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Art contemporain : à Londres, dernière Frieze avant le Brexit

Les marchands présents sur les deux foires, London et Masters, s’inquiètent de leur devenir.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 17h51
    |

            Harry Bellet (Londres)








                        



                                


                            

La 16e édition de Frieze London, la foire d’art contemporain de Londres, et la 7e de Frieze Masters, sa sœur consacrée à un art plus classique, ont été inaugurées le 3 octobre. 160 galeries pour l’une, 130 pour l’autre, et des marchands qui parlaient un peu d’art et beaucoup de la situation économique. Certes, la profession est connue pour râler souvent, mais, alors que l’art contemporain n’a jamais autant fait flamber les ventes publiques, les galeries, elles, sont désertées par les amateurs, et ce partout dans le monde. La solution passe par les foires, des déplacements – et des emplacements – coûteux pour un retour sur investissement incertain, surtout dans le Royaume-Uni d’aujourd’hui.
Car si Frieze compte quelques ventes spectaculaires, les négociations y sont difficiles. Certes, la Tate Modern y a fait, comme chaque année, ses achats très médiatisés : un budget de 150 000 livres sterling (170 000 euros) a permis l’acquisition d’œuvres des Britanniques Sonia Boyce et Claudette Johnson, de la Chilienne Johanna Unzueta et de l’Italien Giorgio Griffa, qui iront enrichir les collections du musée londonien. Parmi les petits jeunes qui montent, citons l’Américain Eddie Martinez (né en 1977), dont les tableaux colorés présentés sur le stand de la galerie Timothy-Taylor à des prix s’échelonnant entre 30 000 et 95 000 dollars (26 000 et 82 500 euros) ont tous été vendus dans les premières heures du vernissage.
Dans les allées de Frieze London, bondées, l’ambiance est différente. On a la sensation que le public vient moins pour voir que pour se montrer
Au registre des poids lourds, qu’on trouve plutôt sur Frieze Masters, la galerie Van de Weghe a vendu un tableau de Franz Kline pour 8 millions de dollars (7 millions d’euros), le libraire bâlois Jörn Günther un livre d’heures médiéval pour 3 millions d’euros, et, dans un registre plus raisonnable, si on peut dire, les galeristes Lévy Gorvy et Kamel Mennour, qui faisaient stand...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Le cinéaste ukrainien emprisonné a remis un message à la presse où il explique être « forcé de mettre un terme à [sa] grève de la faim » le 6 octobre.
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Russie : Oleg Sentsov dit arrêter sa grève de la faim pour éviter d’être nourri de force

Le cinéaste ukrainien emprisonné a remis un message à la presse où il explique être « forcé de mettre un terme à [sa] grève de la faim » le 6 octobre.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 17h13
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 18h15
   





                        


Ce n’est pas parce qu’il a obtenu satisfaction qu’il a pris cette décision. Dans un message remis vendredi 5 octobre à la presse, le cinéaste ukrainien emprisonné en Russie Oleg Sentsov a déclaré devoir arrêter sa grève de la faim pour éviter d’être nourri de force.
« Je suis forcé de mettre un terme à ma grève de la faim demain, c’est-à-dire le 6 octobre 2018 », a-t-il fait savoir dans une lettre manuscrite. Il précise : « En raison de mon état de santé critique et de l’apparition de changements pathologiques dans mes organes, il était prévu prochainement de me nourrir de force. » « Mon opinion n’est plus prise en compte. »

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« L’objectif n’est pas atteint »
Oleg Sentsov, 42 ans, originaire de Crimée, la péninsule ukrainienne annexée par la Russie en 2014, refusait de s’alimenter depuis le 14 mai pour demander la libération de prisonniers politiques ukrainiens. Après « cent quarante-cinq jours de lutte, 20 kilos en moins et un corps brisé », « l’objectif n’est pas atteint », déplore le cinéaste. « Je suis reconnaissant à tous ceux qui m’ont soutenu et demande pardon à ceux que je laisse tomber », conclut Oleg Sentsov, terminant son message par « Gloire à l’Ukraine ! »
« Le prisonnier Oleg Sentsov a accepté de consommer de la nourriture », a annoncé de son côté le service pénitentiaire russe, disant que « les meilleurs nutritionnistes de Moscou ont élaboré un programme pour l’aider à ingérer progressivement des aliments solides ». L’avocat d’Oleg Sentsov, Dmitri Dinze, n’était pas joignable pour un commentaire.

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Auparavant, le vice-directeur du service pénitentiaire russe, Vitali Maximenko, avait annoncé à l’agence Interfax la fin de la grève de la faim d’Oleg Sentsov et avait remercié les médecins et avocats l’ayant convaincu qu’il « faut vivre, que la vie continue ». Interviewé par la télévision indépendante Dojd, Vitali Maximenko a ajouté qu’Oleg Sentsov était « jeune, il deviendra peut-être un réalisateur célèbre. Qu’il vive ! »
Condamné à vingt ans de prison
Oleg Sentsov est connu pour son film Gamer, qui raconte l’histoire d’un adolescent participant à des compétitions de jeux vidéo tout en faisant face à une vie quotidienne difficile dans un village d’Ukraine. Le film avait été montré dans plusieurs festivals et récompensé à Rotterdam en 2012.
En mai 2014, opposé à l’annexion de la Crimée par la Russie, Oleg Sentsov a été arrêté à son domicile. Accusé d’avoir coordonné les activités d’un groupe de militants affiliés au mouvement ultranationaliste ukrainien Pravy Sektor (« secteur droit »), il a été condamné en août 2015 à vingt ans de prison pour « terrorisme » et « trafic d’armes », à l’issue d’un procès qualifié de « stalinien » par l’ONG Amnesty International.

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La dernière photographie d’Oleg Sentsov, diffusée la semaine dernière par les services pénitentiaires russes, montrait un médecin en blouse blanche l’auscultant, torse nu, dans un cabinet médical. Le cinéaste, qui mesure 1,90 mètre, y apparaissait affaibli et amaigri.
Les pays du G7 et de nombreuses personnalités du monde culturel ont appelé à sa libération. Malgré les déclarations alarmistes de proches concernant la dégradation de l’état de santé d’Oleg Sentsov, le Kremlin a répété à plusieurs reprises qu’une grâce présidentielle ne pouvait être accordée qu’à la demande du prisonnier, ce qu’Oleg Sentsov refuse de faire.
La Russie et l’Ukraine sont à couteaux tirés depuis l’arrivée au pouvoir, en 2014, de pro-Occidentaux à Kiev, suivie de l’annexion de la Crimée par Moscou et d’un conflit armé dans l’Est séparatiste prorusse du pays, qui a fait plus de dix mille morts.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Vingt-deux personnes ont été interpellées et placées en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour « violences volontaires et séquestration en réunion ».
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Le siège de SOS Méditerranée occupé par des militants identitaires

Vingt-deux personnes ont été interpellées et placées en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour « violences volontaires et séquestration en réunion ».



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 18h36
   





                        


Une vingtaine de militants du groupuscule d’extrême droite Génération identitaire ont occupé le siège de SOS Méditerranée, vendredi 5 octobre, à Marseille, a annoncé l’ONG sur Twitter. Les locaux ont été « attaqué[s] par une dizaine de militants identitaires. La police est sur place et procède à des arrestations. Le personnel de @SOSMedFrance est sain et sauf, mais sous le choc », écrit l’ONG, qui intervient en mer avec le navire humanitaire Aquarius pour secourir des migrants tentant la traversée vers l’Europe.

🔴URGENT Le siège de @SOSMedFrance à #Marseille a été attaqué ce vendredi par une dizaine de militants identitaires.… https://t.co/duJFEjpx6O— SOSMedFrance (@SOS MEDITERRANEE France)


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« Les individus ont mis dehors tout le personnel qui était présent » et ont déployé une banderole à la fenêtre « SOS Méditerranée complice du trafic d’êtres humains », a dit un porte-parole de la direction départementale de la sécurité publique. Aucune personne n’a été blessée. Les individus ont été interpellés sans incident très rapidement après le début de leur action, vers 14 heures, selon la même source.

