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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Après que Lila Lamrani, une chercheuse, s’est vu retirer son poste à la Sorbonne Abou Dhabi, un collectif de 137 intellectuels demande, dans une tribune au « Monde », à ce que la Sorbonne et son antenne émiratie ne couvrent plus de leur silence cette affaire.
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Emirats arabes unis : « Toute la lumière doit être faite dans l’affaire Lila Lamrani »

Après que Lila Lamrani, une chercheuse, s’est vu retirer son poste à la Sorbonne Abou Dhabi, un collectif de 137 intellectuels demande, dans une tribune au « Monde », à ce que la Sorbonne et son antenne émiratie ne couvrent plus de leur silence cette affaire.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 16h19
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Nous tenons à faire part de notre sentiment d’indignation face au traitement injuste et injustifié infligé à notre collègue Lila Lamrani, chercheuse en philosophie.
Le 19 juillet 2018, Lila Lamrani s’est présentée à Paris à l’audition pour le poste de directrice du département de philosophie et sociologie de Sorbonne université Abou Dhabi (Emirats arabes unis). Elle a été classée première, décision qui a été validée par le conseil d’administration de Sorbonne université Abou Dhabi. Le 29 juillet, elle signait la promesse d’embauche pour trois ans, renouvelables.
Ce faisant, elle renonçait comme le font souvent les enseignants-chercheurs à cette période, aux autres postes qu’elle avait obtenus, en l’occurrence une bourse pour un stage à l’université de la Manouba à Tunis, et un postdoc[torat] à l’université de Fribourg, poste pour lequel elle a été contrainte d’abandonner les démarches.

Sorbonne université Abou Dhabi lui a notifié par un courriel daté du 14 août 2018 que le poste lui était retiré car les démarches administratives auprès des autorités émiraties n’auraient pas abouti, sans autre explication. Devant son insistance pour obtenir de plus amples informations, Eric Fouache, vice-chancelier de Sorbonne université Abou Dhabi, a promis une enquête pour régler la situation, ou, à défaut, lui faire parvenir des explications.
Une entorse à la méritocratie républicaine
Entre-temps, Lila Lamrani a reçu l’accord pour son visa grâce aux démarches faites par la New York university Abu Dhabi, où son conjoint a obtenu un poste pour la suivre, avec leurs deux enfants, préinscrits dans des établissements scolaires d’Abou Dhabi. Pourtant, le 4 septembre 2018, M. Fouache a confirmé la décision de retirer le poste à Lila Lamrani, sans aucune explication. Cette décision contrevient donc à celle qui a été actée par le conseil d’administration hors de toute démarche régulière. Tout porte à croire qu’elle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ La gauche antimigrants, en Allemagne, au Danemark ou en France, milite pour la fermeture des frontières européennes au nom de la défense des classes populaires. Enquête sur un discours politique qui rompt avec la tradition humaniste, voire internationaliste, de la gauche.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤               En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Par Anne Chemin    EnquêteRéservé à nos abonnés Publié aujourd’hui à 12:38, mis à jour à 14:06  La gauche antimigrants, en Allemagne, au Danemark ou en France, milite pour la fermeture des frontières européennes au nom de la défense des classes populaires. Enquête sur un discours politique qui rompt avec la tradition humaniste, voire internationaliste, de la gauche.                         Illustration du massacre des Italiens, à Aigues-Mortes (Gard), les 16 et 17 août 1893. Des ouvriers italiens, recrutés par la Compagnie des Salins du Midi, sont tués par des ouvriers français révoltés par l’embauche d’étrangers dans un contexte de crise. Costa/leemage             Ils sont de gauche, mais ils rêvent de fermer un jour les frontières européennes aux migrants qui risquent leur vie en franchissant la Méditerranée. Qu’ils se disent sociaux-démocrates ou marxistes, ces militants allemands, français ou danois plaident avec conviction pour le « chacun chez soi » : la libre circulation des hommes leur semble une dangereuse chimère. La cible de ces nouveaux procureurs de l’immigration est toujours la même : la « bien-pensance » de la gauche, qui célébrerait avec une naïveté confondante les vertus de l’ouverture des frontières.          En Allemagne, Sahra Wagenknecht, la figure de Die Linke qui vient de lancer le mouvement Aufstehen (« debout »), regrette ainsi qu’en 2015, Angela Merkel ait grand ouvert les portes de son pays aux migrants qui se pressaient aux frontières. Il ne faut surtout pas rééditer cette « perte de contrôle », avertit cette députée qui se définit comme marxiste, car ce brusque afflux d’étrangers a « changé ce pays, et pas pour le mieux ». « Nous ne rendons pas le monde plus juste en faisant la promotion de la migration », conclut l’ancienne présidente de Die Linke.           « Je ne suis pas d’accord pour faire comme si l’immigration était quelque chose de naturel, de désirable, de souhaitable » Jean-Luc Mélenchon Leader de La France insoumise          Si La France insoumise s’abstient de tenir des discours ouvertement hostiles aux migrants, elle ne peut masquer, elle aussi, une certaine ambiguïté. L’un de ses orateurs, Djordje Kuzmanovic, a ainsi déclaré que le discours ­d’Aufstehen sur la question migratoire était de « salubrité publique ». Jean-Luc Mélenchon l’a rappelé à l’ordre mais le leader de La France insoumise a refusé d’apposer sa signature au pied du Manifeste pour l’accueil des migrants de Mediapart, Regards et Politis. « Je ne suis pas d’accord pour faire comme si l’immigration était quelque chose de naturel, de désirable, de souhaitable », a-t-il déclaré.                      — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de 400 journalistes    Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.    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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ L’historien Nicolas Delalande analyse la position des socialistes dans les différents débats sur les migrations, entre la création de la Première Internationale, en 1864, et le début de la première guerre mondiale.
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« Au XIXe siècle, la solidarité avec les travailleurs étrangers est une question cruciale pour le mouvement ouvrier »

L’historien Nicolas Delalande analyse la position des socialistes dans les différents débats sur les migrations, entre la création de la Première Internationale, en 1864, et le début de la première guerre mondiale.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 14h38
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 16h12
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            
Chercheur au Centre d’histoire de Sciences Po, ­Nicolas Delalande, spécialiste de l’histoire de l’Etat, des solidarités et des inégalités, est l’un des maîtres d’œuvre d’Histoire mondiale de la France (Seuil, 2017). Il publie en janvier 2019 un livre sur ­l’internationalisme ouvrier de 1864 à 1914 (La Lutte et l’Entraide, Seuil).

