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Compte rendu

Comment l’Eswatini a mis sous contrôle la double épidémie sida-tuberculose

Tuberculose, jusqu’à quand ? (7) Depuis 2010, le nombre de nouveaux cas pour les deux infections a chuté de près de la moitié grâce à une mobilisation sans précédent.

Par                                            Adrien Barbier (Mbabane, Eswatini, envoyé spécial)




LE MONDE
              datetime="2018-10-05T18:30:33+02:00"

        Le 05.10.2018 à 18h30






    
Une employée de la clinique Baylor de Mbabane aide des enfants à cracher pour un dépistage de la tuberculose, à une dizaine de kilomètres de la capitale de l’Eswatini (ex-Swaziland).
Crédits : Shehzad Noorani


Pour collecter le crachat d’un enfant, Godwin Mtetwa ne manque pas de ressources. « On peut utiliser un bronchodilatateur pour lui déclencher une toux. Ou lui faire un prélèvement gastrique en insérant un tube par le nez. On a toutes les tailles de tubes ! » Cet infirmier costaud mène la visite du centre pédiatrique d’excellence pour la tuberculose de Mbabane. Salle d’attente aérée et colorée, radio des poumons et test GeneXpert pour le diagnostic : l’établissement, qui dispose d’équipements dernier cri, est une référence pour le traitement de la tuberculose chez l’enfant en Eswatini (ex-Swaziland), si ce n’est dans toute l’Afrique australe. Une vision qui tranche avec l’état général des hôpitaux du royaume, où il n’existe qu’une unité de soins intensifs.

        Présentation de notre série
         

          Tuberculose, jusqu’à quand ?



Installée sur les collines verdoyantes de la capitale, cette clinique est le fruit d’un partenariat public-privé entre l’université texane Baylor et le gouvernement swati. Parce qu’il est particulièrement difficile d’obtenir un crachat chez les enfants de moins de 5 ans, beaucoup passent sous les radars du dépistage d’une maladie qui, dans le monde, tue plus que le sida.

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« On est les premiers dans le pays à avoir su comment provoquer le crachat. Depuis qu’on maîtrise les techniques, on va dans les hôpitaux et les centres de santé de tout le territoire pour former le personnel soignant », explique Godwin. Enthousiaste, il mesure les progrès réalisés ces dernières années pour enrayer l’épidémie de tuberculose, dont l’Eswatini avait il y a peu le nombre de cas par habitant le plus élevé au monde.
« Une maladie familiale »
Petit pays coincé entre le Mozambique et l’Afrique du Sud, l’ex-Swaziland est connu pour son roi excentrique, Mswati III, dernier monarque absolu d’Afrique, et pour son taux de prévalence du sida, le plus élevé de la planète. Comme ailleurs en Afrique australe, l’épidémie de VIH a été le principal moteur de celle de tuberculose, première cause de mortalité chez les séropositifs.

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Contrairement aux pays voisins, où les foyers infectieux se trouvent dans des bidonvilles insalubres et surpeuplés, en Eswatini, la grande majorité de la population vit en zone rurale. « Ici, la tuberculose est avant tout une maladie familiale : une famille de cinq ou six personnes peut s’entasser dans une petite maison d’une seule pièce », précise le soignant.
En une dizaine d’années, le royaume est parvenu à inverser la tendance. La courbe du nombre annuel de nouveaux cas de tuberculose parle d’elle-même : après avoir atteint un pic en 2009-2010 avec 11 000 cas notifiés, elle tombe à 3 800 en 2016. Dans le même temps, l’épidémie de sida a également été contenue. Depuis 2010, le nombre de nouvelles infections a baissé de moitié, et la mortalité de 28 %. Le taux de patients atteints de la tuberculose et coinfectés par le VIH est, lui, passé de 80 % à 70 %.

    
Courbe du nombre annuel de nouveaux cas de tuberculose enregistrés au Eswatini.
Crédits : Source : programme national de contrôle de la tuberculose


Résultat, l’Eswatini est sorti de la liste, dressée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), des 22 pays les plus touchés par la maladie infectieuse. « Ce qui a fait la différence, c’est qu’on a d’abord compris l’ampleur du problème avant de prendre un engagement politique fort. Même le roi en a parlé », explique Debrah Vambe, du programme national de contrôle de la tuberculose, rattaché au ministère swati de la santé. En 2011, le gouvernement a déclaré l’état d’urgence. « On a été capable de faire un état des lieux précis, de noter sur une feuille tout ce qui n’allait pas et d’en faire une présentation. C’est comme ça qu’on a convaincu les bailleurs de fonds comme le Fonds mondial », détaille la docteure, qui porte un tee-shirt « Stop TB ».
Bernhard Kerschberger, de Médecins sans frontières (MSF), acquiesce. « Nous avons vraiment d’excellentes relations avec le ministère de la santé », explique le chef de mission, dans les bureaux de l’organisation à Mbabane. A l’étranger, le roi Mswati III est critiqué pour son train de vie dispendieux, alors que deux tiers de la population vivent sous le seuil de pauvreté. Son régime est montré du doigt : les partis politiques ne sont pas autorisés à participer aux élections, les opposants sont régulièrement persécutés, et la presse est mise au pas. Il n’empêche, le roi reste très apprécié par la population, fière de ses traditions et de ses spécificités.
Soignants à moto
« Les ONG aiment travailler ici car il est plus facile d’y obtenir des résultats. Dans un pays plus grand, on n’aurait pas les mêmes succès », décrypte le médecin. Le royaume, qui compte 1,2 million d’habitants, est grand comme la moitié de la Belgique. Preuve que la situation n’est plus aussi critique, MSF est en train de réduire ses effectifs en Eswatini.

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Sollicitée à l’origine en 2007, l’organisation s’est installée dans le sud pauvre du pays. Elle y a mis en place un programme de décentralisation et d’intégration des soins qui s’est montré particulièrement efficace. Les protocoles ont été adaptés pour que la prise d’antirétroviraux s’accompagne d’un traitement préventif de la tuberculose. Aujourd’hui, chaque centre de santé primaire offre une prise en charge combinée pour les deux infections.
L’approche communautaire est l’autre ingrédient qui a fait la différence, malgré un système de santé peu développé. Les soignants ont été équipés de motos pour pouvoir se rendre directement chez les patients. Et pour les malades atteints de tuberculose multirésistante, un accompagnement personnalisé a été instauré. « Lorsque le patient est diagnostiqué, on lui demande de trouver un partenaire pour l’accompagner tout au long du traitement. Ce dernier doit surveiller qu’il prenne bien son traitement, deux fois par jour, et il est dédommagé pour cela », explique Debrah Vambe.

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Cette dynamique positive pourrait en revanche être enrayée par les difficultés budgétaires que connaît le gouvernement depuis plusieurs mois. En août, les infirmières du système public de santé sont descendues dans la rue pour protester contre leurs conditions de travail et les ruptures de stock de médicaments. L’économie de l’Eswatini, complètement imbriquée dans celle de son voisin sud-africain, subit les soubresauts de la crise des matières premières et d’une sécheresse historique qui touchent ce dernier.

Sommaire de notre série Tuberculose, jusqu’à quand ?
Le Monde Afrique propose des reportages, portraits et entretiens sur le continent pour raconter le fléau qui tue plus que le sida.
Episode 6 L’Afrique du Sud à l’avant-garde de la lutte contre la tuberculose multirésistante
Episode 5 A Johannesburg, le township de Tembisa à la pointe de la recherche sur la tuberculose
Episode 4 « En Afrique, avoir la tuberculose est aujourd’hui plus stigmatisant qu’avoir le VIH »
Episode 3 Une armée de volontaires en Ethiopie pour vaincre la tuberculose
Episode 2 A la poursuite des cas manquants de tuberculose dans les villages sénégalais
Episode 1 Au Kenya, une révolution au goût de fraise dans la lutte contre la tuberculose infantile
Présentation de notre série Tuberculose, jusqu’à quand ?


