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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Quatre agents russes ont été expulsés après avoir tenté, selon les Pays-Bas, de pirater le réseau Wi-Fi de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.
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Les Pays-Bas révèlent les détails d’une opération d’espionnage russe digne de la guerre froide

Quatre agents russes ont été expulsés après avoir tenté, selon les Pays-Bas, de pirater le réseau Wi-Fi de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 17h12
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 17h29
    |

            Martin Untersinger








                        



   


Ce vendredi 13 avril en fin d’après-midi, à La Haye (Pays-Bas), une Citroën C3 gris sombre stationne sur le parking de l’hôtel Marriott de La Haye, aux Pays-Bas. A un jet de pierre, derrière une simple barrière en métal, se dressent les locaux en demi-lune de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).
Les quatre ressortissants russes qui ont loué le véhicule, deux jours auparavant, ont éveillé les soupçons du MIVD, les services de renseignement néerlandais. Alexei Morenets, Evgeni Serebriakov, Oleg Sotnikov et Alexei Minin sont arrivés le 10 avril à l’aéroport international d’Amsterdam en provenance de Moscou, munis des passeports diplomatiques. Les services néerlandais les ont rapidement identifiés comme des agents du GRU, le renseignement militaire, et les soupçonnent de préparer une opération de piratage informatique.

   


Alarmés par leur proximité avec les locaux de l’OIAC, ils décident d’appréhender les quatre Russes. Le résultat de leur opération a été dévoilé, avec un surprenant niveau de détail, jeudi 4 octobre par le ministère néerlandais de la défense. Selon ce dernier, les agents du MIVD ont interrompu une opération d’espionnage digne des grandes heures de la guerre froide.
A l’intérieur de la Citroën opérait un véritable poste avancé d’espionnage. Sur la plage arrière, camouflée sous un manteau noir, une antenne blanche était pointée vers les locaux de l’OIAC. Branchée à un ordinateur, alimentée par une batterie portable, elle était destinée, affirment les autorités néerlandaises à pirater le réseau Wi-Fi de l’OIAC toute proche. La veille, l’organisation avait confirmé dans un rapport que l’agent neurotoxique utilisé à Salisbury, contre l’ex-agent double Sergueï Skripal et sa fille Youliya, était du Novitchok, un agent innervant de conception soviétique. Au grand dam de Moscou.

   


Le premier ministre néerlandais Mark Rutte et son homologue britannique Theresa May ont dénoncé dans un communiqué commun « les cyberactivités inacceptables » des services russes. « Rendre publique cette opération du GRU est une étape très inhabituelle pour les Pays-Bas », a reconnu la ministre de la défense, Ank Bijleveld, qui espère que la fermeté de l’accusation découragera le Kremlin. « L’espionnite aiguë des Occidentaux prend de l’ampleur », a, pour sa part, réagi le ministère russe des affaires étrangères.
20 000 dollars en liquide
Avant d’expulser vers la Russie les quatre espions, deux opérateurs « cyber » et deux agents au profil plus classique, les autorités de La Haye ont saisi un grand nombre de matériel et d’indices, que les suspects n’ont pas réussi, malgré leurs efforts, à faire disparaître suffisamment vite.
Le MIVD a ainsi mis la main sur 20 000 dollars et 20 000 euros en liquide, des documents, plusieurs téléphones, des appareils photo, des ordinateurs et du matériel d’espionnage. Le ministère de la défense, dans ce qui ressemble à un pied de nez à Moscou, a décidé de publier de nombreux éléments incriminants, découverts par ses enquêteurs.
L’un des téléphones retrouvé a ainsi réalisé sa première connexion avec le réseau téléphonique via une antenne-relais située à Moscou, à quelques encablures seulement de bureaux du GRU. Pas n’importe lesquels : le chef du MIVD a expliqué lors d’une conférence de presse qu’il s’agissait de l’unité 26165, tout récemment inculpée par la justice américaine pour son implication dans le piratage du parti démocrate, peu avant l’élection américaine de 2016.
Laboratoire d’analyses
Les services néerlandais ont aussi retrouvé dans la poche d’Alexei Morenets une note de taxi pour un trajet pour l’aéroport de Moscou. Selon cette note, le Russe est monté dans le véhicule dans une des rues adjacentes au siège du GRU. De même, des traces de recherches sur le Web portant sur l’OIAC ont été retrouvées sur l’ordinateur d’Evgeni Serebriakov.
Les autorités néerlandaises ont aussi retrouvé des indices liant ces quatre Russes à plusieurs autres opérations d’espionnage. Ils étaient ainsi en possession d’un billet de train qui devait les amener d’Utrecht, à 70 kilomètres à l’est de La Haye, jusqu’à Berne, la capitale suisse, via Bâle. C’est justement près de cette ville, à Spiez, que se trouve le laboratoire spécialisé régulièrement mandaté par l’OIAC pour ses analyses. Laboratoire sur lequel l’un des Russes appréhendés aux Pays-Bas s’était renseigné sur Internet.
C’est à ce laboratoire qu’avait échu l’analyse des prélèvements effectués à Salisbury. Armé de ces résultats, le Royaume-Uni avait ensuite désigné deux autres agents du GRU, identifiés comme Rouslan Bochirov et Alexandre Petrov, comme responsables de l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille. Il y a quelques jours, la presse néerlandaise et suisse se faisait justement l’écho de l’arrestation au Pays-Bas de deux agents du renseignement militaire russe.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ La première ministre britannique a fait son entrée sur scène au congrès du Parti conservateur en dansant sur un titre d’Abba. Un choix radical peut-être plus habile qu’il n’y paraît.
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La danse de Theresa May : gros malaise ou coup de génie ?

La première ministre britannique a fait son entrée sur scène au congrès du Parti conservateur en dansant sur un titre d’Abba. Un choix radical peut-être plus habile qu’il n’y paraît.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 17h02
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 18h04
   





                        



C’est d’abord un gros malaise. Theresa May entre en scène, en plein congrès de son parti mercredi 3 octobre, dans un enchaînement de mouvements robotiques exécutés en suivant approximativement le rythme de Dancing Queen, la chanson du groupe Abba.
« La personne qui a pensé que ce serait une bonne idée mérite d’être renvoyée », a tweeté Diane Abott, une parlementaire d’opposition. Outre la classe politique, nombreux ont été les internautes à tweeter commentaires atterrés, moqueries et détournements. Le meilleur, selon nous, sera sans aucun doute celui-ci, dont on soulignera les grosses ficelles :

I spent too much time on this. #TheresaMay https://t.co/4aODFe0VLU— Mr_LukeBenson (@Luke)


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Il ne faudrait pourtant pas y voir de la pure maladresse, ni un simple moment gênant pour elle, pour ses partisans venus l’applaudir au congrès du Parti conservateur et pour tous ceux qui sont tombés sur ces images dans un moment d’égarement, sur Internet. Les apparences peuvent être trompeuses. Non, Theresa May ne se ridiculise pas en tentant d’apparaître moins rigide qu’elle ne l’est. Elle pratique savamment une vertu toute britannique : l’autodérision. Ce qui n’a pas échappé au correspondant du Monde Philippe Bernard, qui était présent sur place.

Pour Theresa May, le Brexit vaut bien un petit swing. Les communicants avaient tout prévu: les slogans du parti n’é… https://t.co/JwrZkhvIxf— canalbernard (@Philippe Bernard)


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Car le rapport problématique de la première ministre britannique avec la danse ne date pas du congrès de mercredi. C’est à des mésaventures chorégraphiques antérieures qu’elle a voulu faire référence, des mésaventures survenues lors d’un voyage officiel en août sur le continent africain, d’abord en Afrique du Sud…

… puis au Kenya :

Les tentatives africaines de Theresa May avaient, comme il se doit, déchaîné les commentaires désapprobateurs et les moqueries. En dansant à nouveau à l’occasion du congrès conservateur, la cheffe du gouvernement britannique met la salle de son côté en se moquant d’elle-même.
C’est d’ailleurs sur la même tonalité que Mme May a prononcé les premiers mots de son discours. Déclenchant les rires de toute la salle, la première ministre s’est empressée de conserver sa légèreté une fois sa chorégraphie terminée en plaçant des références à son discours de l’année dernière, qui avait été désastreux, ravagé par des quintes de toux répétées et parasité par la chute d’éléments de décor.

https://t.co/SmNKy1dUh1— flashboy (@Tom Phillips)


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« Vous allez devoir m’excuser si je tousse pendant le discours : j’ai passé la nuit à coller le décor à la superglu ! » a-t-elle ironisé.
Il s’agissait de faire table rase et de désamorcer les railleries pour faire passer un message optimiste sur le fond et léger sur la forme, alors que le pays est confronté aux multiples difficultés du Brexit.
Et c’est bien cette volonté de légèreté qui a marqué les esprits, si l’on se fie aux « unes » de la presse britannique publiées jeudi matin.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ En septembre, des médias ukrainiens ont diffusé une vidéo où l’on voit des habitants de Transcarpatie, région à minorité hongroise, prêtant serment à la Hongrie.
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L’Ukraine expulse un consul hongrois, Budapest réplique

En septembre, des médias ukrainiens ont diffusé une vidéo où l’on voit des habitants de Transcarpatie, région à minorité hongroise, prêtant serment à la Hongrie.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 15h35
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 15h39
   





                        



   


L’Ukraine a annoncé jeudi 4 octobre l’expulsion d’un consul hongrois à la suite du scandale provoqué par une vidéo dans laquelle des Ukrainiens d’une région à minorité hongroise semblent prêter serment à la Hongrie.
Une note déclarant le consul « persona non grata » en raison d’« activités non compatibles avec son statut » diplomatique a été remise jeudi à l’ambassadeur hongrois en Ukraine. Budapest a répliqué dans la foulée en annonçant l’expulsion d’un consul ukrainien en Hongrie.

