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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Devant l’Assemblée des communautés de France, la ministre auprès du ministre de l’intérieur, Jacqueline Gourault, a admis des maladresses.
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Etat-collectivités : le gouvernement tente de retrouver les voies du dialogue

Devant l’Assemblée des communautés de France, la ministre auprès du ministre de l’intérieur, Jacqueline Gourault, a admis des maladresses.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 17h49
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 18h09
    |

            Patrick Roger (Deauville (Calvados), envoyé spécial)








                        



   


Une semaine après le congrès de Régions de France, à Marseille, qui avait vu les trois associations d’élus « historiques » – Association des maires de France (AMF), Assemblée des départements de France (ADF) et Régions de France – publier un appel commun pour les libertés locales et pour une relance de la décentralisation, c’était au tour de l’Assemblée des communautés de France (AdCF) de tenir convention, du 3 au 5 octobre, à Deauville (Calvados). Convention à laquelle ont pris part pas moins de quatre membres du gouvernement : Jacqueline Gourault (intérieur), Olivier Dussopt (comptes publics), Elisabeth Borne (transports) et François de Rugy (transition écologique). Preuve s’il en était du soin que porte le gouvernement à préserver des liens étroits avec les collectivités territoriales, malgré les rebuffades de certaines d’entre elles.
Après les déclarations tonitruantes prononcées à Marseille à l’encontre d’un exécutif suspect de vouloir conduire « une recentralisation inédite », l’exercice se présentait sous de meilleurs auspices, l’AdCF se refusant, elle, à jouer le jeu dangereux de la chaise vide. Au reste, comme l’a souligné son président, Jean-Luc Rigaut, ce dialogue constructif a permis de « nombreuses avancées » au cours des dix-huit premiers mois du quinquennat, même s’il a pointé quelques « feux rouges ou clignotants ». « Nous souhaitons plaider pour l’apaisement, pour la reprise du dialogue, dans le respect de la responsabilité de chacun, a insisté le président de la communauté d’agglomération du Grand Annecy. Le compromis n’a rien de honteux. Il faut que l’esprit du pacte girondin l’emporte vraiment. Nous y croyons mais nous sommes vigilants. »

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« Il y a peut-être eu des maladresses »
La ministre auprès du ministre de l’intérieur, Mme Gourault, qui s’impose de plus en plus comme l’interlocutrice attitrée des collectivités territoriales, a saisi la balle au bond pour adresser un message aux trois associations réfractaires. Rappelant qu’elle était présidente de la commission intercommunale de l’Association des maires de France (AMF) « à l’époque bénie de Jacques Pélissard », le prédécesseur de François Baroin, « avec la tolérance qu’on lui connaissait », elle a fermement rejeté les accusations portées par ces dernières.
« J’ai entendu parler de décentralisation. Mais c’est ce gouvernement qui a inscrit dans le projet de loi constitutionnelle le droit à la différenciation. C’est ce gouvernement qui met en place une Agence nationale de cohésion des territoires, qui avait été proposée par l’AMF et qui devra être un outil au plus près des territoires, a-t-elle insisté. Si on veut le dialogue, il faut dire les choses franchement. Le dialogue, c’est pour tout le monde, ce n’est pas réservé à certains. »
Un peu plus tard, interrogée sur la manière dont elle envisageait de retrouver les voies de la concertation avec l’ensemble des associations d’élus, la ministre s’est montrée confiante. « Il y a ce qui se dit sur les estrades et ce qu’on fait dans le travail quotidien », a-t-elle relevé, laissant entendre que les mêmes qui crient au refus du dialogue ne sont pas les derniers à pousser le portillon des ministères quand il s’agit de discuter sérieusement de certaines thématiques.
Revenant sur le boycott en juillet de la Conférence nationale des territoires par trois associations d’élus, elle a cependant émis un début de contrition, évoquant « un rendez-vous manqué ». « Il y a peut-être eu des maladresses, a-t-elle admis. Certains ont peut-être aussi poussé le bouchon trop loin et ça a pété ». De même a-t-elle voulu rassurer sur les processus de fusion département-métropole. « Il s’agit d’accompagner les volontés locales et non de forcer des décisions, a insisté Mme Gourault, assurant que « le modèle lyonnais n’est pas le modèle unique ». La ministre a bien pris garde de ne pas avancer de calendrier pour légiférer sur ce dossier, « s’il en est besoin ».

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Larcher veut sortir de l’enlisement
Reste que, dans les semaines et les mois à venir, c’est la délicate question de la réforme de la fiscalité locale qui va concentrer une bonne part des travaux entre l’exécutif et les représentants des collectivités territoriales. Et il n’est pas imaginable que cela se fasse en l’absence des collectivités concernées. « Je demande que le gouvernement puisse rapidement retrouver les voies d’un dialogue réel et sincère avec les collectivités, a également plaidé le président du Sénat, Gérard Larcher, soucieux que l’enlisement actuel ne se prolonge pas. Je demande qu’on écrive ensemble un scénario de réforme fiscale. Ce sujet est crucial car il traduit la nature des relations entre l’Etat et les collectivités. »
Intervenant en ouverture du congrès, le régional de l’étape, Hervé Morin, a quant à lui de nouveau posé ses exigences. « Là où la loi nous donne la compétence, nous voulons être associés à l’élaboration des politiques publiques. C’est une question de considération », a martelé le président de la région Normandie et président de Régions de France. Qui ne désarme pas. Il entend à présent, avec l’AMF et l’ADF, organiser dans chaque région métropolitaine des « assises des territoires » pour écrire « un nouveau pacte girondin ». Peut-être pas la meilleure façon de reprendre le chemin du dialogue.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Le cinéaste ukrainien emprisonné a remis un message à la presse où il explique être « forcé de mettre un terme à [sa] grève de la faim » le 6 octobre.
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Russie : Oleg Sentsov arrête sa grève de la faim pour éviter d’être nourri de force

Le cinéaste ukrainien emprisonné a remis un message à la presse où il explique être « forcé de mettre un terme à [sa] grève de la faim » le 6 octobre.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 17h13
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 18h54
   





                        


Ce n’est pas parce qu’il a obtenu satisfaction qu’il a pris cette décision. Dans un message remis vendredi 5 octobre à la presse, le cinéaste ukrainien emprisonné en Russie Oleg Sentsov a déclaré devoir arrêter sa grève de la faim pour éviter d’être nourri de force.
« Je suis forcé de mettre un terme à ma grève de la faim demain, c’est-à-dire le 6 octobre 2018 », a-t-il fait savoir dans une lettre manuscrite. Il précise : « En raison de mon état de santé critique et de l’apparition de changements pathologiques dans mes organes, il était prévu prochainement de me nourrir de force. » « Mon opinion n’est plus prise en compte. »

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« L’objectif n’est pas atteint »
Oleg Sentsov, 42 ans, originaire de Crimée, la péninsule ukrainienne annexée par la Russie en 2014, refusait de s’alimenter depuis le 14 mai pour demander la libération de prisonniers politiques ukrainiens. Après « cent quarante-cinq jours de lutte, 20 kilos en moins et un corps brisé », « l’objectif n’est pas atteint », déplore le cinéaste, détenu dans la colonie pénitentiaire de Labytnangui, au-delà du cercle polaire arctique. « Je suis reconnaissant à tous ceux qui m’ont soutenu et demande pardon à ceux que je laisse tomber », conclut Oleg Sentsov, terminant son message par « Gloire à l’Ukraine ! »
« Le prisonnier Oleg Sentsov a accepté de consommer de la nourriture », a annoncé de son côté le service pénitentiaire russe, disant que « les meilleurs nutritionnistes de Moscou ont élaboré un programme pour l’aider à ingérer progressivement des aliments solides ». L’avocat d’Oleg Sentsov, Dmitri Dinze, n’était pas joignable pour un commentaire.

