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La splendeur antique de Bavay

Des statuettes en bronze trouvées il y a cinquante ans dans cette ville du Nord ont bénéficié de nouvelles analyses et sont comparées à d’autres trésors datant de l’Empire romain.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 18h00
    |

                            Francis Gouge (Créteil, correspondant)








                        



                                


                            
Exposition. Comment imaginer aujourd’hui que Bavay, modeste ville du Nord, ait pu être, il y a 1 800 ans, la capitale de la cité (civitas, subdivision d’une province) des Nerviens ? Le territoire de ce peuple gaulois, à cheval sur la France et la Belgique, s’étendait de la Sambre à l’Escaut. Bavay s’appelait alors Bagacum et son forum de 2,5 hectares était un des plus grands de l’Empire romain. Au IIIe siècle après J.-C., elle était supplantée par Camaracum (Cambrai) et tombait dans un relatif oubli.

Au cœur de l’été 1969, des fouilles au nord-est du forum par un abbé, Henri Biévelet, ont mis au jour un trésor de 370 objets majoritairement en bronze : fragments de grandes statues, objets de la vie quotidienne et, surtout, 18 statuettes exceptionnelles, dont 14 de divinités. Cette découverte entraîna la création d’un musée en 1976, le Forum antique de Bavay.

Une exposition temporaire, « Nouveaux regards sur le Trésor des bronzes de Bavay », constituée de prêts de divers musées dont du Louvre, s’y tient jusqu’au 22 janvier 2019. Rappelant que le monde romain n’était pas que méditerranéen, elle permet de confronter les œuvres découvertes ici avec d’autres de tout l’empire, et de les présenter sous un jour nouveau.
Alliage rare
En effet, après quatre décennies d’exposition, le trésor souffrait de dégradations avec des reprises de corrosion, dues à un manque d’étanchéité des vitrines et à un environnement climatique instable. Il fallut déplacer l’ensemble dans un espace plus sain et changer de mode de présentation. Le musée a alors demandé au Centre de recherche et de restauration des musées de France de compléter les études faites par le passé avec de nouveaux instruments, dont New Aglaé (Accélérateur Grand Louvre d’analyses élémentaires). Les petits bronzes seront les premiers examinés par cet équipement qui permet d’analyser les matériaux constitutifs des œuvres d’art, de façon totalement non...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Frances H. Arnold, George P. Smith et le Britannique Gregory P. Winter sont récompensés par l’Académie.
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Le Nobel de chimie pour deux Américains, un Britannique et leurs travaux sur l’évolution in vitro

Frances H. Arnold, George P. Smith et le Britannique Gregory P. Winter sont récompensés par l’Académie.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 12h18
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 18h45
    |

            David Larousserie et 
Hervé Morin








                        



   


Domestiquer l’évolution dans un tube à essai. Multiplier les mutations de molécules et les sélectionner sans pitié pour faire émerger de façon accélérée des fonctions nouvelles. Et ainsi obtenir des réactifs ou des médicaments plus efficaces. Ce sont ces percées, résumées sous le vocable d’« évolution dirigée », qui ont été consacrées par le prix Nobel de chimie, mercredi 3 octobre. Le jury suédois a attribué la moitié du prix à l’Américaine Frances Arnold (Caltech, Pasadena, Californie), tandis que son compatriote, George Smith (Université du Missouri, Columbia), et le Britannique, Gregory Winter (Université de Cambridge), se partagent l’autre moitié des 860 000 euros.
Si la part de la lionne revient à Frances Arnold (62 ans), c’est sans doute parce qu’elle a été parmi les premiers à avoir l’intuition, au début des années 1990, qu’il serait possible de faire mieux que l’évolution, en passant par les mêmes chemins, mais en accéléré. « C’était assez gonflé, car la communauté partageait l’intuition que la nature, au fil des millions d’années d’évolution, avait déjà atteint une forme de perfection », salue Philippe Minard (Institut de biologie intégrative de la cellule, Gif-sur-Yvette), dont le laboratoire utilise quotidiennement les techniques lancées par l’Américaine.

BREAKING NEWS: 
— NobelPrize (@The Nobel Prize)


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Collections de mutants génétiques
Frances Arnold a obtenu des enzymes totalement nouveaux, en partant de gènes naturels, qui codent leur synthèse dans l’ADN. Elle créait d’abord de vastes collections de mutants génétiques et passait au crible les molécules produites pour ne retenir que celles qui étaient les plus performantes dans une situation donnée. C’est en ce sens que l’évolution était dirigée.
En repartant de ces candidats mieux adaptés, il était possible d’induire de nouvelles mutations pour sélectionner des enzymes plus réactifs et au fil des générations à aboutir à des protéines plus efficaces encore. Un peu comme la sélection variétale qui consiste à ne garder que les graines des meilleures plantes d’une année sur l’autre, mais à l’échelle microscopique et en accélérant les saisons.
L’Américaine, qui n’est que la cinquième femme Nobel de chimie, s’est maintenue à la pointe de ce domaine depuis vingt-cinq ans, créant des enzymes permettant « de produire des substances chimiques, comme des médicaments, de façon plus écologique, ou des combustibles renouvelables pour un secteur du transport plus vert », décrit le comité Nobel.
George Smith (77 ans) est dans la même philosophie mais sur des peptides, des petites molécules de moins d’une dizaine d’acides aminés (les composants de base des protéines), qu’il cherchait à lier à des cibles moléculaires spécifiques. En 1985, il découvre qu’un bactériophage, virus infectant les bactéries, peut être le bon outil pour façonner à sa guise des peptides qu’il pourra ensuite passer au crible pour sélectionner ceux qui l’intéressent.
Il suffit pour cela de changer une région de l’ADN du phage afin de modifier une protéine sur l’enveloppe du virus. Le phage infecte la bactérie, qui reproduit le code génétique de l’intrus et par là multiplie les phages dans les éprouvettes. « La chance est que cette modification génétique ne tue pas les bactéries, qui peuvent donc jouer leur rôle amplificateur », rappelle Jean-Luc Teillaud, directeur de recherche émérite à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
George Smith avait coutume de comparer la recherche d’infimes molécules dans les boîtes de Pétri au geste auguste du chercheur d’or
George Smith n’a pris conscience du potentiel d’évolution dirigée de sa méthode qu’au cours d’une discussion avec un collègue chimiste. Il était en effet possible de présenter une quasi-infinité de couples peptides-phages pour sélectionner ceux qui « collent » à une protéine donnée, et ensuite de multiplier les quelques couples efficaces.
Le chercheur avait coutume de comparer cette recherche d’infimes molécules dans les boîtes de Pétri au geste auguste du chercheur d’or, si bien qu’une expression est désormais passée dans le langage courant des scientifiques du domaine, note Philippe Minard : « On dit “faire un tour de passing”, comme les orpailleurs, comme si on cherchait une pépite parmi une multitude de grains de sables. » Smith n’a jamais cherché à breveter ce précieux crible à molécules.

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Ce n’est pas le cas de Sir Gregory Winter (67 ans), qui a créé plusieurs sociétés, dont Cambridge Antibody Technology (CAT), vendue ensuite à AstraZeneca. Il a breveté une technique s’inspirant de la « présentation par phages » de Smith pour sélectionner des anticorps, des molécules bien plus complexes que les peptides, faites de centaines d’acides aminés. La technique permet en fait de constituer une banque de phages au code génétique modifié aléatoirement de manière à produire des millions d’anticorps différents, puis de tester lesquels ont des affinités pour les cibles d’intérêt thérapeutique.
« Contrer des maladies auto-immunes »
C’est le cas par exemple de l’adalimumab, un best-seller de l’industrie pharmaceutique, approuvé en 2002 et utilisé contre la polyarthrite rhumatoïde, le psoriasis et certaines maladies inflammatoires digestives. Ou bien du ranibizumab (commercialisé sous le nom de Lucentis), médicament contre la dégénérescence maculaire liée à l’âge, trouvé par un criblage de molécules, produite par des mutations génétiques aléatoires – et dont le prix élevé, alors qu’un équivalent moins onéreux était disponible, a créé la polémique en 2013. « La technique de présentation par phages a produit des anticorps qui peuvent neutraliser des toxines, contrer des maladies auto-immunes et les métastases cancéreuses », indique le comité Nobel.

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Dans cette quête, le lauréat était en compétition avec Andreas Plückthun, à l’université de Zürich, qui a lui aussi créé une entreprise, MorphoSys, longtemps en guerre de brevets avec CAT. Il a démontré la même chose que son confrère mais quelques mois plus tard.
Gregory Winter a aussi été très actif dans la mise au point de techniques permettant d’« industrialiser » cette approche en utilisant des microgouttes comme milieu de sélection des molécules d’intérêt. Ce domaine dit de la microfluidique est essentiel pour élargir encore les populations sur lesquelles s’exerce l’évolution dirigée et diminuer les volumes de réactifs. Un domaine qui réunit encore les Nobel de cette année : Frances Arnold est elle aussi active dans ce champ de recherche.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Le Français Gérard Mourou, la Canadienne Donna Strickland et l’Américain Arthur Ashkin ont reçu mardi le prix Nobel de physique.
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La France, quatrième pays représenté parmi les prix Nobel, loin derrière les Etats-Unis

Le Français Gérard Mourou, la Canadienne Donna Strickland et l’Américain Arthur Ashkin ont reçu mardi le prix Nobel de physique.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 09h51
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 11h59
    |

            Anne-Aël Durand








                        


« Nous sommes fiers de Gérard Mourou », a déclaré le président, Emmanuel Macron, mardi 2 octobre, à propos de l’attribution du prix Nobel de physique au chercheur français, primé avec sa consœur canadienne Donna Strickland pour leurs travaux sur l’usage des lasers dans l’optique, alors que la seconde moitié du prix a été attribuée à l’Etats-Unien Arthur Ashkin.
Les Français sont régulièrement récompensés par ce prestigieux prix : le chimiste Jean-Pierre Sauvage en 2016, l’économiste Jean Tirole et l’écrivain Patrick Modiano en 2014, le physicien Serge Haroche en 2012…

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La France au premier rang en littérature
Le palmarès de la France est pourtant loin d’égaler celui des Etats-Unis, qui dominent le classement dans tous les domaines (médecine, physique, chimie, économie, paix)… hormis en littérature, seul pays où la France arrive au premier rang, avec quatorze lauréats depuis Sully Prudhomme, en 1901, contre douze auteurs américains.

