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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Reprenant les codes des « études de genre », trois Américains sont parvenus à faire publier des articles totalement farfelus dans les revues les plus en vue du domaine.
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« Culture du viol chez les chiens » : un vaste canular trompe des revues scientifiques américaines

Reprenant les codes des « études de genre », trois Américains sont parvenus à faire publier des articles totalement farfelus dans les revues les plus en vue du domaine.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 17h04
    |

            Pierre Barthélémy








                        


Peter Boghossian et James Lindsay sont de petits farceurs. En 2017, ces deux Américains – le premier enseigne la philosophie à l’université d’Etat de Portland (Oregon), le second, titulaire d’un doctorat en mathématiques, est essayiste – avaient piégé la revue Cogent Social Sciences en lui faisant publier une pseudo-étude tendant à montrer que le pénis ne devait pas être considéré comme l’organe masculin de la reproduction mais comme une construction sociale. Au fil de cet article, que ses auteurs décrivirent ensuite comme « un papier de 3 000 mots d’inepties totales se faisant passer pour de l’érudition universitaire », on caricaturait certaines études de genre en expliquant notamment que le pénis était la source d’une culture du viol, y compris du viol de la nature, et donc en partie responsable du réchauffement climatique…

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Ce canular, assez facile car dirigé contre une revue de peu d’envergure, a donné des idées à Peter Boghossian et James Lindsay, qui ont décidé de pousser la farce un cran plus loin, avec l’aide d’Helen Pluckrose, la rédactrice en chef d’Areo. Cette revue en ligne a publié, mardi 2 octobre, un long article signé des trois comparses expliquant comment, depuis un an, ils étaient passés, avec un certain succès, à la phase industrielle du canular en sciences humaines et sociales, rédigeant vingt études bidon en l’espace de dix mois et les soumettant à des revues plus réputées que Cogent Social Sciences.
Les journaux ciblés publient essentiellement des travaux sur les questions du genre, de la sexualité, de l’identité ou de l’origine ethnique, un champ d’étude que Boghossian, Lindsay et Pluckrose estiment « corrompu », au sens où l’idéologie y aurait pris le pas sur la recherche de la vérité. Selon ce trio, ces disciplines sont gangrenées par une culture du « grief », c’est-à-dire une obsession à attribuer les discriminations dont souffrent certaines personnes (en raison de leur sexe, de la couleur de leur peau ou de leur orientation sexuelle) aux machinations d’un groupe dominant – les hommes blancs hétérosexuels, pour schématiser.
Les trois auteurs se sont donc glissés dans le moule qu’ils critiquent, s’imprégnant des notions, du vocabulaire et des codes de ces « études de grief » et flattant « les préconceptions idéologiques des éditeurs », comme l’écrivait le physicien Alan Sokal après son retentissant canular de 1996.
Seules six études rejetées
Le bilan de l’expérience est à la fois édifiant et inquiétant. Sur les vingt études en question, seulement six ont été rejetées. Sept autres ont été acceptées pour publication – quatre d’entre elles sont effectivement parues et trois autres étaient sur le point de l’être quand les auteurs sont sortis du bois –, et les sept dernières étaient en cours de révision/correction.
Les articles publiés flirtent souvent avec le grotesque. L’un d’eux met ainsi en scène une chercheuse inventée étudiant, dans les parcs canins, la culture du viol chez les chiens et se demandant s’il est possible de réduire les tendances aux agressions sexuelles des hommes en les dressant comme on dresse leurs compagnons à quatre pattes. L’étude a été publiée par Gender, Place & Culture et l’un de ses relecteurs a écrit à son sujet : « C’est un papier merveilleux, incroyablement novateur, riche en analyses et extrêmement bien écrit et organisé », etc. Autre exemple, une étude parue dans Sexuality & Culture, qui encourage les hommes hétérosexuels à s’introduire des godemichés dans l’anus pour faire baisser leur homophobie… Un des reviewers s’est enthousiasmé pour ce « travail », assurant qu’il s’agissait d’« une contribution incroyablement riche et passionnante à l’étude de la sexualité et de la culture, et en particulier l’intersection entre masculinité et analité ». Sic.
« Nous n’aurions pas dû pouvoir publier l’un de ces si mauvais articles dans un journal, encore moins sept », écrivent Boghossian, Lindsay et Pluckrose, qui soulignent à quel point le sacro-saint système de relecture par les pairs est inopérant dans ce domaine. Ils révèlent d’ailleurs avoir été sollicités à quatre reprises pour relire et évaluer les articles de véritables chercheurs. Ils ont décliné de le faire pour des raisons éthiques. Le compte rendu de leur canular dans Areo se termine par un appel « aux plus grandes universités à commencer un examen méticuleux de ces domaines d’étude (…) de façon à séparer les spécialistes et les disciplines qui produisent du savoir de ceux qui produisent du sophisme constructiviste ». Bref à renouer avec la méthode scientifique.

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                L’Autolib’, révélatrice de la sociologie postmoderne



Reste à savoir quel impact réel ces révélations auront dans le monde universitaire. Sociologue au CNRS et lui-même coauteur d’un canular en 2015, Arnaud Saint-Martin s’avoue « partagé » quant au travail des trois Américains. « On sait qu’un certain nombre de disciplines sont infectées par du “bullshit”, dit-il. Ce qu’ils ont fait est très construit, avec une méthodologie où l’on teste un certain nombre de choses avec joie. Mais on peut se demander qui est l’adversaire, s’il est si puissant, si présent que cela. Ils ne donnent pas de noms, pas de départements universitaires, pas de colloques-phares… » 
Autre interrogation : l’affaire ne risque-t-elle pas d’avoir des effets délétères sur les chercheurs qui travaillent sérieusement sur les discriminations ? « Il existe un anti-intellectualisme rampant aux Etats-Unis, et cela peut donner des arguments béton à l’“alt-right” », analyse Arnaud Saint-Martin. Quand on ose ce genre de canular pour redonner une santé à la science, on risque aussi d’aider ceux qui la combattent.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Cette mesure sera discutée au Parlement à la fin de l’année, dans le cadre de la révision de la loi de bioéthique.
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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Santé publique France a confirmé jeudi que des bébés sont nés sans mains, bras ou avant-bras dans des périmètres restreints de l’Ain, en Loire-Atlantique et en Bretagne.
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Les autorités sanitaires confirment des cas groupés de bébés malformés, sans identifier de cause

Santé publique France a confirmé jeudi que des bébés sont nés sans mains, bras ou avant-bras dans des périmètres restreints de l’Ain, en Loire-Atlantique et en Bretagne.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 13h35
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 16h51
   





                        


Des cas groupés de bébés nés sans mains, bras ou avant-bras dans trois endroits de France ont alerté les autorités sanitaires ces dernières années, mais aucune cause n’a pu être mise en évidence par leurs enquêtes, ont-elles annoncé jeudi 4 octobre. Ces cas ont été observés dans l’Ain (7 naissances entre 2009 et 2014), en Loire-Atlantique (3 naissances entre 2007 et 2008) et en Bretagne (4 naissances entre 2011 et 2013), à chaque fois dans un périmètre restreint. Ils ont suscité des inquiétudes dans les zones concernées.
Pour l’Ain, « l’analyse statistique ne met pas en évidence un excès de cas par rapport à la moyenne nationale, et Santé publique France n’a pas identifié une exposition commune à la survenue de ces malformations », a expliqué l’agence sanitaire dans un rapport publié jeudi. « Pour la Loire-Atlantique et la Bretagne, l’investigation a conclu à un excès de cas. Cependant, aucune exposition commune n’a été identifiée », a-t-elle poursuivi.
150 cas par an en France
Appelée « agénésie transverse des membres supérieurs », cette absence de formation d’une main, d’un avant-bras ou d’un bras au cours du développement de l’embryon représente moins de 150 cas par an en France.
Les causes peuvent être génétiques, liées à des contraintes physiques ou dues à des substances toxiques (alimentation, environnement, voire médicaments dans le cas du thalidomide, antinauséeux qui avait fait naître des milliers d’enfants sans bras entre 1957 et 1962). Plusieurs facteurs entrent sans doute en ligne de compte.
Les investigations ont été menées sous deux formes : la recherche statistique d’un excès de cas, d’une part, et, de l’autre, une enquête auprès des parents, via des questionnaires. Le but des questionnaires est de tenter de comprendre quels produits (pesticides, médicaments, produits ménagers…) auraient éventuellement pu provoquer les malformations.
« On n’a pas d’élément démontré pour dire que tel produit est responsable », a affirmé Jean-Claude Désenclos, directeur scientifique de Santé publique France lors d’une conférence de presse. Par exemple, en ce qui concerne les pesticides, « les calendriers d’épandage ne correspondaient pas à la période-clé de fragilité durant la grossesse », a expliqué l’épidémiologiste Bertrand Gagnière, qui a enquêté sur les cas de Bretagne.
Conclusions contestées 
Concernant le cas de l’Ain, les conclusions ont été contestées par le Remera, structure basée à Lyon qui avait donné l’alerte pour ce département. C’est l’un des six registres des malformations congénitales de France.
« On tombe des nues », a déclaré sa directrice générale, l’épidémiologiste Emmanuelle Amar, lors d’un entretien téléphonique avec l’AFP. Elle accuse Santé publique France d’avoir fait des « erreurs » de méthodologie.
Le Remera a mené sa propre étude, dans laquelle il conclut que le nombre de cas dans l’Ain est statistiquement significatif. Mais lui et Santé publique France ne s’accordent pas sur la méthodologie.
Plus généralement sur les trois séries de cas, dans la mesure où aucune hypothèse n’a émergé des questionnaires, les enquêtes n’ont pas porté sur un produit en particulier. « Il ne suffit pas de dire “C’est l’environnement, c’est l’agriculture” », dit le docteur Gagnière. « En l’absence d’hypothèses, il ne sert à rien de lancer des recherches tous azimuts : on sait par expérience que ça ne débouche sur aucun résultat. » 
« Il y a eu une investigation »
Un argument contesté par Emmanuelle Amar : « Dire “On n’a pas trouvé la cause, alors on ne la cherche pas” est un raisonnement étrange », a-t-elle objecté. « Il peut y avoir un débat scientifique, mais il y a eu une investigation et on ne peut pas considérer que Santé publique France nierait l’existence de signaux », a souligné François Bourdillon, directeur général de l’agence sanitaire, qui maintient la surveillance pour repérer d’éventuels nouveaux cas.
Cette controverse intervient alors que le Remera s’inquiète pour son avenir. La région Auvergne - Rhône-Alpes et l’Inserm ont stoppé leur financement, selon sa responsable. L’autre partie de ses fonds provient de Santé publique France et de l’Agence du médicament (ANSM). « Il n’a jamais été question d’arrêter notre financement », a assuré M. Bourdillon.
Pour mieux repérer les malformations congénitales, Santé publique France souhaite créer une fédération nationale des six registres (Bretagne, Paris, Antilles, Réunion et deux en Auvergne - Rhône-Alpes, dont le Remera) pour disposer d’une base de données commune.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Avant l’attribution des Nobel de la paix et d’économie, voici les principales informations à retenir sur les récompenses scientifiques (médecine, physique, chimie) de cette année.
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Qui sont les lauréats des prix Nobel 2018 et qu’ont-ils accompli ?

