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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Des navires ont été mobilisés pour éviter tout risque de pollution maritime. Des secours doivent évaluer les risques et d’établir un barrage, pour limiter l’extension de la traînée.
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Collision entre deux navires en Corse : une traînée, sans doute du carburant, s’échappe dans la mer

Des navires ont été mobilisés pour éviter tout risque de pollution maritime. Des secours doivent évaluer les risques et d’établir un barrage, pour limiter l’extension de la traînée.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 17h30
   





                        



   


Deux bateaux, un navire roulier tunisien et un porte-conteneurs chypriote, sont entrés en collision dimanche 7 octobre, dans la matinée, au nord-ouest du cap Corse. Cet incident a provoqué une brèche dans la coque du porte-conteneurs, d’où s’est échappée une traînée de liquide, sans doute de l’hydrocarbure. Aucun des deux navires n’a signalé de blessé.
« Pour l’heure, des dégâts significatifs dus à la collision ont entraîné une brèche de plusieurs mètres dans la coque du CLS Virginia. Une nappe est par ailleurs observée autour des deux navires, sa nature doit encore être confirmée », a fait savoir la préfecture maritime à Toulon, à la mi-journée. En milieu d’après-midi, la préfecture préférait parler de « traînée » de liquide, répandue sur une centaine de mètres et qui se dirigeait vers le large.

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Dimanche matin vers 7 h 30, un navire roulier tunisien, Ulysse, est entré en collision avec le porte-conteneurs chypriote CLS Virginia, alors au mouillage à environ 28 km au nord-ouest du cap Corse. « Le porte-conteneurs, qui était vide, avait demandé le mouillage », a rapporté la préfecture maritime à Toulon.
Bien que situé loin de la côte, le mouillage est rendu possible à cet endroit, en dehors des eaux territoriales, grâce à une langue de sable qui remonte le niveau des fonds marins à une cinquantaine de mètres.
Risque de pollution
Le navire roulier traçait la route de Gênes, en Italie, à Tunis. « Il allait peut-être trop vite par rapport à sa capacité de réaction », a commenté une source proche de l’enquête selon laquelle, le porte-conteneurs étant vide, le liquide qui s’échappe ne provient pas d’une cargaison mais sans doute « d’une des caisses de carburant » du navire chypriote.
L’accident s’est produit alors que la météo et les conditions de navigations étaient bonnes, avec peu de mer et un vent de 7 nœuds (10 à 15 km/h).
Le remorqueur d’intervention, d’assistance et de sauvetage (RIAS) Abeille Flandre a appareillé dimanche matin de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes) pour rejoindre les deux navires. Le bâtiment d’assistance, de soutien et de dépollution (BSAD) Jason a également appareillé depuis Toulon. « Ce dernier a, au cours de la matinée, embarqué l’ensemble de ses moyens de lutte contre les pollutions maritimes », a ajouté la préfecture maritime.

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Enquête
Le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) de La Garde (Var), qui coordonne les opérations, avait demandé dimanche matin l’intervention d’un hélicoptère de la gendarmerie nationale pour faire une évaluation technique par une équipe d’experts, spécialistes du milieu maritime et de ce type d’incident.
L’Italie a par ailleurs proposé son aide, dans le carde d’un accord tripartite permanent, l’accord Ramogepol, conclu entre la France, Monaco et l’Italie pour lutter contre les pollutions marines accidentelles en Méditerranée. « Les autorités italiennes ont proposé leur aide, nous l’avons acceptée et activé le mécanisme », a fait savoir la préfecture maritime.
La mise en œuvre de cet accord est assez rare mais des exercices sont souvent effectués, une fois par an. « Nous l’avons encore testé la semaine dernière, en Sardaigne », a-t-elle précisé.
Dans un premier temps, les secours vont s’efforcer d’évaluer les risques et d’établir un barrage, pour limiter l’extension de la traînée. Une enquête judiciaire suivra « pour établir les responsabilités individuelles et collectives », selon une source proche du dossier.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Deux quartiers de la localité de l’île de Sulawesi ont été durement touchés par le séisme suivi d’un tsunami ayant frappé l’Indonésie, le 28 septembre.
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Indonésie : à Palu, 5 000 personnes présumées disparues après le séisme et le tsunami

Deux quartiers de la localité de l’île de Sulawesi ont été durement touchés par le séisme suivi d’un tsunami ayant frappé l’Indonésie, le 28 septembre.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 11h38
   





                        



   


Jusqu’à 5 000 personnes sont présumées disparues dans deux quartiers de la ville de Palu, localité de l’île indonésienne de Sulawesi – autrefois appelée l’île de Célèbes – durement frappée par un puissant séisme suivi d’un tsunami, a annoncé, dimanche 7 octobre, un porte-parole de l’agence de gestion des catastrophes.
Sutopo Purwo Nugroho a expliqué aux journalistes que ce chiffre était fondé sur les estimations des chefs de village à Petobo et Balaroa, quartiers dévastés par la double catastrophe. Il a ajouté que les recherches de disparus se poursuivront jusqu’au 11 octobre. A cette date, ils seront présumés morts.

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Dans le vaste complexe résidentiel gouvernemental de Balaroa, où les bâtiments ont été rasés et la terre s’est un temps « liquéfiée », des soldats munis de masques grimpaient encore, samedi, sur des décombres formant une montagne de boue, de briques et de ciment.
L’ONU en quête de 50,5 millions de dollars
« Il n’y a aucun survivant ici. Nous trouvons juste des corps, chaque jour », expliquait alors le sergent Syafaruddin, debout près des ruines d’une école islamique où ses hommes viennent de retrouver les corps de deux adultes et d’un enfant. D’autres sauveteurs continuent de scruter les images de la sécurité de l’hôtel Roa-Roa réduit en miettes, pour tenter de deviner où pourraient être enterrés des clients.

        Lire aussi, le témoignage d’un secouriste français :
         

          « On est un petit peu frustrés de ne pas pouvoir les aider plus »



L’ONU a déclaré vendredi être en quête de 50,5 millions de dollars pour mettre en œuvre un plan d’« activités de secours immédiat » élaboré avec les autorités indonésiennes.
Il s’agit selon l’ONU de venir en aide à 191 000 personnes au cours des trois prochains mois. La double catastrophe a provoqué des dégâts à 65 000 habitations, dont 10 000 ont été complètement détruites par le tsunami et 15 000 endommagées par le séisme.
Après de longues journées d’attente, l’aide internationale commence à arriver sur la zone du désastre. Son acheminement est difficile car le petit aéroport de Palu ne peut encore accueillir qu’un nombre limité de vols.
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            data-slide-description="Des habitants déplacés sont hébergés dans un abri provisoire dans le village de Balaroa, près de Palu, le 6 octobre."
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            data-slide-description="Le quartier de Balaroa, à Palu, a été détruit par un phénomème de liquéfaction. Le sol saturé d’eau est devenu liquide sous l’effet des secousses sismiques."
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            data-slide-description="Junaedi, 48 ans, chef des volontaires de l’Islamic Defenders Front pose devant une mosquée : « Je suis triste comme un être humain peut l’être, et je dois aider les autres comme tout humain le ferait. »"
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            data-slide-description="A Balaroa, la liquéfaction du sol a entièrement détruit ce quartier de la ville de Palu."
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            data-slide-description="Des jeunes filles mendient sur le bord de la route, au Donggala, le 6 octobre."
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            data-slide-description="Mursid, 40 ans, dans le village de Balaroa, près de Palu : « Après que la terre a tremblé, j’ai vu de la poussière partout et je me suis enfui pour me mettre à l’abri. »"
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            data-slide-description="Aja, 32 ans devant sa maison effondrée dans le village de Loli :  « Quand j’ai vu la première vague, ce fut l’étonnement, après la seconde encore plus haute et la troisième toujours plus haute, je me suis enfuie avant qu’elles ne me frappent. »"
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            data-slide-description="Un homme devant les décombres de bâtiments détruits par le tsunami, à Donggala, sur l’île des Célèbes, le 6 octobre."
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            data-slide-description="Jabbar et Misna, 35 ans, mari et femme devant leur abri dans le village de Balaroa, près de Palu :  « Après le tremblement de terre, ma famille s’est retrouvée dans la rue. Tous les bâtiments de part et d’autre s’étaient effondrés. Nous sommes restés dans la rue qui ondulait comme une vague. »"
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            data-slide-description="Des femmes réfugiées choisissent des vêtements qui ont été donnés, tandis qu’un enfant joue de la flûte, dans le village de Balaroa, près de Palu, le 6 octobre."
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            data-slide-description="Des soldats patrouillent dans le village de Balaroa, à Palu, le 6 octobre."
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            data-slide-description="Ijen, 44 ans, devant sa maison en ruines dans le village de Loli : « Ma maison est détruite, j’ai tout perdu mais je reste debout. »"
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            data-slide-description="La corvée d’eau pour les habitants qui ont perdu leurs maisons, dans le village de Balaroa, le 6 octobre."
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Des habitants déplacés sont hébergés dans un abri provisoire dans le village de Balaroa, près de Palu, le 6 octobre.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ La secousse, qui a frappé le nord-ouest de l’île, a été ressentie jusque dans la capitale. Une cellule de crise a été mise en place, selon le premier ministre haïtien.
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Haïti : au moins douze morts après un séisme d’une magnitude de 5,9

