encore le sol trembler à Palu.
« Toute proche de Jésus »
La jeune médecin Wendy est ensuite venue au micro témoigner du tragique sort de sa mère disparue,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Le tribunal de commerce d’Evry a sélectionné lundi l’offre de la société française, qui prévoit la reprise de 44 magasins de l’enseigne de jouets et de 1 036 salariés.
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La société Jellej choisie pour reprendre Toys’R’Us France

Le tribunal de commerce d’Evry a sélectionné lundi l’offre de la société française, qui prévoit la reprise de 44 magasins de l’enseigne de jouets et de 1 036 salariés.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 17h56
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 18h51
   





                        



   


C’est finalement la société française Jellej qui a été choisie, lundi 8 octobre, par le tribunal de commerce d’Evry (Essonne), pour reprendre la filiale française de Toys’R’Us, placée en redressement judiciaire en juillet dernier.
Toys’R’Us, le numéro un de la distribution de jouets en France avec 53 magasins, avait en effet annoncé à la mi-mars chercher un repreneur, après la mise en liquidation des 735 magasins de l’enseigne aux Etats-Unis.
Le tribunal d’Evry devait trancher entre trois candidats : un fonds d’investissement spécialisé dans l’immobilier commercial, la FIB (Financière immobilière bordelaise) ; le fondateur et président du groupe Orchestra (Prémaman), Pierre Mestre, soutenu par le fonds américain Pimco ; la société Jellej Jouets, créée spécialement pour l’occasion par le fonds Cyrus Capital, un des créanciers de la maison mère américaine de Toys’R’Us, associé à l’enseigne nordiste Picwic et à l’industriel Tony Lesaffre.
Privilégier « l’épanouissement de l’enfant »
C’est cette dernière proposition que le tribunal a choisie lundi : ayant d’abord écarté l’offre de la FIB, le président du tribunal Alain Gruson a fait savoir à la presse que si les projets de Jellej et de Pierre Mestre étaient « globalement équivalents », le « meilleur compromis » était l’offre Jellej Jouets.
Jellej s’est engagé à reprendre 44 magasins et 1 036 salariés, sur les 1 167 que compte l’entreprise. Son offre prévoit également d’accorder à l’enseigne une ligne de crédit de plus de 70 millions d’euros, en plus du prix de cession, dont plus de 50 millions seront consacrés au financement des stocks.
L’objectif est de faire venir les familles dans les magasins en privilégiant « l’épanouissement de l’enfant » avec, par exemple, des animations et des ateliers, mais aussi des offres de location, a expliqué à l’AFP la directrice générale de Picwic, Nathalie Peron-Lecorps.
Mardi dernier, toujours dans le secteur du jouet, le tribunal de commerce de Paris avait autorisé la reprise de Ludendo, propriétaire de La Grande Récré, par son PDG actuel, Jean-Michel Grunberg, épaulé par la FIB.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ La CGT, FO et Solidaires ont appelé à un mouvement interprofessionnel le 9 octobre pour protester contre la politique du gouvernement.
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Grève à la SNCF et à la RATP : trafic quasi normal attendu mardi

La CGT, FO et Solidaires ont appelé à un mouvement interprofessionnel le 9 octobre pour protester contre la politique du gouvernement.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 17h40
   





                        


Malgré l’appel à la grève lancé par la CGT-Cheminots, SUD-Rail et FO, les directions de la SNCF et de la RATP tablent sur un trafic quasi normal voire normal mardi 9 octobre, jour de mobilisation interprofessionnelle contre la politique du gouvernement.
La direction de la SNCF a annoncé lundi s’attendre à « un impact quasi nul » sur le trafic ferroviaire, avec seulement « des perturbations mineures en Midi-Pyrénées, en Occitanie et en Aquitaine ». A la RATP, la direction a annoncé un « trafic normal » pour mardi.
Ces appels à la grève ont été lancés alors que le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, vient de repasser à l’offensive sur le statut des cheminots. A partir du 1er janvier 2020, en vertu de la réforme ferroviaire, les nouvelles recrues ne seront plus embauchées au statut, mais dans un cadre contractuel qui reste à négocier. Jeudi, M. Pepy a déclaré que le « nouveau pacte social » de la SNCF concernerait tous les agents, au grand dam des principaux syndicats, qui crient à la « provocation ».

