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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ La saison 11 débute dimanche sur la BBC, au Royaume-Uni. Petit guide pour ceux qui n’ont jamais eu l’occasion de se plonger dans cette série de science-fiction « so British ».
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« Doctor Who » : par où commencer si vous n’en avez jamais vu un seul épisode

La saison 11 débute dimanche sur la BBC, au Royaume-Uni. Petit guide pour ceux qui n’ont jamais eu l’occasion de se plonger dans cette série de science-fiction « so British ».



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 17h00
    |

            Pierre Trouvé








                        


La série britannique Doctor Who, ce sont cinquante-cinq ans d’existence, treize acteurs dans le rôle du « Docteur » et une division entre des épisodes « classiques », datant de 1963 à 1989, et des épisodes « modernes », diffusés entre 2005 et aujourd’hui. Si chaque épisode, ou presque, raconte une histoire à part, son ampleur peut intimider les néophytes. Par où commencer ?
A l’occasion du lancement, dimanche 7 octobre, de la saison 11, qui met pour la première fois en scène un Docteur au féminin, incarné par Jodie Whittaker, voici un guide — forcément subjectif — pensé pour des spectateurs français et réalisé avec l’aide de « Whovians », les fans de la série.



Etape 1 : des épisodes à picorer pour se faire une idée
L’un des épisodes les plus célèbres : « Les Anges pleureurs », 2007 (saison 3, épisode 10)

Cet épisode est surtout connu par son titre Anglais, Blink, un mot répété dans une tirade inoubliable du Docteur, le héros de la série, alors incarné par David Tennant. « A la fois effrayant et émouvant à la fin, il a non seulement été récompensé par des prix mais se trouve surtout dans la plupart des tops 5 de fans », explique Tegan Higginbotham, actrice et coanimatrice de l’émission « Whovians », sur la chaîne australienne ABC.
La force de l’épisode, c’est son scénario virtuose signé Steven Moffat (qui deviendra ensuite producteur de la série puis cocréateur de Sherlock). « C’est avec cet épisode qu’un ami m’a introduite à la série et, évidemment, ça a marché ! », se souvient Alyssa Franke, auteure du blog et du compte Twitter Whovian Feminism.
Pour saisir l’esprit de la série : « Vincent et le Docteur », 2010 (saison 5, épisode 10)

Dans cet épisode, le Docteur, incarné par Matt Smith, rencontre le peintre Vincent Van Gogh à Arles, à la fin du XIXe siècle — le héros de Doctor Who voyage dans le temps et dans l’espace. « C’est d’abord une lettre d’amour à Van Gogh mais c’est surtout un épisode stupéfiant sur la folie, la solitude et sur ce que ça signifie de laisser un héritage, décrypte Paul Verhœven, animateur du podcast The Doctor is in it. Il réussit très bien à montrer la plus grande force du Docteur : une profonde compassion pour autrui. »
Pour Pauline Serizel, de la chaîne YouTube Pepperpot Team, c’est un « parfait exemple du mélange de science-fiction, d’humour et d’empathie qui définit si bien Doctor Who ».
Pour ceux qui veulent revenir aux fondamentaux : « Rose », 2005 (saison 1, épisode 1)

« “Rose” est un parfait point d’entrée pour de nouveaux spectateurs, il explique tout ce qu’un nouveau spectateur doit savoir, à travers une aventure haletante, ce qui fait que cela n’est pas trop pesant pour le spectateur », selon Alyssa Franke.
« On y découvre un Docteur mystérieux, drôle et sombre ainsi qu’une compagne proche de nous et attachante », remarque Pauline Serizel. L’épisode est nommé en référence à un personnage, incarné par Billie Piper, qui va accompagner le Docteur dans plusieurs saisons. Pour Tegan Higginbotham, comme pour de nombreux autres « whovians », c’est un « des meilleurs compagnons que le Docteur ait jamais eus ».
Pour voir le Docteur à Paris : « City of Death », 1979 (saison 17 épisode 2)



Pour ceux qui s’intéressent à la période dite « classique » de la série, voici un épisode de référence. « Le scénario, coécrit par Douglas Adams (auteur du Guide du voyageur galactique), est farfelu juste comme il faut. L’humour et l’action se côtoient sur fond de vol de la Joconde », résume Pauline Serizel. Pour Robin Bunce, historien au Homerton College, à l’université de Cambridge, le fait qu’il ait été tourné à Paris en fait une porte d’entrée parfaite pour les spectateurs français.
Etape 2 : quelle est la première saison à regarder en entier ?
Pour saisir la série en cours : la saison 11 (2018)

La nouvelle saison, diffusée sur la BBC, puis sur France 4 jeudi 11 octobre, devrait reprendre les bases de la série. « Le nouveau producteur, Chris Chibnall, a exprimé son désir d’attirer une nouvelle génération de spectateurs, explique Tegan Higginbotham. Je suis donc assez tentée de leur suggérer de commencer par là. »
Pour découvrir l’un des meilleurs duos de la série : la saison 2 (2006)

« Comment pourrais-je ne pas recommander David Tennant ? », a tout de même ajouté Tegan Higginbotham après le conseil ci-dessus. En effet, son incarnation du Docteur est l’une de celles que préfèrent les fans. Pour Paul Verhœven, « son association avec Rose forme l’association ultime entre un Docteur et un compagnon ». Il ajoute également que cette première saison avec David Tennant propose aussi « des moments d’horreur surprenants et des moments de comédie effrontés ».
Pour revenir aux sources, la saison 1 (2005) 

L’approche chronologique est conseillée par Pauline Serizel, qui propose de commencer par la saison 1 de la nouvelle série, diffusée en 2005 : « Souvent oubliée, tout comme son premier épisode, “Rose”, pour son aspect visuel vieillot, elle comporte plusieurs histoires passionnantes qu’il serait vraiment dommage de rater. »
Etape 3 : si vous êtes convaincu…



Si l’une des spécificités de Doctor Who est de pouvoir se regarder dans le désordre, car les aventures de ce voyageur temporel se concluent souvent en un ou deux épisodes, regarder les saisons dans l’ordre à partir de 2005 est chaudement recommandé par nos interlocuteurs. « La première saison permet aux spectateurs d’apprendre à connaître le Docteur », conseille Paul Verhœven.
Mais n’hésitez pas non plus à vous intéresser aux épisodes plus anciens, diffusés entre 1963 et 1989. « Cela peut être intimidant, mais je conseille de regarder un épisode de chaque Docteur pour commencer, puis de continuer par la période que vous avez préférée », précise Alyssa Franke. Tegan Higginbotham abonde : « Remontez le temps, tant que vous pouvez ! »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ La journaliste Judith Duportail était invitée à participer au débat « Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? » à l’occasion du Monde festival, samedi 6 octobre.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Le temps d’une nuit, la création contemporaine va infiltrer l’espace public parisien, samedi, et ouvrir les portes de lieux méconnus, habituellement inaccessibles ou revisités.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ La « Petite fille au ballon rouge » a été en partie découpée en morceaux juste après avoir été vendue, lors d’enchères organisées à Londres, vendredi. L’incident reste inexpliqué.
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Attribuée à 1,2 million d’euros, une œuvre de Banksy s’autodétruit en pleine vente

La « Petite fille au ballon rouge » a été en partie découpée en morceaux juste après avoir été vendue, lors d’enchères organisées à Londres, vendredi. L’incident reste inexpliqué.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 12h55
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 14h59
   





                        



   


Il pourrait s’agir du dernier canular mis en scène par l’artiste Banksy, célèbre pour ses pochoirs contestataires peints dans de nombreuses villes du monde. Lors d’une vente aux enchères organisée à Londres, vendredi 5 octobre, un tableau lui étant attribué, la « Petite fille au ballon rouge », a été vendu à 1,04 million de livres – près de 1,2 million d’euros en incluant la commission de la maison de vente.
Une enchère exceptionnelle pour la maison Sotheby’s, à Londres – l’œuvre était estimée entre 230 000 et 341 000 euros –, mais qui ne s’est pas terminée comme prévu : un mécanisme caché dans le bas du cadre a commencé à broyer le tableau peu après la confirmation de l’enchère, ne s’arrêtant que pour laisser intact le ballon rouge en forme de cœur s’éloignant de la fillette, désormais découpée en plusieurs morceaux.

