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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ L’éditorialiste saoudien Jamal Khashoggi, critique envers Riyad, n’a pas été vu depuis mardi, date de son entrée au consulat de son pays, à Istanbul, en Turquie.
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Journaliste saoudien disparu : ouverture d’une enquête judiciaire à Istanbul

L’éditorialiste saoudien Jamal Khashoggi, critique envers Riyad, n’a pas été vu depuis mardi, date de son entrée au consulat de son pays, à Istanbul, en Turquie.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 17h36
   





                        



   


Quatre jours après la disparition d’un journaliste saoudien critique envers Riyad, une enquête judiciaire a été ouverte, a rapporté samedi 5 octobre l’agence Anatolie. L’éditorialiste Jamal Khashoggi n’a pas été vu depuis mardi, date de son entrée au consulat de son pays, à Istanbul, en Turquie.
Ryad assure que Jamal Khashoggi, rédacteur d’articles d’opinion pour le Washington Post notamment, a quitté le consulat après y avoir effectué des démarches mardi. Dans un entretien à l’agence Bloomberg publié vendredi, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a également assuré que le journaliste n’était pas dans le consulat et s’est dit prêt à autoriser les autorités turques à « fouiller » les lieux.

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De son côté, Ankara a affirmé qu’il se trouvait toujours au consulat. D’après un communiqué publié sur son site par le quotidien progouvernemental Sabah et également cité par Anatolie, le procureur général d’Istanbul a annoncé samedi qu’une enquête avait été ouverte dès mardi et qu’elle se poursuivait de façon approfondie.
« Disparition forcée »
Selon sa fiancée, une femme turque dénommée Hatice A., M. Khashoggi s’était rendu au consulat pour effectuer des démarches administratives en vue de leur mariage, mais n’en est jamais ressorti.
Les organisations de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International ont toutes les deux mis en garde Ryad, affirmant que l’éventuelle détention du journaliste constituerait un cas de « disparition forcée ». Le hashtag #enlèvementdejamalkhoshoggi est l’un des plus partagés en arabe sur Twitter depuis mardi soir.
Modernisation et répression
M. Khashoggi s’est exilé aux Etats-Unis l’année dernière par crainte d’une possible arrestation pour avoir critiqué certaines décisions du prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman — surnommé « MBS » —, et l’intervention militaire de Riyad au Yémen, dont il avait été un temps partisan.

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Jamal Khashoggi n’a jamais mâché ses mots, que ce soit lorsqu’il dirigeait des rédactions dans son pays ou quand il a pris la plume en Occident pour critiquer le royaume saoudien de l’ère « MBS ». M. Khashoggi est l’un des rares journalistes saoudiens en vue à élever la voix contre la répression dans son pays. Dans l’un de ses derniers tweets, il avait ainsi critiqué le procès intenté à un économiste saoudien de renom, Essam Al-Zamel, après son arrestation par les autorités.
Riyad promeut une campagne de modernisation depuis que le prince Mohammed Ben Salman a été désigné héritier du trône, en 2017. Mais, par la suite, la répression des dissidents, avec des arrestations de religieux, de personnalités libérales et de militantes de la cause des femmes, s’est accentuée.
Une carrière de journaliste mouvementée
Jamal Khashoggi a commencé sa carrière de journaliste dans les années 1980, collaborant notamment à Saudi Gazette, Okaz et Asharq Al-Awsat. Il a couvert des conflits et a interviewé à plusieurs reprises en Afghanistan et au Soudan l’ancien chef d’Al-Qaida, feu Oussama Ben Laden.
Jugé trop progressiste, Jamal Khashoggi avait été contraint à la démission du poste de rédacteur en chef du quotidien saoudien Al-Watan en 2003. Il y était revenu en 2007, mais était reparti en 2010 à la suite d’un éditorial jugé offensant pour les salafistes — courant rigoriste de l’islam qui prône une obéissance totale au gouvernant.
Le Royaume d’Arabie saoudite figure à la 169e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) en 2018.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Il Cavaliere a racheté le club de 3e division de Monza le 28 septembre, une acquisition estimée à 3 millions d’euros. Les supporteurs locaux rêvent d’une remontée.
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Berlusconi remet les pieds dans le football italien


                      Il Cavaliere a racheté le club de 3e division de Monza le 28 septembre, une acquisition estimée à 3 millions d’euros. Les supporteurs locaux rêvent d’une remontée.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 12h15
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








   


Bien sûr, le stade Brianteo de Monza n’a pas grand-chose à voir avec le San Siro de Milan. Un peu plus de 18 000 places sur deux tribunes un peu vétustes, pas de virage, un terrain de qualité inégale… difficile d’imaginer ici de grandes soirées de Coupe d’Europe. Le calendrier du club, lui non plus, n’incite pas aux fantasmes les plus fous. Défait à Ravenne le 30 septembre (1-0), après trois victoires de rang, le club lombard doit bientôt rencontrer San Benedetto del Tronto, avant de recevoir le club de Trieste, pour le compte du groupe B du championnat italien de Serie C – l’équivalent de la troisième division. Mais pourquoi s’interdire de rêver ?
« C’est une opération romantique, un acte d’amour de Berlusconi et moi. » Adriano Galliani, administrateur délégué du club
L’ancien président de l’AC Milan Silvio Berlusconi, 82 ans, flanqué de son bras droit et homme de confiance, Adriano Galliani, 74 ans, qui pendant trois décennies ont régné sur l’un des clubs les plus titrés d’Italie – et d’Europe –, n’avaient plus de rôle officiel dans le football italien depuis le printemps 2017. Comme deux vieilles gloires de la scène s’en iraient en tournée pour reprendre leurs succès de toujours, ils ont décidé de remettre ça. Le 28 septembre, par un communiqué, la Fininvest, holding patrimoniale de la famille Berlusconi, annonçait la conclusion de l’opération de rachat de la Société sportive Monza 1912, après des semaines de rumeurs de plus en plus insistantes. Le prix de l’acquisition tournerait autour des 3 millions d’euros. Autant dire une paille pour Silvio Berlusconi, dont le patrimoine est estimé à 6 milliards d’euros par le magazine américain Forbes, et qui a retiré environ 700 millions d’euros de la vente de l’AC Milan…

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Lors de la conférence de presse marquant l’annonce du rachat, Adriano Galliani, à peine nommé administrateur délégué du club, a fait montre d’une émotion plutôt inhabituelle. « C’est une opération romantique, un acte d’amour de Berlusconi et moi », a-t-il confié aux journalistes. De fait, les deux hommes sont tout sauf des inconnus dans les environs. La villa San Martino, à Arcore, où le milliardaire passe le plus clair de son temps, est à deux pas du stade de Monza : il peut même en apercevoir les lumières de sa maison. Quant à Galliani, c’est dans cette prospère ville moyenne de Lombardie (120 000 habitants) qu’il est né, et c’est au sein de ce club qu’il a fait ses premiers pas de manageur sportif, avant d’être appelé à la direction de l’AC Milan par Silvio Berlusconi, en 1986.
Aucun renfort prestigieux n’a été annoncé, mais il serait très étonnant que le silence de Silvio Berlusconi dure longtemps.
Habitué à vivoter paisiblement en Serie C, malgré quelques incursions à l’échelon supérieur (Serie B), ce petit club sans histoires a, par le passé, vu évoluer plusieurs stars en devenir, comme Luigi Di Biagio, Alessandro Costacurta ou même un jeune joueur français, alors parfaitement inconnu, nommé Patrice Evra. Depuis l’annonce de cette reprise, c’est de noms de ce calibre que se prennent à rêver les supporteurs locaux. Les deux « jeunes » repreneurs du club, eux, évoquent à moyen terme l’accession en Serie A. Quoi de plus logique, pour un tandem ayant remporté, en trois décennies à la tête de l’AC Milan, huit titres de champion d’Italie, une Coupe d’Italie et cinq Ligues des champions, la plus prestigieuse des compétitions européennes ?

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Pour l’heure, aucun renfort prestigieux n’a été annoncé, mais il serait très étonnant que le silence de Silvio Berlusconi dure longtemps. Devenir propriétaire du club de Monza peut être un choix affectif, mais lui permettre d’arriver au sommet est plus encore une affaire d’amour-propre.



