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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ La réforme avait été suspendue cet été lors de l’affaire Benalla.
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Macron annonce que la réforme constitutionnelle reviendra devant l’Assemblée début janvier

La réforme avait été suspendue cet été lors de l’affaire Benalla.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 18h36
   





                        


La réforme constitutionnelle, suspendue cet été lors de l’affaire Benalla, reviendra à l’Assemblée nationale « début janvier », a annoncé Emmanuel Macron, jeudi 4 octobre.
« Je sais que le gouvernement, par le dialogue, avec l’Assemblée nationale et le Sénat, trouvera la manière de faire intelligemment cheminer cette réforme », a ajouté le chef de l’Etat, lors d’un discours devant le Conseil constitutionnel marquant le 60e anniversaire de la Ve République.
Sa réforme institutionnelle prévoit notamment la réduction du nombre de parlementaires et l’instauration d’une dose de proportionnelle à l’Assemblée. Elle est embourbée depuis l’abandon en juillet de l’examen du premier volet constitutionnel, en pleine affaire Benalla.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ 63 % des personnes interrogées préféreraient être incinérées qu’enterrées. Elles n’étaient que 51 % en 2015.
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La crémation plébiscitée par les Français

63 % des personnes interrogées préféreraient être incinérées qu’enterrées. Elles n’étaient que 51 % en 2015.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 18h25
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 18h45
    |

            Denis Cosnard








                        



   


Les sondeurs d’Ipsos ont été les premiers surpris. Depuis des années, ils interrogent régulièrement les Français sur leur rapport à la mort, pour le compte des services funéraires de la ville de Paris. Question principale : « Pour vos propres obsèques, que préféreriez-vous : plutôt une inhumation, ou plutôt une crémation ? » Pendant des années, de 2008 à 2015, la part de ceux penchant pour être incinérés a stagné autour de 52 %.
Mais la dernière vague, réalisée du 30 août au 7 septembre auprès de 1 000 personnes, marque une spectaculaire remontée de la préférence pour la crémation. Cette solution est désormais privilégiée par 63 % des personnes interrogées, tandis que la part des tenants de l’enterrement classique tombe à 37 %, un plus bas historique, selon les données dévoilées jeudi 4 octobre.
Pour un sujet de ce type, sur lequel les mentalités n’évoluent souvent que lentement, pareille augmentation est « violente », juge Etienne Mercier, d’Ipsos. « On a vérifié les chiffres, pour éviter tout biais, et on constate une vraie accélération », ajoute sa collègue Amandine Lama. Que s’est-il passé pour qu’en trois ans les esprits changent à ce point ? Le sondage n’en dit mot. Les professionnels ont, néanmoins, quelques idées.

        Notre analyse (en 2013) :
         

          La crémation, une rupture anthropologique majeure



Une progression aussi chez les croyants
Le premier crématorium français a été ouvert en 1889 à Paris, au cimetière du Père-Lachaise. Neuf étaient recensés en 1980. On en compte à présent près de 190, selon la Fédération française de crémation. Le dernier a été inauguré le 18 septembre à Beaumont-lès-Valence (Drôme). Environ 37 % des Français sont désormais incinérés dans ces installations, contre 0,4 % en 1975. Ce taux devrait continuer à progresser, compte tenu des aspirations relevées dans les sondages.
Au fil du temps, la crémation s’est ainsi inscrite très solidement dans le paysage français, et elle semble de plus en plus acceptable socialement. Comme une lente maturation, suivie d’une cristallisation rapide.
C’est chez les croyants que le mouvement récent a été le plus net. Pendant longtemps, ils ont résisté à la crémation. Les grandes religions monothéistes ne s’y montrent guère favorables. Le Consistoire l’interdit, de même que l’Eglise orthodoxe et les responsables de l’islam. L’Eglise catholique la tolère depuis 1963, tout en recommandant l’enterrement.
« Tout se joue sur le rapport au corps »
Interrogés en septembre, les croyants et pratiquants restent majoritairement partisans de l’inhumation (61 %). Mais la part de ceux tentés par la crémation a bondi de 19 points en trois ans, selon Ipsos. « Quelque chose paraît s’être débloqué », commente Amandine Lama. La hausse est également très forte (+ 13 points) chez ceux qui se déclarent croyants sans pratiquer pour autant.
Au-delà de la religion et du respect des traditions, « tout se joue sur le rapport au corps », avance Etienne Mercier, d’Ipsos. La crainte de voir disparaître brutalement leur corps est au cœur des motivations des jeunes, plus favorables que leurs aînés à l’enterrement classique, relève le sondeur. Nombre d’entre eux souhaitent que leurs proches puissent venir se recueillir « sur une tombe dans laquelle il y a un corps ».
Les personnes plus âgées semblent moins attachées à leur corps et mettent en avant d’autres préoccupations inverses : « ne pas laisser de traces » après sa mort, « ne pas prendre de place », ne pas peser sur les autres. Des souhaits qui amènent 70 % des plus de 60 ans à se déclarer favorables à une crémation pour eux-mêmes.

        Reportage dans M Le magazine du Monde :
         

          Crémation, le casse-tête de la dispersion des cendres






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ En juillet, une femme de 22 ans avait posté sur Facebook la vidéo d’un homme lui jetant un cendrier au visage avant de la gifler. Il était poursuivi pour « violences aggravées ».
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L’homme qui avait giflé une femme dans la rue à Paris condamné à six mois de prison ferme

En juillet, une femme de 22 ans avait posté sur Facebook la vidéo d’un homme lui jetant un cendrier au visage avant de la gifler. Il était poursuivi pour « violences aggravées ».



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 18h04
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 18h47
   





                        



En plein débat sur le harcèlement de rue, la vidéo d’une agression à Paris avait suscité l’indignation fin juillet : un homme jetant un cendrier au visage d’une jeune femme avant de la gifler devant des témoins, assis à la terrasse d’un bar, en pleine journée. Cet homme a été condamné, jeudi 4 octobre, à six mois de prison ferme pour « violences aggravées » ; la qualification de « harcèlement sexuel » n’avait pas été retenue. Cet homme de 25 ans, qui comparaissait détenu, restera en prison.
Le tribunal a également prononcé une obligation de soin et une interdiction d’entrer en contact avec la victime de 22 ans, à laquelle il devra verser 2 000 euros, en réparation du préjudice moral. Le parquet avait plus tôt requis un an de prison ferme et six mois avec sursis, ainsi que le maintien en détention et une obligation de soin pour le prévenu. L’homme reconnaissait les violences mais niait avoir tenu des propos obscènes à la victime.
L’affaire avait éclaté le 25 juillet, lorsque Marie Laguerre avait publié sur Facebook un billet racontant son agression, images de vidéosurveillance à l’appui. Elle y accusait l’homme de lui avoir adressé des bruits et remarques à connotation sexuelle. « J’ai donc lâché un “ta gueule” en traçant ma route. Car je ne tolère pas ce genre de comportement », écrivait-elle.
« Profil psychologique fragile »
Durant le procès, le prévenu a, en revanche, affirmé avoir dit à la jeune femme que le rouge lui allait très bien. « N’importe quel homme a déjà parlé à une femme dans la rue », a-t-il plaidé. « Vous cherchez la petite bête », a résumé le jeune homme, souvent insolent, à la présidente qui l’interrogeait. Aux policiers, lors de sa garde à vue, il avait expliqué que Marie Laguerre était « grave aguicheuse », « qu’elle se dandinait ». Il nie, désormais, avoir dit cela.
Marie Laguerre a rapporté avoir eu après cette agression des troubles du sommeil, de l’appétit, et avait souffert d’anxiété. Elle s’était vue prescrire quinze jours d’incapacité totale de travail (ITT) psychologique et un jour d’incapacité physique.
« Ce dossier parle de violences faites aux femmes et de harcèlement de rue », a déclaré la procureure. Le prévenu était, cependant, jugé pour « violences aggravées » uniquement, en raison de l’usage d’une arme, en l’occurrence un cendrier. Le prévenu, « au profil psychologique fragile », « au profil violent et impulsif » est « dans une position de déni », a déploré la procureure. « On aurait espéré de la réflexion », a-t-elle ajouté.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Le secrétaire général de l’enseignement catholique, Pascal Balmand, donnait sa conférence de rentrée le 4 octobre. Parmi les thèmes de réflexion pour l’année, la mixité sociale et l’espoir d’intégrer une carte de l’éducation prioritaire renouvelée.
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L’enseignement catholique veut relever le défi de la mixité sociale