Vous avez étudié la période de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. Y a-t-il, à cette époque, dans le mouvement socialiste, des débats sur les migrations ?
Entre la création de la Ire Internationale, en 1864, et la première guerre mondiale, cinquante ans plus tard, la solidarité avec les travailleurs étrangers est une question cruciale pour le mouvement ouvrier.
D’abord parce que cette époque correspond à une phase d’intense mondialisation : en raison de la baisse des coûts du transport, la mobilité de la main-d’œuvre européenne et asiatique est très forte.
Ensuite parce qu’apparaissent, dans ces ­années-là, le syndicalisme et les premières grandes mobilisations ouvrières, notamment en Angleterre : pour briser les grèves, certains patrons font venir de Belgique ou d’Allemagne, parfois pour quelques semaines, une main-d’œuvre étrangère que les ouvriers anglais appellent les black legs et les ouvriers français les « sarrasins ». Ces travailleurs étrangers sont accusés de faire le jeu des capitalistes en acceptant des salaires plus bas et des conditions de travail difficiles.
Quelle est la position des socialistes face à cette mobilité ?
Les internationales (la IIe est fondée en 1889) sont favorables à la mobilité, mais à condition qu’elle profite aux ouvriers, pas aux capitalistes. Pour Karl Marx et Friedrich Engels, l’internationalisme est la clé du succès de la lutte des classes : puisque les capitalistes se coordonnent à l’échelle internationale, il faut que les ouvriers en fassent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Ilyess El Karouni, enseignant en écoles de commerce, s’élève, dans une tribune au « Monde », contre les accusations portées contre celles-ci.
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« Ce qu’apportent les “business schools” aux étudiants est réel et concret »

Ilyess El Karouni, enseignant en écoles de commerce, s’élève, dans une tribune au « Monde », contre les accusations portées contre celles-ci.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 14h00
    |

Ilyess El Karouni (Enseignant à Neoma Business School et Skema Business School et chercheur associé à l‘université Paris-8)







                        



                                


                            
Tribune. Economiste ayant une certaine expérience de l’université et des écoles de commerce, je ne partage pas l’opinion négative véhiculée sur ces écoles. Elles ne sont certes pas exemptes de critiques mais je ne crois pas qu’on puisse généraliser les opinions concernant certaines d’entre elles. Plus précisément, je pense que ce qu’apportent les « business schools » aux étudiants est réel et concret. Au lieu de les dénigrer, il conviendrait plutôt d’étudier les raisons de leur succès. J’aimerais livrer ici un point de vue complémentaire : celui d’un enseignant.
J’exerce dans le supérieur depuis une quinzaine d’années. J’ai travaillé dans trois universités et un institut régional de travail social et aborde maintenant ma septième rentrée en école de commerce. J’en ai connu quatre, à Paris et en province. J’y ai enseigné, encadré des mémoires de recherche, suivi des étudiants stagiaires et alternants, participé à leur recrutement (pour intégrer l’école, ils doivent en effet passer un concours écrit et des oraux).

On évoque des étudiants ignares, partisans du moindre effort, hautains, pensant que tout leur est dû. Bien sûr, ces travers existent ; il serait vain et malhonnête de le nier. Mais laisser à penser que tous les étudiants d’écoles de commerce sont ainsi est abusif. Comme il est faux de dire qu’avec l’assentiment des enseignants et de l’administration, ils passent par-dessus les règles. Il est vrai que les étudiants sont plus écoutés qu’à l’université. Mais de là à affirmer que ce sont eux qui font la loi… Sur ces points, je ne peux pas donner raison à ces critiques.
S’ouvrir les portes du marché du travail
Les étudiants choisissent d’intégrer une école de commerce car ils veulent un diplôme qui leur ouvre les portes du marché du travail. Et tant au niveau de l’insertion professionnelle que de la rémunération, les chiffres montrent que ce choix est judicieux. Les années passées en « business school » leur permettent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Jean-David Zeitoun, médecin, conteste dans une tribune au « Monde » les arguments de certains de ses collègues qui mettent en avant les profits trop élevés de l’industrie du médicament aux dépens de l’accès aux soins.
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« L’industrie pharmaceutique assume seule l’effort » d’innovation dans le médicament

Jean-David Zeitoun, médecin, conteste dans une tribune au « Monde » les arguments de certains de ses collègues qui mettent en avant les profits trop élevés de l’industrie du médicament aux dépens de l’accès aux soins.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 11h49
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 12h07
    |

Jean-David Zeitoun (Médecin)







                        



                                


                            
Tribune. Les prix des médicaments sont-ils injustifiables ? Les arguments avancés par ceux qui défendent cette idée sont archi-connus : l’industrie pharmaceutique gagne trop d’argent, elle dépense plus en marketing qu’en recherche et développement (R&D), tous les nouveaux médicaments n’apportent pas un énorme progrès. Il est facile de sélectionner les données qui appuient ce jugement, et de négliger celles qui le fragiliseraient. Comme le fait que les nouveaux médicaments, les plus chers, cumulent moins de 2 % du budget de l’Assurance maladie, contre 47 % pour le secteur hospitalier.
les médicaments sont aujourd’hui plus difficiles à inventer car les plus faciles ont déjà été trouvés
Ou qu’au cours des dernières années, le budget médicamenteux de la France a le plus souvent baissé et que quand il a augmenté, c’était moins vite que l’Objectif national de dépenses de l’assurance maladie (Ondam). Ou encore que la dépense médicamenteuse par habitant en France, soit la 7e mondiale, est alignée sur notre classement en termes de richesse et presque deux fois inférieure à la dépense médicamenteuse par citoyen américain. Mais le plus important n’est pas là.
Ce qui importe le plus ici, c’est que la médecine a changé et que le monde a changé. La médecine d’abord : les médicaments sont aujourd’hui plus difficiles à inventer car les plus faciles ont déjà été trouvés – et disponibles sous la forme de génériques pour quelques centimes par jour – et parce que beaucoup de maladies étant déjà correctement traitées, la marge de progression se réduit.
Trois constantes invariables
De plus, ils sont toujours plus coûteux à développer car les standards de preuve restent élevés, ce qui est très bien, et que les essais cliniques coûtent trop cher, ce qui est problématique. Il est vrai que certains médicaments très ciblés peuvent être commercialisés après des études limitées, mais ce n’est pas la règle, et cela ne fait pas baisser le coût moyen pour amener une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Le socialiste Pierre Moscovoci annonce qu’il ne sera pas candidat aux élections européennes de mai 2019 sous la bannière du PS.
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Pierre Moscovici : « Je reprends simplement ma liberté de pensée et de parole »