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Auparavant, le vice-directeur du service pénitentiaire russe, Vitali Maximenko, avait annoncé à l’agence Interfax la fin de la grève de la faim d’Oleg Sentsov et avait remercié les médecins et avocats l’ayant convaincu qu’il « faut vivre, que la vie continue ». Interviewé par la télévision indépendante Dojd, Vitali Maximenko a ajouté qu’Oleg Sentsov était « jeune, il deviendra peut-être un réalisateur célèbre. Qu’il vive ! »
La représentante ukrainienne pour les droits de l’homme, Lioudmila Denissova, a pour sa part demandé aux autorités russes de rencontrer immédiatement Oleg Sentsov, et affirmé que la sortie rapide d’une grève de la faim était « encore plus compliquée et effrayante » que la grève de la faim en elle-même.
La militante et journaliste Zoïa Svetova a rappelé le cas du dissident soviétique Anatoli Martchenko, qui était mort près de deux semaines après avoir arrêté une grève de la faim en 1986. « J’espère que la médecine d’aujourd’hui est meilleure qu’à l’époque soviétique et qu’on ne le laissera pas mourir », s’est inquiété Mme Svetova, qui avait pu rencontrer M. Sentsov en août.
Refus d’une grâce présidentielle
Oleg Sentsov est connu pour son film Gamer, qui raconte l’histoire d’un adolescent participant à des compétitions de jeux vidéo tout en faisant face à une vie quotidienne difficile dans un village d’Ukraine. Le film avait été montré dans plusieurs festivals et récompensé à Rotterdam en 2012.
En mai 2014, opposé à l’annexion de la Crimée par la Russie, Oleg Sentsov a été arrêté à son domicile. Accusé d’avoir coordonné les activités d’un groupe de militants affiliés au mouvement ultranationaliste ukrainien Pravy Sektor (« secteur droit »), il a été condamné en août 2015 à vingt ans de prison pour « terrorisme » et « trafic d’armes », à l’issue d’un procès qualifié de « stalinien » par l’ONG Amnesty International.

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La dernière photographie d’Oleg Sentsov, diffusée la semaine dernière par les services pénitentiaires russes, montrait un médecin en blouse blanche l’auscultant, torse nu, dans un cabinet médical. Le cinéaste, qui mesure 1,90 mètre, y apparaissait affaibli et amaigri.
Les pays du G7 et de nombreuses personnalités du monde culturel ont appelé à sa libération. Malgré les déclarations alarmistes de proches concernant la dégradation de l’état de santé d’Oleg Sentsov, le Kremlin a répété à plusieurs reprises qu’une grâce présidentielle ne pouvait être accordée qu’à la demande du prisonnier, ce qu’Oleg Sentsov refuse de faire.
La Russie et l’Ukraine sont à couteaux tirés depuis l’arrivée au pouvoir, en 2014, de pro-Occidentaux à Kiev, suivie de l’annexion de la Crimée par Moscou et d’un conflit armé dans l’Est séparatiste prorusse du pays, qui a fait plus de dix mille morts.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ La Cour de justice de l’Union européenne estime, dans une décision rendue jeudi, que la France a manqué à ses obligations dans ce dossier.
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Précompte : un nouveau dossier fiscal potentiellement explosif pour le gouvernement

La Cour de justice de l’Union européenne estime, dans une décision rendue jeudi, que la France a manqué à ses obligations dans ce dossier.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 17h46
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            
« On est peut-être en train de vivre un remake de la taxe à 3 % », assène Véronique Louwagie, membre (LR) de la commission des finances de l’Assemblée nationale. De fait, l’affaire du « précompte » n’est pas sans rappeler le dossier explosif de la taxe à 3 % sur les dividendes.
Même sujet éminemment technique, mêmes conséquences encore mal estimées sur les finances publiques, même chiffres vertigineux, même période de l’année délicate (juste après l’élaboration du budget)… Le parallèle est troublant avec le fiasco de la taxe à 3 % qui, en octobre 2017, avait obligé l’exécutif à élaborer dans l’urgence un nouvel impôt pour rembourser près de 10 milliards d’euros indûment perçus aux entreprises tricolores, sous peine de voir s’écrouler le jeu d’équilibriste budgétaire construit pour ramener le déficit sous les 3 % en 2017 et 2018.
Cette fois, de quoi s’agit-il ? Jeudi 4 octobre, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a condamné la France dans l’affaire dite du « précompte ». « La France a manqué aux obligations qui lui incombent en vertu du droit européen », a estimé la CJUE.

Distorsion de concurrence
Le précompte, dispositif en vigueur jusqu’en 2005, consistait à faire payer un impôt complémentaire aux entreprises qui distribuaient à leurs actionnaires des sommes d’argent non soumises à l’impôt sur les sociétés, comme les dividendes. En échange, elles avaient droit à un avoir fiscal au titre des dividendes reçus de la part de leurs filiales. De nombreuses entreprises du CAC 40 en ont profité. Problème : lorsqu’une filiale établie hors de France recevait des dividendes d’une autre sous-filiale également située à l’étranger, le mécanisme du précompte ne s’appliquait pas. C’est en vertu de cette distorsion de concurrence que les entreprises sont fondées à réclamer leur dû à l’Etat, a estimé la CJUE.
« Compte tenu de l’ancienneté des dossiers, des sommes à restituer et des recours encore attendus, on peut...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ En visite sur l’île de Saint-Martin, le 29 septembre, un an après le passage de l’ouragan Irma, Emmanuel Macron s’est adonné à son passe-temps favori : la distribution de gestes d’affection.
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Macron ou la diplomatie du câlin


                      En visite sur l’île de Saint-Martin, le 29 septembre, un an après le passage de l’ouragan Irma, Emmanuel Macron s’est adonné à son passe-temps favori : la distribution de gestes d’affection.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 14h49
    |

            Pierre Jaxel-Truer







29 septembre : étreintes sous les Tropiques
   


Tout a commencé par une visite ordinaire, avant que le président, surpris par une averse tropicale, ne décide de s’affranchir du protocole pour aller à la rencontre des habitants de Quartier-d’Orléans, à Saint-Martin, le 29 septembre. Un an après l’ouragan Irma, Emmanuel Macron est venu constater l’avancée de la reconstruction et, surtout, faire beaucoup de câlins.
15 juillet : touche-touche franco-croate

   


Qui a dit que le foot attise les antagonismes entre nations ? Après la victoire de la France face à la Croatie, en finale du Mondial russe, le 15 juillet, les chefs d’Etat des deux pays ont multiplié les gestes affectueux, pour des images qui ont fait le tour du monde. Emmanuel Macron ne s’est pas économisé non plus, côté étreintes, avec les Bleus.
26 juin : effleurement papal au Vatican

   


Une main qui frôle la joue papale, puis se pose sur l’épaule, avant des bisous d’adieu. En visite au Vatican, le 26 juin, le président de la République a fait fi de tous les usages. Les deux hommes ont aussi discuté de la crise migratoire et de l’Europe, au cours d’un entretien de cinquante-huit minutes. Mais ça, qui s’en souvient ?
24 avril : contact diplomatique à Washington

   


Quand on ne partage pas la même vision du monde et que, au fond, on se frictionne sur beaucoup de sujets, que reste-t-il ? Les apparences et un peu de tendresse. A Washington, le 24 avril, Emmanuel Macron et Donald Trump ne se sont pas quittés. Plus tard, dans les livres d’histoire, on appellera ça la diplomatie du câlin.

