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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Des huissiers se sont présentés vendredi dans des locaux de Forseti, la société exploitant le moteur de recherche Doctrine.fr. Plusieurs grands noms du secteur l’accusent de pratiques agressives et non éthiques.
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Règlement de comptes chez les éditeurs juridiques

Des huissiers se sont présentés vendredi dans des locaux de Forseti, la société exploitant le moteur de recherche Doctrine.fr. Plusieurs grands noms du secteur l’accusent de pratiques agressives et non éthiques.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 18h00
    |

            Isabelle Chaperon








                        



                                


                            

C’est un coup de tonnerre dans le monde de l’édition juridique. Selon nos informations, huissiers et experts informatiques se sont présentés, vendredi 5 octobre, dans plusieurs locaux de Forseti, la société exploitant le moteur de recherche Doctrine.fr. Objectif : avoir accès aux serveurs de la star de la « legaltech » française.
Cette mesure d’instruction très exceptionnelle a été accordée par le Tribunal de commerce de Paris à des grands noms de l’édition juridique, qui dénoncent des pratiques agressives et non éthiques de la part de leur jeune compétiteur. « Nos soupçons sont étayés par des éléments de preuve, mais il était nécessaire d’en obtenir d’autres, qui seront placés sous séquestre et permettront de caractériser la concurrence déloyale », explique Christophe Caron, l’avocat qui représente LexisNexis, Dalloz, Lexbase, Wolters Kluwer et Lextenso.
Certaines pratiques de Doctrine avaient été révélées par Le Monde dans son édition du 28 juin. Les dirigeants de la start-up, née en 2016, avaient créé, à travers une entité londonienne, des noms de domaine imitant ceux utilisés par des avocats et des universités. Avocatlime.fr – proche de avocatline.fr, la principale messagerie en France pour les professions juridiques – a été enregistré sur la plate-forme Gandi, le 6 décembre 2017, de même qu’Uni-paris2.fr, Uni-bordeaux.fr et Eleves-efb.fr.

Ces adresses, et bien d’autres dont l’origine n’est pas établie à ce stade, ont servi pour contacter des greffes de tribunaux afin de récupérer des copies de décisions juridiques. Car si ces informations sont en théorie publiques, dans la pratique, l’encombrement des tribunaux restreint leur accès. S’il n’y a rien d’illégal à déposer des demandes auprès des greffes, la méthode fait débat : le recours à des noms de domaine visant à tromper l’interlocuteur sur son identité s’apparente au délit de « typosquattage ».
« Les preuves recueillies lors de la saisie permettront...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Son fils adoptif, auquel elle ne laisse rien, l’affirme. Il obtient l’annulation du testament pour insanité d’esprit. Les bénéficiaires de la succession font appel, et tentent de prouver que, bien qu’atteinte d’aphasie, elle avait toute sa tête.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ 
<article-nb="2018/10/05/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Bruno Gazeau, président de la Fédération nationale des usagers des transports, plaide pour l’équité et la transparence entre les modes de transport.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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« La mobilité doit être mise au cœur de l’enjeu climatique »

Bruno Gazeau, président de la Fédération nationale des usagers des transports, plaide pour l’équité et la transparence entre les modes de transport.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 17h47
    |

                            Dominique Buffier








                        



                                


                            
Créée en 1978, la Fédération nationale des usagers des transports (Fnaut) est l’une des 13 asso­ciations de consommateurs de France. Regroupant 170 associations, soit près de 80 000 personnes, elle se veut « la voix des usagers », formule accolée au logo Fnaut par son président depuis 2015, Bruno ­Gazeau, qui précise : « Nous avons gardé le mot “usager” même s’il semble un peu vieillot. Hier, il ne s’appliquait qu’aux transports collectifs. Au­jour­­d’hui, on parle des usagers du numérique, des nouvelles mobilités, etc. ». Il explique l’ambition des associations pour une meilleure mobilité.
Quelle place occupent les associations et, à travers ­elles, la Fnaut dans le débat sur la mobilité ?
La situation est paradoxale. Tout le monde, de l’Etat aux politiques locaux, affirme en chœur que « les usagers doivent être au centre des discussions ». Dans les faits nous sommes mis de côté, voire marginalisés. Or, La Fnaut – la fédération d’associations la plus représentative – a une expertise grâce à ses bénévoles. Nous sommes écoutés, auditionnés par les parlementaires.
A six reprises, par exemple, sur le pacte ferroviaire. Nous participons à de nombreux colloques. nous sommes passés de la salle à la tribune, mais nous sommes souvent relégués en bout de table et on nous donne la parole en dernier. ­Certes, de par la loi, la Fnaut siège aux conseils d’administration de SNCF Mobilités et de la RATP. A la demande de la collectivité de Marseille, elle siège à la Régie des transports métropolitains (RTM).
Les associations d’usagers sont peu auditionnées par les autorités organisatrices (AO) urbaines en charge des déplacements
Cependant, alors que 40 % des émissions de CO2 viennent des transports, la Fnaut est absente du Conseil national de la transition énergétique, du Conseil d’orientation des infrastructures ou encore d’Ile-de-France Mobilités [ex-STIF]. Les associations d’usagers sont peu auditionnées...