Le socialiste Pierre Moscovoci annonce qu’il ne sera pas candidat aux élections européennes de mai 2019 sous la bannière du PS.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 12h20
    |

            Solenn de Royer, 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Enora Ollivier








                        



                                


                            

Pierre Moscovici, 61 ans, est commissaire européen aux affaires économiques et financières dans la Commission Juncker depuis fin 2014. Aux avant-postes des crises européennes, l’ex-eurodéputé et ancien ministre des finances de François Hollande, toujours socialiste, explique au Monde pourquoi il ne se lancera pas dans la bataille des élections européennes de mai 2019 sous la bannière de son parti.
Allez-vous vous lancer dans la primaire interne des socialistes européens pour désigner son candidat au remplacement de Jean-Claude Juncker ?
Pour moi, la question du Spitzenkandidat [tête de liste des partis paneuropéens] était liée à la possibilité d’une candidature à la tête de liste du Parti socialiste. Je l’ai envisagée. Non pas par ambition personnelle mais par esprit de responsabilité, parce que j’aurais pu être utile, au regard de mes vingt-cinq ans d’expérience européenne. Après une réflexion sérieuse, j’en suis arrivé à la conclusion que les conditions d’une candidature ne sont pas réunies.
Lesquelles ?
Le PS n’a pas pris la mesure du défi existentiel auquel fait face l’Europe. Pour la première fois dans son histoire, son existence est menacée : elle peut imploser ou être pervertie par des responsables d’extrême droite, Matteo Salvini, Marine Le Pen ou Viktor Orban. Dans un moment pareil, il faut promouvoir l’unité d’une Europe puissante, plus intégrée. Ce n’est pas le moment de reculer ou de tergiverser.

On ne peut pas à la fois regarder du côté d’un Jean-Luc Mélenchon, qui a des accents nationalistes et conteste les traités européens, et vers mes amis socialistes ou progressistes que sont Antonio Costa [premier ministre portugais], Pedro Sanchez [chef du gouvernement espagnol] ou Alexis Tsipras [premier ministre grec]. Ce n’est ni la même gauche ni la même Europe. Pour moi, le PS n’a pas clarifié sa position : est-il réellement un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Par la voix de scientifiques, de philosophes ou de grands noms de la Silicon Valley, la question de la place de l’éthique dans le développement de l’IA s’invite de plus en plus dans le débat public.
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Ethique et intelligence artificielle : récit d’une prise de conscience mondiale

Par la voix de scientifiques, de philosophes ou de grands noms de la Silicon Valley, la question de la place de l’éthique dans le développement de l’IA s’invite de plus en plus dans le débat public.





LE MONDE
 |    04.10.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 12h35
    |

            Morgane Tual et 
Alexandre Piquard





                        
« Nous ne concevrons ni ne déploierons d’intelligence artificielle [IA] dans des technologies qui sont globalement nocives, ou qui présentent des risques de l’être. » Ce serment éthique est tiré des « principes » publiés en juin par Google sur l’intelligence artificielle. L’IA, ce vaste ensemble de techniques visant à faire accomplir par des logiciels des tâches pour lesquelles l’homme utilise son intelligence : trier des informations, conduire une voiture, émettre une recommandation…
Cette profession de foi inhabituelle a été élaborée en réponse à une fronde interne à Google : des employés demandaient l’arrêt de la participation au projet militaire Maven, dans le cadre duquel l’entreprise aidait l’armée américaine à analyser des images de drone.
Cet épisode est la dernière des sorties médiatiques qui ont poussé le thème de l’éthique sur l’avant-scène de l’intelligence artificielle. Des figures comme Elon Musk, le patron du constructeur automobile Tesla, ou Stephen Hawking, l’astrophysicien britannique mort en mars, ont utilisé leur aura pour alerter sur la menace de voir l’IA supplanter les humains, ou pour réclamer, dans une lettre ouverte, l’interdiction des « armes autonomes », surnommées « robots tueurs ».

Depuis, d’autres affaires ont illustré les injustices que l’intelligence artificielle pouvait induire, par exemple en propageant des « biais ». Aux Etats-Unis, un logiciel utilisé pour prévoir le risque de récidive chez les prévenus a été accusé par le site d’investigation ProPublica de discriminer les Noirs, pénalisés par des scores en moyenne plus élevés. « Il y a une prise de conscience. Dans le secteur de l’IA, les questions d’éthique sont devenues brûlantes, résume Jean-Gabriel Ganascia, le président du comité d’éthique du CNRS. On est en train de se rendre compte que si on veut que les technologies d’intelligence artificielle s’imposent, elles doivent être acceptées. »
Au-delà...





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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. Comme la plupart des destinations les plus courues, la France est désormais confrontée au « surtourisme ».
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La France championne du monde du tourisme, au bord de l’overdose

Editorial. Comme la plupart des destinations les plus courues, la France est désormais confrontée au « surtourisme ».



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 12h12
   





                        


Editorial du « Monde ». La France n’est pas seulement championne du monde de football, elle l’est aussi en tant que destination touristique. Ce mantra des pouvoirs publics a été une nouvelle fois répété, mercredi 3 octobre, par Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’Etat chargé du tourisme, lors de la présentation du bilan de la dernière saison estivale, en annonçant que le cap des 90 millions de visites devrait être dépassé cette année. 