Pour l’instant, ni Baylor ni MSF n’ont été affectés par une pénurie de médicaments. Mais dans le système public les antituberculeux viennent déjà à manquer, car les fournisseurs n’ont pas été payés depuis 2017. « Vaincre une épidémie, conclut Bernhard Kerschberger, c’est comme courir un marathon : il ne faudrait pas s’arrêter au milieu ! »
Cet article fait partie d’une série réalisée dans le cadre d’un partenariat avec Unitaid.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Un collectif de plus de 100 scientifiques prend position dans une tribune au « Monde » contre un projet minier en Guyane qui menace l’environnement. Et qui risque aussi d’ouvrir, telle une boîte de Pandore, la voie à d’autres convoitises.
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« Montagne d’or » en Guyane : « Un projet minier destructeur qui ne rapportera quasiment rien »

Un collectif de plus de 100 scientifiques prend position dans une tribune au « Monde » contre un projet minier en Guyane qui menace l’environnement. Et qui risque aussi d’ouvrir, telle une boîte de Pandore, la voie à d’autres convoitises.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 16h12
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 16h45
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. En plein cœur de la forêt guyanaise, loti entre deux réserves biologiques intégrales (RBI Lucifer et Dékou-Dékou), se prépare actuellement le plus grand projet minier que la France ait jamais connu, un projet porté par la Compagnie minière Montagne d’or (CMO, consortium russo-canadien : 55,01 % Nordgold et à 44,99 % Columbus Gold Corporation).
L’opérateur annonce la création d’une fosse de 2,5 kilomètres de long, 400 mètres de large et 200 à 400 mètres de profondeur. L’extraction de l’or nécessite par jour 10 tonnes de cyanure et 20 tonnes d’explosifs afin d’extraire environ 20 kilos d’or, tout en en rejetant 80 000 tonnes de déchets miniers par jour. En effet la concentration en or est faible : 1,6 à 1,8 g par tonne de roche.
Ce projet fait actuellement l’objet d’un débat public, à la demande de ses opposants, dont les dates, du 7 mars au 7 juillet 2018, ont été fixées par la commission nationale du débat public (CNDP). Les réunions publiques qui se sont tenues en Guyane depuis le 3 avril font déjà ressortir une forte opposition au sein de la population guyanaise à un projet destructeur de l’environnement et qui ne rapportera quasiment rien à la Guyane, sinon en termes de pollution et d’impact environnemental.
420 millions d’aides publiques
En effet, si la CMO espère gagner plus de 3,5 milliards d’euros sur douze ans, seulement 2 % iront à la Guyane sous forme de taxes. D’après le rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF), qui parle de « mirage économique », les taxes et impôts du projet s’élèveraient à 308 millions d’euros sur douze ans (241 millions d’euros à l’Etat français et 67 millions d’euros de taxes locales) mais il engloutirait au moins 420 millions d’aides publiques. Ceci pour 750 emplois directs promis, « soit un coût aberrant de 560 000 euros publics pour chaque emploi ».

L’impact environnemental est un véritable désastre : nuisances immédiates sur le site lui-même...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Les communes de Cast (Finistère) et de Bovel (Ille-et-Vilaine) avaient interdit ou soumis à conditions le déploiement des compteurs électriques communicants sur leur territoire.
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Les recours de communes contre les compteurs Linky rejetés en appel

Les communes de Cast (Finistère) et de Bovel (Ille-et-Vilaine) avaient interdit ou soumis à conditions le déploiement des compteurs électriques communicants sur leur territoire.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 15h54
   





                        



C’est une nouvelle défaite judiciaire pour les opposants aux compteurs Linky. La cour administrative d’appel de Nantes a rejeté vendredi 5 octobre les recours de deux communes qui avaient décidé d’interdire ou de soumettre à conditions le déploiement de ces compteurs électriques communicants sur leur territoire.
Le distributeur d’électricité Enedis et l’Etat avaient contesté ces décisions des communes de Cast (Finistère) et de Bovel (Ille-et-Vilaine) devant le tribunal administratif de Rennes, qui les avait annulées en mars et décembre 2017.
La cour administrative d’appel de Nantes a confirmé ces annulations, estimant que « la propriété des ouvrages des réseaux publics de distribution d’électricité, dont font partie les compteurs, est attachée à la qualité d’autorité organisatrice du réseau public de distribution d’électricité ».
Or ces communes ont perdu leur compétence dans ce domaine et ne peuvent donc pas prendre de mesures relatives au déploiement des compteurs Linky sur leur territoire, selon la cour.

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                Compteurs Linky : les propriétaires auront le droit de refuser l’accès à leur logement



Dans le cas de la commune de Bovel, l’autorité organisatrice du réseau public de distribution d’électricité est le syndical mixte départemental d’énergie d’Ille-et-Vilaine. Et lorsqu’en mars 2017, le conseil municipal de Bovel avait refusé le déploiement des compteurs Linky, la commune ne pouvait alors « se prévaloir d’aucun droit de propriété sur les éléments du réseau public de distribution d’électricité », souligne la cour administrative d’appel dans son arrêt.
Le maire de Bovel, José Mercier, étudie désormais la possibilité d’un recours devant le Conseil d’Etat. « Si l’avocat estime qu’il y a matière, je le ferai », a-t-il déclaré, en annonçant par ailleurs qu’il prendrait un nouvel arrêté dès lundi pour bloquer la pose des compteurs.
Les décisions des communes souvent annulées par la justice
A Cast, c’est fin juin 2016 que le maire avait décidé de refuser le déploiement des compteurs Linky. La commune soutient notamment que « les risques incendies et potentiels sur la santé publique des nouveaux compteurs sont avérés » et qu’ils sont susceptibles « de porter atteinte à la vie privée des utilisateurs par la collecte non consentie de données personnelles ».
Mais Enedis est « investie d’une mission de service public impliquant notamment le déploiement » des compteurs, répond la cour. Par ailleurs, l’autorité organisatrice du réseau public de distribution d’électricité est le syndical départemental d’énergie et d’équipement du Finistère, qui est à ce titre propriétaire des compteurs électriques.
Enfin, le maire de Cast affirme avoir constaté des erreurs de branchements et des incursions sur des propriétés privées, mais « ces circonstances, à les supposer établies, ne suffisent pas à elles seules pour caractériser un trouble à l’ordre public ou un risque pour la sécurité ou la salubrité publique », et donc les pouvoirs de police du maire ne peuvent être invoqués face au déploiement des compteurs, estime la cour dans son second arrêt.

        Lire le récit :
         

          Pourquoi le compteur Linky électrise les passions



Le compteur Linky permet au distributeur d’électricité de limiter la puissance ou de couper l’électricité à distance. Selon ses détracteurs, il suscite des inquiétudes sur l’exposition aux champs électromagnétiques et le respect de la vie privée.
Des centaines de communes, de toute taille (685, selon un comptage des opposants au compteur Linky), ont voté des délibérations ou ont pris des arrêtés contre ces installations. Mais ces textes finissent le plus souvent par être suspendus ou annulés par la justice.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a jugé que le risque d’exposition aux champs électromagnétiques était faible. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) veille quant à elle à ce que les données de consommation détaillées ne soient pas collectées sans l’accord de l’usager.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Le capitaine du navire de croisière « Azura » et son armateur comparaissent le 8 octobre à Marseille pour avoir utilisé un carburant trop riche en soufre.
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Pollution : un géant des mers pour la première fois devant la justice

Le capitaine du navire de croisière « Azura » et son armateur comparaissent le 8 octobre à Marseille pour avoir utilisé un carburant trop riche en soufre.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 14h33
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 15h05
    |

            Stéphane Mandard








                        



                                


                            

Un procès inédit doit se tenir lundi 8 octobre devant la sixième chambre du tribunal correctionnel de Marseille. Pour la première fois, un capitaine de navire et un armateur sont poursuivis pour avoir enfreint les normes antipollution. Evans Hoyt, le capitaine américain de l’Azura, et le groupe Carnival, leader mondial de la croisière, doivent comparaître pour « utilisation, par un navire en mer territoriale, de combustible dont la teneur en soufre est supérieure aux normes autorisées en matière de pollution de l’air ». L’officier risque jusqu’à un an de prison et 200 000 euros d’amendes.
L’audience sera d’autant plus scrutée que la cité phocéenne, qui doit accueillir cette année 530 escales, vise la place de premier port de croisière du bassin méditerranéen avec 2 millions de passagers à l’horizon 2020. Avec ses 290 mètres de long, 1 557 cabines et 14 ponts, l’Azura fait partie de ces géants des mers qui libèrent quotidiennement leur flot de touristes dans la cité phocéenne mais aussi leurs immenses panaches de fumée.
Le 28 mars, le paquebot battant pavillon des Bermudes fait escale vers 8 heures dans le port de Marseille. Trois heures plus tard, il est contrôlé par le centre de sécurité des navires. Les inspecteurs constatent que le bateau a utilisé un carburant avec une teneur en soufre de 1,68 %, supérieure à la limite autorisée (1,5 %).
Décès prématurés
« Si ce dépassement peut paraître faible, il ne l’est pas eu égard aux conséquences environnementales et sanitaires qui en découlent et ne peut rester impuni », estime l’association France nature environnement (FNE), partie civile dans ce dossier. Des « conséquences » qui ont contraint l’Organisation maritime internationale à abaisser le taux de soufre à 0,5 % à partir de 2020.
Selon les travaux de l’université de Rostock et du centre allemand de recherches sur l’environnement Helmholz Zentrum Munich, les émissions du transport maritime seraient responsables...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Une première ourse avait été relâchée jeudi matin, en dépit de l’opposition de certains éleveurs et élus locaux.
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Pyrénées-Atlantiques : une deuxième ourse relâchée