                        

                        


<article-nb="2018/10/05/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Le secrétaire général de l’union départementale CGT des Boûches-du-Rhône, Olivier Mateu, estime que la centrale vient d’entériner « la négation de l’antagonisme existant entre exploiteurs et exploités ».
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ 
<article-nb="2018/10/05/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ La Cour de justice de l’Union européenne estime, dans une décision rendue jeudi, que la France a manqué à ses obligations dans ce dossier.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Précompte : un nouveau dossier fiscal potentiellement explosif pour le gouvernement

La Cour de justice de l’Union européenne estime, dans une décision rendue jeudi, que la France a manqué à ses obligations dans ce dossier.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 17h46
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            
« On est peut-être en train de vivre un remake de la taxe à 3 % », assène Véronique Louwagie, membre (LR) de la commission des finances de l’Assemblée nationale. De fait, l’affaire du « précompte » n’est pas sans rappeler le dossier explosif de la taxe à 3 % sur les dividendes.
Même sujet éminemment technique, mêmes conséquences encore mal estimées sur les finances publiques, même chiffres vertigineux, même période de l’année délicate (juste après l’élaboration du budget)… Le parallèle est troublant avec le fiasco de la taxe à 3 % qui, en octobre 2017, avait obligé l’exécutif à élaborer dans l’urgence un nouvel impôt pour rembourser près de 10 milliards d’euros indûment perçus aux entreprises tricolores, sous peine de voir s’écrouler le jeu d’équilibriste budgétaire construit pour ramener le déficit sous les 3 % en 2017 et 2018.
Cette fois, de quoi s’agit-il ? Jeudi 4 octobre, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a condamné la France dans l’affaire dite du « précompte ». « La France a manqué aux obligations qui lui incombent en vertu du droit européen », a estimé la CJUE.

Distorsion de concurrence
Le précompte, dispositif en vigueur jusqu’en 2005, consistait à faire payer un impôt complémentaire aux entreprises qui distribuaient à leurs actionnaires des sommes d’argent non soumises à l’impôt sur les sociétés, comme les dividendes. En échange, elles avaient droit à un avoir fiscal au titre des dividendes reçus de la part de leurs filiales. De nombreuses entreprises du CAC 40 en ont profité. Problème : lorsqu’une filiale établie hors de France recevait des dividendes d’une autre sous-filiale également située à l’étranger, le mécanisme du précompte ne s’appliquait pas. C’est en vertu de cette distorsion de concurrence que les entreprises sont fondées à réclamer leur dû à l’Etat, a estimé la CJUE.
« Compte tenu de l’ancienneté des dossiers, des sommes à restituer et des recours encore attendus, on peut...




                        

                        


<article-nb="2018/10/05/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Un collectif de plus de 100 scientifiques prend position dans une tribune au « Monde » contre un projet minier en Guyane qui menace l’environnement. Et qui risque aussi d’ouvrir, telle une boîte de Pandore, la voie à d’autres convoitises.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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« Montagne d’or » en Guyane : « Un projet minier destructeur qui ne rapportera quasiment rien »

Un collectif de plus de 100 scientifiques prend position dans une tribune au « Monde » contre un projet minier en Guyane qui menace l’environnement. Et qui risque aussi d’ouvrir, telle une boîte de Pandore, la voie à d’autres convoitises.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 16h12
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 16h45
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. En plein cœur de la forêt guyanaise, loti entre deux réserves biologiques intégrales (RBI Lucifer et Dékou-Dékou), se prépare actuellement le plus grand projet minier que la France ait jamais connu, un projet porté par la Compagnie minière Montagne d’or (CMO, consortium russo-canadien : 55,01 % Nordgold et à 44,99 % Columbus Gold Corporation).
L’opérateur annonce la création d’une fosse de 2,5 kilomètres de long, 400 mètres de large et 200 à 400 mètres de profondeur. L’extraction de l’or nécessite par jour 10 tonnes de cyanure et 20 tonnes d’explosifs afin d’extraire environ 20 kilos d’or, tout en en rejetant 80 000 tonnes de déchets miniers par jour. En effet la concentration en or est faible : 1,6 à 1,8 g par tonne de roche.
Ce projet fait actuellement l’objet d’un débat public, à la demande de ses opposants, dont les dates, du 7 mars au 7 juillet 2018, ont été fixées par la commission nationale du débat public (CNDP). Les réunions publiques qui se sont tenues en Guyane depuis le 3 avril font déjà ressortir une forte opposition au sein de la population guyanaise à un projet destructeur de l’environnement et qui ne rapportera quasiment rien à la Guyane, sinon en termes de pollution et d’impact environnemental.
420 millions d’aides publiques
En effet, si la CMO espère gagner plus de 3,5 milliards d’euros sur douze ans, seulement 2 % iront à la Guyane sous forme de taxes. D’après le rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF), qui parle de « mirage économique », les taxes et impôts du projet s’élèveraient à 308 millions d’euros sur douze ans (241 millions d’euros à l’Etat français et 67 millions d’euros de taxes locales) mais il engloutirait au moins 420 millions d’aides publiques. Ceci pour 750 emplois directs promis, « soit un coût aberrant de 560 000 euros publics pour chaque emploi ».

