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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Ilots Paysans est une association qui permet à des nouveaux agriculteurs de tester leurs projets. Elle fait partie des quatre candidats aux prix « Coup de cœur du public » des Grands Prix de la finance solidaire.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Les autorités ont décidé de la fermeture du décor du film de Danny Boyle pour une durée indéterminée, alors que le corail souffre du passage des touristes.
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Thaïlande : la baie rendue célèbre par le film « La Plage » dégradée par le tourisme de masse

Les autorités ont décidé de la fermeture du décor du film de Danny Boyle pour une durée indéterminée, alors que le corail souffre du passage des touristes.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 14h19
   





                        



   


A l’affiche du film La Plage, en 1999, Leonardo Di Caprio, Virginie Ledoyen et Guillaume Canet découvraient, ébahis, le sable blanc et l’eau turquoise de la baie de Maya, sur l’île thaïlandaise de Koh Phi Phi Le. Près de vingt ans plus tard, l’iconique paysage est victime du succès touristique entraîné par la renommée mondiale du film : la plage a subi une érosion sévère et une grande partie des récifs coralliens a été endommagée en raison de la pollution des moteurs.
Les autorités locales ont décidé, lundi 1er octobre, de prolonger sa fermeture, décidée une première fois au mois de mai dernier. La plage accueillait quelque 5 000 visiteurs par jour, parmi lesquels un nombre croissant de Chinois. La plupart ne restaient que quelques dizaines de minutes, avant de rembarquer sur des hors-bord affrétés par les multiples tours-opérateurs de la région.
La décision des autorités est basée sur une étude récente, qui a démontré qu’il était « impossible » de remédier au problème en seulement quatre mois, a déclaré à l’AFP Songtam Suksawang, directeur du bureau des parcs nationaux. La fermeture a donc été prolongée jusqu’à ce que l’écosystème de la zone « retrouve une situation normale », a-t-il ajouté.

   


35 millions de touristes en Thaïlande chaque année
« La réhabilitation de Maya Bay devrait durer au moins quatre ans », a estimé Arnaud Simons de l’ONG Ocean Quest Global. « Au cours des derniers mois, la saison de la mousson et la mer agitée ont entravé les efforts de réhabilitation des coraux, mais nous ne doutons pas que les objectifs seront atteints à long terme », a-t-il ajouté.
Pour Paul Pruangkarn, de la Pacific Asia Travel Association (PATA), qui réunit des professionnels du tourisme, la prolongation de la fermeture est une arme à double tranchant : « cela peut être une bonne chose, surtout quand il s’agit d’environnement, de prendre son temps pour réparer les dommages. [Mais] le gouvernement doit réfléchir à la manière dont il peut aider » la population locale, qui vivait du tourisme.

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                Le tourisme fait s’envoler le réchauffement planétaire



La Thaïlande, qui accueille chaque année plus de 35 millions de vacanciers, est confrontée à une dégradation avancée de ses fonds marins. Outre le réchauffement climatique, le comportement des touristes, qui n’hésitent pas à marcher sur les coraux, est pointé du doigt – tout comme la surabondance de tours-opérateurs et l’absence de régulation sur ces îles, censées être protégées par leur statut de parcs nationaux.
Ce même phénomène de surpopulation touristique se retrouve à travers l’Asie du Sud-Est, accompagné de ses conséquences sur le fragile écosystème des îles : en avril, les Philippines ont, par exemple, décidé de la fermeture pour quatre mois de Boracay, l’île la plus courue de l’archipel.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ La Parlement européen a fixé un objectif de réduction de 40 % d’ici à 2030. Les constructeurs comptent sur la France et l’Allemagne pour revoir cet objectif à la baisse.
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Les eurodéputés veulent durcir les normes d’émissions de CO2 pour les voitures

La Parlement européen a fixé un objectif de réduction de 40 % d’ici à 2030. Les constructeurs comptent sur la France et l’Allemagne pour revoir cet objectif à la baisse.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 13h38
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 17h25
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Dans les travées du Mondial de l’automobile, à Paris, les constructeurs ont reçu une nouvelle difficile à avaler à l’heure du déjeuner : le résultat du vote organisé mercredi 3 octobre au Parlement européen. Il visait à durcir les normes d’émissions de dioxyde de carbone (CO2), qui s’appliqueront aux voitures commercialisées à partir de 2020. Par 389 voix pour (239 contre), les eurodéputés ont adopté une résolution fixant un objectif de réduction de 40 % d’ici à 2030, avec un palier intermédiaire de 20 % en 2025.
Une position en retrait par rapport aux 45% défendus par la commission de l’environnement mais plus ambitieuse que celle exprimée par la Commission européenne. « A la veille de ce vote, l’industrie automobile et la Commission européenne ont exercé des pressions sans précédent pour tenter de diluer davantage la position du Parlement », témoigne Karima Delli, la présidente (EELV) de la commission transports à Strasbourg. En novembre  2017, Bruxelles avait proposé une diminution limitée à 30 %. « Trop difficile à atteindre », avait déjà réagi l’Association européenne des constructeurs automobiles qui se dit prête à aller jusqu’à 20% mais pas plus. « Très largement insuffisant », avaient tonné les organisations environnementales et les Verts européens, dénonçant « un cadeau au lobby automobile ».
Si les députés européens ont accentué la pression sur les constructeurs, ce n’est pas leur proposition qui s’imposera forcément in fine. Un conseil des ministres européens de l’environnement est prévu le 9 octobre pour arrêter la position des Etats membres de l’Union européenne (UE). S’ouvrira ensuite une négociation tripartite (entre la Commission, le Parlement et le Conseil) pour un texte final attendu au début de 2019, avant les élections européennes.

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                Nouvelles normes d’émissions de CO2 : Bruxelles cède au lobby automobile



« Incompatible avec les objectifs de l’accord de Paris »
La position officielle de la France n’est pas encore connue, mais des éléments ont déjà filtré. Hasard du calendrier, Emmanuel Macron avait choisi ce mercredi pour déambuler entre les stands du Mondial de l’automobile, porte de Versailles. Face aux plaintes des constructeurs qui jugent les objectifs assignés par les députés européens « irréalistes », le chef de l’Etat a proposé un « deal » à la vingtaine de patrons conviés à un dîner à l’Elysée lundi, à l’occasion des 70 ans de la manifestation. En substance et toujours selon le fameux principe de l’« en même temps » : prenez des engagements forts à court terme -sur les véhicules électriques ou en participant fiancièrement à la reprise des véhicules les plus polluants; ensuite, nous verrons avec l’Allemagne pour ajuster ces objectifs.
Or si la position de la France est encore floue, celle de l’Allemagne est très claire : s’aligner sur la proposition, moins contraignante, de la Commission européenne. Angela Merkel l’a réaffirmé dans l’accord que la chancelière a passé le 1er octobre avec les constructeurs allemands pour qu’ils mettent la main à la poche pour le remplacement des vieux diesels par des véhicules plus propres.
« Le deal proposé par le Président de la République aux constructeurs automobiles ouvre la porte à une réduction des objectifs réglementaires promus par la France », s’inquiète Agathe Bounfour, responsable Transports au Réseau Action Climat (RAC). Avant sa démission du ministère de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot s’était dit favorable à un durcissement des normes « jusqu’à 40 % ».
La présidence autrichienne de l’Union européenne (UE) travaille, elle, sur un compromis (35 % en 2030 et 15 % en 2025). Une proposition jugée « incompatible avec les objectifs de l’accord de Paris » [de réduire d’au moins 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport à 1990], par les associations du RAC. L’ICCT (International Council on Clean Transportation – « Conseil international pour un transport propre »), l’ONG américaine qui a révélé le scandale du « dieselgate », a fait le calcul : pour respecter la trajectoire de l’accord de Paris, la réduction des émissions de CO2 des voitures devrait atteindre au moins 70 % d’ici à 2030.
« Les émissions liées au transport routier ont augmenté d’environ 20 % depuis 1990 »
Le secteur du transport est le premier émetteur de gaz à effets de serre. Et le trafic automobile représente à lui seul environ 12 % des émissions générées par les pays de l’Union européenne. Or, comme le relève le commissaire européen au climat et à l’énergie, Miguel Arias Cañete, « l’UE a réduit ses émissions de 23 % depuis 1990 quand les émissions liées au transport routier ont augmenté d’environ 20 % ».
En 2017, les émissions de CO2 des véhicules neufs sont mêmes reparties à la hausse en Europe et pour la première fois depuis 1995 en France. Le résultat combiné de la chute des ventes de véhicules diesel et de l’explosion des « SUV », ces grosses berlines qui paradent au Mondial de l’automobile.

        Lire aussi la tribune :
         

          Lutte contre la pollution : « Le rôle primordial des constructeurs automobiles »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Après une année 2017 record et alors que le Mondial de l’auto ouvre ses portes le 4 octobre à Paris, les constructeurs s’apprêtent à affronter des temps plus incertains, du fait du Brexit, des nouvelles normes et du ralentissement du marché chinois.
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L’industrie automobile fait face à une série d’obstacles

Après une année 2017 record et alors que le Mondial de l’auto ouvre ses portes le 4 octobre à Paris, les constructeurs s’apprêtent à affronter des temps plus incertains, du fait du Brexit, des nouvelles normes et du ralentissement du marché chinois.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 11h29
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Les carrosseries rutilent, les conférences de presse s’enchaînent, les partenariats se nouent, le champagne pétille dans les flûtes… En ce mardi 2 octobre, toute l’industrie de la voiture, réunie pour le Mondial de l’automobile à Paris, porte de Versailles, semble fêter avec entrain des années de croissance ininterrompue et les promesses de bouleversements technologiques qui conduisent le monde vers une mobilité électrique, autonome et connectée.

