<FILE-date="2018/10/05/19">

<article-nb="2018/10/05/19-1">
<filnamedate="20181005"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181005"><AAMMJJHH="2018100519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ La jeune yézidie a été réduite à l’esclavage par les djihadistes de l’EI, avant de réussir à s’enfuir et de devenir la porte-parole de sa communauté en exil.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Nadia Murad, des chaînes de l’Etat islamique au prix Nobel de la paix

La jeune yézidie a été réduite à l’esclavage par les djihadistes de l’EI, avant de réussir à s’enfuir et de devenir la porte-parole de sa communauté en exil.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 15h37
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 18h33
   





                        



   


Il y a quatre ans, le village de Kocho, dans la région yézidie de Sinjar, en Irak, se réveillait dans la panique et le fracas des armes. C’était un 3 août et il faisait chaud. Les djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI) fondaient sur les villages habités par les membres de cette minorité religieuse non musulmane. Les villageois de Kocho n’ont pas fui. Sommés de se convertir à l’islam, ils refusent.
Les jeunes filles et les femmes sont réduites en esclavage, promises à une vie de torture et de viols
A l’exception de quelques survivants, les hommes sont massacrés, leurs cadavres entassés dans des fosses communes. Les jeunes garçons sont enrôlés de force, transformés en bêtes de somme pour les assassins de leurs pères. Les jeunes filles et les femmes sont réduites en esclavage, promises à une vie de torture et de viols. Nadia Murad était parmi elles. Elle avait 21 ans.
C’est une survivante qui a reçu le prix Nobel de la paix 2018, vendredi 5 octobre. Après avoir remporté son prix, vendredi, la jeune femme a rappelé que « cela n’a pas été facile pour [elle] de parler de ce qui [lui] est arrivé parce que ce n’est pas facile, particulièrement pour les femmes au Moyen-Orient, de dire qu’on a été des esclaves sexuelles ». Le prix Nobel « signifie beaucoup, a-t-elle ajouté. Pas seulement pour moi mais pour toutes ces femmes en Irak et dans le monde entier » qui ont été victimes de violences sexuelles.
Après avoir été emmenée de force à Mossoul, la capitale irakienne de l’Etat islamique, Nadia Murad a été vendue, revendue, violée et torturée, encore et encore. Avec le concours d’une famille musulmane de la ville, elle parvient, comme de trop rares jeunes femmes yézidies, à échapper à ses bourreaux. Elle traverse les lignes de front et trouve refuge au Kurdistan irakien où des centaines de milliers de yézidis de la région de Sinjar sont déplacés.
Les moins fortunés vivent dans des camps de tentes. Les autres s’installent dans les villes de la région. Mais la grande majorité d’entre eux partage le même et unique espoir, celui d’obtenir un statut de réfugié, afin de se rendre en Europe et de laisser définitivement derrière eux la terre qui les a engloutis.

Nadia Murad, awarded the 2018 Nobel Peace Prize, is the witness who tells of the abuses perpetrated against herself… https://t.co/irfPgOFLoH— NobelPrize (@The Nobel Prize)


require(["twitter/widgets"]);

Nadia Murad, Prix Nobel de la paix 2018, raconte les exactions perpétrées contre elle-même et les autres personnes. Elle a fait preuve d’un courage rare en racontant ses propres souffrances et en s’exprimant au nom des autres victimes.
Certains, toutefois, s’organisent. A Dohuk, une ville kurde située au nord de Mossoul et dans les environs de laquelle de nombreux yézidis sont réfugiés, des militants originaires de Sinjar, jeunes pour la plupart, fondent l’association Yazda en 2014, avec le soutien d’activistes américains. Nadia Murad se rapproche d’eux. Elle devient bientôt, avec le soutien de Yazda, le visage de la communauté.
L’organisation s’illustre par son indépendance. Elle tient tête aux autorités du Kurdistan irakien qui tentent de limiter ses activités, celles-là même qui étaient censées protéger Sinjar et qui ont abandonné les yézidis à leur sort en août 2014, rendant possible les horreurs endurées par cette communauté. Loin de faire amende honorable, elles misent sur le martyre des yézidis, eux-mêmes de langue et de culture kurde, pour attirer la sympathie de la communauté internationale.

        Lire aussi :
         

                Les « survivantes » yézidies racontent l’horreur de leur captivité sous l’Etat islamique



Porte-parole des femmes yézidies
Yazda pousse Nadia Murad à devenir la porte-parole des femmes yézidies. Inlassablement, elle fera sienne la mission de rappeler au monde que des milliers d’entre elles restent en captivité, souvent avec leurs enfants.
Comme de nombreux yézidis, Nadia Murad s’installe en Allemagne et commence à intervenir dans les plus grandes instances internationales. En décembre 2015, elle s’exprime devant le Conseil de sécurité des Nations unies et exhorte les gouvernements du monde à prêter attention aux souffrances des siens et en particulier au sort des femmes et des enfants yézidis disparus après avoir été enlevés par l’EI. En 2016, elle est nommée ambassadrice de bonne volonté de l’ONU pour la dignité des survivants de la traite des êtres humains. Fin 2017, elle reçoit, avec une autre activiste yézidie, Lamia Haji Bachar, le prix Sakharov.

   


Un an plus tard, la guerre contre l’Etat islamique passe pour être gagnée. Les djihadistes ont été chassés de Mossoul, de Rakka, de Sinjar. Du califat, il ne reste que quelques lambeaux de territoire, mais les ravages causés par le groupe djihadiste continuent de travailler les sociétés traumatisées sur lesquelles il a régné, entre l’Irak et la Syrie.
Le président irakien, le Kurde Barham Saleh, élu le 2 octobre, a déclaré que le prix Nobel de la paix était « une fierté pour tous les Irakiens », mais que dans les camps de tentes – où l’hiver est rude et l’été épuisant – les yézidis déplacés rêvent toujours d’Europe. Dans chaque famille de cette communauté, désormais dispersée aux quatre vents de l’exil, subsiste à jamais le souvenir d’un enfant enlevé et jamais retrouvé, d’un viol, d’une torture subie, d’une maison en ruine, du cadavre d’un être aimé, d’un pays perdu qu’aucune distinction, aussi prestigieuse soit-elle, ne rendra.

        Lire aussi :
         

                En Irak, l’impossible retour des yézidis






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/05/19-2">
<filnamedate="20181005"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181005"><AAMMJJHH="2018100519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Vingt-deux personnes ont été interpellées et placées en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour « violences volontaires et séquestration en réunion ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Le siège de SOS Méditerranée occupé par des militants identitaires

Vingt-deux personnes ont été interpellées et placées en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour « violences volontaires et séquestration en réunion ».



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 18h36
   





                        


Une vingtaine de militants du groupuscule d’extrême droite Génération identitaire ont occupé le siège de SOS Méditerranée, vendredi 5 octobre, à Marseille, a annoncé l’ONG sur Twitter. Les locaux ont été « attaqué[s] par une dizaine de militants identitaires. La police est sur place et procède à des arrestations. Le personnel de @SOSMedFrance est sain et sauf, mais sous le choc », écrit l’ONG, qui intervient en mer avec le navire humanitaire Aquarius pour secourir des migrants tentant la traversée vers l’Europe.

🔴URGENT Le siège de @SOSMedFrance à #Marseille a été attaqué ce vendredi par une dizaine de militants identitaires.… https://t.co/duJFEjpx6O— SOSMedFrance (@SOS MEDITERRANEE France)


require(["twitter/widgets"]);

« Les individus ont mis dehors tout le personnel qui était présent » et ont déployé une banderole à la fenêtre « SOS Méditerranée complice du trafic d’êtres humains », a dit un porte-parole de la direction départementale de la sécurité publique. Aucune personne n’a été blessée. Les individus ont été interpellés sans incident très rapidement après le début de leur action, vers 14 heures, selon la même source.

        Lire aussi :
         

                L’« Aquarius » est à Marseille et attend un nouveau pavillon



Vingt-deux personnes ont été placées en garde à vue dans des commissariats de Marseille dans le cadre d’une enquête de flagrance ouverte pour « violences volontaires et séquestration en réunion », a fait savoir la police, et les « plaintes de SOS Méditerranée sont en cours d’enregistrement ».
Ils réclament la saisie de l’« Aquarius »
Le groupe d’extrême droite Génération identitaire a revendiqué cette action dans un communiqué publié sur Facebook. « Réalisée de manière pacifique, notre action vise à dénoncer la complicité de cette ONG qui, sous couvert “d’humanitaire”, collabore avec les passeurs de clandestins », écrivent les militants, promouvant une pétition pour réclamer la « saisie de l’Aquarius ».

        Lire aussi :
         

                « La France doit accorder son pavillon à l’“Aquarius” »



Le sénateur RN des Bouches-du-Rhône, Stéphane Ravier, s’est félicité de cette action sur Twitter : « L’ONG pseudo-humanitaire SOS Méditerranée est bel et bien complice des trafiquants d’êtres humains : bravo à Génération identitaire pour son action pacifique devant leurs locaux à #Marseille ! Le temps de l’impunité est terminé ! »
Benoît Payan, président du groupe socialiste de Marseille et conseiller départemental des Bouches-du-Rhône, a quant à lui dit son « effroi » en découvrant cette occupation. « Mais qui sont ces gens qui attaquent des ONG, des sauveteurs, des héros ? Ce sont des nervis, des factieux, la lie de l’humanité. Honte à eux, et honte à ceux qui alimentent leurs fantasmes dégénérés », a-t-il réagi dans un communiqué, appelant à « la dissolution de ces groupuscules fascistes ».
Manifestation de soutien samedi
L’association SOS Méditerranée, qui affrète l’Aquarius avec Médecins sans frontières, menacée de perdre le pavillon panaméen de son navire, a appelé à une manifestation samedi dans une trentaine de villes de France et d’Europe afin de soutenir ses opérations de sauvetage.
Sous la bannière « Defend Europe », l’action de Génération identitaire s’est focalisée dernièrement sur les migrants, en Méditerranée ou dans les Hautes-Alpes. Dans le passé, elle avait ciblé des mosquées.

        Lire aussi :
         

                « Pour les migrants en mer, le plus grand danger ce sont la politique, les politiciens et la politique extérieure de l’UE »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/05/19-3">
<filnamedate="20181005"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181005"><AAMMJJHH="2018100519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Editorial. Emmanuel Macron, qui a besoin de l’appui du Sénat pour voter la révision constitutionnelle, n’évoque désormais plus la baisse du nombre de parlementaires.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Réforme de la Constitution : la « tyrannie »  de la politique

Editorial. Emmanuel Macron, qui a besoin de l’appui du Sénat pour voter la révision constitutionnelle, n’évoque désormais plus la baisse du nombre de parlementaires.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 18h38
   





                        


Editorial du « Monde ». Emmanuel Macron a eu raison d’aller à Colombey-les-Deux-Eglises saluer la mémoire du général de Gaulle, ce 4 octobre – jour anniversaire de la promulgation de la Loi constitutionnelle créant, il y a soixante ans, la Ve République. En effet, le fondateur des institutions édifiées en 1958 a légué à ses successeurs un régime à toute épreuve… pour le chef de l’Etat et le pouvoir exécutif.
Depuis un demi-siècle, tous les présidents en ont tiré le plus grand profit, y compris ceux qui, comme François Mitterrand, avaient auparavant formulé les critiques les plus cinglantes à l’encontre de la Constitution de 1958 et de son parachèvement en 1962, avec l’élection du président de la République au suffrage universel. Ce système institutionnel aura permis à tous les présidents de traverser les crises politiques, économiques ou sociales les plus rudes, de cohabiter avec des majorités parlementaires hostiles (Mitterrand à deux reprises et Chirac pendant cinq ans) et de surmonter les impopularités les plus abyssales, François Hollande étant le champion en la matière.
Confronté depuis deux mois à de sérieuses adversités, Emmanuel Macron a donc, à son tour, rendu hommage au « socle de stabilité », de « légitimité » et d’« efficacité » dans l’action que lui assure la Constitution. Face aux « tempêtes » et aux « avanies », face à la « tyrannie de l’immédiat », au « règne de l’image » et au « goût pour l’écume des jours », face à ces turbulences qui éclipsent trop souvent le sens des politiques publiques, les institutions permettent de « conserver le cap », a-t-il souligné à juste titre.

        Lire aussi :
         

                Emmanuel Macron relance  la révision constitutionnelle



Mais, si elles le mettent largement à l’abri de la « tyrannie de l’immédiat », elles ne le protègent pas de la « tyrannie » de la politique. Le chef de l’Etat en fait aujourd’hui l’expérience. Dès juillet 2017, devant le Congrès, il avait lancé un projet de révision de la Constitution, avec l’ambition affichée de la moderniser et de renforcer l’« efficacité » de son fonctionnement. Le souhait présidentiel était que cette réforme aboutisse dès l’été 2018.
Un silence pour le moins étonnant
Depuis un an, sa démarche se heurte aux réticences, aux objections ou aux critiques des oppositions en général et de celle du Sénat en particulier. Et chacun sait que, sans l’appui du Palais du Luxembourg, la réforme n’a aucune chance d’être adoptée. Soit ses dispositions relèvent stricto sensu de la procédure de révision qui suppose l’approbation par les trois cinquièmes des parlementaires, donc d’une part importante des sénateurs. Soit – et c’est le cas de la diminution spectaculaire d’un tiers du nombre des parlementaires – elles relèvent d’une Loi organique qui, dès lors que le Sénat est concerné, suppose son aval.
Or le Sénat, au nom d’une juste représentation des territoires, est vent debout en particulier contre cette dernière mesure. Il est donc pour le moins étonnant que le président de la République l’ait passée sous silence lors du plaidoyer en faveur de la réforme qu’il a réitéré, le 4 octobre, au Conseil constitutionnel.
Un « oubli » de sa part n’est guère concevable, puisqu’il a évoqué scrupuleusement tous les autres points de la réforme, y compris les moins décisifs. La seule explication plausible, mais à ce stade inavouée, est que le chef de l’Etat peut envisager de renoncer à cette mesure emblématique si cette concession permet l’adoption du reste de la réforme. Bref, bon gré, mal gré, à se plier à la tyrannie de la politique.