L’impact environnemental est un véritable désastre : nuisances immédiates sur le site lui-même...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Les communes de Cast (Finistère) et de Bovel (Ille-et-Vilaine) avaient interdit ou soumis à conditions le déploiement des compteurs électriques communicants sur leur territoire.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Les recours de communes contre les compteurs Linky rejetés en appel

Les communes de Cast (Finistère) et de Bovel (Ille-et-Vilaine) avaient interdit ou soumis à conditions le déploiement des compteurs électriques communicants sur leur territoire.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 15h54
   





                        



C’est une nouvelle défaite judiciaire pour les opposants aux compteurs Linky. La cour administrative d’appel de Nantes a rejeté vendredi 5 octobre les recours de deux communes qui avaient décidé d’interdire ou de soumettre à conditions le déploiement de ces compteurs électriques communicants sur leur territoire.
Le distributeur d’électricité Enedis et l’Etat avaient contesté ces décisions des communes de Cast (Finistère) et de Bovel (Ille-et-Vilaine) devant le tribunal administratif de Rennes, qui les avait annulées en mars et décembre 2017.
La cour administrative d’appel de Nantes a confirmé ces annulations, estimant que « la propriété des ouvrages des réseaux publics de distribution d’électricité, dont font partie les compteurs, est attachée à la qualité d’autorité organisatrice du réseau public de distribution d’électricité ».
Or ces communes ont perdu leur compétence dans ce domaine et ne peuvent donc pas prendre de mesures relatives au déploiement des compteurs Linky sur leur territoire, selon la cour.

        Lire aussi :
         

                Compteurs Linky : les propriétaires auront le droit de refuser l’accès à leur logement



Dans le cas de la commune de Bovel, l’autorité organisatrice du réseau public de distribution d’électricité est le syndical mixte départemental d’énergie d’Ille-et-Vilaine. Et lorsqu’en mars 2017, le conseil municipal de Bovel avait refusé le déploiement des compteurs Linky, la commune ne pouvait alors « se prévaloir d’aucun droit de propriété sur les éléments du réseau public de distribution d’électricité », souligne la cour administrative d’appel dans son arrêt.
Le maire de Bovel, José Mercier, étudie désormais la possibilité d’un recours devant le Conseil d’Etat. « Si l’avocat estime qu’il y a matière, je le ferai », a-t-il déclaré, en annonçant par ailleurs qu’il prendrait un nouvel arrêté dès lundi pour bloquer la pose des compteurs.
Les décisions des communes souvent annulées par la justice
A Cast, c’est fin juin 2016 que le maire avait décidé de refuser le déploiement des compteurs Linky. La commune soutient notamment que « les risques incendies et potentiels sur la santé publique des nouveaux compteurs sont avérés » et qu’ils sont susceptibles « de porter atteinte à la vie privée des utilisateurs par la collecte non consentie de données personnelles ».
Mais Enedis est « investie d’une mission de service public impliquant notamment le déploiement » des compteurs, répond la cour. Par ailleurs, l’autorité organisatrice du réseau public de distribution d’électricité est le syndical départemental d’énergie et d’équipement du Finistère, qui est à ce titre propriétaire des compteurs électriques.
Enfin, le maire de Cast affirme avoir constaté des erreurs de branchements et des incursions sur des propriétés privées, mais « ces circonstances, à les supposer établies, ne suffisent pas à elles seules pour caractériser un trouble à l’ordre public ou un risque pour la sécurité ou la salubrité publique », et donc les pouvoirs de police du maire ne peuvent être invoqués face au déploiement des compteurs, estime la cour dans son second arrêt.

        Lire le récit :
         

          Pourquoi le compteur Linky électrise les passions



Le compteur Linky permet au distributeur d’électricité de limiter la puissance ou de couper l’électricité à distance. Selon ses détracteurs, il suscite des inquiétudes sur l’exposition aux champs électromagnétiques et le respect de la vie privée.
Des centaines de communes, de toute taille (685, selon un comptage des opposants au compteur Linky), ont voté des délibérations ou ont pris des arrêtés contre ces installations. Mais ces textes finissent le plus souvent par être suspendus ou annulés par la justice.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a jugé que le risque d’exposition aux champs électromagnétiques était faible. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) veille quant à elle à ce que les données de consommation détaillées ne soient pas collectées sans l’accord de l’usager.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Avec la loi Pacte, le gouvernement entend débloquer la croissance des PME et transformer l’entreprise. Mais qu’en est-il vraiment ? Explications en images.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste, Prix Nobel 2014, estime que le modèle théorique qui a dominé la science économique au XXe siècle est dépassé. Il défend une plus grande transversalité avec les sciences sociales.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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Jean Tirole : « L’homo economicus a vécu »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste, Prix Nobel 2014, estime que le modèle théorique qui a dominé la science économique au XXe siècle est dépassé. Il défend une plus grande transversalité avec les sciences sociales.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 14h45
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 14h46
   





                        



                                


                            

Tribune. Les penseurs du siècle des Lumières, ainsi que leurs prédécesseurs, réfléchissaient aux comportements des individus et des groupes sociaux sans faire de distinction entre les sciences sociales. Adam Smith avait par exemple publié, dix-sept ans avant son célèbre traité La Richesse des nations, un livre remarquable intitulé La Théorie des sentiments moraux. Ce n’est que progressivement – et essentiellement au XXe siècle – que les différentes cloisons scientifiques sont apparues, séparant artificiellement les activités humaines en différents objets d’étude, pour lesquels des méthodes d’analyse et de compréhension ont évolué chacune de leur côté. Pourtant, toutes les sciences sociales partagent bel et bien un même sujet d’étude, les mêmes individus et les mêmes groupes sociaux.
L’économie, par exemple, a construit son identité propre au XXe siècle, à travers, d’une part, une emphase particulière sur des méthodes statistiques et quantitatives, et, d’autre part, le concept d’homo economicus. Cet homo economicus est supposé défendre rationnellement ses intérêts, compte tenu de l’information dont il dispose. Un apport essentiel de cette approche et des recommandations associées est la mise en exergue des différences qui peuvent exister entre rationalité individuelle et collective : ce qui est bon pour un acteur économique n’est pas forcément bon pour l’ensemble de la société.

