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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Confrontée à une croissance démographique hors normes et à une urbanisation galopante, l’Inde rêve de villes nouvelles exemplaires. Des projets fous, souvent confiés au secteur privé, ont été lancés, mais leur fiasco a poussé les pouvoirs publics à revoir leur copie.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤               En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Des projets fous, souvent confiés au secteur privé, ont été lancés, mais leur fiasco a poussé les pouvoirs publics à revoir leur copie.             A quoi peut bien ressembler une ville indienne en cessation de paiement ? Pour prendre la mesure de la déconfiture de Lavasa, qui a déposé le bilan le 30 août, une seule solution : depuis Bombay, sur la côte ouest du sous-continent, prendre l’autoroute en direction du levant et, passé Pune, bifurquer à droite sur une piste. Le parcours dure quatre bonnes heures. Fin septembre, le paysage est bucolique, les pluies de la mousson ont transformé les montagnes du Maharashtra en jungle verdoyante. Au détour d’un col, un portique flanqué d’une guérite en état de décomposition avancée souhaite la bienvenue au visiteur. Deux employés affalés sur des chaises bancales prélèvent un péage de 500 roupies (6 euros) et rendent la monnaie assortie de bons de réduction pour de prometteuses attractions. Mais arrivé au bord du lac, il faut se rendre à l’évidence : le petit port multicolore que les plaquettes publicitaires vantaient il y a moins de dix ans comme « le Portofino de l’Inde » est désert. On croirait découvrir un parc de loisirs qui aurait été soudainement abandonné à la suite d’une attaque chimique. Ou un décor de cinéma qui n’aurait jamais été replié.             Voir aussi   Inde : comment le projet urbain de Lavasa a viré au cauchemar               Lavasa est le dernier avatar des mirages urbains de l’Inde. La bourgade avait été conçue au début des années 2000 comme une ville nouvelle exemplaire. Eau et électricité en continu, ordures ramassées tous les matins, Internet par fibre optique pour tout le monde… Un rêve inaccessible au commun des Indiens. Ce projet un peu fou avait été confié à une entreprise privée, Lavasa Corporation, filiale du groupe de BTP Hindustan Construction Company (HCC). Un cas de figure inédit, pour lequel les autorités avaient opté après avoir entendu parler d’une telle pratique aux Etats-Unis. Le site devait attirer 50 000 habitants, il y en a à peine un millier aujourd’hui. « Il y a eu de grosses erreurs de gestion et la firme a rapidement été à court de liquidités, affirme Suresh Goswami, un producteur de cinéma installé ici en 2011, dans une maison de lotissement. Les terrains ont été achetés aux autochtones pour une bouchée de pain, 25 000 roupies l’acre [295 euros, soit 7 centimes d’euro le mètre carré], mais l’autoroute qui devait nous mettre à deux heures de Bombay n’a jamais vu le jour. »                                               — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     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Récit     Elise Vincent   et  Lucie Soullier    Article réservé à nos abonnésAprès le Bataclan, un père sur le chemin de la haine Patrick Jardin, qui a perdu sa fille lors des attentats, reste profondément meurtri et apparaît de plus en plus souvent dans les sphères de l’extrême droite.                    Enquête     Gaïdz Minassian   et  Annick Cojean    Article réservé à nos abonnésTaner Akçam, l’historien du génocide des Arméniens Au bout de la quête d’une vie, l’universitaire turc publie des preuves irréfutables, selon lui, que la Turquie a bien ordonné le massacre des Arméniens.                  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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Cette cité nouvelle à moins de 200 kilomètres de Bombay devait incarner la modernité. Aujourd’hui, elle est à l’abandon.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ La chercheuse Marie-Hélène Zerah explique qu’un tiers seulement de la croissance urbaine indienne est due aux migrations des campagnes.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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« L’Inde est aujourd’hui aussi urbanisée que la Chine »

La chercheuse Marie-Hélène Zerah explique qu’un tiers seulement de la croissance urbaine indienne est due aux migrations des campagnes.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
07.10.2018 à 18h31
    |

                            Guillaume Delacroix (Bombay, correspondance)








                        



                                


                            

Marie-Hélène Zerah est directrice de recherche au Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques (Cessma). Elle mène des travaux sur les dynamiques urbaines en Inde.
Comment l’Inde du XXIe siècle appréhende-t-elle la ville ?
A l’instar de nombreux pays dans le monde, l’Inde est influencée par la vision dominante d’un futur qui passera forcément par les grandes métropoles. Depuis plusieurs décennies déjà, ses dirigeants encouragent la croissance des agglomérations en pariant sur l’exode rural et en créant des zones économiques spéciales dans les périphéries urbaines. En agissant de la sorte, ils masquent la réalité du terrain.
Voulez-vous dire que la ruralité demeure prégnante dans le sous-continent ?
Quand on observe la croissance urbaine en Inde sur la période 2001-2011, date du dernier recensement national, on s’aperçoit qu’un tiers seulement de cette croissance est dû aux migrations. Ainsi, ceux qui prétendent que les villes grossissent par l’arrivée massive de populations des campagnes se trompent. En vérité, le phénomène d’une migration pérenne et permanente dans les très grandes villes est relativement limité.

Quel est dans ce cas le moteur de l’urbanisation indienne ?
« L’Inde a une définition unique au monde de l’urbanité, qui repose sur la population et la densité, mais également sur la structure économique »
Hormis les migrations, les deux tiers restants s’expliquent pour moitié par l’accroissement démographique naturel et pour moitié par le reclassement des zones rurales en zones urbaines. Il y a là une singularité qui mérite d’être soulignée, car l’Inde a une définition unique au monde de l’urbanité, qui repose sur la population et la densité, mais également sur la structure économique. Il y a deux types de villes : les municipalités, qui ont un statut urbain, et les villes dites « censitaires »....




                        

                        


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Amaravati, la prochaine chimère urbaine indienne

L’Andhra Pradesh, après sa scission avec l’Etat du Telangana, en juin 2014, a décidé de se doter d’une nouvelle capitale sur d’anciennes terres agricoles.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 17h00
    |

                            Guillaume Delacroix (Bombay, correspondance)








                        



                                


                            

On parle d’elle comme du prochain éléphant blanc. Amaravati, toute jeune capitale de l’Andhra Pradesh, sur le golfe du Bengale, est l’obsession du chef du gouvernement régional, Chandrababu Naidu, depuis que son Etat s’est scindé en deux, en juin 2014, abandonnant la célèbre Hyderabad au nouvel Etat du Telangana. Trois mois après le divorce, le potentat avait dévoilé la maquette d’une cité futuriste inspirée par Singapour, pour donner un nouveau sentiment d’appartenance à ses administrés. Un plan en triangle dont deux sommets existaient déjà : Vijayawada, une agglomération de 1,4 million d’habitants, et Guntur, qui approche le million d’habitants. Objectif : réunir là 13 millions d’âmes d’ici à 2050.
Eric Leclerc, directeur de l’UFR géographie et aménagement à l’université de Lille, en revient. « Le gouvernement Naidu est installé sur place depuis octobre 2016 et ils sont en train de commencer la construction de cinq tours résidentielles pour loger les futurs fonctionnaires, témoigne-t-il. L’idée est de construire les infrastructures avant l’arrivée des habitants, avec de grandes artères à angle droit, des réseaux d’assainissement, l’alimentation électrique enterrée… Sur un territoire de 200 km2, c’est un peu la folie des grandeurs. »
Le projet repose sur la mise en commun des terres. « Près de neuf agriculteurs sur dix ont accepté de céder leur propriété, avec la promesse de s’en voir restituer 20 % sous forme de lots viabilisés », précise M. Leclerc. En attendant, la région s’est engagée à verser un salaire aux intéressés, pendant dix ans.
« Des tactiques coercitives »
« Comme à Lavasa, près de Bombay, on fait table rase de l’existant. L’accumulation primitive sur un territoire agricole qui va se couvrir d’un bâti clinquant est évidemment très tentante pour un élu, dans un pays où la politique est financée en grande partie par les entreprises privées », fait remarquer Loraine Kennedy, directrice...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ L’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, lauréat du prix Nobel de littérature 2010, était l’invité du Monde Festival le 6 octobre. Il a livré son analyse de la situation politique en Amérique latine.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro, un nostalgique de la dictature militaire, grand favori de ce premier tour.
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Brésil : les principaux candidats à la présidentielle

Le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro, un nostalgique de la dictature militaire, grand favori de ce premier tour.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 15h46
 • Mis à jour le
07.10.2018 à 15h47
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        


Un Brésil en crise et très divisé a commencé à voter, dimanche 7 octobre, pour une présidentielle aux enjeux importants. Le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro, un nostalgique de la dictature militaire, est le grand favori du premier tour.

