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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Selon une longue enquête de Bloomberg, du matériel fabriqué en Chine pour l’entreprise Supermicro, un des principaux fournisseurs de cartes mères au monde, a été compromis.
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Espionnage : la Chine accusée d’avoir installé des micropuces dans des serveurs utilisés par Apple et Amazon

Selon une longue enquête de Bloomberg, du matériel fabriqué en Chine pour l’entreprise Supermicro, un des principaux fournisseurs de cartes mères au monde, a été compromis.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 18h35
   





                        


Selon Bloomberg, qui publie le 4 octobre une longue enquête sur le sujet, les ordinateurs de près de trente sociétés américaines, dont Apple et Amazon, ont été compromis par de minuscules puces informatiques. Celles-ci sont soupçonnées d’avoir été installées par la Chine, où est conçu du matériel informatique massivement utilisé dans le monde, à des fins d’espionnage.
Ces puces, pas plus grandes qu’un grain de riz, ont été d’abord repérées en 2015 sur les serveurs de la société Elemental Technologies, spécialisée dans la compression de vidéos, et alors sur le point d’être achetée par Amazon.
Installées sur les cartes mères de la société américaine Super Micro Computer, ces puces permettent de créer « un accès clandestin » dans les machines parasitées, une entrée plus efficace et plus difficile à détecter qu’un procédé habituel de piratage informatique.
Une connexion avec le gouvernement
Les puces, dont certains modèles sont tellement fins qu’ils sont intégrés dans le plastique d’autres composants, peuvent permettent de modifier à distance les systèmes, pour ensuite en extraire des données.
Citant des responsables américains sous couvert d’anonymat, Bloomberg déclare qu’une unité de l’Armée populaire de libération est impliquée dans cette opération.
Une enquête des autorités américaines, commencée sous l’administration Obama et toujours en cours, a ainsi permis de remonter la filière des ordinateurs infectés jusqu’à quatre usines de sous-traitants chinois de Super Micro Computer.
Selon Bloomberg, les responsables des usines ont été soudoyés, voire menacés, par des agents de l’Armée populaire de libération se présentant comme des représentants de Super Micro Computer, ou occupant des positions « suggérant une connexion avec le gouvernement » chinois.
« S’attaquer au monde entier »
Super Micro Computer est l’un des principaux fabricants de cartes mères au monde : la société équipait, en 2015, « plus de 900 clients dans 100 pays », dont le ministère américain de la défense. « C’est le Microsoft du matériel informatique, explique un ancien agent du renseignement américain cité par Bloomberg. Attaquer les cartes mères Super Micro Computer, c’est comme attaquer Windows. Cela revient à attaquer le monde entier. »
Par voie de communiqué, Amazon et Apple assurent, de leur côté, n’avoir jamais trouvé de telles puces dans leurs cartes mères.
Bloomberg rapporte, pourtant, qu’Amazon s’est débarrassé en 2016 des serveurs d’un data center chinois infecté après avoir découvert que ceux-ci embarquaient la puce parasite. Celle-ci n’avait, cependant, pas transmis de données.
Apple aurait aussi retiré de la circulation 7 000 serveurs parasités, avant de couper en 2016 ses relations avec Super Micro Computer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Au Bangladesh, la montée du niveau des mers menace les habitants. La quasi-totalité des terres de ce pays se situe à moins de douze mètres au-dessus du niveau de la mer.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ L’attaque, dans l’est du pays, est survenue au lendemain de la mort d’un gendarme, pris pour cible dans le nord.
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Compte rendu

L’explosion d’un engin artisanal tue au moins six soldats au Burkina Faso

L’attaque, dans l’est du pays, est survenue au lendemain de la mort d’un gendarme, pris pour cible dans le nord.


LE MONDE
              datetime="2018-10-04T17:37:38+02:00"

        Le 04.10.2018 à 17h37






    
Manifestation à l’appel de l’opposition à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, le 29 septembre 2018.
Crédits : OLYMPIA DE MAISMONT / AFP


Au moins six soldats burkinabés ont été tués dans l’explosion d’un engin artisanal dans l’est du Burkina Faso, jeudi 4 octobre, au lendemain d’une attaque contre un détachement de la gendarmerie qui a fait un mort dans le nord, a appris l’AFP de sources sécuritaires.
« Dans la matinée du jeudi 4 octobre, un véhicule militaire a sauté sur un engin explosif artisanal entre Gayéri et Foutouri. L’explosion […], au passage du véhicule de l’armée de terre, a occasionné la mort de six soldats et fait plusieurs blessés graves », a déclaré une première source, sous couvert de l’anonymat.

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Une autre source sécuritaire a confirmé le bilan, précisant que « trois blessés dans un état critique » ont été transférés à Fada N’Gourma, chef-lieu de la région de l’Est, pour être évacués vers la capitale, Ouagadougou. Une « opération de ratissage est en cours », a-t-elle indiqué.
118 morts depuis 2015
Mercredi soir, un gendarme avait été tué et un autre blessé à la jambe dans une attaque contre un détachement de la gendarmerie à Inata, dans le nord du pays, où trois personnes – un Indien, un Sud-Africain et un Burkinabé – avaient été enlevées fin septembre. L’armée française a précisé avoir « neutralisé » les assaillants en fuite par une frappe aérienne.

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Le Burkina Faso, frontalier du Mali et du Niger, est le théâtre d’attaques djihadistes régulières depuis le premier trimestre 2015. Le nord et l’est du pays sont particulièrement touchés, et Ouagadougou a été frappée à trois reprises.
Selon un bilan officiel, les attaques islamistes ont fait 118 morts entre avril 2015 et le 15 septembre 2018 : 70 civils et 48 membres des services de sécurité. Ce nombre a, depuis, augmenté. Huit soldats ont notamment perdu la vie le 26 septembre dans l’explosion d’un engin artisanal, dans le nord, près de Djibo.
Samedi 29 septembre, l’opposition avait organisé une manifestation à Ouagadougou pour protester, entre autres, contre l’incapacité du gouvernement à enrayer les attaques qui se multiplient.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Les républicains annoncent un vote vendredi sur la clôture du débat et un vote final sur la confirmation du juge controversé dès samedi.
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Cour suprême américaine : le FBI exonère le juge Kavanaugh ; les républicains accélèrent la procédure

Les républicains annoncent un vote vendredi sur la clôture du débat et un vote final sur la confirmation du juge controversé dès samedi.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 17h28
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 18h50
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


Il y a comme un sentiment d’urgence à la Maison Blanche et dans le camp républicain. Le président Trump et la commission judiciaire du Sénat américain ont reçu, jeudi 4 octobre, le rapport du FBI sur les accusations d’inconduite sexuelle à l’encontre de Brett Kavanaugh, le candidat proposé par Donald Trump pour occuper un siège vacant à la Cour suprême des Etats-Unis.
Enquête incomplète selon les démocrates
« Il n’y a rien que nous ne sachions déjà » dans le rapport, qui confirme les accusations d’agressions sexuelles portées contre lui, a déclaré Chuck Grassley, le président républicain du comité judiciaire du Sénat des Etats-Unis. « Le FBI n’a pas trouvé de tiers qui puisse confirmer les allégations, il n’y a pas non plus de preuves. Cette enquête n’a trouvé aucune trace de comportement inapproprié », a-t-il ajouté dans un communiqué, confirmant ensuite son intention de voter en faveur de la confirmation du juge Kavanaugh.
Les leadeurs démocrates Dianne Feinstein et Chuck Schumer affirment que l’enquête menée par le FBI sur les accusations d’agressions sexuelles visant le juge Brett Kavanaugh est « incomplète » et accusent la Maison Blanche d’en avoir limité la portée.
Vote de confirmation
Avant même d’en lire les conclusions, le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, avait décidé, mercredi, d’accélérer le processus de confirmation, avant les élections de mi-mandat, le 6 novembre, où le parti présidentiel pourrait perdre la majorité au Congrès. « Il est temps de laisser derrière nous cet étalage écœurant », s’est justifié M. McConnell.
Mitch McConnell a déposé une requête pour un vote dit « de clôture », prévu vendredi. Cette formalité est un préalable à la nomination du juge Kavanaugh. S’il aboutit, ce vote limitera à trente heures la durée des débats sur la candidature de Brett Kavanaugh. Le vote définitif sur la nomination de Kavanaugh aurait lieu dès ce week-end.
En attendant, des centaines de militants opposés à l’arrivée de Brett Kavanaugh à la Cour suprême se sont donné rendez-vous jeudi dans la capitale fédérale, a annoncé l’American Civil Liberties Union (ACLU), grande organisation de défense des libertés.

