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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤ Le compositeur italien a signé les musiques de plus de 250 films dans tous les genres du cinéma populaire.
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Le musicien Stelvio Cipriani est mort

Le compositeur italien a signé les musiques de plus de 250 films dans tous les genres du cinéma populaire.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 12h06
    |

                            Jean-François Rauger








                        



                                


                            

Les courtes et entêtantes lignes mélodiques de trois notes au clavecin brutalement surmontées par des cuivres en folie sur les poursuites en voitures, les chœurs enfantins et morbides sur des plans de nymphettes sortant du collège, les accords lounge illustrant les paysages urbains de l’Italie des années 1960 et 1970, les percussions exotiques sur les eaux troubles d’une baie maudite. Voici quelques-unes des marques de fabrique d’un des plus talentueux musiciens de films qui soit. Sans Stelvio Cipriani, le cinéma italien populaire n’aurait pas été complètement ce qu’il a aussi été : un opéra trivial et distancié, lyrique et jouissivement vulgaire à la fois. Stelvio Cipriani est mort à Rome le 1er octobre.
Il y était né le 20 août 1937. Parallèlement à des études d’ingénieur, il étudie la musique à l’Académie Sainte Cécile à Rome. Il n’a pas encore 20 ans lorsqu’il fait partie d’un petit orchestre se produisant sur un bateau proposant des croisières entre New York et les Caraïbes. C’est à New York, au célèbre Birdland, qu’il rencontre le pianiste de jazz Dave Brubeck (célèbre notamment pour son tube Take Five). Il lui interprète une fugue de Bach au piano et sera amené, dira-t-il, à perfectionner son style avec et grâce à lui. De retour à Rome, il se produit dans quelques night clubs, accompagnant le chanteur Peppino di Capri. Il repère, lors d’un festival de musique, la toute jeune Rita Pavone qui deviendra, dans les années 1960, une immense vedette de la chanson de variétés et dont il aidera musicalement les premiers pas.
Prolifique carrière
Il écrit sa première musique de film en 1966, pour un western, Les Tueurs de l’Ouest, d’Eugenio Martin. L’acteur principal du film, Tomas Milian, déclara : « La musique du film remporta un gros succès. On la devait à un jeune musicien que j’avais repéré en me rendant dans une maison de disque. Je l’avais entendu jouer, au piano, une musique dont je pensais qu’elle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ Dans un message, diffusé en ligne mais impossible à authentifier, la star, silencieuse depuis juin, reconnaît ses errances fiscales et encense le Parti communiste.
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Les excuses très publiques de Fan Bingbing, actrice chinoise en difficulté avec le fisc

Dans un message, diffusé en ligne mais impossible à authentifier, la star, silencieuse depuis juin, reconnaît ses errances fiscales et encense le Parti communiste.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 13h56
    |

            Brice Pedroletti








                        



   


Après plusieurs mois de silence, la star du cinéma chinois Fan Bingbing est sortie de son silence mercredi 3 octobre en publiant une longue lettre d’excuses sur Weibo, le Twitter chinois, dans lequel elle exprime sa reconnaissance envers le Parti communiste chinois :
« Je vous présente mes sincères excuses à tous. En tant que personnalité publique, j’aurais dû me conformer à la loi et être un exemple pour la société et l’industrie. La perspective de bénéfices économiques n’aurait pas dû me faire perdre ma retenue et éviter des procédures administratives, ce qui m’a menée à transgresser la loi. Sans le Parti communiste et les politiques justes de l’Etat, sans l’amour du peuple, il n’y aurait pas de Fan Bingbing. »
L’actrice de 37 ans, qui est aussi mannequine et productrice, fait en effet l’objet d’une enquête des autorités fiscales, qui l’accusent de ne pas avoir réglé des dizaines de millions de dollars d’impôt. Selon l’agence de presse officielle Chine nouvelle, elle doit payer 883 millions de yuans (129 millions de dollars) en impôt, amende et pénalité.
Sa disparition des écrans et des publicités, son mutisme depuis la fin de mai, avaient laissé penser qu’elle avait été « mise au secret », c’est-à-dire placée en détention dans une résidence désignée à cet effet par la police chinoise pour enquête, comme celle-ci le fait avec les officiels corrompus ou bien les dissidents.
Selon nos sources, Mlle Fan aurait été arrêtée au début d’août, environ deux semaines après son retour d’un voyage privé aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Australie. Sa « disparition » et le scandale de ses cachets astronomiques avaient ensuite nourri une vague de critiques sur les réseaux sociaux chinois contre elle-même et les autres « profiteurs » de l’industrie du spectacle, en particulier du cinéma, en pleine bulle financière. Le message Weibo de l’actrice indique qu’un dénouement est proche, même s’il n’est accompagné d’aucune preuve qu’elle en est bien l’auteure ni d’aucune information sur sa situation actuelle.

        Le récit des derniers mois :
         

          Inquiétude sur le sort de l’actrice chinoise Fan Bingbing, bannie des écrans



Système de doubles contrats

   


Les ennuis de la star avaient débuté en mai, lorsqu’un ex-présentateur de la télévision publique avait publié sur Internet ce qu’il présentait comme des contrats de l’actrice. Selon ces documents, l’actrice aurait été officiellement payée 10 millions de yuans (1,3 million d’euros) pour quatre jours de travail, mais aurait en réalité touché 50  millions de yuans supplémentaires. Le film concerné, qui n’était pas mentionné sur les documents mis en ligne, serait Dà Hōngzhà (Unbreakable Spirit), une superproduction chinoise sur la seconde guerre mondiale avec Bruce Willis. L’actrice mentionne d’ailleurs le film comme l’un de ceux pour lesquels elle avait eu recours au procédé du « double contrat », ou contrat « yin et yang ».
Celui-ci fonctionne selon le principe suivant : l’un des contrats, au cachet le plus faible, est destiné à être présenté au fisc ; l’autre, avec un cachet bien plus élevé, est gardé secret pour éviter une imposition trop lourde. Les autorités fiscales de la province du Jiangsu (Est) avaient alors ouvert une enquête à la suite du tollé que ces révélations avaient suscité dans l’opinion publique chinoise. Fan Bingbing n’avait pas été citée nommément par les autorités, mais des entreprises qu’elle possède ont leur siège dans cette province et les réseaux sociaux n’ont cessé d’en faire la cible de l’enquête en cours.
Une personne au moins a été arrêtée dans le cadre de cette enquête pour avoir dissimulé et « délibérément détruit » des documents comptables, selon Chine nouvelle, qui ne dévoile pas son identité. Il s’agirait de l’agent et producteur taïwanais de l’actrice. Dans la foulée de l’enquête sur Mlle Fan, les autorités ont élargi leurs investigations à l’ensemble de l’industrie du spectacle.
Les cachets exorbitants des stars du cinéma et de la télévision suscitent régulièrement des polémiques en Chine. Selon le magazine américain Forbes, Fan Bingbing, qui est notamment apparu dans la série X-Men, a été en 2007 la célébrité chinoise la mieux payée, avec des revenus de 300 millions de yuans (38 millions d’euros). Si les premières excuses officielles de la plus grande star de Chine montrent qu’elle devrait échapper à la prison, sa carrière pourrait pâtir du scandale. Les autorités chinoises ont par le passé privé d’écran des personnalités du cinéma qui avaient eu maille à partir avec la justice, en imposant un boycott informel à l’industrie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ Ils ont réalisé des scènes d’amour d’anthologie. Nous avons demandé à Abdellatif Kechiche, Claire Denis et Serge Bozon de choisir à leur tour, dans l’histoire du cinéma, une de leurs scènes d’amour préférées.
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                Trois scènes d’amour qui ont inspiré Abdellatif Kechiche, Claire Denis et Serge Bozon


Ils ont réalisé des scènes d’amour d’anthologie. Nous avons demandé à Abdellatif Kechiche, Claire Denis et Serge Bozon de choisir à leur tour, dans l’histoire du cinéma, une de leurs scènes d’amour préférées.

LE MONDE
                 |                 03.10.2018 à 09h55
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 09h57
                 |

            Jacques Mandelbaum

















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            Une performance participative au Monde Festival : eh bien, dansez maintenant !



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Dimanche 7 octobre, au théâtre des Bouffes du Nord, nous invitons trois des plus grands cinéastes français, dans le cadre du Monde Festival, à commenter une scène d’amour extraite d’un de leurs films, choisie par nos soins pour son caractère anthologique, et projetée en préambule aux débats.
Claire Denis nous parlera ainsi de la scène d’ouverture, drôle et amère, d’Un beau soleil intérieur (2017). Abdellatif Kechiche d’une séquence torride de Mektoub my love, canto uno (2018). Serge Bozon d’un passage sado-maso délirant de Tip Top (2012).

        Rencontre au Monde Festival :
         

          Le cinéma à l’épreuve de la chair



Nous avons demandé à chacun d’entre eux de choisir à leur tour une de leurs scènes d’amour préférées dans l’histoire du cinéma. Le pari était que leur choix dirait quelque chose d’eux-mêmes comme artistes, dessinerait une possible filiation.
Nous n’avons pas été déçus. Désir meurtrier de Shohei Imamura, cinéaste phare de la Nouvelle vague nippone, dit quelque chose du cinéma charnel, subversif, parfois malaisant de Claire Denis. Je tu il elle de Chantal Akerman, figure radicale du cinéma moderne, pulvérise comme le fait Kechiche les règles narratives du cinéma par la durée hallucinée de ses plans et son appétit charnel. Place aux jeunes de Léo McCarey, signé d’un des plus grands et singuliers réalisateurs classiques hollywoodiens, trouve comme son jeune émule français des voies volontairement détournées pour atteindre à la profondeur du sentiment.
Nous avons demandé aux trois cinéastes de nous expliquer leur choix.
Claire Denis : « Shohei Imamura est un metteur en scène qui a tout défié , la censure, les tabous »
La séquence choisie : le viol dans Désir meurtrier de Shohei Imamura
« C’est l’été à Paris, au début des années 80. C’est aussi la saison des reprises dans les salles de cinéma. Serge Daney a écrit un article pour Libération dans lequel il se réjouissait que parmi les reprises soit annoncé Désir Meurtrier de Shohei Imamura. Désir meurtrier est le titre français, d’autres traduisent le titre japonais par Désirs impurs ou Appel à l’homicide. Lequel est le plus juste ? Désir meurtrier, c’est ce titre qui m’a attirée et le nom d’Imamura un metteur en scène qui a tout défié, la censure, les tabous, et dont je n’avais vu alors que La Femme Insecte à la cinémathèque.
Serge Daney a des mots tendres , sexués, charnels . Il décrit l’héroïne, il l’appelle « la grosse cochonne  » et c’est terriblement beau et doux. Je suis happée tout de suite, prise d’avance dans cette nasse. J’ai vu le film deux fois, et jamais plus depuis comme si rien du film ne peut s’effacer. Physiquement. Charnellement . Plastiquement aussi forcément, des images en Cinémascope noir et blanc, placides, calmes mais du coup tellement inquiétantes, des images qui utilisent tout l’espace du rectangle pour y faire entrer le trouble, le désir, le désir d’en mourir, elles sont indélébiles.
Dans mon désordre , dans le désordre de mes cellules, le film repasse comme ces trains qui grondent derrière la fenêtre de la maison où vit la cochonne, sur la voie ferrée qui traverse tout le film, les trains qui disparaissent dans un tunnel , celui qui fonce sur nous et qui va nous broyer. A cet instant je sens que je veux être broyer. En finir comme cette jeune femme, la cochonne , qui va plonger sous la locomotive, un bond et puis non, elle est transie de remords oui mais à cet instant elle renonce, elle croit qu’elle doit vivre pour son fils alors qu’elle vit pour assouvir ce désir qui change tout dans ses journées d’automne puis d’hiver, ses journées sinistres de femme méprisée, asservie, utilisée pour l’hygiène sexuelle de l’homme, le père du fils, petit garçon idolâtré et je crois franchement monstrueux. Elle, elle n’est rien, elle sert c’est tout, ou plutôt elle est moins que rien : fille de prostituée. Un trou pour jouir en vitesse.
La grosse cochonne est belle, sa chair paraît si douce, moelleuse , on ne voit qu’elle cette chair voluptueuse, sa pâle lueur dans la maison. Sur la cuisse nue un vers à soie rampe vers la culotte blanche. Une culotte de nonne. Cette culotte qui a l’air de flamber sous l’ampoule qui se balance quand le voleur-violeur la regarde inerte, cuisses ouvertes, le corps étalé au milieu de la pièce. Après le viol , il y a une caresse et enfin un baiser, un baiser qui la ranime, qui lui donne la vie. Ce plan proche des deux profils, au sol qu’on voit naître et durer. La cochonne a tout le temps faim, elle mange, elle grignote, quand elle cuisine elle goûte à même la casserole, elle est affamée. Le violeur-voleur revient. Il a faim d’elle. Le désir inassouvi est le combustible des films. »