        Comprendre :
         

          Brésil : haine anti-Lula, « dégagisme »… les enjeux d’une présidentielle à hauts risques



Le profil détaillé des principaux candidats :
Jair Bolsonaro, le nostalgique de la dictature et de ses tortionnaires

   


A l’extrême droite, Jair Bolsonaro, militaire de réserve, est en tête des sondages. Avec 40 % des intentions de vote, il a su profiter de ce sentiment d’exaspération envers le PT au pouvoir plus d’une décennie, Lula et les scandales de corruption. Se présentant comme « honnête » et « patriote », il promet, sur le ton de la plaisanterie, dira-t-il plus tard, de « fusiller les “petralhas” », les membres du PT. Un ton agressif qui lui a valu le soutien de cette classe moyenne désenchantée par la crise et apeurée par le déclassement.
Dans un pays nourri par un sentiment de chaos et de décadence, ce grand nostalgique de la dictature (1964-1985) incarne la figure du militaire, garant de l’ordre et de l’autorité qui serait à même de venir à bout de l’insécurité qui gangrène le pays. Après une attaque au couteau le 6 septembre qui a failli lui coûter la vie, Jair Bolsonaro, a cultivé, via une campagne orchestrée presque exclusivement via les réseaux sociaux, son profil de « sauveur de la patrie ». En dépit de ses propos racistes, misogynes, homophobes, il fédère désormais une partie de la bourgeoisie, des chrétiens évangéliques, du monde agricole et des milieux d’affaires.

        Lire son portrait :
         

          le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro, un nostalgique de la dictature militaire



Fernando Haddad, le poulain de Lula

   


Considéré par ses contempteurs comme la « marionnette de Lula », Fernando Haddad est sorti de l’ombre le mardi 11 septembre après avoir été adoubé par le « père des pauvres », dont la candidature venait d’être rejetée du fait de sa condamnation pour corruption. L’ancien maire de Sao Paulo, inconnu du grand public, a alors mené une campagne sans ambiguïté, baptisée « Haddad est Lula » pour profiter de l’aura de son mentor. Une stratégie qui a permis à l’ancien ministre de l’éducation de progresser dans les enquêtes d’opinion jusqu’à devenir le challenger de Jair Bolsonaro. Il est aujourd’hui crédité de 25 % des intentions de vote.
Mais la bénédiction de Lula et son appartenance au PT provoquent également le rejet d’une partie du Brésil fatiguée des promesses de la gauche et avide de changement. En l’absence de Jair Bolsonaro lors des débats, Fernando Haddad est devenu l’homme à abattre. Il a dû affronter des feux nourris de la quasi-totalité de ses adversaires qui, de Geraldo Alckmin (droite) à Marina Silva en passant par Ciro Gomes (centre gauche) l’ont confronté au bilan du PT, dont une partie de l’état-major est impliquée dans des scandales de corruption et dont la politique dépensière est jugée en partie responsable de la récession historique de 2015.
Désireux d’incarner une « troisième voie », les autres candidats ont renvoyé dos à dos le PT et Jair Bolsonaro, deux extrêmes représentant un danger équivalent pour le Brésil. Une stratégie risquée, qui, à ce stade, n’a fait que légitimer l’ascension du héraut de l’extrême droite.
Marina Silva, l’écolo évangélique

   


Originaire de Rio Branco, capitale de l’Etat de l’Acre au fin fond de l’Amazonie, l’ancienne ministre de l’écologie de Lula a remporté 20 % des voix lors des deux précédents scrutins présidentiels. Femme de caractère, elle avait jeté sa carte du PT, dégoûtée par les concessions du gouvernement à l’agrobusiness. A 60 ans, elle espérait vivre, enfin, son moment.
Las, créditée de 16 % des intentions de vote en août, celle qui fut domestique et analphabète jusqu’à ses 16 ans affiche désormais un médiocre 3 %. Pas assez incisive pour les uns, mal préparée pour les autres, la leadeuse du parti écologiste a semblé inaudible dans une campagne agressive.
Geraldo Alckmin, le candidat de l’establishment dépassé par l’extrême droite

   


Ancien gouverneur de l’Etat de Sao Paulo, l’ex-président du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB), 65 ans, représente le camp de la droite républicaine. Une droite « élégante » mais décrédibilisée pour avoir participé au gouvernement du très impopulaire Michel Temer, accusé d’avoir enfoncé le Brésil dans les tréfonds d’une crise morale et politique.
Face à des électeurs écœurés par les scandales de corruption, le PSDB pâtit des multiples affaires ou soupçons entourant Aecio Neves, candidat du scrutin de 2014. Comparé à un sorbet de « chu chu », une cucurbitacée insipide, pour son manque de charisme, Geraldo Alckmin a été incapable de se distinguer face à ceux qu’il qualifie de « deux faces d’une même pièce », Fernando Haddad et Jair Bolsonaro. Stagnant à 8 % des intentions de vote, il a perdu l’appui des milieux d’affaires qui lui ont préféré Jair Bolsonaro et son très libéral conseiller économique, Paulo Guedes.
Ciro Gomes, l’exalté, espoir d’une troisième voie

   


Celui qui fut à la fois ministre du gouvernement d’Itamar Franco en 1994 et de Lula – de 2003 à 2006 – a navigué entre sept partis avant d’échouer au Parti démocratique travailliste (PDT, centre gauche). Longtemps considéré comme un suppléant potentiel de Lula, dont il s’est dit chagriné par la condamnation, Ciro Gomes a perdu de l’élan après la candidature de Fernando Haddad. Il est aujourd’hui crédité de 15 % des intentions de vote.
Réputé pour son impulsivité, il a expliqué à Marina Silva que cette campagne avait besoin de « testostérone » et s’est laissé aller, lors d’un meeting de campagne, à traiter un journaliste de « fils de pute ». L’ascension vertigineuse de Jair Bolsonaro et la haine anti-PT feraient de Ciro Gomes une option crédible pour incarner une « troisième voie » et offrir la victoire du camp progressiste face à l’extrême droite. Dans les simulations de second tour, Ciro Gomes est le seul à battre Jair Bolsonaro à 47 % contre 43 % selon l’enquête Datafolha du 6 octobre. Il lui reste à décrocher une improbable place au second tour.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Plusieurs milliers de manifestants ont dénoncé samedi le choix des élus en faveur du juge Brett Kavanaugh malgré des accusations d’agression sexuelle pendant sa jeunesse.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Au nord-ouest de la Syrie, la ville d’Idlib, terreau du terrorisme, est au coeur de vives négociations entre le régime d’Assad et les forces occidentales. Explication, en cartes et en images.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Deux quartiers de la localité de l’île de Sulawesi ont été durement touchés par le séisme suivi d’un tsunami ayant frappé l’Indonésie, le 28 septembre.
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Indonésie : à Palu, 5 000 personnes présumées disparues après le séisme et le tsunami

Deux quartiers de la localité de l’île de Sulawesi ont été durement touchés par le séisme suivi d’un tsunami ayant frappé l’Indonésie, le 28 septembre.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 11h38
   





                        



   


Jusqu’à 5 000 personnes sont présumées disparues dans deux quartiers de la ville de Palu, localité de l’île indonésienne de Sulawesi – autrefois appelée l’île de Célèbes – durement frappée par un puissant séisme suivi d’un tsunami, a annoncé, dimanche 7 octobre, un porte-parole de l’agence de gestion des catastrophes.
Sutopo Purwo Nugroho a expliqué aux journalistes que ce chiffre était fondé sur les estimations des chefs de village à Petobo et Balaroa, quartiers dévastés par la double catastrophe. Il a ajouté que les recherches de disparus se poursuivront jusqu’au 11 octobre. A cette date, ils seront présumés morts.

        Lire aussi, notre reportage :
         

          Une semaine après le séisme et le tsunami, les familles à la recherche des corps de leurs proches



Dans le vaste complexe résidentiel gouvernemental de Balaroa, où les bâtiments ont été rasés et la terre s’est un temps « liquéfiée », des soldats munis de masques grimpaient encore, samedi, sur des décombres formant une montagne de boue, de briques et de ciment.
L’ONU en quête de 50,5 millions de dollars
« Il n’y a aucun survivant ici. Nous trouvons juste des corps, chaque jour », expliquait alors le sergent Syafaruddin, debout près des ruines d’une école islamique où ses hommes viennent de retrouver les corps de deux adultes et d’un enfant. D’autres sauveteurs continuent de scruter les images de la sécurité de l’hôtel Roa-Roa réduit en miettes, pour tenter de deviner où pourraient être enterrés des clients.