La secousse, qui a frappé le nord-ouest de l’île, a été ressentie jusque dans la capitale. Une cellule de crise a été mise en place, selon le premier ministre haïtien.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 07h02
 • Mis à jour le
07.10.2018 à 18h02
   





                        


Au moins douze personnes ont été tuées et 188 blessées dans le nord-ouest d’Haïti, secoué samedi 6 octobre, dans la soirée, par un séisme d’une magnitude de 5,9 qui a créé « un début de panique dans plusieurs villes », ont annoncé les autorités.
Selon le ministère de l’intérieur, huit personnes sont mortes dans la ville côtière de Port-de-Paix — capitale du département du Nord-Ouest —, trois à Gros-Morne, qui se trouve à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de cette localité, et une à Saint-Louis-du-Nord. Le précédent bilan, communiqué par un porte-parole du gouvernement haïtien, faisait état de onze morts et 135 blessés.
Le président Jovenel Moïse a annoncé dimanche matin sur Twitter être « en route pour Port-de-Paix et Gros morne ».
« Je vais m’enquérir personnellement de la situation, suite au passage du séisme. Je veux m’assurer que l’appareil étatique est mobilisé à fond pour venir en aide aux victimes. »

Je suis en route pour Port-de-Paix et Gros morne. Je vais m’enquérir personnellement de la situation, suite au pass… https://t.co/LGwUXhUNA0— moisejovenel (@Président Jovenel Moïse)


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L’épicentre de la secousse d’une magnitude de 5,9 a été enregistré à 19 kilomètres au nord-ouest de Port-de-Paix à 20 h 10 locales (2 h 10 à Paris), a annoncé l’institut géologique américain USGS. Plusieurs légères répliques ont ensuite été ressenties dans le nord-ouest. La ville de Chansolme (nord-ouest) et la petite île de la Tortue ont aussi été affectées.
Le président haïtien appelle la population à « garder son calme »
Une cellule de crise, incluant plusieurs ministères, a été mise en place « afin de coordonner l’ensemble des réponses d’urgence à apporter », a fait savoir le premier ministre d’Haïti, Jean-Henry Céant, sur son compte Twitter.
De son côté, le président Jovenel Moïse a exhorté, toujours sur Twitter, la population « à garder son calme », ajoutant que « le système de gestion de risques et les directions régionales de la Protection civile sont en alerte pour assister les habitants des zones touchées ».

J’exhorte la population à garder son calme, suite au passage du séisme dont l’épicentre est localisé dans les côtes… https://t.co/Y3hWyUt3FR— moisejovenel (@Président Jovenel Moïse)


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« Des blessés sont actuellement accueillis et soignés dans les hôpitaux du département », avait dans un premier temps communiqué la protection civile haïtienne. « Ailleurs, des cas de blessés, pour la plupart légers, ont été également enregistrés à la suite de mouvements de panique causés par la secousse », a-t-elle ajouté. Région la plus pauvre du pays, le Nord-Ouest compte beaucoup de zones enclavées faute de routes en bon état.
Des traumatismes du séisme de 2010
La secousse de plusieurs secondes a été ressentie jusque dans la capitale, Port-au-Prince, suscitant l’émotion auprès des habitants qui restent traumatisés par le séisme qui avait ravagé la ville et ses environs en 2010. La Protection civile a, par ailleurs, fait savoir qu’aucune alerte au tsunami n’avait été émise.

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Le 12 janvier 2010, un tremblement de terre d’une magnitude de 7 avait causé la mort de plus de 200 000 personnes, en blessant plus de 300 000 autres. Plus d’un million et demi de personnes s’étaient retrouvées à la rue à la suite de cette catastrophe dont les dégâts avaient été évalués à hauteur de 120 % du PIB national. L’état d’urgence avait été déclaré sur l’ensemble du pays pour un mois.
Les structures et l’organisation de l’État haïtien avaient beaucoup souffert de la catastrophe. De très nombreux bâtiments avaient été détruits, dont le palais national et la cathédrale Notre-Dame de Port-au-Prince.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Pour servir d’exutoire à des déchets du BTP, une zone de 25 hectares pourrait devenir un parc paysager artificiel. La commune riveraine, déjà très polluée, s’y oppose.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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Dans l’Essonne, un projet de stockage de déchets inertes divise les élus

Pour servir d’exutoire à des déchets du BTP, une zone de 25 hectares pourrait devenir un parc paysager artificiel. La commune riveraine, déjà très polluée, s’y oppose.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 17h07
    |

            Patricia Jolly








                        



                                


                            

Christian Leclerc, maire de Champlan, commune rurale de 2 800 âmes située au cœur de la vallée de l’Yvette (Essonne), attend anxieusement le 9 octobre. C’est à cette date que le préfet du département doit autoriser ou non, pour une durée de cinq ans, l’exploitation d’une installation de stockage de 2,7 millions de tonnes de déchets inertes (ISDI) issus de chantiers du secteur des bâtiments et travaux publics (BTP) et destinés à façonner un parc paysager de 25 hectares, à Villebon-sur-Yvette, en lisière sud de Champlan.
Si la perspective d’accueillir cet ouvrage séduit Dominique Fontenaille, le maire (DVD) de Villebon âgé de 65 ans, comme le Syndicat de la vallée de l’Yvette (SIAHVY), M. Leclerc, sans étiquette mais fervent militant écologiste, et une dizaine d’associations locales de protection de l’environnement jugent « dangereux et incompréhensible » que le projet a recueilli un avis favorable de tous les services de l’Etat.
« Les lieux convoités constituent une zone humide située dans le point bas de la vallée, entre les bras de l’Yvette et de la Boële, explique l’élu. Or, elle est déjà envahie par sept à huit mètres de remblais composés de 6 à 8 millions de tonnes de matériaux industriels et hospitaliers, abandonnés illégalement entre 1970 et 1985, et sur lesquels la nature a repris ses droits. Comment imaginer y superposer 10 mètres de déchets inertes, en détruisant des arbres de 20 mètres, sans se soucier d’accroître les risques d’inondations ? » 

Terre, pierre, béton, ciment, tuiles, briques, vitrage, agrégats d’enrobés… Majoritairement issus de chantiers du BTP, les déchets inertes ne sont, en théorie, ni dangereux pour l’homme ni préjudiciable à l’environnement. Chaque année, l’Ile-de-France en génère 24 millions de tonnes ensuite redirigées vers des « filières de stockage » ou de « valorisation » relevant de la nomenclature des Installations classées pour la protection...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ L’empreinte colossale des activités humaines a précipité la terre dans une nouvelle ère géologique, où tous les ­écosystèmes sont affectés : le « capitalocène », explique Frédéric Joignot.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Climat : comment expliquer une aussi criminelle apathie face au drame annoncé ?