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Le nombre de départs est estimé à 170 000 ces cinq dernières années. Les trois communautés (bosniaque, serbe et croate) sont concernées par cette hémorragie, dans un pays appelé aux urnes, dimanche.
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Les Bosniens émigrent en masse vers l’Europe centrale

Le nombre de départs est estimé à 170 000 ces cinq dernières années. Les trois communautés (bosniaque, serbe et croate) sont concernées par cette hémorragie, dans un pays appelé aux urnes, dimanche.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 14h57
    |

            Jean-Baptiste Chastand








                        



                                


                            

Tous les matins d’ouverture, la même scène impressionnante se répète devant le consulat de Slovénie à Banja Luka, la grande ville du nord de la Bosnie-Herzégovine, où les électeurs sont appelés aux urnes, dimanche 7 octobre, pour des élections générales. Par dizaines, des Bosniens font la queue pour obtenir l’autorisation de partir. Nenad Covic, qui attend patiemment son tour, ce 26 septembre, pour retirer son permis de travail d’un an, lève les yeux au ciel quand on lui demande combien de personnes de son entourage ont déjà fait la queue ici avant lui : « Rien que pour mon village, déjà une cinquantaine ! Ma femme est partie en Slovénie il y a vingt jours, moi, je vais faire chauffeur-livreur, explique ce moniteur d’auto-école. Je serai payé 850 euros, logé et nourri, mais ce n’est pas le principal argument. Je le fais surtout pour mes enfants. Je ne sais pas s’ils seront capables de survivre dans un Etat pareil. Ici, rien ne marche. »
« Tout mon quartier est parti pour la Slovénie », renchérit un peu plus loin Jasmin, 29 ans, qui a une promesse d’embauche d’une entreprise d’emballage. « C’est ma sœur qui travaille déjà là-bas qui m’a pistonné, je vais gagner le double de ce que je gagne actuellement dans mon entreprise de parquet », explique ce Bosnien qui a fait deux heures de route pour déposer sa demande de permis de travail. Lui aussi espère que sa femme le rejoindra bientôt.
Face à un climat économique et politique désespérément sombre, les Bosniens prennent de nouveau la route en masse. Rien à voir, certes, avec l’exil de centaines de milliers de réfugiés pendant la guerre qui a déchiré leur pays entre 1992 et 1995, mais l’attrait de l’Union européenne (UE) va grandissant depuis que les usines des pays d’Europe centrale, en plein boom, ouvrent grand la porte à cette main-d’œuvre pas chère et culturellement proche.
« Aucune limite »
« Les Bosniens sont une force de travail fiable...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Les Roumains ont commencé à voter samedi, lors d’un référendum soutenu par la gauche au pouvoir.
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Roumanie : le gouvernement veut inscrire l’interdiction du mariage homosexuel dans la Constitution

Les Roumains ont commencé à voter samedi, lors d’un référendum soutenu par la gauche au pouvoir.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 10h22
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 14h03
    |

            Mirel Bran (Bucarest, correspondant)








                        



   


Florin Buhuceanu est en état de choc. Le gouvernement social-démocrate roumain a décidé d’organiser un référendum contre le mariage homosexuel, qui a lieu le samedi 6 et le dimanche 7 octobre. « Ce référendum cible la minorité LGBT [lesbiennes, gays, bi, trans] comme le mal de la société roumaine, affirme le président de l’association Accept, qui représente les minorités homosexuelles de Roumanie. On nous présente comme des voleurs d’enfants, des ennemis des valeurs traditionnelles, une sorte d’agents secrets de l’Occident décadent et immoral qui veut faire du mal à la Roumanie. Nous avons peur dans ce pays où les hommes politiques et le clergé orthodoxe nous accusent de tous les maux. »
Le gouvernement souhaite inscrire dans la Constitution que le mariage ne peut avoir lieu « qu’entre un homme et une femme ». Mais l’effet juridique de cette mesure devrait être nul, le code civil roumain déclarant déjà que le mariage est « une institution entre un homme et une femme ». « Le véritable objectif de ce référendum n’est pas la famille traditionnelle, mais le renforcement du sentiment anti-occidental en Roumanie, déclare l’analyste Sorin Ionita, de l’association Expert Forum. Il va provoquer une fracture sociale qui sera exploitée par les hommes politiques. »
« Le but de ce référendum est de rompre avec l’UE et ses valeurs qu’une partie des hommes politiques détestent. Mon pays me fait peur », affirme Florin Buhuceanu, le président de l’association Accept
Le gouvernement social-démocrate est, en effet, en perte de vitesse après avoir tenté de prendre le contrôle de la justice pour sauver la face de son chef, Liviu Dragnea. Condamné deux fois à la prison pour fraude électorale et trafic d’influence, celui-ci est prêt à tout pour recharger son capital électoral. « Le but de ce référendum est de rompre avec l’UE et ses valeurs qu’une partie des hommes politiques détestent, assure Florin Buhuceanu. C’est une attaque contre la démocratie, et c’est immoral de faire de nous les boucs émissaires de partis politiques qui essaient de regagner une popularité par tous les moyens. Mon pays me fait peur. »
Le référendum est contrarié par la décision, le 27 septembre, de la Cour constitutionnelle de Roumanie qui a décidé que les couples homosexuels avaient droit à une vie de famille au même titre que les couples hétérosexuels et devaient « bénéficier à terme d’une reconnaissance légale et juridique de leurs droits et obligations ». Quel sens pourra donc avoir un référendum contre le mariage homosexuel après un arrêt de la Cour constitutionnelle qui l’autorise ? Une question à laquelle le gouvernement et l’Eglise orthodoxe ont du mal à apporter une réponse.

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La communauté homosexuelle de Roumanie revient de loin. Elle a connu une traversée du désert pendant un demi-siècle de dictature communiste qui pénalisait l’homosexualité. Et la chute du régime en 1989 n’a rien changé. Ce n’est qu’en 2002, sous la pression de l’Union européenne (UE), avec laquelle la Roumanie avait démarré des négociations d’adhésion, que l’homosexualité a été dépénalisée.
« On risquait la prison »
« La bataille ne faisait que commencer, car la société roumaine n’était pas prête à accepter notre différence, se rappelle Florin Buhuceanu. Nous sommes un peuple latin, où le tempérament macho domine la société. Beaucoup de Roumains croient prouver leur masculinité en combattant le phénomène homosexuel. Quant à l’Eglise orthodoxe, elle ne peut pas parler de morale sans fustiger les homosexuels en profitant du peu de connaissances théologiques de ses fidèles. »
Florin Buhuceanu connaît bien l’orthodoxie, à laquelle adhèrent 87 % de ses compatriotes. Il a été lui-même étudiant à la Faculté de théologie orthodoxe de Bucarest, d’où il a été mis à la porte en raison de son homosexualité. Il s’est tourné vers le journalisme et a pris contact avec l’association Accept, la seule à défendre les droits des homosexuels en Roumanie. « On risquait la prison si on s’affichait publiquement. Nous étions un groupe de révoltés et nous voulions imposer un débat public sur l’homosexualité pour la dépénaliser », témoigne-t-il.

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La longue bataille d’Accept s’est achevée le 5 juin, lorsque la Cour de justice de l’UE a obligé la Roumanie à accorder un droit de séjour au mari américain d’un de ses ressortissants, Adrian Coman, avec lequel il s’était marié en Belgique, bien que Bucarest n’autorise pas le mariage entre personnes du même sexe. En 2012, le couple roumano-américain avait intenté un procès contre l’Etat roumain, gagné six ans plus tard. Mais le couple reste inquiet sur l’issue de la consultation. « La Roumanie ne peut qu’y perdre, soutient Adrian Coman. Ce référendum vise à détourner l’attention sur les dérapages contre l’Etat de droit en Roumanie. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ L’ONG française survole les eaux internationales à bord du « Colibri », au large de la Libye, pour repérer des embarcations en détresse.
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Migrants : avec les Pilotes volontaires, au-dessus de la Méditerranée

L’ONG française survole les eaux internationales à bord du « Colibri », au large de la Libye, pour repérer des embarcations en détresse.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 09h46
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 14h20
    |

            Julia Pascual








                        


                                                                                                                         data-ui="carousel"
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            data-slide-description="Le photographe Samuel Gratacap a pris son envol avec des bénévoles de l’ONG Pilotes volontaires à la recherche d’embarcations en détresse au large des côtes libyennes."
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            data-slide-description="Benoît Micolon, cofondateur de l’ONG Pilotes volontaires, montre sur son téléphone une photo qu’il a prise en juin 2018 lors d’une mission de recherche de personnes en détresse en mer Méditerranée. En arrière-plan sa tablette qui lui permet de naviguer et suivre son plan de vol."
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            data-slide-description="Benoît Micolon est le cofondateur de l’ONG Pilotes volontaires. Le voici quelques minutes avant le décollage de l’île italienne de Lampedusa, vendredi 5 octobre au matin, lors d’une vérification du « Colibri 2 »."
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            data-slide-description="Benoît Micolon et Carola Rackete, montant à bord de « Colibri 2 » pour une mission de recherche de personnes en détresse en Mediterranée centrale, le 5 octobre 2018."
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            data-slide-description="Les membres de Pilotes volontaires ont réalisé trente-cinq missions de survol depuis mai 2018."
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            data-slide-description="Le casque de communication et la tablette sur une des ailes du « Colibri 2 », indispensables pour lancer les missions de recherches de personnes en détresse."
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            data-slide-description="Le petit aéronef – moins de 7 mètres de long – met le cap plein sud. Il s’éloigne de Lampedusa, caillou italien posé au milieu de la Méditerranée, porte de l’Europe malgré lui."
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            data-slide-description="Vue sur les bateaux humanitaires « Astral » (Open Arms) et le « Mare-Iono » depuis l’intérieur du « Coilibri 2 », le 5 octobre."
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            data-slide-description="Il faudra une petite heure au « Colibri » pour rejoindre les abords de la Libye, à 160 milles marins de là. Aux commandes, vendredi 5 octobre au matin, Benoît Micolon."
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            data-slide-description="À l’intérieur du « Coilibri 2 », le 5 octobre."
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Le photographe Samuel Gratacap a pris son envol avec des bénévoles de l’ONG Pilotes volontaires à la recherche d’embarcations en détresse au large des côtes libyennes.