Par exemple, un individu, une entreprise ou une administration peuvent choisir de polluer l’environnement plutôt que de réduire leurs activités ou de les rendre plus vertes ; une entreprise ou une banque peut abuser de son pouvoir de marché ou prendre des risques inconsidérés, au détriment des consommateurs ou du contribuable ; un politicien pourra faire passer sa carrière politique avant l’intérêt général en choisissant des politiques populaires mais contraires...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Les deux sociologues estiment, dans une tribune au « Monde », que l’interpénétration actuelle des deux disciplines devrait contribuer à atténuer la virulence de leur antagonisme traditionnel.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
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Luc Boltanski et Arnaud Esquerre : « L’économie et la sociologie peuvent s’enrichir mutuellement »

Les deux sociologues estiment, dans une tribune au « Monde », que l’interpénétration actuelle des deux disciplines devrait contribuer à atténuer la virulence de leur antagonisme traditionnel.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 14h45
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 15h51
   





                        



                                


                            

Tribune. Un esprit (pour ne pas dire un spectre) hante le vaste domaine des sciences humaines et sociales (SHS) : celui de l’interdisciplinarité. Fréquemment évoqué à titre d’idéal, il s’incarne rarement dans des agencements assez robustes et durables pour apaiser les relations souvent difficiles entre disciplines académiques dont chacune entend à la fois être maîtresse chez elle et faire reconnaître sa prééminence.
Une situation de ce genre est, depuis quelques décennies, particulièrement marquée dans le cas de deux disciplines, l’économie et la sociologie, qui devraient avoir tout pour s’entendre, ne serait-ce que parce qu’elles ont grosso modo le même objet : des êtres humains considérés en tant qu’ils interagissent et échangent et qui, ce faisant, composent ce que l’on appelle, par convention, des « sociétés ».

Or, dans le cas de ces deux disciplines, les relations de concurrence l’emportent souvent sur la coopération, parfois jusqu’à prendre un tour agonistique allant jusqu’à l’échange d’accusations croisées. Ces accusations prennent généralement appui sur deux registres argumentatifs très différents : celui de la politique et celui de la scientificité. C’est le cas, par exemple, lorsque des sociologues accusent en bloc l’économie d’être « de droite », comme si les disciplines académiques héritaient d’une sorte de gène politique inscrit dans leur patrimoine, ce qui est absurde, et comme si elles n’étaient pas elles-mêmes traversées par des conflits. Ou encore quand des économistes prétendent s’arroger une prééminence dans l’ordre de la scientificité, comme si la façon dont leur discipline rend compte du monde constituait le maître-étalon de tout discours de vérité.
L’acteur et le chercheur
Les tensions tiennent surtout au fait que, en sociologie et en économie, la relation entre connaissance scientifique et réalité sociale s’est établie selon des modalités différentes, avec pour conséquence de faire...




                        

                        


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Pollution : un géant des mers pour la première fois devant la justice

Le capitaine du navire de croisière « Azura » et son armateur comparaissent le 8 octobre à Marseille pour avoir utilisé un carburant trop riche en soufre.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 14h33
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 15h05
    |

            Stéphane Mandard








                        



                                


                            

Un procès inédit doit se tenir lundi 8 octobre devant la sixième chambre du tribunal correctionnel de Marseille. Pour la première fois, un capitaine de navire et un armateur sont poursuivis pour avoir enfreint les normes antipollution. Evans Hoyt, le capitaine américain de l’Azura, et le groupe Carnival, leader mondial de la croisière, doivent comparaître pour « utilisation, par un navire en mer territoriale, de combustible dont la teneur en soufre est supérieure aux normes autorisées en matière de pollution de l’air ». L’officier risque jusqu’à un an de prison et 200 000 euros d’amendes.
L’audience sera d’autant plus scrutée que la cité phocéenne, qui doit accueillir cette année 530 escales, vise la place de premier port de croisière du bassin méditerranéen avec 2 millions de passagers à l’horizon 2020. Avec ses 290 mètres de long, 1 557 cabines et 14 ponts, l’Azura fait partie de ces géants des mers qui libèrent quotidiennement leur flot de touristes dans la cité phocéenne mais aussi leurs immenses panaches de fumée.
Le 28 mars, le paquebot battant pavillon des Bermudes fait escale vers 8 heures dans le port de Marseille. Trois heures plus tard, il est contrôlé par le centre de sécurité des navires. Les inspecteurs constatent que le bateau a utilisé un carburant avec une teneur en soufre de 1,68 %, supérieure à la limite autorisée (1,5 %).
Décès prématurés
« Si ce dépassement peut paraître faible, il ne l’est pas eu égard aux conséquences environnementales et sanitaires qui en découlent et ne peut rester impuni », estime l’association France nature environnement (FNE), partie civile dans ce dossier. Des « conséquences » qui ont contraint l’Organisation maritime internationale à abaisser le taux de soufre à 0,5 % à partir de 2020.
Selon les travaux de l’université de Rostock et du centre allemand de recherches sur l’environnement Helmholz Zentrum Munich, les émissions du transport maritime seraient responsables...




                        

                        


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Perrotin-Mennour, les parrains de l’art contemporain 
                  
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LE MONDE
 |
                  05.10.2018 à 14h01


Partis de rien, les galeristes Emmanuel Perrotin et Kamel Mennour sont devenus les marchands d’art les plus respectés de Paris grâce à leur sens des affaires et leur nez pour dénicher les futurs talents.