Avant l’attribution des Nobel de la paix et d’économie, voici les principales informations à retenir sur les récompenses scientifiques (médecine, physique, chimie) de cette année.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 12h56
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 16h36
    |

            Gary Dagorn








                        


Les lauréats des prix Nobel scientifiques (médecine, physique, chimie) sont désormais connus. Six hommes et deux femmes ont été récompensés. Voici un aperçu de leurs réalisations, en attendant la remise des distinctions pour le « travail pour une paix durable » et les sciences économiques (le prix Nobel de littérature n’ayant pas été remis cette année).
Médecine : le système immunitaire contre le cancer
Le prix Nobel de médecine a récompensé cette année deux chercheurs, l’un japonais, l’autre américain, ayant travaillé sur une nouvelle façon de combattre les cellules cancéreuses. Tasuku Honjo et James P. Allison ont mené des travaux similaires qui montrent qu’il est possible d’utiliser le système immunitaire d’un malade pour éliminer les tissus cancéreux. C’est ce qu’on appelle désormais l’immunothérapie.
Tasaku Honjo, le premier, a commencé à travailler en 1992 à une protéine présente sur la surface des cellules tueuses de notre système immunitaire, les lymphocytes T. Cette protéine, baptisée PD-1, agit comme un frein à l’action des lymphocytes T afin que la réaction immunitaire soit proportionnée à la menace et ne se retourne pas contre les cellules saines. Après plusieurs années de recherche, Honjo a découvert qu’en inhibant la protéine PD-1, les lymphocytes pouvaient s’attaquer bien plus facilement aux cellules cancéreuses et ainsi combattre les tumeurs.
C’est à peu près la même découverte qu’a faite James P. Allison à l’université de Berkeley, à San Francisco, lorsqu’il s’aperçut qu’une autre protéine, la CTLA-4, fonctionnait aussi comme un frein à la réaction immunitaire du corps. Les expériences menées en 1994 pour bloquer CTLA-4 sur des souris atteintes d’un cancer ont montré des résultats spectaculaires de rémission. Après plusieurs années d’efforts, des essais cliniques en 2010 ont abouti à des résultats prometteurs chez des patients humains atteints de mélanomes avancés. Plusieurs patients ont ainsi vu disparaître toute tumeur maligne grâce à cette technique, alors que les autres traitements avaient échoué auparavant.
L’immunothérapie permet aujourd’hui d’augmenter significativement le taux de rémission des patients atteints de cancers jugés incurables avant et représente une source d’espoir pour des cancers tels que les mélanomes, les lymphomes, le cancer du poumon ou celui de la vessie.

        Focus sur le Nobel de médecine
         

          qui sacre la percée de l’immunothérapie du cancer



Physique : les lasers à l’honneur
Le 112e prix Nobel de physique a récompensé cette année trois chercheurs : Arthur Ashkin, Gérard Mourou et Donna Strickland. Le premier pour l’invention des pinces optiques et leur application dans le domaine médical ; les seconds pour l’invention d’une technique de génération de rayons laser très intenses ayant permis d’améliorer grandement la chirurgie optique.
Les pinces optiques d’Arthur Ashkin sont un outil révolutionnaire inventé en 1987. Il s’agit de manipuler des objets physiques microscopiques, tels que des atomes, des molécules, des virus ou des bactéries grâce à des rayons laser. Cela peut sembler étonnant, mais cette technique utilise la pression que la lumière peut exercer sur les choses pour les déplacer. Cette invention majeure a trouvé de multiples applications en médecine et en biologie, où il est devenu bien plus facile de manipuler des organismes vivants microscopiques sans les endommager, permettant des manipulations quasi aisées et une recherche médicale plus poussée.
Quant à Gérard Mourou, chercheur à Polytechnique et à l’université du Michigan, et Donna Strickland, chercheuse à l’université canadienne de Waterloo, ils sont les inventeurs d’une technique capable de générer de très puissantes et précises impulsions laser, grâce à une technique unique appelée « chirped pulse amplification » (ou CPA, « amplification d’impulsions par impulsions chirurgicales », en français). Celle-ci a notamment trouvé une application massive dans la chirurgie de correction des yeux et pourrait se révéler utile dans de nombreux autres domaines.

        Focus sur le Nobel de physique :
         

          trois chercheurs, dont un Français, récompensés pour leurs travaux sur les lasers



Chimie : l’évolution accélérée en éprouvette
Le Nobel de chimie 2018 a été décerné à trois spécialistes de l’« évolution dirigée » en éprouvette. Le jury suédois a attribué la moitié du prix à l’Américaine Frances Arnold (Caltech, Pasadena, Californie), tandis que son compatriote, George Smith (université du Missouri, Columbia), et le Britannique Gregory Winter (université de Cambridge) se sont partagé l’autre moitié.
Frances Arnold a essayé, au début des années 1990, de reproduire le processus d’évolution naturelle, mais en accéléré, en laboratoire. Elle a obtenu des enzymes totalement nouveaux, en partant de gènes naturels, qui codent leur synthèse dans l’ADN. Elle a d’abord créé de vastes collections de mutants génétiques et passé au crible les molécules produites pour ne retenir que celles qui étaient les plus performantes dans une situation donnée. Comme une sélection variétale de graines, mais à l’échelle microscopique et en accélérant les saisons.
George Smith a réalisé des expériences similaires sur des peptides, des petites molécules de moins d’une dizaine d’acides aminés (les composants de base des protéines), qu’il cherchait à lier à des cibles moléculaires spécifiques. En 1985, il découvre qu’un bactériophage, virus infectant les bactéries, peut être le bon outil pour façonner à sa guise des peptides qu’il pourra ensuite passer au crible pour sélectionner ceux qui l’intéressent, comme à travers le tamis d’un chercheur d’or. Le Britannique sir Gregory Winter s’est inspiré de cette technique pour sélectionner des anticorps, molécules bien plus complexes. Il a déposé des brevets et créé des sociétés (dont Cambridge Antibody Technology) pour utiliser ces recherches dans un but thérapeutique.

        Focus sur le Nobel de chimie
         

          pour des travaux sur l’évolution en éprouvette



Littérature : l’attribution du prix 2018 est reportée d’un an, et sera annoncée en même temps que le lauréat 2019. L’Académie suédoise a traversé une « crise de confiance » après un scandale d’agression sexuelle qui a entraîné des démissions en série.
Paix : attribué vendredi 5 octobre à 11 heures.
Sciences économiques : attribué lundi 8 octobre à 11 h 45.