Une première ourse avait été relâchée jeudi matin, en dépit de l’opposition de certains éleveurs et élus locaux.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 13h47
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 16h56
   





                        


Une deuxième ourse a rejoint, vendredi 5 octobre, la première, lâchée la veille dans les Pyrénées-Atlantiques, a annoncé François de Rugy. « Je suis en mesure de confirmer aujourd’hui que deux ours femelles ont été réintroduites dans le Béarn », a déclaré le ministre de la transition écologique dans une vidéo publiée sur son compte Twitter. « Ce n’est pas banal de réintroduire une espèce qui est menacée aujourd’hui d’extinction dans les vallées du Béarn, où il n’y avait plus que deux ours mâles », souligne le ministre
Une première ourse, capturée en Slovénie, avait été relâchée jeudi matin, en dépit de l’opposition de certains éleveurs qui craignent pour leur cheptel et d’élus locaux, dont certains avaient installé des barrages routiers dans la nuit de mercredi à jeudi pour tenter de repérer et d’arrêter les véhicules susceptibles de transporter l’animal.
Cette femelle, appelée Claverina (l’« héritière » en béarnais), est âgée de 7 ans et pèse 140 kilos. Elle était « la première ours femelle à fouler le sol béarnais depuis une décennie », selon un communiqué. La deuxième ourse, « Sorita, “petite sœur”, l’a rejointe ce matin (…) D’un an son aînée, elle pèse 150 kilos », selon le communiqué du ministère.
« A la suite d’examens vétérinaires poussés et de tests de grossesse positifs, il est très probable que les deux ourses donneront naissance à des petits dès l’an prochain », a annoncé vendredi dans un communiqué l’Agence forestière slovène, qui a supervisé la capture des deux plantigrades dans le petit pays balkanique.
« Le dialogue aura toujours toute sa place »

   


Faute d’avoir pu empêcher la réintroduction des ourses, promise par le précédent ministre de la transition écologique Nicolas Hulot, des opposants ont menacé de prendre les fusils pour les « enlever ». « Je sais les mécontentements de certains, notamment les éleveurs, la colère même parfois », répond François de Rugy, qui assure que « le dialogue aura toujours toute sa place » et qui a prévu de se rendre sur place après un premier déplacement en septembre.
Pour le Fonds d’intervention écopastoral (FIEP), ce lâcher est « historique et va permettre de relancer une dynamique de vie », se félicite dans un communiqué cette association de défense de l’environnement.
La réintroduction des deux ourses s’inscrit dans le cadre d’un plan « Ours » lancé par Nicolas Hulot. Dans une décision rendue le 6 mars, le tribunal administratif de Toulouse avait condamné l’Etat pour n’avoir pas suffisamment protégé l’ursidé dans les Pyrénées. L’arrêté a été signé le 29 août par l’ex-ministre de l’écologie, au lendemain de l’annonce de sa démission, et confirmé par son successeur le 20 septembre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Partout en France, des citoyens veulent faire analyser leurs urines et saisir la justice contre cet herbicide répandu, classé cancérogène.
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La mobilisation des « pisseurs involontaires de glyphosate » prend de l’ampleur

Partout en France, des citoyens veulent faire analyser leurs urines et saisir la justice contre cet herbicide répandu, classé cancérogène.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 11h05
    |

            Martine Valo








                        



                                


                            

Deux fois ? Dix ? Vingt ? Combien de fois le taux de glyphosate présent dans le corps de chaque Français excède-t-il la norme officiellement autorisée ? Comme les autres pesticides, la substance herbicide la plus répandue au monde n’est pas censée dépasser 0,1 µg par litre d’eau potable en France. Au nom de cette simple question, l’association Campagne glyphosate, basée en Ariège, a lancé le signal d’une mobilisation qui a rapidement pris de l’ampleur, traduisant un sérieux mouvement de ras-le-bol du grand public vis-à-vis des produits phytosanitaires.
Le mardi 2 octobre, à Lorp-Sentaraille (Ariège), ce ne sont pas spécifiquement des militants écologistes qui se sont présentés pour un prélèvement d’urines – selon un protocole contrôlé par deux huissiers –, mais plutôt de simples citoyens sensibilisés à l’état de leur environnement. Cinquante-trois personnes ont ainsi participé à la recherche de la fameuse substance classée cancérogène probable par le Centre international de recherche sur le cancer. La démarche n’est pas gratuite : chacun doit payer 85 euros pour les analyses effectuées dans un laboratoire allemand. Il est en outre proposé aux participants, moyennant 135 euros, de se joindre aux plaintes individuelles qui se multiplient pour « mise en danger de la vie d’autrui », « tromperie aggravée » et « atteintes à l’environnement ».

« Presque tous optent pour cette procédure, » constate Dominique Masset, qui copréside Campagne glyphosate. Une première cohorte qui s’était prêtée aux tests en août ayant déjà montré la même détermination, l’association a l’intention de déposer un premier lot d’une cinquantaine de plaintes le 15 octobre au tribunal de grande instance (TGI) de Foix. 

En ligne de mire des plaignants figurent « les personnes directement responsables de cette contamination, même si elles ne sont pas nommées : les présidents et membres des conseils d’administration de tous les fabricants de pesticides...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Des intérêts agrochimiques ont pu obtenir le texte de la députée écologiste avant ses collègues.
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Le curieux cheminement de l’amendement Batho sur le glyphosate

Des intérêts agrochimiques ont pu obtenir le texte de la députée écologiste avant ses collègues.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 10h19
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Mardi 22 mai, en séance plénière, Delphine Batho (Génération écologie) focalisait pour quelques jours toute l’attention médiatique autour de la loi sur l’agriculture et l’alimentation, définitivement adoptée le 2 octobre : la députée des Deux-Sèvres révélait que son amendement prévoyant l’interdiction du glyphosate en 2021, déposé deux mois auparavant, avait été porté à la connaissance des industriels avant la fin de son traitement par le système informatique interne de l’Assemblée nationale.
L’élue avait eu copie d’une note de l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP), le lobby de l’industrie des pesticides, citant son amendement en y reproduisant une erreur corrigée très peu de temps après son dépôt. Au total, vu les délais de traitement des amendements par l’informatique parlementaire, l’amendement a été obtenu par les industriels « plus de 90 heures avant d’être porté à la connaissance de l’ensemble des députés », avait déclaré Mme Batho. « De quoi avoir un temps d’avance pour préparer leurs argumentaires, leurs éléments de langage, avant même que l’amendement ne soit débattu », explique la députée au Monde. De son côté, l’UIPP nie avoir obtenu l’amendement de manière prématurée.

L’enquête diligentée par l’Assemblée n’a pu découvrir l’origine de la fuite. Mais, selon nos informations, le fichier contenant l’amendement a été créé par Arnaud Dechoux, consultant pour la firme de relations publiques Burson-Marsteller. Contacté par Le Monde, l’intéressé dément formellement. « Nous n’avons rien à voir avec cette fuite et la présence de mon nom dans ce fichier ne peut s’expliquer que par un copier-coller, explique l’intéressé au Monde. Nous n’effectuons pas de mission de lobbying pour des sociétés agrochimiques et n’avons pas de contacts avec des parlementaires à ce titre. Nous nous occupons seulement de la communication de la société Dow », l’un des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Soupçons de piratage informatique, intimidations... Des eurodéputés chargés d’enquêter sur les procédures d’homologation font face aux assauts de lobbys.
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La commission d’enquête sur les pesticides sous pression

Soupçons de piratage informatique, intimidations... Des eurodéputés chargés d’enquêter sur les procédures d’homologation font face aux assauts de lobbys.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 18h40
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Intimidations, soupçons de piratage informatique, invitation à rencontrer secrètement de hauts responsables de l’industrie agrochimique… Depuis qu’il a pris la présidence de la commission d’enquête du Parlement européen sur les procédures d’homologation des pesticides (dite commission « PEST »), créée après les révélations des « Monsanto Papers », l’erodéputé Eric Andrieu (PS) et son équipe confient n’avoir jamais connu une telle séquence d’événements troublants ou inhabituels. Le projet de rapport de la commission, présenté le 20 septembre, sera discuté jusqu’au 11 octobre et mis au vote le 6 décembre. Il est d’une importance critique pour l’industrie des pesticides, dont les produits pourraient voir leurs conditions d’accès au marché européen durcies.
En juin, quelques semaines après l’installation de la commission et l’élection de M. Andrieu à sa présidence, l’eurodéputé français reçoit une lettre d’EPPA, un cabinet de consultants bruxellois. Celui-ci agit pour le compte du géant de la chimie Bayer, qui vient alors d’acquérir l’agrochimiste américain Monsanto. EPPA propose une rencontre « informelle, c’est-à-dire confidentielle » avec les hauts responsables de Bayer. « C’est la première fois que je recevais une demande de rendez-vous secret, hors agenda, et je n’y ai pas répondu », explique le parlementaire, connu pour être très critique vis-à-vis de l’industrie des pesticides.
« Echanger en confidentialité »
Le 10 septembre, dix jours avant la remise du projet de rapport de la commission PEST, une relance par courriel lui est adressée. Dans leur lettre, deux associés d’EPPA, Pascal Michaux et Daniel Guéguen, précisent que leur société est une habituée des relations étroites avec le monde politique bruxellois : elle est « le conseil de présidences de l’Union européenne » et « gère des groupes de travail regroupant divers Etats membres, Commission européenne et industrie ». « J’assume complètement ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Pour réduire le coût énergétique de son logement, il est possible de changer de prestataire, mais il faut prendre certaines précautions.
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Gaz, électricité : est-ce intéressant de changer de fournisseur ?