,300,000 BANKSY artwork piece just “self-destructed” right after it was sold at Sotheby’s auction!🤯😳

— DanFleyshman (@Dan Fleyshman)


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La destruction pourrait être une bonne affaire
Aucune explication n’a été fournie sur la destruction de l’œuvre, la maison de vente se disant incapable de confirmer si Banksy lui-même était impliqué. L’artiste a dans la nuit publié une photo de la vente – et de la surprise apparente du public – sur son compte Instagram, accompagné du commentaire : « Adjugé, vendu… » (en anglais : « Going, going, gone… »).
« Nous avons été “banksyé” », a de son côté ironisé Alex Branczik, directeur du département d’art contemporain à Sotheby’s, lors d’une conférence de presse après l’incident. « Nous n’avons jamais connu cette situation dans le passé, où une œuvre est découpée en morceaux, juste après avoir égalé un record de vente pour l’artiste. Nous travaillons à estimer ce que cela peut changer à la vente aux enchères », a-t-il expliqué.
L’acheteur du tableau, contacté par la maison de vente, s’est dit « surpris » de la tournure des événements. Mais si la destruction de l’œuvre aurait pu mener à l’annulation de la vente, comme cela se ferait habituellement, l’opération pourrait se transformer en une bonne affaire, selon une analyse du Financial Times : « Il se pourrait que le tableau broyé prenne de la valeur, considérant qu’il est devenu l’objet de l’un des meilleurs canulars jamais organisés sur le marché de l’art. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Après cinquante ans d’une carrière exceptionnelle, l’une des plus grandes voix du XXe siècle et « Norma » légendaire s’est éteinte samedi à Barcelone.
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Mort de Montserrat Caballé : « La Superba » s’en est allée

Après cinquante ans d’une carrière exceptionnelle, l’une des plus grandes voix du XXe siècle et « Norma » légendaire s’est éteinte samedi à Barcelone.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 12h58
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



                                


                            

Sa silhouette imposante et sa coiffure casquée, à l’instar de la fameuse Castafiore d’Hergé, ses tenues amples et colorées et, surtout, la qualité exceptionnelle de sa voix en avaient fait un mythe. La célèbre cantatrice espagnole Montserrat Caballé est morte samedi 6 octobre à l’âge de 85 ans dans sa ville chérie de Barcelone, en Catalogne. Longueur exceptionnelle du souffle, pureté et homogénéité parfaite du timbre sur toute l’étendue de la tessiture (du grave typiquement espagnol au brillant de l’aigu, en passant par un médium velouté) lui avaient valu d’être surnommée « La Superba ».
Les plus anciens se souviennent de ce jour de Mistral à Orange en juillet 1974 où le vent s’inclina devant l’impalpable d’un Casta Diva chanté au bord du souffle. Raymond Duffaut, l’ancien directeur des Chorégies, raconte encore avec un rire dans la voix comment la diva se débrouilla toujours pour se retrouver, quels que soient les mouvements de la mise en scène, devant l’endroit précis du mur antique où la voix se projette naturellement.
e siècle
Maria de Montserrat Viviana Concepcion Caballé i Folc appartient à la grande lignée des sopranos belcantistes, de Maria Callas (« La Divina ») à Joan Sutherland (« La Stupenda »), en passant par Leyla Gencer et Beverly Sills, attachées aux répertoires de Rossini, Donizetti, Bellini. Cantatrice d’exception ayant abordé pratiquement tout le répertoire de soprano, à l’exception des rôles suraigus, doublée d’une merveilleuse musicienne, la Caballé disposait d’un talent d’actrice limité, son embonpoint (sujet sur lequel elle exerçait une forme d’autodérision) lui interdisant le statut de bête de scène.
Son art du théâtre réside dans sa seule voix, dans l’expression du phrasé et de la dynamique, du forte le plus insolent au piano le plus ténu, avec un legato frisant la perfection. Mais celle qui restera comme l’une des grandes « Norma » du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ La Catalane, qui avait des problèmes de santé depuis plusieurs années, est morte samedi 6 octobre à l’âge de 85 ans, à Barcelone.
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Montserrat Caballé, célèbre soprano espagnole, est morte

La Catalane, qui avait des problèmes de santé depuis plusieurs années, est morte samedi 6 octobre à l’âge de 85 ans, à Barcelone.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 10h27
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 11h39
   





                        



   


La célèbre soprano espagnole Montserrat Caballé est morte samedi 6 octobre à l’âge de 85 ans à Barcelone. Elle était hospitalisée à l’hôpital de Sant Pau pour des problèmes de santé concernant la vésicule biliaire selon les médias espagnols. L’artiste s’était distinguée par une carrière internationale prestigieuse longue d’un demi-siècle.

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                Mort de Montserrat Caballé : « La Superba » s’en est allée



La Catalane, dont l’art du « pianissimo » était légendaire, comme sa puissance vocale, chantait aussi bien Rossini, Bellini ou Donizetti que Mozart ou Dvorak. Elle avait rejoint définitivement l’opéra de Barcelone en 1962, début d’une longue histoire d’amour entre la cantatrice et son public.
« Une grande ambassadrice » espagnole pour Pedro Sanchez
Elle avait enchaîné ensuite plusieurs tours du monde à succès et triomphé notamment en 1972 à La Scala de Milan, dans Norma, de Bellini. Mais elle avait aussi brisé les traditions en enregistrant un album avec le chanteur de Queen, Freddie Mercury, dont une chanson avait été choisie comme hymne des Jeux olympiques de Barcelone, en 1992.

A partir de 1992, ses problèmes de santé l’avaient obligée à raréfier sa présence sur scène pendant dix ans. Son retour au Gran Teatre del Liceu, le 5 janvier 2002, pour le 40e anniversaire de sa première apparition, lui avait valu une ovation de plus de dix minutes.
Montserrat Caballé avait eu ces dernières années des démêlés avec le fisc espagnol. Elle avait été condamnée en décembre 2015 à une peine de six mois de prison, qu’elle n’avait pas dû effectuer, et à 250 000 euros d’amende pour fraude fiscale.
La famille de la soprano a demandé à ce que la cause de la mort ne soit pas communiquée, précisant seulement que Montserrat Caballé était hospitalisée depuis le mois de septembre.
« Une grande ambassadrice de notre pays est morte », a écrit dans un tweet le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez. « Sa voix et sa tendresse resteront pour toujours. »

Triste noticia. Muere una gran embajadora de nuestro país, una soprano de la ópera reconocida internacionalmente. M… https://t.co/aEzkjZ0cVt— sanchezcastejon (@Pedro Sánchez)


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La veillée funéraire de la chanteuse aura lieu dimanche et les funérailles lundi, ont fait savoir de leur côté les services funéraires de la métropole catalane.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Pour la première fois, un manga français va être adapté en série animée japonaise. A la plus pure tradition du manga d’aventures et d’humour, Tony Valente a su ajouter une réflexion sur la xénophobie.
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« Radiant », ou les incroyables aventures d’un dessinateur français au pays du manga

Pour la première fois, un manga français va être adapté en série animée japonaise. A la plus pure tradition du manga d’aventures et d’humour, Tony Valente a su ajouter une réflexion sur la xénophobie.





