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La chancellerie propose Rémy Heitz pour remplacer François Molins au poste de procureur de Paris

La candidature de l’actuel directeur des affaires criminelles et des grâces (DACG) a été proposée par le ministère de la justice au Conseil supérieur de la magistrature (CSM).



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 17h21
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 18h02
   





                        



   


Après plusieurs semaines de flottement sur le choix du successeur de François Molins au poste de procureur de Paris, la chancellerie s’est arrêtée sur un nom. Rémy Heitz a été proposé par Nicole Belloubet au Conseil supérieur de la magistrature (CSM), a annoncé mercredi 3 octobre le porte-parole du ministère de la justice, Youssef Badr.
A 54 ans, l’actuel directeur des affaires criminelles et des grâces (DACG) devrait se voir attribuer le poste, à moins d’un peu probable avis défavorable du CSM, institution garante de l’indépendance des magistrats. Le CSM peut rendre un avis négatif, non contraignant, mais que le gouvernement s’est engagé à respecter.
Il remplacera ainsi François Molins qui doit quitter le parquet de Paris en novembre pour la Cour de cassation. Après sept ans en poste, il est devenu attentat après attentat le visage de l’antiterrorisme français.

        Lire aussi :
         

                Justice : l’Elysée prend la main sur les procureurs



Ancien Monsieur Sécurité routière de Chirac
Rémy Heitz avait été nommé en août 2017 à la tête de la DACG, poste réputé être le plus important de la chancellerie, après celui de garde des sceaux. Le Monsieur Sécurité routière sous Jacques Chirac entre 2003 et 2006 a un parcours atypique qui l’a fait passer à la fois par le siège et le parquet mais aussi par des fonctions plus politiques.
Natif de Nancy, il venait à peine d’être nommé jeune procureur de la République de Saint-Malo (1999-2001) lorsque a éclaté la très médiatique affaire Godard, du nom de ce médecin normand soupçonné d’avoir tué femme et enfants avec lesquels il avait disparu en mer à bord de son voilier.
Après avoir été promu vice-procureur de la République au tribunal de grande instance de Paris en 2001, il rejoint en 2002 le cabinet de Jean-Pierre Raffarin comme conseiller technique chargé de la justice. De 2003 à 2006, M. Heitz est propulsé délégué interministériel à la sécurité routière. Un poste exposé puisque le président Jacques Chirac fait de la sécurité routière un des trois grands « chantiers nationaux ». Entre 2011 et 2015, le magistrat a également présidé le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), le deuxième plus grand de France.

        Lire aussi son portrait :
         

          Rémy Heitz, un nouveau directeur des affaires criminelles et des grâces






                            


                        

                        


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Ian Brossat : « Le PCF n’est pas à feu et à sang »

Dans un entretien au « Monde », le chef de file des communistes pour les élections européennes souhaite un dialogue entre les forces de gauche et tend la main à Jean-Luc Mélenchon.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 16h06
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 17h53
    |

            Abel Mestre








                        



                                


                            

Le Parti communiste prépare son congrès, qui se tiendra à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), du 23 au 25 novembre. Pendant trois jours, dès jeudi 4 octobre, les militants doivent se prononcer sur quatre textes, dont celui de la direction sortante. De ce vote émergera la base programmatique de la future équipe dirigeante et le futur secrétaire national. Pierre Laurent, à la tête du PCF depuis 2010, brigue un nouveau mandat.
Ian Brossat, adjoint au maire de Paris chargé du logement, réaffirme sa volonté de voir son parti occuper à nouveau les premiers rôles et veut apaiser ses relations − très tendues −avec Jean-Luc Mélenchon.
Quels sont les enjeux du congrès du PCF ?
Le Parti communiste a traversé une année 2017 difficile. Nous avons réalisé un score faible aux législatives [2,72 % des voix]. Il est donc parfaitement normal que le PCF soit traversé de débats. C’est ce qui explique le nombre de textes déposés. Il y a, chez les communistes, le souhait de voir le PCF revenir dans le paysage. Nous n’avons pas vocation à compter les points mais à avoir un rôle important dans la vie politique de notre pays. Je vois aussi la volonté de sortir rassemblés de notre congrès pour mener la bataille des élections européennes.
Le texte emmené par André Chassaigne, président du groupe communiste à l’Assemblée, risque de finir très haut, voire de dépasser celui de la direction. Quelles seraient les conséquences d’un tel scénario ?
Quoi qu’il arrive, il faudra respecter le résultat des votes et il faudra que les communistes se rassemblent. Le PCF n’est pas à feu et à sang. Il n’y aurait rien de pire, en sortant d’une année électorale aussi difficile que 2017, que d’avoir un parti qui ne débat pas. On ne peut pas avoir si longtemps regretté l’absence de démocratie interne pour aujourd’hui nous reprocher d’avoir des débats. Mais le congrès n’est pas un match de boxe. Ce qui nous anime, ce ne sont pas les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Depuis 1981, dix-huit ministres se sont succédé à l’intérieur. Ils y ont passé en moyenne un peu plus de deux ans, une durée qui masque une importante disparité.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤                     
                                                

Gérard Collomb, l’un des plus courts passages au ministère de l’intérieur

Depuis 1981, dix-huit ministres se sont succédé à l’intérieur. Ils y ont passé en moyenne un peu plus de deux ans, une durée qui masque une importante disparité.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 15h57
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 17h07
    |

            Jérémie Baruch








                        



   


En annonçant sa candidature à la mairie de Lyon pour les élections municipales de 2020, Gérard Collomb avait, dans le même temps, entériné son départ prochain du ministère de l’intérieur. Un départ prévu avant les élections européennes, et qui a finalement été obtenu mardi dans la soirée, après avoir déclenché une crise politique au sommet de l’Etat.

        Lire :
         

          Démission de Gérard Collomb : un camouflet, un casse-tête



M. Collomb est resté à la tête du ministère de l’intérieur pendant un tout petit peu plus de cinq cents jours. Une durée bien inférieure à la moyenne — deux ans et un mois — de ceux qui l’ont précédé depuis 1981 à cette fonction, l’une des plus importantes du gouvernement.


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De deux mois à cinq ans, la longévité des ministres de l'Intérieur depuis 1981
En nombre de jours

Source : Le Monde



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Depuis 1981, ceux qui sont restés moins longtemps que M. Collomb dans ce ministère l’ont tous quitté contraints par des échéances électorales ou référendaires, ou par un changement de premier ministre dans le cas de Philippe Marchand.
M. Collomb, lui, a quitté la place Beauvau de son plein gré pour préparer son retour à la mairie de Lyon. Cette singularité explique entre autres l’embarras du président de la République, Emmanuel Macron, qui a dû confier la gestion ponctuelle du ministère de l’intérieur au premier ministre, Edouard Philippe.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ En assurant l’intérim du ministère de l’intérieur, il devient le cinquième premier ministre de la Ve République à exercer une autre fonction ministérielle au sein de son propre gouvernement.
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Edouard Philippe, « premier flic de France » par intérim

En assurant l’intérim du ministère de l’intérieur, il devient le cinquième premier ministre de la Ve République à exercer une autre fonction ministérielle au sein de son propre gouvernement.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 15h42
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 16h20
   





                        



   


La situation est quelque peu cocasse. Edouard Philippe a revêtu pour la première fois, mercredi 3 octobre, la double casquette de premier ministre et de ministre de l’intérieur par intérim. Quelques heures après la passation des pouvoirs, visant à assurer l’intérim du ministre démissionnaire Gérard Collomb, M. Philippe a eu l’occasion d’incarner son nouveau rôle en rendant visite, à Nanterre, aux policiers qui ont interpellé tôt dans la matinée le braqueur Redoine Faïd.
Le nouveau ministre de l’intérieur par intérim a félicité les policiers qui lui ont notamment présenté les conditions de l’interpellation du braqueur multirécidiviste, trois mois après son évasion du centre pénitentiaire de Réau.
Cette double casquette ne devrait pas être longue à porter pour M. Philippe, la nomination d’un nouveau ministre de l’intérieur étant « une affaire de quelques jours », a assuré, mercredi, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. C’est d’ailleurs, comme le prévoit la Constitution, le premier ministre lui-même qui formulera des propositions au chef de l’Etat pour le poste place Beauveau.