Pourtant, quelque chose a changé dans les têtes des patrons du secteur depuis quelque temps. Semblable à la bise désagréable qui souffle sur Paris, un léger vent d’inquiétude rafraîchit l’ambiance dans les stands. Jacques Aschenbroich, PDG du groupe français Valeo, l’un des grands équipementiers mondiaux, s’en fait l’écho. « Dès la fin juillet, nous avons alerté sur la montée de phénomènes négatifs, a expliqué le patron de Valeo au Monde quelques jours avant le Mondial : difficultés d’homologation des véhicules en Europe avec la nouvelle norme WLTP [d’homologation des véhicules], fragilisation du marché chinois, prix des matières premières, impacts des taxes aux Etats-Unis. »
« Trois mois après, nous sommes en plein dedans, poursuit M. Aschenbroich. Tout le monde admet que le WLTP a été plus complexe que prévu à mettre en place et que ce problème va peser sur la production européenne au troisième trimestre. En Chine, les immatriculations ont baissé de 7 % en août. A ces difficultés immédiates s’ajoutent des incertitudes pour 2019. Devons-nous nous préparer à un Brexit dur au mois de mars ? La Chine va-t-elle flancher durablement ? La guerre commerciale entre Chine et Etats-Unis va-t-elle s’envenimer ? »
Grandes inconnues
Aller à la rencontre des PDG et des hauts cadres de l’automobile dans les pavillons du Parc des expositions de la porte de Versailles confirme cet état d’esprit. Les inconnues sont grandes, et cette industrie qui fonctionne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Préparons dès aujourd’hui la reconversion des travailleurs du diesel et du nucléaire dans les activités générées par les mobilités propres et les énergies renouvelables, préconise Sébastien Delpont, expert du secteur, dans une tribune au « Monde ».
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Transition énergétique : « Il faut accompagner les filières vers de nouveaux chemins professionnels »

Préparons dès aujourd’hui la reconversion des travailleurs du diesel et du nucléaire dans les activités générées par les mobilités propres et les énergies renouvelables, préconise Sébastien Delpont, expert du secteur, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 09h49
    |

Sébastien Delpont (Directeur associé de GreenFlex)







                        



                                


                            
Tribune. La transition de nos modèles énergétiques est inévitable et déjà en marche. Les filières de l’efficacité énergétique, des transports décarbonés et des énergies renouvelables vont gagner la partie. Un des freins qu’il nous reste à lever pour changer d’échelle sera notre capacité collective à accompagner les filières qui vont s’éteindre – et surtout ceux qui y travaillent – vers de nouveaux chemins professionnels. Alors que des arbitrages politiques sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) doivent être rendus avant la fin de l’année, ce sera un élément essentiel à prendre en compte.
L’acharnement thérapeutique à vouloir sauver le diesel (12 000 emplois directs) ou le nucléaire (100 000 à 120 000 emplois directs) n’a plus de sens. Osons cesser de soutenir artificiellement des filières qui s’enfoncent dans l’impasse. Elles étaient la jeunesse et l’avenir du monde industriel en 1970, elles ne le sont plus un demi-siècle plus tard. Leurs heures de gloire sont derrière elles, leur futur est dans les livres d’histoire. Aujourd’hui, elles voient déjà beaucoup de talents les quitter et peinent à en attirer de nouveaux, faute de regarder cette situation avec lucidité.

Plutôt que de cultiver le déni, essayons de ne pas répéter ce que nous n’avons pas su bien faire par le passé : les bassins charbonniers du nord et de l’est de la France ne s’en sont pas encore vraiment remis. Organisons une transition qui minimisera les détresses humaines au lieu de les subir douloureusement par refus de s’y préparer. Les filières énergétiques du passé ont le droit de mourir dans la dignité et sans souffrances inutiles.
Au Danemark, des chantiers navals à l’éolien
Les mesures anti-énergies renouvelables et pro-charbon récemment prises aux Etats-Unis ont eu pour conséquence des destructions d’emploi et des baisses massives d’activité chez les artisans, ces « Plumber Joe » qui installent des panneaux solaires et avaient pourtant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Pour l’ingénieur Henri Prévot et le député centrafricain Jean-Pierre Mara qui s’expriment dans une tribune au « Monde », les efforts de la France en faveur du solaire trouveraient un terrain plus efficace en Afrique que sur le territoire national.
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« La France et les pays d’Afrique subsaharienne gagneraient à approfondir leur coopération dans la production d’électricité »

Pour l’ingénieur Henri Prévot et le député centrafricain Jean-Pierre Mara qui s’expriment dans une tribune au « Monde », les efforts de la France en faveur du solaire trouveraient un terrain plus efficace en Afrique que sur le territoire national.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 13h08
    |

Jean-Pierre Mara (Député de la République centrafricaine) et Henri Prévot (Ingénieur ­général des Mines)







                        



                                


                            
Tribune. Contrairement à ce que l’on pense généralement, l’Afrique subsaharienne s’électrifie rapidement. Selon les statistiques de l’Agence internationale de l’énergie, dans onze pays représentant 70 % de la population, la consommation d’électricité est passée, en dix ans, de 2005 à 2015, de 122 à 171 kWh par habitant et par an (par comparaison, elle est aujourd’hui en France de 7 000 kWh par habitant et par an).
Mais une valeur moyenne ne rend pas compte de la situation réelle. Dans ces pays, si les grandes villes sont reliées à un réseau électrique, d’ailleurs souvent défaillant, plus de 600 millions de personnes vivant dans les zones moins urbanisées ne sont pas reliées, et ce nombre augmente.
A titre d’exemple, en République centrafricaine (RCA), pays de près de 5 millions d’habitants, l’approvisionnement en électricité dépend presque uniquement de l’usine hydroélectrique de Boali. Sa puissance est de 20 MW, mais près du quart, du fait de la vétusté du réseau de transport, est perdue avant de parvenir à la ville de Bangui, dont les 800 000 habitants sont à tour de rôle, quartier par quartier, privés d’électricité une journée entière. Et Bangui est la seule ville du pays desservie par un réseau électrique.
Source d’énergie sans limite
Or, sans électricité, toute activité est entravée : les hôpitaux et la médecine moderne, les écoles, les transports, les manutentions, les télécommunications. Sans électricité, pas de développement économique et social.

Hors des villes, il y a certes une production d’électricité qui échappe aux statistiques, celle des groupes électrogènes. Mais c’est un moyen polluant et coûteux car son rendement est médiocre : 30 % pour un groupe de forte puissance ; 20 % seulement pour un groupe de 5 kW. En RCA, par exemple, le gazole arrivé sur le lieu de consommation coûte 820 francs CFA (1,25 euro) par litre. Ce prix est subventionné ; le coût réel est de l’ordre de 2 euros par litre, ce qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Le nucléaire de troisième génération tout comme les énergies renouvelables sont coupables de dérives coûteuses, alertent les deux experts Jacques Percebois et Stanislas Pommeret dans une tribune au « Monde ».
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Nucléaire, renouvelables : « Le débat doit prendre en compte tous les coûts »

Le nucléaire de troisième génération tout comme les énergies renouvelables sont coupables de dérives coûteuses, alertent les deux experts Jacques Percebois et Stanislas Pommeret dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 10h31
    |

Jacques Percebois (Professeur émérite à l’université de Montpellier) et Stanislas Pommeret (Président de la division énergie de la SCF)







                        



                                


                            
Tribune. Le débat parlementaire sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) va relancer les discussions sur la place relative du nucléaire et des renouvelables. Le mix électrique français est très largement « décarboné », ce qui est un atout dans un contexte de lutte contre le réchauffement climatique, mais se trouve être largement le produit de l’histoire et des diverses transitions impulsées par les pouvoirs publics depuis des décennies, et non pour des raisons environnementales.
Lors des chocs pétroliers (1974 et 1979), la France s’est tournée vers le nucléaire au nom de l’indépendance énergétique. En 1974, le nucléaire ne représentait que 8 % de la production d’électricité ; il en couvre aujourd’hui 72 à 75 %. Comme l’hydraulique permet de satisfaire 12 % environ des besoins et que les autres renouvelables (éolien et photovoltaïque) en fournissent 6 %, l’électricité produite en France est à 93 % « décarbonée ».
Le thermique classique (gaz, charbon et fioul) n’en représente que 7 %. Toute réduction de la part du nucléaire qui ne serait pas compensée par un développement des renouvelables conduirait à un accroissement de la production thermique classique (généralement au gaz) donc à plus d’émissions de CO2, comme ce fut d’ailleurs le cas fin 2016 avec l’arrêt de plusieurs réacteurs nucléaires suite à une demande de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).
Pour l’EPR de Flamanville, le montant annoncé de 10,9 milliards d’euros porte le coût du MWh à près de 100 euros, soit 10 centimes d’euro par kWh
Le nucléaire de 2e génération (les 58 réacteurs en fonctionnement), largement amorti, est aujourd’hui compétitif puisque, malgré le bas prix de l’électricité sur le marché de gros (40 à 50 euros le MWh, soit 4 à 5 centimes d’euro par kWh), son coût est de l’ordre de 33 euros le MWh (soit 3,3 centimes d’euro par kWh).
Mais il n’en va pas de même pour le nucléaire de 3e génération (EPR), dont le coût...




                        

                        


<article-nb="2018/10/03/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ La catastrophe a fait 1 374 morts, selon le dernier bilan, et près de 200 000 personnes nécessitent une aide humanitaire d’urgence.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Indonésie : le bilan du séisme et du tsunami s’alourdit, les besoins sont « immenses »

La catastrophe a fait 1 374 morts, selon le dernier bilan, et près de 200 000 personnes nécessitent une aide humanitaire d’urgence.



LE MONDE
 |    03.10.2018 à 06h47
 • Mis à jour le
03.10.2018 à 07h21
   





                        



Le bilan du séisme suivi d’un tsunami s’est de nouveau alourdi en Indonésie : près de 1 400 personnes ont péri sur l’archipel des Célèbes, selon un nouveau décompte, l’ONU avertissant mardi 2 octobre de besoins « immenses » à la fois pour les survivants et pour les secours.
« Le bilan est désormais de 1 374 morts et 113 blessés, a annoncé à Palu, sur la côte ouest des Célèbes, Willem Rampangilei, directeur de l’agence indonésienne de gestion des catastrophes naturelles. Il y a toujours quelques corps piégés sous les décombres. Nous ignorons combien. Notre priorité reste de trouver et sauver des gens ». Les autorités anticipent une hausse du bilan au fur et à mesure que les secours progresseront dans les zones qui demeurent hors d’atteinte.
Près de 200 000 personnes nécessitent par ailleurs une aide humanitaire d’urgence, selon le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), parmi lesquels des dizaines de milliers d’enfants. On estime à 66 000 le nombre de logements qui ont été détruits vendredi par la secousse de magnitude 7,5 et le raz-de-marée destructeur qu’elle a engendré.