SAMUEL GRATACAP / « LE MONDE »
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« Roger. Ready for take off. » Le ciel, la veille encore chargé de cumulonimbus, est dégagé. Le sol a presque séché des pluies de la nuit. Le soleil pointe à l’horizon. Et le Colibri décolle. Le petit aéronef – moins de 7 mètres de long – met le cap plein sud. Il s’éloigne de Lampedusa, caillou italien posé au milieu de la Méditerranée, porte de l’Europe malgré lui. Il faudra une petite heure au Colibri pour rejoindre les abords de la Libye, à 160 milles marins de là. Aux commandes, ce vendredi 5 octobre au matin, Benoît Micolon.
Ce Français de 35 ans est l’un des cofondateurs de Pilotes volontaires, une ONG créée en janvier 2018 pour faire des recherches au-dessus des eaux internationales, au large de la Libye, où près de 15 000 personnes sont mortes depuis 2014 en tentant de rejoindre le Vieux Continent.
Les membres de Pilotes volontaires ont réalisé trente-cinq missions de survol depuis mai 2018. « Nous avons repéré quarante-deux bateaux, ce qui représente près de 4 000 personnes qui ont pu être secourues », assure José Benavente, cofondateur de l’ONG. Vendredi, l’avion a encore croisé une embarcation de caoutchouc en détresse. A 80 milles marins au large de la ville de Khoms, à l’est de Tripoli, un rubber boat – une « embarcarion pneumatique » –, avec à son bord 28 personnes, a été retrouvé. Sa présence avait été signalée au Colibri par l’association Alarm Phone, qui propose une assistance téléphonique aux bateaux en détresse. « On a cherché des bateaux dans la zone et on a fini par prévenir un tanker [navire-citerne], explique Benoît Micolon. Il est allé leur porter secours, deux heures avant que la nuit tombe. »
Pilote de fret
Benoît Micolon était l’an dernier encore un pilote de fret aérien sans intérêt particulier pour les mouvements migratoires. Il partageait ses semaines entre les Boeing 737 et son école de parapente dans les Alpes. Jusqu’à ce que José Benavente, ami pilote rodé au monde de l’humanitaire, lui parle d’un projet « un peu fou ». Peu de temps après, les deux hommes achètent un avion avec leurs deniers personnels et se lancent. Aujourd’hui, Benoît Micolon passe le plus clair de son temps libre à scruter les vagues, à distinguer leur bleu de leur gris et, parfois, au milieu, à révéler des hommes et des femmes en détresse.

   


A ses côtés, dans la carlingue qui fonce à plus de 250 kilomètres/heures, à 700 mètres au-dessus de la mer, Carola Rackete, 30 ans. Elle balaye la mer avec ses jumelles tout en écoutant la fréquence radio commune des navires de la zone. La jeune femme est bénévole en Méditerranée depuis 2016. Avant de rejoindre Pilotes volontaires, elle s’est notamment engagée auprès de l’ONG allemande Sea-Watch comme capitaine d’un navire humanitaire de sauvetage mais aussi à bord du Moonbird, le premier avion d’ONG de reconnaissance. Mais les deux équipements ont été bloqués cet été à Malte, à l’instar d’autres navires, entravés dans leur mission sur la route migratoire la plus meurtrière, alors que l’Italie décidait en juin de fermer ses ports aux organisations non gouvernementales.
L’Aquarius, navire humanitaire affrété par SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF), vient ainsi, pour la deuxième fois en l’espace de quelques semaines, de perdre son pavillon. Symptomatique de la tension qui entoure ses missions, alors que SOS Méditerranée a appelé a des rassemblements samedi 6 octobre, en « soutien au sauvetage en mer », ses locaux à Marseille ont subi vendredi l’intrusion d’une vingtaine de militants du groupe d’extrême droite Génération identitaire.

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                « Pour les migrants en mer, le plus grand danger ce sont la politique, les politiciens et la politique extérieure de l’UE »



Le Colibri a lui aussi essuyé quelques déconvenues. Avant de prendre ses quartiers à Lampedusa, il a été refoulé par Malte, qui lui a interdit de faire des missions de recherche à partir de son aéroport. « On reçoit des menaces de mort, ajoute Benoît Micolon, de gens qui nous souhaitent de couler avec les migrants en mer. » Lui ne doute pas du sens de ses missions. Il repense notamment à celle du 10 juin, qui a duré plus de huit heures au-dessus des eaux. « On avait repéré quatre embarcations en détresse, se souvient-il. On cherchait des bateaux pour pouvoir leur porter secours et, chemin faisant, on a encore trouvé deux autres embarcations dans une zone dans laquelle on ne patrouillait pas normalement. Ce jour-là, j’ai eu une prise de conscience. »
« Risques considérables »
Depuis la création de l’ONG, de nouveaux bénévoles ont rejoint l’équipe. « On prend des risques considérables, remarque toutefois l’un d’eux. On vole à basse altitude avec un avion qui n’a qu’un seul moteur dans une zone parfois très éloignée des côtes. »
Le manque de moyens de secours en mer a provoqué en 2018 une hausse de la mortalité en Méditerranée centrale. Celle-ci a été accentuée par le retrait des associations et, bien que plus difficile à mesurer, la réticence des navires de marine marchande à s’engager dans des opérations de secours. « La politique des compagnies, c’est d’éviter la zone », assure Carola Rackete.

   


Vendredi, alors que plus aucun navire d’ONG n’était présent en Méditerranée centrale depuis le départ de l’Aquarius, deux bateaux humanitaires faisaient route pour la zone : le voilier Astral, de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms, et le Mare-Ionio, navire battant pavillon italien. Ce dernier, nouveau venu dans le paysage du sauvetage en mer, est un pied de nez à la politique anti-migrants de l’Italie, portée par son ministre de l’intérieur d’extrême droite, Matteo Salvini.
Les humanitaires devront composer avec la montée en puissance des autorités maritimes libyennes et de leurs gardes-côtes, qui coordonnent depuis cet été les secours dans la zone, rôle jusqu’alors assumé par l’Italie. « Il y a trois jours, des migrants ont été secourus par le navire d’une plate-forme pétrolière, ils les ont amenés aux gardes-côtes libyens », rapporte Carola Rackete. Les ONG, tout comme l’Organisation des Nations unies, considèrent pourtant que la Libye n’est pas un lieu sûr de débarquement des rescapés.
« Sauver des vies est vécu comme un crime »
Vendredi soir, Pilotes volontaires ignorait d’ailleurs quel serait le port de débarquement des migrants repérés au large de Khoms. « Tant qu’on peut être utile et sauver des vies, on continuera », assure Benoît Micolon. Si les traversées en Méditerranée centrale ont chuté de 80 % en 2018, « c’est uniquement parce que les départs sont bloqués, mais il y a encore beaucoup de gens coincés en Libye et qui voudront partir », prévient Flavio Di Giacomo, porte-parole du bureau italien de l’Organisation internationale pour les migrations. Flavio Di Giacomo était présent cette semaine à Lampedusa pour participer aux commémorations du naufrage du 3 octobre 2013, dans lequel 368 personnes sont mortes noyées, au large de l’île.
C’est ce drame qui avait donné lieu à « Mare Nostrum », l’opération humanitaire et militaire de la marine italienne en Méditerranée centrale. Et c’est la fin de Mare Nostrum, en 2014, qui avait poussé des associations à s’engager dans le secours en mer. Aux commémorations officielles, pour la première fois en cinq ans, aucun représentant du gouvernement italien n’a fait le déplacement. « En 2013, l’opinion publique était attachée au principe de sauver des vies. Aujourd’hui, c’est vécu comme un crime », regrette Flavio Di Giacomo. Outre le gouvernement italien, d’autres personnes ont boudé cet anniversaire. Giacomo Sferlazzo est membre du collectif Askavusa et, après avoir recueilli la parole de rescapés et de témoins du drame, il est convaincu que tout n’a pas été fait par les autorités italiennes, ce jour-là, pour venir en aide aux naufragés. « Cette tragédie aurait pu être évitée », assure-t-il. Cinq ans ont passé. Et elles se poursuivent.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Malgré sa volonté de rééditer la stratégie de Sarkozy, le président de LR ne fait pas encore bouger les lignes dans les intentions de vote.
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Laurent Wauquiez peine toujours à séduire les lepénistes