        Lire l’analyse :
         

          La démission de Gérard Collomb ébranle Emmanuel Macron



Cinquième premier ministre à cumuler les fonctions
La situation n’est, cependant, pas inédite dans l’histoire de la Ve République, Edouard Philippe est le cinquième premier ministre sur 22, à exercer une autre fonction ministérielle au sein de son propre gouvernement.
A la fin du quinquennat de Sarkozy, François Fillon avait cumulé le poste de premier ministre avec le ministère de l’écologie pendant deux mois et demi. En février 2012, il avait ainsi remplacé Nathalie Kosciusko-Morizet, nommée porte-parole de la campagne de Nicolas Sarkozy, candidat à un deuxième mandat.
Pierre Bérégovoy, dernier premier ministre socialiste de François Mitterrand avant la deuxième cohabitation, avait, lui, assuré pour vingt jours l’intérim au ministère de la défense en mars 1993, après la nomination de Pierre Joxe à la présidence de la Cour des comptes.
Nommé premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing fin août 1976, Raymond Barre avait, pour sa part, décidé de s’attribuer du même coup le ministère de l’économie et des finances. Une première dans l’histoire de la Ve République et qui ne s’est pas répétée depuis. Le cumul durera un an et demi.
Le premier ministre de la Ve République, Michel Debré fut également le premier à assurer l’intérim d’un de ses ministres. A la veille de Noël 1959, il avait remplacé durant trois semaines le ministre de l’éducation nationale, André Boulloche, démissionnaire à cause d’un désaccord sur une réforme de l’enseignement privé.

        Lire notre récit :
         

          Macron-Collomb, les coulisses d’un divorce






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Sylvie Goddyn et Philippe Loiseau jugent que le président de Debout la France est « le plus légitime » pour conduire une « grande liste d’union ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤                     
                                                

Deux députés européens RN appellent Marine Le Pen à faire liste commune avec Dupont-Aignan

Sylvie Goddyn et Philippe Loiseau jugent que le président de Debout la France est « le plus légitime » pour conduire une « grande liste d’union ».



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 14h27
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 14h38
    |

            Lucie Soullier








                        



   


« On parle de rassemblement, eh bien, rassemblons-nous ! » Philippe Loiseau, député du Rassemblement national (RN) au Parlement européen, appelle son parti à faire « liste commune » avec Nicolas Dupont-Aignan, le président de Debout la France (DLF), désormais officiellement candidat aux élections européennes.
Invité sur BFM-TV mercredi 3 octobre, M. Dupont-Aignan a annoncé que les deux députés européens RN Sylvie Goddyn et Philippe Loiseau lui avaient écrit pour lui apporter leur « soutien » dans cette campagne. Dans une lettre datée du 2 octobre et dont Le Monde a pu prendre connaissance, les deux élus le considèrent comme « le plus crédible et le plus légitime à conduire cette grande liste d’union ».
Philippe Loiseau nuance auprès du Monde : « Non », il ne quitte pas le parti de Marine Le Pen pour rejoindre celui de Nicolas Dupont-Aignan. « Il n’est pas question non plus de rejoindre sa liste », ajoute celui qui espère que sa démarche va faire réagir, « notamment Marine Le Pen ». Celle-ci aurait déjà fait savoir qu’elle n’avait « pas trop apprécié », sans pour le moment réagir publiquement.
Pas de « trahison » dans sa missive
S’il ne voit aucune « trahison » dans sa missive, M. Loiseau sait que « certains vont le voir comme ça » au sein de son parti et a donc préféré envoyer un communiqué de presse à en-tête de Nanterre, où se trouve le siège du RN, précisant que « quelle que soit l’issue des discussions », il soutiendrait « sans réserve la liste que le Rassemblement national présentera aux élections européennes ».
Côté RN, on démine la portée d’un tel appel de la part d’un député européen que « personne ne connaît » et qui ne quitte même pas le parti. D’autres l’ont fait avant lui, comme Bernard Monot, l’ancien conseiller économique de Mme Le Pen et député européen qui a rejoint DLF en mai dernier.
« Personne ne comprend que Marine ne soutienne pas la candidature de Nicolas », dit, quant à lui, un proche du député de l’Essonne désormais en campagne européenne. D’autant que la patronne du parti d’extrême droite avait réagi au lancement de campagne de son allié d’entre-deux-tours en affirmant que « rien politiquement » ne les séparait, et que leurs députés se retrouveraient donc sous la même bannière eurosceptique, une fois élus.
A moins que l’alliance présidentielle ne finisse en rupture européenne. Dans l’entourage de Nicolas Dupont-Aignan, certains commencent à murmurer que Marine Le Pen « pourrait bien finir par rendre les coups, à force de se faire piquer des élus… »
La lettre des deux députés européens RN Sylvie Goddyn et Philippe Loiseau à Nicolas Dupont-Aignan :

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Pour le sociologue Alain Policar, dans une tribune au « Monde », la réponse qu’il convient d’apporter à la gauche identitaire ne réside pas dans un républicanisme bien souvent mal à l’aise face à la diversité. Il faut plutôt œuvrer à augmenter la possibilité de chacun à participer au débat démocratique.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤                     
                                                   
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La gauche et les minorités : « Les illusions de l’identité »

Pour le sociologue Alain Policar, dans une tribune au « Monde », la réponse qu’il convient d’apporter à la gauche identitaire ne réside pas dans un républicanisme bien souvent mal à l’aise face à la diversité. Il faut plutôt œuvrer à augmenter la possibilité de chacun à participer au débat démocratique.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 14h18
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 14h38
    |

                            Alain Policar (Sociologue au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof)








                        



                                


                            

Tribune. Le récent affrontement entre Mark Lilla et Eric Fassin (Le Monde daté 1er octobre), malgré d’incontestables mérites, ne semble pas percevoir que l’affrontement entre « gauche identitaire » (dénoncée par M. Lilla) et républicanisme assimilationniste (dénoncé par E. Fassin) n’échappe pas aux illusions de l’identité. On doit pouvoir penser autrement les exigences de la justice sociale.
Les penseurs « décoloniaux » ont cru pouvoir construire une opposition, parfaitement factice, entre deux formes d’antiracisme, le « politique » et le « moral »
D’un côté, il est reproché à une certaine « gauche », celle qu’incarne « idéal-typiquement » Eric Fassin, de sacrifier l’humanisme universaliste au profit d’une description du monde en termes de groupes culturels, voire de « races », profondément distincts.
Et, en effet, les penseurs « décoloniaux » ont cru pouvoir construire une opposition, parfaitement factice, entre deux formes d’antiracisme, le « politique » – dont ils se réclament – et le « moral » – qui serait à leurs yeux une simple posture majoritairement adoptée par la bourgeoisie blanche. La « tolérance » à l’égard des thèses racialistes du Parti des indigènes de la République (PIR) et de sa porte-parole et initiatrice Houria Bouteldja est, à de nombreux égards, à l’origine de cette étrange dichotomie.