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« Les besoins demeurent immenses »
Depuis, les survivants combattent la faim et la soif en raison d’un manque d’eau potable et de nourriture, et les autorités sont dépassées par le nombre de blessés à traiter. « Bien que le gouvernement et les organisations d’urgence travaillent sans relâche pour apporter une aide vitale, les besoins demeurent immenses », a indiqué mardi l’Ocha dans un communiqué. « Le sentiment des équipes travaillant sur place est un sentiment de frustration, a précisé à Genève Jens Laerke, de l’Ocha. Des portions importantes de ce qui pourrait être la zone la plus touchée n’ont toujours pas été complètement atteintes. Mais les équipes se démènent et font ce qu’elles peuvent ».
Le Centre de coordination de l’aide humanitaire de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean), basée à Jakarta, a fait état d’un besoin urgent de sacs mortuaires. Dans le climat équatorial chaud et humide qui prévaut en Indonésie, la décomposition est accélérée et fournit un terrain propice aux maladies.
Les secours manquent aussi d’équipements lourds. Ils peinent également du fait de la coupure des routes et de l’ampleur même des dégâts. L’armée indonésienne dirige les efforts mais, à la suite d’un appel du président, des ONG internationales ont également dépêché des équipes sur le terrain.
Mardi soir, le Fonds central d’intervention d’urgence de l’ONU a annoncé le déblocage de 15 millions de dollars d’aide. « Le gouvernement indonésien a l’expérience et est bien équipé pour la gestion des catastrophes naturelles mais, parfois, comme c’est le cas pour les autres pays, une aide extérieure est nécessaire », a expliqué le secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires, Mark Lowcock. Mercredi, l’Australie a annoncé qu’elle dépêchait une équipe médicale dans les zones touchées et qu’elle débloquait cinq millions de dollars d’aide.

   


« Nous n’avons plus rien »
Dans les rues de Palu, le désespoir était néanmoins bien réel chez les survivants, certains parcourant les décombres pour sauver tout ce qui peut être sauvé. D’autres se pressent autour de rallonges électriques dans les quelques bâtiments disposant encore de courant. D’autres encore patientent pour recevoir l’eau, l’argent ou l’essence acheminés par un convoi de l’armée. Parfois, il faut faire 24 heures de queue pour obtenir quelques litres de pétrole.
« Le gouvernement, le président sont venus, mais ce dont nous avons réellement besoin, c’est d’eau et de nourriture », a expliqué à l’Agence France-Presse Burhanuddin Aid Masse, 48 ans. Les installations sanitaires sont par ailleurs un problème de plus en plus grave. « Partout, les gens veulent aller aux toilettes mais il n’y en a pas. Alors il faut faire ses besoins de nuit, au bord de la route », explique Armawati Yarmin, 50 ans.
Les installations portuaires de Palu, un point d’accès crucial dans cette région accidentée, ont été fortement endommagées. Les points d’amarrages sont intacts mais la plupart des grues et équipements nécessaires au déchargement des navires ont été renversés dans la catastrophe, explique l’ONU.
Sur la route menant à Donggala, une ville au nord de Palu plus proche de l’épicentre, les dégâts sont immenses. L’agglomération en elle-même semble avoir été épargnée, mais dans les zones les plus touchées, on ne voit presque plus aucun bâtiment debout. « N’envoyez pas toute l’aide à Palu, implorait Farid, un habitant de Donggala âgé de 48 ans. Nous n’avons plus rien. »

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Des députés fustigent un texte trop timide sur la défense de l’environnement, tandis que d’autres le jugent trop contraignant pour les paysans.
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Le projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation définitivement adopté

Des députés fustigent un texte trop timide sur la défense de l’environnement, tandis que d’autres le jugent trop contraignant pour les paysans.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 19h20
   





                        


Le texte avait fait l’objet d’un long débat et de plus de 5 500 amendements. Le projet de loi agriculture et alimentation, qui vise notamment à permettre aux agriculteurs d’être mieux rémunérés, a été adopté définitivement mardi 2 octobre par le Parlement.
Au total, 227 députés ont voté pour, 136 contre, et onze se sont abstenus. Tous les groupes d’opposition de droite comme de gauche ont voté contre ou se sont abstenus, dénonçant un texte « creux » et « une occasion manquée ».

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« Nous avons inscrit dans la loi des mesures fortes pour réformer en profondeur le modèle agricole et alimentaire français », a plaidé le rapporteur du texte, le député (La République en marche) de la Creuse Jean-Baptiste Moreau. Certains fustigent un texte trop timide sur la défense de l’environnement, tandis que d’autres le jugent trop contraignant pour les paysans. « Ce texte est bien en deçà de nos espérances », a déploré le député LR de l’Aveyron Arnaud Viala, estimant que « les agriculteurs ont trop souvent été désignés comme des pollueurs et des empoisonneurs ».
« Politicard de première »
Issu des états généraux de l’alimentation, le projet de loi dit « Egalim » entend rééquilibrer les relations commerciales entre agriculteurs, transformateurs et distributeurs, et mettre fin à une guerre de prix mortifère pour toute la filière.
Pour y parvenir, le gouvernement propose l’inversion de la construction des tarifs en partant des coûts pesant sur les agriculteurs, ce qui induit la création d’indicateurs de prix. Ceux-ci seront fixés par les organisations interprofessionnelles, ce qui déçoit les syndicats agricoles. Toutes les filières ne se sont pas encore mises d’accord sur ces nouveaux barèmes, alors que les négociations commerciales avec les distributeurs commencent dans deux mois.
Les distributeurs auront également interdiction d’écouler leurs produits sous le prix d’achat au fournisseur majoré d’une marge de 10 %, et les rabais seront plafonnés à 34 % de la valeur finale d’un produit.
Ces deux mesures, qui feront l’objet d’un test d’une durée de deux ans, trouveront leur traduction dans une ordonnance permettant une entrée en vigueur au plus tard à la fin de novembre. « Le gouvernement restera attentif aux conditions de déroulement des négociations commerciales et mobilisera les dispositifs prévus par la loi pour contrôler et sanctionner les comportements abusifs », a promis, vendredi, le premier ministre, Edouard Philippe.
Mission de suivi sur le glyphosate
Les mécanismes ainsi créés suscitent le scepticisme des agriculteurs et l’ire de Michel-Edouard Leclerc, président du groupement de distributeurs portant son nom, selon qui le texte entraînera une hausse des prix sur des produits de grandes marques sans avoir aucun effet bénéfique pour les paysans. Le médiatique président de Leclerc a de nouveau développé son argumentaire, mardi, sur Franceinfo en attaquant au passage Stéphane Travert, qu’il a qualifié de « politicard de première ».
Autre sujet clivant, jusqu’au sein de la majorité : le glyphosate. Les députés ont de nouveau refusé d’inscrire dans la loi interdisant l’herbicide controversé, dont le gouvernement a programmé la sortie à l’horizon 2020-2021 pour laisser aux agriculteurs le temps de s’adapter. Une mission de suivi sur ce sujet brûlant a été mise en place la semaine dernière à l’Assemblée.

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Généraliser les « doggy bags »
Le projet de Loi Egalim s’intéresse aussi au contenu des assiettes en fixant l’objectif de 50 % de produits bio ou bénéficiant d’un label de qualité d’ici à 2022 dans la restauration collective. Il prévoit l’expérimentation du menu végétarien et l’interdiction des contenants alimentaires en plastique dans les cantines. Est aussi prévu un meilleur étiquetage indiquant le pays d’origine des vins et des miels mélangés.
En matière de bien-être animal, les députés ont doublé les sanctions encourues en cas de mauvais traitements, lancé l’expérimentation du contrôle vidéo dans les abattoirs et interdit l’installation de nouveaux élevages de poules en cage.
Pour mieux lutter contre le gaspillage, les parlementaires veulent généraliser à partir de 2021 les doggy bags, les contenants servant à emporter les restes au restaurant. Les objets à usage unique en matière plastique (pailles, touillettes, couverts, couvercles, plateaux-repas, boîtes, pots à glace, etc.) seront, quant à eux, interdits au 1er janvier 2020.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Le nombre de morts particulièrement élevé relève de la conjugaison de plusieurs facteurs comme la liquéfaction du sol. Explication en images.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Tuberculose, jusqu’à quand ? (5). L’Afrique du Sud est le seul des 22 pays les plus touchés par la maladie infectieuse à y consacrer plus de 0,1 % de son budget de recherche.
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Compte rendu

A Johannesburg, le township de Tembisa à la pointe de la recherche sur la tuberculose

Tuberculose, jusqu’à quand ? (5). L’Afrique du Sud est le seul des 22 pays les plus touchés par la maladie infectieuse à y consacrer plus de 0,1 % de son budget de recherche.

Par                                            Adrien Barbier (Tembisa, Afrique du Sud, envoyé spécial)




LE MONDE
              datetime="2018-10-02T18:30:28+02:00"

        Le 02.10.2018 à 18h30






    
Traitements préventifs, dépistage, épidémiologie : autant de nouveaux outils qui doivent permettre d’améliorer la prise en charge de la maladie.
Crédits : The Aurum Institute


Ils sont une dizaine d’hommes, adossés contre un mur ou accroupis par terre, dans un cul-de-sac de Tembisa, un township au nord de Johannesburg. Ils dealent ou consomment du nyaope, un cocktail de drogues extrêmement addictif qui fait des ravages en Afrique du Sud. Alors que la voiture de John Mtuli s’arrête à leur hauteur, les jeunes le reconnaissent et s’approchent. « Certains de nos candidats sont des consommateurs de drogues, explique ce travailleur communautaire qui connaît Tembisa comme sa poche. Paradoxalement, ce sont eux qui sont les plus assidus. » 

        Présentation de notre série
         

          Tuberculose, jusqu’à quand ?



