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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Le long d’une voie de chemin de fer désaffectée, le « Mile-Long Opera » a été une expérience humaine, avant d’être un spectacle musical.
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A New York, regards croisés avec les mille choristes de la High Line

Le long d’une voie de chemin de fer désaffectée, le « Mile-Long Opera » a été une expérience humaine, avant d’être un spectacle musical.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 18h34
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Il y a ceux qui détournent le regard ; ceux qui l’ignorent, et ceux qui le soutiennent, jusqu’à l’embarras. Dans cette ville de New York, où l’on se croise sans se regarder, le Mile-Long Opera fut une expérience visuelle, humaine, avant d’être un spectacle musical : 1 000 choristes installés le long de la High Line, cette voie de chemin de fer désaffectée transformée depuis 2009 en trouée verte pour la plus grande joie des bobos et des touristes dans l’ancien secteur des abattoirs, dans le sud-ouest de Manhattan.
La déambulation commence à 19 heures, entre chien et loup, quand les New-Yorkais rentrent chez eux. Le long du chemin surélevé, on rencontre chaque choriste, visage éclairé par une casquette à la visière fluorescente. Quelques mots sont dits ou chantés, écrits par les poètes Anne Carson et Claudia Rankine. C’est le spectateur qui décide du rythme des rencontres, cheminant pendant quatre-vingt-dix minutes le long de ce mile (1,6 kilomètre) entre entrepôts réhabilités, fausses herbes folles et nouvelles tours. Relation forte des regards, à la fois anonyme et intime, intense mais interrompue – parfois avec soulagement – par la parole, le chant de l’artiste, ou la poursuite du voyage. Le spectateur est unique, il est « LE » public : à chaque rencontre, l’artiste n’est là que pour lui, et chacun le sent, puisque aucun murmure, aucune discussion n’est venue perturber le spectacle le long de cette High Line habituellement si bruyante.
Les choristes, recrutés dans les cinq districts de New York, ne sont pas tous professionnels
Durant ce spectacle (gratuit) intitulé The Mile-Long Opera, a Biography of 7 O’clock (Opéra sur un mile, une biographie de 7 heures du soir), mis en scène par Elizabeth Diller et composé par David Lang, donné jusqu’au 8 octobre, la rumeur de la ville se rappelle à nous : un paquebot croise sur la rivière Hudson, la sirène d’une ambulance suivie d’un concert de klaxons rend inaudible le chant d’un chœur....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A l’initiative du rappeur Sofiane, une compilation réunit près de quarante artistes originaires du département 93 , dont NTM.
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La Seine-Saint-Denis, terreau fertile pour le rap français

A l’initiative du rappeur Sofiane, une compilation réunit près de quarante artistes originaires du département 93 , dont NTM.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 18h10
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 18h16
    |

                            Stéphanie Binet








                        



                                


                            

Quand des rappeurs de Seine-Saint-Denis se rencontrent, que font-ils ? Ils parlent de leur « 93 » bien sûr, mais surtout ils enregistrent des morceaux ensemble. Le rappeur Sofiane, qui multiplie les casquettes ces derniers temps en figurant au cinéma dans le dernier film de David Oelhoffen, Frères ennemis, ou en animant sur YouTube son émission « Rentre dans le cercle », revient au rap en publiant une compilation consacrée à ce territoire. 93 Empire réunit près d’une quarantaine de rappeurs de la Seine-Saint-Denis en vingt-deux morceaux qui démontrent une variété musicale assez étonnante.

On croyait le 93 « hardcore », comme le clamait fièrement le duo Tandem au milieu des années 2000, et on le découvre parfois fleur bleue avec Dadju, de Romainville, ou entiché de G-funk californien avec Hornet La Frappe, d’Epinay-sur-Seine. Sofiane Zermani a surtout réussi le tour de force de rassembler plusieurs générations d’artistes sur son disque, dont le Suprême NTM – et ce alors que Kool Shen et JoeyStarr avaient juré, avant leur récente tournée, qu’il était hors de question qu’ils enregistrent de nouveaux morceaux ensemble.

« Fianso », qui a découvert le rap grâce à eux à l’âge de 7 ans, a réussi à les faire mentir. Le 14 septembre, à La Courneuve, NTM clôturait sa tournée avec Sofiane lors de la Fête de L’Humanité par Sur le drapeau, où JoeyStarr emportait la foule avec son refrain : « Chez nous, c’est pas comme les autres. »
« Une identité variée »
Réunis trois semaines plus tard dans le studio où a été enregistrée la compilation, Kool Shen, 52 ans, Fianso, 32 ans, et Vald, 26 ans, n’en finissent pas de détailler ce qui les attache à ce territoire. « Je suis un pur produit de ce département que j’affectionne particulièrement, résume Sofiane. Je revendique son ADN, sa personnalité, son caractère. » Pour le rappeur, qui a grandi au Blanc-Mesnil, son...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ L’œuvre vidéo du plasticien belge domine la manifestation, jusqu’au 21 octobre.
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A Toulouse, le bleu de Vincent Meessen sur le Printemps de septembre

L’œuvre vidéo du plasticien belge domine la manifestation, jusqu’au 21 octobre.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 18h03
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 18h11
    |

                            Emmanuelle Lequeux (Toulouse)








                        



                                


                            

Du bleu du pastel au blues de l’exil… Un film envoûtant domine cette édition du Printemps de septembre toulousain. Il s’intitule Ultramarine, il est signé du plasticien belge Vincent Meessen et projeté non- top au Musée Saint-Raymond. Désormais biennal, ce festival d’art contemporain qui envahit la Ville rose est riche d’autres pépites : on ne saurait trop conseiller le dédale de sculptures extraterrestres de l’Autrichien Bruno Gironcoli, créatures cosmiques et machineries inutiles atterries avec grâce au couvent des Jacobins. Ou le surréalisme rocaille mis en scène par la Française Marie Losier sur les toits de New York, qu’expose le centre d’art BBB. Mais s’il fallait n’en choisir qu’un, ce serait Ultramarine.
Tout est parti d’une histoire locale : celle du bleu pastel. Le pigment a fait la richesse de Toulouse aux XVe et XVIe siècles, avant d’être évincé par l’indigo venu des Indes. Cette histoire n’est qu’un point de départ, mais elle teinte ces quarante minutes d’une indicible mélancolie lapis-lazuli. « J’ai été fasciné par l’explosion économique de cette ville, façonnée par tous les grands palais des pasteliers, raconte l’artiste. Mais cette histoire est très peu lisible, si ce n’est dans l’architecture. D’autant plus que cette richesse était le fait des protestants, ensuite éjectés de la cité, comme ils l’ont été d’Anvers pour faire la richesse d’Amsterdam. L’histoire se construit en masquant ses propres accidents. » Ces mots pourraient résumer le travail de celui qui, représentant son pays à la Biennale de Venise 2015, se chargea d’y réveiller les fantômes de la colonisation du Congo.
Fascinante éruption
C’est à Amsterdam, justement, que Vincent Meessen a retrouvé trace du poète afro-américain Kain The Poet. Pilier du mouvement Black Power, cet enfant de la Beat Generation a créé au début des années 1970 le groupe culte The Last Poets, pionnier du hip-hop. Voilà près de trente...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Les marchands présents sur les deux foires, London et Masters, s’inquiètent de leur devenir.
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Art contemporain : à Londres, dernière Frieze avant le Brexit