        Lire aussi, le témoignage d’un secouriste français :
         

          « On est un petit peu frustrés de ne pas pouvoir les aider plus »



L’ONU a déclaré vendredi être en quête de 50,5 millions de dollars pour mettre en œuvre un plan d’« activités de secours immédiat » élaboré avec les autorités indonésiennes.
Il s’agit selon l’ONU de venir en aide à 191 000 personnes au cours des trois prochains mois. La double catastrophe a provoqué des dégâts à 65 000 habitations, dont 10 000 ont été complètement détruites par le tsunami et 15 000 endommagées par le séisme.
Après de longues journées d’attente, l’aide internationale commence à arriver sur la zone du désastre. Son acheminement est difficile car le petit aéroport de Palu ne peut encore accueillir qu’un nombre limité de vols.
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            data-slide-description="Des habitants déplacés sont hébergés dans un abri provisoire dans le village de Balaroa, près de Palu, le 6 octobre."
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            data-slide-description="Le quartier de Balaroa, à Palu, a été détruit par un phénomème de liquéfaction. Le sol saturé d’eau est devenu liquide sous l’effet des secousses sismiques."
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            data-slide-description="Junaedi, 48 ans, chef des volontaires de l’Islamic Defenders Front pose devant une mosquée : « Je suis triste comme un être humain peut l’être, et je dois aider les autres comme tout humain le ferait. »"
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            data-slide-description="A Balaroa, la liquéfaction du sol a entièrement détruit ce quartier de la ville de Palu."
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            data-slide-description="Des jeunes filles mendient sur le bord de la route, au Donggala, le 6 octobre."
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            data-slide-description="Mursid, 40 ans, dans le village de Balaroa, près de Palu : « Après que la terre a tremblé, j’ai vu de la poussière partout et je me suis enfui pour me mettre à l’abri. »"
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            data-slide-description="Aja, 32 ans devant sa maison effondrée dans le village de Loli :  « Quand j’ai vu la première vague, ce fut l’étonnement, après la seconde encore plus haute et la troisième toujours plus haute, je me suis enfuie avant qu’elles ne me frappent. »"
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            data-slide-description="Un homme devant les décombres de bâtiments détruits par le tsunami, à Donggala, sur l’île des Célèbes, le 6 octobre."
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            data-slide-description="Jabbar et Misna, 35 ans, mari et femme devant leur abri dans le village de Balaroa, près de Palu :  « Après le tremblement de terre, ma famille s’est retrouvée dans la rue. Tous les bâtiments de part et d’autre s’étaient effondrés. Nous sommes restés dans la rue qui ondulait comme une vague. »"
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            data-slide-description="Des femmes réfugiées choisissent des vêtements qui ont été donnés, tandis qu’un enfant joue de la flûte, dans le village de Balaroa, près de Palu, le 6 octobre."
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            data-slide-description="Des soldats patrouillent dans le village de Balaroa, à Palu, le 6 octobre."
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            data-slide-description="Ijen, 44 ans, devant sa maison en ruines dans le village de Loli : « Ma maison est détruite, j’ai tout perdu mais je reste debout. »"
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            data-slide-description="La corvée d’eau pour les habitants qui ont perdu leurs maisons, dans le village de Balaroa, le 6 octobre."
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Des habitants déplacés sont hébergés dans un abri provisoire dans le village de Balaroa, près de Palu, le 6 octobre.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ La propagande djihadiste doit continuer d’être scrutée et interprétée avec vigilance, même si les récupérations opportunistes se multiplient ces derniers mois, estime l’historien Jean-Pierre Filiu.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ La secousse, qui a frappé le nord-ouest de l’île, a été ressentie jusque dans la capitale. Une cellule de crise a été mise en place, selon le premier ministre haïtien.
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Haïti : au moins douze morts après un séisme d’une magnitude de 5,9

La secousse, qui a frappé le nord-ouest de l’île, a été ressentie jusque dans la capitale. Une cellule de crise a été mise en place, selon le premier ministre haïtien.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 07h02
 • Mis à jour le
07.10.2018 à 18h02
   





                        


Au moins douze personnes ont été tuées et 188 blessées dans le nord-ouest d’Haïti, secoué samedi 6 octobre, dans la soirée, par un séisme d’une magnitude de 5,9 qui a créé « un début de panique dans plusieurs villes », ont annoncé les autorités.
Selon le ministère de l’intérieur, huit personnes sont mortes dans la ville côtière de Port-de-Paix — capitale du département du Nord-Ouest —, trois à Gros-Morne, qui se trouve à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de cette localité, et une à Saint-Louis-du-Nord. Le précédent bilan, communiqué par un porte-parole du gouvernement haïtien, faisait état de onze morts et 135 blessés.
Le président Jovenel Moïse a annoncé dimanche matin sur Twitter être « en route pour Port-de-Paix et Gros morne ».
« Je vais m’enquérir personnellement de la situation, suite au passage du séisme. Je veux m’assurer que l’appareil étatique est mobilisé à fond pour venir en aide aux victimes. »

Je suis en route pour Port-de-Paix et Gros morne. Je vais m’enquérir personnellement de la situation, suite au pass… https://t.co/LGwUXhUNA0— moisejovenel (@Président Jovenel Moïse)


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L’épicentre de la secousse d’une magnitude de 5,9 a été enregistré à 19 kilomètres au nord-ouest de Port-de-Paix à 20 h 10 locales (2 h 10 à Paris), a annoncé l’institut géologique américain USGS. Plusieurs légères répliques ont ensuite été ressenties dans le nord-ouest. La ville de Chansolme (nord-ouest) et la petite île de la Tortue ont aussi été affectées.
Le président haïtien appelle la population à « garder son calme »
Une cellule de crise, incluant plusieurs ministères, a été mise en place « afin de coordonner l’ensemble des réponses d’urgence à apporter », a fait savoir le premier ministre d’Haïti, Jean-Henry Céant, sur son compte Twitter.
De son côté, le président Jovenel Moïse a exhorté, toujours sur Twitter, la population « à garder son calme », ajoutant que « le système de gestion de risques et les directions régionales de la Protection civile sont en alerte pour assister les habitants des zones touchées ».

J’exhorte la population à garder son calme, suite au passage du séisme dont l’épicentre est localisé dans les côtes… https://t.co/Y3hWyUt3FR— moisejovenel (@Président Jovenel Moïse)


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« Des blessés sont actuellement accueillis et soignés dans les hôpitaux du département », avait dans un premier temps communiqué la protection civile haïtienne. « Ailleurs, des cas de blessés, pour la plupart légers, ont été également enregistrés à la suite de mouvements de panique causés par la secousse », a-t-elle ajouté. Région la plus pauvre du pays, le Nord-Ouest compte beaucoup de zones enclavées faute de routes en bon état.
Des traumatismes du séisme de 2010
La secousse de plusieurs secondes a été ressentie jusque dans la capitale, Port-au-Prince, suscitant l’émotion auprès des habitants qui restent traumatisés par le séisme qui avait ravagé la ville et ses environs en 2010. La Protection civile a, par ailleurs, fait savoir qu’aucune alerte au tsunami n’avait été émise.

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                Quatre ans après le séisme, Haïti parie sur le solaire pour se reconstruire



Le 12 janvier 2010, un tremblement de terre d’une magnitude de 7 avait causé la mort de plus de 200 000 personnes, en blessant plus de 300 000 autres. Plus d’un million et demi de personnes s’étaient retrouvées à la rue à la suite de cette catastrophe dont les dégâts avaient été évalués à hauteur de 120 % du PIB national. L’état d’urgence avait été déclaré sur l’ensemble du pays pour un mois.
Les structures et l’organisation de l’État haïtien avaient beaucoup souffert de la catastrophe. De très nombreux bâtiments avaient été détruits, dont le palais national et la cathédrale Notre-Dame de Port-au-Prince.

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                Rony Brauman : « C’est la première fois que la mortalité indirecte liée à une catastrophe fait débat »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ L’économie américaine tourne à plein régime, le taux de chômage est le plus bas depuis cinquante ans, mais Donald Trump est au plus bas dans les sondages. Un effet collatéral du déplacement du débat politique de l’économie à l’identitaire.
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Président Trump, an II : la guerre de tranchées, au risque de l’impopularité

L’économie américaine tourne à plein régime, le taux de chômage est le plus bas depuis cinquante ans, mais Donald Trump est au plus bas dans les sondages. Un effet collatéral du déplacement du débat politique de l’économie à l’identitaire.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 06h08
 • Mis à jour le
07.10.2018 à 11h43
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            
C’est à n’y rien comprendre ! L’économie américaine tourne à plein régime et avec le taux de chômage le plus bas depuis un demi-siècle – enregistré le 5 octobre –, elle va finir par manquer de bras. Il va falloir embaucher au Mexique ou en Afrique pour éviter une thrombose. On plaisante, bien sûr, mais avec des résultats pareils, on pourrait s’attendre à ce que Donald Trump tutoie les sommets de popularité, d’autant qu’il a pu se féliciter cette semaine de la réécriture de l’accord de libre-échange concernant l’Amérique du Nord, ou encore de la confirmation du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême, deux promesses de campagne.