Le prix de sciences économiques, un presque prix Nobel
Surnommé le « prix Nobel d’économie », le prix en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel n’est pas réellement un prix Nobel au même titre que les autres (physique, chimie, médecine, paix, littérature).
En effet, l’économie ne figure pas dans la liste des disciplines qu’Alfred Nobel a désignées dans le but de distinguer les individus ayant permis des progrès remarquables pour le savoir et l’humanité dans leurs domaines.
Le prix a été créé par la Banque de Suède en 1968 et a été décerné pour la première fois en 1969. La création du prix et ses conditions d’attribution se sont toutefois faites en accord avec la Fondation Nobel et l’Académie royale des sciences de Suède (qui est chargée de décerner les prix en physique et en chimie). Le prix de sciences économiques apparaît d’ailleurs sur le site officiel des Nobel aux côtés des autres.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ L'agence spatiale américaine a ouvert un site internet pour montrer que ses recherches technologiques ont des incidences sur la vie de tous les jours.
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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Exploration en BD des mécanismes menant à ce syndrome d’épuisement au travail, qui n’est toujours pas reconnu comme une maladie professionnelle.
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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Les travaux de James Delbourgo, en s’intéressant au grand savant Hans Sloane, éclairent les connexions souvent cachées entre esclavage et révolution scientifique aux origines de la globalisation des sciences naturelles.
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤                     
                                                   
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La révolution scientifique et l’esclavage

Les travaux de James Delbourgo, en s’intéressant au grand savant Hans Sloane, éclairent les connexions souvent cachées entre esclavage et révolution scientifique aux origines de la globalisation des sciences naturelles.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 10h00
    |

                            Stéphane Van Damme (Professeur d’histoire des sciences à l’Institut universitaire européen (Florence)








                        



                                


                            
Carte blanche. Des campus américains de la Côte est (Princeton, Brown), dont l’histoire est liée à l’esclavage, aux récentes révélations sur les commentaires racistes d’Einstein dans ses carnets de voyages, ­l’actualité scientifique n’en finit pas de nous rappeler la nécessité de remettre les sciences du passé dans leur contexte.
En mars, le prestigieux British Museum décidait de reconnaître sur sa page Internet la contribution active à l’esclavage du grand savant anglais d’origine irlandaise Hans Sloane, fondateur du British Museum. On doit ce changement aux recherches menées par James Delbourgo, professeur d’histoire des sciences à l’université Rutgers, près de New York. Son livre Collecting the World. The Life and Curiosity of Hans Sloane (Allen Lane, 2017, en anglais non traduit) jette en effet un regard neuf et décalé sur ce savant considéré comme l’autre personnage-clé de la révolution scientifique anglaise avec Newton.
Bien avant de devenir baron, d’être le ­médecin particulier de la famille royale et le président de la Royal Society après 1727, le jeune Sloane (1660-1753) est en effet envoyé en Jamaïque entre 1687 et 1689. De ce voyage, il rapporte, outre une précieuse description de l’histoire naturelle des Caraïbes, quelque 800 spécimens. C’est le début d’une immense collection de naturalia, qui sera ­léguée au British Museum.
« Histoire naturelle de la Jamaïque »
Cette success story bien connue a souvent éclipsé un autre aspect de cette aventure. Sloane fit fortune en Jamaïque, profitant du labeur des esclaves africains dans les plantations de sucre. Il épousa à son retour à Londres, en 1695, une des héritières d’un des principaux actionnaires de la Compagnie royale africaine, créée dans les années 1670. James Delbourgo a retrouvé les quittances qui prouvent que, à Londres, Sloane continua à participer financièrement à la traite et au transport d’esclaves de l’Afrique de l’Ouest jusqu’en Jamaïque.
Il...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Une trop forte dose de ce médicament luttant contre les problèmes d’érection provoque souvent des troubles de la vue.
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Pour la chercheuse Elise Huchard, primatologue spécialiste des babouins, « nous traitons les animaux de façon épouvantable ». Elle participera au Monde Festival à la conférence « S’aimer comme des bêtes » le dimanche 7 octobre.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤     


                Elise Huchard, scientifique taraudée par « la place de l’animal dans nos sociétés »


Pour la chercheuse Elise Huchard, primatologue spécialiste des babouins, « nous traitons les animaux de façon épouvantable ». Elle participera au Monde Festival à la conférence « S’aimer comme des bêtes » le dimanche 7 octobre.

LE MONDE
                 |                 04.10.2018 à 09h14
                 |

            Nathaniel Herzberg

















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Vivre avec les animaux, vivre par les animaux, vivre pour les animaux. « Du plus loin que je puisse me souvenir, j’ai eu envie de ça », confie Elise Huchard, primatologue et chercheuse au CNRS. Elle hésite. « Enfin, non, à 4 ans, je voulais être pédiatre, comme ma maman. Et puis très vite, j’ai basculé. Au lycée, j’ai vu Gorilles dans la brume. Là, j’ai décidé d’être éthologue. »
Cette production hollywoodienne de 1988, avec Sigourney Weaver dans le rôle principal, reprend le parcours de Dian Fossey, sa vie vouée à l’étude et à la ­défense des grands singes, jusqu’à son ­assassinat par des braconniers dans les montagnes du Rwanda. L’Américaine deviendra, avec la Britannique Jane Goodall, sa grande source d’inspiration.

        En débat au Monde Festival le 7 octobre :
         

          S’aimer comme des bêtes



Vie commune avec les babouins
Devenir primatologue. Le rêve est là, déjà solidement ancré. Mais pour faire le grand saut, mieux vaut un parachute. Ce sera un cursus complet de vétérinaire, en y incluant toutefois un stage au Gabon, auprès des chimpanzés. Le diplôme en poche, elle retourne à l’université. Ou plutôt au Gabon, étudier les mandrills, puis en Namibie, pour deux ans de « vie commune » avec les babouins chacma et une thèse consacrée à leurs stratégies d’accouplement. 
« A l’époque, il s’agissait de vérifier si un gène de l’immunité pouvait avoir un rôle important dans les choix de conjoint. C’était une théorie en vogue à l’époque. Au bout de trois ans, j’ai montré que… non. Le statut social et l’âge de la ­femelle restent les facteurs dominants. »
La passion est rarement exclusive. Chez les scientifiques, elle gagne même à aller voir ailleurs, y compris lorsqu’il est question d’accouplement. Soucieuse d’observer d’autres organisations sociales, Elise Huchard s’est donc successivement penchée sur les mœurs des lémuriens solitaires de Madagascar, puis sur celles des ­suricates d’Afrique du Sud, considérés comme les mammifères les plus coopératifs du monde. Chez ces rongeurs, organisés en colonies de plusieurs dizaines d’individus, un couple monopolise la ­reproduction, les autres se chargent de l’éducation des petits (allaitement, chasse, guet, baby-sitting…).
Convictions profondes
Pour entrer au CNRS, la chercheuse est quand même revenue à son terrain favori – la Namibie – et à son animal de prédilection, le babouin chacma. Pas une année sans qu’elle y consacre au moins deux ­séjours, afin d’installer les nouvelles équipes ou de capturer de nouveaux primates. « Sauf en période de reproduction… je veux dire quand moi-même j’ai des enfants [elle en a deux] et que j’allaite », dit-elle en souriant. L’an dernier, elle a embarqué auprès d’elle son aînée, âgée de 3 ans. « Elle a évidemment adoré », se souvient-elle.
« Nous traitons les animaux de façon épouvantable [...] L’anthropomorphisme a fait plus de mal que de bien. »
Violence conjugale, amitié, conscience de soi, jalousie… Difficile de ne pas constater que les questions qu’elle fouille ­relèvent d’un registre plus souvent associé à Sapiens qu’à ses cousins primates.
On peut y voir un effet de structure : Elise Huchard officie dans l’équipe de biologie humaine évolutive de l’université de Montpellier. Ou y déceler des convictions bien plus profondes. Celles que les animaux ne manquent d’aucune émotion, qu’en conséquence, « nous les traitons de façon épouvantable » et qu’il faut sans doute aussi y voir « un rejet dogmatique de l’anthropomorphisme qui a fait plus de mal que de bien ».

La vérité du terrain d’avant tout
Taraudée par « la place de l’animal dans nos sociétés », cette végétarienne qui ne mange que les œufs de ses propres poules a donc commencé à interagir avec les philosophes. Longtemps rétive à tout ­engagement public, elle est même ­récemment sortie de sa réserve pour ­publier, avec d’autres chercheurs, dans le quotidien Libération, une tribune hostile à toute « exploitation des animaux sauvages par les cirques ».

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                Boris Cyrulnik : « L’attention à la maltraitance animale témoigne d’une société plus morale »



Mais qu’on ne s’y trompe pas : à 38 ans, elle reste « avant tout scientifique ». Autrement dit, aucune compromission n’est possible avec la vérité du terrain. L’été dernier, sa collègue Alicia Carter et elle ont ainsi voulu tester la conscience de soi de leurs chers babouins. « Nous avons déployé un miroir, raconte-t-elle. Un échec : les singes s’en moquaient. Ce n’est évidemment pas ce que nous espérions, mais c’est comme ça. » Les résultats de l’étude devraient être publiés prochainement.
Elise Huchard participe dimanche 7 octobre au Monde Festival à la conférence « S’aimer comme des bêtes », avec Boris Cyrulnik et François Sarano, rencontre animée par Nathaniel Herzberg, de 14 heures à 15 h 30. au Palais Garnier (grand foyer).