Le secrétaire général de l’enseignement catholique, Pascal Balmand, donnait sa conférence de rentrée le 4 octobre. Parmi les thèmes de réflexion pour l’année, la mixité sociale et l’espoir d’intégrer une carte de l’éducation prioritaire renouvelée.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 17h19
    |

            Violaine Morin








                        


L’enseignement privé a-t-il sa place dans l’éducation prioritaire ? Dans son discours de rentrée, prononcé le 4 octobre devant la presse, le secrétaire général de l’enseignement privé catholique, Pascal Balmand, est formel : réfléchir au rôle de l’enseignement catholique dans la mixité sociale relève d’une « responsabilité », et il se réjouit que le ministère mène « une réflexion sur la politique d’éducation prioritaire ». Le ministre de l’éducation a lancé, le 3 octobre, une mission sur la redéfinition de l’éducation prioritaire. Un rapport devrait être rendu à la fin du premier semestre 2019 pour une mise en œuvre à la rentrée 2020. Dans ce contexte, il n’est pas exclu que l’enseignement privé puisse y trouver sa place. Avec prudence, Pierre Mathiot, à qui cette mission a été confiée, assure réfléchir « sans doctrine » et « ne rien s’interdire ». 
Pour Pascal Balmand, si l’éducation prioritaire change de visage, alors l’enseignement privé catholique s’inscrira dans cette démarche. Pour ce qui concerne l’enseignement catholique, il existe depuis 2017 un redéploiement interne des financements au profit « d’établissements à moyens éducatifs renforcés ». En appliquant des critères tels que l’origine sociale des élèves et la valeur ajoutée des résultats aux examens, on trouve 110 établissements jugés prioritaires, sur un total de 2 900 dans le second degré privé catholique. La majorité sont des collèges ruraux et des lycées professionnels. « Si l’on entrait dans une carte de l’éducation prioritaire, ce serait sans doute beaucoup plus, puisque notre dispositif actuel ne comprend pas les écoles primaires », tempère Pascal Balmand. Il n’en reste pas moins que l’entrée de l’enseignement privé dans l’éducation prioritaire bousculerait des équilibres anciens. A ce jour, l’enseignement privé bénéficie de subventions selon une règle en vigueur depuis la loi Debré de 1959 : puisque 20 % des enfants sont dans l’enseignement privé, celui-ci reçoit 20 % du total des enveloppes de l’Etat.

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Ségrégation scolaire
Cette idée pose un problème de fond : si l’enseignement privé souhaite bénéficier d’aides indexées sur le profil social de ses élèves, il se doit de jouer le jeu de la mixité. Or il contribue, en particulier dans les grandes villes, à la ségrégation scolaire. Les familles favorisées sont plus nombreuses à choisir le privé, au détriment du collège de secteur, contribuant à créer des établissements de relégation. Selon une étude de l’Insee diffusée en septembre, à Bordeaux et Clermont-Ferrand, la ségrégation sociale entre les collèges est liée à 40 % au fait que les parents choisissent le privé. Cette proportion est encore plus importante à Paris (45 %).
Pourtant, l’enseignement catholique assure mener une réflexion sur la mixité sociale. En outre, malgré une tenace réputation de « guettos de riches » entretenue par les établissements privés de centre-ville, certains établissements sont moins privilégiés que d’autres, avec un coût moyen de la scolarité en collège situé autour de 850 ou 900 euros par an, avant déduction des aides sociales – des prix qui augmentent considérablement en région parisienne.

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Soutien et aides aux devoirs
Au collège du Sacré-Cœur du Havre, Maryline Lecomte recense 56 % d’enfants « très défavorisés » sur 360 élèves. Pour remédier aux inégalités, la chef d’établissement mise sur le soutien et l’aide aux devoirs, « la plus grande source d’inégalités ». S’il existait des moyens « prioritaires », cela permettrait de renforcer encore l’accompagnement, et d’avoir des effectifs réduits en CP et CE1, comme dans les réseaux REP et REP + de l’enseignement public aujourd’hui. En CP à l’école primaire du Sacré-Cœur, il y a 27 élèves, « dont au moins cinq allophones », précise la chef d’établissement. « L’idée de pouvoir dédoubler cette classe nous fait rêver, évidemment », avoue-t-elle.
Dans le groupe scolaire Saint-Vincent-de-Paul à Paris (13e), qui regroupe plus de 2 000 élèves de l’école élémentaire au BTS, on croit également au projet de « faire vivre ensemble des enfants qui ne se croisent pas d’habitude ». La chef d’établissement, Brigitte Chibani, relève 44 % d’élèves issus de catégories sociales défavorisées au collège. Son établissement, qui coûte environ 900 euros par an sans compter les aides sociales, est « l’un des moins chers de Paris » et parvient à attirer des familles de milieux variés, à la faveur de sections internationales.

Le chantier de l’éducation prioritaire
Le chantier de la refonte de l’éducation prioritaire est désormais lancé. La mission pilotée par Pierre Mathiot et Ariane Azema devrait rendre des conclusions au printemps 2019, pour une mise en œuvre de la réforme à la rentrée 2020. Le lancement de ce nouveau chantier vient donc geler la révision de la carte de l’éducation prioritaire, qui aurait dû intervenir en 2019. Le ministre et les chargés de mission ne se sont pas prononcés sur la remise en cause – ou non – des labels REP et REP +.
Contacté par Le Monde, Pierre Mathiot confirme l’ambition de casser les « effets de seuil » et de réfléchir à une gradation de l’aide apportée. L’autre priorité de cette mission sera de réfléchir à la place des territoires ruraux, à l’heure où la majorité des enfants défavorisés ne sont pas scolarisés dans des établissements prioritaires.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ A l’occasion de la publication de l’étude de la Commission européenne pour l’efficacité de la justice, son président, le magistrat Jean-Paul Jean, a répondu, jeudi, aux questions d’internautes du « Monde.fr ».
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Budget de la justice : « Le retard historique est structurel »

A l’occasion de la publication de l’étude de la Commission européenne pour l’efficacité de la justice, son président, le magistrat Jean-Paul Jean, a répondu, jeudi, aux questions d’internautes du « Monde.fr ».



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 16h55
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 17h14
   





                        



   


La justice française a-t-elle réellement assez de moyens ? Selon le Conseil de l’Europe, la France est à la traîne, qui consacre 65,90 euros par an et par habitant à la justice, contre 122 euros, par exemple, en Allemagne. A l’occasion de la publication de l’étude de la Commission européenne pour l’efficacité de la justice (Cepej), vous avez posé vos questions à Jean-Paul Jean, magistrat, président de chambre à la Cour de cassation et président de la Cepej.

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tutur33 : On dit souvent que la justice manque de moyens. Pourtant, depuis plusieurs années, les budgets sont en hausse. Est-ce parce que l’argent est mal réparti, ou est-ce parce que les hausses de budget ne suffisent pas ?
Jean-Paul Jean : Le budget de la justice, tel que défini par le Conseil de l’Europe, inclut trois composantes : le budget des tribunaux, des parquets et l’aide judiciaire. C’est la même chose pour les quarante-cinq pays comparés. On n’inclut pas, par exemple, le budget des prisons, qui absorbe une part croissante du budget du ministère. Les budgets de la justice progressent régulièrement, mais le retard historique est structurel.
Mahel : La LPJ va-t-elle dans le bon sens pour pallier ce manque de moyens, dénoncé depuis des années, de la justice française ?
La loi de programmation de la justice (LPJ) dont vous parlez va dans le bon sens : + 24 % en cinq ans programmés. Il y a maintenant un consensus politique pour augmenter les moyens, et le rapport de la Commission européenne pour l’efficacité de la justice, depuis plusieurs années, a joué un rôle d’aiguillon. Mais en même temps, la justice se trouve confrontée à une multiplication de ses missions. Par exemple, en 2011, on a donné compétence au juge de contrôler toutes les hospitalisations sans consentement, en ne donnant aucun moyen nouveau. La réforme est entrée en vigueur en plein mois d’août, les juges ont fait face, il n’y a eu aucun incident, et personne n’en a parlé…
zelda : La solution consiste-t-elle uniquement en une augmentation des effectifs de magistrats et fonctionnaires, ou faudrait-il modifier les procédures, déjudiciariser ?
C’est une politique d’ensemble qu’il faut conduire. Les parquets sont clairement en sous-effectif. Pour le reste, c’est surtout une question d’équipe autour du juge (greffiers, assistants, etc.), des moyens informatiques et des conditions de travail adaptés, mais aussi de méthodes et d’organisation.
Les pays d’Europe du Nord ont beaucoup plus recours à la médiation. Les avocats, dans certains pays, sont plus enclins à trouver des solutions négociées qu’à engager des contentieux, une caractéristique des pays d’Europe du Sud. Les modes alternatifs de résolution des litiges (MARL) se développent partout en Europe.
Des procédures doivent être adaptées à certains contentieux, par exemple, la résolution en ligne de contentieux liés au commerce par Internet.