        Lire aussi :
         

                Tourisme : la France n’a jamais accueilli autant de visiteurs étrangers



Cette « troisième étoile » mérite toutefois d’être relativisée. D’abord, du fait de la situation géographique centrale de la France en Europe, un visiteur sur cinq ne passe qu’une nuit sur notre territoire, avant de rejoindre sa destination finale dans un autre pays. Par ailleurs, lorsqu’on prend en compte les dépenses des touristes, l’Hexagone n’occupe que la troisième place, derrière les Etats-Unis et l’Espagne.
L’enjeu économique reste néanmoins essentiel. Même si le secteur éponge 27 % de notre déficit commercial, cette activité a été longtemps négligée, le luxe, l’agroalimentaire ou l’automobile étant considérés comme des piliers plus respectables de notre économie. Certes, l’approche est en train de changer, mais les recettes touristiques ne représentent toujours que 2,3 % du PIB, contre 5,2 % en Espagne, selon les statistiques d’Eurostat. Il y a donc une marge de progression.
Conséquences négatives
Cette nécessaire course à l’attractivité ne doit toutefois pas faire perdre de vue la montée des conséquences négatives du tourisme de masse. Comme la plupart des destinations les plus courues, la France est désormais confrontée à un phénomène que les professionnels désignent sous le néologisme de « surtourisme ».
Le développement des voyages à bas coût, l’accession d’une part de plus en plus grande de la population mondiale à la classe moyenne et l’arrivée d’Internet ont généré une croissance exponentielle du nombre de touristes, qui, en 2017, a dépassé 1,3 milliard de personnes, dont la moitié à destination de l’Europe. Le premier secteur économique mondial n’est plus l’industrie pétrolière ou l’automobile, mais le tourisme.
Le fait que davantage de gens puissent voyager est plutôt une bonne nouvelle pour la croissance et l’emploi. Le problème est que ces foules de voyageurs ont tendance à se concentrer sur un nombre limité de destinations, au point de saturer les infrastructures de transport et d’accueil et de créer d’importants déséquilibres au niveau local.
Expression d’un ras-le-bol
Un peu partout, les autochtones expriment leur ras-le-bol face à cette invasion incontrôlée, alors que la manne financière apportée par les touristes a du mal à compenser les dégâts collatéraux. Les prix de l’immobilier s’envolent, l’emploi se concentre sur des métiers saisonniers et mal payés, l’environnement se dégrade, les villes se transforment en musées, en parcs d’attractions ou en lieux de beuverie permanente.
Au-delà de l’objectif louable de faire venir plus de touristes, il devient urgent de réfléchir à la canalisation de flux de visiteurs qui commencent à inquiéter les professionnels. Il ne s’agit pas de contester aux Chinois ou aux Indiens le droit de prendre part à cette démocratisation du voyage. Toutefois, une régulation relève du bon sens. Certaines villes ont commencé à mieux encadrer les plates-formes Internet de location saisonnière. La promotion de nouveaux points d’attraction ou l’étalement de la fréquentation grâce à l’organisation d’événements hors saison peuvent aussi contribuer à ce que les vacances des uns ne deviennent pas un enfer pour les autres.



                            


                        

                        


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Figures libres. Savoir bien parler des non-dits

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « L’Art du sous-entendu », de Laurent Pernot.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 10h33
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
L’Art du sous-entendu. Histoire. Théorie. Mode d’emploi, de Laurent Pernot, Fayard, 336 p., 19 €.
Drôles de machines, les phrases. Même quand elles paraissent très simples, tout à fait transparentes, bien souvent elles recèlent d’autres significations que la plus visible. Derrière le sens explicite, un autre se trouve caché et montré à la fois.
Ces phrases à double fond et à double détente renvoient à un non-dit, qu’elles suggèrent sans pour autant le formuler explicitement. Et ces sous-entendus sont partout ! Dans le discours des comiques et celui des politiques. Dans les ellipses des poètes et les slogans de la publicité.
Sentences truffées de galeries souterraines
Innombrables, donc, ces phrases louvoyant entre silence et révélation et cultivant l’ambiguïté en virtuose. Pareilles sentences, truffées de galeries souterraines, peuplent les livres sacrés. Elles habitent les oracles et les prophètes, incitant à des interprétations sans fin. Mais elles prolifèrent également dans des domaines aussi dissemblables que la politesse, les allusions obscènes, les dissidences politiques… Contre langues de bois et discours totalitaires, les sous-entendus deviennent moyens de résistance, manières de parler en déjouant censure et répression.
Dans l’Antiquité, les savants nommaient discours « figuré », ou bien « fardé », ces manières d’insinuer et de biaiser, pour faire entendre un autre contenu que celui proféré. Laurent Pernot, professeur à l’université de Strasbourg, spécialiste de la rhétorique antique, à laquelle il a consacré une dizaine d’ouvrages, est un guide sûr pour ne pas se perdre dans ce dédale.
Dans L’Art du sous-entendu, il explique avec clarté, avec humour aussi, la grande diversité des procédés et des points de vue grecs et romains, dont la subtilité peut laisser admiratif. Mais l’historien, dans cet essai, élargit la focale, navigue d’Aelius Aristide à George Orwell,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Les Rendez-vous de l’histoire. Les deux chercheurs, trente ans d’écart, portent chacun un regard incisif et généreux sur leur discipline et ses évolutions.
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Jacques Revel et Etienne Anheim, historiens enthousiastes

Les Rendez-vous de l’histoire. Les deux chercheurs, trente ans d’écart, portent chacun un regard incisif et généreux sur leur discipline et ses évolutions.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 10h21
    |

                            André Loez (Historien et collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Les Rendez-vous de l’histoire
Le Travail de l’histoire, d’Etienne Anheim, Editions de la Sorbonne, « Itinéraires », 234 p., 18 € ;
Un moment, des histoires, de Jacques Revel, postface de Christophe Prochasson, Editions de l’EHESS, « Audiographie », 166 p., 9,80 €.