Serge Bozon : « Léo McCarey atteint, comme par bonheur, la révélation du sentiment le plus profond »
La séquence choisie : la conversation téléphonique de la vieille femme avec son époux, pendant la partie de bridge chez son fils et sa belle-fille, dans Make Way for tomorrow (Place aux jeunes, 1937) de Léo McCarey. 
« Dans la même scène, il y a l’amour conjugal et l’ingratitude filiale. Personne ne veut récupérer ensemble les deux parents si vieux, réduits à se parler au téléphone, chacun chez un de leurs enfants. C’est comme la scène du téléphone (encore) de Cette sacré vérité, où Gary Grant devient soudainement grave face à Irene Dunne, ou la dernière scène de Elle et lui, où il comprend soudain pourquoi Deborah Kerr n’était pas au rendez-vous promis, ou la dernière scène des Cloches de Sainte-Marie, où Ingrid Bergman accepte la révélation soudaine de sa maladie (mortelle) comme un miracle... 
L’amour se révèle dans l’adversité. L’adversité n’est pas légère, la révélation si - la scène semble ne reposer sur rien. Si Léo McCarey est pour moi le cinéaste de l’amour, pas de la séduction (comme Lubitsch), du désir (comme Walsh), de la passion (comme Sirk), c’est en effet lié à cette question de labeur. Il est, avec Hawks, le seul cinéaste où on ne sent jamais le sérieux du travail et de l’engagement personnel. Sauf que Hawks pouvait s’épanouir dans n’importe quel genre (western, film noir, comédie, science-fiction, aventure...) et McCarey dans aucun - sinon ceux qu’il inventait tout seul (après ses années de formation burlesque), tous plus improbables les uns que les autres : comédies musicales chrétiennes (La Route semée d’étoiles, Les Cloches de Sainte-Marie), mélodrames comiques (les deux Elle et Lui), comédies de remariage suivant pas à pas l’invasion nazie en Europe (Honeymoon), mélo familiaux maccarthystes (My Son John), contes cruels sur la sainteté (Good Sam), etc. 
A chaque fois, on est ébahi par ce qu’il atteint, comme par bonheur, à savoir la révélation du sentiment le plus profond, l’amour. L’amour dans ce qu’il a aussi de quotidien, toutes ces années passées ensemble, sans que rien ne leste le couple toujours suspendu à la révélation de son besoin l’un de l’autre. Merci à Lucie de m’avoir remis ce film en mémoire. »

Abdellatif Kechiche : « Chantal Akerman revendique la jouissance féminine et son droit d’y parvenir »
La séquence choisie : la scène d’amour entre deux filles dans Je tu il elle de Chantal Akerman. 
« La séquence d’amour qui m’a le plus troublé est sans doute celle qui survient à la fin du film Je tu il elle de Chantal Akerman. Filmée en plans larges et fixes, la scène rappelle les tableaux de nymphes de la Renaissance. Les corps des jeunes filles sont deux statues qui se mêlent l’une à l’autre comme provenant d’un seul et même bloc de pierre, c’est émouvant.
Puis les statues s’animent dans un combat presque animal, montrant une hyper-réalité crue rare au cinéma. Chantal se met en scène, sans pudeur, sans gêne, sans censure. Elle revendique la jouissance féminine et son droit d’y parvenir »
(Nous vous invitons à retrouver cet extrait sur Internet ou dans une cinémathèque).
Les réalisateurs Serge Bozon, Claire Denis et Abdellatif Kechiche sont les invités du Monde Festival pour une rencontre sur le thème « Le cinéma à l’épreuve de la chair », organisée le dimanche 7 octobre, de 12 h 30 à 14 heures, au Théâtre des Bouffes du Nord. Un débat animé par Jacques Mandelbaum, journaliste au « Monde ».

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’ouvre le 5 octobre à Paris avec le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda et son dernier film, Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes. Deux autres films seront projetés en avant-première : Un amour impossible, de Catherine Corsini et, pour clôturer le festival, En liberté !, le nouvel opus de Pierre Salvadori.
Les 6 et 7 octobre, place aux débats : sur les nouvelles relations amoureuses (Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? Aux origines de #metoo ), les technologies (Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ? ) l’école (Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ?) l’environnement (Pour l’amour de ma Terre, S’aimer comme des bêtes ), l’économie, les médias (Comment informer sous la présidence d’Emmanuel Macron ?), la politique (Y a-t-il une vie après la politique ? )...
Des rencontres exceptionnelles avec Barbara Hannigan, Juliette Armanet, la tribu Guédiguian, Chimamanda Ngozi Adichie, Mario Vargas Llosa, Charline Vanhoenacker, Pierre de Villiers, Pierre Hermé, Roberto Saviano, Kamel Daoud et bien d’autres...
Et samedi soir, rendez-vous à La Nuit de l’amour  aux théâtre des Bouffes du Nord, avec André Comte-Sponville, Barbara Cassin, Carolin Emcke...
Retrouver la programmation du festival et acheter vos billets.
Revoir les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Jacques Mandelbaum
    













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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ La réalisatrice reprend un projet inachevé du cinéaste, tiré d’un roman de Castelo Branco.
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« Le Cahier noir » : Valeria Sarmiento dans les pas de Raoul Ruiz

La réalisatrice reprend un projet inachevé du cinéaste, tiré d’un roman de Castelo Branco.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 07h22
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 16h50
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
En 2010, Mystères de Lisbonne, magnifique fresque labyrinthique qui transportait le spectateur dans les intrigues de l’Europe napoléonienne du XIXe siècle, couronnait d’un succès public et artistique la carrière prolifique de Raoul Ruiz (1941-2011). Depuis son décès, Valeria Sarmiento, sa monteuse et compagne, également cinéaste, a repris les rênes de ses projets inachevés, ayant partie liée à l’univers foisonnant de l’écrivain portugais Camilo Castelo Branco (1825-1890), auteur du roman-feuilleton dont fut tiré Mystères de Lisbonne.

        Lire le focus sur la rétrospective à la Cinémathèque française :
         

          L’univers baroque, féminin et surréaliste de Valeria Sarmiento



Après Les Lignes de Wellington, en 2012, repris à la volée par Sarmiento, Le Cahier noir s’inscrit lui aussi dans la « galaxie » des Mystères… Il est adapté d’un autre récit de Castelo Branco, Le Livre noir de Père Dinis (1855), sorte de préquel (épisode antérieur) indépendant à la saga originelle, et conçu avec la même équipe de collaborateurs (Carlos Saboga au scénario, Paulo Branco à la production et Jorge Arriagada à la musique).

        Lire la critique des « Lignes de Wellington » :
         

          Valeria Sarmiento gagne l'ultime guerre de Raul Ruiz



A Rome, vers la fin du XVIIIe siècle, peu avant les orages de la Révolution française, Laura (Lou de Laâge), une jeune nourrice, se prend d’affection pour l’enfant sur lequel elle veille, transbahuté entre les mains de plusieurs gentilshommes mêlés à d’obscures affaires. La bonne et le petit partagent une même incertitude : leur naissance est maintenue sous le sceau nébuleux du secret, consigné en ce qui concerne le garçon dans un petit cahier noir dont ses tuteurs successifs s’échangent la possession. Ils rejoignent bientôt Paris en compagnie du marquis de ­Lusault (Niels Schneider), qui prend l’enfant sous sa protection et la nourrice à son service. La jeune domestique ne tarde pas à s’éprendre de ce fringant aristocrate, noceur invétéré, qui lui rend des visites nocturnes impromptues et la possède à l’occasion ­entre les murs de sa chambre.
Mais le mariage soudain de ­celui-ci avec Suzanne de Monfort (Jenna Thiam), une demoiselle de sa condition, jette Laura dans le désespoir et la maladie. Suivie par l’inquiétant et ténébreux affidé, surgissant ici ou là comme une ombre, d’un cardinal de Rome aux nombreuses défroques (Stanislas Merhar), la jeune femme souffrante est enlevée vers le Vatican et séparée de sa pupille jusqu’à nouvel ordre…
L’esthétique du feuilleton
Sans viser la grande forme et les arabesques somptueuses de Mystères de Lisbonne, Le Cahier noir se présente comme une déclinaison de celui-ci sur le mode mineur d’une série B. Tout ici est mis en scène avec une économie judicieuse qui, à force de litotes visuelles et narratives, parvient à suggérer une scène historique agitée d’obscurs mouvements, passant allègrement de Rome à Londres, de Parme à Paris, glissant de salons en chambres et de couloirs en catacombes.
Ce qui intéresse ici Sarmiento, c’est d’investir pleinement l’esthétique du feuilleton, registre sériel qui la fascine, pour générer autant de péripéties que de répétitions, de révélations que de cachotteries, de personnages que de masques, de plein que de vide, dans un élan arborescent qui pourrait n’avoir jamais de fin. Le Cahier noir, feuilleton au premier degré, abrite en même temps une réflexion sur le genre, cette fiction obsédée par les séparations et les retrouvailles des mêmes personnages, aux quatre coins du monde et sous différentes identités.
« Le Cahier noir » oscille ainsi sans cesse entre le drame historique et le « soap opera », entre l’attrait du mystère et la vacuité qu’il recouvre
Avec son image en dégradés de couleurs rouge et noir et sa palette de comédiens aux interprétations flottantes, résolument non naturalistes, Le Cahier noir oscille ainsi sans cesse entre le drame historique et le soap opera, entre l’attrait du mystère et la vacuité qu’il recouvre. Son véritable objet est bien sûr la valse vertigineuse des identités : la nourrice se révélant de noble condition, le cardinal ­revêtant nombre de déguisements profanes, l’enfant devenant grand et son origine demeurant jusqu’au bout le point aveugle du récit.
Et si les identités s’avèrent si fluctuantes, c’est parce qu’elles sont minées par une profonde angoisse des origines sociales. Angoisse qui concerne, en dernier recours, la condition des femmes, dont la vertu est maintenue sous cloche : domestiques troussées, mariages arrangés et passions adultères forment ici un faisceau de causes expliquant incidemment pourquoi, dans ce vaste monde, les enfants savent si peu d’où ils viennent.

Film français et portugais de Valeria Sarmiento. Avec Lou de Laâge, Stanislas Merhar, Niels Schneider, Jenna Thiam (1 h 53). Sur le Web : alfamafilms.com/film/le-cahier-noir

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 3 octobre)
A Star Is Born, film américain de Bradley Cooper (à voir)Amin, film français de Philippe Faucon (à voir)Le Cahier noir, film français et portugais de Valeria Sarmiento (à voir)Chris the Swiss, documentaire et film d’animation suisse d’Anja Kofmel (à voir)Nos batailles, film belge et français de Guillaume Senez (à voir)Blindspotting, film américain de Carlos Lopez Estrada (pourquoi pas)Frères ennemis, film belge et français de David Oelhoffen (pourquoi pas)La Saveur des ramen, film japonais et singapourien d’Eric Khoo (pourquoi pas)Shut Up and Play the Piano, documentaire allemand de Philipp Jedicke (pourquoi pas)Upgrade, film australien de Leigh Whannell (pourquoi pas)
A l’affiche également :
16 levers de soleil, documentaire français de Pierre-Emmanuel Le GoffAlad’2, film français de Lionel SteketeeLa Chasse à l’ours, programme biélorusse et britannique de trois courts-métrages d’animation de Joanna Harrison, Tatiana Kublitskaya, Robin Shaw et Ruslan SinkevichEn mille morceaux, film français de Véronique MériadecNico & Patou, fim d’animation finlandais et japonais de Mariko Härkönen et Ismo VirtanenUne fois comme jamais, film français de Céline Pouillon





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-5"> ¤ La Cinémathèque française présente, jusqu’au 7 octobre, l’œuvre de la réalisatrice chilienne.
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Rétrospective : l’univers baroque, féminin et surréaliste de Valeria Sarmiento

La Cinémathèque française présente, jusqu’au 7 octobre, l’œuvre de la réalisatrice chilienne.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 07h21
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 07h23
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

Ne ratez pas la comète ­Valeria Sarmiento à la Cinémathèque, à Paris : jusqu’au 7 octobre, son univers baroque, féminin, entêtant (soit une quinzaine de films au total) est à découvrir dans le temple habituellement très masculin de l’histoire du cinéma, alors que sort en salle, mercredi 3 octobre, son dernier long-métrage, Le Cahier noir. Sa­medi 6 octobre, à 15 heures, la réalisatrice chilienne, âgée de 69 ans, présentera son art du mélodrame indiscipliné. Son imagination ­débordante suinte de bizarreries.

Si la filmographie de Sarmiento est souvent mise en regard avec celle de Raul Ruiz (1941-2011) – auquel la Cinémathèque a consacré une rétrospective en 2016 –, ce n’est pas pour cantonner la réalisatrice à son statut d’ex-épouse du cinéaste chilien, auteur des Mystères de Lisbonne (2010), mais parce que ce couple d’artistes a entretenu un long et fructueux compagnonnage esthétique, se renvoyant sans cesse la balle sous les yeux du producteur portugais Paulo Branco (Alfama films). Leurs deux univers se sont nourris l’un l’autre, Sarmiento ayant monté des films majeurs de Ruiz, tandis que ce dernier a signé ou cosigné des scénarios pour Sarmiento.

Très engagés politiquement, Ruiz et Sarmiento ont fui le Chili après le coup d’Etat de 1973 et se sont installés en France. Les premières œuvres documentaires de Sarmiento portent la trace de la mélancolie, comme Le Mal du pays (1979). « Valeria Sarmiento est la part femme de Raul un peu cachée. Tous deux sont arrivés à Paris en 1973 à une époque où le ­cinéma était marqué par le naturalisme de Rivette et Eustache. Sarmiento et Ruiz étaient aux antipodes et refusaient absolument le réalisme », résume le patron de la Cinémathèque, Frédéric Bonnaud, qui a découvert l’œuvre de la réalisatrice en tant que spectateur dans les années 1980, avant même d’être critique de cinéma.
Les premières œuvres documentaires de Valeria Sarmiento portent la trace...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤ Le réalisateur s’attache à un homme sénégalais et une femme française, en déshérence affective, qui vont s’aimer.
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« Amin » : Philippe Faucon saisit la pulsation des cœurs

Le réalisateur s’attache à un homme sénégalais et une femme française, en déshérence affective, qui vont s’aimer.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 07h20
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Mine de rien, cela fait bientôt trente ans que ça dure, Philippe Faucon. Si ce n’était le récent succès de Fatima (César du meilleur film 2016), l’œuvre demeurerait gravement sous-estimée eu égard à sa réelle valeur. Elle peut pourtant, à juste titre, faire la fierté du système de soutien français, la liste étant ­ancienne et longue (René Allio, Paul Vecchiali, Luc Moullet, René Féret…) de ces artisans créateurs qui, sans nécessairement toucher à la gloire, contribuent à la ­richesse esthétique et spirituelle de notre cinéma. Faucon se distingue, quant à lui, par une ­conception de son art touchant à l’épure, un intérêt jamais démenti pour les êtres minorés.