Employé par l’Institut Aurum, il se consacre à trouver des patients atteints de la tuberculose, afin de les recruter pour participer à des études cliniques. En 2010, cette organisation sud-africaine a ouvert dans le township un centre de recherche où pas moins de 1 217 patients ont été recrutés pour participer à 23 essais thérapeutiques. Vaccins, traitements préventifs, dépistage, épidémiologie : autant de nouveaux outils qui doivent permettre d’améliorer la prise en charge de la maladie.
Avec 78 000 décès en 2017, la tuberculose est la première cause de mortalité en Afrique du Sud, bien avant les homicides (41 000) et les accidents cardiovasculaires. C’est aussi la première cause de mortalité chez les patients vivant avec le VIH, dont 60 % en sont également atteints. Le pays de Nelson Mandela a pris la mesure de l’urgence et met les bouchées doubles pour combattre cette maladie sous-estimée, curable la plupart du temps, mais dont les traitements sont lourds et comportent d’importants effets secondaires.
« Les vacances sont finies »
Le revirement de l’Afrique du Sud est total par rapport à l’épidémie de sida qui avait durement touché le pays. Dans les années 2000, les autorités avaient été fortement critiquées pour leur inaction. Le président d’alors, Thabo Mbeki, niait le lien entre le VIH et la maladie infectieuse et doutait de l’efficacité des antirétroviraux (ARV). Résultat : le pays est aujourd’hui le plus touché par le sida et concentre 19 % des personnes séropositives dans le monde.
Près de vingt ans plus tard, avec la diffusion généralisée des ARV, plus de 6 millions de personnes sont désormais sous traitement et l’épidémie est en recul. Surtout, le pays a développé une approche décentralisée et intégrée pour lutter contre la coinfection VIH-tuberculose. Les deux vont de pair. La tuberculose étant la première maladie responsable du décès des séropositifs, la meilleure diffusion des ARV a permis de réduire le nombre de nouveaux cas de 7 % par an en moyenne entre 2010 et 2017, a noté l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans son rapport 2018.

        Episode 3
         

          Une armée de volontaires en Ethiopie pour vaincre la tuberculose



Pour le docteur Norbert Ndjeka, du département tuberculose au ministère sud-africain de la santé, ces bons résultats sont le produit d’un engagement politique fort. « Lorsque le ministre Aaron Motsoaledi est arrivé en 2009, il nous a dit : “Les vacances sont finies”, affirme le spécialiste. L’autre ingrédient, ce sont nos chercheurs de renommée mondiale, qui perfectionnent les outils dont nous disposons pour lutter contre la maladie. » Des 22 pays les plus fortement touchés, l’Afrique du Sud est le seul qui consacre plus de 0,1 % de son budget de recherche et développement à la tuberculose.
« On interroge chaque nouvel entrant »
John Mtuli poursuit la visite. A quelques centaines de mètres de l’hôpital de Tembisa, une rangée de toilettes sèches préfabriquées longe un bidonville qui abrite un millier d’âmes. « Ici, 90 % des gens sont au chômage. Ils n’ont qu’un point d’eau et les toilettes sont nettoyées une fois par mois », explique t-il. La surpopulation et l’insalubrité font du township le plus gros foyer de tuberculose, affection qui touche d’abord et avant tout les plus pauvres.
Mais parce que la bactérie se transmet par l’air, les malades peuvent être partout. Aurum travaille donc ses relations avec les structures communautaires, les églises, les responsables politiques, ainsi que les ONG qui organisent des dépistages mobiles du sida aux abords des stations de bus ou des centres commerciaux. Le plus gros contingent de candidats aux études cliniques vient du centre de santé de Tembisa qui, depuis 2016, a complètement changé sa prise en charge de la tuberculose.

        Episode 4
         

          « En Afrique, avoir la tuberculose est aujourd’hui plus stigmatisant qu’avoir le VIH »



Les patients sont reçus dans une salle qui donne directement sur la porte de sortie, afin de minimiser les contacts avec les autres. « Depuis deux ans, on interroge chaque nouvel entrant, quelle que soit la raison de sa venue. S’il est séropositif, s’il tousse, s’il a maigri subitement ou s’il y a des personnes infectées dans son entourage immédiat, alors on fait les tests », explique l’énergique directrice du centre, Constance Mathuma.
Elle montre volontiers ses chiffres : en deux ans, le taux de guérison est passé de 70 % à 93 %. L’introduction du test GeneXpert – un nouvel outil de diagnostic dont plus de 200 unités ont été installées dans le pays depuis 2011 – a révolutionné le dépistage. Il ne faut plus que quelques jours pour obtenir les résultats, contre deux mois auparavant. Cette technologie a également permis d’améliorer la prise en charge des formes multirésistantes de la maladie, un énorme défi pour le personnel de santé. Le test permet en effet de savoir si le patient réagit ou non aux deux molécules habituellement utilisées pour traiter la tuberculose.
12 pilules au lieu de 300
« L’autre grande difficulté, note toutefois la directrice, ce sont les travailleurs migrants qui disparaissent dans la nature du jour au lendemain et peuvent potentiellement répandre la maladie. » Situé à quelques kilomètres du centre industriel de Johannesburg, Tembisa accueille traditionnellement des travailleurs pauvres de tout le pays venus trouver un emploi. D’après le ministère de la santé, 30 % des malades diagnostiqués ne suivent pas de traitement, et jusqu’à 20 % de ceux qui sont sous traitement l’abandonnent en cours de route.
En plus d’une meilleure traçabilité des patients, l’allégement des traitements est la grande priorité. C’est l’objectif d’Aurum, qui teste actuellement à Tembisa un traitement intégré, le 3HP, à base d’isoniazide et de rifampicine, à prendre une fois par semaine pendant trois mois. « Soit 12 pilules à ingérer au total contre 300 actuellement, c’est assez formidable », note Trevor Beatie, le responsable des études cliniques.

        Episode 2
         

          A la poursuite des « cas manquants » de tuberculose dans les villages sénégalais



L’étude cherche notamment à vérifier l’interaction du traitement avec la nouvelle génération d’ARV, dans l’idée de proposer systématiquement le 3HP de manière préventive aux nouveaux séropositifs. « Avec nos résultats, on peut convaincre les laboratoires pharmaceutiques de produire en masse certains médicaments et ainsi de baisser les coûts », espère le responsable.
Aurum teste enfin deux vaccins prometteurs, alors que le seul disponible pour l’instant, le BCG, proposé aux enfants, n’agit plus à l’âge adulte. « Pour nous, c’est la partie la plus excitante de nos recherches, s’enthousiasme Trevor Beatie. Toutes les grandes maladies infectieuses ont été éradiquées par un vaccin. »

Sommaire de notre série Tuberculose, jusqu’à quand ?
Le Monde Afrique propose des reportages, portraits et entretiens sur le continent pour raconter le fléau qui tue plus que le sida.
Episode 6 L’Afrique du Sud à l’avant-garde de la lutte contre la tuberculose multirésistante
Episode 5 A Johannesburg, le township de Tembisa à la pointe de la recherche sur la tuberculose
Episode 4 « En Afrique, avoir la tuberculose est aujourd’hui plus stigmatisant qu’avoir le VIH »
Episode 3 Une armée de volontaires en Ethiopie pour vaincre la tuberculose
Episode 2 A la poursuite des cas manquants de tuberculose dans les villages sénégalais
Episode 1 Au Kenya, une révolution au goût de fraise dans la lutte contre la tuberculose infantile
Présentation de notre série Tuberculose, jusqu’à quand ?


Autant de défis à relever pour que l’Afrique du Sud, qui a encore dénombré 320 000 nouveaux cas de tuberculose en 2017, selon les chiffres de l’OMS, atteigne l’objectif d’éradication de la maladie à l’horizon 2030 auquel le pays s’est résolument engagé fin septembre.
Cet article fait partie d’une série réalisée dans le cadre d’un partenariat avec Unitaid.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Le 13 septembre, la maladie avait été détectée en Belgique, à une dizaine de kilomètres de la frontière française. La chasse et les activités forestières sont suspendues dans 133 communes de 4 départements.
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Prévention renforcée en France face à la peste porcine

Le 13 septembre, la maladie avait été détectée en Belgique, à une dizaine de kilomètres de la frontière française. La chasse et les activités forestières sont suspendues dans 133 communes de 4 départements.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 18h03
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 18h05
    |

            Laurence Girard








                        



   


Suite à une réunion organisée avec les professionnels, mardi 2 octobre, le ministère de l’agriculture a publié un communiqué pour annoncer un renforcement des mesures de prévention contre la peste porcine.
Même si elle est sans danger pour l’homme, cette maladie est mortelle pour les cochons et les sangliers et aucun vaccin n’est aujourd’hui disponible pour la combattre. Suite à sa détection le 13 septembre en Belgique à une dizaine de kilomètres de la frontière française, le gouvernement a souhaité ajouter de nouvelles mesures pour éviter l’introduction de la maladie en France. Sachant que pour l’instant le pays est indemne.
Il a été décidé de suspendre toute activité forestière, en plus de la suspension de la chasse, dans une zone frontalière qui concerne 133 communes dans quatre départements (Ardennes, Meuse, Moselle et Meurthe-et-Moselle). La mise en place de dispositifs tentant d’empêcher le passage de la frontière par les sangliers belges est à l’étude.
Des clôtures électriques pour les élevages de porc
En outre, le ministère demande aux élevages de porcs situés dans cette zone de s’équiper de clôtures électriques et à tous les acteurs, transporteurs, chasseurs ou éleveurs d’être vigilants. Et tous les éleveurs porcins français sont incités à respecter les mesures de biosécurité (lavage des tenues, par exemple).
Jeudi 27 septembre, la FNSEA exhortait les pouvoirs publics à prendre des mesures plus strictes face « à l’avancée inquiétante de la maladie ». Un communiqué signé en accord avec la Fédération nationale des chasseurs et la Fédération nationale porcine. Un changement complet de ton pour le syndicat agricole qui, dans un premier temps, fustigeait les chasseurs source, selon lui, d’importation de sangliers d’Europe de l’Est, possibles vecteurs de contamination.
La peste porcine africaine a fait son apparition en Europe de l’Est en 2014. Les premiers foyers ont été découverts dans les pays Baltes et en Pologne. Puis d’autres ont été découverts en Hongrie et en Bulgarie. Le virus a également frappé violemment la Roumanie où près de 100 000 porcs auraient été abattus. Soit environ la moitié du cheptel.
Abattage préventif en Belgique
La pression est montée d’un cran, lorsque la peste, passant la frontière russe a atteint la Chine début août. Environ 40 000 porcs ont été abattus dans ce pays. L’inquiétude des éleveurs français s’est aggravée encore au moment où elle a touché la Belgique mi-septembre. Premier pays d’Europe occidentale concerné.
Le virus a été identifié sur une quinzaine de cadavres de sangliers dans le sud du pays. Aucun porc n’a été atteint pour l’instant. Mais une dizaine de pays, en particulier en Asie, ont décidé de suspendre l’importation de cochon belge. Le ministre de l’agriculture belge a alors décidé un abattage préventif de 4 000 porcs sains situés dans un périmètre jugé à risque. L’idée maintenant est de créer une barrière physique pour délimiter la zone.
Mardi 25 septembre, le commissaire européen à l’Agriculture Phil Hogan avait engagé les Etats membres de l’UE à prendre « plus au sérieux » cette épizootie et d’agir avec des mesures plus fermes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Le tribunal administratif de Paris examine mercredi les requêtes contre la fermeture à la circulation de la rive droite de la Seine. Le rapporteur public les rejette toutes, a appris « Le Monde ».
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Voies sur berges : vers un rejet des recours contre la piétonnisation

Le tribunal administratif de Paris examine mercredi les requêtes contre la fermeture à la circulation de la rive droite de la Seine. Le rapporteur public les rejette toutes, a appris « Le Monde ».