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Vingt-deux personnes ont été placées en garde à vue dans des commissariats de Marseille dans le cadre d’une enquête de flagrance ouverte pour « violences volontaires et séquestration en réunion », a fait savoir la police, et les « plaintes de SOS Méditerranée sont en cours d’enregistrement ».
Ils réclament la saisie de l’« Aquarius »
Le groupe d’extrême droite Génération identitaire a revendiqué cette action dans un communiqué publié sur Facebook. « Réalisée de manière pacifique, notre action vise à dénoncer la complicité de cette ONG qui, sous couvert “d’humanitaire”, collabore avec les passeurs de clandestins », écrivent les militants, promouvant une pétition pour réclamer la « saisie de l’Aquarius ».

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Le sénateur RN des Bouches-du-Rhône, Stéphane Ravier, s’est félicité de cette action sur Twitter : « L’ONG pseudo-humanitaire SOS Méditerranée est bel et bien complice des trafiquants d’êtres humains : bravo à Génération identitaire pour son action pacifique devant leurs locaux à #Marseille ! Le temps de l’impunité est terminé ! »
Benoît Payan, président du groupe socialiste de Marseille et conseiller départemental des Bouches-du-Rhône, a quant à lui dit son « effroi » en découvrant cette occupation. « Mais qui sont ces gens qui attaquent des ONG, des sauveteurs, des héros ? Ce sont des nervis, des factieux, la lie de l’humanité. Honte à eux, et honte à ceux qui alimentent leurs fantasmes dégénérés », a-t-il réagi dans un communiqué, appelant à « la dissolution de ces groupuscules fascistes ».
Manifestation de soutien samedi
L’association SOS Méditerranée, qui affrète l’Aquarius avec Médecins sans frontières, menacée de perdre le pavillon panaméen de son navire, a appelé à une manifestation samedi dans une trentaine de villes de France et d’Europe afin de soutenir ses opérations de sauvetage.
Sous la bannière « Defend Europe », l’action de Génération identitaire s’est focalisée dernièrement sur les migrants, en Méditerranée ou dans les Hautes-Alpes. Dans le passé, elle avait ciblé des mosquées.

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                « Pour les migrants en mer, le plus grand danger ce sont la politique, les politiciens et la politique extérieure de l’UE »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le nouveau secrétaire général d’Amnesty International, Kumi Naidoo, dénonce les conditions inhumaines dans lesquelles plus de 8 000 personnes survivent dans ce camp de Lesbos, en Grèce.
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Crise des réfugiés : « Jeudi, soixante-cinq familles n’ont pas eu à manger dans le camp de réfugiés de Moria »

Le nouveau secrétaire général d’Amnesty International, Kumi Naidoo, dénonce les conditions inhumaines dans lesquelles plus de 8 000 personnes survivent dans ce camp de Lesbos, en Grèce.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 15h33
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 16h09
    |

                            Marina Rafenberg (Athènes, intérim)








                        


Le nouveau secrétaire général d’Amnesty International, Kumi Naidoo, était sur l’île de Lesbos jeudi pour dénoncer les conditions inhumaines dans lesquelles plus de 8 000 personnes survivent dans un camp conçu pour en accueillir moins de la moitié. Il appelle les gouvernements européens à accueillir les réfugiés avec plus de dignité et à transférer au plus vite sur le sol grec les groupes les plus vulnérables comme les femmes seules et les enfants.

   


Quelle est votre priorité en tant que nouveau secrétaire général d’Amnesty International ?
Kumi Naidoo : J’ai décidé de mettre la priorité sur la crise migratoire, car il existe un déni sur la question des réfugiés, alors que le changement climatique ne va qu’en créer de plus en plus. La crise est loin d’être finie, et il faut y apporter de bien meilleures réponses. Il faut rappeler que la convention de Genève relative au statut des réfugiés est née, après la seconde guerre mondiale, du besoin d’accueillir et de protéger les personnes persécutées dans leur pays à l’époque, surtout en Europe. Et maintenant, l’Union européenne agit comme si elle reniait ses valeurs, son sens de l’humanité et de la compassion… Ce paradoxe est inquiétant, et le prix Nobel de la paix attribué à l’Union européenne en 2012 devrait lui être retiré, après ce que j’ai vu dans ce camp de Moria, à Lesbos !

        Reportage (édition abonnés) :
         

          A Lesbos, le cauchemar des réfugiés de Moria



Justement, quelles sont vos impressions après avoir visité ce camp, qui a été conçu pour 3 100 personnes mais en accueille désormais plus du double ?
Quand je vois le camp de Moria, je ne pense pas du tout être en Europe… C’est très choquant ! Je dois dire que j’ai assisté à de nombreuses expériences douloureuses dans ma vie, mais dans ce camp, j’ai dû lutter pour ne pas verser de larmes à l’écoute des histoires des réfugiés. Une Afghane seule avec ses trois enfants m’a demandé en pleurs : « peux-tu imaginer que nous attendons dix heures debout pour avoir un peu de nourriture ? » Jeudi, soixante-cinq familles n’ont pas eu à manger. Tout le monde est dans l’incertitude sur son avenir, ils ne savent pas s’ils vont être renvoyés en Turquie, s’ils vont rester en Grèce et dans quelles conditions. Peu de personnes peuvent survivre à des conditions pareilles sans devenir fou…

        Reportage en BD :
         

          En Grèce, dans l’enfer du camp de réfugiés de Moria



Pourquoi, selon vous, malgré les critiques récurrentes, la situation dans le camp de Moria ne s’améliore-t-elle pas ?
Avec un peu de volonté politique, ces conditions pourraient s’améliorer. Avec moins de bureaucratie, les réfugiés pourraient partir plus vite des îles pour rejoindre le continent européen et vivre dans de meilleures conditions. La distribution de nourriture ne devrait pas non plus nécessiter d’attendre des heures debout. Mais la ligne de l’Union européenne, c’est d’en faire le moins possible, de repousser le problème à ses frontières et d’appliquer une politique de « containment » qui va contre l’esprit des droits de l’homme pourtant chers aux fondateurs de l’UE.
Si des pays comme le Kenya arrivent à accueillir 1,5 million de réfugiés, pourquoi l’Union européenne, une des premières puissances au monde, n’arrive pas à accorder un accueil digne aux quelques milliers de personnes bloquées en Grèce ? Tout dirigeant européen devrait visiter ce camp, regarder ensuite les citoyens européens dans les yeux et leur dire que l’accord UE-Turquie de 2016 – qui prévoit le renvoi systématique de tous les migrants vers la Turquie, y compris les demandeurs d’asile, en contrepartie d’un soutien financier – est juste, légitime, et reflète les valeurs de l’Europe. Si l’Union européenne veut dissuader les réfugiés du côté turc de venir en Grèce, c’est peine perdue ! Personne ne quitte son pays par plaisir, ne traverse la mer sur un rafiot pour arriver dans un camp insalubre. Les réfugiés continueront d’affluer tant qu’existeront des bombardements et des guerres…

        Décryptage :
         

          Syrie, Erythrée, Afghanistan… ce que fuient migrants et réfugiés



Vendredi, Amnesty publie un rapport sur les conditions de vie des femmes dans les camps de réfugiés en Grèce. Pourquoi est-il important de s’intéresser de près au cas des femmes réfugiées ?
Les femmes sont les plus vulnérables et représentent désormais un fort pourcentage de la population présente dans les camps. Les agressions sexuelles sont nombreuses, les femmes enceintes n’ont pas accès aux soins. Pour elles, aller aux toilettes est difficile. Il n’y a pas de lumière dans le camp pour éclairer le chemin jusqu’aux sanitaires, les verrous des portes des toilettes sont absents… Combien ça coûte de mettre des verrous aux toilettes ? Pourquoi ne pas en mettre ? C’est une question de dignité humaine et ce n’est pas une question de coût, là encore…

        Notre enquête (édition abonnés) :
         

          Viols, prostitution, violence, l’enfer des femmes migrantes






                            


                        

                        


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L’église suédoise de Paris, refuge pour les jeunes Afghans 
                  
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LE MONDE
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                  05.10.2018 à 14h13


Depuis plus d’un an, l’église suédoise de Paris voit arriver de jeunes migrants afghans, déboutés du droit d’asile dans le royaume scandinave, qui viennent tenter leur chance en France.