Sauf que pas du tout. Avec une croissance insolente et des chiffres de création d’emplois à se damner, le président obtient même un plus mauvais résultat, à cet instant de son premier mandat, que Barack Obama aux pires heures de la grande récession de 2008, selon les moyennes des sondages calculées par le site RealClearPolitics. Une énigme.
En 1992, le stratège électoral de Bill Clinton, James Carville, avait affiché dans le quartier général de campagne de Little Rock, dans l’Arkansas, la martingale pour remporter l’élection présidentielle prévue cette année-là. Trois mots d’ordre dont l’histoire a surtout retenu le deuxième : « l’économie, crétin » (the economy, stupid). Il s’ajoutait au « changement », opposé à la continuité incarnée par le président républicain sortant, George H. W. Bush, et à ce conseil toujours d’actualité : « n’oublie pas la santé. »
Diviser pour mieux régner
La centralité de l’économie, désormais, est remise en cause. Sous réserve d’une flambée tardive du taux d’approbation présidentiel, il faut donc chercher ailleurs les raisons de ce paradoxe. Sans qu’il soit nécessaire d’aller trop loin. En ravivant cette semaine, à la lumière des accusations d’agressions sexuelles visant Brett Kavanaugh, un clivage entre les femmes et les hommes, qui vivraient désormais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Pour avoir fait passer plus de 80 000 euros de repas aux frais du contribuable, elle est mise en examen pour « fraude » et « abus de confiance » présumés.
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Israël : ouverture du procès de l’épouse du premier ministre, Sara Nétanyahou, pour des frais de bouche

Pour avoir fait passer plus de 80 000 euros de repas aux frais du contribuable, elle est mise en examen pour « fraude » et « abus de confiance » présumés.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 05h05
 • Mis à jour le
07.10.2018 à 14h29
   





                        



   


Délaisser les plats concoctés par le cuisinier de la résidence officielle pourrait coûter cher à Sara Nétanyahou. L’épouse du premier ministre israélien est jugée à partir de dimanche 7 octobre sous l’accusation d’avoir fait passer pour plus de 80 000 euros de repas aux frais du contribuable.

        Lire aussi :
         

                Israël : Sara Nétanyahou, l’épouse du premier ministre, inculpée pour « fraude » dans l’affaire des frais de bouche



Mise en examen pour « fraude » et « abus de confiance » présumés, la femme de Benyamin Nétanyahou, 60 ans en novembre, est soupçonnée d’avoir commandé entre septembre 2010 et mars 2013, pour elle-même, les membres de sa famille et des invités, des centaines de repas pour « plus de 350 000 shekels » (83 000 euros), selon le ministère de la justice. La justice lui reproche d’avoir menti en invoquant l’absence de cuisinier à la résidence du premier ministre pour faire livrer, jusqu’à des dizaines de fois un même mois, des repas de différents restaurants de Jérusalem.
Ezra Saidoff, ancien directeur général adjoint au bureau du premier ministre, est lui aussi mis en examen. Selon les médias israéliens citant l’acte d’accusation, il aurait agi de concert avec Mme Nétanyahou pour créer l’impression qu’aucun cuisinier n’était employé à la résidence.
Des indemnisations pour mauvais traitement du personnel
Le procès doit débuter dimanche à 12 h 30 (à Paris) au tribunal de première instance de Jérusalem et pourrait durer des mois. Supervisé par un panel de trois juges en raison de la « sensibilité publique » de l’affaire, il devait initialement commencer en juillet mais a été reporté pour des raisons n’ayant pas été rendues publiques.
Lors de l’annonce de sa mise en examen en juin, les avocats de Mme Nétanyahou avaient qualifié les poursuites d’« absurdes et délirantes », estimant que « pour la première fois en Israël et dans le monde, l’épouse du dirigeant en place est poursuivie pour des plateaux-repas ».
Cette affaire braque à nouveau les projecteurs sur une figure omniprésente et réputée influente auprès de Benyamin Nétanyahou, et dont la presse israélienne éclaire régulièrement d’une lumière peu favorable les agissements personnels.
Les détracteurs des Nétanyahou se gaussent depuis des mois des affaires de la résidence, où il a été question non seulement de plats de traiteurs, mais aussi de meubles de jardin achetés sur les fonds publics, de détournement du revenu de bouteilles consignées et de maltraitance du personnel. Les médias ont déjà suivi avec avidité la bataille devant les tribunaux entre Mme Nétanyahou et un ancien homme de confiance de la résidence, Meni Naftali, qui l’avait accusée de comportement tyrannique. Il avait obtenu quelque 40 000 euros en 2016 pour mauvais traitements.
Les Nétanyahou ont dénoncé une campagne de calomnies. Sara Nétanyahou, qui se présente régulièrement comme une victime de l’acharnement médiatique, avait déjà dit dans le passé que « son sang avait été versé publiquement ».
Deux enquêtes en cours
La mise en cause de Mme Nétanyahou ne semble pas de nature à avoir un effet politique immédiat sur son mari, étranger au dossier. Mais elle s’ajoute aux différentes affaires de corruption présumée qui menace le long règne du premier ministre, au pouvoir depuis 2009.
En février, la police a recommandé son inculpation dans deux enquêtes touchant l’une à des cadeaux qu’il aurait indûment reçus de riches personnalités, l’autre à un accord secret qu’il aurait tenté de conclure avec un quotidien populaire pour une couverture favorable. Il a de nouveau été entendu par la police vendredi à Jérusalem pendant plusieurs heures. Selon les médias, il était interrogé pour la douzième fois par les enquêteurs en tant que suspect.

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                Israël : Nétanyahou entendu par la police enquêtant pour corruption



Une autre enquête a été ouverte dans l’affaire Bezeq, le principal groupe de télécommunications israélien. La police cherche à savoir si le couple Nétanyahou a tenté de s’assurer une couverture propice de la part du site d’informations Walla en contrepartie de faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des centaines de millions de dollars à Bezeq. Le principal actionnaire du groupe, Shaul Elovitch, et six autres personnes dont deux proches collaborateurs de M. Nétanyahou, ont été arrêtés en février dans cette affaire.

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Malgré ces enquêtes, M. Nétanyahou reste en bonne position dans les sondages et pourrait, après douze ans au pouvoir – en deux fois – battre le record de longévité de l’historique David Ben Gourion.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro, « anti-establishment » mais aussi raciste, misogyne et homophobe, est le grand favori du premier tour, qui a débuté dimanche.
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Brésil : haine anti-Lula, « dégagisme »… les enjeux d’une présidentielle à hauts risques

Le candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro, « anti-establishment » mais aussi raciste, misogyne et homophobe, est le grand favori du premier tour, qui a débuté dimanche.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 04h07
 • Mis à jour le
07.10.2018 à 15h37
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



   


Exaspéré par la corruption de ses élites, fatigué par une crise interminable, le Brésil veut une révolution et entend le démontrer lors des élections générales. Alors que se décide le premier tour, dimanche 7 octobre, Jair Bolsonaro, candidat d’extrême droite, « anti-establishment » mais aussi raciste, misogyne et homophobe, reste ultra favori avec 40 % des intentions de vote, selon l’enquête Datafolha du 6 octobre. Il devance Fernando Haddad, du Parti des travailleurs (PT, gauche), à 25 %.
Sous la surveillance de quelque 280 000 policiers et militaires, les premiers bureaux de vote ont ouvert à 8 heures locales (13 heures en France) pour les 147 millions d’électeurs brésiliens. Une demi-heure plus tard, des files d’attente de dizaines d’électeurs s’étaient formées dans le centre de Sao Paulo ou de Rio, à Copacabana. Les derniers bureaux fermeront à 19 heures et les résultats définitifs sont attendus deux heures après.
Suivez la journée de vote avec notre correspondante sur place, Claire Gatinois :

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Elections générales
Les électeurs sont appelés à renouveler l’intégralité de la chambre des députés (513 députés) et deux tiers du Sénat (54 sur 81). Ils doivent aussi désigner vingt-sept gouverneurs d’Etat ainsi que plus d’un millier de députés régionaux et bien sûr leur futur président de la République, accompagné de son vice-président.
Le grand favori du scrutin, Jair Bolsonaro, candidat d’extrême droite, plaît pour son profil atypique, provocateur et « anti-système ». Il est en réalité le produit de ce système qu’il prétend mépriser : entré en politique à la fin des années 1980, il a été élu sept fois député.

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Quant au Congrès, selon un article de la revue IstoE, du 5 octobre, il est à prévoir que seulement 25 % du Parlement brésilien sera de facto rénové. Le reste marquera la réélection d’anciens députés et sénateurs, l’accession au pouvoir de dinosaures ayant occupé d’autres postes ou des « fils/filles de ». Il en va ainsi de Danielle Cunha, fille de l’ancien député Eduardo Cunha, emprisonné dans le cadre de l’opération « Lava-Jato » (lavage express), connu pour avoir orchestré l’« impeachment » (destitution) de la présidente de gauche Dilma Rousseff en 2016. Ou des fils de Jair Bolsonaro, Flavio, candidat au Sénat, et Eduardo, candidat à la chambre des députés…
« Le Brésil est une grande oligarchie. Plus de 65 % des membres du Sénat sont issus de dynasties politiques », atteste Silvio Costa, du site Congresso em foco, chargé du suivi de l’actualité parlementaire.
Haine anti-Lula et volonté de « dégagisme »

    / AFP / Miguel SCHINCARIOL



Absent du scrutin, emprisonné pour corruption, l’ancien chef de l’Etat Luiz Inacio Lula da Silva continue de hanter l’élection présidentielle. Haï par une partie de la population, chéri par une autre, il aura servi de marqueur tout au long d’une campagne atypique. Chacun des candidats a dû se positionner pour ou contre l’ancien métallo et le Parti des travailleurs (PT, gauche) au pouvoir de 2003 à 2016.
Reflet de cette polarisation, les deux favoris sont d’un côté Jair Bolsonaro, qui a construit son ascension sur une profonde détestation de Lula et du PT, de l’autre, Fernando Haddad, remplaçant de Lula, dont il promet de préserver l’héritage. Tous deux devraient, sauf coup de théâtre, être sélectionnés pour le second tour, avant le duel final prévu pour le 28 octobre.
Morale et l’insécurité