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Les Etats-Unis dominent largement le classement des prix Nobel
Nombre de prix Nobel décernés entre 1901 et 2018 en fonction du pays de rattachement du lauréat au moment de la récompense. 



Source : Nobel Prize




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        var url = "//www.lemonde.fr/assets-redaction/img/drapeaux/250/";
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            .attr("name", function(d, i) { return d.properties.fr })
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            .attr("class", function(d, i) {
                if (m.get(d.properties.fr) != undefined) {
                    return "dcdr_pays"
                }
            })
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            .attr("fill", function(d, i) {
                if (m.get(d.properties.fr) != undefined) {
                    return quantize(m.get(d.properties.fr)[1])
                } else {
                    return "#e4e4e4"
                }
            });
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        var legend = svglegende.append("g").attr("id", "legend").selectAll("rect")
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                return i * 14
            })
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                return color[i]
            })
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        var legend_txt = svglegende.append("g").attr("id", "legend_txt").selectAll("text");
        legend_txt.data(color)
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            .attr("y", function(d, i) {
                return i * 14 + 11
            })
            .style("font-size", "10px")
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            .text(function(d, i) {
                var t0 = Math.round(a[i])
                var t1 = Math.round(a[i + 1])
                return t0 + " - " + t1 + " " + ""
            });
        var legend_titre = svglegende.append("g").attr("id", "legend_titre");
        legend_titre.append("text")
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            .text("Nombre de Nobel");
        var rect = document.getElementById("legende15384874233").getBBox();
        legend_fond.append("rect").attr("x", rect.x - 10)
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        var w = $("#dcdr_map15384874233").width();
        var h = $("#dcdr_map15384874233").height();
        var x = w * 35 / 100,
            y = h * 79 / 100;
        svglegende.attr("transform", "translate(" + x + "," + y + ")");

        var isNumber = [1, 2, 3, 4, 5, 6, 7],
            data_modif_title = ["Pays de rattachement au moment du Nobel", "Total général", "économie", "chimie", "physique", "médecine", "littérature", "paix"];

        function p(col) {
            var m = data_modif_title.indexOf(col);
            return m;
        }

        $(function() {
            $("#dcdr_map15384874233").tooltip({
                items: ".dcdr_pays",
                tooltipClass: "tooltipdecodeurs multimedia-embed",
                track: true,
                content: function() {
                    function essai(contents) {
                        if (contents == "COULEUR") {
                            var color = $(element[0]).attr("fill");
                            return color;
                        }
                 
                            return allvalues[p(contents)];
                       
                    }
                    var element = $(this);
                    var allvalues = m.get(element.attr("name"));
                    var drapeau = m2.get(element.attr("name"))[1];
                    var titre = "{{Pays de rattachement au moment du Nobel}}";
{{Total général}} prix Nobel au total, dont : - {{paix}} prix Nobel de la paix, - {{littérature}} en littérature,  - {{médecine}} en médecine, - {{physique}} en physique, - {{chimie}} en chimie, - {{économie}} en économie. ";
                    var notes = "";
                    var reg = new RegExp(/{{(.*?)}}/g)
                    titre = titre.replace(reg, function(match, contents, offset, s) { return essai(contents); });
                    content = content.replace(reg, function(match, contents, offset, s) { return essai(contents); });
                    notes = notes.replace(reg, function(match, contents, offset, s) { return essai(contents); });

                    var str = ""
                    if (titre != "") {
" + titre + ""
                    }
                    if (content != "") {
" + content + ""
                    }
                    if (notes != "") {
" + notes + ""
                    }
                    return str;
                }
            });
        });

    })

    $("#dcdr_container15384874233 a").click(function(event) { event.stopImmediatePropagation() });

});


Quatre double Nobel, dont une Française
Si on compte le pays de résidence au moment de la réception du prix, la France a remporté 62 Nobel, attribués à 61 personnes différentes, puisque Marie Curie l’a reçu deux fois, alors que les Etats-Unis en ont reçu 372, pour 370 personnes, car Linus Pauling et John Bardeen ont aussi été deux fois primés. Les Britanniques en ont reçu 112 (dont deux pour Frederick Sanger) et les Allemands, 83. Les chiffres sont différents si on considère le pays de naissance des récipiendaires des Nobel, mais les quatre premiers pays sont les mêmes.

        Lire aussi :
         

                Les femmes représentent 5 % des lauréats des prix Nobel





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		text-align: right;
		margin-right: 5px;
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	}



La France en quatrième position des Nobel, derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne
Nombre de prix obtenus en fonction du pays de naissance et du pays de rattachement des lauréats. Seuls les pays ayant reçu plus de cinq prix sont représentés.

Source : Nobel Prize



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			shortMonths: [ 'jan.' , 'fév.' , 'mars' , 'avr.' , 'mai' , 'juin' , 'juil.' , 'août' , 'sept.' , 'oct.' , 'nov.' , 'déc.'],
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      ],
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        "",
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      ],
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      ],
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        "",
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      ],
      [
        "",
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      ],
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      ],
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        "",
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      ],
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      ],
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      ],
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      ],
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        10
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        9
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      ],
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			else {el.className += ' ' + 'tooltiplarge';}
		}	
	}

});


Seule une soixantaine de pays sont représentés parmi les prix Nobel (56 en comptant le pays de résidence, 62 avec celui d’origine). C’est le Nobel de la paix qui assure la plus grande diversité, avec 40 nationalités, suivi du Nobel de littérature (37 pays), alors que celui d’économie n’a été attribué qu’à 11 pays.


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Les Nobel de la paix ont des origines plus diverses que ceux de physique ou d'économie
Nombre de prix décernés par nationalité du lauréat au moment de recevoir la récompense.

Source : Nobel Prize



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> Voir la rubrique « En un graphique » des Décodeurs




                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Le petit robot franco-allemand vient d’arriver sur l’astéroïde Ryugu. Sa durée de vie, après un voyage de quatre ans, sera d’une quinzaine heures.
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Mascot, le petit robot largué à 300 millions de kilomètres de la Terre

Le petit robot franco-allemand vient d’arriver sur l’astéroïde Ryugu. Sa durée de vie, après un voyage de quatre ans, sera d’une quinzaine heures.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 08h57
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 15h41
    |

            Pierre Barthélémy








                        



   


« Dans l’espace, personne ne vous entend crier », disait l’accroche glaçante du film Alien. Dans l’espace, à 325 millions de kilomètres de la Terre, personne n’a entendu l’atterrisseur Mascot, largué par la sonde japonaise Hayabusa 2, toucher la surface de l’astéroïde Ryugu après une chute libre de 51 mètres, aux premières heures mercredi 3 octobre.
Que les mots « largué » et « chute libre » n’induisent cependant personne en erreur. Même si le petit engin franco-allemand – qui a une masse de 10 kg et les dimensions d’une grosse boîte à chaussures – ne dispose d’aucun système pour freiner sa descente, même si le sol de Ryugu n’est que cailloux et rugosités, tout s’est effectué en douceur. La force de gravité qu’exerce cet astéroïde de 900 mètres de diamètre est tellement faible que la chute de Mascot a duré plusieurs minutes. Au terme de cette étape, ce qu’il est un peu difficile de nommer un impact s’est produit à environ 0,5 km/h, soit à peine plus vite que la vitesse d’une tortue au pas.

Et puis je me suis retrouvé dans un endroit comme nul autre sur Terre. Une région pleine de merveilles, de mystère… https://t.co/sJm6xyKjMh— MASCOT2018 (@MASCOT Lander)


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« Mystère et danger »
Il faut ensuite imaginer une scène passée au plus langoureux des ralentis. Après son contact avec le sol, Mascot, qui n’est pas pourvu d’un système d’ancrage, est reparti vers le haut, entamant une série de lents rebonds. Ainsi que l’expliquait, avant l’atterrissage, Aurélie Moussi, chef de projet Hayabusa 2-Mascot au Centre national d’études spatiales (CNES), les calculs prévoyaient « que la phase de rebonds pouvait durer au maximum cent cinq minutes ». Selon les premières informations fournies par le Centre allemand pour l’aéronautique et l’astronautique (DLR, l’agence spatiale allemande), cette phase n’a finalement pris que quelques minutes. A 7 h 36 (heure de Paris), le compte Twitter de Mascot envoyait ce message : « Et puis je me suis retrouvé dans un endroit comme nul autre sur Terre. Une région pleine de merveilles, de mystère et de danger ! »

   


La fin des culbutes ne devait pas marquer la fin de l’atterrissage proprement dit. Encore fallait-il que l’espèce de gros dé que constitue Mascot soit posé sur la bonne face, celle qui permet à ses instruments de travailler. Les concepteurs de l’appareil lui ont donc adjoint une sorte de bras doté d’une masselotte afin, décrit Aurélie Moussi, « de donner à Mascot des pichenettes pour changer de face ». 
Une fois correctement positionné, l’atterrisseur, qui n’a qu’une quinzaine d’heures d’autonomie, devait commencer sa moisson de données scientifiques à l’aide des quatre instruments qui l’équipent, dont le principal est le spectromètre français. L’idée est de rassembler le plus d’informations sur Ryugu, « de se faire une idée assez précise de son sol, afin de préparer les collectes d’échantillons que fera Hayabusa 2 ; la première aura lieu fin octobre », rappelle Aurélie Moussi, qui souligne que Mascot a été conçu comme un éclaireur, au service de la sonde nippone. L’objectif principal de la mission consiste en effet à rapporter sur Terre, à la fin de 2020, quelques minuscules prélèvements de l’astéroïde. Leur analyse éclairera les astronomes sur la composition du Système solaire primitif, dont ce type de corps est un parfait représentant.