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Mouvement contre « la casse des droits collectifs »
Les syndicats ont par ailleurs critiqué vendredi un projet de la direction de confier à des entreprises privées l’entretien de certaines petites lignes, la CGT affirmant que cela coûterait « plus cher », SUD dénonçant de futures suppressions de postes.
La CGT, FO et Solidaires ont appelé à un mouvement interprofessionnel pour protester contre la politique « idéologique » du gouvernement et « la casse des droits collectifs », alors que l’exécutif traverse actuellement une mauvaise passe. Les étudiants de l’UNEF et les lycéens de l’UNL seront aussi au rendez-vous mardi. Le défilé parisien partira à 14 heures de Montparnasse vers la place d’Italie.
Cette date du 9 octobre avait préalablement été choisie par neuf organisations de retraités pour protester contre la trop faible revalorisation de leurs pensions. La CGT et FO s’étaient déjà affichées ensemble en juin, mais la mobilisation était restée très modeste. A Paris, la CGT avait compté 15 000 manifestants, la police, 2 900.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Le leader mondial de la gestion de fortune est soupçonné d’avoir incité de riches Français à placer leur argent en Suisse. En toute illégalité.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/10/2018
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Evasion fiscale : ouverture à Paris du procès de la banque suisse UBS

Le leader mondial de la gestion de fortune est soupçonné d’avoir incité de riches Français à placer leur argent en Suisse. En toute illégalité.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 09h23
    |

            Yann Bouchez et 
Simon Piel








                        


Sept mois après la condamnation en appel de Jérôme Cahuzac, l’ancien ministre du budget qui dissimulait une partie de son argent dans un compte au sein de la banque suisse UBS, le sujet de la fraude fiscale s’invite de nouveau dans les prétoires. Mais, malgré certaines similitudes, le procès qui devait s’ouvrir, lundi 8 octobre, devant la 32e chambre correctionnelle du tribunal de Paris ne relève pas de la même nature.
Les trois lettres « UBS » occuperont cette fois-ci une place centrale au cours des cinq semaines d’audience prévues, à raison de trois séances hebdomadaires. Aucune personnalité médiatique n’est attendue à la barre. Il ne s’agira plus de juger le comportement d’un contribuable indélicat, mais le mode de fonctionnement d’un des plus prestigieux établissements financiers, suspecté d’avoir organisé un vaste système d’évasion fiscale, dans lequel la France figurait comme un attrayant terrain de chasse.
Au terme de cinq années d’enquête, les juges d’instruction Guillaume Daïeff et Serge Tournaire ont décidé, en mars 2017, de renvoyer devant la justice six hommes ayant occupé des postes-clés au sein de la banque helvétique, poursuivis pour démarchage bancaire illicite et blanchiment de fraude fiscale ou pour complicité de ces délits, entre 2004 et 2012. A ces six prévenus s’ajoutent deux autres « personnes morales » : UBS AG, la maison mère, et sa filiale française, UBS France.

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Le numéro un mondial de la gestion de fortune, à travers l’activisme de ses chargés d’affaires suisses au surnom évocateur de « chasseurs », est soupçonné d’avoir incité de riches français à placer leur argent en Suisse. En toute illégalité, puisque ces « chasseurs » n’avaient pas de licence pour démarcher dans l’Hexagone, et qu’une bonne partie des comptes ouverts n’étaient pas déclarés au fisc.
Les chiffres donnent le tournis
Invitations en loge VIP à Roland-Garros, déjeuners littéraires, concerts ou tournois de golf : les occasions étaient multiples pour nouer ou approfondir des relations avec des « prospects » – des cibles potentielles – ou les clients, qui pouvaient, ensuite, rapporter gros. Sportifs, artistes, grands patrons ou même gagnants du Loto, les profils visés étaient variés. Les magistrats instructeurs ont estimé à 10 milliards d’euros environ les actifs de Français non déclarés au fisc et gérés par UBS entre 2004 et 2012.
Dans ce dossier, les chiffres donnent le tournis. Il y a ceux qui collectionnent les zéros, se comptent en millions ou en milliards. Le montant de la caution qu’a dû verser la banque suisse, en 2014, est à la hauteur de cette démesure : 1,1 milliard d’euros. Il y a ceux, aussi, que l’on ignore encore. Combien ces opérations de démarchage ont-elles rapporté en retour à la banque ? L’enquête n’est pas parvenue à l’établir, notamment en raison d’une coopération rétive des autorités helvétiques et d’UBS.
Pour sa défense, la banque, qui souligne le manque de preuves dans cette affaire, a argué du fait que l’instruction n’a pas permis d’identifier qui, parmi d’éventuels clients démarchés, avait finalement ouvert un compte en Suisse. Adoptant cette ligne de défense, Jean-Frédéric De Leusse, le président du directoire d’UBS France, affirmait au Monde, en février 2016 : « Inviter des gens à Roland-Garros, ce n’est pas du démarchage illicite. Ce n’est pas dans ce type de lieu qu’on va leur faire signer des contrats. » Mais peu importe, au fond, notent les juges d’instruction, puisque « le démarchage est constitué même si la personne démarchée n’a finalement rien fait avec la banque ».