   


Des témoins pas interrogés
L’enquête du FBI est déjà contestée : ses agents ont auditionné Deborah Ramirez, l’une des trois femmes qui accusent Brett Kavanaugh d’avoir exhibé son sexe lors d’une soirée alcoolisée à l’université Yale, ainsi que trois témoins cités par Christine Blasey Ford, qui a témoigné le 27 septembre devant la commission des affaires judiciaires.
Mais ils semblent s’en tenir là, puisque Mme Blasey Ford n’a pas été contactée par le FBI, ont fait savoir ses avocats. Une troisième femme, Julie Swetnick, qui a accusé le jeune Kavanaugh de s’être montré agressif envers les femmes sous l’effet de l’alcool, n’a pas non plus été interrogée, a regretté son avocat, Michael Avenatti, qui assure disposer d’un quatrième témoignage compromettant.
Les juristes contre Kavanaugh
Dans le New York Times, plus de mille juristes et professeurs prennent position pour appeler le Sénat à ne pas confirmer le magistrat. Ils mettent en cause l’attitude de Brett Kavanaugh qui, lors des auditions, a « manqué de respect pour les procédures d’enquête » et s’est montré irascible, loin des qualités attendues d’un membre de la Cour suprême. Les signataires relèvent encore qu’il a répondu de manière enflammée, partiale et parfois discourtoise aux sénateurs qui le questionnaient.

Calculs de sénateurs républicains et démocrates
Trois sénateurs républicains — Jeff Flake (Arizona), Susan Collins (Maine) et Lisa Murkowski (Alaska) — ont critiqué Donald Trump pour ses remarques sur Christine Blasey Ford lors d’un meeting politique dans le Mississippi, mardi, laissant planer un doute sur leur vote, mais deux d’entre eux se sont dits satisfaits des conclusions du rapport du FBI.
Et si la plupart des démocrates doivent voter contre la nomination de Brett Kavanaugh, deux élus démocrates candidats à leur réélection, Joe Manchin (en Virginie-Occidentale) et Heidi Heitkamp (dans le Dakota du Nord), en difficulté dans des Etats ayant voté pour Donald Trump en 2016, pourraient lui apporter un soutien inattendu.
Suite possible après les élections de mi-mandat
Quand bien même Brett Kavanaugh verrait sa nomination confirmée par le Sénat, il pourrait se heurter à une procédure d’impeachment déclenchée par les démocrates, s’ils remportent la Chambre des représentants, le 6 novembre.
L’article II de la Constitution des Etats-Unis, traitant du président, dispose dans sa section 4 : « Le président, le vice-président et tous les fonctionnaires civils des Etats-Unis seront destitués de leurs charges sur mise en accusation et condamnation pour trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs. » L’accusé peut être un haut fonctionnaire du gouvernement, ce qui inclut notamment le président et le vice-président, les membres du cabinet, et les juges fédéraux. Un procès proprement sur la culpabilité de l’accusé se tiendrait devant le Sénat. Les sénateurs doivent prêter serment avant de siéger, et la décision de culpabilité ne peut être acquise qu’à la majorité des deux tiers.
Une destitution serait loin d’être acquise. Selon le Brennan Center for Justice, dans l’histoire institutionnelle des Etats-Unis, quinze juges fédéraux ont fait l’objet de procédure d’impeachment et huit ont dû quitter leur poste.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Lancé en 2013 par la Marocaine Touria El-Glaoui, le salon dédié aux artistes du continent rassemble cette année quarante-trois galeries.
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Critique

L’Afrique à la Foire 1:54 de Londres : « Ailleurs on voit des produits, ici on voit des œuvres »

Lancé en 2013 par la Marocaine Touria El-Glaoui, le salon dédié aux artistes du continent rassemble cette année quarante-trois galeries.

Par                                            Roxana Azimi (contributrice Le Monde Afrique)




LE MONDE
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        Le 04.10.2018 à 17h14

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        Mis à jour le 04.10.2018 à 17h16






    
Oeuvres du Britannique d’origine ghanéenne Larry Achiampong, où les visages du Christ sont recouverts de faces noires schématisées.
Crédits : DR


Dédiée aux artistes du continent africain, la Foire 1:54, qui a ouvert ses portes mercredi 3 octobre à Londres, n’aurait pu espérer un meilleur alignement des planètes. Les artistes africains-américains, ainsi que leurs confrères sud-africains, ont le vent en poupe. On les retrouve en ville dans des galeries puissantes comme David Zwirner et Marian Goodman, mais aussi sur la foire Frieze.

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Profitant d’une vogue à laquelle elle a incidemment contribué, 1:54 s’est donc renforcée. S’il alignait à peine dix-sept galeries en 2013, l’événement lancé par la Marocaine Touria El-Glaoui en rallie quarante-trois cette année. Signe de son aura grandissante, il a attiré des enseignes plus habituées aux salons de première division comme la Parisienne Nathalie Obadia, à l’affiche avec un solo show de l’Egyptien Youssef Nabil et un projet du Guinéen Nu Barreto.
La présence de grands conservateurs
Malgré le risque financier que représente le déplacement londonien, les galeries africaines se font un devoir d’être là. « Lorsque nous avions signé pour la Foire, le rand n’avait pas autant dégringolé, soupire Ashleigh McLean, directrice de la galerie sud-africaine Whatiftheworld. Mais on est revenu car 1:54 nous a été très profitable en 2017. » La galeriste tunisienne Aicha Gorgi abonde : « Je vis dans un petit pays étouffant, où il y a peu de ventes et peu de gens pour voir nos artistes. On doit absolument sortir ! »

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Le bouche-à-oreille positif est désormais tel que, dès le prévernissage mardi, de grands conservateurs, tel Ralph Rugoff, commissaire de la prochaine édition de la Biennale de Venise, déambulaient consciencieusement dans les allées. Quant aux collectionneurs d’art contemporain, échaudés par les œuvres parfois creuses et souvent chères présentées au même moment sur Frieze, ils répètent en boucle : « Ailleurs on voit des produits, ici on voit des œuvres. »
Et plus encore des raretés, comme les peintures chamaniques de l’artiste haïtien Robert Saint-Brice, datées des années 1950-1960, présentées par The Gallery of Everything, ou les sculptures de Bodys Isek Kingelez chez Magnin. Surtout, on découvre ici de très jeunes artistes d’une maturité saisissante.
Goût de la satire
Par qui commencer ? A n’en pas douter par la Sud-Africaine Lebohang Kganye, représentée par la galerie Afronova. A 27 ans, elle enchaîne les récompenses depuis les Rencontres de Bamako en 2015. Vu l’attention prononcée de Ralph Rugoff pour son travail, il ne serait pas étonnant de la retrouver à la Biennale de Venise en 2019. Dans sa série la plus connue, la jeune femme introduit sa propre silhouette dans les photos de jeunesse de sa mère, reprenant à des années d’écart les mêmes poses et vêtements. Le résultat troublant traduit une filiation qui se cherche, une histoire qui bégaye.
Non moins prometteur, l’artiste ougandais Ian Mwesiga, 29, ans, offre une version contemporaine noire du mythe d’Adam et Eve. Et, détail savoureux, la fameuse pomme de la discorde est cette fois croquée par l’homme. Le Britannique d’origine ghanéenne Larry Achiampong, 34 ans, montré par la galerie Copperfield, s’attaque aussi à l’évangélisation forcée de l’Afrique. « Pourquoi Jésus devrait-il être forcément blanc ? », semble-t-il demander dans cette œuvre où les différents visages du Christ sont recouverts de faces noires schématisées. Il appose aussi ces têtes rondes traitées façon black face sur les portraits de sa famille, rappel grinçant d’un racisme encore tenace. Même goût de la satire dans les planches de BD d’Anton Kannemeyer qui, par le biais d’une imagerie inspirée de Tintin au Congo, dénonce les relents ségrégationnistes de la société sud-africaine.