        Lire aussi :
         

                Hayabusa-2 à portée de l’astéroïde Ryugu






                            


                        

                        


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édition abonné


S’orienter là où le GPS est aveugle

Une compétition a mis aux prises des prototypes de navigation « indoor ».



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 06h00
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Les clients du centre commercial Atlantis de Nantes ont assisté, samedi 22 septembre, à une étrange première mondiale. Des jeunes en tee-shirt bleu brandissant des pancartes orange semblaient ouvrir la voie à d’autres jeunes, soit équipés comme il se doit d’un téléphone portable, soit d’un ordinateur ou d’autres équipements high-tech, et attentifs à guetter des cibles, orange également, collées au sol. Testaient-ils un nouveau jeu de réalité virtuelle ? Non, ils participaient à un défi mondial destiné à trouver le meilleur système de géolocalisation à l’intérieur des bâtiments, tunnels, parkings, aéroports ou centres commerciaux, quand les signaux des satellites GPS ou Galileo ne passent plus.
« Chaque année, lors de la conférence scientifique mondiale sur le sujet, “Indoor Positioning and ­Indoor Navigation” (IPIN), ce genre de compétition entre différents prototypes a lieu. Mais c’est la première fois qu’elle se tient dans un lieu de vie comme Atlantis, insiste Valérie Renaudin, chercheuse au laboratoire Geoloc à l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar), et coorganisatrice de cette édition de IPIN et de cette épreuve. D’habitude, c’était sur un campus universitaire. Là, il fallait se déplacer en évitant les enfants, en prenant des escalators sur trois niveaux… »
Solutions autonomes
L’enjeu de la localisation en intérieur est important. Beaucoup d’entreprises déploient déjà des capteurs dans les bâtiments afin de localiser les personnes par Wi-Fi, Bluetooth, relais des ­signaux satellites ou autres ­ondes… C’est certes précis, mais par définition cela ne marche que dans les lieux équipés de capteurs et, surtout, cela pose des questions de protection des données personnelles : le téléphone du visiteur étant connecté, les données de ­localisation sont ainsi accessibles au propriétaire de l’infrastructure. D’où la recherche de solutions autonomes, non dépendantes d’une...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ En plein développement, des systèmes autonomes rivalisent en performance avec l’œil du spécialiste pour diagnostiquer des tumeurs et une maladie de la rétine.
<filname="PROF-env_sciences-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’intelligence artificielle, as du diagnostic médical

En plein développement, des systèmes autonomes rivalisent en performance avec l’œil du spécialiste pour diagnostiquer des tumeurs et une maladie de la rétine.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 07h33
    |

                            Marie-Laure Théodule








                        



                                


                            
Les défis de la science. Avril 2018, l’intelligence artificielle autonome fait une entrée remarquée sur le marché du diagnostic médical. L’agence de santé américaine, la Food and Drug Administration (FDA), vient d’autoriser pour la première fois la commercialisation d’un logiciel d’intelligence artificielle (IA) capable d’établir seul un diagnostic. A partir de l’analyse de photos de fonds d’œil, le ­logiciel nommé IDx-DR détecte la rétinopathie diabétique, maladie pouvant ­conduire à la cécité qui touche 30 % à 40 % des personnes atteintes d’un diabète de type 2. Il le fait avec la même ­précision qu’un spécialiste : dans près de 90 % des cas, IDx-DR réalise un bon diagnostic, ce qui a convaincu la FDA.
Cette première incursion commerciale de l’IA autonome dans le diagnostic médical marque le début d’une nouvelle ère. Car un peu partout dans le monde, des équipes de recherche, des grandes entreprises (IBM, Philips notamment) et des start-up développent des systèmes de diagnostic autonomes fondés sur les algorithmes d’apprentissage profond. De quoi s’agit-il ? Ces logiciels s’inspirant du cortex visuel des mammifères utilisent des réseaux de neurones virtuels organisés en couches pour traiter l’information. Dans une première phase dite d’apprentissage, ils sont entraînés à établir avec une grande fiabilité statistique des corrélations entre des milliers de données en entrée et des milliers de résultats en sortie. Ensuite, en phase opérationnelle, les réseaux de neurones établissent, souvent avec la même précision qu’un expert (voire meilleure) et beaucoup plus vite, un diagnostic.
« Pour que ces méthodes soient efficaces, on doit partir de données structurées spatialement, comme les images médicales, ou temporellement comme les électrocardiogrammes. Les réseaux de neurones sont alors capables de rivaliser avec l’homme dans sa capacité d’analyse et de discernement », explique Olivier Clatz, président et cofondateur de Therapixel,...




                        

                        


<article-nb="2018/10/03/19-7">
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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Le physicien français figure dans une vidéo promotionnelle potache vantant les lasers de puissance, dont certains craignaient qu’elle ne lui barre la route de Stockholm.
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤                     
                                                

Quand le Nobel Gérard Mourou se mettait en scène dans un clip musical potache

Le physicien français figure dans une vidéo promotionnelle potache vantant les lasers de puissance, dont certains craignaient qu’elle ne lui barre la route de Stockholm.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 19h47
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 20h16
    |

            David Larousserie et 
Hervé Morin








                        



   


C’est un clip sur Youtube qui, jusqu’au mardi 2 octobre, n’avait été vu que quelques centaines de fois. Mais depuis que son personnage central, Gérard Mourou, a reçu le prix Nobel de physique 2018, conjointement avec l’Américain Arthur Ashkin et la Canadienne Donna Strickland, le compteur s’est emballé.
La courte vidéo commence dans un grenier, où un enfant joue avec un miroir pour faire courir un pinceau lumineux sur un globe terrestre. Trois minutes cinquante-cinq secondes plus tard, l’enfant s’éloigne dans le couchant, main dans la main avec Gérard Mourou, dont on présume qu’il boucle sa propre histoire, une vie scientifique consacrée à dompter la lumière.
Dans l’intervalle, on voit le physicien entraîné dans une sorte de comédie musicale entre le reggae et la soul, dans un amphi joyeux, personnage de craie sur un tableau vert, arrivant dans son laboratoire au volant de sa BMW, puis entouré de collègues et d’étudiantes tourbillonnantes, dont l’enthousiasme scientifique va jusqu’au tomber de la blouse.

Prise de distance avec le CNRS
Ce clip potache, tourné en 2010, exhumé et relancé sur Twitter par le journaliste et blogueur allemand Leonid Schneider, ne manquera pas de faire hausser quelques sourcils. Le CNRS, crédité comme producteur, précise que « la direction de la communication du CNRS n’a pas du tout été impliquée dans l’élaboration de ce film, initié et réalisé par le chercheur et son équipe du laboratoire. Nous n’en avons été informés qu’après coup et ne l’avons jamais relayé. »
Mokaddem Djemel, de la société Lucioles Productions (Auray, Morbihan), qui a réalisé la vidéo, n’est qu’à moitié surpris par cette prise de distance. « Nous avions obtenu toutes les autorisations pour tourner dans les laboratoires », déclare-t-il. Mais le clip a engendré « du ressentiment et des jalousies et a été attaqué », se souvient-il. Au point d’être mis à l’index.
Jean-Paul Chambaret, collègue de Gérard Mourou, aujourd’hui retraité, qui apparaît aussi dans la vidéo, se souvient que « la direction de l’époque n’avait pas trop apprécié cette initiative », dont il « rit encore ». Certains étaient, semble-t-il, plus choqués par la profanation d’un lieu de recherche presque sacré – la salle laser de l’école polytechnique – que par le déhanchement des figurantes.
Se distinguer par l’humour
L’objet du clip était de présenter l’équipe de recherche de façon humoristique pour une compétition visant au financement d’un projet européen, l’Extreme Light Infrastructure (ELI). A la fin des années 2000, il arrivait que les équipes de recherche aient recours « à des animations un peu amusantes » pour se distinguer, se souvient Jean-Paul Chambaret. Le laboratoire avait contacté des animateurs scientifiques pour le représenter lors d’un salon scientifique au Grand Palais. C’est à cette occasion que Mokaddem Djemel a rencontré les chercheurs. De fil en aiguille, des chansons ont été enregistrées, puis l’idée d’une vidéo a germé.
Les figurants ont été, en partie, sélectionnés parmi des étudiants volontaires par Mokaddem Djemel, et des amis et proches des chercheurs ont été également sollicités. « On a tourné un week-end, et puis tout le monde est venu dîner à la maison, raconte Jean-Paul Chambaret. C’était l’occasion de s’amuser et de mettre un peu de ludique autour de ces grands projets européens. » Le clip a porté chance à l’équipe française, qui a remporté l’appel d’offres et a coordonné le lancement de trois lasers de puissance en République tchèque, en Hongrie et en Roumanie.
Sur le fil Youtube, le physicien allemand Christian Rödel (Helmholz Institute, Iéna) affirme que la vidéo était bien connue dans la communauté des lasers de haute intensité. D’abord choqué, il a depuis rencontré Gérard Mourou et pris conscience que celui-ci avait agi « dans un esprit humoristique ». Et qu’en dit l’intéressé ? « Je ne suis pas très fier de cette vidéo, faite pour montrer que les chercheurs peuvent se décontracter », lâche-t-il.
« Certains collègues pensaient que cela pourrait lui coûter le Nobel », écrit Christian Rödel. Les sages de Stockholm, s’ils ont visionné la vidéo, ont sans doute été sensibles à d’autres arguments.

