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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Les brésiliens s’apprêtent à voter, dimanche, pour élire un nouveau président, le grand favori est le député d’extrême droite Jair Bolsonaro.
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Brésil : le candidat d’extrême droite Bolsonaro, un nostalgique de la dictature militaire

Les brésiliens s’apprêtent à voter, dimanche, pour élire un nouveau président, le grand favori est le député d’extrême droite Jair Bolsonaro.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 18h34
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



                                


                            

La session avait commencé depuis plusieurs heures, le 17 avril 2016, quand Jair Bolsonaro, à l’époque député du Congrès brésilien, s’approche du pupitre. Apportant sa voix en faveur de l’« impeachment » (destitution) de la présidente de gauche, Dilma Rousseff, il dédie son vote « à Dieu », « à la famille », « aux forces armées », « contre le communisme » et « à la mémoire du colonel Carlos Alberto Brilhante Ustra », l’un des tortionnaires de la dictature militaire (1964-1985).
Le Brésil, choqué, découvre ce jour-là le visage d’un parlementaire jusqu’ici insignifiant. Un homme avide de notoriété et de polémiques, souvent moqué pour son inculture et réputé pour ses petites phrases, agressives, vulgaires et misogynes : « Je ne vous violerai pas car vous ne le méritez pas. Vous êtes très laide » (à l’encontre d’une consœur députée, en 2003 et 2014) ; « L’erreur de la dictature fut de torturer et non de tuer » (entretien à la radio Jovem Pan, en 2016) ; « Je serais incapable d’aimer un fils homosexuel. Je préférerais qu’il meure dans un accident de voiture » (entretien au magazine Playboy, en 2011).
A 63 ans, le militaire de réserve, tantôt grossier, raciste ou homophobe, est aujourd’hui le favori des sondages pour l’élection présidentielle. Avec plus de 30 % des intentions de vote, il a de sérieuses chances de l’emporter.
« Sortir du placard »
Suscitant un culte quasi religieux de la part de ses militants qui le surnomment « Bolsomito » (Bolso le mythe), il représente, « l’opportunité, pour l’extrême droite ultraréactionnaire et nostalgique de la dictature militaire, de sortir du placard. Et même de prendre le pouvoir », estime Chico Alencar, candidat au Sénat pour le Parti socialisme et liberté (PSOL, gauche).
Son ascension vertigineuse surprend encore les analystes. Elu sept fois député, avec trente ans de carrière politique, Jair Bolsonaro incarne pourtant le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Sauf coup de théâtre, une courte majorité de sénateurs devraient valider la nomination du candidat de Donald Trump, samedi, au terme d’un processus de confirmation chaotique.
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Etats-Unis : le Sénat s’apprête à voter sur la candidature de Kavanaugh à la Cour suprême

Sauf coup de théâtre, une courte majorité de sénateurs devraient valider la nomination du candidat de Donald Trump, samedi, au terme d’un processus de confirmation chaotique.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 18h24
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 18h40
   





                        



   


Le Sénat américain s’apprête à voter, samedi 6 octobre, sur la candidature du juge Brett Kavanaugh, candidat du président américain Donald Trump à la Cour suprême, au terme d’un processus de confirmation chaotique, marqué par des accusations d’agression sexuelle à son encontre, lorsqu’il était adolescent.
Sauf coup de théâtre, une courte majorité de sénateurs devraient valider sa nomination. A l’exception d’un élu dans chaque camp, les républicains devraient tous voter pour et les démocrates contre : vendredi, les sénateurs, chargés de donner le feu vert pour les nominations à vie au sein du temple du droit américain, ont décidé, lors d’un vote de procédure, de clore leurs débats et ont révélé par la même occasion leur décision.

        Lire :
         

          Deux sénateurs-clés annoncent qu’ils soutiennent Brett Kavanaugh à la Cour suprême



Sur les quatre élus ayant jusque-là réservé leur position, trois – les républicains Jeff Flake et Susan Collins, ainsi que le démocrate Joe Manchin – ont annoncé qu’ils allaient voter pour le juge Kavanaugh.
Dans le camp présidentiel, seule Lisa Murkowski a l’intention de faire défection. « Brett Kavanaugh n’est pas le bon homme pour la Cour en ce moment », a-t-elle expliqué à la presse. Vendredi soir, elle a déclaré au Sénat : « Mon espoir est que (le juge Kavanaugh) sera un arbitre neutre (…) qu’il sera cette force de stabilité ».
Susan Collins a aussi longuement justifié son choix, soulignant que le juge Kavanaugh avait droit à « la présomption d’innocence » et qu’il n’y avait pas d’éléments corroborant les accusations contre lui. « Je ne crois pas que ces accusations puissent équitablement empêcher le juge Kavanaugh de servir à la Cour », a-t-elle ajouté.

Sen. Susan Collins on the Kavanaugh vote: “I will be voting ‘yes’ on proceeding to the final confirmation vote, and… https://t.co/0Lp5HsyMir— CNN (@CNN)


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Démocrates mobilisés
« C’est un grand jour pour l’Amérique », a déclaré sur Fox News le chef de la majorité républicaine au Sénat Mitch McConnell, considérant le vote comme acquis et félicitant ses collègues d’avoir « refusé de céder à toute cette intense pression ».
Les démocrates et défenseurs des droits civiques s’étaient mobilisés dès sa nomination en juillet pour tenter d’empêcher sa confirmation, avec notamment des campagnes médiatiques ou des manifestations, visant particulièrement les sénateurs modérés. Malgré leurs efforts, Brett Kavanaugh, était en bonne voie pour être confirmé quand une femme l’a accusé mi-septembre d’une tentative de viol remontant à une soirée entre lycéens en 1982. Cette accusation a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans un pays sensibilisé à la question des violences sexuelles depuis la dénonciation du producteur Harvey Weinstein et de dizaines d’hommes de pouvoir dans le sillage du mouvement #metoo.

   


Enquête du FBI
Lors d’une audition au Sénat suivie par vingt millions d’Américains, Christine Blasey Ford, universitaire de 51 ans, s’est dite sûre « à 100 % » d’avoir été agressée par M. Kavanaugh alors qu’elle n’avait que 15 ans et lui 17. En colère, le magistrat a lui clamé son innocence et s’est dit victime d’une campagne de dénigrement orchestrée par l’extrême gauche.
Sous la pression d’élus indécis, le Sénat a alors demandé un complément d’enquête à la police fédérale (FBI), qui a rendu sa copie mercredi soir. Le rapport a conforté les républicains, qui n’y ont « rien » trouvé de compromettant, et ont immédiatement enclenché la phase finale du processus de confirmation.
Les avocats de Mme Ford ont eux estimé que ce complément d’enquête n’était pas « significatif », car il ne comprenait pas d’entretiens avec Mme Ford et avec le juge Kavanaugh.

        Lire aussi l’analyse :
         

          Brett Kavanaugh, le passage en force coûteux de Donald Trump






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ La « Petite fille au ballon rouge » a été en partie découpée en morceaux juste après avoir été vendue, lors d’enchères organisées à Londres, vendredi. L’incident reste inexpliqué.
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Attribuée à 1,2 million d’euros, une œuvre de Banksy s’autodétruit en pleine vente

La « Petite fille au ballon rouge » a été en partie découpée en morceaux juste après avoir été vendue, lors d’enchères organisées à Londres, vendredi. L’incident reste inexpliqué.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 12h55
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 14h59
   





                        



   


Il pourrait s’agir du dernier canular mis en scène par l’artiste Banksy, célèbre pour ses pochoirs contestataires peints dans de nombreuses villes du monde. Lors d’une vente aux enchères organisée à Londres, vendredi 5 octobre, un tableau lui étant attribué, la « Petite fille au ballon rouge », a été vendu à 1,04 million de livres – près de 1,2 million d’euros en incluant la commission de la maison de vente.
Une enchère exceptionnelle pour la maison Sotheby’s, à Londres – l’œuvre était estimée entre 230 000 et 341 000 euros –, mais qui ne s’est pas terminée comme prévu : un mécanisme caché dans le bas du cadre a commencé à broyer le tableau peu après la confirmation de l’enchère, ne s’arrêtant que pour laisser intact le ballon rouge en forme de cœur s’éloignant de la fillette, désormais découpée en plusieurs morceaux.

,300,000 BANKSY artwork piece just “self-destructed” right after it was sold at Sotheby’s auction!🤯😳

— DanFleyshman (@Dan Fleyshman)


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La destruction pourrait être une bonne affaire
Aucune explication n’a été fournie sur la destruction de l’œuvre, la maison de vente se disant incapable de confirmer si Banksy lui-même était impliqué. L’artiste a dans la nuit publié une photo de la vente – et de la surprise apparente du public – sur son compte Instagram, accompagné du commentaire : « Adjugé, vendu… » (en anglais : « Going, going, gone… »).
« Nous avons été “banksyé” », a de son côté ironisé Alex Branczik, directeur du département d’art contemporain à Sotheby’s, lors d’une conférence de presse après l’incident. « Nous n’avons jamais connu cette situation dans le passé, où une œuvre est découpée en morceaux, juste après avoir égalé un record de vente pour l’artiste. Nous travaillons à estimer ce que cela peut changer à la vente aux enchères », a-t-il expliqué.
L’acheteur du tableau, contacté par la maison de vente, s’est dit « surpris » de la tournure des événements. Mais si la destruction de l’œuvre aurait pu mener à l’annulation de la vente, comme cela se ferait habituellement, l’opération pourrait se transformer en une bonne affaire, selon une analyse du Financial Times : « Il se pourrait que le tableau broyé prenne de la valeur, considérant qu’il est devenu l’objet de l’un des meilleurs canulars jamais organisés sur le marché de l’art. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ La pédiatre Marina Cavazzana, le professeur de pharmacologie Bernard Bégaud et le représentant de France Associations Santé Jean-Pierre Thierry ont débattu samedi 6 octobre au Monde Festival.
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                Vaccins, homéopathie... « Les scientifiques doivent exister dans les débats. Sans cela, l’obscurantisme revient »


La pédiatre Marina Cavazzana, le professeur de pharmacologie Bernard Bégaud et le représentant de France Associations Santé Jean-Pierre Thierry ont débattu samedi 6 octobre au Monde Festival.