        Lire aussi :
         

                A Colombey-les-Deux-Eglises, Emmanuel Macron cherche à se placer dans les pas du général de Gaulle






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/05/19-4">
<filnamedate="20181005"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181005"><AAMMJJHH="2018100519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Les sénateurs américains ont voté vendredi à 51 voix contre 49 la clôture du processus de nomination du candidat de Trump à la plus haute instance juridictionnelle américaine.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

En route pour la Cour suprême, le juge Kavanaugh remporte un premier vote de procédure

Les sénateurs américains ont voté vendredi à 51 voix contre 49 la clôture du processus de nomination du candidat de Trump à la plus haute instance juridictionnelle américaine.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 17h38
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 17h48
   





                        



   


Le juge Brett Kavanaugh n’est plus qu’à un vote d’accéder à la Cour suprême des Etats-Unis. Les sénateurs américains ont voté, vendredi 5 octobre, à 51 voix contre 49 la clôture du processus de nomination. Cette formalité est un préalable à la confirmation du juge, accusé d’agressions sexuelles. Ce vote limite ainsi à trente heures la durée des débats sur la candidature de Brett Kavanaugh, avant le vote final qui devrait donc intervenir ce week-end.
L’issue de ce vote reste cependant incertaine. La majorité des Républicains au Sénat (51 contre 49) est très courte et trois de ses membres n’ont pas encore fait connaître leur position. Il n’existe pour l’heure aucune garantie sur le fait que les sénateurs ayant voté pour l’accélération du processus de confirmation votent également pour la nomination de M. Kavanaugh.
La sénatrice républicaine du Maine, Susan Collins, qui a voté pour ce vendredi, a ainsi déclaré qu’elle annoncerait sa décision pour le vote final dans l’après-midi. Toujours indécis sur son choix final, le sénateur démocrate de Virginie-Occidentale, Joe Manchin, a également voté pour lors de ce vote de procédure. La sénatrice républicaine de l’Alaska, Lisa Murkowski, a pour sa part voté contre.

        Lire aussi :
         

                Affaire Kavanaugh : le coup de théâtre d’un sénateur taraudé par les doutes



Donald Trump se dit « confiant »
Mais la Maison Blanche s’est dite « confiante » sur l’issue du scrutin. En meeting dans le Minnesota, Donald Trump a même estimé jeudi soir que l’affaire Kavanaugh, qui tient les Américains en haleine depuis plusieurs semaines maintenant, était de nature à mobiliser l’électorat républicain à l’approche des élections parlementaires du 6 novembre.
« Il suffit de regarder les sondages des trois ou quatre derniers jours pour voir que [la] résistance [des démocrates], alimentée par la colère, est en train de se retourner contre eux comme jamais », a lancé le président américain, conforté par un rapport du FBI qui ne confirme pas les accusations portées contre M. Kavanaugh.
Brett Kavanaugh, un brillant magistrat, héraut des valeurs conservatrices, était en bonne voie d’être confirmé, quand une femme – Christine Blasey Ford – est sortie de l’ombre à la mi-septembre pour l’accuser d’une tentative de viol remontant à une soirée entre lycéens en 1982. Lors d’une audition suivie par 20 millions d’Américains, Christine Blasey Ford, une universitaire de 51 ans, s’est dite sûre « à 100 % » d’avoir été agressée par le jeune Kavanaugh. Le magistrat s’est dit tout aussi certain de son innocence.

        Lire aussi :
         

                Comprendre l’enjeu des auditions du juge Kavanaugh et de son accusatrice Christine Blasey Ford au Sénat américain



Confronté à deux vérités irréconciliables, le Sénat avait, sous la pression d’élus indécis, demandé un complément d’enquête au FBI, qui a rendu son rapport confidentiel mercredi soir à la Maison Blanche. Les sénateurs ont pu en consulter une copie jeudi dans une salle fermée. Les Républicains en sont sortis ragaillardis, les Démocrates frustrés.
Il n’y a « rien » de nouveau dans ce rapport, « cette enquête n’a trouvé aucune trace de comportement inapproprié », a estimé le chef républicain de la commission judiciaire du Sénat, Chuck Grassley. « Espérons que dans 48 heures, nous aurons un nouvel arrivant à la Cour suprême », a-t-il ajouté.
« Ce qui est notable avec ce rapport, ce n’est pas ce qui est dedans, mais ce qui n’y est pas », a rétorqué la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, dénonçant une enquête « incomplète », probablement « contrainte » par la Maison Blanche.
Ce processus de confirmation du juge conservateur continue de susciter de très vives réactions. Des milliers de militants se sont retrouvés jeudi à Washington sur la colline du Capitole, où se dressent face à face la Cour suprême et le Congrès, en brandissant des pancartes barrées des messages : « Ne trahissez pas les femmes, votez non ». Plus de 300 manifestants ont été interpellés, y compris la comédienne Amy Schumer, cousine du leader démocrate au Sénat, Chuck Schumer, et le mannequin Emily Ratajkowski.
La haute cour est l’arbitre des questions de société les plus épineuses aux Etats-Unis : peine de mort, droit à l’avortement, lois sur les armes à feu, mariage homosexuel… L’entrée de Brett Kavanaugh, 53 ans, en son sein, placerait les juges progressistes en minorité pour de nombreuses années.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/05/19-5">
<filnamedate="20181005"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181005"><AAMMJJHH="2018100519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Soupçons de piratage informatique, intimidations... Des eurodéputés chargés d’enquêter sur les procédures d’homologation font face aux assauts de lobbys.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 04/10/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


La commission d’enquête sur les pesticides sous pression

Soupçons de piratage informatique, intimidations... Des eurodéputés chargés d’enquêter sur les procédures d’homologation font face aux assauts de lobbys.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 18h40
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Intimidations, soupçons de piratage informatique, invitation à rencontrer secrètement de hauts responsables de l’industrie agrochimique… Depuis qu’il a pris la présidence de la commission d’enquête du Parlement européen sur les procédures d’homologation des pesticides (dite commission « PEST »), créée après les révélations des « Monsanto Papers », l’erodéputé Eric Andrieu (PS) et son équipe confient n’avoir jamais connu une telle séquence d’événements troublants ou inhabituels. Le projet de rapport de la commission, présenté le 20 septembre, sera discuté jusqu’au 11 octobre et mis au vote le 6 décembre. Il est d’une importance critique pour l’industrie des pesticides, dont les produits pourraient voir leurs conditions d’accès au marché européen durcies.
En juin, quelques semaines après l’installation de la commission et l’élection de M. Andrieu à sa présidence, l’eurodéputé français reçoit une lettre d’EPPA, un cabinet de consultants bruxellois. Celui-ci agit pour le compte du géant de la chimie Bayer, qui vient alors d’acquérir l’agrochimiste américain Monsanto. EPPA propose une rencontre « informelle, c’est-à-dire confidentielle » avec les hauts responsables de Bayer. « C’est la première fois que je recevais une demande de rendez-vous secret, hors agenda, et je n’y ai pas répondu », explique le parlementaire, connu pour être très critique vis-à-vis de l’industrie des pesticides.
« Echanger en confidentialité »
Le 10 septembre, dix jours avant la remise du projet de rapport de la commission PEST, une relance par courriel lui est adressée. Dans leur lettre, deux associés d’EPPA, Pascal Michaux et Daniel Guéguen, précisent que leur société est une habituée des relations étroites avec le monde politique bruxellois : elle est « le conseil de présidences de l’Union européenne » et « gère des groupes de travail regroupant divers Etats membres, Commission européenne et industrie ». « J’assume complètement ce...




                        

                        


<article-nb="2018/10/05/19-6">
<filnamedate="20181005"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181005"><AAMMJJHH="2018100519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Meng Hongwei, président de l’organisation internationale de la coopération policière, dont le siège est basé à Lyon, n’a plus donné signe de vie depuis un séjour en Chine, fin septembre.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Enquête ouverte sur la disparition du patron chinois d’Interpol

Meng Hongwei, président de l’organisation internationale de la coopération policière, dont le siège est basé à Lyon, n’a plus donné signe de vie depuis un séjour en Chine, fin septembre.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 14h43
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 18h50
    |

            Elise Vincent, 
Simon Piel et 
Harold Thibault








                        



   


Une enquête pour disparition a été ouverte, vendredi 5 octobre, par le parquet de Lyon et confiée à la division criminelle de la direction interrégionale de la police judiciaire de Lyon, suite à la volatilisation du président d’Interpol fin septembre, a confirmé au Monde une source judiciaire. Meng Hongwei, président de l’organisation internationale de la coopération policière, dont le siège est basé à Lyon, n’a plus donné signe de vie depuis un séjour en Chine, le 25 septembre.
D’après Europe 1, qui a révélé l’information, c’est son épouse qui a signalé sa disparition aux autorités françaises, le 4 octobre au soir. Mais selon nos informations, il ne s’agirait pas d’une disparition classique, pour motif criminel : la piste aujourd’hui privilégiée par les enquêteurs est celle d’une mise au secret temporaire de M. Meng par les services de Pékin, dans le cadre de règlements de comptes internes au pouvoir chinois.
Le South China Morning Post, quotidien en anglais de Hongkong, allait aussi dans ce sens, vendredi, en affirmant, sur la base d’une source anonyme, que Meng Hongwei était désormais « sous enquête en Chine », après avoir été emmené pour interrogatoire dès son atterrissage sur le sol chinois la semaine dernière.
Dans un communiqué publié vendredi après-midi, Interpol a indiqué être « au courant » des articles faisant état de la « disparition supposée » de son président. Mais « c’est une affaire qui relève des autorités compétentes, à la fois en France et en Chine », s’est contenté de réagir l’organisation, rappelant que c’est son directeur général, Jürgen Stock, qui est chargé du fonctionnement au quotidien.
« La France s’interroge » sur cette situation, a fait savoir de son côté le ministère de l’intérieur, vendredi après-midi, se disant « préoccupé » par les « menaces dont son épouse a fait l’objet »  via les réseaux sociaux et par téléphone en amont de sa dénonciation à la police. Elle a été placée sous protection. Interrogées par le bureau de liaison d’Interpol à Pékin, les autorités chinoises n’ont quant à elles, pour l’heure, « pas apporté de précisions, les échanges se poursuivent », a précisé la place Beauvau.
L’irrésistible ascension de M. Meng
Ce n’est pas la première fois que des personnalités de haut rang de la diaspora chinoise, en France ou dans d’autres pays, disparaissent ainsi. Le procédé est souvent le même. Les personnes sont arrêtées pendant un séjour en Chine dans le cadre de leurs affaires professionnelles ou personnelles. Elles sont ensuite privées de liberté et interrogées pendant des périodes qui peuvent s’étendre sur des mois. Avant d’être finalement relâchées de manière imprévisible, mais avec des dégâts sur leur carrière, difficiles à réparer, ou être accusées de corruption, dans un communiqué d’une seule ligne.
Ce même procédé s’applique en Chine aux plus hautes personnalités politiques dans le cadre de luttes de factions, le président chinois, Xi Jinping, ayant promis de n’épargner ni les « mouches », fonctionnaires de bas étage, ni les « tigres », officiels de haut rang, dans sa lutte contre la corruption.
Le cas de M. Meng, 64 ans, est toutefois une première au sein de grandes institutions internationales, même si sa nomination à la tête d’Interpol, fin 2016, en remplacement de l’actuelle patronne de la direction centrale de la police judiciaire, Mireille Ballestrazzi, avait été vivement critiquée par les organisations de défense des droits de l’homme, dont Amnesty International. Elles avaient souligné le risque de confier un tel rôle à un haut officiel d’un pays connu pour son absence de garantie des droits ou de séparation des pouvoirs judiciaires et politiques.
Les Etats membres avaient toutefois considéré qu’il était difficile de refuser à un pays de l’importance de la Chine un haut poste dans une grande institution internationale, d’autant que la République populaire accepte un rôle plus modeste au sein d’autres grandes organisations, dont l’ONU. Pékin, de son côté, y voyait un atout et une légitimation de la campagne lancée par le président Xi Jinping pour traquer à l’étranger officiels et hommes d’affaires chinois corrompus.
Avant ce poste, Meng Hongwei était déjà à un très haut niveau de responsabilité en Chine. Il a fait son ascension au sein de la hiérarchie sous Zhou Yongkang, qui, sous le mandat du précédent président chinois, s’était imposé comme le « tsar » de l’appareil sécuritaire. Il avait même été nommé vice-ministre de la sécurité publique, la police, en 2004, moins de deux ans après que M. Zhou a pris la tête de ce ministère.
Campagne contre la corruption
Or M. Zhou sera l’une des plus importantes victimes de la campagne contre la corruption, qui est aussi une lutte pour imposer ses hommes, lancée par Xi Jinping après son arrivée au pouvoir. En 2015, après de multiples arrestations dans son entourage, M. Zhou avait été condamné à perpétuité.
Mais Meng Hongwei, signe qu’il avait pris ses distances avec M. Zhou et disposait d’autres appuis politiques, était nommé à la tête d’Interpol l’année suivante. Est-il aujourd’hui rattrapé, trois ans après, par la nomination à des postes clés de partisans ultra-loyaux de l’actuel président ?
En Chine, un tel processus d’arrestations et de nominations peut s’étaler sur tout un mandat. En novembre 2017, un nouvel officiel, Zhao Kezhi, réputé très proche du président Xi, a ainsi été nommé ministre de la sécurité publique et secrétaire du Parti communiste chinois (PCC) au sein de ce ministère. En avril 2018, Meng Hongwei était, lui, démis du Comité du Parti qui supervise ce ministère.
La disparition du patron d’Interpol, dont le mandat est censé durer jusqu’en 2020, ne manque en tout cas pas d’intriguer les observateurs. « C’est contradictoire et contre-productif pour la Chine, à l’heure où elle essaye de projeter une image adoucie à l’étranger, d’adopter des mesures qui vont sembler drastiques contre un officiel pourtant nommé à la tête d’une institution internationale sous Xi Jinping, réagit Willy Lam, spécialiste du leadership chinois à la Fondation Jamestown :
« Pour en venir là, la question de sa loyauté politique doit être suffisamment grave, car le seul fait qu’il y ait des doutes sur son sort va nourrir les réactions cyniques de ceux qui avaient prévenu du danger qu’il y avait en choisissant un officiel chinois à la tête d’Interpol. »
Disparitions dans la diaspora chinoise
Depuis trois ans, les cas de ce genre se sont aussi multipliés en France. L’homme d’affaires Mike Poon, qui a investi dans l’aéroport de Toulouse, avait ainsi disparu des radars pendant six mois en 2015. A l’été 2017, c’est ensuite l’un des plus gros magnats de la diaspora, basé à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), qui en a fait les frais. En 2011, cette personnalité au parcours de self-made-man sulfureux, avait fait parler de lui en effectuant d’importants investissements sur le port du Havre.
Tenu au secret pendant plusieurs semaines en Chine, il avait finalement réapparu à l’automne 2017, très amaigri. D’après le récit qu’il en avait fait au Monde, il avait été mis en cause dans le cadre d’une enquête pour malversations financières. Mais l’enquête « administrative » qu’il avait subie n’avait pas abouti. Il en était ressorti blanchi, selon lui.
La même chose est aussi arrivée au président d’une des plus puissantes associations de commerçants chinois en France, un homme un temps considéré par la direction générale de la sécurité intérieure comme un « agent » chinois en France. Son cas avait fait polémique, en avril 2017, lorsqu’il s’était retrouvé dans la délégation accompagnant Emmanuel Macron, alors en pleine campagne présidentielle, pour faire l’intermédiaire avec la famille de Liu Shaoyo, un ressortissant chinois de 56 ans, tué par la police lors d’une intervention qui avait mal tourné, et avait déclenché d’importantes manifestations contre la police, à Paris.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/05/19-7">
<filnamedate="20181005"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181005"><AAMMJJHH="2018100519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Par la voix de scientifiques, de philosophes ou de grands noms de la Silicon Valley, la question de la place de l’éthique dans le développement de l’IA s’invite de plus en plus dans le débat public.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤                