LE MONDE
 |    06.10.2018 à 10h00
    |

            Pauline Croquet





C’est « une aventure de foufou » qui commence à Toulouse, passe par Roubaix et se poursuit à Tokyo. Celle de Tony Valente, premier dessinateur de manga français à obtenir son dessin animé japonais, une marque de prestige. Celle de Radiant et de son héros, Seth, un jeune garçon issu de la caste des sorciers, communauté rejetée bien qu’elle sauve des vies humaines en combattant les Némésis, des créatures tombées du ciel qui tuent et contaminent.
A compter de samedi 6 octobre, 21 épisodes de Radiant seront diffusés au Japon sur la chaîne publique japonaise NHK à 17 h 35, un créneau de grande écoute prisé des enfants. En France – et en attendant l’achat par une chaîne de télévision –, les épisodes seront proposés en ligne dans la foulée sur les plates-formes de VOD Crunchyroll et ADN.

Biberonné à « Lanfeust de Troy » et « Dragon Ball »
L’auteur lui-même ne voulait pas y croire au début, l’opération étant inédite. Et aussi parce que c’est comme cela que fonctionne Tony Valente : « Quand j’ai commencé Radiant, je l’ai fait en me disant que ça ne marcherait pas puisque de nombreux mangas français s’étaient pété la gueule. »

        Notre article paru après l’annonce de l’animé
         

          Un manga français va être adapté en dessin animé japonais



Le Toulousain de 34 ans, aujourd’hui expatrié au Canada, portait en germe depuis longtemps l’histoire de Seth. Biberonné à Astérix, Lanfeust de Troy, Dragon Ball et Ranma ½, Tony Valente a toujours voulu être dessinateur de BD, encouragé par ses parents issus d’un milieu très modeste (manutentionnaire et cordonnier). « De toutes les façons, le bas du bas on y était, et ce n’était pas grave de retomber dedans si jamais je ne pouvais pas faire ce que je voulais », expliquait en mai l’auteur à Franceinfo.
Travaillant d’arrache-pied sur ses planches après le bac, il est recruté comme auteur de BD franco-belge chez l’éditeur Delcourt et publie son premier album, Les Quatre Princes de Ganahan, à 20 ans. Le succès n’est pas vraiment au rendez-vous, mais le dessinateur persévère et parvient même à travailler avec l’une de ses idoles, Didier Tarquin, le père de Lanfeust. Il ne se mettra que sur le tard au manga en découvrant Naruto et One Piece, des shônen nekketsu iconiques – mangas d’action et d’aventure prônant des valeurs de courage et de dépassement de soi –, qui lui « mettent une claque ».

   


Grosse « salade » de références
Peu avant que sa fille naisse, frustré par les projets sur lesquels il travaille, Tony Valente décide de coucher sur papier Radiant, et de le proposer à des éditeurs qu’il apprécie. En 2013, très peu de maisons d’édition produisent du manga français, plus coûteux et risqué que l’achat de licences japonaises. Plusieurs lui opposent un refus. C’est Ankama, éditeur et studio d’animation roubaisien, qui, fort du succès de sa série Dofus, le signe. A un rythme effréné, Tony Valente livre au moins trois tomes par an, s’attelant à la fois au scénario, au dessin et à la colorisation.

        Notre enquête (2016) :
         

          Les mangakas français à la conquête du neuvième art nippon



« On pensait partir pour trois, quatre tomes comme à notre habitude, nous en sommes au dixième ! », lance Elise Storm, l’éditrice française de Radiant.
« Au premier coup d’œil, on a su que cette série sortait du commun et qu’elle allait marcher. Elle rassemble à la fois les codes du manga shônen japonais, l’humour européen et du fond dans son propos. »
Pour expliquer sa recette, Tony Valente parle volontiers de « faire une salade avec tout ce qui me suit depuis l’enfance ». Il détaille : « D’aussi loin que je m’en souvienne, ça m’a toujours fait rêver, les bateaux volants, la fantasy aérienne avec des nuages, des vaisseaux en bois. » Une esthétique à laquelle il a ajouté des éléments de folklore et d’histoire européenne, comme la sorcellerie ou l’Inquisition. « Une histoire universelle avec un glaçage européen », en résumé.
Métaphore des migrants
Radiant est d’autant plus remarquable qu’il porte un discours politique plutôt fort, avec un regard sur la notion d’étranger, le racisme, l’immigration. Les sorciers de Radiant sont des humains qui ont survécu à une contamination des monstres Némésis. Ils en portent des stigmates visibles et sont craints par le reste de la population, traités de voleurs et de bons à rien, persécutés par l’Inquisition. Tout au long du manga, le héros affronte ce traitement injuste et décide, pour mettre un terme à cette discrimination, de rechercher le berceau des Némésis pour le détruire. L’auteur explique :
« Quand j’ai commencé “Radiant”, la politique en France virait à droite et à l’extrême droite, le discours raciste était quelque peu décomplexé. Ce que je développe sur l’Inquisition fait écho à ce qui se passe en ce moment. »
Il met ainsi dans la bouche de Konrad de Marbourg, un inquisiteur zélé, des propos tenus à l’époque par Manuel Valls. « Des propos incroyables… Je n’ai pas eu à inventer les trucs salauds que disent mes personnages, j’ai pris des citations exactes et je les ai transposées », explique-t-il. Pourtant, Tony Valente l’affirme : « Je ne regarde pas tant que ça l’actu ou la télé mais ces propos ont résonné. Mon manga est un exutoire pour mettre tout ce qui me façonne. »

   


Tony Valente est ainsi l’un des premiers mangakas français à connaître un large succès. Il suffisait simplement de constater l’interminable file d’attente de « radiantiseurs », les fans de Tony Valente, pour ses dédicaces, et la salle de conférence comble lors de son passage à la Japan Expo cet été, grand raout français du manga. Selon Ankama, le premier tome s’est écoulé à 45 000 exemplaires, un chiffre excellent. En tout, ce sont désormais plus de 220 000 tomes de Radiant qui se sont vendus en France. « Radiant est aujourd’hui distribué sur tous les continents et est traduit dans six langues », ajoute Elise Storm.
Le premier pays à avoir importé Radiant est le Japon, en août 2015, par l’entremise de Frédéric Toutlemonde, patron d’Euromanga, maison d’édition qui édite des titres de BD européenne au Japon. Trois ans plus tard, la réputation de Radiant dans l’Archipel est forgée : « Sa popularité est excellente si on la compare aux autres BD étrangères au Japon. Mais faible si on la compare à celle des ténors du genre “shônen manga” des grandes maisons d’édition japonaises », à l’instar de One Piece ou Naruto, explique M. Toutlemonde.

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C’est en librairie, en apercevant la couverture, que Yusuke Fujita découvre Radiant et décide de proposer à son employeur, NHK, de produire la série animée.
« J’étais convaincu que cela ferait un bon anime et que si je ne le proposais pas, quelqu’un d’autre finirait par le faire. Il n’a pas été si difficile que ça de convaincre mes supérieurs d’adapter une œuvre française, mais il est vrai que c’est un projet unique au Japon. »
Adaptation minutieuse
NHK démarche Ankama pour acheter les droits et confie ensuite la réalisation du projet au studio d’animation japonais Lerche, qui s’est chargé de la série à succès Assassination Classroom. Le studio offre des conditions de réalisation digne de n’importe quel grand manga. « Ils réfléchissent à tout et rendent plus concret tout ce que j’avais esquissé en free style », explique l’auteur en citant des exemples allant du nombre de rayures sur la jupe de la sorcière Mélie, à la forme exacte des cheveux de Seth, mais aussi les intérieurs des habitations qui n’étaient pas dessinés. Autre gage de foi : le choix des seiyus, les doubleurs des personnages, qui ont le statut de superstars au Japon.