On aurait ainsi, d’une part, un antiracisme moral, lequel serait coupable de se méprendre sur la nature du racisme, en se contentant de « répéter le principe universel de l’égalité des êtres humains, d’affirmer la disqualification scientifique du concept de race biologique, de rappeler à l’envie [sic] qu’“il n’y a qu’une seule race : la race humaine” » (voir le blog de Hourya Bentouhami) et, de l’autre, un antiracisme politique qui affirmerait deux choses fondamentales : « le racisme a des conditions historiques et politiques ayant présidé à son émergence et déterminant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ De nombreux élus de La République en marche espèrent une nomination « rapide » du prochain ministre de l’intérieur afin de tourner la page.
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La majorité déboussolée par le départ de Collomb

De nombreux élus de La République en marche espèrent une nomination « rapide » du prochain ministre de l’intérieur afin de tourner la page.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 12h22
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 12h34
    |

            Manon Rescan








                        



                                


                            
Sur le mur de la permanence du député La République en marche (LRM) Guillaume Gouffier-Cha, à Vincennes, l’organigramme du gouvernement exhibe encore les visages de Nicolas Hulot et de Gérard Collomb. « Ils n’ont plus le temps d’imprimer les affiches entre les départs », plaisante l’élu, qui reçoit, mardi 2 octobre, des citoyens pour une réunion publique. Quelques minutes plus tôt, il avait dû répondre à des questions sur la brutale démission du ministre de l’intérieur, survenue dans l’après-midi. « Peux-tu nous dire ce qu’il se passe ? », a demandé un jeune homme. « Après la démission de Hulot, il aurait pu attendre un peu… », s’inquiétait un autre, évoquant celle du ministre de l’écologie annoncée tout aussi subitement le 28 août.
Les questions de ces électeurs reflètent celles qui ont traversé les esprits des députés de la majorité mardi. « Ils hallucinent complètement », raconte l’un d’eux. Tous ont découvert en pleine séance des questions au gouvernement l’article du Figaro dans lequel le ministre de l’intérieur maintenait sa demande de démission, alors même que le président de la République l’avait refusée lundi soir. « Sur la forme, c’est assez rocambolesque », reconnaît la députée macroniste Marie Guévenoux. 

« Doigt d’honneur de la semaine »
Certains, sous couvert de l’anonymat, ont des mots bien plus crus. « Le vrai doigt d’honneur de la semaine aura finalement été celui fait par Collomb au président de la République », lâche ainsi un député LRM mardi après-midi. Référence au geste d’un jeune homme sur une photographie prise avec Emmanuel Macron samedi 29 septembre, à Saint-Martin, aux Antilles. Image qui a aussi inspiré le dessinateur Kak. A la « une » de L’Opinion, mercredi, il présente un président de la République entouré de ses deux ministres démissionnaires, torse nu et geste obscène. Caricature que des députés n’hésitent pas à faire circuler...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Nicolas Chapuis, journaliste chargé de la rubrique police au « Monde », a répondu aux questions d’internautes sur la démission de Gérard Collomb.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤                     
                                                

Démission de Gérard Collomb : « Emmanuel Macron voulait rompre avec l’impression de cacophonie, c’est raté »

Nicolas Chapuis, journaliste chargé de la rubrique police au « Monde », a répondu aux questions d’internautes sur la démission de Gérard Collomb.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 12h19
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 12h42
   





                        



   


Après la démission du ministre de l’intérieur Gérard Collomb, Nicolas Chapuis, journaliste chargé de la rubrique police au service Société du « Monde » a répondu aux questions des internautes.
Zellie Chatelier : Pourquoi Emmanuel Macron a-t-il refusé sa démission à plusieurs reprises ?
Le chef de l’Etat ne voulait pas se faire dicter son agenda et voulait surtout éviter de donner l’impression de réagir sous la pression. Après la démission de Nicolas Hulot au retour des vacances, Emmanuel Macron voulait éviter la perte d’un deuxième ministre d’Etat. Il savait que cela serait interprété comme le signe d’une crise profonde au sommet de l’Etat. A raison.
Romanin : La démission de Gérard Collomb est-elle une conséquence même indirecte de l’affaire Benalla ?
L’affaire Benalla a clairement abîmé la relation qui existait entre les deux hommes. Plutôt que de jouer le rôle de rempart, Gérard Collomb a choisi pendant les auditions de se déporter, d’affirmer qu’il n’avait été mis au courant de rien. L’épisode a participé à la décomposition gouvernementale actuelle.
AndyNmr : Est-ce légal qu’un maire quitte son poste en vue de le céder à une personnalité politique ?
Cette manœuvre est tout à fait légale. Gérard Collomb, réélu maire de Lyon en 2014, avait cédé son poste à son suppléant quand il est devenu ministre, en 2017. Il a tout à fait le droit de le reprendre en quittant ses fonctions au gouvernement.
Eugène Varlin : Je n’ai rien compris à cet épisode. Je croyais que Collomb devait démissionner après les européennes de 2019 ? Qu’est-ce qui l’a amené à accélérer sa décision ?
Vous n’êtes pas le seul à n’avoir rien compris, et l’épisode assez unique que nous venons de vivre garde une grande part de mystère. Gérard Collomb voulait à tout prix se présenter à sa propre succession à Lyon. C’était un secret de polichinelle. Tout le monde l’interrogeait sans cesse sur le moment où il lâcherait le manche du ministère. Pour couper court aux spéculations, il a jugé bon dans son interview à L’Express il y a deux semaines d’annoncer un calendrier, avec un départ en juin. A partir de là, tout s’est accéléré, car de nombreux acteurs de la sécurité (policiers, gendarmes, notamment) ont commencé à juger que la situation n’était pas tenable. Un ministre sur le départ n’a pas les moyens d’enclencher des réformes. Politiquement, c’était également compliqué. Cela créait un angle d’attaque pour l’opposition trop évident. Enfin, Gérard Collomb s’est rendu compte ce week-end, après un meeting raté à Villeurbanne (Rhône), que la bataille était loin d’être gagnée à Lyon, et qu’il fallait qu’il sorte de cette ambiguïté au plus vite.

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Jean Fort : Pensez-vous qu’il soit possible que la démission de M. Collomb entraîne un remaniement global ? Y a-t-il des réactions de la part des syndicats de police et autres fonctionnaires de l’intérieur ?
L’hypothèse d’un remaniement d’ampleur est plausible, mais je ne vais pas me lancer dans des conjectures. C’est in fine la décision d’Emmanuel Macron, je ne sais même pas si elle est définitivement arrêtée, et je ne suis pas dans son bureau.
Les syndicats de police ont réagi. Ils sont globalement très remontés contre Collomb et jugent qu’il y a abandon de poste. Yves Lefebvre, le patron d’Unité SGP Police-FO, l’un des deux principaux syndicats de gardiens de la paix, déclarait hier : « Sa décision est une marque de défiance à l’égard des gardiens de la paix. Quand on est le premier flic de France, il faut avoir la même passion pour le métier que ceux qui sur le terrain se prennent des pavés dans la gueule tous les jours. » Quant à la haute hiérarchie policière, elle se tient à son devoir de réserve, mais il ne faut pas être grand clerc pour lire une critique dans le tweet d’Eric Morvan, le directeur général de la police nationale, ce matin : « Les policiers restent mobilisés, en toutes circonstances, avec un sens élevé de l’Etat et de leur mission. Gratitude immense pour les femmes et les hommes de la police judiciaire qui, loin du bruit, ont arrêté Redoine Faïd, pour la force du droit et le respect des victimes. »
PML : Edouard Philippe reprend la casquette de Gérard Collomb. Macron n’a personne d’autre pour le poste ?
Pour éviter les critiques sur une vacance du pouvoir Place Beauvau, le chef de l’Etat a confié l’intérim à Edouard Philippe. Dans ce ministère très exposé, chaque minute sans ministre peut être préjudiciable. Imaginez les conséquences si un attentat survenait alors qu’il n’y a pas de ministre en place… En revanche, rien ne les obligeait à mettre en scène cette passation de pouvoir très étrange avec un Gérard Collomb contraint de patienter pendant vingt minutes sur le perron en attendant le premier ministre, un Edouard Philippe de marbre pendant tout le discours, tous les gradés des forces de l’ordre présents, etc. Cette « cérémonie » surréaliste aura surtout laissé le sentiment d’un grand flottement à la tête de l’Etat.