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Cet incident diplomatique fait suite à la publication en septembre par des médias ukrainiens d’une vidéo visiblement tournée en caméra cachée au consulat de Beregové, une petite ville de Transcarpatie — région de l’ouest de l’Ukraine comptant environ 100 000 habitants d’origine hongroise. On y voit des personnes prêtant serment à la Hongrie. « Je jure que je considère la Hongrie comme mon pays. Je serai citoyen fidèle de la Hongrie », répètent-elles en chœur en hongrois, avant d’écouter l’hymne de ce pays.
« Il vaut mieux ne pas rendre cela public », dit dans la vidéo une personne présentée comme un diplomate hongrois par les médias ukrainiens. « A la frontière, faites très attention ! A la frontière ukrainienne, ne montrez que votre passeport ukrainien », poursuit-elle.
Des relations toujours plus tendues
La publication de cette vidéo a crispé encore un peu les relations ukraino-hongroises, tendues depuis plusieurs années. « La Hongrie souhaite de bons rapports avec tous ses voisins, mais au cours des derniers mois, l’Ukraine n’a cessé de faire monter les tensions avec la Hongrie », a déclaré jeudi le ministre des affaires étrangères hongrois, Peter Szijjarto, selon qui le consul expulsé d’Ukraine « n’a rien fait qui aille contre les lois en vigueur. » Le consul hongrois, habitant à Beregové, « doit quitter le territoire ukrainien dans les soixante-douze heures », a exigé Kiev de son côté.
Les chefs de la diplomatie ukrainienne, Pavlo Klimkine, et hongroise, Peter Szijjarto, ont abordé cette affaire lors d’une rencontre la semaine dernière à New York, sans parvenir à un accord. Kiev, qui interdit la double nationalité, sans toutefois la sanctionner, accuse le gouvernement nationaliste de Viktor Orban d’avoir distribué ces dernières années près de 100 000 passeports hongrois à la minorité hongroise de Transcarpatie.
Budapest accuse pour sa part Kiev de porter atteinte aux droits de cette diaspora et menace d’agir au sein de l’Union européenne et de l’OTAN, dont la Hongrie est membre, pour entraver la coopération avec Kiev.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Battant pavillon italien, le navire, acheté et affreté par des militants, est parti jeudi matin pour secourir des migrants au large des côtes libyennes.
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Compte rendu

Le navire « Mare-Ionio », contre-attaque de la gauche italienne face à la politique de Salvini

Battant pavillon italien, le navire, acheté et affreté par des militants, est parti jeudi matin pour secourir des migrants au large des côtes libyennes.

Par                Antoine Harari (contributeur Le Monde Afrique, Augusta, Sicile)



LE MONDE
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        Le 04.10.2018 à 14h41

     •
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        Mis à jour le 04.10.2018 à 18h05






    
Le « Mare-Ionio » bat pavillon italien, un pavillon très difficile à obtenir.
Crédits : Francesco Bellina / Cesura


15 heures, jeudi 4 octobre. Le Mare-Ionio vient de quitter les eaux territoriales italiennes. Dans quatre-vingts heures, il patrouillera au large des côtes libyennes pour porter secours aux migrants en perdition. Affrété par des militants de la gauche italienne, ce nouveau venu dans le sauvetage en mer lance un véritable défi à l’Europe forteresse et adresse un pied de nez au ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini.
Mercredi soir, alors que le soleil se couche sur le port d’Augusta, au sud de la Sicile, une dizaine d’hommes s’affairent sur le bateau. Pendant que deux mécaniciens soudent des parois, des volontaires de l’ONG Sea Watch terminent d’installer des caillebotis en caoutchouc noir qui permettront d’accueillir des migrants à l’avant du navire.

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L’atmosphère est tendue. Erasmo Palazzotto fait du surplace, téléphone collé à l’oreille. « Il y a trois mois, je ne connaissais rien aux bateaux. Aujourd’hui, j’en possède un », rigole-t-il. Avec deux collègues du parti Sinistra Italiana (Gauche italienne), Nichi Vendola et Nicola Fratoianni, et Rossella Muroni, présidente du parti Liberi e Uguali (Libres et égaux), ils ont acheté le Mare-Ionio. Un prêt de 465 000 euros de la Banca Etica (Institut de la finance éthique) leur a permis d’acheter 110 000 litres de pétrole, de l’électronique, et de payer l’équipage. Leur budget s’est aussi enrichi de 70 000 euros de donations qui permettront de maintenir le bateau à flot. Pour la suite des opérations, l’équipe compte sur un financement participatif sur la plate-forme sociale Mediterraneo.

    
Sur le « Mare-Ionio », les derniers travaux avant l’appareillage.
Crédits : Francesco Bellina / Cesura


Afin d’éviter les déboires de l’Aquarius, le navire bat fièrement pavillon italien, un pavillon très difficile à obtenir, certes, mais qu’il sera quasiment impossible de lui retirer au vu de la nationalité de l’équipage et du propriétaire. Ce qui n’empêche pas Erasmo Palazzotto d’être prudent. « Tout ce que nous avons fait est légal et transparent. Nous respectons le droit maritime en allant porter secours en mer », observe-t-il, avant d’ajouter : « Lorsque les réfugiés que nous aurons secourus mettront le pied sur le Mare-Ionio, ils seront en territoire italien ! »
« Population dans la rue »
Préparée dans le plus grand secret, cette opération a pris corps en juin, alors que l’Italie fermait ses ports. « Au début, nous voulions partir pendant l’été, mais cela a été plus compliqué que prévu, raconte Erasmo Palazzotto. Du coup, nous serons en mer pour marquer la date symbolique du 3 octobre 2013. » Il y a exactement cinq ans, un gigantesque bateau de pêche coulait au large de Lampedusa, causant la mort de près de 400 migrants, pour la plupart érythréens. Ce naufrage, pour lequel l’Italie avait décrété un jour de deuil national, a durablement choqué l’opinion publique de la Péninsule.
Mercredi soir toujours, l’équipage attend anxieusement la réponse de la capitainerie, censée lui délivrer l’autorisation de prendre le large. Dans un climat politique aussi tendu, le petit groupe s’attend à tout. Si tout se passe comme prévu, le navire aura atteint les côtes libyennes ce week-end, après quatre-vingts heures de mer, et devrait être rejoint par deux voiliers privés ainsi que par l’Astral, la barque d’Open Arms. L’ONG espagnole et son fondateur, Oscar Camps, participent activement au projet.

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A bord du Mare-Ionio, un médecin, quatre personnes chargées du secours en mer ainsi que quatre membres d’équipage. Viennent s’y ajouter le militant Luca Casarini, fondateur du mouvement anti-mondialisation No Global et responsable des manifestations anti-G8 à Gênes, ainsi que Giuseppe Caccia, armateur du navire. Le groupe qui reste à terre est composé, lui, d’une alliance hétéroclite de militants anarchistes et de catholiques qui en ont en commun le refus de laisser des gens mourir en mer. Et, derrière eux, « nous avons créé un réseau qui ne passe plus par les gouvernements. Les villes de Palerme, Bologne, Amsterdam et Berlin ont décidé de nous soutenir. Non seulement en acceptant d’accueillir les personnes que nous sauverons mais également en nous appuyant dans notre mission », rappelle Giuseppe.

    
Le « Mare-Ionio » dans le port d’Augusta, en Sicile, début octobre.
Crédits : Francesco Bellina / Cesura


Avant de prendre la mer, l’homme a dû apprendre un nouveau métier, celui d’armateur. Mais l’ex-consultant en urbanisme – pour la ville de Bologne et la fondation Rosa-Luxembourg à Berlin – se veut confiant. De toute façon, il n’avait pas le choix puisque ces nouveaux venus du sauvetage n’ont pas réussi à trouver un armateur prêt à leur louer son bateau. « La plupart nous ont dit qu’ils craignaient des mesures de rétorsion du gouvernement ! Cela permet de se rendre compte de la gravité de la situation en Italie en ce moment », décrypte l’homme.