Les marchands présents sur les deux foires, London et Masters, s’inquiètent de leur devenir.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 17h51
    |

            Harry Bellet (Londres)








                        



                                


                            

La 16e édition de Frieze London, la foire d’art contemporain de Londres, et la 7e de Frieze Masters, sa sœur consacrée à un art plus classique, ont été inaugurées le 3 octobre. 160 galeries pour l’une, 130 pour l’autre, et des marchands qui parlaient un peu d’art et beaucoup de la situation économique. Certes, la profession est connue pour râler souvent, mais, alors que l’art contemporain n’a jamais autant fait flamber les ventes publiques, les galeries, elles, sont désertées par les amateurs, et ce partout dans le monde. La solution passe par les foires, des déplacements – et des emplacements – coûteux pour un retour sur investissement incertain, surtout dans le Royaume-Uni d’aujourd’hui.
Car si Frieze compte quelques ventes spectaculaires, les négociations y sont difficiles. Certes, la Tate Modern y a fait, comme chaque année, ses achats très médiatisés : un budget de 150 000 livres sterling (170 000 euros) a permis l’acquisition d’œuvres des Britanniques Sonia Boyce et Claudette Johnson, de la Chilienne Johanna Unzueta et de l’Italien Giorgio Griffa, qui iront enrichir les collections du musée londonien. Parmi les petits jeunes qui montent, citons l’Américain Eddie Martinez (né en 1977), dont les tableaux colorés présentés sur le stand de la galerie Timothy-Taylor à des prix s’échelonnant entre 30 000 et 95 000 dollars (26 000 et 82 500 euros) ont tous été vendus dans les premières heures du vernissage.
Dans les allées de Frieze London, bondées, l’ambiance est différente. On a la sensation que le public vient moins pour voir que pour se montrer
Au registre des poids lourds, qu’on trouve plutôt sur Frieze Masters, la galerie Van de Weghe a vendu un tableau de Franz Kline pour 8 millions de dollars (7 millions d’euros), le libraire bâlois Jörn Günther un livre d’heures médiéval pour 3 millions d’euros, et, dans un registre plus raisonnable, si on peut dire, les galeristes Lévy Gorvy et Kamel Mennour, qui faisaient stand...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le cinéaste ukrainien emprisonné a remis un message à la presse où il explique être « forcé de mettre un terme à [sa] grève de la faim » le 6 octobre.
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Russie : Oleg Sentsov dit arrêter sa grève de la faim pour éviter d’être nourri de force

Le cinéaste ukrainien emprisonné a remis un message à la presse où il explique être « forcé de mettre un terme à [sa] grève de la faim » le 6 octobre.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 17h13
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 18h15
   





                        


Ce n’est pas parce qu’il a obtenu satisfaction qu’il a pris cette décision. Dans un message remis vendredi 5 octobre à la presse, le cinéaste ukrainien emprisonné en Russie Oleg Sentsov a déclaré devoir arrêter sa grève de la faim pour éviter d’être nourri de force.
« Je suis forcé de mettre un terme à ma grève de la faim demain, c’est-à-dire le 6 octobre 2018 », a-t-il fait savoir dans une lettre manuscrite. Il précise : « En raison de mon état de santé critique et de l’apparition de changements pathologiques dans mes organes, il était prévu prochainement de me nourrir de force. » « Mon opinion n’est plus prise en compte. »

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« L’objectif n’est pas atteint »
Oleg Sentsov, 42 ans, originaire de Crimée, la péninsule ukrainienne annexée par la Russie en 2014, refusait de s’alimenter depuis le 14 mai pour demander la libération de prisonniers politiques ukrainiens. Après « cent quarante-cinq jours de lutte, 20 kilos en moins et un corps brisé », « l’objectif n’est pas atteint », déplore le cinéaste. « Je suis reconnaissant à tous ceux qui m’ont soutenu et demande pardon à ceux que je laisse tomber », conclut Oleg Sentsov, terminant son message par « Gloire à l’Ukraine ! »
« Le prisonnier Oleg Sentsov a accepté de consommer de la nourriture », a annoncé de son côté le service pénitentiaire russe, disant que « les meilleurs nutritionnistes de Moscou ont élaboré un programme pour l’aider à ingérer progressivement des aliments solides ». L’avocat d’Oleg Sentsov, Dmitri Dinze, n’était pas joignable pour un commentaire.

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Auparavant, le vice-directeur du service pénitentiaire russe, Vitali Maximenko, avait annoncé à l’agence Interfax la fin de la grève de la faim d’Oleg Sentsov et avait remercié les médecins et avocats l’ayant convaincu qu’il « faut vivre, que la vie continue ». Interviewé par la télévision indépendante Dojd, Vitali Maximenko a ajouté qu’Oleg Sentsov était « jeune, il deviendra peut-être un réalisateur célèbre. Qu’il vive ! »
Condamné à vingt ans de prison
Oleg Sentsov est connu pour son film Gamer, qui raconte l’histoire d’un adolescent participant à des compétitions de jeux vidéo tout en faisant face à une vie quotidienne difficile dans un village d’Ukraine. Le film avait été montré dans plusieurs festivals et récompensé à Rotterdam en 2012.
En mai 2014, opposé à l’annexion de la Crimée par la Russie, Oleg Sentsov a été arrêté à son domicile. Accusé d’avoir coordonné les activités d’un groupe de militants affiliés au mouvement ultranationaliste ukrainien Pravy Sektor (« secteur droit »), il a été condamné en août 2015 à vingt ans de prison pour « terrorisme » et « trafic d’armes », à l’issue d’un procès qualifié de « stalinien » par l’ONG Amnesty International.

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                « Oleg Sentsov peut mourir à chaque minute qui passe »



La dernière photographie d’Oleg Sentsov, diffusée la semaine dernière par les services pénitentiaires russes, montrait un médecin en blouse blanche l’auscultant, torse nu, dans un cabinet médical. Le cinéaste, qui mesure 1,90 mètre, y apparaissait affaibli et amaigri.
Les pays du G7 et de nombreuses personnalités du monde culturel ont appelé à sa libération. Malgré les déclarations alarmistes de proches concernant la dégradation de l’état de santé d’Oleg Sentsov, le Kremlin a répété à plusieurs reprises qu’une grâce présidentielle ne pouvait être accordée qu’à la demande du prisonnier, ce qu’Oleg Sentsov refuse de faire.
La Russie et l’Ukraine sont à couteaux tirés depuis l’arrivée au pouvoir, en 2014, de pro-Occidentaux à Kiev, suivie de l’annexion de la Crimée par Moscou et d’un conflit armé dans l’Est séparatiste prorusse du pays, qui a fait plus de dix mille morts.