   


Lerche a aussi offert des garanties hors du commun à Tony Valente en le consultant tout au long de la réalisation de la série ; ce qui ne se fait pas forcément avec les autres mangakas. « Je suis allé les rencontrer en décembre, et malgré la traduction, j’ai l’impression qu’on parlait la même langue. Plein de références communes en manga, animation, jeux vidéo… », assure le mangaka. « On a fait des meetings Skype avec l’équipe toutes les semaines. Ils me posent plein de questions pour approfondir, ils me font tout valider, je me sens impliqué. » Ce que confirme Elise Storm, son éditrice : « Au début, on craignait qu’ils gomment le côté politique. Mais finalement, les Japonais n’ont pas tergiversé et ont tenu à restituer fidèlement le travail de Tony. »
Le parcours était déjà exceptionnel. Mais si l’anime Radiant séduit au Japon, il y a fort à parier que le manga connaisse un énorme succès. Tony Valente, lui, savoure mais voit encore plus grand. « Si je pouvais faire quarante tomes, ce serait super ! »




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ La multiplication d’offres exclusives par abonnement serait à l’origine de ces piratages.
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Les téléchargements illégaux repartent à la hausse

La multiplication d’offres exclusives par abonnement serait à l’origine de ces piratages.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 09h20
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            

En 2011, Reed Hastings se félicitait d’avoir fait chuter le piratage des films et des séries sur Internet. Sept ans plus tard, l’optimisme du fondateur et patron de Netflix ne se justifie plus. Bien au contraire : selon le cabinet canadien Sandvine, les téléchargements illégaux sont repartis à la hausse en 2018, même aux Etats-Unis, où la plate-forme de streaming (lecture sans téléchargement) compte plus de 57 millions d’abonnés. Et de nouvelles formes de piratage, très populaires, ont également émergé.
« La production de contenus exclusifs, disponibles sur un seul service, n’a jamais été aussi importante », souligne Cam Cullen, de Sandvine. Entre Netflix, HBO, Amazon ou Hulu, les consommateurs doivent multiplier les abonnements pour tout voir légalement – sans compter le coût du câble ou du satellite. « Cela revient très cher, donc ils s’abonnent à un ou deux services et piratent le reste », poursuit M. Cullen. Cette fragmentation de l’offre va encore s’accentuer, avec le prochain lancement de plates-formes de streaming par Disney et Apple.
Selon les estimations de Sandvine, publiées mardi 2 octobre, la technologie BitTorrent, qui permet de partager des fichiers entre utilisateurs, représentait, en juin, 22 % du trafic Internet montant dans le monde. « La tendance s’est inversée », explique M. Cullen, qui note que la part de la bande passante consommée par BitTorrent avait fortement chuté depuis 2011, date du premier rapport annuel du cabinet. Or, si le réseau peut être utilisé de manière légale, cela est « négligeable », selon Sandvine.

Le catalogue proposé à l’international souvent moins riche
BitTorrent est particulièrement populaire dans la zone Europe, Moyen-Orient, Afrique, où il s’accapare plus de 31 % du trafic montant. En Asie-Pacifique, cette proportion s’élève à 20 %. Mais elle tombe sous les 10 % sur le continent américain. Plusieurs raisons expliquent cet écart. Hors des Etats-Unis,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Christophe Charle et Daniel Roche dirigent « L’Europe. Encyclopédie historique », et Carlo Ossola signe « Fables d’identité. Pour retrouver l’Europe », réaffirmations de la valeur inestimable de ce que partagent les Européens.
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Les Rendez-vous de l’histoire. « L’Europe est toujours entre deux crises »

Christophe Charle et Daniel Roche dirigent « L’Europe. Encyclopédie historique », et Carlo Ossola signe « Fables d’identité. Pour retrouver l’Europe », réaffirmations de la valeur inestimable de ce que partagent les Européens.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 09h00
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            
Les Rendez-vous de l’histoire
L’Europe. Encyclopédie historique, sous la direction de Christophe Charle et Daniel Roche, Actes Sud, 2 398 p., 59 €.
Fables d’identité. Pour retrouver l’Europe (Europa Ritrovata), de Carlo Ossola, traduit de l’italien par Pierre Musitelli, PUF, 256 p., 21 €.

Trouver dans l’histoire longue de l’Europe des ressources pour comprendre l’origine de son rêve d’unité, et les obstacles qui s’y opposent : tel est l’objectif, dans des ordres très différents, du nouvel essai de l’historien de la littérature Carlo Ossola, professeur au Collège de France, Fables d’identité. Pour retrouver l’Europe, comme de L’Europe. Encyclopédie historique, la somme dirigée par les historiens Christophe Charle, professeur d’histoire comparée des sociétés européennes à la Sorbonne, et Daniel Roche, professeur honoraire au Collège de France.
Comment le projet de ­l’« Encyclopédie historique » est-il né ?
Daniel Roche C’était une idée que nous avait soumise Claude Durand [1938-2015], alors patron des éditions Fayard, à l’automne 2005. Le non au référendum sur la Constitution européenne l’avait emporté quelques mois plus tôt. Et, d’autre part, l’anniversaire des traités de Rome [1957] approchait, pour lequel le ministère de la culture voulait encourager les intellectuels à s’impliquer davantage − il était donc prêt à soutenir un projet de cette nature. Le livre est né dans ce double contexte, de refus d’une avancée européenne et en même temps de célébration de ce qui avait quand même réussi en Europe.
Treize ans plus tard, l’Europe est encore en crise…
Christophe Charle Elle est toujours ­entre deux crises. Durant la conception du livre, il y a eu la crise financière de 2008, la Grèce, la Pologne,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Dans la série d’émissions « Un podcast à soi », Charlotte Bienaimé réfléchit sur le genre et l’égalité entre les sexes. Un espace radio pour réfléchir sur le genre et l’égalité entre les sexes.
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« Tu es très compétente, surtout pour une femme » : le féminisme comme une évidence sur Arte Radio

Dans la série d’émissions « Un podcast à soi », Charlotte Bienaimé réfléchit sur le genre et l’égalité entre les sexes. Un espace radio pour réfléchir sur le genre et l’égalité entre les sexes.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 08h00
    |

                            Martine Delahaye








                        


Arte Radio, à la demande, série documentaire
Il y a un an, le 4 octobre 2017, Charlotte Bienaimé lançait une émission mensuelle, Un podcast à soi, sur Arte Radio. Des documentaires sonores tissés de récits intimes, de paroles d’expert(e)s, de textes littéraires et de réflexions personnelles pour donner à entendre ce que vivent les femmes et s’interroger sur l’égalité entre les sexes. Le lendemain de la création de cette émission – préparée entre juillet et septembre 2017 – éclatait l’affaire Weinstein, suivie du mouvement #metoo.
Un an plus tard, dans sa dernière production, mise en ligne mercredi 3 octobre, Charlotte Bienaimé (35 ans) dresse une forme de bilan. « J’ai l’impression que maintenant, lorsque je parle de violences, on m’écoute un peu plus, qu’on lève moins les yeux au ciel, qu’on soupire moins fort. Mais, avec #metoo, j’entends souvent, aussi, des reproches du genre “Pourquoi n’ont-elles pas porté plainte ?” C’est de cela que j’aimerais vous parler aujourd’hui, parce que, au-delà de ma sidération face aux reproches adressés à ces femmes qui osent parler, j’ai eu envie de répondre, ou plutôt de m’interroger autrement. »
Au-delà du témoignage de victimes de violences confrontées à l’indifférence policière et judiciaire, Charlotte Bienaimé donne ainsi la parole à des chercheuses et des militantes qui, travaillant sur la notion de consentement ou la définition du viol, élaborent une critique féministe du droit et dessinent des pistes afin que lois et comportements évoluent.
« Sexisme » et non « misogynie »
Pour autant, Un podcast à soi peut aussi bien aborder les enjeux actuels de la masculinité ou de la grossophobie, que la vie des nounous et travailleuses domestiques, le féminisme des femmes noires ou la lutte sociale de femmes à Carrefour et dans l’histoire. Le premier volet de l’émission, par exemple, intitulé « Sexisme ordinaire en milieu tempéré », livrait le récit de jeunes cadres victimes de harcèlement sexiste. Ce qui donnait l’occasion à Brigitte Grésy, qui fut membre du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, d’apporter une précision sémantique. « Misogynie fleure bon l’étymologie grecque, notait-elle. Ce qui fait que c’est tout de même assez distingué. Le sexisme, ça appelle les choses par leur nom. Comme le racisme. Le sexisme désigne des actes prohibés, c’est-à-dire les actes qui ont pour objet ou pour effet de porter atteinte à la dignité d’une personne ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant. » Une définition qui, introduite dans le code du travail en 2015 et donnant un nom à un certain type d’agissements, a mieux permis de les identifier, de les quantifier et de les combattre, ajoutait Brigitte Grésy.
Cela fait déjà quelques années que Charlotte Bienaimé mène un travail de fond sur les formes que peut prendre le féminisme. France Culture lui a d’ailleurs confié la création d’une « Grande traversée », cet été, diffusée du 22 au 26 août : Women’s Power, les nouveaux féminismes. Or, elle qui a demandé à chacune des jeunes femmes qui se battent pour leurs droits pourquoi elles étaient devenues féministes s’il y avait eu un déclic, avoue avec sincérité, en ouverture d’« Un podcast à soi » : « Je ne sais pas si je pourrais moi-même répondre à cette question. J’y réfléchis encore. Ce que je sais, c’est que le féminisme est devenu comme une évidence. »
Un podcast à soi, émission produite par Charlotte Bienaimé et mixée par Samuel Hirsch (11 épisodes, entre 30 minutes et une heure).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le contraste entre la hausse des plaintes depuis un an et une décennie de chute des condamnations interroge sur la capacité du système judiciaire à terrasser ce fléau.
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Lutte contre les violences sexuelles : la justice est-elle à la hauteur ?