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          Face à une justice civile débordée, la médiation devient un marché convoité



Décideurs magazine : Ne pensez-vous pas que le recours à certaines Legaltech, comme celles sur la justice prédictive, est un investissement qui permettrait d’alléger dans l’avenir le budget de la justice ?
Ce terme de « justice prédictive », largement utilisé, ne me convient pas. Je préfère parler de « justice actuarielle », fondée, comme les prévisions en matière d’assurance, sur des probabilités statistiques. Je suis favorable à l’utilisation des algorithmes comme simple aide à la décision du juge dans les affaires simples et répétitives.
Mais le marché prometteur de cette justice dite « prédictive » fait que des Legaltech vont offrir, dans des contentieux plus complexes, de plus en plus de services spécialisés en version premium au service des intérêts des justiciables qui pourront les financer. Cela accroîtra l’inégalité devant la justice.

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          La libération des données judiciaires ouvre un marché où s’agitent de nouveaux acteurs



Loridan : Que pensez-vous de l’apport des juristes assistants, notamment dans la perspective d’une intégration de ces derniers au corps ?
L’apport de ces jeunes juristes postmaster qui travaillent aux côtés des magistrats est incontestable. Ils font des recherches, des travaux préparatoires pour les magistrats du siège ou du parquet. Ces échanges et cette formation sont particulièrement positifs. Cela permet aussi de préparer certains à l’intégration future dans la magistrature, avec une connaissance utile des réalités des tribunaux.
Question : Quelles sont les conséquences d’un manque de moyens ? Tant pour le justiciable que pour les professionnels du droit ?
Essentiellement, des délais de jugement trop longs, mais pas seulement. Des audiences surchargées qui peuvent se terminer tard dans la nuit, avec des comparutions immédiates qui se multiplient, des juges et greffiers fatigués.
Quand on voit une audience correctionnelle de même nature en Allemagne ou aux Pays-Bas, pour rester sur ces pays, c’est une tout autre réalité : les effectifs sont plus nombreux, l’organisation et les conditions de travail meilleures, des audiences beaucoup moins bousculées, mieux organisées avec les avocats, où le fait d’avoir le temps nécessaire permet de rendre une justice sereine où l’on prend le temps d’expliquer.

        Lire notre analyse :
         

          Justice : le pari d’une réforme tout-en-un



Flo : Pourquoi le budget 2019 ne prévoit-il qu’une faible augmentation du budget par rapport à 2018, alors qu’il y a tant à financer (rénovation de prisons, etc.) ?  Jade : L’augmentation du budget alloué à la justice pour l’année 2019 est-elle suffisante pour moderniser et améliorer le système judiciaire français ? On a longtemps eu l’impression que ce secteur n’était pas la priorité des gouvernements successifs. Est-ce toujours le cas ?
Je réponds à ces deux questions en même temps. Il faut d’abord savoir à quoi l’on veut que serve l’argent, pour quels objectifs. Dans l’immédiat, ce dont ont besoin les tribunaux, ce sont des crédits souples pour gérer le quotidien, ne pas mendier une photocopieuse, remplacer un matériel informatique. D’autres pays, sur ce plan-là, ont une gestion beaucoup plus déconcentrée où les présidents et procureurs ont des marges sur leur budget de fonctionnement.
A moyen terme, ce qu’il faut développer, c’est l’équipe autour du juge et du procureur, pour les assister dans leur travail. L’équipement informatique, quant à lui, se situe à un niveau correct, quand on compare au niveau européen, mais c’est la transformation radicale induite par le numérique qu’il faut maintenant penser et conduire. Les excellentes formations qu’ils ont reçues à l’Ecole nationale de la magistrature (ENM) et à l’Ecole nationale des greffes (ENG) les y ont préparés.

        Lire notre analyse :
         

          La justice frappée par la contrainte budgétaire






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Dans un pays à la population vieillissante comme la France, la perte d’autonomie des personnes âgées devient une équation de plus en plus complexe – et chère – à résoudre.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Le financement de la dépendance, un enjeu majeur

Dans un pays à la population vieillissante comme la France, la perte d’autonomie des personnes âgées devient une équation de plus en plus complexe – et chère – à résoudre.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 16h24
    |

                            Dorian Girard








                        


Lundi 1er octobre, journée internationale pour les personnes âgées, la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, annonçait le lancement de la concertation citoyenne sur la dépendance. Cette concertation devrait durer jusqu’en février 2019 et devrait aboutir à une loi sur l’autonomie en 2019. En parallèle, la Fédération nationale de la Mutualité française publiait une étude portant sur la perte d’autonomie des personnes âgées et les impacts financiers du vieillissement.
La dépendance est un enjeu croissant dans les pays à la population vieillissante. La perte d’autonomie est accompagnée de surcoûts majeurs, liés par exemple à l’emploi d’aides à domicile ou à l’admission dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).
En 2012, environ 1,2 million de personnes âgées étaient dépendantes, c’est-à-dire qu’elles bénéficient de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). A ce chiffre, il faut ajouter des personnes qui ne bénéficient pas de cette aide, par méconnaissance ou refus de la percevoir. Selon les prévisions de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), en 2060, 2,3 millions de personnes pourraient être dépendantes. Que représente le coût de cette perte d’autonomie future des retraités, que le gouvernement qualifie comme un nouveau « risque » ?

Comment définit-on la dépendance des personnes âgées ?
Pour mesurer le degré de perte d’autonomie d’une personne âgée, on utilise une grille Aggir (autonomie-gérontologie-groupe iso ressources). Cette grille prend en compte dix activités corporelles et mentales, dites activités discriminantes (communiquer verbalement, faire sa toilette, se lever, se déplacer hors de chez soi, aller aux toilettes, etc.) et sept activités domestiques et sociales, dites activités illustratives (effectuer des tâches ménagères, préparer un repas, acheter volontairement des biens, utiliser volontairement un transport collectif ou individuel, etc.).
Selon les difficultés évaluées par la grille en question, une personne va être classée dans un GIR (groupe iso ressources) allant de 1 (personne confinée au lit ou au fauteuil, dont les fonctions mentales sont gravement altérées et qui nécessite une présence indispensable et continue d’intervenants) à 6 (personne encore autonome pour les actes essentiels de la vie courante), et qui détermine si la personne âgée à droit à l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). Pour recevoir cette aide, elle doit être âgée d’au moins 60 ans, et se classer dans les GIR 1 à 4.
En France en 2012, 64 % environ des personnes âgées dépendantes se classaient dans les GIR 3 et 4, contre 36 % dans les GIR 1 et 2.




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Une population dépendante grandissante
Evolution de la population de plus de 85 ans (l'âge moyen d’entrée en perte d’autonomie étant situé après 80 ans) comparée à celle de la population active.

Source : Insee



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Qu’est-ce que le « reste à charge » ?
L’étude de la Mutualité française met notamment en avant l’importance du reste à charge, c’est-à-dire le montant des dépenses qui restent à la charge des personnes âgées et de leur éventuelle couverture d’assurance privée, une fois déduites les diverses aides. 
Les dépenses liées à la prise en charge des personnes en perte d’autonomie étaient estimées à 30 milliards d’euros en 2014, dont 23,3 milliards d’euros provenaient d’un financement public. Le reste étant à la charge de la personne, et de ses aides financières éventuelles.