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                « Il faut agir vite pour ne pas laisser Oleg Sentsov mourir »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ A écouter cette semaine : un audacieux premier album de reprises, la révélation d’une soprano franco-danoise, un disque de rap stupéfiant…
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Sélection albums : Carolina Katun & Teol, Elsa Dreisig, Cypress Hill…

A écouter cette semaine : un audacieux premier album de reprises, la révélation d’une soprano franco-danoise, un disque de rap stupéfiant…



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 17h22
   





                        


Elsa Dreisig Miroir(s) Airs d’opéra de Gounod, Massenet, Puccini, Steibelt, Rossini, Mozart, R. Strauss. Orchestre national Montpellier Occitanie, Michael Schonwandt (direction)

   


A 27 ans, la soprano franco-danoise Elsa Dreisig livre un premier récital coup d’éclat en forme de manifeste. Son premier atout est incontestablement la beauté de sa voix. Technique aguerrie, palette expressive riche et inventive, son timbre fruité, pur et lumineux à la fois, sait se faire tour à tour lame et fourreau. L’album est conçu comme un jeu de miroirs autour des figures féminines de Rosine, Juliette, Manon, Salomé, délivrant de subtiles dramatugies, notamment autour de l’opéra français, où la lauréate du prestigieux prix Operalia 2016 se révèle particulièrement à son aise. Mais le morceau de choix est la scène finale de la Salomé de Richard Strauss, qu’elle chante dans sa version française, l’un des moments les plus violemment érotiques de tout le répertoire de l’opéra, qui voit la princesse de Judée « faire l’amour » avec la tête décapitée du prophète Jean-Baptiste. Tout simplement hallucinant. Elsa Dreisig voulait marquer les esprits, elle a conquis les cœurs. Marie-Aude Roux
1 CD Erato/Warner Classics.

        Lire aussi le portrait :
         

          Opéra : Elsa Dreisig, une soprano à voix nue



Stefano Gervasoni Pas perdu Frank Wörner (baryton-basse), Ukho Ensemble Kyiv, Luigi Gaggero (cymbalum et direction)

   


Depuis plus de trente ans, Stefano Gervasoni trace sa voie, singulière et renouvelée, en orfèvre des sons enchâssés dans une pensée humaniste. En témoignent les trois œuvres qu’interprète ici avec maestria un ensemble basé à Kiev. Lilolela laisse croire que cet Italien, né en 1962, s’inscrit dans la tradition des grands maniéristes d’antan. Les sept miniatures qu’il a composées en 1994 sous l’égide d’un vagabondage érudit émerveillent par leur plasticité tout en titillant l’esprit. A cette page spectaculaire pour vingt-trois instruments succède le solo Pas perdu (2014), qui donne son nom à l’album. Tour à tour sablier de pèlerin et carillon de rêveur, un cymbalum se mue en guide insolite du temps. Plus austère mais non moins pénétrant, le cycle Dodici sonetti di Camoes (2007-2017), pour voix et ensemble, confirme l’aptitude du Bergamasque à se projeter dans l’inouï sans jamais s’égarer. Pierre Gervasoni
1 CD Winter & Winter.
Ralph Thomas Eastern Standard Time

   


Saxophoniste (soprano, alto, ténor et baryton) et flûtiste, Ralph Thomas, né en 1950, à Chicago, a une longue carrière depuis le début des années 1970. D’abord proche du collectif de l’AACM, à Chicago, parti à Los Angeles en 1974, où il devient musicien de studio, voyageur permanent au sein de multiples formations, il n’a pourtant à son actif, à ce jour, qu’un album en leader, Eastern Standard Time. Lequel, enregistré en janvier 1981 et publié peu après par une petite compagnie phonographique, Zebra, vient d’être réédité par les Britanniques de BBE Records. Souffle puissant, expressif, dans un ancrage à la fois rhythm’n’blues et post-coltranien (surtout au soprano), Ralph Thomas emporte ses camarades d’enregistrement (rythmique acoustique et électrique, guitare, piano, percussion) en un tourbillon qui passe par les liens du jazz et du funk, des éléments free, des virées vers l’afro-cubain. Et que cela soit durant le court Venice, union de la flûte et du clavier, l’accrocheur Cafe Phillipp inaugural poussé par un énorme son de basse où une fantaisie quasi pop, Big Spliff, tout ici laisse entendre une exaltante spiritualité musicienne. Sylvain Siclier
1 CD BBE Records/Differ-Ant.
Cypress Hill Elephants on Acid

   


Les rappeurs de Cypress Hill voient des éléphants roses partout. Après avoir vendu plus de 20 millions d’albums en faisant la promotion de la marijuana sur des tempos rocks et latinos et en signant le fameux Insane in the Brain, les trois Californiens sont partis pour ce neuvième opus dans des contrées bien plus lointaines. Dès l’introduction, Tusko, ils invitent une cithare puis les derboukas sur Band of Gypsies. Là, un chanteur arabe vante les bienfaits du haschisch. Autre coin de la planète, autre drogue. La voix aigüe de B-Real et celle plus grave de Sen Dog font toujours des merveilles dans leurs pérégrinations psychédéliques. Une chanteuse soul, Brevi, les accompagne sur trois titres Oh Na Na, Crazy et Reefer Man. Leur association donne un effet presque trip-hop à des productions plutôt sombres. Dans Jesus Was a Stoner, ils font même passer le Christ pour un toxicomane et s’amusent sur le chant de Gonjasufi, un artiste délirant du label Warp. Les rappeurs vont aussi faire un tour du côté d’ Alice au pays des merveilles, Thru the Rabbit Hole où leur compositeur principal, Dj Muggs, s’essaie au jazz avant-gardiste. Les fans de Cypress Hill ne s’y retrouveront pas toujours mais loueront leur esprit aventurier. Stéphanie Binet
1 CD BMG.
Carolina Katun & Teol Al Silencio

   


Signer un premier album avec un répertoire très éclectique essentiellement basé sur des reprises est déjà un risque en soi. Commencer par Paloma Negra, la ranchera mexicaine, dont Chavela Vargas avait fait un sommet d’intensité, s’attaquer à Robert Wyatt (Sea Song, l’un des titres de son inoubliable Rock Bottom, paru en 1974), Henry Purcell (When I Am Laid, l’aria Dido’s Lament de l’opéra Dido And Aeneas, qu’elle traduit en espagnol) et au poète chanteur argentin Atahualpa Yupanqui (Al Silencio) atteste d’une audace pas banale chez la jeune chanteuse mexicano-suisse Carolina Katun. La voix a beau montrer à de rares moments quelques signes de fragilité, elle s’en sort haut la main, épaulée par un trio de musiciens pertinents, Teol (Nicolas Moreaux, contrebassiste lauréat d’un Grand Prix jazz de l’Académie Charles Cros, le guitariste Pierre Perchaud, nominé aux Victoires du jazz, en 2016, Arthur Alard, aux percussions et batterie). Le pianiste norvégien Bugge Wesseltoft, qui l’a signée sur son label Jazzland, vient se glisser discrètement dans ce vagabondage. Patrick Labesse
1 CD Jazzland/PIAS.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Le couturier présente aux Folies Bergère à Paris un « Fashion Freak Show » chic et joyeux.
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Spectacle : Jean Paul Gaultier s’offre le défilé de sa vie

Le couturier présente aux Folies Bergère à Paris un « Fashion Freak Show » chic et joyeux.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 16h45
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 16h46
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