                     
édition abonné
Ethique et intelligence artificielle : récit d’une prise de conscience

Par la voix de scientifiques, de philosophes ou de grands noms de la Silicon Valley, la question de la place de l’éthique dans le développement de l’IA s’invite de plus en plus dans le débat public.





LE MONDE
 |    04.10.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 13h58
    |

            Morgane Tual et 
Alexandre Piquard





                        
« Nous ne concevrons ni ne déploierons d’intelligence artificielle [IA] dans des technologies qui sont globalement nocives, ou qui présentent des risques de l’être. » Ce serment éthique est tiré des « principes » publiés en juin par Google sur l’intelligence artificielle. L’IA, ce vaste ensemble de techniques visant à faire accomplir par des logiciels des tâches pour lesquelles l’homme utilise son intelligence : trier des informations, conduire une voiture, émettre une recommandation…
Cette profession de foi inhabituelle a été élaborée en réponse à une fronde interne à Google : des employés demandaient l’arrêt de la participation au projet militaire Maven, dans le cadre duquel l’entreprise aidait l’armée américaine à analyser des images de drone.
Cet épisode est la dernière des sorties médiatiques qui ont poussé le thème de l’éthique sur l’avant-scène de l’intelligence artificielle. Des figures comme Elon Musk, le patron du constructeur automobile Tesla, ou Stephen Hawking, l’astrophysicien britannique mort en mars, ont utilisé leur aura pour alerter sur la menace de voir l’IA supplanter les humains, ou pour réclamer, dans une lettre ouverte, l’interdiction des « armes autonomes », surnommées « robots tueurs ».

Depuis, d’autres affaires ont illustré les injustices que l’intelligence artificielle pouvait induire, par exemple en propageant des « biais ». Aux Etats-Unis, un logiciel utilisé pour prévoir le risque de récidive chez les prévenus a été accusé par le site d’investigation ProPublica de discriminer les Noirs, pénalisés par des scores en moyenne plus élevés. « Il y a une prise de conscience. Dans le secteur de l’IA, les questions d’éthique sont devenues brûlantes, résume Jean-Gabriel Ganascia, le président du comité d’éthique du CNRS. On est en train de se rendre compte que si on veut que les technologies d’intelligence artificielle s’imposent, elles doivent être acceptées. »
Au-delà...





                     require(["lmd/core/ux/longform"], function (advertLongform) {
                        advertLongform.moveAdvert('.js-parallaxe_slot', '#articleBody');
                     });




L’accès à la totalité de l’article est protégé Déjà abonné ? Identifiez-vous



         
Ethique et intelligence artificielle : récit d’une prise de conscience
Il vous reste 88% de l'article à lire





         Achetez cet article 2 €


              Abonnez-vous à partir de 1 €
      
              Découvrez l’édition abonnés
   


require(["jquery","lmd/core/auth"], function($, auth){
   if (auth.isUserEducation()) {

      $(".js_educ").attr("href","/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_RESTREINT_ARCHIVE&objet_id=5364508&clef=ARTRESTR_HA2E");
      $(".js_educ").html("Débitez votre pack d'archives");
      $(".js_educ_abo").hide();

      }
});



// Premium article view count pixel
if (lmd.context.element.restreint) {
    var img = document.createElement('img');
    img.src = lmd.conf.subscription.buttonViewCountUrl
        + 'EREC-266-['
        + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
        + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
        + ']';
    img.width = 1;
    img.height = 1;
    document.body.appendChild(img);
    var link = document.getElementById('purchase_link');
    link.href += '#xtor=EREC-266-['
                + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
                + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
                + ']--[AA]';
}






document.getElementById('teaser_article').style.display = 'block';

require(["lmd/module/achat_acte/verif_achat_item"], function (verif_achat_item) {
    if (typeof lmd.context.item != 'undefined'
        && typeof lmd.context.item.id != 'undefined'
        && typeof lmd.context.item.link != 'undefined'
    ) {
        verif_achat_item.verifAchatItem(lmd.context.item);
    }
});




L’accès à la totalité de l’article est protégé Déjà abonné ? Identifiez-vous



         
Ethique et intelligence artificielle : récit d’une prise de conscience
Il vous reste 88% de l'article à lire





         Achetez cet article 2 €


              Abonnez-vous à partir de 1 €
      
              Découvrez l’édition abonnés
   


require(["jquery","lmd/core/auth"], function($, auth){
   if (auth.isUserEducation()) {

      $(".js_educ").attr("href","/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_RESTREINT_ARCHIVE&objet_id=5364508&clef=ARTRESTR_HA2E");
      $(".js_educ").html("Débitez votre pack d'archives");
      $(".js_educ_abo").hide();

      }
});



// Premium article view count pixel
if (lmd.context.element.restreint) {
    var img = document.createElement('img');
    img.src = lmd.conf.subscription.buttonViewCountUrl
        + 'EREC-266-['
        + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
        + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
        + ']';
    img.width = 1;
    img.height = 1;
    document.body.appendChild(img);
    var link = document.getElementById('purchase_link');
    link.href += '#xtor=EREC-266-['
                + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
                + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
                + ']--[AA]';
}








<article-nb="2018/10/05/19-8">
<filnamedate="20181005"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181005"><AAMMJJHH="2018100519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ La haute juridiction, désavouée une fois déjà par la Cour européenne des droits de l’homme dans cette affaire, a préféré demander l’avis des juges de Strasbourg avant de se prononcer. Une première.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

GPA : la Cour de cassation repousse sa décision dans l’affaire Mennesson

La haute juridiction, désavouée une fois déjà par la Cour européenne des droits de l’homme dans cette affaire, a préféré demander l’avis des juges de Strasbourg avant de se prononcer. Une première.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 15h35
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 16h08
   





                        



   


C’était une décision très attendue par Sylvie et Dominique Mennesson, qui demandent depuis dix-huit ans la reconnaissance de leur lien de filiation avec leurs filles nées d’une mère porteuse aux Etats-Unis.
Vendredi 5 octobre, la Cour de cassation, réunie en assemblée plénière, devait se prononcer pour la troisième fois, et sans doute la dernière, sur cette affaire. Mais elle a finalement décidé de ne pas statuer.

        Lire aussi :
         

                Le couple Mennesson et le combat pour faire reconnaître des enfants nés par GPA



Les époux Mennesson veulent faire transcrire dans l’état civil français l’acte américain qui reconnaît monsieur comme le père des filles (conçues in vitro avec ses spermatozoïdes et des ovocytes donnés par une amie du couple) et la « mère d’intention » comme étant leur « mère légale ». Une notion inexistante en droit français.
Alors que la loi est muette sur ces cas de figure, la Cour de cassation, qui a déjà été désavouée une première fois dans ce même dossier par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), a décidé cette fois de demander l’avis des juges de Strasbourg, avant de se prononcer.
Un nouvel outil
C’est la première fois qu’une juridiction française recourt à cette possibilité de poser une question préjudicielle à la CEDH. C’est grâce à la ratification par la France au printemps du protocole additionnel nº 16 à la Convention européenne des droits de l’homme que ce nouvel outil, qui existe déjà avec la Cour de justice de l’Union européenne, a pu entrer en vigueur en Europe en août. Paris a permis de franchir le seuil des dix Etats membres signataires.
Concrètement, la question posée par la formation la plus solennelle de la Cour de cassation à la CEDH est la suivante : « En refusant de transcrire sur les registres de l’état civil l’acte de naissance d’un enfant né à l’étranger à l’issue d’une gestation pour autrui, en ce qu’il désigne comme étant sa “mère légale” la “mère d’intention”, alors que la transcription de l’acte a été admise en tant qu’il désigne le “père d’intention”, père biologique de l’enfant, un Etat-partie excède-t-il la marge d’appréciation dont il dispose au regard de l’article 8 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ? A cet égard, y a-t-il lieu de distinguer selon que l’enfant est conçu ou non avec les gamètes de la “mère d’intention” ? »
Cette décision de la haute juridiction est importante, car elle pourrait faire jurisprudence pour d’autres familles, demandant la reconnaissance de la filiation avec des enfants nés par gestation pour autrui. Quant à la famille Mennesson, elle va donc devoir encore attendre avant la conclusion de son affaire.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/05/19-9">
<filnamedate="20181005"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181005"><AAMMJJHH="2018100519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Sur les neuf premiers mois de l’année, 211 000 emplois ont été créés en moyenne, en net progrès par rapport aux 182 000 de 2017.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Le chômage américain au plus bas depuis 1969

Sur les neuf premiers mois de l’année, 211 000 emplois ont été créés en moyenne, en net progrès par rapport aux 182 000 de 2017.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 18h35
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


Donald Trump s’en est réjoui, et il aurait eu tort de ne pas le faire : « Ça vient de sortir : 3,7 %. Le chômage est au plus bas depuis 1969 ! », s’est réjoui le président des Etats-Unis juste après la publication des chiffres de l’emploi, vendredi 5 octobre. Le taux de chômage a reculé en août plus que prévu, de 0,2 point par rapport au mois de juillet et a retrouvé pour la première fois ses niveaux du temps de la guerre du Vietnam.
Les salaires ont augmenté de 2,8 % sur un an
Sur les neuf premiers mois de l’année, 211 000 emplois ont été créés en moyenne, en net progrès par rapport aux 182 000 de 2017. La participation à l’emploi est stable, au niveau de 62,7 %, chiffre qui est bas mais qui est jugé de manière plutôt positive en raison du vieillissement de la population. Enfin, les salaires ont augmenté de 2,8 % sur un an – ce chiffre était de 2,9 % en août –, ce qui confirme une hausse modeste mais régulière.
Dans ce contexte, les opérateurs s’attendent à ce que la Fed – qui a remonté en septembre ses taux dans une fourchette comprise entre 2 % et 2,25 % – poursuive sa politique de resserrement monétaire. Cette anticipation avait d’ailleurs conduit la veille à des ventes de bons du Trésor, entraînant une hausse des taux d’intérêts à dix ans. Vendredi, après la publication des chiffres de l’emploi, ils atteignaient 3,22 %, leur plus haut niveau depuis mai 2011.
Réduction d’impôts et augmentation des dépenses
La conjoncture est clairement dopée par le double programme de réduction d’impôts et d’augmentation des dépenses de Donald Trump, qui a conduit à des déficits de l’ordre de 5 % du produit intérieur brut, mais à une croissance qui devrait dépasser 3,1 % cette année. Cette politique risque de se poursuivre, s’est inquiété Adam Posen, président du Peterson Institute for International Economics, à Washington, lors de la présentation des prévisions semestrielles de ce think tank jeudi 4 octobre : si les démocrates remportent la Chambre, un programme de grands travaux pourrait être décidé ; si les républicains la conservent, de nouvelles baisses d’impôts pourraient être annoncées.
Les Etats-Unis connaissent leur plus longue période de croissance historique sans récession
Pourtant, les économistes comme Karen Dynan, professeure à Harvard et invitée du Peterson Institute, le stimulus aura des effets négatifs à partir de 2020, faisant retomber la croissance sous son rythme normal, estimé à 1,8 %. Les Etats-Unis connaissent leur plus longue période de croissance historique sans récession (9,3 ans), après celle des années 1990. Mme Dynan a toutefois dressé un tableau très positif de l’économie américaine : le patrimoine des ménages est remonté à sept fois leur revenu annuel, leurs intérêts d’emprunt ne représentent que 10 % de leur revenu disponible – contre 13 % au moment de la grande crise financière –, tandis que leur taux d’épargne est beaucoup plus élevé qu’attendu, d’environ 6,5 %.
Sur le front de l’emploi, Jason Furman, professeur à Harvard et associé du Peterson Institute, a essayé d’expliquer la faible progression des salaires. Cet ancien conseiller de Barack Obama a démonté une idée reçue, celle des inégalités croissantes. En réalité, les salaires du premier quintile de revenus – les plus pauvres – croissent aujourd’hui plus qu’ils ne le faisaient à la fin des années 1990, comme en atteste la hausse du salaire minimal dans de nombreux Etats ou la remontée de salaires dans les entreprises à forte intensité de main-d’œuvre peu qualifiée, comme Amazon. De même, la tendance sur la participation à l’emploi est comparable à celle de l’époque qui était déjà mauvaise, l’inflation est plus élevée que sous l’ère Clinton. Reste donc la faiblesse des gains de productivité pour expliquer cette relative faiblesse des salaires.