Malgré sa volonté de rééditer la stratégie de Sarkozy, le président de LR ne fait pas encore bouger les lignes dans les intentions de vote.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 08h20
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            

Les chiffres tombent, implacables, semaine après semaine : Laurent Wauquiez ne parvient pas, pour l’heure, à reconquérir l’électorat de droite qui s’en est allé gonfler les voiles du Rassemblement national (RN, ex-Front national). Au moment de son élection comme président du parti Les Républicains (LR), en décembre 2017, l’ancien ministre promettait d’incarner une « droite vraiment de droite » capable de ramener au bercail des citoyens déboussolés par la brutale chute de crédibilité de Marine Le Pen. « Je veux parler à ceux que nous avons déçus et qui sont allés voter pour le Front national », assurait-il alors, rêvant sans le dire trop fort de répéter l’opération de siphonnage de l’électorat frontiste réussie par Nicolas Sarkozy, en 2007. Las, c’est plutôt le parti lepéniste qui creuse aujourd’hui l’écart avec LR dans les sondages en vue des élections européennes de mai 2019. Selon la dernière enquête en date pour ce scrutin, celle d’Odoxa, le RN serait ainsi proche de la première place, avec 21 % des voix, quand le parti de droite enregistre tout juste 14 % d’intentions de vote.

Ce n’est pas faute, pourtant, d’avoir actionné quelques leviers censés complaire à ces électeurs : proposition d’un référendum sur l’immigration, décrite comme une « menace culturelle pour la civilisation européenne » ; promesse d’introduire la « castration chimique » pour les délinquants sexuels ; attention portée à la France périphérique, ces zones périurbaines et rurales que Marine Le Pen appelle pour sa part la « France des oubliés », etc. Sur un plan plus strictement politique, M. Wauquiez refuse aussi de sévir contre l’ancien ministre Thierry Mariani ou le très médiatique jeune militant Erik Tegnér – éphémère candidat à la présidence des jeunes LR – malgré leurs appels répétés en faveur d’une alliance entre LR et RN. Une ligne officiellement rejetée par le président du parti, mais qui a droit de cité au nom...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Lundi, la présidente du RN doit rencontrer le ministre de l’intérieur italien pour évoquer une stratégie commune avant les européennes.
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Le Pen voyage à Rome pour afficher sa proximité avec Salvini

Lundi, la présidente du RN doit rencontrer le ministre de l’intérieur italien pour évoquer une stratégie commune avant les européennes.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 08h20
    |

            Lucie Soullier








                        



                                


                            
Depuis des semaines, l’entourage de Marine Le Pen s’épanche sur sa proximité avec Matteo Salvini. « Ils s’envoyaient des SMS avec des smileys cet été », se réjouit ainsi un des proches de la présidente du Rassemblement national (RN, ex-Front national). Et, à écouter les dirigeants du parti, leur rencontre, prévue lundi 8 octobre à 10 h 30, paraîtrait presque être une formalité : « Pas le truc intersidéral » ; « Rien de surprenant » ; « J’espère que vous ne découvrez pas qu’on travaille ensemble »…
La poignée de mains entre le ministre de l’intérieur italien et la chef de file de l’extrême droite française est pourtant très attendue par le RN en cette période où les partis préparent la campagne des élections européennes de mai 2019. L’occasion de montrer que le parti attire toujours alors que Nicolas Dupont Aignan – qui avait brisé le tabou de l’alliance avec l’ex-Front national dans l’entre-deux-tours de la présidentielle – vient d’annoncer sa candidature en solo, que les ralliements se font attendre et que nombre d’élus locaux claquent la porte avec fracas.

« Frère d’armes »
Peu importe, clame-t-on au RN, Marine Le Pen a rendez-vous à Rome. Après avoir brandi le « frère d’armes » Salvini pendant des semaines, elle pourra finalement compter sur une photo de rentrée avec le « modèle » italien anti-immigration. Sébastien Chenu ne cache d’ailleurs pas son enthousiasme : « Je trouve ça génial. » Le député RN du Nord a même fait un détour par la capitale italienne, vendredi, pour discuter avec une députée de la Ligue, Anna Rita Tateo, « des élections européennes, de leur expérience au gouvernement, et de leur expérience des alliances… »
Marine Le Pen l’y suivra donc lundi pour « évoquer » avec Matteo Salvini au siège de l’Union générale du travail, un syndicat italien proche de la Ligue, « la croissance économique et les perspectives sociales...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Les marchands présents sur les deux foires, London et Masters, s’inquiètent de leur devenir.
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Art contemporain : à Londres, dernière Frieze avant le Brexit

Les marchands présents sur les deux foires, London et Masters, s’inquiètent de leur devenir.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 17h51
    |

            Harry Bellet (Londres)








                        



                                


                            

La 16e édition de Frieze London, la foire d’art contemporain de Londres, et la 7e de Frieze Masters, sa sœur consacrée à un art plus classique, ont été inaugurées le 3 octobre. 160 galeries pour l’une, 130 pour l’autre, et des marchands qui parlaient un peu d’art et beaucoup de la situation économique. Certes, la profession est connue pour râler souvent, mais, alors que l’art contemporain n’a jamais autant fait flamber les ventes publiques, les galeries, elles, sont désertées par les amateurs, et ce partout dans le monde. La solution passe par les foires, des déplacements – et des emplacements – coûteux pour un retour sur investissement incertain, surtout dans le Royaume-Uni d’aujourd’hui.
Car si Frieze compte quelques ventes spectaculaires, les négociations y sont difficiles. Certes, la Tate Modern y a fait, comme chaque année, ses achats très médiatisés : un budget de 150 000 livres sterling (170 000 euros) a permis l’acquisition d’œuvres des Britanniques Sonia Boyce et Claudette Johnson, de la Chilienne Johanna Unzueta et de l’Italien Giorgio Griffa, qui iront enrichir les collections du musée londonien. Parmi les petits jeunes qui montent, citons l’Américain Eddie Martinez (né en 1977), dont les tableaux colorés présentés sur le stand de la galerie Timothy-Taylor à des prix s’échelonnant entre 30 000 et 95 000 dollars (26 000 et 82 500 euros) ont tous été vendus dans les premières heures du vernissage.
Dans les allées de Frieze London, bondées, l’ambiance est différente. On a la sensation que le public vient moins pour voir que pour se montrer
Au registre des poids lourds, qu’on trouve plutôt sur Frieze Masters, la galerie Van de Weghe a vendu un tableau de Franz Kline pour 8 millions de dollars (7 millions d’euros), le libraire bâlois Jörn Günther un livre d’heures médiéval pour 3 millions d’euros, et, dans un registre plus raisonnable, si on peut dire, les galeristes Lévy Gorvy et Kamel Mennour, qui faisaient stand...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Emprisonné depuis 2014, le cinéaste ukrainien originaire de Crimée refusait de s’alimenter depuis le 14 mai pour obtenir la libération de prisonniers politiques.
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Article sélectionné dans La Matinale du 05/10/2018
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Russie : Oleg Sentsov arrête sa grève de la faim pour éviter d’être nourri de force

Emprisonné depuis 2014, le cinéaste ukrainien originaire de Crimée refusait de s’alimenter depuis le 14 mai pour obtenir la libération de prisonniers politiques.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 17h13
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 05h50
   





                        



   


Ce n’est pas parce qu’il a obtenu satisfaction qu’il a pris cette décision. Dans un message remis vendredi 5 octobre à la presse, le cinéaste ukrainien emprisonné en Russie Oleg Sentsov a déclaré devoir arrêter sa grève de la faim pour éviter d’être nourri de force.
« Je suis forcé de mettre un terme à ma grève de la faim demain, c’est-à-dire le 6 octobre 2018 », a-t-il fait savoir dans une lettre manuscrite. Il précise : « En raison de mon état de santé critique et de l’apparition de changements pathologiques dans mes organes, il était prévu prochainement de me nourrir de force. » « Mon opinion n’est plus prise en compte. »

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« L’objectif n’est pas atteint »
Oleg Sentsov, 42 ans, originaire de Crimée, la péninsule ukrainienne annexée par la Russie en 2014, refusait de s’alimenter depuis le 14 mai pour demander la libération de prisonniers politiques ukrainiens.
Après « cent quarante-cinq jours de lutte, vingt kilos en moins et un corps brisé », « l’objectif n’est pas atteint », déplore le cinéaste, détenu dans la colonie pénitentiaire de Labytnangui, au-delà du cercle polaire arctique. « Je suis reconnaissant à tous ceux qui m’ont soutenu et demande pardon à ceux que je laisse tomber », conclut Oleg Sentsov, terminant son message par « Gloire à l’Ukraine ! »
« Le prisonnier Oleg Sentsov a accepté de consommer de la nourriture », a annoncé de son côté le service pénitentiaire russe, disant que « les meilleurs nutritionnistes de Moscou ont élaboré un programme pour l’aider à ingérer progressivement des aliments solides ». L’avocat d’Oleg Sentsov, Dmitri Dinze, n’était pas joignable pour un commentaire.