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 14h40
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 17h41
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


La menace d’un retour des voitures sur les berges de la rive droite de la Seine s’éloigne. Et celle d’un nouveau camouflet pour Anne Hidalgo avec. Lors d’une audience très attendue, le tribunal administratif de Paris doit examiner mercredi 3 octobre les recours déposés contre le nouvel arrêté pris en urgence par la Mairie de Paris en mars, après l’annulation-surprise, par le même tribunal, de la fermeture à la circulation de la voie Georges-Pompidou. Le rapporteur public les rejette tous dans ses conclusions auxquelles Le Monde a eu accès.
Neuf requêtes ont été déposées par des riverains, des commerçants, des fédérations d’automobilistes, l’Association des maires franciliens ou encore le maire (LR) du 1er arrondissement de Paris, Jean-François Legaret. Elles sont toutes rejetées au fond.
Le jugement sera rendu mi-octobre et devrait mettre un terme à un feuilleton qui dure depuis près de deux ans. Dans la très grande majorité des cas, il est en effet conforme aux conclusions du rapporteur public. Ainsi, le 21 février, le tribunal avait suivi le rapporteur en donnant cette fois raison aux mêmes requérants et en annulant l’arrêté municipal du 18 octobre 2016 créant une promenade publique. La mairie de Paris et le collectif Sauvons la piétonnisation des berges ont fait appel de cette décision. Il sera examiné le 8 octobre par le tribunal administratif et le jugement devrait être joint à celui sur le deuxième arrêté.

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En première instance, le tribunal avait estimé que l’étude d’impact préalable à la fermeture des voies comportait « des inexactitudes, des omissions et des insuffisances concernant les effets du projet sur la circulation automobile, les émissions de polluants atmosphériques et les nuisances sonores ». 
Deux semaines après, la maire de Paris signait un nouvel arrêté afin de pérenniser l’une des mesures les plus emblématiques et aussi les plus contestées (notamment par la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse) de son mandat. Contrairement à l’arrêté initial de 2016 retoqué par le tribunal, le nouveau texte ne fait plus référence à un quelconque objectif de « réduction des émissions de polluants atmosphériques et d’amélioration de la santé publique », le grand motif invoqué par Mme Hidalgo pour justifier la piétonnisation de ces 3,3 kilomètres de quais sur la rive droite de la Seine, qui abrite notamment tous les étés Paris-Plage.
Patrimoine mondial de l’humanité
L’arrêté du 6 mars se fonde uniquement sur des arguments patrimoniaux et touristiques. Ainsi, « l’interdiction de circulation des véhicules à moteur sur les quais bas des berges de la Seine contribue à préserver l’authenticité et l’intégrité du bien classé », stipule le texte. Il considère que la circulation « compromet également la valorisation du site à des fins esthétiques et touristiques ».
Pour défendre la piétonnisation des berges, la maire de Paris a reçu le soutien de l’Unesco. Lors des Journées du patrimoine, le 15 septembre, la première d’une série de plaques a été dévoilée sur les quais pour rappeler que le site « Paris, rives de Seine » est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité depuis 1991. Une façon de graver dans le marbre l’irréversibilité de la fermeture des voies aux voitures.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Le gouvernement a obtenu que les fabricants d’automobiles aident financièrement les Allemands à troquer leur vieux diesel contre un véhicule moderne.
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Les constructeurs allemands paieront pour le retrait des vieux diesel

Le gouvernement a obtenu que les fabricants d’automobiles aident financièrement les Allemands à troquer leur vieux diesel contre un véhicule moderne.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 12h38
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


C’est une catégorie d’électeurs qui n’est pas comptabilisée dans les sondages, mais dont le poids peut jouer un rôle majeur lors des prochaines élections en Allemagne : les conducteurs de voitures diesel mécontents.
Pour Angela Merkel et son gouvernement, la menace est devenue réelle depuis que le juge administratif de Francfort a ordonné, début septembre, l’interdiction de circuler aux vieux véhicules diesel pour lutter contre la pollution excessive de la ville. Des dizaines de milliers de particuliers pourraient être empêchés de se rendre à leur travail à partir du 1er janvier 2019, à Francfort… à moins de se racheter un nouveau véhicule plus moderne.
Or, dans le Land de Hesse, où se situe Francfort, les élections régionales doivent se tenir le 28 octobre. Le 14, la Bavière doit elle aussi renouveler son Parlement régional. Sa capitale, Munich, est également concernée par les interdictions de circuler, tout comme Hambourg, Stuttgart, Düsseldorf et Aix-la-Chapelle. Et d’autres villes devraient suivre. Les véhicules ciblés sont tous ceux qui ne répondent pas à la norme européenne antipollution Euro 6, soit un total de 11,2 millions.

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L’ultimatum de la chancelière
Face à la pression politique, la chancelière avait posé un ultimatum à ses ministres : d’ici à la fin de septembre, l’épineuse question de la mise aux normes des vieux diesels devait être tranchée. Lundi 1er octobre dans la nuit, la coalition au pouvoir a donc trouvé un accord, après plusieurs semaines de discussions et six heures de négociations à la chancellerie. Le résultat est une solution dont les détails doivent encore être précisés. Lors de la conférence de presse donnée dans la nuit, les représentants des trois partis de la coalition ont annoncé une « solution complexe », qui doit permettre d’éviter les interdictions de circuler, sans faire peser sur les constructeurs un effort financier trop important, ni faire payer les automobilistes ou le contribuable.
On ne connaît pas encore les modalités de l’échange dans le détail, mais la prime pourrait aller jusqu’à 10 000 euros par véhicule.
Selon les informations de la Frankfurter Allgemeine Zeitung, le compromis devrait tourner autour d’une offre d’échange de véhicule particulièrement généreuse, à laquelle participeraient les marques allemandes et étrangères. La prime d’échange pourrait aller jusqu’à 10 000 euros par véhicule. Ces offres concerneraient les diesels de norme Euro 4 et antérieure, mais pourraient s’étendre rapidement à la norme Euro 5. Pour l’achat d’un véhicule électrique, les automobilistes peuvent aussi compter sur une prime de l’Etat.
Mardi matin, Renault était le premier constructeur non allemand à réagir : le Français a annoncé le lancement immédiat d’une prime à l’échange qui, selon les modèles, pourra aller jusqu’à 10 000 euros.

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Ces dernières semaines, les discussions avaient tourné autour de la participation des constructeurs à la lutte contre la pollution des grandes villes allemandes. Certains membres du gouvernement souhaitaient obliger les groupes automobiles allemands et étrangers à réparer, à leurs frais, l’ensemble des vieux diesels, par des interventions lourdes sur la structure des véhicules. Une hypothèse rejetée par les constructeurs, qui évaluent son coût à 3 000 euros par véhicule et jugent absurde de dépenser une telle somme pour de vieilles voitures, plutôt que de renouveler le parc automobile. Outre leur coût, de telles réparations sont délicates juridiquement, pour des questions de responsabilité sur les véhicules transformés.
Exportés en Europe de l’Est
Lundi 1er octobre, les constructeurs ont abattu leur dernière carte : dans une interview commune au Bild, les représentants des salariés de Volkswagen, BMW et Daimler se sont prononcés contre les réparations des vieux véhicules diesel, en alertant sur le « risque pour les emplois » en raison des coûts pour les entreprises. Le message était adressé notamment aux sociaux-démocrates, proches des syndicats, qui espéraient que des réparations soient possibles sans obliger les automobilistes qui ne peuvent se le permettre à racheter un nouveau véhicule. Finalement, les réparations de véhicules devraient avoir lieu à la marge, uniquement dans les régions concernées par les interdictions de circuler.
La question de la pollution des villes est devenue un sujet explosif politiquement depuis que le juge administratif de Stuttgart a décidé, mi-2017, d’interdire aux vieux véhicules diesel de circuler dans cette ville, qui a longtemps détenu le record de l’air le plus pollué du pays. Le plaignant, l’association environnementale Deutsche Umwelthilfe, a depuis obtenu gain de cause dans toutes les villes où il a mis en cause la responsabilité de la mairie pour non-respect des normes antipollution.

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La disparition des vieux diesels suffira-t-elle à améliorer l’air des villes allemandes ? En douze mois, un million d’entre eux ont été retirés de la circulation. Si les plus vieux partent à la casse, les autres sont généralement… revendus à l’étranger. La presse allemande rapporte que les vieux véhicules diesel en bon état sont actuellement massivement exportés vers les pays d’Europe de l’Est.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Le parquet de Paris a requis un non-lieu dans l’affaire de Condé-sur-Noireau. La Cour de cassation doit examiner des pourvois dans d’autres dossiers.
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Amiante : les victimes ne désarment pas malgré un nouveau revers

Le parquet de Paris a requis un non-lieu dans l’affaire de Condé-sur-Noireau. La Cour de cassation doit examiner des pourvois dans d’autres dossiers.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 18h36
    |

            Patricia Jolly








                        



                                


                            

La justice vient de donner un indice supplémentaire de son opposition à la tenue du procès pénal que réclament les victimes du scandale de l’amiante depuis 1996, date des premières plaintes. Le 18 septembre, le parquet de Paris a demandé un non-lieu général dans l’affaire de l’exposition à l’amiante de 22 salariés de l’équipementier automobile Valeo-Ferodo à Condé-sur-Noireau (Calvados), entre 1952 et 2007. Matériau ignifuge et isolant, reconnu cancérogène en 1973 et interdit en France en 1997, l’amiante entrait notamment dans la fabrication des systèmes d’embrayage et des plaquettes de freins.
Les réquisitions du parquet, que Le Monde a consultées, sont un copier-coller de celles qu’il avait rendues il y a dix mois, le 22 novembre 2017, pour le dossier de l’usine de sidérurgie Sollac Atlantique (anciennement Usinor), dont les victimes se comptent par centaines. Et le ministère public devrait utiliser la même argumentation pour tenter d’en finir ces prochains mois avec la vingtaine de dossiers d’exposition à l’amiante, regroupés au Pôle de santé publique de Paris depuis 2003, et pour lesquels il a déjà demandé la clôture des investigations.
Pour justifier sa position, le ministère public invoque une « impasse juridique » et un « obstacle majeur » empêchant d’établir les responsabilités pénales des cinq anciens responsables de l’usine mis en cause pour « homicides et blessures involontaires ». Il se fonde sur une expertise scientifique définitive de février 2017 qui affirme, selon lui, l’impossibilité d’établir a posteriori la date d’une éventuelle faute ayant entraîné la contamination puis l’intoxication des victimes, et donc d’imputer avec certitude la responsabilité à une personne physique.
« On perd son latin »
« Face à cette indétermination sur le plan temporel, il semble impossible de faire le lien, de manière certaine (…) entre une éventuelle faute commise par tel mis en cause et la pathologie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Ces pneus de camion étaient censés servir de récifs artificiels, mais se sont révélés toxiques.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/10/2018
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A Antibes, la mer polluée par 25 000 pneus qui devaient servir de refuge pour les poissons

Ces pneus de camion étaient censés servir de récifs artificiels, mais se sont révélés toxiques.