        Lire aussi :
         

                La Fed plus optimiste que jamais en dépit de la guerre commerciale






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/05/19-10">
<filnamedate="20181005"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181005"><AAMMJJHH="2018100519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Présenté en avant-première en ouverture du Monde Festival, vendredi 5 octobre, « Une affaire de famille », le nouvel opus du cinéaste japonais, Palme d’or à Cannes, explore comme à son habitude le lien familial, sans ménager la société nippone.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤     


                La Palme d’or « Une affaire de famille » en avant-première au Monde Festival


Présenté en avant-première en ouverture du Monde Festival, vendredi 5 octobre, « Une affaire de famille », le nouvel opus du cinéaste japonais, Palme d’or à Cannes, explore comme à son habitude le lien familial, sans ménager la société nippone.

LE MONDE
                 |                 02.10.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 17h59
                 |

                            Thomas Sotinel

















Derniers articles publiés


            Jean Tirole : « L’homo economicus a vécu »


            Luc Boltanski et Arnaud Esquerre : « L’économie et la sociologie peuvent s’enrichir mutuellement »


            « Le polyamour, c’est oublier le couple et inventer ses propres valeurs d’amour »



Tous les articles






les articles les plus partagés


            Boris Cyrulnik : « L’attention à la maltraitance animale témoigne d’une société plus morale »


            « Tomber amoureux, cela n’arrive pas par hasard »


            « De plus en plus d’histoires d’amour démarrent à l’âge de la retraite »






les plus partagés











   


Le soir du 19 mai 2018, lorsque Hirokazu Kore-eda est monté sur la scène du Grand Théâtre Lumière, à Cannes, pour aller chercher la Palme d’or décernée à Une affaire de famille, il s’était écoulé vingt et un ans depuis la dernière Palme japonaise, celle que Shohei Imamura avait remportée pour L’Anguille (une demi-palme, avaient dit certains, elle était partagée avec Le Goût de la cerise, d’Abbas Kiarostami).
Il a fallu deux décennies pour que l’histoire d’un clan de voleurs à l’étalage se superpose, dans la mémoire de Cannes, à celle d’un meurtrier repentant. Pour qu’une génération succède à une autre.
La force du cinéma de Kore-eda se dissimule sous la douceur, toujours sous la modestie.
Pourtant Kore-eda connaît depuis longtemps le chemin de la Croisette ; depuis que Distance a été présenté en compétition en 2001, il y est revenu une demi-douzaine de fois. Il lui a fallu attendre 2013 pour remporter sa première récompense, le Prix du jury pour Tel père, tel fils.
Au long de ces années, au fil des sorties en salle de Nobody Knows, Still Walking, I Wish, ­Notre petite sœur, le Japon de Kore-eda nous est devenu familier, peut-être jusqu’au point de ne plus en percevoir la singularité, la force, qui se dissimulent souvent sous la douceur, toujours sous la modestie.

        Lire aussi :
         

                Hirokazu Kore-eda et sa Palme d’or en avant-première au Monde Festival



La Palme qui a échu à Une ­affaire de famille (un titre qui serait bien allé aux deux tiers des longs-métrages de fiction du cinéaste) a entre autres ­mérites celui d’obliger à chercher dans ce film, qui distille l’essence du ­cinéma de Kore-eda, ce qui a bien pu le faire préférer à d’autres films présentés cette ­année à Cannes : à la construction vertigineuse de Burning, de Lee Chang-dong, à la sainte colère du BlacKkKlansman de Spike Lee ou aux spéculations enivrantes du Poirier sauvage de Nuri Bilge Ceylan. ­Poser la question est périlleux – les jurys ­cannois sont loin d’être infaillibles.
Un clan à rebours du chaos de la société
Dans ce cas, on dirait bien que la cohorte menée par la présidente du jury, l’actrice Cate Blanchett, a été emportée par une œuvre ­située à l’apogée d’un mouvement entamé depuis des années. Ce n’est pas la première fois que Kore-eda met en scène le lien familial, sa part de fiction, sa part de tradition. Tel père, tel fils s’interrogeait déjà sur la réalité de la filiation. Il a déjà aussi filmé les enfants ­expulsés vers les marges de la société japonaise dans Nobody Knows.
Souvent il a cherché l’équilibre entre les forces qui unissent un groupe – la chaleur, l’affection, l’amour – et celles qui les séparent – l’argent, les préjugés et, puisqu’on est au ­Japon, l’arbitraire des éléments. Une affaire de famille se situe très exactement dans l’œil du cyclone que créent ces pulsions et ces aspirations.
Dans ce petit espace de calme qu’ont su se ménager Osamu, professionnel du vol à l’étalage, et son clan, s’est développé un ordre harmonieux, à rebours du chaos qui régit la société. Cette utopie est un pur produit de l’imagination d’Hirokazu Kore-eda, qui est un chroniqueur du quotidien, mais aussi un metteur en scène de fantômes (After Life) ou de poupée vivante (Air Doll).
Succès et polémique
C’est aussi une idée assez convaincante pour qu’Une affaire de famille soit devenu le plus gros succès qu’ait jamais rencontré le cinéaste, non seulement au Japon, mais aussi en Chine. Comme tout triomphe, celui-ci s’est accompagné d’une polémique, suscitée par le refus de ­Kore-eda d’accepter officiellement les félicitations du gouvernement japonais.
Sans accorder une importance excessive à la Palme, au box-office, le succès de ce film (dont on peut parier qu’il se reproduira en France, lors de sa sortie) vient aussi couronner cette génération de cinéastes japonais qui a ­succédé à celle des grands contestataires, Nagisa Oshima ou Shohei Imamura. Aux ­côtés de ses contemporains Kiyoshi Kurosawa, Shinji Aoyama, Hirokazu Kore-eda, qui a 56 ans, a affirmé à la fois la ­continuité d’un cinéma japonais proche de la réalité du pays – on a souvent associé son univers intime à celui de Yasujiro Ozu, même s’il se revendique plutôt de l’héritage d’un autre maître, Mikio Naruse – et le passage de ce cinéma dans le XXIe siècle.
EN AVANT-PREMIERE AU MONDE FESTIVAL : « Une affaire de famille », le vendredi 5 octobre, à 20 heures, au cinéma Gaumont Opéra. Projection suivie d’un débat avec le réalisateur. Sortie en salles le 12 décembre.

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’ouvre le 5 octobre à Paris avec le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda et son dernier film, Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes. Deux autres films seront projetés en avant-première : Un amour impossible, de Catherine Corsini et, pour clôturer le festival, En liberté !, le nouvel opus de Pierre Salvadori.
Les 6 et 7 octobre, place aux débats : sur les nouvelles relations amoureuses (Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? Aux origines de #metoo ), les technologies (Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ? ) l’école (Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ?) l’environnement (Pour l’amour de ma Terre, S’aimer comme des bêtes ), l’économie, les médias (Comment informer sous la présidence d’Emmanuel Macron ?), la politique (Y a-t-il une vie après la politique ? )...
Des rencontres exceptionnelles avec Barbara Hannigan, Juliette Armanet, la tribu Guédiguian, Chimamanda Ngozi Adichie, Mario Vargas Llosa, Charline Vanhoenacker, Pierre de Villiers, Pierre Hermé, Roberto Saviano, Kamel Daoud et bien d’autres...
Et samedi soir, rendez-vous à La Nuit de l’amour  aux théâtre des Bouffes du Nord, avec André Comte-Sponville, Barbara Cassin, Carolin Emcke...
Retrouver la programmation du festival et acheter vos billets.
Revoir les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




                                                Par                                                    Thomas Sotinel














<article-nb="2018/10/05/19-11">
<filnamedate="20181005"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181005"><AAMMJJHH="2018100519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Un chercheur toulousain dit avoir décelé différentes « impuretés » dans des lots de la nouvelle formule du Levothyrox commercialisée à partir de mars 2017.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Levothyrox : le CNRS met en cause les affirmations d’un de ses chercheurs

Un chercheur toulousain dit avoir décelé différentes « impuretés » dans des lots de la nouvelle formule du Levothyrox commercialisée à partir de mars 2017.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 20h31
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 17h37
    |

            Pascale Santi








                        



   


Coup de colère dans le monde de la recherche. Chercheur au Laboratoire des interactions moléculaires et réactivité chimique et photochimique (IMRCP), unité mixte de l’université Paul-Sabatier de Toulouse et du CNRS, Jean-Christophe Garrigues a affirmé sur le site Médiacités, jeudi 4 octobre, avoir retrouvé des « impuretés » dans la nouvelle formule du Levothyrox, ainsi que des problèmes d’incompatibilité entre le principe actif et un excipient de la nouvelle formule. Ce qui pourrait expliquer les effets indésirables dénoncés par de nombreux patients après le changement de formulation, qui fait l’objet de plusieurs actions en justice.
Ce chercheur a été sollicité par l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT), l’une des deux associations de patients concernés, pour analyser différents lots de Levothyrox produits par le laboratoire Merck, ancienne et nouvelle formules. « Nous avons constaté un pic important d’impuretés dans la nouvelle formule », précisait M. Garrigues, ajoutant toutefois devoir « continuer les recherches pour identifier la nature de ces impuretés et savoir si elles sont toxiques ou non ».
M. Garrigues évoquait également le remplacement du lactose comme excipient dans la nouvelle formule par du mannitol, déclarant : « On connaît l’incompatibilité du mannitol avec la lévothyroxine, principe actif du Levothyrox, non pas dans le comprimé mais une fois qu’il est absorbé. » Ce point ne fait pas l’unanimité tant chez les scientifiques que parmi des associations de patients.
« Pas des faits scientifiques »
Employeur de Jean-Christophe Garrigues, le CNRS a estimé vendredi que le chercheur n’avait « pas respecté la déontologie scientifique indispensable pour valider toute recherche », dans un communiqué au ton particulièrement vif :
« Les résultats annoncés par Jean-Christophe Garrigues, ingénieur de recherche au CNRS, n’ayant pas été validés par le processus d’évaluation par les pairs propre à la communauté scientifique, le CNRS considère qu’ils ne constituent pas en l’état actuel des faits scientifiques. »
L’organisme de recherche précise que « ces mesures ne sont liées en aucune façon à une quelconque activité de recherche de son équipe ou du laboratoire ». Il ajoute que « ni les tutelles, ni le CNRS ni l’université Toulouse-III Paul-Sabatier, ni l’IMRCP n’ont été impliqués dans les analyses conduites par Jean-Christophe Garrigues, dont ils n’étaient pas même informés. (…) Le CNRS et l’université Paul-Sabatier s’engagent à encourager leurs laboratoires compétents dans le domaine à travailler dans l’élucidation des questions soulevées par lesdits résultats », conclut le CNRS.
Le chimiste avait expliqué la veille avoir décelé différentes « impuretés » dans des lots de la nouvelle formule du Levothyrox commercialisée à partir de mars 2017, sans les avoir encore identifiées, ce qui, là encore, surprend certains scientifiques, la méthode d’analyse étant censée le permettre. Ces éléments chimiques étaient absents des cachets de l’ancienne formule et « diminuent de façon significative » dans les lots vendus actuellement, expliquait le chercheur sur la base de ses propres analyses. Contacté par courriel jeudi soir, le chercheur n’a pour l’heure pas répondu à nos sollicitations.
« Allégations sensationnalistes »
L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a rappelé, jeudi, que « les contrôles réalisés dans ses laboratoires ont confirmé la bonne qualité de la nouvelle formule du Levothyrox ». Elle ajoute : « Les analyses chromatographiques réalisées pour la recherche de dextrothyroxine, une impureté, démontrent la présence de quantités de lévothyroxine comparables entre l’ancienne et la nouvelle formule, qui n’est donc pas sous-dosée. Elles montrent également la présence de dextrothyroxine uniquement à l’état de traces dans la nouvelle comme dans l’ancienne formule, ce qui est tout à fait conforme aux spécifications attendues. »
De son côté, le laboratoire Merck, qui fabrique ce médicament, a dénoncé des « allégations sensationnalistes et sans preuve ». L’industriel a aussi démenti une hypothèse émise par Médiacités, selon lequel il aurait pu modifier « en catimini » la composition du nouveau Levothyrox depuis sa mise sur le marché, en 2017. Le laboratoire Merck a jusqu’ici toujours maintenu qu’il n’y avait aucun problème lié à sa nouvelle formule.
Mise sur le marché au printemps 2017, à la demande de l’ANSM, la nouvelle formule de ce médicament pour la thyroïde est accusée par des patients de provoquer une vague d’effets secondaires (fatigue, maux de tête, insomnies, vertiges, etc.). Selon des chiffres officiels de l’ANSM, quelque 31 000 patients ont signalé des effets indésirables.
Le troisième rapport de pharmacovigilance sur le Levothyrox, dévoilé en juillet par l’Agence du médicament, n’a pas permis d’expliquer la vague des effets indésirables attribués par certains patients à la nouvelle formule. Un porte-parole de l’ANSM a dit que « si des éléments nouveaux étaient apportés par cette étude, ils seraient vraisemblablement pris en compte et feraient l’objet d’une contre-expertise ».
-------------
Mise à jour du vendredi 5 octobre à 16 h 49 : ajout de la réaction du CNRS, qui a estimé vendredi que cette étude n’avait « pas respecté la déontologie scientifique indispensable pour valider toute recherche ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/05/19-12">
<filnamedate="20181005"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181005"><AAMMJJHH="2018100519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ La Cour de justice de l’Union européenne estime, dans une décision rendue jeudi, que la France a manqué à ses obligations dans ce dossier.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Précompte : un nouveau dossier fiscal potentiellement explosif pour le gouvernement