Pour réduire le coût énergétique de son logement, il est possible de changer de prestataire, mais il faut prendre certaines précautions.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 12h19
    |

                            Pauline Janicot








                        



   


En ce mois d’octobre, les tarifs réglementés du gaz appliqués par Engie à 4,5 millions de ménages augmentent en moyenne de 3,25 %. Il s’agit du sixième mois consécutif de hausse. Les coûts d’approvisionnement et l’envolée du prix du pétrole expliquent en partie cette inflation. Les tarifs de l’électricité augmentent eux aussi mais à un rythme moins soutenu. « Toutefois, la situation pourrait se dégrader, les coûts d’entretien et de rénovation du parc nucléaire étant importants et les taxes ne cessant d’augmenter, notamment pour financer les énergies renouvelables », prévient Xavier Pinon, fondateur du comparateur Selectra.

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Pour éviter de voir sa facture flamber, la tentation est grande de changer de fournisseur. Depuis 2007, le marché de l’énergie s’est ouvert à la concurrence, permettant aux particuliers de choisir d’autres prestataires que EDF pour l’électricité ou Engie pour le gaz. Une trentaine d’acteurs sont présents sur ce marché en ébullition.
Après Cdiscount et Total (qui a racheté récemment Direct Energie), c’est au tour de Leclerc de lancer son offre d’électricité. Le spécialiste de la grande distribution promet de garantir, pendant un an, un rabais de 10 % par rapport au tarif d’EDF ou de 20 % sous forme de bons d’achat dans ses magasins. « Ces nouvelles offres sont toujours positives car elles élargissent la palette de choix du consommateur », estime M. Pinon.
Fin des tarifs réglementés pour le gaz
Si, pendant une décennie, la majorité des foyers est restée fidèle aux opérateurs historiques, les lignes commencent à bouger. Selon la Commission de régulation de l’énergie, près de 20 % des clients ont ainsi quitté EDF. En outre, la suppression des tarifs réglementés du gaz, qui devrait intervenir en 2023, pourrait également favoriser les transferts. « Les particuliers vont être naturellement amenés à aller voir ce que propose la concurrence », estime Jean Gaubert, médiateur national de l’énergie. Les tarifs réglementés en électricité seront, quant à eux, conservés.

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En pratique, changer de fournisseur d’énergie est simple et gratuit. Aucun engagement n’est imposé comme cela peut être le cas pour les téléphones mobiles. « Un consommateur peut changer de prestataire à tout moment si l’offre ne lui convient plus sans délai, ni pénalités. Et c’est le nouveau fournisseur qui s’occupe des démarches de résiliation », précise le médiateur. Quant à l’énergie fournie, elle reste la même et sa qualité ne change pas quel que soit le prestataire.
Différentes formules tarifaires
Pour choisir son fournisseur, il est indispensable de comparer les offres. Pour l’heure, il existe les tarifs réglementés, fixés par l’Etat, et les tarifs de marché déterminés librement par chaque fournisseur. Seuls les prestataires historiques, EDF et Engie, peuvent proposer à la fois des tarifs réglementés et de marché (par exemple, avec l’offre Happ’e chez Engie). Concernant les tarifs de marché, les formules sont variables : ils peuvent, par exemple, être indexés sur l’évolution des tarifs réglementés ou être fixes pendant une durée déterminée.
Avant de changer, il est donc indispensable de suivre l’évolution de ces derniers. « Si les tarifs réglementés du gaz ou de l’électricité augmentent, il peut être intéressant d’opter pour la concurrence en privilégiant les offres de marché à prix fixes », estime M. Gaubert. Comparer le prix de l’énergie ne suffit pas.

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Il faut aussi vérifier le coût de l’abonnement, la durée des promotions proposées ou les conditions du contrat (pénalités en cas de retard de paiement, mode de règlement autorisé…). A savoir : certains fournisseurs proposent un prix du kilowatt-heure intéressant, mais un abonnement plus cher que les opérateurs historiques. Le site Energie-info.fr permet de faire des simulations précises selon sa commune et sa consommation annuelle.
Au final, les économies réalisées restent limitées, même si elles ne sont pas négligeables. Selon le médiateur de l’énergie, elles ont progressé et atteignent entre 7 % et 10 % pour l’électricité et jusqu’à 12 % pour le gaz. Par exemple, un foyer de quatre personnes chauffé à l’électricité peut économiser jusqu’à 125 euros par an en optant pour un fournisseur alternatif.

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Les opérations d’achats groupés peuvent être plus intéressantes encore. Elles sont mises en place par des associations de consommateurs et permettent de rassembler un maximum de consommateurs pour négocier un rabais sur la facture. En 2017, l’opération « Energie moins chère ensemble » lancée par l’UFC-Que Choisir proposait de garantir pendant deux ans une baisse de 9 % par rapport aux tarifs réglementés à la fois sur le gaz et l’électricité ou une baisse de 17 % à 20 % pendant un an en optant pour de l’électricité « verte ».
Gare au démarchage abusif
Il faut, enfin, se méfier des offres proposées en démarchage, par téléphone ou au domicile. « Elles sont rarement les plus intéressantes », insiste M. Pinon. En 2017, le médiateur a enregistré 1 519 litiges relatifs à des pratiques de démarchage trompeuses ou déloyales (contre 1 140 en 2016), soit une hausse de plus de 30 % sur un an. La majorité concernait les fournisseurs Engie et Eni. « Changer de fournisseur d’énergie doit être une démarche volontaire, avertit Jean Gaubert. Si une entreprise vous contacte, il ne faut jamais s’engager dans la précipitation. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Une salle de commandement dédiée à la vidéo-verbalisation a été inaugurée jeudi. 900 caméras ont été installées dans les rues de la capitale.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Dans un article paru jeudi dans la revue « Science », une équipe de chercheurs européens s’inquiète d’un programme de défense américain qui utiliserait des insectes pour injecter des virus dans certaines cultures, afin de les modifier.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/10/2018
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Des insectes pour disséminer des virus, arme incontrôlable ?

Dans un article paru jeudi dans la revue « Science », une équipe de chercheurs européens s’inquiète d’un programme de défense américain qui utiliserait des insectes pour injecter des virus dans certaines cultures, afin de les modifier.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 20h02
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 08h51
    |

                            Clémentine Thiberge








                        



                                


                            

Les insectes pourraient-ils bientôt être utilisés comme arme biologique ? C’est la question que se pose une équipe de chercheurs dans un article paru dans la revue Science, jeudi 4 octobre. Composé de juristes (université de Fribourg) et de scientifiques (Max Planck Institute de Plön et université de Montpellier), ce groupe de recherche a étudié un projet américain nommé « Insect Allies ».
Ce programme, financé à hauteur de 27 millions de dollars (23 millions d’euros) par l’agence pour les projets de recherche avancée de défense (Darpa) du département de la défense des Etats-Unis, prévoit d’utiliser des insectes pour modifier génétiquement des plantes.
Il a attiré l’attention des chercheurs par l’utilisation de nouveaux agents : les Horizontal Environmental Genetic Alteration Agents (HEGAAs). Il s’agit de virus qui ont été génétiquement modifiés pour les rendre capables de transformer les chromosomes d’une espèce cible, animale ou végétale. Ces agents vont permettre d’altérer l’ADN de certaines plantes directement dans leur environnement. Ils pourraient donc rendre une plante résistante à un certain pathogène en cours de saison.
Modifications à l’insu des agriculteurs
« Cette technique est une nouveauté, explique Christophe Boëte, coauteur de l’article et chercheur à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier. Pour l’instant, les plantes OGM portent les modifications génétiques voulues avant d’être plantées. Les agriculteurs, les producteurs choisissent donc les plantes modifiées en amont des semis. » Avec les HEGAAs, la possibilité de modifier des plantes par des interventions extérieures, à l’insu des agriculteurs, est bien plus grande selon les chercheurs.
Dans le cas d’utilisation en agriculture le programme Insect Allies pourrait être utilisé par exemple dans un champ de maïs atteint d’une maladie. En ayant recours aux HEGAAs, il serait possible de modifier la plante pour qu’elle résiste...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Au Bangladesh, la montée du niveau des mers menace les habitants. La quasi-totalité des terres de ce pays se situe à moins de douze mètres au-dessus du niveau de la mer.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Outre la reconversion annoncée de Fessenheim, le démantèlement du parc nucléaire européen nécessite de plus en plus de compétences dans une filière qui suscite de moins en moins d’intérêt.
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Les métiers du nucléaire peinent à attirer les élèves ingénieurs