LE MONDE
                 |                 06.10.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 17h37
                 |

            Léa Iribarnegaray

















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Quel rapport entre un débat sur la vérité scientifique et la thématique générale de cette cinquième édition du Monde Festival, « Aimer » ? A priori, aucun. Et pourtant, les émotions ont endossé le costume du personnage principal lors de la conférence « Vaccination, homéopathie, etc. : existe-t-il une vérité scientifique ? », organisée samedi 6 octobre dans le studio de l’Opéra Bastille.
Jean-Pierre Thierry, représentant de France Associations Santé, le collectif des associations de patients, plante le décor : « Dès que l’impact sur la santé est convoqué, on est sur la menace de mort. D’où une intensité de crise et une affectivité particulières. » Du simple repas de famille à la manifestation publique, les formes d’oppositions apparaissent toujours tranchées et virulentes lorsqu’il s’agit de vaccination, d’homéopathie, et de toute autre question liée à la médecine.
Pour la pédiatre et professeure d’immunologie Marina Cavazzana, ces « pics de colère et éclats de violence sont justifiés », du fait d’une incapacité à conserver un niveau d’information suffisant dans tous les domaines. Bernard Bégaud, professeur de pharmacologie à l’Université de Bordeaux, évoque même « un silence assourdissant » de la part des scientifiques : « Nous devons absolument exister dans les débats, et prendre la parole. Sans cela, l’obscurantisme revient. »

   


« Assumer quand on ne sait pas »
Mais comment avancer des éléments stables dans un monde d’incertitude ? Puisque les connaissances médicales ne restent jamais figées, puisque la recherche fondamentale est très longue, puisqu’il faut se méfier des biais statistiques, comment dire toute la vérité, rien que la vérité, aux citoyens ? « Dans nos métiers, on apprend et on désapprend tous les jours, témoigne un médecin réanimateur dans la salle. Alors, vous, dites-moi, comment gérer cette difficulté dans la communication avec le public ? Moi, je ne sais pas. » Et le journaliste du « Monde » Paul Benkimoun, qui anime le débat, de proposer une réponse : « Comme dans la presse, je crois qu’il faut être le plus factuel possible. Ne pas avoir une parole monolithique, apporter des nuances, assumer quand on ne sait pas. »
Sans commencer à douter de tout, « cela serait une grosse erreur ! » prévient Bernard Bégaud. L’exemple de la vaccination illustre bien l’inadaptation de certains discours. « Mal utiliser les données de la science nourrit les théories complotistes », poursuit le professeur de pharmacologie. Ainsi, lorsque le niveau de preuve d’une étude scientifique ne saute pas aux yeux, il est difficile d’affirmer auprès de la population qu’un vaccin sera d’une véritable efficacité, ou qu’il n’aura aucun effet indésirable.
Dans ces cas-là, l’autorité publique préfère se taire : « On fait face à un blocage des politiques, déclare Jean-Pierre Thierry. Ils ne pourront jamais dire la vérité, par peur de rompre le paradigme et d’être violent vis-à-vis de la population. Mais c’est un très mauvais calcul. La preuve : c’est en France que la défiance vis-à-vis du vaccin est la plus forte ! » Pour Bernard Bégaud, c’est sur cette « défaillance de l’Etat » qu’il faut agir. « L’autorité guidant le peuple. »

   




Léa Iribarnegaray
    













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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Pour se défendre, Harvey Weinstein, producteur de Hollywood accusé d’agression sexuelle et de viol, a choisi Benjamin Brafman. La star des avocats pénalistes de New York s’est fait une spécialité des affaires risquées.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Editorial. En récompensant Nadia Murad et Denis Mukwege, le comité norvégien s’attaque à un fléau trop longtemps considéré comme un dégât collatéral de la guerre.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Un prix Nobel contre l’arme du viol

Editorial. En récompensant Nadia Murad et Denis Mukwege, le comité norvégien s’attaque à un fléau trop longtemps considéré comme un dégât collatéral de la guerre.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 11h24
   





                        



   


Editorial du « Monde ». On ne pouvait imaginer meilleur choix pour le prix Nobel de la paix 2018 que Nadia Murad et le docteur Denis Mukwege. En récompensant conjointement, vendredi 5 octobre, la jeune Yézidie qui a fait de son calvaire aux mains de l’organisation Etat islamique un combat contre les violences sexuelles et le gynécologue congolais qui a consacré sa vie à réparer les femmes détruites par les viols, le comité norvégien s’attaque enfin à un fléau trop longtemps considéré comme un regrettable et honteux dégât collatéral de la guerre.
Nadia Murad avait 21 ans lorsque, le 3 août 2014, les djihadistes de l’EI se sont emparés de son village du Sinjar, région montagneuse aux confins de l’Irak et de la Syrie où vivaient les Yézidis, minorité kurdophone non musulmane. Les hommes furent massacrés, les femmes enlevées. Vendue, revendue, réduite en esclavage, violée, torturée, Nadia Murad subit alors le sort de milliers d’autres femmes yézidies avant de parvenir, un jour, à s’échapper. « Ils se sont servis de moi autant qu’ils pouvaient s’en servir », résumera-t-elle sobrement au siège des Nations unies. Car, à peine libre, la jeune femme, surmontant le deuil de sa mère et de ses six frères tués par l’EI et le tabou qui entoure le viol, décide de témoigner devant le monde entier. « J’ai eu de la chance, dit-elle : j’ai survécu. » En 2016, elle devient ambassadrice de l’ONU pour la dignité des victimes du trafic d’êtres humains.

        Lire aussi :
         

                Nadia Murad, des chaînes de l’Etat islamique au prix Nobel de la paix



Denis Mukwege, 63 ans, est né dans le Sud-Kivu et, grâce à une bourse, a fait ses études de gynécologie en France. De retour en République démocratique du Congo, il fonde un hôpital à Bukavu, dans l’est du pays, où il prend en charge gratuitement les femmes victimes de viol dans la guerre civile qui ravage la région. La sauvagerie des mutilations génitales infligées aux victimes le stupéfait. Il voit arriver des femmes, des adolescentes et même des fillettes physiquement et psychologiquement détruites. Il met au point de nouvelles techniques de chirurgie réparatrice. Face à l’ampleur de cette « guerre sur le corps des femmes » – il estime avoir opéré environ 50 000 femmes –, il prend, sans grand écho, position contre le régime Kabila, et surtout décide de mobiliser l’opinion internationale.

   


Chacun à sa manière, Nadia Murad et Denis Mukwege mènent le même combat, avec un égal courage : celui de faire reconnaître le viol non plus comme accessoire inévitable des conflits armés mais comme une véritable arme de guerre. Et c’est bien sur cette qualification « d’arme de guerre » qu’a insisté le comité Nobel dans l’attribution du prix. Le recours massif aux violences sexuelles est aussi vieux que les conflits eux-mêmes : cette arme d’intimidation et de déshumanisation a été utilisée pendant la deuxième guerre mondiale, en Yougoslavie, au Rwanda, ou tout récemment encore en Syrie et en Birmanie. Mais le silence qui l’entourait a trop longtemps assuré l’impunité à ses auteurs ; il a aussi empêché un travail de prévention de se développer au sein des forces armées. Ce Nobel contribuera à briser ce silence.
L’annonce du prix Nobel de la paix a coïncidé avec le premier anniversaire du mouvement #metoo contre les violences sexuelles dans le monde occidental. Comparé aux atrocités subies par les femmes dans les pays en guerre, ce mouvement peut paraître trivial. Il n’y a pas, pourtant, de petits combats en la matière. Notre civilisation ne peut s’accommoder des violences sexuelles, individuelles ou de masse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ A Palu et dans les environs, le tremblement de terre et le tsunami du 28 septembre ont fait plus de 1 500 morts et deux mille blessés graves. Des millers de personnes ont disparu.
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En Indonésie, une semaine après le séisme et le tsunami, les familles à la recherche des corps de leurs proches

A Palu et dans les environs, le tremblement de terre et le tsunami du 28 septembre ont fait plus de 1 500 morts et deux mille blessés graves. Des millers de personnes ont disparu.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 10h31
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 16h11
    |

            Bruno Philip (Palu et Donggala ( Indonésie), envoyé spécial)








                        



                                


                            