Par             Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)





                     
Les tout premiers sont arrivés voilà un an et demi, un jour de février 2017. L’église suédoise, rue Médéric, dans le 17e arrondissement, a l’habitude de voir passer des compatriotes, quand ils font escale à Paris. « Ils viennent manger une brioche à la cannelle ou discuter un peu », raconte Annika Casalonga, une paroissienne. Le bâtiment, en brique rouge, un drapeau suédois fièrement dressé sur la façade, est un lieu de retrouvailles. Mais ce jour-là, les quatre visiteurs venus de Stockholm étaient différents.
Les jeunes hommes ne se sont pas fait prier pour raconter leur histoire, en suédois. Tous les quatre sont afghans. Ils sont arrivés en Suède en 2015, mineurs isolés, venus sans famille. Ils espéraient y obtenir l’asile, mais leur demande a été rejetée, au bout de deux ans d’attente. Plutôt que risquer l’expulsion vers leur pays d’origine, ils ont donc quitté le royaume scandinave, pour venir tenter leur chance à Paris. Entre-temps, ils sont devenus majeurs. Mais on leur a dit que la France accordait l’asile à 70 % des demandeurs afghans et qu’elle ne renvoyait pas les déboutés.
Le « moins-disant européen »
Pour les paroissiens, des Suédois installés à Paris, c’est une surprise. Ils savaient que le sort de ces jeunes migrants divisait leur pays depuis des mois, mais ne s’attendaient pas à les retrouver ici. L’époque où le premier ministre social-démocrate, Stefan Löfven, en septembre 2015, défendait « une Europe qui ne construit pas de murs » est depuis longtemps révolue.
Le 12 novembre 2015, le royaume a fermé ses frontières. Dans la foulée, le gouvernement a annoncé une série de mesures, destinées à aligner la politique suédoise de l’asile sur « le moins-disant européen » : généralisation des permis de séjour temporaire, limitation du regroupement familial, incitations au retour.

Annika Casalonga l’avoue volontiers : guide-interprète, installée depuis trente ans en France, elle faisait...





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L’église suédoise de Paris, refuge pour les jeunes Afghans
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Aux origines du sauvetage en mer

Kiara Neri, chercheuse en droit international, revient sur la naissance, dès le XVIIe siècle, de l’obligation de porter secours aux naufragés.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 13h00
    |

                            Kiara Neri (Maîtresse de conférences en droit international, à l'université Jean-Moulin-Lyon-III)








                        



                                


                            

Les océans fascinent depuis toujours, aussi bien pour leur beauté et leur attractivité que pour leur dangerosité. On se souvient des vers de Victor Hugo qui, dans Oceano Nox, chantait les « naufragés, victimes d’une mer sans fond (…) sous l’aveugle océan à jamais enfouis ! » C’est cette inquiétude inhérente aux risques liés aux activités maritimes qui a donné naissance à l’obligation de porter secours. L’actualité tragique commande de s’interroger sur l’origine de cette obligation, son contenu et la manière dont elle est appliquée par nos démocraties européennes.
La naissance de l’obligation. Dès le XVIIe siècle, le droit français organise l’obligation de porter secours aux personnes en danger en mer. L’ordonnance de la marine de 1681 imposait déjà à quiconque voyant des personnes en danger de naufrage de faire tout pour les secourir. Dans le même sens, un devoir d’assistance est imposé aux navires publics français dès 1790. La pratique française étant loin d’être isolée, l’obligation va petit à petit s’étendre à tous les capitaines de navires. Elle sera accompagnée du développement par les Etats côtiers de services de sauvetage au large de leurs côtes. Ainsi, à la suite de terribles accidents maritimes, le Parlement britannique créa, en 1823, une ­société pour la sauvegarde des naufragés et de leurs biens qui deviendra la Royal National Lifeboat Institution. A peine quelques années plus tard, une société semblable était créée à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). L’obligation d’assistance moderne était donc créée dès le début du XIXe siècle. Elle a depuis acquis une valeur coutumière et s’impose donc à tous les Etats. Elle a également été codifiée dans un nombre important de conventions internationales depuis 1910 avant d’être consacrée dans sa forme ­actuelle en 1982, dans la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (article 98).
Le contenu de l’obligation....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Confrontée à la montée du populisme de droite, l’Allemagne paraît confrontée à une impasse, s’inquiète ce grand historien. Le pays a sous-estimé le fossé culturel politique créé par sa partition d’après-guerre, qui a favorisé l’émergence de l’AfD à l’Est.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Heinrich August Winkler : « L’entrée de l’extrême droite au Bundestag est un tournant dans l’histoire allemande »

Confrontée à la montée du populisme de droite, l’Allemagne paraît confrontée à une impasse, s’inquiète ce grand historien. Le pays a sous-estimé le fossé culturel politique créé par sa partition d’après-guerre, qui a favorisé l’émergence de l’AfD à l’Est.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 11h52
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            
Professeur émérite de l’université Humboldt, à Berlin, Heinrich August Winkler, 79 ans, est spécialiste de l’histoire moderne et contemporaine de l’Allemagne. Après avoir consacré plusieurs travaux de référence à la République de Weimar (1918-1933), il s’est intéressé à la Sonderweg, cette « voie particulière » empruntée par l’Allemagne avant d’accéder à la démocratie dite « occidentale », une question très débattue dans l’historiographie contemporaine. Cette réflexion est au cœur de son ouvrage le plus célèbre, traduit en français sous le titre Histoire de l’Allemagne (XIXe-XXe siècle). Le long chemin vers l’Occident (Fayard, 2005).

La crise politique que l’Allemagne traverse aujourd’hui a-t-elle connu un précédent dans l’histoire de la République fédérale ?
L’Allemagne a connu des crises gouvernementales très importantes dans les années 1960, 1970 et 1980. Je pense par exemple à la chute du gouvernement de Ludwig Erhard en 1966, quand le Parti libéral-démocrate (FDP) a quitté la coalition qu’il formait avec les conservateurs (CDU-CSU, Union chrétienne-démocrate d’Allemagne – Union chrétienne-sociale en Bavière), ou encore à la perte de la majorité constituée par le Parti social-démocrate (SPD) et le FDP sous Willy Brandt, en 1972, qui avait provoqué des élections législatives anticipées.
Ce qui est nouveau, c’est que la rébellion vient du camp même de la chancelière, la CDU-CSU, et non de son partenaire de coalition, le SPD. Cette rébellion de l’intérieur a été symbolisée, le 25 septembre, par la défaite de Volker Kauder, qui briguait un nouveau mandat à la tête du groupe CDU-CSU du Bundestag. Le fait que ce proche d’Angela Merkel, qui occupait ce poste depuis treize ans, ait ainsi été battu, donne la mesure du mécontentement que doit affronter la chancelière au sein de sa propre majorité.
Cela crée une situation politique particulière. La chancelière est très affaiblie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Né du combat contre l’euro, le parti Alternative pour l’Allemagne mobilise désormais sur le racisme et la crise des migrants. Entré au Bundestag en septembre 2017, il menace la majorité absolue de la CSU lors des élections du 14 octobre en Bavière.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤               En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Entré au Bundestag en septembre 2017, il menace la majorité absolue de la CSU lors des élections du 14 octobre en Bavière.             Un soir de septembre en Bavière, à Moosburg-sur-l’Isar, coquette cité de 18 000 habitants à une cinquantaine de kilomètres de Munich. Corsetée dans un Dirndl, la robe traditionnelle bavaroise, Melanie Hilz est un peu seule sous son parasol aux couleurs du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD). Peu de passants viennent lui parler. Beaucoup l’évitent, détournent le regard ou changent de trottoir. Certains sont même agressifs. Comme cet automobiliste qui s’arrête devant elle pour lui lancer : « Espèce de sale nazie ! »           Melanie Hilz ne se laisse pas démonter. Rien ne semble pouvoir altérer le sourire conquérant de cette femme de 32 ans, « mariée, mère de trois enfants et grossiste à temps partiel », comme le précise le tract qui promeut sa candidature aux élections régionales bavaroises du 14 octobre. A ses côtés, un de ses soutiens répond du tac au tac : « Nous sommes habitués à être traités comme des pestiférés. Comment voulez-vous qu’il en soit autrement, quand la presse et les partis du système nous insultent du matin au soir ? Mais cela n’a pas d’importance. Ce qui compte, c’est la façon dont les gens votent. Or, sur ce point, ce qui s’est passé depuis la création de l’AfD, en 2013, est extraordinaire ! Qui aurait imaginé, à l’époque, que nous serions aujourd’hui le premier parti d’opposition de ce pays ? Voilà pourquoi ceux qui nous méprisent ou nous haïssent ne nous font ni chaud ni froid. Ils verront, encore une fois, le 14 octobre… »                      — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     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Brexit : pour la première fois, la City est délaissée par le gouvernement britannique

Pour des raisons politiques, la première ministre britannique, Theresa May, ne donne pas la priorité au secteur financier.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 11h11
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Les lobbyistes de la City ne comprennent plus ce qui leur arrive. En privé, ils reconnaissent volontiers que les portes du 10 Downing Street leur sont désormais quasiment fermées. La première ministre britannique, Theresa May, n’écoute guère leurs préoccupations.