LE MONDE
 |    02.10.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 13h02
    |

                            Sofia Fischer (A bord de l’Océa)








                        



                                


                            

En regardant l’eau turquoise de la baie du golfe Juan depuis le pont de l’Océa, amarré à 800 mètres au large de la côte d’Antibes (Alpes-Maritimes), difficile d’imaginer la décharge sous-marine qui gît sous la surface. Pourtant, une trentaine de mètres plus bas, 22 500 pneus sont entassés sur quatre hectares.
Dans sa cabine de pilotage, Marc Capart surveille les six plongeurs qui font des allers-retours avec le fond toute la journée pour les remonter un par un. Il garde les yeux rivés sur son poste de contrôle, connecté à leur caméra GoPro.
Difficile de comprendre ce qu’il se passe sur l’écran : il est près de midi, la vase a été soulevée toute la matinée par les plongeurs précédents. A peine aperçoit-on les gigantesques pneus de camion que le plongeur Morgan Postic enfile sur des cordes comme des perles sur un fil. Ils sont ensuite levés par une grue jusque sur le pont du navire, et stockés dans des conteneurs. « Il te reste trente secondes ! », prévient le superviseur dans la radio, alors que son plongeur est toujours à 40 mètres de profondeur. La caméra bouge, Morgan Postic quitte le fond, et entame la longue montée par paliers pour rejoindre la surface.
L’espoir de créer un récif artificiel
Vingt-cinq minutes plus tard, il allume une cigarette sur le pont pendant que ses collègues trient et rangent les pneus qu’il est parvenu à remonter. Trente-cinq pour une quarantaine de minutes passées au fond. Petite pêche. « Quand ils ne sont pas dispersés un peu partout, on peut en remonter 150 à la fois », affirme-t-il. Quasiment intacts, sans une trace de corail ni d’algue marine, ils sèchent sur le ponton. Sur les 3 000 et quelques pneus remontés depuis le début de l’opération, le 21 septembre, aucun ne porte le moindre reste de poulpe ou de chapon, un poisson pourtant commun dans la région.
Quasiment gratuits, résistants, abondants, les pneus usagés sont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Les dépouilles de nouvelles victimes sont extraites à mesure que les secours atteignent les zones les plus reculées de l’île des Célèbes.
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Séisme en Indonésie : le bilan humain dépasse les 1 200 morts

Les dépouilles de nouvelles victimes sont extraites à mesure que les secours atteignent les zones les plus reculées de l’île des Célèbes.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 23h02
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 11h46
   





                        



Les dépouilles de dizaines de jeunes ont été extraites des décombres d’une église dévastée par un glissement de terrain sur l’île indonésienne des Célèbes (ou Sulawesi), a annoncé la Croix-Rouge mardi 2 octobre, aggravant le bilan déjà meurtrier de la catastrophe qui a frappé vendredi la localité de Palu. D’après le dernier bilan, revu à la hausse par l’agence de gestion des catastrophes, au moins 1 234 personnes ont péri dans le séisme et le tsunami qui ont frappé la zone.
Les autorités jugent que ce chiffre devrait encore augmenter, à mesure que les secours parviennent à établir le contact avec les villages isolés. Le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Unocha) a estimé lundi à 191 000 le nombre de personnes ayant besoin d’une aide humanitaire d’urgence, dont 46 000 enfants et 14 000 personnes âgées. Nombre d’entre elles vivent dans des régions qui ne sont pour l’heure pas au centre des efforts gouvernementaux pour aider les sinistrés.

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Manque d’eau, de nourriture, de médicaments
Le président indonésien, Joko Widodo, a décidé d’accepter l’aide étrangère, que dix-huit pays et de nombreuses ONG ont jusqu’ici proposée. Les habitants manquent de tout : nourriture, eau potable, carburant ou médicaments. Les réseaux électriques et de télécommunications ont été très endommagés, et les sauveteurs manquent d’équipements pour rechercher les survivants dans les décombres.
Les agences humanitaires et les ONG ont beaucoup de difficultés à faire parvenir de l’aide sur place, de nombreuses routes étant coupées et les aéroports endommagés. « Nous n’avons pas beaucoup de nourriture. Nous avons pu prendre seulement ce que nous avions dans la maison. Et nous avons besoin d’eau potable », témoigne Samsinar Zaid Moga, une femme de 46 ans. « Le plus important, ce sont des tentes, parce qu’il a plu et qu’il y a beaucoup d’enfants ici », ajoute sa sœur, Siti Damra.
Au moment du séisme, 114 étrangers se trouvaient dans la région, dont la plupart sont sains et saufs et en cours d’évacuation, selon l’agence de gestion des catastrophes. Trois Français dont on était sans nouvelles ont été retrouvés, a confirmé le ministère des affaires étrangères français. Mais les autorités sont encore sans nouvelles d’un Belge et pensent qu’un Sud-Coréen pourrait être parmi les victimes de l’hôtel Roa Roa.
Etat d’urgence de quatorze jours

   


Les autorités indonésiennes craignent que le bilan ne s’alourdisse encore, et ont déclaré un état d’urgence de quatorze jours. La plupart des victimes ont été recensées à Palu, agglomération de 350 000 habitants sur la côte ouest des Célèbes. La chaîne locale Metro TV a diffusé des images aériennes du village de Petobo, au sud de Palu, qui semble avoir été particulièrement touché. Quelque 700 personnes pourraient y avoir trouvé la mort, selon les autorités.
A Poboya, sur des collines qui surplombent la ville de Palu, des volontaires ont commencé à mettre en terre des corps dans une vaste fosse commune prévue pour en accueillir 1 300. Trois camions chargés de dépouilles enveloppées dans des sacs sont arrivés sur le site. Un par un, ils ont été placés dans la fosse et une pelleteuse les a recouverts de terre. Les autorités avaient d’abord disposé les corps dans des morgues improvisées pour qu’ils puissent être identifiés mais, devant le risque sanitaire, elles se sont décidées à procéder à des enterrements de masse.
Dans les décombres des principaux bâtiments, les équipes de recherche mènent une course contre la montre pour sortir des survivants. Des sauveteurs tentaient lundi d’en retrouver dans les décombres de l’hôtel Roa Roa, où cinquante à soixante personnes pourraient avoir été ensevelies. Pour l’instant, deux personnes ont été sauvées à cet endroit, selon une source officielle.
De nombreux survivants ont passé les derniers jours à chercher désespérément leurs proches disparus. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a dit qu’il s’efforçait de réunir les familles séparées par la catastrophe et qu’il fournissait une aide médico-légale à ceux qui doivent identifier les victimes.

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Plus de mille détenus évadés
A la faveur du séisme et du chaos qui s’est ensuivi, quelque 1 200 détenus se sont évadés de trois prisons ont annoncé les autorités. Un centre de détention à Palu, construit pour héberger 120 personnes, a vu la plupart de ses 581 détenus franchir les murs effondrés. La prison de Donggala a été incendiée, et ses 343 détenus sont en fuite. Le feu semble avoir été allumé par les prisonniers inquiets pour leurs familles.
« Ils ont paniqué en apprenant que Donggala avait été durement frappée par le tremblement de terre », selon Sri Puguh Utami, une responsable du ministère de la justice. « Les responsables de la prison ont négocié avec les prisonniers pour leur permettre d’aller prendre des nouvelles de leur famille. Mais certains détenus n’ont visiblement pas été assez patients et ont mis le feu. »
L’Indonésie, un archipel de 17 000 îles et îlots formé par la convergence de trois grandes plaques tectoniques (indo-pacifique, australienne et eurasienne), se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone de forte activité sismique. Le séisme qui a touché Célèbes est plus puissant que la série de tremblements de terre qu’a connue l’Indonésie en août et qui avait fait plus de cinq cents morts et environ quinze cents blessés sur l’île de Lombok, voisine de Bali.
Nouvelle illustration de la vulnérabilité tectonique de l’Indonésie, le pays a de nouveau subi mardi matin une série de secousses, qui se sont produites toutefois à des centaines de kilomètres de Palu. Selon l’institut géologique américain USGS, un premier séisme de magnitude 5,9 a été enregistré à 1 h 59 du matin heure française, à une profondeur de 10 km et à environ 40 km au large de l’île de Sumba, où vivent 750 000 personnes. Une deuxième secousse de magnitude 6 a suivi quinze minutes plus tard dans le même secteur à une profondeur de 30 km.