« Mon Dieu, écoute nos cris qui s’élèvent vers toi ! » Une main anonyme a tracé cette supplication sur un morceau de carton, hâtivement fixé sur la coque d’un vieux rafiot de pêche que la grande vague a renversé cul par-dessus tête. A l’approche de Palu, capitale de la province centrale de Sulawesi, cet immense territoire indonésien que l’on appelait autrefois l’île Célèbes, les abords du centre-ville portent déjà les stigmates du séisme, puis du tsunami qui ont ravagé, au soir du vendredi 28 septembre, les rivages de cette longue baie qui s’ouvre d’ordinaire paisiblement sur le détroit de Makassar.
Il y aurait, selon l’Agence indonésienne de sauvetage, « un millier de maisons écroulées avec, donc, plus d’un millier de gens sous les décombres »
Le front de mer ressemble à une ligne de front et Palu à une ville qui émerge d’une guerre courte mais sanglante : la plage est jonchée de détritus de toutes sortes, le pont métallique qui enjambait la rivière s’est écroulé, une petite mosquée se penche sur la mer comme une tour de Pise orientale. Derrière la façade de guingois de l’hôtel Mercure, construit devant la plage, on devine les lits aux draps blancs de chambres sans murs où la brise fait tristement voler les rideaux. Le bâtiment s’est affaissé de l’intérieur : le hall d’entrée dévasté, où s’agitent des sauveteurs en combinaison orange, est en fait le second étage tombé sur le premier. Ce dernier s’est enfoncé dans les profondeurs. Une dame entièrement voilée de noir, visage couvert d’un masque antipollution, explique : « J’attends que l’on déterre le cadavre de ma sœur, qui était réceptionniste. » 

Les images associées ici aux aventures du marin polonais Joseph Conrad, qui trouva sous ces latitudes matière à écriture pour quelques-uns de ces plus foisonnants romans, ne sont plus de mise en ces terribles jours : une semaine après la catastrophe, la pire tragédie qui ait frappé l’archipel depuis le tremblement de terre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Des candidats de l’opposition forment des milliers de volontaires pour surveiller le déroulement de l’élection présidentielle du 7 octobre.
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Compte rendu

Au Cameroun, une armée de vigies citoyennes pour « barrer la voie à la fraude » électorale

Des candidats de l’opposition forment des milliers de volontaires pour surveiller le déroulement de l’élection présidentielle du 7 octobre.

Par                                            Josiane Kouagheu (Douala, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-10-06T18:30:28+02:00"

        Le 06.10.2018 à 18h30






    
A l’issue du dépouillement des élections législatives et locales, le 30 septembre 2013, dans un bureau de vote de Yaoundé, au Cameroun.
Crédits : REINNIER KAZE / AFP


Il est 20 h 22 au foyer Bazou, situé à Bepanda, l’un des quartiers populaires de Douala, capitale économique du Cameroun. Plus d’une centaine d’hommes et de femmes, assis sur des chaises blanches en plastique, écoutent attentivement un jeune homme qui leur donne des astuces pour « surveiller le vote et barrer la voie à la fraude ».
« Il faut noter une chose, notre objectif est de faire gagner notre candidat. Et le seul document pouvant prouver et garantir notre victoire est le procès-verbal. Vous devez être capable de le remplir et de contrôler les informations qui s’y trouvent. Soyez vigilants », conseille Eric Pinlap, chargé de la sécurisation du vote dans l’équipe de Joshua Osih, candidat du principal parti d’opposition, le Social Democratic Front (SDF). Debout face à son auditoire, il multiplie les conseils sur la composition de la commission d’un bureau de vote, le contrôle de la liste des électeurs, l’encre indélébile…

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L’élection présidentielle est prévue dimanche 7 octobre au Cameroun. Neuf candidats sont en lice pour ce scrutin à un tour. Parmi eux, Paul Biya, président de la République depuis près de trente-six ans et en course pour un septième mandat.
Falsification de procès-verbaux
Lors de précédentes élections présidentielles, législatives et municipales, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, parti présidentiel) a été accusé d’avoir fraudé pour se maintenir au pouvoir. L’opposition, la presse locale, la société civile et des observateurs dénonçaient alors de nombreuses irrégularités : doublons sur les listes électorales, bourrage d’urnes, falsification de procès-verbaux, achat de voix.

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Comme le SDF, de nombreux candidats ont donc décidé de former leurs propres scrutateurs pour « barrer la voie à la fraude le 7 octobre ». Des milliers d’hommes et de femmes, jeunes et moins jeunes, « volontaires » qui, disent-ils, seront présents dans les 25 000 bureaux de vote.
Selon la loi électorale, chaque bureau est constitué d’un président, représentant d’Elections Cameroon (Elecam, l’organisme chargé de l’organisation de l’élection), d’un représentant du ministère de l’administration territoriale et de ceux des différents partis politiques. « Les représentants de l’administration, d’Elecam et du RDPC sont du même bord et c’est ensemble qu’ils organisent des fraudes, détaille Carlos Ngoualem, du SDF. Nous avons plus de 30 000 scrutateurs qui seront partout, même en zone anglophone. Ils savent ce qu’ils doivent faire. »

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A chacun de leurs meetings, des candidats invitent les électeurs potentiels à « rester » sur place, « vérifier », « veiller » et « protéger » leur vote. « L’important n’est pas de dire qu’on a gagné. Il faut prouver qu’on a effectivement gagné », rappelait Cabral Libii, 38 ans, lors de son grand meeting au stade Cicam, à Douala, le 23 septembre. Le benjamin des candidats faisait référence au scrutin présidentiel de 1992, au cours duquel John Fru Ndi, président historique du SDF, avait récolté 35,9 % des voix, selon les résultats officiels, contre 39,9 % pour Paul Biya. Le parti et de nombreux opposants accusent, depuis, le pouvoir d’avoir « fraudé ».
« Cette élection est particulière, car nous avons expliqué à nos milliers de volontaires ce qu’est la fraude électorale, ses différentes formes et comment la contrecarrer. On fera tout pour que notre vote ne soit pas volé, assure Simplice Ngnoheu, coordonnateur du département du Wouri pour le parti Univers de Cabral Libii. Cette année, il y aura des scrutateurs à l’intérieur, mais aussi à l’extérieur des bureaux de vote. »

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Au-delà de ces scrutateurs, des observateurs nationaux et internationaux seront présents. Si l’Union européenne a annoncé qu’elle n’en enverrait pas, ceux de l’Union africaine sont arrivés début septembre.
« Devoir citoyen »
Charles Beaudelaire, 33 ans, « né sous Paul Biya et décidé à offrir mieux à ses enfants », est militant du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). « Si je vois ces gens tenter de voler notre victoire ou celle de n’importe quel candidat de l’opposition, je le dénonce », jure-t-il, à deux jours du scrutin.
Guibai Gatama, directeur de publication du journal L’Œil du Sahel, a mis sur pied la plateforme « Observateur d’un jour ». Le but est de permettre à « tous les Camerounais, de toutes les régions du pays, d’exercer leur devoir citoyen en envoyant des photos et vidéos de leur bureau de vote », précise-t-il. Ces observateurs devront préciser où et à quelle heure ils ont pris les images. « Je les recevrai, je les vérifierai avant de les partager sur mes différentes pages », ajoute Guibai Gatama.

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Après avoir confirmé, le 26 septembre, que les électeurs sont autorisés à entrer dans les bureaux de vote avec leur téléphone portable, Elecam a décidé jeudi d’en interdire l’utilisation. « Ils ont peur car, de toute façon, le pouvoir va frauder pour espérer gagner. C’est pourquoi l’initiative de Guibai est importante, affirme un journaliste politique qui votera pour l’opposition. C’est une autre manière de contourner ces fraudes car, avec ces photos et vidéos qui seront prises partout, à l’intérieur – pour les plus malins – comme à l’extérieur, il sera difficile pour Elecam et le parti au pouvoir de nier les faits si jamais ces observateurs capturent des scènes compromettantes. »
Reste qu’aujourd’hui le gros des fraudes électorales ne se produit plus dans les bureaux de vote mais au moment de la centralisation des résultats.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Meng Hongwei, président de l’organisation internationale de la coopération policière, dont le siège est sis à Lyon, n’a plus donné signe de vie depuis un séjour dans son pays, à la fin de septembre.
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Interpol demande à la Chine une clarification sur le sort de son président porté disparu

Meng Hongwei, président de l’organisation internationale de la coopération policière, dont le siège est sis à Lyon, n’a plus donné signe de vie depuis un séjour dans son pays, à la fin de septembre.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 16h55
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 17h57
   





                        



   


Interpol a demandé samedi 6 octobre à la Chine une clarification sur la situation de son président chinois Meng Hongwei, porté disparu depuis son départ pour son pays à la fin de septembre. Dans un communiqué, Jürgen Stock, secrétaire général de l’organisation de coopération policière internationale, dont le siège est sis à Lyon, « attend une réponse officielle des autorités chinoises quant aux inquiétudes sur le sort du président » d’Interpol, alors que Pékin a jusqu’ici gardé le silence sur la disparition de M. Meng, qui est également vice-ministre chinois de la Sécurité publique.
Meng Hongwei, 64 ans, n’a plus donné de ses nouvelles depuis le 25 septembre, lorsqu’il a rejoint la Chine en avion depuis Stockholm. C’est son épouse qui a signalé sa disparition aux autorités françaises, le 4 octobre au soir. Le lendemain, une enquête pour disparition a été ouverte par le parquet de Lyon et confiée à la division criminelle de la direction interrégionale de la police judiciaire de Lyon.
Selon nos informations, il ne s’agirait pas d’une disparition classique, pour motif criminel : la piste aujourd’hui privilégiée par les enquêteurs est celle d’une mise au secret temporaire de M. Meng par les services de Pékin, dans le cadre de règlements de comptes internes au pouvoir chinois.