Par                             Roxana Azimi





                     
Pendant des mois, Kamel Mennour lui a fait la cour. A l’heure du petit-déjeuner, il quittait Saint-Germain-des-Prés, au cœur de Paris, pour aller observer Tatiana Trouvé dans son atelier de Montreuil (Seine-Saint-Denis), l’interroger sur les énigmes qui infusent ses œuvres, appréciées par les collectionneurs les plus éclairés. A présent, ce galeriste de 53 ans jubile, comme un chasseur récompensé de sa patience : en ce mois d’octobre, il expose la plasticienne italienne à Paris* et à Londres, dans sa galerie ainsi qu’à la foire d’art contemporain Frieze.
Une prise de guerre
Si le chef d’entreprise prospère est si heureux de ce prochain accrochage, un de plus après tout, ce n’est pas seulement parce que Tatiana Trouvé est l’une des meilleures de sa génération – prix Paul-Ricard en 2001, prix Marcel-Duchamp en 2007, plusieurs fois pressentie pour représenter la France à la Biennale de Venise. C’est aussi une prise de guerre. Jusqu’en 2017, la plasticienne était représentée par un autre. Un de ceux qui comptent à Paris. Le seul qui rayonne à Hongkong, Séoul, Tokyo, New York et, depuis septembre, à Shanghai. Emmanuel Perrotin, qui aligne pourtant une brochette d’artistes bien cotés sur le marché, n’en revient pas. « Quarante fois, j’ai proposé à Tatiana de l’exposer à Paris, mais elle a toujours repoussé l’offre, ne supportant plus la scène française », confie le galeriste en dégustant son granola « made in Marais ».
Beau joueur, il l’a quand même invitée à ses 50 ans en mai dernier. « Je n’ai pas quitté un homme pour un autre. J’aime beaucoup Emmanuel, il est honnête et généreux. Je n’avais rien à lui reprocher », assure de son côté Tatiana Trouvé. Avant de lâcher : « Je ne me sentais pas à l’aise dans sa programmation. Emmanuel a du mal à assumer ce qu’il aime vraiment, le pop, le street art, le côté festif. Kamel veut faire des choses pointues. Ils ont deux visions différentes de l’art. »
« Ils représentent chacun...




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Des propositions pour donner un coup de fouet aux innovations de rupture

Un rapport parlementaire pointe du doigt le retard de l’Europe, face à la Chine et aux Etats-Unis, dans ces technologies incertaines et coûteuses à développer, malgré les diverses politiques nationales.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 12h41
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


Le fonds d’investissement consacré aux innovations de 10 milliards d’euros dont Bruno Le Maire, a donné le coup d’envoi en janvier, sera-t-il suffisant pour remettre la France dans la course face aux géants américains et chinois de la technologie ? Rien n’est moins sûr, si l’on en croit le rapport publié jeudi 4 octobre par les députés Christine Hennion (LRM) et Sophie Auconie (UDI) sur la politique européenne en matière d’« innovation de rupture », ces technologies incertaines et coûteuses à développer, mais dont la réussite peut rebattre les cartes d’une industrie, à l’image des imprimantes 3D ou de la voiture autonome.
Pour les députés, l’enjeu se situe au niveau européen. Si les « investissements européens en matière de recherche restent solides, estiment-ils, ils sont épars (…) et demeurent trop nationaux ».
Trop peu de « licornes »
En témoigne « le faible nombre de licornes », ces entreprises non cotées à la valorisation supérieure au milliard de dollars. Fin 2017, l’Europe en comptait 26, les Etats-Unis 109 et la Chine 59. L’ex-empire du Milieu, qui dépense 2,1 % de son produit intérieur brut en recherche et développement, rattrape progressivement les Etats-Unis (2,7 %) et distance l’Europe (1,94 %).
Pour remédier à cette situation, le rapport émet dix-huit recommandations. Il suggère d’accroître le budget du Conseil européen de la recherche dont le dernier programme-cadre, qui arrive à échéance en 2020, est doté de 77 milliards d’euros. Les deux parlementaires conseillent aussi d’« engager une réflexion sur l’éducation afin d’inculquer une culture du risque en Europe », et de mieux coordonner les politiques d’innovation au niveau régional, national et européen.
Moins consensuel, ils proposent de s’attaquer à la réglementation en matière de concurrence, afin de « permettre à des jeunes pousses d’accéder au marché européen » et de « lever les interdictions de subvention d’Etat en l’absence de financement initial européen ». Le rapport se dit aussi favorable à un assouplissement en matière d’exploitation de « données non personnelles » et insiste sur la nécessité d’une harmonisation réglementaire. Il plaide enfin pour un marché unique des capitaux, capable de contrecarrer les places anglo-saxonnes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Pour financer la cinquantaine de projets artistiques qui sera présentée dans la nuit du 6 au 7 octobre, le commissaire de cette édition a réussi à lever 550 000 euros auprès d’entreprises pour compléter la dotation de la Ville de Paris.
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La Nuit blanche parisienne a fait la chasse aux mécènes

Pour financer la cinquantaine de projets artistiques qui sera présentée dans la nuit du 6 au 7 octobre, le commissaire de cette édition a réussi à lever 550 000 euros auprès d’entreprises pour compléter la dotation de la Ville de Paris.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 12h14
    |

                            Roxana Azimi








                        



   


Côté jardin, la Nuit blanche, organisée dans la nuit du 6 octobre à Paris, c’est d’abord une cinquantaine de projets artistiques répartis en quatre « constellations » dans la ville. Côté cour, c’est une superproduction où le nerf de la guerre est l’argent.