        Lire aussi :
         

                Nobel de physique : trois chercheurs, dont un Français, récompensés pour leurs travaux sur les lasers






                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Dans une tribune adressée au « Monde », le Dr Patrick Lemaire pointe le décalage entre l’annonce du projet de loi de finances 2019 ainsi que le peu de moyens alloués aux organismes de recherche et les promesses du président Macron.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Budget de la recherche : « une véritable ambition plutôt qu’un beau discours »

Dans une tribune adressée au « Monde », le Dr Patrick Lemaire pointe le décalage entre l’annonce du projet de loi de finances 2019 ainsi que le peu de moyens alloués aux organismes de recherche et les promesses du président Macron.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 13h39
    |

Patrick Lemaire (Directeur de recherches au CNRS)







                        



                                


                            
Tribune. Le volet recherche et enseignement supérieur du projet de loi de finances 2019, dévoilé lundi 24 septembre, démoralisera un peu plus les scientifiques. Il constitue ­surtout un contresens historique pour le pays.
Souvenons-nous de 2017. Avec la prise de fonctions de Donald Trump, les scientifiques étatsuniens se retrouvent sur le banc des accusés, déclenchant une mobilisation populaire internationale pour les sciences. Surfant sur la vague de la Marche pour les sciences, Emmanuel Macron, dans un spectaculaire coup de communication planétaire, lance « Make Our Planet Great Again »pour positionner la France comme un refuge pour les scientifiques, états-uniens notamment, dont les recherches de pointe sur le climat seraient ­menacées par l’obscurantisme du nouveau locataire de la Maison Blanche.

Un an plus tard, le Congrès américain, dans un sursaut salutaire, rejette en bloc les coupes franches dans les budgets scientifiques proposées par l’administration Trump et vote un budget pour les sciences en progression de 12,8 %, le meilleur depuis dix ans. En France, « Make Our Planet Great Again » fait un flop et la proposition de budget scientifique et universitaire annoncée est en tel décalage avec les annonces médiatiques successives et avec les ­besoins qu’elle ne peut que désespérer.
+10% pour le budget de la défense
L’addition des budgets de la mission ­interministérielle pour la recherche et l’enseignement supérieur (Mires) et du volet scientifique des programmes d’investissement d’avenir suit à peine l’inflation. Le budget des organismes de recherche baisse en euros constants. Les universités, malgré le flux croissant d’étudiants, restent les parents pauvres. Des annonces présidentielles, planétaires et tonitruantes, ont accouché un souriceau famélique.
On pourrait arguer qu’un budget qui progresse très légèrement en euros courants n’est pas si mauvais, compte tenu des impératifs de réduction...




                        

                        


<article-nb="2018/10/03/19-9">
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ L’Américain Arthur Ashkin, le Français Gérard Mourou et la Canadienne Donna Strickland ont œuvré à des « inventions révolutionnaires » dans ce domaine.
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Nobel de physique : trois chercheurs, dont un Français, récompensés pour leurs travaux sur les lasers

L’Américain Arthur Ashkin, le Français Gérard Mourou et la Canadienne Donna Strickland ont œuvré à des « inventions révolutionnaires » dans ce domaine.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 10h49
    |

            David Larousserie








                        



   


Six ans après le physicien Serge Haroche, un autre Français reçoit le prix Nobel de physique. Gérard Mourou, 74 ans, professeur émérite à l’Ecole polytechnique et ancien professeur à l’université du Michigan, partage la moitié de cette récompense prestigieuse avec son ancienne étudiante en thèse, Donna Strickland, à l’université de Rochester (Etat de New York). La Canadienne, 59 ans, aujourd’hui à l’université de Waterloo (Ontario), est la troisième femme seulement récompensée en physique, après Marie Curie en 1903 et Maria Goeppert-Mayer en 1963. L’autre moitié revient à l’Américain Arthur Ashkin, 96 ans, de l’université Cornell (Etat de New York).
Tous ces chercheurs ont comme point commun de jongler avec les grains de lumière, les photons. Si Serge Haroche réussissait à n’en piéger qu’un seul pour percer les secrets du monde quantique, Gérard Mourou et Donna Strickland, les manipulent par poignées entières, inventant, en 1985, une technique redoutable pour augmenter considérablement la puissance des lasers. En trente ans, celle-ci a été multipliée par plus d’un milliard. Pour qualifier cette avancée, certains parlent même de « loi de Mourou », par analogie avec la loi de Moore en électronique, qui décrit l’augmentation de la puissance des processeurs avec le temps.
Quant à Arthur Ashkin, il utilise des lasers bien moins intenses pour piéger des particules, des bactéries, des virus ou des cellules, comme s’il les tenait dans des pinces, afin de les étudier ou de les déplacer. La lumière laser exerce une pression qui peut pousser les petits objets. Cela a même servi à ralentir des atomes, une technique récompensée par le prix Nobel en 1997, auquel M. Ashkin aurait pu prétendre.

   


« J’ai eu cette idée en partie au ski »
« Nous avons aujourd’hui des lasers d’un pétawatt [un million de milliards de watts], soit mille fois la puissance du réseau électrique mondial », a expliqué Gérard Mourou sur la scène de l’amphithéâtre Poincaré de l’Ecole polytechnique, mardi 2 octobre, lors de sa première conférence de presse. Mais bien sûr ces chiffres gigantesques ne s’expliquent que parce que l’énergie laser, finalement très faible, est délivrée dans un temps excessivement court, de l’ordre du millionième de milliardième de seconde, soit une femtoseconde. Les Nobel n’ont donc pas mis la main sur une martingale énergétique.
Néanmoins, ces puissances ne sont pas simples à obtenir. Jusque dans les années 1980, il suffisait de faire passer de la lumière dans un milieu amplificateur, par exemple un cristal de saphir dopé par du titane, pour augmenter la puissance. Mais à un moment ça casse, surtout si on utilise des impulsions de lumière de durée de plus en plus courte… Jusqu’aux travaux récompensés par le Nobel.
« J’ai eu cette idée en partie au ski », confie Gérard Mourou. Cette idée, baptisée « amplification à dérive de fréquence » – ou « chirped pulse amplification » en anglais –, consiste à ralentir les longueurs d’onde (ou couleur) composant l’impulsion, de manière à l’étaler dans le temps. Puis à amplifier cette lumière, désormais moins puissante, avant de la recomprimer pour qu’elle ait la bonne durée. Très vite, c’est le succès pour cette méthode non brevetée – notamment parce que Gérard Mourou venait de changer d’université, passant de celle de Rochester à celle du Michigan.
Une douzaine d’installations dans le monde atteignent ou atteindront prochainement le record du pétawatt. Leur but est d’utiliser ces faisceaux pour de la recherche fondamentale sur les milieux extrêmes que l’on trouve dans les étoiles ou les explosions nucléaires. Ou bien pour accélérer des particules comme des protons ou des électrons afin d’éliminer des tumeurs. Cela se fait déjà mais avec des accélérateurs classiques moins compacts que les lasers. Ou encore pour fabriquer des isotopes à usage médical, en se passant de réacteurs nucléaires.
« Un visionnaire qui a toujours un coup d’avance »
Gérard Mourou a également contribué au développement des techniques ophtalmologiques de réparation de cornée par des faisceaux lasers dont les impulsions sont si courtes qu’elles ne brûlent pas la matière biologique.
« Enfin ! Cela fait longtemps que ce prix était attendu. C’est mérité, clame Philippe Balcou, chercheur au Celia, à Bordeaux. L’une de ses forces est d’être un bon communicant et de se projeter dans l’avenir. » Au prix parfois d’exagérer la facilité à atteindre certains objectifs.