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          Enquête ouverte sur la disparition du patron chinois d’Interpol



« La France s’interroge »
Le South China Morning Post, quotidien en anglais d’Hongkong, allait aussi dans ce sens, vendredi, en affirmant, sur la base d’une source anonyme, que Meng Hongwei était désormais « sous enquête en Chine », après avoir été emmené pour interrogatoire dès son atterrissage sur le sol chinois.
« La France s’interroge » sur cette situation, a fait savoir de son côté le ministère de l’intérieur, vendredi après-midi, se disant « préoccupé » par les « menaces dont son épouse a fait l’objet » sur les réseaux sociaux et par téléphone, en amont de son appel à la police pour signaler la disparition de son mari. Elle a depuis été placée sous protection. Interrogées par le bureau de liaison d’Interpol à Pékin, les autorités chinoises n’ont quant à elles, pour l’heure, « pas apporté de précisions, les échanges se poursuivent », a précisé la Place Beauvau.
Ce n’est pas la première fois que des personnalités de haut rang de la diaspora chinoise, en France ou dans d’autres pays, disparaissent ainsi. Le procédé est souvent le même. Les personnes sont arrêtées pendant un séjour en Chine dans le cadre de leurs affaires professionnelles ou personnelles. Elles sont ensuite privées de liberté et interrogées pendant des périodes qui peuvent s’étendre sur des mois. Avant d’être finalement relâchées de manière imprévisible, mais avec des dégâts sur leur carrière, difficiles à réparer, ou être accusées de corruption, dans un communiqué d’une seule ligne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Le temps d’une nuit, la création contemporaine va infiltrer l’espace public parisien, samedi, et ouvrir les portes de lieux méconnus, habituellement inaccessibles ou revisités.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ La cérémonie s’est déroulée dans l’intimité avec les proches du chanteur, avant qu’il soit inhumé, aux côtés de son fils, dans le caveau familial, dans les Yvelines.
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Aznavour inhumé après un dernier hommage à la cathédrale arménienne de Paris

La cérémonie s’est déroulée dans l’intimité avec les proches du chanteur, avant qu’il soit inhumé, aux côtés de son fils, dans le caveau familial, dans les Yvelines.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 18h31
   





                        



   


Les obsèques de Charles Aznavour, mort lundi 1er octobre, à l’âge de 94 ans, ont été célébrées samedi à la cathédrale arménienne Saint-Jean-Baptiste à Paris, avant son inhumation dans son caveau familial, dans les Yvelines.
La presse et le public ont été tenus à l’écart de l’édifice religieux, où la cérémonie s’est déroulée dans l’intimité avec les proches du chanteur, parmi lesquels les artistes Grand Corps Malade, Serge Lama, Emmanuelle Béart, l’animateur Michel Drucker. Le cortège funéraire s’est ensuite dirigé vers Montfort-l’Amaury (à l’ouest de Paris), où Charles Aznavour a été inhumé.

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Il repose dans son caveau familial, aux côtés de ses parents et de son fils Patrick, mort à l’âge de 25 ans. Après la cérémonie, le cimetière a été ouvert au public venu lui rendre un dernier hommage, ont constaté des journalistes sur place.
Deuil national en Arménie
En Arménie c’est un jour de deuil national, décrété par les autorités. Les drapeaux du pays sont en berne et les églises célèbrent des offices à la mémoire du chanteur décédé en France.
Vendredi matin, la cérémonie aux Invalides avait attiré près de la moitié des Français présents devant leur TV, avec près de 2,8 millions de téléspectateurs en moyenne sur France 2, BFMTV et LCI, selon les chiffres des chaînes et de Médiamétrie.

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Charles Aznavour s’est éteint lundi à son domicile dans le sud-est de la France, à la suite d’une "défaillance cardio-respiratoire. Inépuisable et fourmillant de projets, celui qui s’était imaginé vivre jusqu’à 100 ans avait repris la scène en septembre avec deux concerts au Japon.
Il laisse derrière lui, sa veuve Ulla, avec qui il a vécu pendant plus de cinquante ans, et cinq enfants.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Le pape François avait accepté au mois de juillet la démission du cardinal américain, accusé d’abus sexuels.
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Abus sexuels : le pape ordonne une enquête approfondie dans ses archives sur le cardinal McCarrick

Le pape François avait accepté au mois de juillet la démission du cardinal américain, accusé d’abus sexuels.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 17h35
   





                        



   


Le pape François a ordonné, samedi 6 octobre, une enquête plus approfondie dans les archives du Vatican sur le cardinal américain Theodore McCarrick, après avoir accepté au mois de juillet sa démission après des accusations d’abus sexuels.
Se prévalant de preuves écrites, un prélat italien, Carlo Maria Vigano, avait accusé en août le pape et un grand nombre de membres de la Curie romaine d’avoir couvert durant des années les agissements répréhensibles du cardinal sur des séminaristes et des prêtres.
Le pape avait d’abord refusé de commenter ce rapport. Le soir même de sa parution, lors d’une conférence de presse, François avait déclaré qu’il n’en dirait « pas un mot » et il avait suggéré à la presse de faire son travail sur un document qui, selon lui, « parle de lui-même », sous-entendant qu’il n’était pas crédible.
La décision prise aujourd’hui constitue la première réponse, très attendue, du pape aux allégations de Mgr Vigano. Le Vatican précise dans un communiqué que l’archevêché de New York lui avait signalé en septembre 2017 qu’un homme accusait le cardinal McCarrick d’avoir abusé sexuellement de lui dans les années 70.
Le pape avait alors ordonné à l’archevêché de New York de procéder à une enquête préalable, ensuite envoyée à la Congrégation pour la doctrine de la foi, en charge d’examiner les cas d’abus sexuels au sein du clergé, selon le Vatican.
« Etant donné que de graves indices étaient ensuite ressortis de l’enquête, le Saint-Père avait accepté la démission de l’archevêque McCarrick du collège des cardinaux, l’empêchant d’exercer un ministère public, et l’obligeant à mener une vie de prière et de pénitence », détaille le communiqué.

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« Nous suivrons le chemin de la vérité »
Dans le communiqué officiel envoyé samedi, le pape ordonne que l’enquête du Saint-Siège, qui a conduit à la démission du cardinal McCarrick, soit complétée à travers l’étude de documents se trouvant « dans les archives des dicastères [l’équivalent de ministères au Vatican] et dans les bureaux du Saint-Siège » concernant le prélat déchu.
« Le Saint-Siège est conscient que pourraient émerger de l’examen des faits et des circonstances, des choix qui ne seraient pas cohérents avec l’approche contemporaine de telles questions », indique le communiqué.
« Néanmoins, comme l’a dit le pape François, “Nous suivrons le chemin de la vérité, où qu’il nous porte”. Aussi bien les abus que leur couverture ne peuvent plus être tolérés et un traitement différent pour les évêques qui les ont commis ou couverts représente en fait une forme de cléricalisme qui n’est plus acceptable », ajoute le texte.
Le Vatican précise que « le Saint-Père renouvelle son invitation pressante à unir les forces pour combattre la plaie grave des abus à l’intérieur et à l’extérieur de l’Eglise, et pour empêcher que de tels crimes soient commis à l’avenir faisant des dommages chez les plus innocents et les plus vulnérables de la société ».
Le pape a fait cette annonce alors que sont réunis au Vatican 267 « pères synodaux » (cardinaux, évêques, patriarches chrétiens, membres de la Curie, religieux), 23 experts et 34 jeunes âgés de 18 à 29 ans, écoutés par 49 auditeurs dont une poignée de femmes. Le synode consacré aux jeunes se tient du 3 au 28 octobre.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Avec la domination écrasante du Paris-Saint-Germain, le championnat de France a perdu ce qui faisait sa force il y a quelques années : l’incertitude. Pourtant, il attire plus que jamais, en France et à l’étranger.
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Une Ligue 1 sans suspense mais pas sans intérêt(s)

Avec la domination écrasante du Paris-Saint-Germain, le championnat de France a perdu ce qui faisait sa force il y a quelques années : l’incertitude. Pourtant, il attire plus que jamais, en France et à l’étranger.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 09h33
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 17h41
    |

            Clément Guillou et 
Rémi Dupré








                        



                                


                            

15 avril : le Parc des Princes applaudit poliment son équipe, qui vient de corriger (7-1) le deuxième de la Ligue 1 de football, Monaco, et de s’assurer mathématiquement le titre de champion de France. Les supporteurs du Paris-Saint-Germain sont certes en grève, pour une raison extrasportive, mais cette ambiance de pot de départ sans champagne dit tout du respect dans lequel le public parisien tient désormais le titre de champion : ce n’est qu’un passage obligé.
En ce début de saison 2018-2019, le PSG a déjà mis en coupe réglée la Ligue 1, et peut battre, face à Lyon, dimanche 7 octobre, un nouveau record, avec une neuvième victoire consécutive dans l’entame du championnat. Celui-ci viendrait s’ajouter à ceux établis depuis que le fonds Qatar Sports Investments a racheté le club de la capitale, en 2011 : record de points marqués sur une saison, nombre de victoires, plus grand écart avec le deuxième, plus longue série d’invincibilité, nombre de buts encaissés, meilleure différence de buts. Sa dernière défaite dans un match à enjeu en France remonte au 21 janvier, à Lyon (2-1) justement.
Finie la Ligue 1 « la plus décoiffante »
Compétition sportive la plus médiatisée en France, la Ligue 1 est aussi la plus dépourvue de suspense en ce qui concerne la quête du titre. Un phénomène qui se prolonge dans les autres compétitions nationales puisque le PSG a remporté 17 des 20 trophées distribués dans ses frontières depuis cinq ans. C’est fâcheux : entre les dominations lyonnaise (2002-2008) et parisienne (depuis 2013, interrompue par le titre de Monaco en 2017), l’argument de vente de la Ligue 1 était son suspense incomparable.

