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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Au Bangladesh, la montée du niveau des mers menace les habitants. La quasi-totalité des terres de ce pays se situe à moins de douze mètres au-dessus du niveau de la mer.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Le démantèlement du parc nucléaire européen nécessite de plus en plus de compétences dans une filière qui suscite de moins en moins d’intérêt.
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Les métiers du nucléaire n’attirent plus les élèves ingénieurs

Le démantèlement du parc nucléaire européen nécessite de plus en plus de compétences dans une filière qui suscite de moins en moins d’intérêt.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 18h17
    |

            Eric Nunès








                        



   


A l’âge où les ados punaisent des portraits de sportifs dans leur chambre, « moi, j’étais fasciné par l’énergie que contient l’atome et les opportunités extraordinaires du nucléaire », raconte Jean-Baptiste Potoine. Dix ans plus tard, le jeune ingénieur des arts et métiers n’a rien lâché de son rêve. A 24 ans, il suit une année de spécialisation en génie nucléaire à l’Institut national des sciences et techniques nucléaires (INSTN), grande école du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) à Orsay (Yvelines).
Une filière d’avenir, quel que soit l’épilogue du débat sur la transition écologique en France. Car si les nouvelles centrales se font rares dans l’Hexagone (la dernière connectée au réseau, Civaux, l’a été en 2002), le démantèlement de certaines autres ouvre un marché, dont on ne pourra pas faire l’économie. Il durera au moins jusqu’à la fin du siècle en France et un peu partout sur la planète. Un terrain d’expérimentation immense pour les aficionados de l’atome.

        A propos de la fermeture de la centrale de Fessenheim :
         

          ce que l’Etat compte faire pour l’après



« Le parc nucléaire européen vieillit, constatait la Commission européenne, en mai 2017, dans une communication sur le programme indicatif nucléaire (PINC). On compte actuellement 129 réacteurs nucléaires en fonctionnement dans quatorze Etats membres. L’âge moyen de ces réacteurs est de trente ans. » En l’absence de programme de prolongation de la durée de leur exploitation, « environ 90 % des réacteurs existants seraient fermés d’ici à 2030 », poursuit la Commission.

        Notre analyse :
         

          Le grand flou du gouvernement sur la baisse du nucléaire



Même si de nombreux pays européens, dont la France, continuent de s’appuyer sur l’énergie nucléaire pour produire une partie de leur électricité, le démantèlement et l’assainissement des sites sont dès maintenant un enjeu majeur. « Et les entreprises européennes ont la possibilité d’occuper la première place mondiale dans ce secteur », affirme-t-on à Bruxelles.
Besoin de 4 000 experts nucléaires par an
Problème : le vieillissement des installations nucléaires et le besoin accru dans le domaine du démantèlement ne s’accompagnent pas d’une hausse des vocations pour la filière. Une étude réalisée en 2012 par l’Observatoire européen des métiers du nucléaire (EHRO-N) a montré un manque important dans ce secteur, qu’il s’agisse des ingénieurs, physiciens, radiochimistes et experts en radioprotection.
En effet, en Europe, les formations existantes en relation avec le domaine de l’énergie permettent de diplômer quelque 2 800 experts par an. Or, EHRO-N a identifié que le besoin européen en experts nucléaires pour le fonctionnement des réacteurs est de 4 000 par an, jusqu’à au moins 2020. « Soit un manque de 1 200 experts par an, sinon plus – car une partie des 2 800 jeunes formés finissent par changer de domaine et s’orienter vers les énergies renouvelables », analyse Abdesselam Abdelouas, enseignant-chercheur à l’IMT Atlantique. Cette école des mines ouvrira, à la rentrée 2019, un nouveau master dédié à la gestion des déchets radioactifs et au démantèlement des installations.
Secteur pérenne
Ce manque d’appétence pour la filière, Constance Coston, directrice de formation en génie nucléaire à l’INSTN, le relie à la catastrophe nucléaire de Fukushima, au Japon, en 2011. « Le nombre d’étudiants qui candidataient à nos formations est tombé d’environ 30 %, révèle-t-elle. Cet accident a enclenché une perception de danger à travailler dans les entreprises du secteur qui n’ont pas l’adhésion du public. »
La lenteur de la construction du réacteur EPR n’arrange pas les choses. « Commencé en 2007, le chantier devait durer cinq ans, mais la centrale ne devrait être opérationnelle qu’en 2020 cela ne renvoie pas l’image d’une industrie d’avenir », regrette l’enseignante. Quant à l’enjeu de la fin du nucléaire… « les jeunes veulent construire. Ils ne veulent pas démanteler », constate Abdesselam Abdelouas. « Personne n’a envie de s’occuper des poubelles, ironise Pierre Benech, administrateur général de Grenoble INP. Les pronucléaires remplissent plus nos cursus que les anti. »

        Nos explications :
         

          La France a déjà un stock de 1,5 million de mètres cubes de déchets radioactifs



Pourtant, la filière nucléaire, pour le seul domaine du démantèlement, a de beaux jours devant elle. Un rapport de la Cour des comptes de 2012 note que le démantèlement des seules installations d’EDF, soit 58 réacteurs, « est estimé à 18,4 milliards d’euros », une estimation qui se situe « dans la fourchette basse », précisent les auteurs. Ce type de chantier durant entre vingt et cinquante ans, plusieurs générations de techniciens et d’ingénieurs sont donc encore indispensables. « Le secteur à l’avantage de la pérennité, cela donne de la visibilité aux entreprises, et les entreprises adorent ça », souligne Philippe Corréa, directeur de l’INSTN.
Situations complexes et inédites
Quant aux compétences exigées, elles sont multiples et complexes, à l’image des travaux qu’il faut réaliser avec des contraintes de sûreté drastiques. Jean-Marie Détriché, spécialiste en maîtrise d’ouvrage, résume ainsi les missions : « Il faut écrire le scénario du démantèlement, l’enchaînement des opérations, maîtriser les processus, les règlements, définir le choix des procédés, la robotisation des interventions, estimer les coûts, s’adapter à la transition numérique… »
Des ingénieurs multitâches, donc, « aptes à être compétents dans tous les secteurs », estime Philippe Corréa. « C’est l’intérêt du boulot, confirme Julien Roustang, 30 ans, diplômé du master d’ingénierie spécialisé “assainissement et démantèlement des installations nucléaires” de l’université de Grenoble-Alpes et employé de Millenium, société spécialisée en sûreté nucléaire. Nous passons sans cesse d’un métier à un autre, face à des situations complexes et inédites. »
Enfin, la maîtrise de l’outil nucléaire est stratégique en France. Maintenir le parc en l’état ou le démanteler nécessite « connaissance, expérience et expertise, et pour le bien commun, il faut savoir transmettre », avertit Philippe Corréa. « Il y a urgence », appuie Abdesselam Abdelouas.

« Le Monde » organise son Salon des grandes écoles les 10 et 11 novembre
La 13e édition du Salon des grandes écoles (SaGE) aura lieu samedi 10 et dimanche 11 novembre à Paris, aux Docks, cité de la mode et du design (13e arrondissement), de 10 heures à 18 heures.
Plus de cent cinquante écoles de commerce, d’ingénieurs, IAE, IEP, écoles spécialisées et prépas y seront représentées, permettant d’échanger sur les différents programmes et leur accessibilité (post-bac, post-prépa ou après un bac + 2, + 3 ou + 4). Lycéens, étudiants et parents pourront également assister à des conférences thématiques animées par des journalistes du Monde Campus. Une équipe de vingt coachs pourra également conseiller lycéens, étudiants et parents pour définir leur projet d’orientation, préparer les concours ou rédiger leur CV.
L’entrée en sera gratuite, la préinscription en ligne est conseillée pour accéder plus rapidement au Salon.
Liste des exposants et informations pratiques sont à retrouver sur le site Internet du SaGE.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ L’Etat va débloquer 10 millions d’euros dès le 1er janvier 2019 pour aider à la reconversion économique de la zone autour de la centrale nucléaire de Fessenheim, qui va fermer.
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A Fessenheim, « toute la vie du village tourne autour de la centrale »

L’Etat va débloquer 10 millions d’euros dès le 1er janvier 2019 pour aider à la reconversion économique de la zone autour de la centrale nucléaire de Fessenheim, qui va fermer.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 15h35
    |

            Nicolas Lepeltier (Fessenheim (Haut-Rhin), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Valérie était pourtant sûre d’avoir fait le bon choix. Une adresse bien établie, une clientèle assurée. Quand elle a ouvert son hôtel-restaurant début 2012 à Fessenheim (Haut-Rhin), la commerçante était loin d’imaginer que la fermeture de la centrale nucléaire s’inviterait dans le débat présidentiel. Aujourd’hui, Valérie a fait ses comptes : « Depuis trois ans, je fais – 50 % de chiffre d’affaires sur l’hôtellerie. »

Promesse de campagne de François Hollande, à laquelle, personne ici n’a jamais voulu croire, la fermeture de la plus vieille centrale de France (1977) lors de la mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche), reportée à fin 2019, puis à d’ici 2022, est devenue réalité. Elle est même « irréversible », comme le répète depuis avril Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat à la transition écologique, qui devait détailler, jeudi 4 octobre à Fessenheim, son plan de reconversion du territoire. Dans le village haut-rhinois, le sujet est dans tous les esprits. Impossible de l’ignorer, tant la silhouette de la centrale et de ses deux réacteurs se voit de loin dans la plaine d’Alsace, couverte de champs de maïs irrigués.