Le contraste entre la hausse des plaintes depuis un an et une décennie de chute des condamnations interroge sur la capacité du système judiciaire à terrasser ce fléau.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 05h55
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 12h30
    |

            Emeline Cazi et 
Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            

Les chiffres sont saisissants. Au cours des huit premiers mois de 2018, le nombre de plaintes pour violences sexuelles a augmenté de 28,5 % à Paris, une ville où 600 à 800 plaintes pour viol sont enregistrées chaque année.
L’effet #metoo, ce mouvement lancé sur les réseaux sociaux en octobre 2017, après que des stars américaines ont dénoncé les viols et le harcèlement sexuel commis par le producteur hollywoodien Harvey Weinstein, est indéniable. Le Collectif féministe contre le viol (CFCV), trente-trois ans d’existence, abonde. Les mois qui ont suivi ces révélations, leur téléphone a sonné bien plus que d’ordinaire (+ 37 %).
Comment expliquer, alors, qu’en France en dix ans le nombre de condamnations pour viol a chuté de 40 % et celles pour agression sexuelle de 20 % ? Les magistrats s’en étonnent eux-mêmes. Le phénomène est pourtant durable. Le contraste entre la hausse des plaintes depuis un an, signe d’un mouvement profond dans la société, et ces dix ans de chute de condamnations interroge sur la capacité du système judiciaire français à pouvoir lutter efficacement contre ce fléau.
« L’émergence du récit »
Ce n’est pas un problème législatif, affirment enquêteurs, magistrats, universitaires et même des associations de victimes. Le code pénal est suffisamment complet pour traiter de toutes les situations, ou presque, assurent-ils. Les associations se félicitent même que la loi Schiappa d’août 2018 ait allongé de dix ans les délais de prescription pour les crimes sur mineur (trente ans à partir de leur majorité), et enrichi la définition du viol.
Désormais, « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui ou sur la personne de l’auteur par violence, contrainte, menace ou surprise » est un viol, précise l’article 222-23 du code pénal. L’ajout « sur la personne de l’auteur » permet de poursuivre toute personne qui aurait, par exemple, fait une fellation non consentie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Le patron de France Musique,  passionné de radio et de Scarlatti, laisse tomber le masque.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤                


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Marc Voinchet : « Je n’en finis pas d’être un clown »


                      Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Le patron de France Musique,  passionné de radio et de Scarlatti, laisse tomber le masque.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 05h47
    |

            Denis Cosnard








                              

                        

La soirée a mal débuté. Après avoir retardé notre apéro de 19 heures à 19 h 45, le patron de France Musique, coincé dans un interminable comité exécutif, a envoyé un SMS pour le décaler encore. Mais quel SMS ! « Cher Monsieur, pensez-vous envisageable d’être en retard à notre rendez-vous ? Cela me permettrait d’y arriver à l’heure. »
Après un mot d’excuse si drôle, si élégant, comment s’impatienter ? Tout Marc Voinchet est là. Il est l’homme qui fait sourire dans les réunions les plus soporifiques. Le Jerry Lewis de la radio. Le clown dans un costume de directeur, après avoir longtemps porté celui de journaliste. « C’est vrai, à plus de 50 ans, je n’en finis pas d’être un clown », admet-il, une fois arrivé – pile à l’heure – à La Bocca, un petit restaurant italien de son quartier, près des Halles, à Paris. « D’ailleurs, j’ai un nez rouge accroché dans mon bureau. »
Cet été encore, il s’est déguisé en Scarlatti, une de ses idoles. Lorsqu’il avait été nommé à la tête de France Musique, en 2015, le nouveau directeur avait annoncé en riant à son équipe : « Je vais vous imposer mes trois S : Scarlatti, Sinatra et Snoop Dogg. » Une boutade devenue réalité, ou presque.
Il a laissé tomber le rappeur américain. Mais sous son impulsion, France Musique a effectivement orchestré une journée Frank ­Sinatra puis un incroyable festival Scarlatti. En juillet, les 555 sonates du compositeur italien ont été jouées et enregistrées au fil de trente-cinq concerts, avec trente clavecinistes différents, se délecte son admirateur en dégustant un de ces whiskies « pure malt » dont il essaie de saisir toutes les nuances.
L’homme ­caméléon
A cette occasion, la radio a fait fabriquer des centaines de masques de Scarlatti. « Cet été, je suis tombé en panne près de Lodève, dans l’Hérault, et j’en ai mis un pour un selfie devant la voiture, tandis que deux mécanos s’acharnaient sur mon moteur. Ils se sont demandé : “C’est...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose une sélection d’émissions à voir et revoir en différé.
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Animaux, provocation, banque et femme trompée : des replays pour le week-end

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose une sélection d’émissions à voir et revoir en différé.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 05h46
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALELe soleil devrait être au rendez-vous aujourd’hui samedi mais dimanche sera une journée pluvieuse. Pas de panique ! « La Matinale » vous a sélectionné trois documentaires et un téléfilm, promesse d’une journée ensoleillée… sur le plan culturel.
Amis des bêtes (ou pas), découvrez comment chiens, aigles royaux et même rats veillent à votre sécurité dans Les Animaux face au terrorisme, d’Alfred de Montesquiou. Pour celles et ceux d’entre vous qui ont la fibre artistique, plongez dans la vie de Joseph Beuys, maître de la provocation qui refusait de se considérer comme un artiste, avec le documentaire d’André Veiel. Avec BNP Paribas, dans les eaux troubles de la plus grande banque européenne, intéressez-vous au réseau de ce mastodonte de la finance avec le pouvoir politique. Enfin, avec Un adultère, laissez-vous toucher par le jeu sobrement bouleversant d’Isabelle Carré en femme trompée qui tente de sauver son couple.
Animaux de combat