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Les dépenses personnelles liées à la prise en charge sont importantes
Répartition des dépenses liées à la dépendance, entre financements publics et privés

Source : Drees



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Quel coût cela peut-il représenter ?
Par exemple, un mois d’hébergement en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) pour une personne en perte d’autonomie élevée (ce qui correspond aux niveaux GIR 1 et 2), coûte en moyenne 2 450 euros. Après versement des aides comme l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) ou l’aide sociale à l’hébergement (ASH), le reste à payer est de 2 000 euros.
Le prix médian à payer par les résidants d’un Ehpad – ce qui prend aussi en compte le coût de l’hébergement et le tarif dépendance correspondant au tarif GIR 5 ou 6 (très peu, voire aucune dépendance) – était quant à lui de 1 949 euros par mois en 2016.
Si une personne classée GIR 1 (perte d’autonomie élevée) choisit de rester dans son logement, cela se traduit par la présence d’une aide à domicile. Pour rémunérer une personne pendant seize heures par jour au smic, il faudrait compter environ 4 750 euros par mois. En fonction de ses revenus mensuels, la personne âgée devrait donc financer entre 2 522 euros (pour un revenu jusqu’à 1 000 euros) et 4 070 euros, selon une estimation de la Fédération nationale de la Mutualité française (pour un revenu à 4 000 euros). Néanmoins, il faut nuancer cette éventualité dans la mesure où cette aide est bien souvent apportée par les proches de ces personnes âgées, qui ont moins recours à des aides à domicile. Le coût global de la dépendance diminue alors pour ces personnes et le reste à charge descend parfois à une centaine d’euros, voire moins pour des GIR moins élevés.
Comment financer cette nouvelle charge ?
Les ressources à la portée des personnes âgées pour subvenir à ces dépenses ne sont pas suffisantes. Le reste à payer représente souvent 100 % du revenu disponible moyen des plus de 75 ans. Il est alors assuré par des mutuelles personnelles ou par les proches des personnes. En parallèle, le nombre d’enfants par foyer est en baisse – le taux de fécondité en France est passé de 2,02 en 2010 à 1,88 en 2017 – ce qui se traduit par moins d’aides dans l’entourage des personnes âgées. Tous ces éléments rentrent en compte dans la problématique du financement de la perte d’autonomie.

        Notre décryptage :
         

          Les retraités, « privilégiés » ou « vaches à lait » ?






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/04/19-7">
<filnamedate="20181004"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181004"><AAMMJJHH="2018100419">
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Sorbonne Abou Dhabi : soupçons de censure envers une universitaire

Une philosophe recrutée par l’antenne de l’université s’est vu retirer son poste au dernier moment. Des chercheurs appellent l’institution française à faire la lumière sur cette affaire.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 16h15
    |

            Camille Stromboni et 
Marine Miller








                        



                                


                            
La crèche, l’appartement, l’assurance santé. Lila Lamrani avait tout organisé pour son arrivée aux Emirats arabes unis, en septembre. La promesse d’embauche pour devenir directrice du département de philosophie et de sociologie de la Sorbonne Abou Dhabi – antenne émirienne de la Sorbonne – était signée depuis le 29 juillet. Mais, en plein week-end du 15 août, la jeune chercheuse reçoit un courriel des ressources humaines de l’université émirienne l’informant que l’offre d’emploi n’a plus lieu d’être. Le poste lui a été retiré, sans autre forme d’explication.
Qu’importe si l’enseignante-chercheuse de 34 ans en philosophie et en études arabes a entre-temps décliné les autres offres auxquelles elle candidatait. Qu’importe surtout qu’elle ait été classée première par le comité universitaire de la Sorbonne, chargé d’opérer la sélection du futur titulaire de ce poste. Lila Lamrani ne le sait pas encore, mais les autorités émiriennes lui ont refusé le blanc-seing du « security clearance », l’enquête administrative menée sur sa personne, qui a abouti à une fin de non-recevoir.
Depuis, l’universitaire cherche sans relâche à obtenir une explication auprès des responsables de l’université française, de la Sorbonne Abou Dhabi, ou encore des diplomates français aux Emirats. En vain. « J’en suis réduite à faire des hypothèses, confie la chercheuse, qui vient de rejoindre en dernière minute un programme pour étudiants arabisants à Tunis, à ses frais. Je suis une femme, d’origine algérienne, j’ai présidé l’association pour la Palestine à l’ENS [Ecole normale supérieure], je travaille sur l’herméneutique du Coran… » Face à l’absence de réponse des autorités émiraties, les réponses de certains collègues de la Sorbonne n’ont pas manqué de conforter son inquiétude. « Je suppose que vous payez des engagements socio-politiques », lui a ainsi confié un responsable, tout en estimant qu’il serait impossible d’obtenir une quelconque...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Après que Lila Lamrani, une chercheuse, s’est vu retirer son poste à la Sorbonne Abou Dhabi, un collectif de 137 intellectuels demande, dans une tribune au « Monde », à ce que la Sorbonne et son antenne émiratie ne couvrent plus de leur silence cette affaire.
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Emirats arabes unis : « Toute la lumière doit être faite dans l’affaire Lila Lamrani »

Après que Lila Lamrani, une chercheuse, s’est vu retirer son poste à la Sorbonne Abou Dhabi, un collectif de 137 intellectuels demande, dans une tribune au « Monde », à ce que la Sorbonne et son antenne émiratie ne couvrent plus de leur silence cette affaire.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 16h19
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Nous tenons à faire part de notre sentiment d’indignation face au traitement injuste et injustifié infligé à notre collègue Lila Lamrani, chercheuse en philosophie.
Le 19 juillet 2018, Lila Lamrani s’est présentée à Paris à l’audition pour le poste de directrice du département de philosophie et sociologie de Sorbonne université Abou Dhabi (Emirats arabes unis). Elle a été classée première, décision qui a été validée par le conseil d’administration de Sorbonne université Abou Dhabi. Le 29 juillet, elle signait la promesse d’embauche pour trois ans, renouvelables.
Ce faisant, elle renonçait comme le font souvent les enseignants-chercheurs à cette période, aux autres postes qu’elle avait obtenus, en l’occurrence une bourse pour un stage à l’université de la Manouba à Tunis, et un postdoc[torat] à l’université de Fribourg, poste pour lequel elle a été contrainte d’abandonner les démarches.

Sorbonne université Abou Dhabi lui a notifié par un courriel daté du 14 août 2018 que le poste lui était retiré car les démarches administratives auprès des autorités émiraties n’auraient pas abouti, sans autre explication. Devant son insistance pour obtenir de plus amples informations, Eric Fouache, vice-chancelier de Sorbonne université Abou Dhabi, a promis une enquête pour régler la situation, ou, à défaut, lui faire parvenir des explications.
Une entorse à la méritocratie républicaine
Entre-temps, Lila Lamrani a reçu l’accord pour son visa grâce aux démarches faites par la New York university Abu Dhabi, où son conjoint a obtenu un poste pour la suivre, avec leurs deux enfants, préinscrits dans des établissements scolaires d’Abou Dhabi. Pourtant, le 4 septembre 2018, M. Fouache a confirmé la décision de retirer le poste à Lila Lamrani, sans aucune explication. Cette décision contrevient donc à celle qui a été actée par le conseil d’administration hors de toute démarche régulière. Tout porte à croire qu’elle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ La gauche antimigrants, en Allemagne, au Danemark ou en France, milite pour la fermeture des frontières européennes au nom de la défense des classes populaires. Enquête sur un discours politique qui rompt avec la tradition humaniste, voire internationaliste, de la gauche.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤               En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez notre  Politique de confidentialité  et l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.  En savoir plus et gérer ces paramètres.   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Par Anne Chemin    EnquêteRéservé à nos abonnés Publié aujourd’hui à 12:38, mis à jour à 14:06  La gauche antimigrants, en Allemagne, au Danemark ou en France, milite pour la fermeture des frontières européennes au nom de la défense des classes populaires. Enquête sur un discours politique qui rompt avec la tradition humaniste, voire internationaliste, de la gauche.                         Illustration du massacre des Italiens, à Aigues-Mortes (Gard), les 16 et 17 août 1893. Des ouvriers italiens, recrutés par la Compagnie des Salins du Midi, sont tués par des ouvriers français révoltés par l’embauche d’étrangers dans un contexte de crise. Costa/leemage             Ils sont de gauche, mais ils rêvent de fermer un jour les frontières européennes aux migrants qui risquent leur vie en franchissant la Méditerranée. Qu’ils se disent sociaux-démocrates ou marxistes, ces militants allemands, français ou danois plaident avec conviction pour le « chacun chez soi » : la libre circulation des hommes leur semble une dangereuse chimère. La cible de ces nouveaux procureurs de l’immigration est toujours la même : la « bien-pensance » de la gauche, qui célébrerait avec une naïveté confondante les vertus de l’ouverture des frontières.          En Allemagne, Sahra Wagenknecht, la figure de Die Linke qui vient de lancer le mouvement Aufstehen (« debout »), regrette ainsi qu’en 2015, Angela Merkel ait grand ouvert les portes de son pays aux migrants qui se pressaient aux frontières. Il ne faut surtout pas rééditer cette « perte de contrôle », avertit cette députée qui se définit comme marxiste, car ce brusque afflux d’étrangers a « changé ce pays, et pas pour le mieux ». « Nous ne rendons pas le monde plus juste en faisant la promotion de la migration », conclut l’ancienne présidente de Die Linke.           « Je ne suis pas d’accord pour faire comme si l’immigration était quelque chose de naturel, de désirable, de souhaitable » Jean-Luc Mélenchon Leader de La France insoumise          Si La France insoumise s’abstient de tenir des discours ouvertement hostiles aux migrants, elle ne peut masquer, elle aussi, une certaine ambiguïté. L’un de ses orateurs, Djordje Kuzmanovic, a ainsi déclaré que le discours ­d’Aufstehen sur la question migratoire était de « salubrité publique ». Jean-Luc Mélenchon l’a rappelé à l’ordre mais le leader de La France insoumise a refusé d’apposer sa signature au pied du Manifeste pour l’accueil des migrants de Mediapart, Regards et Politis. « Je ne suis pas d’accord pour faire comme si l’immigration était quelque chose de naturel, de désirable, de souhaitable », a-t-il déclaré.                      — La suite est réservée aux abonnés — Déjà abonné ? Se connecter   S’abonner c'est...   Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.     Soutenir le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante de 400 journalistes    Avoir accès à tous les contenus du Monde en illimité sur le site et les applications.    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« Au XIXe siècle, la solidarité avec les travailleurs étrangers est une question cruciale pour le mouvement ouvrier »