        Lire la critique (Festival de Cannes 2018) :
         

          « Amin », un regard à hauteur d’humanité



Des jeunes filles en rupture de ban familiale et sentimentale de ses débuts (L’Amour, 1990) aux personnages des communautés venues de l’immigration qui prennent rapidement « la vedette » dans ses films (Samia, 2000), toujours cette même ­justesse, toujours cette même volonté de soustraire les personnages aux idées préconçues et à l’idéologie, toujours cette même sensation, pour le spectateur, que la vie se révèle à la fois plus simple et plus complexe qu’on ne croit.
Faucon, en un mot, naturalise par le cinéma des personnes, des groupes et des situations que de sombres esprits et de mauvaises politiques distordent et caricaturent. Il cueille ses histoires dans la trivialité même de la vie sociale, en resserre l’énigme dans l’espace et le temps, prend à ses acteurs, souvent non professionnels, leur intime pulsation, et fait de chacun de ses films le moment miraculeux d’une possible compréhension des choses et des êtres qui nous semblent a priori étrangers.
Transparence et sobriété
Voyez Amin. Une sorte de moment épidermique. Une rencontre improbable. Une histoire simplissime, encore que complexe en ses ressorts intimes. Amin (Moustapha Mbengue) est un père de famille sénégalais qui est ouvrier dans le bâtiment en France pour rapporter non pas du superflu mais juste le nécessaire au village. On connaît, de l’extérieur, sa vie française, conditionnée par les pratiques des petits ­artisans du métier : jongler en permanence avec les chantiers et avec les équipes, travailler à flux tendu, déborder sur la nuit. Exténuant.

        Lire le portrait (Festival de Cannes 2018) :
         

          Moustapha Mbengue, acteur écartelé



On connaît moins, en revanche, la relation des travailleurs immigrés avec cet arrière-pays qui est le leur. Cela, le film le montre à l’occasion d’un retour occasionnel d’Amin. Une femme combative, qui défend au pays les intérêts de la famille mais lui tient rigueur de la tenir éloignée. Des enfants qu’il ne voit pas grandir. Un frère qui compte sur lui pour monter un business. Toute une communauté suspendue aux dons de ses enfants partis dans cette diaspora laborieuse.
Deux solitudes s’épanchent, se désirent, se réchauffent, se confient, se racontent. Rien de plus, rien de moins non plus
Ainsi est rendu sensible le poids qui pèse sur cet homme, sa solitude parmi des compagnons de travail souvent aussi solitaires que lui et dont le film esquisse, pour certains d’entre eux, le destin. De cet état des choses, mis en scène avec transparence et ­sobriété, ­insensiblement une ­intrigue prend corps. Retenu pour finir seul un chantier dans une maisonnette de banlieue, Amin, pourtant taiseux et rétif, est d’abord touché par la gentillesse de la propriétaire – Gabrielle (Emmanuelle Devos), une infirmière séparée d’un compagnon qui la harcèle – avant de consentir au rappro­chement qu’elle met, peut-être inconsciemment, en œuvre.
Deux solitudes se sont simplement croisées. Elles s’épanchent, se désirent, se réchauffent, se confient, se racontent. Rien de plus, rien de moins non plus. Deux expériences de vie si dissemblables, deux mondes que l’on voudrait nous faire croire étanches, vont ainsi l’un vers l’autre, exerçant une curiosité bienveillante pour autrui, cédant à l’urgence de défaire une défiance qui oppresse. L’impossibilité même de leur couple – trop tôt pour elle, trop tard pour lui – leur fait une liberté tendrement conquérante, les donne en exemple édifiant qu’il suffit à l’humanité de consentir à elle-même. Ainsi, ce film très ténu, délibérément inabouti, dépositaire d’un simple moment de réconfort amoureux sans visée ni calcul, passe dans le dur paysage environnant comme un très beau souci.

Film français de Philippe Faucon. Avec Emmanuelle Devos, Moustapha Mbengue (1 h 31). Sur le Web : distrib.pyramidefilms.com/pyramide-distribution-catalogue/amin.html



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ Anja Kofmel évoque avec poésie son cousin, mort de façon trouble en Croatie, en 1991.
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« Chris the Swiss » : un film d’animation dans les ombres de l’ex-Yougoslavie

Anja Kofmel évoque avec poésie son cousin, mort de façon trouble en Croatie, en 1991.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 07h18
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 07h58
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
C’est un cauchemar récurrent, dans lequel l’ombre gagne à grands blocs d’obscurité sur la lumière, peuplé de chiens noirs et d’oiseaux de mauvais augure, traversé par la silhouette d’un jeune homme à l’air bravache. De ce rêve, la réalisatrice suisse Anja Kofmel a fait un film d’animation, qui raconte la mort de cet homme, son cousin, Christian Würtemberg, dont le corps revêtu de l’uniforme d’une milice croate a été retrouvé le 7 janvier 1991 près de Vukovar. La cinéaste a voulu aller à la source de ces terreurs nocturnes : elle en a fait un documentaire. Chris the Swiss résulte de l’union de ces deux films, qui engendre un film de guerre comme on n’en a jamais vu.
Cette enquête ouvre des abîmes, d’autant plus insondables qu’Anja Kofmel joue avec les règles du journalisme
Anja Kofmel avait 10 ans quand ses parents lui ont appris la mort de son cousin. Son film va et vient entre les peurs et les fantasmes funèbres que cette annonce a dessinés dans sa psyché enfantine et son effort d’adulte pour effacer ces zones d’ombre, pour faire la lumière sur le destin de ce garçon qu’elle a admiré. Les souvenirs et les peurs prennent la forme d’un film d’animation, aux mouvements fluides et effrayants, d’une noirceur aussi insondable qu’une bouteille d’encre de Chine. L’enquête mêle les images d’une guerre récente et proche – qui semble aujourd’hui aussi étrangère que les guerres des Balkans du début du XXe siècle – et les récits de témoins – journalistes, mercenaires, – qui ont croisé le chemin de Christian Würtemberg pendant les quelques mois qu’il a passés en Croatie.
Cette enquête ouvre des abîmes, d’autant plus insondables qu’Anja Kofmel joue avec les règles du journalisme. Elle fait intervenir Illich « Carlos » Ramirez Sanchez, qui lui explique, au téléphone depuis sa prison, que son cousin était un agent des services suisses, hypothèse qui ne sera plus jamais évoquée. Elle jette comme en passant cette information stupéfiante : au début des années 1980, alors qu’il n’était pas encore majeur, son cousin s’est engagé dans l’armée sud-africaine qui combattait à l’époque contre les indépendantistes namibiens.
La cause ultracatholique croate
On comprend, à travers les souvenirs de son frère, de ses parents, que Christian Würtemberg est devenu journaliste, avant qu’il ne prenne le train pour Zagreb pour le compte d’une radio suisse, en octobre 1991. Dans la communauté des envoyés spéciaux venus couvrir une guerre qui gagne chaque jour en horreur, il devient Chris the Swiss (si les journalistes avaient de l’imagination, ils seraient romanciers). Là, il se lie d’amitié avec Eduardo Rosza ­Flores, dit Chico, dont la double ascendance, hongroise et bolivienne, lui a permis d’être successivement agent du KGB et de l’Opus Dei. Ce personnage qui finira en 2009 sous les balles de la police bolivienne – elle le soupçonnait de vouloir assassiner le président Evo Morales –, est arrivé en Croatie avec un brassard de presse. Il le troque bientôt contre l’uniforme du PIV-Prvi, reflet déformé et fascisant d’une brigade internationale, formation composée de soldats de fortune aux sympathies d’extrême droite, dans laquelle s’engage Christian Würtemberg.
Jusqu’au bout, cette histoire reste lacunaire, sans doute délibérément. Anja Kofmel refuse d’établir le degré de sympathie qui liait son cousin à la cause ultracatholique croate, pas plus qu’elle embrasse sans ambages l’hypothèse selon laquelle son engagement aurait été la couverture d’une mission (journalistique ou pas) clandestine. Elle préfère cultiver, dans les failles que laissent ces ambiguïtés, ses méditations graphiques sur la guerre, la fascination des hommes pour la violence, le poids de la religion et la force des cauchemars. Cette symbiose entre l’information et la rumination des craintes et des fantasmes qu’elle fait naître trouve ici une expression cinématographique à la fois exacte et onirique.

Documentaire et film d’animation suisse d’Anja Kofmel (1 h 30). Sur le Web : www.urbandistribution.fr/films/chris-the-swiss



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ Le réalisateur Guillaume Senez dépeint le quotidien d’un homme qui se retrouve seul avec ses deux enfants.
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« Nos batailles » : les affres de Romain Duris en père à tout faire

Le réalisateur Guillaume Senez dépeint le quotidien d’un homme qui se retrouve seul avec ses deux enfants.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 07h17
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 10h09
    |

            Clarisse Fabre








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Du Péril jeune (1994), de Cédric Klapisch, au péril des jeunes pères, le comédien Romain Duris a grandi, et le voici incarnant une certaine fragilité masculine dans Nos batailles, de Guillaume Senez. Acteur générationnel, le rebelle est devenu un « quadra » ; il joue le rôle d’Olivier, qui a choisi l’attelage à quatre : il a deux enfants et vit en couple. Ou plutôt vivait.

        Lire le portrait (dans « M ») :
         

          Romain Duris, incarnation de son époque



Mais l’heure n’est plus à la chronique de la séparation, ni à la dispute sur la garde des bambins. Si le deuxième long-métrage de Guillaume Senez, présenté en séance spéciale à la Semaine de la critique du Festival de Cannes, en mai, a une dimension postmoderniste, il le doit d’abord à son scénario, coécrit par le réalisateur et Raphaëlle Valbrune-Desplechin.
La mère est partie, c’est un fait et on n’en parle plus, du moins dans la tranche de vie que l’on partage avec Olivier
La mère est partie, c’est un fait et on n’en parle plus, du moins dans la tranche de vie que l’on partage avec Olivier, contremaître dans un entrepôt de vente en ligne, et ses quelques proches qui viennent lui prêter main-forte : sa mère, présence discrète et décisive (Dominique Valadié), sa sœur, légère comme une bulle d’air (Lætitia Dosch), et sa collègue de travail, généreuse et syndiquée comme lui (Laure Calamy). Ainsi allégé du prévisible « suspense » lié au devenir du couple, le film s’emballe de manière plus aventureuse au nouveau rythme d’Olivier : passé le choc, il est tenu par des fils invisibles qui à la fois le brident et le structurent, telle une marionnette qui découvrirait, stupéfaite, qu’elle est apte à débuter un mouvement qui lui est propre. Olivier doit continuer à travailler, à assurer le quotidien de deux jeunes enfants, à effectuer des choix dans son travail et même à faire face à un dilemme, lequel fera encore ricocher le scénario.
Paradoxe au sein du couple
L’histoire a déjà été racontée mille fois du côté de la femme. L’image de la compagne et mère délaissée est usée jusqu’à la corde, et il ne suffit pas de changer le sexe du personnage principal pour faire du neuf. Nos batailles, titre viril au second degré, n’échappe pas au cliché du père emprunté qui, au début, ne sait pas quoi faire à manger aux enfants et se mélange les pinceaux dans leur garde-robe – c’est quoi déjà ce fichu pull panda ?
C’est un peu caricatural, mais peut-être le réalisateur a-t-il voulu souligner ce paradoxe au sein du couple hétérosexuel contemporain : nombre d’hommes sont tout à fait capables de tenir des discours égalitaires, mais, dans les faits, bien souvent les vieux schémas prennent le dessus. Soit parce que l’homme ne s’autorise pas à rentrer plus tôt du travail, soit parce que certaines femmes pensent pouvoir cumuler le rôle de la mère « parfaite » et de la professionnelle accomplie… Mais c’est usant, ça ne marche pas toujours, Wonder Woman de toute façon n’existe que dans les bandes dessinées, et, un beau jour, elle s’échappe et disparaît au coin de la page. Fin de l’histoire ?
Ce n’est pas la première fois que Romain Duris change de peau et surprend
Dans Nos batailles, le récit continue. C’est la sœur, fantasque à souhait (Lætitia Dosch fait merveille) qui découvre la vie de famille et lance à moitié hilare à son frère : « Putain, je comprends qu’elle soit partie ! » C’est la mère qui finit par raconter qu’elle aussi a rêvé de quitter la bulle… La planche à dessins se remplit de cases dont Olivier ne soupçonnait pas l’existence. La sphère professionnelle, où règnent la précarité, quelques coups bas et rebondissements cyniques, lui réserve aussi des surprises.
Le tissage de l’intime et du social se resserre lorsque Olivier et sa sœur confrontent leurs choix, l’un étant salarié permanent, l’autre intermittente du spectacle, cumulant des heures de travail avec des employeurs différents… C’est l’une des scènes les plus abouties, où les acteurs trouvent ce parler naturel que cherchait le réalisateur, avec une mise en scène tout à la fois calibrée et improvisée. Ce n’est pas la première fois que Romain Duris change de peau et surprend. Dans Nos batailles, Guillaume Senez a (presque) réussi à lui faire tomber son masque de charmeur au sourire automatique, tout en lui donnant le beau rôle.

Film belge et français de Guillaume Senez. Avec Romain Duris, Lætitia Dosch, Laure Calamy (1 h 38). Sur le Web : www.hautetcourt.com/film/fiche/329/nos-batailles



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ Le documentaire autour du pianiste rappeur se refuse à explorer ses zones d’ombre.
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« Shut Up and Play the Piano » : un portrait en retrait de Chilly Gonzales

Le documentaire autour du pianiste rappeur se refuse à explorer ses zones d’ombre.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 07h16
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Etre une figure singulière, c’est tout un métier. Le pianiste, rappeur, compositeur et performer Chilly Gonzales exerce le sien avec un étrange mélange de minutie et de désinvolture, qui sont pour beaucoup dans le charme intermittent du documentaire que le journaliste allemand Philipp Jedicke, et ici jeune réalisateur, lui a consacré.