« Une vraie catastrophe »
« Toute la vie du village tourne autour de la centrale depuis quarante ans, reconnaît le maire Claude Brender, la fermer est une vraie catastrophe. » Lui sait mieux que quiconque ce que représente l’atome pour la commune. Autrefois pauvre et rurale, Fessenheim a rapidement vu sa population doubler dans les années 1970 avec la construction de la centrale. Aujourd’hui, le site fait vivre directement plus d’un quart des quelque 2 400 habitants du village. Et rapporte 75 % – près de 3 millions d’euros par an – des recettes fiscales locales. Crèche, écoles, médiathèque, centre de secours flambant neuf, sans oublier un petit musée consacré à l’abolitionniste Victor Schœlcher… Fessenheim dispose d’équipements et services dignes d’une sous-préfecture.
Alors...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ L’opération de réintroduction a commencé alors que des individus bloquaient des routes dans la région pour s’y opposer.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Pyrénées-Atlantiques : une première ourse a été relâchée dans la nature

L’opération de réintroduction a commencé alors que des individus bloquaient des routes dans la région pour s’y opposer.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 14h05
   





                        


Une ourse capturée en Slovénie a été relâchée jeudi 4 octobre dans les Pyrénées-Atlantiques, par hélicoptère, malgré les éleveurs anti-ours qui ont organisé des barrages toute la nuit dans la vallée d’Aspe. « Une première ourse femelle en parfaite santé a été relâchée ce matin aux alentours de 9 heures dans le Béarn », a annoncé le ministère de la transition écologique. « L’opération de réintroduction se poursuivra dans les prochains jours avec pour unique priorité de garantir la sécurité des deux ourses femelles », ajoute le ministère. Selon François de Rugy, l’opération coûte 350 000 euros, ce qui dément le chiffre de 1 million d’euros qui avait circulé dans la presse.
François de Rugy, ministre de la transition écologique, avait confirmé le 20 septembre, que deux ourses slovènes arriveraient en France « d’ici le début du mois d’octobre ». On ignore pour l’instant si la deuxième femelle a elle aussi été relachée. Jeudi matin, sur Franceinfo, le minsitre a dénoncé « les attitudes inacceptables » de certains opposants à la réintroduction des ours dans les Pyrénées, dont certains ont mis en place des points de guet là où les plantigrades pourraient être relâchés. « Il y a des personnes qui se croient autorisées à faire des barrages sur les routes, à me menacer avec des fusils (…). Ce sont des attitudes inacceptables, je comprends la colère mais ça ne justifie pas tout. »

        Le point sur la situation :
         

          Deux ourses slovènes seront réintroduites « d’ici le début du mois d’octobre »



« On ne cède pas à des menaces »

   


La réintroduction des deux ourses s’inscrit dans le cadre d’un plan « ours » lancé par Nicolas Hulot. Dans une décision rendue le 6 mars, le tribunal administratif de Toulouse avait condamné l’Etat pour n’avoir pas suffisamment protégé l’ursidé dans les Pyrénées. L’arrêté a été signé le 29 août par Nicolas Hulot, au lendemain de l’annonce de sa démission, et confirmée par son successeur le 20 septembre.
« C’est une opération qui arrive au terme d’une procédure légale, notamment après une consultation publique, explique Alain Reynes, directeur de Pays de l’ours-ADET, une des deux associations à l’origine de la condamnation de l’Etat. Mais il y a des personnes qui s’y opposent, pas par des procédés légaux, mais physiquement, y compris violemment. Cette nuit, tous les véhicules et camionnettes ont été arrêtés et fouillés par des opposants pour vérifier qu’il n’y avait pas une ourse dedans – et je passe sur les menaces, les insultes, etc. » 
« Enlever les ourses par tous les moyens possibles »
Selon lui, le contexte a toujours été aussi violent lors des lâchers. « La différence, cette fois, c’est que l’enjeu est connu de tous : la survie de l’espèce dans les Pyrénées – et je ne parle même pas de restauration de l’espèce, comme l’Etat y est obligé par une directive européenne. L’ours a toujours été présent dans les Pyrénées occidentales, depuis des dizaines de milliers d’années, mais actuellement il n’y a plus que deux mâles. Sans réintroduction de femelles, c’est la disparition de l’espèce qui est en jeu. »
Les opposants, déterminés à « enlever les ourses par tous les moyens possibles », étaient depuis des semaines sur le pied de guerre. La rumeur enflant, le mouvement s’est accéléré mercredi. « On a vu l’hélicoptère au-dessus d’Etsaut. Il a fait du vol stationnaire et a posé une cage », a dit jeudi matin à l’AFP Olivier Maurin, chef de file des éleveurs béarnais anti-ourses. « On attend pour voir avec précision où il s’est posé et on va faire une battue d’effarouchement », assure-t-il. Le parquet de Pau a annoncé le 28 septembre l’ouverture d’une enquête préliminaire, faisant suite aux intentions affichées d’opposants à la réintroduction des ourses d’attenter à leur vie.
En 2017, pour l’ensemble des Pyrénées, l’effectif minimal détecté était de 43 ours, dont 41 dans les Pyrénées centrales et seulement 2 dans les Pyrénées occidentales.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Le premier syndicat agricole demande une « commission parlementaire » pour « savoir qui ils sont, d’où ils viennent, qui les finance ».
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Pour la FNSEA, les actions des militants antispécistes sont « insupportables »

Le premier syndicat agricole demande une « commission parlementaire » pour « savoir qui ils sont, d’où ils viennent, qui les finance ».



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 10h08
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 12h16
   





                        


L’exaspération monte dans les rangs des éleveurs tandis que le Sommet de l’élevage s’est ouvert mercredi 3 octobre. Après de nouvelles boucheries prises pour cible dans la nuit de mardi à mercredi à Brest et à Quimper (Finistère), la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) dénonce une « montée en puissance inouïe » de ce type de violences et réclame la mise en place d’une enquête parlementaire sur les associations anti-viande.
« Il y a encore eu deux boucheries caillassées à Brest et à Quimper cette nuit, c’est insupportable », a déclaré la présidente du premier syndicat agricole français, Christiane Lambert, en ouverture du sommet à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme). « J’ai écrit au ministre de l’intérieur il y a un mois et demi après les invitations lancées pour l’opération Nuit debout devant les abattoirs [par des associations antispécistes], portant des images d’abattoirs en feu, nous étions avertis qu’il y avait un risque pour la sécurité publique », a dit la responsable à la presse, en évoquant l’incendie volontaire la semaine dernière qui a détruit un abattoir employant quatre-vingts personnes dans l’Ain. « Or rien n’a été fait », selon elle.
« Nous demandons une commission d’enquête parlementaire sur ces associations face à l’inertie de l’Etat, nous voulons savoir qui ils sont, d’où ils viennent, qui les finance, nous n’acceptons pas qu’aucune mesure ne soit prise, que nos éleveurs soient ainsi méprisés alors que notre métier est noble », a lancé Mme Lambert, elle-même éleveuse de porcs dans son exploitation familiale.

        Lire aussi :
         

                Incendie d’un abattoir dans l’Ain : les professionnels de la viande parlent d’« une offensive sectaire »



Activistes évacués du Sommet de l’élevage
Mercredi matin, une quinzaine de militants d’une association antispéciste ont été interpellés au Sommet de l’élevage après avoir tenté d’interrompre une conférence portant sur le potentiel d’exportation de bétail français vers la Turquie. Les militants, entrés sans être identifiés, ont d’abord posé des questions aux intervenants sur le « déni de démocratie » que représenterait selon eux l’élevage, avant de déployer une banderole portant l’inscription « France-Turquie, déni écologique, déni démocratique ». Ils ont été rapidement évacués par les services de sécurité du salon, puis contrôlés par la police qui les a dirigés vers la sortie.
L’association animaliste et écologiste Earth Resistance, dont ils se réclament, demande le « blocage » du Sommet, et a prévu plusieurs initiatives pendant les trois jours pour dénoncer « toute forme de domination » et alerter l’opinion publique sur « la question de l’abolition de l’exploitation animale ». « Nous sommes exaspérés », a réagi Fabrice Berthon, commissaire du salon :
« Ces jeunes sont bourrés de contradictions : si on arrêtait l’élevage sur la terre, on mettrait en péril deux milliards de personnes qui dépendent de l’élevage pour leur survie, notamment dans des zones inconvertibles où aucune autre activité n’est possible ».
Une dizaine d’activistes d’une autre association, « Boucherie abolition », ont également été évacués et raccompagnés vers la sortie par les forces de l’ordre en milieu d’après-midi. Ils avaient envahi le ring des bovins et scandé « élevage abolition ». A la suite d’une décision civile prise mardi par le tribunal de grande instance de Clermont-Ferrand, saisi en référé par les organisateurs du Sommet, les futurs auteurs d’actes de nature à entraver le bon déroulement de l’évènement encourent une sanction possible de 10 000 euros par infraction, a par ailleurs indiqué mercredi soir le parquet.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Le pays d’Afrique de l’Ouest veut porter la part des énergies renouvelable dans son mix énergétique à 11 % d’ici à 2020.
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Compte rendu

La première centrale solaire en Côte d’Ivoire sera financée par l’Allemagne

Le pays d’Afrique de l’Ouest veut porter la part des énergies renouvelable dans son mix énergétique à 11 % d’ici à 2020.