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Auparavant, le vice-directeur du service pénitentiaire russe, Vitali Maximenko, avait annoncé à l’agence Interfax la fin de la grève de la faim d’Oleg Sentsov et avait remercié les médecins et avocats l’ayant convaincu qu’il « faut vivre, que la vie continue ». Interviewé par la télévision indépendante Dojd, M. Maximenko a ajouté qu’Oleg Sentsov était « jeune, il deviendra peut-être un réalisateur célèbre. Qu’il vive ! »
La représentante ukrainienne pour les droits de l’homme, Lioudmila Denissova, a pour sa part demandé aux autorités russes de rencontrer immédiatement Oleg Sentsov, et elle a affirmé que la sortie rapide d’une grève de la faim était « encore plus compliquée et effrayante » que la grève de la faim en elle-même.
La militante et journaliste Zoïa Svetova a de son côté rappelé le cas du dissident soviétique Anatoli Martchenko, qui était mort près de deux semaines après avoir arrêté une grève de la faim en 1986. « J’espère que la médecine d’aujourd’hui est meilleure qu’à l’époque soviétique et qu’on ne le laissera pas mourir », s’est inquiété Mme Svetova, qui avait pu rencontrer M. Sentsov en août.
Refus d’une grâce présidentielle
Oleg Sentsov est connu pour son film Gamer, qui raconte l’histoire d’un adolescent participant à des compétitions de jeux vidéo tout en faisant face à une vie quotidienne difficile dans un village d’Ukraine. Le film avait été montré dans plusieurs festivals et récompensé à Rotterdam en 2012.
En mai 2014, opposé à l’annexion de la Crimée par la Russie, Oleg Sentsov a été arrêté à son domicile. Accusé d’avoir coordonné les activités d’un groupe de militants affiliés au mouvement ultranationaliste ukrainien Pravy Sektor (« secteur droit »), il a été condamné en août 2015 à vingt ans de prison pour « terrorisme » et « trafic d’armes », à l’issue d’un procès qualifié de « stalinien » par l’ONG Amnesty International.

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La dernière photographie d’Oleg Sentsov, récemment diffusée par les services pénitentiaires russes, montrait un médecin en blouse blanche l’auscultant, torse nu, dans un cabinet médical. Le cinéaste, qui mesure 1,90 mètre, y apparaissait affaibli et amaigri.
Les pays du G7 et de nombreuses personnalités du monde culturel ont appelé à sa libération. Malgré les déclarations alarmistes de proches concernant la dégradation de l’état de santé d’Oleg Sentsov, le Kremlin a répété à plusieurs reprises qu’une grâce présidentielle ne pouvait être accordée qu’à la demande du prisonnier, ce qu’Oleg Sentsov refuse de faire.
La Russie et l’Ukraine sont à couteaux tirés depuis l’arrivée au pouvoir, en 2014, de pro-Occidentaux à Kiev, suivie de l’annexion de la Crimée par Moscou et d’un conflit armé dans l’Est séparatiste prorusse du pays, qui a fait plus de dix mille morts.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Vingt-deux personnes ont été interpellées et placées en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour « violences volontaires et séquestration en réunion ».
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Le siège de SOS Méditerranée occupé par des militants identitaires

Vingt-deux personnes ont été interpellées et placées en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour « violences volontaires et séquestration en réunion ».



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 18h36
   





                        


Une vingtaine de militants du groupuscule d’extrême droite Génération identitaire ont occupé le siège de SOS Méditerranée, vendredi 5 octobre, à Marseille, a annoncé l’ONG sur Twitter. Les locaux ont été « attaqué[s] par une dizaine de militants identitaires. La police est sur place et procède à des arrestations. Le personnel de @SOSMedFrance est sain et sauf, mais sous le choc », écrit l’ONG, qui intervient en mer avec le navire humanitaire Aquarius pour secourir des migrants tentant la traversée vers l’Europe.

🔴URGENT Le siège de @SOSMedFrance à #Marseille a été attaqué ce vendredi par une dizaine de militants identitaires.… https://t.co/duJFEjpx6O— SOSMedFrance (@SOS MEDITERRANEE France)


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« Les individus ont mis dehors tout le personnel qui était présent » et ont déployé une banderole à la fenêtre « SOS Méditerranée complice du trafic d’êtres humains », a dit un porte-parole de la direction départementale de la sécurité publique. Aucune personne n’a été blessée. Les individus ont été interpellés sans incident très rapidement après le début de leur action, vers 14 heures, selon la même source.

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Vingt-deux personnes ont été placées en garde à vue dans des commissariats de Marseille dans le cadre d’une enquête de flagrance ouverte pour « violences volontaires et séquestration en réunion », a fait savoir la police, et les « plaintes de SOS Méditerranée sont en cours d’enregistrement ».
Ils réclament la saisie de l’« Aquarius »
Le groupe d’extrême droite Génération identitaire a revendiqué cette action dans un communiqué publié sur Facebook. « Réalisée de manière pacifique, notre action vise à dénoncer la complicité de cette ONG qui, sous couvert “d’humanitaire”, collabore avec les passeurs de clandestins », écrivent les militants, promouvant une pétition pour réclamer la « saisie de l’Aquarius ».

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Le sénateur RN des Bouches-du-Rhône, Stéphane Ravier, s’est félicité de cette action sur Twitter : « L’ONG pseudo-humanitaire SOS Méditerranée est bel et bien complice des trafiquants d’êtres humains : bravo à Génération identitaire pour son action pacifique devant leurs locaux à #Marseille ! Le temps de l’impunité est terminé ! »
Benoît Payan, président du groupe socialiste de Marseille et conseiller départemental des Bouches-du-Rhône, a quant à lui dit son « effroi » en découvrant cette occupation. « Mais qui sont ces gens qui attaquent des ONG, des sauveteurs, des héros ? Ce sont des nervis, des factieux, la lie de l’humanité. Honte à eux, et honte à ceux qui alimentent leurs fantasmes dégénérés », a-t-il réagi dans un communiqué, appelant à « la dissolution de ces groupuscules fascistes ».
Manifestation de soutien samedi
L’association SOS Méditerranée, qui affrète l’Aquarius avec Médecins sans frontières, menacée de perdre le pavillon panaméen de son navire, a appelé à une manifestation samedi dans une trentaine de villes de France et d’Europe afin de soutenir ses opérations de sauvetage.
Sous la bannière « Defend Europe », l’action de Génération identitaire s’est focalisée dernièrement sur les migrants, en Méditerranée ou dans les Hautes-Alpes. Dans le passé, elle avait ciblé des mosquées.

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Crise des réfugiés : « Jeudi, soixante-cinq familles n’ont pas eu à manger dans le camp de réfugiés de Moria »

Le nouveau secrétaire général d’Amnesty International, Kumi Naidoo, dénonce les conditions inhumaines dans lesquelles plus de 8 000 personnes survivent dans ce camp de Lesbos, en Grèce.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 15h33
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 16h09
    |

                            Marina Rafenberg (Athènes, intérim)








                        


Le nouveau secrétaire général d’Amnesty International, Kumi Naidoo, était sur l’île de Lesbos jeudi pour dénoncer les conditions inhumaines dans lesquelles plus de 8 000 personnes survivent dans un camp conçu pour en accueillir moins de la moitié. Il appelle les gouvernements européens à accueillir les réfugiés avec plus de dignité et à transférer au plus vite sur le sol grec les groupes les plus vulnérables comme les femmes seules et les enfants.