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14 juillet 2017 : câlin de consolation à Paris

   


Pour sa première commémoration de la fête nationale en tant que chef d’Etat, Emmanuel Macron s’est adressé à quatre-vingt-cinq pupilles de la nation. L’un d’eux s’est mis à pleurer, et le locataire de l’Elysée l’a pris dans ses bras pour le consoler.



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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Une première ourse avait été relâchée jeudi matin, en dépit de l’opposition de certains éleveurs et élus locaux.
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Pyrénées-Atlantiques : une deuxième ourse relâchée

Une première ourse avait été relâchée jeudi matin, en dépit de l’opposition de certains éleveurs et élus locaux.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 13h47
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 16h56
   





                        


Une deuxième ourse a rejoint, vendredi 5 octobre, la première, lâchée la veille dans les Pyrénées-Atlantiques, a annoncé François de Rugy. « Je suis en mesure de confirmer aujourd’hui que deux ours femelles ont été réintroduites dans le Béarn », a déclaré le ministre de la transition écologique dans une vidéo publiée sur son compte Twitter. « Ce n’est pas banal de réintroduire une espèce qui est menacée aujourd’hui d’extinction dans les vallées du Béarn, où il n’y avait plus que deux ours mâles », souligne le ministre
Une première ourse, capturée en Slovénie, avait été relâchée jeudi matin, en dépit de l’opposition de certains éleveurs qui craignent pour leur cheptel et d’élus locaux, dont certains avaient installé des barrages routiers dans la nuit de mercredi à jeudi pour tenter de repérer et d’arrêter les véhicules susceptibles de transporter l’animal.
Cette femelle, appelée Claverina (l’« héritière » en béarnais), est âgée de 7 ans et pèse 140 kilos. Elle était « la première ours femelle à fouler le sol béarnais depuis une décennie », selon un communiqué. La deuxième ourse, « Sorita, “petite sœur”, l’a rejointe ce matin (…) D’un an son aînée, elle pèse 150 kilos », selon le communiqué du ministère.
« A la suite d’examens vétérinaires poussés et de tests de grossesse positifs, il est très probable que les deux ourses donneront naissance à des petits dès l’an prochain », a annoncé vendredi dans un communiqué l’Agence forestière slovène, qui a supervisé la capture des deux plantigrades dans le petit pays balkanique.
« Le dialogue aura toujours toute sa place »

   


Faute d’avoir pu empêcher la réintroduction des ourses, promise par le précédent ministre de la transition écologique Nicolas Hulot, des opposants ont menacé de prendre les fusils pour les « enlever ». « Je sais les mécontentements de certains, notamment les éleveurs, la colère même parfois », répond François de Rugy, qui assure que « le dialogue aura toujours toute sa place » et qui a prévu de se rendre sur place après un premier déplacement en septembre.
Pour le Fonds d’intervention écopastoral (FIEP), ce lâcher est « historique et va permettre de relancer une dynamique de vie », se félicite dans un communiqué cette association de défense de l’environnement.
La réintroduction des deux ourses s’inscrit dans le cadre d’un plan « Ours » lancé par Nicolas Hulot. Dans une décision rendue le 6 mars, le tribunal administratif de Toulouse avait condamné l’Etat pour n’avoir pas suffisamment protégé l’ursidé dans les Pyrénées. L’arrêté a été signé le 29 août par l’ex-ministre de l’écologie, au lendemain de l’annonce de sa démission, et confirmé par son successeur le 20 septembre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ L’annonce devrait être faite « en début de semaine » prochaine. L’exécutif devrait profiter du remplacement de Gérard Collomb pour remercier des ministres « fatigués ».
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Le remaniement aura lieu en début de semaine

L’annonce devrait être faite « en début de semaine » prochaine. L’exécutif devrait profiter du remplacement de Gérard Collomb pour remercier des ministres « fatigués ».



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 13h24
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 14h57
    |

            Virginie Malingre








                        



   


Emmanuel Macron prend son temps. Rendu inévitable par le départ surprise du ministre de l’intérieur, le remaniement du gouvernement n’interviendra pas avant lundi ou mardi. « Le remaniement sera annoncé en début de semaine », confirme un conseiller élyséen au Monde. Le gouvernement sera donc au complet, mercredi 10 octobre, soit une semaine après le départ de Gérard Collomb, qui a rejoint son fief lyonnais mercredi 3 octobre.
Le remplacement de Nicolas Hulot, début septembre, avait également pris une semaine. Un temps inhabituellement long pour un remaniement. Des délais rendus nécessaires par l’examen des situations des entrants par la haute autorité pour la transparence de la vie politique (HATVP), créée fin 2013 dans la foulée de l’affaire Cahuzac, explique-t-on au sein de l’exécutif. Mais aussi par la difficulté de l’équation à laquelle sont confrontés MM. Macron et Philippe, qui semblent avoir un problème de ressources humaines pour former le casting idéal.
« Ce ne devrait pas être un remaniement d’ampleur, plutôt un jeu de chaises musicales », déclare un conseiller élyséen. Mais la même source admet parallèlement que plusieurs ministres « fatigués » ont fait part depuis un certain temps de leur désir de prendre du recul, notamment à l’occasion de leur entretien d’évaluation avec le premier ministre, au début de l’été. Les deux têtes de l’exécutif devraient donc profiter du remplacement de Gérard Collomb pour remercier les membres les plus fragiles de l’équipe.

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« Il y a un rééquilibrage à faire »
Emmanuel Macron, qui a vu son autorité défiée par Gérard Collomb, souhaite constituer une équipe ressoudée, alors que de nombreuses réformes, parfois à hauts risques, doivent être lancées dans les prochains mois. Entre la réforme des retraites, la révision constitutionnelle, la réorganisation de l’islam de France ou encore la préparation du projet de loi bioéthique, qui prévoit l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, le plan de travail de l’exécutif est en effet chargé.
MM. Macron et Philippe souhaitent, en outre, que la nouvelle équipe respecte les mêmes fondamentaux que ceux qui ont mené à la constitution du premier gouvernement, au printemps 2017 : la parité hommes-femmes, une dose de société civile, une forme d’équilibre politique entre les différentes sensibilités qui composent la macronie. Dans ce contexte, après les départs, depuis seize mois, de ministres issus du MoDem, du PS et d’un écologiste, « il y a un certain rééquilibrage à faire », admet-on à l’Elysée.
Reste que le remplacement d’un ministre de l’intérieur est « quelque chose de compliqué », davantage que ce ne fut le cas pour Nicolas Hulot, confie-t-on encore dans l’entourage du chef de l’Etat. L’exécutif cherche un profil dont les compétences pour le poste seront réelles : un technicien venu de la maison Beauvau, une personnalité issue de la société civile ou un politique qui connaît bien les problématiques de sécurité.
Après avoir remanié son équipe, Emmanuel Macron s’envolera pour un déplacement officiel en Arménie. A ce stade, il n’est pas prévu que le chef de l’Etat s’exprime avant devant les Français, toujours selon l’Elysée.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Editorial. Emmanuel Macron, qui a besoin de l’appui du Sénat pour voter la révision constitutionnelle, n’évoque désormais plus la baisse du nombre de parlementaires.
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Réforme de la Constitution : la « tyrannie »  de la politique