        Lire aussi :
         

                Art et gastronomie, Nuit blanche et festivals : nos idées de sorties culturelles



La machinerie et le tempo sont complexes : les organisateurs ont moins d’un an pour ficeler une opération dont l’ampleur est celle d’une biennale qui se déroulerait sur une seule nuit. La dotation de 1,2 million d’euros de la Ville de Paris ne suffit pas. « Pendant neuf mois, on cherche les mécènes, soit environ 400 entreprises prospects, raconte Gaël Charbau, commissaire de cette édition. Le problème, c’est qu’on tombe au moment où ils ont bouclé leur projet mécénat pour l’année suivante. »
Le groupe immobilier Emerige et LVMH ont d’emblée répondu présent. Pathé Gaumont a consenti à un partenariat avec la Géode. Si Gaël Charbau a réussi à lever 350 000 euros de mécénat, 200 000 euros étaient encore en suspens cet été. Une somme qui conditionnait la concrétisation de cinq projets. Le curateur a levé in extremis les fonds manquants auprès notamment du Boncoin, de Facebook et d’Audi.
Un calendrier très serré
Les projets sont d’autant plus conditionnés au mécénat que les coûts sont incompressibles. La mise en place du geyser d’eau et d’argile rouge imaginé par Fabien Léaustic à la Cité des sciences se chiffre à environ 80 000 euros. « Soit on le finançait, soit on devait l’arrêter », confie Gaël Charbau.
Même casse-tête pour les empreintes de monuments d’Ugo Schiavi. Jusqu’à présent, le jeune artiste prenait à la sauvette des empreintes des monuments les plus symboliques avant de les couler en béton. Mais dans le cadre de la Nuit blanche, fini les opérations commando à l’arrache. Il faut prévoir un transport, des échafaudages, une surveillance. La prise d’une seule empreinte de monument est désormais tarifée autour de 15 000 euros.
Dernière complexité : les organisateurs ont à peine 48 heures, parfois 24 heures, pour tout installer et sécuriser. Un calendrier de montage serré qui a fatalement un impact sur le budget.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Huit cent trente-deux anciens salariés du fabricant de pneumatiques ont contesté leur licenciement devant les prud’hommes.
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Audience XXL pour les « Goodyear » d’Amiens

Huit cent trente-deux anciens salariés du fabricant de pneumatiques ont contesté leur licenciement devant les prud’hommes.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 12h33
    |

            Francine Aizicovici et 
Aline Leclerc (Amiens, Somme, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Ils sont arrivés par grappes au petit matin sur le parking de Mégacité, salle pour les grands événements qui jouxte le Zénith d’Amiens (Somme). Mains dans les poches de jean, bras croisés sur la polaire, le visage fermé, mais s’égayant dès qu’ils reconnaissaient un vieux copain. La première question est toujours la même : « T’en es où, t’as du boulot ? » Voilà quatre ans que ces hommes et ces femmes-là, anciens salariés du site Goodyear d’Amiens-Nord, ne se croisent plus à l’usine. « Ça manque des fois, glisse l’un d’eux. Sans boulot, on n’a plus de vie sociale vous savez. » C’est pour contester leur licenciement économique qu’ils estiment sans cause réelle ni sérieuse, qu’ils se sont retrouvés jeudi 4 octobre devant le tribunal des prud’hommes.
Des 1 143 salariés licenciés par Goodyear en 2014, 832 se sont lancés dans cette procédure d’une ampleur inédite, nécessitant de délocaliser l’audience hors des murs du tribunal. En 2011, le procès aux prud’hommes de 500 ex-salariés du fabricant de pneus Continental de Clairoix (Oise) s’était déjà tenu dans une ancienne patinoire, celui des 560 salariés du fabricant de meubles Capdevielle dans un local municipal de Mont-de-Marsan (Landes).
Près de 500 salariés ont ainsi pris place dans la salle des congrès transformée en salle d’audience, les quatre conseillers prud’homaux faisant face, sur scène, aux avocats des salariés et de l’entreprise. « On attend que la vérité éclate !, résume Jonathan Semedo, 39 ans. Qu’on reconnaisse qu’une boîte qui faisait des bénéfices nous a virés comme des malpropres ! » 

L’usine d’Amiens-Nord manquait cruellement d’investissements
Chaque camp va plaider quatre heures : un débat technique où chacun s’appliquera à démontrer que c’est l’autre qui « brouille les cartes », « travestit la réalité ». Au centre, une question : la situation économique du groupe Goodyear en 2014 justifiait-elle de licencier 1 143...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Les députés ont validé la vente d’ADP (Aéroports de Paris) et de la Française des jeux, ainsi que la cession de titres Engie. Mais beaucoup d’inconnues demeurent.
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L’Assemblée nationale donne son feu vert aux privatisations

Les députés ont validé la vente d’ADP (Aéroports de Paris) et de la Française des jeux, ainsi que la cession de titres Engie. Mais beaucoup d’inconnues demeurent.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 11h28
    |

            Denis Cosnard et 
Philippe Jacqué








                        



                                


                            

La vague de privatisations voulue par Emmanuel Macron a passé sans encombre, jeudi 4 octobre, le cap du vote par les députés. L’Assemblée nationale, dominée par La République en marche (LREM), a adopté à une large majorité les articles 44 à 52 de la loi pour l’activité et la croissance et la transformation des entreprises (Pacte), qui prévoient la vente d’Aéroports de Paris (Groupe ADP) et de la Française des jeux (FDJ), ainsi que la descente au capital d’Engie.