   


Quelle est votre priorité en tant que nouveau secrétaire général d’Amnesty International ?
Kumi Naidoo : J’ai décidé de mettre la priorité sur la crise migratoire, car il existe un déni sur la question des réfugiés, alors que le changement climatique ne va qu’en créer de plus en plus. La crise est loin d’être finie, et il faut y apporter de bien meilleures réponses. Il faut rappeler que la convention de Genève relative au statut des réfugiés est née, après la seconde guerre mondiale, du besoin d’accueillir et de protéger les personnes persécutées dans leur pays à l’époque, surtout en Europe. Et maintenant, l’Union européenne agit comme si elle reniait ses valeurs, son sens de l’humanité et de la compassion… Ce paradoxe est inquiétant, et le prix Nobel de la paix attribué à l’Union européenne en 2012 devrait lui être retiré, après ce que j’ai vu dans ce camp de Moria, à Lesbos !

        Reportage (édition abonnés) :
         

          A Lesbos, le cauchemar des réfugiés de Moria



Justement, quelles sont vos impressions après avoir visité ce camp, qui a été conçu pour 3 100 personnes mais en accueille désormais plus du double ?
Quand je vois le camp de Moria, je ne pense pas du tout être en Europe… C’est très choquant ! Je dois dire que j’ai assisté à de nombreuses expériences douloureuses dans ma vie, mais dans ce camp, j’ai dû lutter pour ne pas verser de larmes à l’écoute des histoires des réfugiés. Une Afghane seule avec ses trois enfants m’a demandé en pleurs : « peux-tu imaginer que nous attendons dix heures debout pour avoir un peu de nourriture ? » Jeudi, soixante-cinq familles n’ont pas eu à manger. Tout le monde est dans l’incertitude sur son avenir, ils ne savent pas s’ils vont être renvoyés en Turquie, s’ils vont rester en Grèce et dans quelles conditions. Peu de personnes peuvent survivre à des conditions pareilles sans devenir fou…

        Reportage en BD :
         

          En Grèce, dans l’enfer du camp de réfugiés de Moria



Pourquoi, selon vous, malgré les critiques récurrentes, la situation dans le camp de Moria ne s’améliore-t-elle pas ?
Avec un peu de volonté politique, ces conditions pourraient s’améliorer. Avec moins de bureaucratie, les réfugiés pourraient partir plus vite des îles pour rejoindre le continent européen et vivre dans de meilleures conditions. La distribution de nourriture ne devrait pas non plus nécessiter d’attendre des heures debout. Mais la ligne de l’Union européenne, c’est d’en faire le moins possible, de repousser le problème à ses frontières et d’appliquer une politique de « containment » qui va contre l’esprit des droits de l’homme pourtant chers aux fondateurs de l’UE.
Si des pays comme le Kenya arrivent à accueillir 1,5 million de réfugiés, pourquoi l’Union européenne, une des premières puissances au monde, n’arrive pas à accorder un accueil digne aux quelques milliers de personnes bloquées en Grèce ? Tout dirigeant européen devrait visiter ce camp, regarder ensuite les citoyens européens dans les yeux et leur dire que l’accord UE-Turquie de 2016 – qui prévoit le renvoi systématique de tous les migrants vers la Turquie, y compris les demandeurs d’asile, en contrepartie d’un soutien financier – est juste, légitime, et reflète les valeurs de l’Europe. Si l’Union européenne veut dissuader les réfugiés du côté turc de venir en Grèce, c’est peine perdue ! Personne ne quitte son pays par plaisir, ne traverse la mer sur un rafiot pour arriver dans un camp insalubre. Les réfugiés continueront d’affluer tant qu’existeront des bombardements et des guerres…

        Décryptage :
         

          Syrie, Erythrée, Afghanistan… ce que fuient migrants et réfugiés



Vendredi, Amnesty publie un rapport sur les conditions de vie des femmes dans les camps de réfugiés en Grèce. Pourquoi est-il important de s’intéresser de près au cas des femmes réfugiées ?
Les femmes sont les plus vulnérables et représentent désormais un fort pourcentage de la population présente dans les camps. Les agressions sexuelles sont nombreuses, les femmes enceintes n’ont pas accès aux soins. Pour elles, aller aux toilettes est difficile. Il n’y a pas de lumière dans le camp pour éclairer le chemin jusqu’aux sanitaires, les verrous des portes des toilettes sont absents… Combien ça coûte de mettre des verrous aux toilettes ? Pourquoi ne pas en mettre ? C’est une question de dignité humaine et ce n’est pas une question de coût, là encore…

        Notre enquête (édition abonnés) :
         

          Viols, prostitution, violence, l’enfer des femmes migrantes






                            


                        

                        


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L’église suédoise de Paris, refuge pour les jeunes Afghans 
                  
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LE MONDE
 |
                  05.10.2018 à 14h13


Depuis plus d’un an, l’église suédoise de Paris voit arriver de jeunes migrants afghans, déboutés du droit d’asile dans le royaume scandinave, qui viennent tenter leur chance en France.

Par             Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)





                     
Les tout premiers sont arrivés voilà un an et demi, un jour de février 2017. L’église suédoise, rue Médéric, dans le 17e arrondissement, a l’habitude de voir passer des compatriotes, quand ils font escale à Paris. « Ils viennent manger une brioche à la cannelle ou discuter un peu », raconte Annika Casalonga, une paroissienne. Le bâtiment, en brique rouge, un drapeau suédois fièrement dressé sur la façade, est un lieu de retrouvailles. Mais ce jour-là, les quatre visiteurs venus de Stockholm étaient différents.
Les jeunes hommes ne se sont pas fait prier pour raconter leur histoire, en suédois. Tous les quatre sont afghans. Ils sont arrivés en Suède en 2015, mineurs isolés, venus sans famille. Ils espéraient y obtenir l’asile, mais leur demande a été rejetée, au bout de deux ans d’attente. Plutôt que risquer l’expulsion vers leur pays d’origine, ils ont donc quitté le royaume scandinave, pour venir tenter leur chance à Paris. Entre-temps, ils sont devenus majeurs. Mais on leur a dit que la France accordait l’asile à 70 % des demandeurs afghans et qu’elle ne renvoyait pas les déboutés.
Le « moins-disant européen »
Pour les paroissiens, des Suédois installés à Paris, c’est une surprise. Ils savaient que le sort de ces jeunes migrants divisait leur pays depuis des mois, mais ne s’attendaient pas à les retrouver ici. L’époque où le premier ministre social-démocrate, Stefan Löfven, en septembre 2015, défendait « une Europe qui ne construit pas de murs » est depuis longtemps révolue.
Le 12 novembre 2015, le royaume a fermé ses frontières. Dans la foulée, le gouvernement a annoncé une série de mesures, destinées à aligner la politique suédoise de l’asile sur « le moins-disant européen » : généralisation des permis de séjour temporaire, limitation du regroupement familial, incitations au retour.

Annika Casalonga l’avoue volontiers : guide-interprète, installée depuis trente ans en France, elle faisait...





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L’église suédoise de Paris, refuge pour les jeunes Afghans
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Aux origines du sauvetage en mer

Kiara Neri, chercheuse en droit international, revient sur la naissance, dès le XVIIe siècle, de l’obligation de porter secours aux naufragés.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 13h00
    |

                            Kiara Neri (Maîtresse de conférences en droit international, à l'université Jean-Moulin-Lyon-III)








                        



                                


                            

Les océans fascinent depuis toujours, aussi bien pour leur beauté et leur attractivité que pour leur dangerosité. On se souvient des vers de Victor Hugo qui, dans Oceano Nox, chantait les « naufragés, victimes d’une mer sans fond (…) sous l’aveugle océan à jamais enfouis ! » C’est cette inquiétude inhérente aux risques liés aux activités maritimes qui a donné naissance à l’obligation de porter secours. L’actualité tragique commande de s’interroger sur l’origine de cette obligation, son contenu et la manière dont elle est appliquée par nos démocraties européennes.
La naissance de l’obligation. Dès le XVIIe siècle, le droit français organise l’obligation de porter secours aux personnes en danger en mer. L’ordonnance de la marine de 1681 imposait déjà à quiconque voyant des personnes en danger de naufrage de faire tout pour les secourir. Dans le même sens, un devoir d’assistance est imposé aux navires publics français dès 1790. La pratique française étant loin d’être isolée, l’obligation va petit à petit s’étendre à tous les capitaines de navires. Elle sera accompagnée du développement par les Etats côtiers de services de sauvetage au large de leurs côtes. Ainsi, à la suite de terribles accidents maritimes, le Parlement britannique créa, en 1823, une ­société pour la sauvegarde des naufragés et de leurs biens qui deviendra la Royal National Lifeboat Institution. A peine quelques années plus tard, une société semblable était créée à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). L’obligation d’assistance moderne était donc créée dès le début du XIXe siècle. Elle a depuis acquis une valeur coutumière et s’impose donc à tous les Etats. Elle a également été codifiée dans un nombre important de conventions internationales depuis 1910 avant d’être consacrée dans sa forme ­actuelle en 1982, dans la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (article 98).
Le contenu de l’obligation....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Confrontée à la montée du populisme de droite, l’Allemagne paraît confrontée à une impasse, s’inquiète ce grand historien. Le pays a sous-estimé le fossé culturel politique créé par sa partition d’après-guerre, qui a favorisé l’émergence de l’AfD à l’Est.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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Heinrich August Winkler : « L’entrée de l’extrême droite au Bundestag est un tournant dans l’histoire allemande »