L’empreinte colossale des activités humaines a précipité la terre dans une nouvelle ère géologique, où tous les ­écosystèmes sont affectés : le « capitalocène », explique Frédéric Joignot.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
07.10.2018 à 13h27
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Nous avons « parfois l’impression d’observer une tragédie grecque », dans le sens où « vous savez ce qu’il va se produire, et vous voyez les choses se produire ! », confessait, le 26 septembre, sur France Info, la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte, inquiète des dernières mesures sur la dégradation du climat. Il faut dire qu’un rapport publié la veille, conjointement par l’Organi­sation de coopération et de développement ­économiques (OCDE), l’ONU Environnement et le Groupe de la Banque mondiale, n’était pas fait pour rassurer : on apprenait que, sur les 180 signataires de l’accord de Paris de 2015 (COP21), neuf pays seulement ont soumis aux ­Nations unies des programmes concrets pour limiter les émissions de gaz à effet de serre (GES).
En attendant que les 171 autres respectent leur engagement devant l’opinion mondiale, l’OCDE constate sombrement que « les gouvernements continuent de consacrer près de 500 milliards de dollars par an [430 milliards d’euros] pour subventionner le pétrole, le charbon et le gaz, et que la plupart d’entre eux n’ont pas su mettre fin à leur dépendance à l’égard des recettes provenant des énergies fossiles ». Ils n’ont pas non plus pris les mesures suffisantes pour placer leurs économies sur « une trajectoire “bas carbone” ». Le secrétaire général de l’organisation, Angel Gurria, prévient : « Cette inertie risque de nous faire perdre la guerre contre le réchauffement climatique », c’est-à-dire l’objectif d’un réchauffement maximal de 2 degrés.
Criminelle apathie
Comment expliquer une aussi criminelle apathie face au drame annoncé ? Depuis quelques années, des chercheurs, historiens, économistes, et non des moindres, avancent une explication radicale. Nous ne sommes pas entrés dans l’anthropocène avec la révolution industrielle et la mondialisation des économies, tant et si bien que l’empreinte colossale des activités humaines a précipité la terre dans une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ A Palu et dans les environs, le tremblement de terre du 28 septembre a fait plus de 1 500 morts et 2 000 blessés graves. Des millers de personnes ont disparu.
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En Indonésie, une semaine après le séisme et le tsunami, les familles à la recherche des corps de leurs proches

A Palu et dans les environs, le tremblement de terre du 28 septembre a fait plus de 1 500 morts et 2 000 blessés graves. Des millers de personnes ont disparu.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 10h31
 • Mis à jour le
07.10.2018 à 06h31
    |

            Bruno Philip (Palu et Donggala, Indonésie, envoyé spécial)








                        



                                


                            

« Mon Dieu, écoute nos cris qui s’élèvent vers toi ! » Une main anonyme a tracé cette supplication sur un morceau de carton, hâtivement fixé sur la coque d’un vieux rafiot de pêche que la grande vague a renversé cul par-dessus tête.
A l’approche de Palu, capitale de la province centrale de Sulawesi, cet immense territoire indonésien que l’on appelait autrefois l’île Célèbes, les abords du centre-ville portent les stigmates du séisme, puis du tsunami qui ont ravagé, au soir du 28 septembre, les rivages de cette longue baie qui s’ouvre d’ordinaire paisiblement sur le détroit de Makassar.
Il y aurait, selon l’Agence indonésienne de sauvetage, « un millier de maisons écroulées avec, donc, plus d’un millier de gens sous les décombres »
Le front de mer ressemble à une ligne de front et Palu à une ville qui émerge d’une guerre courte mais sanglante : la plage est jonchée de détritus de toutes sortes, le pont métallique qui enjambait la rivière s’est écroulé, une petite mosquée se penche sur la mer comme une tour de Pise orientale.
70 000 personnes déplacées
Derrière la façade de guingois de l’hôtel Mercure, construit devant la plage, on devine les lits aux draps blancs de chambres sans murs où la brise fait tristement voler les rideaux. Le bâtiment s’est affaissé de l’intérieur : le hall d’entrée dévasté, où s’agitent des sauveteurs en combinaison orange, est en fait le second étage tombé sur le premier. Ce dernier s’est enfoncé dans les profondeurs. Une dame entièrement voilée de noir, visage couvert d’un masque antipollution, explique : « J’attends que l’on déterre le cadavre de ma sœur, qui était réceptionniste. » 

Les images associées ici aux aventures du marin polonais Joseph Conrad, qui trouva sous ces latitudes matière à écriture pour quelques-uns de ces plus foisonnants romans, ne sont plus de mise en ces terribles jours : une semaine après la catastrophe, la pire tragédie qui ait frappé l’archipel depuis...




                        

                        


<article-nb="2018/10/07/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ La Haute-Corse ainsi que deux départements de Normandie, le Calvados et l’Orne, ont été placés samedi en alerte orange par Météo France.
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Risques de pluie et d’inondation : quatre départements en alerte orange

La Haute-Corse ainsi que deux départements de Normandie, le Calvados et l’Orne, ont été placés samedi en alerte orange par Météo France.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 08h48
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 18h13
   





                        


L’Eure et la Seine-Maritime ont rejoint, samedi 6 octobre, en milieu d’après-midi, le Calvados et l’Orne en vigilance orange pluie-inondation. Météo France a placé en alerte ces quatre départements, où de fortes précipitations sont attendues à partir de 22 heures samedi. le temps sera pluvieux, notamment sur le quart sud-ouest du pays et sur la Normandie où quatre départements sont placés en vigilance orange pour pluie-inondation.
Entre samedi 18 heures et dimanche à 9 heures du matin, les cumuls approcheront souvent 40 millimètres entre l’est-Bretagne, la Normandie et le Maine. Un maximum de 60 à 80 millimètres sur le Calvados et l’Orne sont attendus en quelques heures alors que la moyenne mensuelle d’octobre à Caen est de 78 millimètres. Météo France invite donc à « être prudents lors des déplacements et à se renseigner avant toutes activités de loisirs ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/07/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ La région verra son produit intérieur brut progresser de 2,7 % en 2018, après 2,3 % en 2017, selon la Banque mondiale.
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Malgré la remontée des cours, les pays africains exportateurs de pétrole peinent encore

La région verra son produit intérieur brut progresser de 2,7 % en 2018, après 2,3 % en 2017, selon la Banque mondiale.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 08h44
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Un lent et timide redressement. Alors que les cours du brut sont à leur plus haut niveau depuis quatre ans, les pays exportateurs d’Afrique subsaharienne devraient voir leur croissance accélérer… un peu. Selon la Banque mondiale, qui publiait, mercredi 3 octobre, ses dernières prévisions, la région verra son produit intérieur brut (PIB) progresser de 2,7 % en 2018, après 2,3 % en 2017. Une « modeste reprise », qui reflète notamment « la hausse des prix du pétrole », même si « le chemin à parcourir est semé d’embûches », juge l’institution située à Washington.
Dopé par les tensions entre les Etats-Unis et l’Iran, le baril de brent de la mer du Nord, un étalon international, frôlait les 85 dollars (74 euros), vendredi 5 octobre.. « C’est une bouffée d’oxygène incroyable pour des pays tels que l’Angola, le Nigeria ou la République du Congo, qui ont accumulé d’énormes déséquilibres depuis fin 2014 », estime Victor Lopes, économiste chez Standard Chartered.

« Du pétrole à 85 dollars le baril. La politique de Trump sur l’Iran est en train de redonner sa grandeur au Nigeria [making Nigeria great again] », s’est ainsi exclamé, sur Twitter, Jubril Kareem, directeur de la recherche énergétique chez Ecobank. De fait, le géant d’Afrique de l’Ouest, principal producteur de pétrole du continent, est mono-exportateur. L’or noir représente plus de 90 % de ses ventes à l’étranger et les deux tiers de ses recettes budgétaires. Chez lui, comme pour tous les pays de la région exportateurs d’hydrocarbures, la remontée des cours joue favorablement sur la balance commerciale et génère un surplus de revenus.
Surendettements
Un gain bienvenu, mais insuffisant pour faire vraiment redémarrer la machine, tant la crise provoquée par la chute vertigineuse des prix entre 2014 et 2016 (– 75 %) a laissé des traces. Les Etats ont dû couper dans l’investissement public et l’activité s’est effondrée. A moyen terme,...