   


Sécurité
Dans un pays où une personne est, en moyenne, assassinée toutes les dix minutes, le thème de la violence est omniprésent. A ce fléau, les partis traditionnels répondent par des mesures connues : une hausse des investissements dans les dispositifs de sécurité, une meilleure coordination entre les polices fédérale et régionales, militaires et civiles ou des politiques à plus long terme (éducation, réduction des inégalités). Jair Bolsonaro se distingue par une démonstration de force et d’autorité et une antienne : « Bandido bom é bandido morto » (« un bon bandit est un bandit mort »). Proposant de revenir sur l’« estatuto do desarmamento » (loi sur le désarmement) de 2003, il compte abaisser la majorité pénale à 16 ans, interdire les aménagements de peine et amnistier les crimes commis par des policiers. Une politique applaudie par nombre d’habitants des périphéries de grandes villes, usés par la barbarie des gangs et des milices.
Economie
Après une récession historique, le thème de l’économie est l’autre sujet majeur. Avec une dette publique estimée à près de 90 % du produit intérieur brut (PIB) à la limite du soutenable pour un pays émergent, les candidats ont dû faire montre d’un sens de la responsabilité budgétaire. Geraldo Ackmin a tenté de se différencier, se présentant comme l’homme des réformes. Mais c’est Jair Bolsonaro qui a remporté, in fine, l’adhésion des milieux d’affaires reconnaissant « ne rien connaître en économie ». Une stratégie de l’esquive visant à mieux mettre en avant son conseiller Paulo Guedes. Un « Chicago Boy » ultralibéral qui propose d’éponger la dette en privatisant à outrance.
Morale 
L’écœurement des Brésiliens face aux scandales de corruption s’est accompagné d’une tendance au repli sur les valeurs traditionnelles que sont Dieu, la patrie, la famille, l’éthique. Bien avant le démarrage de la campagne, les polémiques frappant le monde de la culture ont donné le signal d’une montée d’un courant ultra-conservateur. Ainsi, lors de la venue de la philosophe américaine Judith Butler – auteure du célèbre ouvrage Trouble dans le genre –, son effigie avait été brûlée telle une sorcière au temps de l’inquisition. Avec un slogan « Le Brésil par-dessus tout et Dieu au-dessus de tous », Jair Bolsonaro, pourfendeur du droit à l’avortement et d’une pseudo-théorie du genre enseignée à l’école, a su capter les voix de mères inquiètes de la « perversité » du monde moderne et le vote de grandes Eglises évangéliques.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Le PDP, principal parti de l’opposition, a également ouvert en début de journée sa convention de primaires pour choisir celui qui affrontera l’actuel chef de l’Etat.
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Compte rendu

Nigeria : le président Muhammadu Buhari candidat à sa propre succession

Le PDP, principal parti de l’opposition, a également ouvert en début de journée sa convention de primaires pour choisir celui qui affrontera l’actuel chef de l’Etat.


LE MONDE
              datetime="2018-10-07T02:00:25+02:00"

        Le 07.10.2018 à 02h00





Candidat à sa propre succession, le président Muhammadu Buhari a été désigné samedi 6 octobre par son parti, le All Progressives Congress (APC) pour le représenter à l’élection présidentielle de février 2019 au Nigeria.
Quelque 7 000 délégués de l’APC s’étaient rassemblés à Eagle Square, dans la capitale fédérale Abuja, pour officialiser la nomination du président Buhari, une simple formalité puisqu’il était seul en lice. Cette primaire directe – pourtant sans enjeu – a toutefois attiré près de 15 millions de votants à travers le pays, a affirmé le gouverneur d’Ekiti, Kayode Fayemi, après l’annonce des résultats.

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Selon la Constitution nigériane, le président a droit à deux mandats de quatre ans maximum. Son porte-parole, Garba Shehu, avait affirmé plus tôt à l’Agence France-Presse (AFP) qu’il n’y a « rien d’extraordinaire » au fait d’accorder la priorité au président sortant s’il désire briguer un nouveau mandat. « Toutefois, notre parti, dans une tradition de vraie démocratie, a ouvert la compétition (…), ceux qui souhaitaient concourir face au président étaient libres de le faire », avait-il dit.
Les Nigérians seront appelés aux urnes en février et mars 2019 pour élire un nouveau président, mais aussi leurs gouverneurs et députés. Le président Buhari, un ancien général de 75 ans, est aujourd’hui très critiqué, notamment pour ses politiques économiques et son incapacité à enrayer les violences dans le pays le plus peuplé d’Afrique, avec 180 millions d’habitants.

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L’issue incertaine de la primaire du PDP
Tous les regards sont désormais tournés vers la ville pétrolière de Port Harcourt (Etat de Rivers), dans le sud-est du pays, où une douzaine de candidats s’affrontent pour le ticket présidentiel du Parti démocratique du peuple (PDP), principal parti de l’opposition. Ce parti avait été évincé par l’APC de Buhari en 2015, après seize ans au pouvoir, lors de la première alternance politique au Nigeria depuis le retour à la démocratie en 1999.
Selon des responsables sur place, au moins 4 000 délégués des trente-six Etats et du territoire de la capitale fédérale Abuja devraient voter lors de cet événement qui s’achèvera dimanche. Le vote a démarré tard samedi, vers 21 h 15 locales (22 h 15 à Paris), après l’accréditation des délégués. Sans surprise, le vainqueur sera probablement issu du nord à majorité musulmane, selon une règle tacite au Nigeria selon laquelle la présidence doit alterner tous les deux mandats entre un candidat du nord et un candidat du sud.

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Les principaux candidats en lice sont l’ancien vice-président Atiku Abubakar, 71 ans, qui s’est déjà présenté quatre fois à la présidentielle, le président du Sénat Bukola Saraki, le gouverneur de l’Etat de Sokoto (nord) Aminu Tambuwal, et Rabiu Kwankwaso, un ancien gouverneur de l’Etat de Kano (nord). Le cabinet de conseil Eurasia a affirmé dans une note samedi que la compétition serait sans doute serrée entre Abubakar et Tambuwal, les plus à même de remporter la primaire du PDP. Le gouverneur de Sokoto « offre la meilleure chance d’attirer l’électorat stratégique du nord-ouest et du nord-est, et sera l’adversaire le plus fort contre Buhari », a ajouté le cabinet.
« Nous attendons une très bonne convention, nous travaillons dur pour mettre en place un processus crédible, libre, juste et acceptable », a déclaré à la presse le gouverneur de l’Etat du Delta, Ifeanyi Okowa, qui préside le comité d’organisation des primaires. Plus de 12 000 policiers ont été déployés à Port-Harcourt pour s’assurer qu’il n’y ait pas d’incident, selon le porte-parole de la police de l’Etat, Nnamdi Omoni.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le vote du Sénat, samedi, apporte une nouvelle victoire à Donald Trump et devrait satisfaire son électorat conservateur à un mois des élections de mi-mandat.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/10/2018
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Etats-Unis : après la confirmation de Kavanaugh, les républicains jubilent

Le vote du Sénat, samedi, apporte une nouvelle victoire à Donald Trump et devrait satisfaire son électorat conservateur à un mois des élections de mi-mandat.



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 01h07
 • Mis à jour le
07.10.2018 à 12h03
   





                        



   


Après trois semaines de tourmente politique, le Sénat a approuvé, samedi 6 octobre, la nomination du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême des Etats-Unis, offrant par là même une victoire à Donald Trump.
Comme promis pendant la campagne, le président a fait pencher l’institution dans le camp conservateur en nommant deux juges depuis son entrée en fonction. Les « progressistes » sont désormais en minorité (quatre sur neuf).

        Lire l’analyse :
         

          Brett Kavanaugh à la Cour suprême, le passage en force coûteux de Donald Trump



« J’applaudis et je félicite le Sénat pour la confirmation de notre formidable candidat », a salué sur Twitter Donald Trump, qui a défendu bec et ongles M. Kavanaugh. Le président a ajouté qu’il signerait « plus tard aujourd’hui l’acte de nomination et [le magistrat] prêtera serment officiellement. Très palpitant ! »
« Soirée historique »
En déplacement à Topeka, la capitale de l’Etat du Kansas, pour un rassemblement électoral, le locataire de la Maison Blanche s’est réjoui de cette « soirée historique ». « Je me tiens devant vous aujourd’hui après une formidable victoire pour notre nation, pour notre peuple et pour notre bien-aimée Constitution », a déclaré Donald Trump sous les acclamations de la foule.