    
« Adam of Genesis », de l’artiste ougandais Ian Mwesiga.
Crédits : DR



    
« Eve of Genesis », de l’artiste ougandais Ian Mwesiga.
Crédits : DR


Mais justement, une foire centrée sur le continent africain ne ghettoïse-elle pas des artistes qui n’attendent qu’une chose, être mêlés aux créateurs du monde entier ? Pour les galeries participantes, cette spécificité semble encore nécessaire. « On n’a encore gratté que la surface de ce qu’est la création en Afrique », assure Rakeb Sile, directrice de la galerie éthiopienne Addis Fine Art. « Le focus est important, car il nous amène des visiteurs concentrés, qui savent pourquoi ils sont là », renchérit Tobey Clark, de la Vigo gallery, qui présente l’œuvre la plus chère du salon, un triptyque du Soudanais Ibrahim El-Salahi pour un million de dollars.
Un niveau de prix rare quand la majorité des œuvres exposées valent moins de 10 000 dollars (8 681 euros). « C’est un moment intéressant pour les collectionneurs qui ont l’œil, poursuit Rakeb Sile. Les artistes africains sont encore sous-cotés mais ça ne va pas durer ! » Il suffit de voir les record engrangés par les artistes africains-américains pour s’en convaincre.
Foire 1:54, jusqu’au 7 octobre, Somerset House, Londres www.1-54.com


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Quatre agents russes ont été expulsés après avoir tenté, selon les Pays-Bas, de pirater le réseau Wi-Fi de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.
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Les Pays-Bas révèlent les détails d’une opération d’espionnage russe digne de la guerre froide

Quatre agents russes ont été expulsés après avoir tenté, selon les Pays-Bas, de pirater le réseau Wi-Fi de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 17h12
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 17h29
    |

            Martin Untersinger








                        



   


Ce vendredi 13 avril en fin d’après-midi, à La Haye (Pays-Bas), une Citroën C3 gris sombre stationne sur le parking de l’hôtel Marriott de La Haye, aux Pays-Bas. A un jet de pierre, derrière une simple barrière en métal, se dressent les locaux en demi-lune de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).
Les quatre ressortissants russes qui ont loué le véhicule, deux jours auparavant, ont éveillé les soupçons du MIVD, les services de renseignement néerlandais. Alexei Morenets, Evgeni Serebriakov, Oleg Sotnikov et Alexei Minin sont arrivés le 10 avril à l’aéroport international d’Amsterdam en provenance de Moscou, munis des passeports diplomatiques. Les services néerlandais les ont rapidement identifiés comme des agents du GRU, le renseignement militaire, et les soupçonnent de préparer une opération de piratage informatique.

   


Alarmés par leur proximité avec les locaux de l’OIAC, ils décident d’appréhender les quatre Russes. Le résultat de leur opération a été dévoilé, avec un surprenant niveau de détail, jeudi 4 octobre par le ministère néerlandais de la défense. Selon ce dernier, les agents du MIVD ont interrompu une opération d’espionnage digne des grandes heures de la guerre froide.
A l’intérieur de la Citroën opérait un véritable poste avancé d’espionnage. Sur la plage arrière, camouflée sous un manteau noir, une antenne blanche était pointée vers les locaux de l’OIAC. Branchée à un ordinateur, alimentée par une batterie portable, elle était destinée, affirment les autorités néerlandaises à pirater le réseau Wi-Fi de l’OIAC toute proche. La veille, l’organisation avait confirmé dans un rapport que l’agent neurotoxique utilisé à Salisbury, contre l’ex-agent double Sergueï Skripal et sa fille Youliya, était du Novitchok, un agent innervant de conception soviétique. Au grand dam de Moscou.

   


Le premier ministre néerlandais Mark Rutte et son homologue britannique Theresa May ont dénoncé dans un communiqué commun « les cyberactivités inacceptables » des services russes. « Rendre publique cette opération du GRU est une étape très inhabituelle pour les Pays-Bas », a reconnu la ministre de la défense, Ank Bijleveld, qui espère que la fermeté de l’accusation découragera le Kremlin. « L’espionnite aiguë des Occidentaux prend de l’ampleur », a, pour sa part, réagi le ministère russe des affaires étrangères.
20 000 dollars en liquide
Avant d’expulser vers la Russie les quatre espions, deux opérateurs « cyber » et deux agents au profil plus classique, les autorités de La Haye ont saisi un grand nombre de matériel et d’indices, que les suspects n’ont pas réussi, malgré leurs efforts, à faire disparaître suffisamment vite.
Le MIVD a ainsi mis la main sur 20 000 dollars et 20 000 euros en liquide, des documents, plusieurs téléphones, des appareils photo, des ordinateurs et du matériel d’espionnage. Le ministère de la défense, dans ce qui ressemble à un pied de nez à Moscou, a décidé de publier de nombreux éléments incriminants, découverts par ses enquêteurs.
L’un des téléphones retrouvé a ainsi réalisé sa première connexion avec le réseau téléphonique via une antenne-relais située à Moscou, à quelques encablures seulement de bureaux du GRU. Pas n’importe lesquels : le chef du MIVD a expliqué lors d’une conférence de presse qu’il s’agissait de l’unité 26165, tout récemment inculpée par la justice américaine pour son implication dans le piratage du parti démocrate, peu avant l’élection américaine de 2016.
Laboratoire d’analyses
Les services néerlandais ont aussi retrouvé dans la poche d’Alexei Morenets une note de taxi pour un trajet pour l’aéroport de Moscou. Selon cette note, le Russe est monté dans le véhicule dans une des rues adjacentes au siège du GRU. De même, des traces de recherches sur le Web portant sur l’OIAC ont été retrouvées sur l’ordinateur d’Evgeni Serebriakov.
Les autorités néerlandaises ont aussi retrouvé des indices liant ces quatre Russes à plusieurs autres opérations d’espionnage. Ils étaient ainsi en possession d’un billet de train qui devait les amener d’Utrecht, à 70 kilomètres à l’est de La Haye, jusqu’à Berne, la capitale suisse, via Bâle. C’est justement près de cette ville, à Spiez, que se trouve le laboratoire spécialisé régulièrement mandaté par l’OIAC pour ses analyses. Laboratoire sur lequel l’un des Russes appréhendés aux Pays-Bas s’était renseigné sur Internet.
C’est à ce laboratoire qu’avait échu l’analyse des prélèvements effectués à Salisbury. Armé de ces résultats, le Royaume-Uni avait ensuite désigné deux autres agents du GRU, identifiés comme Rouslan Bochirov et Alexandre Petrov, comme responsables de l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille. Il y a quelques jours, la presse néerlandaise et suisse se faisait justement l’écho de l’arrestation au Pays-Bas de deux agents du renseignement militaire russe.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Le réseau social offre aux supporters une alternative aux médias traditionnels, qui craignent d’attenter aux mœurs en montrant le corps des femmes.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ La première ministre britannique a fait son entrée sur scène au congrès du Parti conservateur en dansant sur un titre d’Abba. Un choix radical peut-être plus habile qu’il n’y paraît.
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La danse de Theresa May : gros malaise ou coup de génie ?

La première ministre britannique a fait son entrée sur scène au congrès du Parti conservateur en dansant sur un titre d’Abba. Un choix radical peut-être plus habile qu’il n’y paraît.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 17h02
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 18h04
   





                        



C’est d’abord un gros malaise. Theresa May entre en scène, en plein congrès de son parti mercredi 3 octobre, dans un enchaînement de mouvements robotiques exécutés en suivant approximativement le rythme de Dancing Queen, la chanson du groupe Abba.
« La personne qui a pensé que ce serait une bonne idée mérite d’être renvoyée », a tweeté Diane Abott, une parlementaire d’opposition. Outre la classe politique, nombreux ont été les internautes à tweeter commentaires atterrés, moqueries et détournements. Le meilleur, selon nous, sera sans aucun doute celui-ci, dont on soulignera les grosses ficelles :

I spent too much time on this. #TheresaMay https://t.co/4aODFe0VLU— Mr_LukeBenson (@Luke)


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Il ne faudrait pourtant pas y voir de la pure maladresse, ni un simple moment gênant pour elle, pour ses partisans venus l’applaudir au congrès du Parti conservateur et pour tous ceux qui sont tombés sur ces images dans un moment d’égarement, sur Internet. Les apparences peuvent être trompeuses. Non, Theresa May ne se ridiculise pas en tentant d’apparaître moins rigide qu’elle ne l’est. Elle pratique savamment une vertu toute britannique : l’autodérision. Ce qui n’a pas échappé au correspondant du Monde Philippe Bernard, qui était présent sur place.