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Ours : On parle de la mairie de Lyon avec la démission de Georges Képénékian, mais quid de la présidence de la Métropole de Lyon, bien plus importante et que Collomb avait également abandonnée ?
On peut estimer en effet que ça fait partie de ses objectifs. Il a répondu ceci dans son interview au Figaro, hier soir, à la question de savoir s’il choisirait la ville ou la métropole :
« Je mènerai partout des listes. Mais comme vous le savez, ce sera d’abord le choix des habitants de la Métropole de Lyon. Le moment venu, avec celles et ceux qui auront été élus, nous déciderons ensemble. Ce qui m’importe, c’est qu’il y ait une unité de pensée entre la Métropole et la ville de Lyon, car c’est comme cela qu’au cours de ces dernières années nous avons construit une agglomération où dynamiques économique, sociale et environnementale se conjuguent. »
Adinaieros : En dix-huit mois, ce gouvernement est déjà particulièrement remanié. Les européennes étant souvent cruelles pour le gouvernement en place, est-ce que cela ne complique pas le probable remaniement de Macron après les élections ?
Quand on regarde dans le rétroviseur, les mouvements au gouvernement sont nombreux et importants. Emmanuel Macron voulait rompre avec l’impression laissée par Hollande d’une cacophonie. Du point de vue de la continuité gouvernementale, c’est raté. Cela pose aussi la question de l’entourage de M. Macron. Combien de poids lourds lui reste-t-il ? La campagne des européennes se complique très clairement pour La République en marche.
馬先生 : Comment est jugé le bilan de l’action de Gérard Collomb en tant que ministre ?
Il laisse un bilan très mitigé. Du côté des forces de l’ordre, l’impression générale est qu’il n’a pas vraiment lancé de chantier structurel important. La police de sécurité du quotidien (son totem) ne produit encore aucun effet sur le terrain. Son succès repose sur l’engagement de nouveaux effectifs d’ici à la fin du quinquennat. Or, rien ne dit que son successeur voudra reprendre à son compte l’ensemble du projet. Il devait également présenter un « plan stup’» d’ici à la fin de l’année, dont l’avenir est désormais incertain. Enfin, des réformes techniques sont engagées avec la fusion des directions des achats et du numérique entre la police et la gendarmerie. Le processus devrait se poursuivre. Sur le terrain, il laisse l’image d’un ministre pragmatique, mais davantage intéressé par sa ville de Lyon que par son job à Beauvau.
Sur le volet asile et immigration, il a fait voter une loi, qui a provoqué un début de rupture au sein du groupe parlementaire de La République en marche. Sur le volet terroriste, le vote de la loi de sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme a fait entrer une partie des dispositions de l’état d’urgence dans le droit commun. Quant au volet « islam », pas grand-chose n’a été fait. Mais le dossier est davantage géré par l’Elysée.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Editorial. Le départ du gouvernement du ministre de l’intérieur plonge un peu plus le pouvoir exécutif dans la crise à rebondissements qui le secoue depuis deux mois.
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Démission de Gérard Collomb : un camouflet, un casse-tête

Editorial. Le départ du gouvernement du ministre de l’intérieur plonge un peu plus le pouvoir exécutif dans la crise à rebondissements qui le secoue depuis deux mois.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 11h34
   





                        



   


Editorial du « Monde ». C’est un curieux hommage à Guignol, l’emblème de Lyon, « sa » ville chérie, que vient de rendre Gérard Collomb. Lassé du castelet du pouvoir parisien, où il jouait les gendarmes depuis seize mois et apparaissait trop souvent désaccordé, pressé de retrouver au plus vite les faveurs du public lyonnais, l’ancien ministre de l’intérieur a donc quitté la scène. Au terme d’un final rocambolesque avec le président de la République.
S’il ne s’agissait des affaires de l’Etat, l’on pourrait sourire du comique de situation. Mais cette démission du ministre de l’intérieur plonge un peu plus le pouvoir exécutif dans la crise à rebondissements qui le secoue depuis deux mois. Au camouflet sans précédent infligé au chef de l’Etat et au premier ministre s’ajoute le casse-tête de trouver, en catastrophe, un ministre de l’intérieur.
Il y a quinze jours déjà, en proposant sa démission, assortie d’un préavis de dix mois jusqu’aux élections européennes, Gérard Collomb avait transgressé de façon stupéfiante la règle élémentaire qui confie au président de la République le pouvoir de nommer les ministres et de mettre fin à leurs fonctions. En réitérant sa décision de manière irrévocable, mardi 2 octobre, qui plus est à son initiative et par voie de presse, il n’a pas hésité à démontrer le peu de cas qu’il fait désormais de l’autorité présidentielle. C’est encore plus cinglant pour le premier ministre, pris au dépourvu en pleine séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale.

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S’il avait voulu démontrer, ce dont il se défend sans convaincre, que le chef de l’Etat a perdu la main sur les événements et qu’il manque de l’expérience et des réflexes indispensables à sa fonction, l’ex-ministre n’aurait pu faire mieux. Comme nous l’écrivions ici même au moment de la première menace de démission de M. Collomb, Emmanuel Macron n’avait guère d’autre choix que de trancher, et de démettre rapidement son ministre. En y renonçant, pour rester maître du calendrier, il se voit aujourd’hui imposer ce départ de façon humiliante.
Un message sans ambiguïté
Deux précédents ajoutent au trouble. De la même façon, le chef de l’Etat n’a pas su gérer efficacement la crise déclenchée, en juillet, par l’affaire Benalla. La décision, finalement prise sous la pression, après des semaines de finasseries maladroites, de licencier l’ancien conseiller aurait dû être prise immédiatement, dès le mois de mai, lorsque fut connu l’épisode mettant en cause M. Benalla. En écartant cette sanction immédiate, par fidélité à un homme qui avait accompagné sa conquête du pouvoir, le président s’est retrouvé empêtré dans un pataquès sans fin. De même avec Nicolas Hulot, dont Emmanuel Macron, trop sûr de son pouvoir de persuasion ou de séduction, n’a pas su calmer les impatiences ni répondre aux inquiétudes. Là encore, il a été mis devant le fait accompli.

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Mais la démission du ministre de l’intérieur jette une lumière encore plus cruelle sur la situation du président. Soutien de la première heure à celui qui n’était encore qu’un candidat putatif à l’élection présidentielle, lui apportant expérience, appuis et réseaux, apparaissant alors comme le mentor du jeune impétrant, chantre du « nouveau monde » macronien, Gérard Collomb était l’un des – rares – piliers du gouvernement. En claquant la porte, il adresse un message sans ambiguïté : après seize mois d’expérience, l’avenir de Lyon lui paraît plus décisif que celui de la France. Bref, il n’y croit plus.