LE MONDE
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        Le 04.10.2018 à 09h39

     •
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        Mis à jour le 04.10.2018 à 10h04






    
Près du barrage hydroélectrique de Soubré, dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire, en mars 2017.
Crédits : SIA KAMBOU / AFP


L’Allemagne va financer à hauteur d’environ 40 millions d’euros la première centrale solaire de Côte d’Ivoire, a annoncé son ambassade à Abidjan, mercredi 3 octobre. D’une puissance de 37,5 MWc (mégawatt-crête, la puissance électrique maximale), cette centrale de Boundiali, dans le nord, doit aider le pays ouest-africain à porter la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique à 11 % d’ici à 2020, son objectif affiché.
Cette somme sera composée d’un financement de 27 millions d’euros accordé par la banque allemande de développement, KfW, et d’une contribution de 9,7 millions d’euros de l’Union européenne, souligne l’ambassade d’Allemagne dans un communiqué.
L’accord de partenariat a été paraphé par l’ambassadeur d’Allemagne en Côte d’Ivoire, Michael Grau, la directrice générale du ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement (BMZ), Ingrid-Gabriela Hoven, et le ministre ivoirien de l’économie, Adama Koné.
A peine 1 MW d’énergie solaire en 2018
La signature de ce contrat de financement intervient quelques semaines avant la visite en Allemagne du président ivoirien, Alassane Ouattara, prévue le 30 octobre, à l’occasion du sommet du G20 pour les investissements. En 2017, Berlin a accordé à son pays un prêt de 100 millions d’euros pour des projets d’infrastructures et d’appui aux réformes afin « d’attirer les capitaux privés et [de] créer des emplois ».
La Côte d’Ivoire, leader dans le secteur de l’électricité en Afrique de l’Ouest, a consommé à peine 1 MW d’énergie solaire en 2018, selon l’Association ivoirienne des énergies renouvelables (AIENR). Sa fourniture d’électricité (environ 2 000 MW au total) est assurée à hauteur de 75 % par l’énergie thermique. Il compte également des barrages hydroélectriques.
La première puissance économique d’Afrique de l’Ouest francophone dispose actuellement d’un réseau de 5 000 km de lignes à haute tension et d’une puissance installée de 2 200 MW. Le gouvernement ambitionne d’atteindre 4 000 MW en 2020 et 6 600 MW en 2030, et de faire participer les énergies renouvelables au mix énergétique à hauteur de 16 % en 2030.
Plusieurs projets sont en préparation, comme la construction de plusieurs centrales à biomasse Biokala, développées par le groupe agro-industriel ivoirien Sifca et le français EDF. Ces unités de production doivent être alimentées par les résidus de palmiers à huile de Sifca.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Pour le maire EELV de cette ville proche de Dunkerque, les politiques de développement durable sont une manière de répondre au long terme aux difficultés sociales de sa population.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Grande-Synthe, victime de la crise industrielle, veut devenir une ferme urbaine

Pour le maire EELV de cette ville proche de Dunkerque, les politiques de développement durable sont une manière de répondre au long terme aux difficultés sociales de sa population.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 07h00
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            Jessica Gourdon (Envoyée spéciale à Grande-Synthe (Nord)








                        



   


A genou sur son lopin de terre, Zakaryan Zazoui, 30 ans, termine de remplir un sac plastique avec de grosses tomates. « Là, j’en ai facile trois-quatre kilos, je vais pouvoir en donner aux voisins et aux collègues », commente cet ouvrier du bâtiment. Cela fait deux ans qu’il cultive, avec l’aide de ses deux enfants, tomates, carottes et pommes de terre dans l’un des six potagers urbains créés par la commune de Grande-Synthe (Nord). Régulièrement, Julien Mierzejewski, un animateur municipal, passe donner un coup de main aux habitants, les aide à trouver des alternatives naturelles aux pesticides, leur fournit des graines ou du matériel pour leur parcelle. Depuis deux ans, 170 familles cultivent ainsi leurs légumes bio entre les HLM.
A Grande-Synthe, l’agriculture urbaine n’est pas une occupation pour bobos. « D’ailleurs, c’est simple, des bobos, il n’y en a pas », lâche Julien Mierzejewski qui anime aussi, dans l’« éco-maison » de la ville, des « ateliers d’autonomie », dans lesquels il apprend aux habitants à cuisiner leurs légumes, fabriquer leur propre lessive ou des cosmétiques.
La révolution verte après la crise sociale et industrielle ? Tel est l’itinéraire de Grande-Synthe, ville de 23 000 habitants davantage connue pour les migrants qui y font escale en chemin vers l’Angleterre que pour sa politique de transition énergétique. Composée à 70 % de logement sociaux, cette ville née dans les années 1960 avec l’explosion du port de Dunkerque cumule aujourd’hui les difficultés. La pauvreté touche 31 % de ses habitants, son taux de chômage frôle les 30 %…. Son usine sidérurgique, qui employait jadis 10 000 personnes, en fait désormais travailler cinq fois moins.
Troc, potagers et cueillette en libre-service
Face à ces défis, Damien Carême, maire (EELV) depuis 2001, croit que les politiques de développement durable sont les réponses de long terme aux difficultés sociales des habitants. L’édile, assis dans un fauteuil occupé de 1971 à 1992 par son père René, résume sa politique en une formule : la « transition ». Attirer de nouveaux habitants, alors que Grande-Synthe en a perdu 6 000 en trente ans ? Construire de nouvelles zones commerciales ? Soutenir l’agrandissement du port de Dunkerque, et l’accroissement du trafic routier qui irait avec ? Bien que créatrices d’emplois, ces stratégies lui semblent appartenir au passé. « On ne veut plus être tributaire de multinationales qui peuvent fermer demain », résume Damien Carême, qui mène paradoxalement sa politique grâce à la richesse fiscale que lui assure encore l’usine d’Arcelor Mittal.

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S’il ne promet pas des emplois à ses administrés, Damien Carême cherche à leur faire gagner du pouvoir d’achat par d’autres moyens. La ville vient ainsi de lancer établissement de troc, assorti d’une monnaie locale, pour permettre aux habitants d’échanger des biens ou services.
Mais son ambition principale reste de faire de  Grande-Synthe une « ville nourricière », « libérer des espaces pour remettre la nature en ville », et y « relocaliser la production agricole ». A l’ère postindustrielle, celle qu’on appellait « Usinorville » a fait son choix : renouer avec son passé d’avant-guerre de village rural. Outre les potagers municipaux, des arbres fruitiers ont été plantés dans divers endroits de la ville, avec cueillette en libre-service. Bientôt, des poulaillers partagés compléteront ce dispositif. Le maire vient surtout de racheter des terrains pour implanter une ferme bio de plusieurs hectares au cœur de la ville, qui fournira les cantines en légumes, et vendra le reste aux habitants. La ville dispose aussi de chevaux pour transporter des personnes, et s’est lancée dans l’éco-paturage : des animaux broutent l’herbe et remplacent les tondeuses.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Le plan de reconversion, présenté jeudi, doit donner des perspectives économiques aux salariés concernés et à la région tout entière.
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Fermeture de la centrale de Fessenheim : ce que l’Etat compte faire pour l’après

Le plan de reconversion, présenté jeudi, doit donner des perspectives économiques aux salariés concernés et à la région tout entière.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 11h23
    |

            Nicolas Lepeltier et 
                                Nabil Wakim








                        



   


La plus vieille centrale nucléaire de France va-t-elle finir par fermer ? Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait repris à son compte cet engagement de François Hollande. Mais il avait aussi continué à lier le sort des deux réacteurs de Fessenheim (Haut-Rhin) au démarrage de l’EPR de Flamanville (Manche).
Or le chantier de Flamanville, lancé en 2007, a viré au cauchemar pour EDF, le réacteur de nouvelle génération ne devrait pas démarrer avant fin 2019, au mieux. Ce report repousse d’autant la fermeture de la centrale de Fessenheim, se félicitent les élus locaux, qui espèrent obtenir ainsi un peu d’air. Le ministre de la transition énergétique, François de Rugy, a d’ailleurs déclaré jeudi 3 octobre sur Franceinfo que la centrale serait fermée d’ici à 2022 tout en précisant qu’il fallait désormais dissocier le sort de Fessenheim de celui de Flamanville. « Aujourd’hui, on est obligé d’envisager de ne pas faire les deux opérations en même temps car tout simplement nous n’avons pas de date. EDF n’est pas capable de nous donner une date, et l’Autorité de sûreté nucléaire [ASN] non plus, sur l’ouverture de Flamanville. »
Après neuf mois de discussions et trois comités de pilotage sur l’avenir de Fessenheim, le secrétaire d’Etat à la transition écologique, Sébastien Lecornu, devait présenter, jeudi 4 octobre, dans le village, les détails du plan de reconversion économique du territoire.
Synthèse des réflexions de la région Alsace, du département du Haut-Rhin, de la commune de Fessenheim, de la communauté de communes et des services de l’Etat, le plan vise à « faire de Fessenheim une reconversion économique exemplaire », souligne-t-on au ministère de l’écologie. L’enjeu est de taille : 850 agents EDF et 300 salariés de sous-traitants travaillent sur le site de la centrale, qui génère également quelque 1 000 emplois indirects et 14 millions d’euros de retombées fiscales annuelles pour les collectivités locales.
Des dizaines de projets ont été recensés en matière de développement économique, d’infrastructures, de transition énergétique et d’innovation. « Si le projet est ambitieux, l’accompagnement financier sera ambitieux », promettait M. Lecornu en janvier. Le gouvernement s’engage finalement à débloquer 10 millions d’euros pour lancer les premières initiatives.