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« C’est un visionnaire qui a toujours un coup d’avance », témoigne Nicolae Zamfir, chef du projet européen ELI en Roumanie de réalisation d’un laser pétawatt. C’est d’ailleurs Gérard Mourou qui, à son retour en France, en 2005, après trente ans passés aux Etats-Unis, pousse ce projet à 1 milliard d’euros. Il veut doter l’Europe d’infrastructures de lasers intenses. Trois sites seront finalement choisis, en Hongrie, en Roumanie et en République tchèque.
« Il a une grande force de persuasion et d’entraînement », ajoute François Mathieu, chef de projet, en France, du laser Apollon, poussé lui aussi par Gérard Mourou, et qui espère dépasser le pétawatt en 2019. « Gérard fourmille d’idées, même si toutes n’aboutissent pas », constate Jean-Luc Miquel, du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et chef de projet du laser mégajoule installé à Bordeaux pour simuler le comportement des bombes nucléaires.
Parmi ses idées, ses collègues de l’Ecole polytechnique développent X-CAN, un laser de plus de soixante fibres optiques fonctionnant ensemble, pour que le résultat soit toujours plus puissant. Le nobélisé a aussi des projets de désorbitage de satellites abandonnés, qu’une pichenette laser pousserait sur une trajectoire contrôlée vers la Terre. Ou encore de traitement des déchets radioactifs en les transmutant par des bombardements de neutrons accélérés par laser.
Il veut même viser mille fois plus que le pétawatt, avec des idées pour atteindre le seuil de l’exawatt. « Le Nobel est une reconnaissance considérable, souligne Gérard Mourou. Cela assoit les choses déjà faites et oblige à les dépasser. »

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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Ce cas rarissime vient d’être décrit par des médecins français dans la revue « Toxicologie analytique et clinique ».
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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ 530 médicaments se sont retrouvés en rupture de stock en 2017, soit dix fois plus qu’en 2008. Un rapport sénatorial formule des propositions.
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Les sénateurs s’alarment des pénuries de médicaments

530 médicaments se sont retrouvés en rupture de stock en 2017, soit dix fois plus qu’en 2008. Un rapport sénatorial formule des propositions.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 10h43
    |

            Pascale Santi








                        


Le rapport sénatorial de la Mission d’information sur la pénurie de médicaments et de vaccins, créée à l’initiative du groupe Les Indépendants - République et territoires, a été remis mardi 2 octobre. Présidée par le ­sénateur socialiste Yves Daudigny, la mission a listé une trentaine de propositions. Le constat est sans appel. Le phénomène s’aggrave en France : 530 médicaments se sont retrouvés en rupture de stock en 2017, soit 30 % de plus qu’en 2016, dix fois plus qu’en 2008 (44 médicaments concernés).
Et ces chiffres ne concernent que les médicaments dits d’intérêt ­thérapeutique majeur, selon la classification de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), c’est-à-dire ceux dont « l’indisponibilité transitoire, totale ou partielle, est susceptible d’entraîner un problème de santé publique (mise en jeu du pronostic vital, perte de chance importante pour les ­patients) » et pour lesquels il n’y a pas d’alternative thérapeutique disponible sur le marché français. On parle de rupture d’approvisionnement lorsqu’une pharmacie d’officine ou d’hôpital est dans ­l’incapacité de dispenser un médicament à un patient dans un délai de soixante-douze heures.

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                Confrontés à la pénurie de vaccins , les pharmaciens réclament des informations



« Les pharmaciens font face, à l’hôpital comme en officine, à des phénomènes le plus souvent diffus, mais récurrents et fortement déstabilisateurs pour la continuité des soins », pointe le rapport. Ainsi, « à Gustave-Roussy, ce sont 69 lignes de médicaments qui sont quotidiennement en rupture ou en tension. L’Agence générale des équipements et produits de santé (Ageps) de l’assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) relève quant à elle chaque jour 80 à 90 médicaments en situation de pénurie », constate encore le rapport.
Deux exemples illustrent ce phénomène. Les personnes touchées par la maladie de Parkinson ne trouvent plus de Sinemet, l’un des traitements les plus courants, pris par plus de 50 % de ces patients. Et cela risque de durer jusqu’en mars 2019, a récemment précisé l’ANSM. Les médicaments génériques deviennent eux-mêmes en rupture de stock. Ce qui crée une forte angoisse chez les malades et leurs proches, ont dénoncé des ­associations de patients.
Traitements anticancéreux
Autre exemple, l’anticancéreux ­5-Fluorouracile (laboratoire Teva), utilisé dans le traitement de nombreux types de cancers, connaît actuellement de fortes difficultés de disponibilité. « Certes, d’autres anticancéreux peuvent être prescrits, mais ce ne sont pas les mêmes protocoles, et c’est une perte de chance pour les patients », explique le professeur Alain Astier, chef du département de pharmacie du groupe hospitalier Henri-Mondor (AP-HP, Créteil), et membre de l’Académie de pharmacie. Ces ­pénuries touchent aussi des médicaments courants, comme l’antibiotique amoxicilline.
Les causes de cette pénurie sont multiples. Interrogée par la mission, l’ANSM évoquait des problèmes dans la chaîne de production, des défauts de qualité des produits finis, ou encore des difficultés d’approvisionnement en matière première. Mais une réglementation contraignante et, surtout, la moindre rentabilité de ces molécules sont souvent mises en avant.
Afin de lutter contre ce phénomène, la mission d’information du Sénat formule plusieurs propositions. D’abord, en définissant au niveau européen la notion de ­médicament essentiel. Les sénateurs proposent aussi de « recréer les conditions d’une production pharmaceutique de proximité » grâce à des incitations financières. En effet, « c’est l’indépendance sanitaire de notre pays qui est désormais remise en cause », s’inquiète la mission. L’Académie de pharmacie, qui avait alerté sur ce phénomène dès 2008, rappelle que « 60 % à 80 % des matières actives à usage pharmaceutique ne sont pas fabriquées dans les pays de l’Union européenne, mais en Inde et en Asie, contre 20 % il y a trente ans ».

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                « L’industrie pharmaceutique est préoccupée avant tout par sa rentabilité financière »



Pour remédier au « désengagement des laboratoires sur les médicaments essentiels peu rémunérateurs », les sénateurs proposent d’« instituer un programme public de production et de distribution de quelques médicaments essentiels concernés par ces arrêts de commercialisation, ou de médicaments “de niche” régulièrement exposés à des tensions d’approvisionnement, confié à la Pharmacie centrale des armées et à l’Agence générale des équipements et produits de santé ». Il importe aussi de « mieux évaluer les comportements dits spéculatifs ».
Enfin, la mission préconise de mieux informer grâce à une plate-forme centralisée sur le modèle de DP-Ruptures, un outil instauré par l’ordre des pharmaciens, et de mettre en place une cellule de gestion de ces pénuries, placée sous l’autorité du premier ministre. Il est aussi proposé de renforcer les pouvoirs de l’ANSM et ceux du pharmacien et d’avoir une politique plus harmonisée au niveau européen, par exemple en favorisant les achats groupés. Pour certains, comme le professeur Astier, il est impératif de desserrer une réglementation jugée trop contraignante (normes de fabrication…). La balle est désormais dans le camp des pouvoirs publics.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Désormais remboursées par l’Assurance-maladie, les téléconsultations offrent de nombreux avantages et représentent une vraie révolution : le diagnostic réalisé par un logiciel, explique dans sa chronique, l’informaticien Serge Abiteboul.
<filname="PROF-env_sciences-12"> ¤                     
                                                   
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Allô, robot bobo !

Désormais remboursées par l’Assurance-maladie, les téléconsultations offrent de nombreux avantages et représentent une vraie révolution : le diagnostic réalisé par un logiciel, explique dans sa chronique, l’informaticien Serge Abiteboul.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 07h00
    |

Serge Abiteboul (chercheur en informatique à l’Inria et à l’ENS, membre du collège de l’Autorité de régulation des communications électroniques et ...







                        



                                


                            
Transformations. Après plusieurs décennies d’expérimentations, les téléconsultations sont désormais remboursées par l’Assurance-maladie… Pourquoi a-t-il fallu tant de temps pour parvenir à une telle décision ?
En effet, l’usage de la vidéoconférence, déjà répandu dans nombre de professions, peut constituer un véritable progrès pour le malade, un gain de temps et une réelle simplification de sa vie. Pensez à la personne âgée qui se déplace avec difficultés, au paysan de la Creuse qui doit se rendre loin de son domicile pour consulter, à l’employé qui ne veut pas poser une demi-journée de congé, etc. Il n’est évidemment pas question de remplacer toutes les rencontres physiques avec un praticien, mais de s’y substituer parfois.

Cette technique offre de nombreux avantages : pouvoir réécouter les explications du médecin, lire le rapport écrit produit par le logiciel programmé pour cette tâche à la place du médecin, le compléter par des explications trouvées sur des sources fiables du Web… Le numérique contribue à développer l’autonomie du malade.
Mais au-delà de la communication électronique avec un personnel de santé, pointe une vraie révolution : le diagnostic réalisé par un logiciel. Il ne s’agit pas, bien sûr, de nous décharger sur des machines du soin des malades, ce qui nous conduirait à perdre une part essentielle de notre humanité, mais de faire mieux avec l’aide des machines.
Améliorer le triage médical
Cette technique permet d’abord d’améliorer le triage médical : devez-vous aller aux urgences, prendre un rendez-vous avec un médecin généraliste ou un spécialiste, et si oui, lequel ? Pouvez-vous vous contenter d’un médicament en vente libre, ou peut-être juste vous reposer ? Les services médicaux d’urgence sont engorgés par des personnes qui n’ont rien à y faire ; le diagnostic tardif de patients trop éloignés de centres médicaux débouche sur de graves complications ; les malades n’y comprennent rien et sont...




                        

                        


<article-nb="2018/10/03/19-13">
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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Herwig Czech, historien de la médecine à l’université de Vienne, a dévoilé en avril le double visage glaçant du pédiatre viennois, exhumé de documents d’archive.
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Asperger et les nazis : un cas plus qu’embarrassant

Herwig Czech, historien de la médecine à l’université de Vienne, a dévoilé en avril le double visage glaçant du pédiatre viennois, exhumé de documents d’archive.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 06h00
    |

                            Florence Rosier








                        



                                


                            
Une sommité du monde de l’autisme est tombée de son piédestal, au printemps dernier. En 1944, Hans Asperger (1906-1980), pédiatre autrichien visionnaire, publie la description d’un tableau particulier chez quatre de ses petits patients : « Un manque d’empathie, une faible capacité à se créer des amis, une conversation unidirectionnelle, une intense préoccupation pour un sujet particulier et des mouvements maladroits. » Dans la tourmente de la seconde guerre mondiale, sa publication passe inaperçue. Ce n’est qu’en 1981, un an après sa mort, que ce tableau sera nommé « syndrome d’Asperger ».