I applaud and congratulate the U.S. Senate for confirming our GREAT NOMINEE, Judge Brett Kavanaugh, to the United S… https://t.co/573HIDggVn— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Le leader de la majorité au Sénat, Mitch McConnell, a estimé pour sa part que les parlementaires « s’étaient mobilisés pour la présomption d’innocence » en confirmant Brett Kavanaugh à la Cour suprême.
L’ambiance était à la célébration dans les rangs républicains. Considérant cette nomination comme « excellente » pour la plus haute instance juridique américaine, la secrétaire nationale du « Grand Old Party » (GOP), Ronna Romney McDaniel, a dénoncé les pratiques « honteuses » des démocrates. « Heureusement, leur campagne d’obstruction s’est retournée contre eux. Les votants républicains sont motivés et les Américains, impatients de [les] sanctionner en novembre », a-t-elle déclaré.

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          les républicains prêts à passer en force à la Cour suprême



Un revers pour les démocrates
Cette nomination est un revers pour les élus démocrates et les défenseurs des droits civiques qui s’étaient mobilisés dès la nomination de Brett Kavanaugh par Trump en juillet pour tenter d’empêcher sa confirmation.
Les démocrates espèrent toutefois que cette nouvelle polémique mobilisera l’électorat féminin et leur permettra de reprendre le contrôle du Congrès aux élections de mi-mandat, en novembre. « Aux Américains, à tous les millions de gens outrés par ce qu’il s’est passé ici, il n’y a qu’une réponse : votez », a lancé Chuck Schumer, le chef de l’opposition démocrate au Sénat et élu de l’Etat de New York.
« Nous sommes déçues. Nous sommes furieuses. Mais nous exprimerons notre colère aux élections », a mis en garde sur Twitter l’organisation d’aide aux candidates démocrates Emily’s List.

We are disappointed. We are furious. But we will carry our anger into the election. Women will not forget that the… https://t.co/8WQzW8XB9H— emilyslist (@EMILY's List)


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Un an après l’émergence du mouvement #metoo, l’association Time’s Up a déclaré sur Twitter avoir « le cœur brisé », même si elle n’est « pas surprise qu’un petit groupe d’hommes blancs ait pris une décision qui privilégie l’évaluation de la carrière d’un homme à tout le reste ».
Au-delà de la consternation, ce groupe, créé par 300 actrices, ne perd pas espoir, voyant que « les chambres du pouvoir sont en train de changer aux Etats-Unis », et que cette affaire deviendra « l’histoire d’une avalanche de femmes qui a raconté la vérité et pris le pouvoir ».

It’s heartbreaking but not surprising that this small group of largely white men made a decision that valued the ca… https://t.co/OqLBrkEwBa— TIMESUPNOW (@TIME'S UP)


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Manifestations

   


A Washington, plusieurs centaines de manifestants, principalement des femmes, ont franchi les barrières métalliques que les autorités avaient exceptionnellement fait disposer autour du Capitole et ont envahi l’escalier monumental du vaste édifice. « C’est notre Cour, ce sont nos marches, ce sont nos institutions », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Jessica Campbell-Swanson, 35 ans, après être descendue de la grande statue en marbre de la Justice qui se trouve devant la Cour suprême et qu’elle avait escaladée.
Pour exprimer leur colère, certains manifestants ont frappé de leurs poings sur les portes de bronze du bâtiment de la Cour suprême. Des centaines de personnes ont scandé des slogans comme « Pas de justice, pas de siège » ou « Votez contre eux » et brandi des pancartes hostiles au juge Kavanaugh. Finalement, la police a éloigné les protestataires du bâtiment et les a tenus à distance. Plusieurs dizaines de manifestants ont été arrêtés.
Auparavant, le vote de confirmation du Sénat a été interrompu à de multiples reprises par des protestataires qui criaient leur hostilité depuis la galerie réservée au public, certains criant « Lâches ! » aux sénateurs ou sénatrices qui votaient pour le juge Kavanaugh. Ces manifestants ont été, après chaque interruption, évacués de la galerie par les forces de sécurité.
Plus tard, lorsque le vice-président Mike Pence, qui présidait le vote, est sorti du Sénat, il a été hué jusqu’à ce qu’il ait gagné sa voiture. Des manifestations ont aussi eu lieu dans d’autres villes des Etats-Unis, dont Seattle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Un groupe de députés et de personnalités lance un appel au gouvernement helvétique, ainsi qu’une pétition pour offrir un pavillon humanitaire à l’« Aquarius ».
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Des Suisses se mobilisent pour sauver l’« Aquarius »

Un groupe de députés et de personnalités lance un appel au gouvernement helvétique, ainsi qu’une pétition pour offrir un pavillon humanitaire à l’« Aquarius ».



LE MONDE
 |    07.10.2018 à 00h11
 • Mis à jour le
07.10.2018 à 11h01
    |

                            Marie Maurisse (Genève, correspondance)








                        


La Confédération helvétique n’a pas de mer. Mais elle serait en mesure d’offrir un pavillon humanitaire à l’Aquarius, le navire de SOS Méditerranée qui a sauvé près de 30 000 personnes depuis février 2016, date de sa première mission. C’est ce que réclame un groupe de députés et personnalités suisses.
Le 26 septembre, trois députés de différents bords politiques – la socialiste Ada Marra, le démocrate-chrétien Guillaume Barazzone et le libéral-radical Kurt Fluri – interpellaient le Conseil fédéral pour qu’il propose un destin à l’Aquarius qui s’apprêtait à perdre son pavillon panaméen. Entre temps, et alors que le bateau est resté bloqué à Marseille, le mouvement a pris plus d’ampleur.

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                Rassemblements pour l’« Aquarius » et le sauvetage des migrants en Méditerranée



Une lettre ouverte, aujourd’hui relayée dans la presse dominicale helvétique, a été signée par plusieurs personnalités politique ou civiles, dont l’ancienne présidente Micheline Calmy-Rey, l’ex-procureure de la Cour pénale internationale Carla del Ponte, Jacques Dubochet, Prix Nobel de chimie 2017 ou encore Markus Imhof, cinéaste représentant la Suisse aux Oscars 2019 avec son documentaire Eldorado.
Les signataires estiment qu’accorder le pavillon suisse à l’Aquarius honorerait la tradition humanitaire suisse. « Au-delà de toute polémique, de toute analyse partisane, ajoutent-ils, faire ce geste permettrait de rappeler que ce qui compte avant tout, c’est la vie de ces personnes. Laisser mourir des gens dans les eaux internationales n’est pas une solution. »
Un détail administratif problématique
Selon les signataires, la Suisse pourrait utiliser l’article 35 de la loi fédérale maritime, qui lui permet d’accorder exceptionnellement un pavillon pour des raisons humanitaires. Même si la Suisse n’a pas de façade maritime, elle possède bien une marine marchande.
Mais, dans les faits, cela ne serait pas si simple car selon le texte, la société qui possède le bateau doit avoir une adresse en Suisse. Or, l’Aquarius est détenu par la société allemande Jasmud Shipping, ce qui compliquerait la procédure, a récemment expliqué la Radio Télévision publique suisse (RTS).
Ce détail administratif ne décourage pas les signataires. « Créer une société en Suisse prend une journée, ce n’est pas un problème, assure Ada Marra, parlementaire socialiste qui a fait partie des premières à lancer le mouvement. S’il y a la volonté politique d’offrir un pavillon à l’Aquarius, alors la solution juridique suivra. »

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                « Pour les migrants en mer, le plus grand danger ce sont la politique, les politiciens et la politique extérieure de l’UE »



A cette lettre ouverte s’ajoute une pétition en français et en allemand, désormais signée par 25 000 personnes sur le site Change.org. Elle a été lancée par Nicolas Morel, un citoyen vaudois engagé à gauche, et sera remise mardi 9 octobre au Conseil fédéral à Berne.
Le Conseil fédéral se prononcera d’ici à fin novembre
La mobilisation populaire pour l’Aquarius n’allait pas de soi en Suisse. Le premier parti du pays, l’Union démocratique du centre (UDC), est fermement opposé à l’immigration. L’un de ses députés, Yves Nidegger, s’est d’ailleurs déjà prononcé contre le sauvetage de l’Aquarius par son pays. « Ça n’a rien d’humanitaire d’organiser un transport illégal de migrants », a-t-il déclaré dans les médias. A l’été 2017, c’est bien un Genevois, Jean-David Cattin, qui avait coordonné l’opération anti-migrants « Defend Europe » (« Défendre l’Europe »), en pleine Méditerranée.
Mais dans son histoire, la Suisse a plusieurs fois hissé son drapeau sur des navires humanitaires. Pendant la deuxième guerre mondiale, les embarcations de la Croix-Rouge ont notamment transporté des tonnes de marchandises afin de venir en aide aux populations victimes de la guerre.