        Notre reportage à Fessenheim
         

          ,où « toute la vie du village tourne autour de la centrale »



Fermeture de plusieurs réacteurs d’ici à 2028
Parmi les annonces phares du plan, la création d’une zone d’activités, au nord de Fessenheim, le long du grand canal d’Alsace : 200 hectares, dont une trentaine disponibles dès le 1er janvier 2020. Une société d’économie mixte franco-allemande, créée en janvier, doit en assurer l’aménagement. « C’est une zone frontalière, au cœur de l’Europe. Ce serait vraiment curieux si on n’arrive pas à y accueillir des entreprises », explique M. Lecornu. Le gouvernement prévoit également une prime de 15 000 euros par emploi créé. Un geste en direction des entrepreneurs allemands, qui lorgnent le foncier alsacien, mais réclament une plus grande souplesse fiscale et sociale.
EDF s’engage à créer sur le site de la centrale nucléaire un technocentre de démantèlement des grosses pièces métalliques, notamment les générateurs de vapeur. Avec, à la clé, 200 emplois et 100 millions d’euros d’investissements. Une bouffée d’oxygène pour le territoire. « Il y aura à l’avenir des besoins dans le démantèlement des centrales nucléaires, c’est une opportunité à saisir avec les Allemands », note le secrétaire d’Etat.

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                A la recherche d’un plan pour fermer Fessenheim



Le détail du plan est scruté de près par les observateurs du secteur. Et pour cause : le gouvernement doit faire connaître fin octobre la feuille de route énergétique de la France, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Dans ce cadre, il pourrait annoncer la fermeture de plusieurs réacteurs d’ici à 2028. La France s’est en effet engagée à ramener de 75 % à 50 % la part de son électricité produite par des centrales nucléaires.
« Ces annonces ne sont que des déclarations d’intention, sans aucun engagement financier de l’Etat » Raphaël Schellenberger, député Les Républicains de la circonscription
Les concessions obtenues par les élus locaux vont-elles servir de modèle ? Au gouvernement, on assure que Fessenheim est un cas particulier, sur lequel se concentrent des moyens importants. Rien ne garantit qu’il en sera de même lors des prochaines fermetures, prévient-on.
Mais les projets retenus pour l’après-Fessenheim sont loin d’être entièrement calés. Un exemple ? Le projet de liaison ferroviaire entre Colmar et Fribourg-en-Brisgau (Allemagne), réclamé par les élus locaux depuis plus de soixante ans, fera l’objet d’une « étude de faisabilité », dont les résultats seront connus à la fin de l’année.

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                Fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim : un « comité de pilotage » installé mi-janvier



Le plan de reconversion contient également un volet social. Les sous-traitants menacés par la fermeture de Fessenheim bénéficieront d’une cellule de reclassement et d’un accompagnement personnalisé. Concernant la perte de fiscalité pour les collectivités locales, le gouvernement a prévu un système de compensation : 30 millions d’euros sur dix ans, de manière pleine pendant trois ans, et dégressive les sept dernières années. « Ça n’a jamais été fait auparavant pour les fermetures de centrales thermiques, défend M. Lecornu, 30 millions, ce n’est pas rien. » 

        Notre reportage à Fessenheim
         

          ,où « toute la vie du village tourne autour de la centrale »



M. Lecornu avait également annoncé en avril un appel d’offres photovoltaïque de 300 mégawatts dans le Haut-Rhin – un investissement total de 240 millions d’euros sur vingt ans.
« Quoi qu’il arrive, Fessenheim s’arrêtera »
Pour certains élus, le compte n’y est pas. « Ces annonces ne sont que des déclarations d’intention, sans aucun engagement financier de l’Etat, dénonce Raphaël Schellenberger, député Les Républicains de la circonscription de Fessenheim. M. Lecornu semble vouloir se débarrasser du dossier. »
Le député La République en marche de la circonscription voisine, Bruno Fuchs, souligne « le manque d’ambition » du gouvernement, et critique sa méthode : « Ce n’est qu’un listing de projets locaux. Beaucoup a été fait, mais ça ne va pas assez loin, regrette-t-il. L’Etat n’apporte pas les moyens financiers qu’il s’était engagé à apporter pour faire de l’Alsace une région au cœur de l’Europe, et le berceau des innovations du XXIe siècle. »
Le projet de reconversion doit être signé avec tous les acteurs locaux au plus tard début 2019. Car, comme le rappelle le secrétaire d’Etat, « quoi qu’il arrive, Fessenheim s’arrêtera. Que ce soit six mois de plus, ou pas, la fermeture est actée ». 
Le processus pourrait cependant prendre encore du retard. Mercredi, l’ASN a fait savoir à EDF que les problèmes rencontrés sur le chantier de l’EPR nécessitaient encore un « travail technique important ». Une manière de souligner la probabilité que Flamanville connaisse de nouveaux retards dans les mois prochains. Un sursis de plus pour Fessenheim.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Agriculture urbaine, ferme de panneaux solaires, urbanisme transitoire… Pour certaines villes en déclin, la transition énergétique peut être un nouveau levier de redéveloppement.
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La transition écologique donne de l’oxygène aux villes en déclin

Agriculture urbaine, ferme de panneaux solaires, urbanisme transitoire… Pour certaines villes en déclin, la transition énergétique peut être un nouveau levier de redéveloppement.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 08h51
    |

            Jessica Gourdon (Vitry-le-François, Marne, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

« On est au dos mur, on n’a plus le choix », résume Jean-Pierre Bouquet. Pas facile d’être maire de Vitry-le-François (Marne), ville ouvrière de 13 000 habitants plantée entre Châlons-en-Champagne et Troyes, sur la « diagonale du vide ». Détruite à 96 % pendant la seconde guerre mondiale, cette commune avait livré les clés de sa reconstruction et de son développement à un patronat industriel et à son puissant bailleur social, Vitry Habitat, devenu peu à peu propriétaire des deux tiers des logements de la ville. Aujourd’hui, Vitry-le-François, qui fut l’incarnation d’une certaine France industrielle et rurale des « trente glorieuses », assiste à l’effondrement de ce modèle.
Les usines – plasturgie, pièces de métal pour l’automobile, tuyaux, emballages – ferment ou s’automatisent, les jeunes sont aspirés par les métropoles, les commerces vacants du centre-ville trouvent difficilement repreneurs, la population vieillit, les cadres ou professions intermédiaires se sont installés dans les campagnes… Les HLM, érigés à la chaîne dans les années 1950 et 1960 pour loger les familles d’ouvriers, se sont peu à peu vidés, hérissant la ville de tours fantômes aux volets baissés. Récemment, certaines ont été démolies pour adapter l’ensemble à la nouvelle démographie – depuis la « grande époque », la ville a perdu 7 000 habitants.

Mais Jean-Pierre Bouquet veut croire à la résurrection de cette cité créée par François Ier, roi qui a donné à Vitry son nom et son emblème, la salamandre. « Un animal dont on dit qu’il résiste aux flammes », glisse l’élu socialiste. Sa porte de secours, il la voit dans la transition énergétique. Et dans la sortie du modèle actuel, où la consommation d’énergie de ses habitants, logés dans un parc immobilier vieillissant, est 50 % plus élevée que la moyenne française. Déjà, la communauté de communes abrite un vaste parc éolien. La ville vient surtout de racheter l’immense chaufferie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Ilots Paysans est une association qui permet à des nouveaux agriculteurs de tester leurs projets. Elle fait partie des quatre candidats aux prix « Coup de cœur du public » des Grands Prix de la finance solidaire.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Les autorités ont décidé de la fermeture du décor du film de Danny Boyle pour une durée indéterminée, alors que le corail souffre du passage des touristes.
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Thaïlande : la baie rendue célèbre par le film « La Plage » dégradée par le tourisme de masse

Les autorités ont décidé de la fermeture du décor du film de Danny Boyle pour une durée indéterminée, alors que le corail souffre du passage des touristes.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 14h19
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 19h57
   





                        



   


A l’affiche du film La Plage, en 1999, Leonardo Di Caprio, Virginie Ledoyen et Guillaume Canet découvraient, ébahis, le sable blanc et l’eau turquoise de la baie de Maya, sur l’île thaïlandaise de Koh Phi Phi Le. Près de vingt ans plus tard, l’iconique paysage est victime du succès touristique entraîné par la renommée mondiale du film : la plage a subi une érosion sévère et une grande partie des récifs coralliens a été endommagée en raison de la pollution des moteurs.
Les autorités locales ont décidé, lundi 1er octobre, de prolonger sa fermeture, décrétée une première fois au mois de mai dernier. La plage accueillait quelque 5 000 visiteurs par jour, parmi lesquels un nombre croissant de Chinois. La plupart ne restaient que quelques dizaines de minutes, avant de rembarquer sur des hors-bord affrétés par les multiples tours-opérateurs de la région.
La décision des autorités est basée sur une étude récente, qui a démontré qu’il était « impossible » de remédier au problème en seulement quatre mois, a déclaré à l’AFP Songtam Suksawang, directeur du bureau des parcs nationaux. La fermeture a donc été prolongée jusqu’à ce que l’écosystème de la zone « retrouve une situation normale », a-t-il ajouté.