Hans Asperger avait une vision positive de l’autisme : il a montré le premier que certains enfants autistes pouvaient receler des capacités hors norme. Et considérait qu’ils pouvaient développer des compétences extraordinaires, à condition qu’on les stimule.
Ce pédiatre était donc respecté comme « le père des méthodes actuelles utilisées de par le monde pour favoriser le développement des enfants autistes », résume le docteur David Gourion dans son livre Eloge des intelligences atypiques (Odile Jacob, 292 pages, 21,90 euros). Certes, on s’interrogeait sur ses relations avec le régime nazi. « Avait-il le choix ? », plaidaient ceux pour qui Asperger avait à dessein mis la lumière sur les autistes de haut niveau pour sauver les autres enfants autistes des « mesures d’hygiène raciale » nazies. Beaucoup pensaient qu’Asperger était dans une « zone grise », ni opposant ni collaborateur actif avec le régime d’Hitler.
Coup de théâtre
Mais le 18 avril, coup de théâtre. Herwig Czech, historien de la médecine à l’université de Vienne, dévoile le double visage glaçant du pédiatre viennois, exhumé de documents d’archive. « La description d’Asperger comme (...) défenseur courageux de ses patients contre “l’euthanasie” nazie (...) ne tient pas debout face à la preuve...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Pour le docteur David Gourion, auteur de « Eloge des intelligences ­atypiques », les intelligences autistiques sont une chance incroyable pour la société.
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« En France, on a une vision réductrice de l’autisme, perçu comme un handicap »

Pour le docteur David Gourion, auteur de « Eloge des intelligences ­atypiques », les intelligences autistiques sont une chance incroyable pour la société.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 11h57
    |

                            Florence Rosier








                        



                                


                            

Le docteur David Gourion, psychiatre libéral ainsi que sur le campus d’HEC Paris, publie Eloge des intelligences ­atypiques, coécrit avec la psychologue clinicienne Séverine Leduc (Odile ­Jacob, 292 p., 21,90 €). Ils y décryptent le fonctionnement très particulier du cerveau autistique, avec ses déficits, mais ­également ses compétences méconnues. Et montrent comment ces découvertes peuvent transformer nos façons d’éduquer et d’évaluer les enfants atteints. Et comment nos sociétés peuvent s’enrichir de l’apport de ces cerveaux hors norme.

D’où vient votre intérêt pour les « intelligences atypiques » ?
Dans mes consultations, je vois de plus en plus de jeunes arriver avec un « diagnostic » de « haut potentiel intellectuel » – soit, en principe, un quotient intellectuel (QI) supérieur à 130. On leur a ­expliqué qu’ils étaient trop intelligents pour pouvoir vivre comme tout le monde, que les autres ne les comprenaient pas ! Ils croient donc que leur mal-être, leurs ­difficultés émotionnelles, sociales, scolaires ou professionnelles viennent de ce haut QI.
Cette explication très à la mode me semblait réductrice. Et cette étiquette glamour de « surdoué » me mettait en colère : tout un ­business s’est construit autour de ça ! Or, le fait d’avoir de meilleures capacités cognitives n’est en rien un « diagnostic » de trouble psychiatrique – ce serait un comble. En plus, l’intelligence est multiple, évolutive, et ne se laisse pas enfermer dans un chiffre de QI. Enfin, la plupart de ceux qui ont un « haut QI » vont parfaitement bien : ils sont sociables, bien dans leur peau, avec le plus souvent de brillants parcours scolaires.
Comment, en ce cas, expliquer les difficultés de ces jeunes ?
Beaucoup décrivent une hypersensibilité émotionnelle et sensorielle, des difficultés à comprendre les éléments implicites du contexte, une anxiété sociale et des routines très ancrées. Ils ont souvent...




                        

                        


<article-nb="2018/10/03/19-15">
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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Si les handicaps des personnes autistes sont manifestes, la révélation de leurs talents est récente. Plusieurs découvertes devraient inspirer la prise en charge éducative.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/10/2018
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Autisme : les secrets des intelligences atypiques

Si les handicaps des personnes autistes sont manifestes, la révélation de leurs talents est récente. Plusieurs découvertes devraient inspirer la prise en charge éducative.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 05h38
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 10h49
    |

                            Florence Rosier








                        



                                


                            

Adam (le prénom a été changé) a 9 ans. Dès la maternelle, sa scolarisation a été très compliquée. Ne parlant pas, il présente de forts troubles du comportement. Mais dès la petite section, son instituteur décèle chez lui des talents « incroyables ». Au fil du temps, l’enfant développe la capacité de lire et d’écrire en trois langues : le français, l’arabe et l’anglais. Mais reste incapable de demander de l’eau s’il a soif, par exemple.
Aujourd’hui encore, « on voit qu’Adam est complètement envahi par son monde intérieur. Par exemple, il trace dans l’air des tas de choses avec son doigt », témoigne Isabelle Rolland, présidente d’Autistes sans frontières (ASF), qui suit l’enfant dans le Val-d’Oise.
Vers l’âge de 6 ans, après une longue ­errance médicale, Adam reçoit un diagnostic d’autisme de haut niveau (mais qui n’est pas un syndrome d’Asperger). L’école souhaite l’orienter vers une institution spécialisée. Ses parents se ­tournent vers ASF : un accompagnement est mis en place. Adam est scolarisé à mi-temps avec l’aide d’une auxiliaire de vie scolaire (AVS) formée à l’autisme. Il est aussi suivi par un orthophoniste et une psychomotricienne. Un éducateur spécialisé se rend à son domicile pour guider les parents. Cet ­accompagnement est financé pour moitié par les aides au handicap que reçoivent les parents, pour moitié par les fonds privés recueillis par ASF.
Le cerveau autistique intègre simultanément tous les détails sensoriels, il les mémorise d’une façon extrêmement précise et durable
Adam est aujourd’hui en CE1. « Ses compétences en maths sont celles d’un enfant de CM1 ou CM2. Mais sans l’AVS, il ne ferait sans doute rien. Le langage oral reste très compliqué », résume Isabelle Rolland. ASF milite pour une meilleure intégration scolaire de ces enfants. « Leurs scolarités se passent globalement bien. Tous ne pourront pas entrer au collège. Mais nous espérons qu’Adam le pourra. »
Les...




                        

                        


<article-nb="2018/10/03/19-16">
<filnamedate="20181003"><AAMM="201810"><AAMMJJ="20181003"><AAMMJJHH="2018100319">
<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Lors d’un atelier, Alessandro Stumia avait affirmé que les femmes bénéficient d’un traitement de faveur dans le domaine de la physique, « inventée et construite par des hommes ».
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Le CERN cesse sa collaboration avec un scientifique après une présentation jugée sexiste

Lors d’un atelier, Alessandro Stumia avait affirmé que les femmes bénéficient d’un traitement de faveur dans le domaine de la physique, « inventée et construite par des hommes ».



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 20h20
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 09h25
   





                        



   


Le CERN « a suspendu », lundi 1er octobre, sa collaboration avec un scientifique italien qui avait assuré que la physique était une question d’hommes et accusé les femmes de prendre de plus en plus de postes grâce au débat sur la parité.
Vendredi, l’organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) a organisé un atelier à Genève intitulé « Théorie des hautes énergies et genre », auquel Alessandro Strumia, scientifique italien de l’université de Pise, était invité. Plusieurs femmes scientifiques ayant participé à cet atelier l’ont ensuite accusé sur les réseaux sociaux d’avoir tenu des propos sexistes.
Dans sa présentation, Alessandro Strumia laisse entendre, à coups d’équations et de multiples graphiques, que les hommes font face à une discrimination croissante dans le domaine de la physique. Il explique que le rôle croissant des femmes dans les emplois liés à la physique n’est pas dû à leur qualification mais à la multiplication des débats sur les questions de genre et de parité.
Dans cette présentation, il déclare : « La physique a été inventée et construite par les hommes, on n’y entre pas par invitation. » Il affirme aussi : « La physique n’est pas sexiste envers les femmes. Mais la vérité n’a pas d’importance, parce que ça fait partie d’une bataille politique venant de l’extérieur. On ne sait pas qui va gagner. »
Seulement 20 % de femmes
Dans un communiqué, le CERN, dirigé par l’Italienne Fabiola Gianotti, « juge particulièrement choquante la présentation donnée par (ce) scientifique invité ». L’organisation précise ne pas avoir eu connaissance du contenu de la présentation avant l’atelier et indique avoir décidé de la retirer de son système d’archivage en ligne, « conformément à son code de conduite, en vertu duquel les attaques et insultes personnelles ne sont pas tolérées ».
« La diversité fait partie du CERN et est aussi l’une des valeurs fondamentales sous-tendant notre code de conduite. L’organisation est pleinement engagée dans la promotion de la diversité et de l’égalité, à tous les niveaux », fait-elle valoir.
Dans un second communiqué, le CERN a annoncé avoir « suspendu avec effet immédiat le scientifique en question de toute activité au CERN, dans l’attente d’une enquête sur l’incident de la semaine passée ». L’organisation souligne que la présentation à l’origine de la polémique était l’une des 38 interventions prévues dans le cadre de cet événement, qui s’est tenu du 26 au 28 septembre à Genève, mais qu’elle « risque malheureusement d’occulter les importants messages et débats de cet atelier ».
Selon le CERN, le pourcentage de femmes travaillant au sein de l’organisation a très peu augmenté ces dix dernières années : elles continuent à ne représenter que 20 % environ de l’ensemble du personnel.