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Quant à son remplacement, la décision de confier l’intérim du ministère de l’intérieur au premier ministre démontre qu’il relève du casse-tête. C’est, en effet, l’une des faiblesses du chef de l’Etat : ayant délibérément balayé la plupart des caciques expérimentés pour constituer une équipe de néophytes et de techniciens, il se trouve fort dépourvu de candidats de poids pour occuper l’un des postes-clés de la République.
La rentrée du président était cahoteuse. Elle est en passe de devenir chaotique.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ L’ancien premier ministre, candidat à la mairie de Barcelone, a prononcé, mardi, un dernier discours à l’Assemblée.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤                     
                                                   
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Le jour où Manuel Valls a fait ses adieux à la France

L’ancien premier ministre, candidat à la mairie de Barcelone, a prononcé, mardi, un dernier discours à l’Assemblée.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 11h27
    |

            Manon Rescan, 
Alexandre Lemarié et 
Enora Ollivier








                        



                                


                            

Il se tient debout, au milieu de l’hémicycle de l’Assemblée nationale, et c’est là, maintenant, que se joue sans doute le dernier acte de sa carrière politique en France. Peu après 15 heures, mardi 2 octobre, Manuel Valls a fait ses adieux au Palais-Bourbon, qu’il quitte pour s’installer à Barcelone, sa ville natale, où il se lance dans la campagne des municipales. Le matin même, le député de l’Essonne s’était entretenu avec le président de l’Assemblée, Richard Ferrand, et lui avait présenté officiellement sa démission, effective dès mercredi.
A situation inédite, procédure bousculée : M. Valls a rompu le protocole des questions au gouvernement pour prononcer un rapide discours et recevoir en retour les salutations du premier ministre, Edouard Philippe. « Je veux exprimer ma reconnaissance, a-t-il déclamé, d’abord à mon pays, à la France, un pays unique qui donne la possibilité à quelqu’un qui est né à l’étranger, qui a décidé d’être français à 20 ans, d’avoir un parcours politique : d’être maire, député, ministre et premier ministre de la République. » « Le Barcelonais, le Français, le républicain et l’Européen est reconnaissant, a encore insisté M. Valls, et il ne vous oubliera jamais ! »
La tirade a été précédée par une standing ovation d’un panel de députés pratiquement tous issus de la majorité, ce groupe qu’il a rejoint en 2017 en tant qu’apparenté et qui ne s’est pourtant pas toujours montré affable à son égard. Sur les bancs des socialistes, sa famille pendant près de quarante ans, seuls l’ancienne ministre George Pau-Langevin et David Habib, un ami de jeunesse, se sont levés pour l’applaudir.

Qu’importe. De toute façon, les bravos ont été un peu éclipsés par la bravade des élus de La France insoumise, qui ont brandi des pancartes « bon débarras ». « Nous avons donné notre point de vue », a revendiqué Jean-Luc Mélenchon après la séance. Manuel Valls « n’est pas mort, à ce que je sache,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Problème de rythme, calendriers politiques décalés, priorités différentes : le tandem franco-allemand n’avance pas. Le modèle est-il dépassé ?, s’interroge dans sa chronique Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».
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« Le malheur franco-allemand, c’est que Paris et Berlin ne sont plus au même tempo depuis longtemps »

Problème de rythme, calendriers politiques décalés, priorités différentes : le tandem franco-allemand n’avance pas. Le modèle est-il dépassé ?, s’interroge dans sa chronique Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 11h08
    |

            Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            

Chronique. Ce devait être l’occasion ou jamais, les planètes enfin alignées, un nouveau départ… En mai 2017, au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron, deux très bons spécialistes des relations internationales, l’Allemand Thorsten Benner et le Français Thomas Gomart, signaient dans la revue Foreign Affairs un article enthousiaste sur l’avenir radieux que promettait cet événement au duo Berlin-Paris. La présidence Macron, écrivaient-ils, « offre une chance rare de ressusciter la relation franco-allemande au moment où l’Europe en a le plus besoin ».
Tous les espoirs étaient permis. La campagne résolument pro-européenne du jeune candidat avait fait souffler un vent d’audace et de confiance sur une Union européenne essorée par la crise des dettes souveraines, déstabilisée par celle des réfugiés, minée par le vote du Brexit et la montée des populismes. Une nouvelle dynamique, positive celle-ci, s’installait pendant l’été. Enfin, une relance de l’Europe était possible ! Inévitablement, elle passait par Berlin, qu’Emmanuel Macron et son équipe germanophone avaient soigneusement mitonné avant et après l’élection.
La clé du rendez-vous manqué se situe il y a un an, en septembre
Un an et demi plus tard, le bel article de Foreign Affairs se lit comme un émouvant conte de fées. A Berlin, on affiche des mines contrites en hochant la tête à l’évocation de ce qui apparaît à l’évidence comme une occasion ratée. A Paris, on tente de faire bonne figure – rien, dans ce domaine, veut-on se rassurer, ne se fait du jour au lendemain. Mais la réalité s’entête : la belle dynamique s’est brisée et le tandem franco-allemand est encalminé.
Que s’est-il passé ? La clé du rendez-vous manqué se situe il y a un an, en septembre. Le week-end précédant son grand discours-programme à la Sorbonne sur l’Europe, le 26 septembre, dont la date a été calée sur celle des élections allemandes, le 24, le président Macron appelle longuement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Pour le Quai d’Orsay, les mesures de rétorsion dans l’affaire de Villepinte n’empêchent pas les échanges pour préserver l’accord sur le nucléaire après le retrait américain.
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La France essaie de limiter les effets de la crise avec l’Iran

Pour le Quai d’Orsay, les mesures de rétorsion dans l’affaire de Villepinte n’empêchent pas les échanges pour préserver l’accord sur le nucléaire après le retrait américain.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 11h04
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Les autorités françaises veulent marquer le coup – pour affirmer qu’il n’est pas acceptable qu’un Etat, en l’occurrence l’Iran, tente de mener un attentat terroriste sur le territoire national –, tout en limitant les effets de la crise diplomatique avec Téhéran. La diplomatie tricolore se livre à un exercice de haute voltige. « L’attentat déjoué à Villepinte [le 30 juin contre un rassemblement des Moudjahidin du peuple] confirme la nécessité d’une approche exigeante dans nos relations avec l’Iran », a assuré, mardi 2 octobre, le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, dans un communiqué signé avec ses collègues de l’économie, Bruno Le Maire, et de l’intérieur, Gérard Collomb, peu de temps avant la démission de ce dernier. Le texte dénonce un « acte d’une extrême gravité qui ne peut rester sans réponse ».
« Nous voulions des explications des autorités iraniennes et non pas des protestations d’innocence, car nous avons les éléments montrant leur implication », précise une source diplomatique française. La question a été « mentionnée » lors de la rencontre à New York entre Emmanuel Macron et le président iranien Hassan Rohani, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

L’affaire a été évoquée plus longuement lors des entretiens entre Jean-Yves Le Drian et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif. Les explications demandées à Téhéran ne sont jamais arrivées. D’où la décision prise par Paris de mettre les accusations sur la place publique et d’annoncer les mesures de rétorsions alors qu’à Téhéran, le porte-parole du ministère des affaires étrangères dément toute implication. « S’il y a malentendu à propos d’une chose qui n’existe pas ou ourdie par d’autres, nous pouvons nous asseoir et en parler », a-t-il déclaré.
Paris a décidé le gel des avoirs de la direction de la sécurité intérieure du ministère iranien du renseignement et de deux ressortissants iraniens....