La City a dû se rendre à l’évidence : elle a perdu la première manche des négociations du Brexit. Elle qui a fait campagne contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, puis qui s’est battue de toutes ses forces contre la perte du fameux passeport financier européen, est contrainte de capituler en rase campagne. Non seulement le centre financier britannique va perdre le précieux sésame, qui permet de vendre des produits à travers toute l’UE, mais Downing Street ne semble guère s’en émouvoir.
En juillet, quand elle a présenté son plan officiel pour le Brexit, Mme May a demandé à rester dans le marché unique pour les biens, mais pas pour les services. Les intérêts de la finance ont été délaissés.
« La priorité est donnée à l’industrie »
Vince Cable, ancien ministre des entreprises (2010-2015) et actuel leader des libéraux-démocrates, n’en revient pas. « Quand j’étais au gouvernement, à chaque déplacement à l’étranger, il était clair que la finance était l’un des premiers secteurs que nous défendions. Nous n’avions même pas besoin de le dire. Maintenant, voilà que Londres dit le contraire. La priorité est donnée à l’industrie », confiait-il lors d’une récente conférence à la London School of Economics.
En juillet, quand elle a présenté son plan officiel pour le Brexit, Theresa May a demandé à rester dans le marché unique pour les biens, mais pas pour les services.
Selon lui, cela relève en partie du hasard : rester dans le marché unique pour les biens – et donc ne pas mettre en place de contrôles douaniers – permet d’éviter l’instauration d’une frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, ce qui est une priorité politique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Une nouvelle étude estime que, sur vingt ans, le Royaume-Uni a perdu l’équivalent de deux ans de produit intérieur brut à cause du poids excessif de la City.
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« La malédiction de la finance » étouffe l’économie

Une nouvelle étude estime que, sur vingt ans, le Royaume-Uni a perdu l’équivalent de deux ans de produit intérieur brut à cause du poids excessif de la City.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 11h04
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

« Les politiciens qui se lèchent les babines à l’idée d’attirer de nombreux banquiers à Paris grâce au Brexit feraient bien de faire attention à ce qu’ils souhaitent. Economiquement, cela pourrait se retourner contre eux », prévient Nicholas Shaxson.
L’auteur de The Finance Curse. How Global Finance is Making Us All Poorer (« la malédiction de la finance », éditions Bodley Head, non traduit), sortie presse vendredi 5 octobre, n’est pas un dangereux anticapitaliste primaire. La finance est absolument nécessaire au développement économique, selon le journaliste. Mais son ouvrage vient vulgariser un concept ancien, redéveloppé depuis une dizaine d’années par un groupe d’économistes : trop de finance peut finir par étouffer la croissance.
Une nouvelle étude, d’Andrew Baker, de l’université britannique de Sheffield, Gerald Epstein, de l’université du Massachusetts à Amherst, et Juan Montecino, de l’université de Columbia, à New York, publiée, vendredi, pour coïncider avec la parution du livre, chiffre pour la première fois les dégâts de cet excès de finance pour le Royaume-Uni, pays où la City possède un poids prépondérant. Résultat : de 1995 à 2015, le pays aurait perdu 4 500 milliards de livres, l’équivalent de deux ans du produit intérieur brut (PIB) actuel. Soit 170 000 livres par foyer en moyenne.

Au Royaume-Uni, le secteur financier pèse 6,5 % de l’économie
« Le chiffre est une estimation qui demande d’autres recherches, précise immédiatement M. Baker. Mais il est gigantesque, et c’est un ordre de grandeur qui donne une bonne idée de la façon dont la finance écrase tout le reste de l’économie. » Ce résultat est particulièrement intéressant comparé à celui des Etats-Unis : sur la même période, la première puissance économique mondiale aurait perdu environ un an de PIB seulement. « Le coût pour le Royaume-Uni serait donc deux à trois fois plus grand parce que la finance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ La coalition au pouvoir à Rome, incapable de boucler sérieusement son budget pour 2019, se tourne de plus en plus vers les investissements chinois. Au risque de se laisser prendre au piège de la dépendance, note l’éditorialiste économique du « Monde », Philippe Escande, dans sa chronique.
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« Le gouvernement populiste italien rêve d’ouvrir grandes les portes à la Chine »

La coalition au pouvoir à Rome, incapable de boucler sérieusement son budget pour 2019, se tourne de plus en plus vers les investissements chinois. Au risque de se laisser prendre au piège de la dépendance, note l’éditorialiste économique du « Monde », Philippe Escande, dans sa chronique.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 10h50
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

« Pertes & profits ». C’est en grande partie grâce à Marco Polo que la Chine s’est éveillée au reste du monde. Les récits du marchand vénitien, dictés après son retour, vers 1295, d’une prison génoise, ont eu un impact considérable sur toute l’Europe. ­
Michele Geraci, lui aussi, revient de Chine. Ce professeur de finance sicilien a enseigné à Shanghaï. Dès son retour, comme Marco, il a voulu ­convaincre ses compatriotes des merveilles rencontrées. Il a trouvé l’oreille attentive de Matteo Salvini, le patron de la Ligue (extrême droite). Parvenu au pouvoir, ce dernier l’a fait nommer sous-secrétaire d’Etat au développement économique. Depuis, il ne rêve que d’ouvrir plus grandes les portes à ses amis chinois.

A l’agence Bloomberg, il révèle que l’Italie devrait signer cette année un mémorandum avec la Chine, faisant de son pays la pointe avancée en Europe du projet de Pékin d’infrastructure géante (« One Belt One Road ») reliant l’Extrême-Orient à l’Europe. Un programme d’investissements massifs dans le ferroviaire, ­l’aérien, l’espace et la culture. « Nous sommes très différents du gouvernement précédent sur ce sujet », assure M. Geraci.
L’Europe, cible privilégiée de Pékin
Cette rupture affichée l’est aussi avec le reste de l’Union européenne (UE), en ce moment très réservée sur le sujet et, bien sûr, avec l’exécutif américain, en guerre commerciale ouverte avec la Chine. Jeudi 4 octobre, le conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, a indiqué que son pays, pourtant très protectionniste quand ça l’arrange, était en train de discuter avec l’UE afin de former « une coalition de volonté commune pour combattre la Chine dans le domaine commercial. »
Il faut dire que l’Europe est la cible privilégiée de Pékin. Le Vieux Continent accueille à lui seul près de 60 % des investissements chinois à l’étranger, contre seulement 25 % aux Etats-Unis et 15 % en Asie et Afrique. D’où l’importance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Au moyen de communiqués séparés, les Occidentaux ont désigné, jeudi, la Russie comme responsable de cyberattaques de grande envergure.
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L’Europe et les Etats-Unis dénoncent d’une même voix la cyberguerre russe

Au moyen de communiqués séparés, les Occidentaux ont désigné, jeudi, la Russie comme responsable de cyberattaques de grande envergure.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 11h29
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen) et 
                                service international








                        



                                


                            