Pour Theresa May, le Brexit vaut bien un petit swing. Les communicants avaient tout prévu: les slogans du parti n’é… https://t.co/JwrZkhvIxf— canalbernard (@Philippe Bernard)


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Car le rapport problématique de la première ministre britannique avec la danse ne date pas du congrès de mercredi. C’est à des mésaventures chorégraphiques antérieures qu’elle a voulu faire référence, des mésaventures survenues lors d’un voyage officiel en août sur le continent africain, d’abord en Afrique du Sud…

… puis au Kenya :

Les tentatives africaines de Theresa May avaient, comme il se doit, déchaîné les commentaires désapprobateurs et les moqueries. En dansant à nouveau à l’occasion du congrès conservateur, la cheffe du gouvernement britannique met la salle de son côté en se moquant d’elle-même.
C’est d’ailleurs sur la même tonalité que Mme May a prononcé les premiers mots de son discours. Déclenchant les rires de toute la salle, la première ministre s’est empressée de conserver sa légèreté une fois sa chorégraphie terminée en plaçant des références à son discours de l’année dernière, qui avait été désastreux, ravagé par des quintes de toux répétées et parasité par la chute d’éléments de décor.

https://t.co/SmNKy1dUh1— flashboy (@Tom Phillips)


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« Vous allez devoir m’excuser si je tousse pendant le discours : j’ai passé la nuit à coller le décor à la superglu ! » a-t-elle ironisé.
Il s’agissait de faire table rase et de désamorcer les railleries pour faire passer un message optimiste sur le fond et léger sur la forme, alors que le pays est confronté aux multiples difficultés du Brexit.
Et c’est bien cette volonté de légèreté qui a marqué les esprits, si l’on se fie aux « unes » de la presse britannique publiées jeudi matin.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ En septembre, des médias ukrainiens ont diffusé une vidéo où l’on voit des habitants de Transcarpatie, région à minorité hongroise, prêtant serment à la Hongrie.
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L’Ukraine expulse un consul hongrois, Budapest réplique

En septembre, des médias ukrainiens ont diffusé une vidéo où l’on voit des habitants de Transcarpatie, région à minorité hongroise, prêtant serment à la Hongrie.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 15h35
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 15h39
   





                        



   


L’Ukraine a annoncé jeudi 4 octobre l’expulsion d’un consul hongrois à la suite du scandale provoqué par une vidéo dans laquelle des Ukrainiens d’une région à minorité hongroise semblent prêter serment à la Hongrie.
Une note déclarant le consul « persona non grata » en raison d’« activités non compatibles avec son statut » diplomatique a été remise jeudi à l’ambassadeur hongrois en Ukraine. Budapest a répliqué dans la foulée en annonçant l’expulsion d’un consul ukrainien en Hongrie.

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Cet incident diplomatique fait suite à la publication en septembre par des médias ukrainiens d’une vidéo visiblement tournée en caméra cachée au consulat de Beregové, une petite ville de Transcarpatie — région de l’ouest de l’Ukraine comptant environ 100 000 habitants d’origine hongroise. On y voit des personnes prêtant serment à la Hongrie. « Je jure que je considère la Hongrie comme mon pays. Je serai citoyen fidèle de la Hongrie », répètent-elles en chœur en hongrois, avant d’écouter l’hymne de ce pays.
« Il vaut mieux ne pas rendre cela public », dit dans la vidéo une personne présentée comme un diplomate hongrois par les médias ukrainiens. « A la frontière, faites très attention ! A la frontière ukrainienne, ne montrez que votre passeport ukrainien », poursuit-elle.
Des relations toujours plus tendues
La publication de cette vidéo a crispé encore un peu les relations ukraino-hongroises, tendues depuis plusieurs années. « La Hongrie souhaite de bons rapports avec tous ses voisins, mais au cours des derniers mois, l’Ukraine n’a cessé de faire monter les tensions avec la Hongrie », a déclaré jeudi le ministre des affaires étrangères hongrois, Peter Szijjarto, selon qui le consul expulsé d’Ukraine « n’a rien fait qui aille contre les lois en vigueur. » Le consul hongrois, habitant à Beregové, « doit quitter le territoire ukrainien dans les soixante-douze heures », a exigé Kiev de son côté.
Les chefs de la diplomatie ukrainienne, Pavlo Klimkine, et hongroise, Peter Szijjarto, ont abordé cette affaire lors d’une rencontre la semaine dernière à New York, sans parvenir à un accord. Kiev, qui interdit la double nationalité, sans toutefois la sanctionner, accuse le gouvernement nationaliste de Viktor Orban d’avoir distribué ces dernières années près de 100 000 passeports hongrois à la minorité hongroise de Transcarpatie.
Budapest accuse pour sa part Kiev de porter atteinte aux droits de cette diaspora et menace d’agir au sein de l’Union européenne et de l’OTAN, dont la Hongrie est membre, pour entraver la coopération avec Kiev.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Après que Lila Lamrani, une chercheuse, s’est vu retirer son poste à la Sorbonne Abou Dhabi, un collectif de 137 intellectuels demande, dans une tribune au « Monde », à ce que la Sorbonne et son antenne émiratie ne couvrent plus de leur silence cette affaire.
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Emirats arabes unis : « Toute la lumière doit être faite dans l’affaire Lila Lamrani »

Après que Lila Lamrani, une chercheuse, s’est vu retirer son poste à la Sorbonne Abou Dhabi, un collectif de 137 intellectuels demande, dans une tribune au « Monde », à ce que la Sorbonne et son antenne émiratie ne couvrent plus de leur silence cette affaire.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 16h19
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Nous tenons à faire part de notre sentiment d’indignation face au traitement injuste et injustifié infligé à notre collègue Lila Lamrani, chercheuse en philosophie.
Le 19 juillet 2018, Lila Lamrani s’est présentée à Paris à l’audition pour le poste de directrice du département de philosophie et sociologie de Sorbonne université Abou Dhabi (Emirats arabes unis). Elle a été classée première, décision qui a été validée par le conseil d’administration de Sorbonne université Abou Dhabi. Le 29 juillet, elle signait la promesse d’embauche pour trois ans, renouvelables.
Ce faisant, elle renonçait comme le font souvent les enseignants-chercheurs à cette période, aux autres postes qu’elle avait obtenus, en l’occurrence une bourse pour un stage à l’université de la Manouba à Tunis, et un postdoc[torat] à l’université de Fribourg, poste pour lequel elle a été contrainte d’abandonner les démarches.

Sorbonne université Abou Dhabi lui a notifié par un courriel daté du 14 août 2018 que le poste lui était retiré car les démarches administratives auprès des autorités émiraties n’auraient pas abouti, sans autre explication. Devant son insistance pour obtenir de plus amples informations, Eric Fouache, vice-chancelier de Sorbonne université Abou Dhabi, a promis une enquête pour régler la situation, ou, à défaut, lui faire parvenir des explications.
Une entorse à la méritocratie républicaine
Entre-temps, Lila Lamrani a reçu l’accord pour son visa grâce aux démarches faites par la New York university Abu Dhabi, où son conjoint a obtenu un poste pour la suivre, avec leurs deux enfants, préinscrits dans des établissements scolaires d’Abou Dhabi. Pourtant, le 4 septembre 2018, M. Fouache a confirmé la décision de retirer le poste à Lila Lamrani, sans aucune explication. Cette décision contrevient donc à celle qui a été actée par le conseil d’administration hors de toute démarche régulière. Tout porte à croire qu’elle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Jamal Khashoggi, éditorialiste libéral un temps proche du pouvoir, n’a pas donné signe de vie depuis qu’il est entré, le 2 octobre, dans le consulat de Riyad en Turquie.
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édition abonné


Mystérieuse disparition d’un dissident saoudien à Istanbul

Jamal Khashoggi, éditorialiste libéral un temps proche du pouvoir, n’a pas donné signe de vie depuis qu’il est entré, le 2 octobre, dans le consulat de Riyad en Turquie.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 15h04
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

Un journaliste en délicatesse avec les autorités de son pays entre dans l’un de ses consulats à l’étranger et disparaît. Ce pourrait être le point de départ d’un film d’espionnage, mais c’est ce qui s’est passé mardi 2 octobre à Istanbul. Le célèbre éditorialiste saoudien Jamal Khashoggi, qui vit en exil aux Etats-Unis depuis un an de peur d’être arrêté pour ses écrits, a pénétré en fin de matinée dans la représentation du royaume sur le Bosphore. Il n’a pas donné signe de vie depuis.
Selon l’agence de presse saoudienne, ce journaliste de 59 ans, à la pointe de la dénonciation du virage très répressif pris par la monarchie sous l’impulsion du prince héritier Mohamed Ben Salman, a disparu après avoir quitté le consulat, où il était venu régler des formalités administratives en vue de se remarier. Le communiqué affirme que le personnel consulaire collabore avec les autorités turques pour faire la lumière sur cette affaire.
Mais selon ces dernières, qui ont examiné les enregistrements des caméras de surveillance installées autour du bâtiment, le dissident n’a pas quitté l’enceinte du consulat. Ankara prend cette affaire très au sérieux : le ministère turc des affaires étrangères a convoqué jeudi l’ambassadeur saoudien pour obtenir des explications. Les défenseurs de la liberté de la presse et des droits de l’homme en Arabie saoudite y voient la preuve que M. Khashoggi est retenu contre son gré, à l’intérieur du bâtiment.
Une carrière mouvementée
« Nous sommes certains que Jamal est détenu à l’intérieur, à moins que le consulat dispose d’un tunnel », a déclaré à l’Agence France presse l’un de ses amis, Turan Kislalçi, à la tête d’une association de journalistes turco-arabes. L’alerte a été donnée par la fiancée de M. Khashoggi, qui l’a accompagné jusqu’à la représentation saoudienne et s’est inquiétée de ne pas l’en voir ressortir. « Compte tenu de la propension des autorités saoudiennes à arrêter les journalistes critiques, le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Battant pavillon italien, le navire, acheté et affreté par des militants, est parti jeudi matin pour secourir des migrants au large des côtes libyennes.
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Compte rendu

Le navire « Mare-Ionio », contre-attaque de la gauche italienne face à la politique de Salvini

Battant pavillon italien, le navire, acheté et affreté par des militants, est parti jeudi matin pour secourir des migrants au large des côtes libyennes.