La Cour de justice de l’Union européenne estime, dans une décision rendue jeudi, que la France a manqué à ses obligations dans ce dossier.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 17h46
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            
« On est peut-être en train de vivre un remake de la taxe à 3 % », assène Véronique Louwagie, membre (LR) de la commission des finances de l’Assemblée nationale. De fait, l’affaire du « précompte » n’est pas sans rappeler le dossier explosif de la taxe à 3 % sur les dividendes.
Même sujet éminemment technique, mêmes conséquences encore mal estimées sur les finances publiques, même chiffres vertigineux, même période de l’année délicate (juste après l’élaboration du budget)… Le parallèle est troublant avec le fiasco de la taxe à 3 % qui, en octobre 2017, avait obligé l’exécutif à élaborer dans l’urgence un nouvel impôt pour rembourser près de 10 milliards d’euros indûment perçus aux entreprises tricolores, sous peine de voir s’écrouler le jeu d’équilibriste budgétaire construit pour ramener le déficit sous les 3 % en 2017 et 2018.
Cette fois, de quoi s’agit-il ? Jeudi 4 octobre, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a condamné la France dans l’affaire dite du « précompte ». « La France a manqué aux obligations qui lui incombent en vertu du droit européen », a estimé la CJUE.

Distorsion de concurrence
Le précompte, dispositif en vigueur jusqu’en 2005, consistait à faire payer un impôt complémentaire aux entreprises qui distribuaient à leurs actionnaires des sommes d’argent non soumises à l’impôt sur les sociétés, comme les dividendes. En échange, elles avaient droit à un avoir fiscal au titre des dividendes reçus de la part de leurs filiales. De nombreuses entreprises du CAC 40 en ont profité. Problème : lorsqu’une filiale établie hors de France recevait des dividendes d’une autre sous-filiale également située à l’étranger, le mécanisme du précompte ne s’appliquait pas. C’est en vertu de cette distorsion de concurrence que les entreprises sont fondées à réclamer leur dû à l’Etat, a estimé la CJUE.
« Compte tenu de l’ancienneté des dossiers, des sommes à restituer et des recours encore attendus, on peut...




                        

                        


<article-nb="2018/10/05/19-13">
<filnamedate="20181005"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181005"><AAMMJJHH="2018100519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Devant l’Assemblée des communautés de France, la ministre auprès du ministre de l’intérieur, Jacqueline Gourault, a admis des maladresses.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Etat-collectivités : le gouvernement tente de retrouver les voies du dialogue

Devant l’Assemblée des communautés de France, la ministre auprès du ministre de l’intérieur, Jacqueline Gourault, a admis des maladresses.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 17h49
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 18h09
    |

            Patrick Roger (Deauville (Calvados), envoyé spécial)








                        



   


Une semaine après le congrès de Régions de France, à Marseille, qui avait vu les trois associations d’élus « historiques » – Association des maires de France (AMF), Assemblée des départements de France (ADF) et Régions de France – publier un appel commun pour les libertés locales et pour une relance de la décentralisation, c’était au tour de l’Assemblée des communautés de France (AdCF) de tenir convention, du 3 au 5 octobre, à Deauville (Calvados). Convention à laquelle ont pris part pas moins de quatre membres du gouvernement : Jacqueline Gourault (intérieur), Olivier Dussopt (comptes publics), Elisabeth Borne (transports) et François de Rugy (transition écologique). Preuve s’il en était du soin que porte le gouvernement à préserver des liens étroits avec les collectivités territoriales, malgré les rebuffades de certaines d’entre elles.
Après les déclarations tonitruantes prononcées à Marseille à l’encontre d’un exécutif suspect de vouloir conduire « une recentralisation inédite », l’exercice se présentait sous de meilleurs auspices, l’AdCF se refusant, elle, à jouer le jeu dangereux de la chaise vide. Au reste, comme l’a souligné son président, Jean-Luc Rigaut, ce dialogue constructif a permis de « nombreuses avancées » au cours des dix-huit premiers mois du quinquennat, même s’il a pointé quelques « feux rouges ou clignotants ». « Nous souhaitons plaider pour l’apaisement, pour la reprise du dialogue, dans le respect de la responsabilité de chacun, a insisté le président de la communauté d’agglomération du Grand Annecy. Le compromis n’a rien de honteux. Il faut que l’esprit du pacte girondin l’emporte vraiment. Nous y croyons mais nous sommes vigilants. »

        Lire aussi :
         

                Vent de fronde des élus locaux contre l’exécutif



« Il y a peut-être eu des maladresses »
La ministre auprès du ministre de l’intérieur, Mme Gourault, qui s’impose de plus en plus comme l’interlocutrice attitrée des collectivités territoriales, a saisi la balle au bond pour adresser un message aux trois associations réfractaires. Rappelant qu’elle était présidente de la commission intercommunale de l’Association des maires de France (AMF) « à l’époque bénie de Jacques Pélissard », le prédécesseur de François Baroin, « avec la tolérance qu’on lui connaissait », elle a fermement rejeté les accusations portées par ces dernières.
« J’ai entendu parler de décentralisation. Mais c’est ce gouvernement qui a inscrit dans le projet de loi constitutionnelle le droit à la différenciation. C’est ce gouvernement qui met en place une Agence nationale de cohésion des territoires, qui avait été proposée par l’AMF et qui devra être un outil au plus près des territoires, a-t-elle insisté. Si on veut le dialogue, il faut dire les choses franchement. Le dialogue, c’est pour tout le monde, ce n’est pas réservé à certains. »
Un peu plus tard, interrogée sur la manière dont elle envisageait de retrouver les voies de la concertation avec l’ensemble des associations d’élus, la ministre s’est montrée confiante. « Il y a ce qui se dit sur les estrades et ce qu’on fait dans le travail quotidien », a-t-elle relevé, laissant entendre que les mêmes qui crient au refus du dialogue ne sont pas les derniers à pousser le portillon des ministères quand il s’agit de discuter sérieusement de certaines thématiques.
Revenant sur le boycott en juillet de la Conférence nationale des territoires par trois associations d’élus, elle a cependant émis un début de contrition, évoquant « un rendez-vous manqué ». « Il y a peut-être eu des maladresses, a-t-elle admis. Certains ont peut-être aussi poussé le bouchon trop loin et ça a pété ». De même a-t-elle voulu rassurer sur les processus de fusion département-métropole. « Il s’agit d’accompagner les volontés locales et non de forcer des décisions, a insisté Mme Gourault, assurant que « le modèle lyonnais n’est pas le modèle unique ». La ministre a bien pris garde de ne pas avancer de calendrier pour légiférer sur ce dossier, « s’il en est besoin ».

        Lire aussi :
         

                L’exécutif face au « front uni » des élus locaux



Larcher veut sortir de l’enlisement
Reste que, dans les semaines et les mois à venir, c’est la délicate question de la réforme de la fiscalité locale qui va concentrer une bonne part des travaux entre l’exécutif et les représentants des collectivités territoriales. Et il n’est pas imaginable que cela se fasse en l’absence des collectivités concernées. « Je demande que le gouvernement puisse rapidement retrouver les voies d’un dialogue réel et sincère avec les collectivités, a également plaidé le président du Sénat, Gérard Larcher, soucieux que l’enlisement actuel ne se prolonge pas. Je demande qu’on écrive ensemble un scénario de réforme fiscale. Ce sujet est crucial car il traduit la nature des relations entre l’Etat et les collectivités. »
Intervenant en ouverture du congrès, le régional de l’étape, Hervé Morin, a quant à lui de nouveau posé ses exigences. « Là où la loi nous donne la compétence, nous voulons être associés à l’élaboration des politiques publiques. C’est une question de considération », a martelé le président de la région Normandie et président de Régions de France. Qui ne désarme pas. Il entend à présent, avec l’AMF et l’ADF, organiser dans chaque région métropolitaine des « assises des territoires » pour écrire « un nouveau pacte girondin ». Peut-être pas la meilleure façon de reprendre le chemin du dialogue.

        Lire aussi :
         

                Les villes déçues par leur pacte financier avec l’Etat






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/05/19-14">
<filnamedate="20181005"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181005"><AAMMJJHH="2018100519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ « Je ne veux plus de guerre », assure Yahya Sinouar dans un long entretien, qui a valeur de première adresse aux Israéliens depuis son arrivée au pouvoir en 2017.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Le leader du Hamas à Gaza propose aux Israéliens un cessez-le-feu contre la levée du blocus

« Je ne veux plus de guerre », assure Yahya Sinouar dans un long entretien, qui a valeur de première adresse aux Israéliens depuis son arrivée au pouvoir en 2017.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 17h28
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



   


Prêt à ranger les armes, mais pas à les rendre. Prêt à garantir un cessez-le-feu, en échange d’une levée du blocus. Prêt à négocier avec Israël, sans arrêter la lutte contre l’occupation. Ainsi se résume la position de Yahya Sinouar, le leader du Hamas dans la bande de Gaza. Dans son édition du vendredi 5 octobre, le quotidien Yediot Aharonot a publié un long entretien avec le dirigeant du mouvement islamiste, au retentissement important.
Ses propos ont été recueillis il y a déjà un mois par une journaliste italienne, Francesca Borri, qui collabore de temps à autre avec le journal israélien. Ce délai important rend l’optimisme du dirigeant un peu décalé : ces dernières semaines, les manifestations ont repris le long de la bande de Gaza et la perspective de nouvelles violences obscurcit l’horizon. Mais le caractère exceptionnel de cet entretien tient à ce que, pour la première fois depuis sa désignation il y a dix-huit mois, M. Sinouar s’adresse directement au public israélien.
Une « vraie chance de changement »
Il avait déjà rencontré, en mai, une vingtaine de correspondants étrangers, dont celui du Monde. Cette fois, il exprime plus clairement sa volonté de parvenir à un cessez-le-feu de longue durée avec Israël – dont il ne cite jamais le nom, sans employer pour autant le cliché historique et très connoté d’« entité sioniste ».
Cet entretien paraît au moment où, à Ramallah, l’Autorité palestinienne (AP) semble décidée, après la séquence diplomatique à l’Assemblée générale de l’ONU fin septembre, à régler ses comptes avec le Hamas. Le président Mahmoud Abbas envisage d’aggraver les mesures financières punitives mises en œuvre depuis mars 2017. L’AP pourrait geler l’ensemble des fonds versés chaque mois à Gaza, si le Hamas ne remet pas toutes les clés du territoire, pour les affaires civiles et militaires, au gouvernement de Rami Hamdallah.
Dans cet entretien, Yahya Sinouar se concentre sur les relations avec Israël. Il prétend distinguer une « vraie chance de changement » si la volonté existe en face de saisir la main tendue. « Je ne veux plus de guerre, dit-il. Ce que je veux, c’est la levée du siège. » En échange, le mouvement islamiste garantirait un calme complet. Le dirigeant, qui a passé vingt-trois ans dans les prisons israéliennes pour l’assassinat de collaborateurs palestiniens, dit avoir beaucoup appris au cours de son expérience carcérale. Mais pas l’autocritique : « La responsabilité [de la situation à Gaza] est portée par ceux qui ferment les frontières, pas par ceux qui essaient de les rouvrir », explique-t-il.