Editorial. Emmanuel Macron, qui a besoin de l’appui du Sénat pour voter la révision constitutionnelle, n’évoque désormais plus la baisse du nombre de parlementaires.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 18h38
   





                        


Editorial du « Monde ». Emmanuel Macron a eu raison d’aller à Colombey-les-Deux-Eglises saluer la mémoire du général de Gaulle, ce 4 octobre – jour anniversaire de la promulgation de la Loi constitutionnelle créant, il y a soixante ans, la Ve République. En effet, le fondateur des institutions édifiées en 1958 a légué à ses successeurs un régime à toute épreuve… pour le chef de l’Etat et le pouvoir exécutif.
Depuis un demi-siècle, tous les présidents en ont tiré le plus grand profit, y compris ceux qui, comme François Mitterrand, avaient auparavant formulé les critiques les plus cinglantes à l’encontre de la Constitution de 1958 et de son parachèvement en 1962, avec l’élection du président de la République au suffrage universel. Ce système institutionnel aura permis à tous les présidents de traverser les crises politiques, économiques ou sociales les plus rudes, de cohabiter avec des majorités parlementaires hostiles (Mitterrand à deux reprises et Chirac pendant cinq ans) et de surmonter les impopularités les plus abyssales, François Hollande étant le champion en la matière.
Confronté depuis deux mois à de sérieuses adversités, Emmanuel Macron a donc, à son tour, rendu hommage au « socle de stabilité », de « légitimité » et d’« efficacité » dans l’action que lui assure la Constitution. Face aux « tempêtes » et aux « avanies », face à la « tyrannie de l’immédiat », au « règne de l’image » et au « goût pour l’écume des jours », face à ces turbulences qui éclipsent trop souvent le sens des politiques publiques, les institutions permettent de « conserver le cap », a-t-il souligné à juste titre.

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Mais, si elles le mettent largement à l’abri de la « tyrannie de l’immédiat », elles ne le protègent pas de la « tyrannie » de la politique. Le chef de l’Etat en fait aujourd’hui l’expérience. Dès juillet 2017, devant le Congrès, il avait lancé un projet de révision de la Constitution, avec l’ambition affichée de la moderniser et de renforcer l’« efficacité » de son fonctionnement. Le souhait présidentiel était que cette réforme aboutisse dès l’été 2018.
Un silence pour le moins étonnant
Depuis un an, sa démarche se heurte aux réticences, aux objections ou aux critiques des oppositions en général et de celle du Sénat en particulier. Et chacun sait que, sans l’appui du Palais du Luxembourg, la réforme n’a aucune chance d’être adoptée. Soit ses dispositions relèvent stricto sensu de la procédure de révision qui suppose l’approbation par les trois cinquièmes des parlementaires, donc d’une part importante des sénateurs. Soit – et c’est le cas de la diminution spectaculaire d’un tiers du nombre des parlementaires – elles relèvent d’une Loi organique qui, dès lors que le Sénat est concerné, suppose son aval.
Or le Sénat, au nom d’une juste représentation des territoires, est vent debout en particulier contre cette dernière mesure. Il est donc pour le moins étonnant que le président de la République l’ait passée sous silence lors du plaidoyer en faveur de la réforme qu’il a réitéré, le 4 octobre, au Conseil constitutionnel.
Un « oubli » de sa part n’est guère concevable, puisqu’il a évoqué scrupuleusement tous les autres points de la réforme, y compris les moins décisifs. La seule explication plausible, mais à ce stade inavouée, est que le chef de l’Etat peut envisager de renoncer à cette mesure emblématique si cette concession permet l’adoption du reste de la réforme. Bref, bon gré, mal gré, à se plier à la tyrannie de la politique.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ L’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron a été interrogé vendredi par les juges, pour la première fois depuis le début de l’affaire.
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Alexandre Benalla entendu ce vendredi par les juges d’instruction

L’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron a été interrogé vendredi par les juges, pour la première fois depuis le début de l’affaire.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 17h19
   





                        



L’audition de la semaine dernière ayant été reportée, Alexandre Benalla a finalement été interrogé par les juges le vendredi 5 octobre, pour la première fois depuis le début de l’affaire . Sans faire aucune déclaration, l’ancien collaborateur du président Emmanuel Macron est reparti vers 15 heures du tribunal de Paris, où il était arrivé cinq heures plus tôt souriant, costume-cravate et chemise blanche, en compagnie de ses avocats Jacqueline Laffont et Pierre Haïk.
Mis en examen le 22 juillet pour des soupçons de violences et d’ingérence dans l’action de la police en marge des manifestations du 1er-Mai, il avait gardé le silence lors de son bref passage devant les magistrats. Alexandre Benalla venait alors de passer deux jours de garde à vue à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).
Le jeune homme de 27 ans en était ressorti avec une mise en examen pour « violences en réunion », « immixtion dans l’exercice d’une fonction publique », « port public et sans droit d’insignes réglementés », « recel de détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection » et « recel de violation du secret professionnel ».

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« Observateurs » dans une opération de maintien de l’ordre
L’affaire avait démarré le 18 juillet, lorsque Le Monde avait publié des images montrant M. Benalla et un employé de La République en marche, Vincent Crase, en train de rudoyer un couple sur la place de la Contrescarpe, lors d’un rassemblement de manifestants du 1er-Mai qui avait dégénéré dans le Quartier latin. Les deux hommes, qui participaient en tant qu’« observateurs » à l’opération de maintien de l’ordre, avaient ensuite remis le couple à la police pour interpellation.
Sur les images, M. Benalla est filmé, casque sur la tête, en train d’empoigner la jeune femme et de frapper son compagnon au thorax et à la tête. Des gestes dont il a minimisé la violence, affirmant avoir agi par « devoir citoyen » pour aider à arrêter « les deux personnes les plus virulentes » du groupe.
Le 10 août, l’information judiciaire a été étendue à d’autres possibles violences de M. Benalla, un peu plus tôt dans la journée au Jardin des plantes, des faits sur lesquels il n’a pas encore été interrogé et pour lesquels il n’est pas mis en examen à ce stade.
Les enquêteurs cherchent également à savoir comment des images vidéo de la préfecture illégalement transmises à M. Benalla le 18 juillet se sont retrouvées sur les réseaux sociaux