Jean Paul Gaultier s’offre sa vie en show. Pourquoi pas  ? Plutôt qu’un biopic, qui tomberait sans un faux pli sur son parcours, il se paie les Folies Bergère, son rêve d’enfance, son écrin fantasmatique, sa madeleine de Proust. Il y incruste comme un diamant une production qui lui ressemble, le Fashion Freak Show, à rayures, paillettes, strass, plumes, longues jambes, longs bras, faux seins et chapeaux pointus, bas résille et gants de boxe. Il en profite aussi pour envoyer un message avec lequel on repart en chantant : tout le monde il est beau ! Et le freak, c’est chic ! Un refrain bon esprit parfait pour la rentrée.
Comme il n’y a pas de mal à se faire du bien et qu’on n’est jamais si bien servi que par soi-même, Gaultier est partout. Au four et au moulin, à l’atelier de costumes et à la vidéo, pas sur scène en direct malheureusement, il surveille tous les robinets de ce grand mélangeur qu’est le Fashion Freak Show. Il est aussi bras dessus bras dessous avec des équipiers au ­petit poil. S’il a écrit le scénario de cette revue, il en a cosigné le livret avec Raphaël Cioffi, la mise en scène avec Tonie Marshall et fait appel à la hip-hopeuse Marion Motin pour la chorégraphie et à Renaud Rubiano pour la vidéo. De quoi faire tourner rondement la machine de ce spectacle total et débordant qui ne sait parfois plus où donner du bibi.
La fête des potes
Entre la mode, les images, les tableaux plus dansés, Fashion Freak Show est aussi la fête des potes. Les amis de JPG sont des VIP – c’est le programme qui le clame –, ça tombe bien ! Catherine Deneuve, Catherine Ringer, Line Renaud, ­Catherine et Liliane, tous plus parfaits les uns que les autres dans leur rôle ou, comme Antoine de Caunes déguisé en reine d’Angleterre, se prêtent au jeu du sketch filmé dans la bonne humeur. Quant au directeur musical, Nile Rodgers, sa playlist déballe tous les tubes qu’on aime et qui donnent envie de danser comme Le Freak (de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le Grand Palais, à Paris, présente 150 œuvres – toiles, dessins, sculptures et céramiques – de l’artiste catalan.
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Exposition : Joan Miro, le rêve au bout du pinceau

Le Grand Palais, à Paris, présente 150 œuvres – toiles, dessins, sculptures et céramiques – de l’artiste catalan.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 16h27
    |

                            Emmanuelle Lequeux








                        



                                


                            

De son propre aveu, il ne rêvait jamais. « Je dors comme une taupe », s’amusait-il même dans son joli français de catalan. Voilà pour les nuits de Joan Miro (1893-1983). Quant à ses jours, c’était une tout autre ­affaire. Miro avait apprivoisé le songe pour en faire son compagnon indocile. La rétrospective qui vient d’ouvrir au Grand Palais, à Paris, le rappelle merveilleusement. Sept décennies de création, un mouvement perpétuel, vers toujours plus de liberté. Certes, l’accrochage ne dévoile pas de grandes avancées théoriques sur son œuvre, et le propos n’avait rien de risqué : « Nous voulions réunir les 150 chefs-d’œuvre de Miro », résume Jérôme Neutres, directeur de la stratégie de la RMN-Grand Palais. Encore fallait-il y parvenir.
Pas vraiment surprenant que l’on doive cette prouesse à Jean-Louis Prat, ancien directeur de la Fondation Maeght et grand ami de l’artiste. Venues du monde entier, parfois cachées dans des ­collections privées, nombre de ces peintures appartiennent ­désormais à l’inconscient collectif. Certaines, au contraire, sortent bien plus rarement de leur cachette, à l’instar de ce Nocturne de 1938, somptueux microcosme où cohabitent, funambules, les créatures de son cœur, étoile, lune, oiseau.

« Je sais que je suis des chemins extrêmement dangereux et je vous avoue que parfois, je suis pris d’une panique propre au voyageur qui se retrouve sur des chemins inexplorés », confiait Miro à un ami, en 1923. Plutôt que la panique, c’est l’enchantement qui l’emporte dans ce voyage truffé de péripéties formelles. Même les tout débuts ne sont pas si sages. Datées de 1916, les premières toiles du Barcelonais mêlent ardemment les fulgurances des couleurs fauves et la rigueur analytique du cubisme.
Changement soudain, alors que la première guerre mondiale s’achève en Europe : la terre rude et ocre de Montroig, en Tarragone, où il passe tous ses étés, lui inspire des compositions à nulles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Le Grand Palais à Paris consacre une rétrospective d’envergure à l’artiste catalan, jusqu’au 4 février 2019.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Ahmed Madani présente le spectacle documentaire « F(l)ammes », où des filles d’immigrées s’expriment haut et fort.
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Au Théâtre des Quartiers d’Ivry, dix femmes en colère

Ahmed Madani présente le spectacle documentaire « F(l)ammes », où des filles d’immigrées s’expriment haut et fort.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 15h35
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 15h40
    |

Joëlle Gayot







                        



                                


                            

Ecrit et mis en scène par ­Ahmed Madani, F(l)ammes sillonne la France depuis sa création, à l’automne 2016. Le temps qui passe ne l’use pas. Ce spectacle documentaire, qui transforme en enjeu politique des récits de vie intime, a le tranchant d’un coup de rasoir porté dans l’opacité des clichés. Avec lui surgissent sur le plateau des corps et des voix qui, d’ordinaire, n’y ont qu’à peine droit de cité. Anissa A., Anissa K., Chirine, Dana, Haby, Inès, Lauren, Ludivine, Maurine, Yasmina sont toutes nées de parents immigrés, qui vivent dans des quartiers de banlieues défavorisées. Elles ont grandi au Val-Fourré, à Montreuil ou à Garges-lès-Gonesse. Elles ne sont pas actrices professionnelles, mais leur puissance de feu n’est en rien tributaire d’un savoir-faire ou d’une technique. Elle tient à l’intensité de leur présence, et, de ce côté-là, tout va bien.
A la demande d’Ahmed Madani, qui a su faire théâtre de leurs témoignages, ces dix jeunes femmes se livrent en public
Ces dix jeunes femmes prennent le plateau à l’abordage. Chanter, danser, s’invectiver, rien ne les effraie. Dans l’écrin que leur a aménagé leur metteur en scène, elles trouvent naturellement leur place. Derrière elles palpite le feuillage d’une forêt filmée en plan large. Comme si elles émergeaient des frondaisons pour apparaître en pleine lumière.
A la demande d’Ahmed Madani, qui a su faire théâtre de leurs ­témoignages, elles se livrent en public. Se postent l’une après l’autre face au micro dressé et ­disent haut et fort d’où elles viennent, qui elles sont et les pas qui leur restent à franchir pour basculer de ce passé dont elles héritent vers cet avenir qu’elles tentent de se bâtir.
Un acte artistique citoyen
Le passé, c’est leur père et leur mère. Ils hantent leurs paroles. ­Algérie, Côte d’Ivoire, Guinée, Haïti ou Guadeloupe, les racines s’éparpillent. Ecartelées entre ­fidélité et rejet, les dix jeunes femmes expliquent le carcan des croyances, racontent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Trop rare depuis quelques années, l’artiste ­dévoile de délicieuses sculptures, les affiches des films qui l’ont récemment accaparée, dont « Le Rêve géométrique ».
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Sélection galerie : Virginie Barré chez Loevenbruck

Trop rare depuis quelques années, l’artiste ­dévoile de délicieuses sculptures, les affiches des films qui l’ont récemment accaparée, dont « Le Rêve géométrique ».