Confrontée à la montée du populisme de droite, l’Allemagne paraît confrontée à une impasse, s’inquiète ce grand historien. Le pays a sous-estimé le fossé culturel politique créé par sa partition d’après-guerre, qui a favorisé l’émergence de l’AfD à l’Est.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 11h52
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            
Professeur émérite de l’université Humboldt, à Berlin, Heinrich August Winkler, 79 ans, est spécialiste de l’histoire moderne et contemporaine de l’Allemagne. Après avoir consacré plusieurs travaux de référence à la République de Weimar (1918-1933), il s’est intéressé à la Sonderweg, cette « voie particulière » empruntée par l’Allemagne avant d’accéder à la démocratie dite « occidentale », une question très débattue dans l’historiographie contemporaine. Cette réflexion est au cœur de son ouvrage le plus célèbre, traduit en français sous le titre Histoire de l’Allemagne (XIXe-XXe siècle). Le long chemin vers l’Occident (Fayard, 2005).

La crise politique que l’Allemagne traverse aujourd’hui a-t-elle connu un précédent dans l’histoire de la République fédérale ?
L’Allemagne a connu des crises gouvernementales très importantes dans les années 1960, 1970 et 1980. Je pense par exemple à la chute du gouvernement de Ludwig Erhard en 1966, quand le Parti libéral-démocrate (FDP) a quitté la coalition qu’il formait avec les conservateurs (CDU-CSU, Union chrétienne-démocrate d’Allemagne – Union chrétienne-sociale en Bavière), ou encore à la perte de la majorité constituée par le Parti social-démocrate (SPD) et le FDP sous Willy Brandt, en 1972, qui avait provoqué des élections législatives anticipées.
Ce qui est nouveau, c’est que la rébellion vient du camp même de la chancelière, la CDU-CSU, et non de son partenaire de coalition, le SPD. Cette rébellion de l’intérieur a été symbolisée, le 25 septembre, par la défaite de Volker Kauder, qui briguait un nouveau mandat à la tête du groupe CDU-CSU du Bundestag. Le fait que ce proche d’Angela Merkel, qui occupait ce poste depuis treize ans, ait ainsi été battu, donne la mesure du mécontentement que doit affronter la chancelière au sein de sa propre majorité.
Cela crée une situation politique particulière. La chancelière est très affaiblie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Né du combat contre l’euro, le parti Alternative pour l’Allemagne mobilise désormais sur le racisme et la crise des migrants. Entré au Bundestag en septembre 2017, il menace la majorité absolue de la CSU lors des élections du 14 octobre en Bavière.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤               En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Entré au Bundestag en septembre 2017, il menace la majorité absolue de la CSU lors des élections du 14 octobre en Bavière.             Un soir de septembre en Bavière, à Moosburg-sur-l’Isar, coquette cité de 18 000 habitants à une cinquantaine de kilomètres de Munich. Corsetée dans un Dirndl, la robe traditionnelle bavaroise, Melanie Hilz est un peu seule sous son parasol aux couleurs du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD). Peu de passants viennent lui parler. Beaucoup l’évitent, détournent le regard ou changent de trottoir. Certains sont même agressifs. Comme cet automobiliste qui s’arrête devant elle pour lui lancer : « Espèce de sale nazie ! »           Melanie Hilz ne se laisse pas démonter. Rien ne semble pouvoir altérer le sourire conquérant de cette femme de 32 ans, « mariée, mère de trois enfants et grossiste à temps partiel », comme le précise le tract qui promeut sa candidature aux élections régionales bavaroises du 14 octobre. A ses côtés, un de ses soutiens répond du tac au tac : « Nous sommes habitués à être traités comme des pestiférés. Comment voulez-vous qu’il en soit autrement, quand la presse et les partis du système nous insultent du matin au soir ? Mais cela n’a pas d’importance. Ce qui compte, c’est la façon dont les gens votent. Or, sur ce point, ce qui s’est passé depuis la création de l’AfD, en 2013, est extraordinaire ! Qui aurait imaginé, à l’époque, que nous serions aujourd’hui le premier parti d’opposition de ce pays ? Voilà pourquoi ceux qui nous méprisent ou nous haïssent ne nous font ni chaud ni froid. Ils verront, encore une fois, le 14 octobre… »                      — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     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Enquête     Yves Eudes    Article réservé à nos abonnésConstruire des îles artificielles pour prendre le large Aller vivre dans les eaux internationales, dernières « zones libres » de la planète : c’est l’idée d’un groupe d’ingénieurs et d’activistes libertariens.                    Enquête     Angeline Montoya    Article réservé à nos abonnésEn Argentine, le mystère Nisman Il y a trois ans, Alberto Nisman était retrouvé une balle dans la tête. Depuis, l’enquête mêle services secrets, l’attentat de 1994 contre des associations juives et l’ex-présidente Cristina Kirchner.                  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Brexit : pour la première fois, la City est délaissée par le gouvernement britannique

Pour des raisons politiques, la première ministre britannique, Theresa May, ne donne pas la priorité au secteur financier.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 11h11
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Les lobbyistes de la City ne comprennent plus ce qui leur arrive. En privé, ils reconnaissent volontiers que les portes du 10 Downing Street leur sont désormais quasiment fermées. La première ministre britannique, Theresa May, n’écoute guère leurs préoccupations.

La City a dû se rendre à l’évidence : elle a perdu la première manche des négociations du Brexit. Elle qui a fait campagne contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, puis qui s’est battue de toutes ses forces contre la perte du fameux passeport financier européen, est contrainte de capituler en rase campagne. Non seulement le centre financier britannique va perdre le précieux sésame, qui permet de vendre des produits à travers toute l’UE, mais Downing Street ne semble guère s’en émouvoir.
En juillet, quand elle a présenté son plan officiel pour le Brexit, Mme May a demandé à rester dans le marché unique pour les biens, mais pas pour les services. Les intérêts de la finance ont été délaissés.
« La priorité est donnée à l’industrie »
Vince Cable, ancien ministre des entreprises (2010-2015) et actuel leader des libéraux-démocrates, n’en revient pas. « Quand j’étais au gouvernement, à chaque déplacement à l’étranger, il était clair que la finance était l’un des premiers secteurs que nous défendions. Nous n’avions même pas besoin de le dire. Maintenant, voilà que Londres dit le contraire. La priorité est donnée à l’industrie », confiait-il lors d’une récente conférence à la London School of Economics.
En juillet, quand elle a présenté son plan officiel pour le Brexit, Theresa May a demandé à rester dans le marché unique pour les biens, mais pas pour les services.
Selon lui, cela relève en partie du hasard : rester dans le marché unique pour les biens – et donc ne pas mettre en place de contrôles douaniers – permet d’éviter l’instauration d’une frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, ce qui est une priorité politique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Une nouvelle étude estime que, sur vingt ans, le Royaume-Uni a perdu l’équivalent de deux ans de produit intérieur brut à cause du poids excessif de la City.
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« La malédiction de la finance » étouffe l’économie

Une nouvelle étude estime que, sur vingt ans, le Royaume-Uni a perdu l’équivalent de deux ans de produit intérieur brut à cause du poids excessif de la City.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 11h04
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

« Les politiciens qui se lèchent les babines à l’idée d’attirer de nombreux banquiers à Paris grâce au Brexit feraient bien de faire attention à ce qu’ils souhaitent. Economiquement, cela pourrait se retourner contre eux », prévient Nicholas Shaxson.
L’auteur de The Finance Curse. How Global Finance is Making Us All Poorer (« la malédiction de la finance », éditions Bodley Head, non traduit), sortie presse vendredi 5 octobre, n’est pas un dangereux anticapitaliste primaire. La finance est absolument nécessaire au développement économique, selon le journaliste. Mais son ouvrage vient vulgariser un concept ancien, redéveloppé depuis une dizaine d’années par un groupe d’économistes : trop de finance peut finir par étouffer la croissance.
Une nouvelle étude, d’Andrew Baker, de l’université britannique de Sheffield, Gerald Epstein, de l’université du Massachusetts à Amherst, et Juan Montecino, de l’université de Columbia, à New York, publiée, vendredi, pour coïncider avec la parution du livre, chiffre pour la première fois les dégâts de cet excès de finance pour le Royaume-Uni, pays où la City possède un poids prépondérant. Résultat : de 1995 à 2015, le pays aurait perdu 4 500 milliards de livres, l’équivalent de deux ans du produit intérieur brut (PIB) actuel. Soit 170 000 livres par foyer en moyenne.