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« Ratissage nauséabond et pratiqué de manière industrielle »
Afin d’établir la réalité de ce système de fraude, les enquêteurs ont pu bénéficier de témoignages de plusieurs ex-salariés d’UBS France. Stéphanie Gibaud, ancienne responsable du marketing et de la communication, a ainsi raconté que les chargés d’affaires suisses présents en France lors d’« events », étaient bien là dans une logique de démarchage. « On traque un événement, a expliqué cette lanceuse d’alerte, c’est-à-dire qu’après chaque event, le marketing demande à chaque chargé d’affaires les retombées en matière de net new money, autrement dit, les rentrées d’argent frais à la banque. »
Hervé d’Halluin, ex-directeur d’UBS à Lille, renvoyé devant le tribunal pour complicité de démarchage illicite et recel, a parlé de « ratissage nauséabond et pratiqué de manière industrielle » et évoqué des « visites intempestives de CA [chargés d’affaires] suisses dans [leurs] locaux ». Autre épine dans le pied de la banque suisse, l’un des anciens dirigeants d’UBS France, Patrick de Fayet, a tenté en vain de sortir du dossier par le biais d’une procédure de comparution avec reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). L’équivalent d’un plaider-coupable permettant d’éviter un procès. Mais le juge chargé d’homologuer cette issue procédurale l’a refusée.

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Les magistrats instructeurs doutent que les chargés d’affaires suisses « venaient en France uniquement pour parler golf, tendances macroéconomiques mondiales ou marque UBS ». « Il est assez peu crédible de soutenir, écrivent-ils dans leur ordonnance de renvoi, que les voyages en France de ces chargés d’affaires n’avaient pas pour objectif d’obtenir un accord du client ou du “prospect” sur la réalisation d’opérations bancaires ».
Comptabilité parallèle
Et puis, il y a ce soupçon de la dissimulation. Ces « carnets du lait », une comptabilité parallèle enregistrée dans un fichier informatique nommé « Vache », retraçant les flux d’argent entre commerciaux français et suisses, et qu’UBS n’a pas conservés.
Il y a aussi ce manuel de « Security Risk Governance », que les chargés d’affaires suisses emportaient avec eux et rappelant, entre autres, comment faire disparaître les données en cas de contrôle ou comment utiliser des ordinateurs cryptés.
La banque suisse a nié toute comptabilité occulte. Ses dirigeants mettent en avant l’existence de « country papers », des fiches rappelant la législation en vigueur dans chaque pays, censées réguler l’activité des chargés d’affaires. Des instructions « hypocrites », « jamais respectées et UBS le savait », selon un ex-salarié de la banque, qui a avoué, en 2008, avoir aidé des clients américains à frauder le fisc. Aux Etats-Unis, UBS a réussi à éviter un procès en livrant 4 450 noms à la justice américaine. En France, elle n’échappera pas à un procès fleuve, qui devrait s’achever le 15 novembre, à moins que les débats lors de la première audience ne conduisent à un report.