Par                Antoine Harari (contributeur Le Monde Afrique, Augusta, Sicile)



LE MONDE
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        Le 04.10.2018 à 14h41

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        Mis à jour le 04.10.2018 à 18h05






    
Le « Mare-Ionio » bat pavillon italien, un pavillon très difficile à obtenir.
Crédits : Francesco Bellina / Cesura


15 heures, jeudi 4 octobre. Le Mare-Ionio vient de quitter les eaux territoriales italiennes. Dans quatre-vingts heures, il patrouillera au large des côtes libyennes pour porter secours aux migrants en perdition. Affrété par des militants de la gauche italienne, ce nouveau venu dans le sauvetage en mer lance un véritable défi à l’Europe forteresse et adresse un pied de nez au ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini.
Mercredi soir, alors que le soleil se couche sur le port d’Augusta, au sud de la Sicile, une dizaine d’hommes s’affairent sur le bateau. Pendant que deux mécaniciens soudent des parois, des volontaires de l’ONG Sea Watch terminent d’installer des caillebotis en caoutchouc noir qui permettront d’accueillir des migrants à l’avant du navire.

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                Marginalisée et désunie, la gauche italienne essaie de se faire entendre face à Salvini



L’atmosphère est tendue. Erasmo Palazzotto fait du surplace, téléphone collé à l’oreille. « Il y a trois mois, je ne connaissais rien aux bateaux. Aujourd’hui, j’en possède un », rigole-t-il. Avec deux collègues du parti Sinistra Italiana (Gauche italienne), Nichi Vendola et Nicola Fratoianni, et Rossella Muroni, présidente du parti Liberi e Uguali (Libres et égaux), ils ont acheté le Mare-Ionio. Un prêt de 465 000 euros de la Banca Etica (Institut de la finance éthique) leur a permis d’acheter 110 000 litres de pétrole, de l’électronique, et de payer l’équipage. Leur budget s’est aussi enrichi de 70 000 euros de donations qui permettront de maintenir le bateau à flot. Pour la suite des opérations, l’équipe compte sur un financement participatif sur la plate-forme sociale Mediterraneo.

    
Sur le « Mare-Ionio », les derniers travaux avant l’appareillage.
Crédits : Francesco Bellina / Cesura


Afin d’éviter les déboires de l’Aquarius, le navire bat fièrement pavillon italien, un pavillon très difficile à obtenir, certes, mais qu’il sera quasiment impossible de lui retirer au vu de la nationalité de l’équipage et du propriétaire. Ce qui n’empêche pas Erasmo Palazzotto d’être prudent. « Tout ce que nous avons fait est légal et transparent. Nous respectons le droit maritime en allant porter secours en mer », observe-t-il, avant d’ajouter : « Lorsque les réfugiés que nous aurons secourus mettront le pied sur le Mare-Ionio, ils seront en territoire italien ! »
« Population dans la rue »
Préparée dans le plus grand secret, cette opération a pris corps en juin, alors que l’Italie fermait ses ports. « Au début, nous voulions partir pendant l’été, mais cela a été plus compliqué que prévu, raconte Erasmo Palazzotto. Du coup, nous serons en mer pour marquer la date symbolique du 3 octobre 2013. » Il y a exactement cinq ans, un gigantesque bateau de pêche coulait au large de Lampedusa, causant la mort de près de 400 migrants, pour la plupart érythréens. Ce naufrage, pour lequel l’Italie avait décrété un jour de deuil national, a durablement choqué l’opinion publique de la Péninsule.
Mercredi soir toujours, l’équipage attend anxieusement la réponse de la capitainerie, censée lui délivrer l’autorisation de prendre le large. Dans un climat politique aussi tendu, le petit groupe s’attend à tout. Si tout se passe comme prévu, le navire aura atteint les côtes libyennes ce week-end, après quatre-vingts heures de mer, et devrait être rejoint par deux voiliers privés ainsi que par l’Astral, la barque d’Open Arms. L’ONG espagnole et son fondateur, Oscar Camps, participent activement au projet.

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A bord du Mare-Ionio, un médecin, quatre personnes chargées du secours en mer ainsi que quatre membres d’équipage. Viennent s’y ajouter le militant Luca Casarini, fondateur du mouvement anti-mondialisation No Global et responsable des manifestations anti-G8 à Gênes, ainsi que Giuseppe Caccia, armateur du navire. Le groupe qui reste à terre est composé, lui, d’une alliance hétéroclite de militants anarchistes et de catholiques qui en ont en commun le refus de laisser des gens mourir en mer. Et, derrière eux, « nous avons créé un réseau qui ne passe plus par les gouvernements. Les villes de Palerme, Bologne, Amsterdam et Berlin ont décidé de nous soutenir. Non seulement en acceptant d’accueillir les personnes que nous sauverons mais également en nous appuyant dans notre mission », rappelle Giuseppe.

    
Le « Mare-Ionio » dans le port d’Augusta, en Sicile, début octobre.
Crédits : Francesco Bellina / Cesura


Avant de prendre la mer, l’homme a dû apprendre un nouveau métier, celui d’armateur. Mais l’ex-consultant en urbanisme – pour la ville de Bologne et la fondation Rosa-Luxembourg à Berlin – se veut confiant. De toute façon, il n’avait pas le choix puisque ces nouveaux venus du sauvetage n’ont pas réussi à trouver un armateur prêt à leur louer son bateau. « La plupart nous ont dit qu’ils craignaient des mesures de rétorsion du gouvernement ! Cela permet de se rendre compte de la gravité de la situation en Italie en ce moment », décrypte l’homme.

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Le Mare-Ionio n’hésitera pas à appeler à la mobilisation politique en cas de refus des autorités de lui ouvrir l’un des ports italiens : « Nous ne sommes pas une nouvelle ONG mais une plate-forme sociale, affirme le militant Luca Casarini. Ce bateau doit devenir un symbole, un défi aux politiques menées par l’Italie et l’Europe. S’ils ferment leurs ports, nous appellerons la population à descendre dans la rue. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Un scandale sexuel impliquant l’époux d’une académicienne suédoise a abouti à l’annulation du prix pour la première fois en plus de 50 ans.
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Prix Nobel de littérature : pourquoi il n’y en aura pas en 2018

Un scandale sexuel impliquant l’époux d’une académicienne suédoise a abouti à l’annulation du prix pour la première fois en plus de 50 ans.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 13h01
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 14h46
   





                        



   


Après le Nobel de chimie, mercredi, et avant le Nobel de la paix, vendredi, c’est aujourd’hui, jeudi 4 octobre, qu’aurait dû, comme chaque année, être décerné le prix Nobel de littérature. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, il n’en sera rien. L’écrivain britannique Kazuo Ishiguro restera le dernier récipiendaire en date jusqu’à l’année prochaine. Le scandale impliquant le Français Jean-Claude Arnault, 72 ans, époux de la poétesse et académicienne suédoise Katarina Frostenson, installé en Suède depuis les années 1970, a conduit l’académie suédoise à reporter la récompense à l’année prochaine en raison d’une « crise de confiance ».
En plein mouvement #metoo, dix-huit femmes avaient accusé Jean-Claude Arnault de viol et d’agression sexuelle perpétrés entre 1996 et 2017, dans un article publié dans le grand quotidien suédois Dagens Nyheter le 21 novembre 2017. M. Arnault a été condamné lundi à deux ans de prison par un tribunal de Stockholm, à la suite de la plainte d’une de ses victimes.
Cette figure de la scène culturelle stockholmoise est également soupçonnée de conflits d’intérêts. Jean-Claude Arnault, un homme au passé nébuleux, réputé fantasque mais longtemps intouchable, aurait en effet accaparé l’appartement parisien de l’académie suédoise et recevait d’elle de généreuses subventions pour le centre culturel qu’il a créé à Stockholm.