                        

                        


<article-nb="2018/10/07/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Le gouvernement français repousserait à 2035 l’objectif de réduction de 75 % à 50 % de la part de l’atome dans la production d’électricité nationale.
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Le report de la baisse du nucléaire inquiète le secteur des énergies renouvelables

Le gouvernement français repousserait à 2035 l’objectif de réduction de 75 % à 50 % de la part de l’atome dans la production d’électricité nationale.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 08h14
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

La France va-t-elle confirmer son soutien aux énergies renouvelables ? Alors que le gouvernement doit présenter, à la fin du mois d’octobre, la feuille de route énergétique du pays, les professionnels s’alarment d’une baisse des ambitions nationales en la matière. Cette Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) doit notamment dessiner, pour la décennie à venir, la trajectoire de la réduction de la part du nucléaire et de la montée en puissance des renouvelables.
C’est du moins ce que prévoyait la loi de transition énergétique, votée en 2015, qui fixait comme objectif de réduire à 50 % (contre 75 % aujourd’hui) la part de l’atome dans la production d’électricité d’ici à 2025. Depuis, les autorités ont renoncé à cette date, et s’orientent, selon plusieurs sources, vers un nouvel objectif à 2035.

Mais si le nucléaire diminue moins vite que prévu, cela pourrait conduire le gouvernement – et en particulier le ministère des finances – à modérer la trajectoire française sur la période. Les professionnels craignent une baisse des appels d’offres pour certaines filières jugées plus onéreuses, ou dont les technologies ne sont pas arrivées à maturité, et qui nécessitent donc un soutien public plus important.
« L’ouverture d’une boîte de Pandore »
L’exécutif pourrait ainsi être tenté de favoriser, par exemple, le solaire au détriment de l’éolien en mer. Il s’est par ailleurs désengagé cet été d’une filière hydrolienne naissante, estimant que les coûts étaient trop importants.
D’autant que la France n’est pas en avance sur ses objectifs : la part des renouvelables dans la consommation d’énergie doit atteindre 23 % en 2020 et la trajectoire actuelle mettrait le pays « entre 17 % et 19 % » en 2020, d’après le Syndicat des énergies renouvelables (SER).

Les industriels des renouvelables nourrissent également une autre préoccupation : la loi de transition énergétique devra être modifiée pour y inscrire le changement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Markus Tacke, patron du leader mondial de l’éolien offshore, appelle les pouvoirs publics à prendre des engagements clairs pour le développement des énergies renouvelables.
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Pour le PDG de Siemens-Gamesa, « il est grand temps que la France prenne au sérieux l’éolien en mer »

Markus Tacke, patron du leader mondial de l’éolien offshore, appelle les pouvoirs publics à prendre des engagements clairs pour le développement des énergies renouvelables.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 08h14
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

Markus Tacke est PDG de Siemens-Gamesa, fusion récente des géants espagnol et allemand des énergies renouvelables. Fort de ses 25 000 salariés et de sa présence dans 19 pays, le groupe européen situé à Bilbao, dans le nord de l’Espagne, est le numéro un mondial de l’éolien offshore et l’un des trois plus grands industriels de l’éolien terrestre. En France, Siemens-Gamesa doit fournir les aéromoteurs pour trois des six parcs français prévus au large du Tréport (Seine-Maritime), de Saint-Brieuc et de Noirmoutier (Vendée). Dans ce cadre, le groupe s’était engagé à construire une usine d’éoliennes au Havre (Seine-Maritime).
Pourquoi le développement des énergies renouvelables s’accélère-t-il partout dans le monde ?
Les énergies renouvelables sont actuellement à un tournant. Cette transition s’accélère pour trois raisons. D’abord, elles aident à réduire les émissions de CO2, et donc à combattre le réchauffement climatique. Ensuite, elles permettent une indépendance énergétique, ce qui intéresse beaucoup de pays qui souhaitent réduire leur dépendance aux énergies fossiles. Enfin et surtout, c’est aujourd’hui la technologie la moins chère pour produire de l’électricité. C’est particulièrement le cas pour l’éolien, avec, en outre, le plus faible impact carbone.
Les énergies renouvelables sont-elles vraiment moins chères ? Elles nécessitent souvent un fort soutien public…
De nombreux pays possédaient des mécanismes de tarifs de rachat garanti, mais ils disparaîssent presque partout, au profit de systèmes d’enchères. Ces systèmes de soutien public ont été utiles pour appuyer l’émergence de cette industrie, mais la baisse des coûts permet de se passer de ces mécanismes pour les nouveaux projets. Si l’on compare les prix de la production d’électricité des nouveaux projets éoliens avec les nouveaux projets de centrales, qu’il s’agisse de charbon, de nucléaire ou de gaz, il n’y a pas de débat : l’éolien est toujours...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ La réintroduction par hélicoptère d’une deuxième femelle a bien eu lieu, vendredi, malgré l’hostilité des éleveurs, qui dénoncent le manque de concertation.
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Dans les Pyrénées, des opposants aux ours « prêts à aller en prison » s’il le faut

La réintroduction par hélicoptère d’une deuxième femelle a bien eu lieu, vendredi, malgré l’hostilité des éleveurs, qui dénoncent le manque de concertation.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 06h52
 • Mis à jour le
07.10.2018 à 12h51
    |

            Rémi Barroux (Vallée d’Ossau et vallée d’Aspe, Pyrénées-Atlantiques, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Alors que l’ombre gagne la vallée de l’Ossau, le soleil disparaissant progressivement derrière les sommets qui la dominent, Sorita, jeune ourse slovène, va pouvoir goûter sa première nuit de liberté. Déposée par hélicoptère à plus de 2 000 mètres, vers le pic de Sesques, au sud de Laruns (Pyrénées-Atlantiques), vendredi 5 octobre au matin, Sorita (qui veut dire « petite sœur » en Béarnais) rejoint dans le massif pyrénéen sa congénère, Claverina (« l’héritière ») héliportée la veille dans la vallée voisine d’Aspe – les prénoms ont été choisis par les gardes de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) qui ont veillé sur les opérations.
Il est 20 heures, ce vendredi, et le calme recouvre les immenses forêts de hêtres et de sapins qui habillent les versants, laissant place, plus haut, aux prairies alpines, avec leurs trèfles, leurs saules, avant de céder l’espace aux vastes surfaces minérales et leurs mosaïques de roches cristallines.
C’est le calme après la tempête, tant l’arrivée des jeunes mammifères a secoué les vallées, subitement entravées par les barrages d’éleveurs et de chasseurs, hostiles à l’introduction sur leur territoire des deux plantigrades. Jusqu’au dernier moment, par dizaines, ils ont essayé d’empêcher leur arrivée, fouillant les camions à la recherche des cages, jusque dans la nuit, surveillant les axes routiers et les aérodromes, avant d’apprendre, jeudi puis vendredi, leurs déposes par hélicoptère, protégées par des renforts de gendarmerie.
L’annonce faite par Nicolas Hulot, alors ministre de la transition écologique et solidaire, le 26 mars, de la réintroduction de deux ourses dans cette région des Pyrénées, a ainsi trouvé sa conclusion. Après plusieurs nuits de veille, de journées de traque, de fausses alertes, les opposants les plus actifs sont défaits. Et très en colère. A Laruns, qui organise, samedi 6 et dimanche 7 octobre, la Hera deu Hromatge, sa « foire aux fromages », qui attend...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Au Donggala, sur l’île indonésienne des Célèbes, les survivants du tremblement de terre et du tsunami ont le plus souvent tout perdu.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ La CDC, qui gère une part importante de la collecte du Livret A et du Livret développement durable et solidaire, est pressée de sortir des énergies fossiles
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Article sélectionné dans La Matinale du 05/10/2018
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L’épargne des Français accusée de financer le changement climatique