L’historien Nicolas Delalande analyse la position des socialistes dans les différents débats sur les migrations, entre la création de la Première Internationale, en 1864, et le début de la première guerre mondiale.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 14h38
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 16h12
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            
Chercheur au Centre d’histoire de Sciences Po, ­Nicolas Delalande, spécialiste de l’histoire de l’Etat, des solidarités et des inégalités, est l’un des maîtres d’œuvre d’Histoire mondiale de la France (Seuil, 2017). Il publie en janvier 2019 un livre sur ­l’internationalisme ouvrier de 1864 à 1914 (La Lutte et l’Entraide, Seuil).

Vous avez étudié la période de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. Y a-t-il, à cette époque, dans le mouvement socialiste, des débats sur les migrations ?
Entre la création de la Ire Internationale, en 1864, et la première guerre mondiale, cinquante ans plus tard, la solidarité avec les travailleurs étrangers est une question cruciale pour le mouvement ouvrier.
D’abord parce que cette époque correspond à une phase d’intense mondialisation : en raison de la baisse des coûts du transport, la mobilité de la main-d’œuvre européenne et asiatique est très forte.
Ensuite parce qu’apparaissent, dans ces ­années-là, le syndicalisme et les premières grandes mobilisations ouvrières, notamment en Angleterre : pour briser les grèves, certains patrons font venir de Belgique ou d’Allemagne, parfois pour quelques semaines, une main-d’œuvre étrangère que les ouvriers anglais appellent les black legs et les ouvriers français les « sarrasins ». Ces travailleurs étrangers sont accusés de faire le jeu des capitalistes en acceptant des salaires plus bas et des conditions de travail difficiles.
Quelle est la position des socialistes face à cette mobilité ?
Les internationales (la IIe est fondée en 1889) sont favorables à la mobilité, mais à condition qu’elle profite aux ouvriers, pas aux capitalistes. Pour Karl Marx et Friedrich Engels, l’internationalisme est la clé du succès de la lutte des classes : puisque les capitalistes se coordonnent à l’échelle internationale, il faut que les ouvriers en fassent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Jean-Paul Jean, président de chambre à la Cour de cassation et président de la Commission européenne pour l’efficacité de la justice (Cepej), répond à vos questions à partir de 15 heures.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Santé publique France a confirmé jeudi que des bébés sont nés sans mains, bras ou avant-bras dans des périmètres restreints de l’Ain, en Loire-Atlantique et en Bretagne.
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Les autorités sanitaires confirment des cas groupés de bébés malformés, sans identifier de cause

Santé publique France a confirmé jeudi que des bébés sont nés sans mains, bras ou avant-bras dans des périmètres restreints de l’Ain, en Loire-Atlantique et en Bretagne.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 13h35
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 16h51
   





                        


Des cas groupés de bébés nés sans mains, bras ou avant-bras dans trois endroits de France ont alerté les autorités sanitaires ces dernières années, mais aucune cause n’a pu être mise en évidence par leurs enquêtes, ont-elles annoncé jeudi 4 octobre. Ces cas ont été observés dans l’Ain (7 naissances entre 2009 et 2014), en Loire-Atlantique (3 naissances entre 2007 et 2008) et en Bretagne (4 naissances entre 2011 et 2013), à chaque fois dans un périmètre restreint. Ils ont suscité des inquiétudes dans les zones concernées.
Pour l’Ain, « l’analyse statistique ne met pas en évidence un excès de cas par rapport à la moyenne nationale, et Santé publique France n’a pas identifié une exposition commune à la survenue de ces malformations », a expliqué l’agence sanitaire dans un rapport publié jeudi. « Pour la Loire-Atlantique et la Bretagne, l’investigation a conclu à un excès de cas. Cependant, aucune exposition commune n’a été identifiée », a-t-elle poursuivi.
150 cas par an en France
Appelée « agénésie transverse des membres supérieurs », cette absence de formation d’une main, d’un avant-bras ou d’un bras au cours du développement de l’embryon représente moins de 150 cas par an en France.
Les causes peuvent être génétiques, liées à des contraintes physiques ou dues à des substances toxiques (alimentation, environnement, voire médicaments dans le cas du thalidomide, antinauséeux qui avait fait naître des milliers d’enfants sans bras entre 1957 et 1962). Plusieurs facteurs entrent sans doute en ligne de compte.
Les investigations ont été menées sous deux formes : la recherche statistique d’un excès de cas, d’une part, et, de l’autre, une enquête auprès des parents, via des questionnaires. Le but des questionnaires est de tenter de comprendre quels produits (pesticides, médicaments, produits ménagers…) auraient éventuellement pu provoquer les malformations.
« On n’a pas d’élément démontré pour dire que tel produit est responsable », a affirmé Jean-Claude Désenclos, directeur scientifique de Santé publique France lors d’une conférence de presse. Par exemple, en ce qui concerne les pesticides, « les calendriers d’épandage ne correspondaient pas à la période-clé de fragilité durant la grossesse », a expliqué l’épidémiologiste Bertrand Gagnière, qui a enquêté sur les cas de Bretagne.
Conclusions contestées 
Concernant le cas de l’Ain, les conclusions ont été contestées par le Remera, structure basée à Lyon qui avait donné l’alerte pour ce département. C’est l’un des six registres des malformations congénitales de France.
« On tombe des nues », a déclaré sa directrice générale, l’épidémiologiste Emmanuelle Amar, lors d’un entretien téléphonique avec l’AFP. Elle accuse Santé publique France d’avoir fait des « erreurs » de méthodologie.
Le Remera a mené sa propre étude, dans laquelle il conclut que le nombre de cas dans l’Ain est statistiquement significatif. Mais lui et Santé publique France ne s’accordent pas sur la méthodologie.
Plus généralement sur les trois séries de cas, dans la mesure où aucune hypothèse n’a émergé des questionnaires, les enquêtes n’ont pas porté sur un produit en particulier. « Il ne suffit pas de dire “C’est l’environnement, c’est l’agriculture” », dit le docteur Gagnière. « En l’absence d’hypothèses, il ne sert à rien de lancer des recherches tous azimuts : on sait par expérience que ça ne débouche sur aucun résultat. » 
« Il y a eu une investigation »
Un argument contesté par Emmanuelle Amar : « Dire “On n’a pas trouvé la cause, alors on ne la cherche pas” est un raisonnement étrange », a-t-elle objecté. « Il peut y avoir un débat scientifique, mais il y a eu une investigation et on ne peut pas considérer que Santé publique France nierait l’existence de signaux », a souligné François Bourdillon, directeur général de l’agence sanitaire, qui maintient la surveillance pour repérer d’éventuels nouveaux cas.
Cette controverse intervient alors que le Remera s’inquiète pour son avenir. La région Auvergne - Rhône-Alpes et l’Inserm ont stoppé leur financement, selon sa responsable. L’autre partie de ses fonds provient de Santé publique France et de l’Agence du médicament (ANSM). « Il n’a jamais été question d’arrêter notre financement », a assuré M. Bourdillon.
Pour mieux repérer les malformations congénitales, Santé publique France souhaite créer une fédération nationale des six registres (Bretagne, Paris, Antilles, Réunion et deux en Auvergne - Rhône-Alpes, dont le Remera) pour disposer d’une base de données commune.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Avant l’attribution des Nobel de la paix et d’économie, voici les principales informations à retenir sur les récompenses scientifiques (médecine, physique, chimie) de cette année.
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Qui sont les lauréats des prix Nobel 2018 et qu’ont-ils accompli ?