Un jeune homme de province venu faire sa khâgne à Paris, peu familier au départ des codes du monde intellectuel, mais dont l’intelligence et la capacité de travail lui ouvrent les portes de l’Ecole normale supérieure. Un apprenti historien qui hésite sur son sujet de recherche, et passe par l’Ecole française de Rome pour mûrir sa thèse. Un universitaire féru d’historiographie, à l’œuvre patiemment élaborée par petites touches successives plutôt que par monographies imposantes. Un chercheur qui assume la direction de la plus prestigieuse des revues, les Annales, et y réfléchit aux liens entre histoire et sciences sociales.
Voilà comment on pourrait résumer le parcours de Jacques ­Revel (né en 1942). Mais c’est aussi, à trente ans d’écart, exactement celui d’Etienne Anheim (né en 1973). Etonnant parallélisme entre ces historiens aussi discrets qu’importants, qui se dessine dans deux livres aujourd’hui publiés, issus pour le premier d’entretiens radiophoniques avec Emmanuel Laurentin, et pour le second d’un mémoire en vue de son habilitation à diriger des recherches. Des textes éclairants, mûris, qui livrent en miroir des aperçus passionnants sur le paysage intellectuel des quarante dernières années et sur l’évolution du métier d’historien.
Mais ce sont bien certaines permanences qui frappent, en lisant leurs passages autobiographiques. On y voit la centralité des grandes institutions du savoir, Normale-Sup bien sûr, et les influents professeurs qu’ils y rencontrèrent, Louis Althusser dans les années 1960, Patrick Boucheron...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans « La ­Citoyenneté à l’épreuve », la sociologue approfondit ses réflexions sur le projet démocratique à travers l’exemple des juifs, minoritaires et emblématiques.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Dominique Schnapper interroge l’art juif d’être citoyen français

Dans « La ­Citoyenneté à l’épreuve », la sociologue approfondit ses réflexions sur le projet démocratique à travers l’exemple des juifs, minoritaires et emblématiques.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 07h00
   





                        



                                


                            
La Citoyenneté à l’épreuve. La démocratie et les juifs, de Dominique Schnapper, Gallimard, « NRF Essais », 398 p., 22,50 €.

Dominique Schnapper poursuit inlassablement ses travaux sur l’histoire des juifs dans la cité, en revenant, dans La ­Citoyenneté à l’épreuve, sur les pas de La Communauté des citoyens (Gallimard, 1994). Ses recherches visent moins à proposer une nouvelle interprétation des rapports des juifs au politique qu’à interroger ce que l’exemple des juifs, en tant que minoritaires, nous enseigne sur la construction de la nation moderne et sur le projet démocratique, ses vertus, ses réussites, mais aussi ses limites et ses dévoiements.
En cela, la sociologue, membre honoraire du Conseil constitutionnel, revient sur l’un des paradoxes mis au jour par Hannah Arendt (1906-1975) – ce qu’elle nommait « l’incompétence politique de la tradition juive » : « Les juifs n’avaient ni expérience ni tradition politiques, écrivait la philosophe (…). Ils avaient conclu que l’autorité, et particulièrement l’autorité supérieure, leur était favorable, tandis que les autorités subalternes, et particulièrement les gens du peuple, étaient dangereux. » Cela permet d’éclairer, a contrario, l’excellence de l’intégration des juifs dans la nation lors de la deuxième partie du XIXe siècle, mais aussi les crispations qu’elle a pu déclencher.
Etudiant nombre d’itinéraires biographiques individuels ou familiaux, de rituels, de fêtes et de croyances, Dominique Schnapper montre comment les juifs, en tant que groupe, parviennent à s’inscrire dans un espace public commun à tous, celui de la communauté des citoyens. Elle souligne que cette forme de citoyenneté consiste à « transcender par le civisme et la culture commune » les affiliations communautaires. L’idée de surmonter les particularismes par les pratiques et les rites de l’espace public...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Les Rendez-vous de l’histoire. Avec « L’Etat contre les juifs », Laurent Joly propose une synthèse nouvelle de l’histoire des crimes antisémites commis par l’Etat français sous l’Occupation.
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édition abonné


Vichy, coupable

Les Rendez-vous de l’histoire. Avec « L’Etat contre les juifs », Laurent Joly propose une synthèse nouvelle de l’histoire des crimes antisémites commis par l’Etat français sous l’Occupation.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 10h31
    |

                            Tal Bruttmann (Historien)








                        



                                


                            
Les Rendez-vous de l’histoire
L’Etat contre les juifs. Vichy, les nazis et la persécution antisémite, de Laurent Joly, Grasset, 366 p., 20,90 €.

Dans L’Etat contre les juifs, Laurent Joly brosse, en sept chapitres resserrés, un tableau de la politique antisémite de l’Etat français sous l’Occupation et de sa collaboration à la politique nazie de destruction des juifs. Fin connaisseur du Commissariat général aux questions juives fondé par le régime de Vichy, comme de l’antisémitisme français d’avant-guerre, l’historien propose ici une synthèse de l’apport des travaux de chercheurs ayant œuvré au cours des dernières décennies. Si le livre, qui vise à mettre ces connaissances à la disposition du plus grand nombre, est à dessein d’un abord simple, il est accompagné d’un important appareil critique permettant à chacun de se référer aux documents, témoignages et études sur lesquels il s’appuie.
Il permet de faire le point sur un certain nombre de questions, de l’adoption du statut des juifs jusqu’à la poursuite après-guerre des responsables de l’antisémitisme d’Etat, en passant par le degré de connaissance de la « solution finale » qu’avaient les contemporains. Mais le cœur de l’ouvrage est consacré à la responsabilité de Vichy. Celle-ci, clairement établie par les travaux de Robert Paxton, Michael Marrus et Serge Klarsfeld, se trouve remise en cause depuis quelques années, non sur la base de travaux scientifiques sérieux, mais de manière purement idéologique.
Le polémiste Eric Zemmour s’est notamment fait le chantre de la réhabilitation d’un Vichy qui aurait sacrifié les juifs étrangers au profit des juifs français, une théorie qu’il professe depuis une bonne demi-douzaine d’années et qui connaît un regain ces dernières semaines, avec une exposition médiatique accrue.
1944 : une victime juive sur deux était française
A cet égard, L’Etat contre les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Afin de garantir une indépendance des magistrats du parquet, les sénateurs socialistes Patrick Kanner et Jean-Pierre Sueur préconisent, dans une tribune au « Monde », d’aller plus loin dans le projet de loi constitutionnelle, en supprimant toute intervention de l’exécutif dans leur nomination.
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« Pour garantir l’indépendance du parquet, il est urgent de réformer la  constitution  »

Afin de garantir une indépendance des magistrats du parquet, les sénateurs socialistes Patrick Kanner et Jean-Pierre Sueur préconisent, dans une tribune au « Monde », d’aller plus loin dans le projet de loi constitutionnelle, en supprimant toute intervention de l’exécutif dans leur nomination.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 12h31
    |