La CDC, qui gère une part importante de la collecte du Livret A et du Livret développement durable et solidaire, est pressée de sortir des énergies fossiles



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 05h52
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 08h01
    |

                            Véronique Chocron et 
                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

Le 12 juillet, l’Irlande a banni les investissements publics dans les énergies fossiles ; le Parlement a voté une loi ordonnant au fonds souverain du pays de céder tous ses actifs liés au charbon, au pétrole et au gaz « aussi rapidement que possible ».
La France est loin d’avoir adopté une volonté similaire. Face aux renoncements du président américain, Donald Trump, Emmanuel Macron a plusieurs fois posé la France en modèle de la lutte contre le changement climatique. Mais la Caisse des dépôts et consignations (CDC), bras financier de l’Etat, qui gère une part importante de la collecte du Livret A et du Livret développement durable et solidaire (LDDS), a, jusqu’ici, pris des engagements limités.
Les associations altermondialistes Attac et 350.org lancent, lundi 8 octobre, la campagne « Pas avec notre argent » pour que la CDC renonce à ses investissements dans les énergies fossiles, à l’occasion de la publication du rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).
Elles réclament d’abord de la transparence. Car les épargnants n’ont pas la moindre idée des projets précis ou des entreprises que financent les 390 milliards d’euros qu’ils ont placés sur leurs Livrets A et leurs LDDS. Jusqu’en 2017, le second portait d’ailleurs bien mal son nom, puisque seuls 10 % des fonds, ceux qui étaient conservés dans le bilan des banques, devaient être consacrés au financement des travaux d’économie d’énergie dans les bâtiments anciens.
« Un mur de silence »
Une ligne devenue intenable. A l’occasion du « Climate Finance Day », en décembre 2017, le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, a lancé la réforme du LDDS. Désormais, les nouveaux versements sur ces livrets centralisés au fonds d’épargne de la CDC (environ 60 % de la collecte) seront intégralement dévolus au financement de la transition énergétique.
L’association 350.org et l’Observatoire des multinationales ont tenté...




                        

                        


<article-nb="2018/10/07/19-14">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Une semaine après le séisme, la situation humanitaire en Indonésie est sous le contrôle des autorités locales, selon le témoignage sur place du sapeur-pompier Thierry Velu.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Secouriste français en Indonésie : « On est un petit peu frustrés de ne pas pouvoir les aider plus »

Une semaine après le séisme, la situation humanitaire en Indonésie est sous le contrôle des autorités locales, selon le témoignage sur place du sapeur-pompier Thierry Velu.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 19h45
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 19h57
    |

                            Simon Auffret








                        



   


Plus de mille personnes sont encore présumées disparues après le tremblement de terre suivi d’un tsunami qui a frappé l’île indonésienne de Célèbes, vendredi 28 septembre. Une semaine après la catastrophe, un bilan encore provisoire fait état de 1 500 morts, selon le porte-parole de l’armée dans la ville de Palu, particulièrement touchée.
Sur place, plusieurs ONG françaises sont venues épauler les secouristes locaux. Arrivés trois jours après les premières alertes, les sapeurs-pompiers du Groupe de secours catastrophe français — qui ont lancé un appel aux dons — livrent du matériel pour faciliter l’accès à l’eau potable de la population et aider à la recherche des disparus.
Leur président, Thierry Velu, à Palu, témoigne d’une « mission réussie », tout en se disant « frustré » de l’encadrement strict des secouristes étrangers par les autorités indonésiennes.

        Lire aussi, lors du départ des ONG :
         

          Comment les secours français vont aider les victimes ?



Quelle est la situation humanitaire à Palu, où vous vous trouvez ?
Thierry Velu : C’est très disparate, la situation n’est pas la même de quartier en quartier. Dans certaines zones, on pourrait presque se dire qu’il ne s’est rien passé. Dans d’autres, la plupart des bâtiments sont détruits, les gens n’ont pas d’eau courante ni d’électricité, et sont en attente de beaucoup d’aide. Mais les secours indonésiens ne semblent pas dépassés. Ici, ils vont très vite dans leurs interventions, ils agissent par eux-mêmes, ce qui explique pourquoi ils n’ont pas fait d’appel important à l’aide internationale. Depuis vendredi, la présence des secouristes est vraiment massive.
Quelles sont vos missions sur place ?
Nous avons répondu à l’appel des secours indonésiens dès les premières heures après l’alerte de séisme et de tsunami, principalement pour leur livrer du matériel d’écoute et de recherche dans les décombres, une unité de traitement de l’eau, des trousses de secours aussi. C’est ce qu’on fait depuis une semaine, à Palu et dans d’autres villes aux alentours.
En même temps que la livraison du matériel, on les accompagne dans l’utilisation des outils auxquels ils ne sont pas habitués : quand je montre aux secouristes d’ici nos capteurs, qui nous servent à savoir s’il reste quelqu’un en dessous des décombres, leurs yeux s’écarquillent, ils ne croient pas que cela puisse fonctionner !
Je suis aussi en train de former des SAR [« Search and Rescue », unité de recherche et de sauvetage] à l’utilisation d’une unité de potabilisation de l’eau, que nous allons laisser sur place, pour que cela puisse servir en cas de nouvelle catastrophe.

#indonésie Une équipe PUI au départ pour travailler aux côtés de l'équipe Jakarta Rescue Team Indonesia suite à la… https://t.co/3GBNVS3BMV— PUI_FRANCE (@POMPIERSURGENCE)


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Comment se passe la coopération avec les autorités indonésiennes ?
Avec les SAR, que l’on connaît depuis une dizaine d’années, il n’y a aucun problème. Ils nous ont pris en charge depuis notre descente de l’avion, à Djakarta, nous accompagnent dans tous nos déplacements, et sur ce point, la mission est une réussite.
En revanche, l’armée bloque tout. Nous sommes venus livrer du matériel, et nous ne pouvons rien faire d’autre. Pas de missions de sauvetage, pas de tentatives de recherche des survivants parmi les décombres. On est des hommes de terrain, notre esprit de sapeur-pompier prend le dessus, et c’est vrai qu’on est un petit peu frustrés de ne pas pouvoir les aider plus. Mais ils veulent faire par eux-mêmes, et c’est leur décision.
Ce qui nous surprend aussi, c’est qu’une semaine seulement après la catastrophe, il ne semble plus y avoir de recherches de survivants. Leurs priorités sont l’accès à l’alimentation, à l’eau, le déblaiement et l’enlèvement des corps, mais nos interlocuteurs ne voient pas l’intérêt de sonder à la recherche de personnes encore vivantes dans un bâtiment détruit. Ce n’est pas ce qu’on a l’habitude de voir, en France ou dans d’autres pays où nous sommes intervenus, où la recherche de survivants peut continuer jusqu’à dix jours après la catastrophe.
Notre retour à Paris est prévu dimanche. Nous sommes très fatigués. On aurait voulu faire plus en Indonésie, mais on peut dire que nous avons pu aider, dans la mesure de nos moyens.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Condamné en première instance à six mois de prison avec sursis, l’ancien pneumologue était jugé en appel vendredi pour avoir dissimulé ses liens avec Total devant le Parlement.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Pollution : jugé en appel pour « faux témoignage », le professeur Aubier reconnaît « une erreur »

Condamné en première instance à six mois de prison avec sursis, l’ancien pneumologue était jugé en appel vendredi pour avoir dissimulé ses liens avec Total devant le Parlement.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 19h02
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 10h28
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Michel Aubier est coutumier des jeux de mots involontaires. « Total était totalement indépendant de mes activités pour l’AP-HP », a répété à la barre l’ancien pneumologue de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, lors de son procès en appel, vendredi 5 octobre.
Le Pr Aubier avait été condamné, le 5 juillet 2017, par le tribunal correctionnel de Paris, à six mois de prison avec sursis et à 50 000 euros d’amende. L’ancien chef du service pneumologie de l’hôpital Bichat, à Paris, était jugé pour « faux témoignage » devant le Parlement. Une première. 
Auditionné le 16 avril 2015 par la commission d’enquête sénatoriale sur le coût financier de la pollution de l’air, le Pr Aubier avait déclaré qu’il n’avait « aucun lien avec les acteurs économiques » du secteur, omettant de préciser qu’il était salarié depuis 1997 par le groupe Total comme médecin-conseil et membre du ­conseil d’administration de la Fondation Total depuis 2007.