Le Royaume-Uni et les Pays-Bas, l’OTAN, les Etats-Unis, puis le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande au moyen de communiqués séparés, suivis de l’Union européenne : de façon concertée, jeudi 4 octobre, les Occidentaux ont désigné la Russie comme la responsable de cyberattaques de grande envergure déstabilisantes pour l’ordre international.
L’heure est à la riposte politique. Sont dénoncées les campagnes de désinformation de nature à « saper les démocraties occidentales », selon les termes d’Ank Bijleveld, la ministre néerlandaise de la défense, les tentatives de pénétrer l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), plusieurs instances antidopage, ou même la compagnie américaine Westinghouse, qui fournit du combustible nucléaire aux centrales d’Ukraine. Associé à plusieurs groupes de pirates informatiques, le service de renseignement militaire russe, le GRU, est au centre des dossiers instruits par les alliés.
James Mattis, le secrétaire à la défense américain, a souligné « l’attitude irresponsable » de Moscou qu’il a sommé de « rendre des comptes »
Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’OTAN, a évoqué, à l’issue d’une réunion des ministres de la défense des 29 alliés, des « tentatives flagrantes de saboter les institutions internationales ». Présent à Bruxelles, James Mattis, le secrétaire à la défense américain, a souligné « l’attitude irresponsable » de Moscou qu’il a sommé de « rendre des comptes ». Les présidents du Conseil européen et de la Commission, Donald Tusk et Jean-Claude Juncker, ont dénoncé, avec la haute représentante Federica Mogherini, « un acte d’agression qui démontre le mépris » de Moscou envers l’OIAC.
Paris resté en retrait
Les Etats-Unis promettent de mettre à la disposition de leurs partenaires leurs capacités cyber (y compris offensives). Dans le cadre de « l’engagement en faveur de la cyberdéfense » pris par l’OTAN en 2016, le Royaume-Uni,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Le classement international de 195 pays selon la qualité du capital humain place la France au 9e rang, mais au 21e rang seulement en matière de formation. L’économiste de la santé Christopher Murray revient sur ces chiffres et avance le lien entre croissance économique et formation de qualité.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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« Pour être forte économiquement, la France doit encore investir dans la formation »

Le classement international de 195 pays selon la qualité du capital humain place la France au 9e rang, mais au 21e rang seulement en matière de formation. L’économiste de la santé Christopher Murray revient sur ces chiffres et avance le lien entre croissance économique et formation de qualité.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 09h02
    |

Christopher Murray (Economiste de la santé)







                        



                                


                            

Tribune. Un vieux proverbe français s’applique bien au concept de « capital humain », définissable comme le produit des investissements d’un pays dans la santé et l’éducation de ses citoyens : « On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. »
Fondamentalement, un gouvernement ne peut s’attendre à être fort économiquement s’il n’investit pas dans le développement de sa force de travail. Tout travail ne se vaut pas, et le degré de productivité des travailleurs peut être amélioré en s’assurant que les individus ne se contentent pas d’aller à l’école, mais y apprennent réellement quelque chose, comme le démontrent plusieurs études. Les dirigeants doivent aussi veiller à permettre à ces actifs bien formés de vivre plus longtemps et en meilleure santé.

Jusqu’à présent, il n’existait aucun outil quantitatif pour mesurer la qualité de la force de travail d’un pays. Une étude, publiée le 24 septembre dans la revue médicale internationale The Lancet, vient pallier ce manque. Elle permet au législateur de comparer l’évolution du capital humain pays par pays entre 1990 et 2016. Elle résulte de l’analyse systématique de données issues de plus de 100 000 sources provenant, entre autres, des administrations gouvernementales, des établissements d’enseignement et des systèmes de santé.
Force de travail
Aujourd’hui, la France n’a pas à rougir de son capital humain, mais d’autres pays progressent plus vite. Le pays se classe 9e sur 195 pays et territoires à l’échelle mondiale en 2016, avec 25 ans de « capital humain espéré », c’est-à-dire le nombre moyen d’années que les Français peuvent espérer travailler au maximum de leur productivité, tout en se maintenant en bonne santé et à un haut niveau de compétences.
La Finlande, l’Islande et le Danemark occupaient, dans cet ordre, les trois premières places en 1990. Ils récidivent en 2016. Et chacun de ces pays a augmenté son nombre d’années...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Cet ecclésiastique évangélique, accusé d’espionnage et retenu depuis deux ans, est au cœur d’un conflit majeur entre Washington et Ankara.
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Il y a quelque chose de démesuré dans le destin d’Andrew Brunson. Comme un décalage entre son personnage de modeste pasteur évangélique américain installé en Turquie depuis vingt-cinq ans et le tumulte diplomatico-économique en cours autour de lui. Ce quinquagénaire, accusé par la justice turque d’espionnage militaire et de collusion avec des « organisations terroristes », doit comparaître le 12 octobre devant un tribunal à Izmir (ouest de la Turquie). A elle seule, la salle d’audience incarne le côté surréaliste du dossier : un ancien terrain de basket-ball aménagé en tribunal après la tentative de coup d’Etat de juillet 2016 pour y juger 270 militaires factieux. Un décor à l’évidence trop vaste pour ce prévenu à l’apparence on ne peut plus discrète : silhouette frêle, visage doux, yeux bleu vif derrière des lunettes cerclées de métal.           Comment ce pasteur sans histoires, dont l’église, à Izmir, est si petite qu’il est possible de passer devant sans la voir, a-t-il pu devenir l’enjeu d’une crise majeure entre les deux alliés de l’OTAN et leurs deux présidents impulsifs, Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan ? Arrêté lors des purges consécutives au coup d’Etat raté, Andrew Brunson est notamment accusé de lien avec le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, installé aux Etats-Unis – le cerveau de la tentative de coup d’Etat, d’après Ankara – et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). S’il est reconnu coupable, il risque trente-cinq ans de prison. Une hypothèse inacceptable pour Donald Trump et pour son vice-président, Mike Pence, lui-même membre de l’Eglise évangélique presbytérienne (EPC), la congrégation du pasteur emprisonné.            Lire aussi La livre turque en pleine débâcle              A l’approche des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, début novembre, M. Trump est résolu à batailler ferme. Après avoir réclamé le « retour à la maison » de ce « formidable chrétien et père de famille », il a fini par sortir le bâton des sanctions contre la Turquie, précipitant l’effondrement de la monnaie nationale en août, et s’attirant les foudres de son homologue. « Vous osez sacrifier la Turquie et ses 81 millions d’habitants pour un pasteur en relation avec des groupes terroristes ? », a tonné M. Erdogan, menaçant d’orienter son pays vers « de nouvelles alliances ».                      — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de 400 journalistes    Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.    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Au procès Pastor, lendemain chagrin et occasion manquée

L’audience a repris, jeudi, son rythme de croisière. Personne ne s’est saisi de ce moment de bascule que fut la diffusion de la vidéo des aveux du principal accusé, Wojciech Janowski.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 21h58
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 10h56
    |

            Pascale Robert-Diard








                        



                                


                            
Le vertige, puis plus rien. L’audience du procès Pastor a repris, jeudi 4 octobre, son rythme de croisière. Pas de question à Wojciech Janowski, pas de confrontation avec son ancien coach Pascal Dauriac, nulle sollicitation des parties civiles après ce moment de bascule que fut la diffusion de l’enregistrement vidéo des aveux passés par le principal accusé du procès Pastor pendant sa sixième audition de garde à vue.

Post-coïtum d’audience, chronique judiciaire triste. Dans ce lendemain chagrin, il y a certes la frustration d’avoir été privée d’un nouvel épisode à raconter de cette invraisemblable affaire Pastor. Mais il y a surtout la conviction d’une occasion manquée.
A quoi sert un procès d’assises ? A organiser un débat contradictoire et si possible serein sur les charges retenues contre les accusés et les moyens de leur défense afin de rendre un verdict. On peut pour cela rester précautionneusement dans les rails tracés par l’instruction, a fortiori lorsque celle-ci est solide. On peut aussi avoir l’envie – et accepter, voire provoquer le risque – que de cette confrontation orale et publique, pendant cinq semaines, naisse autre chose que la simple traduction d’un dossier de papier. Ce risque n’a pas été pris au procès Pastor.
En prenant tout le monde de court, mercredi 3 octobre, avec la diffusion de ces enregistrements de garde à vue, le président Pascal Guichard avait pourtant donné l’impression de vouloir faire bouger les lignes. Depuis le début du procès, Wojciech Janowski et ses deux avocats, Mes Eric Dupond-Moretti et Luc Febbraro, s’étaient en effet employés à limiter la portée de ces aveux en garde à vue, en dénonçant les conditions – scandaleuses à les en croire – dans lesquelles elle s’était déroulée. Cet argument s’est effondré avec la diffusion de l’enregistrement.
Nul ne s’est saisi des clés données par l’interrogatoire filmé
Mais ces deux heures d’interrogatoire de Wojciech Janowski face aux policiers...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Chose inédite, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et le Canada ont accusé la Russie d’être responsable de cyberattaques majeures.
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Les Occidentaux se coordonnent pour accuser la Russie de cyberattaques

Chose inédite, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et le Canada ont accusé la Russie d’être responsable de cyberattaques majeures.