        Lire le portrait de Yahya Sinouar en 2017 :
         

          Le nouveau chef qui bouscule le Hamas



Pour lui, le blocus imposé à Gaza depuis la prise de pouvoir du Hamas, en 2007, « est une forme de guerre par d’autres moyens ». Il met en garde contre la perspective d’un nouveau conflit : « Ce serait la quatrième guerre. Et elle ne pourrait pas s’achever comme la troisième, qui s’est terminée comme la seconde, qui s’était terminée comme la première. Ils devront réoccuper Gaza. Et je ne pense pas que Nétanyahou souhaite deux millions d’Arabes de plus. » 
Selon le chef de file du Hamas, la résistance armée est légitime au regard du droit international. Mais les cerfs-volants incendiaires et les ballons à mèche, envoyés vers Israël depuis avril pour brûler des champs, « ne sont pas des armes », mais « envoient un message : vous êtes infiniment plus forts que nous, c’est vrai, mais vous ne gagnerez jamais, jamais ».
« Gaza, ce n’est pas juste les enfants pieds nus »
Yahya Sinouar dit être conscient de l’impact médiatique de la violence : « Si demain, je planifie une attaque terroriste, je ferai la “une” de tous les journaux. Mais lorsque je parle d’un cessez-le-feu, comme maintenant dans cette interview, il est plus difficile de m’écouter. » En même temps, l’ancien prisonnier mesure les limites de la violence, tout en soulignant comment l’occupation transforme aussi Israël et sa réputation : « Autrefois, il y avait des juifs comme Freud, Kafka, Einstein. Ils étaient célèbres grâce aux mathématiques, à la philosophie. Aujourd’hui, c’est en raison des drones. Des exécutions extrajudiciaires. »
Dans l’entretien, M. Sinouar chante les louanges de la jeunesse de Gaza, désespérée mais dotée selon lui d’un potentiel immense. « Un groupe de jeunes qui ont la vingtaine ont construit une imprimante 3D pour fabriquer les équipements médicaux dont nous manquons, dit-il. Ça, c’est Gaza. Ce n’est pas juste la pauvreté. Ce n’est pas juste des enfants pieds nus. Gaza pourrait être comme Singapour ou Dubaï. »
Il faudrait pour cela, au-delà d’investissements monumentaux, rendre le petit territoire salubre et le fournir en électricité plus longtemps que quatre heures par jour. Mais ces détails ne perturbent pas le volontarisme du leader du Hamas, qui veut donner des gages de sincérité au public israélien au sujet d’un cessez-le-feu : « Nous donnerons à nos enfants les vies que nous n’avons jamais eues et ils deviendront meilleurs que nous. Actuellement, les émotions sont trop fortes. Les souvenirs, les traumatismes, le ressentiment. »

        Lire aussi :
         

                La jeunesse asphyxiée de Gaza ne songe qu’à partir






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/05/19-15">
<filnamedate="20181005"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181005"><AAMMJJHH="2018100519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Jacqueline Sauvage a vécu une relation d’emprise et ne peut être décrite comme une personne déterminée, affirment ses avocates Janine Bonaggiunta et Nathalie Tomasini, qui répondent à la tribune de Frédéric Chevallier, avocat général lors du procès de cette femme, publiée dans « Le Monde ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les avocates de Jacqueline Sauvage répondent à l’avocat général Frédéric Chevallier

Jacqueline Sauvage a vécu une relation d’emprise et ne peut être décrite comme une personne déterminée, affirment ses avocates Janine Bonaggiunta et Nathalie Tomasini, qui répondent à la tribune de Frédéric Chevallier, avocat général lors du procès de cette femme, publiée dans « Le Monde ».



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 18h50
    |

Janine Bonaggiunta (Avocate au barreau de Paris) et Nathalie Tomasini (Avocate au barreau de Paris)







                        



                                


                            

Tribune. Monsieur l’Accusateur public, Comment osez-vous écrire une lettre (Le Monde du 1er octobre) à Jacqueline Sauvage par voie de presse, deux ans après sa libération ? Vos propos sont d’une indécence sans nom. Le mardi 1er décembre 2015, nos chemins allaient se croiser pour la première fois. Après plus d’un an de détention déjà, menottée et sous escorte, Jacqueline Sauvage vous a aperçu dans votre robe de justice, et ce jour-là elle avait encore un peu d’espoir…
Non, vous n’auriez jamais pu être son fils, Monsieur Frédéric Chevalier. Comment pouvez-vous même le penser et l’écrire ? Laissez donc Pascal Marot en paix, lui, qui a été victime de la violence de son père, tout comme sa mère et ses sœurs et qui en est mort. Non, Monsieur l’Accusateur public, vous n’avez rien compris, ni hier, ni aujourd’hui, à la vie d’enfer de Jacqueline Sauvage, battue, humiliée, trompée par Norbert Marot.
A croire que vous n’avez pas écouté les témoignages de Carole, Sylvie, Fabienne, ses filles, que vous avez gravement injuriées. A croire que vous n’avez pas écouté les vingt-sept autres témoins, presque tout un village entier, dont son maire, qui sont venus à la barre dire la terreur que leur inspirait Norbert Marot.
A croire que vous ne les avez pas écoutés dire que cette femme, Jacqueline Sauvage, était en danger de mort, mais qu’ils n’ont rien fait, rien tenté, comme encore aujourd’hui des milliers de voisins qui n’osent pas, même lorsqu’ils entendent des cris, appeler les secours, car ils craignent les représailles…
Une relation déséquilibrée de dominant à dominée
Vous affirmez, Monsieur l’Accusateur public, dans votre lettre, adressée à Mme Sauvage, qui a vécu, après l’enfer conjugal, l’acharnement judiciaire, que vous n’inventez rien, or vous réécrivez à votre façon son histoire ! Vous la décrivez comme une femme déterminée et moderne !
Mariée, enceinte, à 17 ans à un mauvais...




                        

                        


<article-nb="2018/10/05/19-16">
<filnamedate="20181005"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181005"><AAMMJJHH="2018100519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Le secrétaire général de l’union départementale CGT des Boûches-du-Rhône, Olivier Mateu, estime que la centrale vient d’entériner « la négation de l’antagonisme existant entre exploiteurs et exploités ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ 
<article-nb="2018/10/05/19-17">
<filnamedate="20181005"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181005"><AAMMJJHH="2018100519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Pour les avocats des familles de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, qui en ont révélé l’existence, cette structure pourrait être liée à l’assassinat des deux hommes, en 2013.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤         

Compte rendu

En Tunisie, controverse sur une mystérieuse « organisation secrète » issue de la mouvance islamiste

Pour les avocats des familles de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, qui en ont révélé l’existence, cette structure pourrait être liée à l’assassinat des deux hommes, en 2013.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
              datetime="2018-10-05T14:37:14+02:00"

        Le 05.10.2018 à 14h37

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-10-05T16:05:03+02:00"

        Mis à jour le 05.10.2018 à 16h05






    
Commémoration, le 6 février 2018 sur les lieux de l’assassinat de Chokri Belaïd, à Tunis.
Crédits : FETHI BELAID / AFP


Le parti Ennahda, issu de la matrice islamiste, disposait-il et dispose-t-il toujours d’une « organisation secrète » ? La question agite la scène politique tunisienne depuis la divulgation, mardi 2 octobre, de troublants documents par le comité de défense de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, deux figures de la gauche laïque assassinées respectivement le 6 février 2013 et le 25 juillet 2013. Cette double liquidation, perpétrée par des militants armés de la mouvance salafiste Ansar Al-Charia, avait plongé la Tunisie dans une crise gravissime, l’opposition « moderniste » mobilisant la rue pour dénoncer la responsabilité d’Ennahda qui dirigeait alors un gouvernement de coalition (fin 2011-début 2014). Le pays avait frôlé le chaos.
Depuis lors, les avocats des familles n’ont cessé de dénoncer les insuffisances de l’enquête judiciaire. Ils estimaient que la justice s’était contentée d’identifier les exécutants sans chercher à élargir le champ des responsabilités. Si les documents divulgués le 2 octobre n’établissent pas l’implication d’Ennahda dans les assassinats, ils révèlent l’existence d’une structure de collecte de renseignements, parallèle aux organes de l’Etat, que les avocats du comité de défense présentent comme liée au parti islamiste. Selon eux, cette « organisation secrète » était détentrice d’informations sensibles sur la vie politique et diplomatique de la Tunisie, y compris sur l’activité des salafistes radicaux.

        Lire aussi :
         

                En Tunisie, le vrai faux divorce du président Essebsi avec les islamistes



Aussi déplorent-ils que les documents issus d’archives saisies fin 2013 auprès de cette structure parallèle – et dont une partie est conservée au secret dans une « chambre noire » du ministère de l’intérieur – n’aient pas été exploités par la justice. « Existe-t-il une manipulation pour empêcher la justice de connaître toute la vérité ? », interroge Ridha Raddaoui, avocat membre du comité.
Ennahda a aussitôt réagi sous la forme d’un communiqué en protestant de son innocence. Le parti présidé par Rached Ghannouchi, qui se définit désormais comme « démocrate musulman », nie s’être jamais livré à des activités « hors du cadre de la loi ». Et il précise que la personne identifiée par les avocats du comité de défense comme le principal animateur de l’« organisation secrète », un certain Mustafa Kheder, condamné en 2016 à huit ans et un mois de prison pour possession illégale de documents d’Etat et de matériel électronique importé sans autorisation douanière, « n’a absolument aucune relation avec Ennahda ».
Matériel d’écoute électronique
L’affaire commence le 19 décembre 2013 quand la propriétaire d’un appartement d’Al-Morouj (dans la banlieue sud de Tunis) loué à Mustafa Kheder, ancien prisonnier victime de la répression de Ben Ali devenu gérant d’une auto-école, porte plainte auprès du commissariat du quartier. Elle accuse son locataire d’avoir installé une étrange machine sur la terrasse du logement et de lui en interdire l’accès. La police se rend sur place mais elle est mystérieusement précédée par quatre voitures portant des plaques minéralogiques administratives, qui évacuent à la hâte des caisses de documents. Les policiers découvrent sur la terrasse une déchiqueteuse qui avait servi à détruire des dossiers. Ils saisissent aussi des ordinateurs, du matériel d’écoute électronique (micros-stylos, micros-cravates, montres caméras…) importé de France et quatorze boîtes de dossiers que les précédents visiteurs n’avaient pas eu le temps d’emporter.

        Lire aussi :
         

                A la mairie de Tunis, le nouveau visage du parti islamiste Ennahda



Les caisses de documents volatilisées à bord des voitures administratives se trouvent en fait au service des archives du ministère de l’intérieur. Elle sont entreposées dans ce que les avocats appellent une « chambre noire », dépourvues de statut légal car aucun certificat de réception n’a été signé. Peu de monde en connaît l’existence. Quant aux quatorze boîtes de dossiers récupérées par la police de Morouj, elles sont versées à la police judiciaire d’El-Gorjani, une caserne proche de Tunis, chargée de l’enquête sur cette affaire de détention illégale de documents d’Etat. Sur ces quatorze boîtes, dix disparaîtront ensuite étrangement, selon Me Raddaoui.
Cela laisse peu de traces exploitables sur la ténébreuse structure de M. Kheder, qui semblait avoir bien des choses à cacher derrière la devanture d’une auto-école de banlieue. Les avocats du comité de défense de MM. Belaïd et Brahmi parviendront toutefois à avoir accès au matériel informatique saisi et remis au tribunal de première instance de Tunis, en particulier les disques durs externes où avaient été stockées les versions numériques de documents scannés avant d’être détruits dans la déchiqueteuse. La prise est inestimable. Ce sont des pièces issues de ce canal qui ont été révélées lors de la conférence de presse du 2 octobre à Tunis, parrainée par le Front populaire, coalition de partis issus de l’extrême gauche et du panarabisme dont MM. Belaïd et Brahmi étaient des têtes d’affiche. Ces documents sont de deux types : certains ont été obtenus par le sulfureux Kheder auprès d’organes de l’Etat ; d’autres sont de sa propre facture.

        Lire aussi :
         

                Ansar Al-Charia, le djihadisme au défi de la Tunisie



Cette masse d’informations dessine les contours d’une officine se livrant à un travail de renseignement systématique sur les acteurs de la vie publique tunisienne en ces années post-révolution de 2011. M. Kheder était détenteur de listes d’informateurs dans les quartiers du Grand Tunis – « souvent des petits malfrats », selon Ridha Raddaoui – et d’environ « trois cents sécuritaires », principalement des agents affiliés au ministère de l’intérieur. Selon un document cité par Me Raddaoui, des « conseillers sécuritaires » des Frères musulmans égyptiens sont venus à Tunis dispenser des cours de collecte de renseignements sous couvert d’une formation en « agriculture ».
Salafistes radicaux recherchés
Les activités de M. Kheder l’ont amené à entrer en contact avec des services secrets étrangers, notamment italiens. Ces derniers avaient sollicité une médiation islamiste tunisienne pour obtenir la libération du journaliste de La Stampa Domenico Quirico, otage en Syrie. Selon Ridha Raddaoui, M. Kheder s’est lui-même rendu à la frontière syro-turque pour participer à la négociation. M. Quirico a finalement été libéré le 8 septembre 2013 – en compagnie de l’enseignant belge Pierre Piccinin.
Un autre document numérisé par M. Kheder et consulté par Me Raddaoui, un rapport issu du ministère de l’intérieur, rend compte d’une rencontre entre hauts responsables sécuritaires tunisiens et algériens. Il fait état des changements intervenus dans la hiérarchie du ministère algérien de la défense, alors en butte à des tensions avec la présidence d’Abdelaziz Bouteflika. « Kheder a eu accès à des informations sur les luttes intestines au sommet de la pyramide sécuritaire algérienne », soutient l’avocat.

    
Les figures de la gauche tunisienne Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, en 2012.
Crédits : KHALIL,FETHI BELAID / AFP


Si cette masse de données détenues par M. Kheder révèle une activité de renseignement tentaculaire, il reste que le lien entre cette structure secrète et l’assassinat de MM. Belaïd et Brahmi n’est pas clairement établi. Me Raddaoui estime toutefois que bien des questions se posent au regard de certains documents informant M. Kheder des mouvements à travers la Tunisie des salafistes radicaux les plus recherchés du pays. Parmi eux figurent Abou Ayad, le chef suprême d’Ansar Al-Charia (qui passera en Libye vers mars 2013), Mohamed Aouadi, le chef militaire du groupe terroriste (finalement arrêté le 9 septembre 2013), et le Franco-Tunisien Boubaker El-Hakim, qui rejoindra ensuite en Syrie l’organisation Etat islamique (EI) et sera tué à Rakka en novembre 2016 par un drone américain. Un document en possession de M. Kheder, selon Me Raddaoui, conseille ainsi le « franchissement de la frontière par M. Aouadi en compagnie d’un groupe de sécuritaires ».
Or ces trois chefs salafistes sont clairement impliqués dans le double assassinat. Le Franco-Tunisien El-Hakim s’était même vanté d’avoir personnellement « tué de dix balles » M. Brahmi. « Est-il normal que de tels documents concernant le double assassinat de MM. Belaïd et Brahmi n’aient pas été versés au dossier d’instruction ? », interroge Me Raddaoui.