   


35 millions de touristes en Thaïlande chaque année
« La réhabilitation de Maya Bay devrait durer au moins quatre ans », a estimé Arnaud Simons de l’ONG Ocean Quest Global. « Au cours des derniers mois, la saison de la mousson et la mer agitée ont entravé les efforts de réhabilitation des coraux, mais nous ne doutons pas que les objectifs seront atteints à long terme », a-t-il ajouté.
Pour Paul Pruangkarn, de la Pacific Asia Travel Association (PATA), qui réunit des professionnels du tourisme, la prolongation de la fermeture est une arme à double tranchant : « cela peut être une bonne chose, surtout quand il s’agit d’environnement, de prendre son temps pour réparer les dommages. [Mais] le gouvernement doit réfléchir à la manière dont il peut aider » la population locale, qui vivait du tourisme.

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                Le tourisme fait s’envoler le réchauffement planétaire



La Thaïlande, qui accueille chaque année plus de 35 millions de vacanciers, est confrontée à une dégradation avancée de ses fonds marins. Outre le réchauffement climatique, le comportement des touristes, qui n’hésitent pas à marcher sur les coraux, est pointé du doigt – tout comme la surabondance de tours-opérateurs et l’absence de régulation sur ces îles, censées être protégées par leur statut de parcs nationaux.
Ce même phénomène de surpopulation touristique se retrouve à travers l’Asie du Sud-Est, accompagné de ses conséquences sur le fragile écosystème des îles : en avril, les Philippines ont, par exemple, décidé de la fermeture pour quatre mois de Boracay, l’île la plus courue de l’archipel.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Le Parlement européen a fixé un objectif de réduction de 40 % d’ici à 2030. Les constructeurs comptent sur la France et l’Allemagne pour revoir cet objectif à la baisse
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Les eurodéputés veulent durcir les normes d’émissions de CO2 pour les voitures

Le Parlement européen a fixé un objectif de réduction de 40 % d’ici à 2030. Les constructeurs comptent sur la France et l’Allemagne pour revoir cet objectif à la baisse



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 13h38
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 11h08
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            Stéphane Mandard








                        



   


Dans les travées du Mondial de l’auto, à Paris, les constructeurs ont reçu une nouvelle difficile à avaler à l’heure du déjeuner : le résultat du vote organisé mercredi 3 octobre au Parlement européen. Il visait à durcir les normes d’émissions de dioxyde de carbone (CO2), qui s’appliqueront aux voitures commercialisées à partir de 2020. Par 389 voix pour (239 contre), les eurodéputés ont adopté une résolution fixant un objectif de réduction de 40 % d’ici à 2030, avec un palier intermédiaire de 20 % en 2025.
Une position en retrait par rapport aux 45 % défendus par la commission de l’environnement, mais plus ambitieuse que celle exprimée par la Commission européenne. « A la veille de ce vote, l’industrie automobile et la Commission européenne ont exercé des pressions sans précédent pour tenter de diluer davantage la position du Parlement », témoigne Karima Delli, la présidente (EELV) de la commission transports à Strasbourg. En novembre  2017, Bruxelles avait proposé une diminution limitée à 30 %. « Trop difficile à atteindre », avait déjà réagi l’Association européenne des constructeurs automobiles, qui se dit prête à aller jusqu’à 20 %, mais pas plus. « Très largement insuffisant », avaient tonné les organisations environnementales et les Verts européens, dénonçant « un cadeau au lobby automobile ».

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                Nouvelles normes d’émissions de CO2 : Bruxelles cède au lobby automobile



Si les députés européens ont accentué la pression sur les constructeurs, ce n’est pas leur proposition qui s’imposera forcément in fine. Un conseil des ministres européens de l’environnement est prévu le 9 octobre pour arrêter la position des Etats membres de l’Union européenne (UE). S’ouvrira ensuite une négociation tripartite (entre la Commission, le Parlement et le Conseil) pour un texte final attendu au début de 2019, avant les élections européennes.
« Incompatible avec les objectifs de l’accord de Paris »
La position officielle de la France n’est pas encore connue, mais des éléments ont déjà filtré. Face aux plaintes des constructeurs, qui jugent les objectifs assignés par les députés européens « irréalistes », le chef de l’Etat a proposé un « deal » à la vingtaine de patrons conviés à un dîner à l’Elysée lundi, à l’occasion des 120 ans du Mondial de l’auto. En substance et toujours selon le fameux principe de l’« en même temps » : prenez des engagements forts à court terme – sur les véhicules électriques ou en participant financièrement à la reprise des véhicules les plus polluants ; ensuite, nous verrons avec l’Allemagne pour ajuster ces objectifs.
Si la position de la France est encore floue, celle de l’Allemagne est très claire : s’aligner sur la proposition, moins contraignante, de la Commission européenne. Angela Merkel l’a réaffirmé dans l’accord que la chancelière a passé le 1er octobre avec les constructeurs allemands pour qu’ils mettent la main à la poche en vue du remplacement des vieux diesels par des véhicules plus propres.

        Lire aussi la tribune :
         

          Lutte contre la pollution : « Le rôle primordial des constructeurs automobiles »



« Le “deal” proposé par le président de la République aux constructeurs automobiles ouvre la porte à une réduction des objectifs réglementaires promus par la France », s’inquiète Agathe Bounfour, responsable transports au Réseau Action Climat (RAC). Avant sa démission du ministère de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot s’était dit favorable à un durcissement des normes « jusqu’à 40 % ».

   


La présidence autrichienne de l’Union européenne (UE) travaille, elle, sur un compromis (35 % en 2030 et 15 % en 2025). Une proposition jugée « incompatible avec les objectifs de l’accord de Paris » de réduire d’au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport à 1990 par les associations du RAC. Le Conseil international pour un transport propre (International Council on Clean Transportation, ICCT), l’ONG américaine qui a révélé le scandale du « dieselgate », a fait le calcul : pour respecter la trajectoire de l’accord de Paris, la réduction des émissions de CO2 des voitures devrait atteindre au moins 70 % d’ici à 2030.
« Les émissions liées au transport routier ont augmenté d’environ 20 % depuis 1990 »
Le secteur du transport est le premier émetteur de gaz à effets de serre. Et le trafic automobile représente à lui seul environ 12 % des émissions générées par les pays de l’Union européenne. Or, comme le relève le commissaire européen au climat et à l’énergie, Miguel Arias Cañete, « l’UE a réduit ses émissions de 23 % depuis 1990, quand les émissions liées au transport routier ont augmenté d’environ 20 % ».
En 2017, les émissions de CO2 des véhicules neufs sont mêmes reparties à la hausse en Europe et pour la première fois depuis 1995 en France. Le résultat combiné de la chute des ventes de véhicules diesel et de l’explosion des SUV, ces grosses berlines qui paradent au Mondial de l’auto.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Après une année 2017 record et alors que le Mondial de l’auto ouvre ses portes le 4 octobre à Paris, les constructeurs s’apprêtent à affronter des temps plus incertains, du fait du Brexit, des nouvelles normes et du ralentissement du marché chinois.
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L’industrie automobile fait face à une série d’obstacles

Après une année 2017 record et alors que le Mondial de l’auto ouvre ses portes le 4 octobre à Paris, les constructeurs s’apprêtent à affronter des temps plus incertains, du fait du Brexit, des nouvelles normes et du ralentissement du marché chinois.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 11h29
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Les carrosseries rutilent, les conférences de presse s’enchaînent, les partenariats se nouent, le champagne pétille dans les flûtes… En ce mardi 2 octobre, toute l’industrie de la voiture, réunie pour le Mondial de l’automobile à Paris, porte de Versailles, semble fêter avec entrain des années de croissance ininterrompue et les promesses de bouleversements technologiques qui conduisent le monde vers une mobilité électrique, autonome et connectée.