LE MONDE
 |    04.10.2018 à 19h15
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 08h26
    |

            Michaël Szadkowski et 
Martin Untersinger






   


Les annonces concertées ont eu lieu alors que les ministres de la défense des pays de l’OTAN sont réunis à Bruxelles pour un sommet, où la question des attaques informatiques russes était au menu. Les Etats-Unis ont officialisé, à cette occasion, la mise à disposition de ses capacités en matière de cyberdéfense, qui pourront être directement utilisées par l’OTAN.
La Russie doit « cesser son comportement irresponsable », a averti, en marge de ce sommet, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. Moscou doit mettre un terme à « l’usage de la force contre ses voisins, [aux] tentatives d’immixtion dans des processus électoraux et [aux] campagnes massives de désinformation », a martelé le chef de l’Alliance atlantique.
Le GRU, le service de renseignement militaire russe et bras armé du Kremlin sur Internet, est au centre de cette cascade d’attributions d’attaques informatiques. Il a été récemment accusé par les autorités américaines d’être impliqué, peu avant l’élection américaine de 2016, dans le piratage du Parti démocrate, préambule à une plus vaste opération d’ingérence numérique de la Russie.
Pays-Bas : l’OIAC espionnée par des Russes à La Haye
Les autorités néerlandaises ont annoncé avoir déjoué, en avril, une cyberattaque contre l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), basée à La Haye. Cette organisation, impliquée dans les enquêtes sur l’empoisonnement de Sergueï Skripal et les attaques chimiques en Syrie, s’est attiré à de nombreuses reprises les foudres du Kremlin.
Quatre agents russes, expulsés depuis par les Pays-Bas, avaient positionné un véhicule truffé d’équipements électroniques sur le parking d’un hôtel proche du siège de l’OIAC, afin d’accéder à son réseau informatique interne.
« Le gouvernement néerlandais juge extrêmement inquiétante l’implication de ces agents de renseignement », a déclaré la ministre néerlandaise de la défense. L’Union européenne a dénoncé, après ces révélations, un « acte agressif » de la part du renseignement militaire russe. « Ces actions portent atteinte au droit et aux institutions internationales », ont écrit, dans un communiqué, le président du Conseil européen, Donald Tusk, celui de la Commission, Jean-Claude Juncker, et la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.
Moscou a eu recours a son habituelle ironie, fustigeant « l’ampleur » de « l’espionnite aiguë des Occidentaux », selon les termes du ministère russe des affaires étrangères.

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Le Royaume-Uni dénonce des actions « sans foi ni loi »
C’est le Royaume-Uni qui a ouvert le bal des dénonciations visant la Russie, jeudi. Le ministère britannique des affaires étrangères, Jeremy Hunt a dénoncé les actions « sans foi ni loi » du GRU, qui ont « affecté des citoyens dans de nombreux pays et coûté des millions de livres ». Les autorités britanniques évoquent ainsi à la fois l’attaque contre le Parti démocrate américain en 2016, mais aussi l’offensive contre l’Agence mondiale antidopage ou bien le virus informatique BadRabbit, qui avait touché l’Ukraine en 2017.
L’agence britannique chargée de la défense informatique a, par ailleurs, relié d’un trait plusieurs groupes que les experts en sécurité informatique rattachent depuis des années à la Russie. Pour les autorités britanniques, les groupes Fancy Bear, Sandworm, APT28 ou CyberCaliphate sont des alias derrière lesquels se cache le GRU.

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Etats-Unis : sept agents russes inculpés
La justice américaine a, elle, inculpé sept agents du GRU. Ils sont poursuivis pour avoir piraté des instances sportives internationales, parmi lesquelles l’Agence mondiale antidopage (AMA), le Comité international olympique (CIA) ou encore la FIFA. Les autorités les accusent aussi de blanchiment d’argent, de fraude bancaire et d’usurpation d’identité.
Parmi les Russes inculpés figurent les quatre agents expulsés par les Pays-Bas. Les trois autres font partie des douze responsables inculpés en juillet pour le piratage du Parti démocrate.
Canada : l’Agence mondiale antidopage visée
Le Canada y est aussi allé de sa dénonciation. Selon les autorités d’Ottawa, le renseignement militaire russe se trouve « fort probablement » derrière l’attaque de l’Agence mondiale antidopage (AMA), basée à Montréal.
En 2016, des documents internes à l’AMA contenant des informations sur les traitements médicaux de nombreux athlètes avaient été publiés sur le Web. « Le groupe avait obtenu illégalement ces renseignements en piratant le système d’administration et de gestion de l’AMA », précise le gouvernement canadien.
La même année, le Centre canadien pour l’éthique dans le sport, responsable de la lutte antidopage dans le pays, « a été compromis par un logiciel malveillant », poursuit le ministère, pour qui la responsabilité du GRU dans ce piratage est également engagée.

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Des tensions croissantes avec la Russie, la France prudente
Cette volée d’accusations concertées confirme la stratégie agressive adoptée depuis plusieurs mois par Londres, Washington et leurs plus proches alliés sur la question des attaques informatiques russes.
L’attribution d’attaque informatique est très délicate sur le plan technique. La posture de ces pays occidentaux est davantage politique, dans l’espoir de décourager la Russie de mener des attaques informatiques.
La France n’a pas, à ce stade, rejoint le concert des accusations et, quitte à donner l’impression d’être isolée, campe sur sa stratégie : celle de ne pas formuler d’accusations publiques concernant les cyberattaques qui la visent et de gérer plus discrètement les différents qui l’opposent, en particulier, à la Russie. « Nous ne sommes pas plus naïfs que les autres, mais la France n’a rien à gagner à se mettre à la remorque des autres pays », estimait, jeudi dans l’après-midi, une source gouvernementale française.




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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Quatre agents russes ont été expulsés après avoir tenté, selon La Haye, de pirater le réseau Wi-Fi de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.
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Les Pays-Bas révèlent les détails d’une opération d’espionnage russe digne de la guerre froide

Quatre agents russes ont été expulsés après avoir tenté, selon La Haye, de pirater le réseau Wi-Fi de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 17h12
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 06h36
    |

            Martin Untersinger








                        



   


Ce 13 avril en fin d’après-midi, à La Haye (Pays-Bas), une Citroën C3 gris sombre stationne sur le parking de l’hôtel Marriott. A un jet de pierre, derrière une simple barrière en métal, se dressent les locaux en demi-lune de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).
Les quatre ressortissants russes qui ont loué le véhicule, deux jours auparavant, ont éveillé les soupçons du MIVD, les services de renseignement néerlandais. Alexei Morenets, Evgeni Serebriakov, Oleg Sotnikov et Alexei Minin sont arrivés le 10 avril à l’aéroport international d’Amsterdam en provenance de Moscou, munis des passeports diplomatiques. Les services néerlandais les ont rapidement identifiés comme des agents du GRU, le renseignement militaire russe, et les soupçonnent de préparer une opération de piratage informatique.

   


Alarmés par leur proximité avec les locaux de l’OIAC, ils décident d’appréhender les quatre Russes. Le résultat de leur opération a été dévoilé, avec un surprenant luxe de détails, jeudi 4 octobre par le ministère de la défense néerlandais. Selon ce dernier, les agents du MIVD ont interrompu une opération d’espionnage digne des grandes heures de la guerre froide.
A l’intérieur de la Citroën opérait un véritable poste avancé d’espionnage. Sur la plage arrière, camouflée sous un manteau noir, une antenne blanche était pointée vers les locaux de l’OIAC. Branchée à un ordinateur, alimentée par une batterie portable, elle était destinée, disent les autorités néerlandaises à pirater le réseau Wi-Fi de l’organisation. La veille, celle-ci avait confirmé dans un rapport que l’agent neurotoxique utilisé à Salisbury contre l’ex-agent double Sergueï Skripal et sa fille Ioulia, était du Novitchok, un agent innervant de conception soviétique. Au grand dam de Moscou.