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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="A Palu, sur l’île de Sulawesi, le 1er octobre. Quatre jours après le séisme d’une magnitude de 7,5 suivi d’un tsunami qui a frappé la côte ouest des Célèbes, vendredi 28 septembre, et dévasté la ville de Palu. Les habitants manquent de tout : nourriture, eau potable, carburant ou médicaments."
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            data-slide-description="Des sauveteurs porte secours à une victime du tremblement de terre âgée de 15 ans, à Palu, le 30 septembre. La plupart des victimes a été recensée dans cette agglomération de 350 000 habitants, située sur la côte ouest des Célèbes."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Un survivant récupère des objets utilisables dans les décombres de Palu, lundi 1er octobre. A la faveur du séisme et du chaos qui a suivi, jusqu’à 1 200 détenus se sont évadés de trois prisons différentes, ont annoncé, lundi, les autorités."
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            data-slide-description="Une route détruite dans le village de Balaroa, à Palu, le 1er octobre. La prison de Donggala a, elle, été incendiée et ses 343 détenus sont en fuite. Le feu semble avoir été été allumé par les prisonniers, inquiets pour leurs familles."
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            data-slide-description="Un pont effondré à Palu, le 1er octobre. Les autorités s’attendent à ce que le nombre de victimes augmente, au fur et à mesure du rétablissement des liaisons avec les zones reculées."
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            data-slide-description="Des soldats surveillent une station-service, le 1er octobre, alors que des survivants viennent chercher de l’essence pour fuir la ville de Palu. Un responsable militaire a dit espérer que 1 500 personnes puissent être évacuées chaque jour ; les enfants, les femmes et les blessés étant prioritaires."
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            data-slide-description="Des habitants essayent de pénétrer dans l’aéroport de Palu, dans l’espoir d’être évacués, le 30 septembre. Le président Joko Widodo a déclaré aux journalistes, à Djakarta, que l’évacuation des personnes est sa priorité."
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            data-slide-description="« J’ai été emporté par une vague sur environ cinquante mètres. Je ne pouvais me tenir à rien. J’ai grimpé sur un magasin qui avait des barres sur sa devanture. Et je me suis reposé. Puis une deuxième vague est arrivée, encore plus haute. Et je me suis retrouvé sur un toit », raconte Adi à l’AFP."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Biscuits, chips, couches, bouteilles de gaz… dans le supermarché dévasté, hommes et femmes remplissent des sacs de tout ce qu’ils trouvent, avec l’assentiment des autorités face à l’aide qui tarde dans la ville indonésienne de Palu, le 1er octobre."
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            data-slide-description="Des équipes de secours continuent de rechercher les victimes dans les décombres de l’hôtel Roa-Roa, à Palu, le lundi 1er octobre."
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            data-slide-description="Sitti Damra (à gauche) et sa sœur Samsinar Zaid Moga lors de leurs retrouvailles dans un centre d’évacuation de fortune à Palu, le 1er octobre."
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            data-slide-description="Au moment du séisme, 71 étrangers se trouvaient à Palu, et la plupart sont en cours de rapatriement, a indiqué le porte-parole de l’agence de gestion des catastrophes, Sutopo Purwo Nugroho. Les autorités cherchent encore à localiser trois Français, a-t-il toutefois précisé."
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            data-slide-description="Le séisme qui a touché les Célèbes est plus puissant que la série de tremblements de terre qu’a connus l’Indonésie en août et qui avaient fait plus de 500 morts et environ 1 500 blessés sur l’île de Lombok, voisine de Bali."
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            data-slide-description="L’Indonésie, un archipel de 17 000 îles et îlots formé par la convergence de trois grandes plaques tectoniques (indo-pacifique, australienne et eurasienne), se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone de forte activité sismique."
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            data-slide-description="Une fosse commune a été creusée lundi 1er octobre pour enterrer des centaines de victimes afin de prévenir les risques sanitaires, alors que les sauveteurs mènent une course contre la montre pour sortir des survivants des décombres."
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            data-slide-description="Des dizaines d’agences humanitaires et d’organisations non gouvernementales se sont dites prêtes à apporter une assistance d’urgence, mais elles ont des difficultés à faire parvenir de l’aide sur place alors que des routes sont coupées et les aéroports endommagés."
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A Palu, sur l’île de Sulawesi, le 1er octobre. Quatre jours après le séisme d’une magnitude de 7,5 suivi d’un tsunami qui a frappé la côte ouest des Célèbes, vendredi 28 septembre, et dévasté la ville de Palu. Les habitants manquent de tout : nourriture, eau potable, carburant ou médicaments.

JEWEL SAMAD / AFP
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Entretien

« En Afrique, avoir la tuberculose est aujourd’hui plus stigmatisant qu’avoir le VIH »

Tuberculose, jusqu’à quand ? (4). Seize des trente pays les plus touchés par la maladie sont africains. L’enjeu est socio-économique avant d’être médical, décrypte Evelyne Kibuchi, de l’ONG Stop TB.

Propos recueillis par                                            Marion Douet (Nairobi, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-10-01T18:07:23+02:00"

        Le 01.10.2018 à 18h07






    
Des patientes coinfectées par la tuberculose et le VIH dans une clinique du township de Khayelitsha, au Cap (Afrique du Sud), en février 2010.
Crédits : Finbarr O'Reilly / REUTERS


Evelyne Kibuchi travaille depuis dix ans à lutter contre la tuberculose en Afrique de l’Est. Directrice de l’ONG Stop TB au Kenya, elle est également secrétaire pour l’Afrique du Global TB Caucus, un réseau de parlementaires qui travaillent à mobiliser leur pays contre cette maladie qui, sur le continent, tue plus que le sida.
L’Afrique compte seize des trente pays les plus touchés par la tuberculose, et cette maladie recule peu sur le continent. Est ce dû à un manque d’accès aux traitements ? 
Evelyne Kibuchi Dans la plupart des pays, nous avons des traitements, des hôpitaux. Pas suffisamment, mais il y en a. Le problème, c’est que beaucoup de pays allouent l’essentiel de leurs budgets aux infrastructures et presque rien à la prévention et au diagnostic. Or les grandes études nationales menées dans certains pays – Kenya, Nigeria, Ghana, Tanzanie et Afrique du Sud, notamment – ont montré qu’en moyenne 50 % des personnes infectées ignorent qu’elles le sont. A quoi bon acheter plus de médicaments, d’équipements, si la moitié des malades ne savent pas qu’ils ont la tuberculose ? C’est un problème central, car si ces personnes ne reçoivent pas de traitement, elles vont en infecter d’autres. Il faut donc plus de ressources humaines pour les atteindre mais aussi faire de la prévention, sensibiliser les communautés. Ces solutions sont peu chères et efficaces.

        Présentation de notre série
         

          Tuberculose, jusqu’à quand ?



Surtout, la tuberculose n’est pas nécessairement un problème médical. La preuve, c’est que l’Afrique du Sud, qui a de bonnes infrastructures, est sur le continent l’un des pays qui compte le plus grand nombre de nouveaux cas chaque année [567 pour 100 000 habitants, selon l’Organisation mondiale de la santé, OMS]. Pour éradiquer la tuberculose d’ici à 2030, ce qui est l’objectif de l’OMS, il faut donc lutter contre les facteurs structurels de la maladie, qui sont socio-économiques.
C’est-à-dire ? 
Regardons les facteurs qui prédisposent quelqu’un à la tuberculose. Vivre dans un bidonville, dans un logement insalubre mal ventilé, c’est un problème de statut économique. Avoir une mauvaise alimentation, c’est un problème économique. De même que l’accès aux services de santé et à l’éducation sont des enjeux socio-économiques. Si je ne suis pas éduquée, j’ai peu de chance d’avoir accès à l’information. Même si elle est diffusée à la radio, je risque de ne pas bien la comprendre, si toutefois j’ai une radio !
Les Etats prennent-ils la mesure du problème ? 
Aujourd’hui, tous les pays ont, à ma connaissance, adopté un plan stratégique de lutte contre la tuberculose, ce qui peut être noté comme un progrès pour la région. Mais beaucoup souffrent d’une bureaucratie trop lourde et d’un trop grand scepticisme, notamment vis-à-vis des nouveaux traitements. Ils se disent : « Attendons de voir comment cela va fonctionner dans tel ou tel pays. » Tout cela nuit au droit des patients à être traités. A l’inverse, je pense que le Kenya montre que l’on peut aller vite : nous avons par exemple été les premiers à adopter, il y a deux ans, un traitement adapté aux enfants, qui donne de très bons résultats. Depuis, quatre-vingts pays ont fait de même.

        Episode 1
         

          Au Kenya, une révolution au goût de fraise dans la lutte contre la tuberculose infantile



Un autre défi auquel l’Afrique fait face est l’explosion des cas de tuberculose résistante aux traitements… 
Oui, c’est un problème énorme et grandissant. La maladie mute. Pour les patients infectés, cela signifie un traitement plus long et beaucoup plus cher : jusqu’à 1,5 million de shillings kényans par personne pour un traitement de vingt-quatre mois [soit environ 13 000 euros, contre quelque 50 euros pour une tuberculose classique]. De plus, le patient reste plus longtemps contagieux, ce qui entraîne encore plus de stigmatisation des malades.
Quelles sont les conséquences de cette stigmatisation ? 
Les patients sont contraints de rester chez eux ! A Nairobi, si vous montez dans un matatu [minibus de transport en commun] et que vous toussez, les autres passagers vont soit vous demander de descendre, soit descendre eux-mêmes. Ils ont peur de vous. La prochaine fois, vous resterez chez vous. Des personnes coinfectées avec le VIH m’ont dit que la stigmatisation de la tuberculose était bien plus forte que pour le sida. C’est un enjeu important pour cette maladie.

        Episode 2
         

          A la poursuite des « cas manquants » de tuberculose dans les villages sénégalais



Vous êtes secrétaire pour l’Afrique du Global TB Caucus, qui vise à lutter contre la tuberculose en créant un réseau de parlementaires. Croyez-vous que cette initiative puisse vraiment avoir une influence ? 
Revenons à sa création. Lorsque le cycle des Objectifs du millénaire pour le développement [OMD, de 2000 à 2015] s’est achevé, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait une absence de volonté politique s’agissant de la tuberculose. Le Caucus est né à ce moment-là, avec l’objectif d’exercer une influence aux niveaux national, régional, africain et mondial. Est-ce que cela fonctionne ? Oui. Au Kenya, les parlementaires mobilisés sont parvenus à obtenir une augmentation du budget consacré à la lutte contre la tuberculose.
Beaucoup de choses peuvent se passer au niveau politique. Par exemple, l’Afrique n’investit pas assez dans la recherche sur les maladies, ce qui faisait pourtant partie de la déclaration d’Abuja, où les chefs d’Etat du continent ont promis en 2001 de consacrer 15 % de leur budget à la santé. Combien de pays respectent cela ? Très peu. Il faut prendre ce défi à bras-le-corps, d’autant plus à l’heure où les financements extérieurs sont menacés, car c’est chez nous que la tuberculose est un problème.