Cela fait longtemps que l’homme utilise l’animal dans les conflits armés ou pour prévenir une menace. On retrouve le chien souvent en première ligne, mais aussi d’autres animaux réputés pour leur flair, leur vélocité, leur acuité visuelle. Dans de nombreuses situations, cette alliance se révèle efficace. Et aujourd’hui, alors que les armes traditionnelles sont souvent sans effets face aux bombes, aux drones ou aux mines antipersonnel, certains animaux se révèlent particulièrement précieux.
En suivant au plus près l’entraînement des brigades cynophiles des unités d’intervention de la police nationale (RAID) et de la gendarmerie (GIGN), la caméra permet de mieux mesurer l’efficacité des chiens d’assaut ou de détection.
Mais les chiens ne sont pas les seuls à pouvoir renifler les bombes. Les rats, dont les capacités olfactives sont exceptionnelles, jouent aussi un rôle précieux. En Tanzanie, une ONG s’est spécialisée dans l’entraînement de ces rongeurs, qui ont été utilisés avec succès en Angola, au Mozambique et au Cambodge pour détecter les sols piégés.
L’armée de l’air française s’occupe, elle, de l’entraînement d’aigles royaux, utilisés pour intercepter les petits drones, une menace de plus en plus réelle. Capable de voler à 70 km/h et de plonger en piqué à plus de 250 km/h, doté d’une vision remarquable, l’aigle royal est un formidable allié des forces aériennes et un efficace chasseur de drones. Alain Constant
« Les Animaux face au terrorisme », d’Alfred de Montesquiou (France, 2018, 59 minutes). Disponible sur France.tv jusqu’au 9 octobre. 
Maître de la provocation

   


Cet homme n’a jamais fui les débats, même les plus virulents. Lors de conférences consacrées à ses créations ou face à des journalistes, ­Joseph Beuys (1921-1986) résistait aux insultes et au mépris comme personne et semblait se nourrir des attaques sur son travail et sa manière de concevoir l’art. « Quand on me demande si je suis un artiste, je dis : “Arrête tes conneries”, expliquait-il. Je ne suis pas là pour décorer ce système pourri, délabré, puant. Je ne suis pas un artiste. »
A partir des années 1960, cet Allemand allait, à travers ses œuvres (dessins, sculptures, vidéos), grâce à ses performances hors norme en public et à ses immenses installations (comme au Musée Guggenheim de New York), devenir un agitateur du monde culturel sujet à toutes les controverses, au point d’être présenté comme « un démon de l’ordre public ». ­
Il n’avait pas peur d’aller au contact des gens : il voulait les sensibiliser à la situation politique, les avertir du danger du capitalisme et, dès les années 1970, les convertir aux enjeux écologiques (il a ainsi participé à la création des Verts dans son pays).
A partir d’images d’archives inédites, Beuys retrace la vie intime et artistique d’un homme tourmenté et complexe, sans tomber dans un angélisme hagiographique. La prouesse de ce film sans voix off est de donner le temps au téléspectateur d’apprécier ou de découvrir ses œuvres : de longs plans silencieux s’attardent sur certaines de ses créations pour nous permettre de mieux comprendre Joseph Beuys. Mustapha Kessous
« Beuys », d’Andres Veiel (Allemagne, 2017, 105 minutes). Disponible sur Arte.tv jusqu’au 9 octobre.
Affaires sensibles

   


C’est une fresque implacable. Elle raconte un demi-siècle de l’histoire de la BNP, une banque française spécialisée, dans les années 1960, dans le financement des PME et la bancarisation des ménages. Un établissement sans histoires devenu, au fil d’acquisitions successives, une institution financière d’envergure internationale très puissante en s’affranchissant des règles et en jouant de son influence auprès des plus hautes sphères du pouvoir.
Tout commence par la privatisation de la BNP en 1993 et l’arrivée à sa tête de Michel Pébereau, le « parrain du capitalisme français », dont l’ambition est de transformer l’établissement français en géant européen. La première étape de cette ascension passera par l’acquisition de Paribas. C’est la rencontre de deux univers, celle d’une banque de dépôt populaire et de « la Rolls-Royce de la banque d’affaires », qui carbure aux bonus.
Le groupe nouvellement créé change de culture. Le film fait le choix de s’intéresser non pas à la success story, mais aux zones d’ombre de cette réussite. Les auteurs décryptent la porosité entre l’élite bancaire et son ministère de tutelle, alors que les institutions financières, et particulièrement BNP Paribas, aiment à recruter leurs cadres dirigeants dans la haute fonction publique, les énarques inspecteurs des finances en tête.
Quelle que soit la majorité en place, la banque possède des relais dans les rouages du pouvoir. Ce documentaire offre une plongée inédite dans les rouages d’un groupe qui a toujours cultivé, avec le plus grand soin, le secret de ses affaires. Véronique Chocron
« BNP Paribas, dans les eaux troubles de la plus grande banque européenne », de Thomas Lafarge et Xavier Harel (France, 2018, 90 minutes). Disponible sur France.tv jusqu’au 3 novembre.
Un couple qui semblait heureux

   


Alice, toute jeune graphiste, recherche un appartement. Julien, qui aurait l’âge d’être son père et semble heureusement marié à Marie, ne ménage pas son temps pour lui en trouver un qui lui convienne. Au fil des visites, le lien entre la délicate graphiste et le séduisant agent immobilier évolue en histoire d’amour. Secrète.
Mais l’emprise de la jeune fille ne va pas s’arrêter là. Alice se fait embaucher par Marie, la femme de Julien, à l’insu du couple : Marie (Isabelle Carré) ne sait bien sûr pas qu’Alice (Roxane Arnal) entretient une relation sexuelle avec son mari, mais Julien lui-même (Xavier Lemaître) ignore qu’Alice travaille dans le restaurant de sa femme…
Un peu plus de vingt ans après son long-métrage La Femme défendue, Philippe Harel tourne à nouveau avec Isabelle Carré, sobrement bouleversante en femme trompée tentant intelligemment de sauver son couple. Un adultère bénéficie également de la justesse de jeu de Xavier Lemaître et Roxane Arnal. Quant au triangle amoureux ici dépeint, il se forme et se déforme avec une légèreté qui n’est que de surface. A force de non-dits plus puissants que la parole. Sans laisser percer les douleurs souterraines dont il est fait. Au final, Philippe Harel scrute avec subtilité le point aveugle d’un couple heureux. Martine Delahaye
« Un adultère », téléfilm de Philippe Harel. Avec Isabelle Carré, Xavier Lemaître et Roxane Arnal (France, 2018, 99 minutes). Disponible sur Arte.tv jusqu’au 30 octobre et sur YouTube jusqu’au 31 octobre. 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ La Poste a choisi de mettre la psychanalyse à l’honneur avec la parution, lundi 8 octobre, d’un timbre à l’effigie de Françoise Dolto. Une première philatélique en France.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ L’écrivain italien signe un premier roman très inspiré de faits réels, « Piranhas », qui témoigne de l’apparition, à Naples, de gangs de très jeunes mafieux.
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Roberto Saviano : « Les “baby-gangsters” sont habités par une sorte de désir mystique »

L’écrivain italien signe un premier roman très inspiré de faits réels, « Piranhas », qui témoigne de l’apparition, à Naples, de gangs de très jeunes mafieux.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 19h10
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 10h55
    |

                            Macha Séry








                        



                                


                            

Piranhas (Gallimard, 354 p., 22 €), en librairie depuis le 4 octobre, est le premier roman de l’écrivain italien Roberto Saviano, sous protection policière depuis la parution, en 2006, de son livre-enquête, Gomorra (Gallimard, 2007).
C’est le premier volet d’un diptyque (le second est Bacio feroce, « Baiser féroce », à paraître), dont l’adaptation au cinéma, déjà tournée, par Claudio Giovannesi, est en post-production. Il y retrace l’ascension puis la chute d’une bande de jeunes mafieux napolitains.