Avant l’attribution des Nobel de la paix et d’économie, voici les principales informations à retenir sur les récompenses scientifiques (médecine, physique, chimie) de cette année.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 12h56
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 16h36
    |

            Gary Dagorn








                        


Les lauréats des prix Nobel scientifiques (médecine, physique, chimie) sont désormais connus. Six hommes et deux femmes ont été récompensés. Voici un aperçu de leurs réalisations, en attendant la remise des distinctions pour le « travail pour une paix durable » et les sciences économiques (le prix Nobel de littérature n’ayant pas été remis cette année).
Médecine : le système immunitaire contre le cancer
Le prix Nobel de médecine a récompensé cette année deux chercheurs, l’un japonais, l’autre américain, ayant travaillé sur une nouvelle façon de combattre les cellules cancéreuses. Tasuku Honjo et James P. Allison ont mené des travaux similaires qui montrent qu’il est possible d’utiliser le système immunitaire d’un malade pour éliminer les tissus cancéreux. C’est ce qu’on appelle désormais l’immunothérapie.
Tasaku Honjo, le premier, a commencé à travailler en 1992 à une protéine présente sur la surface des cellules tueuses de notre système immunitaire, les lymphocytes T. Cette protéine, baptisée PD-1, agit comme un frein à l’action des lymphocytes T afin que la réaction immunitaire soit proportionnée à la menace et ne se retourne pas contre les cellules saines. Après plusieurs années de recherche, Honjo a découvert qu’en inhibant la protéine PD-1, les lymphocytes pouvaient s’attaquer bien plus facilement aux cellules cancéreuses et ainsi combattre les tumeurs.
C’est à peu près la même découverte qu’a faite James P. Allison à l’université de Berkeley, à San Francisco, lorsqu’il s’aperçut qu’une autre protéine, la CTLA-4, fonctionnait aussi comme un frein à la réaction immunitaire du corps. Les expériences menées en 1994 pour bloquer CTLA-4 sur des souris atteintes d’un cancer ont montré des résultats spectaculaires de rémission. Après plusieurs années d’efforts, des essais cliniques en 2010 ont abouti à des résultats prometteurs chez des patients humains atteints de mélanomes avancés. Plusieurs patients ont ainsi vu disparaître toute tumeur maligne grâce à cette technique, alors que les autres traitements avaient échoué auparavant.
L’immunothérapie permet aujourd’hui d’augmenter significativement le taux de rémission des patients atteints de cancers jugés incurables avant et représente une source d’espoir pour des cancers tels que les mélanomes, les lymphomes, le cancer du poumon ou celui de la vessie.

        Focus sur le Nobel de médecine
         

          qui sacre la percée de l’immunothérapie du cancer



Physique : les lasers à l’honneur
Le 112e prix Nobel de physique a récompensé cette année trois chercheurs : Arthur Ashkin, Gérard Mourou et Donna Strickland. Le premier pour l’invention des pinces optiques et leur application dans le domaine médical ; les seconds pour l’invention d’une technique de génération de rayons laser très intenses ayant permis d’améliorer grandement la chirurgie optique.
Les pinces optiques d’Arthur Ashkin sont un outil révolutionnaire inventé en 1987. Il s’agit de manipuler des objets physiques microscopiques, tels que des atomes, des molécules, des virus ou des bactéries grâce à des rayons laser. Cela peut sembler étonnant, mais cette technique utilise la pression que la lumière peut exercer sur les choses pour les déplacer. Cette invention majeure a trouvé de multiples applications en médecine et en biologie, où il est devenu bien plus facile de manipuler des organismes vivants microscopiques sans les endommager, permettant des manipulations quasi aisées et une recherche médicale plus poussée.
Quant à Gérard Mourou, chercheur à Polytechnique et à l’université du Michigan, et Donna Strickland, chercheuse à l’université canadienne de Waterloo, ils sont les inventeurs d’une technique capable de générer de très puissantes et précises impulsions laser, grâce à une technique unique appelée « chirped pulse amplification » (ou CPA, « amplification d’impulsions par impulsions chirurgicales », en français). Celle-ci a notamment trouvé une application massive dans la chirurgie de correction des yeux et pourrait se révéler utile dans de nombreux autres domaines.

        Focus sur le Nobel de physique :
         

          trois chercheurs, dont un Français, récompensés pour leurs travaux sur les lasers



Chimie : l’évolution accélérée en éprouvette
Le Nobel de chimie 2018 a été décerné à trois spécialistes de l’« évolution dirigée » en éprouvette. Le jury suédois a attribué la moitié du prix à l’Américaine Frances Arnold (Caltech, Pasadena, Californie), tandis que son compatriote, George Smith (université du Missouri, Columbia), et le Britannique Gregory Winter (université de Cambridge) se sont partagé l’autre moitié.
Frances Arnold a essayé, au début des années 1990, de reproduire le processus d’évolution naturelle, mais en accéléré, en laboratoire. Elle a obtenu des enzymes totalement nouveaux, en partant de gènes naturels, qui codent leur synthèse dans l’ADN. Elle a d’abord créé de vastes collections de mutants génétiques et passé au crible les molécules produites pour ne retenir que celles qui étaient les plus performantes dans une situation donnée. Comme une sélection variétale de graines, mais à l’échelle microscopique et en accélérant les saisons.
George Smith a réalisé des expériences similaires sur des peptides, des petites molécules de moins d’une dizaine d’acides aminés (les composants de base des protéines), qu’il cherchait à lier à des cibles moléculaires spécifiques. En 1985, il découvre qu’un bactériophage, virus infectant les bactéries, peut être le bon outil pour façonner à sa guise des peptides qu’il pourra ensuite passer au crible pour sélectionner ceux qui l’intéressent, comme à travers le tamis d’un chercheur d’or. Le Britannique sir Gregory Winter s’est inspiré de cette technique pour sélectionner des anticorps, molécules bien plus complexes. Il a déposé des brevets et créé des sociétés (dont Cambridge Antibody Technology) pour utiliser ces recherches dans un but thérapeutique.

        Focus sur le Nobel de chimie
         

          pour des travaux sur l’évolution en éprouvette



Littérature : l’attribution du prix 2018 est reportée d’un an, et sera annoncée en même temps que le lauréat 2019. L’Académie suédoise a traversé une « crise de confiance » après un scandale d’agression sexuelle qui a entraîné des démissions en série.
Paix : attribué vendredi 5 octobre à 11 heures.
Sciences économiques : attribué lundi 8 octobre à 11 h 45.

Le prix de sciences économiques, un presque prix Nobel
Surnommé le « prix Nobel d’économie », le prix en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel n’est pas réellement un prix Nobel au même titre que les autres (physique, chimie, médecine, paix, littérature).
En effet, l’économie ne figure pas dans la liste des disciplines qu’Alfred Nobel a désignées dans le but de distinguer les individus ayant permis des progrès remarquables pour le savoir et l’humanité dans leurs domaines.
Le prix a été créé par la Banque de Suède en 1968 et a été décerné pour la première fois en 1969. La création du prix et ses conditions d’attribution se sont toutefois faites en accord avec la Fondation Nobel et l’Académie royale des sciences de Suède (qui est chargée de décerner les prix en physique et en chimie). Le prix de sciences économiques apparaît d’ailleurs sur le site officiel des Nobel aux côtés des autres.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Dans leur rapport annuel sur la « Sécu », les Sages de la rue Cambon appellent à des « mesures structurelles » pour « consolider » le retour à l’équilibre prévu pour 2019.
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Sécurité sociale : les professionnels de santé libéraux dans le viseur de la Cour des comptes

Dans leur rapport annuel sur la « Sécu », les Sages de la rue Cambon appellent à des « mesures structurelles » pour « consolider » le retour à l’équilibre prévu pour 2019.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 12h27
   





                        


La Cour des comptes estime, dans son rapport annuel sur la Sécurité sociale, que les dépenses d’assurance-maladie devraient être davantage régulées chez les professionnels de santé libéraux, appelant à des « mesures structurelles » pour « consolider » le retour à l’équilibre prévu pour 2019.
En 2017, le déficit de la « Sécu » (régime général et fonds de solidarité vieillesse) a « continué à se réduire » pour s’établir à 5,1 milliards d’euros, rappellent les Sages de la rue Cambon, « grâce à la forte hausse de la masse salariale liée à l’amélioration de la situation économique ». Mais « le déficit structurel, indépendant des effets de la conjoncture sur le niveau des recettes », reste important, à « 3,9 milliards d’euros », selon la Cour.
Dans son projet de budget de la « Sécu » pour 2019, le gouvernement table sur un retour dans le vert, avec un excédent de 700 millions d’euros, contre 1 milliard de déficit en 2018. Un résultat inédit depuis 2001 qui ne doit pas faire oublier la mauvaise santé du fonds de solidarité vieillesse (− 1,8 milliard d’euros en 2019) et surtout de la branche maladie, avec un déficit certes réduit mais attendu à − 500 millions d’euros en 2019, soulignent les sages, partisans du virage ambulatoire (moins d’hospitalisation) ou encore d’une révision de la carte hospitalière.