        Lire aussi :
         

                Le Pentagone revendique la mort de Boubaker El Hakim, émir français de l’Etat islamique



Alors que gronde à nouveau la controverse – récurrente – sur la responsabilité d’Ennahda dans le climat ayant permis à l’époque les débordements salafistes, le parti riposte en insistant que M. Kheder n’a « aucun lien organique » avec lui. « Il s’agit d’un ancien militaire obsédé par les complots, agissant dans son coin et qui offre ses services sécuritaires à qui veut bien le prendre comme sous-traitant », explique un dirigeant d’Ennahda. Que penser dès lors des documents en sa possession ornés de l’en-tête de la formation ? « Cela veut dire qu’il espionnait même Ennahda. » Une autre question sensible concerne les liens attestés entre M. Kheder et Ridha Barouni, à l’époque membre du bureau politique d’Ennahda chargé de l’administration et des finances. « Ils se sont connus à l’armée, répond le responsable du parti. Il s’agit juste d’une relation personnelle qui n’implique aucun lien organisationnel. » L’énigme Kheder n’a pas fini de planer sur la scène politique tunisienne. Et l’enquête inachevée sur le double assassinat de MM. Belaïd et Brahmi réserve encore peut-être bien des surprises.


<article-nb="2018/10/05/19-18">
<filnamedate="20181005"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181005"><AAMMJJHH="2018100519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ La gauche antimigrants, en Allemagne ou en France, estime que les immigrés menacent notre modèle social. Une affirmation démentie par la réalité.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤               En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   Fermer la bannière d’avertissement sur les cookies              Navigation       Le Monde - retour à la une        Se connecterSe connecter  S’abonner                    À la une   En continu   Actualités    En ce moment    Harcèlement sexuel    Le Monde Festival    Indonésie    Bioéthique    Iran    Immigration en Europe    Donald Trump    Brexit    Climat    Toute l’actualité en continu     Actualités    International   Politique   Société   Les Décodeurs   Sport   Planète   Sciences   M Campus   Le Monde Afrique   Pixels   Médias   Santé   Big Browser   Disparitions         Économie      Économie   Économie mondiale   Économie française   Emploi   Argent & placements   Tribunes éco   Smart cities                      Économie  RATP : le gouvernement prépare un big bang de la concurrence dans les bus                    Économie  La start-up française qui veut donner un second souffle au Bitcoin                    Chronique   Article réservé à nos abonnés « Le gouvernement populiste italien rêve d’ouvrir grandes les portes à la Chine »   Philippe Escande                      Tribune   Article réservé à nos abonnés Luc Boltanski et Arnaud Esquerre : « L’économie et la sociologie peuvent s’enrichir mutuellement »             Vidéos      Vidéos   Les explications   Les séries                      01:51     Asie-Pacifique  Pourquoi des villages du Bangladesh construisent leurs écoles sur des bateaux                    02:35     Planète  Pourquoi le séisme en Indonésie a été si meurtrier                    02:31     Disparitions  Charles Aznavour en cinq chansons inoubliables                    06:27     Cinéma  « The Diddy Laugh » : pourquoi est-ce toujours les deux mêmes enfants que l’on entend rire dans les films ?             Opinions      Opinions   Editoriaux   Chroniques   Analyses   Tribunes   Blogs                      Tribune   Article réservé à nos abonnés « Au Brésil, le discours moraliste de plus en plus droitier des élites »   Gaspard Estrada Directeur exécutif de l’Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes (OPALC) de Sciences Po.                     Entretien   Article réservé à nos abonnés Les réseaux sociaux sont-ils une menace pour la démocratie ?                    Entretien   Article réservé à nos abonnés Laure Murat : « #metoo est la première remise en cause sérieuse du patriarcat »                    Éditorial  Réforme de la Constitution : la « tyrannie »  de la politique             Culture      Culture   Cinéma   Télévision   Livres   Musiques   BD   Cultures web                      Cinéma  Les excuses très publiques de Fan Bingbing, actrice chinoise en difficulté avec le fisc                    Livres   Article réservé à nos abonnés L’éducation sentimentale selon Julian Barnes                    Télévisions & Radio  « Deux sœurs, une histoire » : des femmes en lutte pour le droit de vote                    Musiques  L’ex-magnat du rap Suge Knight condamné à 28 ans de prison             M le mag      M le Mag   L'actu   L'époque   Le style   Gastronomie   Voyage   Mode   Les Recettes du Monde                      Actu  Des héros de fiction estampillés LGBT                    M le mag   Article réservé à nos abonnés Christophe Castaner, le joker de Jupiter                    L'époque   Article réservé à nos abonnés S’aimer comme on se quitte : « Ma confiance, mes points de permis, ma dignité, il a tout pris »                    Les recettes du Monde  Tarte végétarienne : la recette de Xavier Mathias             Services    Services   Guides d'achat   Codes Promo   Formation professionnelle   Cours d'anglais   Cours d'orthographe et grammaire   Conjugaison   Dictionnaire de citations   Annonces auto   Annonces immo   Jardinage   Jeux   Paroles de chansons       Suppléments partenaires  Les clés de demain Les métiers de demain Avenir numérique Croisières d'exploration    Services Le Monde  Évènements abonnés Le Monde Festival Boutique Le Monde Newsletters   Decodex Données du Monde Le Club de l'économie         Recherche                                RUE DES ARCHIVES / PVDE        Cette gauche qui milite pour la fermeture des frontières au nom des classes populaires   Par Anne Chemin    EnquêteRéservé à nos abonnés Publié hier à 12:38, mis à jour à 11:30  La gauche antimigrants, en Allemagne ou en France, estime que les immigrés menacent notre modèle social. Une affirmation démentie par la réalité.             Ils sont de gauche, mais ils rêvent de fermer un jour les frontières européennes aux migrants qui risquent leur vie en franchissant la Méditerranée. Qu’ils se disent sociaux-démocrates ou marxistes, ces militants allemands, français ou danois plaident avec conviction pour le « chacun chez soi » : la libre circulation des hommes leur semble une dangereuse chimère. La cible de ces nouveaux procureurs de l’immigration est toujours la même : la « bien-pensance » de la gauche, qui célébrerait avec une naïveté confondante les vertus de l’ouverture des frontières.           En Allemagne, Sahra Wagenknecht, la figure de Die Linke qui vient de lancer le mouvement Aufstehen (« Debout »), regrette ainsi qu’en 2015, Angela Merkel ait grand ouvert les portes de son pays aux migrants qui se pressaient aux frontières. Il ne faut surtout pas rééditer cette « perte de contrôle », avertit cette députée qui se définit comme marxiste, car ce brusque afflux d’étrangers a « changé ce pays, et pas pour le mieux ». « Nous ne rendons pas le monde plus juste en faisant la promotion de la migration », conclut l’ancienne présidente de Die Linke.            « Je ne suis pas d’accord pour faire comme si l’immigration était quelque chose de naturel, de désirable, de souhaitable » Jean-Luc Mélenchon Leader de La France insoumise           Si La France insoumise s’abstient de tenir des discours ouvertement hostiles aux migrants, elle ne peut masquer, elle aussi, une certaine ambiguïté. L’un de ses orateurs, Djordje Kuzmanovic, a ainsi déclaré que le discours ­d’Aufstehen sur la question migratoire était de « salubrité publique ». Jean-Luc Mélenchon l’a rappelé à l’ordre mais le leader de La France insoumise a refusé d’apposer sa signature au pied du Manifeste pour l’accueil des migrants de Mediapart, Regards et Politis. « Je ne suis pas d’accord pour faire comme si l’immigration était quelque chose de naturel, de désirable, de souhaitable », a-t-il déclaré.                      — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de 400 journalistes    Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.    Abonnez-vous à partir de 1 €       Dans la même rubrique                Article réservé à nos abonnésChine : une nouvelle puissance navale se lève à l’Est                    Article réservé à nos abonnésDe la lutte antidopage au sport russe, le troublant mélange des genres du docteur Schamasch                    Article réservé à nos abonnésAllemagne : le séisme de l’extrême droite             Les abonnés lisent aussi...                Enquête     Florence Rosier    Article réservé à nos abonnésPeut-on profiler les maladies ? Depuis 10 ans, la génomique de masse, recherche de variants génétiques susceptibles d’expliquer les différences entre individus, connaît un essor, sans toujours convaincre.                    Enquête     Bruno Philip    Article réservé à nos abonnésAung San Suu Kyi, icône déchue Prix Nobel de la paix 1991, longtemps perçue en Occident comme un symbole de la lutte contre les dictatures militaires, la dirigeante birmane paye aujourd’hui sa passivité face aux exactions de l’armée contre la minorité rohingya.                    Récit     Catherine Portevin    Article réservé à nos abonnésAux Bernardins, les intellectuels catholiques ont trouvé une caisse de résonance Imaginé par le cardinal Lustiger comme un moyen de « réarmer » la pensée catholique et de la faire rayonner en France, le Collège des bernardins s’est affirmé, en dix ans, comme un lieu culte de l’intelligentsia de tous bords.                  En direct International Politique Société Économie Culture Sport Techno Sciences Opinions Recettes de cuisine   Planète M Campus Style L’époque Éducation Disparitions Santé Guides d’achat     Conjugaison Cours d’anglais Decodex Formation professionelle Jeux La boutique du Monde Orthographe et grammaire Prix de l’immobilier Source Sûre     Courrier International La société des lecteurs du Monde Le Huffington Post Le Prix du Monde et de la recherche L’Obs Le Monde diplomatique Télérama Talents     Codes Promo Codes Promo Amazon Jardinage Paroles de chansons      lemondefr @lemondefr Facebook Le Monde.fr Fils RSS Applications mobiles   Newsletters du Monde   Recevoir les newsletters du Monde    Abonnement   Abonnez-vous dès 1€        Mentions légales Politique de confidentialité Conditions générales | Aide (FAQ)      
{"@context":"https://schema.org","@type":"NewsArticle","mainEntityOfPage":{"@type":"WebPage","@id":"https://www.lemonde.fr/long-format/article/2018/10/04/ouvriers-etrangers-solidarite_5364606_5345421.html?xtor=RSS-3208"},"headline":"Cette gauche qui milite pour la fermeture des frontières au nom des classes populaires","dateCreated":"2018-10-04T12:38:52+00:00","datePublished":"2018-10-04T12:38:52+00:00","dateModified":"2018-10-05T11:30:54+00:00","publisher":{"@type":"Organization","name":"Le Monde","logo":{"@type":"ImageObject","url":"https://s1.lemde.fr/medias/web/1.2.705/img/elements_lm/logo_lm_print.png","width":"240","height":"42"}},"description":"La gauche antimigrants, en Allemagne ou en France, estime que les immigrés menacent notre modèle social. Une affirmation démentie par la réalité."
,"author":[{"@type":"Person","name":"Anne Chemin"}
]
,"image":{"@type":"ImageObject","url":"https://img.lemde.fr/2018/10/05/0/0/3576/2340/696/348/3/0/31a8ce9_tnn9k2irlHvbewTnKLAs1kjt.jpg","width":"696","height":"348"}
,"isAccessibleForFree":"False","hasPart":{"@type":"WebPageElement","isAccessibleForFree":"False","cssSelector":".paywall"}
  
{"@context":"https://schema.org","@type":"BreadcrumbList","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"item":{"@id":"https://www.lemonde.fr"}}
,{"@type":"ListItem","position":2,"item":{"@id":"https://www.lemonde.fr/long-format/"}}
,{"@type":"ListItem","position":3,"item":{"@id":"https://www.lemonde.fr/long-format/article/2018/10/04/ouvriers-etrangers-solidarite_5364606_5345421.html?xtor=RSS-3208"}}
     


      



<article-nb="2018/10/05/19-19">
<filnamedate="20181005"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181005"><AAMMJJHH="2018100519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Le cinéaste ukrainien emprisonné a remis un message à la presse où il explique être « forcé de mettre un terme à [sa] grève de la faim » le 6 octobre.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Russie : Oleg Sentsov dit arrêter sa grève de la faim pour éviter d’être nourri de force

Le cinéaste ukrainien emprisonné a remis un message à la presse où il explique être « forcé de mettre un terme à [sa] grève de la faim » le 6 octobre.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 17h13
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 18h15
   





                        


Ce n’est pas parce qu’il a obtenu satisfaction qu’il a pris cette décision. Dans un message remis vendredi 5 octobre à la presse, le cinéaste ukrainien emprisonné en Russie Oleg Sentsov a déclaré devoir arrêter sa grève de la faim pour éviter d’être nourri de force.
« Je suis forcé de mettre un terme à ma grève de la faim demain, c’est-à-dire le 6 octobre 2018 », a-t-il fait savoir dans une lettre manuscrite. Il précise : « En raison de mon état de santé critique et de l’apparition de changements pathologiques dans mes organes, il était prévu prochainement de me nourrir de force. » « Mon opinion n’est plus prise en compte. »

        Lire aussi :
         

                Oleg Sentsov fait citoyen d’honneur de la Ville de Paris



« L’objectif n’est pas atteint »
Oleg Sentsov, 42 ans, originaire de Crimée, la péninsule ukrainienne annexée par la Russie en 2014, refusait de s’alimenter depuis le 14 mai pour demander la libération de prisonniers politiques ukrainiens. Après « cent quarante-cinq jours de lutte, 20 kilos en moins et un corps brisé », « l’objectif n’est pas atteint », déplore le cinéaste. « Je suis reconnaissant à tous ceux qui m’ont soutenu et demande pardon à ceux que je laisse tomber », conclut Oleg Sentsov, terminant son message par « Gloire à l’Ukraine ! »
« Le prisonnier Oleg Sentsov a accepté de consommer de la nourriture », a annoncé de son côté le service pénitentiaire russe, disant que « les meilleurs nutritionnistes de Moscou ont élaboré un programme pour l’aider à ingérer progressivement des aliments solides ». L’avocat d’Oleg Sentsov, Dmitri Dinze, n’était pas joignable pour un commentaire.