        Lire aussi :
         

                Le pneumologue Michel Aubier a été rémunéré plus de 150 000 euros par an par Total en 2013 et 2014



« La seule question qui se pose, c’est : le professeur a-t-il menti ? », a résumé, vendredi 5 octobre, la procureure Anne-Françoise Tissier. « Je vous demande de répondre positivement à cette question », a-t-elle conclu, demandant une condamnation de 30 000 euros d’amende. Le jugement a été mis en délibéré au 9 novembre.
« C’est la porte ouverte à toutes les suspicions, aux “fake news” »
Costume-cravate sombre et teint hâlé, Michel Aubier a, lui, nié avoir menti devant les sénateurs. « Je reconnais m’être trompé, mais ce n’était pas intentionnel. J’ai fait une erreur mais je n’ai pas menti ». Me François Saint-Pierre a tenté d’expliquer que « dans un contexte de stress », son client avait « confondu les notions de conflit et de lien d’intérêt » et commis une « erreur d’interprétation » qui a « ruiné toute sa carrière ».
Des arguments qui n’ont pas convaincu la procureure : « Quand on lui demande s’il a des liens avec des acteurs économiques, il ne peut pas ne pas savoir. Ce mensonge sous serment est une infraction grave, avec un dommage important pour toute la société. C’est la porte ouverte à toutes les suspicions, aux fake news ».
Comme Le Monde l’avait révélé avant le procès, Michel Aubier, surnommé le « docteur diesel » en raison de ses prises de positions minimalistes sur les effets de la pollution, avait été rémunéré jusqu’à 170 000 euros par le groupe Total en 2014.
Décidément très étourdi, cette collaboration avec le groupe pétrolier, le Pr Aubier avait également omis de la déclarer auprès de la Haute Autorité de santé, dont il était membre, ainsi qu’à son employeur principal, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris.
L’étonnant partenariat de l’AP-HP avec Total
L’affaire Aubier servira « d’électrochoc » pour « traiter ce mal que représentent les conflits d’intérêts », avait réagi le patron de l’AP-HP, Martin Hirsch, après la condamnation en première instance. En avril, l’AP-HP a pourtant signé un étonnant accord de partenariat avec… Total. Un partenariat qui rapporterait 300 000 euros sur trois ans à l’AP-HP.
L’un des deux volets prévoit que « l’AP-HP autorisera un praticien à assurer, une demi-journée par semaine, un rôle de médecin-conseil auprès du groupe Total ». Une mission qui ressemble à s’y méprendre à celle qu’assurait Michel Aubier. Et qui n’a pas échappé à son avocat : « C’est la preuve que cette pratique est institutionnalisée et que le comportement de Michel Aubier n’a pas été préjudiciable pour l’AP-HP. »
« Le praticien concerné devra rendre public ce lien d’intérêt et s’interdira de prendre aucune position, publique ou dans le cadre d’un travail d’expertise, sur des questions pouvant avoir une relation directe ou indirecte avec les activités du groupe Total », précise l’institution pour déminer la polémique. 



                            


                        

                        


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Compte rendu

Comment l’Eswatini a mis sous contrôle la double épidémie sida-tuberculose

Tuberculose, jusqu’à quand ? (7) Depuis 2010, le nombre de nouveaux cas pour les deux infections a chuté de près de la moitié grâce à une mobilisation sans précédent.

Par                                            Adrien Barbier (Mbabane, Eswatini, envoyé spécial)




LE MONDE
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        Le 05.10.2018 à 18h30

     •
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        Mis à jour le 05.10.2018 à 19h56






    
Une employée de la clinique Baylor de Mbabane aide des enfants à cracher pour un dépistage de la tuberculose, à une dizaine de kilomètres de la capitale de l’Eswatini (ex-Swaziland).
Crédits : Shehzad Noorani


Pour collecter le crachat d’un enfant, Godwin Mtetwa ne manque pas de ressources. « On peut utiliser un bronchodilatateur pour lui déclencher une toux. Ou lui faire un prélèvement gastrique en insérant un tube par le nez. On a toutes les tailles de tubes ! » Cet infirmier costaud mène la visite du centre pédiatrique d’excellence pour la tuberculose de Mbabane. Salle d’attente aérée et colorée, radio des poumons et test GeneXpert pour le diagnostic : l’établissement, qui dispose d’équipements dernier cri, est une référence pour le traitement de la tuberculose chez l’enfant en Eswatini (ex-Swaziland), si ce n’est dans toute l’Afrique australe. Une vision qui tranche avec l’état général des hôpitaux du royaume, où il n’existe qu’une unité de soins intensifs.

        Présentation de notre série
         

          Tuberculose, jusqu’à quand ?



Installée sur les collines verdoyantes de la capitale, cette clinique est le fruit d’un partenariat public-privé entre l’université texane Baylor et le gouvernement swati. Parce qu’il est particulièrement difficile d’obtenir un crachat chez les enfants de moins de 5 ans, beaucoup passent sous les radars du dépistage d’une maladie qui, dans le monde, tue plus que le sida.

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« On est les premiers dans le pays à avoir su comment provoquer le crachat. Depuis qu’on maîtrise les techniques, on va dans les hôpitaux et les centres de santé de tout le territoire pour former le personnel soignant », explique Godwin. Enthousiaste, il mesure les progrès réalisés ces dernières années pour enrayer l’épidémie de tuberculose, dont l’Eswatini avait il y a peu le nombre de cas par habitant le plus élevé au monde.
« Une maladie familiale »
Petit pays coincé entre le Mozambique et l’Afrique du Sud, l’ex-Swaziland est connu pour son roi excentrique, Mswati III, dernier monarque absolu d’Afrique, et pour son taux de prévalence du sida, le plus élevé de la planète. Comme ailleurs en Afrique australe, l’épidémie de VIH a été le principal moteur de celle de tuberculose, première cause de mortalité chez les séropositifs.

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                Mswati III, monarque absolu et « escroc » bien aimé



Contrairement aux pays voisins, où les foyers infectieux se trouvent dans des bidonvilles insalubres et surpeuplés, en Eswatini, la grande majorité de la population vit en zone rurale. « Ici, la tuberculose est avant tout une maladie familiale : une famille de cinq ou six personnes peut s’entasser dans une petite maison d’une seule pièce », précise le soignant.
En une dizaine d’années, le royaume est parvenu à inverser la tendance. La courbe du nombre annuel de nouveaux cas de tuberculose parle d’elle-même : après avoir atteint un pic en 2009-2010 avec 11 000 cas notifiés, elle tombe à 3 800 en 2016. Dans le même temps, l’épidémie de sida a également été contenue. Depuis 2010, le nombre de nouvelles infections a baissé de moitié, et la mortalité de 28 %. Le taux de patients atteints de la tuberculose et coinfectés par le VIH est, lui, passé de 80 % à 70 %.