Outre la reconversion annoncée de Fessenheim, le démantèlement du parc nucléaire européen nécessite de plus en plus de compétences dans une filière qui suscite de moins en moins d’intérêt.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 11h25
    |

            Eric Nunès








                        



   


A l’âge où les ados punaisent des portraits de sportifs dans leur chambre, « moi, j’étais fasciné par l’énergie que contient l’atome et les opportunités extraordinaires du nucléaire », raconte Jean-Baptiste Potoine. Dix ans plus tard, le jeune ingénieur des arts et métiers n’a rien lâché de son rêve. A 24 ans, il suit une année de spécialisation en génie nucléaire à l’Institut national des sciences et techniques nucléaires (INSTN), grande école du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) à Orsay (Yvelines).
Une filière d’avenir, quel que soit l’épilogue du débat sur la transition écologique en France. Car si les nouvelles centrales se font rares dans l’Hexagone (la dernière connectée au réseau, Civaux, l’a été en 2002), le démantèlement de certaines autres ouvre un marché, dont on ne pourra pas faire l’économie. Il durera au moins jusqu’à la fin du siècle en France et un peu partout sur la planète. Un terrain d’expérimentation immense pour les aficionados de l’atome.

        A propos de la fermeture de la centrale de Fessenheim :
         

          ce que l’Etat compte faire pour l’après



« Le parc nucléaire européen vieillit, constatait la Commission européenne, en mai 2017, dans une communication sur le programme indicatif nucléaire (PINC). On compte actuellement 129 réacteurs nucléaires en fonctionnement dans quatorze Etats membres. L’âge moyen de ces réacteurs est de trente ans. » En l’absence de programme de prolongation de la durée de leur exploitation, « environ 90 % des réacteurs existants seraient fermés d’ici à 2030 », poursuit la Commission.

        Notre analyse :
         

          Le grand flou du gouvernement sur la baisse du nucléaire



Même si de nombreux pays européens, dont la France, continuent de s’appuyer sur l’énergie nucléaire pour produire une partie de leur électricité, le démantèlement et l’assainissement des sites sont dès maintenant un enjeu majeur. « Et les entreprises européennes ont la possibilité d’occuper la première place mondiale dans ce secteur », affirme-t-on à Bruxelles.
Besoin de 4 000 experts nucléaires par an
Problème : le vieillissement des installations nucléaires et le besoin accru dans le domaine du démantèlement ne s’accompagnent pas d’une hausse des vocations pour la filière. Une étude réalisée en 2012 par l’Observatoire européen des métiers du nucléaire (EHRO-N) a montré un manque important dans ce secteur, qu’il s’agisse des ingénieurs, physiciens, radiochimistes et experts en radioprotection.
En effet, en Europe, les formations existantes en relation avec le domaine de l’énergie permettent de diplômer quelque 2 800 experts par an. Or, EHRO-N a identifié que le besoin européen en experts nucléaires pour le fonctionnement des réacteurs est de 4 000 par an, jusqu’à au moins 2020. « Soit un manque de 1 200 experts par an, sinon plus – car une partie des 2 800 jeunes formés finissent par changer de domaine et s’orienter vers les énergies renouvelables », analyse Abdesselam Abdelouas, enseignant-chercheur à l’IMT Atlantique. Cette école des mines ouvrira, à la rentrée 2019, un nouveau master dédié à la gestion des déchets radioactifs et au démantèlement des installations.
Secteur pérenne
Ce manque d’appétence pour la filière, Constance Coston, directrice de formation en génie nucléaire à l’INSTN, le relie à la catastrophe nucléaire de Fukushima, au Japon, en 2011. « Le nombre d’étudiants qui candidataient à nos formations est tombé d’environ 30 %, révèle-t-elle. Cet accident a enclenché une perception de danger à travailler dans les entreprises du secteur qui n’ont pas l’adhésion du public. »
La lenteur de la construction du réacteur EPR n’arrange pas les choses. « Commencé en 2007, le chantier devait durer cinq ans, mais la centrale ne devrait être opérationnelle qu’en 2020 cela ne renvoie pas l’image d’une industrie d’avenir », regrette l’enseignante. Quant à l’enjeu de la fin du nucléaire… « les jeunes veulent construire. Ils ne veulent pas démanteler », constate Abdesselam Abdelouas. « Personne n’a envie de s’occuper des poubelles, ironise Pierre Benech, administrateur général de Grenoble INP. Les pronucléaires remplissent plus nos cursus que les anti. »

        Nos explications :
         

          La France a déjà un stock de 1,5 million de mètres cubes de déchets radioactifs



Pourtant, la filière nucléaire, pour le seul domaine du démantèlement, a de beaux jours devant elle. Un rapport de la Cour des comptes de 2012 note que le démantèlement des seules installations d’EDF, soit 58 réacteurs, « est estimé à 18,4 milliards d’euros », une estimation qui se situe « dans la fourchette basse », précisent les auteurs. Ce type de chantier durant entre vingt et cinquante ans, plusieurs générations de techniciens et d’ingénieurs sont donc encore indispensables. « Le secteur à l’avantage de la pérennité, cela donne de la visibilité aux entreprises, et les entreprises adorent ça », souligne Philippe Corréa, directeur de l’INSTN.
Situations complexes et inédites
Quant aux compétences exigées, elles sont multiples et complexes, à l’image des travaux qu’il faut réaliser avec des contraintes de sûreté drastiques. Jean-Marie Détriché, spécialiste en maîtrise d’ouvrage, résume ainsi les missions : « Il faut écrire le scénario du démantèlement, l’enchaînement des opérations, maîtriser les processus, les règlements, définir le choix des procédés, la robotisation des interventions, estimer les coûts, s’adapter à la transition numérique… »
Des ingénieurs multitâches, donc, « aptes à être compétents dans tous les secteurs », estime Philippe Corréa. « C’est l’intérêt du boulot, confirme Julien Roustang, 30 ans, diplômé du master d’ingénierie spécialisé “assainissement et démantèlement des installations nucléaires” de l’université de Grenoble-Alpes et employé de Millenium, société spécialisée en sûreté nucléaire. Nous passons sans cesse d’un métier à un autre, face à des situations complexes et inédites. »
Enfin, la maîtrise de l’outil nucléaire est stratégique en France. Maintenir le parc en l’état ou le démanteler nécessite « connaissance, expérience et expertise, et pour le bien commun, il faut savoir transmettre », avertit Philippe Corréa. « Il y a urgence », appuie Abdesselam Abdelouas.

« Le Monde » organise son Salon des grandes écoles les 10 et 11 novembre
La 13e édition du Salon des grandes écoles (SaGE) aura lieu samedi 10 et dimanche 11 novembre à Paris, aux Docks, cité de la mode et du design (13e arrondissement), de 10 heures à 18 heures.
Plus de cent cinquante écoles de commerce, d’ingénieurs, IAE, IEP, écoles spécialisées et prépas y seront représentées, permettant d’échanger sur les différents programmes et leur accessibilité (post-bac, post-prépa ou après un bac + 2, + 3 ou + 4). Lycéens, étudiants et parents pourront également assister à des conférences thématiques animées par des journalistes du Monde Campus. Une équipe de vingt coachs pourra également conseiller lycéens, étudiants et parents pour définir leur projet d’orientation, préparer les concours ou rédiger leur CV.
L’entrée en sera gratuite, la préinscription en ligne est conseillée pour accéder plus rapidement au Salon.
Liste des exposants et informations pratiques sont à retrouver sur le site Internet du SaGE.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ L’Etat va débloquer 10 millions d’euros dès le 1er janvier 2019 pour aider à la reconversion économique de la zone autour de la centrale nucléaire de Fessenheim, qui va fermer.
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A Fessenheim, « toute la vie du village tourne autour de la centrale »

L’Etat va débloquer 10 millions d’euros dès le 1er janvier 2019 pour aider à la reconversion économique de la zone autour de la centrale nucléaire de Fessenheim, qui va fermer.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 16h15
    |

            Nicolas Lepeltier (Fessenheim (Haut-Rhin), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Valérie était pourtant sûre d’avoir fait le bon choix. Une adresse bien établie, une clientèle assurée. Quand elle a ouvert son hôtel-restaurant début 2012 à Fessenheim (Haut-Rhin), la commerçante était loin d’imaginer que la fermeture de la centrale nucléaire s’inviterait dans le débat présidentiel. Aujourd’hui, Valérie a fait ses comptes : « Depuis trois ans, je fais – 50 % de chiffre d’affaires sur l’hôtellerie. »

Promesse de campagne de François Hollande, à laquelle, personne ici n’a jamais voulu croire, la fermeture de la plus vieille centrale de France (1977) lors de la mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche), reportée à fin 2019, puis à d’ici 2022, est devenue réalité. Elle est même « irréversible », comme le répète depuis avril Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat à la transition écologique, qui devait détailler, jeudi 4 octobre à Fessenheim, son plan de reconversion du territoire. Dans le village haut-rhinois, le sujet est dans tous les esprits. Impossible de l’ignorer, tant la silhouette de la centrale et de ses deux réacteurs se voit de loin dans la plaine d’Alsace, couverte de champs de maïs irrigués.