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’ouvre le 5 octobre à Paris avec le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda et son dernier film, Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes. Deux autres films seront projetés en avant-première : Un amour impossible, de Catherine Corsini et, pour clôturer le festival, En liberté !, le nouvel opus de Pierre Salvadori.
Les 6 et 7 octobre, place aux débats : sur les nouvelles relations amoureuses (Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? Aux origines de #metoo ), les technologies (Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ? ) l’école (Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ?) l’environnement (Pour l’amour de ma Terre, S’aimer comme des bêtes ), l’économie, les médias (Comment informer sous la présidence d’Emmanuel Macron ?), la politique (Y a-t-il une vie après la politique ? )...
Des rencontres exceptionnelles avec Barbara Hannigan, Juliette Armanet, la tribu Guédiguian, Chimamanda Ngozi Adichie, Mario Vargas Llosa, Charline Vanhoenacker, Pierre de Villiers, Pierre Hermé, Roberto Saviano, Kamel Daoud et bien d’autres...
Et samedi soir, rendez-vous à La Nuit de l’amour  aux théâtre des Bouffes du Nord, avec André Comte-Sponville, Barbara Cassin, Carolin Emcke...
Retrouver la programmation du festival et acheter vos billets.
Revoir les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Nathaniel Herzberg
    













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La splendeur antique de Bavay

Des statuettes en bronze trouvées il y a cinquante ans dans cette ville du Nord ont bénéficié de nouvelles analyses et sont comparées à d’autres trésors datant de l’Empire romain.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 18h00
    |

                            Francis Gouge (Créteil, correspondant)








                        



                                


                            
Exposition. Comment imaginer aujourd’hui que Bavay, modeste ville du Nord, ait pu être, il y a 1 800 ans, la capitale de la cité (civitas, subdivision d’une province) des Nerviens ? Le territoire de ce peuple gaulois, à cheval sur la France et la Belgique, s’étendait de la Sambre à l’Escaut. Bavay s’appelait alors Bagacum et son forum de 2,5 hectares était un des plus grands de l’Empire romain. Au IIIe siècle après J.-C., elle était supplantée par Camaracum (Cambrai) et tombait dans un relatif oubli.

Au cœur de l’été 1969, des fouilles au nord-est du forum par un abbé, Henri Biévelet, ont mis au jour un trésor de 370 objets majoritairement en bronze : fragments de grandes statues, objets de la vie quotidienne et, surtout, 18 statuettes exceptionnelles, dont 14 de divinités. Cette découverte entraîna la création d’un musée en 1976, le Forum antique de Bavay.

Une exposition temporaire, « Nouveaux regards sur le Trésor des bronzes de Bavay », constituée de prêts de divers musées dont du Louvre, s’y tient jusqu’au 22 janvier 2019. Rappelant que le monde romain n’était pas que méditerranéen, elle permet de confronter les œuvres découvertes ici avec d’autres de tout l’empire, et de les présenter sous un jour nouveau.
Alliage rare
En effet, après quatre décennies d’exposition, le trésor souffrait de dégradations avec des reprises de corrosion, dues à un manque d’étanchéité des vitrines et à un environnement climatique instable. Il fallut déplacer l’ensemble dans un espace plus sain et changer de mode de présentation. Le musée a alors demandé au Centre de recherche et de restauration des musées de France de compléter les études faites par le passé avec de nouveaux instruments, dont New Aglaé (Accélérateur Grand Louvre d’analyses élémentaires). Les petits bronzes seront les premiers examinés par cet équipement qui permet d’analyser les matériaux constitutifs des œuvres d’art, de façon totalement non...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 03/10/2018
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Le Nobel de chimie pour deux Américains et un Britannique pour leurs travaux sur l’évolution en éprouvette

Frances H. Arnold, George P. Smith et Gregory P. Winter sont récompensés pour leurs travaux permettant d’accélérer la sélection de molécules et de médicaments inédits.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 12h18
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 08h29
    |

            David Larousserie et 
Hervé Morin








                        


Domestiquer l’évolution dans un tube à essai. Multiplier les mutations de molécules et les sélectionner sans pitié pour faire émerger de façon accélérée des fonctions nouvelles. Et ainsi obtenir des réactifs ou des médicaments plus efficaces. Ce sont ces percées, résumées sous le vocable d’« évolution dirigée », qui ont été consacrées par le prix Nobel de chimie, mercredi 3 octobre. Le jury suédois a attribué la moitié du prix à l’Américaine Frances Arnold (Caltech, Pasadena, Californie), tandis que son compatriote, George Smith (université du Missouri, Columbia), et le Britannique Gregory Winter (université de Cambridge), se partagent l’autre moitié des 860 000 euros.

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— NobelPrize (@The Nobel Prize)


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Si la part de la lionne revient à Frances Arnold (62 ans), c’est sans doute parce qu’elle a été parmi les premiers à avoir l’intuition, au début des années 1990, qu’il serait possible de faire mieux que l’évolution, en passant par les mêmes chemins, mais en accéléré. « C’était assez gonflé, car la communauté partageait l’intuition que la nature, au fil des millions d’années d’évolution, avait déjà atteint une forme de perfection », salue Philippe Minard (Institut de biologie intégrative de la cellule, Gif-sur-Yvette), dont le laboratoire utilise quotidiennement les techniques lancées par l’Américaine.
Collections de mutants génétiques
Frances Arnold a obtenu des enzymes totalement nouveaux, en partant de gènes naturels, qui codent leur synthèse dans l’ADN. Elle créait d’abord de vastes collections de mutants génétiques et passait au crible les molécules produites pour ne retenir que celles qui étaient les plus performantes dans une situation donnée. C’est en ce sens que l’évolution était dirigée.
En repartant de ces candidats mieux adaptés, il était possible d’induire de nouvelles mutations pour sélectionner des enzymes plus réactifs et, au fil des générations, à aboutir à des protéines plus efficaces encore. Un peu comme la sélection variétale qui consiste à ne garder que les graines des meilleures plantes d’une année sur l’autre, mais à l’échelle microscopique et en accélérant les saisons.

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L’Américaine, qui n’est que la cinquième femme Nobel de chimie, s’est maintenue à la pointe de ce domaine depuis vingt-cinq ans, créant des enzymes permettant « de produire des substances chimiques, comme des médicaments, de façon plus écologique, ou des combustibles renouvelables pour un secteur du transport plus vert », décrit le comité Nobel.
George Smith (77 ans) est dans la même philosophie mais sur des peptides, des petites molécules de moins d’une dizaine d’acides aminés (les composants de base des protéines), qu’il cherchait à lier à des cibles moléculaires spécifiques. En 1985, il découvre qu’un bactériophage, virus infectant les bactéries, peut être le bon outil pour façonner à sa guise des peptides qu’il pourra ensuite passer au crible pour sélectionner ceux qui l’intéressent.

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Il suffit pour cela de changer une région de l’ADN du phage afin de modifier une protéine sur l’enveloppe du virus. Le phage infecte la bactérie, qui reproduit le code génétique de l’intrus et par-là multiplie les phages dans les éprouvettes. « La chance est que cette modification génétique ne tue pas les bactéries, qui peuvent donc jouer leur rôle amplificateur », rappelle Jean-Luc Teillaud, directeur de recherche émérite à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
George Smith avait coutume de comparer la recherche d’infimes molécules dans les boîtes de Pétri au geste auguste du chercheur d’or
George Smith n’a pris conscience du potentiel d’évolution dirigée de sa méthode qu’au cours d’une discussion avec un collègue chimiste. Il était en effet possible de présenter une quasi-infinité de couples peptides-phages pour sélectionner ceux qui « collent » à une protéine donnée, et ensuite de multiplier les quelques couples efficaces.
Le chercheur avait coutume de comparer cette recherche d’infimes molécules dans les boîtes de Pétri au geste auguste du chercheur d’or, si bien qu’une expression est désormais passée dans le langage courant des scientifiques du domaine, note Philippe Minard : « On dit “faire un tour de passing”, comme les orpailleurs, comme si on cherchait une pépite parmi une multitude de grains de sable. » Smith n’a jamais cherché à breveter ce précieux crible à molécules.

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Ce n’est pas le cas de Sir Gregory Winter (67 ans), qui a créé plusieurs sociétés, dont Cambridge Antibody Technology (CAT), vendue ensuite à AstraZeneca. Il a breveté une technique s’inspirant de la « présentation par phages » de Smith pour sélectionner des anticorps, des molécules bien plus complexes que les peptides, faites de centaines d’acides aminés. La technique permet en fait de constituer une banque de phages au code génétique modifié aléatoirement de manière à produire des millions d’anticorps différents, puis de tester lesquels ont des affinités pour les cibles d’intérêt thérapeutique.
« Contrer des maladies auto-immunes »
C’est le cas par exemple de l’adalimumab, un best-seller de l’industrie pharmaceutique, approuvé en 2002 et utilisé contre la polyarthrite rhumatoïde, le psoriasis et certaines maladies inflammatoires digestives. Ou bien du ranibizumab (commercialisé sous le nom de Lucentis), médicament contre la dégénérescence maculaire liée à l’âge, trouvé par un criblage de molécules produites par des mutations génétiques aléatoires. Son prix élevé, alors qu’un équivalent moins onéreux était disponible, avait créé la polémique en 2013. « La technique de présentation par phages a produit des anticorps qui peuvent neutraliser des toxines, contrer des maladies auto-immunes et les métastases cancéreuses », indique le comité Nobel.

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Dans cette quête, le lauréat était en compétition avec Andreas Plückthun, à l’université de Zurich, qui a lui aussi créé une entreprise, MorphoSys, longtemps en guerre de brevets avec CAT. Il a démontré la même chose que son confrère, mais quelques mois plus tard.
Gregory Winter a aussi été très actif dans la mise au point de techniques permettant d’« industrialiser » cette approche en utilisant des microgouttes comme milieu de sélection des molécules d’intérêt. Ce domaine dit de la microfluidique est essentiel pour élargir encore les populations sur lesquelles s’exerce l’évolution dirigée et diminuer les volumes de réactifs. Un domaine qui réunit encore les Nobel de cette année : Frances Arnold est elle aussi active dans ce champ de recherche.