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Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit de l’ascension mystérieuse de cet homme.Benalla, Mizerski, Crase..., qui sont les personnages-clés de l’affaire ?Que s’est-il passé précisément place de la Contrescarpe ? Retour sur le déroulement des événements.A l’Assemblée, une commission d’enquête présidée par la députée LRM Yaël Braun-Pivet a mené des auditions. Une semaine plus tard, l’opposition claque la porte accusant l’Elysée de vouloir « torpiller » les travaux.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée et le gouvernement a dû faire face à deux motions de censure de l’opposition, toutes deux rejetées.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés, dans un discours que nous avons décrypté point par point.Affaire d’Etat ou non ? Oui, car il y a eu dissimulation estiment certains ; non, car l’Etat n’as pas commis d’acte délictueux, avancent d’autres.Les auditions des gardes à vue de M. Benalla et des quatre autres personnes mises en examen ont permis d’éclairer les faits qui leur sont reprochés.Plus d’une semaine après les révélations du Monde, l’ex-chargé de mission de l’Elysée Alexandre Benalla a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Cet ajout, fait le 13 septembre, a été demandé par Emmanuel Macron pour « marquer les anniversaires liés à Charles de Gaulle », reconnaît l’Elysée.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤                     
                                                

Et la croix de Lorraine est discrètement apparue sur le logo de l’Elysée

Cet ajout, fait le 13 septembre, a été demandé par Emmanuel Macron pour « marquer les anniversaires liés à Charles de Gaulle », reconnaît l’Elysée.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 14h38
    |

            Cédric Pietralunga








                        



   


Elle est apparue sans tambour ni trompette, mais lourde de symbole. A l’occasion de la présentation par Emmanuel Macron du plan de lutte contre la pauvreté, le 13 septembre, une discrète croix de Lorraine a fait son apparition sur le logo de l’Elysée, utilisé notamment sur le bandeau ornant le pupitre du chef de l’Etat.
Jusqu’ici, ce dessin censé identifier la présidence de la République était uniquement composé d’un faisceau de licteur (des branches entourées de lanières et surmontées d’une hache, un symbole de la République hérité de l’Antiquité), d’une branche de chêne et d’olivier (pour la justice et la paix), de deux têtes de lion (pour la force), et d’un bouclier avec l’inscription RF (pour République française).
Traditionnellement, chaque nouveau président modifie, à la marge, ce blason. Mais c’est la première fois qu’un nouveau symbole y apparaît. « C’est un choix d’Emmanuel Macron, reconnaît-on à l’Elysée. Le chef de l’Etat voulait y inscrire la croix de Lorraine parce que son quinquennat sera marqué par trois anniversaires liés à Charles de Gaulle : les 60 ans de la constitution de 1958, les 80 ans de l’appel du 18 juin et les 50 ans de la mort du général. »
Symbole de la Résistance
Attaché aux symboles et désireux de s’inscrire dans la lignée des grandes figures de l’histoire française, Emmanuel Macron avait déjà fait référence au général de Gaulle sur sa photo officielle : un exemplaire des Mémoires de guerre de l’ancien officier est ouvert sur le bureau sur lequel s’appuie le président, à côté de deux iPhones et de deux autres livres, Le Rouge et le Noir de Stendhal et Les Nourritures terrestres d’André Gide.
Cette apparition de la croix de Lorraine, symbole de la Résistance, a suscité l’indignation de certains élus de droite. « Comment peut-on se prétendre gaulliste lorsqu’on veut une Europe fédérale, qu’on nie l’existence d’une culture française et qu’on accepte de vendre nos aéroports à des puissances étrangères ? », s’est ainsi offusqué Geoffroy Didier, secrétaire général délégué des Républicains, réduisant le choix d’Emmanuel Macron à une « tentative de captation du gaullisme » et à un « véritable artifice de com ! ».

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Selon l’entourage du chef de l’Etat, la réalisation de ce nouveau logo a pris plusieurs mois et de nombreuses versions ont été soumises à M. Macron. « Il voulait quelque chose de plus épuré, de moins chargé », explique un conseiller. Ce travail a été réalisé entièrement en interne par l’équipe de graphistes de l’Elysée. « On a seulement eu recours à un typographe extérieur, Jean-François Porchez, pour créer les caractères d’imprimerie utilisés sur tous les supports de la présidence et notamment le logo », explique-t-on.
Cette charte graphique a aussi servi pour les produits dérivés de l’Elysée, mis en vente sur une boutique en ligne et lors des Journées du patrimoine. A terme, ce nouveau blason ornera tous les documents de la présidence et sera utilisé sur tous les supports de communication (Facebook, Twitter, etc.). Mais il n’a pas de caractère officiel. Seul le drapeau tricolore est inscrit dans la Constitution, au titre d’« emblème national » de la France.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Seuls 18 % des conseils communautaires comptent plus de 40 % de femmes, alors qu’ils étaient 24 % avant les fusions consécutives à la loi NOTRe de 2015.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤                     
                                                   
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La parité est loin d’être respectée dans les intercommunalités

Seuls 18 % des conseils communautaires comptent plus de 40 % de femmes, alors qu’ils étaient 24 % avant les fusions consécutives à la loi NOTRe de 2015.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 11h30
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            
Les intercommunalités, « une zone de non-droit paritaire » ? Ainsi s’interrogeait le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) dans un rapport de février 2017 faisant l’état des lieux de la parité aux niveaux communal, intercommunal, départemental et régional. Grâce aux législations successives ayant renforcé les obligations paritaires dans les modes de scrutin, la parité a fortement progressé dans la plupart des assemblées locales, même si la confiscation du pouvoir par les hommes reste d’actualité au niveau des exécutifs. Mais il est un niveau d’administration locale qui n’a pas évolué : celui des conseils communautaires.
Pis, comme le redoutait le même rapport du HCE, les fusions d’intercommunalités consécutives à la loi NOTRe de 2015 ont conduit à un nouveau recul de la parité. Ce que confirme l’enquête nationale réalisée par le réseau Elles aussi avant et après la mise en place de la nouvelle carte intercommunale intervenue le 1er janvier 2017.
Entre 2015 et 2017, le nombre d’intercommunalités (métropoles, communautés urbaines, communautés d’agglomération et communautés de communes) est passé de 2 131 à 1 268. Dans le même temps, le pourcentage de conseillères communautaires a légèrement reculé, passant de 32 % à 31 %. Seuls 18 % de conseils comptent plus de 40 % de femmes, alors qu’ils étaient 24 % avant la nouvelle carte. La proportion de femmes dans les exécutifs n’a pas progressé, bloquée au faible niveau de 18 %. Le réseau Elles aussi a dénombré 14 % d’exécutifs communautaires exclusivement masculins. Quant à la part des femmes présidant une « interco », elle a régressé de 8,5 % à 7,5 %.
Mécanismes d’ajustement
Pourquoi les conseils communautaires n’ont-ils pas suivi le mouvement de la parité ? Cela découle directement du mode de scrutin. La répartition du nombre de membres du conseil par commune prend en compte la population de chacune d’entre elles, mais avec des mécanismes d’ajustement faisant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Les députés ont validé la vente d’ADP (Aéroports de Paris) et de la Française des jeux, ainsi que la cession de titres Engie. Mais beaucoup d’inconnues demeurent.
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L’Assemblée nationale donne son feu vert aux privatisations

Les députés ont validé la vente d’ADP (Aéroports de Paris) et de la Française des jeux, ainsi que la cession de titres Engie. Mais beaucoup d’inconnues demeurent.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 11h28
    |

            Denis Cosnard et 
Philippe Jacqué








                        



                                


                            

La vague de privatisations voulue par Emmanuel Macron a passé sans encombre, jeudi 4 octobre, le cap du vote par les députés. L’Assemblée nationale, dominée par La République en marche (LREM), a adopté à une large majorité les articles 44 à 52 de la loi pour l’activité et la croissance et la transformation des entreprises (Pacte), qui prévoient la vente d’Aéroports de Paris (Groupe ADP) et de la Française des jeux (FDJ), ainsi que la descente au capital d’Engie.