Les débats ont néanmoins été âpres. Bruno Le Maire, le ministre de l’économie et des finances, et les députés LREM ont fait face à « une coalition d’oppositions entre la droite, la gauche, les Insoumis et le Parti communiste » contestant une « braderie » de plusieurs « bijoux communs de la nation », selon les mots de Philippe Gosselin (LR).
En conservant ses participations, l’Etat pourrait obtenir au rythme actuel 400 millions d’euros annuels de dividendes, ont remarqué en chœur Valérie Rabault, chef de file des socialistes, Eric Coquerel (LFI) et Daniel Fasquelle (LR). Soit une somme supérieure aux 250 millions d’euros attendus du fonds pour l’innovation de rupture que le gouvernement prévoit de financer grâce aux privatisations.

Les députés ont aussi souligné les nombreuses inconnues qui entourent les futures cessions. Combien de parts l’Etat veut-il céder de chaque entreprise ? Dans quelles conditions ? Ces questions sont renvoyées à des ordonnances préparées à Bercy. « Vous voulez faire voter un cahier des charges que personne ne connaît. Autrement dit, vous voulez un chèque en blanc », a critiqué Valérie Rabault.
ADP
L’opération s’annonce complexe. Pour céder sous forme de concession le gestionnaire des aéroports de la capitale, l’Etat, qui détient 50,6 % du capital de Groupe ADP, doit limiter dans le temps le droit d’exploitation de la plate-forme aéroportuaire, aujourd’hui sans borne. Il est prévu d’accorder une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ La mesure, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, n’apparaît pas dans le document transmis aux partenaires sociaux par l’exécutif.
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Contrats courts : des doutes sur le bonus-malus

La mesure, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, n’apparaît pas dans le document transmis aux partenaires sociaux par l’exécutif.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 11h14
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
Une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron est-elle sur le point d’être abandonnée ? Plusieurs responsables syndicaux s’interrogent, alors que doit s’ouvrir une négociation visant à revoir les règles d’indemnisation des demandeurs d’emploi. Pour résorber la précarité sur le marché du travail, il était initialement envisagé d’instaurer un bonus-malus, qui aurait pour effet de pénaliser les entreprises abusant des contrats courts. Or, cette mesure, contestée par le patronat, n’apparaît pas explicitement dans le document que le premier ministre a transmis, le 25 septembre, aux partenaires sociaux afin de cadrer leurs discussions sur la refonte des règles de l’assurance-chômage. La note de cinq pages parle de « responsabilisation » des employeurs.
Un terme bien vague, aux yeux de Michel Beaugas (Force ouvrière) : « Pour moi, cela signifie qu’ils enterrent le dispositif. » Denis Gravouil (CGT) défend le même point de vue : « Le Medef a bien réussi son lobbying, dit-il. Les conseillers du gouvernement proches de cette organisation ont obtenu d’enterrer le projet, sous prétexte de ne pas nuire aux employeurs. Nous verrons, une fois à l’œuvre. »

Des charges modulées
Un pessimisme qui n’est pas partagé de tous. « Le sujet reste sur la table », estime Marylise Léon (CFDT). « Le gouvernement a pris toutes les précautions sémantiques pour ne pas chiffonner le patronat en s’abstenant de mentionner le mot qui fâche dans la lettre de cadrage », renchérit Eric Courpotin (CFTC). Autrement dit, les intentions de départ demeureraient.
Les organisations d’employeurs sont, d’ailleurs, elles, toujours inquiètes. Pour François Asselin, le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), il faut rester sur ses gardes. Selon lui, le gouvernement n’a pas renoncé à cette idée.
Plusieurs sources syndicales et patronales évoquent même un scénario précis : il consisterait à moduler...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Pour des raisons politiques, la première ministre britannique, Theresa May, ne donne pas la priorité au secteur financier.
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Brexit : pour la première fois, la City est délaissée par le gouvernement britannique

Pour des raisons politiques, la première ministre britannique, Theresa May, ne donne pas la priorité au secteur financier.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 11h11
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Les lobbyistes de la City ne comprennent plus ce qui leur arrive. En privé, ils reconnaissent volontiers que les portes du 10 Downing Street leur sont désormais quasiment fermées. La première ministre britannique, Theresa May, n’écoute guère leurs préoccupations.

La City a dû se rendre à l’évidence : elle a perdu la première manche des négociations du Brexit. Elle qui a fait campagne contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, puis qui s’est battue de toutes ses forces contre la perte du fameux passeport financier européen, est contrainte de capituler en rase campagne. Non seulement le centre financier britannique va perdre le précieux sésame, qui permet de vendre des produits à travers toute l’UE, mais Downing Street ne semble guère s’en émouvoir.
En juillet, quand elle a présenté son plan officiel pour le Brexit, Mme May a demandé à rester dans le marché unique pour les biens, mais pas pour les services. Les intérêts de la finance ont été délaissés.
« La priorité est donnée à l’industrie »
Vince Cable, ancien ministre des entreprises (2010-2015) et actuel leader des libéraux-démocrates, n’en revient pas. « Quand j’étais au gouvernement, à chaque déplacement à l’étranger, il était clair que la finance était l’un des premiers secteurs que nous défendions. Nous n’avions même pas besoin de le dire. Maintenant, voilà que Londres dit le contraire. La priorité est donnée à l’industrie », confiait-il lors d’une récente conférence à la London School of Economics.
En juillet, quand elle a présenté son plan officiel pour le Brexit, Theresa May a demandé à rester dans le marché unique pour les biens, mais pas pour les services.
Selon lui, cela relève en partie du hasard : rester dans le marché unique pour les biens – et donc ne pas mettre en place de contrôles douaniers – permet d’éviter l’instauration d’une frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, ce qui est une priorité politique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Une nouvelle étude estime que, sur vingt ans, le Royaume-Uni a perdu l’équivalent de deux ans de produit intérieur brut à cause du poids excessif de la City.
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« La malédiction de la finance » étouffe l’économie