   


Le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, et son homologue britannique, Theresa May, ont dénoncé dans un communiqué commun « les cyberactivités inacceptables » des services russes. « Rendre publique cette opération du GRU est une étape très inhabituelle pour les Pays-Bas », a reconnu la ministre de la défense, Ank Bijleveld, qui espère que la fermeté de l’accusation découragera le Kremlin. « L’espionnite aiguë des Occidentaux prend de l’ampleur », a réagi, pour sa part, le ministère des affaires étrangères russe.
20 000 dollars en liquide
Avant d’expulser vers la Russie les quatre espions, deux opérateurs « cyber » et deux agents au profil plus classique, les autorités de La Haye ont saisi un matériel important et un grand nombre d’indices que les suspects n’ont pas réussi, malgré leurs efforts, à faire disparaître suffisamment vite.
Le MIVD a ainsi mis la main sur 20 000 dollars (17 368 euros) et 20 000 euros en liquide, des documents, plusieurs téléphones, des appareils photo, des ordinateurs et du matériel d’espionnage. Le ministère de la défense, dans ce qui ressemble à un pied de nez à Moscou, a décidé de publier de nombreux éléments incriminants découverts par ses enquêteurs.
L’un des téléphones retrouvés a ainsi établi sa première connexion avec le réseau téléphonique via une antenne-relais située à Moscou, à quelques encablures seulement de bureaux du GRU. Pas n’importe lesquels : le chef du MIVD a expliqué lors d’une conférence de presse qu’il s’agissait de l’unité 26165, tout récemment inculpée par la justice américaine d’implication dans le piratage du Parti démocrate, peu avant l’élection présidentielle américaine de 2016.
Laboratoire d’analyses
Les services néerlandais ont aussi retrouvé dans la poche d’Alexei Morenets une note de taxi pour un trajet pour l’aéroport de Moscou. Selon cette note, le Russe est monté dans le véhicule dans une des rues adjacentes au siège du GRU. De même, des traces de recherches sur le Web portant sur l’OIAC ont été trouvées sur l’ordinateur d’Evgeni Serebriakov.
Les autorités néerlandaises ont aussi retrouvé des indices liant ces quatre Russes à plusieurs autres opérations d’espionnage. Ils étaient ainsi en possession d’un billet de train qui devait les amener d’Utrecht, à 70 kilomètres à l’est de La Haye, jusqu’à Berne, la capitale suisse, via Bâle. C’est justement près de cette ville, à Spiez, que se trouve le laboratoire spécialisé régulièrement mandaté par l’OIAC pour ses analyses. Laboratoire sur lequel l’un des Russes appréhendés aux Pays-Bas s’était renseigné sur Internet.
C’est à ce laboratoire qu’avait échu l’analyse des prélèvements effectués à Salisbury. Armé de ces résultats, le Royaume-Uni avait ensuite désigné deux autres agents du GRU, identifiés comme étant Rouslan Bochirov et Alexandre Petrov, comme responsables de l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille. Il y a quelques jours, la presse néerlandaise et suisse se faisait justement l’écho de l’arrestation au Pays-Bas de deux agents du renseignement militaire russe.
D’autres indices intéressants ont été relevés sur l’ordinateur de l’un des agents russes, notamment la trace d’une connexion au réseau Wi-Fi d’un hôtel de Kuala Lumpur en Malaisie. Les autorités néerlandaises accusent cet agent de s’être intéressé de près à l’enquête sur le crash du vol MH17, dont les autorités néerlandaises tiennent la Russie pour responsable. Cet avion, qui reliait Amsterdam à Kuala Lumpur, a été abattu par un missile en juillet 2014, dans l’est de l’Ukraine, tuant 298 personnes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ La première ministre britannique a fait son entrée sur scène au congrès du Parti conservateur en dansant sur un titre d’Abba. Un choix radical peut-être plus habile qu’il n’y paraît.
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La danse de Theresa May : gros malaise ou coup de génie ?

La première ministre britannique a fait son entrée sur scène au congrès du Parti conservateur en dansant sur un titre d’Abba. Un choix radical peut-être plus habile qu’il n’y paraît.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 17h02
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 18h04
   





                        



C’est d’abord un gros malaise. Theresa May entre en scène, en plein congrès de son parti mercredi 3 octobre, dans un enchaînement de mouvements robotiques exécutés en suivant approximativement le rythme de Dancing Queen, la chanson du groupe Abba.
« La personne qui a pensé que ce serait une bonne idée mérite d’être renvoyée », a tweeté Diane Abott, une parlementaire d’opposition. Outre la classe politique, nombreux ont été les internautes à tweeter commentaires atterrés, moqueries et détournements. Le meilleur, selon nous, sera sans aucun doute celui-ci, dont on soulignera les grosses ficelles :

I spent too much time on this. #TheresaMay https://t.co/4aODFe0VLU— Mr_LukeBenson (@Luke)


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Il ne faudrait pourtant pas y voir de la pure maladresse, ni un simple moment gênant pour elle, pour ses partisans venus l’applaudir au congrès du Parti conservateur et pour tous ceux qui sont tombés sur ces images dans un moment d’égarement, sur Internet. Les apparences peuvent être trompeuses. Non, Theresa May ne se ridiculise pas en tentant d’apparaître moins rigide qu’elle ne l’est. Elle pratique savamment une vertu toute britannique : l’autodérision. Ce qui n’a pas échappé au correspondant du Monde Philippe Bernard, qui était présent sur place.

Pour Theresa May, le Brexit vaut bien un petit swing. Les communicants avaient tout prévu: les slogans du parti n’é… https://t.co/JwrZkhvIxf— canalbernard (@Philippe Bernard)


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Car le rapport problématique de la première ministre britannique avec la danse ne date pas du congrès de mercredi. C’est à des mésaventures chorégraphiques antérieures qu’elle a voulu faire référence, des mésaventures survenues lors d’un voyage officiel en août sur le continent africain, d’abord en Afrique du Sud…

… puis au Kenya :

Les tentatives africaines de Theresa May avaient, comme il se doit, déchaîné les commentaires désapprobateurs et les moqueries. En dansant à nouveau à l’occasion du congrès conservateur, la cheffe du gouvernement britannique met la salle de son côté en se moquant d’elle-même.
C’est d’ailleurs sur la même tonalité que Mme May a prononcé les premiers mots de son discours. Déclenchant les rires de toute la salle, la première ministre s’est empressée de conserver sa légèreté une fois sa chorégraphie terminée en plaçant des références à son discours de l’année dernière, qui avait été désastreux, ravagé par des quintes de toux répétées et parasité par la chute d’éléments de décor.

https://t.co/SmNKy1dUh1— flashboy (@Tom Phillips)


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« Vous allez devoir m’excuser si je tousse pendant le discours : j’ai passé la nuit à coller le décor à la superglu ! » a-t-elle ironisé.
Il s’agissait de faire table rase et de désamorcer les railleries pour faire passer un message optimiste sur le fond et léger sur la forme, alors que le pays est confronté aux multiples difficultés du Brexit.
Et c’est bien cette volonté de légèreté qui a marqué les esprits, si l’on se fie aux « unes » de la presse britannique publiées jeudi matin.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ En septembre, des médias ukrainiens ont diffusé une vidéo où l’on voit des habitants de Transcarpatie, région à minorité hongroise, prêtant serment à la Hongrie.
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L’Ukraine expulse un consul hongrois, Budapest réplique

En septembre, des médias ukrainiens ont diffusé une vidéo où l’on voit des habitants de Transcarpatie, région à minorité hongroise, prêtant serment à la Hongrie.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 15h35
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 15h39
   





                        



   


L’Ukraine a annoncé jeudi 4 octobre l’expulsion d’un consul hongrois à la suite du scandale provoqué par une vidéo dans laquelle des Ukrainiens d’une région à minorité hongroise semblent prêter serment à la Hongrie.
Une note déclarant le consul « persona non grata » en raison d’« activités non compatibles avec son statut » diplomatique a été remise jeudi à l’ambassadeur hongrois en Ukraine. Budapest a répliqué dans la foulée en annonçant l’expulsion d’un consul ukrainien en Hongrie.