    
Courbe du nombre annuel de nouveaux cas de tuberculose enregistrés au Eswatini.
Crédits : Source : programme national de contrôle de la tuberculose


Résultat, l’Eswatini est sorti de la liste, dressée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), des 22 pays les plus touchés par la maladie infectieuse. « Ce qui a fait la différence, c’est qu’on a d’abord compris l’ampleur du problème avant de prendre un engagement politique fort. Même le roi en a parlé », explique Debrah Vambe, du programme national de contrôle de la tuberculose, rattaché au ministère swati de la santé. En 2011, le gouvernement a déclaré l’état d’urgence. « On a été capable de faire un état des lieux précis, de noter sur une feuille tout ce qui n’allait pas et d’en faire une présentation. C’est comme ça qu’on a convaincu les bailleurs de fonds comme le Fonds mondial », détaille la docteure, qui porte un tee-shirt « Stop TB ».
Bernhard Kerschberger, de Médecins sans frontières (MSF), acquiesce. « Nous avons vraiment d’excellentes relations avec le ministère de la santé », explique le chef de mission, dans les bureaux de l’organisation à Mbabane. A l’étranger, le roi Mswati III est critiqué pour son train de vie dispendieux, alors que deux tiers de la population vivent sous le seuil de pauvreté. Son régime est montré du doigt : les partis politiques ne sont pas autorisés à participer aux élections, les opposants sont régulièrement persécutés, et la presse est mise au pas. Il n’empêche, le roi reste très apprécié par la population, fière de ses traditions et de ses spécificités.
Soignants à moto
« Les ONG aiment travailler ici car il est plus facile d’y obtenir des résultats. Dans un pays plus grand, on n’aurait pas les mêmes succès », décrypte le médecin. Le royaume, qui compte 1,2 million d’habitants, est grand comme la moitié de la Belgique. Preuve que la situation n’est plus aussi critique, MSF est en train de réduire ses effectifs en Eswatini.

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                A Johannesburg, le township de Tembisa à la pointe de la recherche sur la tuberculose



Sollicitée à l’origine en 2007, l’organisation s’est installée dans le sud pauvre du pays. Elle y a mis en place un programme de décentralisation et d’intégration des soins qui s’est montré particulièrement efficace. Les protocoles ont été adaptés pour que la prise d’antirétroviraux s’accompagne d’un traitement préventif de la tuberculose. Aujourd’hui, chaque centre de santé primaire offre une prise en charge combinée pour les deux infections.
L’approche communautaire est l’autre ingrédient qui a fait la différence, malgré un système de santé peu développé. Les soignants ont été équipés de motos pour pouvoir se rendre directement chez les patients. Et pour les malades atteints de tuberculose multirésistante, un accompagnement personnalisé a été instauré. « Lorsque le patient est diagnostiqué, on lui demande de trouver un partenaire pour l’accompagner tout au long du traitement. Ce dernier doit surveiller qu’il prenne bien son traitement, deux fois par jour, et il est dédommagé pour cela », explique Debrah Vambe.

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                L’Afrique du Sud à l’avant-garde de la lutte contre la tuberculose multirésistante



Cette dynamique positive pourrait en revanche être enrayée par les difficultés budgétaires que connaît le gouvernement depuis plusieurs mois. En août, les infirmières du système public de santé sont descendues dans la rue pour protester contre leurs conditions de travail et les ruptures de stock de médicaments. L’économie de l’Eswatini, complètement imbriquée dans celle de son voisin sud-africain, subit les soubresauts de la crise des matières premières et d’une sécheresse historique qui touchent ce dernier.

Sommaire de notre série Tuberculose, jusqu’à quand ?
Le Monde Afrique propose des reportages, portraits et entretiens sur le continent pour raconter le fléau qui tue plus que le sida.
Episode 6 L’Afrique du Sud à l’avant-garde de la lutte contre la tuberculose multirésistante
Episode 5 A Johannesburg, le township de Tembisa à la pointe de la recherche sur la tuberculose
Episode 4 « En Afrique, avoir la tuberculose est aujourd’hui plus stigmatisant qu’avoir le VIH »
Episode 3 Une armée de volontaires en Ethiopie pour vaincre la tuberculose
Episode 2 A la poursuite des cas manquants de tuberculose dans les villages sénégalais
Episode 1 Au Kenya, une révolution au goût de fraise dans la lutte contre la tuberculose infantile
Présentation de notre série Tuberculose, jusqu’à quand ?


Pour l’instant, ni Baylor ni MSF n’ont été affectés par une pénurie de médicaments. Mais dans le système public les antituberculeux viennent déjà à manquer, car les fournisseurs n’ont pas été payés depuis 2017. « Vaincre une épidémie, conclut Bernhard Kerschberger, c’est comme courir un marathon : il ne faudrait pas s’arrêter au milieu ! »
Cet article fait partie d’une série réalisée dans le cadre d’un partenariat avec Unitaid.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Un collectif de plus de 100 scientifiques prend position dans une tribune au « Monde » contre un projet minier en Guyane qui menace l’environnement. Et qui risque aussi d’ouvrir, telle une boîte de Pandore, la voie à d’autres convoitises.
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« Montagne d’or » en Guyane : « Un projet minier destructeur qui ne rapportera quasiment rien »

Un collectif de plus de 100 scientifiques prend position dans une tribune au « Monde » contre un projet minier en Guyane qui menace l’environnement. Et qui risque aussi d’ouvrir, telle une boîte de Pandore, la voie à d’autres convoitises.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 16h12
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 16h45
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. En plein cœur de la forêt guyanaise, loti entre deux réserves biologiques intégrales (RBI Lucifer et Dékou-Dékou), se prépare actuellement le plus grand projet minier que la France ait jamais connu, un projet porté par la Compagnie minière Montagne d’or (CMO, consortium russo-canadien : 55,01 % Nordgold et à 44,99 % Columbus Gold Corporation).
L’opérateur annonce la création d’une fosse de 2,5 kilomètres de long, 400 mètres de large et 200 à 400 mètres de profondeur. L’extraction de l’or nécessite par jour 10 tonnes de cyanure et 20 tonnes d’explosifs afin d’extraire environ 20 kilos d’or, tout en en rejetant 80 000 tonnes de déchets miniers par jour. En effet la concentration en or est faible : 1,6 à 1,8 g par tonne de roche.
Ce projet fait actuellement l’objet d’un débat public, à la demande de ses opposants, dont les dates, du 7 mars au 7 juillet 2018, ont été fixées par la commission nationale du débat public (CNDP). Les réunions publiques qui se sont tenues en Guyane depuis le 3 avril font déjà ressortir une forte opposition au sein de la population guyanaise à un projet destructeur de l’environnement et qui ne rapportera quasiment rien à la Guyane, sinon en termes de pollution et d’impact environnemental.
420 millions d’aides publiques
En effet, si la CMO espère gagner plus de 3,5 milliards d’euros sur douze ans, seulement 2 % iront à la Guyane sous forme de taxes. D’après le rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF), qui parle de « mirage économique », les taxes et impôts du projet s’élèveraient à 308 millions d’euros sur douze ans (241 millions d’euros à l’Etat français et 67 millions d’euros de taxes locales) mais il engloutirait au moins 420 millions d’aides publiques. Ceci pour 750 emplois directs promis, « soit un coût aberrant de 560 000 euros publics pour chaque emploi ».

L’impact environnemental est un véritable désastre : nuisances immédiates sur le site lui-même...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Les communes de Cast (Finistère) et de Bovel (Ille-et-Vilaine) avaient interdit ou soumis à conditions le déploiement des compteurs électriques communicants sur leur territoire.
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Les recours de communes contre les compteurs Linky rejetés en appel

Les communes de Cast (Finistère) et de Bovel (Ille-et-Vilaine) avaient interdit ou soumis à conditions le déploiement des compteurs électriques communicants sur leur territoire.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 15h54
   





                        



C’est une nouvelle défaite judiciaire pour les opposants aux compteurs Linky. La cour administrative d’appel de Nantes a rejeté vendredi 5 octobre les recours de deux communes qui avaient décidé d’interdire ou de soumettre à conditions le déploiement de ces compteurs électriques communicants sur leur territoire.
Le distributeur d’électricité Enedis et l’Etat avaient contesté ces décisions des communes de Cast (Finistère) et de Bovel (Ille-et-Vilaine) devant le tribunal administratif de Rennes, qui les avait annulées en mars et décembre 2017.
La cour administrative d’appel de Nantes a confirmé ces annulations, estimant que « la propriété des ouvrages des réseaux publics de distribution d’électricité, dont font partie les compteurs, est attachée à la qualité d’autorité organisatrice du réseau public de distribution d’électricité ».
Or ces communes ont perdu leur compétence dans ce domaine et ne peuvent donc pas prendre de mesures relatives au déploiement des compteurs Linky sur leur territoire, selon la cour.