Pourtant, quelque chose a changé dans les têtes des patrons du secteur depuis quelque temps. Semblable à la bise désagréable qui souffle sur Paris, un léger vent d’inquiétude rafraîchit l’ambiance dans les stands. Jacques Aschenbroich, PDG du groupe français Valeo, l’un des grands équipementiers mondiaux, s’en fait l’écho. « Dès la fin juillet, nous avons alerté sur la montée de phénomènes négatifs, a expliqué le patron de Valeo au Monde quelques jours avant le Mondial : difficultés d’homologation des véhicules en Europe avec la nouvelle norme WLTP [d’homologation des véhicules], fragilisation du marché chinois, prix des matières premières, impacts des taxes aux Etats-Unis. »
« Trois mois après, nous sommes en plein dedans, poursuit M. Aschenbroich. Tout le monde admet que le WLTP a été plus complexe que prévu à mettre en place et que ce problème va peser sur la production européenne au troisième trimestre. En Chine, les immatriculations ont baissé de 7 % en août. A ces difficultés immédiates s’ajoutent des incertitudes pour 2019. Devons-nous nous préparer à un Brexit dur au mois de mars ? La Chine va-t-elle flancher durablement ? La guerre commerciale entre Chine et Etats-Unis va-t-elle s’envenimer ? »
Grandes inconnues
Aller à la rencontre des PDG et des hauts cadres de l’automobile dans les pavillons du Parc des expositions de la porte de Versailles confirme cet état d’esprit. Les inconnues sont grandes, et cette industrie qui fonctionne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Préparons dès aujourd’hui la reconversion des travailleurs du diesel et du nucléaire dans les activités générées par les mobilités propres et les énergies renouvelables, préconise Sébastien Delpont, expert du secteur, dans une tribune au « Monde ».
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Transition énergétique : « Il faut accompagner les filières vers de nouveaux chemins professionnels »

Préparons dès aujourd’hui la reconversion des travailleurs du diesel et du nucléaire dans les activités générées par les mobilités propres et les énergies renouvelables, préconise Sébastien Delpont, expert du secteur, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 09h49
    |

Sébastien Delpont (Directeur associé de GreenFlex)







                        



                                


                            
Tribune. La transition de nos modèles énergétiques est inévitable et déjà en marche. Les filières de l’efficacité énergétique, des transports décarbonés et des énergies renouvelables vont gagner la partie. Un des freins qu’il nous reste à lever pour changer d’échelle sera notre capacité collective à accompagner les filières qui vont s’éteindre – et surtout ceux qui y travaillent – vers de nouveaux chemins professionnels. Alors que des arbitrages politiques sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) doivent être rendus avant la fin de l’année, ce sera un élément essentiel à prendre en compte.
L’acharnement thérapeutique à vouloir sauver le diesel (12 000 emplois directs) ou le nucléaire (100 000 à 120 000 emplois directs) n’a plus de sens. Osons cesser de soutenir artificiellement des filières qui s’enfoncent dans l’impasse. Elles étaient la jeunesse et l’avenir du monde industriel en 1970, elles ne le sont plus un demi-siècle plus tard. Leurs heures de gloire sont derrière elles, leur futur est dans les livres d’histoire. Aujourd’hui, elles voient déjà beaucoup de talents les quitter et peinent à en attirer de nouveaux, faute de regarder cette situation avec lucidité.

Plutôt que de cultiver le déni, essayons de ne pas répéter ce que nous n’avons pas su bien faire par le passé : les bassins charbonniers du nord et de l’est de la France ne s’en sont pas encore vraiment remis. Organisons une transition qui minimisera les détresses humaines au lieu de les subir douloureusement par refus de s’y préparer. Les filières énergétiques du passé ont le droit de mourir dans la dignité et sans souffrances inutiles.
Au Danemark, des chantiers navals à l’éolien
Les mesures anti-énergies renouvelables et pro-charbon récemment prises aux Etats-Unis ont eu pour conséquence des destructions d’emploi et des baisses massives d’activité chez les artisans, ces « Plumber Joe » qui installent des panneaux solaires et avaient pourtant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Pour l’ingénieur Henri Prévot et le député centrafricain Jean-Pierre Mara qui s’expriment dans une tribune au « Monde », les efforts de la France en faveur du solaire trouveraient un terrain plus efficace en Afrique que sur le territoire national.
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« La France et les pays d’Afrique subsaharienne gagneraient à approfondir leur coopération dans la production d’électricité »

Pour l’ingénieur Henri Prévot et le député centrafricain Jean-Pierre Mara qui s’expriment dans une tribune au « Monde », les efforts de la France en faveur du solaire trouveraient un terrain plus efficace en Afrique que sur le territoire national.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 13h08
    |

Jean-Pierre Mara (Député de la République centrafricaine) et Henri Prévot (Ingénieur ­général des Mines)







                        



                                


                            
Tribune. Contrairement à ce que l’on pense généralement, l’Afrique subsaharienne s’électrifie rapidement. Selon les statistiques de l’Agence internationale de l’énergie, dans onze pays représentant 70 % de la population, la consommation d’électricité est passée, en dix ans, de 2005 à 2015, de 122 à 171 kWh par habitant et par an (par comparaison, elle est aujourd’hui en France de 7 000 kWh par habitant et par an).
Mais une valeur moyenne ne rend pas compte de la situation réelle. Dans ces pays, si les grandes villes sont reliées à un réseau électrique, d’ailleurs souvent défaillant, plus de 600 millions de personnes vivant dans les zones moins urbanisées ne sont pas reliées, et ce nombre augmente.
A titre d’exemple, en République centrafricaine (RCA), pays de près de 5 millions d’habitants, l’approvisionnement en électricité dépend presque uniquement de l’usine hydroélectrique de Boali. Sa puissance est de 20 MW, mais près du quart, du fait de la vétusté du réseau de transport, est perdue avant de parvenir à la ville de Bangui, dont les 800 000 habitants sont à tour de rôle, quartier par quartier, privés d’électricité une journée entière. Et Bangui est la seule ville du pays desservie par un réseau électrique.
Source d’énergie sans limite
Or, sans électricité, toute activité est entravée : les hôpitaux et la médecine moderne, les écoles, les transports, les manutentions, les télécommunications. Sans électricité, pas de développement économique et social.

Hors des villes, il y a certes une production d’électricité qui échappe aux statistiques, celle des groupes électrogènes. Mais c’est un moyen polluant et coûteux car son rendement est médiocre : 30 % pour un groupe de forte puissance ; 20 % seulement pour un groupe de 5 kW. En RCA, par exemple, le gazole arrivé sur le lieu de consommation coûte 820 francs CFA (1,25 euro) par litre. Ce prix est subventionné ; le coût réel est de l’ordre de 2 euros par litre, ce qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Le nucléaire de troisième génération tout comme les énergies renouvelables sont coupables de dérives coûteuses, alertent les deux experts Jacques Percebois et Stanislas Pommeret dans une tribune au « Monde ».
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Nucléaire, renouvelables : « Le débat doit prendre en compte tous les coûts »

Le nucléaire de troisième génération tout comme les énergies renouvelables sont coupables de dérives coûteuses, alertent les deux experts Jacques Percebois et Stanislas Pommeret dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 10h31
    |

Jacques Percebois (Professeur émérite à l’université de Montpellier) et Stanislas Pommeret (Président de la division énergie de la SCF)







                        



                                


                            
Tribune. Le débat parlementaire sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) va relancer les discussions sur la place relative du nucléaire et des renouvelables. Le mix électrique français est très largement « décarboné », ce qui est un atout dans un contexte de lutte contre le réchauffement climatique, mais se trouve être largement le produit de l’histoire et des diverses transitions impulsées par les pouvoirs publics depuis des décennies, et non pour des raisons environnementales.
Lors des chocs pétroliers (1974 et 1979), la France s’est tournée vers le nucléaire au nom de l’indépendance énergétique. En 1974, le nucléaire ne représentait que 8 % de la production d’électricité ; il en couvre aujourd’hui 72 à 75 %. Comme l’hydraulique permet de satisfaire 12 % environ des besoins et que les autres renouvelables (éolien et photovoltaïque) en fournissent 6 %, l’électricité produite en France est à 93 % « décarbonée ».
Le thermique classique (gaz, charbon et fioul) n’en représente que 7 %. Toute réduction de la part du nucléaire qui ne serait pas compensée par un développement des renouvelables conduirait à un accroissement de la production thermique classique (généralement au gaz) donc à plus d’émissions de CO2, comme ce fut d’ailleurs le cas fin 2016 avec l’arrêt de plusieurs réacteurs nucléaires suite à une demande de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).
Pour l’EPR de Flamanville, le montant annoncé de 10,9 milliards d’euros porte le coût du MWh à près de 100 euros, soit 10 centimes d’euro par kWh
Le nucléaire de 2e génération (les 58 réacteurs en fonctionnement), largement amorti, est aujourd’hui compétitif puisque, malgré le bas prix de l’électricité sur le marché de gros (40 à 50 euros le MWh, soit 4 à 5 centimes d’euro par kWh), son coût est de l’ordre de 33 euros le MWh (soit 3,3 centimes d’euro par kWh).
Mais il n’en va pas de même pour le nucléaire de 3e génération (EPR), dont le coût...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ La catastrophe a fait 1 374 morts, selon le dernier bilan, et près de 200 000 personnes nécessitent une aide humanitaire d’urgence.
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Indonésie : le bilan du séisme et du tsunami s’alourdit, les besoins sont « immenses »

La catastrophe a fait 1 374 morts, selon le dernier bilan, et près de 200 000 personnes nécessitent une aide humanitaire d’urgence.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 06h47
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 07h21
   





                        



Le bilan du séisme suivi d’un tsunami s’est de nouveau alourdi en Indonésie : près de 1 400 personnes ont péri sur l’archipel des Célèbes, selon un nouveau décompte, l’ONU avertissant mardi 2 octobre de besoins « immenses » à la fois pour les survivants et pour les secours.
« Le bilan est désormais de 1 374 morts et 113 blessés, a annoncé à Palu, sur la côte ouest des Célèbes, Willem Rampangilei, directeur de l’agence indonésienne de gestion des catastrophes naturelles. Il y a toujours quelques corps piégés sous les décombres. Nous ignorons combien. Notre priorité reste de trouver et sauver des gens ». Les autorités anticipent une hausse du bilan au fur et à mesure que les secours progresseront dans les zones qui demeurent hors d’atteinte.
Près de 200 000 personnes nécessitent par ailleurs une aide humanitaire d’urgence, selon le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), parmi lesquels des dizaines de milliers d’enfants. On estime à 66 000 le nombre de logements qui ont été détruits vendredi par la secousse de magnitude 7,5 et le raz-de-marée destructeur qu’elle a engendré.