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          La Sécurité sociale enfin dans le vert




        Lire aussi :
         

                Sécu : en 2019, premier budget en excédent depuis dix-huit ans



« Une construction plus rigoureuse des prévisions »
L’objectif national de dépenses d’assurance-maladie (Ondam), qui sert à freiner leur augmentation naturelle, a encore été respecté en 2017 malgré « un important dépassement de l’enveloppe » prévue pour les soins de ville (hors hôpital), compensé par le « ralentissement imprévu de l’activité hospitalière », responsable d’« un quasi-doublement du déficit des hôpitaux publics ». « Une construction plus rigoureuse des prévisions » est dès lors « indispensable » aux yeux de la Cour.
« En outre, l’ensemble des secteurs de l’offre de soins devrait contribuer aux efforts requis en cours d’année pour respecter l’objectif global, y compris les soins de ville », insistent les Sages. Chaque année, des crédits destinés aux hôpitaux sont mis en réserve puis dégelés ou non en fonction du respect des objectifs budgétaires. Sur le même principe, la Cour propose d’instaurer des mécanismes de régulation des dépenses dans les cabinets libéraux : prix variant en fonction des volumes, « mise en réserve d’une partie des augmentations » tarifaires notamment prévues pour les médecins et les dentistes ou des « dotations forfaitaires ».

        Lire aussi :
         

                « La pression restera très forte sur l’hôpital »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Elise souscrit un contrat d’assurance-vie qui désigne comme bénéficiaires ses trois héritiers réservataires, mais qui renvoie à ses dispositions testamentaires, dans lesquelles elle lègue à l’un d’eux la « quotité disponible » de ses biens. Une cour d’appel juge qu’il faut partager le capital en trois parts égales.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Délégué au logement social de l’organisation patronale pendant une vingtaine d’années, Etienne Guéna était cité à comparaître pour « corruption passive ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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Six mois de prison avec sursis requis à l’encontre d’un ex-haut cadre du Medef

Délégué au logement social de l’organisation patronale pendant une vingtaine d’années, Etienne Guéna était cité à comparaître pour « corruption passive ».



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 18h20
    |

            Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
Etienne Guéna est le dernier à venir s’exprimer à la barre. Silhouette mince, costume sombre, il fait face au président de la 11e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, Jean-Marie Denieul. Celui-ci demande au prévenu, poursuivi pour corruption passive, s’il souhaite à nouveau prendre la parole, au terme du procès qui s’achève mercredi 3 octobre, après trois jours d’audience. Quelques mots, seulement, répond Etienne Guéna. Il « remercie » le magistrat de lui avoir permis de s’expliquer : « Je n’avais pas pu le faire jusqu’à présent. » Son intervention, courte et sobre, contraste avec les plaidoiries abrasives développées quelques instants plus tôt par son conseil et par les avocats des cinq autres personnes mises en cause dans le dossier : à tour de rôle, ils ont cogné avec vigueur contre une procédure incroyablement longue, conduite à charge selon eux. Contre la presse, aussi, qui a couvert de boue, disent-ils, les protagonistes de cette affaire. Contre un expert judiciaire, enfin, dont le rapport « hallucinant » de malveillance a orienté le travail des enquêteurs sur de fausses pistes.
Tous ceux qui se sont intéressés de près aux politiques de l’habitat, il y a dix ou vingt ans, savent qui est Etienne Guéna. En 1987, il devient délégué au logement social du Conseil national du patronat français (CNPF, l’ancien nom du Mouvement des entreprises de France –Medef). Des responsabilités élevées lui sont attribuées au sein du « 1 % logement », un dispositif paritaire copiloté par les partenaires sociaux (et rebaptisé, depuis, Action logement). Jusqu’en 2007, il préside l’Agence nationale de la participation des employeurs à l’effort de construction (Anpeec), l’agence chargée de contrôler les organismes du « 1 % ». Il s’implique également dans les politiques de rénovation urbaine en intégrant l’Association foncière logement (AFL), une entité contrôlée par le « 1 % » qui fait construire des habitations à loyer modéré (HLM)...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Jean-David Zeitoun, médecin, conteste dans une tribune au « Monde » les arguments de certains de ses collègues qui mettent en avant les profits trop élevés de l’industrie du médicament aux dépens de l’accès aux soins.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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« L’industrie pharmaceutique assume seule l’effort » d’innovation dans le médicament

Jean-David Zeitoun, médecin, conteste dans une tribune au « Monde » les arguments de certains de ses collègues qui mettent en avant les profits trop élevés de l’industrie du médicament aux dépens de l’accès aux soins.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 11h49
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 12h07
    |

Jean-David Zeitoun (Médecin)







                        



                                


                            
Tribune. Les prix des médicaments sont-ils injustifiables ? Les arguments avancés par ceux qui défendent cette idée sont archi-connus : l’industrie pharmaceutique gagne trop d’argent, elle dépense plus en marketing qu’en recherche et développement (R&D), tous les nouveaux médicaments n’apportent pas un énorme progrès. Il est facile de sélectionner les données qui appuient ce jugement, et de négliger celles qui le fragiliseraient. Comme le fait que les nouveaux médicaments, les plus chers, cumulent moins de 2 % du budget de l’Assurance maladie, contre 47 % pour le secteur hospitalier.
les médicaments sont aujourd’hui plus difficiles à inventer car les plus faciles ont déjà été trouvés
Ou qu’au cours des dernières années, le budget médicamenteux de la France a le plus souvent baissé et que quand il a augmenté, c’était moins vite que l’Objectif national de dépenses de l’assurance maladie (Ondam). Ou encore que la dépense médicamenteuse par habitant en France, soit la 7e mondiale, est alignée sur notre classement en termes de richesse et presque deux fois inférieure à la dépense médicamenteuse par citoyen américain. Mais le plus important n’est pas là.
Ce qui importe le plus ici, c’est que la médecine a changé et que le monde a changé. La médecine d’abord : les médicaments sont aujourd’hui plus difficiles à inventer car les plus faciles ont déjà été trouvés – et disponibles sous la forme de génériques pour quelques centimes par jour – et parce que beaucoup de maladies étant déjà correctement traitées, la marge de progression se réduit.
Trois constantes invariables
De plus, ils sont toujours plus coûteux à développer car les standards de preuve restent élevés, ce qui est très bien, et que les essais cliniques coûtent trop cher, ce qui est problématique. Il est vrai que certains médicaments très ciblés peuvent être commercialisés après des études limitées, mais ce n’est pas la règle, et cela ne fait pas baisser le coût moyen pour amener une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ La commission des lois du Palais du Luxembourg amende largement le projet défendu par le gouvernement.
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Le Sénat entend dénoncer les « insuffisances » de la loi de programmation de la justice

La commission des lois du Palais du Luxembourg amende largement le projet défendu par le gouvernement.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 12h21
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            
Etre dans l’opposition offre sans aucun doute davantage de liberté en matière budgétaire. La majorité au Sénat peut ainsi dénoncer d’une main un gouvernement qui ne maîtrise pas suffisamment le déficit budgétaire et estimer, de l’autre, qu’il n’augmente pas assez la dépense pour soutenir la justice. Alors que le projet de loi de programmation de la justice arrive en débat au Sénat à partir du 9 octobre, le sénateur Philippe Bas, président Les Républicains de la commission des lois, compte bien dénoncer les « insuffisances » du projet du gouvernement.
Le texte défendu par la garde de sceaux, Nicole Belloubet, annonce une hausse de 24 % du budget de la justice en cinq ans. Un effort important qui tranche avec la stabilité, voire la baisse, qui affecte nombre de ministères. Mais pour M. Bas, « ce projet n’est pas à la hauteur de l’urgence absolue dans laquelle se trouve la justice ». Le sénateur de la Manche, qui s’est érigé cet été en chien de garde contre les risques de dérive de l’exécutif lors de l’affaire Benalla, avait mené en 2016 et 2017 une mission d’information pluripartisane sur les moyens de la justice. Il en avait tiré deux propositions de loi, votées sans coup férir au Sénat à l’automne 2017.
Ces deux textes constituent aujourd’hui sa référence et lui donnent de sérieux arguments pour discuter des choix du gouvernement dans le vaste projet de réforme de la justice qui accompagne sa programmation budgétaire. Sur les moyens d’abord, le Sénat vote pour une hausse de 33,8 % du budget de la justice d’ici à 2022. C’est donc forcément mieux que les 24 % du gouvernement. Concrètement, là où Mme Belloubet promet la création de 6 500 postes en cinq ans, la commission des lois du Palais du Luxembourg en veut 13 728 ; là où la ministre annonce la création de 7 000 places supplémentaires de prison d’ici à la fin du quinquennat, le Sénat en prévoit 15 000. La question du financement ne semble pas être un obstacle…
Un projet...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Jean-Marc Reiser, 58 ans, doit être entendu vendredi 5 octobre, après la disparition non élucidée d’une étudiante début septembre.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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Disparition de Sophie Le Tan : le passé accusateur du suspect