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Le Mare-Ionio n’hésitera pas à appeler à la mobilisation politique en cas de refus des autorités de lui ouvrir l’un des ports italiens : « Nous ne sommes pas une nouvelle ONG mais une plate-forme sociale, affirme le militant Luca Casarini. Ce bateau doit devenir un symbole, un défi aux politiques menées par l’Italie et l’Europe. S’ils ferment leurs ports, nous appellerons la population à descendre dans la rue. »


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Un scandale sexuel impliquant l’époux d’une académicienne suédoise a abouti à l’annulation du prix pour la première fois en plus de 50 ans.
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Prix Nobel de littérature : pourquoi il n’y en aura pas en 2018

Un scandale sexuel impliquant l’époux d’une académicienne suédoise a abouti à l’annulation du prix pour la première fois en plus de 50 ans.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 13h01
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 14h46
   





                        



   


Après le Nobel de chimie, mercredi, et avant le Nobel de la paix, vendredi, c’est aujourd’hui, jeudi 4 octobre, qu’aurait dû, comme chaque année, être décerné le prix Nobel de littérature. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, il n’en sera rien. L’écrivain britannique Kazuo Ishiguro restera le dernier récipiendaire en date jusqu’à l’année prochaine. Le scandale impliquant le Français Jean-Claude Arnault, 72 ans, époux de la poétesse et académicienne suédoise Katarina Frostenson, installé en Suède depuis les années 1970, a conduit l’académie suédoise à reporter la récompense à l’année prochaine en raison d’une « crise de confiance ».
En plein mouvement #metoo, dix-huit femmes avaient accusé Jean-Claude Arnault de viol et d’agression sexuelle perpétrés entre 1996 et 2017, dans un article publié dans le grand quotidien suédois Dagens Nyheter le 21 novembre 2017. M. Arnault a été condamné lundi à deux ans de prison par un tribunal de Stockholm, à la suite de la plainte d’une de ses victimes.
Cette figure de la scène culturelle stockholmoise est également soupçonnée de conflits d’intérêts. Jean-Claude Arnault, un homme au passé nébuleux, réputé fantasque mais longtemps intouchable, aurait en effet accaparé l’appartement parisien de l’académie suédoise et recevait d’elle de généreuses subventions pour le centre culturel qu’il a créé à Stockholm.

        Le point sur les prix :
         

          Qui sont les lauréats des prix Nobel 2018 et qu’ont-ils accompli ?



Un prix alternatif plus inclusif
Les révélations du journal suédois ont conduit dix-huit membres de l’académie à abandonner leur fauteuil, après avoir nié dans un premier temps avoir connaissance des agissements du Français. Le quorum de douze membres n’étant pas atteint, et la crédibilité de l’institution étant largement entamée, le Nobel de littérature 2018 ne sera décerné qu’en 2019, en même temps que la désignation du lauréat de l’année prochaine.
Pour pallier l’absence de ce grand rendez-vous littéraire, la journaliste et écrivaine Alexandra Pascalidou a fondé une organisation baptisée « La Nouvelle Académie », chargée de décerner un prix alternatif, plus démocratique et inclusif. En consultant d’abord les libraires suédois, elle a établi une liste d’écrivains parmi lesquels le public était invité à désigner en ligne des finalistes. Quatre écrivains et écrivaines ont été retenus : la romancière guadeloupéenne Maryse Condé, le Britannique Neil Gaiman, la Vietnamienne Kim Thùy et le Japonais Haruki Murakami qui, soucieux de ne pas s’exposer, a préféré décliner la nomination. Le prix sera décerné à l’un d’entre eux le 12 octobre.
L’hebdomadaire L’Obs a, lui, demandé à trois anciens lauréats du prix, l’Autrichienne Elfriede Jelinek, l’Américaine Toni Morrison et le Français Jean-Marie Gustave Le Clézio, qui aurait mérité le Nobel cette année. Parmi leurs lauréats, le Coréen Ko Un, la Libanaise Vénus Khoury-Ghata, l’Américain Ta-Nehisi Coates ou encore l’Américain Thomas Pynchon. Il faudra attendre encore un an pour savoir si l’un d’entre eux aura aussi été le coup de cœur de l’académie suédoise.

        Le récit :
         

          Prix Nobel : l’Académie suédoise en plein soap opera






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Avant l’attribution des Nobel de la paix et d’économie, voici les principales informations à retenir sur les récompenses scientifiques (médecine, physique, chimie) de cette année.
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Qui sont les lauréats des prix Nobel 2018 et qu’ont-ils accompli ?

Avant l’attribution des Nobel de la paix et d’économie, voici les principales informations à retenir sur les récompenses scientifiques (médecine, physique, chimie) de cette année.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 12h56
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 16h36
    |

            Gary Dagorn








                        


Les lauréats des prix Nobel scientifiques (médecine, physique, chimie) sont désormais connus. Six hommes et deux femmes ont été récompensés. Voici un aperçu de leurs réalisations, en attendant la remise des distinctions pour le « travail pour une paix durable » et les sciences économiques (le prix Nobel de littérature n’ayant pas été remis cette année).
Médecine : le système immunitaire contre le cancer
Le prix Nobel de médecine a récompensé cette année deux chercheurs, l’un japonais, l’autre américain, ayant travaillé sur une nouvelle façon de combattre les cellules cancéreuses. Tasuku Honjo et James P. Allison ont mené des travaux similaires qui montrent qu’il est possible d’utiliser le système immunitaire d’un malade pour éliminer les tissus cancéreux. C’est ce qu’on appelle désormais l’immunothérapie.
Tasaku Honjo, le premier, a commencé à travailler en 1992 à une protéine présente sur la surface des cellules tueuses de notre système immunitaire, les lymphocytes T. Cette protéine, baptisée PD-1, agit comme un frein à l’action des lymphocytes T afin que la réaction immunitaire soit proportionnée à la menace et ne se retourne pas contre les cellules saines. Après plusieurs années de recherche, Honjo a découvert qu’en inhibant la protéine PD-1, les lymphocytes pouvaient s’attaquer bien plus facilement aux cellules cancéreuses et ainsi combattre les tumeurs.
C’est à peu près la même découverte qu’a faite James P. Allison à l’université de Berkeley, à San Francisco, lorsqu’il s’aperçut qu’une autre protéine, la CTLA-4, fonctionnait aussi comme un frein à la réaction immunitaire du corps. Les expériences menées en 1994 pour bloquer CTLA-4 sur des souris atteintes d’un cancer ont montré des résultats spectaculaires de rémission. Après plusieurs années d’efforts, des essais cliniques en 2010 ont abouti à des résultats prometteurs chez des patients humains atteints de mélanomes avancés. Plusieurs patients ont ainsi vu disparaître toute tumeur maligne grâce à cette technique, alors que les autres traitements avaient échoué auparavant.
L’immunothérapie permet aujourd’hui d’augmenter significativement le taux de rémission des patients atteints de cancers jugés incurables avant et représente une source d’espoir pour des cancers tels que les mélanomes, les lymphomes, le cancer du poumon ou celui de la vessie.

        Focus sur le Nobel de médecine
         

          qui sacre la percée de l’immunothérapie du cancer



Physique : les lasers à l’honneur
Le 112e prix Nobel de physique a récompensé cette année trois chercheurs : Arthur Ashkin, Gérard Mourou et Donna Strickland. Le premier pour l’invention des pinces optiques et leur application dans le domaine médical ; les seconds pour l’invention d’une technique de génération de rayons laser très intenses ayant permis d’améliorer grandement la chirurgie optique.
Les pinces optiques d’Arthur Ashkin sont un outil révolutionnaire inventé en 1987. Il s’agit de manipuler des objets physiques microscopiques, tels que des atomes, des molécules, des virus ou des bactéries grâce à des rayons laser. Cela peut sembler étonnant, mais cette technique utilise la pression que la lumière peut exercer sur les choses pour les déplacer. Cette invention majeure a trouvé de multiples applications en médecine et en biologie, où il est devenu bien plus facile de manipuler des organismes vivants microscopiques sans les endommager, permettant des manipulations quasi aisées et une recherche médicale plus poussée.
Quant à Gérard Mourou, chercheur à Polytechnique et à l’université du Michigan, et Donna Strickland, chercheuse à l’université canadienne de Waterloo, ils sont les inventeurs d’une technique capable de générer de très puissantes et précises impulsions laser, grâce à une technique unique appelée « chirped pulse amplification » (ou CPA, « amplification d’impulsions par impulsions chirurgicales », en français). Celle-ci a notamment trouvé une application massive dans la chirurgie de correction des yeux et pourrait se révéler utile dans de nombreux autres domaines.

        Focus sur le Nobel de physique :
         

          trois chercheurs, dont un Français, récompensés pour leurs travaux sur les lasers



Chimie : l’évolution accélérée en éprouvette
Le Nobel de chimie 2018 a été décerné à trois spécialistes de l’« évolution dirigée » en éprouvette. Le jury suédois a attribué la moitié du prix à l’Américaine Frances Arnold (Caltech, Pasadena, Californie), tandis que son compatriote, George Smith (université du Missouri, Columbia), et le Britannique Gregory Winter (université de Cambridge) se sont partagé l’autre moitié.
Frances Arnold a essayé, au début des années 1990, de reproduire le processus d’évolution naturelle, mais en accéléré, en laboratoire. Elle a obtenu des enzymes totalement nouveaux, en partant de gènes naturels, qui codent leur synthèse dans l’ADN. Elle a d’abord créé de vastes collections de mutants génétiques et passé au crible les molécules produites pour ne retenir que celles qui étaient les plus performantes dans une situation donnée. Comme une sélection variétale de graines, mais à l’échelle microscopique et en accélérant les saisons.
George Smith a réalisé des expériences similaires sur des peptides, des petites molécules de moins d’une dizaine d’acides aminés (les composants de base des protéines), qu’il cherchait à lier à des cibles moléculaires spécifiques. En 1985, il découvre qu’un bactériophage, virus infectant les bactéries, peut être le bon outil pour façonner à sa guise des peptides qu’il pourra ensuite passer au crible pour sélectionner ceux qui l’intéressent, comme à travers le tamis d’un chercheur d’or. Le Britannique sir Gregory Winter s’est inspiré de cette technique pour sélectionner des anticorps, molécules bien plus complexes. Il a déposé des brevets et créé des sociétés (dont Cambridge Antibody Technology) pour utiliser ces recherches dans un but thérapeutique.