        Lire aussi :
         

                Compteurs Linky : les propriétaires auront le droit de refuser l’accès à leur logement



Dans le cas de la commune de Bovel, l’autorité organisatrice du réseau public de distribution d’électricité est le syndical mixte départemental d’énergie d’Ille-et-Vilaine. Et lorsqu’en mars 2017, le conseil municipal de Bovel avait refusé le déploiement des compteurs Linky, la commune ne pouvait alors « se prévaloir d’aucun droit de propriété sur les éléments du réseau public de distribution d’électricité », souligne la cour administrative d’appel dans son arrêt.
Le maire de Bovel, José Mercier, étudie désormais la possibilité d’un recours devant le Conseil d’Etat. « Si l’avocat estime qu’il y a matière, je le ferai », a-t-il déclaré, en annonçant par ailleurs qu’il prendrait un nouvel arrêté dès lundi pour bloquer la pose des compteurs.
Les décisions des communes souvent annulées par la justice
A Cast, c’est fin juin 2016 que le maire avait décidé de refuser le déploiement des compteurs Linky. La commune soutient notamment que « les risques incendies et potentiels sur la santé publique des nouveaux compteurs sont avérés » et qu’ils sont susceptibles « de porter atteinte à la vie privée des utilisateurs par la collecte non consentie de données personnelles ».
Mais Enedis est « investie d’une mission de service public impliquant notamment le déploiement » des compteurs, répond la cour. Par ailleurs, l’autorité organisatrice du réseau public de distribution d’électricité est le syndical départemental d’énergie et d’équipement du Finistère, qui est à ce titre propriétaire des compteurs électriques.
Enfin, le maire de Cast affirme avoir constaté des erreurs de branchements et des incursions sur des propriétés privées, mais « ces circonstances, à les supposer établies, ne suffisent pas à elles seules pour caractériser un trouble à l’ordre public ou un risque pour la sécurité ou la salubrité publique », et donc les pouvoirs de police du maire ne peuvent être invoqués face au déploiement des compteurs, estime la cour dans son second arrêt.

        Lire le récit :
         

          Pourquoi le compteur Linky électrise les passions



Le compteur Linky permet au distributeur d’électricité de limiter la puissance ou de couper l’électricité à distance. Selon ses détracteurs, il suscite des inquiétudes sur l’exposition aux champs électromagnétiques et le respect de la vie privée.
Des centaines de communes, de toute taille (685, selon un comptage des opposants au compteur Linky), ont voté des délibérations ou ont pris des arrêtés contre ces installations. Mais ces textes finissent le plus souvent par être suspendus ou annulés par la justice.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a jugé que le risque d’exposition aux champs électromagnétiques était faible. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) veille quant à elle à ce que les données de consommation détaillées ne soient pas collectées sans l’accord de l’usager.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Le capitaine du navire de croisière « Azura » et son armateur comparaissent le 8 octobre à Marseille pour avoir utilisé un carburant trop riche en soufre.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Pollution : un géant des mers pour la première fois devant la justice

Le capitaine du navire de croisière « Azura » et son armateur comparaissent le 8 octobre à Marseille pour avoir utilisé un carburant trop riche en soufre.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 14h33
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 15h05
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            Stéphane Mandard








                        



                                


                            

Un procès inédit doit se tenir lundi 8 octobre devant la sixième chambre du tribunal correctionnel de Marseille. Pour la première fois, un capitaine de navire et un armateur sont poursuivis pour avoir enfreint les normes antipollution. Evans Hoyt, le capitaine américain de l’Azura, et le groupe Carnival, leader mondial de la croisière, doivent comparaître pour « utilisation, par un navire en mer territoriale, de combustible dont la teneur en soufre est supérieure aux normes autorisées en matière de pollution de l’air ». L’officier risque jusqu’à un an de prison et 200 000 euros d’amendes.
L’audience sera d’autant plus scrutée que la cité phocéenne, qui doit accueillir cette année 530 escales, vise la place de premier port de croisière du bassin méditerranéen avec 2 millions de passagers à l’horizon 2020. Avec ses 290 mètres de long, 1 557 cabines et 14 ponts, l’Azura fait partie de ces géants des mers qui libèrent quotidiennement leur flot de touristes dans la cité phocéenne mais aussi leurs immenses panaches de fumée.
Le 28 mars, le paquebot battant pavillon des Bermudes fait escale vers 8 heures dans le port de Marseille. Trois heures plus tard, il est contrôlé par le centre de sécurité des navires. Les inspecteurs constatent que le bateau a utilisé un carburant avec une teneur en soufre de 1,68 %, supérieure à la limite autorisée (1,5 %).
Décès prématurés
« Si ce dépassement peut paraître faible, il ne l’est pas eu égard aux conséquences environnementales et sanitaires qui en découlent et ne peut rester impuni », estime l’association France nature environnement (FNE), partie civile dans ce dossier. Des « conséquences » qui ont contraint l’Organisation maritime internationale à abaisser le taux de soufre à 0,5 % à partir de 2020.
Selon les travaux de l’université de Rostock et du centre allemand de recherches sur l’environnement Helmholz Zentrum Munich, les émissions du transport maritime seraient responsables...




                        

                        


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Pyrénées-Atlantiques : une deuxième ourse relâchée

Une première ourse avait été relâchée jeudi matin, en dépit de l’opposition de certains éleveurs et élus locaux.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 13h47
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 16h56
   





                        


Une deuxième ourse a rejoint, vendredi 5 octobre, la première, lâchée la veille dans les Pyrénées-Atlantiques, a annoncé François de Rugy. « Je suis en mesure de confirmer aujourd’hui que deux ours femelles ont été réintroduites dans le Béarn », a déclaré le ministre de la transition écologique dans une vidéo publiée sur son compte Twitter. « Ce n’est pas banal de réintroduire une espèce qui est menacée aujourd’hui d’extinction dans les vallées du Béarn, où il n’y avait plus que deux ours mâles », souligne le ministre
Une première ourse, capturée en Slovénie, avait été relâchée jeudi matin, en dépit de l’opposition de certains éleveurs qui craignent pour leur cheptel et d’élus locaux, dont certains avaient installé des barrages routiers dans la nuit de mercredi à jeudi pour tenter de repérer et d’arrêter les véhicules susceptibles de transporter l’animal.
Cette femelle, appelée Claverina (l’« héritière » en béarnais), est âgée de 7 ans et pèse 140 kilos. Elle était « la première ours femelle à fouler le sol béarnais depuis une décennie », selon un communiqué. La deuxième ourse, « Sorita, “petite sœur”, l’a rejointe ce matin (…) D’un an son aînée, elle pèse 150 kilos », selon le communiqué du ministère.
« A la suite d’examens vétérinaires poussés et de tests de grossesse positifs, il est très probable que les deux ourses donneront naissance à des petits dès l’an prochain », a annoncé vendredi dans un communiqué l’Agence forestière slovène, qui a supervisé la capture des deux plantigrades dans le petit pays balkanique.
« Le dialogue aura toujours toute sa place »

   


Faute d’avoir pu empêcher la réintroduction des ourses, promise par le précédent ministre de la transition écologique Nicolas Hulot, des opposants ont menacé de prendre les fusils pour les « enlever ». « Je sais les mécontentements de certains, notamment les éleveurs, la colère même parfois », répond François de Rugy, qui assure que « le dialogue aura toujours toute sa place » et qui a prévu de se rendre sur place après un premier déplacement en septembre.
Pour le Fonds d’intervention écopastoral (FIEP), ce lâcher est « historique et va permettre de relancer une dynamique de vie », se félicite dans un communiqué cette association de défense de l’environnement.
La réintroduction des deux ourses s’inscrit dans le cadre d’un plan « Ours » lancé par Nicolas Hulot. Dans une décision rendue le 6 mars, le tribunal administratif de Toulouse avait condamné l’Etat pour n’avoir pas suffisamment protégé l’ursidé dans les Pyrénées. L’arrêté a été signé le 29 août par l’ex-ministre de l’écologie, au lendemain de l’annonce de sa démission, et confirmé par son successeur le 20 septembre.



                            


                        

                        