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                L’« Aquarius » est à Marseille et attend un nouveau pavillon



Le Conseil fédéral devra se prononcer sur le sujet avant la fin novembre. En attendant, l’Aquarius est toujours à quai à Marseille.
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            data-slide-description="Les téléphones portables des rescapés sèchent sur le pont principal, le 21 septembre."
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            data-slide-description="Mohamed, adossé aux gilets de sauvetage rangés dans des sacs. La veille au soir, ce jeune Libyen de 14 ans a quitté son pays et la ville de Zouara sur un bateau de pêcheur avec sa famille et 47 personnes à bord. L'équipage de SOS Méditerranée leur est venu en aide dans la nuit du 22 au 23 septembre et s'est assuré de leur prise en charge avec MSF après une longue négociation mouvementée avec les gardes-côtes de Tripoli."
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            data-slide-description="Une tempête s'abat sur la mer Méditerranée entre la Libye et Malte. Les hommes se couvrent et en profitent pour nettoyer le pont arrière du bateau où ils ont l'obligation de rester. Les femmes et les enfants sont abrités dans une salle commune à l'intérieur du bateau."
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            data-slide-description="A bord de l'« Aquarius », le 25 septembre. Une tempête s'abat sur la mer Méditerranée entre la Libye et Malte."
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            data-slide-description="Pendant la tempête, Ali, d'origine soudanaise, nettoie le pont arrière où les hommes ont l'obligation de rester."
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            data-slide-description="Un des rescapés de la nuit du 22 au 23 septembre regarde des photos prises la veille sur l'« Aquarius » avec son portable."
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            data-slide-description="Mohamed est conseillé par Seraina, chargée des affaires humanitaires pour MSF et du suivi de la situation en Libye."
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            data-slide-description="Ali est d'origine soudanaise, il a quitté la Libye dans la nuit du 22 au 23 septembre avec 47 autres personnes depuis la ville de Zouara."
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            data-slide-description="Un homme tente de trouver le repos durant la journée, faute de pouvoir dormir correctement la nuit à cause de la houle et du froid qui entre sur le pont arrière où les hommes sont installés."
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            data-slide-description="La nuit, les hommes tentent de trouver le sommeil sur le pont arrière du bateau."
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            data-slide-description="Bella, un chien secouru en mer le 23 septembre."
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            data-slide-description="Un jour sur deux, l'équipe de MSF distribue ces rations alimentaires qui équivalent à deux repas."
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            data-slide-description="Un homme se noue une serviette autour de la tête pour se protéger du soleil et trouver un moment de repos."
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            data-slide-description="Cinquième jour à bord, un enfant trompe l'ennui sur le pont du bateau."
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            data-slide-description="Il fait nuit et la pluie est tombée sur l'« Aquarius ». Les hommes tentent de trouver le sommeil dans l'humidité, le froid et le roulis des eaux internationales, au large de l'île de Malte."
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Face à l’extrême droite, le Brésil espère un front républicain de dernière minute

A vingt-quatre heures du premier tour de la présidentielle, Ciro Gomes (centre gauche), en troisième position, apparaît comme l’homme capable de fédérer un front républicain.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 22h55
 • Mis à jour le
07.10.2018 à 12h56
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



   


Les uns espèrent une vague à même de barrer la route du candidat d’extrême droite, Jair Bolsonaro, les autres redoutent un simple sursaut de dernière minute incapable de modifier le destin d’un scrutin hors norme. Samedi 6 octobre, à vingt-quatre heures du premier tour de l’élection présidentielle au Brésil, l’idée d’un coup de théâtre agitait les réseaux sociaux faisant de Ciro Gomes, candidat de centre gauche, actuellement en troisième position, l’homme à même de fédérer un front républicain pour empêcher la victoire du militaire de réserve au discours agressif, raciste, homophobe et misogyne.
Selon le dernier sondage CNT/MDA Jair Bolsonaro, membre du Parti social libéral (PSL) fait toujours la course en tête avec 36,7 % des intentions de vote (42,6 % en excluant les votes blancs et nuls) devant le représentant du Parti des travailleurs (PT, gauche), Fernando Haddad, à 24 % (27,8 % hors votes blancs et nuls). Le remplaçant de Luiz Inacio Lula da Silva, Lula, emprisonné, devance toujours Ciro Gomes du Parti démocratique travailliste (PDT) à 9,9 %.

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#viraviraCiro
En dépit du retard de l’ancien gouverneur du Céara, Etat du Nordeste, une partie du pays souligne que ce dernier est le seul capable de battre Jair Bolsonaro. En cas de second tour, Fernando Haddad, handicapé par la haine anti-PT et anti-Lula, ne récolterait que 38,7 % des votes selon le pronostic CNT/MDA face à un Jair Bolsonaro à 42,6 %. En cas de duel avec Ciro Gomes, les deux candidats seraient à égalité autour de 41 %. D’autres sondages, comme celui de Datafolha publié le 5 octobre, donnent Ciro Gomes gagnant à 48 % contre 42 % pour le représentant du PSL.
Affolés par la perspective d’une victoire de l’ex-capitaine d’infanterie et des conséquences désastreuses de son triomphe pour la jeune démocratie, les militants en faveur de Ciro Gomes ont lancé une campagne active sur les réseaux sociaux, Twitter, Whatsapp et Facebook baptisée #viraviraCiro (allez, allez, Ciro). Une riposte à la campagne du candidat d’extrême droite, #EuVotoBolsonaro (je vote Bolsonaro), qui ne cesse de progresser dans les enquêtes d’opinion.
« La rage contre le PT et Lula est utilisée par Jair Bolsonaro pour alimenter la haine. Une nation mue par la rage et la haine ne permettra pas de bâtir le pacte social que mérite le Brésil (…) J’ai la fermeté que vous pensez trouver en Bolsonaro, mais j’ai l’humanité qu’il n’a pas », commente Ciro Gomes dans une vidéo publiée sur Twitter.
Tournant pour Gomes
Cette mobilisation en faveur de Ciro Gomes, relayée par l’humoriste Gregorio Duvivier, sympathisant de la gauche et du PT, ou par l’écrivain Daniel Gabera, aurait permis au candidat de gagner de précieux points dans les sondages.
Selon nos informations, Ciro Gomes aurait grimpé entre trois et quatre points en l’espace de trois jours, affichant un score 14 % à 15 % d’intentions de vote selon les enquêtes internes réalisées par le PDT mais aussi par le Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB, droite) de Geraldo Alckmin ou celle du parti écologiste Rede de Marina Silva. Étourdi par ce sursaut, Ciro Gomes imagine désormais crédible de décrocher une place au second tour à la place de Fernando Haddad.
« Un tournant est difficile, mais Ciro peut incarner la troisième voie », atteste une source au sein de l’équipe de campagne du candidat évoquant des conversations avec le PSDB et Marina Silva permettant de créer une union sacrée au second tour. Interrogés, ni le PSDB ni Marina Silva ne confirment d’éventuelles tractations.

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Ciro Gomes, ex-ministre de l’économie sous le gouvernement d’Itamar Franco dans les années 1990 et de l’intégration nationale sous le premier mandat de Lula (PT) de 2003 à 2006, connu dans le Nordeste et jugé « market friendly » (bienveillant envers les marchés financiers) aurait un profil compatible pour les électeurs de gauche comme de droite. Il serait, de fait, plus consensuel que Fernando Haddad. Un homme considéré par une partie du pays comme le « pantin de Lula » qui pâtit des scandales de corruption visant le PT et dont le programme effraye la Bourse de Sao Paulo.
Plus agressif
Sûr de son avantage, le représentant du PDT s’est fait plus agressif sur le terrain lors de son passage, vendredi 5 octobre dans la favela de Rocinha à Rio de Janeiro. Une poche de misère meurtrie par les guerres de gangs. Fernando Haddad « n’est pas une mauvaise personne (…) mais peut-être n’a-t-il pas le punch, l’énergie nécessaire, ni l’autorité pour affronter cette vague fasciste qui envahit le Brésil », a-t-il affirmé s’adressant aux électeurs potentiels de son rival. « Je suis le seul capable de vaincre Bolsonaro. Le PT a perdu les moyens d’unir le Brésil », a-t-il ajouté, tandis que Fernando Haddad appelait le lendemain ses électeurs à « rester alertes » pour lui assurer une place au second tour.
« Le PT a fait des erreurs et suscite beaucoup de rejet. Pour les républicains, l’émergence de Ciro Gomes serait un soulagement », commente Marcelo Rubens Paiva, journaliste et romancier. « Ciro Gomes a le potentiel pour battre Bolsonaro. Il ne suscite pas ce rejet du PT. Mais il reste peu de temps, il est difficile d’imaginer qu’il parvienne au second tour », relativise Carlos Melo, professeur de sciences politiques à l’Insper, institut d’études supérieures de commerce et d’ingénierie à Sao Paulo.

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A en croire un proche de Fernando Haddad, « l’hypothèse Ciro Gomes au second tour est très improbable ». A en croire notre source, contrairement à ce qu’affirme Ciro Gomes, le PT parviendra au second tour à rallier les forces républicaines autour de lui face à l’extrême droite.
Une « virada », un tournant est-il encore possible ? En 2014, à trois jours du premier tour, la candidate de la gauche, Dilma Rousseff (PT) était favorite des sondages avec 40 % d’intentions de vote, devant Marina Silva (24 %) et Aecio Neves du PSDB (21 %). A la sortie des urnes, Dilma Rousseff obtint 41,59 % des voix devant Aecio Neves à 33,55 %. Le représentant de la droite avait raflé plus de 10 points en l’espace de trois jours, rappelle Julia Duailibi, commentatrice politique sur la chaîne GloboNews.