« Une vraie catastrophe »
« Toute la vie du village tourne autour de la centrale depuis quarante ans, reconnaît le maire Claude Brender, la fermer est une vraie catastrophe. » Lui sait mieux que quiconque ce que représente l’atome pour la commune. Autrefois pauvre et rurale, Fessenheim a rapidement vu sa population doubler dans les années 1970 avec la construction de la centrale. Aujourd’hui, le site fait vivre directement plus d’un quart des quelque 2 400 habitants du village. Et rapporte 75 % – près de 3 millions d’euros par an – des recettes fiscales locales. Crèche, écoles, médiathèque, centre de secours flambant neuf, sans oublier un petit musée consacré à l’abolitionniste Victor Schœlcher… Fessenheim dispose d’équipements et services dignes d’une sous-préfecture.
Alors...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ L’opération de réintroduction a commencé alors que des opposants bloquaient des routes dans la région.
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Pyrénées-Atlantiques : une première ourse a été relâchée dans la nature

L’opération de réintroduction a commencé alors que des opposants bloquaient des routes dans la région.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 06h30
   





                        


Une ourse capturée en Slovénie a été relâchée jeudi 4 octobre dans les Pyrénées-Atlantiques, par hélicoptère, malgré les éleveurs anti-ours qui ont organisé des barrages toute la nuit dans la vallée d’Aspe. « Une première ourse femelle en parfaite santé a été relâchée ce matin aux alentours de 9 heures dans le Béarn », a annoncé le ministère de la transition écologique. Il a ajouté : « L’opération de réintroduction se poursuivra dans les prochains jours avec pour unique priorité de garantir la sécurité des deux ourses femelles. » Selon le ministre de la transition écologique, François de Rugy, l’opération coûte 350 000 euros, ce qui dément le chiffre de 1 million d’euros qui avait circulé dans la presse.
François de Rugy avait confirmé le 20 septembre, que deux ourses slovènes arriveraient en France « d’ici le début du mois d’octobre ». On ignore pour l’instant si la deuxième femelle a elle aussi été relâchée. Jeudi matin, sur Franceinfo, le ministre a dénoncé « les attitudes inacceptables » d’opposants à la réintroduction des ours dans les Pyrénées, dont certains ont mis en place des points de guet là où les plantigrades pourraient être relâchés. « Il y a des personnes qui se croient autorisées à faire des barrages sur les routes, à me menacer avec des fusils (…). Ce sont des attitudes inacceptables, je comprends la colère mais ça ne justifie pas tout. »

        Le point sur la situation :
         

          Deux ourses slovènes seront réintroduites « d’ici le début du mois d’octobre »



« On ne cède pas à des menaces »

   


La réintroduction des deux ourses s’inscrit dans le cadre d’un plan « ours » lancé par Nicolas Hulot. Dans une décision rendue le 6 mars, le tribunal administratif de Toulouse avait condamné l’Etat pour n’avoir pas suffisamment protégé l’ursidé dans les Pyrénées. L’arrêté a été signé le 29 août par Nicolas Hulot, au lendemain de l’annonce de sa démission, et confirmée par son successeur le 20 septembre.
« C’est une opération qui arrive au terme d’une procédure légale, notamment après une consultation publique, explique Alain Reynes, directeur de Pays de l’ours-ADET, une des deux associations à l’origine de la condamnation de l’Etat. Mais il y a des personnes qui s’y opposent, pas par des procédés légaux, mais physiquement, y compris violemment. Cette nuit, tous les véhicules et camionnettes ont été arrêtés et fouillés par des opposants pour vérifier qu’il n’y avait pas une ourse dedans – et je passe sur les menaces, les insultes, etc. » 
« Enlever les ourses par tous les moyens possibles »
Selon lui, le contexte a toujours été aussi violent lors des lâchers. « La différence, cette fois, c’est que l’enjeu est connu de tous : la survie de l’espèce dans les Pyrénées – et je ne parle même pas de restauration de l’espèce, comme l’Etat y est obligé par une directive européenne. L’ours a toujours été présent dans les Pyrénées occidentales, depuis des dizaines de milliers d’années, mais actuellement il n’y a plus que deux mâles. Sans réintroduction de femelles, c’est la disparition de l’espèce qui est en jeu. »
Les opposants, déterminés à « enlever les ourses par tous les moyens possibles », étaient depuis des semaines sur le pied de guerre. La rumeur enflant, le mouvement s’est accéléré mercredi. « On a vu l’hélicoptère au-dessus d’Etsaut. Il a fait du vol stationnaire et a posé une cage », a dit jeudi matin à l’AFP Olivier Maurin, chef de file des éleveurs béarnais anti-ourses. « On attend pour voir avec précision où il s’est posé et on va faire une battue d’effarouchement », assure-t-il. Le parquet de Pau a annoncé le 28 septembre l’ouverture d’une enquête préliminaire, faisant suite aux intentions affichées d’opposants à la réintroduction des ourses d’attenter à leur vie.
En 2017, pour l’ensemble des Pyrénées, l’effectif minimal détecté était de 43 ours, dont 41 dans les Pyrénées centrales et seulement deux dans les Pyrénées occidentales.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Le premier syndicat agricole demande une « commission parlementaire » pour « savoir qui ils sont, d’où ils viennent, qui les finance ».
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Pour la FNSEA, les actions des militants antispécistes sont « insupportables »

Le premier syndicat agricole demande une « commission parlementaire » pour « savoir qui ils sont, d’où ils viennent, qui les finance ».



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 10h08
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 12h16
   





                        


L’exaspération monte dans les rangs des éleveurs tandis que le Sommet de l’élevage s’est ouvert mercredi 3 octobre. Après de nouvelles boucheries prises pour cible dans la nuit de mardi à mercredi à Brest et à Quimper (Finistère), la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) dénonce une « montée en puissance inouïe » de ce type de violences et réclame la mise en place d’une enquête parlementaire sur les associations anti-viande.
« Il y a encore eu deux boucheries caillassées à Brest et à Quimper cette nuit, c’est insupportable », a déclaré la présidente du premier syndicat agricole français, Christiane Lambert, en ouverture du sommet à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme). « J’ai écrit au ministre de l’intérieur il y a un mois et demi après les invitations lancées pour l’opération Nuit debout devant les abattoirs [par des associations antispécistes], portant des images d’abattoirs en feu, nous étions avertis qu’il y avait un risque pour la sécurité publique », a dit la responsable à la presse, en évoquant l’incendie volontaire la semaine dernière qui a détruit un abattoir employant quatre-vingts personnes dans l’Ain. « Or rien n’a été fait », selon elle.
« Nous demandons une commission d’enquête parlementaire sur ces associations face à l’inertie de l’Etat, nous voulons savoir qui ils sont, d’où ils viennent, qui les finance, nous n’acceptons pas qu’aucune mesure ne soit prise, que nos éleveurs soient ainsi méprisés alors que notre métier est noble », a lancé Mme Lambert, elle-même éleveuse de porcs dans son exploitation familiale.

        Lire aussi :
         

                Incendie d’un abattoir dans l’Ain : les professionnels de la viande parlent d’« une offensive sectaire »



Activistes évacués du Sommet de l’élevage
Mercredi matin, une quinzaine de militants d’une association antispéciste ont été interpellés au Sommet de l’élevage après avoir tenté d’interrompre une conférence portant sur le potentiel d’exportation de bétail français vers la Turquie. Les militants, entrés sans être identifiés, ont d’abord posé des questions aux intervenants sur le « déni de démocratie » que représenterait selon eux l’élevage, avant de déployer une banderole portant l’inscription « France-Turquie, déni écologique, déni démocratique ». Ils ont été rapidement évacués par les services de sécurité du salon, puis contrôlés par la police qui les a dirigés vers la sortie.
L’association animaliste et écologiste Earth Resistance, dont ils se réclament, demande le « blocage » du Sommet, et a prévu plusieurs initiatives pendant les trois jours pour dénoncer « toute forme de domination » et alerter l’opinion publique sur « la question de l’abolition de l’exploitation animale ». « Nous sommes exaspérés », a réagi Fabrice Berthon, commissaire du salon :
« Ces jeunes sont bourrés de contradictions : si on arrêtait l’élevage sur la terre, on mettrait en péril deux milliards de personnes qui dépendent de l’élevage pour leur survie, notamment dans des zones inconvertibles où aucune autre activité n’est possible ».
Une dizaine d’activistes d’une autre association, « Boucherie abolition », ont également été évacués et raccompagnés vers la sortie par les forces de l’ordre en milieu d’après-midi. Ils avaient envahi le ring des bovins et scandé « élevage abolition ». A la suite d’une décision civile prise mardi par le tribunal de grande instance de Clermont-Ferrand, saisi en référé par les organisateurs du Sommet, les futurs auteurs d’actes de nature à entraver le bon déroulement de l’évènement encourent une sanction possible de 10 000 euros par infraction, a par ailleurs indiqué mercredi soir le parquet.