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ L’ex-ministre de l’intérieur a imposé au chef de l’Etat son retour à Lyon. En attendant un remaniement, la passation des pouvoirs avec Edouard Philippe, qui assure l’intérim, a été glaciale, mercredi matin.
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La démission de Gérard Collomb ébranle Emmanuel Macron

L’ex-ministre de l’intérieur a imposé au chef de l’Etat son retour à Lyon. En attendant un remaniement, la passation des pouvoirs avec Edouard Philippe, qui assure l’intérim, a été glaciale, mercredi matin.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 15h10
    |

            Virginie Malingre, 
Alexandre Lemarié et 
Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

Une nouvelle fois, la tentative d’Emmanuel Macron de reprendre l’initiative en cette rentrée catastrophique s’est heurtée à une réalité que le chef de l’Etat semble avoir du mal à maîtriser. Le coup est venu de Gérard Collomb, son soutien de la première heure, qui a défié son autorité en le forçant à accepter sa démission, dans la nuit de mardi 2 octobre, alors que le chef de l’Etat la lui avait refusée la veille.
« Le président a demandé au premier ministre d’assurer l’intérim [du ministère de l’intérieur] dans l’attente de la nomination de son successeur. Le conseil des ministres se déroulera à compter de 10 heures avec le gouvernement ainsi constitué », a fait savoir l’Elysée dans la nuit, par un communiqué à l’Agence France-Presse. En clair, donc, Gérard Collomb n’est plus ministre, Edouard Philippe le remplace temporairement, en attendant que l’Elysée et Matignon lui trouvent un successeur. Une situation rarissime sous la Ve République, qui a obligé le chef du gouvernement à annuler son voyage, prévu jeudi et vendredi, en Afrique du Sud.
Il était impensable pour l’exécutif que Gérard Collomb participe au conseil des ministres. Ni qu’il ait l’occasion de se réjouir de l’arrestation du braqueur Redoine Faïd dans la nuit. C’est Edouard Philippe qui a salué « le professionnalisme de la police nationale », sur Twitter, en félicitant les policiers pour « le minutieux travail mené depuis trois mois ».
Bras croisés
Scène à la fois glaciale et surréaliste, la passation des pouvoirs entre les deux hommes a été expédiée, mercredi matin à 9 h 30. Pendant de longues minutes, Gérard Collomb a attendu l’arrivée de son successeur provisoire, bras croisés, seul sur le perron de la Place Beauvau. Alors que l’ex-maire de Lyon dresse le bilan de ses seize mois passés au ministère, le premier ministre se tord les mains, raide, la mine sombre et sans un seul regard pour son voisin. A peine esquisse-t-il un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Dès l’été 2017, l’ex-ministre de l’intérieur avait créé une association électorale à l’écart de La République en marche, pour anticiper les élections municipales de 2020.
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Gérard Collomb avait programmé son retour à Lyon de longue date

Dès l’été 2017, l’ex-ministre de l’intérieur avait créé une association électorale à l’écart de La République en marche, pour anticiper les élections municipales de 2020.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 10h49
    |

                            Richard Schittly (Lyon, correspondant)








                        



   


Tout sauf une surprise. Le retour de Gérard Collomb à Lyon était préparé de longue date. Le scénario écrit depuis le jour de sa nomination au ministère de l’intérieur. L’édile lyonnais avait immédiatement placé ses deux plus proches lieutenants aux postes qu’il était contraint d’abandonner. Georges Képénékian était passé d’adjoint à la culture à maire. Le vice-président David Kimelfeld avait pris la tête de la métropole de Lyon.
Le contrat était clair : il fallait le moment venu redonner sa place au chef. Et le plan a été respecté. Dès mardi 2 octobre au soir, quelques heures après l’annonce définitive du départ de Gérard Collomb, M. Képénékian a posté sa lettre de démission afin de provoquer sans tarder le processus de réélection.
La conception dirigiste n’étonne plus dans le paysage politique lyonnais, tant celui qui brigue un quatrième mandat à la tête de la mairie de Lyon a forgé un règne sans partage. « Dès qu’une tête commence à dépasser, elle fait de l’ombre, il la coupe », remarque un ancien adjoint à la mairie à la carrière éphémère.
La liste est longue des personnalités écartées du pouvoir municipal et métropolitain, pour cause d’émancipation trop osée. L’ancienne ministre Najat Vallaud-Belkacem, poussée vers la commune limitrophe de Villeurbanne, le secrétaire d’Etat Thierry Braillard, contraint de quitter la partie, l’universitaire Philippe Meirieu, incité à retourner à ses travaux de recherche sur l’éducation, ou encore l’ex-directeur de Forum Réfugiés, Olivier Brachet, démissionnaire de la vice-présidence de la métropole, pour désaccord humanitaire majeur.
Dérive autoritaire ? « Les gens veulent quelqu’un qui garde le cap, qui dirige vraiment la collectivité pour qu’elle progresse, le reste ce n’est pas tellement leur préoccupation », répondait l’intéressé en petit comité, à la terrasse d’un restaurant, quelques mois avant l’aventure ministérielle.
Créer une dynamique à l’écart de LRM
Au creux de l’été de 2017, le ministre de l’intérieur, nommé Place Beauvau depuis à peine deux mois, a commencé à anticiper la suite. Il a réuni une poignée de fidèles à son domicile, dans le 5e arrondissement de Lyon, afin de créer une association électorale, dans la plus grande discrétion. Son nom : Prendre un temps d’avance. Son objectif : fédérer les habituels soutiens, élargir au-delà de l’échiquier actuel. Et surtout créer une dynamique à l’écart du mouvement La République en marche (LRM), dont Gérard Collomb avait pourtant été un des précurseurs.

        Lire la chronique :
         

          La démission de Gérard Collomb, « un bras de fer inédit qui fait trois victimes »



Le ministre avait prévu de démissionner en septembre. Auprès de ses proches, il a même affirmé que l’affaire était entendue avec le président de la République. C’était compter sans le départ de Nicolas Hulot, début septembre. « Macron a prétexté la démission du ministre de l’écologie pour rendre caduc leur accord. C’est pour cela que [Collomb] a voulu acter sa démission, il a toujours voulu revenir le plus vite possible à Lyon », assure un conseiller lyonnais.
Car dans cette ville qu’il a dirigée pendant seize ans, les grandes manœuvres ont déjà commencé. La droite se cherche un leader. Laurent Wauquiez ? Le président (Les Républicains) de la région Auvergne-Rhône-Alpes plante ses banderilles : il a annoncé le rachat du Musée des tissus de Lyon menacé de fermeture. Etienne Blanc, de son côté, a annoncé son retrait de la mairie de Divonne-les-Bains. Et le premier vice-président (LR) de la région se montre beaucoup dans les réunions lyonnaises.
« Il a anticipé ce revirement »
Même dans le camp de Gérard Collomb, des signaux semble-t-il peu enthousiastes se font jour. Ainsi, David Kimelfeld, le président de la métropole, actuellement en déplacement au Burkina Faso, a rédigé un communiqué convenu pour saluer l’action du ministre de l’intérieur, interprété comme un service minimum. « Le plus important, c’est de savoir qui pourra le mieux fédérer autour de lui », se plaît à répéter M. Kimelfeld, lorsqu’on l’interroge sur le prochain candidat à la métropole de Lyon. Comme si le retour de Gérard Collomb n’allait plus de soi.
La formule fait allusion au nouveau mode de scrutin de l’élection métropolitaine, dans un territoire de 59 communes, découpé en 14 circonscriptions. Les plus petites communes n’auront plus automatiquement un représentant. Or, Gérard Collomb appuyait sa majorité sur le groupe Synergie, composé des maires des Monts d’Or et du Val de Saône. Ces élus n’entendent plus apporter leur soutien au créateur des métropoles nouvelle formule.
Les cartes sont rebattues. Avec un nouveau personnage dans la politique lyonnaise, très influent auprès de l’ex-ministre : Caroline, son épouse, référente LRM dans le Rhône. « Je vais perturber leurs plans », répétait ces dernières semaines Gérard Collomb à son entourage. « En créant son association, il a anticipé ce revirement. Il va lui falloir rechercher d’autres alliances, on n’est pas au bout de nos surprises », décode un intime, persuadé que sa démission du ministère de l’intérieur aura des retombées positives sur son image locale.