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 15h08
    |

                            Emmanuelle Lequeux








                        



   


Alors que la grisaille ­menace, il faut se précipiter vers l’exposition de Virginie Barré. Trop rare depuis quelques années, l’artiste ­dévoile de délicieuses sculptures, les affiches des films qui l’ont récemment accaparée, et surtout l’un d’eux, intitulé Le Rêve ­géométrique. Treize minutes d’un bonheur ­acidulé, c’est Tati au pays des merveilles ! Géométrie, car une ribambelle de bambins et une flopée d’adultes pas trop grandis y paradent sur une immense plage, vêtus de drôles d’accoutrements rayés, de chapeaux ronds (on est en Bretagne). Rêve, car ils sont portés par une grâce infinie, et seuls les songes permettent de batifoler ainsi. Rondes et alignements, dispersions et éclatement, les mouvements de cette foule pleine d’une énigme joyeuse sont filmés du ciel, tel un tableau abstrait qui soudain trouverait son incarnation, entre cinéma constructiviste et délire à la Jean-Paul Goude. Difficile, après cela, de ­retraverser le miroir en sens inverse.
« Les Formes claires », de Virginie Barré, à la galerie Loevenbruck, 6, rue Jacques-Callot, Paris 6e. Tél. : 01-53-10-85-68. Jusqu’au 13 octobre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ A la fin de la cérémonie, c’est au son d’« Emmenez-moi », joué au piano, que le cercueil du chanteur a quitté la cour des Invalides où plus de 200 personnes s’étaient réunies.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ L’acteur américain a été choisi par Lars von Trier pour incarner le tueur en série de « The House That Jack Built », en salle le 17 octobre. À 54 ans, l’ancien adolescent prodige à la carrière ternie par les absences n’en attendait pas tant.
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Matt Dillon, star à éclipses 
                  
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LE MONDE
 |
                  05.10.2018 à 14h15


L’acteur américain a été choisi par Lars von Trier pour incarner le tueur en série de « The House That Jack Built », en salle le 17 octobre. À 54 ans, l’ancien adolescent prodige à la carrière ternie par les absences n’en attendait pas tant.

Par             Samuel Blumenfeld





                     
En regardant son personnage fracasser le crâne d’Uma Thurman, Matt Dillon s’est pincé les lèvres. Il se souvenait parfaitement du tournage de la scène. Deux prises avaient suffi à Lars von Trier pour régler le sort de cette auto-stoppeuse beaucoup trop bavarde, que ce tueur en série atomisait par exaspération.
À l’époque, sur le plateau de The House That Jack Built (en salle le 17 octobre), l’acteur américain avait souri, le meurtre s’était déroulé dans la bonne humeur. Le réalisateur danois l’avait auparavant rassuré avec une promesse : « Il m’avait dit : “Je sais soulever les foules.” » Matt Dillon l’avait cru sur parole.

Au dernier Festival de Cannes, où le film était projeté pour la première fois, cela n’a pas été tout à fait ça. Il y a d’abord eu un mélange d’applaudissements et de huées, puis l’assistance s’est levée. « Je ne savais pas quoi penser, ni de ma performance ni du film. Une partie de moi-même avait honte. Une autre savourait son bonheur. J’apparaissais dans un bon film, cela ne m’était pas arrivé depuis si longtemps. Et cette satisfaction prédominait. L’œuvre était singulière et moi… singulier. »
Dès les premiers jours du tournage, d’ailleurs, Matt Dillon s’est senti bien. C’était en 2017. Avant de quitter les États-Unis pour la Suède, il avait rangé ses affaires dans une petite valise. C’est une habitude, un rituel chez lui : voyager léger, emmener le strict nécessaire. Cette absence de bagages lui permet de désacraliser son métier pour se transformer en voyageur de commerce.

Le mois de mars, en Suède, reste froid. Une température qui sied à merveille à l’Américain quand elle rebuterait n’importe qui d’autre. Il avait apporté l’équipement nécessaire, doudoune, combinaison, moufles, bonnet, bottes. La météo annoncée était la même que chez lui, à New York : un froid sec, de la neige parfois, une lumière grise.
« Ou plutôt une lumière rapidement déclinante...





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Matt Dillon, star à éclipses
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Avec sa compagnie, Shonen, le danseur imagine des spectacles où se mêlent danse, arts visuels et nouvelles technologies. « School of Moon », qui associe petits danseurs et robots, et « Sous influence », transe techno, sont invités à la Nuit blanche, à Paris.
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Le pas de côté du chorégraphe Eric Minh Cuong Castaing


                      Avec sa compagnie, Shonen, le danseur imagine des spectacles où se mêlent danse, arts visuels et nouvelles technologies. « School of Moon », qui associe petits danseurs et robots, et « Sous influence », transe techno, sont invités à la Nuit blanche, à Paris.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 14h03
    |

                            Roxana Azimi








                              

                        

Le miracle artistique s’opère souvent là où on ne l’attend pas. C’est le cas dans cette exposition de talents sponsorisés par la firme Audi, organisée jusqu’au 14 octobre à la Friche la Belle-de-Mai, à Marseille. C’est au chorégraphe Eric Minh Cuong Castaing, artiste associé au Ballet national de Marseille, qu’on doit cette épiphanie. Baptisée L’Age d’or, sa performance où s’enroulent les corps de danseurs professionnels et ceux d’enfants atteints de sévères troubles moteurs a tiré larmes et sourires aux spectateurs les plus blasés. Convié à la Nuit blanche le 6 octobre, le créateur promet aux insomniaques d’autres émotions fortes avec deux spectacles, School of Moon, associant enfants et robots dans une ode à la lenteur, et Sous influence, raout techno où danseurs professionnels et fêtards anonymes sont invités à communier dans une même transe.
« Mais l’affirmation d’une virilité, d’une tonicité, d’une brutalité aussi, ne me correspondait pas. J’ai mis du temps à comprendre qu’une autre forme d’expression, plus sensible, était possible. »
Voix douce et gestes précis, rien ne semble ébranler le calme de ce danseur et chorégraphe né en 1979 à Villepinte, en Seine-Saint-Denis. Rien, pas même l’évocation d’une enfance à la dure. Ses parents, d’origine vietnamienne, ne jurent que par l’intégration silencieuse et la discipline – piano et arts martiaux. Un corset dont le jeune Eric tente de se libérer en rejoignant des groupes de hip-hop à la cité des 3000, à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. Dans ces territoires qui sentent la baston, il faut être physique pour en imposer. Lui boxe plutôt dans la catégorie des poids légers. « Je cherchais des modèles qui n’étaient pas dans ma culture. Mais l’affirmation d’une virilité, d’une tonicité, d’une brutalité aussi, ne me correspondait pas, confie-t-il. J’ai mis du temps à comprendre qu’une autre forme d’expression, plus sensible, était possible. » Cette expression, il la trouve d’abord dans...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Partis de rien, les galeristes Emmanuel Perrotin et Kamel Mennour sont devenus les marchands d’art les plus respectés de Paris grâce à leur sens des affaires et leur nez pour dénicher les futurs talents.
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Perrotin-Mennour, les parrains de l’art contemporain 
                  
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LE MONDE
 |
                  05.10.2018 à 14h01


Partis de rien, les galeristes Emmanuel Perrotin et Kamel Mennour sont devenus les marchands d’art les plus respectés de Paris grâce à leur sens des affaires et leur nez pour dénicher les futurs talents.