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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Le Japonais Tasuku Honjo et l’Américain James Allison ont été distingués par l’académie du Karolinska Institute pour leurs travaux sur la régulation de la réponse immunitaire, qui ont abouti à la mise au point de traitements antitumoraux à l’efficacité inédite.
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Le Nobel de médecine sacre la percée de l’immunothérapie du cancer

Le Japonais Tasuku Honjo et l’Américain James Allison ont été distingués par l’académie du Karolinska Institute pour leurs travaux sur la régulation de la réponse immunitaire, qui ont abouti à la mise au point de traitements antitumoraux à l’efficacité inédite.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 19h08
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 09h23
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            

Leurs travaux ont conduit au développement de médicaments qui sauvent la vie à des malades atteints de cancers précédemment incurables. Le prix Nobel de médecine a été attribué, lundi 1er octobre, à l’Américain James Allison, né en 1948, et au Japonais Tasuku Honjo, né en 1942, pour leur découverte de traitements d’immunothérapie des tumeurs malignes « par inhibition de la régulation immunitaire négative ».
Si cette prestigieuse récompense (assortie d’un chèque à partager de 9 millions de couronnes suédoises, soit près de 1 million d’euros) ne surprend guère les spécialistes du domaine, elle permettra de faire connaître au public les noms de ces deux chercheurs qui ont ouvert la voie à l’immunothérapie moderne des cancers, une approche reconnue aujourd’hui comme une révolution thérapeutique. En 2014, les deux immunologistes avaient déjà été récompensés conjointement par le prix Tang, version asiatique des Nobel.
Inhiber des freins
Le principe d’utiliser les propres défenses de l’organisme pour combattre une tumeur n’est pas nouveau. Voila plus de cent ans que des chercheurs et médecins ont eu l’idée de stimuler le système immunitaire (notamment avec des bactéries) pour tenter de faire régresser des cancers. Mais cette option séduisante sur le plan intellectuel est longtemps restée décevante en termes de résultats.
En travaillant chacun de leur côté, James Allison et Tasuku Honjo ont réussi là où leurs prédécesseurs avaient échoué. Leur stratégie a été au contraire de desserrer les freins empêchant le système immunitaire d’attaquer les cellules cancéreuses, grâce à des traitements dits « inhibiteurs de checkpoints (“points de contrôle”) immunitaires ». Pour prendre une métaphore issue de la conduite automobile, ils ont développé des médicaments efficaces non en appuyant sur l’accélérateur, mais en relâchant la pédale de frein.
Pendant les années 1990, dans son laboratoire de Berkeley, à l’université de Californie,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Plantée dans la constellation du Capricorne, la planète Mars restera très brillante en ce début d’automne.
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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ L’opération de sensibilisation, qui débute lundi, est l’occasion d’examiner les avantages et les inconvénients des examens systématiques de santé.
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« Octobre rose » : le dépistage systématique du cancer du sein est-il nécessaire ?

L’opération de sensibilisation, qui débute lundi, est l’occasion d’examiner les avantages et les inconvénients des examens systématiques de santé.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 16h53
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 09h36
    |

            Anne-Aël Durand








                        



C’est par une illumination de la tour Eiffel, entre autres événements, que la 25e édition de la campagne d’information « Octobre rose » est lancée lundi 1er octobre, pour sensibiliser au cancer du sein. Si l’intérêt de parler d’une maladie qui peut toucher une femme sur huit au cours de sa vie n’est pas remis en cause, la question du dépistage systématique de ce cancer a été soulevée en 2016 à la suite d’un rapport critiquant le système actuel.
Que représente le cancer du sein en France ?
12 000 morts par an
Le cancer du sein est le plus répandu en France. Selon l’Institut du cancer (INCa), 59 000 nouveaux cas sont détectés chaque année, soit 31 % des cancers touchant les femmes. Il s’agit aussi du cancer féminin le plus meurtrier, avec près de 12 000 morts par an.
Dans 80 % des cas, les cancers du sein sont détectés chez des patientes de plus de 50 ans, et on estime qu’une femme sur huit y sera confrontée au cours de sa vie. Heureusement, c’est aussi l’un des cancers qui se guérissent le mieux, avec 87 % de taux de survie à cinq ans, selon l’Institut de veille sanitaire (InVS).

        Lire aussi :
         

                Quelles sont les chances de survie aux principaux cancers ?



Comment était organisé le dépistage jusqu’à présent ?
En 2004, un dépistage systématique a été organisé pour toutes les femmes de 50 ans à 74 ans, qui ne présentent pas de risque particulier, sous forme d’une mammographie et d’un examen clinique pratiqués gratuitement tous les deux ans. Celles qui ont des antécédents ou un risque accru réalisent l’examen tous les ans.
Mais cette politique de santé publique a montré ses limites : en 2017, une femme sur deux (49,9 %) a répondu au courrier l’invitant à participer au dépistage organisé, ce qui est bien inférieur aux recommandations européennes, qui préconisent 70 % de participation. Cette proportion est en baisse depuis plusieurs années, avec d’importants écarts régionaux. Parallèlement, 10 % des femmes ont préféré un dépistage individualisé, qui aboutit davantage sur des échographies de contrôle.
Combien coûte ce dispositif ?
Difficile d’avoir une idée exacte. Le rapport du comité d’orientation cite deux estimations :
180 millions d’euros en 2008, selon la Haute Autorité de santé : 79 euros par femme participante ; 11 300 euros par cancer déclaré ;et des structures fixes coûtant 35 millions d’euros.300 millions d’euros selon les calculs de l’UFC-Que choisir (soit 130 euros par an et par patiente), en incluant les primes de 245 euros par an accordées aux médecins traitants dont les patientes participent bien au dépistage. L’association de consommateurs précise que si la mammographie est gratuite, les examens qui suivent en cas de doute (échographie, biopsie) restent en partie à la charge de la patiente.
Qu’est-ce qui va changer ?
Le ministère de la santé a annoncé une « modernisation du dépistage » au début de 2018. L’objectif est d’individualiser le suivi en fonction des risques prédictibles, sachant que 5 % seulement des cancers sont héréditaires.
Une consultation de prévention sera proposée pour les femmes de 25 ans, qui sera prise en charge à 100 % par l’Assurance-maladie, afin d’évoquer et d’évaluer les facteurs de risque (tabac, alcool, alimentation, etc.).
A partir de 50 ans, une seconde consultation de dépistage est organisée avec un suivi personnalisé en fonction des facteurs de risques. Les échographies prescrites en complément des mammographies seront désormais remboursées intégralement, comme le souhaitaient les associations de consommateurs.
Quels sont les résultats du dépistage ?
Le dépistage est-il efficace ? Toute la difficulté réside dans cette évaluation. Selon l’agence Santé publique France, le dépistage organisé a permis de détecter 37 000 cas entre 2013 et 2014, la plupart du temps à un stade précoce : dans 77 % des cas, les ganglions n’étaient pas atteints, et dans 37 % la tumeur mesurait moins de 1 centimètre.
Au total, il est extrêmement complexe de savoir combien de morts sont évitées grâce au dépistage. Depuis les années 1960, plusieurs essais cliniques conduits dans le monde ont conclu à une baisse de 15 % à 25 % de la mortalité. Mais des études plus récentes, par exemple celle publiée par le British Medical Journal sur 90 000 femmes au Canada, ne démontre pas de différence significative sans ou avec des mammographies régulières. Aucune étude d’une telle ampleur n’a pu être réalisée en France. 
L’INCa avance le chiffre de 150 à 300 décès évités pour 100 000 femmes dépistées sur sept à dix ans, soit une réduction de mortalité de 15 % à 21 %. Mais ces chiffres aussi sont controversés, et ne tiennent pas compte d’un autre facteur : le risque de surdiagnostic.
Que reproche-t-on au dépistage ?
A priori, on pourrait penser que le dépistage ne peut pas faire de mal — même si la mammographie est assez désagréable — et que plus un cancer est détecté tôt, plus il est facile de le guérir sans traitement lourd. Mais ces remarques de bon sens sont mises à mal par plusieurs risques :
Le surdiagnostic : il s’agit de lésions cancéreuses détectées alors qu’elles n’auraient pas forcément évolué en cancer menaçant la vie de la personne. Ce n’est pas parce qu’un cancer est petit qu’il est récent, ou parce qu’il est volumineux qu’il va évoluer rapidement. Plusieurs études aboutissent à des chiffres de l’ordre de 10 % à 20 % de surdiagnostic.Le surtraitement : chimiothérapie, rayons, voire ablation du sein sont donc parfois réalisés inutilement ; ce qui dégrade considérablement la vie des patientes (angoisse, problèmes professionnels et personnels, etc.).Les cancers d’intervalle : inversement, une femme peut se sentir protégée après un examen normal et pourtant développer une tumeur très rapidement dès les mois suivants. Le dépistage n’est en aucun cas une assurance de ne pas déclarer un cancer futur.Les cancers radio-induits : les mammographies exposent à des doses très faibles de rayons, qui peuvent dans certains cas augmenter la probabilité de futur cancer. Mais c’est surtout vrai pour les femmes jeunes ou présentant déjà des mutations ou des facteurs de risque. En théorie, ce n’est pas la population cible du dépistage organisé.Les conséquences psychologiques, en particulier l’anxiété des femmes dont la mammographie est « douteuse » et qui doivent attendre le résultat de nombreux examens complémentaires (échographie, biopsie, etc.) avant d’écarter un risque de cancer.Lire aussi : Cancer du sein : fait-on trop de mammographies ?
Pourquoi la campagne « Octobre rose » est-elle décriée ?
La controverse scientifique sur le « bénéfice-risque du dépistage », évoquée par l’Institut national du cancer, n’est pas abordée lors des nombreuses manifestations d’« Octobre rose », une opération de communication sur le cancer du sein organisée chaque année au mois d’octobre, avec le soutien de la Ligue contre le cancer.
Cette campagne, venue des Etats-Unis, a été lancée en France en 1994 par le groupe cosmétique Estée Lauder et le magazine Marie Claire pour promouvoir le dépistage. Elle bénéficie du soutien médiatique et financier de nombreuses marques commerciales, parfois taxées de « pinkwashing » — c’est-à-dire de s’associer à une cause pour améliorer leur image.
Un collectif de médecins indépendants s’est organisé en 2015, sous le nom de Cancer rose, pour dénoncer, à l’aide de brochures et de vidéos, « les messages officiels extrêmement incitatifs » et les campagnes commerciales qui vantent un dépistage « ne reposant pourtant sur aucune donnée fiable et pertinente », fondés sur des injonctions culpabilisatrices plutôt que sur l’information objective des femmes.