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Rassemblements pour l’« Aquarius » et le sauvetage des migrants en Méditerranée

En France, mais aussi à Madrid, Bruxelles, Berlin et Palerme, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées pour dénoncer la situation du navire humanitaire.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 20h00
 • Mis à jour le
07.10.2018 à 12h48
   





                        



   


Vêtues en orange, couleur de l’Aquarius et portant des gilets de sauvetage, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées samedi 6 octobre en France et en Europe pour dénoncer la situation du navire humanitaire, privé d’immatriculation, et soutenir les opérations de sauvetage de migrants en Méditerranée.
Dernier navire humanitaire présent en Méditerranée centrale, l’Aquarius est bloqué à quai à Marseille, faute d’immatriculation. Après Gibraltar en août, les autorités maritimes panaméennes ont annoncé qu’elles allaient lui retirer son pavillon pour « non-respect » des « procédures juridiques internationales » concernant le sauvetage de migrants en mer.

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Des manifestations étaient prévues dans une cinquantaine de villes françaises, mais aussi à Madrid, Bruxelles, Berlin et Palerme, à l’initiative de l’association SOS Méditerranée, pour réclamer « un pavillon pour l’Aquarius », « sauver le sauvetage en mer » et dénoncer « l’inaction criminelle » des gouvernements européens.
La mobilisation a été la plus forte à Marseille, siège de l’association SOS Méditerranée, avec entre 3 500 (police) et 10 000 (organisateurs) personnes réunies sur le Vieux Port, au lendemain d’une opération coup de poing d’une vingtaine de militants d’extrême droite qui ont envahi les locaux de l’ONG et déployé une banderole l’accusant d’être « complice du trafic d’êtres humains ».

Les marins-sauveteurs de l'#Aquarius ont rejoint la #VagueOrange dans le Vieux Port de #Marseille !
— SOSMedFrance (@SOS MEDITERRANEE France)


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A Paris, un millier de personnes se sont rassemblées place de la République, selon la préfecture de police. Ils étaient environ 2 000 à Montpellier, plus de 600 à Rennes, 250 à Bordeaux et Lille, 200 à 300 à Biarritz, 150 à Lyon, ainsi qu’une centaine à Calais, bravant une interdiction de la mairie. Au total, l’association avance le chiffre de 40 000 à 50 000 manifestants en France.

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« Rien de plus silencieux qu’un homme qui se noie »
Face à « l’impasse » dans laquelle se trouve l’Aquarius et « la volonté des Etats européens de criminaliser le travail des ONG en Méditerranée », « l’objectif est de faire appel aux citoyens et montrer que SOS Méditerranée tire sa légitimité de la société civile », a résumé à Paris l’administratrice et porte-parole de l’association, Sophie Rahal.
Si le nombre de départs a baissé, « le taux de mortalité a augmenté », rappelle-t-elle :
« En 2017, une personne sur 42 se noyait. Cet été, entre juin et septembre, c’est une personne sur 18 qui se noie. »

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« Hissez haut nos valeurs », « c’est pas nous les pirates », « devoir d’assistance bafoué, naufrage de l’humanité », clamaient les manifestants à travers la France. « Il n’y a rien de plus silencieux qu’un homme qui se noie. Notre but aujourd’hui est de faire du bruit », explique Lise Valette, bénévole de l’association, à Montpellier.
« Les réfugiés et l’immigration sont l’un des grands défis que l’UE doit résoudre (et) cela ne pourra pas se faire de façon individuelle », c’est-à-dire chaque pays de son côté, estime Patricia Lara, étudiante en philosophie venue manifester sur la place Cibeles à Madrid.
Depuis le début des opérations de l’Aquarius en février 2016, 29 500 migrants ont été sauvés dans un peu plus de 200 opérations de sauvetage, selon l’association.

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                « Pour les migrants en mer, le plus grand danger ce sont la politique, les politiciens et la politique extérieure de l’UE »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Dix-huit millions de Roumains sont attendus dans les bureaux de vote, samedi et dimanche, pour valider l’interdiction du mariage gay dans la Constitution.
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En Roumanie, les jeunes boudent le premier jour du référendum contre le mariage homosexuel

Dix-huit millions de Roumains sont attendus dans les bureaux de vote, samedi et dimanche, pour valider l’interdiction du mariage gay dans la Constitution.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 19h42
 • Mis à jour le
07.10.2018 à 06h29
    |

            Mirel Bran (Bucarest, correspondant)








                        



   


Andrei Petreanu, jeune informaticien bucarestois, a décidé de profiter du week-end : « Je reste à la maison et je vais faire l’amour. » Et il est loin d’être le seul à avoir fait ce choix. Les jeunes Roumains ont décidé de bouder, samedi 6 octobre, le référendum organisé par le gouvernement social-démocrate contre le mariage homosexuel.
« Reste à la maison et fais l’amour », c’est le slogan que plusieurs associations de la communauté LGBT (lesbienne, gay, bi- et trans) ont proposé aux dix-huit millions de Roumains attendus dans les bureaux de vote pour valider l’interdiction du mariage homosexuel dans la Constitution du pays.
Propagande contre la communauté LGBT
D’un point de vue légal, rien ne changera à l’issue du référendum, puisque la législation roumaine n’autorise actuellement ni le mariage entre personnes de même sexe ni l’union civile. « Ils nous prennent pour des débiles, se révolte Andrei Petreanu. Le code civil roumain prévoit déjà que le mariage ne peut avoir lieu qu’entre un homme et une femme. Ce référendum ne changera rien, c’est une perte de temps et d’argent pour que les gouvernants gagnent du capital politique. »
A première vue, la bataille des sociaux-démocrates contre le mariage homosexuel semble gagnée d’avance. D’après les sondages, plus de 90 % des Roumains qui s’apprêtent à voter vont suivre la consigne donnée par le gouvernement. Mais, selon la loi, le référendum ne peut être validé que si le taux de participation dépasse 30 %.
Pour s’assurer la victoire, le gouvernement a modifié la loi électorale pour que le référendum s’étende sur deux jours au lieu d’un, et une véritable machine de propagande contre la communauté LGBT a été mise en œuvre avec l’appui de l’Eglise orthodoxe qui regroupe 87 % des Roumains. « Si on lit la presse, on a l’impression qu’une armée d’homosexuels s’est rassemblée aux frontières de la Roumanie pour nous envahir et voler nos enfants », ironise Andrei Petreanu.

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Millions de tracts
Si, en Europe occidentale, la gauche s’est montrée ouverte au mariage homosexuel, les sociaux-démocrates roumains ont choisi d’aller à contre-courant.
Ils se sont alliés avec la puissante Eglise orthodoxe qui a vu ses paroisses arrosées de subventions par le gouvernement et les mairies de gauche. Des millions de tracts contre la communauté LGBT ont aussi été distribués par les popes dans les villages, où vivent près de la moitié des 20 millions de Roumains.
Ces tracts ont également été distribués dans les écoles publiques avec la complicité des inspecteurs de l’éducation nationale issus du Parti social-démocrate (PSD). Le président du PSD et de la Chambre des députés, Liviu Dragnea, s’est rendu en personne sur les plateaux des chaînes de télévision pour appeler les Roumains à voter.
« Nous sommes tolérants, mais nous ne pouvons pas accepter tout ce qu’on nous impose, a-t-il déclaré le 30 septembre. Beaucoup de Roumains ont peur des évolutions qui se produisent dans d’autres pays, par exemple la légalisation du mariage entre un homme et un animal. Il y a de quoi avoir peur, non ? »

   


« Votez pour défendre la normalité »
Malgré l’hystérie du gouvernement contre les homosexuels, faite de clichés et de mensonges, les bureaux de vote n’affichaient samedi soir qu’un taux de participation de 7 %. Un score qui ne rassure pas les sociaux-démocrates. Mais ces derniers comptent sur la messe de dimanche et sur les popes pour persuader les paysans de prendre le chemin des bureaux de vote.
« Les dirigeants du monde préparent la venue de l’Antéchrist, peut-on lire sur les affiches collées à l’entrée des églises. Votez pour défendre la normalité. »
Pour Liviu Dragnea, le référendum est devenu une affaire personnelle. En 2016, il a été condamné à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale. Le 21 juin, il a été condamné une deuxième fois à trois ans et demi de prison ferme pour trafic d’influence. Lundi 8 octobre, il doit à nouveau se présenter en appel devant les juges.
L’homme fort de la gauche roumaine compte sur la réussite du référendum pour restaurer son capital politique, entamé par ses problèmes judiciaires, d’autant qu’il fait l’objet d’une troisième enquête pour avoir détourné 20 millions d’euros de fonds européens. N’ayant plus de cartes à jouer, M. Dragnea tente d’appuyer sur le sentiment antieuropéen.
« Les hommes politiques exploitent avec cynisme le ressentiment contre la communauté homosexuelle, affirme Florin Buhuceanu, président de l’association Accept, qui représente la communauté LGBT roumaine. Ils veulent nous pousser à prendre nos distances avec l’Union européenne et à nous rapprocher de la Russie et de sa politique anti-UE. En décembre 1989 les Roumains ont sacrifié leur vie pour faire tomber le communisme. Ils ne sont pas morts pour que nous nous tournions de nouveau vers l’Est. »



                            


                        

                        