Patrick Kanner (Président du groupe socialiste du Sénat) et Jean-Pierre Sueur (Vice-président des lois du Sénat)







                        



                                


                            
Tribune. Le chef de l’Etat a donc rayé d’un trait de plume les trois noms de magistrats expérimentés qui lui étaient proposés par la garde des sceaux pour exercer la fonction, très sensible, de procureur de la République de Paris !
Notons que cette pratique n’est pas a priori contraire à la Constitution telle qu’elle est aujourd’hui écrite, puisqu’il revient au pouvoir exécutif de faire des propositions au Conseil supérieur de la magistrature (CSM) qui émet, s’agissant des magistrats du parquet, un « avis simple » que, durant les dernières années, les gardes des sceaux – de couleurs politiques différentes – se sont d’ailleurs attachés à suivre, ce qu’il faut noter.
Le premier ministre a, lui, poussé le scrupule jusqu’à recevoir les impétrants en une sorte d’examen oral… pour mieux étayer le choix, ou le non-choix, qui a été – soyons synthétiques – celui du pouvoir exécutif.

Qui ne voit le caractère pervers de ces procédures ? Le président de la République et le premier ministre pourraient demain refuser encore trois, six, quinze propositions faites par la garde des sceaux.
Cette perversité tient au fait que nombre de candidats ayant été éliminés…, on finira par proposer au CSM le « bon » candidat sur lequel pèsera immédiatement et immanquablement le soupçon de dépendance.
En un mot, ces immixtions introduisent le poison de la suspicion. Ajoutons que nos procédures à cet égard ont, à maintes reprises, conduit la Cour européenne des droits de l’homme à condamner la France au motif que son parquet ne représente pas les garanties d’indépendance requises.
Les immixtions de l’exécutif ­introduisent le poison de la ­suspicion
Alors, puisqu’il est question de modifier la Constitution, changeons vite cet état de choses ! Le texte du projet de loi constitutionnelle présenté par le gouvernement prévoit que les magistrats du parquet devront être nommés sur avis conforme du CSM. L’adoption de cette disposition,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ L’appropriation coloniale des corps est un sujet passionnant. Mais dans « Sexe, race & colonies », la recherche de l’effet esthétique suscite le malaise.
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Erotisme et colonialisme, le piège de la fascination

L’appropriation coloniale des corps est un sujet passionnant. Mais dans « Sexe, race & colonies », la recherche de l’effet esthétique suscite le malaise.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 06h39
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

Que, entre la colonisation et la prédation sexuelle, il y ait eu des continuités ou même une relation intrinsèque : l’hypothèse, non seulement relève de l’évidence, mais ouvre des voies passionnantes d’exploration des enjeux anthropologiques de l’ère coloniale. Que les images qui ont alors circulé (tableaux, photographies, cartes postales, pornographie…) soient une de ces voies : ce n’est guère plus contestable, et guère moins prometteur.
D’où vient alors qu’on ne puisse ouvrir sans malaise Sexe, race & colonies, qui aborde l’appropriation coloniale des corps avec une ampleur historique (six siècles) et une richesse documentaire (1 200 documents iconographiques) assez rares ? Comment expliquer ce sentiment d’être face à un objet mal ajusté, faiblement pensé, malgré la contribution de dizaines de chercheurs et l’intérêt incontestable de beaucoup de leurs analyses ?
Légitimité d’une analyse des images
Aussi bien le livre et le début de sa promotion dans la presse suscitent-ils quelques remous. Le collectif antiraciste Cases rebelles a, par exemple, publié le 26 septembre sur son site, une tribune s’élevant contre « les bonnes âmes » qui « reconduisent la violence ». « Nous refusons catégoriquement, ajoutent les signataires, l’idée que ces personnes auraient, du fait de la barbarie historique coloniale, perdu leur droit à l’image, (…) au respect et à la dignité. »
Faut-il, à leur suite, chercher la cause du malaise dans l’utilisation même des images ? Dans l’indécence de l’exposition des corps dont elles sont les vecteurs ? Tel est pourtant le sujet du livre, et il est difficile de balayer la légitimité d’une analyse des images en leur présence, ou de défendre le principe d’une étude de la barbarie qui refuserait de l’observer de près. Répondant par avance à ce reproche, Pascal Blanchard, l’un des directeurs de Sexe, race & colonies, notait d’ailleurs, dans un entretien à Libération,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Le président américain entend modifier en partie la politique économique chinoise et contraindre l’Iran à renoncer à ses ambitions régionales. Un programme de titan, juge dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/10/2018
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« Trump envoie un défi majeur à Pékin et à Téhéran »

Le président américain entend modifier en partie la politique économique chinoise et contraindre l’Iran à renoncer à ses ambitions régionales. Un programme de titan, juge dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 07h07
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            
Chronique. A coups de sanctions économiques, Donald Trump, plus flambard que jamais, défie la Chine et l’Iran. L’économie de la première pèse aussi lourd que celle de l’Amérique. Le poids stratégique du second est déterminant au Moyen-Orient. Dans un cas comme dans l’autre, l’épreuve engagée par les Etats-Unis est majeure. Elle vise à changer en profondeur la politique de deux pays qui, chacun dans sa zone d’influence, est une puissance prépondérante. On ne dira pas que le 45e président américain est isolationniste. Il est activement interventionniste.
Trump a quitté, fin septembre, ce grand psychodrame géopolitique qu’est la session d’automne des Nations unies, à New York, en posant ses objectifs. Il entend modifier en partie la politique économique de Pékin ; il veut contraindre Téhéran à accepter de renégocier sur son programme nucléaire et à renoncer à ses ambitions régionales – un programme de titan qui fait penser à l’ambition qu’avaient les néo-conservateurs de George W. Bush : « façonner » le monde à leur main. Vue d’un point de vue chinois ou iranien, l’affaire va bien au-delà des enjeux annoncés. Il s’agit de ne pas perdre la face.