Par                             Roxana Azimi





                     
Pendant des mois, Kamel Mennour lui a fait la cour. A l’heure du petit-déjeuner, il quittait Saint-Germain-des-Prés, au cœur de Paris, pour aller observer Tatiana Trouvé dans son atelier de Montreuil (Seine-Saint-Denis), l’interroger sur les énigmes qui infusent ses œuvres, appréciées par les collectionneurs les plus éclairés. A présent, ce galeriste de 53 ans jubile, comme un chasseur récompensé de sa patience : en ce mois d’octobre, il expose la plasticienne italienne à Paris* et à Londres, dans sa galerie ainsi qu’à la foire d’art contemporain Frieze.
Une prise de guerre
Si le chef d’entreprise prospère est si heureux de ce prochain accrochage, un de plus après tout, ce n’est pas seulement parce que Tatiana Trouvé est l’une des meilleures de sa génération – prix Paul-Ricard en 2001, prix Marcel-Duchamp en 2007, plusieurs fois pressentie pour représenter la France à la Biennale de Venise. C’est aussi une prise de guerre. Jusqu’en 2017, la plasticienne était représentée par un autre. Un de ceux qui comptent à Paris. Le seul qui rayonne à Hongkong, Séoul, Tokyo, New York et, depuis septembre, à Shanghai. Emmanuel Perrotin, qui aligne pourtant une brochette d’artistes bien cotés sur le marché, n’en revient pas. « Quarante fois, j’ai proposé à Tatiana de l’exposer à Paris, mais elle a toujours repoussé l’offre, ne supportant plus la scène française », confie le galeriste en dégustant son granola « made in Marais ».
Beau joueur, il l’a quand même invitée à ses 50 ans en mai dernier. « Je n’ai pas quitté un homme pour un autre. J’aime beaucoup Emmanuel, il est honnête et généreux. Je n’avais rien à lui reprocher », assure de son côté Tatiana Trouvé. Avant de lâcher : « Je ne me sentais pas à l’aise dans sa programmation. Emmanuel a du mal à assumer ce qu’il aime vraiment, le pop, le street art, le côté festif. Kamel veut faire des choses pointues. Ils ont deux visions différentes de l’art. »
« Ils représentent chacun...




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Robert Badinter sur l’affaire Dreyfus : « Le gouvernement français doit assumer seul la lourde responsabilité de cet assassinat judiciaire »

Document. Pour la Nuit du droit, jeudi soir, l’ancien garde des sceaux a consacré son discours à l’affaire Dreyfus et à la responsabilité des juges.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 12h51
   





                        



                                


                            
Pour la deuxième édition de la Nuit du droit, jeudi 4 octobre, le tribunal de Paris a consacré la soirée à l’affaire Dreyfus. L’ancien garde des sceaux Robert Badinter a saisi l’occasion pour revenir sur la responsabilité des juges dans un discours tenu à huis clos, en présence notamment de la ministre de la justice, Nicole Belloubet, du procureur de la République de Paris, François Molins, et du président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius. Retrouvez ce discours ci-dessous.
« Mon ambition ne saurait être d’apporter quelque lumière nouvelle sur l’affaire, cet épisode essentiel de la IIIe République. Le sujet a été abondamment traité par des historiens de qualité, parmi lesquels Jean-Denis Bredin. Mon propos sera seulement consacré à ce que signifie, dans l’histoire de notre justice, l’affaire Dreyfus. Car elle a constitué successivement un crime majeur contre la justice et une victoire éclatante de la justice.
Je dis crime contre la justice. Car c’est un innocent que l’on a envoyé à l’île du Diable, en Guyane, dans des conditions de détention abominables instaurées spécialement pour lui, dans l’attente de sa mort qu’on espérait prochaine.
Or cette peine perpétuelle, la plus lourde dans le code pénal de l’époque pour le crime d’espionnage en temps de paix, qui l’avait prononcée, sinon des juges ? Juges occasionnels sans doute. Etrangers par leur formation et leur condition à la chose judiciaire. Mais ces juges militaires n’en étaient pas moins, au sein du conseil de guerre de Paris, tenus de respecter les principes fondamentaux de la justice qu’ils avaient prêté serment de servir. Or, qu’ont fait ces officiers si prompts à invoquer leur honneur ?
Ils ont commis plus qu’une erreur, toujours possible dans la vie judiciaire. Ils ont condamné un accusé qui protestait de son innocence en acceptant de recevoir dans leur délibéré, après clôture des débats, un dossier “secret” envoyé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Pour financer la cinquantaine de projets artistiques qui sera présentée dans la nuit du 6 au 7 octobre, le commissaire de cette édition a réussi à lever 550 000 euros auprès d’entreprises pour compléter la dotation de la Ville de Paris.
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La Nuit blanche parisienne a fait la chasse aux mécènes

Pour financer la cinquantaine de projets artistiques qui sera présentée dans la nuit du 6 au 7 octobre, le commissaire de cette édition a réussi à lever 550 000 euros auprès d’entreprises pour compléter la dotation de la Ville de Paris.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 12h14
    |

                            Roxana Azimi








                        



   


Côté jardin, la Nuit blanche, organisée dans la nuit du 6 octobre à Paris, c’est d’abord une cinquantaine de projets artistiques répartis en quatre « constellations » dans la ville. Côté cour, c’est une superproduction où le nerf de la guerre est l’argent.

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                Art et gastronomie, Nuit blanche et festivals : nos idées de sorties culturelles



La machinerie et le tempo sont complexes : les organisateurs ont moins d’un an pour ficeler une opération dont l’ampleur est celle d’une biennale qui se déroulerait sur une seule nuit. La dotation de 1,2 million d’euros de la Ville de Paris ne suffit pas. « Pendant neuf mois, on cherche les mécènes, soit environ 400 entreprises prospects, raconte Gaël Charbau, commissaire de cette édition. Le problème, c’est qu’on tombe au moment où ils ont bouclé leur projet mécénat pour l’année suivante. »
Le groupe immobilier Emerige et LVMH ont d’emblée répondu présent. Pathé Gaumont a consenti à un partenariat avec la Géode. Si Gaël Charbau a réussi à lever 350 000 euros de mécénat, 200 000 euros étaient encore en suspens cet été. Une somme qui conditionnait la concrétisation de cinq projets. Le curateur a levé in extremis les fonds manquants auprès notamment du Boncoin, de Facebook et d’Audi.
Un calendrier très serré
Les projets sont d’autant plus conditionnés au mécénat que les coûts sont incompressibles. La mise en place du geyser d’eau et d’argile rouge imaginé par Fabien Léaustic à la Cité des sciences se chiffre à environ 80 000 euros. « Soit on le finançait, soit on devait l’arrêter », confie Gaël Charbau.
Même casse-tête pour les empreintes de monuments d’Ugo Schiavi. Jusqu’à présent, le jeune artiste prenait à la sauvette des empreintes des monuments les plus symboliques avant de les couler en béton. Mais dans le cadre de la Nuit blanche, fini les opérations commando à l’arrache. Il faut prévoir un transport, des échafaudages, une surveillance. La prise d’une seule empreinte de monument est désormais tarifée autour de 15 000 euros.
Dernière complexité : les organisateurs ont à peine 48 heures, parfois 24 heures, pour tout installer et sécuriser. Un calendrier de montage serré qui a fatalement un impact sur le budget.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Riche en archives, ce film retrace le long combat des suffragettes au Royaume-Uni au début du XXe siècle.
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« Deux sœurs, une histoire » : des femmes en lutte pour le droit de vote