        Le point sur les prix :
         

          Qui sont les lauréats des prix Nobel 2018 et qu’ont-ils accompli ?



Un prix alternatif plus inclusif
Les révélations du journal suédois ont conduit dix-huit membres de l’académie à abandonner leur fauteuil, après avoir nié dans un premier temps avoir connaissance des agissements du Français. Le quorum de douze membres n’étant pas atteint, et la crédibilité de l’institution étant largement entamée, le Nobel de littérature 2018 ne sera décerné qu’en 2019, en même temps que la désignation du lauréat de l’année prochaine.
Pour pallier l’absence de ce grand rendez-vous littéraire, la journaliste et écrivaine Alexandra Pascalidou a fondé une organisation baptisée « La Nouvelle Académie », chargée de décerner un prix alternatif, plus démocratique et inclusif. En consultant d’abord les libraires suédois, elle a établi une liste d’écrivains parmi lesquels le public était invité à désigner en ligne des finalistes. Quatre écrivains et écrivaines ont été retenus : la romancière guadeloupéenne Maryse Condé, le Britannique Neil Gaiman, la Vietnamienne Kim Thùy et le Japonais Haruki Murakami qui, soucieux de ne pas s’exposer, a préféré décliner la nomination. Le prix sera décerné à l’un d’entre eux le 12 octobre.
L’hebdomadaire L’Obs a, lui, demandé à trois anciens lauréats du prix, l’Autrichienne Elfriede Jelinek, l’Américaine Toni Morrison et le Français Jean-Marie Gustave Le Clézio, qui aurait mérité le Nobel cette année. Parmi leurs lauréats, le Coréen Ko Un, la Libanaise Vénus Khoury-Ghata, l’Américain Ta-Nehisi Coates ou encore l’Américain Thomas Pynchon. Il faudra attendre encore un an pour savoir si l’un d’entre eux aura aussi été le coup de cœur de l’académie suédoise.

        Le récit :
         

          Prix Nobel : l’Académie suédoise en plein soap opera






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Avant l’attribution des Nobel de la paix et d’économie, voici les principales informations à retenir sur les récompenses scientifiques (médecine, physique, chimie) de cette année.
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Qui sont les lauréats des prix Nobel 2018 et qu’ont-ils accompli ?

Avant l’attribution des Nobel de la paix et d’économie, voici les principales informations à retenir sur les récompenses scientifiques (médecine, physique, chimie) de cette année.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 12h56
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 16h36
    |

            Gary Dagorn








                        


Les lauréats des prix Nobel scientifiques (médecine, physique, chimie) sont désormais connus. Six hommes et deux femmes ont été récompensés. Voici un aperçu de leurs réalisations, en attendant la remise des distinctions pour le « travail pour une paix durable » et les sciences économiques (le prix Nobel de littérature n’ayant pas été remis cette année).
Médecine : le système immunitaire contre le cancer
Le prix Nobel de médecine a récompensé cette année deux chercheurs, l’un japonais, l’autre américain, ayant travaillé sur une nouvelle façon de combattre les cellules cancéreuses. Tasuku Honjo et James P. Allison ont mené des travaux similaires qui montrent qu’il est possible d’utiliser le système immunitaire d’un malade pour éliminer les tissus cancéreux. C’est ce qu’on appelle désormais l’immunothérapie.
Tasaku Honjo, le premier, a commencé à travailler en 1992 à une protéine présente sur la surface des cellules tueuses de notre système immunitaire, les lymphocytes T. Cette protéine, baptisée PD-1, agit comme un frein à l’action des lymphocytes T afin que la réaction immunitaire soit proportionnée à la menace et ne se retourne pas contre les cellules saines. Après plusieurs années de recherche, Honjo a découvert qu’en inhibant la protéine PD-1, les lymphocytes pouvaient s’attaquer bien plus facilement aux cellules cancéreuses et ainsi combattre les tumeurs.
C’est à peu près la même découverte qu’a faite James P. Allison à l’université de Berkeley, à San Francisco, lorsqu’il s’aperçut qu’une autre protéine, la CTLA-4, fonctionnait aussi comme un frein à la réaction immunitaire du corps. Les expériences menées en 1994 pour bloquer CTLA-4 sur des souris atteintes d’un cancer ont montré des résultats spectaculaires de rémission. Après plusieurs années d’efforts, des essais cliniques en 2010 ont abouti à des résultats prometteurs chez des patients humains atteints de mélanomes avancés. Plusieurs patients ont ainsi vu disparaître toute tumeur maligne grâce à cette technique, alors que les autres traitements avaient échoué auparavant.
L’immunothérapie permet aujourd’hui d’augmenter significativement le taux de rémission des patients atteints de cancers jugés incurables avant et représente une source d’espoir pour des cancers tels que les mélanomes, les lymphomes, le cancer du poumon ou celui de la vessie.

        Focus sur le Nobel de médecine
         

          qui sacre la percée de l’immunothérapie du cancer



Physique : les lasers à l’honneur
Le 112e prix Nobel de physique a récompensé cette année trois chercheurs : Arthur Ashkin, Gérard Mourou et Donna Strickland. Le premier pour l’invention des pinces optiques et leur application dans le domaine médical ; les seconds pour l’invention d’une technique de génération de rayons laser très intenses ayant permis d’améliorer grandement la chirurgie optique.
Les pinces optiques d’Arthur Ashkin sont un outil révolutionnaire inventé en 1987. Il s’agit de manipuler des objets physiques microscopiques, tels que des atomes, des molécules, des virus ou des bactéries grâce à des rayons laser. Cela peut sembler étonnant, mais cette technique utilise la pression que la lumière peut exercer sur les choses pour les déplacer. Cette invention majeure a trouvé de multiples applications en médecine et en biologie, où il est devenu bien plus facile de manipuler des organismes vivants microscopiques sans les endommager, permettant des manipulations quasi aisées et une recherche médicale plus poussée.
Quant à Gérard Mourou, chercheur à Polytechnique et à l’université du Michigan, et Donna Strickland, chercheuse à l’université canadienne de Waterloo, ils sont les inventeurs d’une technique capable de générer de très puissantes et précises impulsions laser, grâce à une technique unique appelée « chirped pulse amplification » (ou CPA, « amplification d’impulsions par impulsions chirurgicales », en français). Celle-ci a notamment trouvé une application massive dans la chirurgie de correction des yeux et pourrait se révéler utile dans de nombreux autres domaines.

        Focus sur le Nobel de physique :
         

          trois chercheurs, dont un Français, récompensés pour leurs travaux sur les lasers



Chimie : l’évolution accélérée en éprouvette
Le Nobel de chimie 2018 a été décerné à trois spécialistes de l’« évolution dirigée » en éprouvette. Le jury suédois a attribué la moitié du prix à l’Américaine Frances Arnold (Caltech, Pasadena, Californie), tandis que son compatriote, George Smith (université du Missouri, Columbia), et le Britannique Gregory Winter (université de Cambridge) se sont partagé l’autre moitié.
Frances Arnold a essayé, au début des années 1990, de reproduire le processus d’évolution naturelle, mais en accéléré, en laboratoire. Elle a obtenu des enzymes totalement nouveaux, en partant de gènes naturels, qui codent leur synthèse dans l’ADN. Elle a d’abord créé de vastes collections de mutants génétiques et passé au crible les molécules produites pour ne retenir que celles qui étaient les plus performantes dans une situation donnée. Comme une sélection variétale de graines, mais à l’échelle microscopique et en accélérant les saisons.
George Smith a réalisé des expériences similaires sur des peptides, des petites molécules de moins d’une dizaine d’acides aminés (les composants de base des protéines), qu’il cherchait à lier à des cibles moléculaires spécifiques. En 1985, il découvre qu’un bactériophage, virus infectant les bactéries, peut être le bon outil pour façonner à sa guise des peptides qu’il pourra ensuite passer au crible pour sélectionner ceux qui l’intéressent, comme à travers le tamis d’un chercheur d’or. Le Britannique sir Gregory Winter s’est inspiré de cette technique pour sélectionner des anticorps, molécules bien plus complexes. Il a déposé des brevets et créé des sociétés (dont Cambridge Antibody Technology) pour utiliser ces recherches dans un but thérapeutique.

        Focus sur le Nobel de chimie
         

          pour des travaux sur l’évolution en éprouvette



Littérature : l’attribution du prix 2018 est reportée d’un an, et sera annoncée en même temps que le lauréat 2019. L’Académie suédoise a traversé une « crise de confiance » après un scandale d’agression sexuelle qui a entraîné des démissions en série.
Paix : attribué vendredi 5 octobre à 11 heures.
Sciences économiques : attribué lundi 8 octobre à 11 h 45.