Après une première salve de 60 milliards de dollars, les importations chinoises aux Etats-Unis vont maintenant être taxées à hauteur de 200 milliards. L’acte d’accusation américain est connu. La Chine ne joue pas franc jeu dans ses relations commerciales avec les Etats-Unis ; pour devenir un géant de l’innovation technologique à l’horizon 2025, elle malmène toutes les règles de la concurrence, disent les Américains. Washington veut obliger la Chine à négocier et à battre en retraite sur ces deux chapitres. On touche à l’un des piliers du modèle de croissance chinois.
Le conflit est multiforme
Au-delà de la « guerre commerciale » ainsi engagée, la Chine est officiellement désignée par les Etats-Unis comme « un adversaire stratégique », stigmatisée pour visées...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Le Prix Nobel d’économie en 2017 raconte avec humour dans « Misbehaving », publié en français le 4 octobre, sa trajectoire de chercheur non conformiste dans un milieu longtemps figé dans ses certitudes théoriques. Extrait.
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« Nous avons besoin, en économie, d’une approche qui reconnaisse l’existence des humains », par le Nobel Richard Thaler

Le Prix Nobel d’économie en 2017 raconte avec humour dans « Misbehaving », publié en français le 4 octobre, sa trajectoire de chercheur non conformiste dans un milieu longtemps figé dans ses certitudes théoriques. Extrait.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 10h24
   





                        



                                


                            

[L’économiste américain Richard Thaler, né en 1945, professeur à la Chicago Booth School of Business de l’université de Chicago, est l’un des pères de l’économie comportementale. Cette branche de la science économique, lancée par des pionniers comme lui – Daniel Kahneman, Amos Tversky, George Akerlof, Robert Shiller – dans les années 1980, mène des expériences de laboratoire en plaçant des cobayes (souvent des étudiants) en situation de prendre des décisions économiques. Ces expériences ont montré que, contrairement à ce qu’affirme la théorie classique, les hommes n’agissent pas en fonction de leurs anticipations rationnelles et de leurs intérêts individuels, mais de la combinaison de multiples facteurs psychologiques, institutionnels, culturels, historiques, biologiques, etc. Richard Thaler poursuivra dans cette voie en suggérant, dans les années 2000, qu’il est possible d’utiliser ces comportements irrationnels pour inciter les acteurs économiques à orienter leurs pratiques dans le sens de l’intérêt général – c’est la notion de « nudge » (coup de pouce) qu’il théorise avec le juriste Cass Sunstein.
Dans Misbehaving - The making of behavioral economics, paru aux Etats-Unis en 2015, Richard Thaler rapporte avec délectation les résultats de dizaines de ces expériences – qui laisseront le lecteur rêveur sur la diversité et la complexité de la nature humaine –, expose avec clarté les concepts théoriques qui en découlent, et raconte avec humour la longue lutte que, de congrès d’économistes en affrontements par publications interposées, ses collègues et lui-même ont dû mener pendant trente ans pour faire reconnaître par la communauté académique les résultats de leurs travaux.]
Bonnes feuilles. « Cela fait une quarantaine d’années, depuis mes études de troisième cycle, que je m’intéresse aux mille et une manières dont les gens diffèrent des créatures imaginaires dont sont peuplés les modèles économiques....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans sa chronique, l’économiste pointe les risques pour la France d’atteindre un niveau d’endettement proche de 100 % du PIB.
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Jean Pisani-Ferry : « 100 % de dette publique, ce n’est pas prudent »

Dans sa chronique, l’économiste pointe les risques pour la France d’atteindre un niveau d’endettement proche de 100 % du PIB.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 12h33
    |

                            Jean Pisani-Ferry (Economiste)








                        



                                


                            
Tendances France. La dette publique française frôle aujourd’hui 100 % du produit intérieur brut (PIB) du pays. Il est inévitable – et salutaire – que l’approche de ce seuil suscite un débat. Sommes-nous en danger ? Faut-il réduire la dette ? En suivant quelle stratégie ?
Commençons par l’évidence : il n’y a pas de risque immédiat. Nous sommes toujours dans une période de déficits sans pleurs, parce que l’Etat français emprunte sur dix ans à un taux nettement inférieur à 1 % qui ne compense même pas l’inflation. Tendanciellement, si cela continue, la charge des intérêts représentera moins d’un point de PIB, comme à la fin des années 1970 lorsque la dette ne pesait que 20 % du PIB. Certes, les taux vont remonter, mais sans doute lentement et, surtout, la maturité moyenne de la dette est de plus de sept ans : quand bien même la normalisation serait brutale, l’impact sur la charge annuelle d’intérêts demeurera graduel.

Cela n’implique pourtant pas de céder à l’insouciance. Pour deux raisons. La première est que la dette n’a guère servi à augmenter l’actif public. Il serait légitime de nous endetter pour équiper le pays, investir dans les compétences ou accélérer la transition écologique. Mais nous n’osons pas le faire. En revanche, nous le faisons sans vergogne pour consommer. Or, rien ne justifie de léguer aux générations futures un double passif, financier et écologique.
La deuxième raison est que la trajectoire de la dette est répétitive et malsaine : elle augmente par à-coups lors des récessions (+ 21 points au début des années 1990, + 9 points au début des années 2000, + 35 points entre 2007 et 2018) et au mieux se stabilise lors des périodes d’expansion. Si nous n’agissons pas, nous devrons lors de la prochaine récession choisir entre rester impuissants et franchir un nouveau palier d’endettement.
Cible de réduction
Jusqu’où un Etat peut-il s’endetter ? Ce n’est pas facile à dire. Aux lendemains...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la militante féministe constate que le mouvement entraîne un changement profond dans les rapports hommes-femmes, ce qui ne peut que susciter de fortes résistances.
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Caroline De Haas : « #metoo, une mue lente mais radicale »

Dans une tribune au « Monde », la militante féministe constate que le mouvement entraîne un changement profond dans les rapports hommes-femmes, ce qui ne peut que susciter de fortes résistances.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 05h30
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 10h21
    |

Caroline De Haas (Militante féministe)







                        



                                


                            

Tribune. Depuis octobre 2017 et la vague #metoo, il semble que notre monde découvre, ébahi, la difficulté indicible de parler des violences sexistes et sexuelles. Comme si #metoo avait pu bien se passer. Comme si le fait de révéler, avec fracas, que les violences sexistes et sexuelles nous concernent toutes et tous pouvait être sympathique.
#metoo, c’est la mise à jour crue – et cruelle – de ce que notre société refusait de voir jusqu’alors : autour de nous, des femmes sont victimes de violences, chaque jour. Autour de nous, des hommes commettent ces violences, chaque jour.
#metoo n’a pas changé la réalité des violences. Les chiffres étaient déjà là, les mobilisations féministes existaient pour dénoncer ces violences. Notre société ne voulait pas les voir.