                            


                        

                        


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Compte rendu

La première centrale solaire en Côte d’Ivoire sera financée par l’Allemagne

Le pays d’Afrique de l’Ouest veut porter la part des énergies renouvelable dans son mix énergétique à 11 % d’ici à 2020.


LE MONDE
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        Le 04.10.2018 à 09h39

     •
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        Mis à jour le 04.10.2018 à 10h04






    
Près du barrage hydroélectrique de Soubré, dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire, en mars 2017.
Crédits : SIA KAMBOU / AFP


L’Allemagne va financer à hauteur d’environ 40 millions d’euros la première centrale solaire de Côte d’Ivoire, a annoncé son ambassade à Abidjan, mercredi 3 octobre. D’une puissance de 37,5 MWc (mégawatt-crête, la puissance électrique maximale), cette centrale de Boundiali, dans le nord, doit aider le pays ouest-africain à porter la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique à 11 % d’ici à 2020, son objectif affiché.
Cette somme sera composée d’un financement de 27 millions d’euros accordé par la banque allemande de développement, KfW, et d’une contribution de 9,7 millions d’euros de l’Union européenne, souligne l’ambassade d’Allemagne dans un communiqué.
L’accord de partenariat a été paraphé par l’ambassadeur d’Allemagne en Côte d’Ivoire, Michael Grau, la directrice générale du ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement (BMZ), Ingrid-Gabriela Hoven, et le ministre ivoirien de l’économie, Adama Koné.
A peine 1 MW d’énergie solaire en 2018
La signature de ce contrat de financement intervient quelques semaines avant la visite en Allemagne du président ivoirien, Alassane Ouattara, prévue le 30 octobre, à l’occasion du sommet du G20 pour les investissements. En 2017, Berlin a accordé à son pays un prêt de 100 millions d’euros pour des projets d’infrastructures et d’appui aux réformes afin « d’attirer les capitaux privés et [de] créer des emplois ».
La Côte d’Ivoire, leader dans le secteur de l’électricité en Afrique de l’Ouest, a consommé à peine 1 MW d’énergie solaire en 2018, selon l’Association ivoirienne des énergies renouvelables (AIENR). Sa fourniture d’électricité (environ 2 000 MW au total) est assurée à hauteur de 75 % par l’énergie thermique. Il compte également des barrages hydroélectriques.
La première puissance économique d’Afrique de l’Ouest francophone dispose actuellement d’un réseau de 5 000 km de lignes à haute tension et d’une puissance installée de 2 200 MW. Le gouvernement ambitionne d’atteindre 4 000 MW en 2020 et 6 600 MW en 2030, et de faire participer les énergies renouvelables au mix énergétique à hauteur de 16 % en 2030.
Plusieurs projets sont en préparation, comme la construction de plusieurs centrales à biomasse Biokala, développées par le groupe agro-industriel ivoirien Sifca et le français EDF. Ces unités de production doivent être alimentées par les résidus de palmiers à huile de Sifca.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Pour le maire EELV de cette ville proche de Dunkerque, les politiques de développement durable sont une manière de répondre au long terme aux difficultés sociales de sa population.
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Grande-Synthe, victime de la crise industrielle, veut devenir une ferme urbaine

Pour le maire EELV de cette ville proche de Dunkerque, les politiques de développement durable sont une manière de répondre au long terme aux difficultés sociales de sa population.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 07h00
    |

            Jessica Gourdon (Envoyée spéciale à Grande-Synthe (Nord)








                        



   


A genou sur son lopin de terre, Zakaryan Zazoui, 30 ans, termine de remplir un sac plastique avec de grosses tomates. « Là, j’en ai facile trois-quatre kilos, je vais pouvoir en donner aux voisins et aux collègues », commente cet ouvrier du bâtiment. Cela fait deux ans qu’il cultive, avec l’aide de ses deux enfants, tomates, carottes et pommes de terre dans l’un des six potagers urbains créés par la commune de Grande-Synthe (Nord). Régulièrement, Julien Mierzejewski, un animateur municipal, passe donner un coup de main aux habitants, les aide à trouver des alternatives naturelles aux pesticides, leur fournit des graines ou du matériel pour leur parcelle. Depuis deux ans, 170 familles cultivent ainsi leurs légumes bio entre les HLM.
A Grande-Synthe, l’agriculture urbaine n’est pas une occupation pour bobos. « D’ailleurs, c’est simple, des bobos, il n’y en a pas », lâche Julien Mierzejewski qui anime aussi, dans l’« éco-maison » de la ville, des « ateliers d’autonomie », dans lesquels il apprend aux habitants à cuisiner leurs légumes, fabriquer leur propre lessive ou des cosmétiques.
La révolution verte après la crise sociale et industrielle ? Tel est l’itinéraire de Grande-Synthe, ville de 23 000 habitants davantage connue pour les migrants qui y font escale en chemin vers l’Angleterre que pour sa politique de transition énergétique. Composée à 70 % de logement sociaux, cette ville née dans les années 1960 avec l’explosion du port de Dunkerque cumule aujourd’hui les difficultés. La pauvreté touche 31 % de ses habitants, son taux de chômage frôle les 30 %…. Son usine sidérurgique, qui employait jadis 10 000 personnes, en fait désormais travailler cinq fois moins.
Troc, potagers et cueillette en libre-service
Face à ces défis, Damien Carême, maire (EELV) depuis 2001, croit que les politiques de développement durable sont les réponses de long terme aux difficultés sociales des habitants. L’édile, assis dans un fauteuil occupé de 1971 à 1992 par son père René, résume sa politique en une formule : la « transition ». Attirer de nouveaux habitants, alors que Grande-Synthe en a perdu 6 000 en trente ans ? Construire de nouvelles zones commerciales ? Soutenir l’agrandissement du port de Dunkerque, et l’accroissement du trafic routier qui irait avec ? Bien que créatrices d’emplois, ces stratégies lui semblent appartenir au passé. « On ne veut plus être tributaire de multinationales qui peuvent fermer demain », résume Damien Carême, qui mène paradoxalement sa politique grâce à la richesse fiscale que lui assure encore l’usine d’Arcelor Mittal.

        Lire aussi :
         

                La transition écologique donne de l’oxygène aux villes en déclin



S’il ne promet pas des emplois à ses administrés, Damien Carême cherche à leur faire gagner du pouvoir d’achat par d’autres moyens. La ville vient ainsi de lancer établissement de troc, assorti d’une monnaie locale, pour permettre aux habitants d’échanger des biens ou services.
Mais son ambition principale reste de faire de  Grande-Synthe une « ville nourricière », « libérer des espaces pour remettre la nature en ville », et y « relocaliser la production agricole ». A l’ère postindustrielle, celle qu’on appellait « Usinorville » a fait son choix : renouer avec son passé d’avant-guerre de village rural. Outre les potagers municipaux, des arbres fruitiers ont été plantés dans divers endroits de la ville, avec cueillette en libre-service. Bientôt, des poulaillers partagés compléteront ce dispositif. Le maire vient surtout de racheter des terrains pour implanter une ferme bio de plusieurs hectares au cœur de la ville, qui fournira les cantines en légumes, et vendra le reste aux habitants. La ville dispose aussi de chevaux pour transporter des personnes, et s’est lancée dans l’éco-paturage : des animaux broutent l’herbe et remplacent les tondeuses.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Le plan de reconversion, présenté jeudi, doit donner des perspectives économiques aux salariés concernés et à la région tout entière.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/10/2018
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Fermeture de la centrale de Fessenheim : ce que l’Etat compte faire pour l’après

Le plan de reconversion, présenté jeudi, doit donner des perspectives économiques aux salariés concernés et à la région tout entière.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 10h37
    |

                            Nabil Wakim et 
Nicolas Lepeltier








                        



   