Le prix de sciences économiques, un presque prix Nobel
Surnommé le « prix Nobel d’économie », le prix en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel n’est pas réellement un prix Nobel au même titre que les autres (physique, chimie, médecine, paix, littérature).
En effet, l’économie ne figure pas dans la liste des disciplines qu’Alfred Nobel a désignées dans le but de distinguer les individus ayant permis des progrès remarquables pour le savoir et l’humanité dans leurs domaines.
Le prix a été créé par la Banque de Suède en 1968 et a été décerné pour la première fois en 1969. La création du prix et ses conditions d’attribution se sont toutefois faites en accord avec la Fondation Nobel et l’Académie royale des sciences de Suède (qui est chargée de décerner les prix en physique et en chimie). Le prix de sciences économiques apparaît d’ailleurs sur le site officiel des Nobel aux côtés des autres.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Une note de la Maison blanche enjoint les candidats républicains à défendre le bilan du président, malgré son impopularité.
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Midterms J – 33 : Trump fait des élections un référendum pour ou contre lui

Une note de la Maison blanche enjoint les candidats républicains à défendre le bilan du président, malgré son impopularité.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 12h03
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

La Maison Blanche et les républicains veulent faire des élections de mi-mandat du 6 novembre un plébiscite pour Donald Trump, tandis que les démocrates espèrent obtenir la majorité à la Chambre des représentants. Le correspondant du Monde à Washington, Gilles Paris, recense quotidiennement les principaux éléments de la campagne.
Le fait du jour
Donald Trump a prévu de se rendre dans six Etats au cours des dix prochains jours pour soutenir des candidats républicains en difficulté. Il ira tout d’abord dans le Minnesota, puis dans le Kansas, l’Iowa, la Pennsylvanie, l’Ohio et le Kentucky. A chaque étape, il entend mettre en avant son bilan.
Dans le Mississippi, mardi 2 octobre, le président a exhorté ses sympathisants à se rendre aux urnes le 6 novembre. « Les républicains doivent se bouger et aller voter. Si j’étais sur le bulletin de vote, tout le monde irait. Ce serait un glissement de terrain », a-t-il assuré. « Je n’y suis pas, mais j’y suis tout de même parce que c’est aussi un référendum à propos de moi et de l’impasse déplorable dans laquelle [les démocrates] vont précipiter ce pays » en cas de victoire, a-t-il ajouté.
Cette volonté de présidentialiser les élections de mi-mandat est confirmée par une note révélée par l’agence Associated Press (AP) mercredi. Rédigée par le directeur politique de la Maison Blanche, Bill Stepien, elle envoie un message clair aux républicains de la Chambre des représentants les plus vulnérables qui seraient tentés d’éviter un président particulièrement clivant : soutenez-le, ou commencez à faire vos valises.

« Les Américains soutiennent l’orientation prise par le pays à des niveaux historiquement élevés – avec cependant des électeurs républicains qui accusent un retard d’enthousiasme –, donc la voie à suivre est claire : les candidats républicains doivent s’aligner de manière claire et audacieuse sur les politiques qui alimentent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Stefan G. avait qualifié une collègue de « sale juive » en juillet dans une rue de Bruxelles.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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Peine inédite contre un fonctionnaire européen antisémite

Stefan G. avait qualifié une collègue de « sale juive » en juillet dans une rue de Bruxelles.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 11h23
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Bureau européen)








                        



                                


                            

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a prononcé une peine inédite et se voulant exemplaire à l’égard d’un fonctionnaire européen, mis en examen pour des actes à caractère antisémite. Dans un jugement prononcé le 21 septembre et publié cette semaine, le tribunal a indiqué à Stefan G., de nationalité maltaise, que sa condamnation pour incitation à la haine et coups et blessures serait suspendue pendant trois ans à condition qu’il effectue un travail bénévole dans une association ou une organisation luttant contre le racisme, l’antisémitisme, la discrimination, la haine ou la violence contre les personnes de confession juive. Il sera aussi soumis au contrôle d’une commission de probation.
C’était dans la soirée du 16 juillet 2015, dans le quartier européen de Bruxelles. Le fonctionnaire européen d’une cinquantaine d’années a fêté un anniversaire et se promène avec, entre les mains, une plaque minéralogique portant la mention « Mussolini ». Interpellé par une autre fonctionnaire, présente à une terrasse, qui lui indique que, « quand même, Mussolini était un dictateur », l’homme s’énerve, frappe, traite la dame de « sale juive » et affirme que « tous les juifs auraient dû être tués ». Il tente aussi de l’étrangler.

Les faits seront confirmés par un témoin. Une personne qui se trouvait avec le fonctionnaire – lequel est par ailleurs représentant d’un syndicat du personnel européen – dira que Stefan G. était ivre et s’était emparé de la plaque de l’un ses amis italiens, sympathisant du fascisme.
Relayée par la presse, l’affaire va entraîner un procès pénal et l’ouverture, par la Commission européenne, d’une enquête administrative. Celle-ci portera aussi sur trois courriels d’intimidation que recevra la victime. Stefan G. niera en être l’auteur.
« Les valeurs des Lumières »
Dans son jugement, le tribunal évoque « des faits graves et inadmissibles dans un Etat de droit qui repose sur des valeurs du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le socialiste Pierre Moscovoci annonce qu’il ne sera pas candidat aux élections européennes de mai 2019 sous la bannière du PS.
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Pierre Moscovici : « Je reprends simplement ma liberté de pensée et de parole »

Le socialiste Pierre Moscovoci annonce qu’il ne sera pas candidat aux élections européennes de mai 2019 sous la bannière du PS.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 12h20
    |

            Solenn de Royer, 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Enora Ollivier








                        



                                


                            

Pierre Moscovici, 61 ans, est commissaire européen aux affaires économiques et financières dans la Commission Juncker depuis fin 2014. Aux avant-postes des crises européennes, l’ex-eurodéputé et ancien ministre des finances de François Hollande, toujours socialiste, explique au Monde pourquoi il ne se lancera pas dans la bataille des élections européennes de mai 2019 sous la bannière de son parti.
Allez-vous vous lancer dans la primaire interne des socialistes européens pour désigner son candidat au remplacement de Jean-Claude Juncker ?
Pour moi, la question du Spitzenkandidat [tête de liste des partis paneuropéens] était liée à la possibilité d’une candidature à la tête de liste du Parti socialiste. Je l’ai envisagée. Non pas par ambition personnelle mais par esprit de responsabilité, parce que j’aurais pu être utile, au regard de mes vingt-cinq ans d’expérience européenne. Après une réflexion sérieuse, j’en suis arrivé à la conclusion que les conditions d’une candidature ne sont pas réunies.
Lesquelles ?
Le PS n’a pas pris la mesure du défi existentiel auquel fait face l’Europe. Pour la première fois dans son histoire, son existence est menacée : elle peut imploser ou être pervertie par des responsables d’extrême droite, Matteo Salvini, Marine Le Pen ou Viktor Orban. Dans un moment pareil, il faut promouvoir l’unité d’une Europe puissante, plus intégrée. Ce n’est pas le moment de reculer ou de tergiverser.

On ne peut pas à la fois regarder du côté d’un Jean-Luc Mélenchon, qui a des accents nationalistes et conteste les traités européens, et vers mes amis socialistes ou progressistes que sont Antonio Costa [premier ministre portugais], Pedro Sanchez [chef du gouvernement espagnol] ou Alexis Tsipras [premier ministre grec]. Ce n’est ni la même gauche ni la même Europe. Pour moi, le PS n’a pas clarifié sa position : est-il réellement un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Pour ajourner l’offensive de Bachar Al-Assad, Ankara multiplie les pressions sur l’ex-branche d’Al-Qaida en Syrie.
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A Idlib, la Turquie s’emploie à neutraliser les groupes djihadistes

Pour ajourner l’offensive de Bachar Al-Assad, Ankara multiplie les pressions sur l’ex-branche d’Al-Qaida en Syrie.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 11h08
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante), 
Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant) et 
Madjid Zerrouky








                        



                                


                            