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Les dates
2011
Le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire, en mars, après la transmission par l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP), d’une note sur les pratiques commerciales d’UBS en France. L’ACP a reçu une lettre anonyme évoquant les méthodes d’UBS pour aider des clients à frauder le fisc voire à blanchir des fonds.
2012
Le parquet de Paris ouvre une information judiciaire en avril.
2013
UBS France est mise en examen, le 31 mai, pour « complicité de démarchage illicite ». Le 7 juin, c’est au tour de la maison mère suisse d’être mise en examen, à Paris, pour « démarchage illicite ».
2014
UBS est mise en examen, le 23 juin, pour « blanchiment aggravé de fraude fiscale ». La caution est réévaluée à 1,1 milliard d’euros.
2017
Le 20 mars, le groupe suisse est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris pour « démarchage bancaire illégal » et « blanchiment aggravé de fraude fiscale », sa filiale française pour « complicité ». Le 13 septembre, UBS France est renvoyé devant le tribunal pour harcèlement contre deux ex-employés considérés comme les lanceurs d’alerte de cette affaire.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Le tribunal madrilène a reconnu coupable Eduardo Vela, considéré comme l’un des principaux acteurs du trafic d’enfants alors qu’il était obstétricien, mais les faits sont prescrits.
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Espagne : le premier procès des « bébés volés » s’achève sans condamnation

Le tribunal madrilène a reconnu coupable Eduardo Vela, considéré comme l’un des principaux acteurs du trafic d’enfants alors qu’il était obstétricien, mais les faits sont prescrits.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 13h19
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 15h32
   





                        



   


Un obstétricien espagnol de 85 ans jugé à Madrid pour l’enlèvement d’un nouveau-né en 1969, dans le cadre du premier procès des « bébés volés » du franquisme, a été reconnu coupable, lundi 8 octobre, de tous les chefs d’inculpation retenus contre lui, mais a bénéficié de la prescription des faits. Dans sa décision, le tribunal madrilène dit « absoudre » Eduardo Vela, tout en le considérant « auteur de tous les délits », dont il était accusé.
Le parquet avait requis onze ans de prison à son encontre.
Eduardo Vela, considéré comme l’un des principaux acteurs du trafic d’enfants alors qu’il était obstétricien à la clinique San Ramon de Madrid, était accusé par Ines Madrigal, employée des chemins de fer de 49 ans, de l’avoir séparée de sa mère biologique et d’avoir falsifié son acte de naissance en juin 1969, pour la donner à Ines Perez, une femme stérile, avec la complicité d’un prêtre jésuite.
Selon le tribunal, il est « prouvé » que le docteur Vela a « certifié de sa main » qu’Ines Perez avait accouché d’une petite fille ce jour-là, « ce qui n’a jamais eu lieu ». Mais selon les juges, le délit le plus grave de « détention illégale », dont le délai de prescription est de dix ans, était déjà prescrit quand Ines Madrigal a déposé sa plainte en 2012.
30 000 enfants concernés selon le juge Garzon
Le procès avait débuté le 26 juin mais avait dû être reporté pour une deuxième journée d’audience début septembre, Eduardo Vela, qui se déplace en fauteuil roulant, ayant été admis aux urgences le 27 juin.

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Durant l’instruction, le médecin avait reconnu avoir signé « sans regarder » le dossier médical précisant qu’il avait assisté à la naissance d’Ines Madrigal, mais il s’était rétracté durant le procès, affirmant ne pas reconnaître sa signature.
Il s’agissait du premier procès du scandale des « bébés volés », dans l’Espagne du général Franco (1939-1975), une pratique qui aurait perduré jusqu’en 1987. Les enfants étaient, souvent avec la complicité de l’Eglise catholique, retirés à leurs parents après l’accouchement, déclarés morts sans qu’on leur en fournisse la preuve et adoptés par des couples stériles, de préférence proches du régime « national catholique ».
Né pendant la répression qui a suivi la guerre civile (1936-1939) pour soustraire les enfants à des opposantes accusées de leur transmettre le « gène » du marxisme, le trafic a touché à partir des années 1950 des enfants nés hors mariage ou dans des familles pauvres ou très nombreuses. Il a ensuite perduré sous la démocratie, au moins jusqu’en 1987, cette fois uniquement pour des raisons financières.
Malgré l’ampleur du scandale, aucune des plus de 2 000 plaintes déposées selon les associations n’a abouti, souvent en raison de la prescription des faits.
Selon l’ancien magistrat Baltasar Garzon, 30 000 enfants auraient ainsi été confiés à leur naissance à des familles d’adoption sous le régime de Franco.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Le géant américain a présenté, lundi 8 octobre, Portal, un appareil consacré aux conversations vidéo. Pour Facebook, il s’agit d’une première étape vers de nouveaux moyens de communication.
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Tchat vidéo, réalité virtuelle : les paris de Facebook