        Lire le portrait :
         

          Chilly Gonzales, pianiste baroque pop



Puisant dans les archives familiales du musicien, dans sa vidéographie, le suivant dans ses aventures les plus récentes (dont une collaboration avec l’Orchestre symphonique de la radio de Vienne), Jedicke réussit à jeter les bases d’une biographie, à cerner la personne publique. Que ce soit en raison de la réticence de Gonzales ou d’une envie de ne pas compliquer le récit, le film ne s’avance jamais jusque dans les zones d’ombre qu’il laisse deviner.
Chilly Gonzales est né Jason Beck, en 1972, dans une famille anglophone de Montréal
Chilly Gonzales est né Jason Beck, en 1972, dans une famille anglophone de Montréal. Son père est l’un des magnats du BTP canadien, son frère, Christophe, a composé la musique de Buffy ­contre les vampires et exerce ses talents à Hollywood. Que ce soit pour attirer l’attention qu’on lui refusait ou parce qu’il ne pouvait s’en empêcher, le jeune Jason a toujours teinté ses dispositions musicales de provocation burlesque. On le retrouve en rappeur dans les années 1990, en compagnon de route de la scène rock de Toronto, dont est issue, entre autres artistes, la chanteuse et auteure-compositrice Feist, avec laquelle il a souvent collaboré.
Pantoufles ou gants blancs
Il s’est réinventé en Chilly Gonzales, pianiste en pantoufles, qui joue souvent en gants blancs et épate le public de l’électro en jouant à une vitesse affolante. Il vit à Cologne après avoir longtemps séjourné à Paris. Tout cela donne l’impression d’une fuite en direction d’un exil idéal, qui reste à trouver. De temps en temps, entre des documents qui témoignent de l’éclectisme des expériences musicales de l’artiste ou de son humour adolescent, surgissent des moments révélateurs. Comme ce jugement du chef d’orchestre Cornelius Meister, qui fait peu de cas des capacités pianistiques de Gonzales, tout en s’amusant de l’avoir accompagné à la tête de son orchestre, comme s’il avait été Martha Argerich ou Claudio Arrau.

        Lire la critique de l’album « Room 29 » :
         

          Jarvis Cocker et Chilly Gonzales font chambre commune



Ou cette tirade du musicien qui raconte avoir retrouvé une liste d’accomplissement établie à l’adolescence. Il se flatte de pouvoir ­cocher chaque item – avoir réuni un public de quelques milliers d’adeptes, être en mesure de jouer la musique qu’il veut sans avoir à rendre de comptes… On voudrait alors que le réalisateur prenne le relais pour définir un peu mieux la place de cet artiste – musicien de talent qui n’a rien révolutionné, célébrité mineure insérée dans un réseau planétaire – dans le système d’art, de gloire et d’argent qui régit aujourd’hui la culture. Ce ne sera pas pour ce film-là, qui se ­contente de satisfaire la curiosité des amateurs, éventuellement de le présenter aux néophytes.

        Lire le récit :
         

          Chilly Gonzales se rassied au piano






Documentaire allemand de Philipp Jedicke (1 h 20). Sur le Web : www.rouge-distribution.com/2018/07/13/shut-play-piano.html



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ Le film de Leigh Whannell peut être vu comme un agréable film de série B, qui élude toute réflexion philosophique.
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« Upgrade » : la vengeance en version « augmentée »

Le film de Leigh Whannell peut être vu comme un agréable film de série B, qui élude toute réflexion philosophique.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 07h15
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Dans un futur proche. Victime d’une agression qui a coûté la vie à sa femme, un homme se retrouve tétraplégique. Un milliardaire féru de nouvelles technologies de pointe propose de lui greffer une puce électronique qui prendrait possession de son corps et lui permettrait de retrouver l’usage de ses membres. Cette « opération » transforme le paralysé en une sorte de surhomme qui va utiliser sa force et sa dextérité physique pour accomplir sa vengeance.
Conclusion noire
Upgrade reprend le thème, bien connu des amateurs de science-fiction, de l’humanité « augmentée ». Le récit se complique dès lors qu’une lutte s’engage entre l’esprit humain et l’intelligence artificielle qui tente d’en prendre le contrôle.
Le film de Leigh Whannell peut ainsi être vu comme un agréable film de série, une bande de science-fiction qui eut fait les beaux jours de la série B, qui élude certes la réflexion philosophique dont il fait mine de poser les bases (où s’arrête l’humanité ?) mais se permet le luxe d’une conclusion noire qu’il serait criminel de dévoiler ici.

Film australien de Leigh Whannell. Avec Logan Marshall-Green, Betty Gabriel, Harrison Gilbertson (1 h 40). Sur le Web : www.upgrade.movie et www.facebook.com/ApolloDistrib



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ Le cinéaste incarne à lui seul l’âge d’or d’Hollywood et du système des studios, dans sa folie dispendieuse comme dans ses plus profondes contradictions.
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DVD : l’insubmersible Cecil B. DeMille en six films

Le cinéaste incarne à lui seul l’âge d’or d’Hollywood et du système des studios, dans sa folie dispendieuse comme dans ses plus profondes contradictions.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 07h13
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                            Mathieu Macheret








                        



   


On se souvient de son apparition dans Boulevard du crépuscule (1950), de Billy Wilder, où il jouait son propre rôle, celui d’un réalisateur de studio, parangon du genre, qui offrait à Gloria Swanson, star déchue du cinéma muet, un dernier tour de piste devant sa caméra. Cecil B. DeMille incarnait à lui seul l’âge d’or d’Hollywood et du système des studios, dans sa magnificence, sa folie dispendieuse, comme dans ses plus profondes contradictions. Rares sont les réalisateurs comme lui dont le nom ait acquis une notoriété de figure publique, identifiée bien au-delà des cercles cinéphiles. Sa carrière a traversé et jalonné quarante ans de classicisme hollywoodien, des pionnières et muettes années 1910 jusqu’aux superproductions des années 1950, pour constituer une œuvre de près de soixante-dix titres. La sortie en DVD et Blu-ray de six d’entre eux, chez Elephant Films, relance le cas épineux de ce réalisateur controversé, à la fois très et trop mal connu.

Descendant d’une famille épiscopalienne, l’œuvre de DeMille est marquée par un christianisme droitier, s’accompagnant de vues résolument puritaines et conservatrices, ce qui aurait logiquement pu la frapper, avec le temps, d’une complète désuétude. Ses films les plus célèbres sont, en effet, ses derniers péplums bibliques, croulant de lourdeur prosélyte et d’emphase stylistique, comme sa seconde version des Dix Commandements (1956) avec Charlton Heston dans le rôle de Moïse ou encore Samson et Dalila (1949), qui ont non seulement rempli les salles mais alimenté durablement les multidiffusions télévisées.

En proie aux délires
Or, ces baobabs massifs continuent de cacher la forêt d’une filmographie plus retorse qu’il n’y paraît, surtout si l’on s’aventure dans ses productions muettes (sa première version, complètement excentrique, des Dix Commandements en 1923) ou très hétéroclites des années 1930 (Madame Satan qui combine comédie sophistiquée et film catastrophe). Car ce qui caractérise le cinéma de De Mille, c’est non seulement l’orthodoxie de sa vision du monde, qui s’incarne dans un classicisme imperturbable, mais aussi la possibilité d’un complet dérèglement de celle-ci, qui libère nombre d’énergies baroques et donne tout à coup la fièvre à ses récits. DeMille convertit en vigueur esthétique cette capacité notoire de certains croyants : celle d’être en proie aux délires.

Pour s’en convaincre, il suffit de se pencher, dans cette livraison, sur les deux péplums sulfureux que DeMille a tournés avec Claudette Colbert, Le Signe de la croix (1932) et Cléopâtre (1934), avant l’application du code Hays d’autocensure par les studios. Cléopâtre dépeint l’ascension de la fameuse reine d’Egypte, usant des armes de la séduction pour asseoir son pouvoir au nez et à la barbe des hommes. Le film brûle d’un érotisme fou dès qu’il approche de sa comédienne, toute en poses lascives et œillades affolantes, déambulant dans des toilettes exubérantes qui jouent dangereusement avec les contours de sa poitrine. Il culmine dans une scène d’accouplement entre l’héroïne et Marc Antoine, pudiquement escamoté derrière des rideaux, mais métaphorisée par une parade grandiose et suggestive dans le décor « art déco » du palais.

Mises en scène physiques du « péché »
Le Signe de la croix est encore plus fou. Relatant la rafle et l’exécution d’une communauté clandestine de chrétiens dans la Rome de Néron, le film se détourne de son intrigue principale (une histoire d’amour) pour décrire, non sans délectation, la déliquescence morale de l’empire chancelant (bains de lait et lesbianisme de Poppée, caprices puérils de Néron). Il s’emballe dans une dernière séquence, qui décrit par le menu les supplices des chrétiens jetés dans l’arène du cirque, aux prises avec une ménagerie d’animaux sauvages (lions bien sûr, mais aussi éléphants, crocodiles, gorilles). Face à cela, des contrechamps sur les regards exorbités et l’expression transie des spectateurs achève de transformer la scène en grand rituel sadomasochiste.

Ainsi le christianisme de Cecil B. DeMille sort-il des ornières de l’idéologie et s’avère-t-il réversible, par ses mises en scène physiques du « péché » qui permettent, non sans une certaine hypocrisie, d’en sonder les abîmes comme d’en jouir. Aux côtés de ces films troublés et passionnants, on trouvera également trois bandes d’aventure, dont les très beaux Naufrageurs des mers du sud (1942), avec John Wayne, ainsi qu’une fable sociale assez inattendue, La Loi de Lynch (1933), qui risque encore de brouiller un peu plus l’image de l’insubmersible Cecil B. DeMille.

6 films de Cecil B. DeMille en combos Blu-ray et DVD : Le Signe de la croix (1932), La Loi de Lynch (1933), Cléopâtre (1934), Les Tuniques écarlates (1940), Les Naufrageurs des mers du sud (1942), Les Conquérants d’un nouveau monde (1947). 19,99 € l’unité. Elephant Films. Sur le Web : fr-fr.facebook.com/ElephantFilms



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ Chaque mercredi dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/10/2018
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Mélodrames de Rome à Hollywood : notre sélection cinéma

Chaque mercredi dans « La Matinale », les critiques du « Monde » présentent les meilleurs films à découvrir sur grand écran.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 07h29
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALEA priori Bradley Cooper, star hollywoodienne, et Valeria Sarmiento, réalisatrice franco-chilienne, n’ont rien en commun. Reste que tous deux tentent avec succès de faire repartir de vieilles machines, le mélodrame par le biais du remake pour le premier, le roman-feuilleton par celui de l’adaptation pour la seconde. Et une fois qu’on aura pleuré comme Margot, on pourra aussi se plonger dans les mystères de la guerre en ex-Yougoslavie, s’émouvoir aux amours fugitives d’Amin et Gabrielle ou soutenir les efforts de Romain Duris pour devenir un père exemplaire.
Exquises incertitudes du roman-feuilleton : « Le Cahier noir »

Cinéaste chevronnée (sa passionnante filmographie, à laquelle la Cinémathèque consacre une rétrospective jusqu’au 7 octobre, compte une quinzaine de titres), Valeria Sarmiento est aussi connue comme la monteuse et compagne du cinéaste chilien Raoul Ruiz (1941-2011).
Pour la deuxième fois, après Les Lignes de Wellington, elle puise dans la veine qui a donné naissance à l’ultime chef-d’œuvre de Ruiz, Les Mystères de Lisbonne. Adapté d’un récit du même auteur, Camilo Castelo Branco (1825-1890), Le Cahier noir reste fidèle à la forme de son matériau, le roman-feuilleton. Les tribulations d’une nourrice (jouée par Lou de Laâge) et de l’enfant qu’elle tente de protéger, se heurtent à de noires machinations, qui sont aussi bien le fait des aristocrates que des prélats.
Sans viser la grande forme et les arabesques somptueuses des Mystères de Lisbonne, Le Cahier noir se présente comme une déclinaison de celui-ci sur le mode mineur d’une série B. Tout ici est mis en scène avec une économie judicieuse qui, à force de litotes visuelles et narratives, parvient à suggérer une scène historique agitée d’obscurs mouvements, passant allègrement de Rome à Londres, de Parme à Paris, glissant de salons en chambres et de couloirs en catacombes.
Avec son image en dégradés de couleurs rouge et noir et sa palette de comédiens aux interprétations flottantes, résolument non naturalistes, le film de Valeria Sarmiento oscille ainsi sans cesse entre le drame historique et le soap opera, entre l’attrait du mystère et la vacuité qu’il recouvre. Son véritable objet est bien sûr la valse vertigineuse des identités. Mathieu Macheret
« Le Cahier noir », film franco-portugais de Valeria Sarmiento. Avec Lou de Laâge, Stanislas Merhar, Niels Schneider, Jenna Thiam, Fleur Fitoussi (1 h 53).
Rétrospective Valeria Sarmiento, jusqu’au 7 octobre à la Cinémathèque française, 51, rue Bercy, Paris 12e.
A la croisée de deux solitudes : « Amin »

Chacun des films de Philippe Faucon veut saisir le moment miraculeux d’une possible compréhension des choses et des êtres qui nous semblent a priori étrangers. Voyez Amin. Une sorte de moment épidermique. Une rencontre improbable. Une histoire simplissime, encore que complexe en ses ressorts intimes.
Amin est un père de famille sénégalais qui est ouvrier dans le bâtiment en France pour rapporter non pas du superflu, mais juste le nécessaire au village. On connaît, de l’extérieur, sa vie française : jongler en permanence avec les chantiers et avec les équipes, travailler à flux tendu, déborder sur la nuit. Exténuant. On connaît moins, en revanche, la relation des travailleurs immigrés avec cet arrière-pays qui est le leur. Cela, le film le montre à l’occasion d’un retour occasionnel d’Amin. Une femme combative, qui défend au pays les intérêts de la famille mais lui tient rigueur de la tenir éloignée. Des enfants qu’il ne voit pas grandir.
De cet état des choses, mis en scène avec transparence et sobriété, insensiblement une intrigue prend corps. Retenu pour finir seul un chantier dans une maisonnette de banlieue, Amin, pourtant taiseux et rétif, est d’abord touché par la gentillesse de la propriétaire – Gabrielle (Emmanuelle Devos), une infirmière séparée d’un compagnon qui la harcèle – avant de consentir au rapprochement qu’elle met, peut-être inconsciemment, en œuvre.
Deux solitudes se sont simplement croisées le temps de ce film très ténu, délibérément inabouti, dépositaire d’un simple moment de réconfort amoureux sans visée ni calcul. Jacques Mandelbaum
« Amin », film français de Philippe Faucon. Avec Emmanuelle Devos, Moustapha Mbengue, Marème N’Diayé, Noureddine Benallouche (1 h 31).
L’une chante, l’autre boit : « A Star Is Born »