Les débats ont néanmoins été âpres. Bruno Le Maire, le ministre de l’économie et des finances, et les députés LREM ont fait face à « une coalition d’oppositions entre la droite, la gauche, les Insoumis et le Parti communiste » contestant une « braderie » de plusieurs « bijoux communs de la nation », selon les mots de Philippe Gosselin (LR).
En conservant ses participations, l’Etat pourrait obtenir au rythme actuel 400 millions d’euros annuels de dividendes, ont remarqué en chœur Valérie Rabault, chef de file des socialistes, Eric Coquerel (LFI) et Daniel Fasquelle (LR). Soit une somme supérieure aux 250 millions d’euros attendus du fonds pour l’innovation de rupture que le gouvernement prévoit de financer grâce aux privatisations.

Les députés ont aussi souligné les nombreuses inconnues qui entourent les futures cessions. Combien de parts l’Etat veut-il céder de chaque entreprise ? Dans quelles conditions ? Ces questions sont renvoyées à des ordonnances préparées à Bercy. « Vous voulez faire voter un cahier des charges que personne ne connaît. Autrement dit, vous voulez un chèque en blanc », a critiqué Valérie Rabault.
ADP
L’opération s’annonce complexe. Pour céder sous forme de concession le gestionnaire des aéroports de la capitale, l’Etat, qui détient 50,6 % du capital de Groupe ADP, doit limiter dans le temps le droit d’exploitation de la plate-forme aéroportuaire, aujourd’hui sans borne. Il est prévu d’accorder une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ La mesure, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, n’apparaît pas dans le document transmis aux partenaires sociaux par l’exécutif.
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Contrats courts : des doutes sur le bonus-malus

La mesure, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, n’apparaît pas dans le document transmis aux partenaires sociaux par l’exécutif.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 11h14
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
Une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron est-elle sur le point d’être abandonnée ? Plusieurs responsables syndicaux s’interrogent, alors que doit s’ouvrir une négociation visant à revoir les règles d’indemnisation des demandeurs d’emploi. Pour résorber la précarité sur le marché du travail, il était initialement envisagé d’instaurer un bonus-malus, qui aurait pour effet de pénaliser les entreprises abusant des contrats courts. Or, cette mesure, contestée par le patronat, n’apparaît pas explicitement dans le document que le premier ministre a transmis, le 25 septembre, aux partenaires sociaux afin de cadrer leurs discussions sur la refonte des règles de l’assurance-chômage. La note de cinq pages parle de « responsabilisation » des employeurs.
Un terme bien vague, aux yeux de Michel Beaugas (Force ouvrière) : « Pour moi, cela signifie qu’ils enterrent le dispositif. » Denis Gravouil (CGT) défend le même point de vue : « Le Medef a bien réussi son lobbying, dit-il. Les conseillers du gouvernement proches de cette organisation ont obtenu d’enterrer le projet, sous prétexte de ne pas nuire aux employeurs. Nous verrons, une fois à l’œuvre. »

Des charges modulées
Un pessimisme qui n’est pas partagé de tous. « Le sujet reste sur la table », estime Marylise Léon (CFDT). « Le gouvernement a pris toutes les précautions sémantiques pour ne pas chiffonner le patronat en s’abstenant de mentionner le mot qui fâche dans la lettre de cadrage », renchérit Eric Courpotin (CFTC). Autrement dit, les intentions de départ demeureraient.
Les organisations d’employeurs sont, d’ailleurs, elles, toujours inquiètes. Pour François Asselin, le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), il faut rester sur ses gardes. Selon lui, le gouvernement n’a pas renoncé à cette idée.
Plusieurs sources syndicales et patronales évoquent même un scénario précis : il consisterait à moduler...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Dans son discours, jeudi, le chef de l’Etat n’a toutefois pas évoqué la baisse du nombre de parlementaires, point de blocage avec le Sénat.
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Emmanuel Macron relance  la révision constitutionnelle

Dans son discours, jeudi, le chef de l’Etat n’a toutefois pas évoqué la baisse du nombre de parlementaires, point de blocage avec le Sénat.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 11h13
    |

            Alexandre Lemarié (avec Virginie Malingre)








                        



                                


                            
Surtout ne pas donner l’impression qu’il pourrait abandonner l’un de ses engagements de campagne. Emmanuel Macron a réaffirmé sa volonté de faire approuver la révision constitutionnelle, jeudi 4 octobre, lors d’un discours au siège du Conseil constitutionnel, à Paris, à l’occasion des 60 ans de la Ve République. « Je sais que le gouvernement, par le dialogue, avec l’Assemblée nationale et le Sénat, trouvera la manière de faire intelligemment cheminer cette réforme », a déclaré le chef de l’Etat devant 200 personnalités françaises et internationales, en annonçant que ce texte reviendra à l’Assemblée nationale « début janvier ».
Guetté par l’impopularité, le président de la République ne veut pas laisser s’installer l’idée qu’il pourrait enterrer son chantier de modernisation des institutions, alors que la décision de reporter son examen, fin juillet, à cause de l’affaire Benalla, avait semé le doute. Pas question, non plus, de donner l’impression que sa capacité à réformer se serait amenuisée en cette rentrée chaotique, marquée par les départs surprises de deux ministres d’Etat, Nicolas Hulot et Gérard Collomb, qui ont brutalement défié l’autorité présidentielle. « Je sais les tempêtes et les avanies que notre époque réserve à ses dirigeants politiques et particulièrement au premier d’entre eux, a-t-il lancé. L’impatience et l’exigence, la tyrannie de l’immédiat, le règne de l’image et le goût pour l’écume des jours n’aident pas forcément à mener une action sereine pour qui céderait à cette tyrannie. »

Durant son allocution devant un parterre d’anciens chefs de l’Etat et d’élus – dont Nicolas Sarkozy, Lionel Jospin, Robert Badinter, Jean-Louis Debré ou Valéry Giscard d’Estaing –, Emmanuel Macron a souligné la nécessité de réviser la Constitution, présentée comme un « socle de stabilité » qu’il faut « savoir modifier » pour « garantir sa pérennité ». Cela passe, à ses yeux,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Des intérêts agrochimiques ont pu obtenir le texte de la députée écologiste avant ses collègues.
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Le curieux cheminement de l’amendement Batho sur le glyphosate

Des intérêts agrochimiques ont pu obtenir le texte de la députée écologiste avant ses collègues.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 10h19
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Mardi 22 mai, en séance plénière, Delphine Batho (Génération écologie) focalisait pour quelques jours toute l’attention médiatique autour de la loi sur l’agriculture et l’alimentation, définitivement adoptée le 2 octobre : la députée des Deux-Sèvres révélait que son amendement prévoyant l’interdiction du glyphosate en 2021, déposé deux mois auparavant, avait été porté à la connaissance des industriels avant la fin de son traitement par le système informatique interne de l’Assemblée nationale.
L’élue avait eu copie d’une note de l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP), le lobby de l’industrie des pesticides, citant son amendement en y reproduisant une erreur corrigée très peu de temps après son dépôt. Au total, vu les délais de traitement des amendements par l’informatique parlementaire, l’amendement a été obtenu par les industriels « plus de 90 heures avant d’être porté à la connaissance de l’ensemble des députés », avait déclaré Mme Batho. « De quoi avoir un temps d’avance pour préparer leurs argumentaires, leurs éléments de langage, avant même que l’amendement ne soit débattu », explique la députée au Monde. De son côté, l’UIPP nie avoir obtenu l’amendement de manière prématurée.