Le géant américain a présenté, lundi 8 octobre, Portal, un appareil consacré aux conversations vidéo. Pour Facebook, il s’agit d’une première étape vers de nouveaux moyens de communication.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 17h42
    |

            Vincent Fagot








                        



                                


                            

Pour Facebook, il est temps de conquérir de nouveaux écrans. Après avoir réussi à fidéliser 2,5 milliards d’utilisateurs sur ses différentes plates-formes (Facebook, Instagram, WhatsApp), via les téléphones, les tablettes et les PC, le géant californien mise désormais sur de nouveaux supports.
L’entreprise de Mark Zuckerberg a présenté, lundi 8 octobre, un nouveau produit, Portal, consacré à la communication vidéo. Lancé début novembre aux Etats-Unis, l’appareil se présente comme une tablette montée sur un pied doté de haut-parleurs, et il est décliné en deux versions (199 dollars, soit 174 euros, pour la version 10 pouces, 349 dollars, 304 euros, pour la version 15 pouces). Il s’agit du premier produit physique développé par la firme de Menlo Park sous son propre nom : « Portal from Facebook ». Il est porteur de la vision développée par le réseau social, qui pense que la vidéo va prendre une place de plus en plus grande dans les relations entre ses utilisateurs.
Les chiffres lui donnent raison. Rien que sur Messenger, l’une des applications de messagerie de Facebook, 17 milliards de chats vidéo ont été comptabilisés en 2017, soit deux fois plus qu’en 2016. Facebook n’est pas le seul à proposer ce genre de services (Skype pour Microsoft, Facetime pour Apple, etc.) mais, avec Portal, le réseau social prétend faire entrer les appels vidéo dans une nouvelle dimension, considérant que, jusque-là, l’expérience n’était pas assez confortable – en particulier sur les smartphones : images saccadées, son médiocre, difficulté à faire participer plusieurs personnes…
L’appareil embarque également Alexa
Portal, grâce à sa caméra et son micro « intelligents », est capable de suivre l’utilisateur quand il se déplace dans l’espace et d’adapter le cadrage en temps réel, quand, par exemple, une nouvelle personne entre dans le champ de vision de l’appareil. L’appareil propose aussi des fonctionnalités plus ludiques comme la possibilité de surimposer des effets...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ L’auteure d’« Americanah » était l’invitée du Monde Festival dimanche 7 octobre à l’Opéra Bastille.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Le groupe d’énergie a jugé, lundi, que l’Etat doit soutenir plus fortement la création d’une filière de production de gaz renouvelable dans sa programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).
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Engie s’inquiète du pari « tout électrique » du gouvernement

Le groupe d’énergie a jugé, lundi, que l’Etat doit soutenir plus fortement la création d’une filière de production de gaz renouvelable dans sa programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 17h08
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 17h31
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



   


« Le débat est entièrement confisqué par les pro et les anti-nucléaire. » A quelques semaines de la publication par le gouvernement de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 2019-2028), le directeur général adjoint d’Engie s’est fait, lundi 8 octobre, l’écho des inquiétudes de la filière gazière. Didier Holleaux estime en effet qu’en l’état actuel, la feuille de route de l’énergie pour les périodes 2019-2023 et 2024-2028 fait la part trop belle à l’électricité et minimise le rôle du gaz, notamment renouvelable. Il juge même qu’elle risque de retenir des options « néfastes et irréalistes » pour le futur mix énergétique du pays.

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Dans le cadre de sa stratégie « bas carbone », la France envisage de parvenir à zéro émissions de CO2 en 2050 dans le secteur de l’énergie, et la PPE est un outil essentiel pour suivre cette trajectoire. Ce texte fixera notamment l’horizon où la part d’électricité d’origine nucléaire tombera à 50 %, probablement entre 2030 et 2035, et non plus en 2025 comme le prévoyait la loi de transition énergétique de 2015.
Mais pour les dirigeants d’Engie et de ses filiales GRT Gaz (transport) et GRDF (distribution), les scénarios qui circulent sont « tout électrique », « tout nucléaire », ou à « très forte proportion de nucléaire ».
Affirmer le principe de complémentarité
Pour Engie, cette programmation doit affirmer le principe de complémentarité des énergies faisant une place à l’éolien flottant et au gaz vert produit par méthanisation (déchets agricoles) ou à partir des surplus d’électricité (« power to gas »). « On peut atteindre l’objectif de 10 % de gaz renouvelable injecté dans le réseau dès 2028 [contre 0,5 %] », estime M. Holleaux. La ressource est là, qu’elle soit agricole ou forestière. Mais pour la valoriser, il faudrait « un engagement clair des pouvoirs publics » à travers des tarifs de rachat ou d’appels d’offres dédiés au gaz vert.