#metoo les a rendus visibles. #metoo les a rendus réels. #metoo n’a pas libéré la parole. Il a libéré les yeux et les oreilles.
Les dizaines de milliers de témoignages ont percuté cette illusion de l’égalité, ce sentiment qu’au fond « globalement, ça va », « tu ne vas pas te plaindre, hein ? ». #metoo a déclenché un changement social, à l’échelle planétaire, comme nous en avons rarement connu en matière d’égalité femmes-hommes. Pas un repas de famille, pas une rencontre à la machine à café au bureau, pas une réunion politique dans lesquels la question des violences ne se soit pas invitée. #metoo a poussé des millions de personnes à regarder autrement leur vie, leur intimité, leurs comportements à la maison, au travail ou dans la rue.
Ceux qui minimisent les problèmes
Notre société est en train de muer. Elle quitte sa vieille peau, dans laquelle les violences sexistes et sexuelles étaient la norme, le banal, le quotidien, pour revêtir petit à petit un nouvel habit : celui de l’égalité. C’est une mue lente. Radicale.
Puisqu’elle touche à l’intimité, elle entraîne tout sur son passage. Elle nous laisse entrevoir un monde dans lequel...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ A l’occasion du 60e anniversaire de la Ve République, le président de l’Assemblée nationale réaffirme, dans une tribune au « Monde », la nécessité d’une révision constitutionnelle qui vise notamment à renforcer le Parlement.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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Richard Ferrand : « Ni immobilisme ni césarisme : un républicanisme rénové »

A l’occasion du 60e anniversaire de la Ve République, le président de l’Assemblée nationale réaffirme, dans une tribune au « Monde », la nécessité d’une révision constitutionnelle qui vise notamment à renforcer le Parlement.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 05h00
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 12h24
    |

Richard Ferrand (président de l'Assemblée nationale)







                        



                                


                            

Tribune. Au moment où la France célèbre le soixantième anniversaire de la Constitution, promulguée le 4 octobre 1958, il faut saluer cette Ve République qui a su restaurer la puissance exécutive dans un cadre demeurant profondément démocratique. Et ce dans la durée : si le record de longévité institutionnelle est encore détenu par les lois constitutionnelles de 1875, qui régirent la IIIe République durant soixante-cinq ans, notre loi fondamentale dépassera ce cap en 2024.
Cette longévité, toutefois, s’explique par la souplesse d’une Constitution qui, vingt-quatre fois révisée depuis 1958, a su évoluer avec son temps. Et ce travail constant d’aggiornamento ne doit pas s’arrêter : il est la vie même de notre démocratie.
L’élection du président de la République au suffrage universel direct, instituée en 1962, a changé la nature du pouvoir exécutif : le chef de l’Etat qui, dans la vision gaullienne, devait « servir d’arbitre au-dessus des contingences politiques », est devenu l’inspirateur d’un projet que la majorité parlementaire, qui se réclame de lui, s’efforce de mettre en œuvre. Par l’alchimie du suffrage populaire, il reste le président de tous les Français, chef des armées, signataire des traités, tout en insufflant les réformes qu’il juge nécessaires à la bonne santé du pays.
Telle est la conception réaffirmée par Emmanuel Macron dans son discours de Versailles, le 9 juillet, lui dont l’engagement politique et moral va de pair avec ce rôle de « garant de l’indépendance nationale » que décrit l’article 5 de la Constitution : à l’évidence, son arbitrage n’a rien de passif ni de désincarné, il exprime des choix politiques déterminants.

Le quinquennat, en 2000, a d’ailleurs renforcé cette conception d’un président initiateur, d’autant que l’inversion du calendrier électoral a fait des législatives un scrutin corollaire de la présidentielle.
Le rôle du Parlement...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Avant les Rendez-vous de l’histoire de Blois (du 10 au 14 octobre), un collectif d’historiennes déplore le manque persistant de parité au sein de leur discipline.
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L’appel de 440 historiennes françaises : « Mettons fin à la domination masculine en histoire »

Avant les Rendez-vous de l’histoire de Blois (du 10 au 14 octobre), un collectif d’historiennes déplore le manque persistant de parité au sein de leur discipline.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 19h06
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 10h36
   





                        



                                


                            

Tribune. Comme chaque année, la communauté historienne inaugure son salon du livre. Les Rendez-vous de l’histoire de Blois sont d’abord, comme le dit le dépliant, une « gigantesque librairie » d’histoire où se pressent des centaines d’éditeurs et d’auteurs venus rencontrer leurs lecteurs. D’année en année, cette manifestation s’est imposée comme le moment de visibilité unique donné à la production et à la recherche historiques, avec ses stars, ses invités, ses évités, ses dîners, ses conférences à guichets fermés.
Autant le dire d’emblée : si nous n’employons pas l’écriture inclusive, c’est qu’au fond elle est peu nécessaire ici. La visibilité du livre d’histoire n’est que marginalement celle des historiennes, à l’image du visage flouté de Mona Lisa sur l’affiche du festival. Alors c’est vrai, beaucoup de chemin a été parcouru, grâce aux collègues qui nous ont précédées : la parité progresse au sein des manifestations, des commissions préparatoires et des jurys.
L’association Mnémosyne, qui milite pour l’histoire des femmes et du genre, a obtenu pour la première fois en 2010 de pouvoir organiser une table ronde. Mais la grandeur symbolique, elle, ne se partage pas au salon et elle est indubitablement masculine, comme l’est emblématiquement et quasi systématiquement le « Grand prix des Rendez-vous de l’histoire de Blois » (dix-huit hommes primés pour trois femmes, proportions comparables à celle du prix du livre d’histoire du Sénat, quatorze hommes primés pour deux femmes).
Un symptôme
Blois n’est qu’un symptôme, celui de la persistance de la prédominance masculine dans un contexte de féminisation progressive, mais fragile, du corps académique. Si elle s’articule solidairement à d’autres luttes dont l’urgence s’impose aujourd’hui avec force, contre le harcèlement sexuel notamment et contre toutes les discriminations, la résistance à cette forme de domination répond à une même nécessité.
Les femmes deviennent professeures...



                        

                        