Il fallait alors bien cela pour faire oublier la triste moyenne de deux buts par match et l’absence de grands noms. « La France est assurément première au classement du suspense et de la séduction, s’enflammait l’ex-président de la Ligue de football professionnel (LFP) Frédéric Thiriez, en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ L’éditorialiste saoudien Jamal Khashoggi, critique envers Riyad, n’a pas été vu depuis mardi, date de son entrée au consulat de son pays, à Istanbul, en Turquie.
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Journaliste saoudien disparu : ouverture d’une enquête judiciaire à Istanbul

L’éditorialiste saoudien Jamal Khashoggi, critique envers Riyad, n’a pas été vu depuis mardi, date de son entrée au consulat de son pays, à Istanbul, en Turquie.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 17h36
   





                        



   


Quatre jours après la disparition d’un journaliste saoudien critique envers Riyad, une enquête judiciaire a été ouverte, a rapporté samedi 5 octobre l’agence Anatolie. L’éditorialiste Jamal Khashoggi n’a pas été vu depuis mardi, date de son entrée au consulat de son pays, à Istanbul, en Turquie.
Ryad assure que Jamal Khashoggi, rédacteur d’articles d’opinion pour le Washington Post notamment, a quitté le consulat après y avoir effectué des démarches mardi. Dans un entretien à l’agence Bloomberg publié vendredi, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a également assuré que le journaliste n’était pas dans le consulat et s’est dit prêt à autoriser les autorités turques à « fouiller » les lieux.

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De son côté, Ankara a affirmé qu’il se trouvait toujours au consulat. D’après un communiqué publié sur son site par le quotidien progouvernemental Sabah et également cité par Anatolie, le procureur général d’Istanbul a annoncé samedi qu’une enquête avait été ouverte dès mardi et qu’elle se poursuivait de façon approfondie.
« Disparition forcée »
Selon sa fiancée, une femme turque dénommée Hatice A., M. Khashoggi s’était rendu au consulat pour effectuer des démarches administratives en vue de leur mariage, mais n’en est jamais ressorti.
Les organisations de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International ont toutes les deux mis en garde Ryad, affirmant que l’éventuelle détention du journaliste constituerait un cas de « disparition forcée ». Le hashtag #enlèvementdejamalkhoshoggi est l’un des plus partagés en arabe sur Twitter depuis mardi soir.
Modernisation et répression
M. Khashoggi s’est exilé aux Etats-Unis l’année dernière par crainte d’une possible arrestation pour avoir critiqué certaines décisions du prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman — surnommé « MBS » —, et l’intervention militaire de Riyad au Yémen, dont il avait été un temps partisan.

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Jamal Khashoggi n’a jamais mâché ses mots, que ce soit lorsqu’il dirigeait des rédactions dans son pays ou quand il a pris la plume en Occident pour critiquer le royaume saoudien de l’ère « MBS ». M. Khashoggi est l’un des rares journalistes saoudiens en vue à élever la voix contre la répression dans son pays. Dans l’un de ses derniers tweets, il avait ainsi critiqué le procès intenté à un économiste saoudien de renom, Essam Al-Zamel, après son arrestation par les autorités.
Riyad promeut une campagne de modernisation depuis que le prince Mohammed Ben Salman a été désigné héritier du trône, en 2017. Mais, par la suite, la répression des dissidents, avec des arrestations de religieux, de personnalités libérales et de militantes de la cause des femmes, s’est accentuée.
Une carrière de journaliste mouvementée
Jamal Khashoggi a commencé sa carrière de journaliste dans les années 1980, collaborant notamment à Saudi Gazette, Okaz et Asharq Al-Awsat. Il a couvert des conflits et a interviewé à plusieurs reprises en Afghanistan et au Soudan l’ancien chef d’Al-Qaida, feu Oussama Ben Laden.
Jugé trop progressiste, Jamal Khashoggi avait été contraint à la démission du poste de rédacteur en chef du quotidien saoudien Al-Watan en 2003. Il y était revenu en 2007, mais était reparti en 2010 à la suite d’un éditorial jugé offensant pour les salafistes — courant rigoriste de l’islam qui prône une obéissance totale au gouvernant.
Le Royaume d’Arabie saoudite figure à la 169e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) en 2018.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ L’ONG française survole les eaux internationales à bord du « Colibri », au large de la Libye, pour repérer des embarcations en détresse.
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Migrants : avec les Pilotes volontaires, au-dessus de la Méditerranée

L’ONG française survole les eaux internationales à bord du « Colibri », au large de la Libye, pour repérer des embarcations en détresse.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 09h46
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 14h20
    |

            Julia Pascual








                        


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            data-slide-description="Le photographe Samuel Gratacap a pris son envol avec des bénévoles de l’ONG Pilotes volontaires à la recherche d’embarcations en détresse au large des côtes libyennes."
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            data-slide-description="Benoît Micolon, cofondateur de l’ONG Pilotes volontaires, montre sur son téléphone une photo qu’il a prise en juin 2018 lors d’une mission de recherche de personnes en détresse en mer Méditerranée. En arrière-plan sa tablette qui lui permet de naviguer et suivre son plan de vol."
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            data-slide-description="Benoît Micolon est le cofondateur de l’ONG Pilotes volontaires. Le voici quelques minutes avant le décollage de l’île italienne de Lampedusa, vendredi 5 octobre au matin, lors d’une vérification du « Colibri 2 »."
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            data-slide-description="Benoît Micolon et Carola Rackete, montant à bord de « Colibri 2 » pour une mission de recherche de personnes en détresse en Mediterranée centrale, le 5 octobre 2018."
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            data-slide-description="Les membres de Pilotes volontaires ont réalisé trente-cinq missions de survol depuis mai 2018."
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            data-slide-description="Le casque de communication et la tablette sur une des ailes du « Colibri 2 », indispensables pour lancer les missions de recherches de personnes en détresse."
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            data-slide-description="Le petit aéronef – moins de 7 mètres de long – met le cap plein sud. Il s’éloigne de Lampedusa, caillou italien posé au milieu de la Méditerranée, porte de l’Europe malgré lui."
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            data-slide-description="Vue sur les bateaux humanitaires « Astral » (Open Arms) et le « Mare-Iono » depuis l’intérieur du « Coilibri 2 », le 5 octobre."
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            data-slide-description="Il faudra une petite heure au « Colibri » pour rejoindre les abords de la Libye, à 160 milles marins de là. Aux commandes, vendredi 5 octobre au matin, Benoît Micolon."
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            data-slide-description="À l’intérieur du « Coilibri 2 », le 5 octobre."
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Le photographe Samuel Gratacap a pris son envol avec des bénévoles de l’ONG Pilotes volontaires à la recherche d’embarcations en détresse au large des côtes libyennes.

SAMUEL GRATACAP / « LE MONDE »
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« Roger. Ready for take off. » Le ciel, la veille encore chargé de cumulonimbus, est dégagé. Le sol a presque séché des pluies de la nuit. Le soleil pointe à l’horizon. Et le Colibri décolle. Le petit aéronef – moins de 7 mètres de long – met le cap plein sud. Il s’éloigne de Lampedusa, caillou italien posé au milieu de la Méditerranée, porte de l’Europe malgré lui. Il faudra une petite heure au Colibri pour rejoindre les abords de la Libye, à 160 milles marins de là. Aux commandes, ce vendredi 5 octobre au matin, Benoît Micolon.
Ce Français de 35 ans est l’un des cofondateurs de Pilotes volontaires, une ONG créée en janvier 2018 pour faire des recherches au-dessus des eaux internationales, au large de la Libye, où près de 15 000 personnes sont mortes depuis 2014 en tentant de rejoindre le Vieux Continent.
Les membres de Pilotes volontaires ont réalisé trente-cinq missions de survol depuis mai 2018. « Nous avons repéré quarante-deux bateaux, ce qui représente près de 4 000 personnes qui ont pu être secourues », assure José Benavente, cofondateur de l’ONG. Vendredi, l’avion a encore croisé une embarcation de caoutchouc en détresse. A 80 milles marins au large de la ville de Khoms, à l’est de Tripoli, un rubber boat – une « embarcarion pneumatique » –, avec à son bord 28 personnes, a été retrouvé. Sa présence avait été signalée au Colibri par l’association Alarm Phone, qui propose une assistance téléphonique aux bateaux en détresse. « On a cherché des bateaux dans la zone et on a fini par prévenir un tanker [navire-citerne], explique Benoît Micolon. Il est allé leur porter secours, deux heures avant que la nuit tombe. »
Pilote de fret
Benoît Micolon était l’an dernier encore un pilote de fret aérien sans intérêt particulier pour les mouvements migratoires. Il partageait ses semaines entre les Boeing 737 et son école de parapente dans les Alpes. Jusqu’à ce que José Benavente, ami pilote rodé au monde de l’humanitaire, lui parle d’un projet « un peu fou ». Peu de temps après, les deux hommes achètent un avion avec leurs deniers personnels et se lancent. Aujourd’hui, Benoît Micolon passe le plus clair de son temps libre à scruter les vagues, à distinguer leur bleu de leur gris et, parfois, au milieu, à révéler des hommes et des femmes en détresse.

   


A ses côtés, dans la carlingue qui fonce à plus de 250 kilomètres/heures, à 700 mètres au-dessus de la mer, Carola Rackete, 30 ans. Elle balaye la mer avec ses jumelles tout en écoutant la fréquence radio commune des navires de la zone. La jeune femme est bénévole en Méditerranée depuis 2016. Avant de rejoindre Pilotes volontaires, elle s’est notamment engagée auprès de l’ONG allemande Sea-Watch comme capitaine d’un navire humanitaire de sauvetage mais aussi à bord du Moonbird, le premier avion d’ONG de reconnaissance. Mais les deux équipements ont été bloqués cet été à Malte, à l’instar d’autres navires, entravés dans leur mission sur la route migratoire la plus meurtrière, alors que l’Italie décidait en juin de fermer ses ports aux organisations non gouvernementales.
L’Aquarius, navire humanitaire affrété par SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF), vient ainsi, pour la deuxième fois en l’espace de quelques semaines, de perdre son pavillon. Symptomatique de la tension qui entoure ses missions, alors que SOS Méditerranée a appelé a des rassemblements samedi 6 octobre, en « soutien au sauvetage en mer », ses locaux à Marseille ont subi vendredi l’intrusion d’une vingtaine de militants du groupe d’extrême droite Génération identitaire.