        Focus sur le Nobel de chimie
         

          pour des travaux sur l’évolution en éprouvette



Littérature : l’attribution du prix 2018 est reportée d’un an, et sera annoncée en même temps que le lauréat 2019. L’Académie suédoise a traversé une « crise de confiance » après un scandale d’agression sexuelle qui a entraîné des démissions en série.
Paix : attribué vendredi 5 octobre à 11 heures.
Sciences économiques : attribué lundi 8 octobre à 11 h 45.

Le prix de sciences économiques, un presque prix Nobel
Surnommé le « prix Nobel d’économie », le prix en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel n’est pas réellement un prix Nobel au même titre que les autres (physique, chimie, médecine, paix, littérature).
En effet, l’économie ne figure pas dans la liste des disciplines qu’Alfred Nobel a désignées dans le but de distinguer les individus ayant permis des progrès remarquables pour le savoir et l’humanité dans leurs domaines.
Le prix a été créé par la Banque de Suède en 1968 et a été décerné pour la première fois en 1969. La création du prix et ses conditions d’attribution se sont toutefois faites en accord avec la Fondation Nobel et l’Académie royale des sciences de Suède (qui est chargée de décerner les prix en physique et en chimie). Le prix de sciences économiques apparaît d’ailleurs sur le site officiel des Nobel aux côtés des autres.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Stefan G. avait qualifié une collègue de « sale juive » en juillet dans une rue de Bruxelles.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Peine inédite contre un fonctionnaire européen antisémite

Stefan G. avait qualifié une collègue de « sale juive » en juillet dans une rue de Bruxelles.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 11h23
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Bureau européen)








                        



                                


                            

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a prononcé une peine inédite et se voulant exemplaire à l’égard d’un fonctionnaire européen, mis en examen pour des actes à caractère antisémite. Dans un jugement prononcé le 21 septembre et publié cette semaine, le tribunal a indiqué à Stefan G., de nationalité maltaise, que sa condamnation pour incitation à la haine et coups et blessures serait suspendue pendant trois ans à condition qu’il effectue un travail bénévole dans une association ou une organisation luttant contre le racisme, l’antisémitisme, la discrimination, la haine ou la violence contre les personnes de confession juive. Il sera aussi soumis au contrôle d’une commission de probation.
C’était dans la soirée du 16 juillet 2015, dans le quartier européen de Bruxelles. Le fonctionnaire européen d’une cinquantaine d’années a fêté un anniversaire et se promène avec, entre les mains, une plaque minéralogique portant la mention « Mussolini ». Interpellé par une autre fonctionnaire, présente à une terrasse, qui lui indique que, « quand même, Mussolini était un dictateur », l’homme s’énerve, frappe, traite la dame de « sale juive » et affirme que « tous les juifs auraient dû être tués ». Il tente aussi de l’étrangler.

Les faits seront confirmés par un témoin. Une personne qui se trouvait avec le fonctionnaire – lequel est par ailleurs représentant d’un syndicat du personnel européen – dira que Stefan G. était ivre et s’était emparé de la plaque de l’un ses amis italiens, sympathisant du fascisme.
Relayée par la presse, l’affaire va entraîner un procès pénal et l’ouverture, par la Commission européenne, d’une enquête administrative. Celle-ci portera aussi sur trois courriels d’intimidation que recevra la victime. Stefan G. niera en être l’auteur.
« Les valeurs des Lumières »
Dans son jugement, le tribunal évoque « des faits graves et inadmissibles dans un Etat de droit qui repose sur des valeurs du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Le socialiste Pierre Moscovoci annonce qu’il ne sera pas candidat aux élections européennes de mai 2019 sous la bannière du PS.
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Pierre Moscovici : « Je reprends simplement ma liberté de pensée et de parole »

Le socialiste Pierre Moscovoci annonce qu’il ne sera pas candidat aux élections européennes de mai 2019 sous la bannière du PS.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 12h20
    |

            Solenn de Royer, 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Enora Ollivier








                        



                                


                            

Pierre Moscovici, 61 ans, est commissaire européen aux affaires économiques et financières dans la Commission Juncker depuis fin 2014. Aux avant-postes des crises européennes, l’ex-eurodéputé et ancien ministre des finances de François Hollande, toujours socialiste, explique au Monde pourquoi il ne se lancera pas dans la bataille des élections européennes de mai 2019 sous la bannière de son parti.
Allez-vous vous lancer dans la primaire interne des socialistes européens pour désigner son candidat au remplacement de Jean-Claude Juncker ?
Pour moi, la question du Spitzenkandidat [tête de liste des partis paneuropéens] était liée à la possibilité d’une candidature à la tête de liste du Parti socialiste. Je l’ai envisagée. Non pas par ambition personnelle mais par esprit de responsabilité, parce que j’aurais pu être utile, au regard de mes vingt-cinq ans d’expérience européenne. Après une réflexion sérieuse, j’en suis arrivé à la conclusion que les conditions d’une candidature ne sont pas réunies.
Lesquelles ?
Le PS n’a pas pris la mesure du défi existentiel auquel fait face l’Europe. Pour la première fois dans son histoire, son existence est menacée : elle peut imploser ou être pervertie par des responsables d’extrême droite, Matteo Salvini, Marine Le Pen ou Viktor Orban. Dans un moment pareil, il faut promouvoir l’unité d’une Europe puissante, plus intégrée. Ce n’est pas le moment de reculer ou de tergiverser.

On ne peut pas à la fois regarder du côté d’un Jean-Luc Mélenchon, qui a des accents nationalistes et conteste les traités européens, et vers mes amis socialistes ou progressistes que sont Antonio Costa [premier ministre portugais], Pedro Sanchez [chef du gouvernement espagnol] ou Alexis Tsipras [premier ministre grec]. Ce n’est ni la même gauche ni la même Europe. Pour moi, le PS n’a pas clarifié sa position : est-il réellement un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Pour ajourner l’offensive de Bachar Al-Assad, Ankara multiplie les pressions sur l’ex-branche d’Al-Qaida en Syrie.
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A Idlib, la Turquie s’emploie à neutraliser les groupes djihadistes

Pour ajourner l’offensive de Bachar Al-Assad, Ankara multiplie les pressions sur l’ex-branche d’Al-Qaida en Syrie.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 11h08
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante), 
Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant) et 
Madjid Zerrouky








                        



                                


                            

Un calme durable s’est imposé sur les lignes de front qui séparent la dernière enclave rebelle des forces gouvernementales syriennes, après l’accord conclu le 17 septembre à Sotchi, en Russie, entre Vladimir Poutine et son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan. Cette trêve reste cependant suspendue à l’attitude de la dizaine de milliers de combattants du groupe Hayat Tahrir Al-Cham (HTC), l’ex-branche syrienne d’Al-Qaida, qui contrôle militairement une partie de l’enclave et dont la Russie exige l’éradication.
Secoué par des tensions internes, le groupe djihadiste ne s’est toujours pas prononcé officiellement sur l’accord. Le compromis de Sotchi prévoit la création d’une zone tampon de 15 à 20 kilomètres de large, que les groupes rebelles les plus radicaux devront quitter après l’avoir débarrassée « de toutes les armes lourdes ».
Décidée à remplir son rôle dans la mise en place d’une « zone démilitarisée », la Turquie a renforcé ses postes d’observation dans la région, mercredi 3 octobre, en y dépêchant une quarantaine de véhicules militaires. Des renforts similaires avaient été observés le 25 septembre.
L’évacuation des armes lourdes doit avoir lieu d’ici au 10 octobre, et le départ des djihadistes doit être acté cinq jours plus tard. La Turquie s’est engagée, d’ici la fin de l’année, à rouvrir au trafic les deux autoroutes qui traversent la région d’Idlib : elles sont, pour l’heure, contrôlées par plusieurs factions rebelles, qui réclament des droits de passage.
Entravée par des zones d’ombre
Présentée comme une victoire diplomatique du président Erdogan, qui a pu éviter la catastrophe humanitaire annoncée aux 3 millions de civils d’Idlib, en éloignant la perspective d’une offensive du régime, l’initiative turque est entravée par les zones d’ombre qui demeurent dans l’accord, un mémorandum d’une page à peine : dix paragraphes aux formulations imprécises.

Mais, dans les faits, la question des armes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Le bateau de secours aux migrants, dont l’activité est en sursis, appelle les gouvernements européens à lui permettre de poursuivre sa mission.
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L’« Aquarius » est à Marseille et attend un nouveau pavillon

Le bateau de secours aux migrants, dont l’activité est en sursis, appelle les gouvernements européens à lui permettre de poursuivre sa mission.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 11h41
   





                        


L’organisation non gouvernementale (ONG) SOS Méditerranée a annoncé sur Twitter que son navire, l’Aquarius, est arrivé jeudi 4 octobre dans le port de Marseille. Depuis que le Panama a annoncé sa décision de retirer au bateau humanitaire son pavillon à la fin de septembre pour « non-respect » des « procédures juridiques internationales » concernant le sauvetage des migrants en mer, l’ONG craint que la mesure ne soit appliquée « dès qu’il va toucher terre », a expliqué mercredi sa directrice, Sophie Beau.