Un calme durable s’est imposé sur les lignes de front qui séparent la dernière enclave rebelle des forces gouvernementales syriennes, après l’accord conclu le 17 septembre à Sotchi, en Russie, entre Vladimir Poutine et son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan. Cette trêve reste cependant suspendue à l’attitude de la dizaine de milliers de combattants du groupe Hayat Tahrir Al-Cham (HTC), l’ex-branche syrienne d’Al-Qaida, qui contrôle militairement une partie de l’enclave et dont la Russie exige l’éradication.
Secoué par des tensions internes, le groupe djihadiste ne s’est toujours pas prononcé officiellement sur l’accord. Le compromis de Sotchi prévoit la création d’une zone tampon de 15 à 20 kilomètres de large, que les groupes rebelles les plus radicaux devront quitter après l’avoir débarrassée « de toutes les armes lourdes ».
Décidée à remplir son rôle dans la mise en place d’une « zone démilitarisée », la Turquie a renforcé ses postes d’observation dans la région, mercredi 3 octobre, en y dépêchant une quarantaine de véhicules militaires. Des renforts similaires avaient été observés le 25 septembre.
L’évacuation des armes lourdes doit avoir lieu d’ici au 10 octobre, et le départ des djihadistes doit être acté cinq jours plus tard. La Turquie s’est engagée, d’ici la fin de l’année, à rouvrir au trafic les deux autoroutes qui traversent la région d’Idlib : elles sont, pour l’heure, contrôlées par plusieurs factions rebelles, qui réclament des droits de passage.
Entravée par des zones d’ombre
Présentée comme une victoire diplomatique du président Erdogan, qui a pu éviter la catastrophe humanitaire annoncée aux 3 millions de civils d’Idlib, en éloignant la perspective d’une offensive du régime, l’initiative turque est entravée par les zones d’ombre qui demeurent dans l’accord, un mémorandum d’une page à peine : dix paragraphes aux formulations imprécises.

Mais, dans les faits, la question des armes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Le bateau de secours aux migrants, dont l’activité est en sursis, appelle les gouvernements européens à lui permettre de poursuivre sa mission.
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L’« Aquarius » est à Marseille et attend un nouveau pavillon

Le bateau de secours aux migrants, dont l’activité est en sursis, appelle les gouvernements européens à lui permettre de poursuivre sa mission.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
04.10.2018 à 11h41
   





                        


L’organisation non gouvernementale (ONG) SOS Méditerranée a annoncé sur Twitter que son navire, l’Aquarius, est arrivé jeudi 4 octobre dans le port de Marseille. Depuis que le Panama a annoncé sa décision de retirer au bateau humanitaire son pavillon à la fin de septembre pour « non-respect » des « procédures juridiques internationales » concernant le sauvetage des migrants en mer, l’ONG craint que la mesure ne soit appliquée « dès qu’il va toucher terre », a expliqué mercredi sa directrice, Sophie Beau.

UPDATE The #Aquarius has arrived in #Marseille for port call. We call on #European governments to allow us to conti… https://t.co/mhiD10vGFl— SOSMedIntl (@SOS MEDITERRANEE)


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Mme Beau a ajouté qu’elle espérait que le Panama revienne sur sa décision, jugeant indispensable que le navire reprenne sa mission. « Nous appelons les gouvernements européens à nous permettre de poursuivre notre travail pour sauver des vies en nous donnant un pavillon, a insisté l’ONG sur Twitter. Nous sommes déterminés à revenir dans les eaux internationales de la Méditerranée centrale dès que possible. »
L’Aquarius est le dernier navire humanitaire à parcourir la Méditerranée pour secourir des migrants qui tentent la traversée clandestine vers l’Europe, fait valoir l’association. Depuis quatre ans, plus de 15 000 personnes sont mortes noyées en Méditerranée en tentant la traversée sur des embarcations de fortune, selon l’ONG. En deux ans et demi, SOS Méditerranée dit avoir secouru 29 523 personnes dont 23 % sont des mineurs.

        Lire aussi :
         

                « Pour les migrants en mer, le plus grand danger ce sont la politique, les politiciens et la politique extérieure de l’UE »







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ « Kler », de Wojcieh Smarzowski, aborde notamment la question de la pédophilie des prêtres.
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Un film dénonçant les péchés de l’Eglise crée un électrochoc en Pologne

« Kler », de Wojcieh Smarzowski, aborde notamment la question de la pédophilie des prêtres.



LE MONDE
 |    04.10.2018 à 10h58
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



   


Avec un million de spectateurs dès le week-end de lancement, le film Kler (« clergé »), du réalisateur Wojciech Smarzowski, sorti le vendredi 28 septembre en Pologne, s’annonce déjà comme le plus grand succès commercial de tous les temps dans le pays. Dans le dernier bastion catholique d’Europe, le film, qui se veut le miroir de l’hypocrisie de l’Eglise polonaise face, notamment, aux scandales de pédophilie, est en passe de devenir un véritable phénomène de société. Les études d’opinion indiquent que deux tiers des Polonais ont l’intention d’aller voir le film.
Pour la chrétienté polonaise, c’est un électrochoc. L’Eglise catholique est omniprésente dans l’espace public, bénéficie de nombreux privilèges et joue un rôle politique prépondérant. Jaroslaw Kaczynski, le chef du parti ultraconservateur au pouvoir (Droit et justice, PiS), est allé jusqu’à dire que « chaque coup porté contre l’Eglise est un coup porté contre la Pologne ». Le jeu d’instrumentalisation entre les pouvoirs sacré et profane est réciproque et permanent.

        Lire aussi :
         

                La Pologne et sa croix



La religion est enseignée à l’école, sans que l’Etat n’ait de droit de regard sur les programmes. La législation encadrant l’avortement est parmi les plus restrictives d’Europe, et le blasphème – l’« offense au sentiment religieux » – puni par la loi. En outre, les scandales de pédophilie sont récurrents, même si leur nombre paraît sans cesse minimisé. La cour d’appel de Poznan vient de condamner, mardi 2 octobre, une congrégation religieuse, jugée responsable des actes de pédophilie d’un de ses membres.
Style trash
Le succès de Kler s’explique avant tout par le fait que c’est une œuvre sur les coulisses d’une institution, dont bien des Polonais, même croyants, ont du mal à accepter la toute-puissance. Si le réalisateur prétend vouloir montrer ce qui se passe « de l’autre côté de l’autel », le film met paradoxalement à l’écran ce qu’une large partie de la population pense tout bas : l’avidité, les abus de pouvoir du clergé, la corruption, une pédophilie endémique.
« Lors d’une avant-première réservée à des prêtres, ces derniers mettaient des noms sur chacun des personnages de fiction présentés en les montrant du doigt », Wojciech Smarzowski, réalisateur
L’œuvre raconte l’histoire de trois amis prêtres représentatifs des 33 000 curés que compte le pays : l’un est un curé influent dans une ville de taille moyenne, le second évolue dans la haute hiérarchie et ambitionne une carrière à Rome, le troisième officie dans un petit village pauvre de province. L’un d’entre eux est accusé à tort de pédophilie alors que le second use de son pouvoir et de son influence pour masquer ses crimes. L’un comme l’autre ont été victimes ou témoin de tels actes dans leur enfance. La scène phare montre l’archevêque et ses proches conseillers se réjouir avec force applaudissements quand, à la lecture des journaux, à l’aube, ils constatent que le scandale touchant leur confrère est bien étouffé.
Dans un style trash, Wojciech Smarzowski décide de présenter au spectateur tous les péchés de l’Eglise polonaise. On peut ainsi voir un condensé du pire : un archevêque ultracorrompu au vocabulaire peu catholique, des prélats roulant en Bentley ou en Mercedes dernier cri, un prêtre vivant en couple, demandant à sa compagne d’avorter de son deuxième enfant, des enveloppes et sacs en plastique remplis de liasses de billets, des appels d’offres truqués, des hommes politiques et d’affaires au chevet de la hiérarchie ecclésiastique.
Minutieuse consultation

   


Le scénario a fait l’objet d’une minutieuse consultation avec d’anciens et actuels membres de l’Eglise, attestant de la véracité de l’atmosphère et des anecdotes relatées. « Lors d’une avant-première réservée à des prêtres, ces derniers mettaient des noms sur chacun des personnages de fiction présentés en les montrant du doigt : “Ça, c’est untel, et lui, c’est untel”, relate le réalisateur, ça m’a surpris. » Mais il se garde bien de tout manichéisme, dévoilant au long du film des histoires humaines complexes.

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La force du film est avant tout de désacraliser l’institution et les hommes qui la composent. Le réalisateur met ainsi la lumière sur un certain nombre de phénomènes peu connus, comme celui de l’alcoolisme chez les prêtres, ou celui d’une homosexualité fortement répandue. Le film, qui se garde bien de critiquer la foi ou la spiritualité, questionne le rapport des Polonais à l’institution : en se rendant à la messe dominicale, qui réunit chaque semaine 42 % de la population, ne cautionnent-ils pas ce que le réalisateur qualifie d’« hypocrisie généralisée » ? Compte tenu du succès du film, tout indique que le débat sur les « maladies de l’Eglise » ne fait que commencer.



                            


                        

                        