La plus vieille centrale nucléaire de France va-t-elle finir par fermer ? Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait repris à son compte cet engagement de François Hollande. Mais il avait aussi continué à lier le sort des deux réacteurs de Fessenheim (Haut-Rhin) au démarrage de l’EPR de Flamanville (Manche).
Or le chantier de Flamanville, lancé en 2007, a viré au cauchemar pour EDF, le réacteur de nouvelle génération ne devrait pas démarrer avant fin 2019, au mieux. Ce report repousse d’autant la fermeture de la centrale de Fessenheim, se félicitent les élus locaux, qui espèrent obtenir ainsi un peu d’air. Le ministre de la transition énergétique, François de Rugy, a d’ailleurs déclaré jeudi 3 octobre sur Franceinfo que la centrale serait fermée d’ici à 2022 tout en précisant qu’il fallait désormais dissocier le sort de Fessenheim de celui de Flamanville. « Aujourd’hui, on est obligé d’envisager de ne pas faire les deux opérations en même temps car tout simplement nous n’avons pas de date. EDF n’est pas capable de nous donner une date, et l’Autorité de sûreté nucléaire [ASN] non plus, sur l’ouverture de Flamanville. »
Après neuf mois de discussions et trois comités de pilotage sur l’avenir de Fessenheim, le secrétaire d’Etat à la transition écologique, Sébastien Lecornu, devait présenter, jeudi 4 octobre, dans le village, les détails du plan de reconversion économique du territoire.
Synthèse des réflexions de la région Alsace, du département du Haut-Rhin, de la commune de Fessenheim, de la communauté de communes et des services de l’Etat, le plan vise à « faire de Fessenheim une reconversion économique exemplaire », souligne-t-on au ministère de l’écologie. L’enjeu est de taille : 850 agents EDF et 300 salariés de sous-traitants travaillent sur le site de la centrale, qui génère également quelque 1 000 emplois indirects et 14 millions d’euros de retombées fiscales annuelles pour les collectivités locales.
Des dizaines de projets ont été recensés en matière de développement économique, d’infrastructures, de transition énergétique et d’innovation. « Si le projet est ambitieux, l’accompagnement financier sera ambitieux », promettait M. Lecornu en janvier. Le gouvernement s’engage finalement à débloquer 10 millions d’euros pour lancer les premières initiatives.

        Notre reportage à Fessenheim
         

          ,où « toute la vie du village tourne autour de la centrale »



Fermeture de plusieurs réacteurs d’ici à 2028
Parmi les annonces phares du plan, la création d’une zone d’activités, au nord de Fessenheim, le long du grand canal d’Alsace : 200 hectares, dont une trentaine disponibles dès le 1er janvier 2020. Une société d’économie mixte franco-allemande, créée en janvier, doit en assurer l’aménagement. « C’est une zone frontalière, au cœur de l’Europe. Ce serait vraiment curieux si on n’arrive pas à y accueillir des entreprises », explique M. Lecornu. Le gouvernement prévoit également une prime de 15 000 euros par emploi créé. Un geste en direction des entrepreneurs allemands, qui lorgnent le foncier alsacien, mais réclament une plus grande souplesse fiscale et sociale.
EDF s’engage à créer sur le site de la centrale nucléaire un technocentre de démantèlement des grosses pièces métalliques, notamment les générateurs de vapeur. Avec, à la clé, 200 emplois et 100 millions d’euros d’investissements. Une bouffée d’oxygène pour le territoire. « Il y aura à l’avenir des besoins dans le démantèlement des centrales nucléaires, c’est une opportunité à saisir avec les Allemands », note le secrétaire d’Etat.

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Le détail du plan est scruté de près par les observateurs du secteur. Et pour cause : le gouvernement doit faire connaître fin octobre la feuille de route énergétique de la France, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Dans ce cadre, il pourrait annoncer la fermeture de plusieurs réacteurs d’ici à 2028. La France s’est en effet engagée à ramener de 75 % à 50 % la part de son électricité produite par des centrales nucléaires.
« Ces annonces ne sont que des déclarations d’intention, sans aucun engagement financier de l’Etat » Raphaël Schellenberger, député Les Républicains de la circonscription
Les concessions obtenues par les élus locaux vont-elles servir de modèle ? Au gouvernement, on assure que Fessenheim est un cas particulier, sur lequel se concentrent des moyens importants. Rien ne garantit qu’il en sera de même lors des prochaines fermetures, prévient-on.
Mais les projets retenus pour l’après-Fessenheim sont loin d’être entièrement calés. Un exemple ? Le projet de liaison ferroviaire entre Colmar et Fribourg-en-Brisgau (Allemagne), réclamé par les élus locaux depuis plus de soixante ans, fera l’objet d’une « étude de faisabilité », dont les résultats seront connus à la fin de l’année.

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Le plan de reconversion contient également un volet social. Les sous-traitants menacés par la fermeture de Fessenheim bénéficieront d’une cellule de reclassement et d’un accompagnement personnalisé. Concernant la perte de fiscalité pour les collectivités locales, le gouvernement a prévu un système de compensation : 30 millions d’euros sur dix ans, de manière pleine pendant trois ans, et dégressive les sept dernières années. « Ça n’a jamais été fait auparavant pour les fermetures de centrales thermiques, défend M. Lecornu, 30 millions, ce n’est pas rien. » 

        Notre reportage à Fessenheim
         

          ,où « toute la vie du village tourne autour de la centrale »



M. Lecornu avait également annoncé en avril un appel d’offres photovoltaïque de 300 mégawatts dans le Haut-Rhin – un investissement total de 240 millions d’euros sur vingt ans.
« Quoi qu’il arrive, Fessenheim s’arrêtera »
Pour certains élus, le compte n’y est pas. « Ces annonces ne sont que des déclarations d’intention, sans aucun engagement financier de l’Etat, dénonce Raphaël Schellenberger, député Les Républicains de la circonscription de Fessenheim. M. Lecornu semble vouloir se débarrasser du dossier. »
Le député La République en marche de la circonscription voisine, Bruno Fuchs, souligne « le manque d’ambition » du gouvernement, et critique sa méthode : « Ce n’est qu’un listing de projets locaux. Beaucoup a été fait, mais ça ne va pas assez loin, regrette-t-il. L’Etat n’apporte pas les moyens financiers qu’il s’était engagé à apporter pour faire de l’Alsace une région au cœur de l’Europe, et le berceau des innovations du XXIe siècle. »
Le projet de reconversion doit être signé avec tous les acteurs locaux au plus tard début 2019. Car, comme le rappelle le secrétaire d’Etat, « quoi qu’il arrive, Fessenheim s’arrêtera. Que ce soit six mois de plus, ou pas, la fermeture est actée ». 
Le processus pourrait cependant prendre encore du retard. Mercredi, l’ASN a fait savoir à EDF que les problèmes rencontrés sur le chantier de l’EPR nécessitaient encore un « travail technique important ». Une manière de souligner la probabilité que Flamanville connaisse de nouveaux retards dans les mois prochains. Un sursis de plus pour Fessenheim.

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Article sélectionné dans La Matinale du 03/10/2018
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La transition écologique donne de l’oxygène aux villes en déclin

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LE MONDE
 |    04.10.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 08h51
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            Jessica Gourdon (Vitry-le-François, Marne, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

« On est au dos mur, on n’a plus le choix », résume Jean-Pierre Bouquet. Pas facile d’être maire de Vitry-le-François (Marne), ville ouvrière de 13 000 habitants plantée entre Châlons-en-Champagne et Troyes, sur la « diagonale du vide ». Détruite à 96 % pendant la seconde guerre mondiale, cette commune avait livré les clés de sa reconstruction et de son développement à un patronat industriel et à son puissant bailleur social, Vitry Habitat, devenu peu à peu propriétaire des deux tiers des logements de la ville. Aujourd’hui, Vitry-le-François, qui fut l’incarnation d’une certaine France industrielle et rurale des « trente glorieuses », assiste à l’effondrement de ce modèle.
Les usines – plasturgie, pièces de métal pour l’automobile, tuyaux, emballages – ferment ou s’automatisent, les jeunes sont aspirés par les métropoles, les commerces vacants du centre-ville trouvent difficilement repreneurs, la population vieillit, les cadres ou professions intermédiaires se sont installés dans les campagnes… Les HLM, érigés à la chaîne dans les années 1950 et 1960 pour loger les familles d’ouvriers, se sont peu à peu vidés, hérissant la ville de tours fantômes aux volets baissés. Récemment, certaines ont été démolies pour adapter l’ensemble à la nouvelle démographie – depuis la « grande époque », la ville a perdu 7 000 habitants.

Mais Jean-Pierre Bouquet veut croire à la résurrection de cette cité créée par François Ier, roi qui a donné à Vitry son nom et son emblème, la salamandre. « Un animal dont on dit qu’il résiste aux flammes », glisse l’élu socialiste. Sa porte de secours, il la voit dans la transition énergétique. Et dans la sortie du modèle actuel, où la consommation d’énergie de ses habitants, logés dans un parc immobilier vieillissant, est 50 % plus élevée que la moyenne française. Déjà, la communauté de communes abrite un vaste parc éolien. La ville vient surtout de racheter l’immense chaufferie...




                        

                        