UPDATE The #Aquarius has arrived in #Marseille for port call. We call on #European governments to allow us to conti… https://t.co/mhiD10vGFl— SOSMedIntl (@SOS MEDITERRANEE)


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Mme Beau a ajouté qu’elle espérait que le Panama revienne sur sa décision, jugeant indispensable que le navire reprenne sa mission. « Nous appelons les gouvernements européens à nous permettre de poursuivre notre travail pour sauver des vies en nous donnant un pavillon, a insisté l’ONG sur Twitter. Nous sommes déterminés à revenir dans les eaux internationales de la Méditerranée centrale dès que possible. »
L’Aquarius est le dernier navire humanitaire à parcourir la Méditerranée pour secourir des migrants qui tentent la traversée clandestine vers l’Europe, fait valoir l’association. Depuis quatre ans, plus de 15 000 personnes sont mortes noyées en Méditerranée en tentant la traversée sur des embarcations de fortune, selon l’ONG. En deux ans et demi, SOS Méditerranée dit avoir secouru 29 523 personnes dont 23 % sont des mineurs.

        Lire aussi :
         

                « Pour les migrants en mer, le plus grand danger ce sont la politique, les politiciens et la politique extérieure de l’UE »







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ « Kler », de Wojcieh Smarzowski, aborde notamment la question de la pédophilie des prêtres.
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Un film dénonçant les péchés de l’Eglise crée un électrochoc en Pologne

« Kler », de Wojcieh Smarzowski, aborde notamment la question de la pédophilie des prêtres.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 10h58
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



   


Avec un million de spectateurs dès le week-end de lancement, le film Kler (« clergé »), du réalisateur Wojciech Smarzowski, sorti le vendredi 28 septembre en Pologne, s’annonce déjà comme le plus grand succès commercial de tous les temps dans le pays. Dans le dernier bastion catholique d’Europe, le film, qui se veut le miroir de l’hypocrisie de l’Eglise polonaise face, notamment, aux scandales de pédophilie, est en passe de devenir un véritable phénomène de société. Les études d’opinion indiquent que deux tiers des Polonais ont l’intention d’aller voir le film.
Pour la chrétienté polonaise, c’est un électrochoc. L’Eglise catholique est omniprésente dans l’espace public, bénéficie de nombreux privilèges et joue un rôle politique prépondérant. Jaroslaw Kaczynski, le chef du parti ultraconservateur au pouvoir (Droit et justice, PiS), est allé jusqu’à dire que « chaque coup porté contre l’Eglise est un coup porté contre la Pologne ». Le jeu d’instrumentalisation entre les pouvoirs sacré et profane est réciproque et permanent.

        Lire aussi :
         

                La Pologne et sa croix



La religion est enseignée à l’école, sans que l’Etat n’ait de droit de regard sur les programmes. La législation encadrant l’avortement est parmi les plus restrictives d’Europe, et le blasphème – l’« offense au sentiment religieux » – puni par la loi. En outre, les scandales de pédophilie sont récurrents, même si leur nombre paraît sans cesse minimisé. La cour d’appel de Poznan vient de condamner, mardi 2 octobre, une congrégation religieuse, jugée responsable des actes de pédophilie d’un de ses membres.
Style trash
Le succès de Kler s’explique avant tout par le fait que c’est une œuvre sur les coulisses d’une institution, dont bien des Polonais, même croyants, ont du mal à accepter la toute-puissance. Si le réalisateur prétend vouloir montrer ce qui se passe « de l’autre côté de l’autel », le film met paradoxalement à l’écran ce qu’une large partie de la population pense tout bas : l’avidité, les abus de pouvoir du clergé, la corruption, une pédophilie endémique.
« Lors d’une avant-première réservée à des prêtres, ces derniers mettaient des noms sur chacun des personnages de fiction présentés en les montrant du doigt », Wojciech Smarzowski, réalisateur
L’œuvre raconte l’histoire de trois amis prêtres représentatifs des 33 000 curés que compte le pays : l’un est un curé influent dans une ville de taille moyenne, le second évolue dans la haute hiérarchie et ambitionne une carrière à Rome, le troisième officie dans un petit village pauvre de province. L’un d’entre eux est accusé à tort de pédophilie alors que le second use de son pouvoir et de son influence pour masquer ses crimes. L’un comme l’autre ont été victimes ou témoin de tels actes dans leur enfance. La scène phare montre l’archevêque et ses proches conseillers se réjouir avec force applaudissements quand, à la lecture des journaux, à l’aube, ils constatent que le scandale touchant leur confrère est bien étouffé.
Dans un style trash, Wojciech Smarzowski décide de présenter au spectateur tous les péchés de l’Eglise polonaise. On peut ainsi voir un condensé du pire : un archevêque ultracorrompu au vocabulaire peu catholique, des prélats roulant en Bentley ou en Mercedes dernier cri, un prêtre vivant en couple, demandant à sa compagne d’avorter de son deuxième enfant, des enveloppes et sacs en plastique remplis de liasses de billets, des appels d’offres truqués, des hommes politiques et d’affaires au chevet de la hiérarchie ecclésiastique.
Minutieuse consultation

   


Le scénario a fait l’objet d’une minutieuse consultation avec d’anciens et actuels membres de l’Eglise, attestant de la véracité de l’atmosphère et des anecdotes relatées. « Lors d’une avant-première réservée à des prêtres, ces derniers mettaient des noms sur chacun des personnages de fiction présentés en les montrant du doigt : “Ça, c’est untel, et lui, c’est untel”, relate le réalisateur, ça m’a surpris. » Mais il se garde bien de tout manichéisme, dévoilant au long du film des histoires humaines complexes.

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                Le pape François oppose « l’hospitalité » des Lituaniens à ceux qui « expulsent les autres »



La force du film est avant tout de désacraliser l’institution et les hommes qui la composent. Le réalisateur met ainsi la lumière sur un certain nombre de phénomènes peu connus, comme celui de l’alcoolisme chez les prêtres, ou celui d’une homosexualité fortement répandue. Le film, qui se garde bien de critiquer la foi ou la spiritualité, questionne le rapport des Polonais à l’institution : en se rendant à la messe dominicale, qui réunit chaque semaine 42 % de la population, ne cautionnent-ils pas ce que le réalisateur qualifie d’« hypocrisie généralisée » ? Compte tenu du succès du film, tout indique que le débat sur les « maladies de l’Eglise » ne fait que commencer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Le dirigeant des Serbes de Bosnie, candidat dimanche à la présidence centrale, est contesté après un meurtre non élucidé.
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En Bosnie, Dodik tout-puissant mais fragilisé

Le dirigeant des Serbes de Bosnie, candidat dimanche à la présidence centrale, est contesté après un meurtre non élucidé.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 10h40
    |

            Jean-Baptiste Chastand (Banja Luka, Bosnie-Herzégovine, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Tous les soirs depuis six mois, la même scène se répète au cœur de Banja Luka. Davor Dragicevic demande « justice » pour son fils, David, mort en mars dernier dans des conditions mystérieuses. En plein centre de la capitale des Serbes de Bosnie, cet homme de 49 ans commet un crime de lèse-majesté encore inimaginable il y a quelques mois dans ce territoire sous la coupe depuis 2010 d’un président ultranationaliste et provocateur, Milorad Dodik.
« A tous les tueurs du SNSD [le parti de M. Dodik], votre temps est terminé », proclame-t-il devant plusieurs centaines de personnes réunies autour d’un mémorial improvisé à la mémoire de son fils retrouvé mort dans une rivière, à 21 ans.
Ensuite, il tape violemment avec son pied et crache sur le portrait de plusieurs cadres du pouvoir, sur une des chansons hip-hop dans laquelle David Dragicevic qualifiait de « ghetto » la capitale de la Republika Srpska (la République serbe de Bosnie), l’une des deux entités qui constitue la Bosnie-Herzégovine, au côté de la Fédération bosno-croate. La mobilisation « Pravda za Davida » (« justice pour David ») parasite la campagne de l’homme fort des Serbes de Bosnie pour les élections du dimanche 7 octobre .

Enquête déplorable
Milorad Dodik espérait jusqu’ici passer tranquillement de Banja Luka, où il avait atteint la limite de deux mandats, à Sarajevo, siège de la présidence tripartite tournante à la tête de l’ensemble pays, qui regroupe un Serbe, un Bosniaque et un Croate, depuis les accords de Dayton qui ont mis fin à la guerre, en 1995, au prix de l’installation d’une organisation politique complexe et largement corrompue.
« Dodik va perdre parce qu’il n’a jamais voulu résoudre le meurtre de mon fils », promet désormais Davor Dragicevic, qui n’appelle pas pourtant à voter pour l’opposition, depuis la tente où il s’est installé vingt-quatre heures sur vingt-quatre, à quelques jours du scrutin. S’il n’accuse pas directement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Effondrement d’un plafond, infiltrations d’eau, terrasses dangereuses : toujours ceinturé d’échafaudages, le Palais de justice de la capitale belge s’écroule faute d’entretien. Une rénovation est prévue pour 2040.
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Le Palais de justice de Bruxelles en péril


                      Effondrement d’un plafond, infiltrations d’eau, terrasses dangereuses : toujours ceinturé d’échafaudages, le Palais de justice de la capitale belge s’écroule faute d’entretien. Une rénovation est prévue pour 2040.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 07h15
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








   