        Lire aussi :
         

                Macron-Collomb, les coulisses d’un divorce






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Depuis qu’il avait fait part de son désir de rentrer à Lyon pour les municipales, les relations entre le chef de l’Etat et le ministre de l’intérieur étaient devenues polaires.
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Démission de Collomb : pourquoi le calendrier s’est accéléré

Depuis qu’il avait fait part de son désir de rentrer à Lyon pour les municipales, les relations entre le chef de l’Etat et le ministre de l’intérieur étaient devenues polaires.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 10h38
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 11h11
    |

            Nicolas Chapuis, 
Cédric Pietralunga, 
Alexandre Lemarié et 
Virginie Malingre








                        



                                


                            
C’était la grande nouvelle que tout le monde attendait avec impatience Place Beauvau. Mais elle est tombée quelques heures trop tard : mercredi 3 octobre aux aurores, il n’y avait plus de ministre de l’intérieur pour se féliciter de l’arrestation de Redoine Faïd, le fugitif le plus recherché de France. Emmanuel Macron avait fini par accepter la démission de Gérard Collomb aux alentours de minuit.

Dans la foulée, Edouard Philippe, le premier ministre, a été chargé pour la forme d’un intérim, afin d’assurer la continuité de l’Etat. Une passation des pouvoirs aussi symbolique que temporaire. Elle ne suffit pas à faire oublier l’essentiel : depuis quinze jours, le ministère de l’intérieur, censé être le navire amiral du gouvernement, est à la dérive, sans capitaine à la manœuvre.
Depuis son entretien à L’Express, paru le 18 septembre, dans lequel il annonçait son intention de retourner à Lyon dans une dizaine de mois afin de se présenter aux municipales en 2020, Gérard Collomb avait la tête ailleurs. Alors que tous les connaisseurs de Beauvau avaient estimé d’emblée que la situation était intenable, l’exécutif a cherché malgré tout à s’accrocher à la fiction d’un ministre de l’intérieur « mobilisé à 100 % sur sa tâche ».
Situation ubuesque
L’imbroglio s’est finalement dénoué. La formulation alambiquée du chef de l’Etat résume à elle seule l’incongruité de l’affaire. Emmanuel Macron a jugé « regrettable que Gérard Collomb se soit mis dans la situation le conduisant à devoir démissionner ». L’ex-futur maire de Lyon avait proposé dès lundi au président de résilier son bail. Sans succès. Situation ubuesque d’un ministre de l’intérieur désireux de partir, mais maintenu en rétention administrative à Beauvau par un président soucieux de son autorité.
Les deux hommes s’étaient pourtant retrouvés lundi soir pour faire le point. Un entretien qui n’aura manifestement pas suffi à clarifier les choses : quand au petit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ A la rentrée, après les soubresauts de l’affaire Benalla et la baisse de popularité du président, le poison de la méfiance s’est insinué au sein de ce drôle de couple.
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Macron-Collomb, les coulisses d’un divorce

A la rentrée, après les soubresauts de l’affaire Benalla et la baisse de popularité du président, le poison de la méfiance s’est insinué au sein de ce drôle de couple.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 10h35
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 13h33
    |

            Raphaëlle Bacqué, 
Virginie Malingre et 
Solenn de Royer








                        



                                


                            

Ces dernières semaines, leur déjeuner en tête à tête, celui qui les réunissait chaque lundi à l’Elysée, n’a plus eu lieu. Jusqu’au début de l’été, Gérard Collomb se vantait pourtant : « Je suis le ministre qui voit le plus souvent Emmanuel Macron ! » Mais à la rentrée, après les soubresauts de l’affaire Benalla et la chute de la cote de popularité du président, le poison de la méfiance s’est insinué au sein de ce drôle de couple politique. Leur duo privilégié s’est effondré presque d’un coup.
Les blagueurs n’ont jamais tout à fait bien compris l’importance de cette relation. Pendant des mois, les humoristes des matinales radio se sont évertués à croquer Gérard Collomb en grand-père quasi gâteux courant derrière le sémillant président. Il paraissait si surprenant que deux hommes appartenant à des générations si éloignées s’accordent, l’un septuagénaire, l’autre tout juste quadra…
Macron, parisien depuis les classes prépas, et Collomb, roi de cette deuxième capitale qu’est Lyon, pouvaient-ils vraiment s’entendre ? Quelle utilité le président du « nouveau monde » trouvait-il à cet élu entré en politique à la fin des années 1960 ? C’est mal comprendre ce qu’est Gérard Collomb et le rôle qu’il a joué auprès d’Emmanuel Macron depuis trois ans. Il n’a pas seulement été le premier élu de poids à croire à l’avenir présidentiel du jeune Macron – cela, la légende d’En marche ! l’a déjà largement ressassé – ; c’est au pouvoir que le duo s’est affirmé. De la place Beauvau à l’Elysée, il n’y a qu’une rue à traverser…

Les deux anciens khâgneux partagent le même goût pour la littérature, le grec et la philosophie. Gérard Collomb peut se comporter en politicien local surveillant la moindre investiture en Rhône-Alpes, mais il s’intéresse à l’économie et au numérique. Et, même s’il s’en agace parfois, accepte de jouer le « bad cop » du pouvoir en endossant « une politique répressive en matière migratoire », comme il le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Lors de la passation de pouvoir, mercredi, le ministre de l’intérieur démissionnaire a estimé laisser à Edouard Philippe, qui assure l’intérim, un ministère « apaisé ».
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Gérard Collomb : « J’étais en train de démissionner, cela n’a pas empêché les policiers d’interpeller Redoine Faïd »

Lors de la passation de pouvoir, mercredi, le ministre de l’intérieur démissionnaire a estimé laisser à Edouard Philippe, qui assure l’intérim, un ministère « apaisé ».



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 10h35
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 11h24
   





                        



   


La passation de pouvoir entre le ministre de l’intérieur démissionnaire, Gérard Collomb, et le premier ministre, Edouard Philippe, qui assure l’intérim à la demande du chef de l’Etat en attendant la nomination d’un remplaçant, s’est déroulée mercredi matin 3 octobre place Beauvau. Dans un sobre discours, Gérard Collomb a dessiné un bilan contrasté de son passage au gouvernement. Il estime laisser « un ministère apaisé, qui a lancé un certain nombre de réformes ». « Mais il en reste de nombreuses à mener », a-t-il ajouté.
« Grâce à vous, Monsieur le premier ministre, et grâce au président de la République, nous avons pu obtenir un budget exceptionnel, en augmentation de 3,4 %, quand l’ensemble du budget n’a augmenté que de 0,8 %. C’est la traduction de l’engagement du président de protéger nos concitoyens », a-t-il aussi déclaré.
L’ancien ministre de l’intérieur est moins optimiste quand il évoque les « quartiers de reconquête républicaine [quartiers populaires] » :
« La situation est très dégradée. Oui, aujourd’hui, c’est plutôt la loi du plus fort qui s’impose – des narcotrafiquants, des islamistes radicaux – qui a pris la place de la République. Il faut assurer la sécurité dans ces quartiers, mais je pense qu’il faut fondamentalement les changer. Quand un quartier se paupérise, se ghettoïse, il ne peut y avoir que des difficultés. Il faut une vision d’ensemble pour recréer de la mixité sociale. »