                            


                        

                        


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La France, quatrième pays représenté parmi les prix Nobel, loin derrière les Etats-Unis

Le Français Gérard Mourou, la Canadienne Donna Strickland et l’Américain Arthur Ashkin ont reçu mardi le prix Nobel de physique.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 09h51
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 10h03
    |

            Anne-Aël Durand








                        


« Nous sommes fiers de Gérard Mourou », a déclaré le président, Emmanuel Macron, mardi 2 octobre, à propos de l’attribution du prix Nobel de physique au chercheur français, primé avec sa consœur canadienne Donna Strickland pour leurs travaux sur l’usage des lasers dans l’optique, alors que la seconde moitié du prix a été attribuée à l’Etats-Unien Arthur Ashkin.
Les Français sont régulièrement récompensés par ce prestigieux prix : le chimiste Jean-Pierre Sauvage en 2016, l’économiste Jean Tirole et l’écrivain Patrick Modiano en 2014, le physicien Serge Haroche en 2012…

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La France au premier rang en littérature
Le palmarès hexagonal est pourtant loin d’égaler celui des Etats-Unis, qui dominent le classement dans tous les domaines (médecine, physique, chimie, économie, paix)… hormis en littérature, seul pays où la France arrive au premier rang, avec quatorze lauréats depuis Sully Prudhomme, en 1901, contre douze auteurs américains.

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Les Etats-Unis dominent largement le classement des prix Nobel
Nombre de prix Nobel décernés entre 1901 et 2018 en fonction du pays de rattachement du lauréat au moment de la récompense. 



Source : Nobel Prize




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            ["Espagne", 7, 0, 0, 0, 2, 5, 0],
            ["Afrique du Sud", 6, 0, 0, 0, 0, 2, 4],
            ["Inde", 6, 1, 0, 1, 0, 1, 3],
            ["Irlande", 6, 0, 0, 1, 0, 3, 2],
            ["Chine", 5, 0, 0, 1, 1, 2, 1],
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            ["Portugal", 2, 0, 0, 0, 1, 1, 0],
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            ["Timor Leste", 2, 0, 0, 0, 0, 0, 2],
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            ["Ghana", 1, 0, 0, 0, 0, 0, 1],
            ["Hongrie", 1, 0, 0, 0, 0, 1, 0],
            ["Iran", 1, 0, 0, 0, 0, 0, 1],
            ["Islande", 1, 0, 0, 0, 0, 1, 0],
            ["Kenya", 1, 0, 0, 0, 0, 0, 1],
            ["Nigéria", 1, 0, 0, 0, 0, 1, 0],
            ["Pakistan", 1, 0, 0, 0, 0, 0, 1],
            ["Palestine", 1, 0, 0, 0, 0, 0, 1],
            ["Pérou", 1, 0, 0, 0, 0, 1, 0],
            ["Sainte-Lucie", 1, 0, 0, 0, 0, 1, 0],
            ["Serbie", 1, 0, 0, 0, 0, 1, 0],
            ["Tunisie", 1, 0, 0, 0, 1, 0, 0],
            ["Turquie", 1, 0, 0, 0, 0, 1, 0],
            ["Vietnam", 1, 0, 0, 0, 0, 0, 1],
            ["Yémen", 1, 0, 0, 0, 0, 0, 1]
        ];

        var m = d3.map(data, function(d, i) { return d[0]; });
        var a = [1, 5, 10, 20, 50, 372];
        var dcdr_noms = [
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            ["Royaume-Uni", "gb"],
            ["Allemagne", "de"],
            ["France", "fr"],
            ["Suède", "se"],
            ["Suisse", "ch"],
            ["Japon", "jp"],
            ["Russie", "ru"],
            ["Italie", "it"],
            ["Pays-Bas", "nl"],
            ["Autriche", "at"],
            ["Danemark", "dk"],
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            ["Belgique", "be"],
            ["Israël", "il"],
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            ["Espagne", "es"],
            ["Afrique du Sud", "za"],
            ["Inde", "in"],
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            ["Pologne", "pl"],
            ["Argentine", "ar"],
            ["Égypte", "eg"],
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            ["Portugal", "pt"],
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            ["Nigéria", "ng"],
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            ["Pérou", "pe"],
            ["Sainte-Lucie", "lc"],
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            ["Tunisie", "tn"],
            ["Turquie", "tr"],
            ["Vietnam", "vn"],
            ["Yémen", "ye"]
        ]
        var m2 = d3.map(dcdr_noms, function(d, i) { return d[0]; })
        var url = "//www.lemonde.fr/assets-redaction/img/drapeaux/250/";
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                if (m.get(d.properties.fr) != undefined) {
                    return "dcdr_pays"
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            .attr("fill", function(d, i) {
                if (m.get(d.properties.fr) != undefined) {
                    return quantize(m.get(d.properties.fr)[1])
                } else {
                    return "#e4e4e4"
                }
            });
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        var legend_txt = svglegende.append("g").attr("id", "legend_txt").selectAll("text");
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                var t1 = Math.round(a[i + 1])
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            });
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        var isNumber = [1, 2, 3, 4, 5, 6, 7],
            data_modif_title = ["Pays de rattachement au moment du Nobel", "Total général", "économie", "chimie", "physique", "médecine", "littérature", "paix"];

        function p(col) {
            var m = data_modif_title.indexOf(col);
            return m;
        }

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                items: ".dcdr_pays",
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                content: function() {
                    function essai(contents) {
                        if (contents == "COULEUR") {
                            var color = $(element[0]).attr("fill");
                            return color;
                        }
                 
                            return allvalues[p(contents)];
                       
                    }
                    var element = $(this);
                    var allvalues = m.get(element.attr("name"));
                    var drapeau = m2.get(element.attr("name"))[1];
                    var titre = "{{Pays de rattachement au moment du Nobel}}";
{{Total général}} prix Nobel au total, dont : - {{paix}} prix Nobel de la paix, - {{littérature}} en littérature,  - {{médecine}} en médecine, - {{physique}} en physique, - {{chimie}} en chimie, - {{économie}} en économie. ";
                    var notes = "";
                    var reg = new RegExp(/{{(.*?)}}/g)
                    titre = titre.replace(reg, function(match, contents, offset, s) { return essai(contents); });
                    content = content.replace(reg, function(match, contents, offset, s) { return essai(contents); });
                    notes = notes.replace(reg, function(match, contents, offset, s) { return essai(contents); });

                    var str = ""
                    if (titre != "") {
" + titre + ""
                    }
                    if (content != "") {
" + content + ""
                    }
                    if (notes != "") {
" + notes + ""
                    }
                    return str;
                }
            });
        });

    })

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});


Quatre double Nobel, dont une Française
Si on compte le pays de résidence au moment de la réception du prix, la France a remporté 62 Nobel, attribués à 61 personnes différentes, puisque Marie Curie l’a reçu deux fois, alors que les Etats-Unis en ont reçu 374, pour 372 personnes, car Linus Pauling et John Bardeen ont aussi été deux fois primés. Les Britanniques en ont reçu 113 (dont deux pour Frederick Sanger) et les Allemands, 83. Les chiffres sont différents si on considère le pays de naissance des récipiendaires des Nobel, mais les quatre premiers pays sont les mêmes.

        Lire aussi :
         

                Les femmes représentent 5 % des lauréats des prix Nobel





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La France en quatrième position des Nobel, derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne
Nombre de prix obtenus en fonction du pays de naissance et du pays de rattachement des lauréats. Seuls les pays ayant reçu plus de cinq prix sont représentés.

Source : Nobel Prize



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Seule une soixantaine de pays sont représentés parmi les prix Nobel (56 en comptant le pays de résidence, 62 avec celui d’origine). C’est le Nobel de la paix qui assure la plus grande diversité, avec 40 nationalités, suivi du Nobel de littérature (37 pays), alors que celui d’économie n’a été attribué qu’à 11 pays différents.


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Les Nobel de la paix ont des origines plus diverses que ceux de physique ou d'économie
Nombre de prix décernés par nationalité du lauréat au moment de recevoir la récompense.

Source : Nobel Prize



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			el = document.getElementsByClassName('highcharts-tooltip')[1].firstChild;
			if (el.classList) {el.classList.add('tooltiplarge');}
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> Voir la rubrique « En un graphique » des Décodeurs




                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Le robot franco-allemand s’est posé mercredi sur l’astéroïde Ryugu. L’atterrisseur, qui n’a qu’une quinzaine d’heures d’autonomie, devait commencer sa moisson de données scientifiques.
<filname="PROF-env_sciences-13"> ¤                     
                                                

Mascot, le petit robot largué à 325 millions de kilomètres de la Terre

Le robot franco-allemand s’est posé mercredi sur l’astéroïde Ryugu. L’atterrisseur, qui n’a qu’une quinzaine d’heures d’autonomie, devait commencer sa moisson de données scientifiques.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 08h57
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 06h33
    |

            Pierre Barthélémy








                        



   


« Dans l’espace, personne ne vous entend crier », disait l’accroche glaçante du film Alien. Dans l’espace, à 325 millions de kilomètres de la Terre, personne n’a entendu l’atterrisseur Mascot, largué par la sonde japonaise Hayabusa 2, toucher la surface de l’astéroïde Ryugu après une chute libre de 51 mètres, aux premières heures du mercredi 3 octobre.
Que les mots « largué » et « chute libre » n’induisent cependant personne en erreur. Même si le petit engin franco-allemand – qui a une masse de 10 kg et les dimensions d’une grosse boîte à chaussures – ne dispose d’aucun système pour freiner sa descente, même si le sol de Ryugu n’est que cailloux et rugosités, tout s’est effectué en douceur. La force de gravité qu’exerce cet astéroïde de 900 mètres de diamètre est tellement faible que la chute de Mascot a duré plusieurs minutes. Au terme de cette étape, ce qu’il est un peu difficile de nommer un impact s’est produit à environ 0,5 km/h, soit à peine plus vite que la vitesse d’une tortue au pas.