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                « Pour les migrants en mer, le plus grand danger ce sont la politique, les politiciens et la politique extérieure de l’UE »



Le Colibri a lui aussi essuyé quelques déconvenues. Avant de prendre ses quartiers à Lampedusa, il a été refoulé par Malte, qui lui a interdit de faire des missions de recherche à partir de son aéroport. « On reçoit des menaces de mort, ajoute Benoît Micolon, de gens qui nous souhaitent de couler avec les migrants en mer. » Lui ne doute pas du sens de ses missions. Il repense notamment à celle du 10 juin, qui a duré plus de huit heures au-dessus des eaux. « On avait repéré quatre embarcations en détresse, se souvient-il. On cherchait des bateaux pour pouvoir leur porter secours et, chemin faisant, on a encore trouvé deux autres embarcations dans une zone dans laquelle on ne patrouillait pas normalement. Ce jour-là, j’ai eu une prise de conscience. »
« Risques considérables »
Depuis la création de l’ONG, de nouveaux bénévoles ont rejoint l’équipe. « On prend des risques considérables, remarque toutefois l’un d’eux. On vole à basse altitude avec un avion qui n’a qu’un seul moteur dans une zone parfois très éloignée des côtes. »
Le manque de moyens de secours en mer a provoqué en 2018 une hausse de la mortalité en Méditerranée centrale. Celle-ci a été accentuée par le retrait des associations et, bien que plus difficile à mesurer, la réticence des navires de marine marchande à s’engager dans des opérations de secours. « La politique des compagnies, c’est d’éviter la zone », assure Carola Rackete.

   


Vendredi, alors que plus aucun navire d’ONG n’était présent en Méditerranée centrale depuis le départ de l’Aquarius, deux bateaux humanitaires faisaient route pour la zone : le voilier Astral, de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms, et le Mare-Ionio, navire battant pavillon italien. Ce dernier, nouveau venu dans le paysage du sauvetage en mer, est un pied de nez à la politique anti-migrants de l’Italie, portée par son ministre de l’intérieur d’extrême droite, Matteo Salvini.
Les humanitaires devront composer avec la montée en puissance des autorités maritimes libyennes et de leurs gardes-côtes, qui coordonnent depuis cet été les secours dans la zone, rôle jusqu’alors assumé par l’Italie. « Il y a trois jours, des migrants ont été secourus par le navire d’une plate-forme pétrolière, ils les ont amenés aux gardes-côtes libyens », rapporte Carola Rackete. Les ONG, tout comme l’Organisation des Nations unies, considèrent pourtant que la Libye n’est pas un lieu sûr de débarquement des rescapés.
« Sauver des vies est vécu comme un crime »
Vendredi soir, Pilotes volontaires ignorait d’ailleurs quel serait le port de débarquement des migrants repérés au large de Khoms. « Tant qu’on peut être utile et sauver des vies, on continuera », assure Benoît Micolon. Si les traversées en Méditerranée centrale ont chuté de 80 % en 2018, « c’est uniquement parce que les départs sont bloqués, mais il y a encore beaucoup de gens coincés en Libye et qui voudront partir », prévient Flavio Di Giacomo, porte-parole du bureau italien de l’Organisation internationale pour les migrations. Flavio Di Giacomo était présent cette semaine à Lampedusa pour participer aux commémorations du naufrage du 3 octobre 2013, dans lequel 368 personnes sont mortes noyées, au large de l’île.
C’est ce drame qui avait donné lieu à « Mare Nostrum », l’opération humanitaire et militaire de la marine italienne en Méditerranée centrale. Et c’est la fin de Mare Nostrum, en 2014, qui avait poussé des associations à s’engager dans le secours en mer. Aux commémorations officielles, pour la première fois en cinq ans, aucun représentant du gouvernement italien n’a fait le déplacement. « En 2013, l’opinion publique était attachée au principe de sauver des vies. Aujourd’hui, c’est vécu comme un crime », regrette Flavio Di Giacomo. Outre le gouvernement italien, d’autres personnes ont boudé cet anniversaire. Giacomo Sferlazzo est membre du collectif Askavusa et, après avoir recueilli la parole de rescapés et de témoins du drame, il est convaincu que tout n’a pas été fait par les autorités italiennes, ce jour-là, pour venir en aide aux naufragés. « Cette tragédie aurait pu être évitée », assure-t-il. Cinq ans ont passé. Et elles se poursuivent.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Les Roumains ont commencé à voter samedi, lors d’un référendum soutenu par la gauche au pouvoir.
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Roumanie : le gouvernement veut inscrire l’interdiction du mariage homosexuel dans la Constitution

Les Roumains ont commencé à voter samedi, lors d’un référendum soutenu par la gauche au pouvoir.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 10h22
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 14h03
    |

            Mirel Bran (Bucarest, correspondant)








                        



   


Florin Buhuceanu est en état de choc. Le gouvernement social-démocrate roumain a décidé d’organiser un référendum contre le mariage homosexuel, qui a lieu le samedi 6 et le dimanche 7 octobre. « Ce référendum cible la minorité LGBT [lesbiennes, gays, bi, trans] comme le mal de la société roumaine, affirme le président de l’association Accept, qui représente les minorités homosexuelles de Roumanie. On nous présente comme des voleurs d’enfants, des ennemis des valeurs traditionnelles, une sorte d’agents secrets de l’Occident décadent et immoral qui veut faire du mal à la Roumanie. Nous avons peur dans ce pays où les hommes politiques et le clergé orthodoxe nous accusent de tous les maux. »
Le gouvernement souhaite inscrire dans la Constitution que le mariage ne peut avoir lieu « qu’entre un homme et une femme ». Mais l’effet juridique de cette mesure devrait être nul, le code civil roumain déclarant déjà que le mariage est « une institution entre un homme et une femme ». « Le véritable objectif de ce référendum n’est pas la famille traditionnelle, mais le renforcement du sentiment anti-occidental en Roumanie, déclare l’analyste Sorin Ionita, de l’association Expert Forum. Il va provoquer une fracture sociale qui sera exploitée par les hommes politiques. »
« Le but de ce référendum est de rompre avec l’UE et ses valeurs qu’une partie des hommes politiques détestent. Mon pays me fait peur », affirme Florin Buhuceanu, le président de l’association Accept
Le gouvernement social-démocrate est, en effet, en perte de vitesse après avoir tenté de prendre le contrôle de la justice pour sauver la face de son chef, Liviu Dragnea. Condamné deux fois à la prison pour fraude électorale et trafic d’influence, celui-ci est prêt à tout pour recharger son capital électoral. « Le but de ce référendum est de rompre avec l’UE et ses valeurs qu’une partie des hommes politiques détestent, assure Florin Buhuceanu. C’est une attaque contre la démocratie, et c’est immoral de faire de nous les boucs émissaires de partis politiques qui essaient de regagner une popularité par tous les moyens. Mon pays me fait peur. »
Le référendum est contrarié par la décision, le 27 septembre, de la Cour constitutionnelle de Roumanie qui a décidé que les couples homosexuels avaient droit à une vie de famille au même titre que les couples hétérosexuels et devaient « bénéficier à terme d’une reconnaissance légale et juridique de leurs droits et obligations ». Quel sens pourra donc avoir un référendum contre le mariage homosexuel après un arrêt de la Cour constitutionnelle qui l’autorise ? Une question à laquelle le gouvernement et l’Eglise orthodoxe ont du mal à apporter une réponse.

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                Liviu Dragnea, le chef des socialistes roumains, condamné



La communauté homosexuelle de Roumanie revient de loin. Elle a connu une traversée du désert pendant un demi-siècle de dictature communiste qui pénalisait l’homosexualité. Et la chute du régime en 1989 n’a rien changé. Ce n’est qu’en 2002, sous la pression de l’Union européenne (UE), avec laquelle la Roumanie avait démarré des négociations d’adhésion, que l’homosexualité a été dépénalisée.
« On risquait la prison »
« La bataille ne faisait que commencer, car la société roumaine n’était pas prête à accepter notre différence, se rappelle Florin Buhuceanu. Nous sommes un peuple latin, où le tempérament macho domine la société. Beaucoup de Roumains croient prouver leur masculinité en combattant le phénomène homosexuel. Quant à l’Eglise orthodoxe, elle ne peut pas parler de morale sans fustiger les homosexuels en profitant du peu de connaissances théologiques de ses fidèles. »
Florin Buhuceanu connaît bien l’orthodoxie, à laquelle adhèrent 87 % de ses compatriotes. Il a été lui-même étudiant à la Faculté de théologie orthodoxe de Bucarest, d’où il a été mis à la porte en raison de son homosexualité. Il s’est tourné vers le journalisme et a pris contact avec l’association Accept, la seule à défendre les droits des homosexuels en Roumanie. « On risquait la prison si on s’affichait publiquement. Nous étions un groupe de révoltés et nous voulions imposer un débat public sur l’homosexualité pour la dépénaliser », témoigne-t-il.