        Lire aussi :
         

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Rassurer sur la continuité de l’action
Gérard Collomb a insisté sur l’affection qu’il porte aux territoires français. « Je suis comme vous, Monsieur le premier ministre, un Girondin, quelqu’un qui vient de villes qu’on aime toujours, a-t-il dit à Edouard Philippe. Je ne fais pas de différence entre métropole, ville moyenne, zone rurale, tous les territoires qu’il faut remettre ensemble dans la dynamique. »
Au moment de son départ sans successeur désigné, Gérard Collomb a tenu à rassurer sur la continuité de l’action au ministère de l’intérieur :
« Nous avons des grands directeurs, de grands préfets, qui connaissent leur territoire et permettent la continuité de l’Etat. Preuve en est : le ministre était en train de démissionner, cela n’a pas empêché les policiers d’interpeller Redoine Faïd. »
En réponse, le premier ministre a salué « la grande culture » de Gérard Collomb. « Il nous appartient d’être à la hauteur de la tâche, pour donner aux Français ce qu’ils attendent : de la sécurité, de l’espoir », a-t-il conclu.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Nicolas Chapuis, journaliste au service société du Monde a répondu à vos questions sur la démission du ministre de l’intérieur Gérard Collomb
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Une agence de communication a passé au crible les interventions et les amendements déposés et votés par les élus de l’Assemblée lors des débats sur la loi ELAN.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤                     
                                                

Loi logement : le palmarès des députés les plus influents

Une agence de communication a passé au crible les interventions et les amendements déposés et votés par les élus de l’Assemblée lors des débats sur la loi ELAN.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 10h00
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        


Quels députés se sont montrés les plus influents sur les questions de logement depuis leur élection en juin 2017, et notamment au cours des quatre-vingt-dix heures de débats du projet de loi évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ELAN), entre le 30 mai et le 12 juin ? C’est la question originale à laquelle répond l’agence de communication Rumeur publique, secondée par la société Data Observer qui a analysé toutes les interventions, soit 200 millions de mots ou expressions, mesuré les temps de parole, comptabilisé les amendements finalement adoptés et leur répercussion dans les médias et les réseaux sociaux (Twitter et Facebook). Son palmarès est divulgué mercredi 3 octobre, jour du vote sur le texte final de la loi ELAN à l’Assemblée, avant confirmation par le Sénat.
François Pupponi, député (PS) du Val-d’Oise, est largement en tête de ce « Top 50 », avec 354 citations dans la presse écrite, et à l’origine de 225 amendements intégrés dans le texte final. Ce familier de l’Assemblée, au verbe haut, ancien maire de Sarcelles, ex-président de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine, auteur d’un rapport sur les aides personnalisées au logement et d’un ouvrage sur les banlieues, donc expert du secteur, ne se laisse pas facilement couper le micro lorsqu’il a quelque chose à dire.

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Derrière lui, Richard Lioger, député (LRM) de la Moselle, atteint aisément la deuxième place en tant que corapporteur de la loi, participant donc à chaque débat. Une belle performance pour un primo-député mais aussi ancien conseiller municipal (PS) à Metz, notamment chargé de l’urbanisme, durant une bonne dizaine d’années.
Sa collègue (LRM) Christelle Dubos, corapporteuse du texte sur des aspects plutôt grand public comme la copropriété ou la location, a beau être à l’origine de 185 amendements, elle n’arrive, privée de l’impact médiatique des autres, qu’à la quatorzième place. Mme Dubos pâtit peut-être de son relatif noviciat sur ces sujets ardus.
Expérience professionnelle
Sylvia Pinel, députée du Tarn-et-Garonne, vient assez justement, en tant qu’ancienne ministre du logement durant le quinquennat de François Hollande, en troisième place. Les douze amendements qu’elle a fait adopter lui ont tout de même valu 429 citations dans la presse et une activité fournie sur Twitter, où elle compte près de 26 000 abonnés. La procédure législative « à temps programmé » adoptée pour ces débats, qui limite le temps de parole des députés en proportion du poids de leur groupe, la pénalisait pourtant comme non inscrite.
Un autre élu d’opposition, Stéphane Peu, député (PCF) de Seine-Saint-Denis, se hisse à la quatrième place. Son expérience d’élu, de président d’un grand organisme HLM, Plaine Commune Habitat, et son expérience du logement social et de la lutte contre l’habitat indigne, ont porté 82 amendements jusqu’à leur adoption, avec une reprise presse fournie de 333 citations. François Jolivet, primo-député (LRM) d’Indre, a pu faire valoir son expérience professionnelle au sein d’un bailleur social filiale de la SNCF et est classé cinquième.
« Les élus d’Ile-de-France, qui représentent plus de 30 % de ce classement alors qu’ils ne comptent que pour 17 % de l’ensemble des députés, sont particulièrement actifs, commente Marie Meyruey, consultante chez Rumeur publique. Nous notons aussi la forte influence des membres de la commission des finances qui trustent 40 % des places. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Le sociologue et l’anthropologue Alain Caillé et Jean-Edouard Grésy formulent une hypothèse, à la croisée de l’anthropologie, de la philosophie et de la psychologie : « les troubles psychiques résultent d’un mauvais ajustement entre les moments du donner, du recevoir et du rendre ».
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Au cœur de la dimension informelle du travail

Le sociologue et l’anthropologue Alain Caillé et Jean-Edouard Grésy formulent une hypothèse, à la croisée de l’anthropologie, de la philosophie et de la psychologie : « les troubles psychiques résultent d’un mauvais ajustement entre les moments du donner, du recevoir et du rendre ».



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 09h04
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                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. Pourquoi est-ce que ça va mal ? Comment ? Que faire pour que ça aille mieux ? C’est à ces questions que répondent, chacune à leur manière, les multiples écoles de psychologie clinique, de psychanalyse, de développement personnel, de coaching, etc. Il existe pourtant une autre approche à ces questions, à peu près jamais utilisée : la question du lien entre don et reconnaissance.
Cette approche trouve son origine chez un anthropologue : Marcel Mauss, auteur, en 1925, du célèbre Essai sur le don, dans lequel il montre que les sociétés archaïques ne reposaient pas sur le marché, mais sur le don, sur ce qu’il appelait la triple obligation de donner, recevoir et rendre les présents. « Obligation est faite aux acteurs sociaux, pour qu’ils deviennent pleinement sociaux et soient reconnus comme tels, de se montrer généreux », résument Alain Caillé et Jean-Edouard Grésy.
Dans Œil pour œil, don pour don, le sociologue et l’anthropologue formulent une hypothèse, à la croisée de l’anthropologie, de la philosophie et de la psychologie : « les troubles psychiques résultent d’un mauvais ajustement entre les moments du donner, du recevoir et du rendre ».
Attente d’une juste reconnaissance
En permanence, et dans toutes les relations sociales, on attend la juste reconnaissance, explicite parfois, implicite le plus souvent. Toute existence s’inscrit au cœur du cycle demander, donner, recevoir et rendre, et les troubles psychiques sont autant de blocages dans ce cycle fondamental. « Toujours prompts à donner, nous ne savons pas recevoir, ni même rendre. Ou encore, enfermés dans un sentiment de dette ou de faute, nous nous sentons en permanence obligés de rendre. »

Après avoir présenté, non sans humour, les ratés du donner, du recevoir et du rendre, Alain Caillé et Jean-Edouard Grésy se demandent ce qui engendre ces échecs et comment il est possible d’espérer en sortir. Une...




                        

                        