On savait sa survie en danger, on ignorait que celle de ses occupants pouvait, elle aussi, être menacée : par une douce nuit de début septembre, un plafond du Palais de justice de Bruxelles s’est effondré. Les blocs tombés dans un bureau auraient pu blesser grièvement des employés au greffe de la Cour de cassation si l’incident était survenu durant leurs heures de travail.
Une œuvre mégalomaniaque
Ce n’est pas la première fois que l’on recense un événement de ce genre dans cette construction aussi démesurée que géniale, aussi impressionnante que délabrée, perpétuellement ceinturée d’échafaudages que l’on n’ose, paraît-il, plus enlever, de crainte qu’ils emportent une partie de la façade. Les occupants de cette œuvre mégalomaniaque, bâtie au XIXe siècle sous le règne de Léopold II et confiée à l’architecte Joseph Poelaert, ont tous une anecdote à livrer : infiltrations d’eau dans les salles d’audience, corniches envahies par une végétation sauvage, terrasses branlantes, archives infestées de champignons et consultables seulement avec une tenue de sécurité. Dans les trois sous-sols, où sont conservés les actes d’état civil, les objets saisis, les pièces à conviction, les armes et les explosifs, l’eau et les insectes ont aussi fait leur œuvre.
Un autre pays aurait peut-être pris soin de ce somptueux vaisseau de 26 000 m² doté d’une armature métallique et coiffé d’une coupole haute de 30 mètres (le bâtiment culmine à 180 m), qui surplombe un majestueux hall de marbre. Toutefois, l’œuvre de Poelaert – il perdit, paraît-il, la raison après avoir achevé ce projet que Paul Verlaine qualifiait de « biblique » – est surtout devenue le symbole d’un Etat négligent et d’une justice délaissée. Ce royaume fragile ne s’est peut-être pas effondré, lui, mais il a préféré oublier cette œuvre embarrassante, classée en 2016 par l’ONG new-yorkaise World Monuments Fund parmi les cinquante bâtiments remarquables les plus menacés au monde.
On a songé à l’abattre, à le transformer, à le doter de restaurants et de boutiques.
Le Palais de justice n’a, en fait, pas été véritablement entretenu depuis une cinquantaine d’années, et si le gouvernement actuel promet un énième plan, celui-ci ne devrait pas être concrétisé avant… 2040. Philippe Close, bourgmestre de la capitale, s’est ému et a réclamé une étude rapide sur la stabilité globale du mastodonte. L’opinion, elle, semble indifférente au sort de ce bâtiment rare. Il est vrai que, dès le départ, la construction qui devait dominer le quartier populaire des Marolles suscita l’allergie : à Bruxelles, le terme « Schieven architek » (« architecte tordu » en ancien patois local) adressé à Poelaert – parce qu’il fit raser une bonne partie du quartier – est devenu une insulte visant tous ceux qui incarnent mal la puissance publique et abusent de leur pouvoir.
Lire aussi : Le palais Poelaert à la dérive
Que faire, donc, du Palais ? On a songé à l’abattre, à le transformer, à le doter de restaurants et de boutiques. Un ancien ministre fédéral de la justice a espéré l’offrir à la Région de Bruxelles, qui n’en a pas voulu, faute de moyens pour lui offrir un avenir. Une commission a évoqué l’idée d’un musée, d’une patinoire ou d’un… cirque. Les avocats des deux barreaux (francophone et flamand) se sont, eux, ligués, il y a quelques années, pour exiger que le Palais reste dévolu à la justice et qu’on y rapatrie tous les tribunaux et les services qui en furent progressivement exfiltrés. Faute de mieux, apparemment, le gouvernement a finalement opté pour une rénovation. Qui risque, toutefois, de se faire longtemps attendre, d’autant que les 100 millions prévus seront sans doute insuffisants. Il en faudrait trois ou quatre fois plus, affirme Luc Hennart, le président du tribunal de première instance. Qui demande surtout au monde politique « une analyse, une vision ».
Le plus haut magistrat du pays, Jean de Codt, vient, lui, d’adresser une lettre aux ministres de la justice et de l’intérieur (qui a tutelle sur la régie des bâtiments) pour souligner que l’éclatement des différents pouvoirs censés maintenir le Palais à flot pose des problèmes insolubles. Aux dernières nouvelles, son courrier n’a impressionné personne et n’aurait eu aucun effet.



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Le pape François a ouvert mercredi cette réunion en appelant à « transformer » les structures parfois figées de l’Eglise qui éloignent les jeunes.
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A Rome, un synode des évêques sous pression

Le pape François a ouvert mercredi cette réunion en appelant à « transformer » les structures parfois figées de l’Eglise qui éloignent les jeunes.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 00h02
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 07h48
    |

            Cécile Chambraud (Rome, envoyée spéciale)








                        



   


Pendant plus de trois semaines, quelque 250 évêques de tous les pays, auxquels ont été adjoints 32 « experts », 34 jeunes et 49 auditeurs, dont quelques femmes, sont réunis à Rome pour un synode de l’Eglise catholique consacré aux jeunes et aux vocations. Préparée depuis dix-huit mois par des consultations dans les différents pays, qui ont fourni la matière d’un rapport introductif (instrumentum laboris), cette réunion n’échappe pas au sujet qui, depuis janvier, tétanise l’Eglise catholique : les violences sexuelles commises par des clercs, en particulier sur des mineurs. Et la perte de crédibilité et d’autorité morale auprès des croyants en général, et des jeunes en particulier, qui en découle.
Un sondage du Pew Research Center, publié mardi 2 octobre, montre que seulement 31 % des catholiques américains estiment aujourd’hui que le pape François gère bien la crise des abus, contre 45 % en janvier et 55 % en 2015. Près de la salle où se réunissent les évêques, une vingtaine de victimes de prêtres pédophiles se sont rassemblées pour demander à être entendues par la hiérarchie de l’Eglise.
« Transformer les structures »
Le pape François avait bien sûr cette toile de fond en tête, mercredi 3 octobre, à l’ouverture d’un synode qui va durer jusqu’au 28 octobre. Dans son homélie, lors de la messe inaugurale, il a rappelé qu’il y a plus de cinquante ans le concile Vatican II (1962-1965), qui avait ouvert l’Eglise sur le monde contemporain, avait adressé son dernier message aux jeunes, précisément.
« Beaucoup d’entre nous étaient jeunes ou faisaient leurs premiers pas dans la vie religieuse alors », a remarqué le pontife. Il a demandé aux évêques de retrouver l’élan d’alors afin de pouvoir être « une mémoire active » qui « ne se laisse pas étouffer ni écraser par des prophètes de calamités et de malheur, ni par nos limites, erreurs et péchés ».
Mais l’Eglise catholique ne pourra transmettre aux jeunes « des rêves et de l’espérance », qu’à la condition de « transformer [les] structures qui aujourd’hui nous paralysent, nous séparent et nous éloignent des jeunes », de rompre « avec le conformisme du “on a toujours fait ainsi” » et de prendre les jeunes d’aujourd’hui tels qu’ils sont, sans tomber dans la tentation d’adopter « une position moralisante ou élitiste », a-t-il ajouté.

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Message d’avenir
Au plus fort de la tempête que traverse aujourd’hui l’Eglise catholique, le pontife s’est efforcé de lui redonner des perspectives d’avenir. Quand bien même « le présent, y compris celui de l’Eglise, apparaît chargé d’ennuis, de problèmes, de fardeaux », a-t-il dit lors de son discours introductif devant l’assemblée plénière des évêques, il ne faut pas « ressasser les amertumes » mais au contraire « chercher à “fréquenter l’avenir” ».
Il a reconnu qu’entretenir, voire renouer, le dialogue avec la jeunesse ne va pas de soi. La préparation du synode, a-t-il dit, a « mis en évidence une Eglise en déficit d’écoute (…) vis-à-vis des jeunes, qui souvent ne se sentent pas compris par l’Eglise dans leur originalité et donc pas accueillis pour ce qu’ils sont vraiment, et parfois même rejetés ». « Sortons des préjugés et des stéréotypes », a-t-il demandé aux évêques.
Leur génération doit éviter de « parler des jeunes à partir de catégories et de schémas mentaux désormais dépassés » et « vaincre la tentation de sous-évaluer les capacités des jeunes et de les juger négativement ». De leur coté, les jeunes « doivent vaincre la tentation (…) de considérer les personnes âgées comme “des affaires anciennes, passées et ennuyeuses” ».
Démissions en série
Il serait cependant surprenant que le contexte permette aux prélats réunis à Rome de poursuivre placidement leur ordre du jour sur les vocations chez les jeunes sans revenir d’une manière ou d’une autre sur une crise qui connaît chaque jour de nouveaux développements.
Au moment même où s’ouvrait le synode, à Rome, l’archevêque de Santiago, le cardinal Ricardo Ezzati, s’est rendu à la convocation, plusieurs fois reportée, d’un procureur chilien qui voulait l’entendre sur des accusations de dissimulation d’agressions sexuelles. De nombreux clercs chiliens font aujourd’hui l’objet d’enquêtes judiciaires (elles sont au nombre de 119). La situation de crise est telle dans le pays que tous les évêques en fonction (un peu plus de trente) ont donné leur démission au pape, qui en a pour l’instant accepté sept.