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« Les besoins demeurent immenses »
Depuis, les survivants combattent la faim et la soif en raison d’un manque d’eau potable et de nourriture, et les autorités sont dépassées par le nombre de blessés à traiter. « Bien que le gouvernement et les organisations d’urgence travaillent sans relâche pour apporter une aide vitale, les besoins demeurent immenses », a indiqué mardi l’Ocha dans un communiqué. « Le sentiment des équipes travaillant sur place est un sentiment de frustration, a précisé à Genève Jens Laerke, de l’Ocha. Des portions importantes de ce qui pourrait être la zone la plus touchée n’ont toujours pas été complètement atteintes. Mais les équipes se démènent et font ce qu’elles peuvent ».
Le Centre de coordination de l’aide humanitaire de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean), basée à Jakarta, a fait état d’un besoin urgent de sacs mortuaires. Dans le climat équatorial chaud et humide qui prévaut en Indonésie, la décomposition est accélérée et fournit un terrain propice aux maladies.
Les secours manquent aussi d’équipements lourds. Ils peinent également du fait de la coupure des routes et de l’ampleur même des dégâts. L’armée indonésienne dirige les efforts mais, à la suite d’un appel du président, des ONG internationales ont également dépêché des équipes sur le terrain.
Mardi soir, le Fonds central d’intervention d’urgence de l’ONU a annoncé le déblocage de 15 millions de dollars d’aide. « Le gouvernement indonésien a l’expérience et est bien équipé pour la gestion des catastrophes naturelles mais, parfois, comme c’est le cas pour les autres pays, une aide extérieure est nécessaire », a expliqué le secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires, Mark Lowcock. Mercredi, l’Australie a annoncé qu’elle dépêchait une équipe médicale dans les zones touchées et qu’elle débloquait cinq millions de dollars d’aide.

   


« Nous n’avons plus rien »
Dans les rues de Palu, le désespoir était néanmoins bien réel chez les survivants, certains parcourant les décombres pour sauver tout ce qui peut être sauvé. D’autres se pressent autour de rallonges électriques dans les quelques bâtiments disposant encore de courant. D’autres encore patientent pour recevoir l’eau, l’argent ou l’essence acheminés par un convoi de l’armée. Parfois, il faut faire 24 heures de queue pour obtenir quelques litres de pétrole.
« Le gouvernement, le président sont venus, mais ce dont nous avons réellement besoin, c’est d’eau et de nourriture », a expliqué à l’Agence France-Presse Burhanuddin Aid Masse, 48 ans. Les installations sanitaires sont par ailleurs un problème de plus en plus grave. « Partout, les gens veulent aller aux toilettes mais il n’y en a pas. Alors il faut faire ses besoins de nuit, au bord de la route », explique Armawati Yarmin, 50 ans.
Les installations portuaires de Palu, un point d’accès crucial dans cette région accidentée, ont été fortement endommagées. Les points d’amarrages sont intacts mais la plupart des grues et équipements nécessaires au déchargement des navires ont été renversés dans la catastrophe, explique l’ONU.
Sur la route menant à Donggala, une ville au nord de Palu plus proche de l’épicentre, les dégâts sont immenses. L’agglomération en elle-même semble avoir été épargnée, mais dans les zones les plus touchées, on ne voit presque plus aucun bâtiment debout. « N’envoyez pas toute l’aide à Palu, implorait Farid, un habitant de Donggala âgé de 48 ans. Nous n’avons plus rien. »

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Des députés fustigent un texte trop timide sur la défense de l’environnement, tandis que d’autres le jugent trop contraignant pour les paysans.
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Le projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation définitivement adopté

Des députés fustigent un texte trop timide sur la défense de l’environnement, tandis que d’autres le jugent trop contraignant pour les paysans.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 19h20
   





                        


Le texte avait fait l’objet d’un long débat et de plus de 5 500 amendements. Le projet de loi agriculture et alimentation, qui vise notamment à permettre aux agriculteurs d’être mieux rémunérés, a été adopté définitivement mardi 2 octobre par le Parlement.
Au total, 227 députés ont voté pour, 136 contre, et onze se sont abstenus. Tous les groupes d’opposition de droite comme de gauche ont voté contre ou se sont abstenus, dénonçant un texte « creux » et « une occasion manquée ».

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« Nous avons inscrit dans la loi des mesures fortes pour réformer en profondeur le modèle agricole et alimentaire français », a plaidé le rapporteur du texte, le député (La République en marche) de la Creuse Jean-Baptiste Moreau. Certains fustigent un texte trop timide sur la défense de l’environnement, tandis que d’autres le jugent trop contraignant pour les paysans. « Ce texte est bien en deçà de nos espérances », a déploré le député LR de l’Aveyron Arnaud Viala, estimant que « les agriculteurs ont trop souvent été désignés comme des pollueurs et des empoisonneurs ».
« Politicard de première »
Issu des états généraux de l’alimentation, le projet de loi dit « Egalim » entend rééquilibrer les relations commerciales entre agriculteurs, transformateurs et distributeurs, et mettre fin à une guerre de prix mortifère pour toute la filière.
Pour y parvenir, le gouvernement propose l’inversion de la construction des tarifs en partant des coûts pesant sur les agriculteurs, ce qui induit la création d’indicateurs de prix. Ceux-ci seront fixés par les organisations interprofessionnelles, ce qui déçoit les syndicats agricoles. Toutes les filières ne se sont pas encore mises d’accord sur ces nouveaux barèmes, alors que les négociations commerciales avec les distributeurs commencent dans deux mois.
Les distributeurs auront également interdiction d’écouler leurs produits sous le prix d’achat au fournisseur majoré d’une marge de 10 %, et les rabais seront plafonnés à 34 % de la valeur finale d’un produit.
Ces deux mesures, qui feront l’objet d’un test d’une durée de deux ans, trouveront leur traduction dans une ordonnance permettant une entrée en vigueur au plus tard à la fin de novembre. « Le gouvernement restera attentif aux conditions de déroulement des négociations commerciales et mobilisera les dispositifs prévus par la loi pour contrôler et sanctionner les comportements abusifs », a promis, vendredi, le premier ministre, Edouard Philippe.
Mission de suivi sur le glyphosate
Les mécanismes ainsi créés suscitent le scepticisme des agriculteurs et l’ire de Michel-Edouard Leclerc, président du groupement de distributeurs portant son nom, selon qui le texte entraînera une hausse des prix sur des produits de grandes marques sans avoir aucun effet bénéfique pour les paysans. Le médiatique président de Leclerc a de nouveau développé son argumentaire, mardi, sur Franceinfo en attaquant au passage Stéphane Travert, qu’il a qualifié de « politicard de première ».
Autre sujet clivant, jusqu’au sein de la majorité : le glyphosate. Les députés ont de nouveau refusé d’inscrire dans la loi interdisant l’herbicide controversé, dont le gouvernement a programmé la sortie à l’horizon 2020-2021 pour laisser aux agriculteurs le temps de s’adapter. Une mission de suivi sur ce sujet brûlant a été mise en place la semaine dernière à l’Assemblée.

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Généraliser les « doggy bags »
Le projet de Loi Egalim s’intéresse aussi au contenu des assiettes en fixant l’objectif de 50 % de produits bio ou bénéficiant d’un label de qualité d’ici à 2022 dans la restauration collective. Il prévoit l’expérimentation du menu végétarien et l’interdiction des contenants alimentaires en plastique dans les cantines. Est aussi prévu un meilleur étiquetage indiquant le pays d’origine des vins et des miels mélangés.
En matière de bien-être animal, les députés ont doublé les sanctions encourues en cas de mauvais traitements, lancé l’expérimentation du contrôle vidéo dans les abattoirs et interdit l’installation de nouveaux élevages de poules en cage.
Pour mieux lutter contre le gaspillage, les parlementaires veulent généraliser à partir de 2021 les doggy bags, les contenants servant à emporter les restes au restaurant. Les objets à usage unique en matière plastique (pailles, touillettes, couverts, couvercles, plateaux-repas, boîtes, pots à glace, etc.) seront, quant à eux, interdits au 1er janvier 2020.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Le nombre de morts particulièrement élevé relève de la conjugaison de plusieurs facteurs comme la liquéfaction du sol. Explication en images.
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<article-nb="2018/10/04/19-20">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Tuberculose, jusqu’à quand ? (5). L’Afrique du Sud est le seul des 22 pays les plus touchés par la maladie infectieuse à y consacrer plus de 0,1 % de son budget de recherche.
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Compte rendu

A Johannesburg, le township de Tembisa à la pointe de la recherche sur la tuberculose

Tuberculose, jusqu’à quand ? (5). L’Afrique du Sud est le seul des 22 pays les plus touchés par la maladie infectieuse à y consacrer plus de 0,1 % de son budget de recherche.