Dans « Extra pure. Voyage dans l’économie de la cocaïne » (Gallimard, 2014), vous écriviez : « Et si j’avais fait autrement ? Si j’avais choisi une route plus droite, celle de l’art ? La vie d’un écrivain, par exemple, que certains définiraient pur, avec ses névroses, ses angoisses, sa normalité. Raconter des histoires inspirées. Se passionner pour l’écriture, la narration. Je n’en ai pas été capable. » Qu’est-ce qui a changé ?
Ma méthode est la même, sauf que, cette fois, je l’ai appliquée à une fiction inspirée de faits réels. J’entre dans la psychologie des personnes quand, dans la non-fiction, je dois me limiter aux faits, aux preuves, aux dossiers judiciaires, aux écoutes téléphoniques.
Là, je peux, en outre, imaginer ce dont rêvent les personnages, ce qu’ils désirent, leur donner de la profondeur. Il s’agit de garder une direction littéraire tout en montrant les mécanismes de la réalité, comme le faisait Zola à son époque, en souscrivant aux règles du naturalisme.
« Les mafieux boivent du champagne Moët & Chandon, que les Napolitaines appellent “Moeta”. Pourquoi du champagne ? Parce qu’une fois que le bouchon a sauté, il faut boire toute la bouteille »
Votre personnage principal, Nicolas Fiorillo, alias Maharaja, est romanesque par son charisme. On dirait qu’il est né pour être chef. Il connaît d’ailleurs très bien « Le Prince », de Machiavel. Qu’est-ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le long d’une voie de chemin de fer désaffectée, le « Mile-Long Opera » a été une expérience humaine, avant d’être un spectacle musical.
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A New York, regards croisés avec les mille choristes de la High Line

Le long d’une voie de chemin de fer désaffectée, le « Mile-Long Opera » a été une expérience humaine, avant d’être un spectacle musical.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 18h34
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Il y a ceux qui détournent le regard ; ceux qui l’ignorent, et ceux qui le soutiennent, jusqu’à l’embarras. Dans cette ville de New York, où l’on se croise sans se regarder, le Mile-Long Opera fut une expérience visuelle, humaine, avant d’être un spectacle musical : 1 000 choristes installés le long de la High Line, cette voie de chemin de fer désaffectée transformée depuis 2009 en trouée verte pour la plus grande joie des bobos et des touristes dans l’ancien secteur des abattoirs, dans le sud-ouest de Manhattan.
La déambulation commence à 19 heures, entre chien et loup, quand les New-Yorkais rentrent chez eux. Le long du chemin surélevé, on rencontre chaque choriste, visage éclairé par une casquette à la visière fluorescente. Quelques mots sont dits ou chantés, écrits par les poètes Anne Carson et Claudia Rankine. C’est le spectateur qui décide du rythme des rencontres, cheminant pendant quatre-vingt-dix minutes le long de ce mile (1,6 kilomètre) entre entrepôts réhabilités, fausses herbes folles et nouvelles tours. Relation forte des regards, à la fois anonyme et intime, intense mais interrompue – parfois avec soulagement – par la parole, le chant de l’artiste, ou la poursuite du voyage. Le spectateur est unique, il est « LE » public : à chaque rencontre, l’artiste n’est là que pour lui, et chacun le sent, puisque aucun murmure, aucune discussion n’est venue perturber le spectacle le long de cette High Line habituellement si bruyante.
Les choristes, recrutés dans les cinq districts de New York, ne sont pas tous professionnels
Durant ce spectacle (gratuit) intitulé The Mile-Long Opera, a Biography of 7 O’clock (Opéra sur un mile, une biographie de 7 heures du soir), mis en scène par Elizabeth Diller et composé par David Lang, donné jusqu’au 8 octobre, la rumeur de la ville se rappelle à nous : un paquebot croise sur la rivière Hudson, la sirène d’une ambulance suivie d’un concert de klaxons rend inaudible le chant d’un chœur....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ A l’initiative du rappeur Sofiane, une compilation réunit près de quarante artistes originaires du département, dont NTM.
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La Seine-Saint-Denis, terreau fertile pour le rap français

A l’initiative du rappeur Sofiane, une compilation réunit près de quarante artistes originaires du département, dont NTM.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 18h10
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 05h49
    |

                            Stéphanie Binet








                        



                                


                            

Quand des rappeurs de Seine-Saint-Denis se rencontrent, que font-ils ? Ils parlent de leur « 93 » bien sûr, mais surtout ils enregistrent des morceaux ensemble.
Le rappeur Sofiane, qui multiplie les casquettes ces derniers temps en figurant au cinéma dans le dernier film de David Oelhoffen, Frères ennemis, ou en animant sur YouTube son émission « Rentre dans le cercle », revient au rap en publiant une compilation consacrée à ce territoire. 93 Empire réunit près d’une quarantaine de rappeurs de la Seine-Saint-Denis en vingt-deux morceaux qui démontrent une variété musicale assez étonnante.

On croyait le 93 « hardcore », comme le clamait fièrement le duo Tandem au milieu des années 2000, et on le découvre parfois fleur bleue avec Dadju, de Romainville, ou entiché de G-funk californien avec Hornet La Frappe, d’Epinay-sur-Seine. Sofiane Zermani a surtout réussi le tour de force de rassembler plusieurs générations d’artistes sur son disque, dont le Suprême NTM – et ce alors que Kool Shen et JoeyStarr avaient juré, avant leur récente tournée, qu’il était hors de question qu’ils enregistrent de nouveaux morceaux ensemble.

« Fianso », qui a découvert le rap grâce à eux à l’âge de 7 ans, a réussi à les faire mentir. Le 14 septembre, à La Courneuve, NTM clôturait sa tournée avec Sofiane lors de la Fête de L’Humanité par Sur le drapeau, où JoeyStarr emportait la foule avec son refrain : « Chez nous, c’est pas comme les autres. »
« On est numéro un dans pas mal de trucs »
Réunis trois semaines plus tard dans le studio où a été enregistrée la compilation, Kool Shen, 52 ans, Fianso, 32 ans, et Vald, 26 ans, n’en finissent pas de détailler ce qui les attache à ce territoire. « Je suis un pur produit de ce département que j’affectionne particulièrement, résume Sofiane. Je revendique son ADN, sa personnalité, son caractère. »
Pour le rappeur,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ L’œuvre vidéo du plasticien belge domine la manifestation, jusqu’au 21 octobre.
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A Toulouse, le bleu de Vincent Meessen sur le Printemps de septembre

L’œuvre vidéo du plasticien belge domine la manifestation, jusqu’au 21 octobre.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 18h03
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 18h11
    |

                            Emmanuelle Lequeux (Toulouse)








                        



                                


                            

Du bleu du pastel au blues de l’exil… Un film envoûtant domine cette édition du Printemps de septembre toulousain. Il s’intitule Ultramarine, il est signé du plasticien belge Vincent Meessen et projeté non- top au Musée Saint-Raymond. Désormais biennal, ce festival d’art contemporain qui envahit la Ville rose est riche d’autres pépites : on ne saurait trop conseiller le dédale de sculptures extraterrestres de l’Autrichien Bruno Gironcoli, créatures cosmiques et machineries inutiles atterries avec grâce au couvent des Jacobins. Ou le surréalisme rocaille mis en scène par la Française Marie Losier sur les toits de New York, qu’expose le centre d’art BBB. Mais s’il fallait n’en choisir qu’un, ce serait Ultramarine.
Tout est parti d’une histoire locale : celle du bleu pastel. Le pigment a fait la richesse de Toulouse aux XVe et XVIe siècles, avant d’être évincé par l’indigo venu des Indes. Cette histoire n’est qu’un point de départ, mais elle teinte ces quarante minutes d’une indicible mélancolie lapis-lazuli. « J’ai été fasciné par l’explosion économique de cette ville, façonnée par tous les grands palais des pasteliers, raconte l’artiste. Mais cette histoire est très peu lisible, si ce n’est dans l’architecture. D’autant plus que cette richesse était le fait des protestants, ensuite éjectés de la cité, comme ils l’ont été d’Anvers pour faire la richesse d’Amsterdam. L’histoire se construit en masquant ses propres accidents. » Ces mots pourraient résumer le travail de celui qui, représentant son pays à la Biennale de Venise 2015, se chargea d’y réveiller les fantômes de la colonisation du Congo.
Fascinante éruption
C’est à Amsterdam, justement, que Vincent Meessen a retrouvé trace du poète afro-américain Kain The Poet. Pilier du mouvement Black Power, cet enfant de la Beat Generation a créé au début des années 1970 le groupe culte The Last Poets, pionnier du hip-hop. Voilà près de trente...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Les marchands présents sur les deux foires, London et Masters, s’inquiètent de leur devenir.
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Art contemporain : à Londres, dernière Frieze avant le Brexit