L’enquête diligentée par l’Assemblée n’a pu découvrir l’origine de la fuite. Mais, selon nos informations, le fichier contenant l’amendement a été créé par Arnaud Dechoux, consultant pour la firme de relations publiques Burson-Marsteller. Contacté par Le Monde, l’intéressé dément formellement. « Nous n’avons rien à voir avec cette fuite et la présence de mon nom dans ce fichier ne peut s’expliquer que par un copier-coller, explique l’intéressé au Monde. Nous n’effectuons pas de mission de lobbying pour des sociétés agrochimiques et n’avons pas de contacts avec des parlementaires à ce titre. Nous nous occupons seulement de la communication de la société Dow », l’un des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Celui qui fut l’un des premiers soutiens du chef de l’Etat a déclaré jeudi qu’il se présenterait sous une étiquette locale pour « rassembler ».
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Elections municipales : Gérard Collomb ne portera pas l’étiquette LRM à Lyon

Celui qui fut l’un des premiers soutiens du chef de l’Etat a déclaré jeudi qu’il se présenterait sous une étiquette locale pour « rassembler ».



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 08h40
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 12h36
   





                        


L’ex-ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, qui a arraché sa démission en forçant la main d’Emmanuel Macron, a annoncé jeudi 4 octobre qu’il ne porterait pas l’étiquette La République en marche (LRM) pour les élections municipales de 2020. Celui qui fut l’un des premiers soutiens du chef de l’Etat a déclaré dans une interview sur LCI qu’il se présenterait sous une étiquette locale « autour d’un projet » pour « rassembler », comme le font « en général » les autres maires.
« Ici, on ne s’est jamais présenté sous une étiquette partisane. Pourquoi ? Parce qu’on rassemble très large », a-t-il dit. « Dans mon équipe municipale, vous avez des gens qui sont proches de l’ancien Parti communiste, jusqu’à des gens qui sont MoDem, qui sont centristes, voire même à un moment donné qui ont pu voter à droite. » « Ça n’a pas de sens de rassembler simplement sur un parti. Personne ne voterait pour vous dans une ville. Ce que veulent les gens, c’est que vous serviez l’intérêt général. »
Gérard Collomb a quitté mercredi la Place Beauvau pour rejoindre la mairie de Lyon. Il a multiplié les interviews jeudi, s’installant dans un rôle de commentateur de l’action d’Emmanuel Macron.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Pour l’essayiste Alain Lefebvre, le président de la République est en train de manquer une occasion historique de s’inspirer des social-démocraties nordiques.
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« Il est temps pour Emmanuel Macron de revenir à son programme de campagne »

Pour l’essayiste Alain Lefebvre, le président de la République est en train de manquer une occasion historique de s’inspirer des social-démocraties nordiques.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 09h46
    |

Alain Lefebvre (Essayiste)







                        



                                


                            
Tribune. Démission en septembre de la ministre des sports Laura Flessel, puis du ministre de l’environnement Nicolas Hulot, et plus récemment du ministre de l’intérieur Gérard Collomb, fragilité de la ministre du travail Muriel Pénicaud, minée par l’affaire Business France, et de la ministre de la culture Françoise Nyssen, critiquée pour des travaux illégaux dans des bâtiments de son entreprise…
Nous sommes bien loin des débuts de la présidence Macron et de sa volonté de mettre un terme aux pratiques de l’ancien monde. Pourtant, en juin 2017, les départs de Richard Ferrand, de Sylvie Goulard, de François Bayrou et de Marielle de Sarnez du gouvernement sur de simples soupçons de scandales politico-financiers, avant toute mise en examen, avaient laissé penser que tout allait changer. Mais avec l’affaire Benalla, en juillet, le président et son entourage ont aussi montré que la transparence n’était pas leur fort…

Les Français sont seulement spectateurs de ce naufrage. Ils avaient attentivement écouté Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle : au premier tour, 24 % des électeurs avaient apprécié des propositions équilibrées et un discours nouveau inspirés, il l’a souvent dit, par les social-démocraties nordiques.
Les autres ont suivi au second tour, pour éviter le Front national, mais aussi pour donner une chance à une autre politique. Cela explique que le vote des ordonnances modifiant le code du travail ou la réforme de la SNCF n’aient pas réellement soulevé de tollé. Nous attendions de voir la France politique changer. Malheureusement, Emmanuel Macron est en train de manquer une occasion historique et on ne peut qu’espérer qu’il va se reprendre.
Picorage
En effet, les Français ont évolué plus vite que la classe politique : lorsque le gouvernement voulait moraliser la politique, il aurait pu suivre la presse et l’opinion publique et imposer aux institutions et élus de tous niveaux une transparence à la suédoise,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le journaliste et essayiste Philippe Frémeaux souligne que le chef de l’Etat vit une double crise : à force de concentration du pouvoir et de promesses non tenues, il est de plus en plus seul.
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« A réformer la France sans les Français, Emmanuel Macron s’isole »

Dans une tribune au « Monde », le journaliste et essayiste Philippe Frémeaux souligne que le chef de l’Etat vit une double crise : à force de concentration du pouvoir et de promesses non tenues, il est de plus en plus seul.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 09h39
    |

Philippe Frémeaux (Journaliste et essayiste)







                        



                                


                            

Tribune. Après un Nicolas Hulot annonçant son départ du gouvernement au micro de France Inter, voilà que Gérard Collomb vient d’imposer sa démission au président. Deux départs qui révèlent le peu d’autorité qu’Emmanuel Macron exerce désormais sur ceux qu’il avait su séduire et qu’il a déçus, et qui témoignent de la double crise qui frappe le macronisme.
Emmanuel Macron est d’abord victime de la désillusion qu’engendre l’écart entre la promesse formulée hier et la réalité des politiques menées. L’élection d’Emmanuel Macron, à bien y réfléchir, a couronné l’évolution politique des trente dernières années en célébrant l’union de la droite modérée et de la gauche réaliste dont il a su proposer une synthèse modernisée.

Face au dégagisme des populismes d’extrême droite ou de la gauche radicale, il est parvenu à imposer un dégagisme d’extrême centre, en opposant les « progressistes » aux « conservateurs » et en formulant une promesse douce à entendre pour le peuple qui va bien et qui aimerait qu’il en soit de même pour tous sans que cela ne change rien pour lui. Bref, la promesse d’un changement radical et la certitude d’une continuité rassurante.
Ainsi, Macron nous a vendu le mariage de la réussite individuelle et de la justice sociale ; la fin de l’ISF et de la taxe d’habitation ; le libéralisme économique et le libéralisme politique ; la relance de la croissance et la transition écologique ; une France à nouveau forte apte à relancer l’Europe.