Par                                            Adrien Barbier (Tembisa, Afrique du Sud, envoyé spécial)




LE MONDE
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        Le 02.10.2018 à 18h30






    
Traitements préventifs, dépistage, épidémiologie : autant de nouveaux outils qui doivent permettre d’améliorer la prise en charge de la maladie.
Crédits : The Aurum Institute


Ils sont une dizaine d’hommes, adossés contre un mur ou accroupis par terre, dans un cul-de-sac de Tembisa, un township au nord de Johannesburg. Ils dealent ou consomment du nyaope, un cocktail de drogues extrêmement addictif qui fait des ravages en Afrique du Sud. Alors que la voiture de John Mtuli s’arrête à leur hauteur, les jeunes le reconnaissent et s’approchent. « Certains de nos candidats sont des consommateurs de drogues, explique ce travailleur communautaire qui connaît Tembisa comme sa poche. Paradoxalement, ce sont eux qui sont les plus assidus. » 

        Présentation de notre série
         

          Tuberculose, jusqu’à quand ?



Employé par l’Institut Aurum, il se consacre à trouver des patients atteints de la tuberculose, afin de les recruter pour participer à des études cliniques. En 2010, cette organisation sud-africaine a ouvert dans le township un centre de recherche où pas moins de 1 217 patients ont été recrutés pour participer à 23 essais thérapeutiques. Vaccins, traitements préventifs, dépistage, épidémiologie : autant de nouveaux outils qui doivent permettre d’améliorer la prise en charge de la maladie.
Avec 78 000 décès en 2017, la tuberculose est la première cause de mortalité en Afrique du Sud, bien avant les homicides (41 000) et les accidents cardiovasculaires. C’est aussi la première cause de mortalité chez les patients vivant avec le VIH, dont 60 % en sont également atteints. Le pays de Nelson Mandela a pris la mesure de l’urgence et met les bouchées doubles pour combattre cette maladie sous-estimée, curable la plupart du temps, mais dont les traitements sont lourds et comportent d’importants effets secondaires.
« Les vacances sont finies »
Le revirement de l’Afrique du Sud est total par rapport à l’épidémie de sida qui avait durement touché le pays. Dans les années 2000, les autorités avaient été fortement critiquées pour leur inaction. Le président d’alors, Thabo Mbeki, niait le lien entre le VIH et la maladie infectieuse et doutait de l’efficacité des antirétroviraux (ARV). Résultat : le pays est aujourd’hui le plus touché par le sida et concentre 19 % des personnes séropositives dans le monde.
Près de vingt ans plus tard, avec la diffusion généralisée des ARV, plus de 6 millions de personnes sont désormais sous traitement et l’épidémie est en recul. Surtout, le pays a développé une approche décentralisée et intégrée pour lutter contre la coinfection VIH-tuberculose. Les deux vont de pair. La tuberculose étant la première maladie responsable du décès des séropositifs, la meilleure diffusion des ARV a permis de réduire le nombre de nouveaux cas de 7 % par an en moyenne entre 2010 et 2017, a noté l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans son rapport 2018.

        Episode 3
         

          Une armée de volontaires en Ethiopie pour vaincre la tuberculose



Pour le docteur Norbert Ndjeka, du département tuberculose au ministère sud-africain de la santé, ces bons résultats sont le produit d’un engagement politique fort. « Lorsque le ministre Aaron Motsoaledi est arrivé en 2009, il nous a dit : “Les vacances sont finies”, affirme le spécialiste. L’autre ingrédient, ce sont nos chercheurs de renommée mondiale, qui perfectionnent les outils dont nous disposons pour lutter contre la maladie. » Des 22 pays les plus fortement touchés, l’Afrique du Sud est le seul qui consacre plus de 0,1 % de son budget de recherche et développement à la tuberculose.
« On interroge chaque nouvel entrant »
John Mtuli poursuit la visite. A quelques centaines de mètres de l’hôpital de Tembisa, une rangée de toilettes sèches préfabriquées longe un bidonville qui abrite un millier d’âmes. « Ici, 90 % des gens sont au chômage. Ils n’ont qu’un point d’eau et les toilettes sont nettoyées une fois par mois », explique t-il. La surpopulation et l’insalubrité font du township le plus gros foyer de tuberculose, affection qui touche d’abord et avant tout les plus pauvres.
Mais parce que la bactérie se transmet par l’air, les malades peuvent être partout. Aurum travaille donc ses relations avec les structures communautaires, les églises, les responsables politiques, ainsi que les ONG qui organisent des dépistages mobiles du sida aux abords des stations de bus ou des centres commerciaux. Le plus gros contingent de candidats aux études cliniques vient du centre de santé de Tembisa qui, depuis 2016, a complètement changé sa prise en charge de la tuberculose.

        Episode 4
         

          « En Afrique, avoir la tuberculose est aujourd’hui plus stigmatisant qu’avoir le VIH »



Les patients sont reçus dans une salle qui donne directement sur la porte de sortie, afin de minimiser les contacts avec les autres. « Depuis deux ans, on interroge chaque nouvel entrant, quelle que soit la raison de sa venue. S’il est séropositif, s’il tousse, s’il a maigri subitement ou s’il y a des personnes infectées dans son entourage immédiat, alors on fait les tests », explique l’énergique directrice du centre, Constance Mathuma.
Elle montre volontiers ses chiffres : en deux ans, le taux de guérison est passé de 70 % à 93 %. L’introduction du test GeneXpert – un nouvel outil de diagnostic dont plus de 200 unités ont été installées dans le pays depuis 2011 – a révolutionné le dépistage. Il ne faut plus que quelques jours pour obtenir les résultats, contre deux mois auparavant. Cette technologie a également permis d’améliorer la prise en charge des formes multirésistantes de la maladie, un énorme défi pour le personnel de santé. Le test permet en effet de savoir si le patient réagit ou non aux deux molécules habituellement utilisées pour traiter la tuberculose.
12 pilules au lieu de 300
« L’autre grande difficulté, note toutefois la directrice, ce sont les travailleurs migrants qui disparaissent dans la nature du jour au lendemain et peuvent potentiellement répandre la maladie. » Situé à quelques kilomètres du centre industriel de Johannesburg, Tembisa accueille traditionnellement des travailleurs pauvres de tout le pays venus trouver un emploi. D’après le ministère de la santé, 30 % des malades diagnostiqués ne suivent pas de traitement, et jusqu’à 20 % de ceux qui sont sous traitement l’abandonnent en cours de route.
En plus d’une meilleure traçabilité des patients, l’allégement des traitements est la grande priorité. C’est l’objectif d’Aurum, qui teste actuellement à Tembisa un traitement intégré, le 3HP, à base d’isoniazide et de rifampicine, à prendre une fois par semaine pendant trois mois. « Soit 12 pilules à ingérer au total contre 300 actuellement, c’est assez formidable », note Trevor Beatie, le responsable des études cliniques.

        Episode 2
         

          A la poursuite des « cas manquants » de tuberculose dans les villages sénégalais



L’étude cherche notamment à vérifier l’interaction du traitement avec la nouvelle génération d’ARV, dans l’idée de proposer systématiquement le 3HP de manière préventive aux nouveaux séropositifs. « Avec nos résultats, on peut convaincre les laboratoires pharmaceutiques de produire en masse certains médicaments et ainsi de baisser les coûts », espère le responsable.
Aurum teste enfin deux vaccins prometteurs, alors que le seul disponible pour l’instant, le BCG, proposé aux enfants, n’agit plus à l’âge adulte. « Pour nous, c’est la partie la plus excitante de nos recherches, s’enthousiasme Trevor Beatie. Toutes les grandes maladies infectieuses ont été éradiquées par un vaccin. »

Sommaire de notre série Tuberculose, jusqu’à quand ?
Le Monde Afrique propose des reportages, portraits et entretiens sur le continent pour raconter le fléau qui tue plus que le sida.
Episode 6 L’Afrique du Sud à l’avant-garde de la lutte contre la tuberculose multirésistante
Episode 5 A Johannesburg, le township de Tembisa à la pointe de la recherche sur la tuberculose
Episode 4 « En Afrique, avoir la tuberculose est aujourd’hui plus stigmatisant qu’avoir le VIH »
Episode 3 Une armée de volontaires en Ethiopie pour vaincre la tuberculose
Episode 2 A la poursuite des cas manquants de tuberculose dans les villages sénégalais
Episode 1 Au Kenya, une révolution au goût de fraise dans la lutte contre la tuberculose infantile
Présentation de notre série Tuberculose, jusqu’à quand ?


Autant de défis à relever pour que l’Afrique du Sud, qui a encore dénombré 320 000 nouveaux cas de tuberculose en 2017, selon les chiffres de l’OMS, atteigne l’objectif d’éradication de la maladie à l’horizon 2030 auquel le pays s’est résolument engagé fin septembre.
Cet article fait partie d’une série réalisée dans le cadre d’un partenariat avec Unitaid.