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Le cardinal Ezzati, 76 ans, le plus haut dignitaire de l’Eglise catholique chilienne, est ressorti au bout d’une heure des bureaux du procureur de Rancagua (sud de Santiago) sous haute protection policière en affirmant : « Nous allons tous collaborer en tous points ». Un peu après, son avocat, Hugo Rivera, a précisé que Mgr Ezzati avait… choisi de garder le silence, « jusqu’à ce que nous discutions avec le ministère public d’un non-lieu définitif ».
« Le cardinal est totalement innocent (…) il n’a jamais rien caché, ni détruit de preuves », a-t-il ajouté. Dans cette enquête, le cardinal Ezzati est accusé d’avoir couvert les agissements d’Oscar Muñoz, l’un de ses proches collaborateurs, actuellement assigné à résidence. Oscar Muñoz est accusé d’avoir abusé d’au moins un mineur – mais le diocèse aurait été informé d’autres cas.

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En Pologne, une cour d’appel de Poznan a jugé, mardi, qu’une congrégation religieuse était responsable des actes de pédophilie d’un de ses membres, une décision sans précédent. Le tribunal a maintenu la décision condamnant la Société du Christ pour les émigrés de Pologne à payer un million de zlotys (240 000 euros) à une femme âgée aujourd’hui de 24 ans, victime, à l’âge de 13 ans, d’un prêtre ayant appartenu à cette institution. Il lui a accordé par ailleurs une rente à vie de 800 zlotys (186 euros) par mois. Mais la congrégation condamnée a d’ores et déjà annoncé qu’elle se pourvoirait en cassation car elle « estime qu’il n’est pas possible de transférer la responsabilité sur elle », a déclaré à la presse son avocat, Krzysztof Wyrwa.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 03/10/2018
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Bousculée sur le Brexit, Theresa May sort renforcée du congrès du Parti conservateur

Dans son discours, la première ministre britannique a proposé un libéralisme réformé et un début de vision des relations avec l’UE après le Brexit.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 18h33
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 10h09
    |

            Philippe Bernard (Birmingham, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Une mise en scène impeccable, une pointe d’humour, une confiance en soi nouvelle, des mots choisis pour faire vibrer les militants conservateurs, une invitation au pragmatisme qui annonce un compromis possible sur le Brexit et un appel répété à l’unité autour du « gouvernement raisonnable et patriote dont ce pays a besoin ». Formellement, Theresa May a gagné la partie serrée qui se jouait, mercredi 3 octobre à Birmingham, au congrès du Parti conservateur britannique.
Son discours de clôture, largement tourné vers l’avenir et les « opportunités » offertes par la sortie de l’Union européenne, semble remettre en selle au moins provisoirement une première ministre terriblement affaiblie à un moment crucial des négociations avec Bruxelles. Sa prestation n’écarte toutefois pas le risque d’une mise à l’écart de Mme May en cas de déraillement des tractations avec l’UE dans les semaines à venir.

Comme si son parti n’était pas en train d’exploser à propos de l’Europe, Mme May a fait son entrée devant les congressistes en se dandinant au son de Dancing Queen d’Abba, histoire de contredire l’image de la femme de devoir rigide et froide qu’elle donne souvent d’elle-même. L’autodérision est très appréciée au Royaume-Uni, et la performance de Mme May faisait référence à des vidéos d’elle, fort moquées sur Internet, qui la montrent se déhanchant maladroitement lors d’un voyage en Afrique du Sud et au Kenya. Les pas de danse ont servi à conquérir la salle, mais aussi à introduire le fil rouge de son propos : l’optimisme.
Le Brexit a occupé moins de 20 % de son long discours, périodiquement interrompu par des ovations, car le sujet déchire les tories. L’essentiel de l’exercice a consisté pour Mme May à tenter désespérément de se projeter dans l’après-Brexit, pour rassembler les militants autour des valeurs d’un libéralisme éclairé – libre entreprise, rôle minimum de l’Etat mais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Londres accuse toujours les services de renseignement militaire russes d’être derrière l’empoisonnement de Sergueï Skripal et sa fille.
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Pour Vladimir Poutine, l’ex-agent double russe Sergueï Skripal est un « traître à la patrie », une « ordure »

Londres accuse toujours les services de renseignement militaire russes d’être derrière l’empoisonnement de Sergueï Skripal et sa fille.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 18h14
   





                        



   


« Ce n’est qu’une ordure, purement et simplement. » Vladimir Poutine s’en est pris mercredi 3 octobre à l’ex-agent double russe Sergueï Skripal empoisonné en mars en Angleterre, affirmant que celui-ci avait continué de collaborer avec les services secrets occidentaux.
« Ce Skripal n’est qu’un traître. Il a été pris et puni, il a passé cinq ans en prison. Nous l’avons libéré, il est parti [en Grande-Bretagne] et continuait de collaborer et de conseiller les services secrets. Et alors ? », a déclaré le président russe lors d’un forum consacré à l’énergie à Moscou. « Ce n’est qu’un espion, un traître à la patrie. (…) Ce n’est qu’une ordure, purement et simplement. Mais il y a toute une campagne de presse qui a été montée autour de ça. »
Sergueï Skripal et sa fille, Ioulia, avaient été retrouvés le 4 mars inconscients sur un banc public de Salisbury, dans le sud de l’Angleterre, après qu’un agent innervant de conception soviétique, le Novitchok, avait été aspergé sur la porte d’entrée de leur domicile. Après plusieurs semaines, ils avaient, finalement, pu sortir de l’hôpital.

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                Qu’est-ce que le Novitchok, poison neurotoxique d’origine soviétique ?



Crise diplomatique
L’empoisonnement a provoqué une crise diplomatique entre Londres, ainsi que ses alliés occidentaux, et la Russie. Londres accuse les services de renseignement militaire russes, le GRU, d’être derrière cet empoisonnement et a lancé un mandat d’arrêt européen contre deux Russes soupçonnés d’avoir perpétré l’attaque contre les Skripal.

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                Affaire Skripal : l’étau se resserre autour du renseignement militaire russe



Moscou dénonce, pour sa part, « une manipulation de l’information » et dément toute implication. « Parfois, je regarde ce qu’il se passe autour de cette affaire, et je suis effaré », a lancé, mercredi, M. Poutine.
Sergueï Skripal, ancien officier du GRU, avait été condamné en 2006 pour « haute trahison », après avoir été reconnu coupable d’avoir vendu des informations aux Britanniques. Il avait bénéficié en 2010 d’un échange d’espions organisé entre Moscou, Londres et Washington, et s’était installé en Angleterre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ La première ministre britannique a appelé ses troupes à l’unité, dans « la phase la plus difficile des négociations » du Brexit.
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Royaume-Uni : Theresa May affiche son optimisme au congrès des conservateurs

La première ministre britannique a appelé ses troupes à l’unité, dans « la phase la plus difficile des négociations » du Brexit.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 16h04
   





                        



   


La première ministre britannique, Theresa May, a appelé mercredi 3 octobre son parti à l’unité pour réussir les négociations du Brexit en clôturant le congrès des conservateurs, s’affichant résolument optimiste.
Désireuse d’effacer le souvenir de son discours cauchemardesque en 2017, interrompu à plusieurs reprises par des quintes de toux, Theresa May s’est déhanchée sur Dancing Queen, tube du groupe suédois Abba, à son arrivée à la tribune du palais des congrès de Birmingham. Elle a manié l’humour et lancé plusieurs piques à son ancien ministre Boris Johnson, qui n’avait pas ménagé ses attaques la veille contre son plan de sortie de l’Union européenne (UE).
« Nous entrons dans la phase la plus difficile des négociations, a expliqué la dirigeante britannique. Mais si nous restons unis et gardons notre calme, je sais que nous pouvons obtenir un accord satisfaisant pour le Royaume-Uni. »
« Je crois passionnément que le meilleur est à venir et que notre futur est plein de promesses », a-t-elle ajouté, égrenant les succès de l’économie britannique. « Ce sera difficile au début, mais l’ingéniosité et la résilience du peuple britannique nous aideront à surmonter » les épreuves du Brexit.

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                Le congrès des tories se déchire sur le « no deal »



Très contestée sur sa stratégie au sein du Parti conservateur, Theresa May a néanmoins continué de défendre son « plan de Chequers », une proposition « dans l’intérêt national », qui « respecte », selon elle, le résultat du référendum de 2016. Ce plan prévoit de conserver une relation économique étroite entre le Royaume-Uni et l’UE après le divorce, par le maintien de règles communes sur les biens industriels et les produits agricoles. Il a été rejeté par les dirigeants européens, qui ont demandé à Mme May de revoir sa copie d’ici au prochain sommet européen qui débute le 18 octobre, mais aussi par l’aile europhobe de son parti.
Bataille pour la direction du parti
A Birmingham, les quatre jours du congrès ont exposé au grand jour les divisions des Tories. Dans le grand auditorium du centre des congrès, les événements officiels, lors desquels s’exprimaient uniquement les ministres, ont fait entendre un gouvernement bien décidé à défendre la première ministre et sa proposition. Mais dans les salles annexes, plusieurs députés influents, au premier rang desquels l’eurosceptique Jacob Rees-Mogg, l’ex-ministre chargé du Brexit, David Davis, et l’ancien chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson, ont réclamé d’abandonner Chequers et proposé à la place un accord de libre-échange similaire à celui signé entre l’Union européenne et le Canada.
La bataille pour la direction du parti, latente depuis le recul enregistré aux élections législatives anticipées de juin 2017 qui ont fait perdre à Theresa May sa majorité, est néanmoins restée contenue. Aucun rival de la première ministre ne s’est positionné frontalement.
Mais, selon le Daily Telegraph, elle est « sous pression pour fixer un calendrier pour son départ » de son poste, car certains membres de son cabinet souhaitent qu’elle démissionne sitôt le Brexit consommé.
Londres et Bruxelles doivent parvenir à un accord au plus tard d’ici à la mi-novembre. A six mois de la concrétisation du divorce, le 29 mars 2019, « le temps presse », a rappelé mercredi la ministre française chargée des affaires européennes, Nathalie Loiseau. « Une absence d’accord sera toujours meilleure qu’un mauvais accord », a-t-elle mis en garde, en écho au credo de Mme May.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Le journaliste saoudien en exil et critique du pouvoir Jamal Khashoggi est porté disparu depuis mardi, après avoir visité le consulat de son pays à Istanbul.
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Journaliste disparu : le ministère des affaires étrangères turc convoque l’ambassadeur saoudien