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Cet incident diplomatique fait suite à la publication en septembre par des médias ukrainiens d’une vidéo visiblement tournée en caméra cachée au consulat de Beregové, une petite ville de Transcarpatie — région de l’ouest de l’Ukraine comptant environ 100 000 habitants d’origine hongroise. On y voit des personnes prêtant serment à la Hongrie. « Je jure que je considère la Hongrie comme mon pays. Je serai citoyen fidèle de la Hongrie », répètent-elles en chœur en hongrois, avant d’écouter l’hymne de ce pays.
« Il vaut mieux ne pas rendre cela public », dit dans la vidéo une personne présentée comme un diplomate hongrois par les médias ukrainiens. « A la frontière, faites très attention ! A la frontière ukrainienne, ne montrez que votre passeport ukrainien », poursuit-elle.
Des relations toujours plus tendues
La publication de cette vidéo a crispé encore un peu les relations ukraino-hongroises, tendues depuis plusieurs années. « La Hongrie souhaite de bons rapports avec tous ses voisins, mais au cours des derniers mois, l’Ukraine n’a cessé de faire monter les tensions avec la Hongrie », a déclaré jeudi le ministre des affaires étrangères hongrois, Peter Szijjarto, selon qui le consul expulsé d’Ukraine « n’a rien fait qui aille contre les lois en vigueur. » Le consul hongrois, habitant à Beregové, « doit quitter le territoire ukrainien dans les soixante-douze heures », a exigé Kiev de son côté.
Les chefs de la diplomatie ukrainienne, Pavlo Klimkine, et hongroise, Peter Szijjarto, ont abordé cette affaire lors d’une rencontre la semaine dernière à New York, sans parvenir à un accord. Kiev, qui interdit la double nationalité, sans toutefois la sanctionner, accuse le gouvernement nationaliste de Viktor Orban d’avoir distribué ces dernières années près de 100 000 passeports hongrois à la minorité hongroise de Transcarpatie.
Budapest accuse pour sa part Kiev de porter atteinte aux droits de cette diaspora et menace d’agir au sein de l’Union européenne et de l’OTAN, dont la Hongrie est membre, pour entraver la coopération avec Kiev.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Battant pavillon italien, le navire, acheté et affreté par des militants, est parti jeudi matin pour secourir des migrants au large des côtes libyennes.
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Compte rendu

Le navire « Mare-Ionio », contre-attaque de la gauche italienne face à la politique de Salvini

Battant pavillon italien, le navire, acheté et affreté par des militants, est parti jeudi matin pour secourir des migrants au large des côtes libyennes.

Par                Antoine Harari (contributeur Le Monde Afrique, Augusta, Sicile)



LE MONDE
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        Le 04.10.2018 à 14h41

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        Mis à jour le 04.10.2018 à 18h05






    
Le « Mare-Ionio » bat pavillon italien, un pavillon très difficile à obtenir.
Crédits : Francesco Bellina / Cesura


15 heures, jeudi 4 octobre. Le Mare-Ionio vient de quitter les eaux territoriales italiennes. Dans quatre-vingts heures, il patrouillera au large des côtes libyennes pour porter secours aux migrants en perdition. Affrété par des militants de la gauche italienne, ce nouveau venu dans le sauvetage en mer lance un véritable défi à l’Europe forteresse et adresse un pied de nez au ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini.
Mercredi soir, alors que le soleil se couche sur le port d’Augusta, au sud de la Sicile, une dizaine d’hommes s’affairent sur le bateau. Pendant que deux mécaniciens soudent des parois, des volontaires de l’ONG Sea Watch terminent d’installer des caillebotis en caoutchouc noir qui permettront d’accueillir des migrants à l’avant du navire.

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L’atmosphère est tendue. Erasmo Palazzotto fait du surplace, téléphone collé à l’oreille. « Il y a trois mois, je ne connaissais rien aux bateaux. Aujourd’hui, j’en possède un », rigole-t-il. Avec deux collègues du parti Sinistra Italiana (Gauche italienne), Nichi Vendola et Nicola Fratoianni, et Rossella Muroni, présidente du parti Liberi e Uguali (Libres et égaux), ils ont acheté le Mare-Ionio. Un prêt de 465 000 euros de la Banca Etica (Institut de la finance éthique) leur a permis d’acheter 110 000 litres de pétrole, de l’électronique, et de payer l’équipage. Leur budget s’est aussi enrichi de 70 000 euros de donations qui permettront de maintenir le bateau à flot. Pour la suite des opérations, l’équipe compte sur un financement participatif sur la plate-forme sociale Mediterraneo.

    
Sur le « Mare-Ionio », les derniers travaux avant l’appareillage.
Crédits : Francesco Bellina / Cesura


Afin d’éviter les déboires de l’Aquarius, le navire bat fièrement pavillon italien, un pavillon très difficile à obtenir, certes, mais qu’il sera quasiment impossible de lui retirer au vu de la nationalité de l’équipage et du propriétaire. Ce qui n’empêche pas Erasmo Palazzotto d’être prudent. « Tout ce que nous avons fait est légal et transparent. Nous respectons le droit maritime en allant porter secours en mer », observe-t-il, avant d’ajouter : « Lorsque les réfugiés que nous aurons secourus mettront le pied sur le Mare-Ionio, ils seront en territoire italien ! »
« Population dans la rue »
Préparée dans le plus grand secret, cette opération a pris corps en juin, alors que l’Italie fermait ses ports. « Au début, nous voulions partir pendant l’été, mais cela a été plus compliqué que prévu, raconte Erasmo Palazzotto. Du coup, nous serons en mer pour marquer la date symbolique du 3 octobre 2013. » Il y a exactement cinq ans, un gigantesque bateau de pêche coulait au large de Lampedusa, causant la mort de près de 400 migrants, pour la plupart érythréens. Ce naufrage, pour lequel l’Italie avait décrété un jour de deuil national, a durablement choqué l’opinion publique de la Péninsule.
Mercredi soir toujours, l’équipage attend anxieusement la réponse de la capitainerie, censée lui délivrer l’autorisation de prendre le large. Dans un climat politique aussi tendu, le petit groupe s’attend à tout. Si tout se passe comme prévu, le navire aura atteint les côtes libyennes ce week-end, après quatre-vingts heures de mer, et devrait être rejoint par deux voiliers privés ainsi que par l’Astral, la barque d’Open Arms. L’ONG espagnole et son fondateur, Oscar Camps, participent activement au projet.

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A bord du Mare-Ionio, un médecin, quatre personnes chargées du secours en mer ainsi que quatre membres d’équipage. Viennent s’y ajouter le militant Luca Casarini, fondateur du mouvement anti-mondialisation No Global et responsable des manifestations anti-G8 à Gênes, ainsi que Giuseppe Caccia, armateur du navire. Le groupe qui reste à terre est composé, lui, d’une alliance hétéroclite de militants anarchistes et de catholiques qui en ont en commun le refus de laisser des gens mourir en mer. Et, derrière eux, « nous avons créé un réseau qui ne passe plus par les gouvernements. Les villes de Palerme, Bologne, Amsterdam et Berlin ont décidé de nous soutenir. Non seulement en acceptant d’accueillir les personnes que nous sauverons mais également en nous appuyant dans notre mission », rappelle Giuseppe.

    
Le « Mare-Ionio » dans le port d’Augusta, en Sicile, début octobre.
Crédits : Francesco Bellina / Cesura


Avant de prendre la mer, l’homme a dû apprendre un nouveau métier, celui d’armateur. Mais l’ex-consultant en urbanisme – pour la ville de Bologne et la fondation Rosa-Luxembourg à Berlin – se veut confiant. De toute façon, il n’avait pas le choix puisque ces nouveaux venus du sauvetage n’ont pas réussi à trouver un armateur prêt à leur louer son bateau. « La plupart nous ont dit qu’ils craignaient des mesures de rétorsion du gouvernement ! Cela permet de se rendre compte de la gravité de la situation en Italie en ce moment », décrypte l’homme.

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Le Mare-Ionio n’hésitera pas à appeler à la mobilisation politique en cas de refus des autorités de lui ouvrir l’un des ports italiens : « Nous ne sommes pas une nouvelle ONG mais une plate-forme sociale, affirme le militant Luca Casarini. Ce bateau doit devenir un symbole, un défi aux politiques menées par l’Italie et l’Europe. S’ils ferment leurs ports, nous appellerons la population à descendre dans la rue. »