        Lire aussi :
         

                Moscou diffuse une nouvelle photo du cinéaste en grève de la faim, Oleg Sentsov



Auparavant, le vice-directeur du service pénitentiaire russe, Vitali Maximenko, avait annoncé à l’agence Interfax la fin de la grève de la faim d’Oleg Sentsov et avait remercié les médecins et avocats l’ayant convaincu qu’il « faut vivre, que la vie continue ». Interviewé par la télévision indépendante Dojd, Vitali Maximenko a ajouté qu’Oleg Sentsov était « jeune, il deviendra peut-être un réalisateur célèbre. Qu’il vive ! »
Condamné à vingt ans de prison
Oleg Sentsov est connu pour son film Gamer, qui raconte l’histoire d’un adolescent participant à des compétitions de jeux vidéo tout en faisant face à une vie quotidienne difficile dans un village d’Ukraine. Le film avait été montré dans plusieurs festivals et récompensé à Rotterdam en 2012.
En mai 2014, opposé à l’annexion de la Crimée par la Russie, Oleg Sentsov a été arrêté à son domicile. Accusé d’avoir coordonné les activités d’un groupe de militants affiliés au mouvement ultranationaliste ukrainien Pravy Sektor (« secteur droit »), il a été condamné en août 2015 à vingt ans de prison pour « terrorisme » et « trafic d’armes », à l’issue d’un procès qualifié de « stalinien » par l’ONG Amnesty International.

        Lire aussi :
         

                « Oleg Sentsov peut mourir à chaque minute qui passe »



La dernière photographie d’Oleg Sentsov, diffusée la semaine dernière par les services pénitentiaires russes, montrait un médecin en blouse blanche l’auscultant, torse nu, dans un cabinet médical. Le cinéaste, qui mesure 1,90 mètre, y apparaissait affaibli et amaigri.
Les pays du G7 et de nombreuses personnalités du monde culturel ont appelé à sa libération. Malgré les déclarations alarmistes de proches concernant la dégradation de l’état de santé d’Oleg Sentsov, le Kremlin a répété à plusieurs reprises qu’une grâce présidentielle ne pouvait être accordée qu’à la demande du prisonnier, ce qu’Oleg Sentsov refuse de faire.
La Russie et l’Ukraine sont à couteaux tirés depuis l’arrivée au pouvoir, en 2014, de pro-Occidentaux à Kiev, suivie de l’annexion de la Crimée par Moscou et d’un conflit armé dans l’Est séparatiste prorusse du pays, qui a fait plus de dix mille morts.

        Lire aussi :
         

                « Il faut agir vite pour ne pas laisser Oleg Sentsov mourir »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/05/19-20">
<filnamedate="20181005"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181005"><AAMMJJHH="2018100519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ L’arrestation violente par des policiers de deux jeunes hommes dans le 19e arrondissement de Paris, filmée par MHD avec un téléphone portable, a fait le tour des réseaux sociaux vendredi.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Ouverture d’une enquête pour violence policière après la diffusion d’une vidéo par le rappeur MHD

L’arrestation violente par des policiers de deux jeunes hommes dans le 19e arrondissement de Paris, filmée par MHD avec un téléphone portable, a fait le tour des réseaux sociaux vendredi.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 16h23
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 17h58
    |

            Nicolas Chapuis








                        


La vidéo est saisissante ; celui qui l’a publiée, une célébrité dans le monde du rap. Il n’en fallait pas moins pour qu’elle franchisse, en à peine douze heures, le demi-million de visionnages. L’arrestation violente par des policiers de deux jeunes hommes dans le 19e arrondissement de Paris, filmée par un téléphone portable, a fait le tour des réseaux sociaux, vendredi 5 octobre. Le parquet de Paris a décidé d’ouvrir une enquête pour violence par personne dépositaire de l’autorité publique et en réunion. Elle a été confiée à l’inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices ».

Aujourd’hui mon grand frère à était victime d’agression policière en bas de chez moi ! Voilà comment la police traî… https://t.co/rhzWO5aTL5— MHDOfficiel (@MHD)


require(["twitter/widgets"]);

C’est le rappeur MHD qui a publié les images sur son compte Instagram et sur Twitter, dans la nuit de jeudi 4 à vendredi 5 octobre. L’artiste interpelle ses quelque 2 millions d’abonnés :
« Aujourd’hui dans les environs de 18 heures mon grand frère a été victime d’agression policière en bas de chez moi ! »
Et de lancer en guise d’avertissement :
« Voilà comment la police traite les jeunes dans nos quartiers ! Pourquoi se mettre à 8 avec un chien sur une personne qui sort du sport ? ! sans défense ! On va mettre fin à cet abus de pouvoir ! Partagez au maximum la vidéo, ce genre de délit ne doit pas être un quotidien dans nos quartiers !! »
Des interpellations musclées
Sur la vidéo, on voit neuf policiers de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne qui interpellent deux individus, avenue Simon-Bolivar (19e arrondissement). Le chien des forces de l’ordre, bien que muselé, se jette sur l’un d’entre eux, avant que plusieurs policiers se ruent sur lui en portant des coups. S’ensuit une mêlée lors de laquelle les agents maîtrisent de manière musclée les deux jeunes hommes.

        Lire aussi :
         

                Afro-trap : MHD, des tubes et des doutes



« C’était l’interpellation de deux personnes dans le cadre d’une opération de contrôle et de sécurisation », explique-t-on à la préfecture de police de Paris. Selon des sources policières, cela faisait suite à des outrages et menaces. L’atmosphère était tendue dans ce quartier, baptisé « la cité rouge » : plus tôt dans l’après-midi, des interpellations liées à du trafic de stupéfiant avaient été effectuées.
Du côté de la préfecture, on appelle à prendre les images avec prudence, rappelant que la vidéo ne comporte pas le son, que le début de la scène n’est pas filmé et que le cadrage de la scène est partiel. « Il est difficile de voir précisément les faits et gestes des personnes présentes de même que ce qui déclenche l’intervention du chien par exemple, c’est la limite de ces séquences diffusées sur les réseaux sociaux », explique une source policière.
Les deux personnes interpellées ont été placées en garde à vue, dans le cadre d’une enquête ouverte pour outrage et rébellion.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/05/19-21">
<filnamedate="20181005"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181005"><AAMMJJHH="2018100519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ New York, Californie, Londres, pénal et civil… il vivra ses prochaines années un parcours judiciaire rythmé par les accusations de viols.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤                     
                                                

Harvey Weinstein face à la justice : le point sur les affaires

New York, Californie, Londres, pénal et civil… il vivra ses prochaines années un parcours judiciaire rythmé par les accusations de viols.



LE MONDE
 |    05.10.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
05.10.2018 à 15h50
    |

            Yves Eudes








                        



Un an après les révélations sur son comportement de prédateur sexuel, Harvey Weinstein ne sait pas encore quel sort lui réserve la justice, mais une chose est sûre : il va vivre un parcours judiciaire complexe et varié, qui durera des années.
Le premier magistrat à s’attaquer à l’affaire Weinstein a été le procureur du district de Manhattan (à New York), Cyrus Vance — celui-là même qui avait mené la procédure contre Dominique Strauss-Kahn, il y a sept ans. En mai 2018, après plusieurs mois d’enquête, il inculpe Harvey Weinstein, devant un tribunal de New York, de viol au premier degré (avec usage de la force) et au troisième degré (sur personne incapable de donner son consentement), ainsi que « d’actes sexuels forcés » sur deux femmes, dont l’identité n’a pas été révélée.
Les faits remontent à 2004 et à 2013. L’accusé risque en théorie jusqu’à vingt-cinq ans de prison. Arrêté et interrogé, il plaide non coupable. En attendant son procès, il est libéré contre une caution d’un million de dollars. Il n’a pas le droit de voyager hors des Etats de New York et du Connecticut, et doit porter un bracelet électronique.

        Témoignages :
         

          « Je me sens plus légitime à réagir à des regards appuyés » : des témoignages de l’an I de #metoo



De quoi payer son armée d’avocats
Depuis, il vit confortablement, avec une partie de sa famille, dans sa splendide maison de Westport (Connecticut), une station balnéaire chic à cinquante kilomètres de New York. En fait, il a dû vendre la maison à l’un de ses riches voisins pour 16 millions de dollars, mais le nouveau propriétaire lui permet d’y habiter encore quelque temps. Cette vente a eu lieu dans le cadre d’un arrangement financier avec son épouse, la styliste britannique Georgina Chapman, qui a quitté le domicile conjugal peu après les révélations d’octobre 2017.
Il a aussi vendu deux autres propriétés, à New York et à Long Island, ce qui lui a rapporté des dizaines de millions de dollars — de quoi payer son armée d’avocats. Sa maison de Los Angeles (Californie), où il ne peut plus aller à cause de son assignation à résidence, a été mise en location.
En juillet, l’ex-producteur est à nouveau inculpé à New York, cette fois d’« acte sexuel criminel » et d’« agression » d’une femme à qui il aurait imposé une « pratique sexuelle orale » en 2006. Compte tenu des autres charges, il risque désormais la perpétuité. A nouveau, il plaide non coupable. Le procureur demande qu’il soit contraint de déménager pour venir s’installer à New York, dans sa juridiction, mais son avocat Benjamin Brafman convainc le juge de laisser son client vivre à Westport, puisqu’il ne possède plus d’appartement à New York…

        Lire aussi :
         

                Affaires Weinstein : la liste des victimes s’allonge, plusieurs enquêtes sont ouvertes



Des plaintes aux Etats-Unis et en Europe

   


En août, la série continue. Un juge fédéral de New York déclare recevable une nouvelle plainte pour « trafic sexuel », déposée par l’actrice britannique Kadian Noble, qui accuse Harvey Weinstein de l’avoir agressée sexuellement dans la salle de bain d’une chambre d’hôtel en 2014, lors du Festival de Cannes. L’avocate de l’accusé dans cette procédure fédérale, Phyllis Kupferstein, s’est étonnée que la loi sur la répression du trafic sexuel soit invoquée dans ce genre d’affaire, car elle a été conçue pour lutter contre les réseaux de prostitution. Dans ce cas, le recours à cette loi permettrait notamment de contourner les problèmes de territorialité, car l’agression a eu lieu en France.
Deux autres enquêtes sont en cours à New York. L’une fait suite aux déclarations à la presse de l’actrice Paz de la Huerta, qui accuse l’ex-producteur de l’avoir violée deux fois, chez elle, à la fin de 2010. L’autre vise les liens entre Harvey Weinstein et la société de sécurité israélienne Black Cube, qu’il aurait engagée pour espionner et harceler des victimes qui menaçaient de le dénoncer.
Harvey Weinstein risque aussi d’être inculpé dans d’autres villes. En Californie, le procureur de Los Angeles enquête sur six plaintes déposées contre lui pour agressions sexuelles, dont trois à Beverly Hills. Par ailleurs, en Grande-Bretagne, la police de Londres a enregistré à ce jour seize plaintes à son encontre émanant de onze femmes, pour des faits remontant parfois aux années 1990. Elle mène des enquêtes qui pourraient déboucher sur des mises en examen devant des tribunaux anglais.
Chargée de « préparer » les rencontres sexuelles
En plus des procès au pénal, Harvey Weinstein est attaqué au civil, les plaignantes réclamant cette fois des dommages et intérêts. A New York, l’une de ses anciennes assistantes, Sandeep Rehal, a porté plainte pour harcèlement et discrimination. Selon ses dires, elle était chargée de « préparer » les rencontres sexuelles de son patron avec ses diverses partenaires, y compris les réservations de chambre ou l’achat de lingerie fine et d’ampoules contre le dysfonctionnement érectile.
Quand les rencontres avaient lieu au siège de la société, Mme Rehal devait ensuite faire le ménage. Par ailleurs, elle était constamment soumise à des remarques dénigrantes ou vulgaires proférées par Harvey Weinstein ou par son frère et associé, Bob Weinstein. L’Etat de New York a décidé d’élargir ce dossier en ouvrant une enquête visant les ex-cadres de la défunte société The Weinstein Company, pour violation des droits civiques de leurs employés.
Toujours au civil, à Los Angeles, l’actrice Ashley Judd réclame une compensation financière à Harvey Weinstein, qu’elle accuse d’avoir nui à sa carrière par vengeance parce qu’elle avait refusé un rapport sexuel. En septembre, la plainte a été jugée recevable.
Et quelques faits prescrits

   


Pendant ce temps, la première procédure pénale new-yorkaise suit son cours, sans hâte. Une audience préliminaire, qui aurait dû se tenir à la fin de septembre, a été repoussée au 8 novembre. L’avocat Benjamin Brafman tente d’empêcher le procureur de faire entendre comme témoins des femmes affirmant avoir été agressées par son client, mais qui ne peuvent pas porter plainte car les faits sont prescrits.
Aiguillonnée par l’opinion et par les médias, la machine judiciaire new-yorkaise est peut-être en train de s’emballer. A la demande de l’association Time’s Up, créée par un groupe d’actrices dans la foulée de l’affaire Weinstein, la procureure générale de l’Etat, Barbara Underwood, a ouvert une « enquête indépendante » visant le procureur Cyrus Vance : on le soupçonne d’avoir enterré des plaintes contre Harvey Weinstein au cours des années précédentes, avant que le scandale n’éclate.
Le gouverneur de l’Etat a demandé une suspension de cette procédure, pour ne pas gêner le procureur à ce stade délicat de l’affaire, mais elle pourrait reprendre prochainement.




                            


                        

                        