Riche en archives, ce film retrace le long combat des suffragettes au Royaume-Uni au début du XXe siècle.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 12h04
    |

            Alain Constant








                        



   


Histoire, vendredi 5 octobre à 20 h 40, documentaire
Caricaturées, violentées, méprisées. Sans oublier de véritables séances de torture avec gavages forcés pour les militantes féministes emprisonnées et en grève de la faim. Au début du XXe siècle, il ne fait pas bon être une femme en Angleterre. Et encore moins une femme militant pour obtenir le droit de voter ce qui, depuis 1865, est régulièrement refusé par les gouvernements successifs. Un droit de vote qui ne sera finalement acquis qu’en 1928, à l’issue de longues années de lutte, de manifestations violemment réprimées et de combats divers.
Ce documentaire inédit, riche d’archives filmées, de photos explicites et de témoignages d’historiennes revient en détail sur l’action menée en faveur du droit de vote des femmes par trois personnalités sortant de l’ordinaire : les sœurs Pankhurst (Christabel et Sylvia) ainsi que leur mère, Emmeline. Fortes personnalités, très différentes les unes des autres mais ayant en commun la volonté de faire avancer la cause des femmes, les Pankhurst ont marqué leur époque en étant à l’origine du Woman’s Social and Political Union, vaste mouvement de militantes rapidement surnommées « suffragettes » et dont le slogan d’origine (« Des actes, pas des mots ») donne le ton.
Un pouvoir aveugle
L’histoire familiale mouvementée des Pankhurst rejoint la grande histoire. Les divergences politiques des deux sœurs (Christabel, installée en Californie en 1921, finira conservatrice alors que Sylvia, en ménage avec un anarchiste italien dans l’East End, se rapproche des ouvrières et croit à la lutte du prolétariat) sont analysées. Mais le plus intéressant réside dans le rappel de faits marquants, comme cette gigantesque manifestation organisée à Hyde Park, en juin 1908, ces actes de rébellion face à un pouvoir édouardien aveugle et sourd aux revendications, ces effroyables séances de gavages forcés en prison pour des centaines de militantes.
Sans oublier l’accident mortel filmé par une caméra lors du derby d’Epsom en 1913, lorsque la militante Emily Davison se jette sous les sabots d’un cheval. Son décès ne fera pas fléchir le gouvernement mais le combat des Suffragettes prend à partir de ce moment-là une nouvelle dimension. Il faudra attendre juillet 1928 pour que le droit de vote soit accordé aux femmes en Angleterre. Un mois après le décès d’Emmeline Pankhurst, militante de la première heure.
Deux sœurs, une histoire, de Cal Saville (R-U, 2018, 44 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ New York, Californie, Londres, pénal et civil… il vivra ses prochaines années un parcours judiciaire rythmé par les accusations de viols.
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Harvey Weinstein face à la justice : le point sur les affaires

New York, Californie, Londres, pénal et civil… il vivra ses prochaines années un parcours judiciaire rythmé par les accusations de viols.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 15h50
    |

            Yves Eudes








                        



Un an après les révélations sur son comportement de prédateur sexuel, Harvey Weinstein ne sait pas encore quel sort lui réserve la justice, mais une chose est sûre : il va vivre un parcours judiciaire complexe et varié, qui durera des années.
Le premier magistrat à s’attaquer à l’affaire Weinstein a été le procureur du district de Manhattan (à New York), Cyrus Vance — celui-là même qui avait mené la procédure contre Dominique Strauss-Kahn, il y a sept ans. En mai 2018, après plusieurs mois d’enquête, il inculpe Harvey Weinstein, devant un tribunal de New York, de viol au premier degré (avec usage de la force) et au troisième degré (sur personne incapable de donner son consentement), ainsi que « d’actes sexuels forcés » sur deux femmes, dont l’identité n’a pas été révélée.
Les faits remontent à 2004 et à 2013. L’accusé risque en théorie jusqu’à vingt-cinq ans de prison. Arrêté et interrogé, il plaide non coupable. En attendant son procès, il est libéré contre une caution d’un million de dollars. Il n’a pas le droit de voyager hors des Etats de New York et du Connecticut, et doit porter un bracelet électronique.

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          « Je me sens plus légitime à réagir à des regards appuyés » : des témoignages de l’an I de #metoo



De quoi payer son armée d’avocats
Depuis, il vit confortablement, avec une partie de sa famille, dans sa splendide maison de Westport (Connecticut), une station balnéaire chic à cinquante kilomètres de New York. En fait, il a dû vendre la maison à l’un de ses riches voisins pour 16 millions de dollars, mais le nouveau propriétaire lui permet d’y habiter encore quelque temps. Cette vente a eu lieu dans le cadre d’un arrangement financier avec son épouse, la styliste britannique Georgina Chapman, qui a quitté le domicile conjugal peu après les révélations d’octobre 2017.
Il a aussi vendu deux autres propriétés, à New York et à Long Island, ce qui lui a rapporté des dizaines de millions de dollars — de quoi payer son armée d’avocats. Sa maison de Los Angeles (Californie), où il ne peut plus aller à cause de son assignation à résidence, a été mise en location.
En juillet, l’ex-producteur est à nouveau inculpé à New York, cette fois d’« acte sexuel criminel » et d’« agression » d’une femme à qui il aurait imposé une « pratique sexuelle orale » en 2006. Compte tenu des autres charges, il risque désormais la perpétuité. A nouveau, il plaide non coupable. Le procureur demande qu’il soit contraint de déménager pour venir s’installer à New York, dans sa juridiction, mais son avocat Benjamin Brafman convainc le juge de laisser son client vivre à Westport, puisqu’il ne possède plus d’appartement à New York…

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                Affaires Weinstein : la liste des victimes s’allonge, plusieurs enquêtes sont ouvertes



Des plaintes aux Etats-Unis et en Europe

   