Dans des temps reculés, l’étoile naissante était une jeune femme (Janet Gaynor chez William Wellman, Judy Garland chez George Cukor) qui voulait briller sur les écrans. Puis vint le désir de soulever les foules en leur faisant face, et Barbra Streisand se rêva en rock star.
En théorie, la quatrième version de A Star Is Born aurait dû mettre en scène une célébrité virtuelle, une princesse de la Toile, une enchanteresse des réseaux sociaux. Mais Bradley Cooper qui a écrit et mis en scène cette Etoile est née du XXIe siècle est un homme de la vieille école. Il a beau avoir choisi Lady Gaga pour tenir le rôle de l’ambitieuse, cette idylle entre un chanteur de rock country alcoolique (voir Steve Earle, Larry McMurtry) qui remplit les stades (Bradley Copper) et une diva de cabaret qui n’a jamais percé parce qu’elle a un grand nez (Lady Gaga), repose sur des oppositions (la musique contre la vidéo, l’authenticité de la scène contre l’artifice du studio) d’un autre âge.
Tout ceci serait ennuyeux (d’autant que les compositions qu’ont fournies les interprètes ne sont guère enthousiasmantes) si l’on ne découvrait le formidable pouvoir d’attraction de Lady Gaga à l’écran. La reine de l’artifice joue ici le jeu du naturel. Elle se glisse sans efforts dans les stéréotypes que lui propose son scénariste de partenaire (d’abord protégée, ensuite protectrice, pour renoncer finalement à la symbiose), et accompagne avec une surprenante force de conviction son personnage sur le chemin de la gloire. Et ce, juste au moment où son étoile musicale pâlissait. Thomas Sotinel
« A Star Is Born », film américain de Bradley Cooper. Avec Lady Gaga, Bradley Cooper, Sam Elliott (2 h 16).
Sang d’encre : « Chris the Swiss »

Anja Kofmel avait 10 ans quand ses parents lui ont appris la mort de son cousin Christian Würtemberg, parti comme journaliste pour la Croatie en guerre, dont le corps, revêtu de l’uniforme d’une milice a été retrouvé un matin de janvier 1992.
Son film va et vient entre les peurs et les fantasmes funèbres que cette annonce a dessinés dans sa psyché enfantine et son effort d’adulte pour effacer ces zones d’ombre, pour faire la lumière sur le destin de ce garçon qu’elle a admiré.
Les souvenirs et les peurs prennent la forme d’un film d’animation, aux mouvements fluides et effrayants, d’une noirceur aussi insondable qu’une bouteille d’encre de Chine. L’enquête mêle les images d’une guerre récente et proche – qui semble aujourd’hui aussi étrangère que les guerres des Balkans du début du XXe siècle – et les récits de témoins – journalistes, mercenaires – qui ont croisé le chemin de Christian Würtemberg pendant les quelques mois qu’il a passés en Croatie.
Jusqu’au bout, cette histoire reste lacunaire, sans doute délibérément. Anja Kofmel refuse d’établir le degré de sympathie qui liait son cousin à la cause ultra-catholique croate, pas plus qu’elle n’embrasse sans ambages l’hypothèse selon laquelle son engagement aurait été la couverture d’une mission (journalistique ou pas) clandestine. Elle préfère cultiver, dans les failles que laissent ces ambiguïtés, ses méditations graphiques sur la guerre, la fascination des hommes pour la violence, le poids de la religion et la force des cauchemars. T. S. 
« Chris the Swiss », film d’animation et documentaire suisse d’Anja Kofmel (1 h 30).
Père à tout faire : « Nos batailles »

Romain Duris a grandi, et le voici incarnant une certaine fragilité masculine dans Nos batailles, de Guillaume Senez. Acteur générationnel, le rebelle est devenu un « quadra » ; il joue le rôle d’Olivier, qui a choisi l’attelage à quatre : il a deux enfants et vit en couple. Ou plutôt vivait. Mais l’heure n’est plus à la chronique de la séparation, ni à la dispute sur la garde des bambins.
Si le deuxième long-métrage de Guillaume Senez, présenté en séance spéciale à la Semaine de la critique du Festival de Cannes, en mai, a une dimension postmoderniste, il le doit d’abord à son scénario, coécrit par le réalisateur et Raphaëlle Valbrune-Desplechin.
La mère est partie, c’est un fait et on n’en parle plus, du moins dans la tranche de vie que l’on partage avec Olivier, contremaître dans un entrepôt de vente en ligne, et ses quelques proches qui viennent lui prêter main-forte : sa mère, présence discrète et décisive (Dominique Valadié), sa sœur légère comme une bulle d’air (Lætitia Dosch) et sa collègue, généreuse et syndiquée comme lui (Laure Calamy).
Ainsi allégé du prévisible « suspense » lié au devenir du couple, le film s’emballe de manière plus aventureuse au nouveau rythme d’Olivier : passé le choc, il est tenu par des fils invisibles qui à la fois le brident et le structurent, telle une marionnette qui découvrirait, stupéfaite, qu’elle est apte à débuter un mouvement qui lui est propre.
Ce n’est pas la première fois que Romain Duris change de peau et surprend. Dans Nos batailles, Guillaume Senez a (presque) réussi à lui faire tomber son masque de charmeur au sourire automatique, tout en lui donnant le beau rôle. Clarisse Fabre
« Nos batailles », film franco-belge de Guillaume Senez. Avec Romain Duris, Lætitia Dosch, Laure Calamy (1 h 38).

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 3 octobre)
A Star Is Born, film américain de Bradley Cooper (à voir)Amin, film français de Philippe Faucon (à voir)Le Cahier noir, film français et portugais de Valeria Sarmiento (à voir)Chris the Swiss, documentaire et film d’animation suisse d’Anja Kofmel (à voir)Nos batailles, film belge et français de Guillaume Senez (à voir)Blindspotting, film américain de Carlos Lopez Estrada (pourquoi pas)Frères ennemis, film belge et français de David Oelhoffen (pourquoi pas)La Saveur des ramen, film japonais et singapourien d’Eric Khoo (pourquoi pas)Shut Up and Play the Piano, documentaire allemand de Philipp Jedicke (pourquoi pas)Upgrade, film australien de Leigh Whannell (pourquoi pas)
A l’affiche également :
16 levers de soleil, documentaire français de Pierre-Emmanuel Le GoffAlad’2, film français de Lionel SteketeeLa Chasse à l’ours, programme biélorusse et britannique de trois courts-métrages d’animation de Joanna Harrison, Tatiana Kublitskaya, Robin Shaw et Ruslan SinkevichEn mille morceaux, film français de Véronique MériadecNico & Patou, fim d’animation finlandais et japonais de Mariko Härkönen et Ismo VirtanenUne fois comme jamais, film français de Céline Pouillon





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ L’organisation de cet hommage solennel, qui se déroulera en présence d’Emmanuel Macron, était souhaitée par plusieurs responsables politiques.
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Hommage national à Charles Aznavour vendredi matin aux Invalides

L’organisation de cet hommage solennel, qui se déroulera en présence d’Emmanuel Macron, était souhaitée par plusieurs responsables politiques.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 21h12
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 07h36
   





                        



   


Un hommage national sera rendu vendredi matin à Charles Aznavour, décédé lundi à l’âge de 94 ans, en présence d’Emmanuel Macron, a annoncé l’Elysée mardi 2 octobre. L’organisation de cet hommage solennel, qui se déroulera aux Invalides à Paris, était souhaitée par plusieurs responsables politiques pour saluer ce monument de la chanson francophone.

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                Charles Aznavour, mort d’un précurseur du métissage musical



Un appel à rendre « un hommage national » à Charles Aznavour avait été lancé lundi par des parlementaires, dont le député du Loiret Jean-Pierre Door (Les Républicains), qui avait salué « un représentant de la grande chanson française » et rappelant qu’« on a eu cet hommage national pour Johnny Hallyday ».
L’Assemblée nationale avait salué Charles Aznavour avec une ovation debout des députés, le président Richard Ferrand évoquant un homme qui incarnait « talentueusement l’appartenance à plusieurs cultures ». La maire PS de Paris, Anne Hidalgo, avait annoncé qu’elle proposerait « aux élus parisiens qu’un lieu de la capitale lui rende hommage en portant son nom ».
En Arménie, pays d’origine des parents de l’artiste reconnu dans le monde entier, le premier ministre Nikol Pachinian a annoncé qu’un jour de deuil national serait décrété le jour de ses funérailles.

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                Charles Aznavour et le cinéma : « C’est le script qui me détermine »







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ Présenté en avant-première en ouverture du Monde Festival, vendredi 5 octobre, « Une affaire de famille », le nouvel opus du cinéaste japonais, Palme d’or à Cannes, explore comme à son habitude le lien familial, sans ménager la société nippone.
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                La Palme d’or « Une affaire de famille » en avant-première au Monde Festival


Présenté en avant-première en ouverture du Monde Festival, vendredi 5 octobre, « Une affaire de famille », le nouvel opus du cinéaste japonais, Palme d’or à Cannes, explore comme à son habitude le lien familial, sans ménager la société nippone.

LE MONDE
                 |                 02.10.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 17h59
                 |

                            Thomas Sotinel

















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Le soir du 19 mai 2018, lorsque Hirokazu Kore-eda est monté sur la scène du Grand Théâtre Lumière, à Cannes, pour aller chercher la Palme d’or décernée à Une affaire de famille, il s’était écoulé vingt et un ans depuis la dernière Palme japonaise, celle que Shohei Imamura avait remportée pour L’Anguille (une demi-palme, avaient dit certains, elle était partagée avec Le Goût de la cerise, d’Abbas Kiarostami).
Il a fallu deux décennies pour que l’histoire d’un clan de voleurs à l’étalage se superpose, dans la mémoire de Cannes, à celle d’un meurtrier repentant. Pour qu’une génération succède à une autre.
La force du cinéma de Kore-eda se dissimule sous la douceur, toujours sous la modestie.
Pourtant Kore-eda connaît depuis longtemps le chemin de la Croisette ; depuis que Distance a été présenté en compétition en 2001, il y est revenu une demi-douzaine de fois. Il lui a fallu attendre 2013 pour remporter sa première récompense, le Prix du jury pour Tel père, tel fils.
Au long de ces années, au fil des sorties en salle de Nobody Knows, Still Walking, I Wish, ­Notre petite sœur, le Japon de Kore-eda nous est devenu familier, peut-être jusqu’au point de ne plus en percevoir la singularité, la force, qui se dissimulent souvent sous la douceur, toujours sous la modestie.

        Lire aussi :
         

                Hirokazu Kore-eda et sa Palme d’or en avant-première au Monde Festival



La Palme qui a échu à Une ­affaire de famille (un titre qui serait bien allé aux deux tiers des longs-métrages de fiction du cinéaste) a entre autres ­mérites celui d’obliger à chercher dans ce film, qui distille l’essence du ­cinéma de Kore-eda, ce qui a bien pu le faire préférer à d’autres films présentés cette ­année à Cannes : à la construction vertigineuse de Burning, de Lee Chang-dong, à la sainte colère du BlacKkKlansman de Spike Lee ou aux spéculations enivrantes du Poirier sauvage de Nuri Bilge Ceylan. ­Poser la question est périlleux – les jurys ­cannois sont loin d’être infaillibles.
Un clan à rebours du chaos de la société
Dans ce cas, on dirait bien que la cohorte menée par la présidente du jury, l’actrice Cate Blanchett, a été emportée par une œuvre ­située à l’apogée d’un mouvement entamé depuis des années. Ce n’est pas la première fois que Kore-eda met en scène le lien familial, sa part de fiction, sa part de tradition. Tel père, tel fils s’interrogeait déjà sur la réalité de la filiation. Il a déjà aussi filmé les enfants ­expulsés vers les marges de la société japonaise dans Nobody Knows.
Souvent il a cherché l’équilibre entre les forces qui unissent un groupe – la chaleur, l’affection, l’amour – et celles qui les séparent – l’argent, les préjugés et, puisqu’on est au ­Japon, l’arbitraire des éléments. Une affaire de famille se situe très exactement dans l’œil du cyclone que créent ces pulsions et ces aspirations.
Dans ce petit espace de calme qu’ont su se ménager Osamu, professionnel du vol à l’étalage, et son clan, s’est développé un ordre harmonieux, à rebours du chaos qui régit la société. Cette utopie est un pur produit de l’imagination d’Hirokazu Kore-eda, qui est un chroniqueur du quotidien, mais aussi un metteur en scène de fantômes (After Life) ou de poupée vivante (Air Doll).
Succès et polémique
C’est aussi une idée assez convaincante pour qu’Une affaire de famille soit devenu le plus gros succès qu’ait jamais rencontré le cinéaste, non seulement au Japon, mais aussi en Chine. Comme tout triomphe, celui-ci s’est accompagné d’une polémique, suscitée par le refus de ­Kore-eda d’accepter officiellement les félicitations du gouvernement japonais.
Sans accorder une importance excessive à la Palme, au box-office, le succès de ce film (dont on peut parier qu’il se reproduira en France, lors de sa sortie) vient aussi couronner cette génération de cinéastes japonais qui a ­succédé à celle des grands contestataires, Nagisa Oshima ou Shohei Imamura. Aux ­côtés de ses contemporains Kiyoshi Kurosawa, Shinji Aoyama, Hirokazu Kore-eda, qui a 56 ans, a affirmé à la fois la ­continuité d’un cinéma japonais proche de la réalité du pays – on a souvent associé son univers intime à celui de Yasujiro Ozu, même s’il se revendique plutôt de l’héritage d’un autre maître, Mikio Naruse – et le passage de ce cinéma dans le XXIe siècle.
EN AVANT-PREMIERE AU MONDE FESTIVAL : « Une affaire de famille », le vendredi 5 octobre, à 20 heures, au cinéma Gaumont Opéra. Projection suivie d’un débat avec le réalisateur. Sortie en salles le 12 décembre.