Une nouvelle étude estime que, sur vingt ans, le Royaume-Uni a perdu l’équivalent de deux ans de produit intérieur brut à cause du poids excessif de la City.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 11h04
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

« Les politiciens qui se lèchent les babines à l’idée d’attirer de nombreux banquiers à Paris grâce au Brexit feraient bien de faire attention à ce qu’ils souhaitent. Economiquement, cela pourrait se retourner contre eux », prévient Nicholas Shaxson.
L’auteur de The Finance Curse. How Global Finance is Making Us All Poorer (« la malédiction de la finance », éditions Bodley Head, non traduit), sortie presse vendredi 5 octobre, n’est pas un dangereux anticapitaliste primaire. La finance est absolument nécessaire au développement économique, selon le journaliste. Mais son ouvrage vient vulgariser un concept ancien, redéveloppé depuis une dizaine d’années par un groupe d’économistes : trop de finance peut finir par étouffer la croissance.
Une nouvelle étude, d’Andrew Baker, de l’université britannique de Sheffield, Gerald Epstein, de l’université du Massachusetts à Amherst, et Juan Montecino, de l’université de Columbia, à New York, publiée, vendredi, pour coïncider avec la parution du livre, chiffre pour la première fois les dégâts de cet excès de finance pour le Royaume-Uni, pays où la City possède un poids prépondérant. Résultat : de 1995 à 2015, le pays aurait perdu 4 500 milliards de livres, l’équivalent de deux ans du produit intérieur brut (PIB) actuel. Soit 170 000 livres par foyer en moyenne.

Au Royaume-Uni, le secteur financier pèse 6,5 % de l’économie
« Le chiffre est une estimation qui demande d’autres recherches, précise immédiatement M. Baker. Mais il est gigantesque, et c’est un ordre de grandeur qui donne une bonne idée de la façon dont la finance écrase tout le reste de l’économie. » Ce résultat est particulièrement intéressant comparé à celui des Etats-Unis : sur la même période, la première puissance économique mondiale aurait perdu environ un an de PIB seulement. « Le coût pour le Royaume-Uni serait donc deux à trois fois plus grand parce que la finance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ La coalition au pouvoir à Rome, incapable de boucler sérieusement son budget pour 2019, se tourne de plus en plus vers les investissements chinois. Au risque de se laisser prendre au piège de la dépendance, note l’éditorialiste économique du « Monde », Philippe Escande, dans sa chronique.
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« Le gouvernement populiste italien rêve d’ouvrir grandes les portes à la Chine »

La coalition au pouvoir à Rome, incapable de boucler sérieusement son budget pour 2019, se tourne de plus en plus vers les investissements chinois. Au risque de se laisser prendre au piège de la dépendance, note l’éditorialiste économique du « Monde », Philippe Escande, dans sa chronique.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 10h50
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

« Pertes & profits ». C’est en grande partie grâce à Marco Polo que la Chine s’est éveillée au reste du monde. Les récits du marchand vénitien, dictés après son retour, vers 1295, d’une prison génoise, ont eu un impact considérable sur toute l’Europe. ­
Michele Geraci, lui aussi, revient de Chine. Ce professeur de finance sicilien a enseigné à Shanghaï. Dès son retour, comme Marco, il a voulu ­convaincre ses compatriotes des merveilles rencontrées. Il a trouvé l’oreille attentive de Matteo Salvini, le patron de la Ligue (extrême droite). Parvenu au pouvoir, ce dernier l’a fait nommer sous-secrétaire d’Etat au développement économique. Depuis, il ne rêve que d’ouvrir plus grandes les portes à ses amis chinois.

A l’agence Bloomberg, il révèle que l’Italie devrait signer cette année un mémorandum avec la Chine, faisant de son pays la pointe avancée en Europe du projet de Pékin d’infrastructure géante (« One Belt One Road ») reliant l’Extrême-Orient à l’Europe. Un programme d’investissements massifs dans le ferroviaire, ­l’aérien, l’espace et la culture. « Nous sommes très différents du gouvernement précédent sur ce sujet », assure M. Geraci.
L’Europe, cible privilégiée de Pékin
Cette rupture affichée l’est aussi avec le reste de l’Union européenne (UE), en ce moment très réservée sur le sujet et, bien sûr, avec l’exécutif américain, en guerre commerciale ouverte avec la Chine. Jeudi 4 octobre, le conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, a indiqué que son pays, pourtant très protectionniste quand ça l’arrange, était en train de discuter avec l’UE afin de former « une coalition de volonté commune pour combattre la Chine dans le domaine commercial. »
Il faut dire que l’Europe est la cible privilégiée de Pékin. Le Vieux Continent accueille à lui seul près de 60 % des investissements chinois à l’étranger, contre seulement 25 % aux Etats-Unis et 15 % en Asie et Afrique. D’où l’importance...




                        

                        