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La France est très en retard sur l’Allemagne, qui a développé une vraie filière avec des cultures dédiées au biogaz, mais aussi sur l’Italie et le Royaume-Uni. Trois pays qui assurent à eux seuls 80 % de la production européenne.
M. Holleaux estime que l’objectif de 10 % en 2028 peut être atteint à un coût raisonnable pour la collectivité, qui a déjà puissamment soutenu l’éolien puis le solaire photovoltaïque : 1,5 milliard d’euros d’aides publiques par an, le prix du MWh tombant de 96 euros aujourd’hui à 60 euros dans dix ans.
Lors du débat public sur la PPE, au printemps, le biogaz a été plébiscité parce qu’il est propre, générateur d’emplois locaux et intégré à l’économie circulaire. Son ingénierie et ses technologies sont très bien maîtrisées en France et ne risquent pas d’être captées par la Chine, comme cela a été le cas de la filière photovoltaïque il y a une dizaine d’années.
« Décarboner avant d’électrifier »
Pour les dirigeants d’Engie, le gouvernement se trompe de priorités. Il faut « décarboner avant d’électrifier », souligne M. Holleaux.
L’exemple du chauffage électrique, plus développé en France qu’ailleurs, est à ses yeux très parlant. C’est lui qui, lors des pointes de consommation d’hiver, pompe le plus d’électricité et fait courir un risque de black out sur le réseau. Les éoliennes et les panneaux solaires sont alors peu productifs, et EDF doit mobiliser des centrales thermiques ou importer du courant d’Allemagne, où tournent alors des centrales au charbon et au lignite très émettrices de gaz carbonique.

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Engie reproche encore à la PPE de ne pas mettre suffisamment l’accent sur l’efficacité énergétique ou le développement de réseaux de froid et de chaleur, deux secteurs dont le groupe est un leader mondial. Il estime que les pouvoirs publics l’ont « insuffisamment associé à l’élaboration de la PPE ». Et juge, selon M. Holleaux, qu’il ne reçoit encore que des « réponses standards ».
Une fois rendue publique, la programmation énergétique sera soumise au Parlement, ne serait-ce que pour revoir le calendrier de baisse du nucléaire. La filière a encore quelques mois pour défendre sa position.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Un séminaire a réuni 800 cadres, pour les sensibiliser au chantier qui les attend, conscients qu’ils ne disposent pas du soutien de la majorité des cheminots.
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SNCF : Guillaume Pepy mobilise ses troupes pour réussir la mue du groupe ferroviaire

Un séminaire a réuni 800 cadres, pour les sensibiliser au chantier qui les attend, conscients qu’ils ne disposent pas du soutien de la majorité des cheminots.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 10h41
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Pas loin de 800 cadres supérieurs dans les coursives du Stade de France… Le séminaire annuel des manageurs de la SNCF, qui s’est tenu les 3 et 4 octobre à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), se déroulait cette année dans un décor propice à un coup d’envoi : celui d’une transformation majeure de l’entreprise, puisqu’elle va mettre en œuvre une réforme ferroviaire d’ampleur voulue par le gouvernement et promulguée en juin.
Cette dernière, on le sait, va conduire le vieux groupe public ferroviaire vers l’introduction de la concurrence dans le transport intérieur de voyageurs, la fin de l’embauche au statut de cheminots et la transformation de l’établissement public en une société anonyme à capitaux publics. Le tout pour le 1er janvier 2020. Cette mutation à marche forcée, ce sont évidemment les manageurs qui vont la mettre en musique.