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’ouvre le 5 octobre à Paris avec le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda et son dernier film, Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes. Deux autres films seront projetés en avant-première : Un amour impossible, de Catherine Corsini et, pour clôturer le festival, En liberté !, le nouvel opus de Pierre Salvadori.
Les 6 et 7 octobre, place aux débats : sur les nouvelles relations amoureuses (Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? Aux origines de #metoo ), les technologies (Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ? ) l’école (Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ?) l’environnement (Pour l’amour de ma Terre, S’aimer comme des bêtes ), l’économie, les médias (Comment informer sous la présidence d’Emmanuel Macron ?), la politique (Y a-t-il une vie après la politique ? )...
Des rencontres exceptionnelles avec Barbara Hannigan, Juliette Armanet, la tribu Guédiguian, Chimamanda Ngozi Adichie, Mario Vargas Llosa, Charline Vanhoenacker, Pierre de Villiers, Pierre Hermé, Roberto Saviano, Kamel Daoud et bien d’autres...
Et samedi soir, rendez-vous à La Nuit de l’amour  aux théâtre des Bouffes du Nord, avec André Comte-Sponville, Barbara Cassin, Carolin Emcke...
Retrouver la programmation du festival et acheter vos billets.
Revoir les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




                                                Par                                                    Thomas Sotinel














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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ Adapté d’un roman de Christine Angot, le film de Catherine Corsini, « Un amour impossible », est présenté en avant-première au Monde Festival, le samedi 6 octobre. Entretien avec la réalisatrice.
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                « Un amour impossible » : entretien avec Catherine Corsini


Adapté d’un roman de Christine Angot, le film de Catherine Corsini, « Un amour impossible », est présenté en avant-première au Monde Festival, le samedi 6 octobre. Entretien avec la réalisatrice.

LE MONDE
                 |                 02.10.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 14h34
                 |

                            Franck Nouchi (Médiateur du « Monde »)

















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Lors de sa sortie en 2015, Un amour impossible (Flammarion), le roman de Christine Angot, avait fait la « une » du Monde des livres. Saluant le « courage » de l’auteure, notre confrère Jean Birnbaum ­expliquait que cet ouvrage était en quelque sorte « l’envers » d’Une semaine de vacances (un livre de Christine Angot paru chez Flammarion en 2012, où il était question de la relation incestueuse entre un père et sa fille), « l’envers de l’enfer ». 
Virginie Efira, qui interprète le rôle de Rachel, parvient, de bout en bout, à rendre justice à cette Mère Courage.
Trois ans plus tard, le roman est devenu un film. Réalisé par Catherine Corsini, il restitue parfaitement le temps long de l’histoire familiale d’Angot : la rencontre de ses parents à Châteauroux, dans les années 1950 ; le bonheur qu’ils vécurent à deux sans jamais vivre ensemble ; la petite fille, prénommée Chantal dans le film, qui naîtra de cette liaison passionnelle ; la barrière sociale infranchissable que l’homme, Philippe, un pervers narcissique, a sans cesse consolidée ; la bataille de Rachel pour parvenir à élever sa fille.
Un amour impossible est à la fois une ­adaptation littéraire réussie – on y « entend » Angot, ses mots, la musicalité si singulière de ses intonations – et un film bouleversant sur le temps ; le temps qui passe et le temps retrouvé. Virginie Efira, qui interprète le rôle de Rachel, parvient, de bout en bout, à rendre justice à cette Mère Courage.

        Lire aussi :
         

                Angot, l’envers de l’enfer



Comment est né ce projet de film ?
Lorsque ma productrice Elisabeth Perez m’a parlé d’adapter ce livre d’Angot, j’ai d’abord trouvé l’idée bizarre. Après m’être plongée dedans, j’ai d’autant plus compris ce projet qu’Un amour impossible éveillait chez moi des sentiments personnels : l’idéalisation d’un père absent, l’envie fantasmée de le ­ravir à la mère… Mes souvenirs se superposaient au roman. Sans connaître évidemment la part d’ombre de son histoire qu’il m’a fallu questionner.
Ensuite, il a fallu passer à l’écriture proprement scénaristique et au casting. Une expression me trottait dans la tête : « Amour impossible, film impossible ». Je ne voyais pas ­l’actrice capable d’interpréter un rôle pareil. Avec ma scénariste, Laurette Polmanss, on s’est alors mises au travail. On a pris la matière du livre à bras-le-corps comme on prend les rushs d’un film. Et on a cherché, cherché, jusqu’à ne garder que le plus saillant.

        Rendez-vous au Monde Festival :
         

          « Un amour impossible » de Catherine Corsini, en avant-première au Monde Festival



Toute l’équipe technique du film semble avoir travaillé de manière à faire de cet « Amour impossible » un film proustien. Etait-ce votre intention ?
Il fallait ne pas tomber dans le piège de l’illustration ­pesante, de la reconstitution pittoresque.
Vous me faites plaisir. Je crois que j’ai réussi, en effet, à faire corps avec toute mon équipe tout au long de ce projet. Il fallait ne pas tomber dans le piège de l’illustration ­pesante, de la reconstitution pittoresque. Mes références étaient à la fois Douglas Sirk et Maurice Pialat. L’idée était, au travers d’un « film de cuisines » – on en voit plein, de toutes les époques – de retrouver l’imaginaire des femmes des années 1950 ; de montrer comment, petit à petit, la modernité s’est ­insinuée dans leur quotidien.
Si vous deviez citer un modèle d’adaptation littéraire au cinéma, vous diriez…
Les Deux Anglaises et le Continent, le film de François Truffaut (1971), adapté du roman d’Henri-Pierre Roché. Magnifique travail sur le temps, la nostalgie, le vieillissement. A la fin, Claude (interprété par Jean-Pierre Léaud) dit ceci : « Mais qu’est-ce que j’ai ? J’ai l’air vieux, aujourd’hui. »
Comment avez-vous travaillé avec Christine Angot ?
Je n’ai pas vraiment travaillé avec elle. Elle m’a fait confiance. Elle a juste relu une version du scénario en me proposant d’infimes modifications. Elle n’aimait pas le prénom que je lui avais donné, Chantal. Trop coiffeuse, disait-elle. Je lui ai dit de penser plutôt à Chantal Akerman.
Difficile de ne pas être bluffé par Virginie Efira. Elle est Rachel, tout au long du film, à tous les âges…
Tandis que j’écrivais le scénario, je n’imaginais pas une seconde que j’allais faire appel à elle. Je connaissais à peine sa filmographie, elle ne m’attirait pas. Et puis, la croisant lors d’une émission de radio, j’ai été frappée par son intelligence, la manière dont elle défendait le film dont elle venait de parler, sa capacité à ne pas se mettre en avant. Sa générosité en somme.
On a fait des essais, très durs, de manière à voir si elle supporterait l’épreuve du vieillissement. Rendez-vous compte, elle a enchaîné neuf jours de tournage durant ­lesquels elle se réveillait à 2 heures du matin avant d’être maquillée sept heures durant et de tourner ensuite pendant huit à neuf heures. Chapeau ! Je suis heureuse qu’elle ait ainsi réussi, sans jamais faire le moindre numéro d’actrice, à faire de la mère de Christine Angot une véritable héroïne.
Le film sera projeté quasiment un an jour pour jour après le déclenchement de l’affaire Weinstein. Qu’est-ce qui a changé dans le monde du cinéma depuis #metoo ?
Voyez Cannes, voyez Venise. On ne peut vraiment pas parler de grand changement, non ? Ce sont toujours des hommes qui occupent les avant-postes.
EN AVANT-PREMIERE AU MONDE FESTIVAL, le film « Un amour impossible », le samedi 6 octobre, à 17 heures, au cinéma Gaumont Opéra. En présence de la réalisatrice et de l’actrice Virgine Efira. Sortie en salles le 7 novembre.

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’ouvre le 5 octobre à Paris avec le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda et son dernier film, Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes. Deux autres films seront projetés en avant-première : Un amour impossible, de Catherine Corsini et, pour clôturer le festival, En liberté !, le nouvel opus de Pierre Salvadori.
Les 6 et 7 octobre, place aux débats : sur les nouvelles relations amoureuses (Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? Aux origines de #metoo ), les technologies (Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ? ) l’école (Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ?) l’environnement (Pour l’amour de ma Terre, S’aimer comme des bêtes ), l’économie, les médias (Comment informer sous la présidence d’Emmanuel Macron ?), la politique (Y a-t-il une vie après la politique ? )...
Des rencontres exceptionnelles avec Barbara Hannigan, Juliette Armanet, la tribu Guédiguian, Chimamanda Ngozi Adichie, Mario Vargas Llosa, Charline Vanhoenacker, Pierre de Villiers, Pierre Hermé, Roberto Saviano, Kamel Daoud et bien d’autres...
Et samedi soir, rendez-vous à La Nuit de l’amour  aux théâtre des Bouffes du Nord, avec André Comte-Sponville, Barbara Cassin, Carolin Emcke...
Retrouver la programmation du festival et acheter vos billets.
Revoir les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




                                                Propos recueillis par                                                    Franck Nouchi (Médiateur du « Monde »)














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Article sélectionné dans La Matinale du 01/10/2018
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« A Star Is Born » : Lady Gaga rejoue son destin de vedette

La chanteuse convainc dans ce remake d’un mélodrame sur la course à la célébrité, de et avec Bradley Cooper.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 08h09
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Au fil des décennies, remakes et réactualisations ont prouvé que le canevas de A Star Is Born avait quelque chose d’impérissable. Les scénaristes de la première version de 1937 (Dorothy Parker, Alan Campbell et Robert Carson) sont parvenus à capter la logique du star-system, son essence même, pour donner vie à un mythe hollywoodien qui a innervé le cinéma américain dans son ensemble. Depuis la version originale réalisée par William Wellman et Jack Conway, avec Janet Gaynor et Fredric March, le film a connu trois versions cinématographiques : l’une de George Cukor, en 1954, avec James Mason et Judy Garland. Puis celle, sortie en 1976, de Frank Pierson avec Barbra Streisand et Kris Kristofferson. Enfin, la rumeur courait que Clint Eastwood désirait tourner une version du film avec Leonardo DiCaprio et Beyoncé. C’est finalement Bradley Cooper qui s’est attelé à ce remake dans lequel l’acteur donne la réplique à la star de la pop Lady Gaga.
Mélodrame, histoire d’amour, exemple éblouissant de ce genre qu’on pourrait appeler « Hollywood raconté par Hollywood », qui s’est progressivement transposé dans le milieu de la musique, A Star Is Born est l’histoire d’une rencontre entre une jeune femme naïve, ambitieuse, talentueuse, qui n’a qu’un rêve, celui d’être une star (de cinéma ou de la musique, selon les versions). Elle croise la route de celui qui deviendra son pygmalion, une grande vedette revenue de tout mais pas de ses problèmes d’alcool. A Star Is Born obéit ainsi à la logique du rise and fall movie, mais en partageant la chute et l’ascension entre deux amants pour mieux exacerber l’impitoyable logique du vedettariat rongeant de l’intérieur une histoire d’amour.
Une possible lecture féministe
Revoir aujourd’hui les deux premières versions du film, c’est être frappé par sa possible lecture féministe : un mari sabote la consécration de sa femme (trop compatissante pour lui en vouloir) et apprend finalement à disparaître pour que celle-ci puisse poursuivre son ascension. A Star Is Born est en cela moins une histoire d’amour que le récit séminal sur la célébrité perçue comme une aventure qui ne peut qu’être individualiste. La version de Wellman nous rappelle que cette quête effrénée n’est finalement que le ­prolongement de l’ambition des pionniers débarqués pour s’installer dans le pays. De la grand-mère à la petite fille, une même ambition : celle de conquérir l’Amérique, mais par d’autres moyens.
Les versions de Wellman et Cukor étaient deux mélodrames arides, traversés par la mort, et dont le choix des acteurs prin­cipaux exacerbait l’impression de trajectoires désynchronisées, d’une rencontre impossible parce que l’une est tout à son rêve et l’autre à son alcoolisme. Les versions qui suivront perdront de ce tranchant, arrondiront un peu les angles du mélodrame et de la critique du vedettariat. Difficile aujourd’hui de revoir la version de 1976, édulcorée et narcissique, à la gloire de Streisand. De même, Garland s’arrogeait tous les interminables moments musicaux dans le Cukor.
La version de Bradley Cooper puise son charme dans ce romantisme échevelé et quasi adolescent
C’est que le film a toujours eu une évidente dimension performative : A Star Is Born consacre autant son personnage féminin que l’actrice qui l’incarne (et qui, comme dans le film, rêve de voir sa performance couronnée par une statuette). Dans cette logique, Lady Gaga était le choix idéal. Sa trajectoire se confond quelque peu avec celle de son ­héroïne, et Cooper en joue : la chanteuse a connu des difficultés à faire décoller sa carrière, mais la persévérance et le talent ont fini par payer.
Non dépourvue d’une certaine mièvrerie qui est la marque distinctive des films d’amour grand public, la version de Cooper puise son charme dans ce romantisme échevelé et quasi adolescent qui s’exalte notamment dans les chansons sirupeuses et entêtantes composées spécialement pour le film par l’actrice elle-même. La réussite tient également au fait que le cinéaste-acteur, cohérent avec le projet, fait tenir une bonne partie du film sur la révélation de son actrice. On ne peut que finir par le constater, Lady Gaga est une machine de professionnalisme, méconnaissable et bien plus charismatique sans ses tenues et ses maquillages fantasques devenus sa marque de fabrique. La bonne idée aura donc été de choisir la personnalité qui, aujourd’hui, incarne le mieux cet amour rapace et warholien de la célébrité pour la faire naître au cinéma.