Jean-Marc Reiser, 58 ans, doit être entendu vendredi 5 octobre, après la disparition non élucidée d’une étudiante début septembre.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 11h19
    |

            Henri Seckel (Schiltigheim (Bas-Rhin), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Une jeune femme a disparu, des traces de son sang ont été découvertes dans l’appartement d’un homme, mais cet homme dit qu’il n’y est pour rien. Telle est l’équation de ce qui s’appellera « l’affaire Le Tan », patronyme de l’étudiante strasbourgeoise dont on est sans nouvelles depuis le 7 septembre, ou « l’affaire Reiser », celui du suspect mis en examen dix jours plus tard pour enlèvement, séquestration et assassinat.
Actuellement en détention provisoire, Jean-Marc Reiser, 58 ans, doit être entendu par la juge d’instruction vendredi 5 octobre. Sera-t-il plus loquace que lors de son audition précédente devant la magistrate ou durant sa garde à vue face aux policiers ? Il s’y était montré, selon la procureure de la République de Strasbourg, Yolande Renzi, « extrêmement taisant » au sujet des événements du vendredi 7 septembre.
Ce matin-là, le jour de ses 20 ans, Sophie Le Tan se rend à Schiltigheim (Bas-Rhin), commune voisine de Strasbourg, pour visiter un appartement à louer, à quelques jours de sa rentrée universitaire en troisième année de licence d’économie-gestion. Elle est attendue plus tard dans la journée à Cernay, à 100 kilomètres au sud, pour fêter son anniversaire avec sa famille.
Mais Sophie Le Tan n’arrive pas. La famille s’inquiète. Sa petite sœur lance un appel sur les réseaux sociaux, dans lequel elle évoque le projet de visite d’appartement à Schiltigheim. Deux jeunes femmes se manifestent : dans les semaines précédentes, elles avaient répondu à une petite annonce concernant un logement dans la même zone, mais le propriétaire n’était jamais venu au rendez-vous.

Lourd casier judiciaire
Les enquêteurs retrouvent la petite annonce en question, postée sur plusieurs sites Internet, dont Le Bon Coin. Aucun nom n’y figure, et le numéro de téléphone est celui d’une carte prépayée – une ligne anonyme. Mais l’analyse des déclenchements de relais téléphoniques de Schiltigheim permet de remonter jusqu’à Jean-Marc...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ L’énarque Charline Avenel, camarade de promotion d’Emmanuel Macron, pourrait bénéficier de la modification des conditions et rejoindre l’académie de Versailles.
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Le gouvernement change les règles de nomination des recteurs

L’énarque Charline Avenel, camarade de promotion d’Emmanuel Macron, pourrait bénéficier de la modification des conditions et rejoindre l’académie de Versailles.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 12h50
    |

                            Mattea Battaglia et 
Camille Stromboni








                        


Charline Avenel a-t-elle le profil pour devenir rectrice de Versailles, l’académie la plus grande de France avec son million d’élèves ? Alors qu’il semble acquis que l’actuelle secrétaire générale de Sciences Po, énarque de 40 ans, succédera cet automne au recteur Daniel Filâtre, sur le point de partir en retraite, son CV est devenu l’objet de débats.
Pas de doutes sur ses compétences, reconnaissent les spécialistes du système éducatif. Diplômée de Sciences Po puis de l’ENA, Mme Avenel a commencé sa carrière au ministère des finances avant de rejoindre, il y a dix ans, le cabinet de Valérie Pécresse au ministère de l’enseignement supérieur. Elle a ensuite contribué, rue Saint-Guillaume, à « solder les séquelles de la grave crise que l’institut a traversée » après le décès de Richard Descoings, d’après Frédéric Mion, son actuel directeur.
Mais c’est la proximité de cette énarque avec le chef de l’Etat – elle est issue, comme Emmanuel Macron, de la promotion « Senghor » – qu’ont immédiatement relevée les commentateurs. Au point de donner une tournure politique à cette promotion potentielle, quelques semaines seulement après la nomination, elle aussi controversée, de l’écrivain Philippe Besson, un non diplomate, comme consul à Los Angeles.

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A l’Elysée, on dément : « Nous ne sommes pas à l’initiative de cette proposition qui vient des ministres de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, et de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal. » Rue de Grenelle, on le confirme, sans officialiser encore la nomination de la nouvelle rectrice. « Cela n’a rien d’une question personnelle », réagit-on à l’enseignement supérieur, en insistant sur la dynamique déjà enclenchée d’une « ouverture de la haute administration à de nouveaux profils ».
La rumeur de la nomination de Charline Avenel avait commencé à circuler cet été ; elle l’a elle-même annoncé devant des personnels de Sciences Po le 27 septembre, confie une source au Monde. Il manquait quelques lignes sur son CV pour lui permettre d’accéder à la fonction : une habilitation à diriger des recherches – ou « HDR », dans le jargon universitaire. Un cinquième seulement des recteurs peut s’en passer depuis l’assouplissement des règles de recrutement il y a une dizaine d’années.Mais les postes de ces recteurs dits « non universitaires » (six sur trente au total) sont déjà tous occupés en cette rentrée.
Ce problème vient d’être évacué. Un décret présenté en conseil des ministres, mercredi 3 octobre, et publié au Journal officiel jeudi, rehausse le seuil en question de recteurs atypiques de 20 % à 40 %, et supprime les deux conditions jusqu’ici requises pour les nommer : avoir au moins dix ans d’expérience dans l’éducation, ou trois ans comme directeur d’administration centrale notamment.
« Encourager l’innovation »
Il n’en fallait pas plus pour que bon nombre d’observateurs y voient une illustration du « fait du prince » ou d’un « effet de cour ». Mercredi, L’Obs évoquait un « texte de circonstance » permettant au chef de l’Etat de « bombarder une camarade de promotion ». Il faut dire que plusieurs syndicats d’enseignants s’étaient opposés au texte lors de sa présentation au Conseil supérieur de l’éducation, le 20 septembre.
Sud Education dénonce une « évolution qui vise à toujours plus promouvoir une haute fonction publique du copinage et des réseaux ».
« On ne change pas la loi comme ça, sans concertation, fait valoir Franck Loureiro, du SGEN-CFDT. Le recteur, qui est aussi chancelier des universités, doit pouvoir répondre aux problématiques de l’enseignement supérieur, encore plus alors que la loi ORE [orientation et réussite des étudiants] a renforcé son rôle. »
Derrière la polémique, la question posée est celle des compétences attendues chez des « super-recteurs » qui devraient être moitié moins (13 et non plus 30) avec la réforme attendue, à l’horizon 2020, des académies. Plus que le profil universitaire (ou non) des prétendants, c’est « leur maîtrise des dossiers, leur capacité à mener un dialogue social, leur aptitude à encourager l’innovation ou encore à bien gérer les ressources humaines » qui importent pour Christian Chevalier, ancien porte-parole du SE-UNSA. La gestion des personnels est un point crucial à Versailles, académie destinée à fusionner avec ses deux voisines franciliennes, Paris et Créteil. 
Concernant Mme Avenel, les jeux ne sont pas totalement faits : une commission ad hoc, présidée par un conseiller d’Etat, doit encore valider l’aptitude de l’intéressée à exercer la fonction de rectrice. Sollicitée, cette dernière n’a pas répondu à nos questions. Cette ouverture du vivier des recteurs est en tout cas un moyen supplémentaire pour l’Etat d’intervenir dans les nominations et de « normaliser » un peu plus une administration de l’éducation nationale au fonctionnement historiquement à part.



                            


                        

                        