« Il y a eu un leitmotiv ces deux jours, explique Guillaume Pepy, président de la SNCF, comment faire gagner la SNCF dans un univers qui devient concurrentiel. Nous avons une stratégie, celle du volume. Nous allons augmenter le nombre de voyageurs de 20 % en cinq ans, repartir à la conquête du fret en regagnant des parts de marché sur la route. Le tout avec une boussole et une seule : la satisfaction du client. »
« Réformer l’irréformable »
« Nous connaissions les grandes lignes, mais nous attendions quelque chose de plus. Nous l’avons eu, analyse un cadre de SNCF Mobilités présent au séminaire : une présidence combative, consciente de ne pas avoir le soutien de la majorité des cheminots mais qui ressort grandie du dernier mouvement social. La réforme est passée moins difficilement que prévu. Autant aller plus loin, plus fort. J’ai le sentiment de voir un président qui prépare sa sortie, son bilan. Non pas à court terme, mais pour apparaître comme le président qui a réussi à réformer l’irréformable. »
« La séquence nous a fait du bien après une phase éprouvante,...



                        

                        


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Etats-Unis : tentation réactionnaire à la Cour suprême

Editorial. La nomination du juge Brett Kavanaugh choisi par Donald Trump vient renforcer le bloc conservateur au détriment des progressistes de la Cour.



LE MONDE
 |    08.10.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
08.10.2018 à 12h08
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La confirmation par le Sénat de la nomination de Brett Kavanaugh à la Cour suprême des Etats-Unis, samedi 6 octobre, constitue une incontestable victoire pour Donald Trump, mais elle a été obtenue dans des circonstances qui laisseront des traces. Au terme d’une âpre bataille marquée par des accusations d’agression sexuelle niées avec énergie par le juge, puis tournées en ridicule par le président, l’arithmétique politique l’a emporté sur les valeurs et l’impartialité qu’un membre de la plus haute instance juridique des Etats-Unis est censé porter et respecter.
Brett Kavanaugh ne s’en est guère soucié pour se défaire des accusations lancées contre lui par une universitaire de 51 ans, Christine Blasey Ford, qui renvoyaient à leur adolescence. Devant les sénateurs, il est allé jusqu’à dénoncer un complot ourdi par les démocrates.
Cette victoire à tout prix, alors que de nombreux présidents avaient eu la sagesse par le passé de remplacer des candidats controversés, ne laisse personne indemne, pas plus chez les républicains que chez les démocrates, qui ont rivalisé d’outrances. Pour ne pas parler de la mobilisation tapageuse des opposants du juge, qui, finalement, s’est révélée totalement contre-productive.

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La furieuse mêlée à laquelle la confirmation de Brett Kavanaugh a donné cours laissera aussi des séquelles sur les institutions. Tout d’abord au Sénat, qui se prive avec entrain des attributs constitutifs de sa singularité, à commencer par ces majorités qualifiées qui forçaient au compromis et qui rendaient les élus moins sensibles aux pressions politiques. Ensuite à la Cour suprême, où va siéger le juge le plus mal « élu » par les sénateurs et qu’une majorité nette d’Américains ne souhaitait pas voir à ce poste aussi prestigieux que décisif. Sa légitimité est en question et risque de le rester.
Un travail de sape conservateur
La génération qui sépare ce juge de celui qu’il remplace, également choisi par un conservateur, illustre une bascule du Parti républicain vers des positions plus intransigeantes. La tentation réactionnaire qu’incarne au sein du droit la Federalist Society, fondée il y a près de quarante ans pour porter le fer contre le consensus progressiste alors en cours chez les juristes, est intimement liée au bloc conservateur de la Cour que Brett Kavanaugh va renforcer.

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C’est ce bloc qui est à l’origine d’un cercle qui n’a rien de vertueux : la suppression des plafonds de financement des campagnes électorales, désormais noyées sous un « argent noir » qui n’a d’autre but que de servir des intérêts particuliers, au Congrès comme à la Cour suprême, comme en a attesté en juin l’arrêt rendu contre le financement des syndicats de la fonction publique. Cet aspect du travail de sape conservateur est tout autant à surveiller que les atteintes éventuelles à l’affirmative action pour les minorités, les limitations du droit de vote ou encore les restrictions au droit à l’avortement.
Deux facteurs peuvent toutefois contenir ce mouvement. Tout d’abord, l’attachement du président de la Cour suprême, John Roberts, aux équilibres de l’institution, qui pourrait le pousser ponctuellement à soutenir la minorité des juges nommés par des présidents démocrates. Enfin, le réveil civique du Parti démocrate. « Don’t boo, vote ! » (« Ne huez pas, votez ! »), avait enjoint Barack Obama en 2016 à ceux qui pestaient contre Donald Trump. Il n’avait pas été, alors, assez entendu. Le sera-t-il plus lors des élections de mi-mandat, le 6 novembre ?

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