Le journaliste saoudien en exil et critique du pouvoir Jamal Khashoggi est porté disparu depuis mardi, après avoir visité le consulat de son pays à Istanbul.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 15h26
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 15h59
   





                        



   


L’ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en Turquie a été convoqué jeudi 4 octobre par le ministère des affaires étrangères turc après qu’un journaliste saoudien, critique envers Riyad, a été porté disparu mardi à Istanbul, selon une source diplomatique turque.
Jamal Khashoggi, 59 ans, journaliste saoudien de renom, rédacteur d’articles d’opinion pour le Washington Post, n’a plus été vu depuis qu’il est entré au consulat saoudien à Istanbul, selon sa fiancée. Le hashtag #enlèvementdejamalkhoshoggi est l’un des plus partagés en arabe sur Twitter depuis mardi soir. Le porte-parole de la présidence turque a affirmé mercredi que le journaliste se trouvait toujours au consulat saoudien d’Istanbul.

Friends fear for safety of prominent Saudi writer Jamal Khashoggi, a member of our Global Opinions staff. Here's wh… https://t.co/lQrLz36ofM— PostOpinions (@Washington Post Opinions)


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La fiancée de Jamal Khashoggi campe depuis mercredi matin devant le consulat saoudien à Istanbul, en quête de nouvelles au lendemain de sa disparition. « Je n’ai reçu aucune nouvelle de lui depuis 13 heures hier [mardi]. Nous voulons savoir où il se trouve, a déclaré mercredi, la Turque Hatice A., qui ne souhaite pas donner son nom de famille. Nous voulons le voir sortir sain et sauf. »
Silence des autorités turques
Hatice A. a appelé le ministre des affaires étrangères turc à contacter l’ambassadeur saoudien en Turquie pour s’enquérir du sort de M. Khashoggi, journaliste chevronné, devenu critique du gouvernement saoudien ces derniers mois, alors qu’il était auparavant considéré comme très proche du pouvoir.
Selon elle, Jamal Khashoggi s’était rendu au consulat pour des démarches administratives en vue de leur mariage, mais il n’en est jamais ressorti. « Il voulait obtenir un document saoudien certifiant qu’il n’était pas déjà marié », a-t-elle expliqué. Le département d’Etat américain a annoncé qu’il cherchait également à en savoir davantage sur le sort du journaliste.
Modernisation et répression
M. Khashoggi s’est exilé aux Etats-Unis l’année dernière par crainte d’une possible arrestation pour avoir critiqué certaines décisions du prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman — surnommé « MBS » —, et l’intervention militaire de Riyad au Yémen, dont il avait été un temps partisan.

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Jamal Khashoggi n’a jamais mâché ses mots, que ce soit lorsqu’il dirigeait des rédactions dans son pays ou quand il a pris la plume en Occident pour critiquer le royaume saoudien de l’ère « MBS ». M. Khashoggi est l’un des rares journalistes saoudiens en vue à élever la voix contre la répression dans son pays. Dans l’un de ses derniers tweets, il avait ainsi critiqué le procès intenté à un économiste saoudien de renom, Essam Al-Zamel, après son arrestation par les autorités.
Riyad promeut une campagne de modernisation depuis que le prince Mohammed Ben Salman a été désigné héritier du trône, en 2017. Mais, par la suite, la répression des dissidents, avec des arrestations de religieux, de personnalités libérales et de militantes de la cause des femmes, s’est accentuée.

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Une carrière de journaliste mouvementée
Jamal Khashoggi a commencé sa carrière de journaliste dans les années 1980, collaborant notamment à Saudi Gazette, Okaz et Asharq Al-Awsat. Il a couvert des conflits et a interviewé à plusieurs reprises en Afghanistan et au Soudan l’ancien chef d’Al-Qaida, feu Oussama Ben Laden.
Jugé trop progressiste, Jamal Khashoggi avait été contraint à la démission du poste de rédacteur en chef du quotidien saoudien Al-Watan en 2003. Il y était revenu en 2007, mais était reparti en 2010 à la suite d’un éditorial jugé offensant pour les salafistes — courant rigoriste de l’islam qui prône une obéissance totale au gouvernant.
Le Royaume d’Arabie saoudite figure à la 169e place (sur 180) du classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) en 2018.



                            


                        

                        


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La police de Saxe démantèle un groupuscule néonazi qui projetait un attentat

La police est intervenue quand les enquêteurs ont appris que les activistes s’étaient procurés des armes semi-automatiques et comptaient passer à l’action le 3 octobre.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 14h27
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 15h11
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Le groupuscule s’appelait Revolution Chemnitz. Ses membres planifiaient, selon les enquêteurs, « le renversement de la République fédérale d’Allemagne », prévu pour le 3 octobre, jour de Fête nationale. Ils ont été arrêtés, lundi 1er octobre, par la police de Saxe. Les sept terroristes d’extrême droite présumés projetaient des « attaques violentes et des attentats armés contre des étrangers et des ennemis politiques », a précisé le parquet fédéral.
Selon les premiers éléments de l’enquête, tous les suspects appartenaient aux milieux néonazi, skinhead et hooligan de Chemnitz et sa région. Un des hommes arrêtés était déjà membre du groupement nazi Sturm 34, interdit il y a dix ans pour avoir provoqué plusieurs incidents dans la région. Tous les suspects arrêtés étaient originaires de Saxe et avaient un travail régulier.
« Armée populaire »
Ils voulaient apparemment provoquer plus de terreur que l’organisation néonazie Nationalsozialistischer Untergrund (« clandestinité nationale-socialiste », NSU), également originaire de Saxe, reconnue coupable en 2018 d’avoir participé à dix meurtres, trois attentats à la bombe et une quinzaine de braquages de banques en Allemagne entre 2000 et 2007.
Pour Revolution Chemnitz, qui se considérait comme l’élite de la scène d’extrême droite violente de Saxe, NSU n’était une « bande d’amateurs ». Le groupe prévoyait, selon ses propres mots, des attaques violentes contre « la dictature médiatique et ses esclaves ». Des responsables politiques, des journalistes et des personnalités de la société civile engagées pour la liberté et l’Etat de droit devaient être pris pour cible. La police est intervenue lorsque les enquêteurs ont eu vent que les activistes s’étaient procurés des armes semi-automatiques et ambitionnaient de passer à l’action le 3 octobre.

Revolution Chemnitz a attiré pour la première fois l’attention de la police le 14 septembre, à l’issue...




                        

                        


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Un candidat de droite anti-Orban pour la présidence de la Commission européenne

L’ex-premier ministre finlandais Alexander Stubb ambitionne de devenir le chef de file du PPE pour les élections européennes.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 12h55
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 13h18
    |

            Jean-Baptiste Chastand (Strasbourg, Envoyé spécial)








                        



                                


                            

Il n’hésite pas à le dire : « Sur les valeurs, soit on est avec nous, soit on est ailleurs. Si on ne trouve pas de solution, il faut que le Fidesz [le parti du premier ministre hongrois Viktor Orban] quitte le Parti populaire européen. » En officialisant sa candidature pour être la tête de liste de la droite européenne, mardi 2 octobre à Strasbourg, l’ancien premier ministre finlandais Alexander Stubb s’est immédiatement positionné comme un opposant interne au premier ministre ultraconservateur hongrois, dont les dérives déchirent le Parti populaire européen (PPE) depuis plusieurs mois.
« Pourquoi candidater ? Parce que les valeurs européennes sont actuellement attaquées depuis l’extérieur et l’intérieur (…). Depuis les Etats-Unis, la Russie, la Pologne, l’Italie, et aussi par la Hongrie », a défendu cet ancien leader des conservateurs finlandais. « On doit chercher des solutions proeuropéennes, je ne crois pas que la peur et la haine nous mènent quelque part. Je vais me battre contre le populisme », a-t-il insisté, en évoquant la situation politique en Italie, où l’extrême droite participe au pouvoir.

Si aucun autre candidat ne se déclare d’ici au 17 octobre, M. Stubb affrontera l’Allemand Manfred Weber lors du congrès du PPE début novembre à Helsinki pour devenir le chef de file du principal parti européen en vue des élections européenne de mai prochain. Les eurodéputés du PPE espèrent ensuite que leur « Spitzenkandidat », comme le jargon européen désigne ce rôle, devienne le président de la prochaine Commission en cas de victoire de leur parti, même si ce principe est contesté par plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement. M. Weber, moins menaçant face à Viktor Orban, fait clairement figure de favori.
Golden boy et triathlète
Bien que bouté hors de la scène politique finlandaise en juin 2017, après une série de déconvenues liées à son comportement de golden boy trop confiant...




                        

                        