En août, la série continue. Un juge fédéral de New York déclare recevable une nouvelle plainte pour « trafic sexuel », déposée par l’actrice britannique Kadian Noble, qui accuse Harvey Weinstein de l’avoir agressée sexuellement dans la salle de bain d’une chambre d’hôtel en 2014, lors du Festival de Cannes. L’avocate de l’accusé dans cette procédure fédérale, Phyllis Kupferstein, s’est étonnée que la loi sur la répression du trafic sexuel soit invoquée dans ce genre d’affaire, car elle a été conçue pour lutter contre les réseaux de prostitution. Dans ce cas, le recours à cette loi permettrait notamment de contourner les problèmes de territorialité, car l’agression a eu lieu en France.
Deux autres enquêtes sont en cours à New York. L’une fait suite aux déclarations à la presse de l’actrice Paz de la Huerta, qui accuse l’ex-producteur de l’avoir violée deux fois, chez elle, à la fin de 2010. L’autre vise les liens entre Harvey Weinstein et la société de sécurité israélienne Black Cube, qu’il aurait engagée pour espionner et harceler des victimes qui menaçaient de le dénoncer.
Harvey Weinstein risque aussi d’être inculpé dans d’autres villes. En Californie, le procureur de Los Angeles enquête sur six plaintes déposées contre lui pour agressions sexuelles, dont trois à Beverly Hills. Par ailleurs, en Grande-Bretagne, la police de Londres a enregistré à ce jour seize plaintes à son encontre émanant de onze femmes, pour des faits remontant parfois aux années 1990. Elle mène des enquêtes qui pourraient déboucher sur des mises en examen devant des tribunaux anglais.
Chargée de « préparer » les rencontres sexuelles
En plus des procès au pénal, Harvey Weinstein est attaqué au civil, les plaignantes réclamant cette fois des dommages et intérêts. A New York, l’une de ses anciennes assistantes, Sandeep Rehal, a porté plainte pour harcèlement et discrimination. Selon ses dires, elle était chargée de « préparer » les rencontres sexuelles de son patron avec ses diverses partenaires, y compris les réservations de chambre ou l’achat de lingerie fine et d’ampoules contre le dysfonctionnement érectile.
Quand les rencontres avaient lieu au siège de la société, Mme Rehal devait ensuite faire le ménage. Par ailleurs, elle était constamment soumise à des remarques dénigrantes ou vulgaires proférées par Harvey Weinstein ou par son frère et associé, Bob Weinstein. L’Etat de New York a décidé d’élargir ce dossier en ouvrant une enquête visant les ex-cadres de la défunte société The Weinstein Company, pour violation des droits civiques de leurs employés.
Toujours au civil, à Los Angeles, l’actrice Ashley Judd réclame une compensation financière à Harvey Weinstein, qu’elle accuse d’avoir nui à sa carrière par vengeance parce qu’elle avait refusé un rapport sexuel. En septembre, la plainte a été jugée recevable.
Et quelques faits prescrits

   


Pendant ce temps, la première procédure pénale new-yorkaise suit son cours, sans hâte. Une audience préliminaire, qui aurait dû se tenir à la fin de septembre, a été repoussée au 8 novembre. L’avocat Benjamin Brafman tente d’empêcher le procureur de faire entendre comme témoins des femmes affirmant avoir été agressées par son client, mais qui ne peuvent pas porter plainte car les faits sont prescrits.
Aiguillonnée par l’opinion et par les médias, la machine judiciaire new-yorkaise est peut-être en train de s’emballer. A la demande de l’association Time’s Up, créée par un groupe d’actrices dans la foulée de l’affaire Weinstein, la procureure générale de l’Etat, Barbara Underwood, a ouvert une « enquête indépendante » visant le procureur Cyrus Vance : on le soupçonne d’avoir enterré des plaintes contre Harvey Weinstein au cours des années précédentes, avant que le scandale n’éclate.
Le gouverneur de l’Etat a demandé une suspension de cette procédure, pour ne pas gêner le procureur à ce stade délicat de l’affaire, mais elle pourrait reprendre prochainement.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Pour la philosophe Claire Marin, c’est l’amour qui crée la nuit car avant, « il n’y a que des plages de sommeil ». Elle est l’invitée de la Nuit de l’amour et des idées, le 6 octobre, au Théâtre des Bouffes du Nord.
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                Claire Marin : « L’amour habite l’espace de la nuit »


Pour la philosophe Claire Marin, c’est l’amour qui crée la nuit car avant, « il n’y a que des plages de sommeil ». Elle est l’invitée de la Nuit de l’amour et des idées, le 6 octobre, au Théâtre des Bouffes du Nord.

LE MONDE
                 |                 05.10.2018 à 10h09
                 |

Claire Marin (philosophe)
















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Par Claire Marin

   


La nuit n’existe pas avant l’amour. Il n’y a que des plages de sommeil et des éclipses de la conscience. Je découvre la nuit, sa densité, sa matière, sa temporalité incertaine dans l’état amoureux. Les nuits interminables où je doute, j’attends, j’espère. Les nuits trop courtes où tu me rejoins dans l’obscurité complice. Les nuits blanches où tu n’es plus là.

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                Le Monde Festival vous invite à la Nuit de l’amour et des idées



L’amour habite l’espace de la nuit, les amours perdus s’y promènent en fantômes nostalgiques, les amours neufs s’y épuisent jusqu’à l’aube matinale. Peut-être est-ce la matière labile de la nuit, qui, comme dans les expériences chimiques, précipite la passion, la cristallise. L’amour dévore mes nuits.
Elles appartiennent à ceux que j’aime, ceux qui s’y réfugient ou les saccagent sans retenue. ll ne me reste que des fragments de nuit, disséminés un peu au hasard sur le cercle du cadran, des traces de sommeil ici et là, entre les enlacements des corps ou les caresses rassurantes. Une mère, dit Bergson, ne dort jamais vraiment pour son enfant, dont un soupir suffit à la réveiller.

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Je donne mes nuits à l’amant ou à l’enfant que je regarde s’endormir, je veille sur ceux qui s’offrent ainsi, qui s’abandonnent à la vulnérabilité. La nuit les dénude, livre aux regards leur corps détendu, leur visage apaisé, leur beauté calme. On ne peut vraiment dormir qu’auprès de ceux que l’on aime. Il faut cette douce confiance pour se laisser glisser sans inquiétude dans l’abîme de la nuit.
Claire Marin est professeure de philosophie, membre associé de l’ENS-Ulm et de la Chaire de philosophie à l’Hôtel Dieu. Ses recherches portent sur les épreuves de la vie. Elle a notamment consacré plusieurs essais et récits à l’analyse de la maladie (dont « Hors de moi », Allia, 128 p., 2008). Nourri de son expérience pédagogique, son dernier ouvrage, « La Relève » (Ed. du Cerf, 240 p., 18 €), retrace des parcours de réussite de la jeunesse de banlieue. Elle est aussi l’auteure de « Qu’allons-nous devenir ? La technique et l’homme de demain » (Gallimard, 62 p., 10 €).
Claire Marin participe à la Nuit de l’Amour et des Idées, organisée dans le cadre du Monde Festival du samedi 6 octobre à 22 heures au dimanche 7 octobre à 6 heures, au théâtre des Bouffes du Nord.

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’ouvre le 5 octobre à Paris avec le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda et son dernier film, Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes. Deux autres films seront projetés en avant-première : Un amour impossible, de Catherine Corsini et, pour clôturer le festival, En liberté !, le nouvel opus de Pierre Salvadori.
Les 6 et 7 octobre, place aux débats : sur les nouvelles relations amoureuses (Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? Aux origines de #metoo ), les technologies (Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ? ) l’école (Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ?) l’environnement (Pour l’amour de ma Terre, S’aimer comme des bêtes ), l’économie, les médias (Comment informer sous la présidence d’Emmanuel Macron ?), la politique (Y a-t-il une vie après la politique ? )...
Des rencontres exceptionnelles avec Barbara Hannigan, Juliette Armanet, la tribu Guédiguian, Chimamanda Ngozi Adichie, Mario Vargas Llosa, Charline Vanhoenacker, Pierre de Villiers, Pierre Hermé, Roberto Saviano, Kamel Daoud et bien d’autres...
Et samedi soir, rendez-vous à La Nuit de l’amour  aux théâtre des Bouffes du Nord, avec André Comte-Sponville, Barbara Cassin, Carolin Emcke...
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                                                Par                        Claire Marin (philosophe)