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                En Roumanie, la tentation eurosceptique de la majorité sociale-démocrate



La longue bataille d’Accept s’est achevée le 5 juin, lorsque la Cour de justice de l’UE a obligé la Roumanie à accorder un droit de séjour au mari américain d’un de ses ressortissants, Adrian Coman, avec lequel il s’était marié en Belgique, bien que Bucarest n’autorise pas le mariage entre personnes du même sexe. En 2012, le couple roumano-américain avait intenté un procès contre l’Etat roumain, gagné six ans plus tard. Mais le couple reste inquiet sur l’issue de la consultation. « La Roumanie ne peut qu’y perdre, soutient Adrian Coman. Ce référendum vise à détourner l’attention sur les dérapages contre l’Etat de droit en Roumanie. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Tribune. Karine Plassard, à l’initiative de la pétition pour la grâce de Jacqueline Sauvage, et Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes, répondent à Frédéric Chevallier, avocat général dans le procès de Jacqueline Sauvage.
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édition abonné


Affaire Jacqueline Sauvage : « Monsieur l’avocat général, vous n’avez pas compris le ressort des violences conjugales »

Tribune. Karine Plassard, à l’initiative de la pétition pour la grâce de Jacqueline Sauvage, et Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes, répondent à Frédéric Chevallier, avocat général dans le procès de Jacqueline Sauvage.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 16h30
    |

Karine Plassard (militante féministe) et Suzy Rojman (militante féministe)







                        



                                



                            
Frédéric Chevallier, avocat général lors du procès de Jacqueline Sauvage, a adressé une tribune au « Monde », lundi 1er octobre, à l’occasion de la diffusion du téléfilm « Jacqueline Sauvage : c’était lui ou moi », d’Yves Rénier, dont la programmation s’est accompagnée d’une intense campagne de communication. Dans cette tribune, le magistrat dresse d’elle un portrait complexe. Après la publication de cette lettre, les avocates de Jacqueline Sauvage lui ont répondu, avant Karine Plassard, à l’initiative de la pétition pour la grâce de Jacqueline Sauvage, et Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes (lire ci-dessous leur tribune).
L’actrice Muriel Robin, qui incarne Jacqueline Sauvage, a appelé à des manifestations en France samedi 6 octobre contre les violences conjugales.


Tribune. Nous avons suivi attentivement les procès de Jacqueline Sauvage par le biais des chroniqueurs judiciaires présents. Notre mobilisation pour la grâce présidentielle est bien le résultat d’une indignation de la manière dont ont été menés les débats et vos réquisitions. Nous sommes des militantes de terrain, impliquées dans la lutte contre les violences masculines, et maîtrisant ce qu’est la réalité du cycle des violences par le conjoint ou ex-conjoint au sein du couple, ce qui, visiblement, n’est absolument pas votre cas.
Vous nous dites en substance que Jacqueline Sauvage était une femme forte, « déterminée et moderne », autonome, et que de ce fait l’accusation de violences conjugales à son encontre est assez peu crédible. Votre argumentaire tend à démontrer que, parce que femme de caractère, Mme Sauvage n’a pas le bon profil de « la victime ». Vos propos sous-tendent que pour être une victime acceptable, il faudrait être une femme totalement soumise. Vos mots sont très culpabilisants pour les femmes qui vivent en ce moment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Après quatre-vingt-trois ans d’histoire, le fournisseur de la capitale japonaise en fruits de mer quitte ses gigantesques hangars délabrés pour un site flambant neuf dans la baie de Tokyo.
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Japon : Tsukiji, le plus grand marché aux poissons du monde, déménage

Après quatre-vingt-trois ans d’histoire, le fournisseur de la capitale japonaise en fruits de mer quitte ses gigantesques hangars délabrés pour un site flambant neuf dans la baie de Tokyo.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 15h02
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 15h16
   





                        



   


Les cloches, les cris des adjudicateurs dans un jargon éternel, les gestes des poissonniers : l’ambiance de Tsukiji est restée fidèle à son histoire, peu après l’aube, samedi 6 octobre à Tokyo, pour la dernière vente aux enchères avant le déménagement du plus grand marché aux poissons du monde. Après quatre-vingt-trois ans d’histoire, le fournisseur de la mégapole tokyoïte en fruits de mer et haut lieu touristique, va quitter ses gigantesques hangars délabrés aux toits de tôle ouverts à tous les vents, pour rouvrir jeudi sur un site flambant neuf dans la baie de Tokyo.
Le déménagement pour le site de Toyosu était étudié depuis des années. Des grossistes manifestent depuis le début des années 2000 leur inquiétude sur la résistance aux séismes des vieilles structures, la salubrité de ces lieux infestés de rats, et l’usage d’amiante dans certains des bâtiments en état de délabrement.

        Lire aussi, après le séisme de 2011 :
         

          Tsukiji, miroir du désarroi japonais



Les touristes qui attendaient des heures dans l’espoir d’obtenir une des 120 places accordées pour assister au spectacle de la vente du thon irritaient aussi les grossistes, qui y voyaient une entrave au travail quotidien du marché. Sur le nouveau site aux systèmes de réfrigération ultramodernes, les visiteurs seront confinés dans des galeries spéciales séparées par des vitres.
Le déménagement a plusieurs fois été repoussé et annoncé : en 2016, la gouverneuse de Tokyo, Yuriko Koike, avait remis en cause le dossier en raison de problèmes de pollution du sol à Toyosu, où se trouvait avant une usine à gaz, pour évaluer l’hypothèse de reconstruire Tsukiji sur son ancien emplacement.
Le gouvernement local a dépensé des centaines de millions d’euros pour nettoyer le nouveau site et la gouverneuse a finalement tranché à la fin de 2017 pour le site de Toyosu, en prenant aussi en compte les conséquences d’un nouveau retard sur d’autres travaux, en l’occurrence ceux des voies passant via Tsukiji pour l’accès aux installations des Jeux olympiques de 2020.
« J’en pleure presque »
Quitter les lieux demeure un crève-cœur pour les vétérans, comme Hisao Ishii, qui dit comprendre que tout chaleureux qu’il était, le vieux Tsukiji aux allures insalubre ne pouvait plus durer. « J’en pleure presque », confie à l’Agence France-Presse cet homme de 68 ans, ancien commissaire-priseur revenu sur les lieux pour vivre le grand départ. « Aujourd’hui est un jour triste, un jour d’adieux. Tsukiji a essayé de tenir mais il vieillit », explique-t-il. « Je suis venu le remercier et lui dire au revoir. »
Avant l’aube, les acheteurs en bottes de caoutchouc arpentaient dans le calme le grand hangar réfrigéré où étaient alignées des centaines de thons frais ou surgelés.
Comme à leur habitude, ils tâtaient des morceaux de chair, inspectaient à la lampe de poche les entrailles des mastodontes de la mer et échangeaient avec leurs concurrents des avis de connaisseurs. Ces enchères du thon sont devenues célèbres non seulement pour leurs rituels spectaculaires mais parce que la prestigieuse vente du Nouvel An fait monter les prix à des niveaux extravagants.
Un record de 155,4 millions de yens, ou 1,2 million d’euros (au cours actuel) avait été déboursé lors de la première criée de 2013 par le restaurateur Kiyoshi Kimura pour un thon rouge de 222 kilogrammes.

        Lire le reportage :
         

          Tsukiji déménage, la fin d’une époque



Après le départ, les hangars abritant les marchands et quelques boutiques et restaurants seront démantelés pour laisser la place, dans un premier temps, à un dépôt de transports pour les Jeux olympiques de 2020.
Le marché extérieur, fait d’un fouillis compact de minuscules restaurants de sushi et de boutiques qui vendent de tout, du café aux algues en passant par la coutellerie, restera, lui, le seul souvenir de Tsukiji.



                            


                        

                        


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Le cyclisme à la conquête des chemins

Sur Paris-Tours, dimanche, les coureurs traverseront neuf chemins de vignes. Prélude possible à un équivalent français des « Strade bianche », comme en rêve ASO, l’organisateur du Tour.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 14h00
    |

            Clément Guillou








                        


Partis de bon matin, ils arriveront sur les chemins, à bicyclette, vers 15 h 30. Il n’est pas dit qu’ils vivent l’enfer pour ne pas mettre pied à terre, car ces chemins-là ne vont pas montant, mais les cailloux pourraient en forcer quelques-uns à s’arrêter, tout de même. Paris-Tours, 122 ans au compteur, se présentera dimanche refaite à neuf : neuf « chemins de vignes », serpentant dans l’AOC Vouvray – en pleines vendanges – pimenteront le final de cette semi-classique indéfinissable. On la dit offerte aux sprinteurs, mais elle leur échappe deux fois sur trois depuis trente ans. Avec 12,5 kilomètres de chemins de vignes et six nouvelles côtes sèches dans les cinquante derniers kilomètres, le risque d’assister à un sprint massif diminue encore davantage.

Envoyer les coureurs ailleurs que sur leur terrain naturel, le bitume, est devenu tendance chez les organisateurs, en quête d’imprévisible dans un cyclisme souvent corseté par les grosses équipes, la Sky en tête. Les chemins introduisent une part d’aléa – le risque de crevaison est élevé – mais aussi de belles images à vendre au téléspectateur, qui cherche autant à voyager de son canapé qu’à regarder une compétition sportive. Pour Amaury Sport Organisation (ASO), propriétaire de Paris-Tours, en perte de vitesse depuis une dizaine d’années, ces chemins pourraient lui donner une identité nouvelle.