        Lire aussi :
         

          Octobre rose, une noble cause… un peu trop marketée



Faut-il arrêter dépistage et mammographie ?
Même les médecins les plus critiques ne jettent pas aux orties le dépistage en tant que tel, mais son aspect systématique et imposé à toutes les femmes qui ne présentent aucun risque particulier. Ils demandent que les avantages et les inconvénients soient expliqués aux patientes pour qu’elles puissent choisir en connaissance de cause de pratiquer ou non cet examen.

        La tribune :
         

          Dépistage du cancer du sein : « L’information des femmes doit être loyale, complète et compréhensible »



Le suivi uniquement individuel n’est pas toujours plus facile à mettre en place, et peut engendrer des inégalités sociales face à la prévention, comme le note dans Le Monde Suzette Delaloge, oncologue à l’institut Gustave-Roussy, à Villejuif (Val-de-Marne).

        La tribune :
         

          Dépistage du cancer du sein : « il faut prévenir les risques d’inégalité d’accès à la prévention et au dépistage »



Par ailleurs, le dépistage du cancer du sein ne passe pas obligatoirement par la mammographie. Une première étape consiste à effectuer des palpations régulières des seins. C’est d’ailleurs ce qui est recommandé pour les femmes de moins de 50 ans, afin d’éviter les effets néfastes des excès de radiations. Dans tous les cas, la mammographie est considérée comme nécessaire par les médecins en tant qu’outil de diagnostic, c’est-à-dire de vérification d’un risque décelé auparavant.
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Indonésie : polémique « vaine » sur le système d’alerte tsunami

Certains chercheurs ont regretté l’absence de bouées de détection, mais celles-ci sont conçues pour des alertes transocéaniques, alors que les villes sinistrées se trouvaient tout près du séisme.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 15h52
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 09h26
    |

            Hervé Morin








                        



   


Un début de polémique est né sur la façon dont l’alerte tsunami a été gérée, vendredi 28 septembre, dans les minutes qui ont suivi le séisme ayant fait près de mille morts dans la région de Palu, sur l’île de Sulawesi, en Indonésie. Les autorités indonésiennes ont-elles levé l’alerte trop tôt ? Un système de capteurs plus performant, et surtout opérationnel, aurait-il sauvé des vies ?
Le séisme est survenu à 18 h 2 (heure locale). L’Agence météorologique, climatologique et géophysique indonésienne (BMKG) a décrit le déroulement des faits dans un communiqué, au lendemain de la catastrophe. L’analyse des données sismiques par le BMKG a quasiment instantanément engendré une alerte tsunami, estimant que la vague mesurerait entre 0,5 et 3 mètres et arriverait à Palu à 18 h 22. Le marégraphe de Mamuju, situé au sud, bien plus loin de l’épicentre, a enregistré une montée des eaux de 6 centimètres seulement à 18 h 27, laissant supposer qu’une vague de faible ampleur était déjà passée à Palu. L’alerte a donc été levée à 18 h 36.
L’agence Associated Press a évoqué les regrets de chercheurs impliqués dans un projet de système de détection précoce, encore expérimental. S’appuyant sur des capteurs posés au fond de la mer et des communications par fibre optique, il n’a pas bénéficié de financements suffisants pour être opérationnel. Par ailleurs, un réseau plus ancien de bouées DART (Deep-ocean Assessment and Reporting of Tsunamis, détection de tsunamis en eau profonde) est, lui, totalement en déshérence en Indonésie, en raison de vols de ses composants coûteux et de dégradations par les pêcheurs.
Faible distance
Cependant, pour Rémy Bossu, directeur du European Mediterranean Seismological Center, qui a participé à la conception du système d’alerte tsunami en Méditerranée, la présence de ces bouées, conçues pour détecter les grands tsunamis transocéaniques, « n’aurait probablement rien changé dans ce cas », en raison de la faible distance entre le séisme et les zones côtières sinistrées. Même à l’échelle d’un bassin comme la Méditerranée, l’installation de telles bouées, très onéreuses et demandant une lourde maintenance, n’est pas envisagée : la distance du tremblement de terre doit être suffisamment grande pour que les capteurs distinguent l’arrivée de l’onde sismique de celle de la vague.
En France métropolitaine, le système d’alerte tsunami, géré par le Commissariat à l’énergie atomique et énergies alternatives (CEA) depuis 2012, a été conçu pour informer la protection civile dans un délai de quinze minutes, en se fondant sur des données de capteurs sismiques et des marégraphes. Le scénario envisagé est celui d’un mur d’eau engendré par un séisme sur les côtes algériennes — ce qui constitue l’aléa le plus probable. Le tsunami mettrait alors soixante-quinze à quatre-vingt-dix minutes à arriver sur les côtes françaises.
Palu n’étant située qu’à quatre-vingts kilomètres de l’épicentre, le délai d’arrivée du tsunami était bien plus court. Le 1er octobre, le BMKG a même précisé, sur la foi d’une vidéo virale montrant l’arrivée du tsunami à Palu, que celui-ci avait frappé la ville entre 18 h 10 et 18 h 13. Cela pourrait conforter l’hypothèse qui circule désormais parmi la communauté des sismologues : le tsunami n’aurait probablement pas été engendré par une brusque rupture verticale de la croûte terrestre au fond de l’océan — comme lors du séisme du Tohoku, au Japon, en 2011.
« Glissement de terrain sous-marin »
A Célèbes, où les plaques ont coulissé horizontalement, « c’est plutôt un glissement de terrain sous-marin engendré par le séisme, qui est suspecté », dit Rémy Bossu. Une vidéo aérienne pourrait aussi renforcer cette thèse : reprise sur un fil Twitter spécialisé dans l’analyse des séismes, elle est censée avoir été prise d’un avion quittant Palu au moment du tremblement de terre, et montre plusieurs vagues qui semblent émaner de la côte à la suite de mouvements de terrain.

Just obtained video taken from the flight that left #Palu #PLWairport during the #earthquake. Note the "weird wave… https://t.co/V3g0sDRgJ8— GerryS (@Gerry Soejatman)


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Des effondrements sous-marins, encore plus difficiles à déceler, et parfois décalés dans le temps, peuvent aussi engendrer localement un mur d’eau dévastateur. En outre, « la bathymétrie locale a toujours des effets majeurs », note Rémy Bossu. En l’espèce, Palu se situe au fond d’une baie en entonnoir, propre à favoriser l’élévation d’un tsunami.
Pour Jörn Lauterjung, du centre de géophysique de Postdam (Allemagne), qui a coconçu le système d’alerte indonésien, la chaîne a fonctionné correctement « jusqu’au dernier kilomètre », c’est-à-dire « la communication entre les autorités locales et la population », en l’occurrence celle présente sur la plage à l’occasion de célébrations dans la ville de Palu. Malheureusement, a-t-il dit à l’agence Reuters, « il semble par exemple que les sirènes d’alarme n’aient pas fonctionné et qu’aucune voiture de police équipée de haut-parleurs n’ait averti la population locale ». L’inclusion de ce « dernier kilomètre » local est au moins aussi importante qu’une technique de mesure sophistiquée, a-t-il aussi dit au journal Züddeutsche Zeitung.
Le ministère des télécommunications a quant à lui assuré que des alertes répétées avaient été envoyées par SMS, mais, d’après Sutopo Purwo Nugroho, porte parole des services de secours, cité par Reuters, les moyens de communication ont été détruits par le séisme et il n’y avait pas de sirènes d’alarme dans la zone touchée.
Sismologue à l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP), Robin Lacassin juge que la polémique sur la défaillance du système d’alerte est « vaine » : « En champ très proche, ce qui compte c’est la réaction immédiate et spontanée de la population lorsqu’elle ressent un gros séisme. Donc sa compréhension, qui passe évidemment par l’éducation et l’entraînement, note le chercheur. Les systèmes d’alerte sont par contre très utiles à des distances plus importantes, où le séisme ne va pas être ressenti, ou faiblement. »
En définitive, à proximité d’un séisme, c’est le tremblement de terre lui-même qui constitue l’alerte tsunami : « Le message de prévention, près des côtes, c’est que dès lors que vous ressentez une secousse durant plus de trente secondes, ou que vous avez du mal à tenir debout lors du séisme, il faut gagner les hauteurs », dit Rémy Bossu. Mais à Palu, une ville sans grande éminence, cela aurait signifié se précipiter dans les étages de bâtiments qui venaient quelques instants plus tôt d’être ébranlés par le séisme…




                            


                        

                        