Et puis je me suis retrouvé dans un endroit comme nul autre sur Terre. Une région pleine de merveilles, de mystère… https://t.co/sJm6xyKjMh— MASCOT2018 (@MASCOT Lander)


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« Mystère et danger »
Il faut ensuite imaginer une scène passée au plus langoureux des ralentis. Après son contact avec le sol, Mascot, qui n’est pas pourvu d’un système d’ancrage, est reparti vers le haut, entamant une série de lents rebonds. Ainsi que l’expliquait, avant l’atterrissage, Aurélie Moussi, chef de projet Hayabusa 2-Mascot au Centre national d’études spatiales (CNES), les calculs prévoyaient « que la phase de rebonds pouvait durer au maximum cent cinq minutes ». Selon les premières informations fournies par le Centre allemand pour l’aéronautique et l’astronautique (DLR, l’agence spatiale allemande), cette phase n’a finalement pris que quelques minutes. A 7 h 36 (heure de Paris), le compte Twitter de Mascot envoyait ce message :
« Et puis je me suis retrouvé dans un endroit comme nul autre sur Terre. Une région pleine de merveilles, de mystère et de danger ! »

   


La fin des culbutes ne devait pas marquer la fin de l’atterrissage proprement dit. Encore fallait-il que l’espèce de gros dé que constitue Mascot soit posé sur la bonne face, celle qui permet à ses instruments de travailler. Les concepteurs de l’appareil lui ont donc adjoint une sorte de bras doté d’une masselotte afin, décrit Aurélie Moussi, « de donner à Mascot des pichenettes pour changer de face ». 

        Lire aussi :
         

                Hayabusa-2 à portée de l’astéroïde Ryugu



Une fois correctement positionné, l’atterrisseur, qui n’a qu’une quinzaine d’heures d’autonomie, devait commencer sa moisson de données scientifiques à l’aide des quatre instruments qui l’équipent, dont le principal est le spectromètre français. L’idée est de rassembler le plus d’informations sur Ryugu, « de se faire une idée assez précise de son sol, afin de préparer les collectes d’échantillons que fera Hayabusa 2 ; la première aura lieu fin octobre », rappelle Aurélie Moussi, qui souligne que Mascot a été conçu comme un éclaireur, au service de la sonde nippone. L’objectif principal de la mission consiste en effet à rapporter sur Terre, à la fin de 2020, quelques minuscules prélèvements de l’astéroïde. Leur analyse éclairera les astronomes sur la composition du système solaire primitif, dont ce type de corps est un parfait représentant.



                            


                        

                        


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<filnamedate="20181004"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181004"><AAMMJJHH="2018100419">
<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Une compétition a mis aux prises des prototypes de navigation « indoor ».
<filname="PROF-env_sciences-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


S’orienter là où le GPS est aveugle

Une compétition a mis aux prises des prototypes de navigation « indoor ».



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 06h00
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Les clients du centre commercial Atlantis de Nantes ont assisté, samedi 22 septembre, à une étrange première mondiale. Des jeunes en tee-shirt bleu brandissant des pancartes orange semblaient ouvrir la voie à d’autres jeunes, soit équipés comme il se doit d’un téléphone portable, soit d’un ordinateur ou d’autres équipements high-tech, et attentifs à guetter des cibles, orange également, collées au sol. Testaient-ils un nouveau jeu de réalité virtuelle ? Non, ils participaient à un défi mondial destiné à trouver le meilleur système de géolocalisation à l’intérieur des bâtiments, tunnels, parkings, aéroports ou centres commerciaux, quand les signaux des satellites GPS ou Galileo ne passent plus.
« Chaque année, lors de la conférence scientifique mondiale sur le sujet, “Indoor Positioning and ­Indoor Navigation” (IPIN), ce genre de compétition entre différents prototypes a lieu. Mais c’est la première fois qu’elle se tient dans un lieu de vie comme Atlantis, insiste Valérie Renaudin, chercheuse au laboratoire Geoloc à l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar), et coorganisatrice de cette édition de IPIN et de cette épreuve. D’habitude, c’était sur un campus universitaire. Là, il fallait se déplacer en évitant les enfants, en prenant des escalators sur trois niveaux… »
Solutions autonomes
L’enjeu de la localisation en intérieur est important. Beaucoup d’entreprises déploient déjà des capteurs dans les bâtiments afin de localiser les personnes par Wi-Fi, Bluetooth, relais des ­signaux satellites ou autres ­ondes… C’est certes précis, mais par définition cela ne marche que dans les lieux équipés de capteurs et, surtout, cela pose des questions de protection des données personnelles : le téléphone du visiteur étant connecté, les données de ­localisation sont ainsi accessibles au propriétaire de l’infrastructure. D’où la recherche de solutions autonomes, non dépendantes d’une...




                        

                        


<article-nb="2018/10/04/19-15">
<filnamedate="20181004"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181004"><AAMMJJHH="2018100419">
<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ En plein développement, des systèmes autonomes rivalisent en performance avec l’œil du spécialiste pour diagnostiquer des tumeurs et une maladie de la rétine.
<filname="PROF-env_sciences-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’intelligence artificielle, as du diagnostic médical

En plein développement, des systèmes autonomes rivalisent en performance avec l’œil du spécialiste pour diagnostiquer des tumeurs et une maladie de la rétine.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 07h33
    |

                            Marie-Laure Théodule








                        



                                


                            
Les défis de la science. Avril 2018, l’intelligence artificielle autonome fait une entrée remarquée sur le marché du diagnostic médical. L’agence de santé américaine, la Food and Drug Administration (FDA), vient d’autoriser pour la première fois la commercialisation d’un logiciel d’intelligence artificielle (IA) capable d’établir seul un diagnostic. A partir de l’analyse de photos de fonds d’œil, le ­logiciel nommé IDx-DR détecte la rétinopathie diabétique, maladie pouvant ­conduire à la cécité qui touche 30 % à 40 % des personnes atteintes d’un diabète de type 2. Il le fait avec la même ­précision qu’un spécialiste : dans près de 90 % des cas, IDx-DR réalise un bon diagnostic, ce qui a convaincu la FDA.
Cette première incursion commerciale de l’IA autonome dans le diagnostic médical marque le début d’une nouvelle ère. Car un peu partout dans le monde, des équipes de recherche, des grandes entreprises (IBM, Philips notamment) et des start-up développent des systèmes de diagnostic autonomes fondés sur les algorithmes d’apprentissage profond. De quoi s’agit-il ? Ces logiciels s’inspirant du cortex visuel des mammifères utilisent des réseaux de neurones virtuels organisés en couches pour traiter l’information. Dans une première phase dite d’apprentissage, ils sont entraînés à établir avec une grande fiabilité statistique des corrélations entre des milliers de données en entrée et des milliers de résultats en sortie. Ensuite, en phase opérationnelle, les réseaux de neurones établissent, souvent avec la même précision qu’un expert (voire meilleure) et beaucoup plus vite, un diagnostic.
« Pour que ces méthodes soient efficaces, on doit partir de données structurées spatialement, comme les images médicales, ou temporellement comme les électrocardiogrammes. Les réseaux de neurones sont alors capables de rivaliser avec l’homme dans sa capacité d’analyse et de discernement », explique Olivier Clatz, président et cofondateur de Therapixel,...




                        

                        


<article-nb="2018/10/04/19-16">
<filnamedate="20181004"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181004"><AAMMJJHH="2018100419">
<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Le physicien français figure dans une vidéo promotionnelle potache vantant les lasers de puissance, dont certains craignaient qu’elle ne lui barre la route de Stockholm.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤                     
                                                

Quand le Nobel Gérard Mourou se mettait en scène dans un clip musical potache

Le physicien français figure dans une vidéo promotionnelle potache vantant les lasers de puissance, dont certains craignaient qu’elle ne lui barre la route de Stockholm.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 19h47
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 18h00
    |

            David Larousserie et 
Hervé Morin








                        



   


C’est un clip sur Youtube qui, jusqu’au mardi 2 octobre, n’avait été vu que quelques centaines de fois. Mais depuis que son personnage central, Gérard Mourou, a reçu le prix Nobel de physique 2018, conjointement avec l’Américain Arthur Ashkin et la Canadienne Donna Strickland, le compteur s’est emballé.
La courte vidéo commence dans un grenier, où un enfant joue avec un miroir pour faire courir un pinceau lumineux sur un globe terrestre. Trois minutes cinquante-cinq secondes plus tard, l’enfant s’éloigne dans le couchant, main dans la main avec Gérard Mourou, dont on présume qu’il boucle sa propre histoire, une vie scientifique consacrée à dompter la lumière.
Dans l’intervalle, on voit le physicien entraîné dans une sorte de comédie musicale entre le reggae et la soul, dans un amphi joyeux, personnage de craie sur un tableau vert, arrivant dans son laboratoire au volant de sa BMW, puis entouré de collègues et d’étudiantes tourbillonnantes, dont l’enthousiasme scientifique va jusqu’au tomber de la blouse.