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« La classique des feuilles mortes [son surnom qu’elle partage avec le Tour de Lombardie] va devenir la classique des feuilles de vignes », formulait Christian Prudhomme, directeur d’ASO, le mois dernier. Pas si vite : l’innovation est là pour deux, trois ans, et « on fera un bilan pour voir ce que cela apporte à la course », précise Thierry Gouvenou, son directeur sportif.
Le rêve d’une « Strade bianche » française
Celui chargé de dessiner les parcours des épreuves d’ASO passe son temps dans les vignobles, ces derniers temps. Non qu’il soit un ivrogne : Thierry Gouvenou prospecte. Son rêve du moment, c’est de créer, dans quelques années, une nouvelle course inspirée des Strade bianche (littéralement « routes blanches » en italien), épreuve de début de saison en Italie qui, avec ses chemins blancs dans le Chianti, en Toscane, et son arrivée sur la majestueuse place du Palio de Sienne, s’est fait, en onze ans à peine, une place de choix dans le début de saison cycliste.

   



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« Parmi les nouvelles courses créées ces dernières années, les Strade bianche sont la plus réussie, la seule qui apporte quelque chose de nouveau. Si on trouvait un jour le terrain idéal, j’aimerais qu’on puisse avoir ça en France, explique Thierry Gouvernou au Monde. Mais les Italiens l’ont bien compris : il faut des paysages, un lieu qui parle au monde entier. Mais c’est un gros boulot pour trouver l’endroit : on aimerait des chemins plus longs que sur Paris-Tours, Paris-Roubaix annonce 50 kilomètres de pavés, pour une course de chemins il en faudrait au moins 30 kilomètres. »
L’ancien coureur a cherché dans les vignobles les plus glamours : Champagne et Bourgogne. Sans trouver, jusqu’à présent, le lieu idoine. Il lui a été soufflé d’aller chercher dans le Languedoc. Il réfléchit à haute voix : « Peut-être que ce sera Paris-Tours ? En cherchant un peu plus… »
Sur le Tour, un col non bitumé ?
En 2016, ASO avait déjà placé des chemins de terre près de l’arrivée de la première étape de Paris-Nice, à Vendôme, où aura lieu le ravitaillement de ce Paris-Tours (qui part en réalité de Chartres). La quête de Thierry Gouvenou est désormais de trouver un chemin pour les coureurs du Tour de France.
« On voudrait un col. On aimerait trouver l’équivalent de ce qu’ont les organisateurs du Tour d’Italie avec le colle delle Finestre », dit-il en référence à cette ascension redoutable mise en 2005 au parcours du Giro et dont les huit derniers kilomètres ne sont pas goudronnés. C’est dans ce col d’un autre temps que Christopher Froome avait, au mois de mai, lancé son offensive vers la victoire au classement final.

   


« Ce qu’on a envie de retrouver, précise Gouvenou, c’est cette image des coureurs au milieu de la montagne sur un chemin empierré, comme lorsque les organisateurs du Tour ont envoyé les coureurs sur le Tourmalet en 1910. Je me dis qu’ils prenaient plus de risques que nous. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Le rapport définitif de contre-expertise judiciaire, remis aux juges d’instruction, tend à dédouaner un peu plus le constructeur.
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Vol Rio-Paris : les familles des victimes craignent de voir Airbus échapper à un procès

Le rapport définitif de contre-expertise judiciaire, remis aux juges d’instruction, tend à dédouaner un peu plus le constructeur.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 01h51
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 12h32
   





                        



   


Neuf ans après l’accident du vol Rio-Paris, le rapport définitif de contre-expertise judiciaire tend à dédouaner un peu plus Airbus et met à nouveau l’accent sur la responsabilité des pilotes, suscitant l’indignation de familles des victimes qui craignent de voir le constructeur échapper à un procès. Les conclusions de ce rapport du 24 septembre, dont ont notamment eu connaissance l’Agence France-Presse et le Parisien, ont été remises aux juges d’instruction du pôle accident collectif à Paris, qui ont repris en main cette instruction dans laquelle Air France et Airbus ont été mis en examen en 2011 pour « homicides involontaires ».
Le rapport définitif reprend en grande partie la version provisoire remise en décembre 2017, qui avait déjà suscité l’incompréhension chez les proches des victimes. « Airbus a disparu des écrans radars », a dénoncé Danièle Lamy, présidente de l’association Entraide et Solidarité AF447 qui regroupe quelque 360 proches des victimes.
Le 1er juin 2009, le vol AF447 s’était abîmé dans l’océan Atlantique, tuant les 228 personnes à bord. Point de départ de la catastrophe ? Le givrage en vol de sondes Pitot, qui a conduit à un dérèglement des mesures de vitesse de l’Airbus A330 et désorienté les pilotes.
L’équipage mis en cause
Le rapport final réaffirme que la « cause directe » de l’accident « résulte des actions inadaptées en pilotage manuel » de l’équipage. « Le pilotage manuel a été imposé par la déconnexion du pilote automatique consécutive au givrage momentané des sondes », écrivent les trois experts, reprenant leur formulation initiale en y ajoutant l’épithète « momentané ». Ces sondes, qu’Airbus avait modifiées après l’accident, sont pourtant un élément clé de la bataille judiciaire que se livrent la compagnie aérienne et le constructeur.
Parmi les causes indirectes, les experts avaient aussi relevé « l’ambiguïté du classement de la procédure Stall », l’alarme de décrochage mal interprétée par les pilotes, dans la documentation d’Airbus et d’Air France. Ils soulignent désormais que « ce classement était cependant validé par la DGAC » (Direction générale de l’aviation civile), exonérant ainsi en partie les deux sociétés.
« Les actions des pilotes étaient conformes à la situation présentée par des écrans confus et des alarmes erratiques », estime pour sa part l’association, qui réclame un procès pour que soient déterminées « les responsabilités d’Airbus et d’Air France ».
Rendue en 2012, une première expertise avait mis en exergue à la fois des défaillances de l’équipage et des problèmes techniques ainsi qu’un déficit d’information des pilotes en cas de givrage de ces sondes malgré une recrudescence d’incidents antérieurs signalés à Airbus. Ce premier rapport, « beaucoup plus complet » et « réalisé après une reconstitution du vol » contrairement aux autres, est toujours au dossier, s’était félicité en janvier Me Alain Jakubowicz, un des avocats de l’association. Il avait aussi pointé du doigt la difficulté à choisir des experts indépendants dans le « monde confiné » de l’aéronautique.
Les familles dans l’attente d’un procès
« Air France ne peut pas souscrire aux conclusions de ce nouveau rapport qui conduisent notamment à la mise en cause sévère de l’équipage disparu », a fait valoir la compagnie dans une déclaration. Affirmant qu’elle « aura toujours à cœur de défendre la mémoire de son équipage », Air France « formulera prochainement ses observations auprès des juges d’instruction ».
L’enquête, close en 2014, avait dû être relancée après l’annulation, un an plus tard, de la première contre-expertise. Des proches des victimes et Air France l’avaient attaquée devant la cour d’appel, la jugeant biaisée en faveur du constructeur. Après « bientôt dix années d’attente », « seul un tribunal pourra rendre justice aux 228 victimes », écrit l’association, qui demande que les juges d’instruction organisent une réunion des parties civiles avec les experts judiciaires.

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          les juges d’instruction demandent une nouvelle expertise



Le Syndicat national des pilotes de lignes (SNPL) souhaite quant à lui « qu’un débat contradictoire puisse s’engager entre les experts ayant déposé les deux rapports successifs devant le tribunal ». Le syndicat « n’entend pas laisser s’imposer une vision simpliste selon laquelle l’erreur de l’équipage serait la première raison de cet accident », fait-il valoir dans un communiqué, « tous ceux qui travaillent à la sécurité du transport aérien savent qu’un accident a toujours de multiples causes ».



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 05/10/2018
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Lutte contre les violences sexuelles : la justice est-elle à la hauteur ?

Le contraste entre la hausse des plaintes depuis un an et une décennie de chute des condamnations interroge sur la capacité du système judiciaire à terrasser ce fléau.



LE MONDE
 |    06.10.2018 à 05h55
 • Mis à jour le
06.10.2018 à 12h30
    |

            Emeline Cazi et 
Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            

Les chiffres sont saisissants. Au cours des huit premiers mois de 2018, le nombre de plaintes pour violences sexuelles a augmenté de 28,5 % à Paris, une ville où 600 à 800 plaintes pour viol sont enregistrées chaque année.
L’effet #metoo, ce mouvement lancé sur les réseaux sociaux en octobre 2017, après que des stars américaines ont dénoncé les viols et le harcèlement sexuel commis par le producteur hollywoodien Harvey Weinstein, est indéniable. Le Collectif féministe contre le viol (CFCV), trente-trois ans d’existence, abonde. Les mois qui ont suivi ces révélations, leur téléphone a sonné bien plus que d’ordinaire (+ 37 %).
Comment expliquer, alors, qu’en France en dix ans le nombre de condamnations pour viol a chuté de 40 % et celles pour agression sexuelle de 20 % ? Les magistrats s’en étonnent eux-mêmes. Le phénomène est pourtant durable. Le contraste entre la hausse des plaintes depuis un an, signe d’un mouvement profond dans la société, et ces dix ans de chute de condamnations interroge sur la capacité du système judiciaire français à pouvoir lutter efficacement contre ce fléau.
« L’émergence du récit »
Ce n’est pas un problème législatif, affirment enquêteurs, magistrats, universitaires et même des associations de victimes. Le code pénal est suffisamment complet pour traiter de toutes les situations, ou presque, assurent-ils. Les associations se félicitent même que la loi Schiappa d’août 2018 ait allongé de dix ans les délais de prescription pour les crimes sur mineur (trente ans à partir de leur majorité), et enrichi la définition du viol.
Désormais, « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui ou sur la personne de l’auteur par violence, contrainte, menace ou surprise » est un viol, précise l’article 222-23 du code pénal. L’ajout « sur la personne de l’auteur » permet de poursuivre toute personne qui aurait, par exemple, fait une fellation non consentie...




                        

                        