Sommaire de notre série Tuberculose, jusqu’à quand ?
Le Monde Afrique propose des reportages, portraits et entretiens sur le continent pour raconter le fléau qui tue plus que le sida.
Episode 6 L’Afrique du Sud à l’avant-garde de la lutte contre la tuberculose multirésistante
Episode 5 A Johannesburg, le township de Tembisa à la pointe de la recherche sur la tuberculose
Episode 4 « En Afrique, avoir la tuberculose est aujourd’hui plus stigmatisant qu’avoir le VIH »
Episode 3 Une armée de volontaires en Ethiopie pour vaincre la tuberculose
Episode 2 A la poursuite des cas manquants de tuberculose dans les villages sénégalais
Episode 1 Au Kenya, une révolution au goût de fraise dans la lutte contre la tuberculose infantile
Présentation de notre série Tuberculose, jusqu’à quand ?


Cet article fait partie d’une série réalisée dans le cadre d’un partenariat avec Unitaid.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ L’ancien PDG de Danaher sera chargé de redresser le groupe américain, plombé par les difficultés de sa division énergie.
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En difficulté, le groupe General Electric nomme un nouveau PDG

L’ancien PDG de Danaher sera chargé de redresser le groupe américain, plombé par les difficultés de sa division énergie.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 16h40
   





                        



   


Le groupe américain General Electric (GE), qui rencontre d’importantes difficultés, a annoncé lundi 1er octobre la nomination surprise d’un nouveau PDG. Lawrence Culp, 55 ans, remplace John Flannery, poussé vers la sortie : le conseil d’administration espère qu’il arrivera à accomplir pour General Electric ce qu’il a réussi à faire à son poste de PDG de Danaher entre 2000 et 2014.
Il a transformé une entreprise essentiellement industrielle en « une société leader en science et technologie », dit le communiqué de GE, dont Lawrence Culp était membre du conseil d’administration depuis avril 2018.
Pour faire bonne mesure, le groupe a révisé à la baisse sa prévision de bénéfice par action pour 2018, à cause des déboires de sa division énergie, longtemps le fleuron du groupe, qui ne parvient pas à se remettre de la chute des prix de l’électricité de gros et de l’effondrement des commandes de turbines, qu’elle n’a pas su anticiper.
Les performances de cette division — qui comprend une grande partie de l’ancien fleuron français Alstom racheté au plus fort en 2014 — ayant été encore plus mauvaises que prévu, GE a aussi annoncé qu’il devrait inscrire une charge exceptionnelle, qui pourrait atteindre 23 milliards de dollars (19,8 milliards d’euros), selon un communiqué.
Plan d’économies de 2 milliards de dollars
Le conseil d’administration a également nommé Thomas Horton, ancien PDG de la première compagnie aérienne américaine American Airlines, directeur principal.
A la fin de juin, John Flannery avait lancé un plan d’économies de 2 milliards de dollars et de restructuration pour se concentrer sur l’aéronautique, l’électrique et les énergies renouvelables, donner l’indépendance à sa division santé et sortir du capital de sa filiale de services pétroliers Baker Hughes.
Outre les divisions énergie et de services pétroliers affectées par des suppressions d’emplois, GE taille tous azimuts, notamment dans ses frais généraux. Il a renoncé récemment à son engagement de créer un millier d’emplois d’ici à la fin de 2018 en France, malgré les critiques de la classe politique française. Cette cure d’austérité s’accompagnait d’un plan de cessions d’actifs évalués à quelque 20 milliards de dollars.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Certains chercheurs ont regretté l’absence de bouées de détection, mais celles-ci sont conçues pour des alertes transocéaniques, alors que les villes sinistrées se trouvaient tout près du séisme.
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Indonésie : polémique « vaine » sur le système d’alerte tsunami

Certains chercheurs ont regretté l’absence de bouées de détection, mais celles-ci sont conçues pour des alertes transocéaniques, alors que les villes sinistrées se trouvaient tout près du séisme.



LE MONDE
 |    01.10.2018 à 15h52
 • Mis à jour le
02.10.2018 à 09h26
    |

            Hervé Morin








                        



   


Un début de polémique est né sur la façon dont l’alerte tsunami a été gérée, vendredi 28 septembre, dans les minutes qui ont suivi le séisme ayant fait près de mille morts dans la région de Palu, sur l’île de Sulawesi, en Indonésie. Les autorités indonésiennes ont-elles levé l’alerte trop tôt ? Un système de capteurs plus performant, et surtout opérationnel, aurait-il sauvé des vies ?
Le séisme est survenu à 18 h 2 (heure locale). L’Agence météorologique, climatologique et géophysique indonésienne (BMKG) a décrit le déroulement des faits dans un communiqué, au lendemain de la catastrophe. L’analyse des données sismiques par le BMKG a quasiment instantanément engendré une alerte tsunami, estimant que la vague mesurerait entre 0,5 et 3 mètres et arriverait à Palu à 18 h 22. Le marégraphe de Mamuju, situé au sud, bien plus loin de l’épicentre, a enregistré une montée des eaux de 6 centimètres seulement à 18 h 27, laissant supposer qu’une vague de faible ampleur était déjà passée à Palu. L’alerte a donc été levée à 18 h 36.
L’agence Associated Press a évoqué les regrets de chercheurs impliqués dans un projet de système de détection précoce, encore expérimental. S’appuyant sur des capteurs posés au fond de la mer et des communications par fibre optique, il n’a pas bénéficié de financements suffisants pour être opérationnel. Par ailleurs, un réseau plus ancien de bouées DART (Deep-ocean Assessment and Reporting of Tsunamis, détection de tsunamis en eau profonde) est, lui, totalement en déshérence en Indonésie, en raison de vols de ses composants coûteux et de dégradations par les pêcheurs.
Faible distance
Cependant, pour Rémy Bossu, directeur du European Mediterranean Seismological Center, qui a participé à la conception du système d’alerte tsunami en Méditerranée, la présence de ces bouées, conçues pour détecter les grands tsunamis transocéaniques, « n’aurait probablement rien changé dans ce cas », en raison de la faible distance entre le séisme et les zones côtières sinistrées. Même à l’échelle d’un bassin comme la Méditerranée, l’installation de telles bouées, très onéreuses et demandant une lourde maintenance, n’est pas envisagée : la distance du tremblement de terre doit être suffisamment grande pour que les capteurs distinguent l’arrivée de l’onde sismique de celle de la vague.
En France métropolitaine, le système d’alerte tsunami, géré par le Commissariat à l’énergie atomique et énergies alternatives (CEA) depuis 2012, a été conçu pour informer la protection civile dans un délai de quinze minutes, en se fondant sur des données de capteurs sismiques et des marégraphes. Le scénario envisagé est celui d’un mur d’eau engendré par un séisme sur les côtes algériennes — ce qui constitue l’aléa le plus probable. Le tsunami mettrait alors soixante-quinze à quatre-vingt-dix minutes à arriver sur les côtes françaises.
Palu n’étant située qu’à quatre-vingts kilomètres de l’épicentre, le délai d’arrivée du tsunami était bien plus court. Le 1er octobre, le BMKG a même précisé, sur la foi d’une vidéo virale montrant l’arrivée du tsunami à Palu, que celui-ci avait frappé la ville entre 18 h 10 et 18 h 13. Cela pourrait conforter l’hypothèse qui circule désormais parmi la communauté des sismologues : le tsunami n’aurait probablement pas été engendré par une brusque rupture verticale de la croûte terrestre au fond de l’océan — comme lors du séisme du Tohoku, au Japon, en 2011.
« Glissement de terrain sous-marin »
A Célèbes, où les plaques ont coulissé horizontalement, « c’est plutôt un glissement de terrain sous-marin engendré par le séisme, qui est suspecté », dit Rémy Bossu. Une vidéo aérienne pourrait aussi renforcer cette thèse : reprise sur un fil Twitter spécialisé dans l’analyse des séismes, elle est censée avoir été prise d’un avion quittant Palu au moment du tremblement de terre, et montre plusieurs vagues qui semblent émaner de la côte à la suite de mouvements de terrain.

Just obtained video taken from the flight that left #Palu #PLWairport during the #earthquake. Note the "weird wave… https://t.co/V3g0sDRgJ8— GerryS (@Gerry Soejatman)


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Des effondrements sous-marins, encore plus difficiles à déceler, et parfois décalés dans le temps, peuvent aussi engendrer localement un mur d’eau dévastateur. En outre, « la bathymétrie locale a toujours des effets majeurs », note Rémy Bossu. En l’espèce, Palu se situe au fond d’une baie en entonnoir, propre à favoriser l’élévation d’un tsunami.
Pour Jörn Lauterjung, du centre de géophysique de Postdam (Allemagne), qui a coconçu le système d’alerte indonésien, la chaîne a fonctionné correctement « jusqu’au dernier kilomètre », c’est-à-dire « la communication entre les autorités locales et la population », en l’occurrence celle présente sur la plage à l’occasion de célébrations dans la ville de Palu. Malheureusement, a-t-il dit à l’agence Reuters, « il semble par exemple que les sirènes d’alarme n’aient pas fonctionné et qu’aucune voiture de police équipée de haut-parleurs n’ait averti la population locale ». L’inclusion de ce « dernier kilomètre » local est au moins aussi importante qu’une technique de mesure sophistiquée, a-t-il aussi dit au journal Züddeutsche Zeitung.
Le ministère des télécommunications a quant à lui assuré que des alertes répétées avaient été envoyées par SMS, mais, d’après Sutopo Purwo Nugroho, porte parole des services de secours, cité par Reuters, les moyens de communication ont été détruits par le séisme et il n’y avait pas de sirènes d’alarme dans la zone touchée.
Sismologue à l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP), Robin Lacassin juge que la polémique sur la défaillance du système d’alerte est « vaine » : « En champ très proche, ce qui compte c’est la réaction immédiate et spontanée de la population lorsqu’elle ressent un gros séisme. Donc sa compréhension, qui passe évidemment par l’éducation et l’entraînement, note le chercheur. Les systèmes d’alerte sont par contre très utiles à des distances plus importantes, où le séisme ne va pas être ressenti, ou faiblement. »
En définitive, à proximité d’un séisme, c’est le tremblement de terre lui-même qui constitue l’alerte tsunami : « Le message de prévention, près des côtes, c’est que dès lors que vous ressentez une secousse durant plus de trente secondes, ou que vous avez du mal à tenir debout lors du séisme, il faut gagner les hauteurs », dit Rémy Bossu. Mais à Palu, une ville sans grande éminence, cela aurait signifié se précipiter dans les étages de bâtiments qui venaient quelques instants plus tôt d’être ébranlés par le séisme…




                            


                        

                        