Au Royaume-Uni, le secteur financier pèse 6,5 % de l’économie
« Le chiffre est une estimation qui demande d’autres recherches, précise immédiatement M. Baker. Mais il est gigantesque, et c’est un ordre de grandeur qui donne une bonne idée de la façon dont la finance écrase tout le reste de l’économie. » Ce résultat est particulièrement intéressant comparé à celui des Etats-Unis : sur la même période, la première puissance économique mondiale aurait perdu environ un an de PIB seulement. « Le coût pour le Royaume-Uni serait donc deux à trois fois plus grand parce que la finance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ La coalition au pouvoir à Rome, incapable de boucler sérieusement son budget pour 2019, se tourne de plus en plus vers les investissements chinois. Au risque de se laisser prendre au piège de la dépendance, note l’éditorialiste économique du « Monde », Philippe Escande, dans sa chronique.
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« Le gouvernement populiste italien rêve d’ouvrir grandes les portes à la Chine »

La coalition au pouvoir à Rome, incapable de boucler sérieusement son budget pour 2019, se tourne de plus en plus vers les investissements chinois. Au risque de se laisser prendre au piège de la dépendance, note l’éditorialiste économique du « Monde », Philippe Escande, dans sa chronique.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 10h50
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

« Pertes & profits ». C’est en grande partie grâce à Marco Polo que la Chine s’est éveillée au reste du monde. Les récits du marchand vénitien, dictés après son retour, vers 1295, d’une prison génoise, ont eu un impact considérable sur toute l’Europe. ­
Michele Geraci, lui aussi, revient de Chine. Ce professeur de finance sicilien a enseigné à Shanghaï. Dès son retour, comme Marco, il a voulu ­convaincre ses compatriotes des merveilles rencontrées. Il a trouvé l’oreille attentive de Matteo Salvini, le patron de la Ligue (extrême droite). Parvenu au pouvoir, ce dernier l’a fait nommer sous-secrétaire d’Etat au développement économique. Depuis, il ne rêve que d’ouvrir plus grandes les portes à ses amis chinois.

A l’agence Bloomberg, il révèle que l’Italie devrait signer cette année un mémorandum avec la Chine, faisant de son pays la pointe avancée en Europe du projet de Pékin d’infrastructure géante (« One Belt One Road ») reliant l’Extrême-Orient à l’Europe. Un programme d’investissements massifs dans le ferroviaire, ­l’aérien, l’espace et la culture. « Nous sommes très différents du gouvernement précédent sur ce sujet », assure M. Geraci.
L’Europe, cible privilégiée de Pékin
Cette rupture affichée l’est aussi avec le reste de l’Union européenne (UE), en ce moment très réservée sur le sujet et, bien sûr, avec l’exécutif américain, en guerre commerciale ouverte avec la Chine. Jeudi 4 octobre, le conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, a indiqué que son pays, pourtant très protectionniste quand ça l’arrange, était en train de discuter avec l’UE afin de former « une coalition de volonté commune pour combattre la Chine dans le domaine commercial. »
Il faut dire que l’Europe est la cible privilégiée de Pékin. Le Vieux Continent accueille à lui seul près de 60 % des investissements chinois à l’étranger, contre seulement 25 % aux Etats-Unis et 15 % en Asie et Afrique. D’où l’importance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Au moyen de communiqués séparés, les Occidentaux ont désigné, jeudi, la Russie comme responsable de cyberattaques de grande envergure.
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L’Europe et les Etats-Unis dénoncent d’une même voix la cyberguerre russe

Au moyen de communiqués séparés, les Occidentaux ont désigné, jeudi, la Russie comme responsable de cyberattaques de grande envergure.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 11h29
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen) et 
                                service international








                        



                                


                            

Le Royaume-Uni et les Pays-Bas, l’OTAN, les Etats-Unis, puis le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande au moyen de communiqués séparés, suivis de l’Union européenne : de façon concertée, jeudi 4 octobre, les Occidentaux ont désigné la Russie comme la responsable de cyberattaques de grande envergure déstabilisantes pour l’ordre international.
L’heure est à la riposte politique. Sont dénoncées les campagnes de désinformation de nature à « saper les démocraties occidentales », selon les termes d’Ank Bijleveld, la ministre néerlandaise de la défense, les tentatives de pénétrer l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), plusieurs instances antidopage, ou même la compagnie américaine Westinghouse, qui fournit du combustible nucléaire aux centrales d’Ukraine. Associé à plusieurs groupes de pirates informatiques, le service de renseignement militaire russe, le GRU, est au centre des dossiers instruits par les alliés.
James Mattis, le secrétaire à la défense américain, a souligné « l’attitude irresponsable » de Moscou qu’il a sommé de « rendre des comptes »
Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’OTAN, a évoqué, à l’issue d’une réunion des ministres de la défense des 29 alliés, des « tentatives flagrantes de saboter les institutions internationales ». Présent à Bruxelles, James Mattis, le secrétaire à la défense américain, a souligné « l’attitude irresponsable » de Moscou qu’il a sommé de « rendre des comptes ». Les présidents du Conseil européen et de la Commission, Donald Tusk et Jean-Claude Juncker, ont dénoncé, avec la haute représentante Federica Mogherini, « un acte d’agression qui démontre le mépris » de Moscou envers l’OIAC.
Paris resté en retrait
Les Etats-Unis promettent de mettre à la disposition de leurs partenaires leurs capacités cyber (y compris offensives). Dans le cadre de « l’engagement en faveur de la cyberdéfense » pris par l’OTAN en 2016, le Royaume-Uni,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Le classement international de 195 pays selon la qualité du capital humain place la France au 9e rang, mais au 21e rang seulement en matière de formation. L’économiste de la santé Christopher Murray revient sur ces chiffres et avance le lien entre croissance économique et formation de qualité.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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« Pour être forte économiquement, la France doit encore investir dans la formation »

Le classement international de 195 pays selon la qualité du capital humain place la France au 9e rang, mais au 21e rang seulement en matière de formation. L’économiste de la santé Christopher Murray revient sur ces chiffres et avance le lien entre croissance économique et formation de qualité.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 09h02
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Christopher Murray (Economiste de la santé)







                        



                                


                            

Tribune. Un vieux proverbe français s’applique bien au concept de « capital humain », définissable comme le produit des investissements d’un pays dans la santé et l’éducation de ses citoyens : « On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. »
Fondamentalement, un gouvernement ne peut s’attendre à être fort économiquement s’il n’investit pas dans le développement de sa force de travail. Tout travail ne se vaut pas, et le degré de productivité des travailleurs peut être amélioré en s’assurant que les individus ne se contentent pas d’aller à l’école, mais y apprennent réellement quelque chose, comme le démontrent plusieurs études. Les dirigeants doivent aussi veiller à permettre à ces actifs bien formés de vivre plus longtemps et en meilleure santé.

Jusqu’à présent, il n’existait aucun outil quantitatif pour mesurer la qualité de la force de travail d’un pays. Une étude, publiée le 24 septembre dans la revue médicale internationale The Lancet, vient pallier ce manque. Elle permet au législateur de comparer l’évolution du capital humain pays par pays entre 1990 et 2016. Elle résulte de l’analyse systématique de données issues de plus de 100 000 sources provenant, entre autres, des administrations gouvernementales, des établissements d’enseignement et des systèmes de santé.
Force de travail
Aujourd’hui, la France n’a pas à rougir de son capital humain, mais d’autres pays progressent plus vite. Le pays se classe 9e sur 195 pays et territoires à l’échelle mondiale en 2016, avec 25 ans de « capital humain espéré », c’est-à-dire le nombre moyen d’années que les Français peuvent espérer travailler au maximum de leur productivité, tout en se maintenant en bonne santé et à un haut niveau de compétences.
La Finlande, l’Islande et le Danemark occupaient, dans cet ordre, les trois premières places en 1990. Ils récidivent en 2016. Et chacun de ces pays a augmenté son nombre d’années...




                        

                        