Un an est passé et la déception est au rendez-vous. Tenons-nous en à quelques exemples : l’état d’urgence est devenu pour partie le droit commun ; la dérégulation du droit du travail ne s’est accompagnée d’aucune extension du pouvoir syndical ; les mesures fiscales profitent surtout aux plus riches ; l’émancipation promise se limite à quelques mesures symboliques faute de moyens budgétaires et le soupçon naît que sa fonction est de légitimer une société fondée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Selon le politologue Luc Rouban, l’idée d’une grande convergence des électeurs vers un centre libéral, high-tech et mondialisé, qui devait être le socle d’une nouvelle pratique du pouvoir, n’était pas fondée.
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Luc Rouban : « Le macronisme est une chimère politique »

Selon le politologue Luc Rouban, l’idée d’une grande convergence des électeurs vers un centre libéral, high-tech et mondialisé, qui devait être le socle d’une nouvelle pratique du pouvoir, n’était pas fondée.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 08h57
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            
Directeur de recherche au CNRS, au Cevipof-Sciences Po, Luc Rouban a publié, au début du mois de septembre, Le Paradoxe du macronisme, aux Presses de Sciences Po (176 pages, 12 euros). Il analyse la crise politique qui touche le pouvoir d’Emmanuel Macron, mise en relief par la démission de Gérard Collomb, mardi 2 octobre.
Emmanuel Macron semblait avoir tout pour lui, la jeunesse, la volonté de rupture avec le vieux monde, un mouvement, une large majorité… Mais son pouvoir ne cesse de tanguer depuis cet été. Comment expliquez-vous ces fragilités ?
On pourrait dire que l’ADN politique du macronisme est instable. Emmanuel Macron avait effectivement tout pour lui, du moins apparemment. En fait, il gagne l’élection présidentielle par défaut dans un contexte invraisemblable : le président sortant ne se représente pas, les primaires de la gauche et de la droite font émerger des candidats décalés par rapport au centre de gravité des électorats de gauche et de droite, François Fillon est pris dans l’affaire des assistants parlementaires. De plus, les électeurs à gauche ont surtout peur d’un duel Fillon-Le Pen au second tour.

Mais cette fragilité ne vient pas seulement des conditions de sa victoire. Elle vient aussi de sa nouveauté : son mouvement n’est pas un parti réunissant des personnalités nationales bien connues, il n’a pas de racines locales, Emmanuel Macron n’a jamais été élu avant. Et puis l’analyse sur laquelle se construit En marche ! est fausse : il n’existe pas de grande convergence des électeurs vers un centre libéral, high-tech et mondialisé.
Le clivage gauche-droite a la vie dure, surtout lorsqu’il s’agit d’immigration et même de réformer les entreprises ou la fonction publique. Donc, le macronisme est piégé par cette dynamique et ne peut s’affirmer qu’en proposant un pouvoir pragmatique : nous allons enfin faire du concret sans avoir à rendre des comptes aux partis ou à s’emmêler dans des controverses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ A l’occasion des 60 ans de la Constitution, notre éditorialiste Françoise Fressoz estime dans sa chronique que la Ve République a su s’adapter, mais que le régime mérite d’être questionné.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/10/2018
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Ve République : le débat interdit du régime présidentiel

A l’occasion des 60 ans de la Constitution, notre éditorialiste Françoise Fressoz estime dans sa chronique que la Ve République a su s’adapter, mais que le régime mérite d’être questionné.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 11h36
    |

            Françoise Fressoz








                        



                                


                            

Chronique. Un ancien premier ministre égrenait récemment tous les épisodes délicats que la Ve République avait aidé à surmonter : « La guerre d’Algérie, Mai 68, les chocs économiques et sociaux, les alternances, deux cohabitations, les attentats. » Alors oui, il faut rendre hommage à ce régime dont la principale vertu aura été, en soixante ans, de se montrer extrêmement flexible sans jamais faillir à la tâche que lui avait assignée le général de Gaulle à son retour : donner au président de la République les moyens de conduire sa mission.
Au terme de quelques réformes-clés – l’élection du président de la République au suffrage universel en 1962, l’instauration du quinquennat en l’an 2000, l’introduction en 2007 de la question préalable de constitutionnalité qui permet au citoyen de vérifier la constitutionnalité des lois votées –, la Ve République aura su s’adapter à l’air du temps au point qu’aucun ténor aujourd’hui n’appelle à l’abattre. Et pourtant sur deux points au moins, le régime mérite d’être questionné, ne serait-ce que parce que la France vit, comme beaucoup de ses voisins, un lourd désenchantement démocratique qui nourrit le populisme et que les institutions y ont peut-être leur part.
Première question : le régime protège-t-il vraiment le président de la République ? La réponse est oui, puisque celui-ci dispose de l’arme de la dissolution pour surmonter une éventuelle crise parlementaire. Et pourtant non, dans la mesure où la campagne présidentielle française crée tous les cinq ans une attente démesurée autour d’un homme érigé en quasi monarque capable de guérir les écrouelles.
Alternance démocratique
Un an plus tard, systématiquement, le désenchantement arrive et le président de la République, redevenu simple mortel, essuie le retour de bâton, sans pouvoir s’abriter derrière le premier ministre qui a perdu son rôle de fusible. Le choc est rude : depuis que le quinquennat existe,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le directeur général de la Fondation Jean-Jaurès dit que l’enjeu de la crise n’est pas le remaniement, mais l’exercice du pouvoir.
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Gilles Finchelstein : « Une “réinitialisation” du macronisme est-elle possible ? »

Dans une tribune au « Monde », le directeur général de la Fondation Jean-Jaurès dit que l’enjeu de la crise n’est pas le remaniement, mais l’exercice du pouvoir.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 12h08
    |

Gilles Finchelstein (Directeur général de la Fondation Jean-Jaurès)







                        



                                


                            

Tribune. Gérard Collomb est parti et son remplacement se fait sous tension, et même sous haute tension. D’une part, en raison de la nature de ce remaniement-ci. Il est imposé après une démission refusée puis réaffirmée. Il touche un ministère régalien-clé, le ministère de l’intérieur, et le dernier ministre d’Etat nommé après l’élection présidentielle à demeurer encore en fonctions. Il concerne une personnalité symbolique, le premier grand élu à avoir rallié Emmanuel Macron. Cela fait beaucoup, d’autant plus qu’il n’y a pas de choix qui s’impose d’évidence pour le remplacer.

La tension tient d’autre part à la dégradation du contexte dans lequel le remaniement intervient. En juin déjà, à l’occasion du bilan de la première année du mandat d’Emmanuel Macron, les Français commençaient à déchanter, considérant la méthode trop autoritaire et l’orientation trop inégalitaire. Depuis, la situation s’est profondément et rapidement dégradée.
Alors qu’il donnait l’impression de maîtriser l’agenda, le pouvoir a subi les événements. Alors qu’il faisait montre d’une impressionnante cohésion, il s’est désuni et parfois même délité. Alors qu’il avait commencé par un sans-faute, il a multiplié les erreurs de débutants. Alors, enfin, qu’il bénéficiait d’une chance insolente, les résultats semblent plus incertains, parce que la croissance économique est décevante, et les perspectives européennes inquiétantes.
Si le remaniement est donc un problème, peut-il être une solution ? Certainement pas s’il n’est pensé que comme un remaniement – et, en l’espèce, peu importerait qu’il s’agisse d’un remaniement poste pour poste ou d’un remaniement de plus grande ampleur. Peut-être s’il est conçu comme une étape d’une réinvention plus globale, car ce qui est en jeu ne concerne pas que le choix des membres du gouvernement. Ce qui est en jeu, d’abord, c’est un exercice du pouvoir moins concentré, qui accorde davantage de confiance aux Français en...




                        

                        