Prise de distance avec le CNRS
Ce clip potache, tourné en 2010, exhumé et relancé sur Twitter par le journaliste et blogueur allemand Leonid Schneider, ne manquera pas de faire hausser quelques sourcils. Le CNRS, crédité comme producteur, précise que « la direction de la communication du CNRS n’a pas du tout été impliquée dans l’élaboration de ce film, initié et réalisé par le chercheur et son équipe du laboratoire. Nous n’en avons été informés qu’après coup et ne l’avons jamais relayé. »
Mokaddem Djemel, de la société Lucioles Productions (Auray, Morbihan), qui a réalisé la vidéo, n’est qu’à moitié surpris par cette prise de distance. « Nous avions obtenu toutes les autorisations pour tourner dans les laboratoires », déclare-t-il. Mais le clip a engendré « du ressentiment et des jalousies et a été attaqué », se souvient-il. Au point d’être mis à l’index.
Jean-Paul Chambaret, collègue de Gérard Mourou, aujourd’hui retraité, qui apparaît aussi dans la vidéo, se souvient que « la direction de l’époque n’avait pas trop apprécié cette initiative », dont il « rit encore ». Certains étaient, semble-t-il, plus choqués par la profanation d’un lieu de recherche presque sacré – la salle laser de l’école polytechnique – que par le déhanchement des figurantes.
Se distinguer par l’humour
L’objet du clip était de présenter l’équipe de recherche de façon humoristique pour une compétition visant au financement d’un projet européen, l’Extreme Light Infrastructure (ELI). A la fin des années 2000, il arrivait que les équipes de recherche aient recours « à des animations un peu amusantes » pour se distinguer, se souvient Jean-Paul Chambaret. Le laboratoire avait contacté des animateurs scientifiques pour le représenter lors d’un salon scientifique au Grand Palais. C’est à cette occasion que Mokaddem Djemel a rencontré les chercheurs. De fil en aiguille, des chansons ont été enregistrées, puis l’idée d’une vidéo a germé.
Les figurants ont été, en partie, sélectionnés parmi des étudiants volontaires par Mokaddem Djemel, et des amis et proches des chercheurs ont été également sollicités. « On a tourné un week-end, et puis tout le monde est venu dîner à la maison, raconte Jean-Paul Chambaret. C’était l’occasion de s’amuser et de mettre un peu de ludique autour de ces grands projets européens. » Le clip a porté chance à l’équipe française, qui a remporté l’appel d’offres et a coordonné le lancement de trois lasers de puissance en République tchèque, en Hongrie et en Roumanie.
Sur le fil Youtube, le physicien allemand Christian Rödel (Helmholz Institute, Iéna) affirme que la vidéo était bien connue dans la communauté des lasers de haute intensité. D’abord choqué, il a depuis rencontré Gérard Mourou et pris conscience que celui-ci avait agi « dans un esprit humoristique ». Et qu’en dit l’intéressé ? « Je ne suis pas très fier de cette vidéo, faite pour montrer que les chercheurs peuvent se décontracter », lâche-t-il.
« Certains collègues pensaient que cela pourrait lui coûter le Nobel », écrit Christian Rödel. Les sages de Stockholm, ont sans doute été sensibles à d’autres arguments.
Mais jeudi 4 octobre, à la veille de l’anniversaire du mouvement #MeToo, le comité Nobel de l’Académie royale des sciences a condamné la vidéo.  « Elle fait écho à des attitudes que l’Académie royale des sciences de Suède ne partage pas », a déclaré à l’AFP son secrétaire général, Göran K. Hansson, en soulignant que le tournage commençait à être daté.
En tout état de cause, elle ne change rien au choix de l’académie, et les statuts du prix Nobel ne permettent pas de retirer un prix déjà attribué. « Nous avons récompensé les découvertes et inventions fantastiques du professeur Mourou (...). Aucun autre aspect n’entre en ligne de compte. Ce n’est pas un prix pour des vidéos ou des films, c’est un prix pour la science », a-t-il ajouté.

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                Nobel de physique : trois chercheurs, dont un Français, récompensés pour leurs travaux sur les lasers



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Mis à jour le 4 octobre à 17h54 pour rendre compte de la réaction du comité Nobel.



                            


                        

                        


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Budget de la recherche : « une véritable ambition plutôt qu’un beau discours »

Dans une tribune adressée au « Monde », le Dr Patrick Lemaire pointe le décalage entre l’annonce du projet de loi de finances 2019 ainsi que le peu de moyens alloués aux organismes de recherche et les promesses du président Macron.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 17h06
    |

Patrick Lemaire (Directeur de recherches au CNRS)







                        



                                


                            
Tribune. Le volet recherche et enseignement supérieur du projet de loi de finances 2019, dévoilé lundi 24 septembre, démoralisera un peu plus les scientifiques. Il constitue ­surtout un contresens historique pour le pays.
Souvenons-nous de 2017. Avec la prise de fonctions de Donald Trump, les scientifiques étatsuniens se retrouvent sur le banc des accusés, déclenchant une mobilisation populaire internationale pour les sciences. Surfant sur la vague de la Marche pour les sciences, Emmanuel Macron, dans un spectaculaire coup de communication planétaire, lance « Make Our Planet Great Again »pour positionner la France comme un refuge pour les scientifiques, états-uniens notamment, dont les recherches de pointe sur le climat seraient ­menacées par l’obscurantisme du nouveau locataire de la Maison Blanche.

Un an plus tard, le Congrès américain, dans un sursaut salutaire, rejette en bloc les coupes franches dans les budgets scientifiques proposées par l’administration Trump et vote un budget pour les sciences en progression de 12,8 %, le meilleur depuis dix ans. En France, « Make Our Planet Great Again » fait un flop et la proposition de budget scientifique et universitaire annoncée est en tel décalage avec les annonces médiatiques successives et avec les ­besoins qu’elle ne peut que désespérer.
+10% pour le budget de la défense
L’addition des budgets de la mission ­interministérielle pour la recherche et l’enseignement supérieur (Mires) et du volet scientifique des programmes d’investissement d’avenir suit à peine l’inflation. Le budget des organismes de recherche baisse en euros constants. Les universités, malgré le flux croissant d’étudiants, restent les parents pauvres. Des annonces présidentielles, planétaires et tonitruantes, ont accouché un souriceau famélique.
On pourrait arguer qu’un budget qui progresse très légèrement en euros courants n’est pas si mauvais, compte tenu des impératifs de réduction...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 02/10/2018
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Nobel de physique : trois chercheurs, dont un Français, récompensés pour leurs travaux sur les lasers

L’Américain Arthur Ashkin, le Français Gérard Mourou et la Canadienne Donna Strickland ont œuvré à des « inventions révolutionnaires » dans ce domaine.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 10h49
    |

            David Larousserie








                        



   


Six ans après le physicien Serge Haroche, un autre Français reçoit le prix Nobel de physique. Gérard Mourou, 74 ans, professeur émérite à l’Ecole polytechnique et ancien professeur à l’université du Michigan, partage la moitié de cette récompense prestigieuse avec son ancienne étudiante en thèse, Donna Strickland, à l’université de Rochester (Etat de New York). La Canadienne, 59 ans, aujourd’hui à l’université de Waterloo (Ontario), est la troisième femme seulement récompensée en physique, après Marie Curie en 1903 et Maria Goeppert-Mayer en 1963. L’autre moitié revient à l’Américain Arthur Ashkin, 96 ans, de l’université Cornell (Etat de New York).
Tous ces chercheurs ont comme point commun de jongler avec les grains de lumière, les photons. Si Serge Haroche réussissait à n’en piéger qu’un seul pour percer les secrets du monde quantique, Gérard Mourou et Donna Strickland, les manipulent par poignées entières, inventant, en 1985, une technique redoutable pour augmenter considérablement la puissance des lasers. En trente ans, celle-ci a été multipliée par plus d’un milliard. Pour qualifier cette avancée, certains parlent même de « loi de Mourou », par analogie avec la loi de Moore en électronique, qui décrit l’augmentation de la puissance des processeurs avec le temps.
Quant à Arthur Ashkin, il utilise des lasers bien moins intenses pour piéger des particules, des bactéries, des virus ou des cellules, comme s’il les tenait dans des pinces, afin de les étudier ou de les déplacer. La lumière laser exerce une pression qui peut pousser les petits objets. Cela a même servi à ralentir des atomes, une technique récompensée par le prix Nobel en 1997, auquel M. Ashkin aurait pu prétendre.