Film américain de Bradley Cooper. Avec Lady Gaga, Bradley Cooper, Sam Elliott (2 h 16). Sur le Web : www.facebook.com/astarisbornfr, www.astarisbornmovie.net et www.warnerbros.fr/articles/confidences-a-star-is-born

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 3 octobre)
A Star Is Born, film américain de Bradley Cooper (à voir)Amin, film français de Philippe Faucon (à voir)Le Cahier noir, film français et portugais de Valeria Sarmiento (à voir)Chris the Swiss, documentaire et film d’animation suisse d’Anja Kofmel (à voir)Nos batailles, film belge et français de Guillaume Senez (à voir)Blindspotting, film américain de Carlos Lopez Estrada (pourquoi pas)Frères ennemis, film belge et français de David Oelhoffen (pourquoi pas)La Saveur des ramen, film japonais et singapourien d’Eric Khoo (pourquoi pas)Shut Up and Play the Piano, documentaire allemand de Philipp Jedicke (pourquoi pas)Upgrade, film australien de Leigh Whannell (pourquoi pas)
A l’affiche également :
16 levers de soleil, documentaire français de Pierre-Emmanuel Le GoffAlad’2, film français de Lionel SteketeeLa Chasse à l’ours, programme biélorusse et britannique de trois courts-métrages d’animation de Joanna Harrison, Tatiana Kublitskaya, Robin Shaw et Ruslan SinkevichEn mille morceaux, film français de Véronique MériadecNico & Patou, fim d’animation finlandais et japonais de Mariko Härkönen et Ismo VirtanenUne fois comme jamais, film français de Céline Pouillon





                            


                        

                        


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Connaissez-vous bien la vie et l’œuvre de Charles Aznavour ?

Si sa carrière de plus de soixante-dix ans est bien connue dans le monde entier, le chanteur né à Paris de parents arméniens a aussi eu ses petits secrets et anecdotes.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 19h26
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 10h55
   





                        


Charles Aznavour est mort dans la nuit du dimanche 30 septembre au lundi 1er octobre, à l’âge de 94 ans. Si sa carrière de plus de soixante-dix ans est bien connue dans le monde entier, le chanteur né à Paris de parents arméniens a aussi eu ses petits secrets et anecdotes. Les connaissez-vous ?

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pacte avait-il conclu avec sa sœur ?","choices":["Devenir centenaire","Ne pas s'engager en politique","Mourir sur scène","Arrêter le sucre"],"bonnereponse":"Devenir 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était le prénom qu'avait choisi les parents du petit Charles Aznavour 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se trouvait le café tenu par le père de Charles Aznavour ? ","choices":["Rue du Cardinal-Lemoine","Rue des Abesses","Rue de Rennes","Boulevard Saint-Germain"],"bonnereponse":"Rue du Cardinal-Lemoine","incorrect":"004c0065002000630061006600e90020006400750020003500650020006100720072006f006e00640069007300730065006d0065006e0074002000640065002000500061007200690073002000740065006e00750020007000610072002000630065007400200061006e006300690065006e0020007200650073007400610075007200610074006500750072002000e9007400610069007400200064006500760065006e007500200075006e002000720065007000e8007200650020006400270061007200740069007300740065007300200065007400200064002700610070006100740072006900640065007300200064006500200074006f0075007400650020006c0027004500750072006f007000650020006400650020006c0027004500730074002e0020","correct":"004c0065002000630061006600e90020006400750020003500650020006100720072006f006e00640069007300730065006d0065006e0074002000640065002000500061007200690073002000740065006e00750020007000610072002000630065007400200061006e006300690065006e0020007200650073007400610075007200610074006500750072002000e9007400610069007400200064006500760065006e007500200075006e002000720065007000e8007200650020006400270061007200740069007300740065007300200065007400200064002700610070006100740072006900640065007300200064006500200074006f0075007400650020006c0027004500750072006f007000650020006400650020006c0027004500730074002e0020","indice":"","rowNumber":7},{"description":"","question":"Où Charles Aznavour connaît-il son premier grand succès sur scène ? ","choices":["A Paris","A Montréal","A New York","A Bruxelles"],"bonnereponse":"A Montréal","incorrect":"00430027006500730074002000e00020006c0061002000660069006e002000640065007300200061006e006e00e90065007300200031003900340030002000710075006500200043006800610072006c0065007300200041007a006e00610076006f00750072002000760061002000730065002000700072006f0064007500690072006500200061007600650063002000500069006500720072006500200052006f006300680065002000640061006e00730020006c0065002000630061006200610072006500740020004c0065002000460061006900730061006e00200044006f007200e9002c002000e00020004d006f006e0074007200e90061006c002e00200049006c007300200079002000720065007300740065006e007400200064006900780020006d006f00690073002c002000e000200072006100690073006f006e0020006400650020006f006e007a006500200073007000650063007400610063006c006500730020007000610072002000730065006d00610069006e0065002c0020007200e90075006e0069007300730061006e007400200065006e0020006d006f00790065006e006e0065002000360030003000a000730070006500630074006100740065007500720073002000e0002000630068006100710075006500200066006f00690073002e002000ab00a00051007500690020006100750072006100690074002000700075002000700065006e0073006500720020007100750065002000630065007300200064006500750078002000700065007400690074007300200063006f006e007300200064006500200052006f00630068006500200065007400200041007a006e00610076006f00750072002000e90074006100690065006e0074002000630061007000610062006c006500730020006400650020006600610069007200650020006400750020007300750063006300e80073002000e00020003600a000300030003000a0006b0069006c006f006d00e80074007200650073002c002000730075007200200075006e00200063006f006e00740069006e0065006e0074002000e9007400720061006e00670065007200a0003f00a000bb002c002000e90063007200690074002d0069006c002000e00020006c002700e90070006f007100750065002000e000200073006100200073015300750072002e0020000a","correct":"00430027006500730074002000e00020006c0061002000660069006e002000640065007300200061006e006e00e90065007300200031003900340030002000710075006500200043006800610072006c0065007300200041007a006e00610076006f00750072002000760061002000730065002000700072006f0064007500690072006500200061007600650063002000500069006500720072006500200052006f006300680065002000640061006e00730020006c0065002000630061006200610072006500740020004c0065002000460061006900730061006e00200044006f007200e9002c002000e00020004d006f006e0074007200e90061006c002e00200049006c007300200079002000720065007300740065006e007400200064006900780020006d006f00690073002c002000e000200072006100690073006f006e0020006400650020006f006e007a006500200073007000650063007400610063006c006500730020007000610072002000730065006d00610069006e0065002c0020007200e90075006e0069007300730061006e007400200065006e0020006d006f00790065006e006e0065002000360030003000a000730070006500630074006100740065007500720073002000e0002000630068006100710075006500200066006f00690073002e002000ab00a00051007500690020006100750072006100690074002000700075002000700065006e0073006500720020007100750065002000630065007300200064006500750078002000700065007400690074007300200063006f006e007300200064006500200052006f00630068006500200065007400200041007a006e00610076006f00750072002000e90074006100690065006e0074002000630061007000610062006c006500730020006400650020006600610069007200650020006400750020007300750063006300e80073002000e00020003600a000300030003000a0006b0069006c006f006d00e80074007200650073002c002000730075007200200075006e00200063006f006e00740069006e0065006e0074002000e9007400720061006e00670065007200a0003f00a000bb002c002000e90063007200690074002d0069006c002000e00020006c002700e90070006f007100750065002000e000200073006100200073015300750072002e0020000a","indice":"","rowNumber":8},{"description":"","question":"En 1968, Charles Aznavour joue dans le film érotique « Candy », de Christian Marquand. Qui ne figure pas au casting ?","choices":["Marlon Brando","Ringo Starr","Richard Burton","John Wayne "],"bonnereponse":"John Wayne ","incorrect":"0045006e00200070006c00650069006e00650020007000e900720069006f0064006500200070007300790063006800e9006400e9006c0069007100750065002c00200065006e00200031003900360038002c0020006c0065002000660069006c006d002000ab00a000430061006e0064007900a000bb002c00200066006f00750074007200610071007500650020006500740020006b00690074007300630068002000e000200073006f00750068006100690074002c00200061002000e9007400e900200075006e002000e9006300680065006300200065006e002000730061006c006c0065002e0020","correct":"0045006e00200070006c00650069006e00650020007000e900720069006f0064006500200070007300790063006800e9006400e9006c0069007100750065002c00200065006e00200031003900360038002c0020006c0065002000660069006c006d002000ab00a000430061006e0064007900a000bb002c00200066006f00750074007200610071007500650020006500740020006b00690074007300630068002000e000200073006f00750068006100690074002c00200061002000e9007400e900200075006e002000e9006300680065006300200065006e002000730061006c006c0065002e0020","indice":"","rowNumber":9},{"description":"","question":"Quelle chanson a écrit Charles Aznavour pour Sylvie Vartan ?","choices":["La plus belle pour aller danser","Qu'est-ce qui fait pleurer les blondes ?","L’amour c'est comme une cigarette","La Maritza"],"bonnereponse":"La plus belle pour aller danser","incorrect":"0043006800610072006c0065007300200041007a006e00610076006f007500720020006c00270061002000e90063007200690074006500200065006e00200031003900360034002e00200049006c0020006100760061006900740020006400e9006a00e0002000e9006300720069007400200070006f007500720020004a006f0068006e006e0079002000480061006c006c0079006400610079002c0020006e006f00740061006d006d0065006e0074002000ab00a000520065007400690065006e00730020006c00610020006e00750069007400a000bb002c0020007100750069002000640065007600690065006e007400200075006e0020007400750062006500200065006e00200031003900360031002e","correct":"0043006800610072006c0065007300200041007a006e00610076006f007500720020006c00270061002000e90063007200690074006500200065006e00200031003900360034002e00200049006c0020006100760061006900740020006400e9006a00e0002000e9006300720069007400200070006f007500720020004a006f0068006e006e0079002000480061006c006c0079006400610079002c0020006e006f00740061006d006d0065006e0074002000ab00a000520065007400690065006e00730020006c00610020006e00750069007400a000bb002c0020007100750069002000640065007600690065006e007400200075006e0020007400750062006500200065006e00200031003900360031002e","indice":"","rowNumber":10},{"description":"","question":"En 1977, Charles Aznavour est en procès. Pour quelle raison ? ","choices":["Diffamation","Propos injurieux","Fraude fiscale","Plagiat"],"bonnereponse":"Fraude fiscale","incorrect":"004c002700610064006d0069006e0069007300740072006100740069006f006e0020006400650073002000660069006e0061006e0063006500730020006c0075006900200072006500700072006f00630068006500200064002700610076006f00690072002000e9006c0075006400e90020006c006500200070006100690065006d0065006e007400200064006500200070006c00750073002000640065002000330020006d0069006c006c0069006f006e00730020006400270069006d007000f40074007300200065006e0074007200650020003100390037003200200065007400200031003900370033002e0020004c006500200032003900a0006a00750069006e002c0020006c00650020006300680061006e0074006500750072002000650073007400200063006f006e00640061006d006e00e9002000e000200075006e00200061006e00200064006500200070007200690073006f006e002000610076006500630020007300750072007300690073002000650074002000e000200070007200e800730020006400650020003300a0006d0069006c006c0069006f006e00730020006400650020006600720061006e006300730020006400270061006d0065006e0064006500200065007400200064006500200064006f006d006d006100670065007300200065007400200069006e007400e9007200ea00740073002e0020004d0061006900730020006c0065002000700061007200710075006500740020006600610069007400200061007000700065006c0020006500740020006c00650020003900a0006400e900630065006d00620072006500200031003900370037002c0020006c006100200063006f007500720020006400270061007000700065006c0020006400650020005600650072007300610069006c006c0065007300200074007200690070006c00650020006c00650020006d006f006e00740061006e0074002000640065007300200061006d0065006e00640065007300200065007400200064006f006d006d006100670065007300200065007400200069006e007400e9007200ea00740073002e00200055006e006500200061007500740072006500200061006600660061006900720065002000660069007300630061006c006500200065006e0020003100390037003800200073006500200063006f006e0063006c007500720061002000700061007200200075006e0020006e006f006e002d006c006900650075002e000a000a","correct":"004c002700610064006d0069006e0069007300740072006100740069006f006e0020006400650073002000660069006e0061006e0063006500730020006c0075006900200072006500700072006f00630068006500200064002700610076006f00690072002000e9006c0075006400e90020006c006500200070006100690065006d0065006e007400200064006500200070006c00750073002000640065002000330020006d0069006c006c0069006f006e00730020006400270069006d007000f40074007300200065006e0074007200650020003100390037003200200065007400200031003900370033002e0020004c006500200032003900a0006a00750069006e002c0020006c00650020006300680061006e0074006500750072002000650073007400200063006f006e00640061006d006e00e9002000e000200075006e00200061006e00200064006500200070007200690073006f006e002000610076006500630020007300750072007300690073002000650074002000e000200070007200e800730020006400650020003300a0006d0069006c006c0069006f006e00730020006400650020006600720061006e006300730020006400270061006d0065006e0064006500200065007400200064006500200064006f006d006d006100670065007300200065007400200069006e007400e9007200ea00740073002e0020004d0061006900730020006c0065002000700061007200710075006500740020006600610069007400200061007000700065006c0020006500740020006c00650020003900a0006400e900630065006d00620072006500200031003900370037002c0020006c006100200063006f007500720020006400270061007000700065006c0020006400650020005600650072007300610069006c006c0065007300200074007200690070006c00650020006c00650020006d006f006e00740061006e0074002000640065007300200061006d0065006e00640065007300200065007400200064006f006d006d006100670065007300200065007400200069006e007400e9007200ea00740073002e00200055006e006500200061007500740072006500200061006600660061006900720065002000660069007300630061006c006500200065006e0020003100390037003800200073006500200063006f006e0063006c007500720061002000700061007200200075006e0020006e006f006e002d006c006900650075002e000a000a","indice":"","rowNumber":11},{"description":"","question":"Au début des années 1960, il lance un petit rituel au début de ses concerts. Quel est-il ? ","choices":["Il finit de s'habiller sur scène","Il boit une bouteille d'eau entière","Il demande de l'aide au public","Il fait mine de tomber"],"bonnereponse":"Il finit de s'habiller sur scène","incorrect":"0043201900650073007400200065006e0020006300680061006e00740061006e00740020007300610020007000720065006d006900e8007200650020006300680061006e0073006f006e002000280073006f007500760065006e0074002000ab00a0004a00650020006d20190076006f00790061006900730020006400e9006a00e000a000bb002900200071007520190069006c002000660069006e0069007300730061006900740020006400650020007320190068006100620069006c006c00650072002e00200049006c0020006e006f007500610069007400200073006100200063007200610076006100740065002c00200069006c00200065006e00660069006c006100690074002000730061002000760065007300740065002e002000410020006c0061002000660069006e00200064006500200073006f006e00200074006f007500720020006400650020006300680061006e0074002c00200069006c002000f4007400610069007400200073006500730020006300680061007500730073007500720065007300200071007520190069006c002000740065006e006100690074002000640061006e007300200073006500730020006d00610069006e0073002c0020007200650063006500760061006e00740020006c2019006f0076006100740069006f006e00200064006500200073006500730020007000720065006d0069006500720073002000660061006e00730020006c006500730020006200720061007300200065006e002000630072006f00690078002e002000410076006500630020006300650073002000660069006700750072006500730020006400650020007300740079006c00650020007300690020006200690065006e0020007200e90067006c00e900650073002c0020006c0065002000ab00a0004600720065006e006300680069006500a000bb002000640065007600690065006e007400200075006e006900760065007200730065006c002e","correct":"0043201900650073007400200065006e0020006300680061006e00740061006e00740020007300610020007000720065006d006900e8007200650020006300680061006e0073006f006e002000280073006f007500760065006e0074002000ab00a0004a00650020006d20190076006f00790061006900730020006400e9006a00e000a000bb002900200071007520190069006c002000660069006e0069007300730061006900740020006400650020007320190068006100620069006c006c00650072002e00200049006c0020006e006f007500610069007400200073006100200063007200610076006100740065002c00200069006c00200065006e00660069006c006100690074002000730061002000760065007300740065002e002000410020006c0061002000660069006e00200064006500200073006f006e00200074006f007500720020006400650020006300680061006e0074002c00200069006c002000f4007400610069007400200073006500730020006300680061007500730073007500720065007300200071007520190069006c002000740065006e006100690074002000640061006e007300200073006500730020006d00610069006e0073002c0020007200650063006500760061006e00740020006c2019006f0076006100740069006f006e00200064006500200073006500730020007000720065006d0069006500720073002000660061006e00730020006c006500730020006200720061007300200065006e002000630072006f00690078002e002000410076006500630020006300650073002000660069006700750072006500730020006400650020007300740079006c00650020007300690020006200690065006e0020007200e90067006c00e900650073002c0020006c0065002000ab00a0004600720065006e006300680069006500a000bb002000640065007600690065006e007400200075006e006900760065007200730065006c002e","indice":"","rowNumber":12},{"description":"","question":"En 1963, Charles Aznavour donne son premier concert à New York, au Carnegie Hall. Devant combien de spectateurs ?","choices":["1 400","2 400","3 400","4 400"],"bonnereponse":"3 400","incorrect":"0045006400640069006500200042006100720063006c006100790020006d006f00620069006c00690073006500200075006e0020006100760069006f006e00200065007400200061006d00e8006e006500200075006e0065002000630065006e007400610069006e006500200064006500200070006500720073006f006e006e00650073002c0020006a006f00750072006e0061006c00690073007400650073002000650074002000660061006d0069006c006c0065007300200064006500730020006d007500730069006300690065006e0073002c00200070006f00750072002000610073007300690073007400650072002000e000200063006500200063006f006e0063006500720074002000640061006e00730020006c00610020006c00e900670065006e00640061006900720065002000730061006c006c00650020006e00650077002d0079006f0072006b0061006900730065002e000a","correct":"0045006400640069006500200042006100720063006c006100790020006d006f00620069006c00690073006500200075006e0020006100760069006f006e00200065007400200061006d00e8006e006500200075006e0065002000630065006e007400610069006e006500200064006500200070006500720073006f006e006e00650073002c0020006a006f00750072006e0061006c00690073007400650073002000650074002000660061006d0069006c006c0065007300200064006500730020006d007500730069006300690065006e0073002c00200070006f00750072002000610073007300690073007400650072002000e000200063006500200063006f006e0063006500720074002000640061006e00730020006c00610020006c00e900670065006e00640061006900720065002000730061006c006c00650020006e00650077002d0079006f0072006b0061006900730065002e000a","indice":"","rowNumber":13},{"description":"","question":"En 1992, avec qui Charles Aznavour partage-t-il la scène pour une série de spectacles de music-hall ?","choices":["Liza Minnelli","Elton John","Madonna","Mireille Mathieu"],"bonnereponse":"Liza Minnelli","incorrect":"0043006800610072006c0065007300200041007a006e00610076006f0075007200200061002000660061006900740020006400650020006e006f006d00620072006500750078002000640075006f007300200061007600650063002000640065007300200069006300f4006e006500730020006400650020006c00610020006300680061006e0073006f006e00200069006e007400650072006e006100740069006f006e0061006c0065002c00200063006f006d006d00650020004300e9006c0069006e0065002000440069006f006e002c0020005000610075006c00200041006e006b006100200065007400200050006c0061006300690064006f00200044006f006d0069006e0067006f002e0020","correct":"0043006800610072006c0065007300200041007a006e00610076006f0075007200200061002000660061006900740020006400650020006e006f006d00620072006500750078002000640075006f007300200061007600650063002000640065007300200069006300f4006e006500730020006400650020006c00610020006300680061006e0073006f006e00200069006e007400650072006e006100740069006f006e0061006c0065002c00200063006f006d006d00650020004300e9006c0069006e0065002000440069006f006e002c0020005000610075006c00200041006e006b006100200065007400200050006c0061006300690064006f00200044006f006d0069006e0067006f002e0020","indice":"","rowNumber":14},{"description":"","question":"En 2009, le chanteur d'origine arménienne obtient un prestigieux titre. Lequel ?","choices":["Le Nobel de littérature","Le prix Sakharov","Ambassadeur d'Arménie en Suisse","Représentant de la France à l'Unesco"],"bonnereponse":"Ambassadeur d'Arménie en Suisse","incorrect":"0043006800610072006c0065007300200041007a006e00610076006f0075007200200061007600610069007400200066006f006e006400e900200065006e002000310039003800380020006c006500200063006f006d0069007400e900200041007a006e00610076006f0075007200200070006f007500720020006c002700410072006d00e9006e0069006500200070006f0075007200200063006f006c006c00650063007400650072002000640065007300200066006f006e00640073002000610070007200e800730020006c00650020007400650072007200690062006c00650020007400720065006d0062006c0065006d0065006e007400200064006500200074006500720072006500200071007500690020006100760061006900740020006600610069007400200070006c0075007300200064006500200035003000a000300030003000a0006d006f007200740073002e0020000a","correct":"0043006800610072006c0065007300200041007a006e00610076006f0075007200200061007600610069007400200066006f006e006400e900200065006e002000310039003800380020006c006500200063006f006d0069007400e900200041007a006e00610076006f0075007200200070006f007500720020006c002700410072006d00e9006e0069006500200070006f0075007200200063006f006c006c00650063007400650072002000640065007300200066006f006e00640073002000610070007200e800730020006c00650020007400650072007200690062006c00650020007400720065006d0062006c0065006d0065006e007400200064006500200074006500720072006500200071007500690020006100760061006900740020006600610069007400200070006c0075007300200064006500200035003000a000300030003000a0006d006f007200740073002e0020000a","indice":"","rowNumber":15}];var pubStylesheet = 'quiz-lemonde.css';var pub = 'lemonde';var compte_twitter = 'lemondefr';var button_ok = 'false';var cdn = '//s1.lemde.fr/assets-redaction/quizodeur/v2.0.5/';require(['//s1.lemde.fr/assets-redaction/quizodeur/v2.0.5/javascripts/quizcodeur.js'], function() { quizodeur(); });