Les marchands présents sur les deux foires, London et Masters, s’inquiètent de leur devenir.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 17h51
    |

            Harry Bellet (Londres)








                        



                                


                            

La 16e édition de Frieze London, la foire d’art contemporain de Londres, et la 7e de Frieze Masters, sa sœur consacrée à un art plus classique, ont été inaugurées le 3 octobre. 160 galeries pour l’une, 130 pour l’autre, et des marchands qui parlaient un peu d’art et beaucoup de la situation économique. Certes, la profession est connue pour râler souvent, mais, alors que l’art contemporain n’a jamais autant fait flamber les ventes publiques, les galeries, elles, sont désertées par les amateurs, et ce partout dans le monde. La solution passe par les foires, des déplacements – et des emplacements – coûteux pour un retour sur investissement incertain, surtout dans le Royaume-Uni d’aujourd’hui.
Car si Frieze compte quelques ventes spectaculaires, les négociations y sont difficiles. Certes, la Tate Modern y a fait, comme chaque année, ses achats très médiatisés : un budget de 150 000 livres sterling (170 000 euros) a permis l’acquisition d’œuvres des Britanniques Sonia Boyce et Claudette Johnson, de la Chilienne Johanna Unzueta et de l’Italien Giorgio Griffa, qui iront enrichir les collections du musée londonien. Parmi les petits jeunes qui montent, citons l’Américain Eddie Martinez (né en 1977), dont les tableaux colorés présentés sur le stand de la galerie Timothy-Taylor à des prix s’échelonnant entre 30 000 et 95 000 dollars (26 000 et 82 500 euros) ont tous été vendus dans les premières heures du vernissage.
Dans les allées de Frieze London, bondées, l’ambiance est différente. On a la sensation que le public vient moins pour voir que pour se montrer
Au registre des poids lourds, qu’on trouve plutôt sur Frieze Masters, la galerie Van de Weghe a vendu un tableau de Franz Kline pour 8 millions de dollars (7 millions d’euros), le libraire bâlois Jörn Günther un livre d’heures médiéval pour 3 millions d’euros, et, dans un registre plus raisonnable, si on peut dire, les galeristes Lévy Gorvy et Kamel Mennour, qui faisaient stand...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Emprisonné depuis 2014, le cinéaste ukrainien originaire de Crimée refusait de s’alimenter depuis le 14 mai pour obtenir la libération de prisonniers politiques.
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Russie : Oleg Sentsov arrête sa grève de la faim pour éviter d’être nourri de force

Emprisonné depuis 2014, le cinéaste ukrainien originaire de Crimée refusait de s’alimenter depuis le 14 mai pour obtenir la libération de prisonniers politiques.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 17h13
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 05h50
   





                        



   


Ce n’est pas parce qu’il a obtenu satisfaction qu’il a pris cette décision. Dans un message remis vendredi 5 octobre à la presse, le cinéaste ukrainien emprisonné en Russie Oleg Sentsov a déclaré devoir arrêter sa grève de la faim pour éviter d’être nourri de force.
« Je suis forcé de mettre un terme à ma grève de la faim demain, c’est-à-dire le 6 octobre 2018 », a-t-il fait savoir dans une lettre manuscrite. Il précise : « En raison de mon état de santé critique et de l’apparition de changements pathologiques dans mes organes, il était prévu prochainement de me nourrir de force. » « Mon opinion n’est plus prise en compte. »

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« L’objectif n’est pas atteint »
Oleg Sentsov, 42 ans, originaire de Crimée, la péninsule ukrainienne annexée par la Russie en 2014, refusait de s’alimenter depuis le 14 mai pour demander la libération de prisonniers politiques ukrainiens.
Après « cent quarante-cinq jours de lutte, vingt kilos en moins et un corps brisé », « l’objectif n’est pas atteint », déplore le cinéaste, détenu dans la colonie pénitentiaire de Labytnangui, au-delà du cercle polaire arctique. « Je suis reconnaissant à tous ceux qui m’ont soutenu et demande pardon à ceux que je laisse tomber », conclut Oleg Sentsov, terminant son message par « Gloire à l’Ukraine ! »
« Le prisonnier Oleg Sentsov a accepté de consommer de la nourriture », a annoncé de son côté le service pénitentiaire russe, disant que « les meilleurs nutritionnistes de Moscou ont élaboré un programme pour l’aider à ingérer progressivement des aliments solides ». L’avocat d’Oleg Sentsov, Dmitri Dinze, n’était pas joignable pour un commentaire.

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Auparavant, le vice-directeur du service pénitentiaire russe, Vitali Maximenko, avait annoncé à l’agence Interfax la fin de la grève de la faim d’Oleg Sentsov et avait remercié les médecins et avocats l’ayant convaincu qu’il « faut vivre, que la vie continue ». Interviewé par la télévision indépendante Dojd, M. Maximenko a ajouté qu’Oleg Sentsov était « jeune, il deviendra peut-être un réalisateur célèbre. Qu’il vive ! »
La représentante ukrainienne pour les droits de l’homme, Lioudmila Denissova, a pour sa part demandé aux autorités russes de rencontrer immédiatement Oleg Sentsov, et elle a affirmé que la sortie rapide d’une grève de la faim était « encore plus compliquée et effrayante » que la grève de la faim en elle-même.
La militante et journaliste Zoïa Svetova a de son côté rappelé le cas du dissident soviétique Anatoli Martchenko, qui était mort près de deux semaines après avoir arrêté une grève de la faim en 1986. « J’espère que la médecine d’aujourd’hui est meilleure qu’à l’époque soviétique et qu’on ne le laissera pas mourir », s’est inquiété Mme Svetova, qui avait pu rencontrer M. Sentsov en août.
Refus d’une grâce présidentielle
Oleg Sentsov est connu pour son film Gamer, qui raconte l’histoire d’un adolescent participant à des compétitions de jeux vidéo tout en faisant face à une vie quotidienne difficile dans un village d’Ukraine. Le film avait été montré dans plusieurs festivals et récompensé à Rotterdam en 2012.
En mai 2014, opposé à l’annexion de la Crimée par la Russie, Oleg Sentsov a été arrêté à son domicile. Accusé d’avoir coordonné les activités d’un groupe de militants affiliés au mouvement ultranationaliste ukrainien Pravy Sektor (« secteur droit »), il a été condamné en août 2015 à vingt ans de prison pour « terrorisme » et « trafic d’armes », à l’issue d’un procès qualifié de « stalinien » par l’ONG Amnesty International.

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                « Oleg Sentsov peut mourir à chaque minute qui passe »



La dernière photographie d’Oleg Sentsov, récemment diffusée par les services pénitentiaires russes, montrait un médecin en blouse blanche l’auscultant, torse nu, dans un cabinet médical. Le cinéaste, qui mesure 1,90 mètre, y apparaissait affaibli et amaigri.
Les pays du G7 et de nombreuses personnalités du monde culturel ont appelé à sa libération. Malgré les déclarations alarmistes de proches concernant la dégradation de l’état de santé d’Oleg Sentsov, le Kremlin a répété à plusieurs reprises qu’une grâce présidentielle ne pouvait être accordée qu’à la demande du prisonnier, ce qu’Oleg Sentsov refuse de faire.
La Russie et l’Ukraine sont à couteaux tirés depuis l’arrivée au pouvoir, en 2014, de pro-Occidentaux à Kiev, suivie de l’annexion de la Crimée par Moscou et d’un conflit armé dans l’Est séparatiste prorusse du pays, qui a fait plus de dix mille morts.

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