   


« J’ai eu cette idée en partie au ski »
« Nous avons aujourd’hui des lasers d’un pétawatt [un million de milliards de watts], soit mille fois la puissance du réseau électrique mondial », a expliqué Gérard Mourou sur la scène de l’amphithéâtre Poincaré de l’Ecole polytechnique, mardi 2 octobre, lors de sa première conférence de presse. Mais bien sûr ces chiffres gigantesques ne s’expliquent que parce que l’énergie laser, finalement très faible, est délivrée dans un temps excessivement court, de l’ordre du millionième de milliardième de seconde, soit une femtoseconde. Les Nobel n’ont donc pas mis la main sur une martingale énergétique.
Néanmoins, ces puissances ne sont pas simples à obtenir. Jusque dans les années 1980, il suffisait de faire passer de la lumière dans un milieu amplificateur, par exemple un cristal de saphir dopé par du titane, pour augmenter la puissance. Mais à un moment ça casse, surtout si on utilise des impulsions de lumière de durée de plus en plus courte… Jusqu’aux travaux récompensés par le Nobel.
« J’ai eu cette idée en partie au ski », confie Gérard Mourou. Cette idée, baptisée « amplification à dérive de fréquence » – ou « chirped pulse amplification » en anglais –, consiste à ralentir les longueurs d’onde (ou couleur) composant l’impulsion, de manière à l’étaler dans le temps. Puis à amplifier cette lumière, désormais moins puissante, avant de la recomprimer pour qu’elle ait la bonne durée. Très vite, c’est le succès pour cette méthode non brevetée – notamment parce que Gérard Mourou venait de changer d’université, passant de celle de Rochester à celle du Michigan.
Une douzaine d’installations dans le monde atteignent ou atteindront prochainement le record du pétawatt. Leur but est d’utiliser ces faisceaux pour de la recherche fondamentale sur les milieux extrêmes que l’on trouve dans les étoiles ou les explosions nucléaires. Ou bien pour accélérer des particules comme des protons ou des électrons afin d’éliminer des tumeurs. Cela se fait déjà mais avec des accélérateurs classiques moins compacts que les lasers. Ou encore pour fabriquer des isotopes à usage médical, en se passant de réacteurs nucléaires.
« Un visionnaire qui a toujours un coup d’avance »
Gérard Mourou a également contribué au développement des techniques ophtalmologiques de réparation de cornée par des faisceaux lasers dont les impulsions sont si courtes qu’elles ne brûlent pas la matière biologique.
« Enfin ! Cela fait longtemps que ce prix était attendu. C’est mérité, clame Philippe Balcou, chercheur au Celia, à Bordeaux. L’une de ses forces est d’être un bon communicant et de se projeter dans l’avenir. » Au prix parfois d’exagérer la facilité à atteindre certains objectifs.

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« C’est un visionnaire qui a toujours un coup d’avance », témoigne Nicolae Zamfir, chef du projet européen ELI en Roumanie de réalisation d’un laser pétawatt. C’est d’ailleurs Gérard Mourou qui, à son retour en France, en 2005, après trente ans passés aux Etats-Unis, pousse ce projet à 1 milliard d’euros. Il veut doter l’Europe d’infrastructures de lasers intenses. Trois sites seront finalement choisis, en Hongrie, en Roumanie et en République tchèque.
« Il a une grande force de persuasion et d’entraînement », ajoute François Mathieu, chef de projet, en France, du laser Apollon, poussé lui aussi par Gérard Mourou, et qui espère dépasser le pétawatt en 2019. « Gérard fourmille d’idées, même si toutes n’aboutissent pas », constate Jean-Luc Miquel, du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et chef de projet du laser mégajoule installé à Bordeaux pour simuler le comportement des bombes nucléaires.
Parmi ses idées, ses collègues de l’Ecole polytechnique développent X-CAN, un laser de plus de soixante fibres optiques fonctionnant ensemble, pour que le résultat soit toujours plus puissant. Le nobélisé a aussi des projets de désorbitage de satellites abandonnés, qu’une pichenette laser pousserait sur une trajectoire contrôlée vers la Terre. Ou encore de traitement des déchets radioactifs en les transmutant par des bombardements de neutrons accélérés par laser.
Il veut même viser mille fois plus que le pétawatt, avec des idées pour atteindre le seuil de l’exawatt. « Le Nobel est une reconnaissance considérable, souligne Gérard Mourou. Cela assoit les choses déjà faites et oblige à les dépasser. »

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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Ce cas rarissime vient d’être décrit par des médecins français dans la revue « Toxicologie analytique et clinique ».
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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ 530 médicaments se sont retrouvés en rupture de stock en 2017, soit dix fois plus qu’en 2008. Un rapport sénatorial formule des propositions.
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Alerte sur les pénuries de médicaments

530 médicaments se sont retrouvés en rupture de stock en 2017, soit dix fois plus qu’en 2008. Un rapport sénatorial formule des propositions.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 10h43
    |

            Pascale Santi








                        


Le rapport sénatorial de la Mission d’information sur la pénurie de médicaments et de vaccins, créée à l’initiative du groupe Les Indépendants - République et territoires, a été remis mardi 2 octobre. Présidée par le ­sénateur socialiste Yves Daudigny, la mission a listé une trentaine de propositions. Le constat est sans appel. Le phénomène s’aggrave en France : 530 médicaments se sont retrouvés en rupture de stock en 2017, soit 30 % de plus qu’en 2016, dix fois plus qu’en 2008 (44 médicaments concernés).
Et ces chiffres ne concernent que les médicaments dits d’intérêt ­thérapeutique majeur, selon la classification de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), c’est-à-dire ceux dont « l’indisponibilité transitoire, totale ou partielle, est susceptible d’entraîner un problème de santé publique (mise en jeu du pronostic vital, perte de chance importante pour les ­patients) » et pour lesquels il n’y a pas d’alternative thérapeutique disponible sur le marché français. On parle de rupture d’approvisionnement lorsqu’une pharmacie d’officine ou d’hôpital est dans ­l’incapacité de dispenser un médicament à un patient dans un délai de soixante-douze heures.

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« Les pharmaciens font face, à l’hôpital comme en officine, à des phénomènes le plus souvent diffus, mais récurrents et fortement déstabilisateurs pour la continuité des soins », pointe le rapport. Ainsi, « à Gustave-Roussy, ce sont 69 lignes de médicaments qui sont quotidiennement en rupture ou en tension. L’Agence générale des équipements et produits de santé (Ageps) de l’assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) relève quant à elle chaque jour 80 à 90 médicaments en situation de pénurie », constate encore le rapport.
Deux exemples illustrent ce phénomène. Les personnes touchées par la maladie de Parkinson ne trouvent plus de Sinemet, l’un des traitements les plus courants, pris par plus de 50 % de ces patients. Et cela risque de durer jusqu’en mars 2019, a récemment précisé l’ANSM. Les médicaments génériques deviennent eux-mêmes en rupture de stock. Ce qui crée une forte angoisse chez les malades et leurs proches, ont dénoncé des ­associations de patients.
Traitements anticancéreux
Autre exemple, l’anticancéreux ­5-Fluorouracile (laboratoire Teva), utilisé dans le traitement de nombreux types de cancers, connaît actuellement de fortes difficultés de disponibilité. « Certes, d’autres anticancéreux peuvent être prescrits, mais ce ne sont pas les mêmes protocoles, et c’est une perte de chance pour les patients », explique le professeur Alain Astier, chef du département de pharmacie du groupe hospitalier Henri-Mondor (AP-HP, Créteil), et membre de l’Académie de pharmacie. Ces ­pénuries touchent aussi des médicaments courants, comme l’antibiotique amoxicilline.
Les causes de cette pénurie sont multiples. Interrogée par la mission, l’ANSM évoquait des problèmes dans la chaîne de production, des défauts de qualité des produits finis, ou encore des difficultés d’approvisionnement en matière première. Mais une réglementation contraignante et, surtout, la moindre rentabilité de ces molécules sont souvent mises en avant.
Afin de lutter contre ce phénomène, la mission d’information du Sénat formule plusieurs propositions. D’abord, en définissant au niveau européen la notion de ­médicament essentiel. Les sénateurs proposent aussi de « recréer les conditions d’une production pharmaceutique de proximité » grâce à des incitations financières. En effet, « c’est l’indépendance sanitaire de notre pays qui est désormais remise en cause », s’inquiète la mission. L’Académie de pharmacie, qui avait alerté sur ce phénomène dès 2008, rappelle que « 60 % à 80 % des matières actives à usage pharmaceutique ne sont pas fabriquées dans les pays de l’Union européenne, mais en Inde et en Asie, contre 20 % il y a trente ans ».

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Pour remédier au « désengagement des laboratoires sur les médicaments essentiels peu rémunérateurs », les sénateurs proposent d’« instituer un programme public de production et de distribution de quelques médicaments essentiels concernés par ces arrêts de commercialisation, ou de médicaments “de niche” régulièrement exposés à des tensions d’approvisionnement, confié à la Pharmacie centrale des armées et à l’Agence générale des équipements et produits de santé ». Il importe aussi de « mieux évaluer les comportements dits spéculatifs ».
Enfin, la mission préconise de mieux informer grâce à une plate-forme centralisée sur le modèle de DP-Ruptures, un outil instauré par l’ordre des pharmaciens, et de mettre en place une cellule de gestion de ces pénuries, placée sous l’autorité du premier ministre. Il est aussi proposé de renforcer les pouvoirs de l’ANSM et ceux du pharmacien et d’avoir une politique plus harmonisée au niveau européen, par exemple en favorisant les achats groupés. Pour certains, comme le professeur Astier, il est impératif de desserrer une réglementation jugée trop contraignante (normes de fabrication…). La balle est désormais dans le camp des pouvoirs publics.



                            


                        

                        