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤ Charles Aznavour apparut pour la première fois à la télévision dans l’émission culturelle « Télé-Paris ». C’était le 3 août 1955.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤ Le chanteur s’est engagé sur le tard, mais intensément, en faveur de la reconnaissance du génocide arménien.
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Aznavour : mort d’un champion de la cause arménienne

Le chanteur s’est engagé sur le tard, mais intensément, en faveur de la reconnaissance du génocide arménien.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 16h48
 • Mis à jour le
01.10.2018 à 17h28
   





                        



   


Né à Paris en 1924, Charles Aznavour, de son vrai nom Shahnourh Varenagh Aznavourian, est l’héritier d’un génocide, celui des Arméniens de l’Empire ottoman perpétré moins de dix ans avant sa naissance. Son père Micha, Arménien de Géorgie, et sa mère Knar, seule rescapée de sa famille avec son arrière-grand-mère, avaient fui les derniers des massacres en se réfugiant en France comme les milliers d’Arméniens venus de la Turquie actuelle et établis le long de la vallée du Rhône et dans la capitale.

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          Charles Aznavour, chanteur et comédien, est mort



Longtemps, cette mémoire, celle d’1,5 million de massacrés, d’une culture et de terres perdues à jamais, est restée muette dans l’œuvre du chanteur, qui finira par s’engager davantage après l’indépendance de l’Arménie soviétique en 1991. « J’ai vraiment découvert l’Arménie pour la première fois en 1963, au cours d’une tournée en URSS. Je connaissais l’histoire du génocide, mais je n’ai jamais été un militant. Je suis d’accord pour commémorer, mais défiler dans une rue, ce n’est pas mon genre », a-t-il un jour expliqué.
Hymne national révolutionnaire arménien
En 1975, pour les soixante ans du génocide arménien, il chantait Ils sont tombés, un hommage aux victimes de l’extermination : « Ils sont tombés, sans trop savoir pourquoi/Hommes, femmes et enfants qui ne voulaient que vivre. » La chanson, qui devient l’hymne de la diaspora, est écrite avec le compositeur américain Georges Garvarentz, fils du poète Kevork Garvarentz, auteur de l’hymne national révolutionnaire arménien.

« Après le choc, je me suis rendu compte que j’étais vraiment d’origine arménienne »
En décembre 1988, un terrible tremblement de terre ravage la République socialiste soviétique d’Arménie, provoquant la mort de 50 000 personnes. C’est à cette date que remonte le début réel l’engagement de Charles Aznavour pour la cause arménienne. « Jusqu’ici, je disais toujours : “Je suis français d’origine arménienne.” Après le choc, je me suis rendu compte que j’étais vraiment d’origine arménienne », confiait-il à Paris Match.
Avec le réalisateur Henri Verneuil, également d’origine arménienne, il fait appel aux artistes français pour le tournage d’un clip en soutien aux victimes. Quatre-vingt-dix chanteurs et comédiens enregistrent la chanson Pour toi Arménie, qui se vend à un million d’exemplaires.

« Héros national », citoyen arménien et ambassadeur
Avec l’indépendance de l’Arménie soviétique et la guerre qui s’ensuit contre l’Azerbaïdjan voisin, l’implication de Charles Aznavour s’affirme. Ses liens avec la petite république du Caucase où il est immensément célèbre ne cessent de s’approfondir. Il est fait citoyen arménien en 2008, quatre ans après avoir été déclaré « héros national », et devient en 2009 ambassadeur d’Arménie en Suisse, où il est établi. Nouvelle distinction, un an plus tard, Charles Aznavour devient le nouveau représentant de l’Arménie auprès de l’Organisation des nations unies.
Dans les années qui ont suivi, le célèbre chanteur restera la personnalité incontournable de tous les rendez-vous diplomatiques et culturels franco-arméniens. Tenant en 2002 le rôle principal du film Ararat, consacré à la mémoire de l’extermination des Arméniens en 1915, il devient un défenseur assidu de la reconnaissance du génocide. En 2015, il accompagne le président François Hollande à la capitale Erevan pour les commémorations du centenaire des massacres. « J’espère que ces cérémonies du centenaire vont aider le peuple turc à se réveiller et à accepter le fait historique », déclara-t-il alors à la presse.
Réagissant à la mort du chanteur, lundi 1er octobre, le premier ministre arménien, Nikol Pachinian, à rendu hommage à « un fils exceptionnel du peuple arménien » :
« Il est difficile de croire qu’une personne qui a créé toute une époque, qui a créé toute une histoire, l’amour, qui a servi son peuple, une personne qui a pendant quatre-vingts ans émerveillé et réchauffé le cœur de dizaines, de centaines de millions de gens, n’est plus avec nous aujourd’hui. »
« C’est une perte énorme pour le peuple arménien, pour le peuple français. C’est une perte universelle, a poursuivi M. Pachinian. Il a créé des valeurs universelles et ces valeurs accompagneront l’humanité pendant encore des siècles », a-t-il ajouté. « C’est une nouvelle très triste pour notre pays et notre peuple. »

        Tribune de Charles Aznavour en 2015 :
         

          « Cent ans de solitude pour les Arméniens »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/10/03/19-20">
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ Charles Aznavour a joué dans plus de quatre-vingts longs-métrages, réalisés par quelques-uns des plus grands noms du cinéma français, dont François Truffaut, Claude Lelouch et Jean-Pierre Mocky.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ 